Argentique

Découvrez le FED 2 : un classique des appareils photo russes

Préambule.

Voici le dernier appareil acheté sur la grande brocante de Maroilles. Les autres objets étant des accessoires pour lesquels j’écrirai plus tard quelques lignes.

En fait, ça fait bien longtemps que je n’ai plus eu un Russe entre les mains. Sans doute à cause de ce qui se passe en Ukraine, j’ai l’impression que ceux qui en possède les gardent précieusement et en tout cas, le marché me semble au ralenti. Ne parlons plus de la Russie, sous embargo, ni de l’Ukraine, qui a d’autres chats à s’occuper que quelques amateurs en quête d’un bel appareil.

Donc, quand j’ai vu ce sac tout prêt en bon cuir solide, engravé du mot Fed 2 en russe dessus, je n’ai pas pu résister. Bien m’en a pris car le vendeur le laissait pour un prix très raisonnable que j’ai presque eu scrupule à négocier encore un peu.

Un peu d’histoire.

Si vous me suivez depuis un moment, vous avez déjà découvert au détour de quelques articles des appareils russes (notez qu’il y a deux liens distincts sur les 2 mots), comme les Zorki 4 et 4K, le Fed 1G et ses successeurs, le Gomz Leningrad, par exemples.

Pour ceux qui viennent d’arriver, c’est un bon moyen de découvrir le site …

Car je ne vais pas reprendre toute l’histoire des Fed, elle est dans ces articles, na !

Juste rappeler que le Fed 1 est une copie assez conforme du Leica II de 1932. Le Fed 1, et ses déclinaisons, fut fabriqué de 1934 à … 1955. Pourquoi une copie du Leica ? Sans doute parce que Felix Edmundovitch Djerzinski, créateur de la marque FED et accessoirement fondateur de la Tcheka (ancêtre du KGB pour faire court), dirigeait aussi une Commune ouvrière pour enfants, installée à Kharkov en 1920 et destinée à réinsérer des orphelins grâce au travail et aux études.

Au début, ils copiaient des perceuses électriques de divers fabricants mais en 1932, il est décidé que l’on fabriquera aussi un appareil photo, copie du Leica 1sous le nom de FED, en hommage au fondateur, disparu en 1926. Mais la production peine et seuls quelques exemplaires sous le nom de FED pourront sortir (on estime le chiffre à 30).

Cependant, en 1934, on a remis les pendules à l’heure et on commence à produire le FED 1, copie du Leica II (1932). La production démarre bien et la Commune est encensée par la presse pour avoir réussi à copier et fabriquer le nouvel appareil seulement 18 mois après avoir reçu l’original.

Le Fed sera produit et décliné en plusieurs versions, qui se vendent toutes très bien, tellement bien que la Commune devient un Kombinat. Près de 500.000 appareils sortiront des chaines de fabrication jusqu’en 1941 car l’armée allemande envahi l’Ukraine et le Kombinat décide d’évacuer.

Kharkov est rasée par les allemands et ceux qui ont réussi à évacuer à Berdsk (Sibérie) avec outils et archives sont priés de fabriquer des pièces pour avion. Toute les archives de la Commune sont détruites, l’usine aussi. Seuls sont sauvés les quelques uns qui ont pu s’échapper avec quelques outils, leurs souvenirs et les rares archives qu’ils ont pu emmener.

C’est en juin 1945 que la production d’appareils photo reprend à Berdsk d’abord, à Kharkov ensuite, où l’on reconstruit l’usine. Dès 1947, la production reprend presque normalement.

Vous comprendrez aisément, avec tous ces soubresauts , qu’il y a ceux qui trouvent que tous les FED sont mauvais et les autres, beaucoup plus raisonnables, qui estiment qu’il y en a de très bons et quelques uns qui méritent un petit coup de main pour devenir meilleur !

Présentation du FED 2 modèle B.

Le premier FED ou FED 1 s’est décliné, au fil des subtiles améliorations apportées à l’appareil, en modèles A jusque G. Plus un modèle particulier, produit seulement à moins de 1000 exemplaires, le Fed TSVVS ou ou T.C.B.B.C en cyrillique, est le sigle du Service Topographique de l’Armée de l’Air Soviétique. Il va s’en dire que ce modèle est rare et sujet à de nombreuses contrefaçons.

Le Fed 1 est le plus proche du Leica II qui servit d’inspiration. Ensuite, les autres modèles vont petit à petit s’éloigner du modèle original car Fed va y introduire des modifications propres à la marque. Dès le FED 2, on ne peut plus, à mon sens, parler de copie servile du Leica.

Donc, le FED 2 débute sa longue carrière dès 1955. Lui aussi aura droit à une succession de déclinaisons, au fil des modifications. Mais tant qu’ à compliquer la vie des collectionneurs ou simples amateurs qui veulent s’y retrouver, il y eut plusieurs A – B – C – D – E (là il n’y eut qu’un seul E). Et un modèle particulier, le Zarya, qui est un type 2 sans télémètre (pour mémoire Leica a aussi sorti un modèle basé sur le M sans télémètre, le M1, destiné à des applications particulières.

Je vais alors m’arrêter sur ce modèle FED 2 modèle b de la dernière génération des b, puisque son numéro se situe entre les numéros de série 236.000 et 475.000.

Détail de la partie supérieure d'un appareil photo FED 2, montrant le numéro de série gravé, des boutons et un mécanisme de montage.

En tenant compte de la période de développement des FED 2 modèle b, soit de 1956 à 1958, on estime qu’environ 300.000 boitiers ont été construit.

Dans le détail, les FED 1 possédaient encore, comme les vieux Leica, deux fenêtres : une pour le viseur, la seconde pour le cadrage grâce au télémètre. Sur le FED 2, tous modèles confondus, il n’y a plus qu’une seule fenêtre pour la visée et le cadrage. La base du télémètre a été augmentée et on atteint maintenant 67mm entre l’oeil du télémètre et le viseur. C’est une base très large, un peu comme sur les Contax. Elle assure une meilleure netteté dans la visée et le cadrage.

En plus, une correction dioptrique est ajoutée autour du bouton de rembobinage, afin d’adapter la visée à votre vue. Petit conseil que j’utilise : lorsque j’ai réglé la dioptrie, je trace un trait sur le capot. Comme ça, si je la dérègle par inadvertance, c’est facile de la remettre en place.

Vue rapprochée du dessus d'un appareil photo télémétrique FED 2, montrant des mécanismes, un bouton de rembobinage et des détails de finition en métal.

Ensuite, le sélecteur de vitesses a été modifié ; sur le centre, il y a un repère, sur lequel on peut sélectionner la vitesse choisie, même si l’obturateur n’est pas armé. Attention, c’est le contraire du Fed 1 et des Zorki où il faut toujours armer avant de changer la vitesse.

Vue rapprochée du dessus d'un appareil photo FED 2 modèle B, mettant en évidence le sélecteur de vitesse et les commandes en métal.

Ceci étant et pour éviter toute mauvaise surprise, je recommande l’ancienne solution : armer avant de changer les vitesses, ça évite les salades de pignons.

Puis, une synchro flash a été ajoutée sur ce modèle, la prise étant placée sur la face avant. Les modèles ultérieurs la trouveront sur le capot. Et ils gagneront un levier pour le retardateur (1958), que ne possède pas ce modèle.

Appareil photo télémétrique FED 2 avec objectif Industar 26M, sur un fond bleu.

Enfin, l’Industar 26M est apparu sur cette version « b », la première version sur les anciens modèles était l’Industar 26 téléscopique (ou rentrant). Le pas de vis est au standard LMT 39, soit celui du Leica (à quelques microns près, mais n’ergotons pas)

Cet objectif donne de très bonnes photographies, quoique l’on considère que l’Industar 61 soit un brin supérieur. Mais il n’a pas le charme de l’objectif rentrant. Ceci étant, rien de vous empêche de monter dessus n’importe quel objectif au pas LTM 39 (ou des Canon, Nikon, Voigtländer, pour ne citer que les plus connus).

Gros plan sur la bague d'ouverture d'un objectif de caméra avec des nombres marqués en argent sur fond noir, le tout sur un fond bleu.

J’écrivais quelque part que FED s’était émancipé de sa copie Leica, mais ils ont quand même gardé quelques équipements, comme l’obturateur, en toile caoutchoutée. Dès lors, les vitesses sont indiquées de 1/30 – 1/60 – 1/125 – 1/250 – 1/500s et la pose B. Rien de transcendant mais dans la norme pour les années cinquante. La donne changera dans les années soixante.

Voilà le tableau est brossé. Je vais voir avec vous le reste :

  • commençons parle chargement d’un film. Il faut tourner les deux clé, sur la semelle, pour ôter tout le dos, en le fais glisser dans les rainures prévues.
  • on dépose la bobine à droite et on tire sur l’amorce que l’on va s’efforcer de faire glisser dans la petite fente métallique de la pièce. Attention, en cas d’achat, vérifiez bien que cette bobine existe car c’est une bobine amovible mais propriétaire.
  • remettez la bobine en place puis refermez le dos soigneusement pour ne pas plier les bords et rendre l’ensemble bien hermétique à la lumière.
  • avec le bouton à droite, faites avancer le film et déclenchez au moins deux fois. Vous voilà prêt à sortir avec ce drôle d’engin. N’oubliez pas d’indexer le compteur de vue en le remettant sur le 0 à l’aide des minuscules ergot fixer sur la pourtour de la couronne.
  • Avec une cellule à main, une cellule électronique fixée à la griffe porte-accessoires, la règle du Sunny Fun ou au pifomètre, réglez la vitesse avec la molette située après la molette d’armement et le déclencheur.
  • armez en tournant la grosse molette d’armement.
  • pour la visée, vous collez votre œil au viseur et vérifiez la mis au point des 2 images que vous devez faire se superposer parfaitement. Nous avons ici un télémètre à coïncidence, avec un beau patch orangé au milieu.
  • il ne reste plus qu’a noter l’ouverture désirée à l’aide de la bague située sur l’objectif,
  • et à appuyer sur le déclencheur !
  • vous êtes arrivé au bout du film, il faut le sortir. Pour cela, il faut appuyer et tourner la bague autour du déclencheur dans le sens horaire afin de débrayer le mécanisme. Ensuite, relever la molette de rembobinage et tourner dans le sens de la flèche. Ne pas oublier de remettre le mécanisme en place au nouveau film !

Attention, j’ai bien écris qu’il valait mieux armer avant de changer la vitesse, comme sur les autres appareils russes. Même si ici, c’est moins indispensable, faites-le par habitude, cela vous évitera des déconvenues avec d’autres appareils russes.

Voilà, nous en avons fait le tour.

Que penser de ce FED 2 modèle B ?

C’est vraiment un appareil fait pour apprendre la photo et pour ceux qui connaissent déjà, c’est un chouette moyen de rester attentif à sa manière de photographier.

Avec lui vous allez jongler avec les trois piliers de notre passion : la lumière, la vitesse, la sensibilité du film, soit le fameux triangle d’exposition.

Quelques esprits chagrins vous diront que c’est rustique, pas agréable à manipuler, mal fini.

Que nenni comme disent nos amis liégeois !

  • Rustique, sans doute un peu mais lorsque Oleg, le sorcier Ukrainien des télémétriques de l’Est, aura pu reprendre du service, confiez-lui votre appareil, vous serez surpris(e) de la qualité de l’engin une fois toutes les surfaces bien polies.
  • Désagréable à manipuler ! Là, on frise la mauvaise fois ou alors vous n’avez jamais eu un vieux Leica en mains. Déjà le système de chargement fait toute la différence, bien plus aisé qu’un film a glisser dans une fente minuscule. Entre autre car vous pouvez le customiser sans regretter le prix qu’il vous a coûté. Personnellement, j’ajoute toujours un soft release à viser sur le déclencheur, pour plus de confort.
  • Mal fini. Là encore, c’est injuste car toutes les pièces sont bien ajustées et, surtout, faciles démonter en cas de problème. Le granité qui recouvre les surfaces métalliques ne s’écaille pas facilement, il semble faire corps avec le support. Les objectifs avec fut, noirs ou argentés, lui donne une belle allure. Et puis il y a de petits détails intéressants, comme la correction de dioptrie, facile à régler, les points d’ancrage sur le corps, pour y poser une sangle. N’oublions pas le fameux sac tout près, en vrai cuir russe, à l’odeur si particulière (produits de tannage).

En résumé, le FED 2 a apporté le brin de modernité qui manquait aux Leica II et III. Il reste éminemment utilisable à moindre coût et si vous trouvez de bonnes optiques, russes, allemandes ou nipponnes, faites-vous plaisir, le boitier n’étant jamais qu’une chambre noir alors que l’objectif est le point d’entrée de tout ce que vous allez photographier.

Parlons budget maintenant : un bel exemplaire, avec un objectif correct (Industar 61 ou autre) et son sac tout près en bon état se négocie autour des 80 à 100€. Ce qui vous laisse encore plein d’argent pour acheter une cellule si vous n’en avez pas et des films pour l’essayer.

Tenté de faire le pas ? Soyez raisonnable, faites-vous plaisir. Et si vous connaissez déjà, dites-le nous.

Vidéos d’illustration.

Il s’agit ici d’un FED 2 modèle B postérieur car la prise synchro flash est sur le capot et non plus la face.
Idem

Ici, c’est un FED C, pas très différent du 2 et la présentation en français.

Un peu de technique.

  • Appareil photo télémétrique 35 mm
  • Fabricant : FED
  • Période de production : de 1955 à 1970
  • Format : 24x36cm sur film 135
  • Monture d’objectif : monture filetée m39
  • Objectif : Industar-26M 2.8/50 ou Industar-61 L/D 2.8/55
  • Base du télémètre : 67 mm
  • Obturateur : obturateur à plan focal (rideau) avec des vitesses de B, 1/25s, 1/50s, 1/100s, 1/250s, 1/500s
  • Viseur : un seul pour le cadrage et la mise au point, correction dioptrique
  • Synchronisation du flash : prise de synchronisation sur la face avant, vitesses de synchronisation à partir de 1/25 s.
  • Chargement par le dos, qui se déboite ; bobine réceptrice amovible et propriétaire
  • Poids : 900 grammes

Des références.

https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/FED, https://www.collectiongeven.com/piwigo/picture.php?/2259/category/507, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-708-Fed_2d.html, http://t.hacquard.free.fr/site1/fed_2.html en français ; https://web.archive.org/web/20021122183325/www.geocities.com/fzorkis/, https://mikeeckman.com/sovietcams/indexc42c.html?tmpl_into=middle&tmpl_id=198&_m_e_id=16&_menu_i_id=91, https://oldcamera.blog/2015/03/07/fed-2-b4-%D1%84%D1%8D%D0%B4/, https://galactinus.net/vilva/retro/fed-2.html, https://sovietcameras.org/fed-2/ en anglais ; la bible de tous les amateurs passionnés : The Authentic Guide to Russian and Soviet Cameras

Argentique

Le Braun Super Paxette II : un argentique bien vintage

Préambule.

Ce n’est pas dans l’ordre des trouvailles, mais ce nouvel appareil date aussi de la grande brocante de Maroilles.

Il était dans une caisse, mélangé à quelques épaves à soufflet et l’un ou l’autre Voigtländer Vito en plus ou moins bon état.

Celui-ci m’a attiré par sa petite taille, son côté solide et sa forme inhabituelle. Il ne semblait pas avoir trop souffert de son transport musclé dans cette vieille caisse.

Un peu d’histoire.

Tout d’abord, ne confondons pas Braun AG ou Braun GmbH et Karl Braun qui devint Braun Photo Technik GmbH en 2000. Si le premier groupe est surtout actif dans l’électroménager (même s’il s’est égaré dans la vente de projecteur Dia avec le Braun 17 par exemple), le second n’a jamais fabriqué que des appareils photos et des … projecteurs de diapositives !

Karl Braun de Nuremberg était d’abord une entreprise spécialisée dans l’optique. Elle fut créée en 1915 sous le nom de Karl Braun KG, Fabrik optische Geräte und Metallwaren (pour fabrication d’appareils optiques et d’articles en métal).

Ce n’est qu’en 1948 que la société commence à produire des appareils photographiques en format 24×36. Elle change alors de nom et devient Carl Braun Camera-Werke. Elle produit alors des box, des pliants (folding) Norca, des moyens formats rigides Paxina

Les appareils les plus connus de sa production sont les Paxette (à partir de 1951) qui deviendront les Super Paxette (à partir de 1956), tout d’abord sans télémètre et objectif fixe, puis télémétrique couplé avec objectif interchangeable au pas de 39mm (mais incompatible avec le LTM 39 de Leica) sur les Super Paxette II.

Les Paxettes ont connus trois générations : la première, toute en métal ; la seconde, avec des lignes un peu plus arrondies et introduisant une cellule et des automatismes ; la dernière se réduisant à des appareils de type Instamatic, utilisant des films en cassette 126 de Kodak.

Les appareils Paxette avaient une convention de dénomination de modèle, non sans exception (sinon ce n’est pas drôle pour les collectionneurs) :

  • Pas de suffixe – base, premier modèle
  • «Je» – base, premier modèle
  • «II» – lentille interchangeable, support de filetage
  • «III» – Lentille interchangeable, support à baïonnette
  • «B» – compteur photoélectrique
  • «L» – levier d’armement, le suffixe est tombé sur des modèles ultérieurs
  • «M» – télémètre
  • «Super» – télémètre couplé

Il y eut même plus tard des Reflex Paxette (3 modèles en tout), qui n’ont absolument pas marché car vendus trop chers. Et, surtout, des projecteurs de diapositives, dont le Paximat qui fut le tout premier projecteur automatique.

Vers le début des années soixante, la marque décide d’arrêter la production d’appareils photo, la concurrence nipponne étant trop forte pour ce marché, mais elle a continué la production de projecteur de dias. Plus de 4 millions de ces projecteur Paximat ou Novimat seront vendus, avec des innovations comme la télécommande filaire puis indépendante, la focalisation automatique, l’utilisation de lampes halogène.

Dans les années quatre-vingt, le nom fut revendu à une entreprise qui refit des reflex, sans doute fabriqués par Chinon ou Cosina. Ils sont assez rares mais toutefois n’ont aucune valeur car trop bâtards.

Elle s’intéressera aussi aux scanners numériques, qu’elle produit toujours. En 2004, Braun a de nouveau changé son nom. Il devient Braun Photo Technik GmbH et continue de vendre et /ou de fabriquer des scanners et des applications optiques.

Présentation du Super Praxette II.

De 1955 à 1957, c’est l’appareil le plus évolué de la gamme : télémètre couplé, objectif interchangeable et obturateur Gauthier Prontor SVS.

En 1958, le design changera et le boitier gagnera une cellule au sélénium.

Commercialement, les boitiers de la marque se positionnent comme destinés au grand public, donc vendus à prix raisonnable (pour une production allemande s’entend).

Le Super Paxette, comme je l’écrivais plus haut, est très compact, dense. De prime abord, on trouve assez vite ses marques, pour peu qu’on ait un peu l’habitude de ce type d’appareils plus anciens.

Tout est là et pourtant, c’est un peu perturbant. La faute à ces blocs de métal qui tiennent le fut de l’objectif, démontable ? A la succession des réglages (vitesses, distances, ouvertures) ? A la position inhabituelle du déclencheur, que l’on cherche sur le capot ? Je ne sais pas trop …

A côté de cela, il y a quelques trucs faciles, comme cette grande roue en dessous, qui est le verrou qui libère le dos, tout le dos, et qui tient en son centre le filetage pour le fixer sur un trépied. L’assemblage des deux parties est ferme et je doute qu’il y ait des fuites de lumière par là. Comme le presse film, qui se referme sur la pellicule et la tient correctement appuyée, bien plane. La bobine réceptrice est une bobine fixe. Lors de l’installation du film, il faut soulever la molette de la bobine réceptrice puis la rabattre car un système interne permet de faire bouger la bobine pour y enrouler le film.

Vous pourriez, comme moi, vous dire que fixer le trépied sur une roue qui sert à fermer l’appareil est risqué. Non, car celle-ci se vise sur un fut, qui porte le pas de vis de trépied, fixé à l’appareil. Bien vu.

Et d’un autre côté, des fonctions déconcertantes comme le levier d’armement, très court, qu’il faut armer une fois et demie pour pouvoir déclencher !

De fait, j’ai d’abord crû que l’obturateur était bloqué, ayant armé une fois. C’est en essayant de nouveau le mouvement que j’ai par hasard appuyé sur le déclencheur et que celui-ci a fonctionné.

Ou comme le compteur de vue, qu’il faut d’abord mettre à la taille du film et qui décompte. La roue, dentée, n’est pas un modèle de douceur pour la faire bouger.

Autre particularité, le sélecteur du flash M – X – V : la position M permet l’utilisation de flash à ampoule et donne une synchronisation de 1/50s à 1/300s ; la position X permet l’utilisation de flash électronique et sa vitesse de synchronisation est de 1/25s ; la position V est celle du retardateur. La prise PC du flash se situe au dessus des lettres.

L’obturateur est un Gauthier Prontor SVS qui donne des vitesses de 1s au 1/300s, plus la pose B. Le déclenchement est discret, presque silencieux, un bon point.

Le viseur est donc couplé au télémètre. Un vague rond, au milieu, permet de faire la mise au point lorsqu’on fait tourner la bague de distance. C’est trop imprécis (à moins que le patch se soit effacé) et il vaut mieux travailler en zone focus.

Néanmoins, en l’absence de came à l’intérieur du fut de l’objectif, j’avoue ne pas comprendre comment le télémètre fonctionne, puisqu’il est couplé. Est-ce la pastille en fonds de fut qui agit sur celui-ci ? Sans doute car elle semble montée sur ressort, avec une broche, mais je ne vois pas bien comment ça marche. Si quelqu’un à une idée, elle est la bienvenue en commentaire.

Ceci étant, le viseur est étroit et peu clair.

Normalement, les Super Paxette étaient équipés de diverses objectifs : des Staeble – Katagon de 45mm f2,8 ou des Pointar de 45mm f2,8. L’exemplaire que je vous présente ici est équipé d’un Car Zeiss Tessar de 50mm ouvrant lui aussi à f2,8. Une proposition spéciale, une modification particulière de l’objectif ?

En tout état de cause, les viseurs étaient calibrés pour les objectifs montés d’origine. Si vous pouviez joindre d’autres focales, il fallait équiper le boitier d’une tourelle pour compenser la visée.

D’ailleurs, ces accessoires étaient prévus par la marque :

Pour installer un film dans la chambre, il faut d’abord rembobiner la pellicule ; un tout petit bouton, sur le dessus du boitier, permet de débrayer le mécanisme. Puis il faut soulever la molette de gauche et tourner dans le sens de la flèche pour rentrer le film dans la bobine. Ensuite, dévisser le verrou et ôter le dos. Pour remettre un 24×36, opération inverse. Notez la grosse base sur la bobine réceptrice, crantée, pour bien faire avancer le film en douceur.

J’écrivais un peu plus haut que le cercle ou patch du télémètre n’était pas très visible et qu’il était sans doute plus utile de travailler en zone focus. Ça tombe bien, ils ont prévus une échelle de profondeur de champ, gravée sur le fut de l’objectif.

Ai-je oublié quelque chose ? Ah oui, le mémo, fixé sur la tête de la molette de rembobinage pour se souvenir du film introduit dans le boitier.

Petit tour de l’engin.

Que penser de cet appareil ?

Je l’ai déjà écris, c’est un appareil assez déconcertant. Pas désagréable mais délicat à manipuler. Mais c’est toujours une question d’habitude à prendre.

Ceci étant, c’est un appareil solide, construit pour durer. Celui-ci va fêter se 70 ans et il fonctionne toujours.

S’il est petit, il est lourd mais si vous ne possédez pas le sac tout prêt qui devrait l’accompagner, il n’y a pas de moyen pour fixer une lanière de portage. Petit sac photo nécessaire.

Hors de l’Allemagne, il n’est pas courant, sans être rare. Pour un bel exemplaire, complet (objectif, sac tout prêt), comptez 120€, sinon le prix se négocie autour des 70€.

A découvrir, pour le plaisir.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Des références.

https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-12420-Braun_Super%20Paxette%20I.html, en français ; https://www.jollinger.com/photo/cam-coll/cameras/Braun_Super_Paxette.html, https://camera-wiki.org/wiki/Paxette, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Braun_Paxette_series, https://retinarescue.com/paxettehistory.html, https://en.wikipedia.org/wiki/Carl_Braun_Camera-Werk, en anglais