Recherche rapide : Préambule – Un peu d’histoire – Présentation du Braun Super Paxette – Que penser de cet appareil ? – Video d’illustration – Des références
Préambule.
Ce n’est pas dans l’ordre des trouvailles, mais ce nouvel appareil date aussi de la grande brocante de Maroilles.
Il était dans une caisse, mélangé à quelques épaves à soufflet et l’un ou l’autre Voigtländer Vito en plus ou moins bon état.
Celui-ci m’a attiré par sa petite taille, son côté solide et sa forme inhabituelle. Il ne semblait pas avoir trop souffert de son transport musclé dans cette vieille caisse.
Un peu d’histoire.
Tout d’abord, ne confondons pas Braun AG ou Braun GmbH et Karl Braun qui devint Braun Photo Technik GmbH en 2000. Si le premier groupe est surtout actif dans l’électroménager (même s’il s’est égaré dans la vente de projecteur Dia avec le Braun 17 par exemple), le second n’a jamais fabriqué que des appareils photos et des … projecteurs de diapositives !
Karl Braun de Nuremberg était d’abord une entreprise spécialisée dans l’optique. Elle fut créée en 1915 sous le nom de Karl Braun KG, Fabrik optische Geräte und Metallwaren (pour fabrication d’appareils optiques et d’articles en métal).
Ce n’est qu’en 1948 que la société commence à produire des appareils photographiques en format 24×36. Elle change alors de nom et devient Carl Braun Camera-Werke. Elle produit alors des box, des pliants (folding) Norca, des moyens formats rigides Paxina
Les appareils les plus connus de sa production sont les Paxette (à partir de 1951) qui deviendront les Super Paxette (à partir de 1956), tout d’abord sans télémètre et objectif fixe, puis télémétrique couplé avec objectif interchangeable au pas de 39mm (mais incompatible avec le LTM 39 de Leica) sur les Super Paxette II.
Les Paxettes ont connus trois générations : la première, toute en métal ; la seconde, avec des lignes un peu plus arrondies et introduisant une cellule et des automatismes ; la dernière se réduisant à des appareils de type Instamatic, utilisant des films en cassette 126 de Kodak.
Les appareils Paxette avaient une convention de dénomination de modèle, non sans exception (sinon ce n’est pas drôle pour les collectionneurs) :
- Pas de suffixe – base, premier modèle
- «Je» – base, premier modèle
- «II» – lentille interchangeable, support de filetage
- «III» – Lentille interchangeable, support à baïonnette
- «B» – compteur photoélectrique
- «L» – levier d’armement, le suffixe est tombé sur des modèles ultérieurs
- «M» – télémètre
- «Super» – télémètre couplé
Il y eut même plus tard des Reflex Paxette (3 modèles en tout), qui n’ont absolument pas marché car vendus trop chers. Et, surtout, des projecteurs de diapositives, dont le Paximat qui fut le tout premier projecteur automatique.
Vers le début des années soixante, la marque décide d’arrêter la production d’appareils photo, la concurrence nipponne étant trop forte pour ce marché, mais elle a continué la production de projecteur de dias. Plus de 4 millions de ces projecteur Paximat ou Novimat seront vendus, avec des innovations comme la télécommande filaire puis indépendante, la focalisation automatique, l’utilisation de lampes halogène.
Dans les années quatre-vingt, le nom fut revendu à une entreprise qui refit des reflex, sans doute fabriqués par Chinon ou Cosina. Ils sont assez rares mais toutefois n’ont aucune valeur car trop bâtards.
Elle s’intéressera aussi aux scanners numériques, qu’elle produit toujours. En 2004, Braun a de nouveau changé son nom. Il devient Braun Photo Technik GmbH et continue de vendre et /ou de fabriquer des scanners et des applications optiques.
Présentation du Super Praxette II.
De 1955 à 1957, c’est l’appareil le plus évolué de la gamme : télémètre couplé, objectif interchangeable et obturateur Gauthier Prontor SVS.

En 1958, le design changera et le boitier gagnera une cellule au sélénium.
Commercialement, les boitiers de la marque se positionnent comme destinés au grand public, donc vendus à prix raisonnable (pour une production allemande s’entend).
Le Super Paxette, comme je l’écrivais plus haut, est très compact, dense. De prime abord, on trouve assez vite ses marques, pour peu qu’on ait un peu l’habitude de ce type d’appareils plus anciens.
Tout est là et pourtant, c’est un peu perturbant. La faute à ces blocs de métal qui tiennent le fut de l’objectif, démontable ? A la succession des réglages (vitesses, distances, ouvertures) ? A la position inhabituelle du déclencheur, que l’on cherche sur le capot ? Je ne sais pas trop …

A côté de cela, il y a quelques trucs faciles, comme cette grande roue en dessous, qui est le verrou qui libère le dos, tout le dos, et qui tient en son centre le filetage pour le fixer sur un trépied. L’assemblage des deux parties est ferme et je doute qu’il y ait des fuites de lumière par là. Comme le presse film, qui se referme sur la pellicule et la tient correctement appuyée, bien plane. La bobine réceptrice est une bobine fixe. Lors de l’installation du film, il faut soulever la molette de la bobine réceptrice puis la rabattre car un système interne permet de faire bouger la bobine pour y enrouler le film.




Vous pourriez, comme moi, vous dire que fixer le trépied sur une roue qui sert à fermer l’appareil est risqué. Non, car celle-ci se vise sur un fut, qui porte le pas de vis de trépied, fixé à l’appareil. Bien vu.
Et d’un autre côté, des fonctions déconcertantes comme le levier d’armement, très court, qu’il faut armer une fois et demie pour pouvoir déclencher !

De fait, j’ai d’abord crû que l’obturateur était bloqué, ayant armé une fois. C’est en essayant de nouveau le mouvement que j’ai par hasard appuyé sur le déclencheur et que celui-ci a fonctionné.

Ou comme le compteur de vue, qu’il faut d’abord mettre à la taille du film et qui décompte. La roue, dentée, n’est pas un modèle de douceur pour la faire bouger.


Autre particularité, le sélecteur du flash M – X – V : la position M permet l’utilisation de flash à ampoule et donne une synchronisation de 1/50s à 1/300s ; la position X permet l’utilisation de flash électronique et sa vitesse de synchronisation est de 1/25s ; la position V est celle du retardateur. La prise PC du flash se situe au dessus des lettres.

L’obturateur est un Gauthier Prontor SVS qui donne des vitesses de 1s au 1/300s, plus la pose B. Le déclenchement est discret, presque silencieux, un bon point.
Le viseur est donc couplé au télémètre. Un vague rond, au milieu, permet de faire la mise au point lorsqu’on fait tourner la bague de distance. C’est trop imprécis (à moins que le patch se soit effacé) et il vaut mieux travailler en zone focus.

Néanmoins, en l’absence de came à l’intérieur du fut de l’objectif, j’avoue ne pas comprendre comment le télémètre fonctionne, puisqu’il est couplé. Est-ce la pastille en fonds de fut qui agit sur celui-ci ? Sans doute car elle semble montée sur ressort, avec une broche, mais je ne vois pas bien comment ça marche. Si quelqu’un à une idée, elle est la bienvenue en commentaire.
Ceci étant, le viseur est étroit et peu clair.
Normalement, les Super Paxette étaient équipés de diverses objectifs : des Staeble – Katagon de 45mm f2,8 ou des Pointar de 45mm f2,8. L’exemplaire que je vous présente ici est équipé d’un Car Zeiss Tessar de 50mm ouvrant lui aussi à f2,8. Une proposition spéciale, une modification particulière de l’objectif ?

En tout état de cause, les viseurs étaient calibrés pour les objectifs montés d’origine. Si vous pouviez joindre d’autres focales, il fallait équiper le boitier d’une tourelle pour compenser la visée.

D’ailleurs, ces accessoires étaient prévus par la marque :

Pour installer un film dans la chambre, il faut d’abord rembobiner la pellicule ; un tout petit bouton, sur le dessus du boitier, permet de débrayer le mécanisme. Puis il faut soulever la molette de gauche et tourner dans le sens de la flèche pour rentrer le film dans la bobine. Ensuite, dévisser le verrou et ôter le dos. Pour remettre un 24×36, opération inverse. Notez la grosse base sur la bobine réceptrice, crantée, pour bien faire avancer le film en douceur.


J’écrivais un peu plus haut que le cercle ou patch du télémètre n’était pas très visible et qu’il était sans doute plus utile de travailler en zone focus. Ça tombe bien, ils ont prévus une échelle de profondeur de champ, gravée sur le fut de l’objectif.


Ai-je oublié quelque chose ? Ah oui, le mémo, fixé sur la tête de la molette de rembobinage pour se souvenir du film introduit dans le boitier.

Petit tour de l’engin.




Que penser de cet appareil ?
Je l’ai déjà écris, c’est un appareil assez déconcertant. Pas désagréable mais délicat à manipuler. Mais c’est toujours une question d’habitude à prendre.
Ceci étant, c’est un appareil solide, construit pour durer. Celui-ci va fêter se 70 ans et il fonctionne toujours.
S’il est petit, il est lourd mais si vous ne possédez pas le sac tout prêt qui devrait l’accompagner, il n’y a pas de moyen pour fixer une lanière de portage. Petit sac photo nécessaire.
Hors de l’Allemagne, il n’est pas courant, sans être rare. Pour un bel exemplaire, complet (objectif, sac tout prêt), comptez 120€, sinon le prix se négocie autour des 70€.
A découvrir, pour le plaisir.
Vidéos d’illustration.
Un peu de technique.
Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.
Des références.
https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-12420-Braun_Super%20Paxette%20I.html, en français ; https://www.jollinger.com/photo/cam-coll/cameras/Braun_Super_Paxette.html, https://camera-wiki.org/wiki/Paxette, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Braun_Paxette_series, https://retinarescue.com/paxettehistory.html, https://en.wikipedia.org/wiki/Carl_Braun_Camera-Werk, en anglais


Bonjour
Je tiens à vous remercier pour votre travail de recherche et vos explications pour chacun des appareils que vous présentez
J avoue lire certains descriptifs dans les grandes largeurs par contre lorsqu il s agit d appareils qui m interessent c’est très instructif je ne peux que vous remercier encore une fois
Cordialement
Bonjour Catherine, merci, c’est très gentil ces encouragements. J’ai essayé de rendre la lecture plus simple en mettant en tête un encart qui vous permet d’aller à l’essentiel, en cliquant sur l’endroit où vous voulez vous rendre, directement. Car je conçois qu’on n’ait pas toujours envie de tout lire. Encore un grand merci et bon weekend ensoleillé