Le petit frère du Canon FTb QL, le Canon TX (seconde partie)

Le petit frère du Canon FTb QL, le Canon TX (seconde partie)

Dans cette seconde partie, nous allons découvrir ce Canon TX, comment il fonctionne et ce que j’en pense pour l’avoir manipulé un moment.

Bonne découverte.

Présentation du Canon TX

Comme vous avez pu le découvrir dans l’histoire de cet appareil, il est donc une version simplifiée du Canon FTb qui ne sera jamais vendue au Japon mais produite pour l’exportation, notamment vers les USA (aussi sous le nom de Bell&Howell FD 35) et l’Europe. Il est apparu sur le marché en mars 1975.

Qu’a-t-on sacrifié sur l’autel du prix ? Ce qui frappe en premier, c’est la vitesse maximale, limitée au 1/500s et non plus au 1/1000s ; ensuite, le bouton de déclenchement n’a pas de verrou ; puis, ils ont retiré le minuteur (le levier existe toujours mais il sert à tester la profondeur de champ). Ça, c’est ce qui se voit avec un peu d’habitude.

Vue plongeante d'un appareil photo argentique avec objectif, bouton de réglage d'ouverture et cadran de vitesse d'obturation.

Au moins, ils ont gardé la pose B, pour les expositions longues, le testeur de profondeur de champ et la griffe porte-flash avec contact synchronisé, même s’il y a encore une prise PC.

Pour le reste, il faut lire le mode d’emploi. En effet, dans le TX, la mesure de la lumière est une moyenne pondérée au centre alors que celle du FTb est une mesure partielle au centre (12%). Cette différence affecte la précision de l’exposition dans les scènes très contrastées.

Ceci dit, cette mesure s’effectue toujours à travers l’objectif (=TTL) et la mesure s’affiche au travers d’une mire avec une aiguille qu’il faut placer au centre d’un cercle pour éviter la sur ou sous exposition. Une pile est donc nécessaire. Une PX625A pour remplacer celle autrefois au mercure.

Dans le viseur, une première aiguille se déplace suivant la vitesse sélectionnée et la réaction du posemètre. Une seconde aiguille, qui se termine par un anneau, se déplace suivant le choix du diaphragme. Le but du jeu est d’amener les deux aiguilles à coïncidence.

Diagramme présentant trois indicateurs : aiguille de mesure, aiguille de l'ouverture et indice de la pile. La première position montre l'aiguille qui descend, la deuxième position indique une exposition correcte, et la troisième position montre un signal rouge pour une exposition hors du couplage de la cellule.

La cellule est située derrière le prisme, près de l’œilleton de visée. Sa mesure est pondérée, centrée au-dessous de la plage des micro-prismes.

Diagramme illustrant la relation entre le déclencheur, le diaphragme et le miroir d'un appareil photo.

Rassurez-vous, même sans pile, le TX fonctionne toujours, elle ne sert qu’à alimenter le circuit du posemètre.

C’est un appareil tout manuel, de ceux que je qualifie souvent d’appareils école car avec lui vous apprendrez les subtilités du triangle d’exposition.

Graphique illustrant les paramètres de l'exposition photographique : ouverture du diaphragme, vitesse d'obturation et sensibilité ISO, avec des icônes représentant le mouvement.

Pour le reste, c’est un appareil très classique dans sa présentation et ses fonctions:

Vue du dessus d'un appareil photo Canon TX avec un objectif Canon FD 50mm f/1.8 S.C., présentant plusieurs étiquettes indiquant les fonctions des différents éléments de l'appareil.
Schéma illustrant un appareil photo Canon TX avec des étiquettes indiquant les différentes parties et fonctions comme le levier de prévisualisation, le compartiment de la batterie, et le filetage pour trépied.

Tout comme le FTb, il utilise la nouvelle monture Canon, la FD (qui remplace la FL plus ancienne). Il vous ouvre donc un vaste parc d’optiques de qualité, chez Canon même et chez les opticiens tiers de l’époque (Vivitar, Chinon, Tamron, etc.). Pensez-y : les objectifs Canon FD permettent une mesure de l’exposition à pleine ouverture alors que les objectifs FL et R ne permettent une mesure qu’à diaphragme fermé.

Quant aux flashs, tous ceux dits électroniques de l’époque fonctionnent, même ceux avec un câble de raccordement. La vitesse de synchronisation est de 1/60s.

Résumons-nous : le Canon TX est un appareil fiable, solide, qui devait faire le bonheur de nombreux photographes car moins cher que les autres appareils de la gamme. Il offre le nécessaire, sans le superflu et vous permet d’apprendre la photographie sans risque puisqu’il est tout mécanique, la pile ne servant qu’à alimenter la cellule.

Pourtant, ce ne fut pas, en Europe du moins, un succès commercial comme attendu, vous allez comprendre pourquoi.

Petite revue de détail des Canon de l’époque:

Page de catalogue Canon présentant différents modèles d'appareils photo et accessoires, avec des spécifications techniques et des descriptions.

De fait, la date de sa sortie sur le marché le place entre deux énormes succès commerciaux de la marque : le Canon FTB (1971) et ensuite le AE-1 (1976). Hormis son prix, il ne pouvait rien offrir d’autres aux photographes de l’époque.

Que penser de cet appareil ?

Que du bien, même s’il se fait rare sur les braderies/brocantes, pour les raisons exprimées ci-devant.

C’est un boitier que l’on tient facilement en mains, que l’on peut utiliser de suite, même sans avoir lu le mode d’emploi et qui ne déçoit pas. Ses réglages sont naturels et simples à mettre en œuvre et sa compatibilité avec les objectifs FD vous permettent d’envisager tous types de photo.

Tout mécanique, il ne vous lâche pas si la pile est morte, vous pourrez toujours photographier.

Subjectivement, c’est un appareil que l’on a envie d’emmener dehors, car c’est sa place. Il vous en voudra si vous le laissez dans un placard, une vitrine.

Et comme son prix, toujours attractif (comptez au maximum 50€ pour un très bel exemplaire) ne vous ruinera pas, vous pourrez courir acheter de la pellicule et l’essayer de suite.

Donc, soyez raisonnable ou soyez fou, mais faites-vous plaisir.

Des vidéos d’illustration

Un peu de technique

Le mode d’emploi est par LA.

  • Réflex mono objectif 35mm
  • Image de 24x36mm
  • Monture FD, optique de dotation Canon FD 50mm f1.8 SC
  • Obturateur à plan focal horizontal à deux axes, avec rideaux en tissu. Vitesses de 1s, 1/2, 1/4, 1/8, 1/15, 1/30, 1/60, 1/125, 1/250, 1/500s plus pose B et synchro flash au 1/60s.
  • Viseur avec pentaprisme au niveau des yeux ; grossissement 0.85x et couverture de 94%. Télémètre à microprisme au centre de l’écran de Fresnel, mat . Aiguille d’indication de la cellule, avertissement flash insuffisant, avertissement de surexposition et de sous-exposition.
  • Mesure avec une cellule CdS à travers l’objectif à pleine ouverture, mesure moyenne pondérée centrale. Sensibilité de 25 à 2000 Iso
  • Compteur de vue avec réinitialisation à l’ouverture du dos
  • Pile PX625A de 1,5v ou WeinCell pour remplacer la pile au mercure PX625 de 1,35v
  • Dimensions et poids 144 x 93 x 43 mm, 680 g

Des références

https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-10506-Canon_TX.html, https://filmphotography.eu/t/fr/canon-tx-5/, https://clicclacphotoblog.wordpress.com/2018/02/16/petite-histoire-de-la-photographie-le-pays-du-soleil-levant-5-6/, http://photogamme.com/histoire-de-la-photographie-japonaise, https://zenuacademie.com/photographie/comprendre-triangle-exposition-debutants/, https://repairedescreateurs.com/triangle-exposition/, en français ; https://mikeeckman.com/photovintage/vintagecameras/canontx/index.html, https://global.canon/en/c-museum/product/film90.html, https://www.vintagecamerareviews.com/brands/canon/canon-tx/, https://www.canonclassics.com/canon-tx/20-5/, https://flynngraphics.ca/the-collection/the-cameras/f-series/canon-tx/ (une mine de renseignements), https://www.photoethnography.com/ClassicCameras/CanonTX.html, en anglais

Reader Comments

  1. bonsoir J-P, quelle bonne idée de nous avoir mis une publicité de l’époque contenant les prix de vente. On voit très vite qu’il n’y a rien en dessous de 1400 / 1500 francs . Ce qui veut dire que pour un français des années 75 / 80 , un boitier reflex coutait 50% du salaire minium. C’est un élément important qui nous dit aussi pourquoi ces boitiers sont arrivés jusqu’à nous. D’une part, les acheteurs de l’époque ne risquaient pas de s’en débarrasser après quelques années, et d’autre part, les constructeurs devaient fabriquer du matériel durable car le client n’allait pas revenir l’année prochaine pour se procurer le nouveau modèle. Si par malheur, le boitier n’était pas fiable, il ne fallait pas très longtemps pour qu’il soit black-listé. Et à ce petit jeu, les appareils japonais n’avaient pas vraiment de concurrence. on gardera quand même en mémoire le relatif manque de fiabilité du CANON AE-1 qui est, il ne faut pas l’oublier, le premier CANON grand public intégrant de l’électronique. Le CANON AE-1 Program corrigera ce défaut. Merci J-P pour cette présentation d’un boitier qui restera encore utilisable dans les années à venir.

    1. Bonjour Olivier, merci de ton commentaire. C’est vrai qu’à l’époque un bel appareil photo était considéré « pour la vie », ou presque. C’est au tournant des années quatre-vingt que viendra s’installer la notion d’obsolescence programmée pour les appareils munis d’électronique, les boitiers y compris. Maintenant, si tu fais faire le calcul de l’inflation des 1400fr de 1975 en euro de 2025, tu obtiens la somme de 1250€ (+/-), presque le prix d’un réflex entrée de gamme d’aujourd’hui. Ceci étant, je doute que dans 50 ans je puisse encore utiliser mon Sony A7 R3, alors que mon Canon A-1 continuera à faire clic-clac (je n’ose pas m’avancer à si long terme sur la probabilité des films argentiques ;-)). Ce devrait être amusant de faire une liste des appareils peu fiable, je vais y réfléchir. Toutes mes amitiés.

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