Argentique

Un autre Pocket un peu sophistiqué, le Kodak Tele-EKTRALITE 600 camera.

Préambule.

Un coffret noir, qui trainait sur une table parmi d’autres objets. Un rapide coup d’œil m’indique que c’est un Kodak qui doit se trouver à l’intérieur. Je l’ouvre par acquis de conscience car ce pourrait être un des nombreux Kodak d’entrée de gamme ou un des rares un peu plus sophistiqué : bonne intuition, c’est un Kodak Tele-EKTRALITE 600.

Petite négociation rapide et voilà le coffret dans le sac à dos.

Et aujourd’hui, il sera bien seul car sur cette brocante, à part des épaves, des Clack, des Kodak Instamatic, il n’y avait rien à se mettre sous la main.

Alors partons à la découverte de ce Pocket.

Un peu d’histoire.

L’histoire du format 110 a déjà mainte fois été évoquée, je vais donc la passer (pour ceux qui viennent d’arriver sur le site, allez-voir, par exemple sur les articles consacrés à l‘Agfa 3008, le Fujica Pocket 400, le 110 revient, comment ne pas dépenser trop , et l’excellent article paru sur Collection-appareils à ce sujet).

Revenons juste à la genèse du film et des appareils conçus avec et pour lui, les Pocket Instamatic, dont les premiers sont numérotés 20 – 30 – 40 – 50 – 60 – 100 – 200 – 300 – 400 – 500, tous sortis en 1972, date de lancement du film au format 110.

Petit aparté : si chez Agfa c’est assez facile de s’y retrouver avec les familles (voir article sur l’Agfa 3008 cité plus haut), chez Kodak, il y a pléthore de références dont nous pouvons essayer de dégager quelques grandes lignes : les Pocket Instamatic, les premiers fabriqués (1972 – 1976) ; puis les Instamatic (1974 – 1978) qui ont comptés quelques Tele. Cette gamme utilisait exclusivement les flashs en cube, appelé MagiCube. Ensuite, à partir de 1975 et jusqu’en 1983, ce seront les appareils utilisant les FlipFlashs, les Ektra et leurs déclinaisons. Enfin, une troisième série de 1980 à 1990, qui utilisera des flashs intégrés, des Ektra ou Extralite et leurs déclinaisons. Si tout ceci est bien compliqué, c’est parce que sous l’emblème Kodak, des bureaux d’étude des quatre coins du monde s’y sont attelés : Etats-Unis, Angleterre, Canada Allemagne, Brésil.

Si vous voulez compulser la série complète, c’est par LA et LA encore, sous forme de ligne du temps.

Au fur et à mesure des évolutions, on peut donc distinguer les appareils qui utilisent les Magicubes, puis les Flipflashs et enfin les flashs électroniques intégrés, avec quelques exceptions pour au moins deux modèles qui utilisent un flash électronique externe.

A cela, et toujours selon les bureaux d’études des pays de production, on peut ajouter des différences stylistiques. Ainsi, les Instamatic non jamais reçu de protection alors que les Ektra en ont reçue une, sous forme de la poignée, qui se repliait sur l’appareil. Sa fonction était donc double : protéger le boitier et proposer une prise assurant une meilleure tenue en mains pour capturer des photos.

C’est en Allemagne et en Angleterre que ces détails ont été ajouté, parfois copié par les USA, comme pour cet appareil en particulier.

Dans l’évolution des modèles, on peut retenir aussi le passage à des appareils avec télé, en fait une lentille qui vient se placer devant le viseur et l’objectif (comme sur les Agfamatic Pocket) ; des vitesses qui évoluent, couplées à des objectifs plus ou moins lumineux ; puis l’adjonction de cellule au CdS. Il y eut même un modèle muni d’un télémètre et d’une cellule (Pocket Instamatic 60, 1972 -1976).

Bien souvent des Pocket Instamatic se superposent dans les périodes de vente et ils ne se suivent pas forcement en terme de fonctionnalités : ainsi il y eut un Tele-Ektralite 40 (1979 – 1981) qui proposait un objectif ouvrant de f5,6 à f22 avec des vitesses de 1/100s et 1/500s (USA) mais sans cellule alors que le Tele-Ektralite 600 (1980 – 1982) pourrait être considéré comme un successeur car il possédait lui une cellule au CdS mais avec un objectif beaucoup moins clair car ouvrant de f8 à f22 et avec des vitesses limitées au 1/125s et 1/250s (USA aussi).

Difficile de trouver une logique, s’il y en a une.

Ne boudons pas notre plaisir, et voyons ce que ce Pocket Tele-EKTRALITE 600 nous propose …

Présentation de l’appareil.

Comme ses homologues de chez Agfa, les Tele-Ektralite ont un parfum de nostalgie car eux aussi ont été offert en cadeaux pour chaque occasion de la vie : anniversaire, fêtes de fin d’année, communion, réussite scolaire, départ en vacances, etc., même si ce modèle était considéré comme un haut de gamme.

Faciles à utiliser, discrets et éminemment portables, ils étaient de toutes les poches et donc de toutes les sorties. Même les films ne prenaient pas de place et on en avait bien toujours deux ou trois sur soi, en poche ou dans le sac à main (car ils étaient limités à 12 ou 24 poses maximum). Ceux qui possédaient un flash intégré simplifiait encore la prise de photo et réduisait l’encombrement au maximum.

Considérons ce qui fait la spécificité de cet appareil.

Tout d’abord, sa poignée qui, lorsqu’elle est replié, forme une coque protectrice et, lorsqu’elle est dépliée, assure un maintient intéressant de l’appareil. Une belle idée en fait.

On pourrait objecter qu’il est bien plus grand que l’Agfamatic 3008. C’est vrai mais n’oublions pas qu’il ne faut pas y ajouter un flash puisqu’il est intégré. On peut toutefois toujours le placer dans une poche ou un sac, sans difficulté.

Outre ce flash, bien utile, parlons de ses autres équipements.

Tout d’abord, son objectif : de base, c’est un Reomar de 22mm qui ouvre à f8 constant. Etant donné la taille du film, il est l’équivalent d’un 40mm en 24×36. Mais, grâce à une lentille qui coulisse devant le viseur et l’objectif, on passe à un 44mm (soit un 88mm ou un mini-télé). Petite particularité, que l’on découvre et faisant glisser le curseur et en regardant dans le viseur : il y a en fait 5 choix lorsque l’on est en position Tele, où l’on voit un indicateur glisser sur des pictogrammes allant de portrait à paysage. Si vous repassez en position normal, la barre des pictogrammes à disparu.

Nous n’allons pas quitter le viseur mais en passant par le … déclencheur. Celui-ci m’a fait penser, la couleur en moins, au Sensor des Agfa : une légère cuvette autour du déclencheur incite le doigt à appuyer sur un minuscule bouton orange niché au centre. Lorsque vous visez une scène, en appuyant légèrement sur le bouton, vous verrez dans le viseur une diode verte s’allumer si la photo est possible sans flash et si elle est rouge, c’est que la lumière n’est pas suffisante. En laissant votre doigt appuyé 3 secondes sur le déclencheur, le flash va s’activer automatiquement et la diode repasser au vert lorsque vous pourrez déclencher. Malin.

Vue rapprochée du boîtier noir de l'appareil photo Kodak Tele-Ektralite 600, avec objectif et interrupteur visibles, posé sur une surface près d'un clavier.

Ce flash a un nombre guide de 14 pour 100Asa, ce qui est plus puissant que sur les autres Ektralite (NG10).

Enfin, pour en terminer avec le viseur, disons encore qu’il est collimaté avec lignes pour correction de la parallaxe mais seulement en mode portrait, c’est-à-dire l’appareil maintenu à la verticale.

L’appareil possède aussi une cellule au CdS comme je le soulignais plus haut. C’est elle qui analyse la lumière et règle la vitesse d’obturation, l’ouverture étant toujours fixée à f8. La cellule (près du logo de la marque) est alimentée par une pile de 9v, utilisée aussi pour le flash. Le voltage est assez inhabituel.

Petite publicité de 1982.

Page publicitaire présentant plusieurs modèles d'appareils photo Kodak des années 1980, y compris le Kodak Ektralite 600, avec descriptions et prix.

Pour ouvrir la chambre, il faut pousser la porte, qui sert aussi de compteur de vue, vers la gauche sur +/- 2mm et soulever celle-ci. La cassette contenant le film se pose dans la chambre, que l’on referme en refaisant glisser la porte sur la droite cette fois. Lorsque celui-ci est dans la chambre, il faut armer plusieurs fois, avec le petit curseur sous l’appareil, jusqu’à ce que le chiffre 1 apparaisse sur le papier du film. Vous êtes prêt pour votre première photo.

En fin de film, pas de rembobinage ici mais vous continuez à armer l’appareil jusqu’à ce que vous sentiez que le film passe intégralement dans la cartouche de gauche (fenêtre noire). Il suffit d’ouvrir à nouveau la porte et de recharger une nouvelle cassette de 110. Petit truc quand même, placez le film terminé dans la pochette de celui qui le remplace ou dans un endroit à l’abri de la lumière vive pour éviter les (mauvaises) surprises.

Pour une idée des capacités de l’appareil, c’est par ICI.

Que penser de cet appareil ?

Encore une fois, ce n’est pas le plus petit des appareil qui utilise le format 110, sans être le plus grand (voir le Gracia 505 XLR), mais il a l’avantage du flash intégré, plus simple d’usage.

Sa poignée est un petit plus indéniable pour bien le tenir, sans trop bouger lors des prises de vue. D’autant qu’il est assez lourd pour un miniature.

Ses trois avantages, à mon avis, sont la cellule CdS, le passage du normal au télé, le flash intégré. De quoi voir venir sans trop de soucis.

La littérature est peu nombreuse sur ces appareils, produits eux aussi par millions pourtant. Je n’ai ainsi pas pu déterminer en quelle matière était fait l’objectif (plastique, verre, mixe des deux comme chez Agfa ?).

Ceci étant, il semble que la qualité des images ne soit pas mauvaise (voir lien ci-dessus).

Toujours est-il que c’est là un boitier assez complet, pas trop encombrant, facile d’usage, que l’on peut acquérir pour des prix très raisonnables (entre 5 et 15€) ou trouver gratuitement dans les tiroirs de ses parents ou grands-parents, oncles, tantes (faites donc le tour de la famille).

Une autre manière de découvrir le format 110 sans se ruiner car il vous laissera assez de sous que pour acheter des pellicules chez Lomography.

Bon amusement.

Vidéo d’illustration.

Un peu de technique.

  • Kodak Tele-Ektralite 600
  • Produit entre : 1980 – 1982 (USA)
  • Objectif : Reomar de 22mm et 44mm (avec ajout d’une lentille devant l’objectif) ouvrant à f8
  • Type de film : cartouche de 110
  • Taille de l’image : 13 x 17 mm
  • Vitesses de 1/125 et 1/250s
  • Cellule au CdS, alimentée par pile de 9v
  • Flash intégré de NG14 pour 100Iso

Des références.

https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-686-Kodak_Tele-Ektralite%20600.html, en français ; https://camera-wiki.org/wiki/Kodak_Tele-Ektralite_600, https://collection.sciencemuseumgroup.org.uk/objects/co8208496/, https://kodak.3106.net/index.php?p=211&cam=1071, en anglais.

Argentique

L’Agfamatic 3008 Pocket, discret et efficace

Préambule.

Ce petit pocket, c’est une histoire un peu folle : sur une brocante, je le vois posé sur une table et je le prends en mains pour voir s’il fonctionne encore. La dame qui tient le stand me regarde faire et puis me dit, gentiment, si vous le voulez, vous pouvez le prendre car un monsieur vient de me dire que ça ne valait plus rien car on ne trouve plus de film à mettre dedans !

Sapristi me dis-je, en voilà encore un qui sait de quoi il parle ! Tout d’abord, j’informe la dame que c’est faux et que Lomography a repris la production et la distribution de ces films (depuis 2012), qui se trouvent donc assez aisément chez certains distributeurs et en tout cas via Internet. Je lui raconte même que ladite firme reproduit des appareils dans ce format mais à des prix, disons, costauds.

L’ai-je convaincue ? Toujours est-il qu’elle me remercie et insiste pour que je le prenne, gracieusement, car elle a l’impression qu’au moins j’en ferai bon usage.

L’ayant remerciée, je respecte son vœux et vous présente donc ce petit boitier sympathique qui fit plus d’un heureux dans les années quatre-vingt.

Un peu d’histoire.

En 1963, Kodak réinvente le film et le chargement de celui-ci dans les appareils photo : il insère une cartouche de 24x36mm dans une enveloppe scellée de plastique et l’on dépose le tout dans les appareils conçus expressément pour les recevoir, les Kodak Instamatic. C’est la cartouche de 126.

Une cartouche de film 126 de la marque Solaris, utilisée pour les appareils photo vintage.

Ce fut un succès colossal même si la qualité intrinsèque des images étaient loin d’être aussi précises que si vous les aviez captées avec un appareil compact 24×36 classique.

En cause ? La cartouche n’autorisait pas de placer un presse – film pour assurer la planéité de celui-ci et l’absence de trous multiples pour entrainer la pellicule n’assurait pas une tension régulière (il n’y avait qu’un seul trou pour l’avance).

Mais ces petit appareils, ultra simples, compacts, rendaient la photo accessible même aux enfants, avec des résultats suffisants comme souvenirs de vacances, souvent. Les albums photo de vos parents ou grands-parents en contiennent surement.

Kodak a vendu des millions d’appareil, dont certains un peu plus sophistiqués que d’autres dans la gamme. Devant ce succès, d’autres marques, comme Agfa, ont payé la licence à Kodak pour pouvoir produire leur propre gamme, elle aussi simplifiée mais vendue par millions. Enfin, quelques marques historiques comme Canon, Minolta, Fuji, Rollei, … ont aussi sorti des appareils utilisant ce format (la fameuse cassette de 126) mais en s’attachant à fournir des appareils parfois de très grande qualité (avec cellule, des objectifs en verre, etc.).

Presque 10 ans plus tard (1972), rebelote, Kodak lance un nouveau film en cassette, réduite de moitié cette fois, le format 110. On garde les mêmes défauts et on y ajoute la nécessité d’agrandissement de ce tout petit format de 13x17mm.

Les Kodak Instamatic Pocket sont nés en même temps et l’histoire se répète : d’autres marques paient à Kodak la licence pour exploiter le format du film dans leurs propres appareils photo, dont Agfa qui introduit là aussi son fameux déclencheur Sensor et le système Repitomatic (vous pouvez charger l’appareil et ne pas déclencher sans perdre d’image). Les grandes marques citées précédemment vont encore une fois essayer de se démarquer en fabricant des tout petits appareils utilisant la cartouche de 110 mais avec une meilleure qualité de photo (voir quelques articles sur le site, comme le Voigtländer Vitoret 110 EL, le Rollei A110, le Minolta 110 Zoom, par exemple).

Tout comme la cartouche de 126, celle de 110 permet des appareils de taille réduite et si la qualité n’est pas toujours au top, elle permet d’emporter partout avec soi un appareil guère plus gros, souvent, qu’un paquet de cigarette (mais moins nocif pour la santé). Les vacances restent le terrain de jeux favoris des pocket, mais aussi toutes les manifestations festives. Là encore, on en offrira des dizaines de milliers comme cadeaux de fin d’année, de fin de cursus scolaire, d’anniversaire, de communion, …

Abandonnons un peu Kodak pour nous concentrer sur Agfa, le grand rival.

Le site de Collection-appareils reprend la gamme des appareils Agfamatic, je ne vais donc pas refaire leur travail mais vous encourager à aller le voir.

Sachez que la gamme s’inaugure avec l’Agfamatic 1000 en 1974 et se terminera en 1983 avec le Traveller. Des évolutions discrètes enrichiront la gamme mais, il faut bien l’avouer je pense, souvent on reprend de vieux modèles et un petit lifting cosmétique suffit à lui attribuer une nouvelle référence sans avoir révolutionné l’appareil. Parfois, une petite avancée technique justifie-t-elle mieux le changement de nom.

Ainsi, l’Agfamatic 3008 du jour n’est autre qu’un Agfamatic 3000 auquel on a ajouté un autre type de flash.

Pour y voir plus clair, disons que l’on peut subdiviser les modèles Agfa en familles : la famille des 1000 est celle des appareils avec des connecteurs pour Flashcube ; celle de 8 utilise les mêmes appareils mais cette fois muni d’un connecteur pour Flipflash. Attention, ça se complexifie : dans la famille des 1000, s’ils ont un flash intégré, ce sont des Flash Pocket, tandis que dans la famille des 8, s’ils sont munis d’un téléobjectif, ce sont des Télé Pocket et s’ils sont munis d’un objectif qui fait aussi macro, des Macro Pocket. Et puis il y a une exception, le 901, qui possède un moteur et sera donc très compact.

Bref, l’histoire se termine au seuil des années nonante pour la plupart des marques, chassé par les APS-C argentique puis par l’avancée du numérique et de ses compacts.

Fin des années nonante, Kodak, en pleine tourmente financière, abandonne le format 110, puis se sera le tour de Fujifilm en 2009. Mais Lomography reprend le flambeau en 2012 et relance la vente de ces films, la fantaisie en plus.

Alors oui, le format 110 existe toujours et il offre encore des possibilités de photographies amusantes, même au temps du numérique.

Présentation de l’Agfamatic 3008 Pocket.

Comme je l’écrivais un peu plus haut, le recyclage était de mise chez Agfa. Ainsi, le 3000 qui a servi de base au 3008, ressemblait au 2000, qui ressemblait au 1000 … mais en plus performant : l’exposition se règle avec 4 pictogrammes météos, chacun de ces pictogrammes donnant un couple vitesse/ouverture et possède un objectif plus lumineux, un Apotar Couleur de 26mm à 3 lentilles (en verre et résine) ouvrant à f6,3 jusque 16.

L’utilisation d’un flash est assuré par un Cubeflash.

Appareil photo Agfa Agfamatic 3000 Pocket avec Flashbar, en haut un film pour appareil photo.

Pour le 3008, on reprend la même formule : un objectif Apotar Couleur de 26mm à 3 lentilles ouvrant à f6,3 jusque f16 ; les 4 pictogrammes météo qui donne un couple vitesse/ouverture : 1/50s à f6,3 ou 1/100s à f6,3, ou 1/100s à f9,5 ou 1/100s à f15 et un connecteur flash pour FlipFlash.

Un appareil photo Agfamatic 3008 Pocket avec un module de flash monté sur le dessus, posé sur un fond de couleur orange.

Petit aparté concernant le Flip-flash. Avant lui, il existait un petit flash carré, appelé Magic-cube, qui proposait 4 lampes flashs, à jeter. Le Flip-Flash lui en propose 2 x 4 (il suffit de retourner la plaquette) dans un format très fin et qui ne nécessite pas de pile. Outre sa plus grande capacité, son autre avantage est de présenter les éclairs plus haut qu’avec le Magic-Cube et donc assure une meilleure illumination du sujet, ce qui permet d’éviter l’effet yeux rouges lorsqu’on réalise un portrait.

Vue rapprochée de l'appareil photo Agfamatic 3008 Pocket, mettant en avant le logo et l'objectif Color Apotar.

Le 3008 bénéficie aussi du système de chargement/armement appelé par Agfa Repitomatic et que l’on doit au génial inventeur Alfred Winkler (1976): ce système permet, en un seul mouvement coulissant d’une moitié de l’appareil photo, de faire avancer le film d’une image, d’ouvrir le protège objectif, d’armer l’obturateur et, s’il en est équipé, de faire tourner le flash. L’appareil reste en position ouverte le temps de la prise de vue puis vous pouvez le refermer et le bloquer par un loquet coulissant ou refaire la manœuvre pour la photo suivant.

Comme les autres appareils, il est équipé de la grosse pastille orange, le déclencheur Sensor, une autre belle invention destinée elle a éviter le flou de bougé. Lorsque vous regardez ce disque, vous constatez qu’il est au milieu d’un cercle, une collerette de 0,7mm de haut, qui n’a d’autre but que d’amener votre doigt au centre du disque orange, en plastique (un disque de 16mm) qui se trouve au-dessus du bouton proprement dit. La course est très courte (0.5mm) et il suffit d’une force de 300gr sur le disque pour déclencher l’appareil. Cette pastille orange sera non seulement un signe de reconnaissance mais aussi un argument publicitaire puissant.

Vue du dessus de l'Agfamatic 3008 Pocket, mettant en avant le bouton de déclenchement et les réglages de l'exposition.

Petite publicité de 1975 pour des appareils au format 110. Vous pouvez y lire les spécifications de chacun et comparer les prix (en francs français)

Une page de catalogue présentant divers appareils photo, incluant des modèles Agfa et Kodak, avec des descriptions techniques et des prix.

Source : Collection-appareils. Photo-Odéon 1975. Une petite idée des forces en présence à l’époque.

Dans le coffret de présentation, vous trouviez donc l’appareil, une dragonne en métal très à la mode en ce temps-là, un film, un mode d’emploi et, selon le coffret acheté, soit un FlipFlash ou un module Lux 234 que l’on branchait sur le connecteur du flash.

Appareil photo Agfamatic 3008 Pocket accompagné de son emballage, de documents et d'un flash, sur un fond texturé.
Cette image ne vous rappelle rien ? Il y en eut tellement, offerts comme cadeau pour toutes les circonstances de la vie …

Très simple d’emploi, ce petit appareil a eu beaucoup de succès. N’importe qui pouvait s’en servir, à la limite même sans le mode d’emploi. Vous pouviez le glisser dans n’importe quelle poche et le sortir au bon moment.

Que penser de cet appareil ?

Ce sont des appareils photo que l’on trouve facilement en brocante/braderie, chez les vide-grenier, Emmaüs et dans de nombreux tiroirs ou greniers.

Pour les plus jeunes qui ont envie de découvrir les joies du format 110, je dirais que la chasse est ouverte. Il n’est pas nécessaire de se tourner vers les appareils plus sophistiqués pour lesquels j’ai écrits quelques mots ci-dessus mais dans la gamme Agfamatic, je conseillerais de rester dans la famille des 8, justement à partir du 3008 jusqu’au 6008 et les Optima.

Vous savez que je fustige souvent les prix pratiqués notamment par Lomography pour ses nouveaux appareils au format 110. Car vous pourrez trouver facilement et à des prix bien plus décents, des 110 encore en pleine forme et qui n’attendent que vous.

Mais beau joueur, le site Lomography présente quelques photos prises avec cet appareil ICI, d’autant plus la plupart de ces images sont captées sur pellicule … Lomography !

Ceci étant dit, à une époque où le vintage gagne du terrain, voici un moyen amusant de se replonger dans les années septante et quatre-vingt.

Cela vous tente-t-il ?

Vidéo d’illustration

Un peu de technique.

  • Appareil photo de poche
  • Agfa, Allemagne
  • Film photographique format 110
  • Format négatif 13x17mm
  • Transport de films manuel
  • Contrôle de l’exposition manuel par pictogrammes météo
  • Objectif fixe Couleur Apotar de 27mm ouvrant à f6,5
  • Obturateur avec vitesses de 1/50s et 1/100s
  • Déclencheur de type Sensor
  • Sécurité de fermeture
  • Pas d’avancement du film si armement sans déclenchement, système Repitomatic
  • Flash via Flashbar ou module flash Agfamatic Lux 234
  • Période de production à partir de 1975

Des références.

https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-95-Agfa_Agfamatic%203008%20Pocket.html, https://dutchthrift.com/fr/blogs/gear/agfa-agfamatic-pocket-3008-vintage-fun-for-2025, https://www.mes-appareils-photos.fr/Agfamatic-3008.htm en français ; https://kameramuseum.de/objekte/agfa-agfamatic-3008-pocket-sensor/, en allemand ; https://www.submin.com/110/collection/agfa110/cameras/3008.htm, en anglais

Argentique

Une brève apparition, le Minolta 110 Zoom SLR

Préambule.

Pour finir la trilogie des appareils étranges achetés lors de la 25ème Foire de Cormontreuil, il me fallait un autre format, si possible (beaucoup) plus petit que le Sony Instant Pass Photo que je vous proposais il y a peu.

Notre ami, Monsieur Loiseau avait encore dans ses cartons ce petit boitier, avec son sac d’origine en plus, et je vous avoue que je suis très content de l’avoir trouvé car cela faisait un moment que je le cherchais. Car après le Rollei A110, le Voigtländer Vitoret 110 EL et le Pentax Auto 110, ce Minolta est dans ce qui se faisait de mieux au format 110.

Nous allons le découvrir …

Un peu d’histoire.

Pour en rassurer quelques un(e)s, je ne vais pas reprendre toute l’histoire de Minolta, qui pourtant le mérite bien, mais comme ils ont bien fait ce travail chez Collection-appareils, je vous renvoie au lien que j’ai posté tout en bas de l’article, comme d’habitude.

Alors je vais juste revenir sur l’histoire, rapidement, de ce format que l’on croyait disparu mais que Lomography a remis au goût du jour depuis 2012.

En 1963, Kodak lance un nouveau format et un nouveau film, le 126. En fait, il s’agit d’une pellicule 24×36 insérée dans une cassette en plastique, qu’il suffit de glisser toute entière dans la chambre de l’appareil. Plus besoin de ce fait de tirer une amorce à faire entrer dans une fente, parfois étroite, celle posée sur l’axe d’entrainement du film. Il semblerait que cet exercice ait toujours été délicat pour certains, malgré les inventions plus ou moins utiles, que les différentes marques ont proposées au fil du temps pour simplifier le chargement.

Voici pour l’avantage de cette invention. Au niveau des inconvénients, à la place des multiples trous placés sur les bords d’un film classique et qui assure une traction régulière et une tension juste de la pellicule, il n’y en a plus qu’un. Ensuite, sur la porte arrière des appareils photo il y a une plaque métallique, montée sur ressort, qui assure une légère pression sur le film et assure ainsi sa planéité. Ici, comme le film est prisonnier de sa cassette, il n’y a pas moyen d’assurer cette pression. Le film n’étant pas tout à fait à plat, les images sont un peu déformées car les bords peuvent s’incurver, d’autant que la traction n’est pas uniforme.

Mais ces quelques inconvénients ont été balancé par une stratégie publicitaire agressive de Kodak, relayée ensuite par d’autres marques qui ont opté pour ce format afin de ne pas laisser s’échapper un marché en pleine explosion.

C’est l’époque des Kodak Instamatic et autre Agfa Sensor, fabriqués à la pelle et de faible qualité*. Toutefois, ce type d’appareils offrait une photographie décomplexée et facile, y compris pour les plus jeunes.

*Soyons bien clair : lorsque j’écris que ces appareils étaient de faible qualité, je n’exclus pas les nombreuses inventions présentes sur ces boitiers. J’en ai recensées quelques unes dans les articles consacrés aux Kodak Instamatic et Agfa Sensor.

Des millions d’appareils ont été vendus, offerts lors des communions, pour de bons résultats scolaires, des petits cadeaux de St Nicolas, Père Noël, etc., toutes marques confondues. Si la plupart, comme je l’écrivais plus haut, ne sont pas de bonne qualité (lentille en plastique, vitesses uniques ou très réduites, etc.), d’autres ont fait l’objet d’attentions particulières pour essayer de résoudre les problèmes évoqués (Rollei, Minolta, etc.).

Pourtant, en 1972, Kodak remet le couvert, avec une autre invention, les Pocket et leurs films avec un nouveau format, encore plus petit, le 110.

Sur le fond, on reprend le même principe : une cassette en plastique dans laquelle on insert un film cette fois de la moitié du 24×36, soit le 11x17mm.

Pourquoi cette invention ? Pour permettre de diminuer encore la taille des appareils photo, que l’on peut glisser cette fois réellement dans une poche. L’histoire se répète : les appareils sont souvent simplistes et les qualités du film assez limitées, d’autant que le taux d’agrandissement est plus élevé que pour le film standard. Voici venu le temps des Kodak Instamatic Pocket, des Agfamatic encore une fois vendus par camions entiers (on estime qu’environ 60 millions de Kodak Instamatic Pocket se sont vendus entre 1972 et 1984, date de fin de l’épopée).

Les défauts du film sont les mêmes, ceux des appareils aussi. Sauf que certaines marques essaient encore de se démarquer et propose des appareils plus élaborés, mieux finis. Canon, Rollei, Minolta, Fuji, Pentax, par exemple, se sont lancés dans l’aventure mais avec des appareils, certes plus chers, mais autrement plus qualitatifs.

Toutes les bonnes histoires, hélas, ont une fin : 1985 pour Kodak, 2009 pour Fujifilm, qui arrêtent la fabrication de la célèbre petite pellicule.

Et puis, happy end (fin heureuse), en 2012, Lomography relance le format et recrée à la suite quelques appareils dans ce format.

Maintenant, je gage que toutes les personnes de plus de 40 ans ont reçu un jour un de ces appareils, qui trainent peut-être encore dans un tiroir, un grenier. Il est temps de les ressortir !

Si les plus simples ne gardent qu’un intérêt sentimental, sans doute, les plus sophistiqués n’ont rien à envier aux dernières production de Lomography, si ce n’est le … prix ! Car proposer le Lomomatic entre 99 et 189€, je trouve ça cher. Surtout que si vous cherchez bien, vous trouverez un Agfamatic 6008 ou un 901 (motorisé) pour moins de 30€. Et ce n’est qu’un exemple.

Quant aux appareils plus sophistiqués auxquels je faisait allusion ci-dessus, à moins d’être collectionneur et de chercher la perle rare, vous les trouverez entre 50 et 150€. Le prix de leur histoire et de leurs performances !

Présentation du Minolta 110 Zoom SLR.

Nous allons aujourd’hui découvrir un de ces pocket qui sort de l’ordinaire, le Minolta 110 Zoom SLR.

Et déjà, je vous sens attentif : SLR ? Oui, cet appareil est un réflex … de (grande) poche.

Produit de 1976 à 1979, cet appareil est le premier réflex au format 110 (le Pentax Auto 110 sortira en 1978).

Comme je l’écris souvent, Minolta était une marque pleine d’idées, disparue trop tôt à mon goût et en termes d’innovations, ici, ils ont fait fort : le Minolta 100 Zoom SLR possède un prisme de visée, une cellule au CdS externe, un zoom, une griffe flash synchronisée et c’est un automatique à priorité ouverture. Nous allons voir ça en détails …

Tout d’abord, la forme de l’appareil annonce la couleur : il est aplati, comme les autres 110 si ce n’est qu’on lui a greffé un prisme sur le dessus et que son objectif est proéminent et externe, tout comme la cellule.

Schéma technique du Minolta 110 Zoom SLR, montrant les différentes fonctionnalités de l'appareil photo reflex au format 110, incluant des détails sur le viseur et les commandes.
Source : mes appareils.

C’est un appareil automatique à priorité ouverture. La cellule au CdS assure la mesure de la lumière. On peut même compenser l’exposition (+2EV) par contre, impossible de travailler en tout manuel. Autre particularité de cette compensation d’exposition, elle permet d’utiliser des films d’autres sensibilités que les 100 et 400Iso sélectionnés automatiquement par l’ergot de la cartouche. On met sous tension la cellule en appuyant à mi-course sur le déclencheur. Pour sélectionner le contrôle d’exposition, il faut pousser vers l’avant le petit bouton et le pousser vers la droite ou la gauche.

Vue rapprochée du dessus d'un appareil photo Minolta 110 Zoom SLR, montrant le sélecteur ON/OFF, la griffe flash et le filetage pour trépied.

Ce que l’on remarque immédiatement, c’est le gros objectif, au milieu de l’appareil : un Rokkor macro qui est un zoom interne à mise au point manuelle de 25 – 50mm ouvrant à f4,5 – f16, qui offre la possibilité de travailler en macro jusqu’à 28cm du sujet. Ce zoom est un équivalent 50 -100mm en 24×36. Un pare-soleil, en alu, est intégré et fileté au diamètre de 40,5mm pour les filtres (filtre UV jaune et 1B vendus par Minolta).

L’obturateur offre des vitesses de 10s au 1/1000s plus la pose B et une vitesse X synchronisée au 1/150s. La griffe flash possède un contact central pour flash électronique, elle est posée sur le rectangle qui sert de prisme. Le mode B et X permettent aussi de déclencher même sans piles. A côté de la griffe flash, une molette que l’on peut faire bouger si on appuie sur le petit bouton sur le côté (afin d’éviter des changements intempestifs), permet de sélectionner les modes B – X (flash) – A (automatique). Cette dernière est la position la plus habituelle.

A noter que la sélection des ouvertures est curieusement décalée sur le côté, autour de la cellule en fait, avec rappel sur le dessus de la sélection.

Vue rapprochée du dessus d'un appareil photo Minolta 110 Zoom SLR, montrant des réglages et boutons sur le boîtier.

Un mot sur le prisme : Minolta a remplacé le pentaprisme par un ensemble de miroirs. Les miroirs s’articulent latéralement plutôt que vers le haut, de sorte que le résultat est une bosse plus petite que les prismes classiques des reflex.

Le déclencheur, posé sur le dessus de l’appareil, est bien positionné lorsque l’on tient l’appareil en mains. Il est muni d’un filetage pour un déclencheur souple et il est pourvu d’un verrou de sécurité, à côté.

Vue rapprochée de la partie supérieure d'un appareil photo Minolta 110 Zoom SLR, montrant le bouton d'alimentation, un serre-filet et des contrôles d'exposition.

Le viseur n’a pas de stignomètre mais un micro-prisme fin au centre. A droite, 2 triangles pour le posemètre : un jaune pour la sous-exposition et un rouge pour la sur-exposition (et pour le contrôle de la batterie). En tournant la bague des ouvertures, on éteint les flèches si l’exposition est correcte.

Enfin, pour faire avancer le film et armer l’obturateur, il faut utiliser le levier qui est sous l’appareil avec son pouce droit. Un peu comme sur les anciens Kodak Retina.

On peut aussi monter l’appareil sur un trépied car il y a un filetage sur le côté gauche mais il sera alors en position verticale, à moins d’avoir une rotule qui permette de le remettre à plat.

Appareil photo Minolta 110 Zoom SLR vu de profil, avec un objectif proéminent, posé sur un bureau avec un clavier d'ordinateur en arrière-plan.

La trappe pour les piles est elle sur la droite (2 LR ou SR44 de 1,5v). On peut vérifier les piles avec le petit bouton rouge, coincé entre le déclencheur et le prisme.

Vue rapprochée du dessus d'un appareil photo Minolta 110 Zoom SLR, montrant le bouton d'alimentation et la griffe de fixation pour accessoires.

Pour ouvrir l’appareil et y glisser la cartouche de 110, il suffit de faire glisser le petit bouton à côté du viseur.

Cet appareil a séduit par sa singularité mais il sera remplacé en 1979 par un Minolta 110 Zoom Reflex Mark II au look beaucoup plus consensuel, celui d’un vrai mini-reflex (objectif non interchangeable, au contraire du Pentax Auto 110 qui proposait 3 objectifs différents).

Minolta 110 Zoom SLR appareil photo compact avec objectif proéminent, design ergonomique et dioptre au-dessus.

Vous savez maintenant quel autre Minolta je vais rechercher !

Que penser de cet appareil ?

Vous savez que j’aime les appareils qui sortent de l’ordinaire et celui-ci fait partie de la famille des boitiers originaux.

Est-il facile à utiliser ? Paradoxalement, oui car sa tenue en mains, qui ressemblent plus au port de jumelles, est équilibrée et les commandes sont judicieusement placées. Mais il faut maintenir les coudes au corps pour ne pas bouger en cas de vitesses lentes.

Personnellement, je regrette l’absence d’un sitgnomètre, toujours plus simple pour bien faire la mise au point mais le dépoli est très fin et précis.

Avec sa forme bizarre soit vous intriguerez les autres photographes curieux, soit ils penseront que c’est un nouveau modèle de numérique !

Mais vous ne passerez pas inaperçu, pas autant qu’avec un pocket 110 plus classique en tout cas.

De ce que j’ai pu lire à son sujet en préparant cet article, les photos qu’il délivrait étaient de bonne facture, grâce sans doute à son excellent objectif et à sa cellule, précise. La gamme de vitesses disponibles assurait aussi de faire face à presque toutes les situations de prise de vue.

Pour des exemples de photos prises avec ce boitier, c’est par ICI.

S’il reste un appareil atypique, il n’est pas rarissime et il reste abordable : comptez entre 50 et 100€ pour un modèle en parfait état avec sa gaine d’origine.

Plutôt que le formalisme des classiques, oseriez-vous le Minolta 110 Zoom SLR ?

Des vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Minolta 110 Zoom SLR
Format 110
Introduit en 1976 jusque 1979, Japon
Type SLR Mini (Single Lens Reflex = reflex à un seul objectif) dans la catégorie miniature
Matériau du corps : Métal/plastique
Mode Auto, priorité ouverture
Poids 460 gr, Corps avec objectif
Gamme ASA 100 – 400 et autres grâce à la correction d’exposition
Objectif Rokkor zoom 25 – 50mm f4,5 – f16, Il comporte 10 lentilles, et une position macro permet la mise au point à environ 28cm (équivalent 50-100 en 24×36, coefficient de x2 par rapport au 24×36)
Taille du filtre 40,5mm
Posemètre au CdS, externe
Levier d’armement sous l’appareil
Obturateur avec vitesses de 10s au 1/1000, plus pose B, synchro X
Correction d’exposition : oui +2
Griffe flash avec point de synchro X au 1/150s
Alimentation par 2 piles SR44/LR44 (3v)

Des références.

https://camera-wiki.org/wiki/Minolta_110_Zoom_SLR, https://en.wikipedia.org/wiki/Minolta_110_Zoom_SLR, https://cameracollector.net/minolta-110-zoom-slr/, https://texolux.com/2024/11/10/test-minolta-110-zoom-slr-mark-i/, en anglais ; https://www.mes-appareils-photos.fr/ Minolta-110-SLR.htm, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-1690-Minolta_110%20SLR.html, https://photoclubmontlouis.com/minolta-slr-110/, https://foticoscollection.com/fr/item/camara-minolta-110-zoom-slr/2377, en français

Argentique

Un 110 pas vraiment de poche, le Gracia 505 XLR Telephoto Pocket Automatic.

Préambule.

Brrr … il ne fait pas chaud ce matin à Estaimpuis. Et le ciel est bien gris. Pourtant, les brocanteurs sont là, et nous aussi, bon pied, bon œil.

Et des yeux, il va en falloir, des aiguisés, pour trouver quelque chose chez les quelques 400 vendeurs prévus.

Sac au dos, nous voilà parti entre les échoppes, où certains s’installent encore (traduisez, il faudra revenir sur nos pas plus d’une fois).

Un peu d’histoire.

Après avoir inondé le marché avec ses film 126 (en cassette, 1963) et les appareils Instamatic – copiés par tous les autres pour rester dans la course – en 1972, Kodak récidive et lance le format 110, toujours en cassette.

Ce film, vague copie du format 16 lancé par Minolta et ses tout petits appareils (les MG 16 et leurs déclinaisons) donne une image de 13X17mm sur un film de 16mm (tiens, tiens …), c’est – à – dire une image deux fois plus petite que celle d’un film 24x36mm.

Son autre caractéristique est qu’elle est enfermée dans une cartouche en plastique, ce qui simplifie – comme avec le format précédent, le 126 – le chargement dans l’appareil puisqu’il suffit de déposer la cartouche dans la chambre de l’appareil.

Pas d’amorce à fixer (une difficulté semble-t-il à l’époque) ni de film à rembobiner une fois le nombre de vue épuisé, le film rentrant intégralement dans la cartouche en fin de course.

Les appareils prévus étaient les Instamatic Pocket, les Agfa Pocket et toutes une série d’autres constructeurs dont certains grands noms de l’histoire photographique comme Minolta, Pentax, Canon, Rollei, Voigtländer, par exemple (vous en trouverez aisément sur le site à la rubrique les pockets).

Le film étant petit, la plupart des appareils le furent aussi (le Voigtländer Vitoret 110 EL, le Rollei A110 pour ne citer qu’eux). Mais toute règle mérite ses exceptions et le Gracia que je vous présente aujourd’hui est une fois et demie plus long et une fois plus large que le Vitoret 110 EL déjà cité.

Cela l’empêche-t-il d’être un bon appareil ? Non, mais il ne sera plus vraiment facile à ranger dans une poche (pocket).

En ce qui concerne ce Gracia, je vous avoue avoir bien cherché mais très, très peu trouvé d’informations à son sujet.

C’est dans aucun doute un boitier produit-blanc ou un appareil re badgé à ce nom pour une raison quelconque que notre raison ignore encore ! Les informations les plus fiables font état d’appareils fabriqués au Japon ou Taïwan pour une société de vente par correspondance Inter-Sélection à Lys-lez-Lannoy (France). Cette société aurait été active de 1989 à 1999.

Présentation du Gracia 505 XLR Telephoto Pocket Camera with Electronic Strobe.

Ce (long) nom résume à lui seul les caractéristiques de l’engin, sauf sans doute le côté pocket, vu sa taille.

Je ne sais pas non plus d’où vient le chiffre 505 (il est plus léger et moins long) mais pour le reste, commençons :

Sur la plaque supérieure de l’appareil apparaissent toute une série de curseurs :

  • un pour mettre en route le flash (strobe)
  • un autre qui fait apparaître/disparaître les lettres XLR
  • un troisième qui permet de passer de la position normale à celle d’un téléobjectif (le cadre du viseur change et le bloc objectif se déplace)

Le gros bouton rouge, vous l’avez compris, est le déclencheur, pas vraiment sensible – nous sommes loin de la douceur des Sensor d’Agfa.

Et en dessous, un seul grand curseur qui sert à armer l’appareil en poussant dessus.

Capture du panneau arrière de l'appareil photo Gracia 505 XLR, montrant les réglages automatiques ASA 100/400 et les distances de flash.

Un tableau, sur le dessous de l’appareil, indique la puissance du flash selon la sensibilité du film, de 100 à 400 Asa. C’est sans doute là que réside l’explication du XLR car cette position permet de photographier plus loin avec le flash en position normale, de 3 à 6m contre 1,5 à 3m sans la position XLR. C’est ce que le constructeur nomme le flash intégré à portée étendue.

Boîte du Gracia 505 XLR, une caméra de poche téléphoto 110 avec un flash intégré à portée étendue, sur fond orange.

Enfin, un volet permet de cacher l’objectif et le viseur.

Pour le reste, désolé mais je manque d’informations ; focale d’origine ? – Version télé ? – Ouverture ? – Vitesse ? Tout ce que l’on sait, c’est qu’il est tout automatique pour autant que vous le nourrissiez de 2 piles AA, mais qui pourraient ne servir qu’à alimenter le flash car l’engin déclenche même en l’absence d’énergie.

Que penser de cet appareil ?

La Dame qui m’a vendu cet appareil me disait qu’il s’agissait de celui de ses parents, qui l’utilisaient pour les vacances et que les photos étaient belles.

Pourquoi pas ? Ces appareils étaient souvent construit sur le même moule, pas forcément avec des matériaux de grande qualité, mais dans la moyenne de ce qui se faisait alors pour ce type d’appareil au format 110, même chez Kodak ou Agfa.

Bonne affaire ou pas ? Franchement, quand je vois le prix des 110 chez Lomography, en neuf, je ne peux que dire oui. Car pour 5€ et deux piles AA vous voilà avec un appareil un peu au delà de la moyenne de l’époque.

Juste que celui-là, il faudra le mettre dans une grande poche …

Des références.

https://www.collectiongeven.com/piwigo/picture.php?/31211/category/716, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-2706-Gracia_Tele-Flash%20T-52.html, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-15850.html, en français

Argentique

Le Vitoret 110 EL, un Voigtländer de poche

Préambule.

Un stand de vide-grenier, dans une brocante du namurois. Sur l’ensemble de l’étal, quelques vieux box décrépis, des Kodak bons pour la déchetterie et une boite fine, longue, marquée Voigtländer !

Intrigué, je la prends et la retourne dans tous les sens car je tiens-là un appareil peu commun je crois : un Voigtländer en format 110. Je ne me souvenais pas que cela existât.

Petite négociation rapide, le vendeur ne sait pas ce que c’est et hop, dans le sac à dos.

Un peu d’histoire.

Dans ma mémoire un peu fatiguée, je situais bien un Voigtländer Vitoret, mais dans les années soixante et d’un format un peu plus grand, en 24x36mm. Et il n’avait pas vraiment marqué les esprits, étant un bon entrée de gamme.

Et puis, ce type d’appareil ne pouvait sortir que dans les années septante, hors à ce moment-là, Voigtländer était en difficulté (elle ferme les portes en 1972 – voir cet article pour l’histoire de la marque). Qui donc relance ce nom à cette époque ?

Il ne peut s’agir que de Rollei, qui a racheté la marque en 1974. Or cette même année, Rollei avait lancé son magnifique Rollei A110, petite merveille de compacité et de technicité allemande.

Est-ce pour ne pas concurrencer son propre produit que Rollei utilise alors une autre marque dans son portefeuille pour proposer un nouveau concept, tout aussi qualitatif mais différent ?

Je pense qu’un petit aparté est utile.

Pour mémoire, le film au format 110 (1,5 fois plus petit que le 24x36mm puisqu’il propose un négatif de 13x17mm) est lancé au début des années septante par Kodak (1972). La volonté du fabriquant est de proposer, dans la lignée du film en cassette 126, des films faciles à utiliser et destinés à des appareils basiques, généralement.

Le film, basé sur le film 16mm, est perforé une fois, pour assurer l’avance de la pellicule. La cartouche propose 12 ou plus généralement 24 vues. La pellicule est protégée par un papier sur le verso (comme les films 120) qui porte les numéros des vues grâce à une petite fenêtre prévue dans la cartouche du film. Ce qui permet aussi de se passer de compteur de vue sur l’appareil car il suffit de regarder ce cadre pour savoir où on en est dans ses prises de vue.

Ce film, pour décrié qu’il fut par les professionnels, a conquis des millions de personnes (comme le 126 avant lui). Il a surtout donné le goût de photographier à ces millions de personnes, sans complexe, pour le plaisir de garder un souvenir

Kodak cessera de produire le film 110 en 2006, Fujifilm en 2009. Heureusement, Lomography l’a relancé (2012) et entrainé quelques autres fabricants sur la même voie.

Kodak, Agfa et toutes une série d’autres entreprises vont se lancer dans ce créneaux juteux car destinés aux plus jeunes et/ou aux personnes qui veulent juste des photos souvenirs sans s’embarrasser de technique. La production de ces appareils est souvent médiocre, pour ne pas écrire pire : objectif à ménisque en plastique, une seule vitesse (1/60s) et peu ou pas de réglages.

L’engouement vers ce petit film est tel que des grands constructeurs, plus habitués à fabriquer des boitiers de très bonne facture, vont aussi se lancer dans l’aventure, mais en essayant de résoudre les défauts de la cassette. Pentax, Canon, Minolta, Rollei, Fujica, pour n’en citer que quelques uns, vont lancer des petites merveilles de compacité et de technologie pour donner des images de meilleure qualité. Ici pas question d’objectif en plastique mais en verre ; introduction du télémètre sur certains hauts de gamme ; obturateur électronique ; cellule au CdS embarquée et couplée ; flashs intégrés ou dédiés ; mise sous tension des films pour assurer une meilleure planéité (problème numéro 1 de la cassette 110, comme celle de la 126 d’ailleurs).

Bref, ils vont mettre le paquet pour donner ses lettres de noblesse à ce format qui sera roi du début des années septante à la fin des années quatre-vingt, partout.

Alors, si je n’ai pas la réponse à ma question ci-dessus, je constate que c’est Heinz Waaske, designer chez Rollei-Werke (le père de l’Edixa 16, du Rollei 35 et du Rollei A110), en collaboration avec Rudolf Schober, ancien designer chez Voigtländer, qui crée ce petit bijou que nous allons découvrir.

Autre singularité, cet appareil sera fabriqué à Singapour et pas en Allemagne. De quoi perdre encore un peu plus un journaliste curieux ?

Pour être complet, en 1984, toujours sous le nom de Voigtländer, qui avait cette fois été repris par Plusfoto, un nouveau Vitoret 110 voit le jour. Il est doté d’un fix-focus, d’un flash intégré, d’un obturateur à une seule vitesse et est en plastique. Nous sommes loin de la qualité de ces prédécesseurs.

Appareil photo Voigtländer Vitoret 110 EL en position fermée, montrant un design compact et élégant, avec viseur et flash intégré.
Source : fotobox
Une collection de rouleaux de film photographique de différentes tailles, incluant les films 116, 120, 220, 127, 126, 135, 828, APS et 110, présentés sur une surface claire.
Petite liste de la taille des films.
Schéma comparant les formats de film 135, 110 et Disc, illustrant la taille relative de chacun.
Pour avoir une idée de la taille d’un négatif Kodak-disc – 110 – 135mm

Trêves de spéculations, voyons voir de quoi il retourne.

Présentation du Vitoret 110 EL.

Le premier appareil fut le Vitoret 110, celui qui fut développé par Heinz Waaske en 1975.

Il le présentait comme un petit appareil sans prétention. Pourtant il était bien conçu : le levier d’armement faisait avancer le film et armait l’obturateur. Il recevait un obturateur mécanique et on pouvait régler l’ouverture et la distance en fonction de 4 symboles sur le dessus du capot. La vitesse d’obturation était comprise entre 1/40 s et 1/300 s, en fonction de la situation d’éclairage mesurée par la cellule au CdS intégrée.

Vue du dessus d'un appareil photo compact Voigtländer Vitoret 110, mettant en évidence le déclencheur, les réglages d'ouverture et les indications sur le boîtier.
Source : cameragocamera

Ce petit appareil sans prétention sera bien accueilli et se vendra aisément, sa qualité première étant son objectif, un Lanthar de 24mm ouvrant à f5,6, avec une mise au point minimale de 1,2m jusque l’infini.

Mais tout évolue. En 1978, Rollei-Voigtländer nous présente le Vitoret 110EL : on garde le meilleur, c’est-à-dire l’objectif, la cellule au CdS et on y ajoute un brin d’électronique pour l’obturateur.

Quelque petits changements aussi …

Au repos, l’objectif et le viseur sont cachés par une plaque métallique. Ils ne se dégagent que lorsqu’on arme l’appareil. Ici pas besoin d’ouvrir/fermer le boitier, comme avec les Kodak, Agfa ou … Minox, juste un petit curseur à faire glisser.

L’obturateur électronique est central et travaille de 4s à 1/300s. Il est assujetti à la cellule au CdS avec photodiode au silicium. Si l’appareil est privé de pile, l’obturateur se cale sur le 1/300s.

Un appareil photo Voigtländer Vitoret 110 EL sur un fond de bureau, avec un écran indiquant des détails sur une pellicule.

Le viseur, collimaté avec correction de la parallaxe est très clair pour un si petit appareil. Une diode rouge vous signale encore si votre vitesse risque d’être sous le 1/30s. Dans ce cas, vous pouvez utiliser le flash dédié, le V200 (fonctionne avec 2 piles AAA) ou, à défaut (comme ici, le flash est hors service, les piles ont coulé dedans, comme d’habitude !) on peut utiliser un adaptateur pour Magicube, voire encore dévisser la dragonne pour installer l’appareil sur un trépied.

Sous l’appareil, un curseur gris clair anime le mécanisme d’armement et avance du film. Le déclencheur, un carré gris clair sur le dessus, lorsqu’il est appuyé à mi-course, permet à la cellule de faire son calcul en fonction de l’ouverture. Celle-ci peut-être modifiée grâce au curseur sur soleil ou nuage.

Pour alimenter la cellule, deux piles de 1.5v, des LR44, se glissent dans le compartiment situé à l’arrière, sous un couvercle à viser.

L’appareil en lui-même est vraiment petit : 122 x 35 x 27 mm. Il est d’ailleurs livré avec une dragonne mais plus inhabituel, avec une pince que l’on glisse dans la prise du flash. On peut alors l’accrocher à un vêtement. Des auteurs écrivent même que sa petite taille permettait de le mettre dans une poche de veste ou de chemise et que le sens de l’agrafe permet de cacher l’appareil à l’intérieur d’une veste et de prendre des photos en entrouvrant celle-ci. Mais n’est pas espion qui veut …

Appareil photo compact Voigtländer Vitoret 110 EL, avec dragonne, sur un fond textile.
Source : Submin

L’ouverture se sélectionne manuellement, avec les symboles nuage ou soleil, mais aussi grâce au film que vous mettez dans l’appareil car celui-ci est capable de lire la sensibilité de la pellicule. Oh, pas de miracle électronique ici, mais un subterfuge déjà utilisé avec les cartouches de 126. Une petite saillie, sur l’un des côtés de la cartouche, permet à l’appareil de reconnaitre mécaniquement la sensibilité du film utilisé. Une petite saillie = sensibilité élevée ; une saillie plus longue = sensibilité faible.

Boîte de film 110 avec étiquette et encoche indiquant la sensibilité du film, vue de côté.

Avec un film ISO 100, vous pouvez choisir entre Soleil (f11) et Nuages (f5.6). Avec le film ISO 400, vous pouvez choisir entre Nuages (f11) et Fenêtre pour l’intérieur (f5.6).

Vue du dessus d'un appareil photo Voigtländer Vitoret 110 EL, montrant le sélecteur d'ouverture et la prise pour flash.

Pour glisser un film dans la chambre, il faut tirer sur la partie gauche (celle où il y a le viseur) et soulever la longue partie à droite. Le recul est serré, à peine 2mm mais cela garantit une bonne isolation contre la lumière.

Une fois le film placé, la porte refermée, armez quelques fois jusqu’à ce que vous voyez le chiffre 1 apparaitre à la fenêtre arrière. Visez un sujet, vérifiez que vous êtes sur le bon réglage météo et appuyez sur le déclencheur : la photo est dans la boite.

Attention toutefois : lorsque vous faites glisser le curseur pour fermer l’appareil, vous faites avancer le film d’une vue et vous armer l’obturateur. En clair cela veut dire que si vous rangez ensuite l’appareil, à la prochaine réouverture, vous perdrez une image.

En résumé, un tout petit appareil, fort bien fabriqué, tout en métal, avec un très bon objectif. Que demander de plus ?

Que penser de cet appareil ?

Je n’ai pas pu résister, j’ai glissé un film dans la chambre et je vais l’essayer.

De prime abord, je suis frustré par le flash hors service, la pince qui me manque, tout comme la dragonne, mais comme je ne suis pas un collectionneur, je trouverai bien des alternative si je dois l’utiliser par manque de lumière.

Si je le compare aux Agfa que j’avais sous la main, il est réellement plus petit et compact.

Ceci étant ce n’est pas un appareil très courant, même s’il fut vendu à plus de 450.000 exemplaires, tous modèles confondus. Mais il fut sans doute considéré comme inutilisable pour la plupart, les films ayant été un moment retiré de la circulation.

Heureusement, chez Lomography, et d’autres après eux, ont eu la bonne idée de relancer le film, aussi dans des versions originales et créatives. De quoi donner envie de faire revivre ces petites merveilles.

Question prix, pour un exemplaire complet, dans sa boite, avec le flash en état, la dragonne et le clip, comptez environ 50€. L’appareil seul se négocie autour des 30€ s’il est fonctionnel (toujours vérifier le compartiment des piles).

Reste à le sortir en ville car si hier et avant hier l’utilisation de tel appareil semblait normale, de nos jours, on risque de vous regarder faire.

Alors, oseriez-vous le sortir ?

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

  • Caméras : analogique catégorie/type appareil photo de poche
  • Marque : Voigtländer, fabriqué à Singapour
  • Film photographique : cartouche 110
  • Film photographique format négatif : 13 x 17 mm
  • Transport de films : à glissement
  • Posemètre : intégré, couplé
  • Contrôle de l’exposition : cellule au CdS automatique avec photodiode au silicium
  • Marque : Voigtländer Lanthar 24 mm f5.6 – f11, mise au point fixe, en 3 éléments (triplet), multicouches.
  • Obturateur : central électronique
  • Vitesses : 4 s à 1/300 s
  • Flash : Flash dédié ou accessoire pour Magicube
  • Production : 1978 à 1981
  • Quantité produite : 168.400
  • Matériau du boîtier :Plastique
  • Poids : 130 gr

Des références.

https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-419-Voigtlander_Vitoret%20110%20EL.html, https://www.autrefoislaphoto.com/musee/appareils-photographiques/appareils-miniatures/voigtlander-vitoret-110-el, https://fotobox.over-blog.fr/article-voigtlander-vitoret-110-82164439.html en français ; https://camera-wiki.org/wiki/Vitoret_110_EL, https://oldgoodlight.blogspot.com/2016/11/submini-1-voigtlander-vitoret-110-el.html, https://oldcamera.blog/2014/03/08/voigtlander-vitoret-110/, http://www.submin.com/110/collection/voigtlander/cameras/vitoret110el.htm, https://www.subcompactcam.com/110_voigtlaender_vitoret_110el.htm, https://cameragocamera.com/2022/08/30/voigtlander-vitoret-110/ (avec de superbes exemples de photos prises avec cet appareil, impressionnant), https://www.subclub.org/shop/voight.htm, en anglais ; https://kameramuseum.de/objekte/voigtlaender-vitoret-110-el/, https://www.emtus.ch/voigtlaender-vitoret-110-el.html, en allemand

Argentique

L’Agfamatic 4008 Sensor : un vrai argentique au format 110

Préambule.

Mon (petit) stock de découvertes de la brocante de Maroilles diminue encore.

Cet appareil est plus commun que les autres déjà vu jusqu’ici mais comme le format 110 revient à la mode (merci Lomography), il est un bel exemple des bons appareils dans ce format, facile à utiliser et bien construit. La preuve ? Cinquante ans après sa première sortie, il est toujours en forme.

Un peu d’histoire.

Je ne vais pas revenir sur l’histoire du format 110, que vous pourrez découvrir au fil de vos lectures sur les appareils pocket déjà vus sur le site.

Simplement re-préciser que si c’est Kodak qui l’a inventé, dix ans après le format 126, le format 110 a détrôné l’ancien format 16 (des Minolta MG-16), alors le plus courant pour les tous petits appareils de poche (hormis le 8×11 des Minox, mais ce n’est pas le même monde).

Ce nouveau format (1972) a été adopté par presque toutes les marques, qui ont inventé des boitiers de plus en plus petits, parfois très simples, souvent un peu plus sophistiqués, pour tenter de pallier la médiocre qualité des grandissements du film, un négatif de 13x17mm.

La plupart des appareils Instamatic ou Agfamatic, comme ceux des concurrents, sont équipés d’optique en plastique, qui ne contribuent pas à l’amélioration de la qualité des photos. Cependant, même chez Kodak et Agfa et surtout chez leurs concurrents, de nombreux boitiers seront aussi équipés d’optiques en verre, voire d’objectifs avec plusieurs lentilles (Canon, Minolta, Rollei, Pentax, par exemple).

Les Agfamatic ont bénéficié du concours de Schlagheck Design pour définir leur forme que beaucoup considère comme presque parfaite. C’est vrai que les contours arrondis, le mélange du métal satiné et du noir, plus l’intégration du gros bouton rouge du déclencheur Sensor, lui vont à ravir.

Dans la gamme des Agfamatic, apparue en 1974 et qui s’éteindra au seuil des années quatre-vingt,il y a des séries :

  • celles en millier (1000, 2000, etc.) qui sont équipées de Magicube (flash carré à 4 ampoules) ; elles s’appelleront Flash Pocket si un flash est intégré
  • celles des huit (1008, 2008, etc.) qui travaillent avec des Flipflash, ces rampes de 8 ou 10 ampoules flash (qui ont l’avantage d’éloigner la source de lumière de l’objectif pour éviter l’effet yeux rouges) ; elles peuvent être Télé Pocket si une lentille additionnelle donne cet effet télé ; elles peuvent aussi être Macro Pocket si l’objectif est macro (disons plutôt proxiphotographie)
  • la série des 901avec une taille différente car équipé d’un moteur
  • quelques appareils portant des noms seuls, sans numéro (Snapper, Traveler, Sport, par exemple), surtout donnés à des appareils de fin de règne, au début des années quatre-vingt.

Personnellement, j’ai tendance à considérer les séries en huit comme étant des hauts de gamme et celles en millier comme des entrées de gamme. Les appareils motorisés étant une série à part.

Une page de catalogue montrant différents modèles d'appareils photo Agfa, avec des descriptions et des spécifications techniques, y compris le modèle Agfamatic 4008 Pocket Sensor.
Source : Collection-appareils.

Tous ces boitiers ultra légers et éminemment destinés à être glissés dans toutes les poches, sont équipés du système Répitomatic, que la plupart des utilisateurs vont exprimer en nommant les appareils schris-scrach-click du fait des bruits émis par ceux-ci lorsque l’on déplie puis replie le boitier pour armer et le click pour la prise de vue.

Tous sauf ceux équipés, bien évidemment d’un moteur (901, Tramp, Sport et Star).

En effet, le mouvement d’avant- arrière opéré par le photographe arme l’obturateur, le déclencheur et allume la cellule. Pour éteindre le boitier, il faut le refermer et faire glisser une espèce de verrou, situé en dessous, pour bloquer le mouvement et fermer la cellule. Il faut remarquer que si vous ouvrez-fermez plusieurs fois de suite l’appareil sans déclencher, une protection spéciale fait que le film n’avance pas tant que vous n’avez pas déclenché en appuyant sur le Sensor.

Les moins de cinquante ans se souviennent sans doute avec nostalgie de ces pocket, que l’on offrait pour les communions, les anniversaires, les réussites scolaires. Abordable, simple d’utilisation (chargement facile du film, utilisation quasi instinctive pour la prise de vue) en ont fait des grands succès des années septante et quatre-vingt. Si vous fouillez un peu dans les albums photos familiaux, vous en trouverez des traces émues ou émouvantes …

Présentation de l’Agfamatic 4008 Sensor.

Ce 4008 est en fait un 4000 a qui l’on a offert un nouveau flash : exit le Magicube, voici le Flipflap.

Si le 4000 était le fleuron de la série des millier, le 4008 sera précédé des 1008, 2008, 3008 et suivi par un 5008 et, le haut de la gamme, le 6008.

Pour le reste, rien ne change (ou comment faire du neuf avec de l’éprouvé) : système Repitomatic, objectif Color Apotar fixe 26mm f6.3 à 3 lentilles de verre, cellule CdS qui commande la vitesse lors de la prise de vue, automatiquement ; utilisation de deux piles A625 (ou 2 LR44 dans un adaptateur) et vous voilà prêt pour des images instinctives, amusantes.

Comme je le faisais remarquer dans l’article sur le 2008, Bernard Plossu a utilisé ces appareils pour un projet devenu livre, justement à cause de l’instantanéité de la prise de vue, la facilité de celle-ci qui fait que l’on se concentre sur le cadrage ou sur la spontanéité de l’action.

Le viseur est projeté et collimaté, avec un signal lumineux lorsqu’on descend sous le 1/30s et qu’un Flipflash est nécessaire. Très clair malgré la taille de l’appareil, c’est très agréable de viser à travers.

Vue à travers le viseur d'un appareil photo, montrant une tasse colorée avec des motifs.

Sur ce modèle, vous avez trois positions de prise de vue : pour le portrait (de 90cm à 1,2m), pour un groupe (de 1,2m à 2m) et pour l’infini (montagne). On peut juste regretter qu’il n’y a pas de rappel des distances choisies dans le viseur, mais ça, c’est pour le 5008 et le 6008 seulement.

Vue en gros plan du dessus d'un appareil photo Agfamatic 4008 Sensor, montrant le bouton de déclenchement rond rouge et les réglages de mise au point pour portrait, groupe et infini.

Pour alimenter la cellule et l’obturateur, il faut glisser 2 piles A625 dans un petit compartiment dont l’ouverture se situe sur le côté.

Vue rapprochée du compartiment des piles d'un appareil photo Agfamatic 4008, montrant les inscriptions sur le couvercle de la batterie.

Que penser de ce pocket ?

C’est un petit appareil bien fini, bien construit. La seule chose à laquelle faire attention, c’est (comme d’habitude) au compartiment des piles, dans lequel on les a vite oubliées. Et elles peuvent faire des dégâts irrémédiables.

Pour le reste, ouvrez le compartiment du film et actionnez le mécanisme d’avant – arrière pour vérifier si les roues dentées tournent correctement, ce sont elles qui doivent entrainer les vues du film.

Les objectifs sont rarement sales car ils sont généralement protégés par une plaquette qui ne s’escamote qu’au moment de la prise de vue.

Si vous en trouvez un exemplaire avec son petit sac de transport et sa dragonne en métal, vous ne devriez pas dépenser plus de 20€ (soit 6 fois moins que le 110 de Lomography) et vous en aurez autant de plaisir.

Et vous savez que si je taquine bien volontiers Lomography, je leur suis reconnaissant d’encore sortir des films en 110, avec des coloris spéciaux parfois, voire des déclinaisons d’appareils marrants.

Ils nous offre d’ailleurs une belle collection de photos réalisées, notamment, avec cet Agfamatic 4008, que vous pouvez découvrir LA.

Ce pocket, comme tous ceux de cette famille de petits appareils, méritent vraiment d’être redécouverts par les plus jeune (et les autres aussi, en souvenir). Outre ce que j’ai déjà écris au sujet de leur facilité d’emport, d’usage, de spontanéité, de plaisir simple, c’est une manière de photographier, décomplexée, qui rappelle l’âge d’or de la photographie.

Soyez raisonnable, faites-vous plaisir …

Vidéos d’illustration.

Ces appareils se prêtent à toutes les fantaisies.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Caméras : analogique catégorie/type appareil photo de poche
Marque : Agfa, Allemagne
Film photographique : format 110
Film photographique format négatif 13 x 17 mm (pochette)
Transport de films : manuel
Posemètre intégré, couplé au CdS, sensibilité de 25 à 400Iso
Contrôle de l’exposition automatique (priorité vitesse)
Objectif Color Apotar fixe 26mm f6.3 à 3 lentilles en verre, mise au point minimale de 90cm, mise au point sur personne, groupe, montagne
Obturateur à plan focal de 1/30s à 1/500s ; déclencheur Sensor d’Agfa avec possibilité de monter une commande filaire à viser
Flash : Flipflash, possibilité de monter sur le côté un flash électronique Agfalux 400T à brancher sur la prise du Flipflash
Période de production à partir de 1975
Matériaux du boîtier : Métal (aluminium), plastique

Des références.

https://kameramuseum.de/objekte/agfa-agfamatic-4008-pocket-sensor/, https://www.kamera-museum-scholz.de/agfa-kamera/agfamatic-pocket/agfamatic-pocket-4008/ en allemand ; https://camera-wiki.org/wiki/Agfamatic_4008_pocket_sensor, http://www.submin.com/110/collection/agfa110/cameras/4008.htm, https://www.aperturepreview.com/agfamatic-4008-pocket-sensor, en anglais ; https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=10015

Argentique

Toute une Histoire : le Kodak Vest Pocket Autographic (Ball Bearing Shutter) type 3.

Préambule.

Encore un petit appareil sauvé d’une caisse à brol lors de la brocante de Maroilles. De fait, il y en avait plusieurs exemplaires et j’ai choisi celui qui me semblait le moins abîmé, même si on voit qu’il a été utilisé. Mais vous le savez, j’aime bien ces appareils qui ont une histoire, qui ont été frotté par tant de mains que chacune y a laissé sa trace.

Un peu d’histoire.

Ah, ici, nous ne pourrons pas faire l’impasse de l’Histoire pour raconter celle de cet appareil discret et singulier, vous allez comprendre.

Les premiers Kodak Vest Pocket sont produits à partir de 1912 et jusqu’en 1914. Ils seront remplacés dès cette date par les Vest Pocket Autographic et produits jusqu’un 1935, avec pas mal de variations sur le même thème.

Vous avec compris, nous sommes au seuil de la Première Guerre Mondiale, celle que les états majors français et autres pensaient être très courte. D’attaques en retraites, de victoires en défaites, de généraux incompétents en décisions catastrophiques, de par aussi l’utilisation d’armes nouvelles (chars, avions) et pas toujours régulières (gaz toxiques), de l’Europe aux Balkans, de l’Empire Ottoman à l’Afrique, le monde s’enflamme et plus de 18 millions de personnes perdront la vie dont près de 10 millions de soldats.

De guerre offensive puis guerre de tranchées, l’horreur de celle-ci n’est pas bonne à montrer aux populations, galvanisées par les propagandes de l’un ou l’autre camp et qui pense encore revoir les siens, au moins vivants.

C’est dans ce contexte chaotique que le Kodak Vest Pocket puis Vest Pocket Autographic voient le jour et sauront s’exprimer, au grand dam des Etats Majors qui tentent d’imposer une censure sur les terribles images des fronts, surtout ceux des tranchées, ces cloaques innommables où meurent tant de Poilus, tant de soldats courageux, cloués au sol par la mitraille et la stupidité de certains généraux.

Construit donc de 1912 à 1926 à plus 1.750.000 exemplaires, ce petit folding (pliant), conçu pour pouvoir être glissé dans une poche de chemise ou de gilet, prendra place dans les paquetages de nombreux soldats, sous-officiers et même certains officiers, en tout cas généralement assez aisés que pour l’acheter et la pellicule qui va avec (l’appareil valait 45F et un soldat touchait 1,5F par … mois). Kodak le distribuera massivement un peu partout dans le monde et donc ce petit témoin sera de tous les camps.

Au début, il devait être le témoin d’évènements dont les soldats pensent qu’ils seront exceptionnels et marquants. On n’entre pas en guerre tous les jours !

Mais la rapide progression de certains et les retraites tout aussi rapides des autres, la rage des combats n’incitent pas à la pratique de la photographie, d’autant que le climat de défiance est bien présent : on traque les espions et on fusille sans procès. Un décret français de 1915 empêchait les civils et les militaires de photographier la guerre.

D’un autre côté, les familles sont dans l’expectative et l’incertitude, sans nouvelles de leurs proches engagés dans les combats car la presse n’a pas non plus d’informations, le courrier ne circule plus et la Section Photographique et Cinématographique de l’Armée (SPCA) pour la France – et c’est le même dans les autres camps – est singulièrement muette. Ces petits appareils restent le secret espoir qu’un jour on comprendra ce qu’était la vie dans ces moments-là.

Pendant la Grande Guerre, Kodak lance aux USA une campagne de publicité qui incite les recrues à acheter ce type d’appareil, en remède contre l’ennui dans les camps d’entrainement et un moyen de faire partager leur quotidien aux familles. En France, Photo-Plait fait de la publicité pour le Vest Pocket, présenté comme le Kodak du soldat.

C’est sans doute le texte du catalogue Photo plait de 1916 qui donne l’origine de la légende de L’appareil du soldat : Chaque soldat désire garder des souvenirs durables du rôle joué par lui et son régiment dans la grande guerre et il lui est facile d’en fixer les meilleurs avec le petit Vest Pocket Kodak. En résumé le Vest Pocket Kodak est le Kodak du soldat.

De fait, finalement, de nombreuses clichés seront pris, tant sur le front qu’à ses abords, qui illustreront même parfois les journaux. Certains de ces journaux iront même jusqu’à proposer des concours récompensant la meilleure photographie de guerre amateur ! D’autres soldats transmettent les pellicules à l’arrière via un camarade en permission. Cela permet de se dérober à la censure postale, sévère.

Un exemple concret est celui de Jean Decressac : trop jeune pour être mobilisé (18 ans), il devancera l’appel en décembre 1914 et s’engage dans un régiment d’artillerie. De fait, avec son frère jumeau, Georges, ils s’engagent tous deux et tiennent chacun des carnets de route où ils racontent leur vie de soldat tout au long du conflit. Ils illustrent ces récits de dessins et de photographies (300 photos) de ce qu’ils découvrent. Ces photos ne seront vue par leurs familles que lorsqu’ils reviendront du front. Mais, fait remarquable, dès 1919, Jean recopie ses carnets au propre puis il les recopie en 1927 – 28 car il veut en faire des Projets d’Actions Educatives (PAE) et ceux-ci seront publiés et déposés aux Archives Nationales. Dans les années quatre-vingt, il ira dans le lycée Guez de Balzac d’Angoulême (son ancien lycée) expliquer la teneur de ces carnets aux jeunes de l’époque.

Comme son nom l’indique, le Vest Pocket est d’un volume si réduit qu’il peut tenir dans une poche de gilet. Appareil pliant, il doit sa petite taille également à l’utilisation du film 127, plus compact que ses prédécesseurs. Ses dimensions, sa simplicité d’utilisation et son coût relativement modéré en ont fait un véritable succès populaire dès son apparition en 1912.

Si cet appareil ne fut pas le seul à braver la boue, les balles et les bombes, les poux, le choléra et la mort, il en donne une large vision de ce que vivaient les soldats, notamment grâce à sa discrète présence, je vais en reparler.

Source : Vieilalbum, photo de guerre 14 -18
Source : Collection-appareils, photo(prêtée par Monsieur Michel Del) où l’on voit un Kodak Vest Pocket sur la table.

Présentation du Kodak Vest Pocket Autographic type 3.

Comme je l’ai déjà écris plus haut, c’est un petit appareil pliant (63 x 120 x 25 mm, 310 g), tout métallique. La platine, qui porte le combiné objectif/obturateur est relié au corps par des bras en croisillons, qui ont la forme d’un double X, gage de facilité pour ouvrir et fermer l’ensemble.

Si vous regardez bien sur les côtés de l’appareil, deux repose-doigts permettent de tirer vers soi toute cette partie avant. Le soufflet limite l’élongation maximale et donne le tirage. Fermé, vous pouvez voir l’avant de l’objectif et de l’obturateur, avec ses commandes.

Au rayon des avantages de cet appareil, outre donc sa taille et sa facilité de manipulation, c’est qu’il utilise du film en bobine, du 127 (je le rappelle encore, toujours produit de nos jours même s’il faut le commander via Internet), évitant de cette manière la contrainte des appareils à plaques de verre.

Lorsque le soufflet est déplié, vous découvrez un petit viseur redresseur, pivotant, derrière la platine. Honnêtement, on n’y voit pas grand chose à travers. Par dessous, une simple barrette pivotante sert de béquille, verticale.

A côté de ce viseur, une tirette sur laquelle il faut appuyer pour déclencher. Attention, il n’y a pas de protection contre les doubles expositions, pensez donc à chaque photo prise de remonter la clé sur le côté, qui enroule le film d’une vue. Le compteur étant la fenêtre en rouge inactinique au dos.

Les commandes sont minimalistes : au dessus, un petit curseur pour régler la vitesse, de 1s à 1/50s plus pose B et T. La disposition des chiffres est étrange : 1/25s – B – T – 1/50s. Les inscriptions sont très petites et ont tendance à s’effacer avec le temps, pensez-y lors d’un achat.

Franchement, ça sent le réglage au pifomètre tout ça …

Je reviens un instant sur cette disposition bizarre des chiffres des vitesses. Cela est dû à l’obturateur, un Kodak à roulement à billes (ball bearing), un système assez courant chez Kodak dans ces années-là parce que Kodak voulait regagner son indépendance par rapport à ses fournisseurs d’obturateurs (souvent des Bausch & Lomb).

C’est un obturateur avec cinq lames, souvent avec un choix entre deux ou trois vitesses instantanées plus la pose B et le mode T. Il a un support à vis pour un câble de déclenchement distant. L’obturateur avec roulement à billes est célèbre pour son échelle de sélection de vitesse impaire avec le mode B entre la première et la deuxième vitesse instantanée, et le mode T à côté du B.

L’ouverture du diaphragme est ici l’échelle de Kodak 1 – 2 – 3 – 4 mais il a existé une échelle d’ouverture dite américaine ou le 4 équivaut à f8 et le 64 à f32.

Pour mettre un film dans l’appareil, il faut retirer la plaque sur laquelle il y a une clé. Faites glisser le verrou, au centre, puis tirez sur la clé de rembobinage et la plaque tombe. Vérifiez qu’il y a bien une bobine réceptrice, mobile, lors d’une acquisition.

C’est d’ailleurs en retirant la plaque de côté que l’on voit comment est fabriqué cet engin : deux tôles de bonne épaisseur en aluminium serties sur elles-mêmes, sans soudures. La plaque de l’autre côté est simplement visée et maintient les deux parties ensembles.

Le film se glisse dans la fente ainsi ménagée, comme sur les anciens Leica mais en plus facile : bobine débitrice à gauche, on tire sur l’amorce, que l’on glisse dans la large fente de la bobine réceptrice, mobile. On fait tourner un peu pour amorcer puis on rentre le tout dans l’appareil, on referme la plaque de côté en faisant bien glisser le verrou vers la position lock, on arme et déclenche une ou deux fois et en route.

Sur l’arrière de l’appareil, ici un Kodak Vest Autographic, autour de la fenêtre rouge, un grand cercle un peu en saillie, sur lequel sont notés les différents brevets attachés à l’appareil dans les différents pays où il est commercialisé.

Et puis par dessous, une étrange fenêtre qui s’ouvre et au bord du volet de celle-ci, un stylet en métal est attaché : il permettait de tracer sur la pellicule des indications (date, lieu…) pour aider à identifier la prise de vue. C’est la caractéristique du modèle Autographic. Cet appareil était un bloc-notes avant l’heure …

Source : Phototimetunnel, voyez, en dessous du négatif, l’inscription notée avec le stylet L’anniversaire de Betty, 5 ans 29/06/14

La fenêtre est notée use autographic film, n° A 127 en lettres embossées dans le métal. Ne rêvons pas, le film permettant cet ajout n’existe plus depuis bien longtemps (arrêté en 1934), il faut se contenter du film 127 tout simple (arrêté lui par Kodak en 1970 mais repris par d’autres depuis).

Un mot quand même sur ce système autographic, caractéristique propre aux seuls Kodak : il concerne tant l’appareil que le film, spécifique.

  • le film 127 est normalement protégé, comme les films 120, d’un papier qui porte les numéros de vue et d’autres indications pour le positionner dans l’appareil. Le A 127 possédait, en lieu et place du papier, un complexe de tissu et de papier carbone sur lequel on écrivait le texte ou les indications quelconques que l’on voulait voir apparaître sur le bas de la photo. Une exposition de 5s est nécessaire pour que la surface sensible soit marquée. L’inscription apparaîtra ensuite sur le négatif et le tirage.
  • sur l’appareil, une fenêtre étanche à la lumière, peut être ouverte et elle laisse alors apparaître le complexe tissus-carbone au dos du film. Avec le fin stylet attaché à cette ouverture, on peut noter quelques mots ou autre sur le complexe ainsi découvert.

J’imagine qu’il ne faut pas effectuer cette opération en plein soleil mais plutôt protégé et à l’ombre. Si la fenêtre, fermée, est étanche à la lumière, une fois ouverte, c’est le film qui est directement en contact avec l’extérieur. C’est bien la chambre noire que l’on entre ouvre !

Le film 127 permet 8 vues.

L’objectif est un ménisque achromatique de 75mm f8 avec une mise au point fixe ou un Rapid Rectilinear, lui aussi fix-focus, voire encore un objectif Anastigmat de 84mm ouvrant à f7,7. Je pense que c’est celui qui équipe cet exemplaire.

Les réglages par dessous font varier l’ouverture du diaphragme et sont notées, en anglais, de gauche à droite : Near view – Portrait ; Average view ; Distant view ; Cloud’s Marine, avec les chiffres de 1 à 4 par dessous, qui représentent la notation Kodak.

Mais il y eut toute une série de propositions, fonction du modèle, de l’année, du pays … et l’âge du Capitaine ! Je vous encourage à aller voir sur le site toujours bien documenté de Collection-appreils.fr car vous y trouverez une liste impressionnantes d’objectifs prévus et un tableau fort bien fait qui résume la plupart des modèles produits.

Et sur le pdf du site Club Niepce-Lumière vous trouverez aussi plein d’informations utiles, comme les numéros de série. Celui-ci est noté sur la petite béquille et sur mon exemplaire il est 1009145, donc l’appareil date de 1919 (il n’a pas connu la guerre, en tout cas, pas celle-là).

Il a existé un boiter recouvert d’un cuir noir, le Vest Pocket Autographic Special. Sur le mien, il manque une vis pour tenir le bloc obturateur/optique, c’est plus embêtant car il ne se positionne dès lors pas bien. Je vais faire des fouilles dans mes petites réserves de vis minuscules.

Que penser de cet appareil ?

L’appareil est sympathique, réellement petit, agréable à prendre en mains mais l’attrait s’arrête là, en tout cas pour moi.

Pourquoi ?

Tout d’abord les inscriptions sont très petites et si je dois me balader avec mes lunettes de vue sur le nez constamment, ça ne va pas le faire !

Ensuite, et j’ai là une vive admiration pour les personnes qui ont utilisé ce boitier, en leur temps car ce ne devait pas être évident d’être ni net ni lisible avec si peu de réglages. Voyez les quelques photos mises dans l’article.

Mais c’est un appareil souvenir, qui a traversé le temps, pour la plupart des boitiers avec succès car on peut être petit et simple mais costaud.

Au niveau prix, il y a de tout comme souvent. Si vous en trouvez un qui a appartenu à un Poilu (appartenance confirmée), il peut coûter très cher. Sinon, les prix s’échelonnent de 50€ à 100€ selon l’état des boitiers et s’ils sont accompagnés d’un sac, d’une pochette, d’anciennes photos, etc.

Alors, appareil historique ou histoire d’appareil ?

Vidéos d’illustration.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Des références.

https://camerapedia.fandom.com/wiki/Ball_Bearing_Shutter, https://pheugo.com/cameras/index.php?page=kodakbb, https://en.wikipedia.org/wiki/Vest_Pocket_Kodak, https://camera-wiki.org/wiki/Vest_Pocket_Kodak, https://casualphotophile.com/2023/02/13/vest-pocket-kodak-camera-retrospective/ en anglais ; https://www.cameraboussat.fr/dossier_collection/cible.php?id=66&marque=Kodak, https://www.cameramuseum.ch/decouvrir/exposition-permanente/le-siecle-du-film/vest-pocket-lappareil-du-soldat/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-20546-Kodak_Vest%20Pocket%20Autographic%20serie%20III%20Special.html, https://www.museedelagrandeguerre.com/collections/vestpocket/, https://www.mes-appareils-photos.fr/Kodak-Vest-Pocket-Autographic.htm, https://www.club-niepce-lumiere.org/media/files/PDF-F/019-20.pdf , http://www.vieilalbum.com/VestPocketAutogrFR.htm, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=309 en français

Argentique

Le Konica Pocket 400 : le vrai vintage en format 110

Préambule.

Ah, la grande brocante de Maroilles, capital du fromage du même nom. Pour tout vous dire, nous avions prévu d’utiliser le camping car pour y arriver la veille au soir afin de pouvoir nous lever tôt sans être trop fatigués car on nous annonçait pas loin de 600 exposants.

Las, une stupide panne de clignoteurs nous privait de ce fidèle compagnon. Nous avons donc loué une chambre tout près. Afin de voir comment cela allait se présenter, après le souper (diner pour nos amis français), nous sommes partis en repérage des lieux. Et comme à Amiens; nous avons eu la surprise de voir certains brocanteurs déballer et faire quelques ventes à des chineurs de toutes les nationalités.

Un bref tour des premiers exposants nous à toutefois convaincu d’aller dormir, tout le monde n’étant pas encore là, toutes les marchandises en peu fragiles pas encore déballées.

Et donc, le 15 juin, dès 4h30 du matin, nous étions à flâner, les yeux et les oreilles aux aguets. Une vraiment belle brocante.

Petite remarque de vocabulaire : en Belgique, une brocante équivaut à un vide-grenier en France, c’est-à-dire que tout le monde vend ses propres affaires et c’est du tout venant (vêtements, livres, jouets, objets usuels d’une maison, appareils domestiques, etc.). Par contre, une brocante française présente des objets destinés à la revente chez des antiquaires, d’autres brocanteurs professionnels, des particuliers qui cherchent un objet bien précis. Nous appelons cela une belle brocante ou un antiquaire. Ceci pour vous préciser que nous fûmes surpris par la qualité, l’originalité, l’étrangeté, les prix de certains objets présentés, agréablement surpris.

In fine, au bout de près de onze kilomètres de marche, d’aller – retour, de tours en détours, j’ai quand même dégoté quelques beaux appareils que je vous présenterai au fur et à mesure.

Mais, dans cette foule immense, Olivier et moi avons essayé, en vain de nous retrouver (encore toutes mes excuses pour ne pas avoir entendus tes appels dans le bruit ambiant).. On fera mieux la prochaine fois car je sais qu’il a aussi trouvé quelques jolis boitiers/objectifs/accessoires (biffer la mention inutile).

Un peu d’histoire.

De nos jours, la marque Konica seule est un peu oubliée, sauf des plus de 35 ans qui ont connu les différents appareils présenté par la société. Elle est souvent associée à Minolta, qui fusionnera avec Konica en 2003.

Mais commençons par le début. En 1873, Rokusaburo Sugiura vend du matériel photographique et lithographique à Tokyo pour un grossiste en médicaments créé par son arrière-grand-père. Pour ses 25 ans, il aura la chance de se faire photographier dans un studio photo et c’est cette séance qui lui donnera l’idée de son commerce.

En 1897, il importe du matériel cinématographique et il aide à la réalisation du premier film entièrement japonais (1899).

C’est en 1903 que l’entreprise fabrique ses premiers appareils photos, le Cherry Hand Camera. Elle sera la première entreprise à fabriquer en série un appareil photo et à le commercialiser au Japon.

Le Cherry Hand Camera pouvait accueillir six plaques sèches (57 mm × 83 mm) et était vendu à un prix raisonnable. Alors que les appareils photo étaient un produit spécial disponible uniquement pour un groupe limité de personnes, comme les propriétaires de studios de photographie ou de riches amateurs, l’introduction de l’appareil photo Cherry Hand a rendu les appareils photo plus abordables pour le grand public.

Source : Konica Minolta.

Rokuemon Sugiura VII (à part le numéro de succession dans la dynastie, on ne peut pas dire qu’ils ont fait preuve d’imagination pour les prénoms !), pour honorer la mémoire de son père, fonde la Konishi Professional School of Photography pour former les photographes aux compétences techniques et artistiques de la profession. Connue aujourd’hui sous le nom de Tokyo Polytechnic University, cette école forme toujours de nombreux photographes/chercheurs dans la technologie et l’art.

La société produira et commercialisera le premier film pour appareil 24x36mm en 1928, le Sakura film (N/B).

Dès 1896, la société a importé des machines à rayons X au Japon pour la première fois (les rayons X ont été découverts par Wilhelm Conrad Röntgen, un physicien allemand). Pour contribuer à l’avancement du Japon dans l’univers de la médecine, elle a aussi importé des appareils de raidographie. Trente-sept ans plus tard, en 1933, Sakura Film X-ray a été développé, produit et commercialisé avec la même qualité que les films étrangers, auparavant importés.

Le premier film couleur, développé en interne, sera annoncé en 1940 et commercialisé l’année suivante.

L’entreprise ouvrira sa première filiale aux USA en 1956. Elle ne cessera de se développer et d’innover dns tous les domaines de la photographie et de la lithographie.

Ainsi, devant tous les autres grands du secteur photographique japonais, Konica sort le Konica C35EF. Ce sera le premier appareil au monde a présenter un flash intégré (1975). L’appareil aura un énorme succès et se vendra très bien.

Dans le domaine des films, en1976, l’entreprise sort le premier film couleur en 24 vues (Sakura Color 24) alors que la norme était celle de films en 12, 20 et 36 vues. Vendus au même prix que les 20 vues, ces Sakura Color 24 ont établi une nouvelle norme.

Encore une fois, au nez et à la barbe des autres grands fabricants, l’entreprise lance en 1977 le premier appareil photo autofocus au monde, le Konica C35AF (surnommé « Jaspin Konica »). Avec sa fonction de mise au point automatique, cet appareil photo permettait aux utilisateurs de prendre des photos claires simplement en appuyant sur le déclencheur.

L’entreprise continue à se développer et se diversifier, dans le médical, l’impression jet d’encre privée et professionnelle, des appareils pour analyser l’évolution des plantes, etc.

Toujours dans le domaine de la photographie, elle sort le premier papier photographique garanti pour une tenue de 100 ans (1984).

1987, commercialisation du premier film haute sensibilité, le Konica Color GX3200 à 3200Iso.

La société continue à développer ses photocopieurs et entreprend dès 2001 une collaboration avec Minolta pour la fabrication d’encre polymère, moins chère à produire et qui assure une meilleur tenue, plus de précision sur la papier.

Enfin, en 2003, après une longue collaboration avec Minolta dans tous les domaines technologiques, les deux entreprises fusionnent.

2004 verra la commercialisation du Konica Minolta α-7 DIGITAL (MAXXUM 7D aux États-Unis, DYNAX 7D en Europe), le premier appareil photo reflex numérique mono-objectif à objectif interchangeable au monde équipé de la technologie anti-tremblement CCD intégré dans le boitier.

Mais en 2006, le groupe décide d’abandonner la division photographique, qui sera reprise par Kiocera Minolta. L’entreprise développe toujours de nos jours des photocopieurs très performants, des appareils digitaux destinés aux entreprises et à la médecine, des spectromètres pour analyser automatiquement les couleurs, des appareils de radiographies, etc.

Une longue histoire industrielle qui fait que Konica Minolta. Inc. (Konica Minolta) figure parmi les 100 sociétés les plus durables au monde selon l’édition 2023 du Global 100.

Et tout ça grâce à un portrait réalisé en 1873 …

Présentation du Konica Pocket 400.

Comble de l’ironie, si j’ai raté mon ami Olivier, j’ai retrouvé là une dame déjà rencontrée en voisine lors d’une brocante à … Baudour ! Avouez, venir en France pour acheter à une vendeuse belge …

Mais voilà, elle avait quelques chouettes appareils, dont ce petit Konica Pocket 400, auquel je n’ai pas résisté.

Vous le savez, la mode revient à ces appareils qui utilisent le format 110 (voyez aussi l’article sur le Minolta Autopak 450E) et comme j’aime bien la fantaisie de certains de ces appareils, quand j’en trouve un chouette, je le prends.

Celui-ci m’a attiré pour sa (toute) petite taille : guère plus grand, me semble-t’il que le Minolta 16-MG. Un peu plus large car il utilise donc le fameux film en cassette de 110.

Voyons cela de plus près …

Le film au format 110 est apparu en 1972 grâce à Kodak qui voulait un film encore plus petit mais aussi facile que sa cassette 126 (1963). Ce n’est qu’en 2009 que la production de ce film finira, pour être reprise en 2012 par Lomography (merci qui ?).

Comme je l’ai déjà expliqué dans d’autres articles relatifs à ce format, il faut un bon appareil pour obtenir le meilleur résultat de cette pellicule, tant à cause de la taille du film lui-même que de la piètre qualité de certains appareils, les Kodak en tête d’ailleurs.

Donc, ici Konica va nous gâter en 1975 avec ce petit parallélépipède qui tient dans toutes les poches, jugez plutôt : objectifs Couleur Hexar f28mm f8, exposition automatique grâce à une cellule précise, alimentée par une 4LR44, deux positions de prise de vue (infini et personnage), cadre lumineux avec correction de la parallaxe dans le viseur, très clair et prise pour un flash sur le côté, synchronisé au 1/30s ou MagiCube sur le dessus.

L’objectif, en verre, est composé de 3 éléments en 3 groupes. La mise au point commence à 1 mètre jusque l’infini. L’obturateur offre des vitesses de 4s à 1/450s.

Contrairement aux Kodak ou Agfa, et quelques clones, pas question ici de tirer sur la moitié de l’appareil pour armer. Vous le faites en actionnant le bouton poussoir judicieusement placé en dessous, là où le pouce le trouve naturellement pour armer.

Sur le dessus, un gros bouton orange sert de déclencheur, aussi doux que les Sensor d’Agfa.

Je le signalais plus haut, il faut une 4LR44 pour alimenter la cellule de l’appareil. Mais celui-ci fonctionne aussi sans pile (et sans cellule alors), à la vitesse de synchronisation (1/30s).

Dernier raffinement, une diode rouge vous signale que la vitesse risque de chuter sous le 1/30s, avec risque de flou de bougé.

J’aime bien aussi la possibilité d’utiliser deux flashs : les Magicube classiques ou un flash électronique dédié (que je n’ai pas), voire un flash d’une autre marque puisqu’il y a un contact central.

Publicité d’époque, merci Collection-appareils.fr

Que penser de cet appareil ?

Franchement, difficile de faire plus compact et agréable à tenir en mains, ni plus simple d’utilisation : vous ouvrez la porte situé à l’arrière, y glissez une cartouche de film (et Lomography vous offre une belle gamme de films, de quoi s’amuser), refermez le dos, actionnez deux ou trois fois l’armement et le déclenchement jusqu’à ce que le chiffre 1 apparaisse dans la fenêtre au dos et c’est prêt.

Il ne reste plus qu’à vous balader, le nez en l’air et le Konica dans une poche … pour le sortir au bon moment, en toute simplicité, comme dans les années septante.

C’est une vraie machine à remonter le (bon) temps cet appareil, alors, faites-vous plaisir car il ne vous ruinera pas : comptez 25€ pour un exemplaire en parfait état et 30€ si le flash d’origine est toujours ok et vendu avec.

Un peu de technique.

  • Lentille: hexar 28 mm f / 8 (3 éléments, 3 groupes)
  • Focus: 1 m à l’infini
  • Obturateur électronique Copal : 4 – 1/450 s, synchro flash au 1/30s.
  • Cellule CdS de 100 à 400Iso
  • Alimentation: 1 x 4LR44 Batterie alcaline
  • Dimensions et poids: 108 x 52 x 26 mm, 160 g.

Des références.

whttps://camera-wiki.org/wiki/Konica_Pocket_400, https://collection.sciencemuseumgroup.org.uk/objects/co8208728/konica-pocket-400-camera-camera, https://cameragocamera.com/2017/06/25/konica-pocket-400-110mm/, https://collectiblend.com/Cameras/Konishiroku-(Konica)/Pocket-400.html, en anglais ; https://www.collectiongeven.com/piwigo/picture.php?/30519, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-3985.html en français

Argentique

Le Minolta Autopak 450E : le charme du 110 vintage

Préambule.

Oui, j’avoue, je suis parfois un peu distrait, mais vous allez comprendre …

Comme d’habitude, promenade sur une belle brocante, pas très riche en appareils photo toutefois. Mais il fait beau et l’endroit est joli.

Au détour d’un stand, je découvre toutefois un vieil Agfa folding qui a bien souffert, et à côté, un parapluie de poche. A défaut de l’Agfa, je regarde le petit sac rectangulaire de ce que je pensais être un accessoire utile en Belgique et je découvre … un appareil au format 110, un Minolta impeccable.

Petite négociation rapide, et hop, dans le sac à dos.

Quand je pense que j’aurais pu passer à côté !

Un peu d’histoire.

Vous le savez, j’ai une tendresse particulière pour les Minolta, une marque souvent en avance sur ses concurrents mais qui n’a jamais su conquérir le cœur des professionnels. Elle fut très active chez les particuliers, leur proposant souvent des appareils de qualité, facile à utiliser et offrant un excellent rendu.

Pour mémoire, c’est Minolta qui proposa le premier reflex autofocus en 1985, le Minolta 7000 AF et c’est encore eux qui ont proposé le premier reflex mécanique à atteindre le 1/12000s (Minolta Dynax 9, boitier professionnel – 1998).

Bref, ils ont innové et produit d’excellentes machines à faire des photos, dans tous les formats, du 24×36, au 6×6 en passant par le 110.

Le format 110 est un format qui eut son heure de gloire dans les années septante et quatre-vingt. Tous ceux qui ont plus de 40 ans ont pu recevoir un appareil dans ce format, pour un anniversaire, une communion, un cadeau de fête.

Pour les plus jeunes, Lomography a relancé des modèles de ces appareils il y a deux ans maintenant et, surtout, ils sont presque les seuls à produire les cartouches pour ce film atypique.

Donc, pour les d’jeunes, un peu d’histoire : en 1972, soit 10 ans après avoir introduit la cartouche 126, Kodak lance le format 110. Le principe reste le même : un film est placé dans une cartouche fermée qu’il suffit de glisser dans l’appareil ad hoc. Ce qui simplifie à l’extrême une hantise vieille comme la bobine 24×36, à savoir comment bien placer son film dans l’appareil.

Blague à part, cette révolution a permis à Kodak et à ceux qui l’ont suivi de vendre des camions d’appareils photos, simples à utiliser mais pas (toujours) dénués de fonctions intéressantes (cellule, automatisme).

Ce petit container renfermait un film de 13x17mm avec une seule perforation. La contenance évoluait de 12 à 20 – 24 – 36 photos.

Petites particularités : la taille du film est environ la moitié d’un film 24×36. Le film est entouré d’un papier support (comme les bobines de 120) qui porte des indications pour le début et la fin des images, ainsi que des numéros car ils servent de compteur de vues. Il n’y a souvent qu’une perforation pour faire avancer le film dans l’appareil. Enfin, le film est généralement pré-exposé pour y faire figurer des numéros des images et des lignes utiles pour les labo. Une fois développé, on vous renvoie le film en bande, comme le 24×36 ou le 126 avant. En fin de film, pas besoin de rembobiner, la seconde partie de la cartouche étant le réceptacle final des images. Facile on a dit …

Source : the Darkroom

Kodak a fait un tabac avec ses Pocket Instamatic (plus de 60 millions d’Instamatic Poket vendu entre 1972 et 1984), suivi ensuite par Agfa et ses Pocket Sensor, puis d’autres marques telles que Canon, Minolta, Fuji, Rollei, … pour n’en citer que quelques unes. A un moment ou un autre, ils s’y sont tous mis à fabriquer des appareils de poche.

Après la faillite de Kodak (1985), Fujifilm a pris le relais de la fabrication du 110, pour jeter l’éponge en 2009. C’est finalement en 2012 que Lomography relance la fabrication du film, en couleur, N/B et en versions avec des rendus spéciaux.

Les millions d’appareils produits sont de qualité très inégales : les produits de base ou d’entrée de gamme sont assez affligeant mais certaines marques ont réussi à produire de petites merveilles, comme le Rollei A110, le Canon 110 ED, les Fujica Pocket 400, Pocket 450 Flash , le Pentax Auto 110 (le plus petit réflex du monde), le Minolta qui nous préoccupe, et j’en passe.

Il faut savoir que la taille du film et sa conception ne donne pas une qualité excellente aux images. Si vous ajoutez à ces défauts une optique et une mécanique médiocre, je pense que vous avez compris.

Mais encore une fois, certains fabricants sont parvenus à des résultats étonnant.

Au delà de ces aspects que relèvent les photographes un peu tatillons, le format doit son succès à la taille réduite des appareils qui l’utilisent, à sa simplicité de mise en œuvre, à sa relative qualité en tirage de petites tailles, à la qualité de certains boitiers

Une petite idée des films classiques :

Pour en revenir à notre Minolta Autopak 450E proprement dit, il faut savoir que la marque a déjà lancé par le passé des appareils miniatures et fonctionnels, notamment le Minolta 16 II (1960), qui ne cessera d’évoluer et deviendra même le standard des appareils à film 16mm (voir aussi les articles sur le MG 16 et le 16 – MG S).

Ce format, repris par d’autres aussi, a finalement cédé le pas devant le nouveau standard de la machine Kodak, le 110. Ils sont de fait très proches en taille, à partir du 16 – MG S, qui propose des images de 12x17mm (contre 10x14mm auparavant) grâce à la modification des derniers films en 16mm, à qui on a supprimé les perforations en haut et en bas, pour n’en garder qu’une seule comme le … format 110.

La grande différence entre ces deux standards tient à la qualité des images produites : dans le premier cas, il s’agit d’un film se déroulant d’une bobine à l’autre dans une cassette réduite à sa plus simple expression car le boitier qui l’accueille est fait de telle sorte que le film est bien plan. Sans distorsion de la pellicule, le résultat est meilleur et dès lors, les appareils prévus pour ces films étaient généralement équipé de bonnes optiques. Toutefois, ne nous leurrons pas, les agrandissements restaient limités si on voulait garder une qualité acceptable. Dans le second cas, celui du 110, la cassette est plus grande mais assure une moins bonne planéité à la pellicule car celle-ci est enfermée dans le plastique et ce dernier ne tend pas assez le film. Des marques comme Rollei ont essayé de trouver des solutions pour endiguer le problème mais sans jamais vraiment y parvenir. Soyons bien clair à ce sujet : Kodak a sorti le format 110 à la suite du 126, destiné déjà à une clientèle qui voulait avant tout des appareils faciles, sans (trop de) réglages et qui pouvait se contenter de photos souvenirs où la qualité n’était pas primordiale. Notons encore que la qualité des cassettes 110 étaient meilleures que celles des 126.

Jusqu’au Minolta 16 QT de 1972, la marque à résisté mais en 1974, elle sortira son premier appareil à cassette 110, le Minolta Autopak 50.

Ensuite, en 1976, Minolta sort un APNI (appareil photo non identifié), le 110 Zoom, premier reflex pour film 110 avec zoom 25 – 50 intégré.

1977, et voici notre Minolta Autopak 450E, avec flash intégré, ce qui le rend plus long que son prédécesseur, l’Autopak 50.

En 1980, la firme nous sort un sous-marin … jaune, le Weathermatic 110, que l’on verra souvent trainer sur les plages et dans les petit bateaux de plaisance. ce sera le dernier opus de la marque dans ce format, déjà en perte de vitesse.

Je ne vais pas les citer tous, mais il y eut aussi un Autopak 70, sans flash intégré mais avec réglage des distances et obturateur électronique (1973), un Autopak 401, un 430EX avec flash intégré et obturateur électronique, un 470 auquel on pouvait adjoindre un flash dédié, un 450EX, un 460 TX (flash électronique, télé-zoom intégré, obturateur électronique).

Pour une liste plus exhaustive, je vous invite à découvrir le super site de 110 cameras (en anglais), qui est une mine d’informations incontournables sur ces petits appareils (il donne même envie de devenir collectionneur, le bougre !).

Présentation du Minolta Autopak 450E.

Premier constat, il est assez imposant pour un appareil en 110. Sans doute parce que le flash est intégré, ce qui allonge d’autant le corps de l’appareil mais est gage d’une meilleure qualité que les flashs cube classique. Ensuite s’il est généralement en plastique, il est aussi garni de belles pièces métalliques qui lui assurent une belle prestance et un petit côté chic. Sa taille lui confère une bonne prise en mains.

Second constat, par rapport aux Kodak et Agfa non motorisés, il n’est pas nécessaire de faire glisser la moitié de l’appareil pour réarmer, un petit mouvement sur le curseur en dessous suffit. C’est aussi plus confortable si on doit faire plusieurs photos les unes à la suite des autres car on peut manœuvrer ce curseur sans quitter le viseur des yeux.

Ensuite, nous pouvons nous arrêter encore sur la partie objectif, c’est un Rokkor de 26mm ouvrant à f3,5, fabriqué en quatre éléments en trois groupes. La mise au point minimale est de 90cm jusque l’infini en cinq zones de mises au point, repérées par des pictogrammes, visibles dans le viseur. Un objectif macro permet de descendre à environ 45cm grâce au glissement d’une lentille devant l’objectif. Et, petit détail utile, cette mesure correspond à la longueur de la lanière de transport (un peu comme les Minox et leurs chaines de mesure). En position objectif fermé, il est impossible de déclencher.

Quant à l’exposition, elle se définit grâce à trois réglages : soleil (f11), nuage (f22) et flash. Une LED rouge vous indique si la lumière est trop faible. Les réglages s’effectuent avec un curseur orange sur le dessus de l’appareil, à côté de celui pour le réglage de la distance.

Le flash intégré a une portée d’environ 3,5m pour un film de 80 à 100 Asa et d’environ 6m pour une sensibilité de 250 à 400 Asa. Lorsque vous êtes en position flash, l’ouverture est liée à la mise au point.

Un mot encore sur le viseur, très clair malgré la taille du boitier et qui dispose de quelques informations bien utiles : cadre de mise au point, correction de la parallaxe, indication par une LED rouge d’une insuffisance de lumière, les réglages de la mise au point sont visibles (pictogrammes).

La vitesse d’obturation, fixée au 1/200s est fixe.

Enfin, pour alimenter le boitier, une simple pile AA suffit.

Que penser de cet appareil ?

Pour un prix très bas (20€ maximum avec sa gaine et sa dragonne) vous aurez la chance d’avoir un appareil d’excellente qualité avec une optique reconnue, la possibilité de faire de gros plans, des informations utiles dans le viseur, un flash intégré, un obturateur qui n’est pas lié à la batterie et fonctionne donc toujours.

Qui plus est, il est bien fabriqué et solide.

Par contre, on pourrait lui reprocher qu’il n’y ait que deux paramètres d’exposition, hormis le flash en sus. Flash qui met beaucoup de temps à se charger d’ailleurs.

Ceci étant, quand je vois le prix pratiqué par Lomography pour ses nouveaux appareils 110, je me dis forcément qu’il y a là de bonnes affaires à faire !

Soyons de bons comptes : si je me moque des prix pratiqués par Lomography, il faut les remercier d’encore favoriser la diffusion de ce format et pour la fabrication des films, y compris dans des variantes exotiques qui en raviront certain(e)s.

Si je devais résumer en quelques mots, j’insisterais sur le fait que ces appareils ont toujours un public et un intérêt. N’achetez pas les bas de gammes, ni les marques exotiques et prenez le temps de choisir parmi les meilleurs de ces boitiers, comme celui-ci, le Canon 110ED, le Fujica Poket 400, l’Agfa 6008, par exemple.

Et amusez-vous bien !

Pour vous donner une idée des images délivrées par cet appareil, allez voir ICI.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Type: Caméra de poche pour cassettes de film 110 (image de 13x17mm)
Fabricant: Minolta
Année de sortie : 1977
Objectif: Rokkor 26 mm f3,5 (4 éléments en 3 groupes), objectif gros plan intégré déplaçable sur l’objectif
Focus: manuel à l’aide de symboles
Vitesse : vitesse 1/200 secondes.
Indicateur : contrôle manuel, f 3,5 (soleil) ou f11 (nuageux) en mode normal ou selon la distance en mode flash
Viseur: cadre avec trame lumineuse et avec compensation de parallaxe,
LED – Indicateur d’avertissement pour trop peu de lumière et affichage de distance sélectionné
Flash : intégré, jusqu’à 5,30 m à 100 ASA
Dimensions: 162 × 59 × 28 mm
Poids: 235 g.

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Format_110, https://meemoria.fr/blog/l-histoire-des-negatifs-110-n46, https://boxargentique.fr/le-format-110-en-argentique-lomo-tiger-canon-110ed/, https://www.suaudeau.eu/memo/histoire/histoire_minolta/Histoire_de_Minolta.html en français : https://collectiblend.com/forum/viewtopic.php?t=2513, https://lightindarknessphotography.wordpress.com/2019/11/19/minolta-autopak-450e/, https://medium.com/pforppp/vintage-110-camera-22bff9921a0, https://thedarkroom.com/film-formats/110-film/, https://www.fredmiranda.com/forum/topic/1884671/0 en anglais ; https://www.photo-foto.eu/minolta/minolta-pocket-autopak-450e/, en allemand

Argentique

Le format 110 revient : comment ne pas dépenser trop.

Recherche rapide : Préambule – Un peu d’histoire – Présentation des appareils – Qu’en penser ? – Des références

Préambule.

C’est le principe de toutes les modes : ça va et ça vient ! Et pour paraphraser Oscar Wilde « La mode est ce que l’on utilise. Ce qui est démodé, c’est ce qu’utilisent les autres« .

Depuis quelques mois, nos amis de chez Lomography – qui sont encore les seuls à proposer du film en 110 ludique, soulignons-le quand même – ont relancé le format et les appareils qui emploient la petite cassette noire.

Ils avaient déjà quelques appareils, comme le Diana baby ou le Fish Eye baby. Mais ils ont lancé le Lomomatic 110, qui a fait l’objet de mon ire LA.

Non pas que l’appareil soit mauvais mais proposé à 99€, 119€ ou 159€ pour la version métal, ce n’est pas raisonnable.

En effet, les années septante et quatre-vingt ont vu pléthore de ce type d’appareil, du très sérieux au très lamentable. Les tiroirs de vos parents ou grands-parents doivent encore en abriter quelques exemplaires, dont certains sont peut-être encore dans leur emballage d’origine. Car ils étaient des cadeaux faciles et relativement peu onéreux pour les communions, les anniversaires, les réussites scolaires, par exemple.

Bref, en cherchant un peu, vous allez en trouver pour des prix qui vont varier de gratuit (merci papy et mamy) à quelques euros. Sauf si vous vous ruez sur les quelques appareils haut de gamme, car il y en eut aussi (voir les quelques articles à ce sujet sur le site).

Bref, je me suis amusé à faire l’exercice pour vous, chez Emmaüs, et j’ai trouvé trois exemples classiques de ces appareils pour … 10€ les trois ! Exercice que vous auriez pu faire en brocante, dans les vide-greniers, les magasins de seconde main.

Il s’agit d’un tout mécanique, sans cellule mais avec un « zoom », d’un second, « fix focus » mais avec cellule intégrée et automatique et le troisième avec flash électronique intégré.

En l’occurrence, je vais vous présenter les Kodak Télé – Ektra 32 (Kodak Angleterre, 1978 – 1980), Ektra 52 electronic (Kodak Allemagne, 1978-1980) et Ektra 12-EF electronic flash (Kodak Allemagne, 1980-1981).

Un peu d’histoire.

En 1963 Kodak lançait un film en cassette, le format 126, pour aider les photographes (très) amateurs qui avaient toujours la crainte de ne pas placer correctement le film dans leur appareil.

Ce fut un succès immédiat et colossal, bien que la qualité des images produites ne soit pas excellente. La simplicité des appareils et de leur mise en œuvre y compris donc le chargement de la pellicule fut la principale raison de ce succès. Presque toutes les autres marques ont dû acheter les droits d’utilisation du brevet si elles ne voulaient pas rater leur part du gâteau. Agfa a bien essayé un système concurrent, mais sans grand résultat et ils ont ensuite rejoint la bande.

Bien que les appareils qui utilisaient la cassette 126 soient généralement de petite taille, les ingénieurs de chez Kodak ont trouvé que l’on pouvait encore diminuer la taille de ceux-ci, tout en gardant une relative qualité photographique et la même simplicité d’utilisation. Ainsi est né le format 110 au début des années septante (1972).

Comme pour le film 126, le film est entièrement logé dans une cartouche en plastique. Il y a un papier de support continu et le numéro de l’image est visible à travers une fenêtre à l’arrière de la cartouche. Le film n’a pas besoin d’être rembobiné et il est très simple à charger et à décharger.

Là encore, succès immédiat et qui a entrainé les autres marques à suivre le mouvement. Non seulement pour produire des appareils en 110 mais aussi pour fabriquer les fameuses cassettes. Kodak, bien sûr, Agfa, Fujifilm, presque tous se sont lancés dans l’aventure.

Preuve du succès, si la cassette 126 fut abandonnée en 1999 (après 33 ans de bons et loyaux services), Fujifilm a arrêté la fabrication du film 110 en 2009, le dernier (après 37 ans de production).

Il faudra attendre 2012 pour que Lomography reprenne la production de films en N/B, couleur et avec des tonalités fantaisistes (voir leur magasin ICI).

On aura tout dit sur ce format : mauvaise qualité d’image, format trop petit (image de 13x17mm), agrandissement qui abîme encore l’image, appareils de piètre qualité, etc.

Remettons les choses à leur juste place : oui le format est petit mais pour tirer un 10x15cm (les photos des albums de l’époque) c’était amplement suffisant ; oui quelques appareils étaient vraiment mauvais mais les constructeurs « sérieux » (Minolta, Canon, Fuji, Rollei, etc.) ont réussi l’exploit de rendre à ce format ses lettres de noblesse en proposant des appareils performants (zoom, automatiques, avec cellule, télémétriques). Les hauts de gamme des « généralistes » tels que Kodak et Agfa sont aussi très bons et plus abordables. Personnellement, j’ai un faible pour l’Agfa 6008 par exemple.

De fait, c’est la conception de la cassette, gage de simplicité dans le chargement du film, qui est la responsable : impossible de mettre une plaque de pression pour assurer une parfaite planéité de la pellicule, quasi impossible de tirer sur celle-ci pour bien la tendre car elle ne comportait souvent qu’un seul trou pour la faire progresser et pour le « calcul » de l’avancement des vues.

Les fabricants en étaient conscients et ils ont tous plus ou moins trouvé des parades au moins efficaces.

Retenons ceci, pour conclure : si vous voulez acheter un 110 de qualité, lisez la rubrique « pockets » sur le site (oui, un peu de pub ne fait jamais de tort) mais, surtout, achetez des marques connues comme Agfa, Kodak, Hanimex, Halina, Canon, Minolta, Rollei, par exemple.

Présentation des Kodak 32 Télé-Ektra, Kodak 52 Ektra automatic et KodaK Ektra 12-EF

Commençons par celui qui a le plus petit numéro mais qui n’est pas dépourvu d’arguments, le Kodak Ektra 12-EF.

Plus long que ses deux congénères, il est aussi plus simple : un fix-focus Kodar de 23mm ouvrant à f11. Si on applique un taux de conversion de 1,85 (pour mémoire, le film fait 13x17mm soit plus ou moins la moitié d’un 24x36mm), nous obtenons un 42mm, avec une mise au point minimale à 1,2m.

Les réglages sont simples : soleil, nuage et flash, que vous réglez avec une tirette sur le dessus, près du déclencheur. En plein soleil, l’obturateur déclenche au 1/250s ; sous les nuages, plutôt 1/125s et 1/40s avec le flash.

Le viseur est simpliste : un simple carré, sans cadre ni correction de la parallaxe.

Mais, chose amusante, il est équipé d’un flash électronique (le fameux EF du nom), alimenté par deux simples piles AAA.

Le charger d’un film est enfantin : faites glisser la partie transparente et vous ouvrez la porte de la chambre, dans laquelle il suffit de poser la cartouche de 110. Vous refermez et faites glisser le « levier » d’armement qui est par dessous 3 fois et c’est prêt pour votre première balade photographique.

La principale difficulté avec ces appareils, c’est de les tenir correctement, sans mettre ses doigts devant l’objectif par exemple, et pour éviter les flous de bouger.

Kodak avait trouvé une astuce élégante : une coque qui protège l’appareil et qui se déplie pour former une poignée confortable. C’est simple mais efficace.

Passons au second, le Kodak 32 Télé-Ektra.

Comme son nom l’indique, il possède une position 22mm et une « télé » de 37mm. Si on applique le taux de conversion de 1,85, nous obtenons un 40mm et une position téléobjectif de 68mm. Le changement s’opère par le basculement d’un bloc optique devant l’obturateur (tout mécanique).

L’objectif est encore un Kodar ouvrant à f11.

Ensuite, vous pouvez régler l’ouverture selon qu’il y ait du soleil ou pas (pictogrammes soleil ou nuage). Et si la lumière fait vraiment défaut, vous pouvez placer une rampe de Flipflash ou un Kodalux 3 sur l’appareil.

Comme il est assez complet, vous voyez dans le viseur, étonnamment lumineux, les réglages que vous avez choisis. Il est aussi gravé d’un cadre très clair avec correction de la parallaxe.

La vitesse d’obturation dépend de la vitesse du film : 1/125 s à 100 Asa ou 1/250 s pour un film 400 Asa et passe à 1/40 s lorsqu’un flash est installé.

Le charger d’un film est toujours enfantin : faites glisser la partie transparente et vous ouvrez la porte de la chambre, dans laquelle il suffit de poser la cartouche de 110. Vous refermez et faites glisser le « levier » d’armement qui est par dessous 3 fois et c’est prêt pour votre première balade photographique.

Le déclencheur est assez sensible et finalement discret. Il vous suffit de regarder dans le viseur les réglages retenus : en haut, nuage ou soleil ; en bas, un bonhomme ou une montagne pour l’objectif de base et le téléobjectif.

L’appareil s’occupe de tout, c’est un automatique.

Voyons maintenant le troisième boitier, le Kodak Ektra 52 electronic.

La forme est assez semblable (il est un peu plus long que le 32), avec le capot de protection qui se mue en poignée.

L’objectif, toujours un Kodar mais de 25mm cette fois, ouvre à f9,5 (équivalant à un 46mm).

Son obturateur électronique est asservi à une cellule au CdS, alimentée par une pile 4LR44 (6v) qui se trouve dans un compartiment logé au bout du boitier (d’où le fait qu’il soit un peu plus long que le 32). Il fonctionne de 5s à 1/250s.

Le viseur est appelé « brightline » : il est fait de tirets clairs qui se rejoignent par un trait rouge lorsque l’appareil est sous tension et que la lumière est trop faible. Vous avez alors le cadre de votre photo bien visible.

Source : Collection-appareils

Ici aussi en cas de faible lumière, l’appareil utilise un Flipflash ou un Kodalux 3.

Pour le reste, c’est identique aux deux précédents pour le chargement.

Que penser des ces appareils ?

Kodak, comme Agfa d’ailleurs, a toujours multiplié à l’envi ses références, apportant ici un flash électronique, là une cellule au CdS, ou un zoom. Mais quasi jamais ils n’ont mis toutes ces améliorations dans un seul appareil, qui serait comme un haut de gamme.

Car il faut bien avouer qu’il est un peu ridicule de devoir monter un Flipflash ou Kodalux sur le 52 et le priver d’un « zoom ».

De fait, cette tactique poussaient les consommateurs à changer de modèle pour s’approcher de ce qu’ils cherchaient vainement.

Ceci étant dit, hormis le 12-EF, les deux autres ont quelques intérêts, ne fusse que pour leurs beaux viseurs et le 52 pour sa cellule.

Si vous voulez trouver un appareil avec « zoom », une cellule CdS et un flash intégré, il va vous falloir trouver un Kodak Télé-Ektralite 600 (1980 – 1982) ou, autre must, un Pocket Instamatic 60 (1972 – 1976) qui, s’il n’a pas la poignée bien pratique, vous propose un télémètre et une cellule au CdS.

Aucun de ces appareils n’est foncièrement mauvais et ils ont fait les beaux jours de tant d’albums familiaux. Les utiliser de nos jours peut parait incongru et pourtant – en tout cas pour les plus de 20 ans – on retrouve vite les gestes pour les saisir, les régler et tirer la photo.

Car le gros avantage de ces boitiers, c’est qu’on peut vraiment les glisser dans une poche, un sac et qu’ils sont toujours prêts pour l’aventure, sans vous ruiner.

Des références.

http://camera-wiki.org/wiki/Kodak_Tele-Ektra_32, https://kodak.3106.net/index.php?p=211&cam=1067, https://kodak.3106.net/index.php?p=211&cam=1020, http://camera-wiki.org/wiki/Kodak_Ektra_52, https://collection.sciencemuseumgroup.org.uk/objects/co203454/kodak-ektra-52-camera-cartridge-camera, https://kodak.3106.net/index.php?p=211&cam=1010 en anglais ; https://www.bleckedermoor.de/fotomuseum/kodak-tele-ektra.htm, en allemand ; http://clicclac.free.fr/unappareil.php?numero=411, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=695 (à voir pour la chronologie des appareils Kodak et les explications complètes sur le Flipflash), en français.

Argentique

Le Minolta – 16 MG-S

Préambule.

Un petit matin, tôt, sur une brocante ou pour une fois, nous étions vendeurs. Mais, vous me connaissez, il fallait que j’aille faire un petit tour, au cas où …

C’est ainsi que j’ai trouvé ce petit appareil, dans sa gaine en cuir et quelques accessoires, j’y reviendrai.

Je vous ai déjà présenté un Minolta 16 – MG et son aïeul, le Minolta 16 II il y a un moment déjà.

Si vous le permettez, je ne reprendrai donc pas toute l’histoire du modèle.

Présentation du Minolta 16 – MG-S

Le premier Minolta 16 date de 1950, le dernier de 1975. Pendant ces vingt-cinq ans de fabrication, 10 modèles seront produit et le neuvième est celui qui nous préoccupe aujourd’hui, sorti en 1969 et produit jusqu’en 1974.

Il garde la forme arrondie du MG et tout comme son prédécesseur, il est extrêmement bien construit et sa finition est soignée.

Il était proposé en version noire ou, comme ici, en version alu et chrome. Il sera proposé sous forme de « set », dans un luxueux coffret en bois rehaussé de velours rouge, marqué en lettres dorées.

Source : Collection-appareils.

Un peu comme pour le Minox, Minolta va proposer ce modèle dans un système assez complet : dragonne en métal servant aussi à mesurer les distances de prise de vue, flash synchronisé, étui en cuir souple, ensemble d’accessoires dont trois filtres et des bonnettes pour les prises de vue en gros plan, banc de reproduction, chainettes de mesure.

Les trois filtres sont le Haze 1A, rosé ; le Y48 (jaune) pour le travail en noir et blanc et le 80B pour la prise de vue de films négatifs couleur à la lumière tungstène.

Les deux bonnettes pour les gros plans étaient corrigés en parallaxe pour les prises de vue à 40 et 80cm. C’est lors de leur utilisation que la chainette était utile car utilisée sur toute sa longueur pour les prises de vue à 80cm et pliée en deux pour celles à 40cm. Notez que l’appareil dispose déjà d’un objectif « gros plan » intégré, que l’on fait coulisser et qui fait passer la mise au point de l’infini hyperfocal à 1,2m, en fonction de la profondeur de champ choisie.

Le 16-MG-S est encore muni d’un filetage pour le fixer sur un trépied, qui sert aussi à la fixation de la dragonne (le 16-MG en était dépourvu).

Toujours au rayon des différences, on peut encore citer :

  • le format du film, qui ne change pas (16mm) mais offre maintenant des vues en 12x17mm, au lieu des 10×14 des prédécesseurs. Minolta a réussi cet exploit en supprimant simplement les perforations de guidage du bas du film. Le film ne compte plus qu’un perforation dorénavant.
  • le changement de cellule : celle au sélénium est remplacée par une cellule au CdS, plus précise, mais qui nécessite une pile
  • le réglage manuel de l’ouverture peut se faire en regardant le compteur CdS avec son aiguille et le contrôle d’ouverture est entièrement automatique.

Fabriqué pour contrer le film Kodak 110 lancé en 1970, Minolta essayait de garder la main-mise sur les « petits formats », qu’il dominait. Associé à cet agrandissement du film, l’objectif Rokkor de 23mm, ouvrant à f2,8 offre un rapport de quasi X2 et devient ainsi quasi un 46mm, sous une taille et un poids imbattables.

Hélas, c’est le Kodak 110 qui gagnera … et en 1975, Minolta sortira des appareils pocket avec film 110.

Sur le côté gauche, vous trouverez la prise pour le flash. Je pourrais écrire les flashs car outre celui qui est muni d’un support pour un flash cube, il a existé un flash avec lampe.

Sur le dessus de l’appareil, la grande roue affleurante est celle qui fait avancer le film, arme l’obturateur et fait incrémenter le compteur de vue. Il suffit d’un demi-tour, dans le sens anti-horaire. Comme le bord de la roue dépasse sensiblement, il est aisé de la faire tourner.

Toujours sur le capot, au dessus, une seconde roue, plus petite, permet de régler les vitesses pour le flash (1/30s), pour la prise de vue (de 1/60 à 1/500s) ou en position automatique (A) en tournant le cadran strié.

Car oui, on peut choisir une positon automatique ou manuelle sur le 16-MG-S. Sur la position A la vitesse et l’ouverture sont contrôlées par la cellule. L’appareil ne déclenche pas en cas de sur ou sous exposition détectée.

Toujours sur le dessus, en face de l’indication des vitesses, le compteur de vue (qui se remet à zéro automatiquement) et devant lui, une dernière fenêtre qui est celle de la cellule. Le dernier bouton est celui du déclencheur.

Un mot sur le viseur, étonnement clair et grand pour la taille de l’appareil. Sur le côté gauche, un trait rouge apparait lorsque vous avez mis l’objectif en position « gros plan ». C’est une aide pour la correction de la parallaxe. Ingénieux.

Parlons d’ailleurs de la partie objectif. Celui-ci est caché par un panneau coulissant noté Rokkor f2,8 23mm (panneau anti-poussières). Nous avons vu plus haut que c’est l’équivalent d’un 46mm. Sous le premier panneau coulissant, un second, noté 1,2m, pour les gros plans évoqués ci-dessus. Enfin, en dessous, l’objectif proprement dit. L’objectif est constitué de 4 verres répartis en 3 groupes. C’est un « fix focus » net à partir de 3,5m jusque l’infini, sauf si en position « gros plan » et sauf si vous utilisez les accessoires « close-up » qui vous permettent de descendre à 10, 40 ou 80cm. A noter encore que le fait de fermer le panneau anti-poussières ferme aussi l’activité de la cellule.

Juste à côté de l’objectif, dans sa fenêtre ronde, la cellule au sulfure de cadmium (CdS). Vous pouvez régler la sensibilité de la cellule de 25 à 400 Iso en faisant tourner le petit cadran noir autour de la cellule. A chaque « clic » vous incrémentez d’une valeur.

Le film (de 18 vues) qui, hélas n’existe plus, se plaçait dans la chambre après avoir ouvert le petit verrou encastré dans la porte (position Open/Close). Tout à fait à droite de l’emplacement du film, l’endroit où glisser la pile qui alimente la cellule, une pile PX-675 (1,35v) au mercure, qui n’existe heureusement plus mais que l’on peut remplacer par une pile LR44 de 1,5v ou adaptateur et pile air-zinc de 1,35v pour garder la même tension.

Quelques téméraires, qui ont lu ou vu des tutoriels sur Internet, essaient de recréer des films. Ils ont à leur disposition, enfin s’ils en trouvent, une cuve spéciale pour développer, en lumière naturelle les bobines de film.

Source : Photoclubalpha, la cuve de développement spéciale pour le film 16mm, la Dayload 16 qui permet de développer le film en lumière naturelle (mais en devant casser la précieuse cassette du film !)

Pour être complet au niveau des accessoires, il a existé aussi un banc de reproduction spécial pour le 16-MG-S. Pour espion méticuleux !

Que penser de cet appareil ?

Mais que du bien … sauf que le film n’est plus fabriqué ! Quoique cette adresse semble encore en proposer : filmphotographytore

Et c’est bien dommage car le Minolta 16-MG-S est vraiment un bel appareil, qu’on a plaisir à avoir en mains. Il n’a quasiment aucun défaut

De nos jours, les collectionneurs essaient de les trouver dans leur mallette de présentation (sous forme de « set ») mais ce n’est pas facile à trouver.

Un appareil seul, en très bel état, avec au moins sa gaine et sa dragonne, peut valoir dans les 25 à 30€. Sous forme de set, cela peut dépasser les 500€, surtout s’il est noir car plus rare). Un exemplaire avec les 3 filtres vaudra dans les 50€, de même s’il possède les accessoires « close-up ».

Video d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI et par LA (en français)

Type : caméra à viseur dite subminiature
Fabricant : Minolta
Année de lancement : 1969
Film : Film Minolta 16 mm avec des vitesses de 25 à 400 ASA
Taille du cadre : 12 × 17 mm
Objectif : Rokkor f2,8 de 23 mm à mise au point fixe, avec 4 éléments en 3 groupes, une porte coulissante avec un élément de gros plan supplémentaire peut être déplacée vers la position devant l’objectif
Obturateur : Vitesses réglées manuellement entre 1/30 et 1/500 sec. ; Synchronisation X à toutes les vitesses
Ouverture : réglée manuellement entre f2,8 et f16, ou entièrement automatiquement, contrôlée par un compteur CdS proche de l’objectif (EV 8-17)
Viseur : viseur optique lumineux avec marques de parallaxe et indicateurs de contrôle pour une faible luminosité et pour un réglage en gros plan
Taille : 107,5 × 26,5 × 46 mm
Poids : 210g

Des références.

http://camera-wiki.org/wiki/Minolta-16_MG-S, http://www.submin.com/16mm/manuals/minolta/index.htm, https://www.photoclubalpha.com/2008/01/19/a-vintage-minolta-16mm-kit/, https://vintagecameralab.com/minolta-16-mgs/ en anglais ; https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=11566, https://www.minolta.suaudeau.eu/histoire/Minolta_16/Minolta_16.html en français

Argentique

L’Afga Optima 535 Sensor electronic.

Préambule.

C’est encore dans une caisse chez Emmaüs que j’ai trouvé ce petit Agfa, au milieu de Kodak Instamatic de toute sorte et d’Agfa Iso-Rapid anciens.

Accompagné d’un petit flash Osram, je l’ai trouvé sympa et je me suis dit que c’était peut-être le moment de parler de ce petit fix focus qui fit les beaux jours de tant d’albums familiaux dans les années septante et quatre-vingt.

Et il me rappelle une anecdote, contée par un ami, ancien photographe professionnel : « une de mes clientes possédait cet appareil, avec lequel elle faisait de magnifiques photos, parfaitement cadrées, équilibrées. Ravis de ces images, ses proches ont cru bon de lui offrir un reflex, gageant qu’elle ferait encore mieux. Las, elle ne pu jamais s’y habituer et elle revint sans regret à son petit compact ».

Ce n’est pas l’appareil qui fait la photographie mais l’œil de celle/celui qui l’utilise.

Un peu d’histoire.

C’est en 1959 que nait la gamme des Optima. Ce sera le premier appareil tout automatique au monde.

Source : Philcamera

Aussi étonnant que cela puisse paraître, cette gamme perdurera jusqu’en 1982, au fil des améliorations autour d’un même thème : faire un appareil simple pour que tout le monde puisse faire de bonnes photos sans complications.

Si vous avez lu les articles consacrés à l’Agfa Optima Ia et à l’Agfa Optima Parat, vous avez déjà eu une vision assez complète de l’histoire de cette gamme.

Pour les autres, je résume (très fort) : 1930, création du nom pour un appareil à soufflet qui utilise un film propriétaire qui mesure 7,5 x 10,5cm et donne 8 vues. Le hic, c’est qu’on ne peut l’utiliser que dans des appareils prévus à cet effet. Ce fut un fiasco.

Pourtant, à la fin des années cinquante, Agfa ressort le nom pour son nouvel appareil, qui utilise désormais le film classique en 24x36mm.

En 1964 sort un nouveau modèle, très inspiré du Silette Record, avant d’être remplacé à son tour en 1966 par l’Agfa Rapid qui utilise de nouveau un film sensé concurrencer la cassette 126 inventée par Kodak (1963). Une bobine appelée Rapid était susceptible d’être aussi rapide que la cassette du concurrent, mais ce fut une erreur commerciale et la mort dans l’âme, Agfa dû accepter d’acheter le brevet Kodak pour certain de ses appareils qui utiliseront le format de la cassette 126.

L’année érotique si chère à Gainsbourg voit arriver l’Agfa Optima Sensor, ceux avec le gros bouton orange au toucher si sensible. Les progrès de l’électronique feront apparaître en 1976 l’Agfa Optima Sensor Electronic. Ceux-la seront produit jusqu’en 1982.

C’est l’Agfa Optima 200 Sensor qui instaure le gros bouton orange si caractéristique de la gamme.

Source : Philcamera.

Il sera produit de 1968 à 1972. Sa particularité est d’avoir le levier d’armement à gauche, sous la semelle, et il est toujours un appareil à automatisme programmé. Une cassette à demeure dans l’appareil permet le chargement rapide d’un film, nous y reviendrons.

Finalement, en 1976, une nouvelle série commence avec les numéros 535 et 1035.

On abandonne le design un peu retro des modèles précédents pour adopter une nouvelle carrosserie d’un style beaucoup plus moderne, de nouveaux matériaux, une nouvelle électronique. De quoi relancer la gamme sérieusement.

Le modèle qui nous occupe aujourd’hui est le successeur de ce pionnier, qui apparait aussi en 1976.

Le 535 sera l’entrée de gamme, couronnée par le 1535 qui est un véritable télémétrique et offre un objectif encore plus lumineux (faudra que j’essaie d’en trouver un, un jour).

Encore un mot, au sujet du bouton orange.

Aussi anodin parait-il, il renferme de fait des astuces incroyables. Par exemple le fameux disque orange de 16mm de diamètre et toujours entouré d’une collerette en laiton chromé de moins d’un millimètre de haut qui a pour fonction de guider le doigt vers le centre du disque. Ce déclencheur a une course extrêmement courte (moins de 0,5mm) et il ne faut qu’une pression de 300gr pour déclencher. Le but de ce dispositif est d’éviter le flou de bougé.

Bientôt, tous les appareils Agfa se verront offrir ce bouton orange et il deviendra le cheval de bataille publicitaire de la marque.

Présentation de l’Optima 535 Sensor Electronic.

Sa coque noire faite de métal et plastique, avec ce grand viseur très clair et son bouton orange est typique de cette nouvelle gamme dont nous pouvons dégager les grandes lignes communes :

  • Un corps en métal et plastique recouvert d’une belle peinture noire granitée
  • Un objectif de 40 mm f/2,8 Agfa Paratronic Solitar de 4 lentilles en 3 groupes (sauf sur l’Optima 335 qui a un Agnatar ouvrant à f3,5)
  • Le système Sensor avec un large bouton orange pour le déclenchement
  • Un viseur très lumineux avec des lignes brillantes
  • Un dos sur charnière qui libère automatiquement la bobine de film de son axe
  • Un système astucieux de chargement de pellicule avec une bobine fixe
  • Le contrôle automatique de l’exposition avec un double œil situé au bas de l’objectif
  • Un bouton « R » pour rembobiner le film
  • Un obturateur Paratronic
  • Une griffe pour un flash électronique

Par rapport au 335, il propose un objectif de 40mm ouvrant à f2,8, un obturateur central qui offre des vitesses de 15s à 1/500s.

Si vous regardez bien le bas de l’objectif, vous verrez deux yeux qui sont en fait deux cellules au CdS. Une donne les informations à l’obturateur alors que la seconde fait fonctionner les deux LED qui sont dans le viseur : la rouge, vous vous en doutez, indique une vitesse inférieure au 1/30s tandis que la verte indique que vous êtes dans la plage des vitesses optimales pour les prises de vue, celles comprises entre 1/30s et 1/500s.

L’appareil est tout automatique et c’est lui qui donne l’exposition idéale avec l’ouverture adéquate. Le programme fonctionne de f2,8 au 1/30s jusque f5,6 au 1/500s mais l’ouverture peut encore varier jusqu’au f16.

Pour charger un film dans la chambre, faites coulisser le curseur qui libère le dos. Lorsque celui-ci s’ouvre, une platine avec le porte-bobine descend automatiquement, pour faciliter la mise en place du film.

Vous glissez donc votre bobine dans la chambre, refermez la platine et tirez légèrement l’amorce pour la glisser dans la fente de la bobine fixe qui est en face. Refermez l’appareil, armez et déclenchez deux ou trois fois jusqu’à ce que le compteur vous indique la première vue.

Après l’échec de la bobine Rapid, le passage à la cassette 126 du rival Kodak, Agfa a continué a chercher une solution pour que le placement d’un film soit simplifié au maximum et sûr.

Et là, ils ont trouvé : la bobine fixe va donc recevoir au fur et à mesure de vos prises de vue les photos captées. Et elle va les protéger car elle est étanche à la lumière. Ce qui veut dire que si par mégarde vous ouvriez le dos de l’appareil, seule la pellicule entre la bobine émettrice et la bobine réceptrice sera voilée ! Encore un argument pour rassurer le photographe amateur.

« Oui me direz-vous, mais en fin de film, on fait comment ? »

Et bien c’est ici qu’intervient le bouton marqué « R » : en le faisant pivoter, vous inversez le mécanisme du levier d’armement, qui devient « la manivelle de rembobinage ». Simple mais astucieux, non ? Sous la semelle, un petit indicateur vous montre si le film avance correctement.

Je vous encourage à regarder la video placée plus bas pour bien comprendre ces petites astuces utiles.

En ne nous éloignons pas trop de l’objectif, encore un mot à son sujet. Vous verrez sur son pourtour des indications d’ouvertures, que vous pouvez faire bouger grâce à u petit curseur sur la bague. De fait, ces ouvertures ne sont utiles à régler que si vous utilisez un flash, en tenant compte de la grille qui l’accompagne (distance, puissance, ouverture). Dans les autres circonstances, cette bague n’a aucune influence puisque l’appareil est automatique.

La seconde bague est celle des distances, que vous pouvez régler à l’aide de 3 pictogrammes classiques comme le portrait, un groupe, une montagne. Si vous regardez par dessous l’objectif, vous verrez que ces pictogrammes renvoient à des distances en mètres ou en pieds. Vous pouvez donc choisir le système qui vous convient le mieux. La mise au point minimale est de 90cm. L’objectif est muni d’un pas de vis pour y installer des filtres si besoin (diamètre de 49mm).

Ah, ne pas oublier de régler la sensibilité du film en faisant tourner la bague autour du verre de l’objectif. Les sensibilités vont de 25 à 400 Asa.

Que dire encore ? Il y a un pas de vis à gauche pour installer un trépied, la cellule est alimentée par 3 piles PX625A, qui sont installées dans la chambre et il y a une griffe flash synchronisée pour tous les flashs électroniques de l’époque.

Un mot enfin de cette immense fenêtre qu’est le viseur. A part sur certains vieux Voigtländer Vito et assimilés, vous ne trouverez jamais un viseur aussi large (100%) et lumineux. A l’intérieur de celui-ci, les cadres de visée, brillants, avec correction pour la parallaxe.

Vous comprendrez mieux dès lors l’anecdote que je vous narrais en préambule : avec un tel viseur vous avez tout le loisir de bien composer votre cadre et de soigner votre prise de vue. Pour le reste, l’Agfa Optima 535 Sensor Electronic fait son travail et règle tout pour vous donner entière satisfaction. C’est pas beau la vie ?

Que penser de cet appareil ?

Compact, agréable à tenir en main, bien pensé et facile d’utilisation, vous comprendrez pourquoi ce petit boitier a eu du succès.

Il se glisse dans une poche ou un petit sac et est toujours prêt à capter les sujets les plus divers. Ne lui demandez pas l’impossible mais il s’en tire très bien dans de nombreuses situations. Si vous voulez voir de quoi il est capable, je vous invite à le découvrir ICI par exemple.

Tout est-il parfait pour autant ? On pourrait regretter l’absence d’un retardateur, l’obturateur ne compte que 2 lamelles (un peu chiche pour les fanatiques du bokeh), vous ne pouvez absolument rien régler vous même sauf la sensibilité du film et l’ouverture si vous utilisez un flash, la sensibilité Asa est limitée à 400, le pas de vis pour le trépied est sur le côté.

Rien de rédhibitoire en somme. C’est un appareil qui fut offert par camions aux communiants, lors des anniversaires, pour la réussite des examens et pour Madame qui préférait ce type d’appareil au gros reflex compliqué de Monsieur (non, je ne suis pas misogyne, c’est un constat, encouragé il est vrai par la publicité faite par Agfa en ce sens).

C’est un petit appareil toujours utilisable de nos jours et qui vous donnera autant satisfaction qu’à l’époque.

Bien fini, il vous accompagnera longtemps. Et il ne vous ruinera pas : comptez 20€ pour un bel exemplaire, 35€ s’il est accompagné d’un flash fonctionnel, 40€ si vous en trouvez un avec son « sac tout prêt » préformé en plastique.

Video d’illustration.

Un peu de technique.

Appareil photo compact de type 35 mm
Taille 104 mm x 68 mm x 54 mm (L x H x P)
Format d’image 24 x 36 mm (L x H)
Objectif Agfa Solitar, 40 mm f/2.8, simple traitement.
Diaphragme automatique f/2,8 à f/16
Mise au point Pictogrammes d’échelle manuelle en haut de la bague de mise au point/échelle en mètres/pieds en bas, mise au point à 90cm – infini
Vitesses d’obturation 1/30s jusque 1/500s
Grand viseur direct avec marques de parallaxe pour une mise au point rapprochée
Transport du film par levier manuel à simple course, également utilisé pour rembobiner le film lorsque le bouton « R » est enfoncé et tourné
Vitesses de film 25 ASA à 400 ASA, sélectionnées sur une bague autour de l’objectif
Flash avec contact sur la griffe, ouverture sélectionnée manuellement avec flash
Douille pour trépied 1/4 po sur le côté droit qui sert également de fixation pour dragonne d’appareil photo
Batterie 3 batteries V625U, repérables en ouvrant le dos de l’appareil photo

Des références.

http://camera-wiki.org/wiki/Optima_Sensor_535, https://www.hazelandeye.com/blog/2022/1/29/the-minamalists-film-camera-initial-thoughts-on-agfa-optima-535-electronic-sensor, http://ericconstantineau.com/photo/review_agfaoptima535sensor_en.html, https://www.jamescockroft.com/20171027/photography/agfa-optima-sensor-535-unboxing-and-overview/, https://www.k2-photography.dk/agfa-optima-sensor-review/ en anglais ; https://35mm-compact.com/minicompact/agfaoptima535.htm, https://www.philcameras.be/agfa-optima/, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-57-Agfa_Optima%20535.html, en français ; https://www.photo-foto.eu/agfa/agfa-optima-sensor/agfa-optima-535-sensor-electronic/, http://www.misa-photography.de/cam_agfa_optima_1535_sensor.htm, http://www.lippisches-kameramuseum.de/Agfa/Agfa_Optima_535_electronic_Sensor.htm, https://www.kamera-museum-scholz.de/agfa-kamera/optima/optima-elektronic/ en allemand.

Argentique

Le Hit, subminiature camera

Préambule.

Comme beaucoup d’autres pépites présentées sur le site, ce minuscule appareil photo (dit subminiature) est issu de la collection à laquelle j’ai consacré un article.

Petite anecdote à son sujet : c’est dans les articles de Noël que Madame a retrouvé cet appareil, son mari le mettait en guise de « boule de Noël » sur le sapin ! Cependant, ayant appris à connaître la culture photographique de ce Monsieur, vous comprendrez en lisant ce qui suit que ce n’était surement pas par hasard qu’il avait fait ce choix.

Enfin, celui-ci, je l’ai offert à mon épouse qui a craqué devant ce petit bijou japonais.

Un peu d’histoire.

Les premiers appareils de très petites tailles sont apparus avec le Midget en 1937 (inventé vraisemblablement pas Nakamura Jiro) puis avec le Mycro en 1939. Quasi tous les autres sont apparus après la seconde guerre mondiale.

Ils utilisaient tous un film de 17,5mm, un format utilisé dans les endroits dépourvus de cinéma, essentiellement donc dans les zones rurales. Il fut d’ailleurs surnommé le « Pathé Rural ». De fait, c’est un film 35mm standard divisé en deux parties égales.

Vous l’avez deviné, c’était un format avant tout économique.

Au sortir de la dévastation due à la guerre, que l’on soit vainqueur ou vaincu, le temps était aux économies, dans tous les domaines.

Le Japon avait été particulièrement touché et le peu de ressources naturelles excluait toutes dépenses inutiles. Des constructeurs ont donc bien compris l’utilité de repartir sur des appareils simples en 24×36, parfois copiés sur des modèles anciens (et allemands) et sur ces appareils minuscules, qui allaient utiliser cette pellicule avec support papier (comme le 120), qui donnait 10 images de 14x14mm.

Initialement, les japonais utilisaient du film Bolta, très courant chez eux, qu’ils découpaient au format ad hoc, puis il y aura des films tout prêt que l’on vendait, généralement, par paquet de six pour réduire les coûts de production et de distribution.

Source : Subclub. Exemple d’appareil pour découper les films

La conception des appareils procédait du même principe de « récupération » : on part d’appareil connu, c’est-à-dire un boitier avec un viseur de Galilée, un corps en métal bon marché (recyclé) recouvert de simili-cuir, quelques pièces chromées, un déclencheur simple, un bouton d’avance du film, un objectif fixe. La mécanique est très simple et ils sont assemblés facilement dans de petits ateliers.

La société Tougodo, basée à Toyohashi, fabriquait l’un des modèles les plus populaires, le HIT. A tel point que ce nom est devenu synonyme de ce type d’appareil (en tout cas en Occident), quel que soit le fabricant et le modèle (tous fort proches au demeurant).

Paradoxalement, ce sont les troupes d’occupation américaines qui ont popularisé ces petits appareils, en les ramenant dans leurs bagages, comme jouet ou comme cadeau/gadget. Le magazine US Camera en fit la publicité dès 1946 (à l’époque encore du Mycro). Mais la meilleure pub fut celle faite par un soldat américain qui en offrit un à l’actrice Marlène Dietrich.

Dès 1949, on dénombre 18 fabricants et environ 50 sous-traitants pour fabriquer ces appareils de type Hit. La demande américaine augmente rapidement et on estime que plus de 188.000 appareils seront vendus pour la seule année 1949, générant 800 millions de yens d’argent frais pour le Japon.

Lorsque je précisais que notre Collectionneur connaissait l’histoire de ses appareils, il savait que nombre d’entre eux ont été vendus comme jouets ou ornements de Noël, pas vraiment donc comme appareil de prise de vue.

Du début des années cinquante au début des années septante, les appareils de type Hit (qui était devenu comme un nom commun pour cette production, un peu comme Bic pour les stylos billes) ont été vendu essentiellement comme jouets ou gadgets de fantaisie. Souvent appelées  » caméras secrètes miniatures », « cameras espions miniatures » ou encore « cameras espions d’agents secrets », elles ne pouvaient que faire rêver les enfants de l’époque et les grands d’aujourd’hui.

Source : Shutterbug.

Vous vous en doutez, il y eut une myriade de modèles, même si le schéma de base était respecté. Quelques modèles seront modernisés mais les plus gros changements tiennent aux coloris soit des boitiers soit des simili-cuir, de la forme de la fenêtre du viseur, de la place du bouton de remontage, les plaques signalétiques autour de l’objectif, etc.

De quoi rendre fou un collectionneur !

Source : submin.com

Pour vous donner une (petite) idée des marques et dénominations, voici une liste assez exhaustive :

Vous trouverez, en bas de cet article, un certains nombres de références, que je vous encourage à consulter si jamais vous vouliez vous plonger dans l’univers passionnant de ces subminiatures, finalement plus complexe qu’il n’y parait de prime abord.

En résumé et d’après Mike Parker, un appareil est de type HIT s’il suit les six règles suivantes (source The Hit Project de Mike Parker) :

1 Le corps doit avoir la taille, l’épaisseur et le format du Hit classique
2 L’objectif doit être fixe, à une seule lentille et au diaphragme ouvrant approximativement à f/11
3 L’obturateur ne doit avoir qu’une seule vitesse (généralement 1/25 s) et la pose B
4 Les négatifs doivent être au format 14 x 14 mm sur du film 17,5 mm à dos papier (quelquefois du 16 mm)
5 Les pièces métalliques doivent être embouties, plaquées, anodisées ou peintes
6 Le viseur doit être simple et à visée directe

Ces petits appareils verront quelques modèles exceptionnels, sachant réellement faire des photos et d’autres seront tout aussi réellement de purs gadgets, presque bons à être portés en porte-clés.

Présentation du Hit.

Comme précisé plus haut, c’est la société Tougodo Co, fondée en 1930 par Masanori Nagatsuka (et nommée en l’honneur de l’amiral de la Marine Japonaise Tougo) qui produisit la première un prototype de ce type d’appareil. Ensuite, ils le baptisèrent Hit et ce nom est devenu synonyme de cette génération de subminiatures.

C’est donc un petit boitier avec un viseur simple, un déclencheur monté sur l’objectif, un ré-armeur à gauche ou à droite, deux positions de vitesse (I ou B). Le I donne souvent 1/25s – 1/30s voire 1/50s et le B est la pose longue tant que votre doigt reste appuyé sur le déclencheur.

L’obturateur est très simple, à l’image de ce que l’on fabriquera comme pour les Box Kodak ou Agfa.

Le boitier est souvent en métal léger, issu du recyclage. Leur poids varie de 40 à 60gr (celui de cet article, nu, fait 52gr). Le capot et la semelle sont souvent chromés et le simili-cuir est noir. Toutefois, afin de se démarquer, quelques uns seront plaqués or et d’autres auront des simili-cuir de toutes les couleurs.

Plus sérieusement, ils possèdent un simple viseur sans aucune marque à l’intérieur.

L’objectif est à focale fixe (souvent 20mm) avec une seule lentille, qui est en fait un ménisque, avec une ouverture moyenne de f11. La mise au point est souvent de 25cm. Notre exemplaire possède lui un 30mm ouvrant à f11.

Source : Webarchives

C’est donc bien un Tougo-Do Optical, daté de 1956.

Sur le dessus donc, un simple bouton permet de faire avancer le film. Il se soulève pour pouvoir placer la bobine dans la chambre.

A l’arrière, une fenêtre en rouge inactinique permet de voir défiler le film en rouleau de 17,5mm, qui donnera 10 vues de 14x14mm. Quelques modèles « haut de gamme » auront même un petit compteur à coté du bouton de réarmement.

Pour l’exemplaire qui nous préoccupe aujourd’hui, le mot Hit est gravé dans le cuir de son petit sac, sur le capot chromé et noté sur le pourtour de l’objectif (HIT camera).

Le dos s’ouvre avec un système à ressort (fragile car la pièce est fixée par des rivets minuscules). D’autres auront un système avec une barre coulissante.

A l’intérieur de la chambre, il y a une plaquette métallique qui porte d’un côté une bobine minuscule et vide et de l’autre la place pour y installer le nouveau film. De fait, il me semble conseillé d’installer le film d’abord sur cet ensemble et de replacer le tout ensuite dans la chambre pour finir de l’enrouler à la première vue.

Prétendre faire des photos avec ce type d’appareil est possible, vous en verrez quelques exemples ICI.

Mais il faut trouver comment découper son film, le mettre en cartouche, alimenter le boitier et … faire ses photos.

Ah, techniquement, il n’y a rien de bien compliqué : c’est un fix-focus avec une vitesse unique (I) ou la pose B (mais on ne peut pas le fixer sur un mini trépied).

Quant à la qualité des images, disons que certaines sont exploitables et d’autres, heu, comment dire … franchement mauvaises !

Que penser de cet appareil ?

L’énorme avantage de ces appareils minuscules, c’est que vous pouvez en collectionner mille dans une pièce sans que l’on vous reproche que cela prenne « toute la place » !

Encore, si vous trouvez les longues soirées d’hiver tristes, c’est un passe-temps formidable : s’y retrouver dans les marques, les modèles et sous-modèles des sous-marques, avec ou sans bouton à gauche, à droite, simili-cuir noir ou de toutes les couleurs, … bref de quoi passer un (long) moment dans les bourses, sur les sites Internet ou autre pour se constituer sa collection et ensuite la mettre à jour.

Ne comptez quand même pas faire de photographie avec ces engins, vous seriez plus souvent déçus qu’agréablement surpris.

Ceci étant, ils sont « craquants » avec leur petit côté « j’ai tout d’un grand ».

Au niveau prix, ils ne sont pas très courant en Europe, sauf en Angleterre. Leurs terres d’élection seront plutôt le Japon et les USA. Mais les sites Internet devraient pouvoir vous combler. Comptez de 20 à 200€ selon les modèles.

Video d’illustration.

Des références.

https://web.archive.org/web/20170319222221/http://www.fotomuseetiosby.nu/hit.html, en suédois ; http://camera-wiki.org/wiki/Hit, https://web.archive.org/web/20170609143926/http://www.cosmonet.org/camera/hit_e.htm, http://www.submin.com/17.5mm/index.htm, http://mycro.jp/en/index.html, http://www.submin.com/17.5mm/collection/hit/index.htm, https://cameracollector.net/hit-type-camera-list/, http://camera-wiki.org/wiki/Hit-type_cameras, https://historiccamera.com/cgi-bin/librarium2/pm.cgi?action=app_display&app=datasheet&app_id=4174, https://schneidan.com/2016/01/29/this-week-no-36-the-hit-camera-and-the-k1000s/, https://www.shutterbug.com/content/classic-cameras-so-you-wanted-be-spy-hit-cameras-%E2%80%9Csecret-spy-cameras%E2%80%9D-page-2, https://www.lomography.com/homes/akula/notes/134327-crystar-sub-miniature-hit-camera, http://www.subclub.org/sponsors/goathil2.htm (tous les trucs pour faire soi-même les films), https://web.archive.org/web/20080516091517/http://www.ephotozine.com/article/Collecting-Hit-type-cameras en anglais ; https://www.photodeal.de/allgemein/fernostminis.htm, en allemand ; https://collection-appareils.fr/general/html/listeH_imagettes.php

Argentique

Le Fujica Pocket 450 Flash

Préambule.

Celui-ci, c’est sur des marches d’escalier chez Emmaüs que je l’ai trouvé, dans une petite gaine qui avait connu des jours bien meilleurs. Un oubli par quelqu’un qui l’avait trouvé avant moi ?

Toujours est-il que me baisant pour voir ce que contenait ladite gaine, je tombe nez-à-nez avec ce petit bijou japonais : un Fujica Pocket 450 Flash.

Petit contrôle rapide de la trappe à piles : rien à signaler, tout est propre. Et il reste un film dans le boitier, un 110 terminé. Si ça tombe, nous pourrons reprendre « vos photos oubliées ».

Mais pourquoi suis-je en train de m’extasier devant ce (tout) petit appareil ?

Un peu d’histoire.

J’ai présenté il y a quelques temps un Fujica Pocket, le 400, qui utilisait aussi le format 110 mais il était dans la veine des pockets de l’époque, comme les Agfamatic et les Kodak : tout plat.

Par contre, vous avez déjà pu lire le compte rendu du Fujica Pocket 250, sans flash celui de l’Hanimex VIF 100, très proche du modèle du jour ; l’Hanimex VXL équipé d’un flash et d’une cellule.

Le point commun de ces appareils, c’est leur forme : ils se présentent plus comme de petits appareils 24×36 que comme les pockets de style Agfa 901 ou Kodak.

Si vous n’avez pas été relire ces excellents articles, je résume :

  • 1888, Kodak invente le « Box », un appareil simplissime pré-chargé d’un film pour 100 images qu’il faut renvoyer à l’usine pour développement et rechargement
  • 1913, Oskar Barnak, ingénieur chez Zeiss, invente le format 24x36mm en mettant à l’horizontale un film utilisé en vertical pour le cinéma
  • 1925, Oskar Barnak invente un appareil révolutionnaire : le Leica, petit, éminemment transportable, que l’on charge avec le nouveau film dit 135
  • 1934, Kodak invente la cartouche industrielle de film 24×36, tout prêt à l’emploi
  • 1960, Agfa remet au goût du jour une cartouche de film, le Rapid qui ne nécessite plus de rembobiner le film à la fin. Cette solution se heurtera de plein fouet à la suivante et n’y survivra pas.
  • 1963, Kodak invente le format 126 qui est une cassette contenant un film 24×36. Elle est destinée à faciliter le chargement des appareils. Ainsi nait aussi la longue lignée des Instamatic. De fait, la cartouche 126 éliminait toute manipulation du film et le système fut un succès instantané. On estime que Kodak a vendu à lui seul plus de 70 millions d’appareils photo de la série Instamatic au cours des années 1960 et au début des années 1970, sachant que le format a aussi été adopté par un certain nombre d’autres fabricants d’appareils photo, notamment Agfa, Konica, Minolta, Olympus et Yashica.
  • 1972, Kodak invente la cartouche de film en format 110 (image de 13x17mm) et une nouvelle série d’appareils conçus pour accueillir le nouveau film, les Pockets Instamatic, qui seront aussi déclinés en millions d’exemplaires. On pense que plus de 25 millions d’appareils ont été vendu dans les trois premières années de fabrication. Si de nombreux concurrents n’avaient pas acheté la licence du 126, ici ils sont sont rués sur la manne et c’était à qui proposerait un appareil sophistiqué dans ce format simplissime.
  • 1977, plus ou moins, on peut citer le Minolta 110 Zoom SLR, le Rollei A110, le 110S chez Minox, le Canon 110E, le Fujica Pocket 450 Flash et le Fujica Pocket 330 Zoom parmi les plus sophistiqués

Fujica, qui avait raté le marché des appareils en format 16mm (les appareils « espions ») s’est dit que cette fois on ne l’y reprendrait plus : ils ont donc investi dans ce nouveau marché en proposant des appareils basiques mais surtout des petits joyaux très élaborés :

  • premier zoom installé sur un appareil de ce format
  • optique de 20mm (équivalant 40mm en 24×36) pour une plus grande profondeur de champ, idéale pour les photos de groupe ou de paysage
  • objectif ouvrant à f2,8
  • utilisation d’un sabot pour installer un flash électronique plutôt que les Flip Flash ou les Flashs Cube encombrant
  • installation d’un vrai télémètre, de l’avance automatique du film, de l’exposition automatique

Bref, Fuji a proposé une gamme très complète et très riche pour répondre aux besoins du plus grand nombre.

Si la plupart de ces appareils ont la forme bien connue d’un rectangle plat de petites dimensions, d’autres seront fabriqués comme de petits boitiers 24×36.

Ce sera le cas pour les modèles 250, 350 et celui qui nous occupe aujourd’hui, le 450 Flash.

Très bien construits (plastique et métal), ils sont très petits et on les glisse aisément dans une poche ou un sac.

Simples d’utilisation, ils offrent cependant quelques astuces qui les rend performants.

Présentation de l’appareil.

Le Fujica Pocket 450 Flash est un petit rectangle noir du plus bel effet, dense, fait de métal et de plastique d’excellente qualité. On le sent bien en mains.

Et ce qui frappe d’emblée, c’est justement ce flash qui occupe près du quart de la longueur du boitier, légèrement en saillie.

Quand on actionne le petit curseur qui le met en route, il se déploie selon une cinématique particulière : il se soulève vers le haut et bascule vers la gauche (vu de dos), déportant l’éclair de l’axe de l’objectif. Quoiqu’on puisse lui demander de rester à sa place.

Un « flash guide » est collé sur l’arrière du flash, visible lorsqu’il est sorti.

Dès qu’on l’a libéré, on entend le petit sifflement caractéristique d’un flash qui charge son condensateur. Il faut plus ou moins dix secondes pour un premier éclair.

Ensuite, sur la face avant, au milieu du boitier trône l’objectif, un Fujinon de 20mm qualifié de « wide » soit « grand angle ». Ce qui n’est pas tout à fait vrai puisque nous l’avons vu, ça correspond à un 40mm en 24×36. Mais cette focale permet d’avoir une meilleur profondeur de champ.

La distance se règle grâce à la roue autour de l’objectif : des « clics » discrets mais efficaces permettent de choisir des distances de 60 cm à l’infini si on opte pour la lecture en chiffres ou via des pictogrammes qui vont du portrait à la montagne.

Toujours sur la face avant, une réglette permet de varier l’ouverture en fonction de pictogrammes qui vont du grand soleil aux nuages. Cette réglette module aussi l’éclair du flash en fonction de la distance retenue.

A l’arrière, un viseur quasi au centre avec, à côté, un témoin de charge de flash (lampe orange).

Le viseur est très clair malgré la petite taille de l’ensemble. Il possède un cadre brillant et des lignes pour la correction de la parallaxe.

Tout en bas, sous la porte munie d’un verrou posé sur la tranche du boitier, une roue dentée, qui sert à faire avancer le film et réarmer l’obturateur.

Obturateur central qu’on libère en appuyant sur le déclencheur, très sensible et, surtout, très discret. Juste à côté du déclencheur, un pas de vis pour y fixer un déclencheur souple.

Sur la semelle, un pas de vis permet de fixer le boitier sur un trépied et c’est là aussi que se trouve la porte pour les piles, deux AA très classiques et peu onéreuses.

Ici pas de bouton pour rembobiner le film puisque ce n’est pas nécessaire avec la cartouche de 110 : quand vous êtes à la dernière image, le film se détache et rentre complètement dans la cartouche, à l’abri.

Lorsque vous ouvrez le dos de l’appareil, vous découvrez la chambre dans laquelle il suffit de déposer la cartouche de 110. Vous refermez le dos, actionnez un ou deux fois le déclencheur, jusqu’à la marque de la première image et vous voilà prêt à sortir.

Pas besoin ici d’un compteur de vue, le défilement de vues apparait à travers la fenêtre au dos de l’appareil. Le papier qui entoure le film porte ces indications.

Que penser de cet appareil ?

C’est un des appareils le plus sophistiqué dans ce format, le 110. Fabriqué en 1977, il répond aux attentes de la clientèle : un appareil discret, facile à manipuler mais qui offre de bonnes performances.

Par exemple grâce à son objectif Fujinon de 20mm ouvrant à f4, qui propose une mise au point via 4 zones représentées par des pictogrammes ou via une échelle de distance.

L’ouverture est elle aussi triple et représentée pas des symboles météorologiques (soleil, nuage et soleil, nuage).

Ces réglages, bien plus nombreux que sur les 110 basiques, permettent un meilleur contrôle de ses images.

L’obturateur donne une vitesse fixe de 1/160s, ce qui est « rapide » eu égard aux concurrents (ça varie de 1/40 à 1/100s généralement).

Enfin, la particularité du flash, qui se déploie et se place hors de l’axe de l’objectif, donne de bien meilleurs résultats.

Original avec ses airs de petit 24×36, très bien construit et toujours parfaitement fonctionnel, flash compris, voilà un petit appareil peu courant qui donnera bien envie de retrouver les joies du format 110.

Si vous en trouvez un, sachez qu’il se négocie autour des 30 à 40€ maximum. C’est toujours bien moins cher que ceux vendus par Lomography (voir article à ce sujet).

Mais si je les critique à bon escient, je reconnais bien volontiers que c’est chez eux que vous trouverez le plus vaste choix de films dans ce format, pour le plaisir.

Videos d’illustration.

Des références.

https://www.digitalcameraworld.com/features/110-cameras-the-rise-and-fall-of-little-film-format-that-made-photography-easy, http://subclub.org/shop/fuji110.htm, http://camera-wiki.org/wiki/Pocket_Fujica_450_Flash en anglais ; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-2425-Fujica_Pocket%20450%20Flash.html, en français

Argentique

Le Minox 35 GT

Ah, si je vous dis que j’ai déjà eu toute la collection des Minox, me croirez-vous ?

Ben oui, c’était avant que ne me vienne l’idée de la création du blog. Je les avais acheté à un charmant vieux Monsieur qui ne pouvait plus s’en servir à cause d’une vue déficiente et de ses doigts que l’arthrite gagnait inexorablement.

Après les avoir tous essayés, je les ai revendus les uns après les autres car je les trouvais bien sympathiques mais peu maniables. Et si vous vous en souvenez, j’ai même fait un article sur le Chinon Bellami où je racontais cette anecdote.

Le Chinon a suivi le même chemin, tout comme l’Olympus XA et le XA-2, et quelques autres qui, s’ils étaient minuscules quoique performants, me ne permettaient plus d’y voir assez clair pour bien m’en servir. Place aux jeunes !

Mais revenons un instant sur la saga de cet appareil, qui étonne encore par sa compacité, sa qualité de fabrication et celle des images qu’il délivre.

Source : http://www.submin.com/35mm/manuals/minox/

Il faut bien chercher pour trouver qui dépose les premiers brevet de cet appareil passionnant : c’est un bureau en ingénierie (Krull & Co GmbH Ernst) qui dépose, pour Minox, un brevet pour un appareil avec abattant et objectif rétractable. Nous sommes en février 1974.

Ensuite, la construction de l’appareil sera confié à Balda, Minox n’ayant pas l’expérience d’une fabrication à base de plastique. Les Balda CE 35 et CA 35 sont d’ailleurs très proches du premier Minox, le 35.

Par la suite, Ricoh déposera encore des brevets pour faire progresser le concept, en 1978 – 1979. Ce sera d’ailleurs un jeu de va-et-vient entre les deux marques, chacune apportant une modification pour peaufiner le principe.

Source : Collection-appareils, qui vous livre toute l’histoire des brevets.

Pendant près de 25 ans l’appareil évoluera par petites touches, au gré de la capacité à miniaturiser toujours mieux certains composants, dont l’électronique.

Source : Minox35mm pour avoir une idée des différent modèles.

Pourquoi le Minox 35 ? Le Rollei 35 fut longtemps l’appareil le plus compact jamais fabriqué (excepté les appareils « espions », dont Minox était le spécialiste) utilisant une pellicule de 24x36mm. Nous étions en 1966.

Dans les années septante, la technologie des plastiques à permis de fabriquer des appareils plus légers, plus résistants que ceux tout en métal. Les formules optiques ne sont pas restées en reste, ni, évidemment, l’électronique, celle des obturateurs en particulier.

Voilà pourquoi Minox propose, en 1975, un appareil plus petit, plus léger, avec une exposition automatique et des contrôles d’exposition plus variés que le Rollei 35. Plus question non plus de se battre avec un objectif rétractable et une gymnastique bizarre pour armer l’appareil. Voilà le Minox 35 EL qui pointe le bout de son abattant, celui qui protège si bien l’objectif.

C’est le début d’une aventure avec plus de 22 modèles (et des séries spéciales) qui représenteront environ 2 millions de boitiers sur les 25 ans de fabrication du nouveau mythe.

Le Minox 35 GT sera sans doute le plus populaire. Je suis donc très content d’en avoir trouvé un sur une brocante bruxelloise, dans sa boite et avec un mode d’emploi en allemand (j’en ai trouvé un en français par après).

Le vendeur m’a expliqué que cet appareil l’avait accompagné lors de nombreux voyages, notamment au Vietnam et au Cambodge, où il faisait merveille car il se glissait réellement dans une poche de chemise et restait très discret.

Il vient sur le marché en 1981, après le EL et le GL. Dans la liste des améliorations, il apporte un retardateur électronique, avec une LED clignotante au-dessus du nom de l’appareil photo, un levier d’armement remanié.

Petit mais bien pensé : toutes les commandes sont au bon endroit, facile d’accès, mais à la taille de l’engin, soyons réaliste.

Ah, une petit astuce pour reconnaitre les différents Minox : la couleur de leur déclencheur ! En effet, pour différencier les séries d’appareils, il avait chacun une couleur différente. En vrac : le PL est vert, le GT est orange, le GT-E est rouge, le ML est jaune, le AL est blanc, il y eut même un déclencheur en or, sans compter sur les séries spéciales qui viennent parfois brouiller les pistes !

Avant d’entamer la présentation, une remarque : à l’origine, la pile du 35 GT était au mercure, une PX 27 de 5,6 volts. Elle peut être remplacée par une S27PX mais qui fait 6v ou plus simplement par des SR44 (ou LR44). Une correction peut être nécessaires Il existe différents adaptateurs, dont un fournit à l’époque par la marque. Les autres sont régulièrement en vente sur Ebay (Minox 35 battery adapter).

Source : https://www.thingiverse.com/thing:2980519
Ici avec l’adaptateur d’époque.

Fabriqué en Makrolon, un plastique particulièrement résistant, renforcé de fibres de verre, il est très léger et solide. Même sans trop le ménager, vous ne verrez pas vite les affres du temps s’inscrire sur ce petit corps tout en rondeur. Au fait, la couleur noir mat est nécessaire car la fibre de verre à tendance à être « brillante ». Il fallait donc la neutraliser pour éviter des soucis lors des prises de vue.

Le rabat, qui protège l’objectif sert aussi d’interrupteur car lorsque vous le descendez, il fait sortir l’objectif, met en route la cellule et arme le déclencheur. Si l’abattant est fermé, impossible de déclencher.

Tout d’abord c’est un petit appareil tout automatique, un priorité ouverture. Vous la réglez et il donne la vitesse pour une bonne exposition.

Pour le réglage des distances, c’est un zone focus. Le télémétrique viendra plus tard. Ici, vous estimez une zone de mise au point et selon l’ouverture choisie correctement, avec les effets voulus (bokeh ou grande zone de netteté, selon les sujets).

Attention, ça veut aussi dire que vous devrez contrôler la vitesse indiquée dans le viseur pour éviter les sur expositions (au delà du 1/500s) et les risques de flou avec une vitesses trop lente (sous le 1/30s).

Vous constaterez que l’anneau autour de l’objectif, s’il est petit, est relativement épais. Personnellement, je regrette qu’il n’y ait pas de « clics » qui confirme la position.

Même chose pour la bague des distances, à l’avant. Si elle est facile à manœuvrer, elle peut aussi rapidement se dérégler.

L’objectif est un Color-Minotar 35mm ouvrant à f2,8, formule Tessar à 4 lentilles en 3 groupes. Tous les auteurs reconnaissent la qualité de ce dernier, tant au niveau de la neutralité des couleurs que de sa restitution des détails pour autant qu’on l’utilise de f5,6 à f11, au delà et en deçà il perd de sa vigueur sur les bords surtout. Sa distance minimale de mise au point est de 90cm.

Si cette manière de travailler (le zone focus) est parfaite pour la photo de rue, elle le sera moins pour d’autres techniques, comme le portrait, qui demande une mise au point parfaite. Là, ça va être plus compliqué, voire impossible.

Idéalement, il faut utiliser des films de 100 à 400Asa maximum et rester dans la fourchette de f5,6 à f11. De cette façon on reste dans les limites de l’obturateur même en cas de soleil. Les films trop lents vont demander des ouvertures trop grandes avec un risque de mise au point trop aléatoire.

A noter que la cellule est située autour de l’objectif. Je devrais écrire les cellules car de fait il y en a deux : une pour l’affichage des vitesses et une seconde pour le réglage de l’obturateur. Elles travaillent de concert pour donner une exposition correcte.

L’exposition est une mesure globale. Comme le Minox est réputé pour être sensible aux contre-jours et aux lumières parasites, il y a une petite touche bien utile, la touche X2 qui permet de surexposer d’un diaphragme.

Comme je le notais, il faut utiliser des piles modernes, qui donnent 6v et non plus 5,6v. Il est conseillé de vérifier si cela influe sur la mesure de votre exemplaire, c’est variable.

La solution simple c’est de tromper la cellule en affichant un réglage ISO plus bas ou plus haut selon le cas.

Imaginons que votre Minox GT sous-expose : il faut le caler à 64 ISO pour un film 200 ISO, ce qui donne +1,7 diaph de correction. Le réglage de la sensibilité se fait avec une roue qui se trouve au milieu d’un cadran avec les chiffres en Din/Asa. Là malheureusement la peinture s’en va plus vite qu’ailleurs et il devient impossible de lire les informations (comme sur mon exemplaire). Il est conseillé de se refaire une grille à coller à la place de celle d’origine devenue inutile.

Réglage ISO d'un Minox 35
Affichage à 64 ISO pour un film 200 ISO.

L’obturateur est électronique donc sans piles, pas de photo. Le logement de celles-ci est sous l’abattant donc aisées à changer. Ça a l’air évident mais une remarque importante à faire ici : si les piles sont vides, vous aurez l’impression de pouvoir déclencher (vous entendrez un « clic » discret) mais en fait l’obturateur ne s’ouvrira pas. Pour éviter ses désagréments, il y a un testeur de pile sur le dessus.

L’obturateur se déclenchera entre 1s et 1/500s, mais avec des durées plus longues pour les films à faible iso. Ainsi, pour un film 25Iso, le Minox maintiendra l’obturateur ouvert pendant 15 secondes maximum. Mais le meilleur, c’est que l’obturateur, central, est incroyablement silencieux et totalement exempt de vibrations.

Le levier d’armement, bien intégré au design de l’ensemble demande un mouvement en deux temps (il arme en deux demi-mouvements). Il entraine aussi la protection contre la double exposition si vous ne faites pas avancer le film après un déclenchement.

Bien que petit (et orange), le déclencheur tombe naturellement sous l’index. Mais il est trop souple et comme l’appareil est particulièrement silencieux, on peut appuyer dessus pour inadvertance et gâcher de la pellicule. Remarquez le petit trou juste à côté, sur le capot : c’est l’emplacement pour viser un câble de déclenchement souple.

Un mot aussi sur le viseur, lumineux et confortable malgré la petite taille de l’ensemble. Les lignes de cadre, tout comme l’indicateur de vitesses, à droite, ne seront sans doute pas toujours bien visibles mais ils existent bien. Les porteurs de lunettes surtout risquent de le trouver moins agréable.

Source : https://tdacunha.com/minox-35-gt-utilisation-reparation/

Vous l’aurez remarqué,il y a une griffe pour le flash, avec contact de synchro au centre. Vous ne pourrez, normalement, pas y monter n’importe quel flash mais bien ceux dédiés aux différents modèles, et ils ne sont pas tous compatibles entre eux.

Source : http://www.submin.com/35mm/collection/minox/

Le flash prévu pour ce modèle est le Minox FC-35

Il faut bien reconnaître qu’une fois le flash monté sur l’appareil, il n’a plus rien de minuscule, celui-ci étant quasi aussi grand que le boitier. Peu de gens s’en sont servi à cause de cela. C’est encore un peu le cas du tout petit Pentax 110 qui, affublé de son flash, fait deux fois plus grand. Celui de l’Olympus XA, qui se branche sur le côté, rend l’ensemble moins imposant. Le Balda CE35 avait aussi choisi cette solution, qui préserve la silhouette de l’ensemble.

Ce tout petit appareil pouvait aussi compter sur une série d’accessoires : un flash, un trépied, une gaine, etc.

Source : http://www.submin.com/35mm/manuals/minox/

Pour charger l’appareil d’un nouveau film, il faut déverrouiller, en dessous, le gros verrou sur la semelle. Attention, c’est tout le dos qui s’escamote. Ensuite, il suffit de glisser une bobine à gauche, de tirer l’amorce jusqu’à la bobine réceptrice à droite, la glisser dans les fentes et armer au moins deux fois avant de tout refermer. Soyez attentif à bien remettre le dos dans les rainures avant de reverrouiller le verrou, pour ne pas forcer. Ensuite, encore deux armements/déclenchement et vous êtes prêt pour vos premières images.

Alors, que penser de ce Minox GT ?

Pari tenu, il tient dans une poche de chemise, sans trop la froisser !

Il a un charme certain et son design semble assez intemporel. Il a été bien pensé et séduit toujours.

Pourtant, il n’est pas exempt de défauts : le déclencheur, trop sensible ; le viseur, pas très lisible ; le changement de pile qui demande des adaptations pas évidentes aux non-initiés ; s’il est solide, il n’est pas étanche à la poussière et à l’humidité, il faut donc y faire très attention ; il n’y a pas la possibilité de fixer une dragonne pour le porter. C’est donc dans la poche ou dans un petit sac (pas facile à trouver en occasion) fait expressément sur mesure, car c’est lui qui porte la sangle. Enfin, le défaut de sa qualité : il est (tout) petit et dès lors pas simple à régler quand on a des problèmes de vue ni des gros doigts.

Reste que comme tous les mythes, ses défauts deviennent comme des signatures et ceux qui veulent en posséder un n’en ont cure.

Reste à se demander si les prix sont bien réalistes : on frôle parfois les 200€ pour un très bel exemplaire mais il faut compter plus de 100€ pour les autres. Un peu comme son concurrent de toujours, l’Olympus XA, qui partage les mêmes avantages et inconvénients, in fine.

Petite revue en images :

Petites videos d’illustration :

Bref résumé technique :

  • Appareil photo compact de type 35 mm
  • Taille 100 mm x 61 mm x 31 mm (L x H x P)
  • Poids 200 grammes (avec batterie)
  • Format d’image 24 x 36 mm (L x H)
  • Objectif Minox Color-Minotar, 35 mm f/2.8, sans filetage de filtre (les filtres propriétaires se clipsent).
  • Diaphragme à lames, réglable en continu de f/2,8 à f/16.
  • Mise au point grâce à une échelle sur l’objectif mettant au point de 0,9 m à l’infini.
  • Vitesses d’obturation 1/500 seconde, vitesse la plus longue dépendant de la sensibilité du film, par ex. 15 secondes à 25 ISO, 1 seconde à 400 ISO. Correcteur d’exposition +2
  • Viseur direct avec échelle à aiguille, marquages ​​pour 1/500, 1/125, 1/30 seconde, zones pour indiquer une surexposition et avertissement de vitesse lente.
  • Chargement manuel du film, tout le dos glisse pour charger la bobine
  • Transport du film par levier à double course.
  • Flash Contact Griffe, X synchronisé, commutation automatique du temps à 1/90s
  • Douille pour trépied 1/4″
  • Batterie PX 27 au mercure à remplacer par 4xLR44 – SR44 empilées

Les références si vous deviez démonter : https://www.modesdemploi.fr/minox/35-gt/mode-d-emploi?p=4

Des références : https://benber.fr/revue-express-minox-35-gt/, https://www.danstacuve.org/minox-35-gt-petit-mais-costaud/, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-33-Minox_35%20GT.html, https://www.jeanchristophewiart.com/analog-trip-to-berlin/, https://tdacunha.com/minox-35-gt-utilisation-reparation/, https://www.club-niepce-lumiere.org/fondamentaux-54-les-minox-35-a-mise-au-point-manuelle/ en français ; https://www.analog.cafe/r/minox-35-gt-camera-review-0kl1, https://www.35mmc.com/11/01/2019/minox-35-gt-guest-review/, https://www.35mmc.com/02/02/2021/minox-35-gt-e-review-scale-focusing-a-pocket-camera-by-anton-yakovlev/, http://camera-wiki.org/wiki/Minox_35_GT, https://www.lomography.com/magazine/127748-minox-35-gt-a-must-have-camera-for-its-time, http://www.submin.com/35mm/collection/minox/, http://www.submin.com/35mm/manuals/minox/ (une mine d’informations) en anglais.