Une Rolls-Royce au temps des 2CV : le Rolleiflex T type 3 bay 1

Une Rolls-Royce au temps des 2CV : le Rolleiflex T type 3 bay 1

Préambule.

Une brocante maussade, entre crachin froid et éclaircies menteuses, dans le namurois (Hanzinelles). Les brocanteurs peinent à s’installer, hésitant à déballer déjà au petit matin blême.

Nous avons déjà fait au moins trois fois les allées de la brocante, patients et attentifs quand soudain je vois une dame âgée qui déballe une caisse de vieux appareils. Le temps de m’approcher, hélas, deux autres amateurs emportent une chambre exotique ! Il me reste quelques Box, en bon état, dont un très beau WeekEnd recouvert de cuir bordeaux, que je présenterai bientôt.

Mais du coin de l’œil, je repère dans sa voiture une autre caisse. Prudent, je paie mes achats et lui laisse le temps d’installer le reste, ne m’éloignant que de quelques mètres …

Regard rapide vers mes deux concurrents qui tergiversent sur des cartes Pokémon et je me hâte lentement vers la dame qui a effectivement posé la seconde caisse, que j’entreprends d’explorer.

D’autres Box, un sac tout prêt de Rolleiflex vide mais en superbe état et … un Rolleiflex aussi dans son sac, en superbe état lui aussi. Bien évidemment, je les ramasse et essaie d’encore trouver une pépite, une petite chambre un peu abîmée mais mignonne.

La dame me reconnait et lorsque je lui demande le prix de ces articles, dans un clin d’œil, elle me donne un prix qui manque me faire laisser tomber mes achats !

Je vois que vous aimez vraiment ces vieux appareils et moi je dois les liquider, alors autant vous faire plaisir ! Chère Madame, si vous saviez la joie que vous me faites …

Un peu d’histoire.

J’ai, rapidement j’en conviens, évoqué un autre Rolleiflex il y a un moment. Je le comparais à un Yashica D et j’ai peu abordé l’histoire de cette marque qui a inscrit son nom au panthéon de la photographie. Je vais y remédier.

Penché sur le premier Rollei comme une prophétesse sur sa boule de cristal, on questionne le temps. – Robert Doisneau

Peu d’appareils photo dans toute l’histoire de la photographie peuvent se targuer d’être devenu un nom commun : quand on voit un télémétrique, on dit un Leica ; quand on voit un appareil carré avec un gros objectif, on dit un Hasselblad ; quand on voit un appareil instantané, on dit un Polaroid ; et quand on voit un appareil muni de deux objectifs superposés, on dit un Rolleiflex.

Mais commençons par le début de l’histoire …

Au début de la photographie, de nombreux appareils ont été construits par des artisans et/ou artisans photographes. Chacun y allant de ses découvertes, sans vraiment répéter les appareils, la pratique photographique étant encore balbutiante et, c’est vrai, réservée à une certaine élite sociale car les produits coûtaient chers et il fallait un peu d’instruction pour les manipuler sans (trop) de risques.

On estime que c’est l’appareil de Giroux, un des premiers daguerréotypes, qui peut être considéré comme le précurseur des appareils reproductibles et standardisés.

Les chambres photographiques ne sont jamais qu’une amélioration de cet appareil, le soufflet permettant une plus grande liberté de réglages.

Mais la vraie révolution viendra du … cinématographe tout neuf qui offre aux photographes le film souple. En effet, auparavant, les supports étaient essentiellement des plaques de verre, fragiles et délicates à manipuler. En 1889, Kodak lance le film sur nitrate de cellulose, un support que l’on peut mettre en rouleau dans un appareil cinématographique ou photographique. Ainsi nait, dans la foulée, le Kodak n°1, préchargé de 100m de film, que l’on renvoie à l’usine pour le développement et qui revient rechargé d’un autre film et le film précédant développé.

Une autre (r)évolution est en marche. Si les chambres se sont améliorées, elles présentent toujours un inconvénient inhérent à leur construction, à savoir que la visée est indissociable de la prise de vue : on vise à travers un dépoli, que l’on remplace par un support argentique au même endroit pour la prise de vue (voir l’article sur le G. Glunz & Sohn).

Des chercheurs vont donc proposer des solutions pour dissocier ces deux aspects. C’est à l’Angleterre que l’on doit une solution originale et qui va révolutionner l’appareil photo. La London Stereoscopic and
Photographic Company
crée le Carlton, le premier TLR (twin lens reflex = reflex double objectifs) en 1885 et le produit de manière industrielle.

Appareil photo vintage Rolleiflex, modèle T, affichant une conception à double objectif avec un boîtier noir ouvert.

Ce sont sans doute les appareils de stéréoscopie (qui permettent de voir des images en relief) qui ont donné l’idée des deux objectifs. Mais ici, ils sont montés l’un au dessus de l’autre et un seul est destiné à la visée, le second étant réservé à la prise de vue proprement dite.

Ces appareils vont inspirer les pères du Rollei. Le premier, Reinhold Heidecke, travaille comme concepteur chez Voigtländer (1900) où il dessine des appareils photo et à qui il propose des innovations, hélas souvent rejetées. Dépité, il songe à quitter l’entreprise pour fonder sa propre société mais doit reculer, faute d’investisseur. Le second, Paul Francke, a aussi travaillé chez Voigtländer (1909), comme commercial. Il quittera celle-ci en 1912 pour se lancer dans ses propres affaires jusqu’à ce qu’il soit enrôlé dans l’armée en 1917.

Au sortir de la Première Guerre Mondiale, il reprend contact avec Voigtländer et il y rencontre Reinhold Heidecke, toujours en recherche d’investisseur. Les deux hommes finiront par s’associer et ils créent le 1er février 1920 la Cie Franke & Heidecke, Werkstatt für Feinmechanik und Optik (Atelier de mécanique de précision et optique) à Braunschweig.

Ils ne vont pas immédiatement révolutionner la photographie mais commercialiser des appareils dans le moule des Voigtländer et notamment des boitiers stéréoscopiques, alors en vogue. Leur premier appareil sera le Heidoscop (1921).

Un ancien appareil photo à plaques de verre, le Heidoscop, avec des objectifs visibles et un viseur sur le dessus.
Source : Kameramuseum

C’est un appareil à plaques de verre, avec un viseur qui rappelle, tout comme les objectifs, ce qui sera la marque des Rollei plus tard.

Toute une série d’évolutions vont imposer la qualité de fabrication de l’appareil et faire connaître leur nom : passage à un plus grand format, utilisation d’optiques Zeiss, passage au film 120 et 127. C’est d’ailleurs à ce moment que l’appareil change de nom et devient le Rolleidoscope.

Cet appareil est imposant et cher, et donc reste l’apanage d’une clientèle riche. Partant de ce constat, Reinhold Heidecke va réfléchir à un appareil plus grand plublic, qui devra être plus compact.

Mais qui dit plus compact dit revoir le format du film, or les conventions artistiques du moment sont plutôt à un format rectangulaire. Il testera le 4,5X6 mais devant la forme de son idée, ce format ne convient pas et il doit se résoudre adopter le format carré 6×6. Ce format rompt complétement avec les standards de l’époque.

Lorsque en 1929, l’entreprise propose son premier modèle, il se heurte à une rude concurrence. D’abord celle des Box, lancée par Kodak. Un appareil simplissime mais qui rencontre un vif succès car peu cher à l’achat mais qui se rattrape ensuite sur le consommable (le film). Il perdurera sous le nom de Brownie (et ses très nombreuses déclinaisons) jusque dans les années soixante.

Ensuite, les folding, plus sophistiqués et très compacts puisque pliant. De petites chambres que l’on peut glisser dans une poche si besoin. D’abord à usage mixte (plaque ou film) elles passent au film avec des formats 6×9 ou 9×12, puis 6×6 cm. Ils feront florès de 1920 à 1940.

Encore, la chambre, qui reste sollicitée par les professionnels, notamment pour le travail en studio. La plus célèbre est la Graflex, un reflex primaire avec viseur. Malcommode, encombrante, lourde, les chambres gardent des partisans mais finiront par s’essouffler.

Et puis il y a un petit appareil, qui vient de sortir et qui perturbe aussi le ronron des certitudes, j’ai nommé le Leica (1925). Un concentré de technologie dans un format ultra-portable qui, s’il fut boudé au début de sa carrière justement à cause de sa taille et de celle de son film, dès 1930, connait un engouement réel des photographes de reportage.

Mais Rollei a du succès et le Rolleiflex va établir le format carré, qui avait déjà vu de nombreuses tentatives antérieures avec d’autres marques, comme un standard lui aussi.

D’abord produit sur un film 117, rapidement remplacé par du 620 puis le 120, le format carré 6x6cm va prendre pied grâce au Rolleiflex original et ses suivants.

On estime que l’âge d’or de ce format s’établit aux alentours des années cinquante, notamment avec l’arrivée du rival Hasselblad et grâce aux multiples TLR de toutes origines, japonaise bien sûr, mais aussi française, yougoslave, russe, chinoise, …

Mieux, ou pire c’est selon, en 1963, Kodak institue le format carré comme un produit de masse avec l’introduction du film sous cassette, le fameux 126 destiné aux Instamatic.

Enfin, en 1972, Polaroid lance un autre carré magnifique, le format SX-70, pour l’appareil de même nom et qui ouvrira la voie au format 600 par après.

Le format carré a établi sa légitimité et il sera prisé tant par les amateurs que par les professionnels, tant du reportage que du studio.

Finalement, il n’y a qu’en numérique que le format n’a pas été envisagé …

Pour en revenir à la marque Rollei et au Rolleiflex, le modèle original série 611 sera présenté à la Foire de Printemps de Leipzig en janvier 1929. Il possède un objectif photographique Carl Zeiss Tessar de 75mm f4,5 dans un boitier compact, avec un objectif de visée Heidosmat et obturateur Compur, le tout surmonté d’une chambre de visée à miroir fixe.

C’est sans doute un des appareils les plus sophistiqués de son temps. Il utilisait le film 117 car il était le seul alors à inclure sur le papier de protection un repère d’espacement pour le 6×6. Repère indispensable car l’appareil ne verrouille pas l’avancement du film (il faut vérifier soi-même par la fenêtre en rouge inactinique l’avance). Ce format, aussi large que le 120, ne propose que six vues, contre douze pour le 620 en 1932 (Kodak). Ce changement demandera de modifier le mécanisme d’entrainement.

Vous voyez la similitude dans les deux appareils ?

Mais pourquoi l’appareil est-il passé à la position verticale, me direz-vous ? L’histoire raconte que lors de la Première Guerre Mondiale, Reinhold Heidecke, enrôlé lui aussi, observait les alentours des tranchées avec un périscope. C’est cet appareil qui lui aurait donné l’idée de construire un appareil photo utilisant le même principe de deux objectifs séparés mais identiques. Ainsi serait né le principe du Twin Lens Reflex (TLR, une abréviation que je vais utiliser).

Après ce premier opus, réussi, Rollei va continuer à innover et à améliorer son concept, tout en gardant toujours cette excellence de qualité dans la construction.

Au nombre des améliorations, nous pouvons noter :

  • avancement du film à la bonne longueur et armement de l’obturateur par la manivelle
  • palpeur mécanique qui détecte le début du film
  • sécurité contre les doubles expositions
  • contrôle de la mise au point sur le dépoli par un bouton qui fait avancer/reculer la platine porte-objectifs
  • compensation de la parallaxe entre les deux objectifs
  • adaptateur pour film 135 (Rolleikin)
  • bonnettes de prise de vue
  • synchronisation des flashs magnésiques et électroniques

Toujours aussi compact pour un 6x6cm, il a gagné ses lettres de noblesse et de nombreux photographes, illustres ou amateurs passionnés, l’ont approuvé sans réserve.

Une seconde gamme vit aussi le jour. Un peu plus abordable que le Rolleiflex, la série des Rolleicord est – sensiblement – simplifiée et plus abordable. C’est souvent un excellent second choix, surtout la série des Rolleicord Vb (voir aussi l’article sur le Rolleicord Va).

Plus anecdotique mais néanmoins partie prenante de l’histoire de la marque, le Baby Rolleiflex reste un superbe petit appareil. Il fut construit pour rendre encore plus compact l’appareil et il utilisait le film 127 (que l’on trouve encore, par exemple chez Retrocamera.be). Ce tout petit Rolleiflex s’inscrit dans la course folle à la miniaturisation initiée par le Leica, qui donna le coup de fouet nécessaire à tous les régimes pour faire maigrir les anciens boitiers, lourds et encombrants.

Finalement, des années trente à la fin des années septante, le Rolleiflex s’imposait partout où une photographie de qualité était exigée (mode, studio, portrait, reportage). Mais un concurrent sérieux en vint à bout, le reflex. La firme dépose son bilan en 1981.

Si le Rolleiflex fut encore fabriqué jusqu’au années nonante, sa suprématie avait depuis longtemps été battue en brèche par les reflex, plus souples, plus universels, plus légers, plus polyvalents.

Un bref sursaut, sous licence Zeiss, a permis à la marque de sortir des modèles modernes au début des années deux-mille, mais cela sonnait comme un chant du cygne …

Présentation du Rolleiflex T type 3 bay 1.

Le Rolleiflex T est né d’un constat fait en 1957. A savoir que l’écart de prix entre le Rolleiflex F (le haut de gamme) et le Rolleicord (l’entrée de gamme) était trop important, créant un vide que d’autres pourraient combler.

Ils ont donc imaginé la série des T aux coûts de fabrication réduits. Comment ? La série T abandonne le mécanisme de détection automatique du film au démarrage. Il faut regarder la marque faite le long de la porte pour initier le film, comme sur le Rolleicord. Les autres mécanismes qui en découlent ont aussi été simplifiés ou abandonnés.

Il y a eu 3 modèles fabriqués :

  • Modèle 1 de 1958 à 1961
  • Modèle 2 de 1961 à 1966
  • Modèle 3 de 1971 à 1976, ce modèle peut être divisé en appareils photo avec des objectifs Tessar et ceux avec des objectifs Xenar. De plus, ce modèle a reçu un autre design de plaque frontale à partir de 1970. Le Rolleiflex T à face blanche (en fait un simili cuir gris très élégant).

Publicité de 1971.

Une publicité classique pour des appareils photo Rolleiflex, mettant en avant les modèles Rolleicord Vb et Rolleiflex T, avec une description des prix et des caractéristiques.

Ce modèle T type 3 sera donc produit jusqu’en 1976, presque à la fin du règne des Rolleiflex mais pas de sa popularité.

Evidemment au sein même de la gamme, des évolutions infimes se mettent en place, par exemple, sur le type 3 qui nous occupe aujourd’hui, les bras qui ajustent la synchronisation et l’EVS sont en métal (en plastique sur le type 1) et il possède un compteur pour du film en 220 en plus du 120.

EVS un terme étrange pour nommer la manière dont l’appareil propose ouverture et vitesse car, sauf option, le Rolleiflex T n’est pas équipé d’une cellule et lorsqu’il y en a une, elle n’est pas couplée.

Pour aider les photographes, à l’arrière de l’appareil se trouve un petit tableau qui, à l’aide de scénettes, représentent diverses situations de lumières. Il est censé vous aider à choisir le nombre EV (exposure value) le plus adéquat.

Ensuite, avec ce chiffre, vous pouvez déterminer un couple ouverture/vitesse. Un petit levier, à gauche de l’objectif, vous permet de jouer sur les paramètres de l’exposition et les vitesses car, comme sur le Rolleicord, les valeur sont couplées. Celles que vous sélectionnez sont visibles sur le dessus de l’objectif, dans une petite fenêtre.

Gros plan sur l'objectif et le mécanisme de l'appareil photo Rolleiflex T type 3, avec des inscriptions visibles sur le boîtier noir.

Il est évidemment possible de désynchroniser ces 2 valeurs et régler l’ouverture seule. Il faut tirer sur le petit levier tout en le poussant en haut ou en bas. L’ouverture va bouger, pas la vitesse. Ce n’est pas le système le plus rapide et dès lors, on fait souvent confiance aux couples qui sont prévus, sans mauvaises surprises.

Mais prenons l’appareil par le début, c’est à dire en ouvrant d’abord le capot qui libère la chambre de visée. Ainsi on découvre le dépoli, toujours un peu terne, surtout dans les coins (et Rolleiflex fait partie des plus lumineux !). Une petite loupe peut vous autoriser à mieux voir votre sujet. N’oubliez pas que la vision est inversée gauche/droite.

Vue de dessus d'un appareil photo Rolleiflex T type 3 avec un objectif visible et un intérieur en cuir texturé.
La loupe pour vérifier votre cadrage (surtout en studio !)

Pour régler la distance, il faut faire tourner le gros bouton, sur la gauche du boitier. Toute la platine porte-objectifs va alors avancer ou reculer pour vous permettre de faire la mise au point sur le dépoli dans la chambre de visée (mise au point minimale de 90cm).

Close-up of the settings dial on a Rolleiflex T type 3 camera, highlighting aperture and shutter speed adjustments.

Une échelle de profondeur de champ est associée à ce bouton, pour plus de facilité en cas de visée par zone focus. Un mémo pour la sensibilité du film est située sur le bouton de réglage de distances.

Les deux petits boutons, toujours sur la côté gauche sont juste là pour vous permettre d’insérer une nouvelle bobine dans le corps de l’appareil.

Pour l’ouvrir, par dessous, il faut faire pivoter la languette striée puis déclipser la languette métallique qui maintient encore la porte arrière, qui va s’ouvrir vers le haut.

Vous découvrez alors la chambre dans laquelle vous allez insérer une bobine de film 120 : le film se place en bas et la bobine vide en haut. Pour charger le film, je vous invite à regarder la 1ere vidéo ci-dessous, c’est plus parlant.

Notez que l’on peut, moyennant un accessoire appelé Rolleikin, poser un film de 24x36mm dans ce Rolleiflex. Il faut alors modifier la plaque de pression du film et ajouter le cache spécifique.

Voilà votre appareil prêt pour la première vue. Vous cadrez votre sujet, réglez la distance, la valeur EV et déclenchez (ne pas oublier de soulever le verrou du déclencheur avant). Reste à faire avancer le film d’une pose en tournant la manivelle une fois puis à faire un retour vers l’arrière pour armer l’obturateur.

Gros plan sur l'objectif d'un appareil photo Rolleiflex T avec le nom 'Tessar' et 'Made in Germany' clairement visibles.

Vous êtes prêt à arpenter les rues comme Viviane Maier, effectuer des reportages comme Robert Cappa, du studio comme Richard Avedon, de l’autoportrait comme Willy Ronis, et tant d’autres comme Gordon Parks, Cecil Beaton, Diane Arbus, Irving Penn …

L’appareil en soi n’est pas difficile à utiliser, il faut juste s’habituer à ses réglages, c’est une question de pratique.

Ceci dit, si vous sortez avec ce type d’engin, ne pensez pas passer inaperçu, mais c’est un bon moyen pour créer du lien.

Dites, dans le titre, vous précisez bay 1, ça veut dire quoi ?

Zut, moi qui pensait que vous n’aviez pas relevé cette info !

Bon, je vais faire un aparté à ce sujet, qui anime le petit monde du Rollei.

Tout d’abord cette question ne concerne que les TLR avec baïonnette, comme le Rolleiflex ou les Yashica et Minolta (pour les plus connus). Elle vise à pouvoir s’y retrouver quand il s’agit de monter des filtre ou autres accessoires sur les dites baïonnettes. En effet, il en existe 3 tailles différentes : bay 1 (ou 1), bay 2 et bay 3.

Car, voyez-vous, ce n’est pas inscrit sur les filtres, se serait trop facile ! Et pour ajouter à la complexité, les fabricants ajoutent parfois des mesures comme 28,5mm pour un bay 1 mais ce n’est pas son diamètre, encore ils les renomment B30 ou B-30.

De ce que j’ai pu lire, voici un moyen un peu plus simple pour s’y retrouver :

Baïonnette 1, aussi connue sous la dénomination Baie I / B30 / B-30

  • Dimensions extérieures : 37 mm
  • Diamètre intérieur : 30 mm
  • Parfois marqué : 28,5 mm
  • Convient aux : Rolleicord et Rolleiflex (avec Tessar / Xenar f3.5), Yashica EM, Yashicamat, Yashicamat-124, YashicaMat-124G Minolta Autocord

Baïonnette 2, aussi connue sous la dénomination Bay II

  • Dimensions extérieures : 41 mm
  • Diamètre intérieur : 34 mm
  • Parfois marqué : 34 ou 36 mm
  • Convient au Rolleiflex (avec Xenotar et Planar f3.5 )

Baïonnette 3, aussi connue comme Bay 3

  • Dimensions extérieures : 46 mm
  • Diamètre intérieur : 38 mm
  • Parfois marqué 38mm
  • Convient au Rolleiflex (avec Xenotar ou Planar f2.8 )

Voilà, j’espère que ceci va vous aider dans les brocantes, foires au matériel, vide grenier, … a retrouver qui va avec qui.

Que penser de cet appareil ?

Indéniablement, il a un certain charme, un peu suranné mais oh combien attachant. Et puis il y a ce nom mythique de Rolleiflex, moins ostentatoire que la pastille rouge de son concurrent mais qui attire tout autant l’œil vers lui.

Si vous avez la chance d’en trouver un avec son beau sac tout prêt, gardez-le bien mais retirez-le pour faire vos photos, il ne fera que vous encombrer, surtout au moment de changer de pellicule (et 12 vues, ça va vite).

Le hic c’est que pour le porter il faut une sangle avec des attaches spécifiques qui coutent … le prix d’une bonne sangle !

En fait, tous les accessoires, comme chez le concurrent Leica, coutent une petite fortune, sauf à tomber par hasard sur des personnes qui vendent des pièces éparses sans savoir à quoi elles correspondent.

Mais au delà de ces considérations bassement matérielle, c’est vrai qu’on a du plaisir à manipuler ce boitier : toutes les commandes sont douces, fluides, discrètes et silencieuses. Un vrai régal.

Si cet appareil est capable de petites merveilles sur grands négatifs, il n’est toutefois pas exempt de reproches. Comme son optique, fixe et fermement moins polyvalente que celles d’un reflex. Comme le fait de le charger, un peu lent. Comme le fait que le nombre de pose soit vraiment limité (12 vues). Comme sa vitesse maximale, limitée à 1/500s. Comme le fait qu’il n’ait pas de griffe pour y fixer un flash (bien qu’il y ait une prise synchro), ce qui implique un achat supplémentaire. Comme …

Soit, il est loin d’être parfait mais ce qu’il fait, il le fait bien, voire très bien, en N/B ou en couleurs d’ailleurs. Il faut l’apprivoiser et prendre son temps avec lui.

Et puis, il faudra penser à l’aspect financier car la (quasi) perfection, ça se paie : comptez entre 500 et 700€ pour un très bel exemplaire, complet. Tous les accessoires en sus s’ajoutent au prix (pare-soleil, filtres, bonnettes, etc.)

Mais ne dit-on pas que lorsqu’on aime, on ne compte pas ?

Vidéos d’illustration.

En français.

La même chose en anglais.

Celle d’un passionné de son métier.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Numéros de production : avec objectif Tessar environ 28.000 unités ; avec objectif Xenar environ 3.000 unités

  • Format : 12 poses de 6 x 6 cm sur rouleau de type 120.
  • En utilisant un ensemble de masques spéciaux, l’appareil photo peut être adapté pour prendre 16 images 4×4 ou 4×5,5 cm en rouleau. Le masque placé dans le portique du film fait passer automatiquement le compteur d’images de 12 à 16 expositions.
  • Il existe un adaptateur de plaque en option pour le film en feuille.
  • De plus, en utilisant un adaptateur Rolleikin 2 en option, des cartouches de film 35 mm peuvent être utilisées.
  • Couleur Similicuir : Noir
  • Objectif de prise de vue : Carl Zeiss Oberkochen Tessar ou Schneider Kreuznach Xenar 1:3.5 f=75mm.
  • Obturateur : Obturateur à lames Synchro-Compur MXV CR00. Vitesses 1 à 1/500 sec. et B. Retardateur.
  • Synchronisation du flash : Prise de synchronisation en façade, synchronisation X.
  • Objectif de visualisation : Heidosmat 1:2.8 f=75mm.
  • Filtre à baïonnette : Les deux objectifs, taille 1.
  • Correction d’erreur de parallaxe.
  • Système de mesure de la lumière : En option, couplé, élément photo en sélénium, 2 gammes.
  • Dimensions LxPxH : 112 x 97 x 148 mm
  • Poids : 1020 grammes

Pour vous aider à faire un choix raisonné, je vous suggère le site d’un passionné passionnant : tipiphoto (en français).

Toujours dans le registre du choix, il y a une vie au-delà des Rolleicord et Rolleiflex. Voici une bonne adresse pour faire un choix éclairé : dirapon

Des références.

https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=12813, https://galerie-photo.com/acheter-rolleiflex_questions.html, https://www.photosurcour.fr/appareils-photo-rollei/, http://www.appaphot.be/fr/brands/rollei-f-h/rolleiflex-t-type-3-meter/, https://www.filmisundead.com/test-avis-rolleiflex-t/, https://fr.wikipedia.org/wiki/Rolleiflex, https://99camerasmuseum.com/fr/rolleirolleiflex-24-99the-professional, https://web.archive.org/web/20150924001305/http://www.ens-louis-lumiere.fr/fileadmin/recherche/2013-Katarzinsky-photo.pdf (une thèse très intéressante à lire), en français ; https://www.photrio.com/forum/threads/bay-i-ii-ii-how-to-tell-the-difference.89701/, https://camera-wiki.org/wiki/Rolleiflex_T, https://www.photographyattic.com/blog/2020/06/how-to-tell-which-rollei-bayonet-filter-mount/, https://ruimoraisdesousa.blogspot.com/2009/02/rolleiflex-t-first-day.html, https://rolleirepairs.com/(en cas de réparation), https://independent-photo.com/fr/news/rollei-and-the-rolleiflex/ en anglais ; https://internoinbakelite.wordpress.com/2014/11/16/elogio-della-rolleiflex-t/, en italien

Reader Comments

  1. Bonsoir JP, Quelle belle affaire que tu viens de faire. Je me doute que les 2 autres visiteurs ne l’auraient pas laissé passer. De plus, il est dans un état « concours » ! Je vois aussi que tu vas regarder du coté de nos amis chinois pour trouver les accessoires qui te manquent. Je le fais pour les bouchons d’objectif ou de boitiers et pour les filtres. Par curiosité, j’ai regardé les prix pratiqués sur les sites d’enchère… Il n’y a rien en dessous de 300 Euro… Pourtant, tu peux trouver des 6×6 de très bonne qualité pour moins cher, mais tu n’auras pas le nom Roleiflex sur la face avant. Je n’avais encore jamais vu le rappel de vitesse et d’ouverture placée juste au dessus de l’objectif. C’est une très bonne idée…

    1. Bonjour Olivier, merci, j’espère juste que l’an prochain la Dame sera encore là, et moi aussi car il doit lui rester quelques pépites. Finalement, je pense que je ne devrais pas aller si loin pour trouver les accessoires car j’en ai quelques uns, disséminés dans mes caisses, le tout étant de remettre la main dessus. Mais ce sera fait pour la Foire de Cormontreuil (Reims) en octobre. Et tu as raison, Rolleiflex, c’est comme Leica, très bon mais il y a aussi d’autres marques aussi bonnes mais qui ont moins d’aura. Citons Semflex qui a construit de superbes appareils, Yashica bien sûr, Minolta, Ricoh, Meopta Flexaret, etc. Il n’en manque vraiment pas. Bon weekend Olivier et toutes mes amitiés.

    1. Un grand merci Philippe, je suis toujours curieux de beaucoup de choses et je t’avoue que le plus dur est de ne pas tout écrire ! Bon weekend cher ami et bonnes photos. Toutes mes amitiés.

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