Argentique

Un Voigtländer Vito qui a bien souffert …

Préambule

Un matin humide de février. La météo nous promet un peu de soleil pour la fin de matinée, mais là, nous l’attendons avec impatience, il fait frais et même les plus endurcis des brocanteurs ne sont pas nombreux …

En passant devant un stand, je vois cet appareil, qui m’intrigue. Mais je constate qu’il est en mauvais état ; passons, je verrai bien si je ne trouve rien d’autre, c’est un des premiers vendeurs.

Finalement, je reviens car je n’ai trouvé que ce bel ensemble que je vous ai déjà proposé, une chambre F. Deckel et son trépied.

Je prends le petit appareil en mains et j’essaie de l’ouvrir ; impossible, il est bloqué ou il y a une manœuvre que je ne connais pas. Je me tourne vers le vendeur pour lui demander comment faire, mais lui non plus n’en sait rien. Ou plutôt, il fait les mêmes gestes que les miens pour un résultat identique : il ne s’ouvre pas.

Je lui propose que je fasse un dernier tour, le temps qu’il trouve … et un quart d’heure plus tard, il n’a pas avancé d’un iota : c’est bien le moment de négocier un tout petit prix pour ce boitier récalcitrant, et ça marche, il me le cède car il ne réussira pas à le mettre en état de vente.

Pour ma part, j’ai bien une petite idée et mon canif Suisse en poche, qui va encore débloquer la situation loin des regards …

Un peu d’histoire.

Ici encore je ne vais pas m’étendre trop longtemps, c’est une marque que j’ai déjà souvent analysée sur le site, du minuscule et moderne Vitoret EL 110 à l’ensemble exceptionnel du Bessamatic De Luxe, en passant par plusieurs déclinaisons des Vito (le Vito CD par exemple) et quelques folding de légende comme le Bessa I ou le populaire Perkeo I.

Juste rappeler que Voigtländer est sans doute une des plus anciennes marques actives dans l’optique et la photographie puisqu’elle fut créée par Johann Christoph Voigtländer à Vienne, Autriche, en 1756.

En 1850, il est un des plus grands fabricants et vendeurs de matériel photographique en Allemagne. Jusqu’au seuil de la Grande Guerre (1914 – 1918), les appareils sont des chambres portables à plaques de verre et des pliants avec film 120.

Il faut attendre les années trente pour qu’un nouveau format prenne petit à petit le contrôle du marché, le 24x36mm. Ce film répond à la demande du marché des Leica (1925), des Contax (1932), des Kodak Retina (1935). Trois formats de films vont donc encore cohabiter : les 127, le 120 et le 135. Notons qu’ils existent encore tous les trois de nos jours.

Comme d’autres fabricants, Voigtländer va peu à peu diminuer la taille de ses appareils et favoriser leur portabilité. En effet, longtemps réservé à une élite, l’appareil photo entre dans les mœurs, notamment grâce à Kodak, Agfa, Balda, Franka, Iloca, etc. qui produisent des boitiers de qualité à des prix plus démocratiques, favorisant l’achat non seulement des appareils mais aussi des films, de la chimie.

Les premiers boitiers vraiment de poche seront le Bessa (1929) et le Perkeo (1950), tous deux en format 120. Ce sont encore des pliants et lorsqu’ils sont fermés, on peut réellement les glisser dans une poche ou un petit sac. De quoi les avoir tout le temps sur soi.

Et pour répondre à la nouvelle tendance des appareils à film 135, face au Contax, ils vont proposer le Prominent (haut de gamme), les élégants Vitessa face aux Leica. Avec une bonne dizaine d’années de retard sur leurs concurrents, toutefois.

C’est donc comme une solution temporaire que ce Vito sort : il ne se positionne pas comme un haut de gamme mais comme un appareil capable de rivaliser avec les appareils 24×36 de la concurrence, comme l’Agfa Silette, les Zeiss Contessa et Contina, le Beirette, le Paxette de Braun, le Franka, etc. Des appareils de moyenne gamme destinés à répondre à la demande des amateurs toujours plus nombreux au sortir de la seconde guerre mondiale.

Ils n’ont rien révolutionné et plutôt pris le même chemin que leurs concurrents, à savoir un appareil pliant mais au format 135. Une sorte de Bessa et Perkeo mais en modèle réduit.

Maintenant, pour avoir choisi ce nom ? Vito signifie éviter en latin. Quoi, une perte financière, une aura, … on ne le saura sans doute jamais mais c’est finalement un nom qu’ils vont utiliser une bonne vingtaine d’années, avec toutes les déclinaisons ultérieures du Vito premier du nom.

De fait, il y a deux grandes catégories chez les Vito : les pliants, introduits dès 1939, marqués ensuite en chiffres romains de II, IIa à III (et non, il n’y a pas de Vito I car à l’époque, étant le premier, il ne devait pas être nommé comme tel).

Le tout premier Vito était prévu pour le film 828 de Kodak (voir le Kodak Pony), qui était un film non perforé au format 28x40mm. Seulement, la guerre est passée par là et ce type de film a été abandonné par Kodak et … Voigtländer, qui a opté pour le 135.

Les Vito II et IIa étaient encore forts proches du premier du nom, seule l’esthétique changeait mais ils étaient tous les deux des appareils avec un simple viseur. Par contre, le Vito III était un télémétrique.

Le premier Vito et les numéros deux étaient équipés d’un objectif Skopar ouvrant à f3,5 tandis que le troisième recevait un objectif Ultron ouvrant à f2.

Quant à la seconde catégorie, c’est celle des Vito compacts et rigides dont je vous ai déjà présenté quelques exemplaires (comme le Vito CLR, le Vito CSR, le Vitoret, le Vitomatic IIa, par exemple)

Les Vito étaient les appareils destinés aux amateurs, même s’il y en eut de très beaux et complets, tandis que les Vitessa étaient des milieux de gamme et les Prominent, hauts de gamme, destinés aux professionnels. Il y eut encore des réflex mono objectif comme les Bessamatic et Ultramatic.

Finalement, en 1956, Voigtländer sera racheté par Carl Zeiss AG et Zeiss Ikon, qui cessera la production d’appareils photo en 1971. La gamme Vito, sous toutes ses appellations, sera sous licence, ce qui permettra de la relancer dans d’autres formats comme le 110 par Rollei (Vitoret 110) ou dans l’éternel format 135 par Balda (1980) et même Samsung (1990).

Présentation du Vito, premier du nom

Les premiers Voigtländer Vito sont produits en 1939 et lorsque la guerre éclate, tout s’arrête. Il faudra attendre 1947 pour que les appareils reviennent sur le marché, avec quelques modifications, notamment l’obturateur qui passe du Compur initial au Prontor. L’objectif de 50mm possède une particularité : un filtre jaune est monté autour de lui, avec une charnière, qui permet de le relever si on n’en a pas besoin. Cette formule n’existe que sur les appareils d’avant guerre.

L’objectif reste un Skopar, dérivé du Zeiss Tessar (ça pouvait être pire !). On peut classifier les modèles de cette manière :

Voigtländer Vito (appareils photo en chiffres romains) 1939 – 1947
Vito II (1950)
Vito III (1951)
Vito IIa (1955)

Le deuxième du nom se distingue par un capot plus large où le viseur est intégré (plus de saillie). L’objectif était alors un 50mm ouvrant à f3,5 qui reçoit la mention Color-Skopar et il reçoit soit un obturateur Prontor, Prontor II, Prontor S (vitesse maximale de 1/300s) ou un Synchro-Compur, voire un Compur-Rapid (vitesse maximale de 1/500s). Il recevra par la suite une griffe porte-accessoire dite froide (sans contact).

Le Vito IIa reprend l’objectif du II mais il ne garde qu’un bouton sur le capot (au lieu de deux) et son viseur est agrandi.

Le Vito III opte pour un plateau rabattable au lieu de deux charnières latérales pour l’ouverture/fermeture pliage. Cette fois, il est un télémétrique, couplé avec un objectif Ultron de 50mm ouvrant à f2, qu’il partage avec le Vitessa et le Prominent.

Comme signalé plus tôt, l’appareil initial est prévu pour le film 828, qui donne un négatif de 30x40mm, négatif qui n’est pas perforé et donc il n’y a pas d’engrenage d’entrainement sur le pignon.

Celui que je vous présente a, semble-t-il bien, souffert :

  • la cuirette, qui n’était déjà plus d’origine (les noms embossés dedans n’apparaissaient plus) et elle était décollée un peu partout quand pas tout à fait disparue. Je l’ai remplacée par un cuir synthétique coupé sur mesure
  • l’objectif est un Skopar de 50mm ouvrant à f3,5
  • l’obturateur est un Prontor II mais la vitesse maximale est de 1/200s
  • Il faut absolument l’aider pour faire sortir le combiné objectif/obturateur
  • le déclencheur est débranché (et impossible de démonter car tout est riveté)
  • il faut lui demander très gentiment pour le rentrer dans le boitier et il ne le fait pas de bonne grâce
  • il manque un minuscule ressort de rappel, impossible à remettre sans démontage

Bref, je vous le montre mais il n’est plus fonctionnel (j’en ai profité pour le démonter, au cas où, mais impossible de le réparer).

Sa forme n’est pas sans rappeler le Weltix (deux articles) ou le Zeiss Ikonta 522/24, voire le Kodak Retina IIIc : ils ont tous sensiblement la même compacité, le même système d’ouverture et l’unité de film, le 135.

Mais commençons par le début :

Vue d'une caméra vintage avec un design rétro en noir et blanc, posée sur un fond blanc.

Sa forme est assez épurée : un petit capot avec de chaque côté une roue (à droite, l’avance du film ; à gauche, le rebobinage du film, l’avance rapide, l’éjection de la cartouche) et au milieu, le viseur légèrement en saillie. Entre la roue de droite et le viseur, le compteur de vue.

Le viseur est de type galiléen inversé, vraiment pas grand (5mm x 2,5mm) mais lisible (mais on n’y voit que la moitié de l’image réelle). Vous aurez remarqué qu’il n’y a pas de griffe porte-accessoires, pourtant il y a une prise PC sur le combiné objectif/obturateur, un clip était en option. A partir du numéro deux, deux rivets ajoutés à la face avant vont permettre de clipser l’accessoire particulier.

Passons au dos du Vito. Sous la pièce basculante, vous verrez une roue dentée. C’est elle qui permet de régler le compteur de vue et si cette pièce est soulevée, elle vous permet de rebobiner le film dans sa cartouche.

Voyez le petit pont, sous la roue d’avance : il sert à fixer une dragonne, l’appareil n’étant pas muni d’œillets pour le faire.

Vue latérale d'un appareil photo vintage avec un revêtement en cuir marron.

Par dessous, un filetage pour un trépied, un petit bouton, celui qui sert à déverrouiller la porte avant. Notez bien que même si tout va bien, elle ne s’ouvre pas complétement, il faut l’aider à aller jusqu’au bout et tirer sur l’ensemble pour le verrouiller à sa juste place.

Si vous regardez bien, vous verrez aussi 3 petits pieds (le 3ème est sur le bas de la porte) qui permettent de placer l’appareil bien à plat sur une surface solide. Utile, en combinaison avec le minuteur, pour les photos de groupe.

Appareil photo vintage en cuir brun, vu de côté, avec des éléments en métal.

Une fois la porte ouverte avec votre aide, le combiné objectif/obturateur sort et se place en bonne position.

Appareil photo rétro Voigtländer avec objectif Skopar, coque en cuir marron.

L’objectif est bien marqué Skopar, de 50mm et d’ouverture f3,5. L’obturateur est un Gauthier (voir le logo en face du nom) Prontor II. Au sujet de la lentille, quelques remarques utiles je pense : elle n’est pas traitée contre les reflets et est plus spécifiquement prévue pour le N/B. La mise au point minimale est de 1m jusque l’infini. Deux repères pour l’hyperfocale sont notés sur le pourtour : à f5,6, net de 5m à l’infini et à f16, net de 2,5m à l’infini).

L’obturateur propose des vitesses de 1/5, 1/10, 1/25, 1/50, 1/100 et 1/200s, plus une pose B et une prise PC mais sans indication de la vitesse de synchronisation, sauf ce tableau :

Table des paramètres de synchronisation des flashs, indiquant les réglages recommandés pour différents types d'ampoules et flashs électroniques.

Le petit levier avec un point rouge est celui du minuteur, qui fait ce qu’il peut et est assez fantaisiste pour le temps, quand on arrive à l’actionner. Petit rappel à ce sujet : d’abord armer l’obturateur (le levier au dessus, à faire basculer vers l’avant) puis actionner le minuteur (à pousser dans le sens horaire), puis déclencher. Normalement, on peut déclencher l’appareil en appuyant sur la barre fixée au dessus de la porte, ou avec un câble fileté. Ici, rien ne fonctionne, à cause de ce f … ressort qui a mis les bouts !

Un appareil photo vintage en cuir marron avec un logo en métal sur le devant.

Le dos de l’appareil s’ouvre en tirant vers l’arrière le bord noir, qui est le verrou. Bien le soulever et le rabattre quand vous fermez le boitier pour éviter les mauvaises surprises.

La chambre de cet appareil est déjà au format 24×36 mais les pignons ne sont pas munis de roue pour le guidage du film. Seule la fente de la bobine, large, va guider celui-ci, aidée par la plaque de pression sur la porte.

J’ai aussi lu chez quelques auteurs qu’il était bien possible que l’on ait utilisé du film en cassette rechargeable (comme chez Zeiss Ikon et Leica par exemple). Dans ce cas, il ne faut pas rebobiner le film, celui-ci entrant dans la cassette réceptrice au fur et à mesure. La molette se soulève d’ailleurs pour permettre de glisser soit une cassette, soit une bobine dans la chambre.

Puisqu’il n’y a pas de roue d’entrainement du film, le compteur de vue fonctionne avec un palpeur rattaché, je pense, à la roue d’avance du film.

Ce qui me fait aussi me poser une question, n’ayant pas de boitier de 1939 sous la main : si on pouvait utiliser du film 828, c’est-à-dire un film enrobé par un papier, comme le film 120, un compteur de vue n’est pas nécessaire mais il devait y avoir une fenêtre rouge au dos pour lire les numéros de vues. Qu’en pensez-vous ?

Que penser de cet appareil ?

Honnêtement, je suis déçu, car j’aime bien ces petits boitiers qui se glissent dans une poche. Mais ici, rien à faire, je ne sais pas le réparer : outre le petit ressort qui a pris la clé des champs, le mécanisme du déclencheur est usé et abimé au point qu’il faudrait refaire la pièce pour le réutiliser.

Comme je le soulignais ci-avant, je l’ai démonté pour essayer de trouver une manière d’atteindre le mécanisme du déclencheur ou, à tout le moins, voir comment cela fonctionnait Je vous livre ici les images :

Reste que la valeur de ce Voigtländer Vito ne vaut pas tout ce travail. Par contre, il fait un joli et peu encombrant presse-papier sur un bureau.

Ceci étant, pour ceux qu ont la chance d’en avoir un fonctionnel, c’est un chouette petit appareil typique des années 40 et 50 (pour les suivants), facile à employer et donnant de bons résultats, nous sommes quand même chez Voigtländer !

Vidéo d’illustration

Un peu de technique

  • Viseur : Simple viseur newtonien inversé – montre l’image à environ la moitié de la taille naturelle. Pas de lignes de cadre ni de marquages de parallaxe.
  • Mise au point aidée par l’échelle de profondeur de champ gravée sur le fut de l’objectif
  • Objectif : Skopar de 50mm f/3.5 (4 éléments répartis en 3 groupes). Sans revêtement contre les reflets
  • Filtres à pression de 31 mm ou 29 mm selon le modèle
  • Mise au point minimale : 1m.
  • Diaphragme : f3.5 à f16. Dix lames.
  • Obturateur : obturateur Prontor II (B, 1/5, 1/10, 1/25, 1/50, 1/100 et 1/200s). Minuteur et prise flash
  • Prise filetée standard à côté du déclencheur d’obturateur.
  • Taille : 125 x 71 x 39 mm (L x H x D) lorsqu’il est fermé.
  • Poids : 370g.

Des références

https://fr.wikipedia.org/wiki/Voigtl%C3%A4nder, https://parlonsargentique.com/voigtlander-vito-i-fiche-technique-avis/, https://focusargentique.fr/appareil-photo/voigtlander-vito/, https://mes-photos-2012.overblog.com/2017/12/voigtlander-vito.html, https://parlonsargentique.com/voigtlander-vito-i-fiche-technique-avis/, en français ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Voigtl%C3%A4nder, https://en.wikipedia.org/wiki/Voigtl%C3%A4nder_Vito, https://camera-wiki.org/wiki/Vito, https://oldcamera.blog/2013/05/14/voigtlander-vito-i/, https://cameracollector.net/voigtlander-vito-family-list/, https://cameramill.co.uk/voigtlander-vito-film-camera-millys-cameras/, en anglais ; https://blende-und-zeit.sirutor-und-compur.de/thread.php?board=3&thread=288, https://www.peterwellner.de/voigtlaender.html, en allemand

Argentique

Pas si Minox que ça cet 35 AF

Préambule

Première journée printanière ce 1er mars 2026, avec du soleil en plus ! L’idéal pour faire l’une ou l’autre brocante extérieure, même si celles-ci sont encore rares.

Sur la brocante permanente de Bois de Villers, j’ai trouvé quelques appareils intéressants, que je vous réserve sous peu mais ici, c’est à Jemeppe-S-Sambre que je l’ai trouvé.

Il trônait dans une vitrine à côté de quelques Minolta 16 et d’autres plus classiques, dont un Canonet 28 première génération mais qui ne m’inspirait rien.

J’ai donc jeté mon dévolu sur ce petit appareil. Après avoir manipulé une chambre, c’est reposant.

Un peu d’histoire

Cette partie a déjà été abordée lorsque je vous ai présenté les Minox B, LX et le Minox 35 GT. Car non content d’avoir fait des trous dans les poches des espions avec les 2 premiers cités, ces personnages de l’ombre vieillissant aussi, on leur à construit des appareils plus adaptés à leur vue déclinante, les 35 qui utilisaient du film 24x36mm.

Les deux premiers utilisent un film toujours produit, le 8x11mm, très petit, alors que les Minox 35, comme je l’écrivais, utilisent du film classique, le 24×36. Dès lors, les appareils ont pris de l’embonpoint, quoique, parlant d’un Minox, c’est presque une insulte !

Ces derniers se glissent toujours dans une (plus grande) poche mais restent étonnamment petits dans le monde de l’argentique. Leur grand rival étant le Rollei 35, tout aussi compact une fois fermé mais qui les dépassait lorsqu’il fallait sortir l’objectif pour le mettre en batterie.

Bref, de 1974 (Minox EL, le premier de la gamme) jusque 2004 (Minox GT-S), ils sont restés les lilliputiens du film 135.

Toutefois, si à l’époque ils étaient des concentrés de technologie, celle-ci les a rattrapé et dépassé avec, par exemple, l’autofocus. Que Minox a tardé à faire entrer dans ses petits appareils. Il faudra attendre la Photokina de 1988 pour qu’ils sortent celui que nous allons découvrir, le Minox 35 AF (soit près de dix ans après Konica, Minolta, Canon et consorts).

C’est aussi le premier de la gamme 35 a perdre sa porte basculante et son objectif sortant.

Disons le tout de suite, ce modèle est le mal aimé de la bande car son design change et il n’est plus considéré comme un sub miniature du fait de son élargissement dû au module autofocus. Oh, il n’est pas beaucoup plus grand (107.5x68x41 mm contre 100x61x31mm), mais que voulez-vous, les histoires de famille … Ils ont été jusqu’à l’exclure de l’arbre généalogique !

Il ne démérite pas, toutefois on ne retrouve pas la compacité solide des modèles 35 avec abattant, qui sont construits dans un plastique spécial, très résistant (le makrolon renforcé de fibres de verre) alors que l’autofocus est dans un autre plastique (Novodur renforcé par fibre de verre).

Tiens, au fait, savez-vous pourquoi la majorité des Minox 35 est de couleur noire matte ? Tout simplement à cause de la fibre de verre incluse dans le Makrolon ou le Novodur. Car celle-ci est brillante et peut refléter la lumière. C’est pourquoi on ajoute une teinte noire matte afin de contrer ces effets indésirables.

D’autres Minox autofocus seront produits, le Minx AF-90 (1990) et le Minox AF Mini (1994), mais leur design sera tout à fait différent de celui des originaux et – mais c’est très subjectif – nettement moins attrayants.

Avant de vous présenter ce 35 AF plus en détail, sachez que Minox sera repris par Leica en 1996.

Présentation du Minox 35 AF

Hormis les puristes qui lui reprochent ses 0,0007×0,0007×0,0010m de plus que ces frères, il reste compact et facilement mettable dans une (grande) poche ou un petit sac.

Un appareil photo compact Minox 35 AF avec objectif Minoxar de 32 mm, fabriqué en Allemagne.

Et si on peut regretter que l’objectif ouvre maintenant à f3,5, on gagne quand même en profondeur puisqu’il passe au 32mm (quatre éléments en 3 groupes, avec filtre lumière intégré pour réduire le flare). En photo de rue, c’est toujours utile. S’il est 1cm plus épais, c’est aussi parce que l’objectif ne sort plus, le mouvement étant remplacé par le travail de l’autofocus.

C’est un appareil fait pour vous simplifier la vie : le sigle DX signale qu’il lit le codage des bobines et règle la sensibilité de la cellule en fonction (de 100 à 640 Iso. A défaut de codage, réglage à 100 Iso) ; c’est un appareil à exposition automatique, avec des vitesses de 1/30s à f3,5 et 1/500s à f11 ; en cas de faible luminosité, l’obturateur se verrouille si on descend sous le 1/30s ; la plage de réglage de l’autofocus est matérialisée par un petit cercle au milieu du viseur. L’autofocus est fiable mais moins rapide que ce à quoi nous sommes habitués de nos jours, sans être rédhibitoire.

Petit détail, celle de la petite fenêtre ronde à côté de l’objectif, qui est celle de la cellule. Comme il est possible de viser des filtres devant l’objectif (discret filet devant), elle ne tiendra pas compte des effets de ceux-ci, qu’il faudra compenser d’une manière ou d’une autre.

Pour gérer l’électronique embarquée, il faudra le nourrir de 4 piles LR44 (soit 6v). Le compartiment demande un peu d’habitude pour l’ouvrir facilement et le marquage n’est pas clair car on pourrait penser qu’il suffit de mettre une pile alors qu’il faut bien 4 LR 44, à moins que vous n’optiez pour deux CR1/3 de 3v (plus chères)

Un appareil photo Minox 35 AF noir, vu de face, avec un flash sur le dessus.

Ensuite, si la lumière est vraiment trop faible, vous pouvez toujours utiliser le flash qui lui est dédié, le Minox AF-F : il se fixe sur le dessus en glissant d’abord les griffes dans leurs encoches puis le clip à ressort de l’autre côté. Comme il est assez haut au dessus de l’objectif, on évite généralement les yeux rougis de vos sujets.

Que peut-on ajouter ? Que le boitier possède un minuteur de 10 secondes, un testeur de batterie (la lampe verte à droite du viseur) et d’une diode rouge qui signale si la vitesse est trop faible et qu’il faut recourir au flash.

Vue rapprochée des boutons d'un flash d'appareil photo, montrant les étiquettes 'READY', 'FLASH' et 'CHECK'.

Le viseur est grand et clair pour un si petit appareil, avec cadre lumineux et correction de la parallaxe. Au centre, le rond qui indique si la mise au point est bonne. Presque du luxe.

Autre changement dans cet appareil : le dos ne s’escamote plus en entier mais il est monté sur charnière. Un discret verrou, sur la tranche gauche permet de libérer celui-ci. La chambre est inchangée si ce n’est que le compartiment des piles est maintenant en dessous du boitier.

Le déclencheur, toujours rouge ici, a une forme un peu étrange car elle épouse l’arrondi du dessus, ce qui le rend moins agréable au toucher. Ce dernier est toujours aussi léger et il n’est pas rare d’avoir l’impression que l’on n’a pas appuyé assez fort.

Un appareil photo 35mm noir avec des boutons pour le flash, le minuteur et un indicateur de vérification.

Dernier point à ne pas négliger cependant, l’interrupteur qui se trouve sur le côté droit de l’objectif, à remettre sur OFF en fin de session de photos, pour économiser les piles, quoique l’appareil s’éteigne automatiquement après 10 minutes d’inactivité.

Que penser de cet appareil ?

S’il ne se glisse plus dans une poche de chemise, il nous offre l’autofocus et ça me va bien. En effet, comme ma vue baisse, je ne sais plus utiliser un 35 classique sans mes lunettes, ce qui n’est guère pratique, ni discret en photo de rue.

Il pourrait être un peu moins bruyant mais ce n’est pas encore catastrophique (on est loin du Zenit 122 !).

Et même si les puristes de la marque ne l’aiment pas, il n’est pas si moche que ça (c’est toujours subjectif), on a déjà vu pire.

Au niveau fonctionnalité, je préfère utiliser des piles CR1/3 car elles demandent moins de manipulation (rien de plus agaçant qu’une LR44 qui se place systématiquement à l’envers !).

Ici, pas besoin de correction puisque le boitier était prévu pour des piles alcalines.

Ce qui peut être pénalisant, c’est qu’on ne sait pas ce que l’appareil choisit comme combinaison pour capter une photo, mais comme il le fait bien et que je pars du principe qu’il ne faut pas toujours essayer de tout comprendre, cela me convient.

Bref, un petit compact original, moins connu que ses frères et/ou cousins, mais qui fait le job pour lequel on l’a créé : faire des photos, et bien.

Pour vous donner une idée de ce dont il est capable, voyez ICI.

Vidéo d’illustration

Un peu de technique

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Minox 35 AF DX

Objectif : Minoxar 32 mm ƒ/3,5 (4 éléments, 3 groupes, style Tessar).
Mise au point : Autofocus actif à 4 zones, de 0,7 m à l’infini.
Déclencheur : 1/30 à 1/500 s.
Mesure : EV 8 à 16 avec film ISO 100. Si la vitesse d’obturation requise est inférieure à 1/30 s, l’obturateur est verrouillé jusqu’à ce que le flash soit fixé.
Flash : Flash dédié à clip AF-F.
Minuteur 10 secondes.
Film codé DX de ISO 100 à 640. Film non-DX réglé à ISO 100.
Transport du film : levier manuel, manivelle de rebobinage
Alimentation : 2 x cellules CR1/3.
Dimensions : 107x68x41 mm, 190 g.
Fabriqué en Allemagne en 1988

Des références

Argentique

Fatigué, j’ai pris une chambre … chez Zeiss Ikon

Préambule.

Cette chambre, c’est à la braderie d’Amiens que je l’ai trouvée, un peu seule sur un stand où grouillait plein d’objets sans rapport avec la photographie.

Il lui manque la partie avec le dépoli arrière mais j’ai un beau magasin pour plaque de verre. Peut-être chercherais-je la partie manquante, si elle présente un intérêt.

Car c’est souvent l’enjeu d’un tel achat : découvrir par après son histoire, son intérêt pour l’histoire de la photographie.

Un peu d’histoire.

Je pense pouvoir me dispenser d’encore vous présenter Zeiss Ikon, pour lequel j’ai déjà écris quelques articles, sur des folding ou des réflex.

Juste revenir sur un point : La Zeiss Ikon AG est le résultat d’une fusion industrielle des plus grands acteurs allemands de la photographie, de l’optique et de la mécanique de précision.

C’est Carl Zeiss qui en est l’instigateur et l’actionnaire majoritaire. Celle-ci se fera sur plusieurs années et débute en 1909 avec la fusion de Hüttig (Hüttig AG, fut pendant un certain temps le plus important fabricant européen d’appareils photographiques – 1860 – 1909), Krügener (Dr Rudolf Krügener, Laboratoire photochimique et usine d’appareils photographiques Frankfurt-Bockenheim. Un atelier interne de meulage de lentilles et un département de production de photochimiques complétaient l’usine – 1887 – 1909), Wünche (fabriquant d’appareils photo à Dresde – 1887 – 1909) et Carl Zeiss, dans une entité appelée ICA (Internationale Camera Actiengesselschaft).

Ensuite, en 1926, ICA (Dresde) fusionne avec l’Institut d’optique CP Goerz AG (Berlin), Contessa-Nettel AG (Stuttgart) et Ernemann-Wercke AG (Dresde).

La société est fondée par un transfert d’actifs à Goerz AG, qui prend le nom de Zeiss Ikon AG et établit son siège social à Dresde.

Pourquoi Zeiss Ikon ? Puisque la société sera active dans la photographie, elle emprunte au mot grec eikon (εἰκών) ou ikon en allemand, qui veut dire image ; et Zeiss pour rappeler le rôle de Carl Zeiss dans l’aventure.

Le premier catalogue des produits sera proposé dès 1927 et on y retrouve encore de nombreux produits des sociétés fusionnées. Fusion qui sera terminée en 1928 avec l’intégration des anciennes filiales de Goerz.

Tout ceci pour expliquer pourquoi cette chambre s’appelle Simplex, que Zeiss Ikon a souvent utilisé pour des appareils différents mais bien souvent destinés à être des entrées de gamme. C’est un nom qui est hérité de chez Ernemann en fait.

Cette chambre est un véritable exercice de style pour réduire les coûts de fabrication et de vente (leur prix sera inférieur à celui des box Kodak de même format) :

  • le corps est en bois
  • l’abattant est en métal
  • pas de ciseaux pour l’ouverture de l’abattant mais bien deux replis simples
  • un goujon glisse dans une rainure creusée dans le corps en bois.

Zeiss Ikon corrigera rapidement cette construction, peu fiable et ajoutera de vrais ciseaux pour tenir l’abattant et deux rainures seront posées sur le métal pour faire glisser le combo objectif/obturateur. Un levier, en bout de course, permet de régler la distance.

Le chariot qui supporte le combiné objectif/obturateur est en une seule pièce de métal embouti. La surface sous le combiné porte le logo de la marque, lui aussi embouti dans la tôle et bien visible.

Enfin, les objectifs – des Frontar ou Novar – et les obturateurs – ici un Zeiss Ikon ou des Derval – sont tous des bas de gamme. Tout est bon pour diminuer les coûts et maintenir le prix de vente très attrayant.

La chambre Simplex est déclinée en 6,5 x 9cm et en 9 x 12cm. Elle est essentiellement destinée aux débutants et aux amateurs.

Mais même si on a rogné sur les coûts de fabrication, la réputation de Zeiss Ikon ne saurait souffrir un appareil qui n’inspire pas la solidité, ce qui explique le plastron massif qui porte le combiné objectif/obturateur et le célèbre logo, sans oublier le gros viseur orientable.

Présentation de la chambre Zeiss Ikon Simplex 112/7.

Comme souvent avec ces anciennes chambres, on à l’impression d’avoir devant soi une boite rectangulaire, toute noire, du moins quand elle est fermée. Hormis la discrète lanière en cuir sur le dessus, tout est quasi lise, un brin mystérieux car si on n’a pas l’habitude, on cherche longtemps comment ouvrir cette boite à secrets.

Si vous regardez bien, presque sous la lanière de portage, il y a un léger renflement dans le cuir noir. C’est le très discret bouton qui permet de libérer le verrou qui tient l’abattant.

Appareil photo vintage Simplex 112/7 avec une sangle en cuir usée.

Ici, il ne faut pas aider celui-ci à s’ouvrir, preuve que la chambre est propre. On tire l’abattant bien à plat, jusqu’au clic des deux ciseaux qui assurent le blocage de l’ensemble. Et dans le fond de la boîte, on aperçoit le fronton noir, avec l’objectif au centre.

Un ancien appareil photo en bois noir, ouvert, présentant un objectif et un viseur, sur fond blanc.

Première micro crainte : comment bien placer les bords du combiné sur les deux rails chromés ? Avec un peu de patience, c’est vite chose faite et il reste alors à tirer sur le soufflet jusqu’à ce que ce dernier se bloque, un tenon s’étant pris dans un ressort posé à l’extrémité de l’abattant.

Pour refermer l’ensemble, il faudra bien évidemment tout débloquer et rentrer jusqu’au bout la chambre dans sa boite avant de repousser l’abattant à sa place.

Sur cet exemplaire, l’objectif est un Frontar de 14cm ouvrant à f9, dont la mise au point minimale est de 2m jusque l’infini. Les ouvertures sont limitées au f9 -16 -32. On règle celles-ci avec le curseur sous le combiné.

Appareil photo vintage noir avec objectif Zeiss Ikon et réglages visibles.

L’obturateur doit être un Derval quoiqu’il soit marqué Zeiss Ikon. Les vitesses sont elles aussi réduites : 1/25 – 1/50 – 1/100 plus une pose B et une T. Autre particularité : comme pour les box Kodak (par exemple), il n’y a pas d’armement préalable. Lorsque vous actionnez le levier, l’obturateur s’ouvre à la vitesse choisie, directement.

Gros plan sur un appareil photo vintage Zeiss Ikon avec des réglages de lentille et un corps noir.

Sur le dessus du plastron métallique, un gros viseur, orientable, autorise une visée, heu … approximative. Mais qui me fait penser qu’il n’y avait sans doute, in fine, pas de dépoli sur ce type de chambre simplifiée et que la visée se faisait à hauteur de poitrine. Cependant, chez Collection-appareils ils mentionnent un dépoli pour la visée, en plus de ce viseur redresseur. Quelques exemplaires auraient aussi eu droit à un petit niveau à bulle, placé sur l’abattant.

Vue supérieure d'un appareil photo ancien avec un soufflet et un viseur.

L’ajustement de la distance se fait avec le bouton situé sur le demi-cercle au bout du rail. Là aussi, les distances sont inhabituelles : 2m – 3 – 4 – 7 – 15 – infini.

Vue rapprochée d'un appareil photo vintage avec un mécanisme de prise de vue en métal et boutons de réglage.

Passons à l’arrière de la chambre maintenant. D’abord, ce qui frappe, c’est l’espèce de boite métallique accolée à l’arrière, avec ce panneau qui ressort, invitant à tirer dessus.

C’est en fait une simple feuille de métal noir, qui sépare la chambre (soufflet) du châssis dans lequel était déposé une plaque de verre enduite d’une substance sensible à la lumière.

Un appareil photo ancien avec une structure en métal noir, ouvert pour révéler son intérieur réflexif.

Cet ensemble peut s’ôter en dégageant un verrou, sur le côté gauche, et c’est tout le dos qui se retire, dégageant l’intérieur du soufflet. Deux autres verrous, à pousser, permettent d’ouvrir le couvercle métallique pour y introduire une plaque de verre.

Celle-ci est au format 9x12cm, qui généralement se tirait par contact, la taille du négatif étant assez grande que pour restituer sans agrandissement l’image captée.

Si le soufflet de la chambre est en parfait état, je vais remplacer les bandes de feutrines qui préservent de la lumière le dos. Après autant de temps, c’est normal.

Ah oui, parce que je ne vous ai pas encore précisé que cette chambre Zeiss Ikon Simplex date de 1929. Elle est presque centenaire … et toujours fonctionnelle. Parfois je me demande ce que ferons nos arrières-arrières petits enfants en découvrant nos hybrides d’aujourd’hui !

Que penser de cette chambre ?

Des appareils bas de gamme comme ça, j’en veux bien tous les jours !

Bien évidemment, ce n’est pas un appareil facile, au sens où vous devrez tout faire vous-même pour en tirer le meilleur, y compris porter un trépied car c’est délicat à utiliser à main levée.

Pourtant, c’est un appareil simple : une bonne cellule à main pour déterminer l’ouverture et la vitesse fonction de la sensibilité de vos plaques, quelques réglages et hop, c’est dans la chambre.

Ensuite, c’est là que ça se complique car il faut retirer la plaque, la mettre à l’abri de la lumière jusqu’à son complet développement, puis remettre une plaque vierge dans le châssis pour la prochaine image.

Je vous joins une petite vidéo qui illustre comment préparer le support de la plaque de verre. Et comme nous en parlions lors de la Foire de Villers Bretonneux, le plus simple est de récupérer d’anciennes plaques devenues illisibles, que vous aller nettoyer parfaitement avant de l’enduire de solution photographique. Les plaques peuvent être réutilisées à l’envi mais n’oubliez pas alors de scanner vos négatifs (vos plaques développées). £Trouver des plaques n’est plus choses aisée de nos jours.

Vidéo d’illustration.

Je n’en ai pas trouvé sur cette chambre en particulier mais cette vidéo est assez instructive :

Un peu de technique.

Chambre Zeiss Ikon Simplex 112/7

  • Objectifs : Novar 13cm ouvrant à f6,3 avec mise au point de 80cm à l’infini ou Frontar de 14cm ouvrant à f9 avec mise au point minimale de 2m jusque l’infini.
  • Obturateur : Derval 1/25 – 1/50 – 1/100s plus poses B et T, sans armement préalable
  • Diaphragme en iris
  • Viseur redresseur de poitrine et dépoli sur châssis arrière
  • Mise au point par déplacement sur rail
  • Format 9×12 ou 6,5 x 9cm
  • Fabrication : bois recouvert de cuir et plaque métallique pour l’abattant ; métal pour le fronton porte combiné
  • Fabrication : Allemagne, de 1928 – 1930

https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-7264-Zeiss%20Ikon_Simplex.html, https://www.pacificrimcamera.com/pp/zisimplex112.htm,https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-7979-Zeiss%20Ikon.html, https://fotobox.over-blog.fr/article-zeiss-ikon-les-chambres-a-main-117160623.html, http://glangl1.free.fr/Photo2/Photo_Z_107.html, en français ; https://www.pacificrimcamera.com/pp/zisimplex112.htm, en anglais

Argentique

Un Illoca Photrix B Richard presque neuf de septante ans !

Préambule.

Aïe, je vieilli … je ne me souviens plus où je l’avais acheté celui-là !

A le voir, c’est sans doute son apparence très propre qui m’a fait me pencher sur lui et dans un second temps, le nom de l’appareil, que je ne connaissais pas.

Et puis, ayant ouvert le beau sac tout prêt en cuir, presque neuf, il y avait le nom de son propriétaire inscrit au Dymo, ce qui pour moi ajoute toujours un certain charme à ces découvertes car c’est bien la trace qu’il aura permis à quelqu’un de faire des photos.

Mais partons à sa découverte …

Un peu d’histoire.

C’est un certain Illing, de Hambourg (Allemagne) qui initie l’histoire de ces appareils. D’abord connue sous le nom de Ilca (Illing Camera contracté en Ilca – 1948), elle fabriquait des appareils 35mm.

Dès 1949, elle est reprise par un autre hambourgeois, Wilhelm Witt, qui change le nom en Iloca Kamera Werk (on trouve parfois des appareils siglés Jloca, la lettre J permettant de distinguer le l minuscule qui suivait).

Au début, elle fabrique toujours des appareils photo en 35mm, équipés d’objectifs eux aussi construits par la firme dans son usine de Göttingen. Ensuite, elle fera appel à des opticiens tiers comme Steinheil München et Rodenstock.

A ses débuts la société fabriquait encore essentiellement des appareils stéréo, qui avaient connu de beaux jours avant guerre mais n’étaient plus trop d’actualité dans les années cinquante.

De fait, on peut essayer de classer en trois catégories les appareils produits par Iloca :

  • des appareils à simples viseurs et des télémétriques (Iloca, Iloca Rapide et Quick). L’avance du film se faisait à l’aide d’un gros bouton rond qui, parfois, armait aussi l’obturateur (Iloca Quick). Le Rapid introduit un levier d’armement, plus facile à utiliser.
  • des appareils stéréo, aujourd’hui très recherché mais décalés à l’époque. Les clients préféraient acheter des appareils plus modernes
  • les modèles électriques comme le Iloca Electric, l’Iloca Aut-O-Matic et l’Iloc Auto-Electric. Ceux-ci étaient équipés de moteur électrique pour l’avance des films et il y eut même un posemètre embarqué. Trop en avance sur leur temps et, surtout, l’entreprise n’avait plus la surface nécessaire pour percer dans ce domaine

Sa production était tournée vers l’exportation ou la fabrication en produit blanc pour d’autres marques et/ou de gros importateurs comme Roebuck Company (gamme Tower), Sears, Montgomery Ward, Agfa, Graflex et Argus.

On retrouve ainsi les modèles sous d’autres noms :

  • Iloca Rapid B devenu Sears Tower 51
  • Iloca Rapid IIL devenu Tower 52 et 53
  • Iloca Stereo IIa dans le rôle de Sars Tower Stereo
  • Iloca Electric comme Graflex Graphic 35 Électrique
  • Iloca Rapid pour David White Realist
  • Iloca IIL comme Argus V-100
  • Iloca rapide IL comme MPP Iloca
  • Iloca Quick dans le rôle de Kaufhof Reporter
  • Un mélange de modèles pour les distributeurs Richard en Suisse et Atlantique en Suède.

La marque Photrix lui est propre, même si elle fut, semble-t-il, considérée comme une marque du distributeur Montgomery Ward, car elle se retrouve aussi associée à un autre distributeur, Suisse celui-là, Richard.

L’entreprise ne s’en tirait pas trop mal et de 1950 à 1959, elle a produit quelques beaux boitiers, dont une première mondiale avec le Graphic 35 Electric, le premier 35mm avec moteur électrique intégré (1959). Un appareil qui eut beaucoup de succès outre atlantique.

Hélas, elle fut la victime collatérale (un mot à la mode de nos jours) d’un conflit entre Zeiss Ikon et Voigtländer pour l’obtention de nouveaux obturateurs automatiques. Une grosse commande de 3.000 exemplaires lui fut refusée car ces grands groupes firent sans doute pression sur la F. Deckel GmbH afin qu’elle ne livre pas ces nouveaux obturateurs Compur automatique.

C’est dommage car l’entreprise adoptait des méthodes modernes pour la fabrication de ses produits. Son éthique d’entreprise était de produire en masse des produits en utilisant des matériaux aux meilleures propriétés pour obtenir la meilleure qualité au coût le plus bas.

Vue d'une usine où des ouvriers travaillent à des postes de travail, avec des machines et des boîtes en bois, dans une ambiance industrielle.

Elle avait investi de grosses sommes pour la recherche et le développement de ses produits et dans la mesure du possible, elle fabriquait tout en interne pour éviter, justement, les soucis d’approvisionnement et pour réduire ses coûts (frais de transport et de livraison). Cela lui permettait aussi d’éviter les problèmes de qualité et de fixer elle-même ses propres contrôles. La seule exception fut celle qui lui fut fatale, celle des obturateurs.

L’inévitable se produisit et la faillite fut prononcée au printemps 1960, période à laquelle Agfa acquit la société.

Fin de l’histoire …

Présentation du Photrix B Richard.

C’est un télémétrique fabriqué en 1955, très proche du Quick B de chez Iloca. En fait, le nom Richard y était ajouté et son objectif était différent du modèle original.

Ce qui est intéressant sur ce modèle, c’est la juxtaposition des noms Photrix et Richard : le premier était réservé à l’exportation US et le second est un distributeur Suisse. Quelques uns l’assimilent à un Rapid B mais sa structure est bien celle d’un Quick B.

Un appareil photo vintage Jeoca Quick-B posé sur un fond blanc.

En effet, si le Quick B partage son boitier de base avec le Rapid B, très différents des précédents Quick et Quick A, le bouton d’avance du film est dépourvu d’un levier d’avance rapide typique du Rapid B. Le télémètre est celui du Rapid B mais son objectif est un objectif anastigmat asymétrique à 4 éléments Ilitar 50mm ouvrant à f2,8 de style Tessar (Cassar habituellement sur Rapid B, qui a eu pourtant quelques montes dans cette configuration).

Le Quick B intègre aussi le nouveau mécanisme de déplacement de l’objectif : la mise au point se fait grâce à une vis hélicoïdale plutôt qu’un élément tournant des modèles précédents.

Ce Quick B est une révolution plutôt qu’une évolution des Quick antérieurs : outre ce que nous venons de voir, l’image du télémètre est plus grande mais ne bénéficie toujours pas de cadre gravé. Mais à côté de cela, il ne bénéficie que du Prontor avec une vitesses maximale de 1/300s, qui lui offre cependant une synchro flash M et un minuteur.

C’est étrange d’écrire cela en 2026 mais les acheteurs de cet appareils le préférait au Rapid-B, jugé pour l’époque trop en avance avec son levier d’armement. Pour certains, il était vraiment représentatif des appareils tels qu’on les concevait dans les années cinquante. Ah, l’éternelle querelle des Anciens et des Nouveaux …

Son boitier, en métal moulé, ses garnitures en cuir, son sac tout prêt en cuir lui donne un aspect rassurant, solide. Il était d’ailleurs très bien construit.

Son télémètre est couplé et il et assez clair, avec un beau carré jaune/orangé pour le réglage de la coïncidence des images.

Appareil photo argentique avec un marquage 'RICHARD' sur le dessus et des réglages visibles sur l'objectif.

Vu du dessus, on peut constater qu’il offre ce qu’il faut comme commande, sans plus :

Une vue d'en haut d'un appareil photo vintage, modèle Photax B, avec des cadrans pour les réglages.
  • la grosse molette de droite sert à faire avancer le film et à armer l’obturateur et le compteur de vue est en son centre
  • le déclencheur est juste devant, fileté
  • la bosse, légèrement décalée vers la droite, est celle du viseur
  • la griffe porte-accessoire est dite froide car il n’y a pas de contact pour la synchronisation d’un flash
  • la molette de gauche est un aide mémoire pour le film et sert à déverrouiller la porte arrière

A ce sujet, petite précision utile, car je ne fus pas le seul à chercher comme s’ouvre cet appareil.

Un close-up d'une main tenant un bouton sur un appareil photo, avec des lumières rouges visibles sur le boîtier.

Comme vous pouvez le voir sur l’image ci-dessus, il y a deux axes sous cette grosse molette gauche : le premier est l’axe pour la tenue de la bobine du film tandis que le second est celui du déverrouillage de la porte arrière, en tournant d’un demi-tour anti-horaire l’ensemble. Cela fait, un déclic se produit et le dos se soulève, discrètement.

Vue intérieure d'un appareil photo, montrant le mécanisme et l'objectif.

Car c’est toute la partie arrière qui s’enlève et comme elle est symétrique, les deux points rouges permettent de la repositionner dans le bon sens. Notez qu’il faut d’abord placer la partie vers la droite puis aligner les deux points et clipser le tout pour bien refermer le boitier. Voyez sur l’image la rainure profonde, qui assure une bonne étanchéité à la lumière, grâce aussi à un très bon assemblage.

La bobine de droite (réceptrice) est fendue sur un coté, pour y glisser l’amorce du film.

L’objectif est un 50mm ouvrant à f2,8, un triplet Ilitar-Super avec un obturateur Prontor-SV offrant des vitesses de 1 à 1/300e de seconde plus la pose B. Le V en rouge signifie qu’il est traité contre les reflets

Objectif de caméra vintage avec des détails en argent et noir, montrant la lentille et les réglages d'ouverture.

Le levier avec le bouton rouge, en bas, est le minuteur (+/-10s).

Autour de ce combiné objectif/obturateur, j’avoue que j’aime bien les deux plaquettes qui permettent de modifier rapidement la position de l’objectif, l’échelle de profondeur de champ intégrée.

Vous avez vu la prise PC pour la connexion du flash, synchronisé au 1/30s si vous placez la tirette sur la lettre M, sinon, il l’est à toutes les vitesses pour les flashs électroniques..

Le bord de l’objectif est fileté pour accueillir des filtres.

Comme le précise cette publicité, c’est un appareil présenté comme étant de qualité mais à un prix très raisonnable (même si cette publicité se rapporte au Photrix B II, qui propose déjà un levier d’armement).

An advertisement showcasing different models of Ward 35 mm cameras, highlighting features like interchangeable lenses, flash compatibility, and pricing information.

Que penser de cet appareil ?

Pour être tout à fait honnête avec vous, je serai bref car je l’avais pris avec moi pour la Foire de Villers Bretonneux et il est parti assez vite, ayant intrigué plus d’un chaland.

Je l’ai donc manipulé avant pour faire les photos, mais sans plus.

Ce que j’en retiens, c’est cette impression de qualité des assemblages et, comme il avait été très bien conservé, cette impression qu’il est fait pour traverser le temps sans trop de soucis.

Avec son sac tout prêt qui semblait encore neuf, il faisait un magnifique ensemble, d’où l’intérêt suscité, outre sa gravure Richard sur un Photrix qui était en fait un Quick-B (si vous n’avez pas suivi, il faut relire ce qui précède).

Un peu de technique.

Mode d’emploi ICI.

Appareil photo compact 35 mm
Obturateur : Prontor–SV avec des vitesses B – 1 – 1/2 – 1/5 – 1/10 – 1/25 – 1/50 – 1/100 – 1/300 s, avec minuteur et réglages de synchronisation du flash M
Objectif : Ilitar 1:2,9 / 50 mm, plage de mise au point de 3 pieds (0,9 mètre) à ∞ ; ou Ilitar Super 1:2,8 / 50 mm Tessar Style, plage de mise au point de 90cm à l’infini
Ouverture : F2.9 à F22 ou F2.8 à F22 (Ilitar Super)
Action différée : Environ 10 secondes (modèle Prontor uniquement)
Capacité flash : socket de contact flash
Compteur de vues : 0 à 36
Télémètre : Oui
Filtres et accessoires : a enfiler, diamètre de 32mm ; à viser, diamètre de 30mm

Des références.

https://historiccamera.com/cgi-bin/librarium2/pm.cgi?action=app_display&app=datasheet&app_id=3791, https://www.pbase.com/cameras/iloca/photrix_b, https://historiccamera.com/cgi-bin/librarium2/pm.cgi?action=app_display&app=datasheet&app_id=3781, https://cameracollector.net/iloca-rapid/, https://iloca.weebly.com/the-iloca-company.html (une mine de renseignements), en anglais ; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-5055-_.html, en français

Argentique

Un autre réflex Petri, un FTX cette fois.

Préambule.

Comme son confrère, il est en mauvais état. Pas que ces appareils soient foncièrement mauvais mais ils ne sont pas faits non plus pour résister aux brutes qui vident les greniers à la hussarde et tentent de faire fonctionner ce qu’ils ne connaissent pas au marteau, ou presque !

Ceci étant, le miroir bouge et ne reste pas collé mais impossible de le réarmer ni de le déclencher. Je n’ai d’ailleurs pas trouvé d’explications ou manuels pour comprendre mieux la mécanique que j’ai découverte sous la semelle. Qui, soit dit en passant, n’est pas mal faite.

Voici dont une présentation a minima car Petri n’a pas produit tant de réflex que pour en ignorer un.

Un peu d’histoire.

Inutile de reprendre ce que j’ai déjà écrit lors de l’article sur le Penta V, juste resituer celui-ci dans la chronologie des appareils de la marque.

Le Petri FTX, aussi appelé Petri TTL et sous d’autre marque selon les distributeurs (Argus, Kmart, Spiratone, JCPenney entre autres), est apparu sur le marché en 1974.

Pour mémoire, Petri, d’abord connu sous le nom de Kuribayashi Shashin Kōgyō ou Kuribayashi Camera Industry, inc. Japan, avant de devenir Petri Camera Ltd en 1962, a produit de nombreux modèles d’appareils : des folding à ses débuts, puis des compacts, des télémétriques, des TLR et des réflex.

En ce qui concerne ces seuls réflex, le premier fut le Penta (1959) et il sera suivi par quelques autres : Pétri Flex Pétri Flex V (1961), Pétri Flex 7 (1964), Pétri V et VI, Pétri V et VI II, Pétri FT (1967), Pétri TTL, Pétri ETP (1973), Pétri FTX (1974), Pétri FT II, Pétri FT EE, Pétri FT 1000 (1976), Pétri FA-1 (1975), Pétri FT 500 (1976) ), Pétri MF-1 (1977), Pétri TTL-2.

Il y en eut d’autres mais fabriqués par Cosina, l’entreprise ayant fait faillite en 1977.

Si les premiers appareils utilisaient la monture universelle M42, à partir du Penta IV, les Flex et FT utiliseront la baïonnette propriétaire à verrouillage de culasse de la marque.

Même si des adaptateurs ont permis d’utiliser les anciennes optiques, avec perte de certaines fonctions parfois, ils n’ont pas produits beaucoup de nouvelles optiques destinées à la baïonnette nouvelle et ils sont revenus, dès le modèle Petri FTX à la monture en M42.

Ce qui ouvrait un vaste choix de focales, à prix abordables, ce qui correspondait mieux aux appareils et surtout à ceux d’entrée de gamme comme les FT1000/500 ainsi que les boîtiers compacts MFT1000 et Micro MF-1.

De fait, le FTX est une reconduction du Petri FT II de 1967 mais en monture M42. Il y eut quelques variations sur le même thème car les appareils que vous trouverez peut-être ne sont pas forcément identiques à ceux décrit dans le mode d’emploi que vous trouverez sous la rubrique un peu de technique.

Présentation du Petri FTX ou TTL.

Incontestablement, c’est un appareil des années septante, où le métal prime, dedans et dehors.

Lorsqu’on le voit pour la première fois, impossible de ne pas penser aux Praktika. En effet, la carrosserie est très proche avec sa forme rectangulaire assez anguleuse et, surtout, son déclencheur en façade et non pas sur le dessus du capot.

Voyons ça de plus près.

Illustration des différentes parties de l'appareil photo Petri FTX avec des légendes numérotées identifiant chaque élément.
Image d'un appareil photo reflex Petri FTX montrant le boîtier et l'objectif avec des annotations pour les différentes parties comme la prise flash et les réglages de distance.

Sur le capot, à droite, le levier d’armement et d’avance du film ; juste devant, une fenêtre avec le compteur de vue (remise à zéro automatique) ; juste à côté, une grosse molette avec les vitesses, graduée de 1s au 1/1000s, plus pose B et synchro flash au 1/60s. Au milieu, le prisme avec une griffe flash intégrée avec contact de synchronisation, bien qu’il y ait encore une prise PC pour les plus anciens flashs sur la tranche gauche. A gauche, une petite molette pour le réglage de la sensibilité des films, de 25 à 1600Asa et au bout du capot, la manivelle de rebobinage.

Sur la face avant, à droite, sous le nom du modèle, le déclencheur saillant et en dessous, le levier du retardateur (plus ou moins 10 secondes) ; contre le fut de l’objectif, un bouton pour le contrôle du diaphragme. Sur le côté gauche, un rond strié qui est en fait la trappe pour une pile autrefois au mercure mais que l’on peut remplacer par une PX625 alcaline.

Au dos, le viseur et en dessous, le pas de vis pour le fixer sur un trépied et le petit bouton chromé de déverrouillage en fin de film.

Diagram showing the top and back view of the Petri FTX camera, highlighting various components such as the viewfinder, film cassette chamber, sprocket, take-up spool, film rewind button, tripod socket, and manual diaphragm switch.

Dépouillé mais il vous offre le minimum syndical nécessaire.

L’objectif est ici un Petri CC Auto de 55mm ouvrant à f1,8, qui possède cette position Auto – Manuel typique.

Objectif d'un appareil photo Petri avec inscription sur la lentille et reflets visibles.

La marque A (pour automatique), en vert et une marque M (pour manuel) en rouge sont gravées sous l’objectif. Lorsque l’on déplace le commutateur A/M vers la gauche, le diaphragme est réglé en position A, qui est la position normale la plupart du temps. En position A, le diaphragme se ferme à l’ouverture présélectionnée juste avant le déclenchement de l’obturateur et s’ouvre à nouveau après chaque exposition pour une mise au point facile et précise.

Lorsque vous souhaitez utiliser le diaphragme manuel, déplacez le commutateur A/M vers la droite. L’avantage du fonctionnement manuel est que vous pouvez prévisualiser la profondeur de champ et voir dans le viseur la zone de netteté de l’objectif avec n’importe quelle ouverture. Le fonctionnement manuel peut également être obtenu simplement en appuyant sur le bouton du diaphragme.

Diagramme illustrant le fonctionnement du diaphragme automatique sur un appareil photo, montrant trois étapes : 1) mise au point avec le diaphragme ouvert, 2) fermeture du diaphragme avant l'obturation, 3) retour à l'ouverture complète après l'exposition.

L’autre appellation, TTL, du FTX est plus explicite quant au fonctionnement de sa cellule : à travers l’objectif. De fait, deux cellules au CdS à l’intérieur du pentaprisme analyse la lumière passée à travers l’objectif. Un indicateur, en forme d’aiguille, doit se situer au centre d’un autre indicateur en forme de sucette comme l’appellent certains auteurs. Ce second indicateur se déplace en fonction du choix de la vitesse d’obturation.

Assez classique mais déjà un peu dépassé car l’objectif doit être fermé à l’ouverture de prise de vue (le bouton à côté du fut de l’objectif) pour activer le posemètre.

Rien de transcendant mais du classique qui a fait ses preuves.

Que penser de cet appareil ?

Quand ils ne sont pas maltraités, ces boitiers sont de bons appareils écoles, comme les … Praktica.

Son avantage est de proposer une vitesse de 1/1000s et sa cellule en TTL, sans oublier que celui-ci accepte tous les objectifs en monture M42 dont les excellents Takumar, par exemple.

Cependant, ce n’est pas un appareil sexy, plutôt un dur au labeur, avec des limites tout de même,en témoigne mon exemplaire hors service. Que j’arriverai peut être à relancer si je trouve quel engrenage coince !

Point de vue coût, c’est un appareil très abordable. Comptez moins de 50€ pour un exemplaire en très bon état et avec un objectif d’au moins 50mm. De quoi vous payer quelques bobines pour l’essayer.

On a plus l’habitude de voir des Petri sous forme d’appareils compacts, dont d’excellents télémétriques (Petri 7S) mais il y eut aussi quelques réflex, dont celui-ci.

Il n’est pas très courant, sans être rare.

Si vous en trouvez un et que vous cherchiez un appareil école, prenez-le, s’il est en bon état, il ne vous décevra pas.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

ModèlePetri TTL FTX
Format35mm
Introduit en1974
Autres nomsJC Penny SLR 3; Argus STL 1000;  Spiraflex
OrigineJapan
Typeréflex à objectif interchangeable
Construction du boitierMetal
Modes de fonctonnementManuel, assisté par le posemètre
Poids 690 gr,  nu
Sensibilité en ASA 25-1600
Objectif d’origine55mm f1,8
Marque de l’optiquePetri CC Auto
Taille du filtre52 mm
Monture de l’objectifà viser
Taille de la monture42mm
OuvertureMiroir relevé à la visée
Obturateurplan focal horizontal
CelluleCdS, TTL, couplée
VitessesB, 1-1000
Miroirretour automatique
Viseurà prisme à hauteur d’yeux
Pré vision de la profondeur de champoui
Griffeavec synchro au centre
Synchro externeX
Vitesse de synchro flash1/60
Minuteuroui, mécanique
Batterie originalePX 625 au mercure
Batterie de remplacementPX625A, alcaline de 1,5v
Voltage initial1.35v

Des références.

https://camera-wiki.org/wiki/Petri_FTX, https://cameracollector.net/petri-ftx/, https://en.wikipedia.org/wiki/Petri_Camera, https://camera-wiki.org/wiki/Petri_FTX, https://www.pbase.com/cameras/petri, https://camera-wiki.org/wiki/Petri, en anglais ; https://fr.wikiital.com/wiki/Petri_Camera_Company, en français

Note : 1 sur 5.

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Argentique

Un petit compact moderne, le Konica Lexio 70

Préambule.

Un beau dimanche d’hiver en Belgique, ensoleillé et chaud (12°C !), sec – ça, c’est plus rare – et une brocante permanente, peuplée d’irréductibles vendeurs et … acheteurs.

Des stands à même le sol, quelques tables, un grand hangar pour les plus riches et dans cet endroit improbable on trouve de tout, absolument de tout ! Aussi ce que j’appelle de la belle brocante (de l’antiquariat).

Où est-ce ? Brocante de Les Bons-Villers (6210), rue des Français 43, sur le site Van Damme.

Vue aérienne d'un marché aux puces animé avec des vendeurs et des acheteurs dans une grande aire de stationnement, entourée d'arbres et de champs.

Voilà, le décor est planté. Et je vais vous présenter les quelques appareils que j’y ai glané, dont ce petit Konica Lexio 70.

Un peu d’histoire.

Si de nos jours le nom de Konica est associé à celui de Minolta, il n’en a pas toujours été ainsi.

L’histoire commence à Tokyo, en 1873, lorsque Rokusaburo Sugiura, qui détenait une pharmacie, ouvre une boutique spécialisée dans les produits photographiques et lithographiques, la Konishiya Rokubeiten.

Dès 1885, la Konishiya Rokubeiten établit une usine à Tokyo pour y fabriquer des appareils photographiques et de lithographies pour concurrencer ceux qui étaient jusque là importés. Elle fabrique aussi des montures et autres accessoires.

En 1902, l’entreprise fabrique des plaques en verre et du papier photographique

Il ne faut pas attendre longtemps (1903) pour que Konica fabrique son premier appareil photo, qui sera aussi le premier appareil photo japonais de marque fabriqué au Japon, le Cherry Handbag Camera. Konica devient le principal fabricant d’appareils photo japonais.

L’entreprise fusionne avec le fabricant de lentilles Chiyoda Kogaku Seiko, donnant ainsi naissance à Chiyoda Kogaku Seikosho. Cette fusion permet de diversifier les activités de Konica dans le domaine de l’optique. Son premier grand succès sera la production de l’objectif Hexar, destiné aux appareils Leica, qui assureront sa diffusion mondiale.

Comme souvent au japon, la société change de nom en 1921 car la Konishiya Rokubei est réorganisée et devient la société par actions Konishiroku Honten.

C’est sous ce nom que l’entreprise propose sa première pellicule couleur fabriquée au Japon (Sakura Natural Color Film – 1940).

En 1948, elle lance le Konica I, un télémétrique qui utilise du film 135.

Appareil photo vintage noir et argent, vue de côté, mettant en évidence l'objectif et les boutons de réglage.

Cet appareil sera décliné sous plusieurs versions et c’est lui qui donnera son nom, in fine, à l’entreprise (en 1987 !).

Elle produira encore un moyen format, en 1949, le Pearl. Celui-ci est un folding (pliant) comme il en existait pas mal autour des années cinquante. Il sera aussi décliné en plusieurs versions, modernisées (le Pearl 3 possédait par exemple un moteur à ressort).

Toujours dans le domaine du moyen format, de 1964 à 1975, Konica propose l’Omega, bien connu sous le nom de Koni-Omega Rapid M. C’est un appareil destiné à la presse et muni d’une foule de sécurités bien pensées. Ces appareils sont équipés d’objectifs Konica Hexanon réputés.

Au début des années soixante, Konica propose des réflex, comme le Domirex (1963) qui a un objectif fixe, puis des Auto-reflex (objectifs interchangeables) à partir de 1965. La particularité de ces reflex est qu’ils sont parmi les premiers à être dotés d’un mode d’exposition semi-automatique et d’un obturateur à plan focal : ils possèdent une cellule externe qui permet de régler le diaphragme automatiquement selon la vitesse choisie par le photographe. Ici encore, l’appareil bénéficie de nombreuses itérations visant à l’améliorer. Ainsi, en 1968, il sera doté de la mesure TTL, en primeur sur le marché des reflex.

Parallèlement, la Nichi-Doku Shashinki Shōten (Maison Nippo-Germanique d’appareils photographiques) est fondée à Osaka en 1928.

Le nom Minolta apparait pour la première fois en 1933 sur un appareil moyen format, une copie du Plaubel Makina.

Elle aussi produit des premières, comme le Minolta Flex, le premier réflex bi-objectifs japonais (1937). Elle commence aussi a fabriquer ces propres objectifs, les futurs Rokkor (1940), alors qu’elle se fournissait chez Asahi Pentax auparavant.

Son premier appareil 35mm sera aussi un télémétrique en 35mm, le Minolta 35.

Un appareil photo vintage modèle F avec un boîtier noir et des accents argentés.

S’en suivront toute une série d’autres télémétriques jusqu’à la fin des années septante (1958 – 1980), dont un Hi-Matic 7s spécial, qui a accompagné John Glenn en 1962 pour son voyage dans l’espace (vol spatial Friendship 7) .

Le premier reflex avec mesure de la lumière TTL, le fameux Minolta Srt 101 sortira lui en 1966.

Si vous vous en souvenez, le nom de la société voulait dire Maison Nippo-Germanique d’appareils photographiques. Vous ne serez alors pas étonné de savoir que Minolta a collaboré avec Leica pour la mise au point d’appareils et d’optiques.

Le Leica CL sortira en 1973, fabriqué par Minolta (qui aura le CLE). Puis, en 1976, le réflex Leica R3 sera construit sur base du Minolta XD-7.

Pendant ce temps-là, Konica développe depuis le début des années soixante sa ligne de photocopieur et toute une série d’appareils photo compacts, dérivés du Konica S (1959), dont le célèbre Konica C 35.

Il comptera encore à son actif deux premières : un flash intégré sur un compact (le Konica C35 EF dit aussi Pikkari – 1976) et l’introduction du premier autofocus au monde sur un appareil photo avec le Konica C 35 AF (1977).

N’oublions pas la série des Konica Pop de toutes les couleurs (1982), les Z-UP (de 1986 à 1991), les Big Mini (1993 – 1996), les Hexar (1991 – 2000)

Minolta ne reste pas les bras croisés et propose le Minolta X-700 (1981 – 1999), un appareil multi-expositions (automatique, manuel, priorité vitesse, priorité ouverture) très performant.

Minolta X-700.

Puis ce sera au tour du premier réflex autofocus grand public, le Minolta 7000 AF (1985).

Dix ans plus tard, Minolta sort son premier réflex numérique, le Minolta RD-175 (1,75 Mpx) alors que Konica sortira en 1997 son compact numérique, le Konica Q-M 100.

Si ces deux-là étaient fait pour se rencontrer, en août 2003, Konica fusionne avec Minolta pour former le duo Konica-Minolta. La nouvelle entité se retire du marché des appareils photographiques en 2006, Minolta ayant cédé ses brevets à Sony, qui utilisera la monture Minolta sur ses premiers réflex Alpha

Deux entreprises avec comme moteur l’innovation, ça ne peut pas produire de mauvais appareils photo. Je vous ai déjà présenté quelques Minolta et Konica. Aujourd’hui, c’est le tour d’un petit compact fort sympathique, le Lexio 70.

Présentation du Konica Lexio 70.

Ce qui frappe d’abord, c’est sa taille, sans doute un des plus petit appareil à fil 24×36 au moment de sa sortie. Je pense que seuls quelques APS ont pu faire mieux à l’époque.

Petit et léger (180gr nu), celui-là ne va pas froisser vos poches et vous pourrez l’emporter partout.

Ensuite, son offre technique : comme nous l’avons vu dans l’histoire de la marque, ils aimaient l’innovation et les challenges.

Au moment de sa sortie, en 2000, il allait avoir fort à faire car la concurrence restait féroce dans le segment des compacts.

Une collection de photographies de plusieurs modèles d'appareils photo argentiques, présentant leurs spécifications techniques.

Puis le numérique commençait à s’implanter. Oh, avec des résolutions encore bien faibles face à l’excellence de ces appareils à film, mais les APN (appareil photo numérique) pointaient le bout de leur nez.

Petite remarque, en passant : tous ces appareils possédaient un viseur, couplé aux mouvements des objectifs, avec marques de cadre, de la parallaxe. Certains poussaient même la coquetterie à proposer une correction dioptrique. Quelques années plus tard, les APN faisaient l’impasse sur cet accessoire pourtant si utile et de nos jours encore, la plupart des numériques compacts n’ont que des écrans, totalement inutilisables en cas de soleil. A quand un sursaut qui tienne compte des besoins des clients ?

Allez, après ce petit aparté, voyons voir ce que nous propose ce Lexio 70.

Un zoom tout d’abord, caché sous le volet qui sert aussi d’interrupteur lorsqu’on le tire vers la droite de l’appareil, ce qui découvre l’objectif et met l’appareil en position ON.

Ce zoom est signé Konica, un 28 – 70mm ouvrant de f3,4 à f 7,9. Il aurait pu être plus lumineux mais il était dans la moyenne du moment. Il est construit en 6 éléments répartis en 6 groupes et les lentilles sont en verre. la mise au point minimale est de 70cm en mode normal et 35cm en mode macro.

Vue rapprochée d'un appareil photo Konica Lexio 70, mettant en évidence l'objectif zoom et les commandes.

La focale est intéressante car elle couvre le grand angle et le mini télé, de quoi répondre à bien des besoins lors des balades et des vacances. Ce à quoi était destiné ce petit appareil.

Son viseur est très lumineux, avec plusieurs marques : celle du cadre, de la correction de la parallaxe et, au centre, l’endroit où se verrouille la mise au point. En dessous, des LED vous indique si le flash est nécessaire, lorsqu’il se recharge, si l’autofocus a fait la mise au point, le mode choisi. Rien de plus mais c’est le nécessaire. Et il est couplé à un correcteur dioptrique toujours bienvenu.

Le flash est intégré, sur le côté gauche. On peut le couper, le forcer pour un fill-in (débouchage des ombres en cas de contre-jour, par exemple) et il y a une protection contre les yeux rouges. Sa conception électronique permet d’économiser l’énergie de la pile, une CR2 sans dénaturer son efficacité.

Un petit écran, sur le capot, permet de voir les choix des modes proposés. Petit plus intéressant, il est éclairé. C’est là que vous verrez le nombre d’images.

Puisque j’évoque les modes de l’appareil, il se choisissent avec le bouton mode, à côté du viseur. Il y a le mode auto (l’appareil fait tout tout seul, et il le fait bien), la réduction des yeux rouges, le retardateur/télécommande, le flash forcé, le flash à syncro lente, le flash désactivé, la compensation d’exposition (+1,5), la mise au point sur l’infini (pictogramme montagne) et la macro (pictogramme fleur).

Petit plus utile : lors de la mise en route, le flash revient sur la position automatique (comme c’est le cas sur la plupart des concurrents), sauf si vous l’aviez mis sur OFF lors de la précédente utilisation car dans ce cas, une pression sur le bouton mode remet le boitier à la configuration que vous aviez quittée.

Pas mal quand même dans un si petit boitier.

N’oublions pas l’action du zoom, qui se règle du pouce droit avec le bouton gris qui pivote de W = wide, large à T = télé-objectif.

Le chargement du film est simplifié, il suffit de déposer la bobine avec l’amorce sortie au dessus de la grosse bobine et de refermer le capot. Le film s’enroule automatiquement et l’appareil est prêt pour la première photo. D’autant que les contacts à l’intérieur de la chambre ont permis de lire le codage DX de la pellicule et de régler la sensibilité de la cellule (de 25 à 3200 Iso). Il n’y a pas de réglage manuel de celle-ci, la plupart des films modernes ayant ce codage inscrit sur la bobine.

Vue intérieure d'un appareil photo numérique avec le compartiment ouvert, montrant l'objectif et les composants internes.

Le déclencheur est très doux, presque affleurant, ce qui est pratique pour éviter les flous de bougé en cas de faible lumière.

Car les vitesses de travail vont de 1s à 1/500s, ce qui est encore dans la moyenne des appareils de ce type à l’époque.

Un petit appareil simple, efficace, compact. Si vous voulez voir ce qu’il est capable de produire, je vous invite à suivre ce lien sur Lomography.

Que penser de cet appareil ?

J’aime bien les petits boitiers, faciles à emporter. Celui-ci offre encore quelques belles astuces, qui le rendent bien agréable à utiliser, sans prise de tête (à tel point qu’un mode d’emploi est presque superflu).

Sa carrosserie en plastique couleur argent (il a aussi existé en noir) résiste bien à l’usure du temps, mais les micro-griffes sont inévitables, surtout s’il voyage dans une poche avec des clés ou un sac un peu encombré.

C’est là qu’on apprécie la porte coulissante, qui protège de ce fait l’objectif. Mais il faut y faire attention car elle peut être fragile en cas de mauvais traitements et elle peut alors provoquer des faux contacts à l’ouverture ou la fermeture (poussières qui se glissent dessous, épingle à cheveux baladeuse, etc.)

Sa taille est assez similaire à un autre petit compact que j’aime beaucoup, le Canon Prima 90 U , même si ce dernier est un peu plus épais. Ce sont des appareils qui aiment voyager avec vous et qui savent se faire discrets si besoin mais restent toujours disponible au cas où.

Question prix, hormis quelques délires que j’ai pu voir à plus de 100€, vous devriez pouvoir le trouver, avec son petit sac dédié, autour des 30 à 40€ maximum.

N’hésitez pas à vous munir d’un film voilé pour tester l’entrainement de la pellicule, la capacité à rembobiner sans heurts et le déclenchement, on ne sait jamais comment il a été (mal)traité si vous en trouvez un.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Appareil photo compact à objectif film 35 mm avec exposition automatique à mesure CdS et objectif zoom autofocus.
Objectif : Konica 28-70mm zoom, ouverture maximale f3.4 à f7.9. Six éléments répartis en six groupes.
Autofocus de 0,7 m à l’infini.
Vitesses d’obturation : de1s à 1/500s.
Mode de correction du contre-jour : +1,5EV.
Vitesse du film : ISO 25-3200, lecture du codage DX.
Viseur : Zoom automatique avec des lignes de cadre, rappels de parallaxe, alertes via LED.
L’écran LCD rétroéclairé affiche le nombre d’image, la batterie restante, et les icônes pour plusieurs modes : auto, réduction des yeux rouges, retardateur/télécommande, flash forcé, flash nocturne à synchronisation lente, flash désactivé, compensation +1,5EV, mise au point à l’infini, macro.
Flash intégré : système automatique de flashmatic pour une alimentation correcte. La plage de fonctionnement du flash à une focale de 28 mm est de 0,7 à 5,4 m à ISO 100. et de 0,7 à 2,3 m à 70 mm. Temps de recharge de 5 secondes.
Avance du film : Chargement automatique, remontage et rembobinage. Le rembobinage manuel est également disponible.
Alimentation : Une pile CR2.
Dimensions : 108,5×59,5×34 mm.
Poids : 180g (sans batterie).

Des références.

https://focusargentique.fr/appareils-photo/konica/, https://www.konicaminolta.ch/fr-ch/150-jahre-konica-minolta, https://umvie.com/150-ans-konica-minolta-une-histoire-dinnovation-et-de-succes/, https://fr.wikipedia.org/wiki/Konica, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-12451-Konica_Lexio%2070.html, en français ; https://camera-wiki.org/wiki/Konica_Lexio_70, https://www.135compact.com/konica_lexio_70.htm, en anglais

Note : 1 sur 5.

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Argentique

Le Ricoh Singlex TLS, le Nikon fabriqué par Mamiya

Préambule.

Encore un réflex déniché sur une brocante cette année et laissé dans la caisse des appareils à vous présenter un jour.

Car ce serait dommage de l’y oublier, vous allez comprendre en parcourant l’article. C’est un drôle de phénomène !

De plus, il est en bon état et je me souviens l’avoir enlevé pour un prix très raisonnable. Aussi étrange que cela puisse paraître, c’est à cause de son objectif que j’ai craqué pour lui. Parfois l’envie se niche dans le détail.

Il a donc rejoint ce jour-là un ou l’autre petits camarades, déjà présentés ou encore à venir.

Bonne lecture.

Un peu d’histoire.

Ah, j’en connais qui vont être content, je vais être bref car j’ai déjà raconté l’histoire de Ricoh dans l’article consacré au Ricoh XR-S.

Seulement préciser que ce modèle fut développé en partenariat avec Nikon mais fabriqué par … Mamiya.

En fait, Ricoh fabriquait d’excellents appareils photo, essentiellement des folding à ses débuts (Riken Adler), puis des compacts (Vest Olympic, Ricolet, Ricoh 500), des télémétriques (Ricoh 35, Ricoh 500 GX) et des TLR (Ricohflex), alors très en vogue.

Mais en 1961, ce qui commence à prendre de l’essor, ce sont les réflex. Or Ricoh n’a pas la capacité à ce moment de consacrer du temps à la recherche et au développement de ce nouvel appareil. Ils s’adressent alors à Nikon, l’initiateur de cet engouement avec son fameux F (1959). Qui les renvoie vers … Mamiya.

Bizarre, bizarre … en fait, lorsque Nikon a développé son modèle F, ils se sont aperçus que cet appareil ne concernerait que les professionnels ou les personnes nanties. Qui ne sont pas légions. Ah, ils avaient bien pensé à un appareil, le Nikkormat, mais il n’était pas encore prêt. Ils avaient bien lancé, en 1960, un Nikkorex 35 mais si c’était bien un réflex, il était à objectif fixe. Pas pratique pour vendre des objectifs en monture F !

Ils se sont alors adressé à un confrère avec qui ils avaient déjà collaboré, Mamiya. Qui développe un Nikkorex F (1962). Chouette Nikon va pouvoir écouler ses optiques et finaliser son Nikkormat FT.

Et Ricoh dans tout ça ? Et bien ils ont fait comme Nikon, ils ont d’abord lancé le Ricoh 35 Flex, un réflex à objectif fixe, puis ils se sont adressé à Mamiya, qui leur a vendu le Nikkorex F. Qu’ils ont eu la sagesse de vendre, d’abord, sous le nom de Sears SL11 (Sears étant un gros vendeur d’appareil et d’accessoires américain), ensuite ils l’ont appelé Singlex et avait donc une monture F.

Enfin, pas tout à fait, car Ricoh a légèrement modifié celle-ci de telle sorte que les vrais objectifs F ne tiennent pas bien. Il faut les objectifs Auto Rikenon que Ricoh a prévu pour ses appareils (comme le 55mm f1.4 de dotation).

Pour s’affranchir finalement de cette monture, ils sont passé à celle de Pentax*, la M42, plus universelle à l’époque.

Le Singlex TLS qui nous préoccupe est en monture M42. Il à été proposé à la vente en juin 21967. C’est lui qui ouvrira réellement la voie des réflex chez Ricoh, qui prendra alors le temps de développer ses propres boitiers.

C’est un appareil que vous retrouverez sous les dénominations de Sears TLS, Kmart Focal 1000 TLX (pour les USA) ; Cavalier, Universa Interflex (pour la France).

*Fait amusant mais peut-être moins connu : Ricoh continue à fabriquer des appareils photo, en plus du GR digital, mais sous la marque Pentax, car ils l’ont rachetée. L’histoire est un cycle …

Présentation du Ricoh Singlex TLS.

C’est un grand reflex, dans la lignée de ce qui se faisait à l’époque. Du costaud, tout en métal, très bien construit et facile à prendre en mains.

Mais commençons par une petite présentation physique de l’engin.

Vu d’au dessus, le capot offre finalement le minimum syndical nécessaire : à droite, le déclencheur avec, derrière lui, le levier d’armement et, à son côté, la fenêtre du compteur de vue (remise à zéro automatique) ; à gauche, une large couronne entoure la molette de rebobinage. C’est essentiellement un mémo. En soulevant la molette, vous ouvrez le dos de l’appareil, classiquement.

Vue rapprochée du dessus d'un appareil photo argentique avec des détails en métal, étiqueté "MADE IN JAPAN".

La chambre est classique. L’obturateur un peu moins : c’est un Copal Square S à trois lamelles métalliques qui se déplacent verticalement. Du solide.

Vue latérale d'un appareil photo vintage avec un boîtier noir et argenté, posé sur une surface de travail.

En façade, une roue qui a deux fonctions : celle du réglage des vitesses d’abord, celle du réglage de la sensibilité du film ensuite.

En dessous de cet appendice, le levier pour le minuteur (toujours armer avant de l’activer).

De l’autre côté de l’objectif, un curseur avec une flèche rouge : c’est le bouton pour activer la cellule (ne pas oublier de le remettre à sa place afin de préserve les piles).

Sur la tranche gauche du boitier, deux prises PC pour les flashs : marquées X (synchro qu 1/125s) et M (1/30s) pour les flashs à ampoules.

Vue du dessus d'un appareil photo argentique avec un objectif, montrant les réglages sur le dessus.

Par dessous, le bouton pour déverrouiller le système afin de rembobiner le film, la trappe pour la pile et le filetage pour le trépied.

Et sur cet exemplaire en particulier, l’accessoire porte-accessoire, la griffe du flash synchronisé. Celle-ci est fixée sur l’œilleton de visée.

Au centre donc, le pentaprisme et le viseur, large et confortable. La visée se fait sur un dépoli avec un cercle de dépoli plus fin au centre.

Sur la droite de celui-ci, une aiguille qui se déplace entre deux griffes, l’enjeu consistant à la stabiliser au centre en jouant soit sur la vitesse, soit sur l’ouverture, ou les deux. Cette aiguille est asservie à la cellule au CdS et se déplace lorsque vous relevez le curseur à gauche. Le travail de la cellule est dit TTL, c’est-à-dire qu’elle lit la lumière à travers l’objectif. On peut donc monter des filtres, elle tient compte des modifications de luminosité.

Illustration montrant trois exemples d'exposition photographique : sur-exposition, exposition correcte, et sous-exposition, avec des indications en plusieurs langues.
Croquis du Ricoh Singlex TLS, montrant les principales commandes et caractéristiques de l'appareil photo réflex avec objectif interchangeable.

Enfin, l’objectif. Celui de la dotation de base est un 55mm ouvrant à f2,8, un Auto Rikenon. Celui qui équipe cet exemplaire est toujours un Auto Rikenon mais de f1,8 à f16 sur lequel un pare-soleil métallique est déjà fixé (format des filtres 52mm). Il existe aussi un Auto Rikenon de 50mm ouvrant cette fois à f1,4. Le diaphragme est à présélection automatique ou à réglage manuel couplé à la cellule.

Gros plan d'un objectif de caméra avec des réglages de mise au point, sur un fond flou d'un bureau.

Un appareil très classique du début des années soixante.

Que penser de cet appareil ?

Comme je le précisais ci-dessus, c’est un appareil classique de son époque.

Etant donné la suite chez Ricoh, plus sophistiquée, cela me fait penser que tout comme le Nikon dont finalement il est issu, c’est un appareil de transition, sans grande envergure, solidement construit, avec ce qu’il faut, mais sans plus.

Est-ce pour cela un mauvais boitier ? Que nenni, ne me faite pas dire ce que je n’ai pas écris. C’est un appareil agréable et qui tient le coup malgré le temps qui est passé et qui continue son chemin …

Honnêtement, je le classerais dans ceux que j’appelle les appareils école : pas de superflu, juste l’utile pour apprendre à faire des photos en comprenant ce que l’on fait et pourquoi.

Son grand avantage est aussi d’utiliser une monture qui vous offre un vaste panel de cailloux dont certains sont excellents, en japonais, en russe, en allemand. Vous aurez l’embarras du choix à des prix souvent encore intéressants.

Bref, un Ricoh-Nikon-Mamiya, soit la réunion en un seul objet de ce qui se faisait de très bien dans ces années-là. A tenter.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

  • Ricoh, modèle Singlex TLS
  • Introduit en 1967, Japon
  • Type SLR
  • Cellule au CdS TTL, indication dans le viseur par aiguille
  • Plage ASA 10-800
  • Objectif de base : Auto Rikenon de 50mm ouvrant à f1,4
  • Taille du filtre : 55 mm
  • Monture d’objectif M42, visante
  • Obturateur à plan focal vertical, métallique
  • Vitesses de 1s à 1/1000s plus pose B, retardateur de 10 sec.
  • Griffe flash en accessoire
  • Miroir à retour instantané
  • Batterie 625PX de 1.35v
  • Poids nu 760 gr

Des références.

https://www.mes-appareils-photos.fr/Ricoh-Singlex-TLS.htm, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-11187-Ricoh_Singlex%20TLS.html, https://photoklub.com/ricoh-de-la-photocopie-a-la-photo/, en français ; https://vintagecameradigest.com/2025/07/01/the-ricoh-singlex-tls/, https://camera-wiki.org/wiki/Ricoh_Singlex_TLS, https://cameracollector.net/ricoh-singlex-tls/, https://austerityphoto.co.uk/the-ricoh-thats-a-nikon-made-by-mamiya-welcome-to-the-ricoh-singlex/, en anglais

Note : 1 sur 5.

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Argentique

Un Action Man un peu particulier : il prend de (vraies) photos.

Préambule.

C’est lors de la dernière brocante de 2025 que j’ai pu acheter ce drôle de personnage.

Je connaissais l’univers des Action Man, mais à l’époque de leur sortie, mon fils était trop jeune pour jouer avec, et ensuite il a découvert d’autres jeux.

J’étais donc très curieux de découvrir cet objet peu commun, que nous allons explorer ensemble.

Un peu d’histoire.

En 1959, la société Mattel sort une poupée qui a toujours autant de succès auprès des petites filles, la célèbre Barbie.

Elle conquiert immédiatement le cœur des fillettes et Barbie se voit affublée de nombreux vêtements et accessoires, en fonction des aventures qu’elle peut vivre dans un monde très idéalisé.

Et les petits garçons dans tout ça ? Ah, il y avait bien Ken, l’éternel boy friend un peu niais de la jolie Barbie mais ses aventures se résumaient à suivre sa copine.

En 1964, aux Etats-Unis, l’entreprise Hasbro décide de concurrencer la poupée Mattel en créant un personnage surtout destiné, lui, aux petits garçons. Ainsi nait, à l’aube de l’entrée en guerre des USA au Vietnam un personnage assez guerrier, G.I. Joe. Il sera d’abord décliné en 4 soldats différents : armée de terre, de la Navy, le marine et enfin le pilote de l’air. Il possède 18 point s d’articulations pour pouvoir se mouvoir aisément et mesure environ 30cm.

A l’initiative de Palitoy (filiale britannique de Hasbro), G.I. Joe traverse l’Atlantique deux ans plus tard et se retrouve en Angleterre, sous le nom cette fois d’Action Man. Globalement, la figurine reste cantonnée dans le domaine militaire. Le personnage évolue un peu (mains agrippantes, cheveux floqués, yeux mobiles). La principale différence est que le personnage anglais porte une cicatrice sur la joue droite.

En 1975, la société française distributrice de jouets Ceji Arbois lance Action Joe. Très largement inspiré des modèles US et anglais, les soldats sont de nationalités différentes et il y eut même des cow-boys et des indiens.

Au fur et à mesure de l’évolution des figurines, on quitte le monde guerrier pour celui des aventuriers de tout bord. An début 1980, les marques lancent une collection spatiale pour coller à la vague Star Wars. Et les aventures s’enchainent, sauf pour Action Joe, qui quitte les rayons jouets en 1981.

Au début des années nonante, Hasbro reprend la main sur les Action Man et en multiplie les déclinaisons, qui quitte progressivement le monde guerrier pour celui de l’aventure : il y aura des alpinistes, des karatékas, des plongeurs, des parachutistes, etc. et toute une série de véhicules assortis aux missions du personnage, en plus des accessoires dédiés.

Action Man devient un phénomène de société et il puise son inspiration dans des personnages iconiques du cinéma ou de la télévision : il y aura un personnage qui aura les traits de James Bond lors de la sortie du film Demain ne meurt jamais (1997).

Aux USA, la télévision fera des adaptations des aventures d’Action Man sous forme d’animation. Il y aura aussi des jeux vidéos, des dessins animés, des films, des jeux de sociétés avec le célèbre personnage et ses ennemis (Docteur X, Docteur Gangrène, etc.).

La gamme Action Man d’Hasbro prend fin en 2006. La société se contente de refaire des séries spéciales anniversaires de ses modèles historiques. Et en 2018, elle relance cependant le personnage, destiné cette fois aux enfants dès 3 ans : de plus petite taille, moins articulé, avec plein de nouveaux costumes et accessoires, tous spécifiés sûrs pour les enfants de cet âge.

Pourtant, toujours en 2006, Action Man est renommé ACTION MAN A.T.O.M. (A.T.O.M. – Alpha Teens on Machines), les jouets changent complètement d’univers et adoptent un style moderne inspiré des mangas. Les figurines cessent d’être de 30 cm pour être de taille plus petite. Après deux années, Hasbro décide de ne plus éditer la licence.

En ce qui concerne notre Action Man Mission 110, il est apparu sur le marché en 1998.

Présentation de l’Action Man Mission 110.

Il ressemble à un photo reporter avec ses bottes, son plastron qui ressemble à un gilet tactique ou pare-balles et sa grosse caméra sur l’épaule gauche.

Il mesure plus ou moins 30cm et est moins articulé que les autres car son bras gauche reste fixe. En effet, outre qu’il tienne la caméra (fictive), celle-ci tient lieu de viseur pour l’appareil photo dissimulé dans son torse.

Figurine d'un homme tenant une caméra, avec un écran d'ordinateur en arrière-plan.

L’objectif est visible juste au dessus du sigle de la marque. Il faut ouvrir le dos du personnage pour y glisser un film 110. Une discrète molette permet de faire avancer le film et le déclencheur est le gros bouton qui ressort sous l’épaule droite. Une petite fenêtre est encore découpée dans le dos, pour servir de compteur de vue.

Aucun réglage, une visée très approximative, un format de film restreint mais il n’en faut pas plus aux enfants pour se sentir investi d’une mission d’aventure ou d’espionnage, car l’appareil photo fonctionne vraiment. De quoi rendre jaloux les possesseurs d’un Pentax Auto 110 !

Que penser de cet appareil ?

Le format minuscule du 110 a depuis longtemps favorisé quelques gentils délires photographiques : paquet de frites, cannettes de soda, biscuit, etc. et pourquoi pas dès lors un personnage d’action ?

La qualité d’image est conditionnée à la lentille en plastique, à la taille du négatif, à son cadrage approximatif, mais – avec un peu d’entrainement – ça fonctionne et on peut donc prendre des photos … discrètement.

C’est un beau jouet qui, chose étonnante, à ma connaissance, n’a pas été repris sous forme numérique. Comme ses homologues cités ci-dessus d’ailleurs. L’imagination des créateurs est-elle en panne ou le marketing est-il devenu trop sérieux ?

Un objet nostalgie qui garde son côté ludique et plaira certainement aux enfants devenus (très) grands maintenant mais qui n’ont pas perdu leur âme avec le temps.

Question valeur, outre celle de la nostalgie justement, ou des souvenirs, il faut compter environ 50€ pour un modèle fonctionnel et plus de 150€ pour celui qui aurait encore sa boite et tous les accessoires d’époque.

Quand on aime, on ne compte plus …

Vidéos d’illustration.

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Action_Man, https://vvanat.fr/blog/action-man-plongeur/, https://www.generation-souvenirs-le-blog.fr/jouets/action-man/, https://www.bfmtv.com/economie/consommation/les-jouets-stars-des-annees-90-action-man-le-plus-grand-de-tous-les-heros-a-donne-aux-garcons-le-gout-de-l-aventure_AV-202412260035.html en français ; https://actionman.com/history.php, https://actionman.fandom.com/wiki/Action_Man_(character), https://www.actionman.com/, https://actionman-atom.fandom.com/wiki/A.T.O.M._%E2%80%93_Alpha_Teens_on_Machines en anglais

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Argentique

Un petit compact sympa, l’Olympus 35 ECR

Préambule.

Ce petit compact argentique trônait dans une vitrine d’un magasin de seconde main, là où l’on range les objets destinés à devenir des objets de décoration.

Intrigué, je le tourne et retourne pour constater qu’il est en fait bloqué : impossible d’armer et de déclencher. Espérant faire descendre le prix, je tente de négocier avec le vendeur qui me répond que c’est pour cela qu’il est considéré comme décoration.

Vous me connaissez, je ne l’entends pas ainsi et décide de l’acheter et de le faire fonctionner.

Un peu d’histoire.

Olympus, comme d’autres marques japonaises à commencé par l’optique de précision, celle des microscopes que Takeshi Yamashita construisait près de Tokyo. En 1919, il fonde la Takachiho Seisakusho pour produire des instruments de précision, avec l’ambition de remplacer ceux jusqu’alors importés, notamment d’Allemagne.

Quand au nom Olympus, il apparait dès 1921. S’il dérive du mot Olympe, montagne sacrée de la Grèce antique, c’est pour répondre à la montagne sacrée japonaise Takachiho, qui est le nom initial de l’entreprise.

Au début donc, l’entreprise fabrique essentiellement des microscopes, surtout destinés dans un premier temps aux amateurs, puis professionnels.

Qui dit microscope dit aussi optique. Le premier contact d’Olympus avec la photographie se fera au travers des objectifs Zuiko (qui signifie Lumière Sacrée), développé dans le laboratoire de recherche Mizuho.

Le saviez-vous ? Pour les objectifs Zuiko fabriqués jusqu’au seuil des années septante, le nombre d’éléments optiques, l’angle de l’optique et le fonctionnement du diaphragme sont gravés sur l’objectif. Ainsi, l’objectif de cet Olympus 35 ECR est noté E. Zuiko f=45mm 1:2.8, c’est-à-dire une optique à 5 éléments de 45mm ouvrant à f2,8. Les objectifs multi-couches du OM System vont omettre ces inscriptions.

Tableau présentant les détails techniques des objectifs Zuiko, incluant les préfixes, le nombre d'éléments, et les informations sur le diaphragme d'ouverture et l'angle de vue.

Le premier appareil photo de la marque fut le Semi-Olympus I, sorti en 1936. C’est un appareil pliant, déjà compact et de qualité, avec le premier objectif Zuiko, un 75mm ouvrant à f4,5. L’appareil était un 6×4,5 sur film 120.

Puis, en 1948, Olympus propose le premier appareil 35mm au Japon, l’Olympus 35 I. Un boitier avec viseur intégré qui donnait des images de 24x32mm sur film 135. Son objectif, fixe était un 40mm ouvrant à f3,5 revêtu. Cet objectif sera proposé sur la série des Olympus 35 jusqu’au numéro quatre. Il le sera encore sur les numéros IV (4) et V (5) mais il n’est plus revêtu mais maintenant entièrement revêtu (F.C. = full coated), en référence au revêtement antiréfléchissant.

Changement de nom en 1948 : Olympus devient Olympus Optical Co., Ltd. L’entreprise innove aussi dans le domaine médical en présentant en 1950 la première caméra gastrique au monde.

Dans le domaine de la photographie classique, Olympus réutilise le châssis du 35 V pour produire, en 1955, un boitier avec un objectif grand angle, le D. Zuiko-W 35mm f3,5. En 1957, ce boitier garde le même objectif Wide (grand angle) mais gagne un posemètre intégré mais non couplé. Ce sera le Wide-E (Saers Tower aux USA).

Il aura fallu attendre aussi 1955 pour voir apparaitre un télémètre sur l’Olympus 35 S, initialement doté d’un objectif D. Zuiko 40mm f3,5. Moins d’un an plus tard, on garde le même mais on le dote, au choix, de deux objectifs dits rapides : un E. Zuiko 48mm ouvrant à f2,8 et un G. Zuiko 45mm ouvrant lui aussi à f2,8. Cet appareil sera décliné en plusieurs variantes, selon la qualité et la taille de son objectif.

Puis apparait le Pen (1959), imaginé par le designer Yoshihisa Maitani, un demi-format innovant : petit, ergonomique, économique mais sérieusement construit, qui va séduire de nombreux photographes. Il propose des images de 18x24mm sur film 135. Economique car il permet de faire 72 photos sur un film de 36 poses.

Le Pen devient S avec des vitesses de fonctionnement plus large et un choix d’objectifs différents (plus ou moins lumineux).

Toujours en demi-format, le Pen devient D lorsqu’il gagne un posemètre intégré au sélénium pour les premiers modèles puis au CdS avec une pile ensuite. Certains objectifs sont carrément lumineux sur certaines versions puisqu’il y aura un f1,7 au programme.

Lorsque l’exposition devient automatique, ils se nomment alors Pen EE. Ce sont des appareils toujours très recherchés car solides, bien finis et ludiques.

Le concept garde le demi-format et sa compacité mais devient réflex à objectifs interchangeables : se sera le Pen F (1960), que je ne désespère pas de trouver un jour pour vous le présenter.

Même si d’autres réflex innovants et intéressants suivront (les OM), je n’en parlerai pas ici, me concentrant sur les compacts de la marque.

Car en 1967, une légende nait, le Trip 35. Sans doute un des compacts les plus connus au monde, conçu pour le voyage et qui sera fabriqué à plus de 10 millions d’exemplaires jusqu’en 1984, sous de multiples déclinaisons.

Un boitier ultra simple mais terriblement efficace : un objectif fixe D. Zuiko de 40mm ouvrant à f2,8 ; un posemètre au sélénium ; deux vitesses (1/40s et 1/200s en mode auto) ; une mise au point par pictogrammes (zone focus). Il ravit encore et toujours les amateurs et les Lomographistes pour sa philosophie on charge le film, on vise, on déclenche ! Seul hic : si la cellule au sélénium est morte, d’où l’utilité de toujours la protéger par un bouchon d’objectif ou dans un étuis fermé.

Mais revenons un instant sur la série des Olympus 35. Pour mémoire, elle commence en 1948. Celui qui débutera la série des appareils plus modernes (télémétrique avec optique lumineuse) sera le 35 S, en 1955. Ce n’est qu’au seuil des années septante qu’apparaitra un 35 SP, véritable haut de gamme : télémétrique, optique lumineuse et cellule spot. Un régal pour la photo de rue.

Puis se sera le tour du 35 RC, un compact ultra compact, télémétrique à priorité vitesse. Encore, le 35 RD, télémétrique tout manuel avec une optique Zuiko ouvrant à f1,7.

Les plus pointus d’entre vous constateront que je ne nomme pas le 35 EC/ECE (1960 – 1970), ni le 35 DC, le 35 ED car ils ne sont pas des télémétriques mais des compacts avec viseur et zone focus (et parce que je ne peux les citer tous !).

C’est dans cette digne lignée qu’apparait l’Olympus 35 ECR qui nous occupe aujourd’hui.

Présentation de l’Olympus 35 ECR.

Ce petit compact fait donc partie de la grande famille des Olympus 35, qui compte 12 membres ou modèles, tous avec des spécifications variables (vitesses, objectifs, cellule, etc.). L’ECR est sorti en 1972 et sera produit pendant deux ans.

Son prédécesseur, le 35 EC était lui sorti en 1969. Sa particularité était d’être tout électronique : son obturateur Seiko EFS est contrôlé par la cellule couplée. Mais c’est un compact avec viseur et mise au point par zone focus (pictogrammes de distances).

Le 35 ECR reprend son objectif E. Zuiko (5 éléments en 4 groupes), son obturateur Seiko EFS électronique, sa cellule au CdS qui permet l’exposition programmée, mais il gagne un télémètre couplé.

Voyons cela de plus près.

Schéma des parties de l'Olympus 35 ECR, avec des annotations décrivant les différents éléments comme le bouton de déclenchement, le compteur de vues, l'objectif Zuiko, et d'autres caractéristique de l'appareil.

C’est un compact … compact : 11cm x 6,7 x 5,2cm, pour un poids contenu de 415gr. Eh oui, ici le métal est encore très présent dans le boitier, c’est rassurant.

Son objectif est un objectif fixe de 42mm ouvrant à f2,8 avec une mise au point minimale de 90cm. Il utilise des filtres au diamètre de 43,5mm à viser. Comme ceux-ci se placent devant l’œil de la cellule, pas besoin de compenser car elle en tient compte automatiquement. C’est le même objectif que celui qui équipe l’Olympus 35 RC.

Image montrant des filtres photo de 43,5 mm pour appareils Olympus, avec des descriptions des types de filtres UV, Y2, 1A, 81C et 82C.

Une partie de son succès vient, me semble-t-il, de son dépouillement extérieur : un petit rectangle bis-colors argent pour le métal et cuirette noire pour le revêtement ; un capot duquel surgit un déclencheur fileté, puis sous un verre, le compteur de vue (qui se remet à zéro automatiquement) et à l’autre bout, un carré de lumière et la griffe flash.

Sur la face, le viseur et à ses côtés la fenêtre du télémètre (distance assez courte entre les deux), le nom de l’appareil et en dessous, un curseur qui ressemble à un retardateur mais est en fait un verrou pour bloquer le déclencheur et qui ferme le circuit électrique de la cellule (ne pas oublier donc de l’utiliser pour préserver ses piles).

Appareil photo Olympus 35 ECR avec lentille E-Zuiko, fond noir et argenté.

Sur la tranche gauche, la prise PC pour les flashs plus anciens. A l’arrière, le viseur et la roue crantée pour l’avance du film et le réarmement de l’obturateur.

Un vieil appareil photo avec un revêtement en cuir noir, posé sur une surface claire près d'un clavier d'ordinateur.

Sous la tranche droite, le petit verrou pour ouvrir la porte arrière. La semelle elle porte la manivelle de rebobinage, encastrée, et la trappe pour les deux piles. A côté, le petit bouton noir pour débrayer le film en fin de course et enfin le pas de vis pour le fixer sur un trépied.

Simple, rationnel et efficace.

Le viseur, décalé sur la gauche comme sur la majorité des télémétriques, porte des cadres lumineux pour la prise de vue normale et des lignes pour la correction de la parallaxe.

Normalement – mais qui ne semblent plus fonctionner sur le mien – deux lumières devraient aussi apparaître : une orange, comme celle sur le capot, qui s’allume à mi-pression sur le déclencheur pour indiquer si la batterie est bonne. Elle s’allume aussi brièvement lorsque la vitesse est comprise entre 4s et 1/30s, indiquant un risque de flou de bougé. Ensuite il devrait y avoir une lumière verte qui apparait dans le viseur lorsqu’un flash est connecté à la griffe et/ou à la prise PC. Si la lumière est suffisante, la verte ne s’allume pas.

Schéma illustrant le viseur d'un Olympus 35 ECR, montrant les indications de lumière jaune et verte ainsi que les repères de correction de parallaxe.

L’obturateur Seiko EFS permet des combinaisons de temps/ouvertures qui vont de 4s à f2,8 à 1/800s à f13. Certains diront qu’il est dommage de ne pas savoir quelles sont les valeurs retenues puisqu’il n’y a pas d’affichage dans le viseur, les autres s’en accommodent très bien.

Un mot à propos des piles : à l’origine, elles étaient au mercure, heureusement interdites. Leur tension était de 1,35v (EPX640) et elles étaient assez hautes. De nos jours, soit on utilise des piles pour appareils auditifs au zinc/air, qui ont la même tension et que l’on glisse dans un adaptateur, soit on utilise des LR44, toujours dans un adaptateur, mais là la tension est de 1,5v. Ce qui influe un peu sur la cellule mais c’est sans conséquence sur les films négatifs.

Deux piles bouton en métal sur une surface de table, avec un clavier flou en arrière-plan.

Le saviez-vous ? Sur le capot, derrière le déclencheur, il y a un numéro de série. Mais il y a aussi un code qui permet de connaître où la caméra a été assemblée (un idéogramme japonais), le premier signe, le second est un numéro indiquant l’année et le troisième le mois. Ce code est caché derrière la plaque de pression du film, dans la chambre. Comme je ne vais pas toucher à la mienne (je serais incapable de la remettre), je vais prendre l’exemple que j’ai trouvé : sachant que les mois vont de 1 à 9 (de janvier à septembre) puis X, Y et Z pour les trois derniers mois, si l’appareil est noté X2Z, le X ici remplace un signe japonais impossible à reproduire et qui indiquait le lieu de fabrication, le 2 signifie année 2, soit 1972 et le Z, le mois de décembre.

Un mot ensuite sur l’objectif. Il cache l’obturateur Seiko ESF, central et il abrite le capteur de la cellule, au dessus de la lentille. En dessous, une petite fenêtre affiche la valeur Asa sélectionnée en fonction de la sensibilité du film (ici de 25 à 800), que l’on règle avec la couronne autour de la lentille. Lentille légèrement teintée de bleu, traitée multicouche.

Autour du combiné objectif/obturateur, la bague de mise au point, qui a une course courte. La mise au point minimale est de 90cm. L’échelle est indiquée en mètres (blanc) et en pieds (rouge). Elle est presque là pour le décor car finalement, vous allez utiliser le télémètre couplé. C’est un télémètre à coïncidence. Un carré orangé apparait au centre du viseur et il faut faire coïncider les deux images pour que celle-ci soit nette. La course courte permet une mise au point rapide, très utile en photo de rue, là où l’échelle peut encore avoir un intérêt si vous travaillez en zone focus (préparation de la distance de prise de vue).

Un mot aussi sur l’utilisation du flash sur le 35 ECR, dite ici flasmatic. La vitesse de synchronisation est de 1/20s et l’ouverture est réglée en fonction de la distance, automatiquement. Si vous regardez bien autour de l’objectif, vous verrez une fine bague métallique avec des chiffres gravés : il s’agit des nombres guides du flash. Pour mémoire, le nombre guide d’un flash à intensité fixe est donné pour une certaine vitesse de film (généralement 100 Asa, mais ici pour 80 Asa) par une équation ouverture multipliée par la distance, de sorte qu’en le divisant par la distance, on obtient l’ouverture requise pour une exposition correcte au flash. En entrant le nombre guide sur la bague, l’appareil qui a été réglé pour la vitesse du film et une certaine distance au sujet, choisit alors automatiquement l’ouverture.

Tableau des plages de fonctionnement du flash automatique pour l'Olympus 35 ECR, indiquant les distances en mètres et en pieds pour différentes valeurs guides.

Rappelez-vous, dans le viseur, une lumière verte s’allume pour indiquer la nécessité du flash. Lorsque celui-ci est prêt, la lumière verte s’allume encore. Si elle ne s’allume pas, le flash ne partira pas pour la prise de vue.En tout cas en théorie car sur le mien, je ne vois pas cette lumière verte mais le petit flash électronique Cobra Ato 150, que j’ai trouvé, déclenche à tous les coups. Deux flashs lui étaient dédiés, le CL avec ampoules ou le PS 100G, électronique et particulièrement plat.

Image d'un flash Olympus CL à gauche et d'une cartouche de film Olympus PS 100G à droite.

Pour la photographie, son système d’exposition automatique précis permettant des temps de pose assez longs et son superbe objectif sont ses principaux atouts. Comme pour tous les appareils photo automatiques, il faudra veiller à avoir des piles de secours dans le sac photographique.

Un appareil photo Olympus-35 ECR avec un flash Cobra sur un bureau encombré, entouré de documents, d'objets de bureau et d'autres appareils photo.

Si je résume, nous avons donc un petit appareil solide, bien pensé, ergonomique et automatique, qui dépend, hélas de ses piles pour déclencher. Il faut juste penser à en avoir quelques unes avec soi, par sécurité car de fait, il ne consomme pas énormément.

Un Olympus 35 RC a l’avantage ici de fonctionner sans pile si besoin et il est manuel.

Ceci étant, c’est un petit compact finalement plus rare que le classique 35 RC, ce qui ajoute à son charme. Son automatisme le rend aussi plus simple d’utilisation pour ceux que la technique ennuie.

Que penser de cet appareil ?

Franchement, il est joli (même si cette impression est toujours subjective), d’une ligne épurée et particulièrement compact, même s’il sera mieux dans une grande poche ou un petit sac, voire attaché à une dragonne. Le verrou empêchant les déclenchements intempestifs et de gaspiller les piles.

Si vous voulez utiliser un flash, pensez plutôt à un petit Cobra plutôt qu’au PS 100G, à mon avis trop près du viseur et de l’objectif.

C’est un petit appareil pensé pour se faciliter la vie : vous visez, réglez le télémètre et appuyez sur le déclencheur. C’est tout et le reste, c’est l’appareil qui le fait, et il le fait bien, aidé en cela par un bon objectif et des préréglages très corrects.

J’avais écris en préambule que l’exemplaire acheté semblait en panne. Juste le temps de trouver deux adaptateur, d’y glisser 2 LR44 dans le bon sens et il était à nouveau fonctionnel, sauf les lumières d’avertissements, dont on peut se passer, in fine.

Je devrai juste refaire les mousses, comme d’habitude sur un boitier de cet âge.

Comme je le signalais, il est plus rare que le traditionnel RC, ce qui peut le rendre moins attrayant si certains le savent et en jouent pour augmenter les prix, alors que vous, vous voudriez juste un petit compact facile à utiliser et de bonne qualité.

Pour un exemplaire en très bon état, je pense que le prix de 50€ est un maximum, mais je sais que plein de gens ne seront pas d’accord à ce sujet.

A vous de chiner pour en trouver un qui corresponde à vos attentes et à votre budget, vous ne le regretterez pas.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est ICI : https://www.cameramanuals.org/olympus_pdf/olympus_35ecr.pdf

Type : 35 ECR
Gravure : Olympus – 35 ECR
Date de sortie : avril 1972
Esthétique boitier : chrome et cuir noir
Obturateur : Seiko ESF
Vitesses d’obturation : automatique de 4s à 1/800s
Synchronisation flash : X à 1/20 de seconde, flash automatique, prise PC pour les anciens flashs
Viseur : cadre lumineux, marques de parallaxe, signal de test de batterie
Symboles mixtes d’image et de distance du télémètre
Télémètre : couplé
Avance du film : roue crantée sous le capot
Posemètre : mesure de la lumière avec cellule au CdS, couplé
ASA : 25 à 800
Batterie : 2 x 1,35 V (EPX 640) que l’on peut remplacer par 2LR44 avec adaptateur
Bonus : levier de verrouillage, testeur de batterie
Objectif : E. Zuiko f/2.8 f=42mm, diamètre du filtre 43,5
Plage d’ouverture : f2,8 à f13
Mise au point : 0,9 m à l’infini

Des références.

https://camera-wiki.org/wiki/Olympus_35_EC/ECR/EC2, https://oldcamera.blog/2016/03/09/olympus-35-ecr/, https://austerityphoto.co.uk/olympus-35-ecr-review-the-retro-future-simplified/, https://randomphoto.blogspot.com/2021/09/olympus-35-ecr-one-roll-review.html, https://en.wikipedia.org/wiki/Zuiko, en anglais ; https://olypedia.de/index.php?title=35_ECR, https://www.flickr.com/photos/alf_sigaro/3466496764, en allemand ; https://35mm-compact.com/compact/olympus35ecr.htm,https://appareil-photo-laviale.com/marque/olympus/, https://www.olympus.be/company/fr/a-propos-d-olympus/facts-milestones/milestones/, en français

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Argentique

Un superbe ensemble au charme désuet : une chambre portative Friedrich Deckel et son trépied d’époque

Préambule.

Ce bel ensemble a failli ne jamais être réuni, l’appareil étant jeté dans une caisse et son trépied, loin, dans une autre, tous les deux dans un fatras de choses assez innommables.

Mais voilà, ce jour là St Daguerre était avec moi et j’ai pu les remettre ensemble et partir avec pour un prix très très convenable.

Un ancien appareil photo avec un étui en cuir et des accessoires photographiques sur une surface claire.

Rentré à la maison, il me restait à les nettoyer tous les deux, quelques traces d’humidité étaient présentes sur le cuir de l’appareil et son sac en cuir.

Un peu d’huile de coude puis de cirage et revoilà cette paire en pleine forme.

Un peu d’histoire.

Comme pour la Certo et la Ihagee que je vous proposais il y a peu, il n’y a pas de marquage sur le boitier. Juste un nom délicatement écris en cursives sur le pourtour du combiné objectif/obturateur : F. Deckel – München.

C’est, un peu court, mais essayons de trouver qui est derrière cette chambre de belle facture ?

Tout d’abord, l’obturateur, un Compur qui fut fabriqué par … Friedrich Deckel AG, à Munich dès 1903.

A l’origine était Friedrich Wilhelm Deckel (1871–1948), un mécanicien de précision qui travaillait pour Zeiss à Iéna dès 1889. Il quittera l’entreprise pour fonder son propre atelier, fin 1898.

Il s’associe avec Christian Bruns, un autre mécanicien de précision qui a développé l’obturateur central Compound. Ensemble, dès 1903, ils fondent la Bruns & Deckel à Munich. Ils fabriquent l’obturateur Compound et le commercialise.

En 1905, Monsieur Bruns quitte la société et continue à développer des obturateurs pour son propre compte, comme le Compur, développé pour les temps d’exposition lents. Dès lors, Friedrich devient le seul propriétaire de l’entreprise devenue la Friedrich Deckel GmbH.

L’entreprise acquiert de nouveaux actionnaires en 1910 et pas n’importe lesquels : Carl Zeiss, Bausch & Lomb et Alfred Gauthier. Zeiss, qui vient d’acquérir les brevets du Compur, les fait fabriquer sous licence par Deckel.

Une des spécificités de Deckel était qu’il fabriquait en interne les machines-outils de précision et les moules nécessaires à la fabrication des appareils photo. Comme à l’époque de telles machines étaient peu disponibles sur le marché, la société va vendre de plus en plus de machines-outils, et ses obturateurs, à d’autres fabricants, comme l’Agfa Camerawerk par exemple. Finalement, l’activité de construction des machines est devenue l’activité principale de l’entreprise.

C’était une société moderne pour son époque : elle a introduit la journée de huit heures en 1912 pour son personnel (elle comptait 500 employés en 1914). Elle continue à se diversifier et s’intéresse au monde de la voiture. Elle fabriquera des pompes d’injection pour moteurs essence ou diésel (1924). En 1940, elle fabriquera d’ailleurs l’injection du moteur d’avion BMW 801.

Mais pour en revenir au monde de la photographie, elle conçoit le concept d’échelle de valeur lumineuse (LVS) et développe la fameuse échelle de valeur d’exposition (EVS). Elle va distribuer des obturateurs qui utilisent des fermetures couplées à une valeur lumineuse et en faire la norme. Vous trouvez souvent cette échelle sur les appareils des années cinquante, notamment chez Rollei Hasselblad, Voigtländer, Braun, Kodak, entre autres. Ces obturateurs sont souvent liés à une monture d’objectif à changement rapide, couplée aux obturateurs, la fameuse baïonnette DKL.

Les américains ont repris le principe de la valeur lumineuse dans le système APEX en 1960.

De plus en plus, pourtant, l’entreprise se concentre sur la production de machines-outils de grande précision. Elle changera plusieurs fois de nom au gré des acquisitions, fusion et faillite. En 2009 elle passe entièrement dans le giron de la société japonaise Mori Seiki.

La production d’obturateur pour appareils photo a été arrêtée en 1973, sauf pour quelques Hasselblad équipés d’objectifs Zeiss. Celle-ci cessera définitivement en 1976 et la production sera reprise par l’usine Alfred Gonthier (Prontor).

Nous pouvons résumer les obturateurs de la Friedrich Deckel :

1904 – Obturateur à lames composées avec échappement pneumatique à air
1911 – Obturateur à lames Compur avec échappement mécanique à engrenages plus précis
1928 – Retardateur supplémentaire Compur V
1935 – Compur-Rapid vitesse d’obturation la plus courte 1/500 s (1/400 pour un obturateur plus grand)
1951 – Synchronisation flash supplémentaire Synchro-Compur X et M
1958 – Monture DKL d’une monture à baïonnette incluant un obturateur Synchro-Compur avec couplage LV

Ah, me direz-vous, cela ne nous avance guère !

Reste, peut-être à voir du côté de l’objectif, un Boyer Topaz de 105mm ouvrant à f4,5.

Vous verrez, c’est aussi un pied de nez à l’Histoire …

Antoine Boyer fonde en 1895 les Etablissements Boyer, qui fabriquent des objectifs. Ce n’est pas une grande entreprise, il n’y a que quatre employés. Par la suite, André et Marcel Boyer, ses fils, prennent la relève et le nom de la firme évolue en Boyer Frères. Elle n’est guère plus grande (6 employés).

En 1925, André décède et son frère, Marcel refuse de diriger seul l’entreprise, qu’il vend alors à un opticien d’Orléans, Abraham Lévy. Son fils, André avait été commercial chez Lacourt-Berthiot. Lorsque son père racheta donc la société Boyer Frères, il était alors directeur du département photographique de Baille-Lemaire.

La designer de chez Boyer, Madame Suzanne Lévy-Bloch fut sans doute la première femme ingénieure en optique française (ingénieure de l’École Supérieure d’Optique et de l’Institut d’Optique Théorique et Appliquée). C’est elle qui dessinait les optiques de la firme (1925 à 1965).

A la mort d’André Lévy, c’est son fils Robert qui prend les rennes de la société. Las, au seuil des années septante, la maison fait faillite. Elle sera reprise par CEDIS, une société appartenant à M. Kiritsis, ancien propriétaire des Ets Roussel, une autre société d’optique française. L’entreprise disparaitra définitivement en 1982, au décès de M. Kiritsis.

En résumé, nous avons une entreprise allemande qui fabrique des obturateurs renommés et sans doute aussi des appareils photographiques, et de l’autre côté, une société française d’optique reconnue.

Tout cela autour des années 1928 -1929 si je tiens compte du numéro de fabrication du Compur de cet appareil.

Je ne suis guère plus avancé mais j’aime l’ironie des nationalités des personnes qui ont œuvré en ces temps troublés à la fabrication de cet appareil dont j’ignore toujours le nom de fabrication, à moins d’admettre qu’il s’agisse d’une chambre Deckel.

Un mot encore pour ce Boyer Topaz, un triplet qui fut vendu soit comme objectif de prise de vues, soit comme objectif pour agrandisseur. Il a existé dans de nombreuses focales, de 20 à 180mm ouvrant à f2,9 ou f3,5 avant 1939 ; puis focales de 75 à 135mm ouvrant à f4,5 ; encore en focales de 58 à 210mm ouvrant à f6,3 ; et dans les années septante de 45mm à f2,8 ; 35 ou 50mm à f3,5 et finalement 75 et 105mm ouvrant à f4,5.

Un commentaire éclaire sur sa place dans la gamme des optiques de chez Boyer : C’était le cheval de bataille de la firme ! Des centaines étaient encore vendus chaque mois lorsque l’entreprise ferma brutalement. Ils étaient très bien fabriqués, mais comme tous les triplets, avec une courbure de champ prononcée, et de l’aberration de sphéricité à pleine ouverture. La série ouvrant à 2,9 d’avant 1939 est parfaite comme objectif à portrait ; ce sont des optiques douces sans manquer de piqué. Pour autant que je le sache, c’est la base du modèle Rubis (très peu furent fabriqués). De nombreux Topaz étaient également vendus comme objectifs d’agrandisseur, en dépit de leur qualité moyenne pour cette application. 

Présentation de la chambre portative F. Deckel

Je l’ai retournée dans tous les sens, regardé le moindre bout de cuir, sous et sur les bobines, autour et derrière l’obturateur, sur la plaque de pression, rien ! Pas la oindre marque comme Certo ou Ihagee qui ont pourtant parfois utilisé les services de la F. Deckel.

Il reste donc à déduire qu’il s’agit bien d’une chambre portative créée par la F. Deckel pour son compte propre et sa commercialisation.

Alors, que voyons-nous ?

Un beau bloc aux cuirs noirs et bords arrondis en chromes solides. Sur le dessous, une grosse molette pour l’avance du film, un petit bouton en forme de champignon à son côté, qui permet de libérer la porte avant de la chambre, et enfin un pas de vis large (pas du Congrès) pour la fixer sur un trépied.

Sur le dessus, un simple viseur repliable en tôle, rudimentaire.

Devant, une porte avec un second filetage pour attacher la chambre et un levier pour poser celle-ci à plat.

Derrière, un dos ajouté et fixé à la partie ouvrante. Ce dos porte une fenêtre en rouge inactinique et un crochet sur le dessus : il est sans doute prévu pour y glisser une plaque de verre ou un châssis (vu l’épaisseur, je penche pour la plaque de verre).

Sur la tranche gauche, un discret verrou permet d’ouvrir le dos, monté sur charnière et qui ouvre sur une chambre noire de 6x9cm à soufflet. L’intérieur est floqué d’une peinture noire très structurée, épaisse et solide. De chaque côté, des cages en demi-cercle pour y glisser une bobine de film 120. Ce qui est un peu déroutant, c’est la présence d’une plaque de pression qui semble ne pas autoriser l’utilisation d’une plaque photographique. Le dos surajouté n’a d’ailleurs pas d’accès à la chambre.

Vue de dessus d'un appareil photo vintage avec un corps en cuir noir et une sangle en cuir.

Enfin, après avoir appuyé sur le bouton champignon, la porte avant s’ouvre et dévoile un gros œil rond : l’obturateur Compur avec en son centre, l’objectif Boyer Topaz de 105mm ouvrant à f4,5.

Vue rapprochée d'un vieil appareil photo avec objectif et mécanisme exposés.

L’abattant de la porte, en métal, porte deux rails, sur lesquels va glisser le soufflet, qui va venir se bloquer en position dans un verrou à ressort. Deux boutons ronds permettent de tirer sur l’ensemble Soufflet/ Obturateur-Objectif.

Sur le côté droit des rails, un bouton en tirette permet de régler la distance et de bloquer l’ensemble aux distances de 2m à l’infini

Le Compur est gradué en vitesses de 1s à 1/250s, plus une pause B et une T. Un petit bouton, que je pensais être le retardateur, permet de passer en mode T ou B. Le levier d’armement est au dessus et le déclencheur par dessous. On peut encore utiliser un déclencheur souple, à viser.

Les ouvertures sont réglables de f4,5 à f32 (4,5 – 6,7 – 8 – 11 – 16 – 26 – 32) via une réglette placée sous le combo objectif/obturateur. La distance, elle, se règle grâce au déplacement du soufflet sur le rail. Il n’y a pas ici de décentrement vertical.

Gros plan sur l'objectif d'un appareil photo vintage avec la marque 'Compur' et des réglages visibles.

Deux viseurs dont encore présents sur le combiné objectif/obturateur : un simple cadre en fil, qui se replie devant le tout et qui, une fois déplié et combiné au viseur fixé sur le dessus du boitier doit être un viseur sportif, et un second viseur pivotant, qui se replie lorsqu’on referme l’appareil.

Autrement dit, les viseurs sont rudimentaires et peu précis, la distance de mise au point se fait au pifomètre.

Pour refermer le tout, il est impératif de sortir le crochet d’arrêt du soufflet, de le replier lentement pour ne pas abîmer les plis et de s’assurer qu’il est bien remisé au fond de la boite avant de refermer la porte avant.

Gros plan sur un appareil photo vintage avec des réglages en métal, y compris un bouton de mise au point et un compteur de distance.

Ce n’est pas compliqué, il faut juste prendre son temps et respecter le matériel, sans forcer.

Ce genre de chambre portable n’apprécie pas d’être bousculée. Et notez que si elle a été respectée, 100 ans plus tard, elle fonctionne toujours parfaitement et reste pleine de charme.

Associée à sa sacoche en cuir clair, c’est un ensemble du plus belle effet. Si vous y ajoutez le trépied dans son sac, lui aussi en cuir, il ne vous manque plus qu’une belle vieille Benz pour participer à un rallye en costume d’époque !

Que penser de cette ensemble ?

Outre son esthétique, il faut reconnaître que nous avons là un bel outil, toujours parfaitement fonctionnel.

Les commandes sont souples, onctueuses et loin d’être tout à fait dépassées car les ouvertures et les vitesses étaient encore celle utilisées dans les années cinquante dans d’autres folding et même certains appareils fermés.

Comme je le précisais dans l’historique, ce type d’appareil photo demande que l’on prenne son temps, pour cadrer, pour viser, pour régler et enfin déclencher.

N’oublions pas que nous sommes dans du 6x9cm, le négatif va fourmiller de détails si les paramètres de prise de vue sont respectés. D’ailleurs, à l’époque de cette F. Deckel, il n’était pas rare de faire un tirage direct, la taille du négatif l’autorisant sans agrandissement.

Reste que je m’interroge toujours sur le dos rapporté sur le boitier car je ne vois pas bien son utilité. Sans aucun doute un manque manifeste d’habitude avec ce type d’engin.

Cette chambre est-elle rare ?

J’ai retourné la Toile dans tous les sens, je n’ai pas trouvé un seul endroit qui puisse lister les appareils produits par F. Deckel. Beaucoup d’informations sur les obturateurs Compur, les machines-outils FP1 et suivantes, la baïonnette DKL, mais sur ce modèle, rien.

Peut-être un lecteur perspicace trouvera-t-il une solution, une réponse.

Ceci étant, c’est un bel ensemble, toujours fonctionnel, et pour le moment, cela me suffit.

Des références.

https://de.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Deckel, en allemand ; https://camera-wiki.org/wiki/Deckel, https://en.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Deckel, https://camera-wiki.org/wiki/Compur , https://camera-wiki.org/wiki/Compur_serial_numbers, https://www.galerie-photo.com/boyer-lens-optic.html en anglais ; https://galerie-photo.com/optiques-boyer-catalogue.html, en français

Argentique

Un reflex moins connu, le Ricoh XR-S

Préambule.

Souvent le hasard fait bien les choses car ce Ricoh, cela faisait un moment que je le cherchais. En fait depuis l’article sur le Canon Prima Sol, le premier appareil photographique à fonctionner uniquement à l’énergie solaire (1995) alors que celui-ci, auquel je faisais allusion, utilisait aussi l’énergie de notre bon vieux soleil, mais pas que !

Et, mea culpa, il était resté dans ma boîte des appareils que je dois encore vous présenter, depuis un petit moment déjà.

Comble de l’ironie, c’est par un temps particulièrement gris et sombre que je vais commencer à vous le décrire.

Un peu d’histoire.

Les grands acteurs japonais de la photographie ont souvent été soit des opticiens, comme leurs homologues allemands, soit actifs dans le domaine de l’électronique avant de développer leurs activités dans la photo. Ricoh, lui, a commencé par le … papier.

L’Institut de Recherche Riken, Institut de Recherche Physique et Chimique a créé en 1927 l’entreprise Rikagaku Kogyo pour commercialiser le produit de ses recherches, notamment dans le domaine des papiers sensibilisés. En 1936, la division papier est scindée pour devenir Riken Kankoshi Co., Ltd, le précurseur de Ricoh. Sous la direction de Kiyoshi Ichimura, la société se développe bien et introduit pas mal d’innovations.

Par exemple, dans les années ’50, Ricoh est la première entreprise au Japon a introduire un système de convoyeur à bande pour la fabrication des appareils photo, ce qui augmente considérablement la capacité de production. Elle atteint 10.000 unités par mois contre moins de 1.000 unités dans l’industrie photographique plus artisanale de l’époque. Cette capacité permettait de garantir des prix plus abordables tout en gardant un seuil de qualité élevé. Un bel exemple fut la production du Ricohflex Modèle III qui sera adopté par une majorité de Japonais cherchant un bon appareil (on estime que cet appareil a atteint plus de 50% des ventes nationales à son apogée).

Photo en noir et blanc d'une usine avec des assemblages de caméras Ricoh, montrant des travailleurs en train de monter des appareils photo sur des tables de travail.

Ricoh reçu le prestigieux prix Okochi Memorial Prize Production en 1957 pour sa capacité de production élevée et rigoureuse.

En 1960, Ricoh inaugure sa nouvelle usine de Numazu, celle destinée à la fabrication de papier. En 1962, celle-ci s’agrandit pour installer une production intégrée de papier sensibilisé, une première mondiale.

Se voulant toujours être dans pionnier dans l’innovation, en 1960, l’entreprise lance le Ricoh Auto 35, un appareil photo automatique avec une cellule au sélénium. En 1962, il propose le Ricoh Auto Half, un demi-format entièrement automatique très compact qui possédait en plus un moteur sous forme d’un ressort, le tout dans un format guère plus grand que celui d’un paquet de cigarettes.

Le nom de Ricoh Company Ltd. devient le nom officiel de l’entreprise en 1963.

Vous aurez remarqué que je ne cites pas toutes les autres avancées de Ricoh en terme de photocopieurs, mais il y en eut un paquet. Ils furent aussi très actifs dans le domaine de l’électronique et de l’informatique. Ainsi ils proposèrent en 1971 le premier ordinateur de bureau, le Ricom 8.

Ils continuent à développer des appareils photo mais vous aurez compris que ce n’est pas leur activité de cœur business comme on dit, mais ils restent très présents et attentifs aux évolutions.

Ils ont par exemple développé leur premier appareil digital en 1995, le Ricoh DC-1.

Au niveau des appareils argentiques, nous l’avons vu, ils ont développé des TLR avec la gamme Ricohflex, des compacts télémétriques avec les Ricoh 35 ; puis des compacts très compacts avec télémètre comme le Ricoh 500G ; des reflex avec la gamme des Ricoh KR ( Ricoh KR 5) et XR avec monture K, sans oublier quelques collaborations comme avec Olympus pour le Ricoh Miraï, ou avec Nikon pour le Ricoh Singlex (mais fabriqué par Mamiya) avec monture F ou en monture M42 (Ricoh Singlex 2) ; des compacts innovants comme le FF-70, d’autres ultra fins comme le Ricoh R 1. Et ne passons pas à côté du GR, toujours d’actualité en digital de nos jours.

De fait, Ricoh Co Ltd est une entreprise très diversifiée, qui offre du matériel d’impression, des réseaux de gestion de l’information, des photocopieuses, des centraux téléphoniques, etc. Elle produit aussi des circuits LSI et d’autres composants électroniques sophistiqués.

Il est donc logique que Ricoh ait mis sa technologie au service de la photographie.

Bref, si la marque ne s’est plus trop engagée dans le domaine des boitiers photographiques, hormis donc le GR qui en est à sa quatrième itération digitale, elle a quand même toujours été parmi les entreprises innovantes. Nous allons encore le découvrir avec le réflex qui nous préoccupe aujourd’hui.

Présentation du Ricoh XR-S.

De prime abord, c’est un réflex classique, très classe dans sa robe noire, ce qui fait bien ressortir le nom du modèle, en lettres blanches et rouge, soulignées d’un trait rouge.

Puis, quand on y regarde de plus près, sur le prisme, au dessus du nom Ricoh, trois petits mots interpellent : solar battery system .

Et c’est là qu’on se rend compte que sur les deux faces du prisme il y a effectivement des mini-panneaux solaire !

Vue rapprochée du dessus d'un appareil photo Ricoh XR-S, montrant le levier d'armement, la roue de sélection des vitesses et les panneaux solaires.

Mais n’allons pas trop vite, commençons par la présentation du tout.

Sur le capot, à droite, un levier d’armement moderne ; à son côté, le compteur de vues qui revient automatiquement à zéro ; devant lui, la roue de sélection des vitesses, de 15s à 1/1000s, avec une synchro flash au 1/125s, une pose B, une position L pour lock (fermer) et une position A, pour automatique. Un minuscule petit bouton marqué d’un point vert sert à déverrouiller la roue pour changer les positions.

Vue supérieure d'un appareil photo Ricoh XR-S montrant le système de batterie solaire, la molette de sélection des vitesses et le bouton de déverrouillage.

A gauche, une roue encercle la manivelle, utile lors du rebobinage et pour ouvrir la porte arrière de l’appareil. Cette roue a une double fonction : indexer la cellule de la sensibilité, en Asa (de 12 à 1200Asa), et permettre une correction d’exposition de -2 à +2. Le tout aussi minuscule bouton Self sert à lancer le retardateur.

Gros plan sur le sélecteur de sensibilité ASA d'un appareil photo reflex Ricoh XR-S, en métal noir avec marquages clairs.

Sur la face avant, sous le nom, un levier pour activer la cellule et à côté du nom, un second levier pour le contrôle de la profondeur de champ (encore rare à l’époque sur des appareils dits grand public)

Sur la droite toujours, contre le fut d’objectif, le bouton pour débloquer la monture de l’objectif en monture K.

A gauche, autour du fut de l’objectif, le bouton du dessus sert à verrouiller l’AE et, en dessous, la prise synchro pour les anciens flashs. Pour les flashs modernes, la griffe est munie d’un contact au centre pour la synchronisation.

Gros plan sur le boîtier d'un appareil photo reflex Ricoh XR-S, mettant en avant le détail du porte-objectif et des commandes en relief.

A l’arrière, rien de spécial à part deux boutons qui raviront les Lomographistes car ils permettent de faire des surimpressions.

La semelle porte le filet pour fixer un trépied, le cache pour les piles (2LR44) et les engrenages pour la motorisation si on y ajoute un Winder. Les 2 LR44 doivent se placer le plus vers le bas dans le compartiment.

Vue du dessus d'un appareil photo Ricoh XR-S, mettant en avant le levier d'armement, le compteur de vues et la roue de sélection des vitesses.

Tout est résumé ci-dessous.

Au delà de cette énumération presque à la Prévert (je n’ai pas trouvé le raton laveur !), découvrons ce qui se cache là-dessous.

D’abord que le boitier est basé sur le XR-7, sorti en 1982. Lui aussi conçu pour la baïonnette K, il possède un obturateur géré électroniquement (d’où les 2 piles de 1,5v). Il propose des vitesses identiques à celles reprises par le XR-S, l’automatisme à priorité ouverture. Le bouton à l’avant (11) permet de visualiser la vitesse choisie par l’automatisme sur le bord droit du viseur. La compensation d’exposition, le verrouillage de l’exposition (AE) sont là aussi, la surimpression itou. Tous ces éléments seront repris donc dans le XR-S.

A cette longue liste s’ajoute la technologie embarquée de l’énergie solaire : les deux cellules rechargeaient une batterie S capable de tenir 5 ans. Il sera le premier reflex à utiliser l’énergie des minis-panneaux photovoltaïques pour alimenter le circuit de mesure. En cas de manque de soleil (ou de lumière forte), voire de défaillance de la batterie S (ce qui risque d’arriver après 45 ans !), les 2 piles de 1,5v prennent le relais et désactivent le circuit solaire.

Nous avons donc un reflex moderne avec son obturateur piloté par quartz, une AE priorité à l’ouverture, et ce que vous avons découvert du XR-7, plus un viseur à cristaux liquides multi-informations.

Il y aura un modèle plus récent, le Ricoh XR Solar (1994), mais c’est un appareil photo sans lien de parenté finalement, fabriqué en Chine par Cosina, et qui ne dispose pas de l’exposition automatique.

Appareil photo reflex Ricoh XR-S, en finition noire avec des éléments fonctionnels visibles comme le levier d'armement et le nom du modèle.

Notez qu’il a existé aussi un XR-2s (1972) qui n’a rien à voir avec une éventuelle succession de celui-ci puisque antérieur à ce modèle.

Que penser de cet appareil ?

Vous le savez, j’aime bien les appareils noirs et je trouve celui-ci particulièrement agréable à l’oeil. Le boitier est agréable à tenir en mains, pas trop lourd et toutes les commandes tombent bien, exceptés le minuscule bouton pour engager le retardateur (Self) et l’aussi minuscule bouton à point vert pour modifier la position des vitesses.

Si les cellules solaires ne servent plus à rien car je n’ai pas la batterie S d’origine, j’ai mis deux LR44 communes dans l’appareil.

Et là vous comprendrez ma frustration car impossible de déclencher et le miroir reste bloqué en haut. Je pense que c’est une question de contact car, ayant enlevé la semelle, j’ai pu ré armer mais impossible de déclencher, alors que le retardateur émet son signal caractéristique (preuve que les piles sont bien mises et fonctionnelles). C’est dommage.

Ceci étant, si vous en trouvez un en pleine forme, préparez u billet de 50€ pour vous faire plaisir, et vous ne le regretterez pas, le boitier a des arguments à faire valoir : il est assez complet, agréable et facile à prendre en mains et, ce qui est toujours important, pour moi, il sort des sentiers archi battus en assurant des prestations dignes des autres marques de l’époque.

Et vous, vous en pensez quoi ?

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi multi-lingues, c’est par ICI.

  • Type : reflex 35mm avec obturateur automatique à contrôle électronique du plan focal
  • Obturateur : obturateur métallique à mouvement vertical à commande électronique, automatique de 16 à 1/1000s ; manuel de 16 à 1/1000s, piloté par Quartz Control (uniquement manuel) plus pose B. Verrouillages d’obturateur en position L (lock = fermé)
  • Viseur : le champ de vision couvre 93 % horizontalement et verticalement ; grossissement de 0,88X (avec objectif 50mm f/1,4) ; affichage par écran LCD (Liquid Crystal Display) : compensation d’exposition – B – Manuel – surexposition et sous-exposition – indicateur de vitesse d’obturation (clignote en verrouillage AE) – avertissement batterie (quand la batterie est presque épuisée) – lumière LED prête à clignoter – numéro de stop
  • Posemètre : Photodiode au silicium TTL à pleine ouverture SPD (photodiode au silicium) pour la mesure pondérée au centre
  • Plage de vitesse du film : ASA 12-3200
  • Réglage d’exposition : Système d’ajustement d’exposition ( + 2 – – 2, par incréments d’1/3)
  • Système de verrouillage AE (mémoire)
  • Retardateur automatique : délai de fonctionnement de 10 secondes ; pendant le fonctionnement, la lumière LED rouge clignote et émet un bip
  • Source d’alimentation : les minis-panneaux solaires rechargent la batterie de stockage (Batterie-S, tension de sortie des cellules photovoltaïques de 3,5v)
    Autres piles utilisables : deux piles SR-44 1,55V oxyde d’argent, ou deux LR-44 ; piles alcalines 1,5V
    Autres fonctionnalités : Multi-exposition, levier de prévisualisation
  • Objectif Rikenon 50mm f2 (diam. filtre 52mm)
  • Dimensions nu : 136 x 89 x 51mm
  • Poids nu : 475gr
  • Produit : 1981 – 1990

Des références.

https://bromurefilm.com/products/ricoh-xr-s, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=15196, https://focusargentique.fr/appareils-photo/ricoh/, https://www.ricoh.be/fr/a-propos-de-nous/entreprise/histoire/, https://www.ricoh.com/about/history, en français ; https://kameramuseum.de/objekte/ricoh-xr-s-mit-solarzellen/, en allemand ; https://mailch.blogspot.com/2012/02/users-review-ricoh-xr-s-35-mm-film.html, https://camera-wiki.org/wiki/Ricoh_XR-S, en anglais ; https://www.ricoh-imaging.co.jp/japan/products/ricoh-filmcamera/cameralist/XR-S.html, en japonais

Argentique

Un Petri Penta V2 qui a connu des jours meilleurs.

Préambule.

Cet appareil provient d’une dame qui voulait faire un peu de place dans ses placards et qui m’a demandé de le lui vendre.

Hélas, si j’ai pris l’appareil, j’ai dû lui montrer que le pauvre ne fonctionnait plus : miroir bloqué en haut, impossibilité d’armer et de déclencher, perte de sa plaquette d’identification sur le prisme et pastille sur le levier d’armement. Elle a convenu qu’il n’avait pas été préservé de la meilleure manière mais il l’avait accompagnée lors de ses voyages et il représentait un brin de nostalgie, remisée dans ses albums.

Si j’ai déjà eu des Petri, je ne connaissais pas ce modèle. Donc, même en panne, je peux en faire le tour et essayer de vous le présenter.

Un peu d’histoire.

Les entreprises japonaises ne sont pas toujours aisées à retracer car elles avaient la fâcheuse idée de changer régulièrement de nom et surtout parce qu’elles étaient souvent de petites sociétés plutôt artisanales. La plupart ont aussi commencé en vendant des articles destinés à la photographie, voire en vendant les appareils d’autres marques, avant de se lancer elles-mêmes dans la construction et la vente de leur propre matériel. Si leurs débuts semblent avoir été difficiles, les années cinquante et soixante ont vu leur âge d’or. Les plus fortes, financièrement et de par leur avance technologique, ont abordés l’industrialisation de leur production dans les années septante et celles-là ont survécu. Tant d’autres ont disparu, malgré leurs qualités, leurs approches particulières (parfois trop) et – c’est d’ailleurs là un paradoxe – certaines par leur obsession de la qualité (Miranda, Petri, Beauty, Bronica, Kowa, Minolta, Neoca, Taron, par exemple).

Kuribayashi Seisakusho fut l’un des premiers noms de Petri. Fondée en 1907 par Kuribayashi Yōji, elle fabriquait des trépieds et des boites noires. D’aucuns prétendent que sa véritable date de naissance serait 1918. Ses premiers bâtiments étaient situés à Shitaya (Tokyo).

Toujours est-il qu’elle commence à vendre des appareils photo en 1919 (les mêmes disent 1922, allez savoir !). Ceux-ci seront distribués par Minagawa, qui aurait choisi leur nom, des First. Leur premier appareil aurait été le Speed Reflex, un appareil à plaque grand format qui était fabriqué sur mesure, avec une grande variété d’objectifs et/ou d’obturateurs (un peu comme le Gaumont Spido Reportage).

En 1930, la société devient Gōshi-gaisha Kuribayashi Shashin Kikai Seisakusho (ouf !). Elle produit toujours des appareils baptisés First : des appareils pliants en 4,5×6 comme le Semi First, des 6×6 comme le First Six, des 6×9 comme le First Roll, des TLR en 6×6 comme le First Reflex. Ces appareils sont vendus comme fabriqués par First Camera Works, sans doute une autre idée marketing de Minagawa (qui repris les noms après la guerre pour des appareils fabriqués par Tokiwa Seiki).

Difficile de dire ce que faisait l’entreprise pendant la Seconde Guerre Mondiale. On sait juste que son usine et ses bâtiments administratifs situés à Shitaya (Tokyo) furent détruits lors d’un bombardement allié en 1945. Il lui restait une usine à Adachi (Tokyo).

Elle change de statut et de nom en 1949 et devient K.K. Kuribayashi Shashin Kikai Seisakusho avec un nouveau siège social à Chiyoda, toujours près de Tokyo. Elle en profite pour ne pas renouveler sa coopération avec Minagawa (qui garde ses First). Dès lors il lui faut trouver une autre marque. Elle choisi les noms de Karoron et Petri pour désigner ses nouvelles gammes : la première concerne des appareils pliant d’entrée de gamme et la seconde, son premier TLR, le Petriflex.

Commencent alors les années cinquante, qui voient la sortie du premier appareil en 35mm, le Petri 35 en 1954 et son premier reflex, le Petri Penta en 1959.

Ce premier reflex était plutôt compact, plus que les Nikon et Minolta de l’époque. Bien construit, il utilisait la monture M42 de Pentax. Le viseur était très lumineux, avec un écran de Fresnel, et au centre, un astucieux sitgnomètre à coïncidence en rectangle, qui permettait une mise au point rapide et facile. Le déclencheur n’était pas posé sur le capot mais en façade, comme sur les Praktica.

Mais sa vitesse était limitée au 1/500s et il ne possédait pas de prisme amovible et interchangeable, son objectif de dotation était un 50mm f2 très classique. Il ne sera jamais destiné au monde professionnel mais bien aux amateurs exigeants

1956, nouveau changement de nom : Kuribayashi Shashin Kōgyō K.K.

Finalement, comme d’autre avant elle, elle optera pour le nom de ses produits qui lui assuraient ses rentrées financières et la reconnaissance. En 1962, elle devient Petri Camera KK.

Le Petri 7S Circle-Eye System, à télémètre couplé et cellule au sélénium sort en 1963. Il est très bien construit et sera utilisé régulièrement par des professionnels dans les années soixante. Il sera suivi par un Petri 7S 2 en 1966, toujours télémétrique et cellule au sélénium. On les reconnait rapidement, grâce à la lueur verdâtre de leur viseur.

Vue d'un appareil photo Petri 7S posé sur un bureau avec un fond flou, montrant ses détails et son design distinctif.

Toujours au rayon des compacts, en 1968, ils sortent le Petri 35, un magnifique petit appareil qui n’est pas sans rappeler le Rollei 35.

L’entreprise innove aussi et elle présentera un Petri Computor 35 en 1970 : télémétrique avec cellule au CdS couplée qui pouvait rivaliser avec les Electro 35 de Yashica.

Hélas, en 1977, l’entreprise fait faillite. S’ils fabriquaient de bons appareils, ils restaient toujours un peu à la traine au niveau innovation et, surtout, les entrées financières ne leur ont pas permis de passer à l’automatisation nécessaire pour la production de masse. Pourtant, les ouvriers et employés y croyaient : ils ont racheté l’entreprise, rebaptisée Petri Koguyo KK, qui a encore tenu quelques années. Leur dernier appareil fut le Petri MF-1, un réflex qui avait un gros défaut à la fin des années septante : sa monture était toujours la M42, incompatible avec les progrès de l’automatisation électrique et électronique des appareils de ces années-là. Et ne parlons pas de l’autofocus qui pointait le bout de son nez …

Pourtant quelques réflex Petri MF ont continué à être produit mais ils étaient fabriqués par Cosina.

La partie photographique de la société fut finalement rachetée par le groupe britannique Dixon en 1980, qui garda la marque comme marque interne encore quelques temps, puis celle-ci disparu.

Aujourd’hui, Petri Kogyo KK fabrique des télescopes.

Revenons un instant sur les réflex Penta : les premiers utilisaient la monture universelle M42 mais ensuite ils sont passé à une monture propre, dite à culasse : l’objectif se verrouille avec une baïonnette et un cercle métallique qui vient fixer le tout. La monture est munie d’un ergot, qui doit se positionner au centre haut de la platine, ce qui oblige bien souvent à maintenir l’objectif à la verticale pour qu’il tombe juste.

En outre, s’il y eut bien quelques réflex qui proposaient le 1/1000s, la technique d’arbre de transmission utilisée pour armer l’obturateur, lever le miroir et faire avancer le film d’une vue. Ce système, complexe, nécessitait sans doute trop de pièces et les appareils ne tenaient pas la vitesse du 1/1000s annoncé. Ils se sont donc limités au 1/500s.

Présentation du Petri Penta V2 ou Petri Flex V (USA).

Le premier Petri Penta a donc vu le jour en 1959. Relativement compact, son design était assez séduisant. Il propose une monture en M42, des vitesses de 1/2s jusque 1/00s plus pose B. Une vitesse de synchronisation du flash au 1/45s mais pas de griffe flash, sauf en option et pas de retardateur. Attention, il faut arrêter soi-même l’ouverture de l’objectif à la prise de vue.

Son successeur sera le Petri Penta V en 1960. Ce qui le différencie de son prédécesseur, c’est une monture désormais à baïonnette à verrouillage par la culasse, la fermeture automatique des objectifs à ouvertures prédéfinies, un obturateur qui va jusqu’au 1/1000s plus pose B, synchro flash toujours au 1/15s et un minuteur de +/+10secondes.

Et puis vient l’appareil qui nous occupe aujourd’hui, le Petri Penta V2 ou Petri Flex V au USA de 1961. Il propose les mêmes particularités que le Penta V sauf qu’il retrouve un obturateur limité au 1/500s, pour les raisons que nous avons vues ci-dessus.

Son design reste soigné avec cette bande de simili cuir sur le pentaprisme, qui sert à éviter les griffes si on monte une griffe flash (fixée sur l’œilleton de visée) et ce petit V en jaune vif, qui attire l’œil (bon, sur le mien, il est parti, zut !).

Vue de dessus d'un appareil photo vintage avec plusieurs réglages et une lentille métallique.

Il garde le verre de mise au point particulier avec son écran de Fresnel et le sitgnomètre rectangulaire qui fait son charme et sa facilité de mise au point. Sur certains appareils, le nom Petri est d’ailleurs gravé en bas à droite du verre (pas sur le mien, rezut !).

Trois illustrations montrant les principes du verre de mise au point Fresnel et les images à diviser, avec des annotations indiquant 'Erroné' et 'Correct'.

Outre la particularité de son arbre de transmission, l’appareil présente quelques subtiles astuces, comme le sélecteur du flash sur le capot, à gauche (FP = flahs à ampoules ou X = flash électronique), un joli compteur de vue sous verre rond, et – au bout du capot – un trou fileté pour y fixer soit une cellule autonome ou une griffe porte-accessoire (flash y compris).

S’il a toujours la baïonnette propriétaire, il existe aussi une bague d’adaptation pour y fixer des objectifs en monture M42 (une manière de ne pas se fâcher avec les propriétaires des anciens Penta qui ont investi dans des optiques).

Pour ouvrir le dos de l’appareil, il faut soulever une languette sur la tranche gauche pour libérer le verrou. Le dessin particulier de ce verrou facilité les choses car on peut saisir le bord avec le bout des doigts.

Vue latérale d'un appareil photo argentique avec un objectif en métal, posé sur un bureau.

Revenons au capot de l’engin : à droite, le sélecteur de vitesses et à sa droite encore, le levier d’armement.

Gros plan sur la molette de réglage de la vitesse d'obturation d'un appareil photo, indiquant différentes vitesses allant jusqu'à 500, avec une marque rouge sur 60.

En dessous, une pastille rouge marquée d’un S très stylisé. Puis, en façade, le déclencheur incliné, très typé Praktica mais toujours idéalement placé (enfoncer vers soi le déclencheur évite les flous de bougé dus à l’appui sur le déclencheur du dessus). Sous ce dernier, le levier du retardateur et son petit bouton de lancement.

Appareil photo vintage avec un objectif, posé sur un bureau près d'un clavier d'ordinateur.

Sur la face gauche, juste la prise PC pour le flash et tout en dessous, une plaquette d’identification notée Petry Penta V Color Corrected Super puis, en tous petits caractères, le nom de l’entreprise.

Gros plan sur un appareil photo vintage avec une étiquette noire portant les mots 'PETRI PENTAX COLOR CORRECTED SUPER'.

La semelle ne nous réserve que le filetage pour la fixation d’un trépied et le petit bouton pour débrayer le film lors du rebobinage de celui-ci.

L’objectif est un Petri Orikkor CC (color corrected lens, en rouge) de 50mm ouvrant à f2. Rien de bien étrange si ce n’est la bague, en fonds, qui permet d’ouvrir ou de fermer le diaphragme. En fait, lorsque vous allez composer votre image, vous mettez cette bague sur la position Auto et de ce fait, l’objectif travaille à sa plus grande ouverture. Mais lorsque vous allez prendre la photo, vous devez remettre la bague sur la position Manuel et l’objectif se remet à la valeur d’ouverture que vous avez choisie. Il faut reconnaître que le système, présenté ici comme une exclusivité, était déjà un peu dépassé chez les concurrents.

Gros plan sur un objectif d'appareil photo avec des étiquettes de réglage en mode manuel et automatique.

Que penser de cet appareil ?

Hélas, comme le reste de la production des Petri, il n’est pas en avance sur son temps. Rappelez-vous, en 1959 sortait aussi un certain Nikon F qui allait révolutionner l’univers des reflex.

Rien de tel ici.

De plus, comme je le signalais au début, cet exemplaire a connu des jours meilleurs. J’ai d^refixer le levier d’armement qui avait perdu sa couronne et avait la fâcheuse tendance à vouloir s’en aller tout seul.

Ensuite, comme il était bloqué, j’ai eu la bonne vieille idée d’ôter la semelle, pensant naïvement pouvoir le relancer sans difficultés. Ben non, car même si je crois avoir compris le fonctionnement de l’arbre de transmission et ses interactions, il me faut toujours armer deux fois pour que j’entende le miroir se relever et l’obturateur se mettre en position de déclenchement. Ce qui n’est pas normal.

Enfin, le rideau en caoutchouc est tout plissé. Il se déplace lors de l’armement et le déclenchement mais je doute de sa totale opacité à la lumière.

Je crois que je tiens là un beau serre livre, suffisamment lourd (885gr avec l’objectif) que pour les tenir en place.

Faut-il en chercher un ? Pour de la collection pure, pourquoi pas, ils n’ont pas été produit à des quantités astronomiques et participent de l’histoire de la photographie nippone. Pour l’utiliser, j’ai des doutes car il est limité et moins pratique que d’autres, notamment à cause de sa monture propriétaire qui limite l’accès aux objectifs, difficiles à trouver.

Si jamais vous en trouviez un en bon état, fonctionnel et avec au moins un objectif de 50mm, ne dépensez pas plus de 40€ pour l’acquérir.

Qu’en pensez-vous ?

Des exemples de photos prises avec cet appareil ICI.

Vidéo d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Fabricant : Kuribayashi
Modèle : Petri Flex V
Année d’introduction : 1961
Format film : 35mm
Objectif : baïonnette Petri
Obturateur : plan focal mécanique horizontal
Minuteur : oui
Vitesses d’obturation : 1/2 – 1/500s, plus pose B, synchro flash 1/45s
Armement : levier à course longue
Compteur de vues : remise à zéro automatique
Viseur : pentaprisme
Écrans de mise au point : Fresnel, stignomètre à coïncidence de forme rectangulaire

Des références.

https://camera-wiki.org/wiki/Petri_Penta, https://en.wikipedia.org/wiki/Petri_Camera, https://beyondtheaperture.com/2023/02/review-petri-v-vi-petri-v6-135-35mm-film-camera/, https://mikeeckman.com/2016/06/petri-flex-v-1961/, https://www.pentax-slr.com/181841703.html, https://vintagecameradigest.com/petri-kuribayashi-flex-v/, https://mikeeckman.com/tag/petri/ (pour découvrir d’autres produits Petri), en anglais ; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-20750-Petri_Petri%20Flex%20Penta%20V2.html, en français

Argentique

L’improbable Agfa Flexilette

Préambule.

C’est bien évidemment sur une brocante que je l’ai trouvé mais cela fait un long moment qu’il est dans ma caisse des appareils à vous présenter.

Pourquoi ai-je attendu alors que c’est un appareil que j’ai longtemps cherché ? Sans doute parce que je craignais la longueur de l’article à lui consacrer, car, il faut bien l’avouer, cet appareil fait partie des curiosités de l’histoire des appareils photo, vous verrez.

Ceci étant, il est en parfait état, dans son sac-tout-prêt impeccable.

Alors, allons-y, lançons-nous dans sa présentation …

Un peu d’histoire.

Si on parle souvent – à juste titre – de Kodak dans le milieu de la photographie, ils ne sont pas les seuls à avoir débuté dans les années 1800. Agfa fait partie de ces entreprises qui ont traversé les siècles.

Tout commence en 1867 lorsqu’une usine de colorants s’établit près de Berlin (Allemagne). En 1873, elle s’enregistre sous le nom de Aktien-Gesellschaft für Anilin-Fabrikation, AGFA en résumé (Société anonyme pour la fabrication d’aniline), une teinture dans les bleus très utilisée dans la fabrication de tissu coloré.

Un peu plus loin, à Anvers (Belgique), en 1890, un photographe, Lieven Gevaert ouvre une boutique de photographie avec sa mère, veuve et qui faisait vivre la famille grâce à sa petite entreprise de fabrique de papier. Il se rend très vite compte que son papier photographique est couteux et qu’il dépend de l’étranger pour en bénéficier. Il décide dès lors de le fabriquer lui-même (il a un diplôme en chimie) et crée son propre atelier de fabrication de papier calcium destiné à la photographie. Il fonde une société en Commandite, la L. Gevaert & Cie. Le succès de son papier est énorme et les photographes amateurs achètent en masse le papier et les fournitures (chimie). De fait, le trait de génie de Lieven Gevaert fut de croire au papier plutôt qu’aux plaques, très en vogue à l’époque, mais fragiles et difficiles d’emploi, alors que le papier est fabriqué industriellement, sa durée de conservation est garantie, l’équipement nécessaire pour le photographe était simple et les ventes pouvaient se faire via un réseau de distribution.

Boîte de papier photographique sensibilisé Gevaert, avec des instructions d'utilisation, fabriquée en Belgique.

Agfa sort en 1892 un révélateur qui va traverser le temps, le fameux Rodinal.

En 1894, sous l’impulsion d’Armand Seghers, avec un capital de 20.000 francs belge (à peine 500€), l’entreprise devient une société anonyme, la L.Gevaert & Cie.

A peine un an plus tard, la société annonce la création de sa première filiale à l’étranger. Elle rachète la société parisienne Blue Star Papers qui introduit un nouveau papier gélatine.

Elle entame le nouveau siècle en déménageant d’Anvers vers Mortsel, dans des locaux bien plus grands (1904). Petite particularité de l’entreprise : les employés sont autorisés à participer aux bénéfices de l’entreprise ! Lieven Gevaert est un visionnaire et compte beaucoup sur la recherche et le développement de nouvelles idées. Il déposera de nombreux brevets pour ses inventions, comme celle, en 1919, qui consiste à créer une langue dans la pellicule pour insérer plus facilement le film dans les bobines (l’amorce).

L. Gevaert & Cie continue son expansion. En 1920, elle s’appelle désormais Gevaert Photo Producten N.V.

Dès 1916, Agfa a développé des produits pour la photographie couleur. Le Dr. Rudolf Fischer (Berlin) était un pionnier de la couleur et Agfa a toujours amélioré celle-ci, notamment pendant les années vingt jusqu’à aboutir, dans les années 1930 a produire l’Agfacolor-Neu (1936). Pour la première fois, un seul film, une exposition unique et un seul processus de développement suffisaient pour la photographie couleur générale. 278 brevets ont protégés ces découvertes majeures !

Depuis le début du siècle, Agfa est un acteur majeur de l’industrie cinématographique, en fournissant des films et des projecteurs pour les salles de cinéma.

Jusque là, Agfa n’avait pas produit d’appareils photo. C’est suite au rachat de Rietzschel en 1925 qu’il va en fabriquer et vendre. Elle commence par marquer les produits Rietzschel de son fameux losange.

Finalement, le premier appareil conçut par Agfa, le Standard (appareil à plaque de verre), voit le jour en 1926 et en 1927 le sigle Rietzschel disparaît définitivement des productions.

Appareil photo reflex Agfa Standard, modèle ancien avec un châssis repliable, en cuir noir et accessoires visibles.

En 1928, Agfa présente son premier appareil photo à film en rouleau, l’Agfa Billy, qui sera commercialisé aux USA par Ansco.

Puis, en 1930, sort le premier Agfa Box 6 x 9 qui utilisait le film 120. L’année suivante il vend le Box 44 pour 4 Reichsmarks seulement. Comme Kodak, il compense plus que largement ses pertes sur cet appareil grâce à ses ventes de films 120. Agfa produira des Box jusqu’en 1958 (Agfa Synchro Box)

En 1938, Agfa propose un papier couleur et un film de cinéma amateur en 16mm couleur. Il lance la série des appareils Karat et la première tentative de chargement rapide grâce à la cartouche du même nom.

Appareil photo Agfa Karat, vue de face, avec un design vintage, situé sur une surface réfléchissante.

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, Agfa améliore ses appareils d’avant-guerre puis produit un nouvel appareil 35 mm, la Solinette.

Agfa fabrique aussi des films à rayons X, assez récemment découverts, En 1947, il lance de nouveaux produits, avec une sensibilité plus élevée, un contraste bien meilleur, une meilleure luminosité et des marges d’exposition plus larges. Le monde médical adore les produits Agfa X-ray.

De son côté, Gevaert développe son secteur RD (recherches et développements) et cela produit de nouvelles technologies et de nouveaux produits innovants. Les plaques et films Scientia sont destinés essentiellement aux scientifiques, aux chercheurs, aux techniciens car cette gamme sera utilisée en physique nucléaire, en photographie infrarouge, en micrographie, entre autre.

Chez Agfa, en 1954 apparaissent les appareils de la série Silette, les non moins célèbres Agfa Click (24x36mm) et Clack (film 120) et les Isola.

Afga croit lui aussi (décidément, comme son grand rival Kodak) que la photographie ne peut se développer que si elle est simple et facile à manipuler par les photographes, même (et surtout) amateurs. 1956 voit le lancement du premier appareil à commande entièrement automatique de l’exposition, baptisé Automatic 66 puis, en 1959, ils dévoilent un autre appareil 35mm entièrement automatique, l’Agfa Optima. Un succès immédiat et colossal : de 1959 à 1961, Agfa vend 1 million de ces appareils Optima.

Ils tenteront l’aventure des appareils télémétriques à objectif interchangeable (Agfa Ambi-Silette), les reflex mono objectif (Agfa Ambiflex) et les étonnants reflex bis-objectifs (Agfa Flexilette)

1964 sera l’année d’un mariage historique : Agfa AG, filiale à 100% de Bayer, fusionne avec Gevaert Photo Producten N.V. et donne naissance à Agfa-Gevaert AG à Leverkussen (Allemagne) et Gevaert-Agfa NV à Mortsel (Belgique). Chacun des partenaires possèdent 50% des parts.

Agfa perd une bataille vis-à-vis de Kodak, qui lance en 1963 le film en cassette plastique au format 126. Ils n’ont pas fait le poids avec leur cassette Rapid, inspirée de la Karat (1937) face à la simplicité de la 126. Ils doivent acheter la licence pour leurs propres appareils dans ce segment (les Agfa Agfamatic Sensor).

Agfa lance en 1968 le fameux bouton orange, le Sensor : un déclencheur ultra doux pour éviter les flous de bougé. Il équipera tous les appareils Agfamatic en format 126 et 110.

Ce sera l’essor des Agfa Optima Sensor 535 et 1035 (1970).

Appareil photo Agfa Optima 535 avec objectif Solitar, affichant un design compact et moderne, incluant un viseur et un capteur flood.

De cette union entre les deux grands naîtra de nouveaux produits (Gevafax X-10, premier copieur xérographique européen – 1971), de nouveaux appareils photo (la gamme des Agfamatic et des Optima), de nouveaux films N/B et couleurs.

Vue de face d'un appareil photo Agfamatic 3008 avec objectif Color Apotar, posé sur un bureau avec un clavier en arrière-plan.

Si les années soixante et septante sont un âge d’or pour Agfa-Gevaert, les débuts des années quatre-vingt commencent mal : le prix de l’argent coûte sept fois plus cher qu’auparavant. Or l’argent est l’un des matériaux de base de l’activité photographique. La situation financière d’Agfa-Gevaert s’en ressent et Bayer intervient en contre-partie de 100% des parts du groupe. Dès lors le nom de Gevaert disparait progressivement.

Contrairement à certains de ses concurrents, Agfa-Gevaert pense déjà au numérique, dès 1982. Ils rachètent Compugraphic Corporation (USA) et deviennent leader mondial des machines de réglage photographique contrôlées par ordinateur.

On reste dans l’impression car Agfa acquiert Hoechst en 1996 (plaque d’impression et industrie de l’épreuve en imprimerie), puis, un an plus tard, la division Arts graphiques de DuPont. Plus de 40% de tous les imprimés de par le monde sont fabriqués via les produits ou systèmes Agfa.

A la fin des années nonante, Agfa rachète Sterling Diagnostic Imaging et devient de ce fait leader mondial de l’imagerie médicale.

Autre gros changements en 1999 : Agfa est introduit sur les bourses de Bruxelles et de Francfort.

Les années deux mille verront Agfa s’investir dans l’imagerie numérique, dans le secteur médical, de l’imprimerie, l’informatique, les réseaux d’image et d’information médicales, dans le secteur de la prépresse automatisée, les systèmes de flux numériques, les arts graphiques, la production de films pour le cinéma.

Toutefois, en 2004, Agfa cède toutes ses activités photographiques à une nouvelle société indépendante, AgfaPhoto.

Les années suivantes permettront à Agfa de consolider ses positions dans des solutions d’impression numérique innovantes qui respectent l’environnement ; dans le secteur médical (imagerie, solutions globales pour le patient, etc.).

Par contre, les marchés du film s’érodent et Agfa se concentre alors sur des solutions de papier synthétique, des matériaux spécifiques pour les cartes d’identité, des matériaux organiques conducteurs.

De nos jours, Agfa s’est reconcentré sur des marchés d’impressions industrielles et continue à développer des solutions modernes et innovantes dans ces domaines.

AgfaPhoto produit de son côté des appareils photo, des films, de la chimie pour le grand public. Les appareils photo sont bien évidemment numériques. Et il propose donc aussi des imprimantes, des cadres numériques et les accessoires de ces produits.

Impossible de faire plus court tant il y a à raconter sur cette vieille marque.

Présentation de l’Agfa Flexilette.

En matière d’appareils photo, outre les folding (pliant), les compacts et les télémétriques, il y a les réflex mono objectif interchangeable (SLR) et les reflex bis-objectifs (TLR), généralement à objectifs fixes. En exemples, je citerai le Canon F1 (oui, je l’aime bien) en SLR et le Yashica D en TLR.

Ensuite, il y a ceux qui utilisent du film 120 (moyen format), avec la possibilité parfois d’y placer du 135 (je ne vois toujours pas l’intérêt de la chose) et ceux qui utilisent du film 24×36 (ou 135).

Puis il y a un mélange des genres : un réflex mono objectif interchangeable qui utilise du film 120 et dont le viseur (natif)* est celui d’un TLR – le Pentacon Six en est un bel exemple – ou un SLR qui utilise du film 135 avec lui aussi un viseur dit de poitrine (natif) – l‘Exa 1a en est un autre exemple.

*Je note natif car on peut y ajouter des viseurs dit à hauteur d’œil, c’est-à-dire des viseurs à pentaprismes ou à prisme.

Et enfin, il y a cet Agfa Flexilette, qui brouille encore plus les pistes car c’est un réflex à objectif modifiable, avec un viseur dit de poitrine (ou encore puits de lumière) et un double objectif comme les TLR, qui utilise du film 135 !

Notez qu’il y eut encore plus farfelu : le Bolsey Model C, sorti en 1950. Il conjuguait viseur de poitrine, viseur télémétrique, double objectif et usage du film 135 !

N’oublions pas le Meisupi TLR, un compact fix focus TLR horizontal avec viseur tunnel et puits de lumière (1937) ; l’anecdotique Tougodo Hobix D1(1952), lui aussi avec un viseur classique, un puits de lumière mais qui est un fix focus utilisant du film 24x32mm ; ou encore le Samocaflex 35 TLR, lui aussi avec deux objectifs superposés, un puits de lumière et un viseur tunnel (1954).

Vous le voyez, la grande différence avec l’Agfa Flexilette (ou encore Agfa Reflex) c’est que celui-ci possède un double objectif qui est un vrai TLR, c’est-à-dire un objectif au dessus qui sert à la visée et celui du dessous qui prend la photo.

Vue rapprochée de l'appareil photo Agfa Flexilette, mettant en évidence son objectif à double lentille et son design vintage.

Le meilleur des deux mondes dans un seul appareil ?

Nous allons tenter de le découvrir avec la présentation de ce singulier appareil, né en 1960 et qui ne vivra qu’un an. En 1962, il sera remplacé par l’Agfa Optima Reflex qui sera muni d’un prisme plus conventionnel.

Partons du postulat que les ingénieurs de chez Agfa ont voulu réunir dans un seul boitier les envies des partisans du TLR (visée claire à hauteur de poitrine, réglages fins de la mise au point) et ceux du SLR (format 35mm, possibilité de changer d’objectif, utilisation de filtres simplifiée).

Dans ce cas, le pari est plutôt réussi :

  • le viseur de poitrine est lumineux et une loupe aide à la mise au point fine
  • les deux objectifs sont sur la même platine, ce qui évite les distorsions
  • le viseur peut se transformer en viseur dit sportif (plus facile aussi pour les cadrages verticaux)
  • composition aidée par un stignomètre à coïncidence et image divisée horizontale
  • l’objectif de visée est un Agfa Color Apotar de 45mm ouvrant à f2,8 (ce qui est assez rapide) jusque f22 (en 3 éléments)
  • l’objectif de prise de vue est identique à celui de la visée
  • la mise au point commence à 90cm (selon les marchés, les distances sont exprimées en mètres ou en pieds)
  • filtre à clipser au diamètre de 51mm
  • l’obturateur est un Gauthier Prontor 500 qui, comme son nom le laisse supposer va jusqu’au 1/500s (1s – 1/2s – 1/4s – 1/8s – 1/15s – 1/30s – 1/60s – 1/125s – 1/250s – 1/500s plus pose B), synchro flash 1/30s
  • prise flash PC sur le devant, sous l’objectif
  • mise au point par la première bague à l’avant. Sa couronne est découpée pour une meilleure préhension
  • réglage de l’ouverture par la seconde bague chromée
  • réglage des vitesses par la troisième bague, munie de pièces en plastique pour une bonne manipulation

Au niveau des accessoires, des filtres et un complément optique pour les gros plans.

L’appareil est quasi tout métallique et à un poids raisonnable, qui assure une bonne stabilité.

Son ergonomie est un peu particulière car l’objectif est un véritable pancake tant il est réduit. De fait, il n’est pas interchangeable au sens propre du terme mais il peut évoluer grâce à des compléments optiques, une pratique en vogue à l’époque chez Agfa et aussi chez Zeiss Ikon par exemple.

Gros plan sur l'objectif d'un appareil photo Agfa Flexilette, montrant les réglages d'ouverture et de vitesse d'obturation.

Les nervures et découpes, les pièces en plastique sur le côté assure un maniement aisé mais les (très) gros doigts ne vont pas être à la fête !

Ensuite le levier d’armement est situé en dessous, à gauche. C’est déroutant au début mais on s’y fait assez vite et cette présentation permet d’aller vite tout en restant en visée, par exemple. Toutefois, sa course est assez longue (environ 270°). Ceci dit, il est particulièrement silencieux, tout comme le déclencheur d’ailleurs (avec un filet pour y installer un déclencheur souple si besoin), qui aurait lui mérité d’être un peu décalé car il est collé contre le puits de lumière. Etant donné la forme et le taille de l’appareil, il est pourtant bien placé pour l’index droit.

Sur l’arrière du boitier, trois petits curseurs à faire glisser : celui du milieu ouvre le puits de lumière, celui à coté d’une flèche et de la lettre R vous permettra de déverrouiller l’engrenage pour le rebobinage , et enfin celui de gauche, il vous sera utile pour mettre le compteur de vue au nombre de vues du film. Celui-ci décompte ensuite les prises.

Vue latérale du dessus d'un appareil photo Agfa Flexilette, montrant les boutons de contrôle et le viseur.

J’allais oublier le petit curseur rond, sur le capot, qui sert d’aide mémoire pour le film inséré dans la chambre. Défileront les lettres CT Day – CK A – CF F – CK – CT – CN – et un damier alternant noir et blanc.

Détail du sommet d'un appareil photo analogique, montrant le bouton de réglage de la vitesse d'obturation et un indicateur de vitesse sur fond sombre.

Par dessous, le filetage pour y installer un trépied, une grosse molette plate pour rebobiner le film, le levier d’armement et un petit plot en plastique qui assure la stabilité de l’appareil si on le pose sur une surface plane.

Enfin, pour ouvrir la porte arrière, à peine plus large que l’épaisseur d’un film 24×36, il faut tirer sur une languette dans la serrure sur le flanc gauche. Deux attaches métalliques, sur les côtés, permettent de fixer une lanière quoique celle-ci soit présente sur le sac tout près. Mais vous pourriez ne pas avoir envie de vous encombrer de lui, pourtant prévenant à votre égard car un macaron au centre vous rappelle d’ôter le filtre avant de refermer le sac.

Que penser de ce boitier ?

Force est de constater qu’il est original. Si vous sortez photographier avec, rencontres et questionnements assurés !

Ceci dit, même si je n’en servirai pas car les puits de lumière et moi sommes fâchés (je n’arrive pas à remettre les images dans le bon sens), sa tenue en mains n’est pas mauvaise et son fonctionnement est doux : pour actionner les bagues de réglages ou l’armement, le déclencheur, particulièrement discret.

Sa construction, tout en métal, a un revers : son poids. Nu, il pèse 756gr. On a vu pire me direz vous et vous aurez raison.

Son sac-tout-prêt est magnifique et l’ensemble lui confère un statut très classe. Qu’on le sorte pour faire des images ou qu’on le mette sur une étagère, il intrigue mais ne dépare pas d’un certain style très sixty.

Ce n’est pas un appareil très courant puisqu’il ne fut fabriqué qu’un an. En trouver un en bon état, complet et fonctionnel renforce son attrait et … son prix.

Comptez entrer 80 et 100€ en général mais sachez que les accessoires (comme les filtres) se négocient au même prix que l’appareil !

Seriez-vous tenté d’en faire l’expérience ?

Vidéos d’illustration

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

  • Type d’appareil photo Appareil photo reflex à double objectif
  • Format film 35mm, format d’image 24 mm x 36 mm
  • Distance focale 50 mm, ouverture maximale f/2.8 jusque f22, distance minimale de mise au point 100 cm
  • Temps d’exposition de 1s à 1500s plus pose B, synchro flash 1/30s
  • Filet pour trépied
  • Nom de la marque Agfa Camera Werk AG
  • Pays de production : Allemagne
  • Production de 1960 à 1961

Des références.

https://www.35mmc.com/05/03/2019/agfa-flexilette-review/, https://camera-wiki.org/wiki/Flexilette, https://vintagecameralab.com/agfa-flexilette/, https://fupduckphoto.wordpress.com/2025/01/02/agfa-flexilette/, https://filmphotography.eu/en/agfa-flexilette/, https://www.rolandandcaroline.co.uk/flexilette.html, en anglais ; https://benber.fr/revue-agfa-flexilette/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-10405-Agfa_Flexilette.html, https://99camerasmuseum.com/fr/agfa-flexilette, en français ; https://kameramuseum.de/objekte/agfa-flexilette/, en allemand ; https://doemee.museumvanvlaanderen.be/topics/1453/entries/34021, en néerlandais

Si vous désirez en savoir plus sur les papiers photo de Gevaert, le Fomu est le lieu idéal : il regroupe plus de 377 types de papier et 1300 emballages de papier photo numérisés et toutes les archives Gevaert.

Argentique

Pas courant ce Solida troisième du nom

Préambule.

Une belle trousse en cuir, épais, en bon état, plate : sans aucun doute un folding. Encore un, perdu dans une caisse, balloté entre quelques épaves qui devraient terminer leur triste vie autrement …

J’ouvre le sac tout près et découvre effectivement un folding (pliant) que je ne parviens pas à identifier tout de suite, il faudrait le sortir complètement. Mais il se déplie, l’objectif est propre, ce qui doit tourner tourne et ce qui doit déclencher … ne déclenche pas !

Petite négociation et il va se poser dans le sac à dos. Il faudra que je regarde pourquoi il ne déclenche pas mais ce n’est peut être pas grave.

De retour à la maison, j’ôte le cuir et je découvre un Solida III. Tiens, on est en terrain pas tout à fait inconnu.

Un peu d’histoire.

Histoire que je ne vais pas toute refaire car vous en trouverez des larges extraits dans les articles consacrés au Solida Junior et au Solida III E.

Juste rappeler que la Franka Kamerawerk fut fondée en 1909 par Franz Vyskocil et son épouse Leoni. Au départ, c’était un magasin de fournitures photographiques et d’appareils photo, alors situé à Stuttgart.

Ils déménagent assez rapidement à Bayreuth (plus connue pour ses opéras de Wagner) et commencent à construire des appareils photo abordables. Ils s’associent avec un investisseur, Weigand et l’entreprise s’appelle dés lors Weigand & Vyskocil (1910). Deux ans plus tard apparait la Frankonia-Kamerawerk.

Les époux Vyskocil quittent l’entreprise en 1913. Celle-ci change de nom à nouveau et devient Hogaschwerk, nom éphémère car 5 mois plus tard, ce sera la Franka-Kamerawerk.

Sa production était essentiellement des appareils à plaques de verre, de différentes tailles. Pendant la Première Guerre mondiale, elle vend beaucoup aux soldats du Kaizer, notamment grâce à des slogans du style Mit Franka in den Krieg (avec Franka à la guerre).

Jusqu’en 1930, la production sera essentiellement des appareils à plaques de verre. Puis, elle passe (enfin !) au film en rouleau, en 120, en 135 et même quelques subminiatures.

En 1958, l’usine était le plus grande de la Haute-Franconie et avait atteint son apogée. Las, en 1962, elle est rachetée par Wirgin, un autre fabricant d’appareils photo allemand. Il vendra dés lors les appareils Franka sous sa propre marque ainsi que sous le nom de Wirgin. La production des Franka cesse en 1966.

L’usine de Bayreuth sera démantelée et les activités déplacées à Wiesbaden.

Mais revenons à 1930. C’est donc à cette époque que la marque passe au film en rouleau, d’abord le 120. Leurs appareils étaient souvent livrés avec des cadres qui permettaient de photographier en 6×9, 6×6 ou 6×4,5. En 1939, Franka propose la Kleinbildkamera, son premier appareil en film 135 mais l’appareil ne sera produit qu’après la guerre.

En 1955, la firme abandonne le 6×9 pour ne plus proposer que du 6×6 et du 24×36.

Le dernier appareil développé par Franka sera le Frankamatic Lux, avec un posemètre au sélénium relié à l’obturateur et un indicateur de sous exposition qui était monté dans le viseur.

Le Franka 16 et l’Edixa 16, des appareils de type espion avec du film 13x16mm seront produits sous l’ère Wirgin.

Dernier retour en arrière. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, puisque l’entreprise vendait essentiellement à l’export et qu’elle avait la chance d’être du bon côté du futur rideau de Fer, que le Mcartisme faisait rage aux USA et que le régime soviétique n’était que très peu apprécié, la Franka-Kamerawerk apposait sur la plupart de ses appareils la mention Made in Germany – US Zone. On n’est jamais trop prudent en marketing …

Présentation du Franka Solida III.

Le premier appareil du nom de Solida date de 1936. C’est un pliant très simple avec un viseur soudé sur le capot.

Appareil photo pliant Franka Solida III, avec objectifs Schneider-Kreuznach Radionar, en position dépliée.

Mais il faudra attendre les années cinquante pour que revienne ce modèle. Ce seront des appareils de moyenne gamme, sans fonctionnalités couteuses mais honnêtement construit : les obturateurs seront des Gauthier mais il y eut des Synchro-Compur ; les objectifs étaient des triplets comme le Frankar, l’Enna Ennagon, des Schneider-Kreuznach dont il y eut quelques Xenar.

On dénombre sept variantes de Solida dans ces années-là :

  • Solida I : souvent équipé d’un Frankar Anastigmat 75 mm, en configurations f/4.5, f/5.6 ou f/6.3 ; avec des obturateurs Pronto ou Vario à 4 vitesses. Le bouton de déverrouillage est situé sur le couvercle supérieur, et la porte s’ouvre verticalement.
  • Solida II : ici l’objectif le plus fréquent es un objectif Ennagon 75/3,5 sur des obturateurs Pronto ou Prontor-S, avec 4 ou 5 vitesses. Les exemplaires fabriqués à la fin des années 60 étaient équipés d’objectifs Jsco Westar fabriqués par Schneider-Kreuznach.
  • Solida IIE : identique au précédent mais un télémètre non accouplé.
  • Solida II : identique au Solida II, mais avec un posemètre Gossen non couplé.
  • Solida III : souvent présenté avec des objectifs Schneider-Kreuznach Radionar et des obturateurs Prontor-S ou Prontor-SV à 9 vitesses. La porte s’ouvre latéralement, au moyen d’un bouton situé en bas de la caméra.
  • Solida IIIE : identique au précédent mais avec un télémètre qui peut être combiné ou non.
  • Solida IIIb : identique au Solida III mais avec un posemètre non couplé

Pour que la liste soit complète, il faudrait ajouter le Solida Jr (Junior) ou le Solida Record, par exemple.

Les différences entre les modèles n’étaient pas flagrantes, plutôt des améliorations :

  • 1951-1958 : en commun, l’utilisation du film 120, expositions 4×4 ou 6x6cm, appareil pliant, viseur.
  • 1951 : capot plat avec table de profondeur de champ, bouton de rembobinage à gauche
  • 1952 : bouton de rembobinage sur le côté droit, ouverture horizontale
  • 1954 : viseur plus grand, capot plus haut
  • 1958 : format 4x4cm
  • 1958 : format 6x6cm, levier d’armement.

Mais venons-en à notre exemplaire, un Solida 3 de 1951.

Tout d’abord, pour l’ouvrir, il faut appuyer sur le petit bouton qui est par dessous. La porte s’ouvre et se déplie vers la droite, laissant apparaître le soufflet et le combo objectif/obturateur.

Sur le capot, à droite nous voyons le bouton du déclencheur, devant la griffe porte-accessoire ; au milieu, une table de profondeur de champ ; et à gauche, le bouton pour faire avancer le film avec pas dessus, un mémo pour le type de pellicule utilisée.

Vue du dessus d'un appareil photo pliant avec des réglages d'ouverture et de profondeur de champ visibles.

Le viseur est minuscule et on n’y voit pas grand chose. On pourrait envisager d’y poser un viseur annexe, mais la griffe est déportée. Mauvais point.

L’objectif est un Schneider-Kreuznach Radionar qui ouvre à f2,9. Ce qui en fait un objectif dit rapide à cette époque, car la concurrence faisait au mieux dans le f3,5 ou f4,5. C’est un triplet qui n’a pas mauvaise réputation mais qui aime les ouvertures un peu plus petites car il est très bon entre f8 et f11, parait-il. Il accepte des filtres au diamètre de 42,5mm. La mise au point se fait avec la lentille frontale.

Gros plan sur l'objectif Schneider-Kreuznach Radionar d'un appareil photo vintage, avec des inscriptions visibles sur le dessus de l'objectif et un éclairage mettant en valeur les détails.

Ici l’obturateur est un Prontor SV, qui propose les vitesses suivantes : 1s – 1/2s – 1/5s – 1/10s – 1/25s – 1/50s – 1/100s – 1/250s – pose B. On règle la vitesse avec la grande roue dentée derrière l’objectif. Le retardateur est en dessous (point rouge)

Détail d'un objectif de caméra pliable avec un soufflet en cuir noir, affichant des réglages de vitesse et d'ouverture.

Pour la réglage des ouvertures, c’est une languette que l’on fait coulisser sur le pourtour, de f2,9 à f22.

Sur la partie gauche du combo, un dernier curseur permet de faire passer l’index pour le flash de M à X. La prise pour le flash est d’ailleurs au dessus de l’index.

Gros plan sur l'objectif d'un appareil photo vintage, affichant les réglages d'ouverture et des boutons pour la mise au point, avec un arrière-plan flou d'objets de bureau.

L’armement de l’obturateur se fait sur le combo, avec un petit levier qu’il faut tirer vers la droite. On déclenche en appuyant sur le bouton sur le capot. Ce dernier actionne une came qui vient appuyer sur un levier, ce qui déclenche l’obturateur. Il y a aussi une prise filetée pour fixer un câble souple.

Zoom sur l'objectif Schneider-Kreuznach Radionar f2.9/80 à l'intérieur d'une trousse noire, avec un fond flou.

D’ailleurs, il y a un filet en dessous de l’appareil pour y fixer un trépied.

Pour ouvrir le dos, il faut faire glisser un curseur situé sur le flanc gauche, sous la lanière. La porte est montée sur charnière et dévoile une grande chambre en 6x6cm. La porte est munie d’une plaque de pression et d’une fenêtre rouge inactinique, qui sert aussi de compteur de vue. On peut fermer cette fenêtre avec un petit curseur qui fait glisser une pastille marquée 6×6 et la mesure anglaise. A laisser fermé lorsqu’il y a beaucoup de soleil et en cas de non utilisation prolongée.

Sous le bouton du déclencheur, une lettre T et en dessous, un curseur marqué d’une flèche, qui m’a intrigué. En fait, c’est la pose T : il faut positionner le curseur des vitesses sur B puis actionne le curseur sous le T dans le sens de la flèche et ensuite déclencher. L’obturateur restera ouvert aussi longtemps que l’on ne remet pas le curseur à sa place. C’est un type de pose à très longue durée que l’on utilise sans doute rarement mais qui n’impose pas de laisser le doigt sur le déclencheur, comme pour la pose B.

Vue rapprochée du dessus d'un appareil photo pliant Solida III, montrant les boutons de réglage et le marquage 'T' pour la pose longue.

Le nom du modèle est embossé dans le cuir, sur la gauche, et par derrière, la mention Made in Germany – US Zone car ces appareils étaient essentiellement destinés à l’exportation (Quelle, Walmart, Mongomery Ward pour ne citer qu’eux exportaient les appareils souvent sous leurs propres noms).

Attention, pour refermer l’appareil, il est vivement conseillé de remettre la distance sur l’infini avant de refermer la porte, en appuyant au milieu des jambes d’extension du soufflet.

Que penser de cet appareil ?

Comme je l’écris souvent, ce type d’appareil vous permet de toucher au moyen format sans se ruiner car un Franka Solida 3, avec son sac-tout-prêt, en bon voire très bon état, se négocie autour des 60€ maximum.

L’autre avantage de cet appareil, c’est sa compacité pour un moyen format : une fois replié, vous le glissez sans soucis dans une (grande) poche ou un sac.

Son objectif avec cette ouverture avantageuse vous permet de faire des photos même dans des conditions de lumière un peu moins bonne.

Les manœuvres sont faciles et simples, les réglages aussi.

Reste à regretter le viseur riquiqui et quasi inexploitable.

Sur mon exemplaire, je dois faire un petit réglage car la came qui doit pousser sur le déclencheur ne vas pas assez loin et ne permet pas ainsi de déclencher, sauf à passer mon doigt sur le côté pour actionner moi-même le mécanisme.

C’est d’ailleurs la manœuvre à effectuer pour contourner la sécurité contre les doubles expositions.

A tenter, pour le plaisir d’un bel objectif.

Exemples de photos prises avec cet appareil ICI.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

  • Franka Solida 3, produit de 1951 à 1958 (6 versions)
  • Objectif Schneider-Kreuznach Radionar 80mm f2,9 jusque f22, triplet (autres optiques possibles)
  • Obturateur : Prontor SV à lamelles métalliques avec les vitesses de 1s à 1/250s plus pose B, synchro flash avec prise PC
  • Déclencheur sur le capot et prise filetée sur l’obturateur pour câble souple
  • Viseur simple intégré dans le capot
  • Type de film : rouleau de 120
  • Formats image : 6×9 – 6×6 – 6×4,5 – 4×4 avec cadres spécifiques ou série
  • Prévention de la double exposition

Des références.

https://camerapedia.fandom.com/wiki/Franka_Solida, https://blog.bkspicture.com/review_Franka_Solida_III.html, https://www.jnoir.eu/en/cameras/franka/solida/, https://vintagecameralab.com/brand/franka/, https://collectiblend.com/Cameras/Franka-Werke/ , https://www.jnoir.eu/en/cameras/franka/, https://cameracollector.net/franka-franka/ en anglais ; https://antique-autoradio-madness.org/1_A.C.M(Photo)/ACM-2-Appareils-Photo/ACM-Franka/ACM-FRANKA-Solida-III-1954-Radionar_1.htm, en français ; https://www.dewitcameras.nl/merk/franka/, en néerlandais ; https://kameramuseum.de/firmen/franka/, https://kameramuseum.de/bernd-arnal-fotogeraete-aus-oberfranken-i-franka-co-heft-326/, en allemand

Argentique

Le Kodak Pony 828 Camera

Préambule.

Vous n’allez pas me croire, j’ai acheté un Kodak sur une brocante, sous le soleil de cet été (oui, c’était il y a quelques mois) parfois torride.

Mais pas n’importe lequel – ceci dit, on devrait donner une prime à la mise en déchèterie de tous les Instamatic qui pullulent habituellement – un petit Kodak en bakélite, avec une bouille sympa.

Je pressens qu’il va me réserver des surprises … En tout cas, il n’est pas commun, c’est la première fois que j’en vois un.

Mais commençons par le début …

Un peu d’histoire.

Rassurez-vous, je ne vais pas refaire toute l’histoire de la marque, j’ai déjà écris pas mal à son sujet lors d’articles traitant de ses produits (il faudra vous balader un peu sur le site).

Juste sans doute rappeler que George Eastman, le génial entrepreneur à l’origine de la marque, visionnaire de la photographie, a vraiment révolutionné ce domaine et à permis au plus grand nombre d’y avoir accès, tant en vendant des appareils simples et faciles à utiliser que tous les produits qui les accompagnaient, de la chimie au papier, en passant par les films, les filtres, entre autre.

Et il a inventé un slogan que tant de générations avant le numérique connaissaient par cœur : You push the button, we do the rest (vous appuyez sur le bouton, nous faisons le reste).

Surtout, cette entreprise a souvent donné le LA des tendances en créant les films qui allaient servir ses marchés.

Ainsi, le format 828 sera introduit en 1935 et présenté comme une option économique pour les photographes amateurs, car il permettait d’avoir une image plus grande, soit 28x40mm. Le nombre de photos étaient réduit, 8 voire 12 selon l’appareil. Mais au moins, les photographes amateurs ne gaspillaient pas de pellicule inachevée.

Les Kodak Bantam et Tourist ont par exemple été conçu pour utiliser ce format.

Ce fut pourtant un format éphémère car en 1950 Kodak l’abandonnait, le 24x36mm restant alors la référence et surtout, c’est le film qu’adoptait la majorité des fabricants d’appareil photo.

Si aujourd’hui vous vouliez utiliser ce format, il vous faudrait un appareil prévu pour ou un 135mm modifié pour l’accepter … mais le film est quasi introuvable et de toute manière, si vous en trouviez une bobine, il y a beaucoup de chance qu’elle soit vraiment périmée.

Pour vous donner une idée des formats :

Image montrant différents formats de pellicule photographique, incluant des bobines de Film 116, 120, 220, 127, 126, 135, 828, APS, et 110.

Les spécificités du 828 :

  • la taille de la pellicule : 4 cm x 2,8 cm, légèrement plus grand que le format standard de film 35 mm.
  • le nombre d’expositions : varie selon l’appareil, mais généralement de 8 à 12 expositions par pellicule.
  • la qualité d’émulsion : le 828 est généralement supérieur à celui du film 35 mm, ce qui signifie qu’il a un grain plus fin et peut produire des images plus nettes avec plus de détails.
  • la sensibilité ISO : elles peuvent aller de ISO 32 à ISO 160 en couleur, ISO 100 étant un choix courant pour le film couleur, et ISO 400 pour le film noir et blanc.
  • le traitement au développement : équivalent au film 135 mm

Voilà pour la pellicule, voyons donc un des appareils prévus pour son utilisation, notre Pony 828.

Il sera le premier d’une série de six appareils, série qui s’éteindra donc en 1959 (Kodak Pony 828 – 1949, Kodak Pony 135 – 1950, Kodak Pony 135 Modèle B – 1953, Kodak Pony 135 Modèle C – 1955, Kodak Pony II – 1957, Kodak Pony IV – 1957) . Pourtant, les 5 autres versions du Pony seront adaptées pour utiliser, déjà, le format classique 135.

On doit leur design et leur conception à Arthur H. Crapsey, qui en dessinera bien d’autres pour Kodak ensuite.

Son design rompait avec les appareils précédents et il allait utiliser des matériaux innovants pour l’époque, ainsi qu’un style très aérodynamique (l’époque des premiers Jets au sortir de la seconde guerre mondiale).

Sa constructeur s’inspire de ces formes aérodynamiques, qui lui confèrent une bonne prise en mains et, surtout, une construction simplifiée (corps moulé en plastique) pour réduire les coûts et permettre des ventes importantes. De fait, s’il fut vendu à l’époque 31,15$, ce n’était pas si bon marché mais il faisait partie de ces ventes de masse qui voulaient rassurer le public sur la bonne marche de la reprise des marchés au sortir de la guerre.

Les Pony sont des appareils de la reprise de confiance tant des constructeurs (surtout US) que des acheteurs.

Présentation du Pony 828.

Esthétiquement, l’appareil est très simple : tout en plastique moulé, en deux couleurs, avec des inserts métalliques (alu), il est, disons, dépouillé.

Sur le capot, à droite, le déclencheur et un disque mémoire pour le film installé dans la chambre, le viseur au milieu et à gauche, la molette d’avance du film.

Le dos, qui s’escamote entièrement quand on a ouvert le verrou sur la tranche gauche, ne porte au milieu qu’une fenêtre en vert inactinique, qui fait office de compteur de vue.

Par dessous, un pas de vis pour y fixer un trépied.

Remarquez, à l’intérieur de la chambre, la pose d’un carré en plastique pour fixer la bobine de 828 et la fine bobine du film. Comme les films 120, il n’est pas nécessaire de rebobiner le film puisqu’il passe d’une bobine à l’autre.

Pour avoir une idée de la forme et la tenue de ce film, voyez la vidéo ci-dessous :

Comme la bobine du 828 est plus grande que celle du 24×36, il est possible d’enrouler une pellicule classique dessus mais au développement, les perforations seront visibles.

L’appareil est muni d’un objectif dont la particularité est qu’il est rentrant : il faut faire tourner l’ensemble d’un quart de tour pour le sortir et ensuite le verrouiller à sa place. Le tube est métallique.

C’est un ensemble objectif/obturateur qui se trouve sur ce tube, un peu comme les anciens foldings (pliant).

L’objectif lui-même est Kodak Anaston de 51mm ouvrant à f 4,5 jusque f22, traité. Il est en trois éléments. Des images prises avec le Kodak Pony 828 sont à découvrir ICI.

Quant à l’obturateur, c’est un Kodak Flash 200, synchronisé. Il donne quatre vitesses de 1/25s à 1/200s, plus pose B.

La prise pour le flash est de type post, autrement dit quasi introuvable de nos jours.

Appareil photo Kodak Pony 828 avec objectif Anaston, vue rapprochée.

L’armement se fait à l’aide du levier avec une tête ronde, sur le combo. Sur cet exemplaire, il est bloqué, ce qui est une panne courante, les corps gras utilisés ayant tendance à figer avec le temps.

Ce qui veut dire aussi que le mouvement pour faire avancer le film est indépendant de l’armement, qui ne possède pas de protection contre les doubles expositions. La mise au point se fait par estimation de la distance

Vue rapprochée d'un Kodak Pony 828, montrant le mécanisme de l'objectif et les commandes d'exposition.

Notez qu’il y a une échelle de profondeur de champ sur la face de l’objectif.

Un mot enfin sur le viseur, étonnamment grand pour l’appareil. Il offre une bonne vision mais c’est un viseur de Galilée très classique et sans informations.

Que penser de cet appareil ?

Comme je l’écrivais au début de cet article, il a une bouille sympathique et il est devenu moins courant que les éternels Brownie déclinés sous toutes les formes.

Ceci étant, il n’offre aucun agrément particulier et sa pellicule, obsolète, ne le désert pas évidemment. Pour l’essayer, il faut bricoler avec une 24×36 moderne.

D’autant, pour cet exemplaire et beaucoup d’autres d’après ce que j’ai pu lire à son sujet, qu’il faut souvent démonter l’obturateur pour tenter de le remettre en route.

Honnêtement, je ne le ferai pas. Il restera un bel appareil pour qui veut le collectionner.

En terme de prix, il faut compter entre 30 et 50€, selon qu’il fonctionne ou pas et qu’il est en bon état cosmétique.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

  • Vitesses d’obturation : B, 1/25, 1/50, 1/100 et 1/200s
  • Objectif triplet Anaston 51 mm f/4.5, sur tube rentrant pour les 3 premiers modèles, fixe ensuite
  • Ouvertures : f/4,5 à f/22
  • Taille du filtre : Série V à clipser
  • Diamètre de l’adaptateur : 1 1/8′
  • Taille du film : 828 (plus tard, 35mm)
  • Expositions par rouleau : 8
  • Corps en bakélite

Des références

https://en.wikipedia.org/wiki/Kodak_Pony, https://filmphotography.eu/en/kodak-pony-828/, https://camera-wiki.org/wiki/Kodak_Pony_828/135, https://connealy.blogspot.com/2017/05/kodak-pony-828.html, https://filmphotographyproject.com/kodak-pony-1950s-little-work-horse/, https://www.kodaklist.com/cameras/KODAK-PONY-828-Camera, https://oldtimefocus.com/828-film-format-guide-history-uses/, https://pheugo.com/cameras/index.php?page=pony (pour l’entretien et les réparations), https://obsoletemedia.org/828-film/, https://web.archive.org/web/20120306023905/http://www.kodak.com/global/en/consumer/products/techInfo/aa13/aa13.pdf (si vous voulez la liste de tous les appareils produits par Kodak, depuis les origines), https://pheugo.com/cameras/index.php?page=spool828, en anglais ; https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=30027, en français