Argentique

Rolleiflex Automat 4KB 3,5 bay 1 ou Rolleiflex MY-EVS type 1 3,5 bay 1

Vous dirais-je que parfois « l’occasion fait le larron » et, dans ce cas précis, je n’ai pas hésité à plonger un peu plus dans ma tirelire : un Rolleiflex Automat en bon état, avec des accessoires assez peu courants comme des lentilles spécifiques, des pare-soleil (chouette, y en a un qui va aussi sur le Yashica), des filtres, … ça se mérite.

Bon, c’est la version f1:3,5, mais c’est le début du « luxe ».

Une belle machine de 1956, pas exempte d’imperfections, après toutes ces années (par exemple, le verre de visée est un peu griffé, il manque deux petites vis autour du capot, mais tout le reste est ok). Il est parfaitement fonctionnel.

Le soucis, toutefois, reste entier pour moi qui éprouve les pires difficultés à remettre les images dans le bon sens : le dépoli vous renvoie un image inversée. Parfois je me demande comment faisaient les grands photographes qui ont utilisé ce type d’appareil.

Et, tiens, je n’y avais pas pensé jusqu’à ce qu’un amateur de mon Yashica D ne m’en fasse la réflexion : « et si on est gaucher, on fait comment ? »

Car, de fait, sur le Rollei, les réglages se font sur la gauche, à droite il n’y a que la manivelle d’avancement du film. Le déclencheur est en bas à droite, mais ça ne perturbe pas un gaucher.

Par contre, sur le Yashica D, les réglages sont à droite !

Finalement, ce sympathique amateur a acheté un Minolta Autocord, monté comme le Rolleiflex, en plus abordable !

Pour revenir au Rolleiflex, je vous avoue que je l’ai revendu. D’abord à cause de cette visée qui me perturbe toujours autant, ensuite parce que, honnêtement, je n’ai pas vu de différence entre le Rollei et le Yashica D, qui présente les mêmes caractéristiques. Les puristes vous diront que les objectifs du Rollei sont au dessus du lot. Soit, pour le f2,8, mais pour le f 3,5 (comme sur le mien) il n’y en a pas (là, je vais me faire des amis !) sauf au niveau du prix : un Yashica D, un Yashica Mat 124 se vend de 4 à 5 fois moins cher, pour le même plaisir.

Ceci étant, si vous pouvez en trouver un à prix raisonnable et en bon état, faites le pas. Se sont de belles machines et pour ceux qui n’ont jamais tâté du moyen format, c’est tout un monde qui s’ouvre à eux. Si vous avez lu ma rubrique sur le moyen format, vous comprendrez à quoi je fais allusion.

Bonne découverte.

Argentique

Yashica C et Yashica D

Un jour, lors d’une bourse photo, je découvre un vieil appareil, couvert de poussière, un peu comme oublié au fonds d’une caisse. Pourtant il m’attire, avec ses deux gros yeux ronds, superposés. Il a l’air endormi.

Je le prends en mains, le tourne et le retourne, ouvre son capot et tente d’apercevoir quelque chose sous la poussière qui ternit le verre. Et je demande au vendeur s’il le vend, ou s’il est en panne et oublié là pour cette dernière raison.

« Bah, j’en sais rien », me dit-il, « je l’ai ramassé dans un vide grenier et je ne l’ai jamais essayé ».

Nous négocions, plus pour le principe que par nécessité tant il fait peine à voir, et le vendeur me le cède. Me voilà propriétaire de mon premier appareil double objectif, au format 6×6 (un TLR dans le jargon des photographes pour Twin Lens Reflex), un Yashica C noir, enfin gris pour l’instant.

Si vous voulez en savoir plus sur le charme de ces appareils, je vous invite à suivre le lien suivant : https://www.filmisundead.com/5-raisons-davoir-un-tlr-dans-sa-collection-dappareils/, excellent site.

Bon, commençons par tout nettoyer : un peu d’alcool modifié pour nettoyer la carrosserie, un pinceau pour souffler les lentilles, puis un peu de produit d’opticien pour nettoyer la poussière collée aux objectifs, avec un tissus très doux en micro-fibres. De prime abord, pas de griffes, pas de coups sur les deux objectifs. Puis nouvelle ouverture du capot, pour dégager le verre de visée. Là aussi, un petit coup de pinceau pour dégager le plus de poussière possible, et ça marche, l’écran « s’éclaire ». Pas de griffe non plus. Jusque là, tout va bien. Ouverture du dos pour découvrir l’intérieur de l’engin. Chance, un peu de poussière mais pas de rouille, pas de saleté irrémédiable. Petit coup de soufflette, petit coup de chiffon en micro-fibres, y compris sur la lentille à l’intérieur, tout est propre. Là, il est noir, ses cuirs ne sont pas abîmés, les chromes sont beaux, les lettrages bien visibles, bref, il est beau !

Avant de bouger aux quelques boutons, petit tour sur la Toile pour dénicher un mode d’emploi (et par chance, j’en trouve même un en français !). J’essaie tout et … ça fonctionne.

C’est un art de la lenteur, qui change de la frénésie, parfois, des déclenchements rapides dus aux appareils numériques.

Bref, une manière différente de penser sa photo.

Sans doute est-ce moi qui suis lent avec le Yashica, des photographes célèbres s’en sortaient mieux que moi avec des appareils similaires (R. Cappa, V. Meyer, pour n’en citer que 2, rapidement).

C’est gai, surtout avec un trépied, pour composer à son aise. Pourtant, mais c’est moi que cela dérange, le fait que l’image soit inversée lors de la visée me pose problème : j’ai difficile à trouver mes repères.

il faut inverser gauche-droite pour remettre l’image à l’endroit

Premier développement de la première pellicule : pas terrible au niveau composition, quelques tâtonnements pour le juste couple ouverture/vitesse, mais quelles richesses de détails. Je pense que je ferai un poster de ma première « belle » photo avec ce type d’appareil, la taille du négatif autorisant de tel agrandissement.

Après le Yashica C, j’ai eu la possibilité d’acquérir un Yashica D. Idem que le C si se ne sont quelques évolutions, comme les réglages vitesse/ouverture qui se font par deux molettes situées entre les objectifs, façon Rolleiflex.

Franchement – et là je vais me faire incendier – il est aussi performant que le célèbre allemand, aussi facile d’emploi mais beaucoup plus abordable. Si vous voulez commencer le 6×6, c’est un excellent début.

Cet appareil est sorti avant le Yashica Mat 124 G, aboutissement de la gamme. Il date des années ’74 et fonctionne toujours comme au premier jour. Et si vous en trouvez un, voici le lien vers le mode d’emploi (en français) : http://babardestcyr.free.fr/yashica-D.htm

Quelques photos pour illustrer mes propos

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Mamya 645 Super

Le moyen format me fait rêver, de grand négatif, plein de détails mais qui doit rester abordable.

Le moyen format, c’est quoi ? Généralement, nous parlons de 135 mm pour le film « standard » – aussi appelé 24×36. Mais ce standard ne l’a pas toujours été.

A l’origine, il s’agissait de plaques de verre ou de métal enduis de produits réactifs à la lumière. Puis il y eut les plans-film que le photographe glissait, un à un, dans un chassis. Toutes les tailles étaient envisagées car peu standardisées, même si certaines devaient prendre le dessus. Il faudra attendre 1888 pour voir apparaître le premier film sur support souple, en 70 mm, qui sera commercialisé dès 1889 par Georges Eastman (qui deviendra Kodak plus tard). Mais début 1900, c’est le format 120 mm qui est le plus employé, notamment dans les folding (appareil à soufflet) ou les box (ces drôles de boîtes en carton que l’on trouve souvent en brocante).

C’est en 1913 qu’est apparu pour la première fois le format 24×36 mm, inventé par Oskar Barnack.

Bref, alors que l’optique et la mécanique étaient toujours plus précises, les films devenaient de plus en plus petits pour se fixer au standard qui aura cours jusqu’à l’avènement du numérique, le format 24×36.

Cette référence est toujours la norme puisque les full frame possèdent un capteur de la taille d’un film, soit 24 x 36 mm.

Mais, et le moyen format dans tout ça ?

On considère que les films dit 120 (et 220) sont du moyen format, qui autorise des négatifs en 4,5×6, 6×6, 6×7 et le 6×9, pour les plus courants. Notez qu’on ne parle pas de 120mm car le film fait 6cm de large.

Il y eut d’autres formats, que l’on trouve très difficilement, voire plus du tout, comme le 126, le 127. Ces formats doivent conditionner votre attention si vous voulez acquérir un ancien appareil en moyen format car vous risqueriez de ne plus trouver de quoi l’alimenter (par exemple un Yashica 44 demande du film en 127, que l’on trouve encore par exemple chez Retrocamera, même s’il est toujours possible de bidouiller des supports pour travailler en 24×36 sur ces appareils, mais alors, quel intérêt ?).

Aujourd’hui, en numérique, il existe aussi des capteurs en moyen format mais là, sauf si vous avez gagné au loto (ou lotto si vous êtes français), vous oubliez : le ticket d’entrée est à 6000€, sans objectif !

En résumé, si vous voulez vous faire plaisir avec du moyen format, vous avez le choix dans la vaste gamme des Rolleiflex et Rolleicord (attention au prix), les Yashica C – D – Mat, Les Minolta Autocord, les Kiev 60 ou 88 , les Mamya 645, les Contax, …

A ce sujet, je vous invite à découvrir : http://objectif-photographe.fr/appareil-photo-argentique/ et https://www.stevenberruyer.com/argentique-2/guide-dachat-moyen-format/

Bref, pour ma part, j’ai opté, après un passage par les Yashica C et D, un Rolleiflex, un Mamya 645M, un Zenza Bronica S2A, pour un Mamya 645 Super.

Pourquoi celui-là ? Les 6×6 sont de belles machines mais j’ai besoin de pouvoir viser directement, sans devoir redresser la photo vue sur le dépoli. Et mon Mamaya 645 Super m’offre ce confort, outre le fait qu’il soit un peu plus moderne et que le prisme de visée compte une cellule (ce modèle a vu le jour entre 1985 et 1993).

Pour en savoir plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Format_35_mm, http://www.didio.biz/histoire/1924.html et surtout http://maisondelaphotoargentique.fr/histoire-de-photographie/