Argentique

Leica III f, un peu d’histoire …

Bon, je résume la légende : en 1913, Oskar Barnak (1879 – 1936), ingénieur chez Leitz et photographe, eut l’excellente idée d’adapter le film utilisé par le cinéma pour la photographie. Ce film, qui défilait verticalement, il le mit à l’horizontale et il définit le format 24×36 que nous connaissons aujourd’hui.

Ce génial inventeur souffrait d’asthme et il rêvait d’appareil portable car, à l’époque, les chambres étaient reines. Ces engins, fabriqués en bois et nécessitant l’utilisation d’un trépied, étaient lourds, encombrants et malcommodes.

Il eut donc une seconde idée géniale, celle de concevoir un appareil tout petit, éminemment portable et utilisant la nouvelle pellicule en 24×36. Il créa ainsi le premier Leica, appelé Ur-Leica. Il n’y en eut que 3, qui servaient à son usage personnel et celui de Ernst Leitz (le patron de l’entreprise où il travaillait, rappelez-vous) et au développement de son idée de « petit film » facile à charger et à développer, ainsi qu’au développement d’objectif pour cet appareil (ben oui, Leitz était une fabrique d’optique tout de même).

La facilité de chargement était aussi un argument important. A l’époque, les Brownie de Kodak nécessitaient d’être renvoyé en usine pour charger/décharger les films qu’ils contenaient. Avec la cartouche contenant le film, inventé par Barnack, le photographe s’affranchissait de cette étape. Il pouvait charger ses pellicules lui-même (au mètre), ou acheter des cartouches toutes faites, les mettre dans son appareil et les retirer une fois le film exposé, sans intermédiaire.

Quand j’écris que c’était plus facile … vous prenez la cartouche à droite, vous tirez environ 10 cm de film, vous recoupez la bande amorce comme indiqué sur le dessin, vous glissez la languette dans la fente de la bobine réceptrice (à gauche), vous réintroduisez simultanément les deux dans l’appareil, en faisant glisser le film dans la fente en bas de l’image, vous « clipsez » la bobine et la cartouche, armez une fois pour vérifier que le film est bien inséré (le bouton de rembobinage doit tourner), refermez la plaquette et sa clé de sécurité, armez encore 2 fois pour être certain, remettez le compteur de vue à zéro, et c’est parti … en fait, avec un peu d’habitude, c’est assez rapide… bien plus que les semaine d’attente pour que votre Brownie ne revienne de chez Kodak

Bref, il fallut encore attendre 10 ans avant de voir cet appareil commercialisé, la guerre de 14-18 était entretemps passée par là.

Le premier Leica fut le Leica I ou encore appelé Leica A et il sortait en 1925. Oskar Barnak avait eu le temps de perfectionner son premier jet et donc ce Leica I possédait un objectif fixe mais rentrant (gain de place), deux rideaux pour l’obturateur (ce qui permettait d’armer l’appareil sans devoir masquer l’objectif), un compteur de vue manuel et un viseur (pas encore télémétrique).

Evidemment, après le Leica I vint le Leica II. Nous sommes en 1932 et cet appareil contient tout ce qui fera la réputation et les « standards » de l’appareil dit télémétrique. En effet, c’est cet appareil qui introduit le principe du télémètre couplé et les objectifs interchangeables au pas de vis 39, notamment.

Ensuite, en 1933, Leitz présenta le nouveau Leica, le Leica III. Si la forme restait la même, le télémètre avait encore évolué, on pouvait dorénavant porter le Leica avec des lanières (introduction des œillets de portage), le viseur était équipé d’une correction dioptrique. Bien sûr cet appareil connu des améliorations mais la silhouette restait la même et ce fut un succès commercial. Les plus grands photographes de reportage ont utilisés cette fabuleuse machine.

La photo appelée « mort d’un milicien » de Robert Capa (1936), la photo « Le drapeau rouge sur le Reichstag » d’Evgueni Khaldei (1945) – à ce sujet, la photo fut bien prise avec un vrai Leica et non une copie russe ! , « Supports de générateurs hydroélectriques, chez Siemens-Schuckert », de Paul Wolff (1936), les photos de la guerre d’Espagne de Greta Taro (compagne de Robert Capa), les premières photos d’Henri Cartier-Breson (1930), les photos d’Elliott Erwitt dont la célèbre North Carolina-USA (montrant la ségrégation raciale aux USA), David Douglas Duncan, célèbre photographe de guerre américain, …. et tant d’autres ont démontré que cet appareil était, à l’époque, une des meilleurs au monde et surtout le plus passe-partout et solide, quelque soit le terrain des opérations.

Le Leica IIIf fut le dernier représentant des Leica à vis (objectifs à viser) … depuis 15 ans, un nouvel appareil était en gestation …

1954 créa une rupture et ouvrait une nouvelle légende : le Leica M3 apparut sur le marché … mais c’est une autre histoire que je vous raconterai quand je vous présenterai l’appareil.

Heu… pour être tout à fait complet, le système à vis eut un dernier sursaut, le Leica IIIg, produit après la sortie du M3, mais seulement quelques années, de 1957 à 1960. Etait ce pour satisfaire les irréductibles fervents du Leica de la (première) légende ?

Le Leica IIIf qui nous préoccupe fut produit de 1950 à 1957. D’abord présenté sans retardateur (comme le mien, qui date de 1951), il intégra ensuite cet accessoire.

Personnellement, je trouve que c’est un très bel appareil, qui fait la synthèse entre les plus anciens et qui propose déjà des solutions plus modernes, comme les deux viseurs très rapprochés, qui évitent – presque – la gymnastique d’aller de l’un à l’autre

Il délivre des images de très haute qualité provenant d’un appareil photo petit et léger. Heu, ça dépend quand même aussi des optiques montées dessus: pour ma part, j’ai installé un Jupiter 3 de 1955 (élaboration russe à partir de la formule optique d’un Sonnar Zeiss 50mm f1:1,5) . De nos jours, le Leica IIIf est l’un des moyens les moins coûteux d’accéder au système Leica. Et, surtout, il a l’air si décalé et si ancien que personne ne vous en voudra d’être pris en photo avec ça !

Par contre, l’action, la prise de vue rapide, c’est pas sa tasse de thé – en tout cas pour nous qui redécouvrons cet appareil qui fut quand même de reportage (voir paragraphe ci plus haut). Le Leica IIIf se règle avant la prise de vue : il faut armer l’appareil, vérifier avec une cellule à main (ou la règle du « sunny 16 ») l’ouverture, régler la vitesse en fonction, cadrer, vérifier avec le télémètre, recadrer et … déclencher ! Ouf … Quoique cela puisse être, finalement, un avantage : vous pensez à la photo que vous allez saisir, vous réfléchissez aux réglages pour lesquels vous optez, vous examinez votre cadre avant de déclencher … Toute une philosophie en somme … Quoique les photographes de reportage de l’époque s’en accommodaient fort bien, question de pratique.

De fait, il est vraiment petit, surtout avec un objectif rentrant (comme le Zorki 1c que je vous ai présenté il y a peu). Il est en tout cas moins grand que le M3 qui lui succède. Il est léger : tout nu, il pèse 432gr (contre 592 pour le M3) et avec un Jupiter 3, il fait 582 gr sur la balance. Enfin, il est silencieux, juste un clic un peu sourd.

Comparaison de tailles : derrière à gauche, le Leica M3 et à son côté, le Leica M5; devant, le Zorki Ic et le Leica IIIf

Une bien belle machine à faire des photos et à rêver …

Ceci étant, la qualité de fabrication, qui est bien réelle, à son revers : à moins d’être un excellent bricoleur, patient, méticuleux, il est difficile de démonter un Leica IIIf, ne fut-ce que pour nettoyer le télémètre qui, avec les années, peut devenir un peu moins lumineux. Vous verrez quelques tutos à ce sujet sur la grand toile. Par comparaison, démonter un Zorki Ic est (presque) un jeu d’enfant et bien plus facile. Et pourtant, le Zorki Ic ne démérite pas au niveau qualité de fabrication. Pour la petite histoire, le SAV de Leica peut encore vous assurer l’entretien et quelques réparations sur ces vieux appareils. Costaud je vous disais …

Comparatif entre le Zorki Ic (à gauche) et le Leica III f (à droite)

Je vais attendre un peu avant de vous présenter les sensations de prise de vue et les photos captées avec cet appareil, les circonstances actuelles (confinement) ne me permettent pas de déposer le film dans mon labo habituel ni de sortir bien loin.

Comme souvent, je vous mets en lien quelques sites de références : https://www.kenrockwell.com/leica/screw-mount/iiif.htm en anglais et http://www.summilux.net/avis/LeicaIIIf.html , http://www.vieilalbum.com/Archiv04FR.htm. en français

Argentique

Première sortie avec le Leica M5

Une sortie en ville qui s’apparente à déambuler dans un monde post apocalypse … vraiment étrange … tout ça à cause d’un petit virus au nom bizarre …

Bref, le ciel était laiteux, il ne faisait pas franchement froid, juste un peu humide sur la ville de Mons, avec son marché dominical. Qui ressemblait à un triste désert, avec des scènes irréalistes de (très) rares chalands faisant la file en respectant les distances, en ligne ou en quinconce … jamais je n’ai pu photographier la Ville avec autant de latitude ! Rendez-vous compte, la Grand’ Place vide, le Marché aux Herbes désert !

Que dire sur le Leica M5 ? Il fait son poids le bougre (937 gr exactement avec son objectif, sa pile et un film en 36 pauses) il n’est pas très facile à porter car c’est un modèle de 1973 avec 2 lugs (je traduis : 2 attaches) sur un seul côté, le gauche, qui devrait le faire porter à la verticale. A l’époque, les ingénieurs de Leica trouvaient ça ergonomique … peut-être mais comme je ne possède pas la lanière ad hoc, je le porte à la main, ou dans mon sling (entendez, mon sac bandoulière). Notez qu’à partir de 1975, ces mêmes ingénieurs ont replacé un troisième lug (attache) sur le côté droit (vous donnant ainsi le choix du portage)

Ceci étant, il est plus volumineux qu’un M3, que le Canon P, ou le Leica IIIf et le Zorki 1c, mais pas désagréable en main : je le sens bien et les « commandes » tombent naturellement sous les doigts.

à titre de comparaison : derrière, de gauche à droite Kiev 4AM, Leica M5; au milieu, le Leica M3; devant, de gauche à droite Canon P, Zorki I et Leica IIIf

En fait de commandes, pas besoin ici de lire 590 pages d’explications indigestes : vous avez réglé la sensibilité ISO (ou ASA), vous réglez l’ouverture, vérifiez dans le viseur ce que dit la cellule et adaptez la vitesse en fonction (ou l’inverse). Simple, rapide, efficace !

Heu … le mode d’emploi fait 36 pages et vous avez compris comment tout fonctionne.

J’ai équipé mon M5 d’un Voigtländer Ultron 35mm f1:1,7, très clair et facile à régler. Avec le grand « patch » du télémètre, c’est un régal, même si j’ai commandé des « black focus wrench » (je traduis : des bouts de caoutchouc à coller pour mieux sentir la bague de distances).

J’avais envisagé de l’équiper de mon Jupiter 12 mais de par la conception de la cellule – en fait un bras articulé qui porte la cellule et se place devant le rideau juste avant le déclenchement – ce n’est pas possible car c’est un objectif qui « rentre » profondément dans le corps de l’appareil et donc qui empêcherait le bras de se déployer, risquant de l’endommager. Quelques autres objectifs aux mêmes particularités ne peuvent être de ce fait montés sur le M5.

le Voigtländer est peut-être moins prestigieux qu’un objectif Leitz mais il est abordable

De fait, comme le M5 est le premier Leica équipé d’une mesure de l’exposition à travers l’objectif (TTL), il n’y a pas d’appendice disgracieux sur le capot (comme les M3), qui sont des télémètres non couplés. Vous devez armer l’appareil pour que la cellule soit opérationnelle (ça économise la pile), puis, lorsque vous visez, une aiguille sur la barre inférieure du verre de visée vous indique où vous devez faire coïncider une autre aiguille, qui bouge avec le sélecteur de vitesse. Vous voyez ainsi apparaître, lors de votre composition, la vitesse sélectionnée, que vous pouvez modifier soit avec le diaphragme, soit la vitesse. Facile, rapide et précis, le sélecteur de vitesse étant un poil plus large que le capot, ce qui vous permet de le faire tourner du bout de l’index sans avoir à quitter de l’œil votre composition.

Ensuite, au niveau discrétion, lorsque vous déclenchez, c’est juste un petit « clic » à peine audible, tout comme lorsque vous réarmez. Vous ne dérangerez personne avec cet appareil même lors d’un discours ou d’un concert. Honnêtement, j’avais toujours été septique quand au silence de fonctionnement des Leica, mais avec celui-ci, c’est un fait avéré.

Bon, il y a quand même un truc agaçant avec cet appareil : le chargement du film ! Il faut ôter la semelle, ouvrir la petite porte au dos, engager la cartouche de film avec une longueur d’amorce d’environ 10cm tirée, amorce que vous devez faire glisser entre les lamelles de la bobine réceptrice, fixe. Je manque sans doute de pratique, mais j’avoue que j’ai un peu galéré avant d’y arriver correctement.

L’avantage de cet assemblage étrange (semelle, porte) est d’assurer une très bonne étanchéité à la lumière une fois le tout refermé.

Résultat ? Ben disons dans … – on ne sait pas vu le confinement prévu jusqu’au 19/04/20 – mais le temps de déposer le film au labo et de le recevoir, développé et scanné en haute résolution sur un CD.

Sinon, première impression : très bonne, vraiment. L’appareil fait son poids mais il est tout à fait portable, même si je cherche une lanière pour avoir plus facile. Il est agréable à prendre en main (juste une petite remarque : j’accroche sans cesse le bouton du retardateur) et facile à régler. Silencieux comme dit plus haut. Restera à voir la qualité des photos délivrées.

Franchement, si je n’ai aucun scrupules à revendre le Leica M3, je sais que je garderai ce M5 : il a été mon premier Leica et surtout, il est très agréable à utiliser.

Mal aimé par les puristes de la marque, il mérite pourtant le détour, ne fut-ce parce qu’il a déjà une cellule, précise, intégrée et que, hormis les 2 attaches bizarrement placées sur le côté, il est très agréable à manipuler. Son poids le rend très stable.

Franchement, un bon achat à prévoir, d’autant que les prix ne s’envolent pas encore sur le grand site de vente, sur lequel vous en trouverez pas mal en excellent état. Attention toutefois, il n’en fut pas produit des centaines de millier (96.999 exactement).

Pour des infos techniques plus complètes, je vous suggère http://www.summilux.net/materiel/Leica-M5 en français, ou http://www.app-phot-col.com/photcol/pdfr/T37/2129.pdf et https://www.japancamerahunter.com/2012/04/the-leica-m5-the-lost-leica/ en anglais

Argentique

Petit comparatif (très subjectif) de télémétriques argentiques

Voilà, comme je vous l’avais annoncé, j’ai reçu quelques pépites que j’ai envie de partager avec vous (article daté de février 2020, pour vous situer dans le temps).

Le facteur a déposé ce matin un Leica M5, un Zorki 1c et, il y a quelques jours, un Leica IIIf.

Quelques mots – juste pour vous faire saliver un peu – sur ces appareils :

  • le Zorki 1c est la copie conforme du Leica 2. Il est généralement plus apprécié qu’un Fed 2 parce que sa fabrication en est plus précise et soignée. Et, c’est vrai, c’est un bel appareil. Celui que j’ai reçu possède aussi sa gaine en cuir, du plus bel effet, car bien patinée par le temps (les photos suivront bientôt).
  • Le Leica III f est un des derniers Leica dit « à vis ». En effet, le Leica M viendra sous peu avec une baïonnette spécifique (1954), qui sera un nouveau standard pour les télémétriques. Même si Leica a prévu que la plupart des anciens objectifs à viser (le standard LTM 39) puissent être utilisés avec la nouvelle monture, moyennant une bague d’adaptation particulière. Et pour être précis, le dernier Leica à vis sera le Leica III G, apparu après le M3 mais qui fut un « champ du cygne » (produit de 1957 à 1960).
  • Le Leica M5 est un peu « hors catégorie » dans le match. Il est plus récent (1971 – 1975) et, surtout, il fut le premier Leica doté d’une mesure TTL (abréviation de through the lens, à savoir mesure d’exposition à travers l’objectif). Ce qui ne fut pas du goût des « puristes » de la marque, d’autant que sa forme était différente du standard de l’époque, le fameux Leica M3. Pour tout vous dire, il ne fut pas un grand succès commercial et d’aucun tente de lui imputer le risque de faillite de la marque qui s’en suivi. Les mauvaises langues ! Ceci étant, c’est un excellent appareil, qui eu le malheur d’arriver peut-être trop tôt (c-à-d à une époque où l’électronique ne pouvait pas encore être miniaturisée comme de nos jours d’où sa forme un peu « lourde » selon certains).
  • Le Leica M3 que j’avais commandé est arrivé (mars 2020). Je pourrai ainsi faire le tour de ces légendes et vous les présenter. Car le M3 est – à lui tout seul – une légende. Les puristes de la marque vous diront qu’il est parfait : son design est, il est vrai, intemporel. Inspiré du streamline (vous savez, ce que l’on a appelé la ligne « paquebot », toute en courbe et ligne tendue) et du Bauhaus (la fonctionnalité fait la forme), il est compact, ergonomique (pour l’époque), épuré. Et, cerise sur le déclencheur, pensé pour le photographe de reportage (de l’époque, et nous sommes en 1954 !). Ici, un seul viseur permet la visée et le réglage du télémètre (contre deux pour le Leica III f par exemple, ou le Zorki 1). Les cadres de visée du 50mm – 90 – 135 sont visibles dans ledit viseur, qui est grand et confortable, au rapport de 0,91 – soit presque la visée humaine 1:1, ce qui est exceptionnel pour l’époque. Il est usiné avec précision et la plupart des appareils produits sont toujours fonctionnels (même si certains nécessitent un petit passage chez Leica pour un bon entretien).

Voilà une première présentation, rapide, de ces appareils, sur lesquels je reviendrai bientôt.

Bon, le comparatif se précise. seront en lice, finalement, par ordre d’ancienneté :

  • un Leica III f de 1951
  • un Zorki 1c de 1953
  • un Leica M3 de 1957
  • un Canon P de 1958 (déjà présenté dans la rubrique « mes appareils … » et dans « pour la photo de rue »)
  • un Leica M5 de 1973
  • un Zorki 4K de 1974 (déjà présenté dans la rubrique « les télémétriques russes »)
  • un Kiev 4AM de 1980 (déjà présenté dans la rubrique « les télémétriques russes »)

En haut de gauche à droite, le Kiev 4AM, le Leica M5, au milieu le Leica M3; devant, de gauche à droite, le Canon P, le Zorki Ic et le Leica IIIf

Et, pour corser le tout, nous n’oublierons pas les objectifs qui vont avec :

  • un Industar 22 F 5cm f1:3,5 de 1958 (c’est un objectif dit « rentrant » qui sied fort bien à la petite taille du Leica III f ou du Zorki 1c). C’est la copie russe du Elmar de Leitz, et il supporte bien la comparaison.
  • Un FED 5cm f1:3,5 rentrant, comparable à l’Industar 22
  • Un Jupiter 3 F 5cm f1:1,5 de 1958 (élaboration russe à partir de la formule optique d’un Sonnar Zeiss 50mm f1:1,5 et plus particulièrement, les objectifs entre 1956 et 1961 sont fabriqués avec des lentilles d’origine Zeiss)
  • Un Jupiter 8 F 5cm f1:2 de 1959 (un grand classique, performant et peu onéreux à l’achat)
  • Un Jupiter 8 50mm f1:2 de 1974 (idem, sauf que ce sera l’occasion de voir si les « nouveaux » sont aussi bons que les anciens)
  • Un Jupiter 12 F 3,5cm f1:2,8 de 1982 (c’est une optique basée sur le Biogon de Zeiss, bien plus abordable et qui ne déçoit pas, parait-il)
  • Un Helios 103 f1:1,8 de 1982. Cet objectif fut conçu pour remplacer les Jupiter 8 qui étaient la « dotation » des appareils Kiev (copie de Contax, pour mémoire). Il a la réputation d’être très bon, surtout en film couleur.
  • Un Voigtländer Ultron 35mm f1:1,7 de 2015. Tout aussi performant que les Zeiss mais plus abordable (surtout en occasion). En monture M, il sera monté sur le Leica M5
  • Un Canon S 35 mm f1:2,8 en monture Ltm 39 de 1959. Redoutable parait-il. Et nous savons que Canon a une excellente réputation en matière d’optique.

Tiens, au fait, j’ai appris il y a peu que les premiers objectifs Hansa Canon étaient fabriqués par … Nikon ! Hé oui, Nikon était une compagnie d’optique très réputée et ils fabriquaient des microscopes de grandes qualité et précision (tiens, tiens, comme Leitz …). Je vous invite à découvrir cette histoire étonnante avec cette vidéo : https://www.qwant.com/?q=histoire%20de%20nikon&t=videos&o=0:bd185b9d9ca7fe8a9d7a52936caaa223

La plupart des objectifs russes assez récents ont une marque rouge (un P mais en cyrillique П) qui indique que ceux-ci ont reçu un traitement spécial des optiques (coating) pour diminuer le flare (ces taches qui apparaissent lorsque le soleil joue avec votre optique). Cette pratique est inspirée du marquage par un T rouge des optiques Zeiss. Si la plupart des objectifs modernes sont traités « multi-couches », auparavant une seule couche de traitement était appliquée qui, hélas, disparait parfois (même souvent) si les lentilles ont été, disons, nettoyées vigoureusement !

Les objectifs des Leica m’ont toujours semblé faire partie d’un monde abscons, limité aux seuls initiés de la marque et de ses arcanes. Ben non, finalement c’est simple : les noms correspondent aux ouvertures maximales (du moins pour ceux en monture M) :

  • Noctilux pour les f inférieurs ou égaux à 1
  • Summilux pour les f1:1,4
  • Summicron pour les f1:2
  • Summarit pour les f1:2,4
  • Elmarit pour les f1:2,8
  • Elmar pour les autres

Enfin, bien sûr, tous ces objectifs sont des occasions. Vous pouvez vous faire plaisir dans la fourchette de 40 à 300€ et découvrir de petites merveilles optiques que vous pourrez, moyennant des bagues d’adaptation, utiliser avec vos numériques sans miroir (sauf peut être le Jupiter 12, de par sa conception). Il n’est d’ailleurs pas rare de voir des Fuji X et des Sony E montés avec ce type d’anciennes optiques. Mais ils sont le mieux assortis avec un bon vieil argentique, tels ceux dont nous parlons ici.

Bien que je ne le fasse pas entrer dans ce comparatif, directement (je l’ai reçu bien après ce comparatif), je vous invite à lire mes articles sur le Zeiss Ikon ZM, que vous trouverez dans « les nouveautés en un lieu » et dans la rubrique argentique –> les télémétriques.

C’était l’outsider par excellence et comme tel, il a pris la première place !

Pour les infos techniques, comme d’habitude, voici les adresses intéressantes pour les optiques : http://www.sovietcams.com/index.php?-1674256906 (en anglais) et https://pierretizien-photos.blogspot.com/p/objectifs.html (en français) et un site assez incontournable pour les Leica : http://www.summilux.net/ (en français). Pour un peu d’histoire et de futur (eh oui, on refabrique certaines optiques de légendes : https://www.lesnumeriques.com/objectif/lomography-new-jupiter-3-p30961/new-jupiter-3-lomography-ressuscite-50-1-5-russe-n49159.html

Argentique

Mamya 645 Super

Le moyen format me fait rêver, de grand négatif, plein de détails mais qui doit rester abordable.

Le moyen format, c’est quoi ? Généralement, nous parlons de 135 mm pour le film « standard » – aussi appelé 24×36. Mais ce standard ne l’a pas toujours été.

A l’origine, il s’agissait de plaques de verre ou de métal enduis de produits réactifs à la lumière. Puis il y eut les plans-film que le photographe glissait, un à un, dans un chassis. Toutes les tailles étaient envisagées car peu standardisées, même si certaines devaient prendre le dessus. Il faudra attendre 1888 pour voir apparaître le premier film sur support souple, en 70 mm, qui sera commercialisé dès 1889 par Georges Eastman (qui deviendra Kodak plus tard). Mais début 1900, c’est le format 120 mm qui est le plus employé, notamment dans les folding (appareil à soufflet) ou les box (ces drôles de boîtes en carton que l’on trouve souvent en brocante).

C’est en 1913 qu’est apparu pour la première fois le format 24×36 mm, inventé par Oskar Barnack.

Bref, alors que l’optique et la mécanique étaient toujours plus précises, les films devenaient de plus en plus petits pour se fixer au standard qui aura cours jusqu’à l’avènement du numérique, le format 24×36.

Cette référence est toujours la norme puisque les full frame possèdent un capteur de la taille d’un film, soit 24 x 36 mm.

Mais, et le moyen format dans tout ça ?

On considère que les films dit 120 (et 220) sont du moyen format, qui autorise des négatifs en 4,5×6, 6×6, 6×7 et le 6×9, pour les plus courants. Notez qu’on ne parle pas de 120mm car le film fait 6cm de large.

Il y eut d’autres formats, que l’on trouve très difficilement, voire plus du tout, comme le 126, le 127. Ces formats doivent conditionner votre attention si vous voulez acquérir un ancien appareil en moyen format car vous risqueriez de ne plus trouver de quoi l’alimenter (par exemple un Yashica 44 demande du film en 127, que l’on trouve encore par exemple chez Retrocamera, même s’il est toujours possible de bidouiller des supports pour travailler en 24×36 sur ces appareils, mais alors, quel intérêt ?).

Aujourd’hui, en numérique, il existe aussi des capteurs en moyen format mais là, sauf si vous avez gagné au loto (ou lotto si vous êtes français), vous oubliez : le ticket d’entrée est à 6000€, sans objectif !

En résumé, si vous voulez vous faire plaisir avec du moyen format, vous avez le choix dans la vaste gamme des Rolleiflex et Rolleicord (attention au prix), les Yashica C – D – Mat, Les Minolta Autocord, les Kiev 60 ou 88 , les Mamya 645, les Contax, …

A ce sujet, je vous invite à découvrir : http://objectif-photographe.fr/appareil-photo-argentique/ et https://www.stevenberruyer.com/argentique-2/guide-dachat-moyen-format/

Bref, pour ma part, j’ai opté, après un passage par les Yashica C et D, un Rolleiflex, un Mamya 645M, un Zenza Bronica S2A, pour un Mamya 645 Super.

Pourquoi celui-là ? Les 6×6 sont de belles machines mais j’ai besoin de pouvoir viser directement, sans devoir redresser la photo vue sur le dépoli. Et mon Mamaya 645 Super m’offre ce confort, outre le fait qu’il soit un peu plus moderne et que le prisme de visée compte une cellule (ce modèle a vu le jour entre 1985 et 1993).

Pour en savoir plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Format_35_mm, http://www.didio.biz/histoire/1924.html et surtout http://maisondelaphotoargentique.fr/histoire-de-photographie/

Argentique

Canon Eos 30

C’est un Eos des années 2000, un des derniers avant le tout numérique de la marque.

Il s’agit d’une refonte, en profondeur, d’un autre best seller de Canon, le Canon Eos 50e, qui avait inauguré ce « pilotage par l’oeil ».

Notez que l’appareil a été décliné en Eos 30 et 33, ce dernier n’étant pas piloté par la vision du photographe.

Bref, c’est un Eos presque comme nous les connaissons maintenant : ergonomie, robustesse et facilité d’utilisation. Il est aussi parmi le plus silencieux des réflexes, même modernes.

Léger et compact, il est très agréable à tenir en main et il bénéficie de tous les agréments des Eos modernes. Vous ne serez pas dépayssé si jamais vous en prenez un en main. Positionné comme en appareil destiné aux « experts », il ne vous décevra pas et vous offrira tout le confort que l’on peut attendre d’un Eos : le boîtier propose outre les classiques modes Programme, Av, Tv et manuel, les habituels « programmes résultat » de Canon : tout auto (rectangle vert), Portrait, Sport, Paysage, Macro, Nuit.

Enfin, cerise sur la baïonnette, vos pourrez utiliser tous les objectifs de la gamme EF. En sachant toutefois que les derniers EF sortis pour les Eos de dernière génération (plus de 20 millions de pixels) risquent d’être trop « chirurgicaux » pour les films et d’affecter le rendu de vos photos. Ceci étant, ça vous ouvre des possibilités immenses d’objectifs de grandes qualités, souvent injustement délaissés à cause de la précision des nouveaux capteurs.

Si vous voulez commencer l’argentique dans de bonnes conditions, à prix raisonnable, avec du matériel efficace, déjà très moderne, l’EOS 30 est un excellent choix, sans doute moins « glamour » qu’un F1, un A1 ou même un AE-1 mais bien plus simple à utiliser.

Franchement, si je devais me remettre ou découvrir l’argentique, je me tournerais sans hésiter vers cet appareil, qui ne rebute pas ceux qui ont déjà eu un réflex numérique en main, car ils retrouveront rapidement leurs marques avec ce boitier … le film en plus !

Comme d’habitude, pour en savoir plus : http://35mm-compact.com/reflex/canon-eos-30.htm, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1055-Canon_Eos%2033.html et http://www.canon.photo.free.fr/photos/modeles/reflex.php?canon=201 pour avoir une vue d’ensemble de la gamme des derniers Eos argentiques.

Argentique

Ricoh R1

C’est un petit appareil étonnant, apparu au tournant de 1996 en Europe, alors qu’il sévissait depuis déjà 2 ans au Japon.

Etonnant à plus d’un titre. La première chose qui frappe, c’est sa minceur. En effet, hormis le petit renflement qui sert de poignée et qui accueille la cartouche de film, le reste de l’appareil est plus fin. Parce qu’en fait, lorsque vous chargez le film, celui-ci sera enroulé sur lui-même, sans le support d’une autre bobine et, au fur et à mesure des prises de vue, le film rentrera dans la bobine. En cas d’ouverture accidentelle du dos de l’appareil, seules les photos non encore prises seront voilées. Déjà un bon point.

La seconde chose qui frappe, ce sont les modes de prise de vue : le 35 mm est le standard mais vous pouvez passer en mode panorama ou en wide panorama et là, l’objectif passe au 24 mm. Les cadres de visée suivent, sans que vous ne deviez modifier quoique ce soit. Pratique.

Enfin, mais c’est moins visible, vous pouvez activer ou désactiver le flash, lancer le retardateur et choisir un mode de prise de vue (spot, paysage, nuit). Bref, il a tout d’un grand et son autofocus est rapide et très précis.

Il sera le premier d’une longue lignée dont le GR1 est le suivant, qui se décline encore aujourd’hui en numérique.

Concrètement, il se cache dans la main et en photo de rue, il est redoutable de discrétion. Attention toutefois, il est (très) sensible au flare et il faut vérifier si la mousse qui entoure la fenêtre du film ne doit pas être changée (elle a tendance à devenir collante et à se désagréger), sinon entrée de lumière garantie (visible sur certaines photos prise avec lui en plein soleil).

En résumé, un chouette petit appareil, peu courant (ce qui justifie des prix parfois « irréalistes » sur certains sites de vente !) qui fonctionne très bien en photo rapprochée.

Pour en savoir plus sur cet étonnant petit appareil, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-11834-Ricoh_R1.html (en français) ou https://classicameras.blogspot.com/2009/02/ricoh-r1.html ( en anglais)

Argentique

Canon P

Le Canon P est un appareil télémétrique, mis sur le marché en 1958 et ce jusqu’en 1961.

P pour Populaire, car Canon voulait produire un appareil télémétrique simplifié à moindre coût. Et ce fut un succès commercial avec la vente de 87875 exemplaires.

Ses plus :

  • monture visante LTM 39 mm
  • télémètre combiné à une correction automatique de la parallaxe avec des cadres pour les focales 35, 50 et 100 mm
  • armement par levier, obturateur à rideaux en acier donnant de la seconde au 1/1000s, synchro X et M au 1/25s
  • dos à charnière
  • manivelle de rembobinage intégrée dans le capot

Contemporain des Leica M2 et M3, il est sans conteste très moderne avec son dos à charnière, son levier de rembobinage, sa sécurité contre l’ouverture accidentelle du dos, son levier d’armement rapide.

Par comparaison :

  • les Leica M3 n’avaient pas de cadre pour le 35 mm (le 50, le 90 et le 135 mm étaient seuls affichés. Les Leica M2 – contemporains du Canon P (1958) – eux, en étaient pourvus mais le compteur de vues était manuel.
  • Tous les deux étaient à chargement par la semelle, certes simplifié depuis les Leica I à III, puisqu’il y a une « trappe » qui permet de bien positionner le film, et la bobine réceptrice est amovible. Tandis que le Canon a un dos monté sur charnières et une bobine réceptrice fixe.
  • Les Leica possèdent depuis toujours des rideaux en toile caoutchoutée qui assure une belle discrétion lors du déclenchement, qui nécessitent tôt ou tard un réglage (pour les retendre). Le Canon a un obturateur en lamelles métalliques, qui donnent un bruit un peu plus « sec » sans être plus bruyant. Les lamelles sont extrêmement fines et doivent faire l’objet d’attention pour ne pas les froisser complètement (à vérifier lors de l’achat de ce type d’appareil) – mon exemplaire est légèrement atteint et cela ne porte pas conséquence sur les photos.
  • Point de vue esthétique, c’est affaire du goût de chacun mais, perso, je les trouve chacun très beaux : d’inspiration Bauhaus et streamline, les Leica sont assez intemporels; le Canon est plus carré mais ses formes tendues sont très modernes pour l’époque et il y a aussi une grande recherche du détail (voir la manivelle de rembobinage).
  • Au niveau optique, les cailloux de chez Leitz sont magnifiques mais ceux de chez Canon ne déméritent pas (certains sont aussi inabordables que ceux du confrère allemand !).
  • Le Leica M3 inaugurait une nouvelle monture, plus facile et plus sécurisée pour les objectifs (baïonnette) alors que le Canon restait fidèle à l’ancien standard Ltm 39, qui assurait un parc optique immense (pour l’époque) sans nécessiter une bague d’adaptation, mais le principe du vissage était moins rapide et plus délicat (l’objectif pouvait ne pas être bien visé et donc fixé, ou alors trop serré et difficile à enlever)

Comme je l’écrivais, la qualité des optiques Canon de l’époque en font des objectifs recherchés et parfois à des prix … stratosphériques (surtout le 50 mm f1:1,2 ou le fameux f1:0,95 !).

Ici pas de plastique, que du bon métal. L’appareil n’est donc pas léger mais il tombe bien en main, très bien équilibré et si vous avez la chance de trouver un objectif dit rapide (comme celui illustré ici), c’est un régal pour les réglages.

Je rêvais d’un beau télémétrique et j’en ai trouvé un chez Canon.

Je vous encourage à lire l’article consacré au Leica M3 (Première sortie avec le Leica M3) pour y découvrir le comparatif que je propose avec le Canon P … qui reste un « maître achat » pour découvrir la photographie télémétrique avec un appareil de qualité. Tout comme je vous encourage à lire l’article intitulé « première sortie avec le Canon P« .

Pour des infos plus techniques, comme d’habitude, je vous recommande http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-10534-Canon_P.html, en français, ou en anglais https://www.casualphotophile.com/2017/08/11/canon-p-camera-review/

Les télémétriques

Canonet QL 17 G 3

Cet appareil est l’aboutissement de la gamme Canonet, commencée au début des années ’60.

C’est un appareil relativement compact, même s’il fait son poids (620 gr.), tout en métal, à une époque où les constructeurs fabriquaient « pour durer ».

Cet appareil date de 1972 et il sera construit à plus de 1 200 000 exemplaires (jusqu’en 1982), tant son succès fut grand. Ridiculement appelé le « Leica du pauvre », il est toujours apprécié pour ses qualités propres : silencieux, facile à charger (le QL veut dire « quick loading » ou chargement rapide – essayez de faire ça avec un Leica M4 !); objectif fixe 40 mm ouvrant à f1:1,7; automatique à priorité vitesse ou tout manuel; la cellule est une Cds qui fonctionne en mode priorité à la vitesse, avec le rappel du diaph dans le viseur par un galvanomètre; retardateur et deux prises synchro flash. Bref, du classique qui plait toujours.

C’est un bel appareil, esthétiquement. Fabriqué en livrée bis-tons noir et argent, ou tout noir, c’est un appareil – un peu comme les Yashica Electro 35 – qui traverse le temps sans vraiment se démoder. Et, ce qui ne gâte rien, il est plaisant à prendre en main, bien équilibré et facile à appréhender.

Hormis remplacer les mousses, ce qui demande un peu de temps et de patience, trouver une pile pour remplacer celle initialement prévue au mercure, vérifier que le télémètre est bien calé, il y a peu de chose à faire pour que la machine se réveille et redevienne efficace.

A propos de pile, il faut noter que la cellule est sensible au voltage. Donc si vous optez pour une LR44 à tout faire, pensez à compenser sur la sensibilité car l’appareil aura tendance à surexposer. Sinon, une pile zinc-air PX 675 fera l’affaire (avec un adaptateur), voire une WeinCell MRB 625, plus onéreuse.

Au niveau des prix, comptez de 50€ à plus de 200€ pour la version noire, plus rare (prix indicatifs en début d’année 2020). Il est évident que sur l’exemplaire à 50€ (version bi-tons), vous devrez changer les mousses et le nettoyer. Disons que pour un exemplaire en parfait état de marche, prêt à prendre vos premières photos, vous serez plutôt vers les 90€ minimum.

Je viens de recevoir mon « nouveau » Canonet QL 17 G 3 en version noire : magnifique !

Le gros avantage de cet appareil est sa visée, très claire, large et lumineuse, à la Leica M3 (si, si j’ose … j’ai les 2!). Il est silencieux, vraiment facile à charger et rapide à mettre en œuvre.

Son seul « défaut » serait son objectif fixe, un superbe 40 mm ouvrant à f1:1,7 ? Pas forcément, en général on s’habitue à une distance, notamment en photo de rue et on change peu de focale, justement parce que l’on a bien appréhendé cette distance. D’autant que 35 et 40 mm sont très proches.

Honnêtement, j’ai parfois difficile à choisir qui je vais sortir en rue !

Pour des infos plus techniques, je vous renvoie chez http://www.suaudeau.eu/memo/collection/Tlmfx/canonetg3ql17.html, jamais avare en bons conseils, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-10538-Canon_Canonet%20G-III%2017%20QL%20.html et http://35mm-compact.com/compact/canonetql17g3.htm, toujours utiles à consulter. Et j’ajoute http://benber.fr/presentation-canonet-ql17-g-iii/, qui lui aussi l’a testé et … approuvé !