Argentique

Le Minox 35 GT

Ah, si je vous dis que j’ai déjà eu toute la collection des Minox, me croirez-vous ?

Ben oui, c’était avant que ne me vienne l’idée de la création du blog. Je les avais acheté à un charmant vieux Monsieur qui ne pouvait plus s’en servir à cause d’une vue déficiente et de ses doigts que l’arthrite gagnait inexorablement.

Après les avoir tous essayés, je les ai revendus les uns après les autres car je les trouvais bien sympathiques mais peu maniables. Et si vous vous en souvenez, j’ai même fait un article sur le Chinon Bellami où je racontais cette anecdote.

Le Chinon a suivi le même chemin, tout comme l’Olympus XA et le XA-2, et quelques autres qui, s’ils étaient minuscules quoique performants, me ne permettaient plus d’y voir assez clair pour bien m’en servir. Place aux jeunes !

Mais revenons un instant sur la saga de cet appareil, qui étonne encore par sa compacité, sa qualité de fabrication et celle des images qu’il délivre.

Source : http://www.submin.com/35mm/manuals/minox/

Il faut bien chercher pour trouver qui dépose les premiers brevet de cet appareil passionnant : c’est un bureau en ingénierie (Krull & Co GmbH Ernst) qui dépose, pour Minox, un brevet pour un appareil avec abattant et objectif rétractable. Nous sommes en février 1974.

Ensuite, la construction de l’appareil sera confié à Balda, Minox n’ayant pas l’expérience d’une fabrication à base de plastique. Les Balda CE 35 et CA 35 sont d’ailleurs très proches du premier Minox, le 35.

Par la suite, Ricoh déposera encore des brevets pour faire progresser le concept, en 1978 – 1979. Ce sera d’ailleurs un jeu de va-et-vient entre les deux marques, chacune apportant une modification pour peaufiner le principe.

Source : Collection-appareils, qui vous livre toute l’histoire des brevets.

Pendant près de 25 ans l’appareil évoluera par petites touches, au gré de la capacité à miniaturiser toujours mieux certains composants, dont l’électronique.

Source : Minox35mm pour avoir une idée des différent modèles.

Pourquoi le Minox 35 ? Le Rollei 35 fut longtemps l’appareil le plus compact jamais fabriqué (excepté les appareils « espions », dont Minox était le spécialiste) utilisant une pellicule de 24x36mm. Nous étions en 1966.

Dans les années septante, la technologie des plastiques à permis de fabriquer des appareils plus légers, plus résistants que ceux tout en métal. Les formules optiques ne sont pas restées en reste, ni, évidemment, l’électronique, celle des obturateurs en particulier.

Voilà pourquoi Minox propose, en 1975, un appareil plus petit, plus léger, avec une exposition automatique et des contrôles d’exposition plus variés que le Rollei 35. Plus question non plus de se battre avec un objectif rétractable et une gymnastique bizarre pour armer l’appareil. Voilà le Minox 35 EL qui pointe le bout de son abattant, celui qui protège si bien l’objectif.

C’est le début d’une aventure avec plus de 22 modèles (et des séries spéciales) qui représenteront environ 2 millions de boitiers sur les 25 ans de fabrication du nouveau mythe.

Le Minox 35 GT sera sans doute le plus populaire. Je suis donc très content d’en avoir trouvé un sur une brocante bruxelloise, dans sa boite et avec un mode d’emploi en allemand (j’en ai trouvé un en français par après).

Le vendeur m’a expliqué que cet appareil l’avait accompagné lors de nombreux voyages, notamment au Vietnam et au Cambodge, où il faisait merveille car il se glissait réellement dans une poche de chemise et restait très discret.

Il vient sur le marché en 1981, après le EL et le GL. Dans la liste des améliorations, il apporte un retardateur électronique, avec une LED clignotante au-dessus du nom de l’appareil photo, un levier d’armement remanié.

Petit mais bien pensé : toutes les commandes sont au bon endroit, facile d’accès, mais à la taille de l’engin, soyons réaliste.

Ah, une petit astuce pour reconnaitre les différents Minox : la couleur de leur déclencheur ! En effet, pour différencier les séries d’appareils, il avait chacun une couleur différente. En vrac : le PL est vert, le GT est orange, le GT-E est rouge, le ML est jaune, le AL est blanc, il y eut même un déclencheur en or, sans compter sur les séries spéciales qui viennent parfois brouiller les pistes !

Avant d’entamer la présentation, une remarque : à l’origine, la pile du 35 GT était au mercure, une PX 27 de 5,6 volts. Elle peut être remplacée par une S27PX mais qui fait 6v ou plus simplement par des SR44 (ou LR44). Une correction peut être nécessaires Il existe différents adaptateurs, dont un fournit à l’époque par la marque. Les autres sont régulièrement en vente sur Ebay (Minox 35 battery adapter).

Source : https://www.thingiverse.com/thing:2980519
Ici avec l’adaptateur d’époque.

Fabriqué en Makrolon, un plastique particulièrement résistant, renforcé de fibres de verre, il est très léger et solide. Même sans trop le ménager, vous ne verrez pas vite les affres du temps s’inscrire sur ce petit corps tout en rondeur. Au fait, la couleur noir mat est nécessaire car la fibre de verre à tendance à être « brillante ». Il fallait donc la neutraliser pour éviter des soucis lors des prises de vue.

Le rabat, qui protège l’objectif sert aussi d’interrupteur car lorsque vous le descendez, il fait sortir l’objectif, met en route la cellule et arme le déclencheur. Si l’abattant est fermé, impossible de déclencher.

Tout d’abord c’est un petit appareil tout automatique, un priorité ouverture. Vous la réglez et il donne la vitesse pour une bonne exposition.

Pour le réglage des distances, c’est un zone focus. Le télémétrique viendra plus tard. Ici, vous estimez une zone de mise au point et selon l’ouverture choisie correctement, avec les effets voulus (bokeh ou grande zone de netteté, selon les sujets).

Attention, ça veut aussi dire que vous devrez contrôler la vitesse indiquée dans le viseur pour éviter les sur expositions (au delà du 1/500s) et les risques de flou avec une vitesses trop lente (sous le 1/30s).

Vous constaterez que l’anneau autour de l’objectif, s’il est petit, est relativement épais. Personnellement, je regrette qu’il n’y ait pas de « clics » qui confirme la position.

Même chose pour la bague des distances, à l’avant. Si elle est facile à manœuvrer, elle peut aussi rapidement se dérégler.

L’objectif est un Color-Minotar 35mm ouvrant à f2,8, formule Tessar à 4 lentilles en 3 groupes. Tous les auteurs reconnaissent la qualité de ce dernier, tant au niveau de la neutralité des couleurs que de sa restitution des détails pour autant qu’on l’utilise de f5,6 à f11, au delà et en deçà il perd de sa vigueur sur les bords surtout. Sa distance minimale de mise au point est de 90cm.

Si cette manière de travailler (le zone focus) est parfaite pour la photo de rue, elle le sera moins pour d’autres techniques, comme le portrait, qui demande une mise au point parfaite. Là, ça va être plus compliqué, voire impossible.

Idéalement, il faut utiliser des films de 100 à 400Asa maximum et rester dans la fourchette de f5,6 à f11. De cette façon on reste dans les limites de l’obturateur même en cas de soleil. Les films trop lents vont demander des ouvertures trop grandes avec un risque de mise au point trop aléatoire.

A noter que la cellule est située autour de l’objectif. Je devrais écrire les cellules car de fait il y en a deux : une pour l’affichage des vitesses et une seconde pour le réglage de l’obturateur. Elles travaillent de concert pour donner une exposition correcte.

L’exposition est une mesure globale. Comme le Minox est réputé pour être sensible aux contre-jours et aux lumières parasites, il y a une petite touche bien utile, la touche X2 qui permet de surexposer d’un diaphragme.

Comme je le notais, il faut utiliser des piles modernes, qui donnent 6v et non plus 5,6v. Il est conseillé de vérifier si cela influe sur la mesure de votre exemplaire, c’est variable.

La solution simple c’est de tromper la cellule en affichant un réglage ISO plus bas ou plus haut selon le cas.

Imaginons que votre Minox GT sous-expose : il faut le caler à 64 ISO pour un film 200 ISO, ce qui donne +1,7 diaph de correction. Le réglage de la sensibilité se fait avec une roue qui se trouve au milieu d’un cadran avec les chiffres en Din/Asa. Là malheureusement la peinture s’en va plus vite qu’ailleurs et il devient impossible de lire les informations (comme sur mon exemplaire). Il est conseillé de se refaire une grille à coller à la place de celle d’origine devenue inutile.

Réglage ISO d'un Minox 35
Affichage à 64 ISO pour un film 200 ISO.

L’obturateur est électronique donc sans piles, pas de photo. Le logement de celles-ci est sous l’abattant donc aisées à changer. Ça a l’air évident mais une remarque importante à faire ici : si les piles sont vides, vous aurez l’impression de pouvoir déclencher (vous entendrez un « clic » discret) mais en fait l’obturateur ne s’ouvrira pas. Pour éviter ses désagréments, il y a un testeur de pile sur le dessus.

L’obturateur se déclenchera entre 1s et 1/500s, mais avec des durées plus longues pour les films à faible iso. Ainsi, pour un film 25Iso, le Minox maintiendra l’obturateur ouvert pendant 15 secondes maximum. Mais le meilleur, c’est que l’obturateur, central, est incroyablement silencieux et totalement exempt de vibrations.

Le levier d’armement, bien intégré au design de l’ensemble demande un mouvement en deux temps (il arme en deux demi-mouvements). Il entraine aussi la protection contre la double exposition si vous ne faites pas avancer le film après un déclenchement.

Bien que petit (et orange), le déclencheur tombe naturellement sous l’index. Mais il est trop souple et comme l’appareil est particulièrement silencieux, on peut appuyer dessus pour inadvertance et gâcher de la pellicule. Remarquez le petit trou juste à côté, sur le capot : c’est l’emplacement pour viser un câble de déclenchement souple.

Un mot aussi sur le viseur, lumineux et confortable malgré la petite taille de l’ensemble. Les lignes de cadre, tout comme l’indicateur de vitesses, à droite, ne seront sans doute pas toujours bien visibles mais ils existent bien. Les porteurs de lunettes surtout risquent de le trouver moins agréable.

Source : https://tdacunha.com/minox-35-gt-utilisation-reparation/

Vous l’aurez remarqué,il y a une griffe pour le flash, avec contact de synchro au centre. Vous ne pourrez, normalement, pas y monter n’importe quel flash mais bien ceux dédiés aux différents modèles, et ils ne sont pas tous compatibles entre eux.

Source : http://www.submin.com/35mm/collection/minox/

Le flash prévu pour ce modèle est le Minox FC-35

Il faut bien reconnaître qu’une fois le flash monté sur l’appareil, il n’a plus rien de minuscule, celui-ci étant quasi aussi grand que le boitier. Peu de gens s’en sont servi à cause de cela. C’est encore un peu le cas du tout petit Pentax 110 qui, affublé de son flash, fait deux fois plus grand. Celui de l’Olympus XA, qui se branche sur le côté, rend l’ensemble moins imposant. Le Balda CE35 avait aussi choisi cette solution, qui préserve la silhouette de l’ensemble.

Ce tout petit appareil pouvait aussi compter sur une série d’accessoires : un flash, un trépied, une gaine, etc.

Source : http://www.submin.com/35mm/manuals/minox/

Pour charger l’appareil d’un nouveau film, il faut déverrouiller, en dessous, le gros verrou sur la semelle. Attention, c’est tout le dos qui s’escamote. Ensuite, il suffit de glisser une bobine à gauche, de tirer l’amorce jusqu’à la bobine réceptrice à droite, la glisser dans les fentes et armer au moins deux fois avant de tout refermer. Soyez attentif à bien remettre le dos dans les rainures avant de reverrouiller le verrou, pour ne pas forcer. Ensuite, encore deux armements/déclenchement et vous êtes prêt pour vos premières images.

Alors, que penser de ce Minox GT ?

Pari tenu, il tient dans une poche de chemise, sans trop la froisser !

Il a un charme certain et son design semble assez intemporel. Il a été bien pensé et séduit toujours.

Pourtant, il n’est pas exempt de défauts : le déclencheur, trop sensible ; le viseur, pas très lisible ; le changement de pile qui demande des adaptations pas évidentes aux non-initiés ; s’il est solide, il n’est pas étanche à la poussière et à l’humidité, il faut donc y faire très attention ; il n’y a pas la possibilité de fixer une dragonne pour le porter. C’est donc dans la poche ou dans un petit sac (pas facile à trouver en occasion) fait expressément sur mesure, car c’est lui qui porte la sangle. Enfin, le défaut de sa qualité : il est (tout) petit et dès lors pas simple à régler quand on a des problèmes de vue ni des gros doigts.

Reste que comme tous les mythes, ses défauts deviennent comme des signatures et ceux qui veulent en posséder un n’en ont cure.

Reste à se demander si les prix sont bien réalistes : on frôle parfois les 200€ pour un très bel exemplaire mais il faut compter plus de 100€ pour les autres. Un peu comme son concurrent de toujours, l’Olympus XA, qui partage les mêmes avantages et inconvénients, in fine.

Petite revue en images :

Petites videos d’illustration :

Bref résumé technique :

  • Appareil photo compact de type 35 mm
  • Taille 100 mm x 61 mm x 31 mm (L x H x P)
  • Poids 200 grammes (avec batterie)
  • Format d’image 24 x 36 mm (L x H)
  • Objectif Minox Color-Minotar, 35 mm f/2.8, sans filetage de filtre (les filtres propriétaires se clipsent).
  • Diaphragme à lames, réglable en continu de f/2,8 à f/16.
  • Mise au point grâce à une échelle sur l’objectif mettant au point de 0,9 m à l’infini.
  • Vitesses d’obturation 1/500 seconde, vitesse la plus longue dépendant de la sensibilité du film, par ex. 15 secondes à 25 ISO, 1 seconde à 400 ISO. Correcteur d’exposition +2
  • Viseur direct avec échelle à aiguille, marquages ​​pour 1/500, 1/125, 1/30 seconde, zones pour indiquer une surexposition et avertissement de vitesse lente.
  • Chargement manuel du film, tout le dos glisse pour charger la bobine
  • Transport du film par levier à double course.
  • Flash Contact Griffe, X synchronisé, commutation automatique du temps à 1/90s
  • Douille pour trépied 1/4″
  • Batterie PX 27 au mercure à remplacer par 4xLR44 – SR44 empilées

Les références si vous deviez démonter : https://www.modesdemploi.fr/minox/35-gt/mode-d-emploi?p=4

Des références : https://benber.fr/revue-express-minox-35-gt/, https://www.danstacuve.org/minox-35-gt-petit-mais-costaud/, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-33-Minox_35%20GT.html, https://www.jeanchristophewiart.com/analog-trip-to-berlin/, https://tdacunha.com/minox-35-gt-utilisation-reparation/, https://www.club-niepce-lumiere.org/fondamentaux-54-les-minox-35-a-mise-au-point-manuelle/ en français ; https://www.analog.cafe/r/minox-35-gt-camera-review-0kl1, https://www.35mmc.com/11/01/2019/minox-35-gt-guest-review/, https://www.35mmc.com/02/02/2021/minox-35-gt-e-review-scale-focusing-a-pocket-camera-by-anton-yakovlev/, http://camera-wiki.org/wiki/Minox_35_GT, https://www.lomography.com/magazine/127748-minox-35-gt-a-must-have-camera-for-its-time, http://www.submin.com/35mm/collection/minox/, http://www.submin.com/35mm/manuals/minox/ (une mine d’informations) en anglais.

Argentique

Le Minolta 16 II

J’avais envie de changer de format, après un reflex 24×36, un instantané, un télémétrique costaud et un moyen format.

Si nous ne sommes pas dans la catégorie du Minox LX, nous sommes quand même dans du « très petit », ce que l’on a appelé les « sub-miniatures ».

Il y a un moment, je vous présentais le Minolta 16 MG mais ici nous en venons presque à la genèse du modèle, le Minolta 16, paru en 1957 et produit jusqu’en 1960.

Et qui dit genèse suppose un peu d’histoire : à l’origine, c’est l’Institut Konan qui, en 1947, développe le concept d’un appareil sub-miniature utilisant un film de 16mm. Cette entreprise est spécialisée dans la conception d’appareil dont elle vend les brevets à d’autres constructeurs.

En l’occurrence ici, ils ont vendu à Chiyoda Kogaku Seiho Company Limited (l’ancien nom de Minolta) le brevet d’une cartouche spéciale pour ce film 16mm. En métal, elle est pourvue d’un volet qui permet de changer la pellicule même non terminée sans voiler le film. Comme ils avaient aussi développé un appareil pour utiliser ce film, le Konan Automat (qui ne fut pas un succès commercial), ils cédèrent aussi les brevets de ce dernier.

Minolta a bien évidemment modifié et amélioré l’appareil, tout comme la cassette à laquelle ils ont retiré le volet.

C’est ainsi qu’est né le Minolta 16 premier du nom.

La cassette évoluera encore et passera au plastique, moins couteux à produire. Minolta reconditionne les films d’autres fabricants, qu’il glisse dans ses propres cassettes et ce n’est qu’en 1995 que cessera cette production. Entre-temps, elle deviendra le standard pour les appareils, toutes marques confondues, qui utilisent ce format. Il va sans dire qu’elle sera beaucoup copiée, un peu partout dans le monde.

Tout comme pour le Minox, des cuves spéciales de développement existaient (ou existent encore si vous fouinez bien) avec une spirale pour le 16mm. A l’époque, il existait même du film en bobine pour que vous puissiez charger vous-même vos cassettes.

En 1960 la firme sortait un Minolta 16 II, qui deviendra lui le standard des appareils de ce format. Identique à son prédécesseur, ce sont quelques détails qui les différencie, nous allons les découvrir.

Entièrement mécanique, le Minolta 16 II sera suivi d’un Minolta 16 P (le plus simple de la gamme) en 1962, d’un Minolta 16 EE avec un posemètre au sélénium la même année, bientôt remplacé en 1963 par un Minolta EE II qui gagne un posemètre au CdS (et qui aura besoin d’une pile), ensuite le Minolta PS (le même que le P mais avec deux vitesses) en 1965, puis le Minolta 16 MG qui possède un posemètre couplé et un obturateur à priorité à l’ouverture.

Dès 1972, la série des sub-miniatures de Minolta doit se défendre contre le format 110 inventé par Kodak.

Une autre cassette en plastique mais avec un film légèrement plus grand que le 16mm de Minolta (13×17 contre 12×17) et dont le film n’est pas perforé, contrairement au 16mm Minolta qui possède deux rangées de perforation.

Minolta modifie alors sa cassette et le film, qui n’a plus qu’une rangée de perforation puis qui les abandonnera définitivement.

Sortira ensuite le Minolta 16 MG-S (1970 – 1974) en haut de gamme et le Minolta 16 QT, simplifié, qui utiliseront le nouveau film d’abord avec une rangée de perforation puis sans. Dès lors, le format de l’image passe à 12x16mm contre 10×14 auparavant.

Mais en 1975, Minolta abandonne et « se convertit » au format 110, pour lequel il développera des appareils miniatures haut de gamme.

Revenons donc à notre Minolta 16 II, celui qui a lancé le « standard » du 16mm.

Lorsqu’il est fermé, il ne prend guère de place (à peine plus que le Rollei A 110) et ouvert il n’est pas beaucoup plus grand, de toute manière.

Tout en métal, il inspire la robustesse malgré son gabarit.

Son objectif est un Rokkor de 22mm ouvrant à f2,8, fixe. C’est un objectif en trois éléments dont le plan focal est fixé à environ 45m. En étant à f5,6, vous êtes net de 2,10m à l’infini.

Le réglage des vitesses s’effectue sur le côté, tout comme les ouvertures.

Il propose des vitesses de 1/30s à 1/500s plus une pose B, et des ouvertures de f2,8 à f16.

Le système d’avancement du film, comme le Minox, est appelé « push-pull » soit pousser – ouvrir. Comme le Minox, vous pouvez armer l’appareil même sans prendre de photo, pour éviter de gâcher de la pellicule.

Petite particularité de ce petit appareil, il pouvait recevoir quelques accessoires, notamment des filtres carrés de 14x14mm (UV, 80A, Y48, 81B), qui ne sont pas interchangeables avec ceux des appareils suivants; des lentilles auxiliaires (gros plan #1 et #2). On pouvait encore lui adjoindre un flash électronique, moyennant le montage d’un support spécifique, qui portait aussi un emplacement pour le fixer à un trépied. Il était livré avec un étui en cuir, où logeait deux filtres au choix, et une dragonne.

Enfin, il a existé dans toute une collection de couleurs : chrome, noir, or/jaune, bleu, rouge, violet/magenta et vert. Histoire de voir la vie moins tristement …

Des nombreux auteurs que j’ai parcouru pour préparer cet article, il ressort qu’il serait facile de recharger des cassettes de film en 16mm, je veux bien les croire. Mais peut-être est-il encore possible de trouver certains des derniers films dans ce format (arrêté par Minolta en 1995 pour mémoire). Sinon, il y a ci-dessous une petite video sur le « comment faire ».

Ah, au rayon des bizarreries, cet appareil a été vendu en 1962 sous le nom de Sonocon 16 MB-ZA, et il était muni d’une … radio intégrée ! L’attente de l’instant décisif peut être longue, parfois.

En résumé, un petit appareil, que l’on ne qualifie pas d’appareil espion (ce qu’il n’a jamais revendiqué mais que d’aucuns essayent de faire croire), mais plutôt un petit compagnon discret. Entièrement mécanique, il est facile d’emploi, malgré sa petite taille. Son seul défaut, finalement, c’est d’avoir une bobine de film devenue rare.

Ils ne sont pas forcément rare mais plutôt « peu courant ». Nombreux sont ceux qui ont fini leur carrière au fonds d’un tiroir ou, pire, dans une déchetterie, le film ayant été stoppé au tournant de l’ère numérique.

Si vous avez la chance d’en trouver un complet, avec sa gaine et sa dragonne (et, cerise sur l’objectif, avec au moins 2 filtres dans la gaine), comptez environ 40€ pour repartir avec lui.

Des videos d’illustration :

Des références : http://www.subclub.org/shop/minolta.htm, https://en.wikipedia.org/wiki/Minolta_16 en anglais; https://www.minolta.suaudeau.eu/histoire/Minolta_16/Minolta_16.html (une mine d’information sur la marque Minolta), https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-12537.html, http://ericconstantineau.com/photo/review_minolta16_fr.html, en français.

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Le Fujica Pocket 400.

Tiens, ça fait un moment que je n’ai plus eu de 110 en mains, vous savez, ces drôles d’appareils qui utilisent un petit film en cassette et qui existe toujours, quoiqu’en pensent certains esprits chagrins.

Certes, ce n’est pas le meilleur film qui fut inventé, sa petite taille associée souvent à des appareils bas de gamme n’ont pas toujours laissé un souvenir impérissable, mais il y eut des exceptions.

Bien de ces appareils ont été offert souvent aux communions, lors d’anniversaire des plus jeunes, car ils étaient facile à utiliser et, surtout, à emporter.

Longtemps ils se sont disputés la place dans le sac à dos des scouts/guides avec les Kodak Instamatic ou les Agfamatic Sensor, leurs ainés.

Mais j’imagine que je ravive là des souvenirs communs …

Et pour ceux qui découvrent ce format, je vous renvoie à cet article, qui l’explique.

Ensuite, tous les appareils dédiés à ce format n’étaient pas « des entrées de gamme » minimalistes, il y eut quelques petites perles. Si vous êtes curieux, je vous propose de visiter la rubrique dédiées aux « pocket’s » sur le site pour en découvrir quelques unes.

Mais venons-en à notre vedette du jour, trouvé sur une brocante hennuyère, entre deux orages de juillet.

Il s’agit d’un Fujica Pocket 400, assorti de son flash, le tout dans des petites gaines en cuir du plus bel effet.

Si, hélas, le flash est HS (c’est souvent le cas, les condensateurs vieillissent mal), l’appareil fonctionne parfaitement.

C’est un petit bloc métallique qui, contrairement à la majorité de ces appareils, ne doit pas se plier/déplier pour actionner le chargement et l’armement du déclencheur, une molette discrète sous le viseur s’en charge et le déclencheur est électromagnétique.

Ce qui veut dire que sans pile(s), pas de photo ! Alors j’ai mis « pile » au pluriel entre parenthèse car vous avez deux solutions pour l’alimenter : soit une pile 4LR44 ou quatre fois une pile LR44 que vous empilez dans le compartiment. Je préfère la seconde solution, les 4LR44 ont tendance à « serrer » dans le logement et elles sont dès lors difficiles à extraire.

Mais commençons par le début …

Fuji, contrairement à Minolta p. ex., n’a jamais produit d’appareils au format miniature 16mm. Ce qui était une erreur pour une société fabriquant des films et des appareils photo.

Lorsque le format 110 est apparu, ils ont décidé cette fois de ne pas rater un marché prometteur et ils ont produit dès lors une grande quantité d’appareils dans ce format, en privilégiant le design et la qualité (même s’ils ont produit aussi des appareils basiques).

Par exemple, en 1976 ils ont été les premiers à proposer un zoom sur un boitier 110; ils ont encore placé des objectifs ouvrant à f2,8 et proposé des focales en 20mm (équivalent au 40mm en 24×36), qui permettaient une plus grand profondeur de champ, idéal pour les photos de groupe et les paysages.

Source : Subclub

Ils ont aussi proposé des flashs qui utilisaient un sabot intégré qui rendaient l’ensemble bien compact et fiable.

Ils ont même poussé le bouchon loin en proposant un vrai télémétrique, d’autre avec l’exposition automatique, l’avance automatique du film.

Source : Subclub

En gros, là ils ont mis la paquet et comblé leur retard en proposant des appareils qui ont fait le bonheur de pas mal de gens et qui le font encore quand vous tombez sur un bel exemplaire.

Etrange revanche aussi, la plupart des appareils Fuji n’utilise pas les perforations du film 110 pour armer l’obturateur. Ceci implique que ces appareils peuvent être rechargé avec du film 16mm dans une cassette 110, moyennant un peu de bricolage soit sur la cassette soit sur l’appareil lui-même. Fuji n’a pas tout perdu le marché du 16mm finalement !

Mais venons-en à notre Fujica Pocket 400, il est temps.

Il s’agit de l’édition de luxe du Pocket 300, qui était elle-même la version luxueuse du Pocket 200.

La chronologie des modèles ne reflètent pas ces évolutions car le Pocket 200 verra le jour en 1977 alors que le 300 date de 1975 et le 400 de 1974. En fait, Fujica a commencé avec du « haut de gamme » pour redescendre ensuite vers du simpliste.

Ce 200 est dans la section des « minimalistes », jugez plutôt : objectif à focale fixe de 29 mm ouvrant à f11, obturateur mécanique avec vitesse de 1/60s, pas de contrôle d’exposition mais il a un filetage pour trépied et le déclencheur accepte un câble souple; il a même un filtre UV intégré. Il a été conçu pour les films 100 ASA et il utilise des Magicubes pour le flash.

L’appareil évoluera pour proposer le Pocket 300, la version luxe donc du précédant avec un objectif de 26,5 mm ouvrant de f5.6 à f11 beaucoup plus rapide. La mise au point reste fixe, tout comme la vitesse mais qui atteint le 1/125s. Des symboles « météorologiques » (nuage, soleil, etc.) apparaissent pour le contrôle de l’exposition et il garde le filtre UV intégré ainsi que le filetage pour trépied et le déclenchement. Il utilise un flash attaché en cas de besoin. Son esthétique est proche du futur 400. Il connaitra aussi des évolutions.

Le Fujica Pocket 400 possède un objectif Fujinon légèrement plus long, il passe à 30 mm ouvrant à f5.6 et il gagne une mise au point par zones : 3 zones de 1-2 mètres, 2-5 mètres et 5 mètres à l’infini . Mais, grande innovation, il possède une cellule CdS qui permet de contrôler l’exposition de l’obturateur électronique avec des vitesses de 10s secondes au 1/400s. Pour l’utilisation du flash, il y a maintenant un sabot intégré et la synchronisation est à 1/40s. Il garde les filetages pour trépied, pour le déclenchement par câble et le filtre UV intégré.

Il y aura encore un Pocket 500 et 600, plus sophistiqués encore, mais c’est une autre histoire.

Au niveau agrément d’utilisation, ça peut nous sembler étrange aujourd’hui de coller un œil à ce drôle de rectangle pour prendre une photo. Pourtant la visée est agréable, le viseur est grand et clair, muni de cadre collimaté avec correction de la parallaxe.

Pas de rappel de la distance choisie dans le viseur comme c’était le cas avec l’Agfamatic 6008, ni compteur de vue (on voit le film avancer dans la fenêtre arrière) mais comme on travaille en zone focus, on fixe la distance pour rapport à son type de sujet et on est tranquille un moment (en photo de rue, p. ex., vous serrez entre 2 et 5 m).

C’est un appareil bien fini, agréable à prendre en mains même s’il est, par définition, petit. Le flash, qui se glisse dans une rainure assurant la synchronisation, augmente sa longueur d’un tiers mais ce n’est pas gênant si on le compare encore à l’Agfamatic 6008 qui utilisait lui des flash flip (en hauteur).

Reste la question des films. Comme je le précisait en préambule, ils existent toujours sur le marché et Lomography en propose en couleur et même en N/B. D’autres vendeurs ne sont pas en reste, seuls les magasins physiques restent frileux dans ce domaine (il doit bien y avoir des exceptions heureuses).

Hormis à vérifier que le compartiment pile est propre (pas de traces de piles anciennes oxydées) et le crochet de fermeture (en plastique) qui doit être intact, c’est un boitier qui ne pose pas de problème.

Ses concepteurs l’ont voulu aisé, pour respecter la philosophie du format : vous faites coulisser le verrou vers la droite pour ouvrir la chambre, la porte s’ouvre. Si c’est un premier usage, vous devrez ôter la plaque de protection du contact flash pour pouvoir faire glisser la trappe du compartiment des piles. Une fois celles-ci déposées, opération inverse pour tout refermer. Il n’y a plus qu’à déposer une cassette dans la chambre, refermer le dos et actionner la molette pour avancer à la première vue, c’est prêt.

Ah, une petite précision, j’y ai fait allusion plus haut, en passant : le film 110 implique de fait un coefficient de correction pour l’équivalent 24×36. On le calcule en faisant fois deux pour plus de facilité. Donc un objectif de 30mm comme sur le 400 devient de facto un 60mm. La taille du film est de 13x17mm soit quasi la moitié du standard 24×36

J’ai découvert ce tableau, fort bien fait, pour vous donner une idée de la production des films, de 1899 à nos jours.

Source : Thedarkroom

Enfin, question prix, sauf les quelques appareils d’exception (les modèles phares de Minolta, Canon, Pentax, Fujica, Agfamatic, Kodak Pocket, Rollei, notamment), vous ne devriez pas débourser plus de 20€ pour un exemplaire complet et en état de fonctionnement, souvent moins d’ailleurs. Mais prenez le pas de choisir dans les « hauts de gamme » pour bénéficier de meilleurs performances.

Video d’illustration :

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Pocket_Fujica_400, https://foticoscollection.com/en/item/fujica-pocket-camera-400/9199, http://subclub.org/shop/fuji110.htm, https://www.digitalcameraworld.com/features/110-cameras-the-rise-and-fall-of-little-film-format-that-made-photography-easy, https://thedarkroom.com/film-formats/110-film/, https://thedarkroom.com/film-formats/ en anglais.

Argentique

Le Chinon Bellami

Décidément, les brocantes sont toujours pleines de surprises, comme la découvertes de ce Chinon Bellami dans son coffret, complet.

Même pas sale pour une fois.

Si j’ai craqué pour cet appareil, c’est parce que j’en ai possédé un autrefois, mais sous un autre nom, le Revue 35 CC, que j’ai revendu en son temps. C’était un Bellami légèrement revu pour le détaillant allemand Foto-Quelle qui le distribuait pour l’Europe.

Notons encore qu’en 1989, un Chinon Belami (avec un seul « L ») lui succédait, en le repensant complétement.

Mais pourquoi avais-je vendu ce petit bijou ?

Notez, j’ai fait pire en revendant tous mes Minox 35 …. tout aussi minis et mimis !

En fait, pour une raison toute bête : je vieilli et ma vue baisse, et ces appareils, pour être si minuscules, ont réduit leurs surfaces lisibles, dont celles de leurs objectifs, rendant la gymnastique avec une paire de lunettes quasi indispensable à toute manipulation !

Ah oui, et parce que souvent on l’oublie, je ne suis pas collectionneur …

Bref, j’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir ses boitiers mythiques et sympathiques, qui ont fait le bonheur de plus jeunes et tout aussi curieux.

Et puis j’ai eu la chance de retomber sur cet exemplaire et je peux enfin vous faire partager sa découverte.

Ce petit appareil est apparu sur le marché en 1980, peut-être en réponse au XA de chez Olympus.

Nos amis de chez Chinon se sont sans doute inspirés des Minox 35 pour le design ou en tout cas pour la taille de l’engin, mais pour le reste, hormis un objectif de même focale (35mm) et de même ouverture (f2,8), ils ont repensé la chose : oui, l’objectif reste rétractable mais cette fois il est attaché à un petit soufflet caché derrière deux portes qui s’ouvrent lorsque l’on actionne le levier d’armement, et qui se referme en rabattant ledit levier vers sa position de repos.

Si je parlais du XA ci-avant, son système est encore différent puisqu’il faut ici faire coulisser une partie du cache objectif pour le mettre en batterie.

source : https://www.wikiwand.com/en/Olympus_XA

L’objectif est donc un 35mm ouvrant à f2,8 à quatre lentilles. La mise au point minima est de 1m jusque l’infini. La distance de 3m – sa distance préférée – est gravée en vert sur le fut et possède même un « crantage » spécifique.

L’obturateur, un Seiko électronique, fonctionne de 1/8s à 1/1000s avec une synchro flash au 1/60s ou à toutes les vitesses selon la position choisie pour actionner ledit flash : ON, Daylight et OFF.

Le flash, le Chinon S-120 – spécialement conçu pour l’appareil, se monte sur le côté gauche et s’y attache par une roue qui actionne une vis de maintien. Même monté sur l’appareil, la taille de l’ensemble reste contenue, un peu comme les Olympus XA. En comparaison, les Minox font « plus gros » car le flash se monte par dessus le boitier, alourdissant la silhouette du tout.

La cellule est une CdS, sensible de 25 à 500 Asa. Deux piles (autrefois des PX26) alimentent la mesure de la cellule. Un petit bouton de test permet de vérifier la charge. On peut les remplacer par des LR44 classiques.

Un mot du viseur, à cadre lumineux, collimaté et étonnamment clair pour la taille du boitier. Un voyant de sous ou sur exposition vous informe des nécessaires corrections.

Ici pas de télémètre et pour cause, vous travaillerez par « zones » en fixant la distance que vous voulez couvrir.

Franchement, c’est un petit appareil qui attire la sympathie, de part sa taille déjà, et sa finition, très bonne même s’il est tout en plastique. Avec ses formes arrondies, son petit grain de vrai-faux cuir agréable au toucher, vous le glissez facilement dans une poche. Il tient bien en mains, malgré sa petite taille.

La protection de l’objectif, offerte par les ventaux de la porte qui le cache, est efficace et empêche que les réglages ne se dispersent en cas de manipulation.

N’oubliez pas que c’est en armant l’appareil que vous ouvrez les ventaux de l’objectif, mais les ré armements successifs ne changent rien. Si vous voulez le refermer, il suffit de repousser le levier vers sa position contre le boitier. Malin, pratique et ergonomique.

Lorsque vous appuyez sur le déclencheur à mi course, une petite LED verte située sur le dessus du boîtier s’illumine si les piles sont bonnes. Elle ne signale pas que « c’est bon ». Le viseur est chiche en informations puisque qu’il ne comporte que le repérage de cadrage normal de prise de vue. Une autre petite LED, rouge, située à coté de l’oculaire du viseur, s’illumine lorsque la vitesse présélectionnée est inférieure au 1/60 sec., pour signaler qu’il serait temps d’utiliser le flash dédié.

Que retenir de cet appareil ?

Outre sa petite taille, qui le rend éminemment portable, cet appareil est relativement rare, ce qui ajoute à son attrait.

Il est vraiment facile d’utilisation même s’il faut faire confiance à sa cellule pour vos prises de vue. Mais il vous décevra rarement.

Discret et efficace, c’est un allié de choix en photo de rue, où il excelle.

Il soutient parfaitement la comparaison avec les Minox et l’Olympus XA. Moins connu que les derniers cités, vous pourrez le trouver pour un prix décent (parce que les deux autres …) quoique si je regarde sur un grand site de vente, il commence à rattraper ses petits camarades …

Par rapport aux Minox 35, je lui trouve en plus un avantage : les piles sont plus faciles à changer car sous un cache en dessous du boitier. Les gros doigts apprécieront.

Sur mon exemplaire, parfaitement fonctionnel, je regrette que le flash lui soit HS : les piles ont coulé. Il est sans doute réparable, mais comme je ne me sers jamais de flash, il restera comme ça.

Si vous en trouvez un, faites vous plaisir, il vous le rendra bien.

La partie technique, pour ceux que ça intéresse :

  • L’objectif de 35mm, un Chinonex de type Tessar, ouvre à f2.8 (4 éléments en 3 groupes).
  • L’obturateur est un Seiko EE avec des vitesses de 1/8 à 1/1000 sec.
  • Le posemètre est un système d’exposition Cds EE qui s’allume et s’éteint automatiquement lorsque l’objectif est déployé/rétracté.
  • Il est sensible de 25 à 500 Asa
  • La fenêtre de mesure est une petite fenêtre circulaire au-dessus de l’objectif à côté de la fenêtre du viseur.
  • La distance de mise au point minimale est de 1 mètre
  • Deux piles LR ou SR44 alimentent la cellule, la LED qui averti de la faible luminosité et celle du contrôle de la batterie
  • Compteur de vue avec remise à zéro automatique

https://collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1335472696.jpg
source : collection-appreils.fr, Grenier-Natkin 1981

Petite video d’illustration

et une seconde

Et pour le mode d’emploi, c’est par LA

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Chinon_Bellami, https://oldcamera.blog/2018/01/12/chinon-bellami/ https://www.35mmc.com/23/05/2019/chinon-bellami-mini-review/ en anglais, http://35mm-compact.com/minicompact/chinonbellami.htm, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-10584-Chinon_Bellami.html en français

Argentique

Le PF, le minimum syndical du 110

Non, le PF ce n’est pas un nouveau parti politique, ni une abréviation bizarre …

Dans mes rayons des appareils étranges, celui-ci a toute sa place, même si elle est toute petite, vu la taille de l’engin !

Typique de la fin des années quatre-vingt, début nonante, ce « gadget », de par sa simplicité extraordinaire, va à l’essentiel de l’appareil photo car, oui, c’est un appareil photo !

Sa boite reprend le minimum syndical, intriguant plus que donnant des informations si on n’a jamais connu ce type d’appareil (oui, d’accord, ça ne rajeunit pas certains d’entre nous !)..

Et une fois l’objet sorti de ce carton, on n’est pas beaucoup plus avancé !

Un bidule en plastique – très plastoc – qui, en y regardant de plus près, semble posséder un objectif, un bouton de déclenchement et même (si, si), un viseur …

-« Heu, ok, mais et la carte, je la mets où ? »

Mais mon bon monsieur, c’est avec un film que ça fonctionne !

– » !? »

Mais oui, et c’est là le trait de génie de ce minuscule appareil photo, c’est d’avoir pris le pari que c’est le film qui va faire corps avec la chambre noire qu’est un appareil photo.

Mais pour cela, il fallait un film en cassette, étanche elle-même à la lumière.

Ils auraient pu le faire avec un film en 126, mais la taille n’aurait pas été si réduite.

Il restait alors un autre format qui, je le rappelle, existe toujours : le format 110.

Pour mémoire, les films en cartouche ont été inventé par Kodak pour répondre aux amateurs (très amateurs) qui éprouvaient des difficultés pour mettre leur film dans l’appareil.

Pourtant, ce n’est pas faute que les fabricants aient rivalisé d’ingéniosité pour leur faciliter la tâche. Citons Canon, Minolta, Fuji, Praktica, par exemple à ce sujet, mais bon …

Et donc avec cette « cassette » non seulement il ne faut plus « charger » le film d’un contenant (la cartouche) vers un récepteur (la bobine), puisque la cassette contient les deux, mais en plus, elle garde votre film dans le noir. Ce qui veut dire que si, par inadvertance, vous ouvrez votre boitier, il n’y aura que la vue engagée qui sera voilée (en théorie), le reste du négatif étant à l’abri.

Et donc, en 1963, Kodak lance la 126 pour alimenter ses appareils « Instamatic », qui auront un succès fou, pas tant pour la qualité de ces appareils mais pour leur simplicité d’utilisation.

Ensuite, en 1972, les émulsions et les supports ayant encore bien évolués, Kodak lance le format 110. La cartouche contient un film de 16mm de large, avec une seule perforation par image, pour faire avancer le film à la bonne longueur.

La particularité du film est qu’il est couché sur papier, qui est visible à l’arrière de la cartouche dans une petite fenêtre, ce qui permet de voir le numéro des vues. Ce papier assure aussi une meilleure étanchéité à la lumière lorsque la cartouche est dans l’appareil.

A la fin des 12 -20 ou 24 vues, pas besoin de rembobiner le film, il est bobiné dans la cartouche, que vous déposerez dans votre laboratoire pour développement.

Officiellement, Kodak cessa la production du film en 1994, Fuji en 2009 mais d’autres marques, dont Lomography, ont remis ce format au goût du jour.

On lui a souvent reproché un manque de qualité – bien souvent due à celles des appareils utilisés – mais ce format et les appareils associés ont fortement démocratisé la photographie « plaisir ». Rappelez-vous les pockets de chez Agfa que (presque) tous les enfants ont reçu en cadeau de communion dans les années quatre-vingt – nonante, pour leur plus grand bonheur !

Et donc, dans ce tout petit boitier, vous avez un mécanisme pour faire avancer les vues (la petite molette à gauche), un viseur dit « sportif », un déclencheur (le bouton rouge), un compteur de vues (si, si, sur le film lui-même !), un obturateur avec une vitesse unique, un objectif … bref, un vrai appareil photo ultra compact !

L’idée d’exploiter la cartouche comme corps de l’appareil repose en fait sur la capacité de celle-ci a assure une étanchéité suffisante à la lumière (papier au dos de l’émulsion) … mais nous ne sommes pas à l’abri d’une fuite car il faut que l’assemblage soit précis pour éviter, dès le départ, tout soucis.

Ces petits appareils ont été décliné en une multitude de formes, souvent en porte-clés, voire en porte-monnaie (la « fausse » cartouche de 110 étant destinée à recevoir la monnaie), sous des marques toutes plus farfelues les unes que les autres mais généralement avec une constance, celle d’être fabriqué en Chine (déjà).

Bref, ne vous attendez pas à des résultats extraordinaires mais voilà un appareil qui aura au moins le mérite de vous faire sourire …

Et s’il vous prenait des les collectionner, ils ne vous ruineront pas et, au point de vue place, ne vous submergeront pas non plus. Par contre, ça devient vite addictif …

Pour découvrir une multitude d’autres délires en 110, je vous recommande ce site : Collection G. Even

Quelques références : https://en.m.wikipedia.org/wiki/110_film, https://camerapedia.fandom.com/wiki/110_film, en anglais, https://mgroleau.com/photo/util/format.html, https://fr.wikipedia.org/wiki/Format_de_pellicule_photographique en français

Argentique

« Q » l’a mis dans la dotation des espions de sa Majesté, le Minox LX

Il y a quelques temps, je vous ai présenté le Minox B, un des appareils préférés des gens de l’ombre, produit pendant une période propice, celle de la « guerre froide ».

Mais des guerres, physiques, entre pays ou économiques, dans l’ombre, il y en a toujours et donc le célèbre Minox, s’il a évolué, était toujours en service. Evolué parce que celui que je vous présente aujourd’hui date de 1978 et il fut produit jusqu’en 1996.

Il apparut à la Photokina de Cologne quarante an après la sortie de son célèbre aïeul, le Minox Riga (ou Riga tout cours d’ailleurs).

Pour mémoire, la série des Minox sub miniatures :

  • le Riga (1938 – 1943) – créé et produit en Lettonie, d’où son nom, tout en acier (130gr)
  • le Minox A (1948 -1969), produit à Wetzlar, le premier en aluminium (70gr)
  • le Minox B (1958 – 1972), le premier à intégrer une cellule au sélénium (Goosens), réglage de la vitesse semi automatique (92gr)
  • le Minox C (1969 – 1978), celui-ci possède maintenant une cellule CdS et devient automatique à priorité ouverture, pile obligatoire
  • le Minox BL (1972 – 1973), un modèle B avec une cellule CdS, modèle hybride mécanique semi automatique
  • le Minox LX (1978 – 1996), qui conserve une esthétique classique mais profondément repensé au niveau ergonomie et commandes. Comme ses frères TLX (1998, en titane) et CLX (2000,chromé), il embarque de l’électronique pour alimenter une cellule SBC, pile obligatoire
  • Le Minox EC/ECX (depuis 1981) : rompt complètement avec la tradition car il est en plastique et fix-focus. Le ECX voit juste son électronique améliorée.
  • le Minox AX (depuis 1992) : c’est un encore un modèle hybride, mécanique comme le modèle A mais possédant une ergonomie de type LX. C’est plutôt un modèle créé pour les collectionneurs/investisseurs car il ne fut produit qu’à très peu d’exemplaires en éditions prestigieuses aux prix inversement proportionnels à sa taille.
  • Le Minox MX (depuis 1999) : Ce modèle rompt avec la tradition esthétique qui a prévalu jusque là.. D’abord il est en matériaux synthétiques et ne pèse que 56 grammes mais on ne l’arme plus en faisant coulisser les 2 parties de l’appareil mais bien en tournant une molette sur le dessus de l’appareil.
  • Enfin, tant qu’à se fourvoyer jusqu’au bout, Minox a sorti un Minox DCS, numérique (3,2 Mpx), impropre à la photographie de document avec une distance de mise au point de 1m et hors de notre propos argentique

Le Minox LX est un peu plus grand (110 x 27 x 15) que le Minox B et Bl mais plus court que le Minox C (120x27x15) mais comme le C, il ne peut pas fonctionner sans pile, une PX 27A de 6v. (ou, si vous n’en avez pas sous la main, 3 LR44 et 1 LR43, ça fonctionne parfaitement).

Surtout, il présente un look complètement différent des molettes de réglage et du déclencheur, trois LED font leur apparition sur le dessus et, si ça ne se voit pas, son obturateur est différent et atteint maintenant les 1/2000s, en plus d’un réglage spécial de la vitesse du flash. Le réglage des Iso est maintenant sous l’appareil. Il n’a plus qu’un seul filtre intégré (le gris neutre) mais vous pouvez l’attacher à un trépied standard. Enfin la chaine sert toujours à mesurer les distances pour les copies de document mais elle se fixe dans l’écrou du trépied. Ces changements rendent les habituels accessoires inutilisables sur ce modèle.

Au petit jeu des différences … ici le Minox B

 

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et là, le Minox LX (source : Cryptomuseum)

Les numéros de série commencent à 2500001 et il en fut produit environ 37 000 exemplaires jusqu’en 1995, auquel il faut ajouter les 5000 TLX produit jusqu’en 2003.

C’est l’appareil le plus longtemps fabriqué par Minox si l’on tient compte donc de la production du TLX car il fut produit de 1978 à 2003.

C’est vraiment peu par rapport aux 384.328 Minox B sortis entre 1958 et 1972.

Les ventes étaient faibles (ben oui, y a pas tant d’espions riches en circulation), mais la version LX noire a boosté (un peu) celles-ci. La production a cessé en 1986. Quoiqu’une édition limitée Gold Selection-LX de 1987/88, a relancé l’intérêt aux États-Unis, qui se sont aussi entichés de la version LX anodisé noir, ce qui a conduit à ré-ouvrir la production et à des prix … gonflés. En 1994, les LX noirs n’étaient plus disponibles. D’autres éditions limitées comme le Platine, l’Or et l’Argent Sterling ont aussi vu le jour mais à des prix indécents.

Comme vous le remarquez sur l’illustration ci-dessus, il y a trois diodes, qui sont de couleurs différentes. La jaune indique les vitesses lentes (inférieures au 1/30) et le risque de flou ; la rouge indique la surexposition et incite le photographe à utiliser le filtre gris interne afin de réduire la luminosité. La diode verte ne s’allume que lors du contrôle de la batterie. Ces trois diodes ne s’allument pas d’office, il faut actionner, en avant ou en arrière, le petit curseur qui se trouve près de la molette de sélection des vitesses.

Le Minox LX est un condensé de technologie, voyons plutôt :

  • objectif 15 mm f / 3,5
  • mise au point de 20 cm l’infini
  • le viseur se déplace légèrement pour compenser les erreurs de parallaxe (idéal pour photographier des documents)
  • posemètre électronique à cellule bleue silicium (SBC) intégré et couplé à un obturateur électronique
  • automatique à la priorité ouverture de 1/2000 s à la pause B
  • exposition manuelle de 1/2000 s à 1/30s
  • table de profondeur de champ minimaliste signalée par 2 point noirs de chaque côté du trait indiquant la distance de mise au point
  • appareil automatique lorsque vous réglez le cadran d’exposition sur A
  • 3 LED vert – jaune – rouge : interrupteur vers le haut, voyant vert allumé = batterie ok; interrupteur vers le bas pour le test d’exposition – jaune = vitesse sous 1/30s; rouge = surexposition
  • filtre gris neutre intégré

Mais au delà des performances techniques, le Minox fait partie d’un mythe, ou de fantasmes : les secrets des grands de ce monde, leurs bassesses aussi révélées par des personnes dont l’invisibilité est le gage de leur sécurité. Même s’il y eut des « célébrités » dans le monde de l’espionnage, elles ne furent déclarées qu’après une capture


Un bon exemple de l’utilisation du Minox C dans l’espionnage est le « Walker Spy Ring », dirigé par l’adjudant-chef de l’US Navy John Anthony Walker de 1967 à 1985. Walker avait proposé d’espionner pour l’Union soviétique (URSS) lorsqu’il avait fait l’expérience de problèmes financiers après une série de faillites d’entreprises.

Pendant les 17 années où lui et son réseau d’espionnage (qui comprenait son fils Michael, son frère Arthur et le premier maître Jerry Whitworth) ont travaillé pour les Russes, il leur a fourni les clés de plusieurs systèmes de chiffrement, y compris le KL-7, le KL-47 et le KW-7, en échange desquels il a reçu des milliers de dollars. On pense que cela a permis aux Russes de déchiffrer au moins un million de documents secrets.

Les Russes ont également donné à Walker une caméra Minox C pour copier des documents secrets et chiffrer le matériel. En fait, Walker a tellement utilisé cette caméra qu’elle finit par s’user. Après son arrestation en 1985, il a montré au FBI comment il utilisait le Minox C et sa chaîne de mesure pour photographier des documents.

La Belgique ne fut pas épargnée : Le colonel belge Guy Binet (1934-2000), également connu sous le nom de Colonel rouge, transmettait des documents confidentiels de l’OTAN au GRU russe depuis plus de deux ans avant d’être arrêté. En sa possession, la police a trouvé un récepteur Sony ICF-2001D, une caméra Minox EC et plusieurs tables de chiffrement OTP.

Guy Binet (1934-2000), a été recruté en 1986 par le service de renseignement militaire soviétique, le GRU. Lors de la première rencontre à Vienne avec son maître, le général Glazkov du GRU, il a reçu une caméra espion Minox EC.

Il a utilisé l’appareil photo pour photographier des documents secrets de l’OTAN et a livré les films aux Soviétiques à Vienne en janvier 1987. La même semaine, il a été formé au déchiffrement de messages radio secrets. Il a également reçu une importante somme d’argent et a été chargé d’acheter un Sony ICF-2001D (un récepteur radio très performant) à son retour en Belgique. Tous les deuxièmes et quatrièmes mardis de chaque mois, le colonel Binet devait écouter les messages codés qui étaient transmis par les stations à numéros mystérieux sur les bandes radio SW.

Malheureusement pour lui, l’agence américaine de renseignement (CIA) avait photographié sa première rencontre avec Glaskov à Vienne et prévenu ses collègues belges du SDRA, après quoi il a été arrêté. À ce moment-là cependant, Binet espionnait pour les Soviétiques depuis plus de deux ans. Il est alors devenu connu comme le « Colonel Rouge » et a finalement été condamné à 20 ans de travaux forcés et la dégradation militaire. Après 5 ans de prison, il a été libéré sur parole et est décédé en juillet 2000.

Source : Cryptomuseum

Mais revenons à des usages plus pacifiques. Des Clubs existent un peu partout, un des plus actif étant allemand (minoxclub.de), qui rassemblent des férus de ces minuscules appareils, chercheurs et collectionneurs pointus, qui livrent des conseils pour éviter les faux (éh oui, ici aussi), les arnaques, les guides de prix, etc.

Bref, tout un petit monde gravite encore autour d’un si petit appareil photo.

Car on viendrait vite à l’oublier mais à l’origine, le Minox a été inventé par Walter Zapp pour offrir un appareil photo de haute qualité et éminemment portable. Il était donc prévu pour photographier tout ce que l’on capture habituellement avec un appareil « classique ». Mais, justement, c’est sa petite taille et sa capacité à être dissimulé aisément qui en ont fait un appareil retenu par les agents de l’ombre.

Ironie de l’histoire, cet appareil fut pensé par un allemand habitant la Lettonie et les premiers boitiers furent fabriqués sous contrôle russe, puis allemand pendant l’occupation, à nouveau sous contrôle russe juste après la guerre pour revenir en Allemagne enfin. Et tant les Russes que les Américains, les Allemands, les Français, les Anglais ont utilisé ces appareils tellement commodes à dissimuler.

Et aujourd’hui, qu’en est il ?

Les Minox sont d’abord des objets de collection, surtout les modèles les plus rares, comme pour tout appareil photographique ayant fait sa niche dans l’Histoire.

Les progrès immenses de la miniaturisation électronique le ferait presque passer pour un dinosaure mais il est toujours fonctionnel : cet appareil a été fabriqué pour durer et il est solide.

Mais cet appareil garde un atout : la qualité de son objectif, excellent à courte distance, toujours très bon même réglé sur l’infini.

Pour vous en convaincre, voyez les images prises par le MinoxClub.de. C’est étonnant, non ?

Une remarque toutefois, la qualité des photos est meilleure avec des films en N/B, plus fins dans les détails que les films couleurs.

-« Oui bon, mais, et les films, le développement ?…. »

Figurez-vous que le film dit Minox (8×11 mm) est toujours disponible, notamment chez Fotoimpex, qui offre un service unique : vous achetez un « pack » contenant le film, son développement, une planche contact, le scannage du film et le tirage des photos en 10×13 : facile !

Sinon, vous pouvez toujours investir dans une cuve de développement spécial Minox et vous enfermer dans la salle de bain …

la cuve de développement, le thermomètre dédiéenviron 190€ sur Ebay

J’ai eu la chance de pouvoir acheter à un prix très raisonnable un LX en excellent état. Il ne lui manque que sa chainette. Par un autre hasard, j’ai trouvé dans une caisse d’un lot d’articles photographiques deux films Minox couleurs, dont un toujours dans sa petite boîte.

J’ai donc mis celui qui n’était pas emballé (un couleur 200 Asa 36 pauses) et j’ai glissé le Minox dans la poche, ayant termine le film 110 qui était dans l’Agfamatic 5008 qui m’accompagnait depuis quelques semaines.

Franchement, avoir ce genre d’appareil au creux de la main est une expérience. Bien qu’il soit minuscule, il est parfaitement utilisable car tout tombe bien sous les doigts. Le viseur est clair et bien défini. Contrairement aux Kodak ou Agfamatic, le fait de l’armer en tirant/poussant les deux parties du boitier est quasiment silencieux. Le déclencheur est inaudible (ce serait un comble !) et extrêmement sensible.

En le comparant au Minox B que je vous avais présenté, il a l’immense avantage d’une cellule intégrée et couplée (sur le B, il faut régler en fonction de celle-ci l’ouverture). Mais il a un gros désavantage, il ne peut fonctionner sans piles.

Il me reste à sortir et à l’essayer …

S’il vous prenait l’envie d’en acquérir un, comparez et prenez votre temps. Les noirs, s’ils sont très beaux, sont hors de prix et les faux pullulent, tout comme les séries spéciales en platine, or ou argent … ces « fioritures » ne modifient pas la capacité de prendre des photos du modèle de base, pensez-y

Pour vous donner une idée de prix, un LX classique se négocie autour des 180€, un noir autour des 450€, un gold est aux environs de 900€, un platine atteint les 1200€ (prix moyens rencontrés sur Ebay), sans parler des séries spéciales qui atteignent des sommets himalayens.

Une video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI et le manuel d’utilisation plus complet est LA

Et s’il vous prenait l’envie de développer vous-même vos films

Des références : https://cryptomuseum.com/covert/camera/minox/lx/index.htm, http://www.submin.com/8×11/manuals/minox/, http://www.minox.org/, http://www.submin.com/8×11/collection/minox/cameras/lx.htm, http://inventorspot.com/articles/minox_history_spy_camera en anglais, http://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=2344, https://fr.wikipedia.org/wiki/Minox en français, http://minoxclub.de/uebersicht-minox-8×11-kameras/ en allemand

Argentique

Agfamatic 2008

Tiens, j’allais l’oublier celui-ci, un Agfamatic 2008 que j’ai reçu, dans sa boîte d’origine, avec sa dragonne, un flipflash (entamé), le mode d’emploi, sa carte de garantie et … un film avec 9 photos déjà faites.

Si je regarde la lignée des Agfamatic, cet appareil est apparu sur le marché en 1975, soit 3 ans plus tard que le 4000 que je vous présentais il y a peu. Et il est considéré comme entrée de gamme.

Quoique il propose tout de même un « ‘téléobjectif » dont la mise au point sera fixée entre 1,2m et l’infini. Près du déclencheur, se trouve un petit curseur qui vous fait passer de l’objectif au téléobjectif en faisant glisser un complément optique devant ledit objectif. La focale passe du 26 au 43 mm (soit 55 et 90m en équivalant 24X36, pas mal !) et le viseur s’adapte au changement de focale

L’objectif proprement dit est un Colar Agnar de 26mm en 3 éléments ouvrant à f9,5. L’appareil travaille avec 2 vitesses d’obturation, le 1/50s et le 1/100s que vous réglez en sélectionnant l’image d’un soleil ou d’un nuage avec le curseur placé sur le dessus de l’appareil. Et si vous n’aviez pas assez de lumière, vous pouvez lui adjoindre une barre de flipflash.

Le « flipflash » est une barre en plastique, munie de lampes flash (10 en général) qui se déclenche au fur et à mesure. Dès que vous êtes à la moitié de la barre, vous la retournez pour terminer les flashs

Le viseur est toujours aussi lumineux, avec des marqueurs pour la parallaxe.

Rien de plus, rien de moins … et c’est ce qui fait le charme de cet appareil qui, pour être considéré comme entrée de gamme, n’en est pas moins sophistiqué. Je vous laisse découvrir la subtile mécanique qui se cache sous son habillage métal/plastique. Qui, soit dit en passant, à remporté le iF Product Design Award en 1974, comme quoi, il ne faut pas se fier aux apparences !


Comme le reste de la gamme, cet appareil est équipé du déclencheur Sensor et de l’armement Repitomatic.

Un mot sur ces deux termes :

Le Sensor, cette pastille orange, typique des appareils Agfamatic Sensor a été une petite révolution à l’époque de sa création. Les ingénieurs voulaient offrir un déclenchement sans vibration. Ils ont donc imaginé un bouton souple qui permet une tension délicate d’une partie en métal moulé. On peut déclencher en appuyant tout doucement sur le Sensor sans causer la moindre vibration contrairement aux anciens déclencheurs mécaniques sur lesquels il fallait « pousser » et qui risquaient de déstabiliser l’appareil lors de la prise de vue.

Le système d’armement Repitomatic, une autre idée géniale. Si vous vous souvenez de l’article sur le Minox B, le soucis principal était qu’une fois armé,vous deviez prendre la photo car si vous refermiez l’appareil sans le faire, la photo était « perdue » . Eh bien le système Repitomatic permet de faire coulisser l’une dans l’autre les deux parties du boitier, ce qui actionne un mécanisme qui fait avancer le film et arme l’obturateur. Et tant que vous n’aurez pas déclenché, vous pouvez refaire le geste, sans plus perdre la moindre photo !

En fait ce qui est passionnant avec ces appareils, c’est leur apparente simplicité qui les rend immédiatement utilisable, sans devoir lire un mode d’emploi à la limite : vous sortez l’appareil de votre poche, vous l’ouvrez, vous visez et déclenchez, puis « Ritsch-Ratsch-Klick » (le bruit du mouvement et du déclenchement) et vous recommencez.

Cette simplicité d’utilisation en a fait un cadeau tout trouvé pour des milliers d’enfants et d’adolescents, pour qui ce fut souvent le premier appareil photo.

Cette gestion très facile laisse la place à l’instantanéité propre aux enfants : ils voient quelque chose qui les amuse, les intéresse, leur paraît étrange ou beau, « Ritsch-Ratsch-Klick » c’est dans la (petite) boîte.

Et il n’y a pas que les enfants qui s’en sont servis, Bernard Plossu en a tiré un livre, intitulé Paris-Matic dans lequel il exprime sa joie d’utiliser quelque chose d’aussi simple et intuitif.

Tout est-il parfait dans ce monde là ?

Non car sauf à utiliser les modèles les plus sophistiqués, les réglages sont à minima (mais c’est parfois ça le fun de la chose). Ensuite, la qualité des films en 110 a été décriée. Pourtant aujourd’hui, c’est justement ces imprécisions, ces approximations qui en font le sel. Les membres de Lomography ne s’y sont pas trompé, eux qui proposent plusieurs types de films intéressants dans ce format.

Ici pas besoin de post-production, de filtres créatifs à gogo, l’appareil vous surprendra toujours (généralement en bien) avec des images très personnelles.

Personnellement, j’ai un Agfamatic 5008 (qui sera sans doute doublé par un 6008 bientôt) dans la poche et à chaque sortie, je l’utilise, juste pour le plaisir de la facilité d’utilisation et son encombrement réduit. Je sais que je ne sortirai pas des agrandissements époustouflants mais ce n’est pas la démarche. C’est celle d’avoir sur soi toujours un moyen simple de capter un moment par essence fugace.

A l’heure où je vous écris ces lignes, des sites comme Ebay (re)commencent à s’intéresser à ces appareils et les cotes commencent à monter, ce qui est dommage. Essayez de faire le tour de vos connaissances, famille ou amis, ils doivent en avoir qui trainent dans un coin et demandez qu’ils vous les cèdent. A défaut, écumez les sites de vente et repérez les bons prix (je dirais 5€ pour les modèles d’entrée de gamme et max. 20€ pour les plus sophistiqués).

A quoi faut il faire attention en cas d’achat ? Le mécanisme fonctionne t’il bien (fluide), les piles – quand il y en a – n’ont elles pas coulé, les curseurs coulissent ils bien, les optiques sont elles propres, le mécanisme d’armement tourne t’il (une petite molette à l’intérieur de la chambre, en métal) … ?

Vous vous en doutiez, les plus sophistiqués sont ceux qui ont un numéro élevé (2000 – > 4000). Ceux qui se terminent par un zéro utilisent un flash cube et ceux qui se terminent par huit, un flipflash, tous les deux introuvables, sauf à tomber sur quelques stocks mais sans garantie qu’ils fonctionnent encore. Sur certains modèles (ceux avec flipflash), il est parfois possible de trouver un flash électronique de la marque, avec une prise spéciale qui s’insère dans celle du flipflash (p.ex. le flash Agfamatic Pocket Lux 234) … mais a t’on besoin d’un flash ?

Enfin, sachez que je vous parle ici des Agfamatic mais que d’autres marques ont sortis des appareils dans ce format de film, dont Kodak, Minolta, Canon, … évitez seulement les marques exotiques comme Regula, Hanimex Halina et autres fantaisies, qui sont souvent de pâles copies sans grand intérêt.

Et concernant les Minolta ou Canon, faites attention au prix : ils sont sophistiqués, certes, mais la facture grimpe vite.

Pour les Kodak Instamatic Pocket, vérifiez le type de pile : si ce sont des K Size, elles sont introuvables, laissez tomber. Si ce sont des PX 625, comme sur les Agfamatic, on en trouve facilement, voire on peut détourner le problème avec un adaptateur et une bonne vieille LR44.

Une interview , en français, du designer Julian Schlagheck (dont le père fut un des ingénieurs concepteurs), vous permettra de mieux cerner les motivations à la création et l’évolution des Agfamatic.

Une petite vidéo d’illustration

Des références : https://casualphotophile.com/2020/06/05/agfamatic-2008-pocket-sensor-110-camera-review-featuring-lomography-film/, https://www.lomography.com/homes/stratski/notes/93621-my-camerapaedia-agfamatic-2008-tele-pocket-sensor, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Agfamatic_2008_tele_pocket,_Pocket_lux_234-3988.jpg?uselang=fr en anglais, http://apphotnum.free.fr/Agfamatic%20recap.html, http://www.app-phot-col.com/photcol/pdfr/T34/2088.pdf, http://www.click-clack.fr/index.php?/category/453 en français

Argentique

Agfamatic 4000

Ah, nostalgie quand tu nous tiens … quoique cela puisse simplement être de la curiosité car, en fait, je n’ai jamais eu de pocket étant plus jeune, très tôt conquis par l’univers des reflex.

C’est donc pour moi – et je l’espère pour vous aussi – l’occasion de (re)découvrir ces appareils qui ont été partout du début des années septante jusque la fin des années nonante.

Si vous vous en souvenez, j’ai abordé les pockets avec l’Agfamatic 6008, puis l’Agfamatic 901, motorisé. Celui que je vais vous décrire aujourd’hui n’était pas dans ma caisse à malices mais chez le vide-grenier de Chièvres où j’ai aussi cueilli le Kodak Instamatic 154 d’un article précédant.

Si je reprends l’historique de ces pockets, et leurs « nomenclatures », on peut les diviser en 3 catégories : les boitiers simples, ceux aux réglages multiples et enfin ceux à exposition automatique, les plus « sophistiqués ».

Et donc pour reprendre cet ordre, en 1974, sont apparus un Agfamatic 2000, un Agfamatic 3000 et l’Agfamatic 4000 d’aujourd’hui. Encore un peu plus sophistiqués, la même année sont sortis un Optima Pocket 5000 et un 6000. Leur différence tenait dans leurs optiques, plus lumineuses, un Agfa Solinar ouvrant à f2,7. Ces deux derniers appareils n’ont pas connu de descendances sous la forme de pocket mais bien une autre lignée très connue, les Optima Sensor, mais c’est une autre histoire, que vous pouvez découvrir sur le site de Philcameras.

Et donc, j’en reviens à mon Agfamatic 4000.

Comme les autres pockets, il utilise le film en cassette 110, qui autorise 12 ou 24 vues. Plus facile que ça, ce n’est pas possible : vous ouvrez l’appareil, l’emballage du film, vous glissez le second dans le premier, vous armez deux fois et c’est parti !

Il est un peu plus compact que l’Agfamatic 6008, avec une partie métallique et le reste en plastique. Même s’il semble « dense » dans la main, il ne pèse que 180gr, film et piles comprises. Celui-là, vous pouvez le glisser dans toutes les poches et il est toujours prêt.

Sur cet appareil, à l’aide de pictogrammes, vous réglez la distance de mise au point (un personnage = 1,2 m à 2m, deux = 2 à 4m, une montagne = 4m à l’infini) et leur équivalant en pieds ou centimètres (en caractères bleus), surtout utilisé pour l’utilisation du flash cube.

Son objectif est un Color Apotar en trois éléments, empruntés à la gamme Optima, mais un peu moins lumineux, ouvrant à f6,3. C’est un 26 mm, qui correspond environ à un 55mm en 24×36. Cet avantage d’un objectif réglable en distances est encore accentué par un obturateur électronique.

Pourtant, à l’époque de sa sortie, quelques uns se plaignaient de devoir appuyer fort sur le déclencheur, pourtant appelé  » sensor », ce qui risquait de provoquer des flous de bougé. Mais c’était sans comprendre la subtile mécanique interne de cet obturateur : le client pouvait s’attendre à un déclencheur électrique, couplé à l’obturateur électronique mais Agfa y a placé une déclencheur mécanique parce que celui-ci a une double fonction :

  • lors du déclenchement, un levier engage le posemètre et lorsqu’on pousse un peu plus, il libère la première lamelle de l’obturateur
  • lorsque la première lamelle a été déclenchée mécaniquement, elle actionne un second interrupteur qui maintient le contact jusqu’à ce que la seconde lamelle de l’obturateur se referme

Deux avantages à cette procédure : un, la cellule ne s’active que lorsque l’on en a besoin (ce qui économise les piles) et deux, il ne faut pas maintenir le doigt sur le déclencheur, la première poussée ayant engendré les différentes réactions.

Pas mal vu la taille de l’appareil …

Quelques mots du viseur ensuite : il est clair, avec un cadre qui reprend les marques de corrections de la parallaxe. Il y a une diode rouge qui s’éclaire pour signaler que le flash cube est fini (les 4 ampoules ont été utilisées) et une autre diode rouge s’allume si la durée d’exposition dépasse le 1/30s et elle reste allumée jusqu’à ce que la seconde lamelle de l’obturateur coupe le circuit. Pour les longues expositions, c’est un indicateur de temps de pause (bon, c’est vous qui devez égrainer les secondes).

Le réglage de l’exposition est de 30s à 1/500s, la synchronisation avec le flash cube étant réalisée au 1/50s. Le tout était réglé par la cellule, visible à côté du viseur.

Dernière petite attention, vous pouvez y viser un déclencheur souple pour une pause plus lente mais vous devrez le poser sur une surface plane car il n’y a pas d’endroit pour le fixer sur un pied.

Alors quelle sensation avec ce type d’appareil ?

Il faut un (tout) petit temps d’adaptation, surtout pour le tenir correctement entre les doigts, sans en mettre un devant le viseur ou l’objectif et le tenir le plus horizontalement possible. Puis, j’avoue, c’est assez addictif, vous le dégainez rapidement et clic-clac, vous passez à la vue suivante …

Franchement, je comprends qu’il s’en soit vendu des camions !

Un point positif sur cet appareil, contrairement par exemple au 6008, c’est que vous pouvez atteindre les piles, placées sous l’appareil, sans devoir ouvrir la chambre de celui-ci.

C’est une expérience à tenter si vous n’en avez jamais eu un en mains, D’autant que vous les trouverez à des prix ridicules : +/- 15€ pour les plus sophistiqués, que je vous recommande afin de bénéficier d’une cellule, de quelques réglages de distances, voire de motorisation pour certains (cf. l’Agfamatic 901 p. ex.)

Juste pour le plaisir, une petite video publicitaire de l’époque

Une petite vidéo d’illustration

Je ne le répèterai jamais assez mais les films 110 sont toujours en vente et la firme Lomography propose quelques variantes pour aller jusqu’au bout de la démarche : effets spéciaux assurés !

Vous en trouverez aussi chez Fotoimpex et RetroCamera. Vous n’aurez plus d’excuses pour ne pas succomber à ces appareils terriblement intuitifs, qui donnent envie de faire des photos. La taille des appareils leur permet de se glisser partout.

Essayez, vous ne serez pas déçu, en tout cas si vous acceptez les limites naturelles de ce type de film, qui font le charme de cette photographie.

Des références comme d’habitude : http://www.app-phot-col.com/photcol/pdfr/T34/2092.pdf, https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Agfa/Agfa_Agfamatic_4000_pocket_sensor, http://www.app-phot-col.com/photcol/pdfr/T34/2055.pdf, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-556-Agfa_Agfamatic%204000%20Pocket.html en français, http://apphotnum.free.fr/Agfamatic-e.html, http://apphotnum.free.fr/Agfamatic%20recap.html, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Agfamatic_4000_pocket_sensor, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Agfa_Optima_6000_pocket_sensor en anglais, https://de.wikipedia.org/wiki/Agfamatic en allemand

Argentique

Hanimex VXL

Voilà, voilà, j’arrive au bout de ma caisse à « surprises » ….

Avec encore un tout petit appareil, un Hanimex VXL.

Si vous avez lu l’article précédant sur l’Hanimex VIF 110, vous en savez, comme moi, un peu plus sur cette marque aujourd’hui disparue.

Et donc avec cet Hanimex VXL, je vous présente le « haut de gamme » de la série des 110 dits verticaux (par opposition aux pockets « à plat » comme les Agfamatic et Kodak Instamatic), dévoilé aussi lors de la Photonika de 1978.

Petit comparatif rapide entre les deux appareils : celui-ci est plus compact d’aspect, plus épais aussi, manifestement, il est équipé d’une cellule (le petit rond au dessus de l’objectif). Il bénéficie aussi de plus de réglages, grâce au curseur sur le dessus de l’appareil, pour les vitesses et autour de l’objectif, pour les ouvertures .

Le viseur est collimaté avec indication de correction de la parallaxe et est finalement très grand par rapport à la taille de l’appareil (la grande fenêtre dorée à gauche).

Plus encore que le VIF 110, il ressemble à un petit 35 mm classique, si ce n’est que lui aussi utilise le format de film 110.

Mais entrons un peu plus dans les spécifications techniques, pour nous rendre compte des différences et, finalement, de la sophistication de ce lilliputien.

Son objectif d’abord : c’est un Hanimar XL, un 25mm en 5 éléments, qui ouvre à f1,9 (un objectif dit rapide). Il faut avouer que c’est assez rare, surtout pour cette taille. Mise au point de 1m jusque l’infini.

Sa cellule est une CdS, alimentée par une pile de 4,5 volts. Ici, je vais avoir un souci car je n’ai jamais vu ce type de batterie et je crains qu’il ne faille bricoler quelques chose pour compenser cette pile sans doute aujourd’hui disparue Il accepte des films de 80 à 400 Asa (calibrage de la cellule). Ceci étant, il fonctionne sans pile mais sans posemètre alors.

Dans le viseur, deux diodes indiquent une sur ou sous exposition

Son obturateur mécanique est programmé par le choix du diaphragme, de 1/30s jusque 1/800s.

A noter la prise pour un flash électronique sur le côté gauche de l’appareil. Celui-ci est synchronisé au 1/40s

Les dimensions de l’appareil photo sont 98 X 56 X 51 mm pour 200gr. A défaut de le glisser dans une poche, il rentre dans n’importe quel (petit) sac

Pour le reste, comme vous pouvez le voir sur les photos, le déclencheur est ce rectangle en métal, à côté du curseur des vitesses, très doux et silencieux, dans lequel vous pouvez viser un déclencheur souple.

L’avancement et le réarmement se font avec la mollette crantée située en dessous de l’appareil. Pas de compteur de vue non plus, la fenêtre donnant sur le film indique l’avancement des photos.

Alors que tout l’appareil est en plastique, bizarrement, la porte de la chambre est en métal, avec un petit presse-film (enfin, plutôt un presse cartouche dans le logement)

En résumé, si la prise en main n’est pas désagréable, il faut tenir compte de la taille de l’appareil, qui ressemble à un jouet tout en ayant des spécifications techniques intéressantes.Comme quoi la taille n’a rien à voir avec le talent !

Il est facile à régler (objectif, curseur des vitesses) et, si j’en crois les quelques textes que j’ai pu consulter, sa cellule est précise.

C’est un appareil rare, assez difficile à trouver en bon état mais parfaitement utilisable. Reste le problème de la pile …

… sur lequel je reviens car j’ai enfin pu visualiser de quelle pile il s’agissait, grâce à la vidéo que vous verrez ci-dessous. C’est une pile aussi utilisée dans les Kodak Instamatic Pocket.

Mais malgré de nombreuses recherches, je ne suis pas parvenu à en trouver un exemplaire ou, mieux, une équivalence moderne. Et je vous avoue ne pas avoir envie de sacrifier la portabilité de l’appareil par l’ajout du montage externe présenté ici.

Parfois il faut se résoudre à accepter qu’un appareil ne sera plus utilisable dans toutes ses fonctions parce qu’un élément manque. En l’occurrence, ici, l’appareil fonctionne mais sans cellule, ce qui limite son agrément si on veut profiter de son automatisme

Quelques références : http://camera-wiki.org/wiki/Hanimex_VXL, http://camera-wiki.org/wiki/110_film, http://camera-wiki.org/wiki/Hanimex, https://trove.nla.gov.au/newspaper/article/186914145 en anglais, https://www.flickr.com/photos/64947908@N05/24759260189/, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-3733-Hanimex.html en français

Argentique

Hanimex VIF 110

Comme je l’avais écris précédemment dans l’article consacré à l’Agfamatic 901, j’ai acquis une caisse d’appareils dits « pocket », dont la petite taille justifie parfaitement le terme qui les désigne car nous pouvez les glisser dans n’importe quelle poche, (presque) sans faire de plis. Leur apparence et leur particularité est d’être plats, guère plus épais que le film qu’ils contiennent.

Autre caractéristique justement, ils utilisent un format aujourd’hui un peu oublié, le format 110 (pour plus d’infos, je vous renvoie de nouveau à l’article sur l’Agfamatic 901) mais néanmoins toujours fabriqué et qui permettait la miniaturisation des appareils, sans tomber dans des formats plus exotiques comme le Minox 8×11 ou le format 16mm des Minolta 16 – MG, qui lui n’est plus fabriqué.

D’autres appareils, aux formes un peu différentes ont pourtant aussi profité de ce format réduit, comme par exemple le Rollei A 110, ou le plus petit reflex à objectifs interchangeables du monde, le Pentax Auto 110, voire aussi le simplissime Fujica 250 Pocket.

Mais voilà qu’en sortant au fur et à mesure les appareils de la caisse, pour les nettoyer et vérifier leur fonctionnement, je tombe sur un appareil que je ne connaissais pas du tout. Et pour tout vous dire, dans d’autres circonstances, je m’en serais même méfié car la marque ne me rappelait pas des appareils de qualité.

Il s’agit d’un Hanimex VIF 110.

Hanimex, ça rappellera sans doute des souvenirs au plus que quarantenaires, qui ont connu cette marque qui vendait disons, un peu de tout….

En fait il s’agit d’une entreprise fondée après la seconde guerre mondiale par Jack Hannes pour importer en Australie et en Nouvelle Zélande des appareils photographiques européens, puis japonais et chinois ainsi que des objectifs en diverses montures adaptables sur les appareils de la plupart des grandes marques et d’autres équipements photographiques. L’origine du nom est l’abréviation de « Hannes Import Export »..

Elle a ainsi revendu des appareils fabriqués par Tōkyō Kōgaku (Topcon) et Sedic au Japon, par Finetta, Montanus, Vredeborch et Dacora en Allemagne de l’Ouest, par Pentacon en Allemagne de l’Est et aussi par divers autres fabricants, entre autres Chinois. C’est dire qu’il est souvent compliqué de savoir qui est derrière tel ou tel appareil, à moins que celui-ci n’existât aussi, à quelques détails près, dans sa marque d’origine (un comme le faisait les marques Quelle ou Revue qui étaient des « rebadgages » d’autres marques)

Je vous avoue que ça ne m’a pas beaucoup aidé pour trouver des infos sur ce petit appareil inhabituel.

Il semble que le véritable constructeur soit Sedic, un fabriquant « généraliste » japonais.

Par comparaison avec les autres pockets style Agfamamtic ou Instamatic, nous pouvons le qualifier de « vertical ». En, fait il ressemble plus à un petit 35mm, comme le Pentax Auto 110 ou le Fujica 250 Pocket.

Cet appareil a été présenté à la Photokina de 1978 dans une série appelée VIF dont le plus simple est le VIF 100. Le VIF 110 gagne lui un objectif lumineux, un Hanimar qui ouvre à f4 avec 4 éléments en 3 groupes, fabriqué en verre optique et non en plastique (gage de meilleure qualité). Le modèle haut de gamme de la série s’appelle VXL (nous en reparlerons, car la caisse contenait d’autres surprises).

La distance focale est de 20,5 mm. L’objectif est un fix focus avec une mise au point minimale de 1,8m jusque l’infini.

Petite particularité, l’ouverture est couplée à la sensibilité du film : elle est de f8 pour un film 100 Asa, f16 pour un 400 Asa et de f4 si vous utilisez le flash, qui est de type « pop-up » avec un nombre guide 15 pour 100Isa (pas mal pour un si petit machin). La vitesse est de 1/125s.

Il n’y a pas de cellule mais pour alimenter le flash, prévoir 2 piles AA. Ce qui veut dire que l’appareil fonctionne même sans piles, ce qui m’arrange car sur mon exemplaire, le flash est cassé (une pièce se balade dans l’appareil).

En résumé, 180gr, 114x60x35 mm que vous pourrez aussi glisser dans une poche sans trop déformer celle-ci et vous voila paré avec ce (tout) petit Hanimex VIF 110.

Avouez qu’il est « mignon », avec un peu de recherche au niveau design. Le déclencheur est le gros bouton plat sur le dessus, assez sensible et au bruit très discret. A l’arrière, un tableau reprend les distances pour le flash. L’armement se fait via la molette crantée tout en dessous. Pas de compteur de vue, mais une fenêtre qui laisse apparaître le défilement du film et le nombre de vues déjà faites. A noter, le petit pas de vis pour le fixer sur un trépied. Et le flash, qu’il suffit de soulever pour mettre en batterie puis de rentrer pour couper.

Comme quoi, au détour d’une caisse, on peut encore découvrir des appareils qui sortent de l’ordinaire.

Une petite video d’illsutration

Quelques références : https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Hanimex, http://camera-wiki.org/wiki/Hanimex_VIF_110, http://saturatedimagery.co.uk/cameras/hanimex-vif-110/, http://camera-wiki.org/wiki/Hanimex en anglais, https://drquid.pagesperso-orange.fr/PhotoCine/appareils-photographiques/hanimex/, http://www.reparphot.com/fabricants/32-hanimex, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-3738-Hanimex_VIF%20110.html en français

Les pockets

Agfamatic 901

Ben oui, je vous ai écris que j’avais acheté un lot, et dans ce lot, quelques pépites nous attendent encore.

Il y a quelques jours donc, c’était l’Agfamatic 6008, aujourd’hui cet Agfamatic 901 Motor.

Si je reprends la chronologie des Agfamatic, celui-ci est apparu sur le marché en 1979 et fut fabriqué jusqu’en 1981.

C’est toujours un appareil de la famille des pockets mais il inaugure une nouvelle ère : celle de la motorisation !

Dès lors, vous constaterez que la forme du boîtier du 901 est différente de celle des autres Agfamatic

Pour mémoire, l’Agfamatic 6008, et les autres de la gamme, utilise les « tirer – fermer » pour armer l’appareil et faire avancer le film d’une vue. Mais ici, l’avance du film est assurée par un moteur, il n’y a donc plus de partie coulissante, ce qui réduit aussi sensiblement la taille du boitier.

Un boîtier tout en plastique et entièrement noir, à l’exception du déclencheur orange, puisqu’il s’agit d’un sensor, la « patte » des Agfamatic.

Il est cependant assez dense lorsqu’on l’a en main. Au dessus de l’appareil, un bouton à glissière permet de mettre l’appareil en fonction, et de choisir entre deux pictogrammes « météo », afin de régler la vitesse d’obturation : ensoleillé pour le 1/100s et nuageux pour le 1/50s (et la synchro flash)

Deux piles AAA assurent l’alimentation du moteur. Ce qui peut être un peu gênant, c’est qu’il faille ouvrir la porte protégeant le compartiment du film pour y accéder, mais bon, il ne consomme pas beaucoup.

Historiquement, c’est l’Agfamatic 901 E Motor qui est sorti le premier, présenté à la Photokina de 1978. Puis Agfa a sorti le 901 Motor et le 901 S Motor.

Finalement, il y eut quatre variantes de l’Agfamatic 901 :

  • le 901 motor : pas de prise de vue continue, pas de cellule, 2 vitesses
  • le 901 S motor : prise de vue continue, pas de cellule, 4 réglages
  • le 901 E motor : prise de vue continue, cellule CdS, curseur de réglage
  • le 901 SE motor : prise de vue continue, cellule CdS, automatique

Mais d’autres particularités sont à relever :

  • l’objectif est un Color Apotar 27mm ouvrant à f1:6,3 en 3 éléments
  • les vitesses ne sont plus que deux : 1/50 s et 1/100s
  • la mise au point minima est de 1,2m jusque l’infini
  • le viseur optique est collimaté avec indication de la parallaxe
  • il y a un palpeur pour reconnaître les sensibilités des films de 64, 80 ou 400 ASA
  • connecteur pour un flipflash
  • ses dimensions sont de 125x30x53 pour un poids de 149gr (sans les piles)

Cela peut nous paraître « normal » qu’il y ait un moteur pour l’entrainement du film et l’armement du déclencheur, mais il faut se rendre compte que l’Agfamatic 901 E fut une première mondiale en 1979 par l’installation d’un micro-moteur dans un pocket.

Une « prise en main de Jean-Jacques Deutsch » nous présente l’appareil et une info lors de la sortie de l’appareil

Il faut admettre que nous sommes loin de la sophistication d’un Minox LX ou même de l’Agfamatic 6008 mais cet appareil a fait le bonheur de milliers d’amateurs – dont des enfants – grâce à sa facilité d’utilisation et à sa qualité d’image tout à fait acceptable.

Facilité d’utilisation car il suffisait d’introduire la cassette de film 110, de refermer le dos de l’appareil et tout le reste se faisait automatiquement …. il suffisait de viser, d’effleurer le « sensor » orange et la photo était dans la boîte.

Honnêtement, comme certains de ses confrères de même style, c’est un appareil que j’ai vu plus d’une fois lors de camps scouts dans la fin des années septante et début quatre-vingt, qui faisait la joie des scouts et la moisson de souvenirs à rapporter de ces moments inoubliables.

Regardez dans les tiroirs de vos parents, de vos grands-parents, oncles, tantes, … vous en trouverez sans doute un. Il me vous reste plus qu’à commander une boîte de 110 et vous retrouverez vos dix – douze ans …Ah, nostalgie, quand tu nous tient …!

Ça se glisse dans une poche, un sac (même sac à main) et c’est toujours prêt à « dégainer » .

Bon, ok,pour les moins sophistiqués, surtout en été, lorsque la lumière est bonne, mais au prix où ils sont vendus de nos jours, faites vous plaisir et prenez en un bon.

N’oubliez pas que ce film est toujours fabriqué. Vous pourrez le trouver chez Lomography, chez Fotoimpex ou RetroCamera et votre labo photo peut toujours les développer sans soucis.

Pour changer, une petite video pour démontrer le style de photos que l’on peut attendre de ce type de film et d’appareil

Des références, comme d’habitude : https://www.collectiongeven.com/piwigo/picture.php?/24832, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-345.html en français, https://www.kamera-museum-scholz.de/agfa-kamera/agfamatic-pocket/agfamatic-pocket-901/, https://www.kamera-museum-scholz.de/agfa-kamera/agfamatic-pocket/ en allemand, http://camera-wiki.org/wiki/Agfamatic_901_motor en anglais

Argentique

Agfamatic 6008

« Heu… c’est quoi ça ? une nouvelle machine à laver ? »

Hé oui, ceux qui ont moins de 45 ans ne peuvent connaître ces merveilles développées à la fin des années soixante et qui ont vu leurs heures de gloires dans les années septante, voire début quatre-vingt.

Je vais donc vous présenter l’Agfamatic 6008, un haut de gamme ce que l’on appelait affectueusement – ou avec dédain – les « pockets ».

« Bon, ok, mais c’est quoi un pocket ? »

Aïe, c’est vrai, enfants du smartphone, je vais essayer de vous expliquer et vous donner envie d’aller fouiller dans les tiroirs de vos parents et grands parents, car il doit bien y en avoir au moins un qui s’y cache ….

Un « pocket » est un appareil photo généralement extra plat, guerre plus épais en fait que la cartouche de film qu’il contient.

Car cet appareil a été conçu pour être très simple d’usage : vous l’ouvrez, glissez dedans une cartouche de film en 110 – je vais y revenir , vous refermez et actionnez une fois ou deux le mécanisme « tirer- refermer » et c’est prêt à photographier. Les derniers modèles ont même poussé le confort jusqu’à introduire un moteur qui le fait à votre place !

Le film est donc logé dans une cartouche plastique. Plus besoin d’accrocher une pellicule dans une encoche, la cartouche contient tout ce qu’il faut pour s’accoupler avec l’appareil : plus simple que ça, c’est pas possible …

Petite précision : on fabrique toujours ces films que vous pouvez trouver chez Retrocamera, Fotoimpex ou chez Lomography

Dernière chose concernant ce film, qui existe en N/B et en couleurs : sa surface sensible est de 13 x 17 mm, sa largeur est de 16mm et il fut inventé par Kodak en 1972 pour ses Kodak Pocket Instamatic.

Plus de 25 millions d’appareils Kodak seront vendus les 3 premières années de production des pockets 110. Toutes les grandes marques se lanceront dans l’aventure, certaines avec des modèles sophistiqués comme le Minox 110, l’Agfa que je vous présente, le Canon 110ED et même des réflex par Minolta ou l’Asahi Pentax Auto 110.

Voilà, le décor étant planté, je vis donc vous présenter cet Agfamatic 6008 (également connu sous le nom de Agfamatic 6008 Makro Pocket Sensor – ouf !) qui fut introduit en 1977 et fut présenté comme le modèle haut de gamme des appareils photo compact d’Agfa pour film 110 à l’époque.

Mais pour mieux comprendre, je vous invite à aller voir sur ce site la chronologie des Agfamatic qui furent produit de 1973 à 1983, éternels concurrents des Kodak Instamatic (pour la petite histoire, c’est Kodak qui a inventé le concept).

Je vous ai déjà présenté des appareils tout minis : le Minox B, qui est sans doute le plus petit et le Minolta 16 – MG. Mais les pockets, s’ils sont « une taille » au dessus, restent néanmoins des appareils très petits, qui se glissent dans toutes les poches.

Voulus simples d’utilisation, pratiques et que l’on pouvait toujours garder sur soi, certains modèles n’en étaient pas moins sophistiqués. Dont ce fameux 6008.

C’est un appareil à exposition automatique, son obturateur électronique contrôlé par une cellule CdS et son réglage d’ouverture nécessitant la puissance de trois piles PX625 (ou similaires de 1,5V). La vitesse d’obturation varie de 15 s à 1/1 000 s, avec un indicateur rouge / vert dans le viseur indiquant si la vitesse est plus rapide ou plus lente que 1/30 s.

L’appareil photo offre un moyen pratique de faire la mise au point, avec un sélecteur à molette autour d’une échelle en plastique transparent avec des distances en mètres. L’extrémité longue du pointeur en forme d’épingle sur l’échelle indique la distance en mètres, l’extrémité courte indique la distance en pointant sur des symboles. Une échelle de symbole de distance est également visible sur la ligne supérieure du cadre lumineux du viseur, et un pointeur rouge est décalé le long de cette échelle de manière synchrone avec le pointeur de symbole de l’autre échelle de distance tandis que la position horizontale du cadre lumineux est corrigée en parallaxe.

Il peut également être utilisé avec des flipflashes (des « barres » renfermant plusieurs lampes flash) via un connecteur et un flash électronique Agfamatic Pocket Lux via une griffe spéciale sur le côté.

source : https://www.flickr.com/photos/oskay/14417441066

Sa spécificité est une fenêtre coulissante avec un objectif « gros plan » qui peut être déplacé devant l’objectif rapide Solinar S 2.7 pour les expositions « macro ». L’appareil photo est doté d’un mécanisme d’avance de film push-pull qui décale également la fenêtre de l’objectif gros plan lorsque le mode macro est utilisé pour la dernière exposition. Il est donc nécessaire de fermer la fenêtre coulissante après chaque avance et réouverture de l’appareil photo pour réaliser une série d’images macro. Le viseur à cadre lumineux affiche des marques de parallaxe vertes pour les photos en gros plan.

Parlons en de son objectif : c’est un Solinar « S » ouvrant à f1:2,7 en 4 éléments et traité avec un revêtement multicouche (le fameux « S »). Il est réputé pour être très bon.

Avouez que pour un appareil si petit, c’est déjà une dotation plus que confortable. Tous les appareils de l’époque n’en étaient pas pourvu.

Ajoutons encore qu’il possède un retardateur et il est possible de faire des pauses longues avec lui.

Enfin, la signature de l’Agfa, le célèbre « point rouge » qui est le déclencheur sensible de l’appareil. En plus, il est possible de lui adjoindre un déclencheur à fil, si vous l’utilisez pour des pauses longues (sur trépied alors).

Lorsque l’appareil est fermé, l’objectif et le viseur sont protégés dans le boitier. Le mouvement push – pull (tirer – fermer) fait avancer le film d’une vue et ré arme l’obturateur. Par mesure de précaution, le 6008 doit être verrouillé pour rester fermé.

Comme tout bon appareil de cette taille, il était livré avec une dragonne métallique qui servait aussi de mesure pour les prises de vue en gros plan à 25cm

Une réminiscence des Minox et leur chainette à nœuds sans doute.

Il existe aussi un Agfamatic 5008 makro qui est un modèle très similaire, mais sans retardateur et sans «S» dans le nom de l’objectif. Ces appareils sont reprise de la série AGFA OPTIMA 5000 et 6000 de 1974 avec ajout de la macro et de la correction de la parallaxe. De petits bijoux !

Pour ceux qui aiment la technique :

  • Caméra de poche entièrement automatique
  • Cartouche de film 110 pour 12 ou 20 expositions, format négatif 13 × 17 mm
  • Agfa Color-Solinar S 2.7 / 26 mm, 4 lentilles avec un revêtement multicouche (MC); Plage de 0,50 m à l’infini; 4 symboles de distance
  • Obturateur électronique 1/1000 à 15 secondes
  • Contrôle entièrement automatique et continu des temps d’exposition et des ouvertures
  • Alimentation 3 piles de type bouton Varta 4626 / V 625 U ou Mallory RM 625 N / PX 625 N / PX 625 ou UK EPX 625
  • Contrôle de l’exposition par un signal rouge ou vert dans le viseur; vert 1/30 – 1/1000 sec (vitesses rapides); rouge 1/30 – 15 secondes (vitesses lentes)
  • Viseur à lignes lumineuses en cristal, symboles de distance réfléchis, compensation automatique de parallaxe jusqu’à 0,50 m; Marquages ​​macro verts pour les gros plans de 0,48 à 0,25 m, compensation automatique de parallaxe également active pour les gros plans
  • Objectif macro mobile pour une plage de 0,48 à 0,25 m
  • Prise pour flash / flipflash supérieur (allumage piézoélectrique du flash)
  • Vitesse du film: 19/20 et 27 DIN, 64/80 et 400 ASA
  • Retardateur avec retard de +/- 10 s, indicateur rouge sur la face avant de l’appareil photo pour vérifier le retardateur et les expositions de longue durée
  • Chaîne de transport en métal, qui sert également de chaîne de mesure pour les gros plans (0,25 m)
  • Accessoires: étui toujours prêt; flash électronique Agfamatic Pocket Lux 560
  • Dimensions: 132 × 56 × 30,5 mm; Poids: 225 g

N’oublions pas un peu d’histoire car si, aujourd’hui, des marques semblent avoir disparus, en tout cas comme producteurs d’appareil photographique, elles ont été des piliers de l’histoire de la photo.

Agfa a vu le jour en 1867, en Allemagne, et elle fabriquait des produits destinés à la photographie alors naissante. Mais ce n’est qu’en 1926 qu’est apparu son premier appareil photo, l’Agfa Standard.

Saviez-vous que c’est la société Agfa qui a construit le premier Leica, le Leica UR en 1914, selon le cahier des charges d’Oskar Barnak ?

En 1952, Agfa a fabriqué des appareils reflex et des compacts pour Zenit, des appareils photo russes !

Gevaert est née en Belgique en 1890 et elle fabriquait des papiers photo.

C’est en 1964 que les deux firmes ont fusionné pour devenir Agfa-Gevaert.

Pour mémoire, le célèbre Rodinal (produit pour le développement des films), a été fabriqué sans interruption de 1892 à 1997 – soit pendant 105 ans. De nos jours, il est toujours mis en production selon la formule originale mais sous le nom de R09

Et ne croyez pas que seuls les enfants et les familles ont utilisé ces appareils. Je vous renvoie au livre « Paris-Matic 1970-1990 Bernard Plossu » : « … Photos faites à l’Agfamatic, « pour enfants » c’est-à-dire d’une « technique enfantine »… Rien à régler, on met juste sur le petit dessin de nuages ou de soleil. Un rêve I Et en fait d’enfantin, ce sont les appareils les plus révolutionnaires I Pensez, il n’y a même plus à régler, il suffit d’appuyer : on peut photographier avant même qu’on ait eu le temps de se demander si on allait prendre la photo ou pas ! On n’a même plus le temps d’hésiter Plus rapide que du reportage ! »

Pour ceux qui ont envie de se lancer dans cette nouvelle aventure d’un appareil différent, je vous mets, en français, l’interview du concepteur de la gamme Agfamatic, Monsieur Julian Schlagheck

Une petite video d’illustration

Pour sourire, une vidéo publicitaire de l’époque

https://www.ina.fr/video/PUB3214565038

Quelques références pour les curieux : http://camera-wiki.org/wiki/Agfamatic_6008_makro_pocket_sensor, https://www.lomography.com/magazine/274546-lomopedia-agfamatic-6008 en anglais, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-3208-Agfa_Agfamatic%206008%20makro%20pocket.html, https://boowiki.info/art/les-societes-cotees-sur-euronext/agfa-gevaert.html, http://www.philcameras.be/collection/collectionm/ijk/kodakm/instamaticpocket110m.html, http://www.philcameras.be/collection/collectionm/ab/agfam/agfamaticpocketm.html en français

Argentique

Les appareils espions, suite : le Minox B

« What is your name ? » – « Bond, James Bond »

Voilà le décor, bien planté, pour vous présenter ce Minox B.

En effet, s’il y a bien un appareil minuscule qui fait partie intégrante du monde de l’espionnage, fantasmé ou réel, c’est bien le Minox.

Notre bon James l’a utilisé au moins deux fois, dans « On ne vit que deux fois » (1967) et « Au service de sa Majesté » (1969) et d’autres héros, comme Mission Impossible (1967).

Mais commençons par le commencement.

C’est l’ingénieur Walter Zapp qui a conçu ce petit bijou, dès les années vingt . Il a ensuite conclu un accord avec la société VEF (Valsts Elektrotehniskā Fabrika) en Létonie pour la fabrication et la vente dans le monde entier. Ils furent produits là-bas de 1937 à 1943. Le premier Minox s’appelait d’ailleurs Riga.

Imaginé dès les années vingt (1922) les premiers modèles ont vu le jour en 1934 mais la production ne commença qu’à partir de 1936.

Ensuite, la société déménagea en Allemagne, à Wetzlar (tient, comme Leica et Zeiss Ikon) et depuis 1948, c’est là qu’ils sont produits.

Pourquoi a t’il imaginé ce minuscule appareil ? Ses débuts en photographie ont eu lieu dans le studio photographique de Walter Lemberg (1922) et il trouvait les appareils de l’époque lourds, encombrants et mal commodes. C’est ce qui l’a poussé a inventer un appareil beaucoup plus petit et très performant.

Ça ne vous rappelle pas l’histoire d’un autre ingénieur ? Oskar Barnak, le père du Leica a aussi construit son appareil pour faciliter la vie des photographes (1923).

A l’origine, le Minox se destinait à une clientèle aisée et était considéré comme un produit de luxe.

La qualité de ses images, sa robustesse et – surtout – sa très petite taille ont fait qu’il fut finalement adopté par les services de renseignements tant des Alliés que de l’Allemagne pendant la seconde guerre mondiale, puis par les services secrets russes pendant la guerre froide.

Une interview de Walter Zapp décrivait son désarroi devant ce « détournement » de son appareil : « ...le premier VEF Minox Riga officiellement vendu est allé à un diplomate étranger, et malheureusement j’ai tout de suite compris ce que cela signifiait en anglais simple: Espionnage ! J’étais horrifié ! Je n’ai jamais pensé à la possibilité d’utiliser [la caméra] pour cette application. Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai pas (désiré?) que [l’appareil photo] a été utilisé davantage dans ce domaine. C’était la meilleure publicité gratuite, mais la plus méchante! [..] – Des sources ultérieures indiquent qu’il s’agissait peut-être d’un diplomate français »

« Son principal avantage était sa taille. Le Minox était tout simplement idéal, il pouvait être expédié sur le territoire ennemi par divers canaux (dans des objets discrets) et ensuite facilement caché par son opérateur lors de la réalisation d’opérations secrètes dangereuses. Vous devez être capable de masquer une caméra du mieux que vous le pouvez. Surtout lors de l’observation ou même de l’entrée dans des zones ou des bâtiments top secrets, vous deviez inévitablement passer de nombreux points de contrôle. Par exemple, vous pouvez cacher la caméra de manière circulaire sur votre corps car vous ne feriez que rarement ou jamais l’objet d’une fouille à nu complète. De même, vous pouvez le cacher dans un objet et vous en éloigner en danger. Cela dépendait vraiment de la situation. »

 » Son plus gros inconvénient était le transport du film. Avancer manuellement chaque image en ouvrant et en fermant la caméra était un énorme obstacle et montre que la caméra n’a pas été conçue comme une caméra espion. Soit vous deviez faire sauter votre couverture et prendre des photos rapidement lorsque vous en aviez l’occasion, soit avancer minutieusement chaque image en secret. Cela coûtait un temps précieux, rendant les prises de vue séquentielles presque impossibles. Déménager était toujours mieux et comme vous seriez presque toujours entouré de quelqu’un. La règle d’or serait de ne pas se comporter différemment des autres. Pas d’arrêt, pas d’attente. Tochka, la copie Minox post-guerre ultérieure, a résolu ce problème en intégrant un mécanisme à ressort dans l’appareil photo permettant aux photos de prendre rapidement sans révéler aucun mouvement. » source : http://minoxriga.atwebpages.com/

Si vous voulez en apprendre plus sur les espions qui ont utilisés cet appareil, je vous renvoie au site Minox Riga qui est une mine de renseignements.

Donc, chronologiquement, nous avons le Riga, premier Minox, (1938- 1943), celui de la seconde guerre mondiale, ensuite le Minox A (1948 – 1969), celui de la guerre froide, avec son successeur le Minox B (1958 – 1969), puis un Minox C (1969 – 1978), un Minox LX (1978 – 2003), un Minox EC (1981 – 1992) le premier Minox en plastique,

Minox a aussi créé des appareils utilisant le format 24×35 : c’est la gamme des Minox 35, mais ça, c’est une autre histoire !

Actuellement, la firme se spécialise dans la production d’appareils miniatures digitaux, qui sont des « hommages » au Leica, Rolleiflex, …

Elle appartient, le croirez-vous, à Leica, qui s’est aussi offert son concurrent historique, Zeiss Ikon.

Mais revenons à notre Minox B.

C’est donc un subminiature, tellement petit qu’il tient dans la paume d’une main. Successeur du modèle A de l’après-guerre, il a été le modèle le plus célèbre et le plus utilisé dans le monde de la photo d’espionnage et ce jusque la fin de la guerre froide, au début des années nonante.

Même s’il fut remplacé en 1969 par le modèle C, amélioré, c’est lui qui a gardé la plus grande popularité. Il fut produit à 384 327 unités, fabriquées entre 1958 et 1969

Le corps de l’appareil est en aluminium et fermé, il mesure 97x27x15 mm, ce qui permet de le dissimuler facilement sur soi.

L’appareil photo est actionné en le tirant vers l’extérieur par une des deux extrémités. Lorsqu’il est fermé, le film avance à la position suivante. C’est ce mouvement tirer – fermer qui fait sa particularité et qui pouvait être considéré comme gênant lors de la copie de documents.

Le Minox est entouré de quelques accessoires particuliers qui accentuent encore ce côté espion. Par exemple, la chainette qui permet de l’attacher à ses vêtements (pour ne pas le perdre) : lors de la photographie de documents, la chaine mesure 60 cm de long et possède de petits marqueurs (nœuds) à 20, 24, 30 et 40 cm, tout comme les marquages ​​sur le cadran de mise au point (lorsque vous utilisez toute la longueur de la chaîne – soit 60 cm, la distance est idéale pour photographier des documents au format A4 +).; un minuscule trépied, à monter rapidement, permet de le fixer à la bonne hauteur pour les copies; un autre accessoire permet de le fixer sur l’oculaire d’une paire de jumelle et de lui adjoindre ainsi un super téléobjectif; il y a aussi un flash que l’on peut monter à son extrémité, mais à réserver aux espions qui se savent vraiment seuls !

La bande du film, non perforée, mesure 9,2mm de large. Elle est stockée sur une bobine à l’intérieur d’une cartouche pouvant contenir 50 images. Actuellement, les films sont limités à 36 vues, sauf si vous les coupez vous-mêmes dans des cartouches de film 135 (il existe une découpeuse dédiée à cet effet). Le négatif est de 8×11 mm, généralement en N/B, plus performant au niveau qualité des détails que le film en couleurs.

L’objectif de très haute qualité, combiné à un film au rendu excellent, permet d’obtenir des images (N/B) avec d’énormes détails malgré de si petits négatifs.

Le Minox B est le premier appareil subminiature avec une cellule intégrée, qui ne nécessite pas de pile, c’est une cellule au sélénium, qui convertit la lumière en électricité et entraine directement la jauge de la cellule.

Le compteur de vues augmente à chaque prise de vue, jusqu’à un maximum de 50 expositions. La fermeture de la caméra protège également l’objectif en déplaçant une plaque devant lui. Veuillez noter qu’à chaque fois que l’appareil photo est fermé, le film avance à la position suivante, que la photo ait été prise ou non. Cette mauvaise fonctionnalité, ou anomalie, a été résolue dans les modèles Minox ultérieurs.

Son obturateur mécanique fonctionne avec des vitesses allant de 1/2 à 1/1000 sec. L’objectif de haute précision permet une mise au point de 20 cm (8 pouces) à l’infini.

Lorsque vous tournez la molette de mise au point, le viseur se déplace en tandem pour corriger les erreurs de parallaxe. Au-dessus du viseur se trouve une barre de filtre, qui permet de déplacer un filtre vert ou neutre (ND) devant l’objectif. Ces filtres sont utilisés pour augmenter le contraste et réduire la luminosité en plein jour. Ce dernier est nécessaire pour photographier à l’extérieur alors que l’appareil photo est chargé d’un film très sensible.

Si vous vous rappelez que cet appareil, à l’origine, était prévu pour être un appareil destiné aux photographes aisés et exigeants, vous avez là tous les éléments d’une machine d’exception, dans un format lilliputien.

Mais est-il toujours exploitable ?

Pourquoi pas ? De fait, on fabrique toujours des films, que vous pouvez trouver chez Fotoimpex et il est possible d’acheter les films avec le processus de développement inclus pour un prix tout à fait raisonnable.

L’Allemagne voue un certain culte à cet appareil. Des clubs existent à son sujet et il y a de véritables spécialistes de tous les modèles produits par Minox. Un univers à découvrir.

Je vous ai trouvé une petite vidéo explicative

Des références, comme d’habitude : https://boowiki.info/art/entreprises-fondee-en-1937/minox.html, https://fr.wikipedia.org/wiki/Minox en français, https://cryptomuseum.com/covert/camera/minox/index.htm une bible de l’espionnage, http://minoxriga.atwebpages.com/ en anglais, http://minoxclub.de/ en allemand

Argentique

Au pays des tous petits … le Fujica 250 Pocket

Parfois, c’est en préparant un article que l’on en conçoit, inconsciemment, un second. Ainsi, je vous parlais des « films exotiques » et puis je me suis demandé quels appareils pouvaient bien utiliser ces films.

J’ai déjà quelques réponses, comme par exemple le Kodak Dualflex pour les films en 620, les Yashica C et D pour les bobines de 120, le Yashica 44 pour les films en 127, le Ashahi Pentax Auto 110 pour le format du même nom, ou le Rollei A110, le Minox b pour le format 8×11.

Ce n’est déjà pas mal. Et en faisant les recherches, je suis tombé sur un appareil que je ne connaissais pas, un Fujica 250 Pocket, en format 110.

Vous vous en doutez, il est petit, tout petit même, de la taille du Ashahi Pentax, sauf qu’il s’agit ici d’un »télémétrique » et non d’un réflex.

Guère plus grand que le Rollei A110 en fait mais peut-être plus discret au sens où il fait moins appareil « espion », modèle dont s’inspire le Rollei.

Sans doute plus « pratique » que les pockets de l’époque, que les plus de 40 ans ont bien connus, tels les Afgamatic 2008 ou Kodak Pocket Instamatic et autres marques de l’époque (tout le monde s’y était mis, Canon, Minolta, Hanimex, Fujica et plein d’autres très exotiques). Un petit tour sur Ebay à la rubrique « pocket » vous donnera le tournis.

Revenons donc à notre Fujica 250 Pocket.. Comme son nom ne l’indique pas, il fonctionne avec des films en 110 ( 13×17 mm), un format qui permit de fabriquer des appareils de très petites tailles, pas toujours de qualité mais éminemment portables, légers et faciles d’utilisation.

Il est apparu au Japon en mai 1977. Et il fait partie des appareils de qualité dans les 110. Il a été décliné dans une gamme qui commence avec lui et se termine avec le 550, muni d’un flash intégré.

Au niveau technique :

  • Objectif: Fujinon 25,6 mm (3 éléments en 3 groupes)
  • Obturateur: mécanique (1/80, 1/320)
  • Synchronisation flash : contact X avec griffe
  • Viseur : Perspective
  • Réglage de la mise au point : fixe (pas de réglage de la distance) – c’est un vrai fix-focus
  • Réglage de l’exposition: Aucun (ouverture f8)
  • Alimentation du film : manuelle, enroulement avec bouton à l’arrière
  • Poids : 120 gr
  • Dimension: 103 x 51,5 x 40 mm

La vitesse d’obturation peut être commutée entre «ensoleillé (1/320)» et «nuageux (1/80)» avec le levier sous le viseur. Sa plage de netteté commence à 1,5m jusque l’infini. Comme avec la plupart des fix-focus de ces années là, difficile de rater une photo, sauf en très basse lumière et encore, vous pouviez lui adjoindre un flash.

Difficile de trouver plus simple que ça ! D’autant que le film en 110 se présente sous la forme d’une cassette, que l’on glisse tout simplement dans l’appareil. Une fois celui-ci refermé, vous armez une ou deux fois et l’appareil est prêt. Quand je vous disais que c’était facile.

Pour armer, vous tournez la grosse molette crantée sous l’appareil et lorsque vous entendez « clic » et sentez une résistance, c’est prêt pour la photo.

En fait, avec ce genre d’appareil, ce qui risque d’être compliqué, c’est de le retrouver dans son sac !

Cet appareil ne va pas révolutionner la photographie, mais il est d’une époque, il a une histoire. Il est bien construit, comme on le faisait encore dans ces années là, pour défier le temps. La preuve, il fonctionne toujours parfaitement.

Je le trouve sympa ce petit Fujica 250 Pocket

Je vous ai trouvé une petite vidéo

Celui présenté n’est ni très beau ni très propre, mais la comparaison de sa taille avec celle du flash est amusante.

Comme à l’accoutumée, quelques référence utiles : https://quirkyguywithacamera.blogspot.com/2018/04/small-format-size-big-format-results.html en anglais, une « bible » pour les comparatifs des 110 anciens, http://matsumo.gozaru.jp/camera/pagefa3.htm en japonais (prévoyez un bon traducteur, mais je vous résume)

Argentique

Le Minolta MG 16. Qui n’a pas rêvé d’être un jour un(e) espion(ne) ?

Hé oui, voilà un « métier » qui fait toujours fantasmer et la « réalité » des films d’action, James Bond en tête, sont bien loin de celle de ces fonctionnaires, respectueux de limites bien réelles !

Mais, l’espace d’un moment, nous pouvons nous mettre dans le personnage, qu’il soit 007 ou, plus près, le Commissaire Laurence Swan, de la série des Petits meurtres d’Agatha Christie, et utiliser un de ses « sub miniatures » d’espion !

Le plus célèbre est le Minox, que l’on a vu dans de nombreux films d’action et d’espionnage.

Mais d’autres constructeurs se sont plié à l’exercice de ces tout petits appareils, dont Minolta.

C’est donc un Minolta 16 – MG que je vais vous présenter.

D’entrée, il est plus grand que le Minox et il utilise un film en cassette au format 16mm pour des photos en 10×14. Au départ, cette cassette était métallique puis fut remplacée par du plastique. Minolta produisait lui-même ses propres cassettes, en fait en reconditionnant du film dans celles-ci. Mais cette cassette, facile d’utilisation devint peu à peu le standard de ce type d’appareil.

Le Minolta 16 – MG fut fabriqué de 1966 à 1972, à la suite des premiers modèles sortis dès 1955 sur un brevet Konan datant de 1947.

Mécaniquement, le 16 – MG possède un posemètre couplé (cellule au sélénium) et un obturateur à la priorité au diaphragme. Il fonctionne sans pile. C’est un vrai « point and shoot » avec un viseur étonnamment clair même s’il reste petit, avec juste un cadre collimaté pour l’indication de la parallaxe.

Sur le dessus, la grand molette sert à faire avancer le film – pas de tirer-pousser comme le Minox – et est aussi le compteur de vue, qui se remet à zéro automatiquement. La seconde, plus petite, sert à noter la sensibilité ( de 25 à 400 Asa) et l’ouverture choisie, de f2,8 à f16. La vitesse d’obturation est comprise entre 1/30s et 1/250s. En cas de luminosité trop faible, il est possible de lui adjoindre un mini flash. Un bouton au dos de l’appareil permet de choisir le mode flash et dans ce cas, l’appareil synchronise la vitesse au flash.La distance minimale de mise au point est de 20cm.

Parlons justement de l’objectif de ce petit bijou. C’est un Minolta Rokkor 1: 2,8 / 20 mm avec 4 éléments en 3 groupes. Une astucieuse porte coulissante découvre l’objectif. Il y a deux petits boutons pour tirer la porte coulissante et l’un d’eux présente un élément de portrait, ce qui permet de cadrer en carré si l’on veut photographier en portrait.

Toute une série d’accessoires ont été pensé pour accompagner le Minolta 16 – MG : le flash, des porte-filtres, une dragonne métallique, une gaine en cuir.

Des versions spéciales ont vu le jour, dont une en plaqué or … pour espion fortuné sans doute et ne craignant pas d’être repéré !

Ceci étant, si l’appareil est petit, sympa à tenir en mains – enfin, entre les doigts plutôt – il faut reconnaître qu’il est difficile d’encore s’en servir car on ne fabrique plus, à ma connaissance, le film et même s’il était encore fabriqué, je doute qu’il y ai encore des labos qui le développe.

Paradoxalement, on fabrique toujours le film pour le Minox, qui est encore plus petit (8×11). Vous les trouverez chez Fotoimpex

D’ailleurs, en 1972, Kodak sonnait (déjà) le glas de ce format en introduisant le 110, un peu plus grand, et qui allait révolutionner la taille des appareils, à défaut de révolutionner la qualité des photos.

Les plus de 40 ans ont tous en tête des exemples d’appareils photo en 110, les fameux pocket. Si certains n’étaient pas franchement mauvais, le plus grand nombre était juste acceptable au niveau qualité photographique s’entend.

Comme toujours, des sites de références : http://www.suaudeau.eu/memo/collection/divers/minolta-16mg.html et http://www.minolta.suaudeau.eu/histoire/Minolta_16/Minolta_16.html en français, https://simonhawketts.co.uk/2017/01/22/minolta-16-mg-miniature-16mm-camera/, http://www.submin.com/16mm/collection/minolta/index.htm et http://www.submin.com/16mm/collection/minolta/cameras/revue_kb_chrome_small_box.htm en anglais

Et si vous cherchez le mode d’emploi, c’est par ICI