Argentique

Le Canon AE-1 Program, une petite histoire de gamme

Préambule.

Une longue brocante, celle de Emines (namurois), que nous commençons tôt pour avoir la chance de trouver quelques pépites, enfin, peut-être.

Au détour d’un étal qui termine son installation, je vois trois boites marquées Canon : celle d’un boitier, d’un objectif et d’un flash. Je m’enquiert du prix, très raisonnable et j’emporte le tout.

Je viens de faire acquisition d’un Canon AE-1 Program noir, de son zoom FD 35 -70 mm f4 constant et d’un flash Vivitar 3500, compatible et toujours fonctionnel.

Partons à sa découverte …

Un peu d’histoire.

Pour remonter dans la genèse de ce modèle, il faut se souvenir que le premier fut le AE-1, qui utilise la monture FD et qui parait en 1976. Cette gamme introduit l’automatisme contrôlé électroniquement. Les appareils antérieurs (du FX – 1964 – au F-1 – 1971) ne possédaient pas de calculateur embarqué.

Ceux qui suivront, la série T (duT50 – 1983 – au T90- 1986) utilisent toujours la monture FD mais sont motorisés.

Il faut attendre 1987 pour découvrir une nouvelle monture, la EF et les appareils qui la supportent, les EOS.

Ceux-là marquent une rupture conséquente : non seulement l’abandon total d’une monture mais aussi l’introduction de l’autofocus et de l’électronique générale embarquée.

Mais revenons à la gamme des A, qui se compose de six boitiers :

  • Canon AE-1 (1976), qui est un priorité vitesse
  • Canon AT-1 (1976), qui est aussi un priorité vitesse mais sans automatisme donc purement manuel
  • Canon A-1, reflex pro (1978), premier appareil avec ordinateur numérique à bord et 4 programmes (tout automatique, priorité vitesse, priorité ouverture, manuel, priorité au flash de la série Speedlite)
  • Canon AV-1 (1979), qui est un priorité ouverture (moins cher à fabriquer)
  • Canon AE-1 Program (1981), qui est un priorité vitesse comme le AE-1 et qui ajoute l’Exposition programmée (AE) et un mode mesure manuelle à diaphragme fermé.
  • Canon AL-1 (1982), avec les mêmes modes que ses grands frères mais sans vitesses lentes

Pour la première fois, ces appareils possèdent un véritable « ordinateur » numérique et non plus analogique, une puce en somme, capable de calculs selon la sensibilité, l’ouverture ou la vitesse utilisés. Le triangle d’exposition est mis en équations.

Ensuite, le Canon AE-1 inaugure une nouvelle manière de fabriquer des appareils photo : les chaines de fabrication passent pas une automatisation poussée, ce qui garanti à la fois un coût de production moindre mais aussi une régularité et un contrôle du processus d’assemblage jamais égalé à cette époque. Par rapport aux boitiers précédents, 300 pièces ont été éliminées grâce à l’utilisation des composants électroniques.

Petit aparté :

Plus qu’aucun autre sans doute, le Canon AE-1 s’inscrit dans la logique du créateur de la marque, Yoshida Goro (fondation de Canon en 1933). Celui-ci, désireux de comprendre comment fonctionnaient les Leica II et Contax model 1, les deux appareils considérés à l’époque comme les meilleurs appareils 35mm et les plus chers, achetât un Leica II, qu’il a entièrement démonté, pour saisir le mécanisme et le pourquoi de leur prix élevé.

Il fut particulièrement déçu : J’ai simplement démonté la caméra sans aucun plan spécifique, mais simplement pour jeter un œil à chaque pièce. J’ai trouvé qu’il n’y avait pas d’objets spéciaux comme des diamants à l’intérieur de l’appareil photo. Les pièces étaient en laiton, en aluminium, en fer et en caoutchouc. J’ai été surpris de constater que lorsque ces matériaux bon marché étaient assemblés dans un appareil photo, cela demandait un prix exorbitant. Cela m’a mis en colère ».


De plus, comme le Canon F-1, la série des A s’inscrit aussi dans un système qui comprend des accessoires spécifiques, en plus de la gamme des objectif FD.

Image illustrant la série A des appareils photo Canon, mettant en avant plusieurs modèles, un flash et des accessoires, avec un schéma en bas détaillant les spécifications et les composants du système.
Source : fou de F-1

Tous ces éléments réunis ont fait de cet appareil un best-seller car entre 1976 (date de sortie) et 1981, plus de quatre millions de Canon AE-1 sortiront des chaines.

Un mot encore sur l’autre révolution qui accompagne la série des Canon A, la monture FD. Celle-ci fut conçue spécialement pour le Canon F-1 et elle se retrouve bien évidemment compatible avec la série A. Que propose-t-elle d’exceptionnel ? Elle permet d’exploiter toutes les fonctions automatiques des nouveaux appareils qui agissent sur le diaphragme. Ces objectifs sont entièrement automatiques et leur système permet une mesure de la lumière TTL à pleine ouverture et se ferme à l’ouverture de travail automatiquement, qu’il soit utilisé en mode priorité à l’ouverture ou priorité à la vitesse.

Si le F-1, l’initiateur, suivi ensuite par le A-1 (sorti deux ans après le premier Canon AE-1) étaient essentiellement destinés aux professionnels, le Canon AE-1 était lui destiné aux amateurs … exigeants.

La recherche marketing et la campagne de publicité faite autour de cet appareil a montré que le plus grand nombre de photographes non professionnels étaient à la recherche d’un appareil qui puisse leur permettre de réaliser de superbes photos et qui sache rester simple d’utilisation.

Illustration d'un Canon AE-1 Program argentique avec objectifs, montrant les réglages et fonctionnalités de l'appareil.

Ensuite vient le AE-1 Program, sorti 5 ans après le AE-1. Les clients avaient pris goût à la qualité et la simplicité de ce dernier mais ils le trouvaient parfois un peu limité, au regard de ce que le A-1, par exemple, proposait. Ils voulaient que le mode AE, qui définit automatiquement la vitesse d’obturation et l’ouverture, puisse être présent dans un boitier comme le AE-1.

Le Canon AE-1 Program est la réponse à cette demande. Nous allons le découvrir …

Présentation du Canon AE-1 Program.

Tout d’abord, deux choses à retenir : le Canon AE-1 Program est sorti 5 ans après son illustre aïeul et nous sommes donc dans les années quatre-vingt. De nouvelles attentes se font jour de la part des amateurs exigeants, ce qui va se traduire par une ergonomie un peu modifiée et l’ajout, comme je l’écrivais ci-dessus, de fonctions rendant encore plus facile l’utilisation d’un appareil reflex. Enfin, la polyvalence de l’appareil est encore améliorée, tant avec les flashs que la large gamme d’optiques en monture FD.

Appareil photo Canon AE-1 Program sur un fond neutre, avec des éléments textuels décrivant ses caractéristiques principales comme la polyvalence et la simplicité.

Un petit éclaté de l’appareil vous permet en un clin d’œil de voir les commandes et de vous en familiariser si vous n’avez pas un boitier sous la main.

Illustration de la caméra Canon AE-1 Program avec des numéros indiquant les différentes parties et fonctionnalités de l'appareil.

Petite présentation de celui qui nous occupe aujourd’hui :

L’ergonomie du Canon AE-1 Program.

Au niveau ergonomie, il reprend la mini-poignée du A-1, qui rend la tenue un peu meilleure et, surtout, protège le logement des piles, toujours aussi fragile. Le levier d’armement est modifié afin de l’appréhender plus rapidement (course à 120° et position d’attente à 30°) et il propose un appui pour l’index avant le déclenchement. Le déclencheur est électromagnétique, pour plus de douceur et de stabilité lors de la prise de vue.

Comme sur le A-1 encore, un sélecteur permet 3 options : A = prêt à l’emploi ; L = verrouillé (tous les circuits sont éteints) ; S = le retardateur de 10s (un signal retentit et accélère lors il reste 2s).

Les deux boutons pour contrôler et bloquer l’exposition sont idéalement placés pour être manipulés de la main gauche, tout comme, en dessous, le levier pour le contrôle de la profondeur de champ.

La fenêtre d’affichage de la sensibilité du film est bien lisible, sous la molette de rembobinage. La palette de sensibilités s’étend de 12 à 3200Asa, ce qui couvre les possibilités des films du moment.

Enfin, au dos de l’appareil, une fenêtre permet de glisser le carton du film, qui sert de mémo.

C’est un appareil compact, léger, robuste et simple d’emploi.

La simplicité d’utilisation du Canon AE-1 Program.

La nouveauté de cet appareil, c’est l’exposition automatique programmée. Ce qui veut dire que lorsque vous avez fait la mise au point, l’appareil aura choisit pour vous la vitesse d’obturation et l’ouverture du diaphragme qui se prêtent le mieux à votre sujet. Il ne vous reste plus qu’à déclencher.

Si c’est une scène d’action, le boitier choisira la priorité à la vitesse. Si c’est un paysage ou un portrait, il choisira la priorité à l’ouverture. Et si vous vous trouvez devant un cas particulier, vous pouvez encore passer en mode manuel de l’exposition.

L‘AE programmée indique clairement que le boitier travaille avec une unité de calcul, numérique et non plus analogique. Ce calculateur va régir le calcul de l’exposition, la mise en mémoire, les signaux d’avertissement et, surtout, il réagit à chaque modifications des situations de la prise de vue comme par exemple les variations d’éclairages.

Simplicité d’utilisation car il suffit de mettre le sélecteur sur Program et la bague de sélection de l’objectif sur A pour que tout se mette en place. Dès que vous appuyez à mi-course sur le déclencheur, dans le viseur, un P vert s’affichera pour vous rappeler votre choix. Si la luminosité est trop faible, forçant l’appareil à opter pour une vitesse égale ou inférieur au 1/30s, le P clignotera pour vous avertir du risque de flou de bougé. L’ouverture du diaphragme est aussi déterminée automatiquement, sa valeur sera affichée en rouge dans le viseur. N’oublions pas que cette valeur est importante pour la profondeur de champ.

Si nous devions ne retenir qu’une chose de tout ceci, c’est que l’exposition programmée, qui choisit automatiquement l’ouverture et la vitesse, évolue à chaque variation de luminosité. Il nous faut peaufiner le cadrage et la composition, le boitier s’occupe du reste.

Cela peut paraître évident de nos jours, mais au seuil des années quatre-vingt, Canon faisait là une avancée décisive dans l’usage des reflex destinés aux amateurs éclairés … et au professionnels qui cherchent un second boitier fiable.

Vue d'un viseur de Canon AE-1 Program avec une cible circulaire au centre et indication du mode Program à gauche.

Vient ensuite l’AE à priorité à la vitesse. Celle-ci favorise, vous l’avez compris, la photographie en action. Ici, vous choisissez la vitesse et l’appareil va calculer l’ouverture la plus utile, qui sera affichée dans la viseur. Si celle-ci devait être en sur ou sous-exposition, cette valeur clignotera dans le viseur.

Vue du viseur et du sélecteur de mode de l'appareil photo Canon AE-1 Program, montrant la zone de mise au point et les réglages de l'exposition.

Pour vous aider dans la photo d’action, il sera sans doute nécessaire d’utiliser le moteur MA car il vous permettra d’atteindre la vitesse de 4i/s (de quoi vider un film de 36 vues en 9 secondes !). Les moteurs A2 et A ne donneront que 2i/s.

Diagramme illustrant les connexions des moteurs et accessoires compatibles avec le Canon AE-1 Program, incluant le moteur d'entraînement MA, moteurs d'arment A et A2, ainsi que divers contrôles et télécommandes.

Ensuite, le mode manuel. Après les modes Program et AE vitesse, il reste le mode manuel qui ravira les photographes qui veulent tout contrôler eux-mêmes ou parce que les conditions de prises de vue sont telles qu’il faut y avoir recours.

Là encore, rien de difficile car il suffit de dégager la position A de l’objectif, de choisir la vitesse d’obturation, d’enfoncer le déclencheur à mi-course. Vous verrez alors le M en rouge apparaître dans le viseur mais surtout la valeur d’ouverture que le posemètre vous donnerait si vous étiez en automatique. A partir de là, vous choisissez l’ouverture que vous voulez, selon le type d’effet que vous voulez appliquer (netteté, sur ou sous-exposition).

C’est encore le mode que vous choisirez pour effectuer des poses longues, notamment.

Vue du viseur et des commandes du Canon AE-1 Program, mettant en avant l'écran de mise au point et le sélecteur de mode.

Toujours dans les commandes manuelles, il y a aussi la mémorisation d’exposition. Très utile lorsque des sujets sont à contre-jour. Vous vous approchez du sujet puis maintenez le déclencheur à mi-course en appuyant sur le bouton de mémorisation. Vous recadrez, en gardant le déclencheur enfoncé à mi-course, puis l’enfoncez à fond pour prendre la photo. C’est la pression constante à mi-course sur le déclencheur qui garde en mémoire le fait de pousser une fois sur le bouton de mémorisation.

Détail du Canon AE-1 Program montrant le bouton de mémorisation d'exposition et la monture d'objectif FD.

Il faut encore aborder la photographie au flash. Canon a développé un nouveau flash dédié au Canon AE-1 Program, le Speedlite 188A. Il est parfaitement calibré pour l’appareil, même si les autres flashs Speedlite restent utilisables, comme le montre l’illustration ci-dessous.

En ce qui concerne donc le 188 A, il suffit de régler sur le flash la sensibilité du film et de programmer une ouverture autre que f2,8 ou f5,6 (les deux ouvertures automatiques du flash pour 100Asa). Lorsque le flash est mis sous tension, après quelques secondes un signal vert s’allume dans le viseur, signifiant que le flash est prêt à fonctionner. Le AE-1 Program va passer automatiquement au 1/60s (la vitesse de synchro flash) et régler l’ouverture en fonction de celle réglée sur le flash. Bien entendu, vous devez être sur A pour l’objectif et sur une vitesse autre que la pose B. Après le déclenchement, un éclair vert va clignoter quelques secondes dans la viseur pour vous indiquer si la distance était dans les limites prévues et l’exposition correcte.

Schéma montrant des modèles de flash Speedlite compatibles avec l'appareil photo Canon AE-1 Program, incluant des connecteurs et des accessoires.

Je cite souvent le viseur, il est temps d’écrire quelques mots à son sujet car il participe de la commodité d’utilisation de l’appareil.

Ce dernier couvre 94% de l’image réelle. Tant que vous n’appuyez pas sur le déclencheur à mi-course, aucune indication ne vient perturber la vision. Si vous appuyez, les informations s’affichent à droite, toujours hors du champ de vision. S’il y a risque de sous-exposition, l’ouverture affichée clignote. Si la vitesse retenue dans le mode Program est égale ou inférieure à 1/30s, le P clignote pour avertir du risque de flou de bougé. Il fut encore remarquer que l’intensité des DEL varie selon la luminosité du sujet, les rendant toujours parfaitement lisibles.

Ensuite, le télémètre à coïncidence est une première mondiale : il utilise des prismes à double pente qui évite l’assombrissement que l’on voit avec l’ancien système à pente unique, notamment avec les objectifs peu lumineux. De plus, il est entouré par un dépoli extrêmement fin et lise, réalisé au laser. Cela se traduit par un gain de lumière de 50% par rapport aux anciens verres.

Les verres de visée sont en outre interchangeables, comme dans les appareils professionnels. Ils sont au nombre de 8, selon les besoins ou habitudes photographiques. Un verre de visée à double télémètre est même proposé, à la fois sur le plan horizontal et sur le plan vertical, pour plus de précision.

La polyvalence du Canon AE-1 Program.

Cet appareil a été pensé pour pouvoir répondre à quasi toutes les demandes des photographes. Comme je le citais pour le AE-1, il s’inscrit dans un système, inauguré par le F-1 professionnel. Il vous offre donc l’accès à un ensemble d’accessoires impressionnants, qui va des flashs aux objectifs en passant par un dos dateur et autre matériel spécifique à certaines applications (médicale, astronomique, etc.). Vous retrouverez ces planches dans la brochure commerciale citée plus bas, que je vous suggère de lire aussi. Ceci vous donne une idée de l’étendue des possibilités offertes à cet appareil.

Un ensemble d'appareils photo Canon, objectifs et accessoires présentés sur une table, comprenant des flashes, des trépieds et divers filtres de couleur.
Illustration d'un manuel technique pour le Canon AE-1 Program, montrant des objectifs, des accessoires et des schémas de configuration.
Diagramme explicatif des différents accessoires et de leurs connexions pour le Canon AE-1 Program, incluant les configurations d'utilisation et les éléments nécessaires au bon fonctionnement de l'appareil.

Une dernière chose à son sujet, que j’ai découverte plusieurs fois en lisant ce qui m’a servi à publier cet article mais que je n’ai pas lue chez Canon : l’appareil semble avoir été conçu pour résister aux intempéries (on dirait tropicalisé de nos jours). Pourquoi pas, il a déjà bien résisté au temps passé …

Que penser de cet appareil ?

Sa conception, tout automatique en mode Program peut en chagriner plu d’un(e) mais je pense, comme à l’époque que c’est un bon moyen d’apprentissage car l’appareil nous donne toujours des indictions utiles, que l’on peut mémoriser et reproduire ensuite en mode priorité vitesse ou en manuel. C’est vraiment un appareil d’écolage très subtil.

Ensuite, sa forme, sa compacité, sa légèreté en font un appareil que l’on aime sortir et utiliser. L’âge ne change rien à sa précision ni à son agrément.

De plus, le large choix des optiques FD va nourrir à moindres frais, votre créativité. Depuis l’avènement des optiques en monture EF, elles sont en effet devenues complétement obsolètes. Si vous tombez sur un FD 24mm f1,4 L, ou un FD 50mm f1,2L ; voire encore un FD 85mm f1,2/ L, ne les laissez pas partir (mais il faut être réaliste, ceux-là seront chers).

Celui que je vous présente est noir, comme je les aime, mais il a majoritairement existé en bis-tons, argent et noir.

Son alimentation, si vous ne passez pas par un moteur, est assurée par une 4LR44 de 6v, facile à trouver. La seule chose à laquelle il faut faire attention, c’est à ne pas casser la porte qui cache la pile. Allez-y doucement.

Ce Canon AE-1 Program n’a-t-il que des qualités ? Il en a beaucoup mais avec l’âge aussi quelques défauts. Le plus classique, ce sont les mousses qui s’effritent et qu’il faut remplacer, non seulement celle du miroir mais aussi celle du dos, à la jonction de la porte. C’est facile à faire et cela vous évitera des fuites de lumière.

Plus agaçant, le Squeeze, ce bruit de ferraille lorsque vous déclenchez. C’est aussi un classique qui touche le A-1, le AE-1 et presque toute la gamme A d’ailleurs. C’est un manque de lubrification qui est l’origine de ce bruit désagréable mais pas dangereux. Une petite vidéo, ci-dessous, vous montre comment faire. Je l’ai suivie car le mien est atteint et j’avoue que je ne me souvenais plus ou l’aiguille devait passer.

Question prix, selon son état et l’optique qui est montée dessus (le mien est équipé d’un 35 – 70mm f4 constant), il faudra compter au moins 150€ pour en acquérir un (un peu moins pour un bis-tons).

Mais ensuite, quel plaisir que de posséder un tel boitier et de faire des photos avec lui.

Et vous, vous en pensez quoi du Canon AE-1 Program ?

Vidéos d’illustration.

Réparation du bruit sur un A-1. C’est la même chose sur le 1E-1 Program

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA (85 pages utiles et qui contiennent même un cours pour la prise de vue, génial).

La lecture de brochures commerciales d’époque est un régal, que je vous conseille de lire ICI.

Fiche technique détaillant les spécifications du Canon AE-1 Program, incluant les modes d'exposition, monture d'objectif et commandes.

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Canon_AE-1_Program, https://pellochemoi.com/blog/canon-ae-1-program-guide-complet/, https://www.focale-alternative.be/blog/canon-ae-1-program/, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-10263-Canon_AL-1%20QF.html, https://www.fou-du-canon-f-1.net/appareils-canon-apres-le-f-1/canon-serie-a/, https://www.lomography.fr/magazine/326629-lomopedia-appareil-argentique-canon-a-1-35mm-avis-test, http://www.canon.photo.free.fr/photos/modeles/reflex.php?canon=196 en français ; https://www.kenrockwell.com/canon/fd/ae-1-program.htm, https://global.canon/en/c-museum/product/film103.html, https://www.canonclassics.com/canon-ae-1-program/20-11/, https://thenoisyshutter.com/2022/09/01/classic-camera-review-canon-ae-1-program/, en anglais.

Argentique

Le Canon AE-1

Au hasard de la vie, il est parfois des découvertes amusantes.

En quelques mots, nous mettions de l’ordre dans l’accumulation de biens de nos parents, âgés et dans une mauvaise passe au point de vue santé.

Et dans le capharnaüm d’un vieux banc d’église (oui, ils aiment les antiquités !), je trouve une boite noire qui me rappelle quelque chose : ça y est, je viens de retrouver le vieux Canon Ftb Ql des parents et de mes débuts !

Fébrile, j’ouvre la boite et tombe nez à nez avec un Canon … AE-1 dont j’ignorais l’existence !

Je ne peux pas dire que je suis déçu, l’appareil est beau mais ça veut dire que je repars à la recherche du Ftb Ql. Sage précaution, la pile n’est pas dans l’appareil, mais elle est morte, et je n’en ai pas en stock me semble-t’il. Zut, il va falloir en trouver une pour être certain que tout fonctionne.

Non loin de cette boite, je découvre aussi un panier, plein d’accessoires anciens, accumulés là aussi : une ancienne cellule à main, des filtres (qui doivent être pour un Rolleiflex, l’appareil qui fut dérobé à mes parents avant leurs aventures en Canon), un vieux flash avec des filtres de couleurs, des lampes flash, de petits sacs pour porter des films, … bref, tout ce qui accompagnait les photographes des années septante.

Là encore, dans sa boite, une mini table lumineuse qui servait, je m’en souviens, au montage des dias dont mes parents étaient friands.

Plus au fonds du banc, un carton avec des objectifs à monture Canon Fd … mais c’est la caverne d’Alibaba ce truc !

Bon, réfléchissons : finalement, ça tombe bien, j’avais envie de vous parler de cet appareil qui fait tant parler de lui et dont les prix s’envolent depuis deux – trois ans (difficile d’en trouver un sous les 150€, et je ne parle pas des versions noires au prix stratosphériques).

De fait, lors d’une brocante, un exposant m’en avait donné un dont la porte arrière était bloquée, la molette de rembobinage s’étant fait la malle (elle était à l’intérieur de la chambre, heureusement), mais fonctionnel. A ceci près que la dite porte ayant été forcée, le verrou était cassé. Il me fallait trouver une épave pour le faire repartir.

Mais là, celui des parents est intact et avec même son classique 50mm F1,8 Fd…. et un film Fuji à l’intérieur (6 photos). J’ignore depuis quand il est là ce film, mais je vais le terminer, on verra bien.

Faudra que je me trouve un créneau pour aller voir Fred, d’Histoires de photos, car il organise des sorties dans Lille avec ce type d’appareil pour (re)découvrir ce boitier devenu mythique et le plaisir de la photo N/B en argentique. Si vous aussi ça vous intéresse, voyez, c’est ICI que ça se passe.

Bon, j’ai enfin trouvé une 4LR44, que j’ai glissée dans la petite porte sur le devant. Ah, la cellule semble reprendre vie mais il semble bloqué car il ne déclenche pas et impossible de réarmer ! Serait-ce le déclencheur électromagnétique qui fait des siennes ?

Mais avant d’aller chercher plus loin, peut-être quelques explications sur l’engin pour ceux qui voudraient en acquérir un.

Quelques mots sur la famille d’abord : le AE-1 vint au monde en avril 1976 et il eut des frères et un cousin. Les frangins : le AT-1, présenté en 1977 n’avait pas le contrôle d’exposition automatique, le AV-1 (1979) fut une version simplifiée, plus abordable, tandis que le A-1, apparu en 1978 fut le grand-frère, multi-priorités, manuel, tout automatique, bref, parfait en son temps.
Quant au cousin, ce sera le AE-1 program, fils du célébrissime Canon A-1, qui ajoutera à ses fonctions un mode Program où l’appareil vit sa vie, ce qui ne plait pas à tout le monde.

Le Canon AE-1 a été le premier appareil de la marque à proposer un mode semi-automatique piloté par un micro-ordinateur. C’est un appareil facile d’utilisation qui trouvera des millions d’acquéreurs pour forger sa légende

Mais qu’avait-il de plus que les autres pour s’imposer ?

Déjà un design bien pensé, rationnel et ergonomique, qui permet de prendre rapidement le boitier en mains, notamment grâce aux commandes qui sont regroupée sur le dessus et la façade du AE-1.

Ensuite, cette technologie qui fait toute la différence. Le contrôle de l’exposition est confié à un véritable micro-ordinateur (nous sommes en 1976, pour mémoire !) que le mode d’emploi décrit comme « unité de traitement centrale comportant deux circuits intégrés et un circuit LSI doté d’un I2L (circuit de logique intégré à injection directe de porteurs (page 9 du mode d’emploi en français renseigné plus bas).

Heu … bon, le tout, c’est que ça fonctionne après tout.

Le Canon AE-1 est un priorité vitesse. Je vous avoue que pour ma part et ma pratique, je préfère une priorité ouverture mais pour les personnes qui aiment une photographie plus dynamique, ce sera parfait.

Mais commençons par le début : comment fonctionne-t-il ce Canon AE-1 ?

Rappelez-vous d’abord qu’il est « électronique », ce qui veut dire que sans pile, point de déclenchement. Il va donc falloir insérer une 4LR44 dans le logement sous la porte, devant, à côté de l’objectif. Le « + » vers le haut. Un petit truc pour vous faciliter la vie : insérer la pile côté négatif d’abord puis appuyez sur le haut de celle-ci pour l’entrer dans le logement.

Vous pouvez tester votre pile en appuyant sur le bouton noir sur le capot. Sur l’échelle, dans le viseur, l’aiguille se positionnera au niveau de l’ouverture 5,6 si votre pile est ok.

Tout est en ordre ? Il ne vous reste plus qu’à insérer un film dedans. Pour ce faire, tirez sur le levier de rembobinage et la porte arrière s’ouvre sur la chambre, classique. Quoique qu’il n’y ait pas ici de système QL (pour quick loading), le chargement est aisé : vous insérez la cartouche à gauche, tirez le film dont vous glissez l’amorce dans la fente de la bobine réceptrice, en veillant à ce que le film se place bien sur les roulettes d’entrainement, armez une fois pour bien enroulez le film, puis fermez le dos, déclenchez et réarmez une ou deux fois, c’est prêt. Ah oui, encore un petit truc « à l’ancienne » : reprenez la manivelle de rembobinage et – délicatement – faites le mouvement d’un rembobinage pour bien tendre le film dans la chambre. Ce mouvement, associé à la plaque de pression, assure la planéité du film et une meilleure précision lorsque vous prendrez une photo..

Puisque nous en sommes au film que vous venez de mettre dans le boitier, n’oublions pas de régler la cellule avec la sensibilité de ce dernier. Ouvrez le levier d’armement en position d’attente (un peu décalé du boitier, à 30° pour les précis) et soulevez la roue dentée qui est dessous, en tournant celle-ci jusqu’à ce que vous indiquiez le chiffre de la valeur Asa (de 25 à 3200) en face du repère vert. Pour les éventuels distraits, Canon a pensé à une petite fenêtre sur le dos de l’appareil, dans laquelle vous pourrez glisser le bout de carton de la boite du film, avec les indications utiles du type de pellicule utilisées.

Quand vous serez au bout de vos 24 ou 36 vues, pour rembobiner, il faudra appuyer sur le petit bouton qui est sous la semelle et tourner la manivelle en sens inverse. Si vous n’allez pas trop vite et êtes attentif, vous pourrez « sentir » le moment où le film quitte la bobine et arrêter de tourner. Ça laisse juste un bout de l’amorce en dehors. Utile si vous voulez faire des doubles expositions (voir Histoires de photos pour cet exercice intéressant).

Le viseur est assez classique : un télémètre à coïncidence et microprismes trône au milieu. On s’habitue vite à rétablir les 2 lignes brisées pour obtenir une photo nette même si ça demande un peu d’entrainement pour ceux qui n’ont jamais utilisé un ancien appareil argentique. Sur la droite, une échelle avec une aiguille qui indique l’ouverture choisie par le micro ordinateur, avec une zone rouge en haut (surexposition) tandis qu’en bas, c’est une diode clignotante qui indique un risque de sous exposition, ou une vitesse hors du champ de couplage de l’appareil, compte tenu de la sensibilité du film. Un petit « M » clignote aussi quand vous quittez la position automatique de l’objectif (le mode Manuel).

Comme je l’écrivais plus haut, le Canon AE-1 est un « priorité vitesse« , ce qui veut dire que l’appareil, lorsque vous avez positionné la bague de l’objectif sur A, va déterminer pour vous l’ouverture du diaphragme adéquat grâce à l’analyse faite par sa cellule. Il tient compte pour ce « calcul » de la vitesse choisie, de la sensibilité du film et de la luminosité de la scène. Vous êtes alors en mode « semi-automatique » et la cellule travaille avec une mesure intégrale à prépondérance centrale (toute la scène est analysée avec une intention particulière pour le centre)

Lorsque vous quittez la position A sur l’objectif, vous passez en mode manuel et vous choisirez vous-même l’ouverture et la vitesse. Mais le boitier vous aide quand même encore en vous donnant les indications dans le viseur avec les signaux lumineux de sur ou sous exposition.

Les vitesses, que vous réglez avec la molette sous le déclencheur, vont de 2 secondes ou 1/1000éme sec. plus une pause B, pour les pauses longues (avec trépied). Si la molette tourne dans les deux sens, elle ne fait pas un tour complet.

Voilà, c’est tout … à moins que j’ajoute que vous pouvez aussi vérifier la profondeur de champ avec le bouton plat, à gauche de l’objectif, qui vous donnera une image à « diaphragme fermé » permettant de voir la profondeur de champ (mais honnêtement, la vison sera très sombre). Pour débloquer le loquet, appuyez sur le petit bouton argenté.

Le bouton poussoir de test de profondeur de champ.

Ah oui, et encore un petit bouton bien utile, celui qui est sur le fut de l’objectif et qui permet de se sortir des mauvais pas quand le contraste est très fort sur votre image, comme par exemple lors d’un contre jour.. L’appui sur ce bouton permet d’effectuer une correction d’exposition. Vous dégagez la bague de la position A, vous appuyez sur le déclencheur à mi-course pour obtenir l’indication de ce que le boitier vous préconiserait comme ouverture, puis vous actionnez le bouton de correction d’exposition. Ensuite vous revenez en position A et vous reportez l’ouverture donnée.

Si je résume : vous portez l’appareil à l’œil, vous réglez la netteté en faisant coïncider les deux demi-cercles du viseur, vous appuyez à mi-course sur le déclencheur, la cellule vous détermine une ouverture dans le viseur, que vous reportez sur l’objectif, et clic-clac, c’est dans la boite !

Il y a encore le retardateur, que vous actionnez en poussant vers l’avant le bouton de verrouillage/déverrouillage du déclencheur.. Vous avez 10 secondes pour apparaître sur la photo !

Le déclencheur est « électromagnétique » – un petit électro-aimant le commande – et de ce fait il est non seulement très doux mais aussi assez silencieux. Pas de déclenchements intempestifs à craindre car il y a une position « fermé »(L pour lock) pour éviter de déclencher quand l’appareil est armé.

Hélas, c’est aussi par là que l’appareil peut « mourir » et je crains que celui que j’ai retrouvé ne soit en état de mort « magnétique ». Mais ça se répare, pour autant que vous ayez un autre appareil à cannibaliser, et ça tombe bien, j’en ai un et deux videos pour savoir comment faire (je vous les ai aussi mises ci-dessous).

Bon, que cela ne vous empêche pas d’en acheter un si vous en trouvez à un prix raisonnable. Sachez que d’autres appareils qui utilisent la même technique ont le même soucis : ils ont presque 50 ans, ne l’oublions pas… et ils se réparent de la même manière.

Le Canon AE-1 pouvait être motorisé (avec le Power Winder A) et il adoptait alors une cadence de 2images/sec. Une série de flashs lui était aussi dédié, les Speedlites O11A, 155A, 166A, 177A, 188A, 199A, 533G et 577G (ouf !) totalement synchronisés. Ah, et un dos dateur aussi (ça vous pouvez laisser tomber car impossible de mettre une date des années 2000 – dites-vous que ça tombe bien, car j’en ai vu à vendre 69€ ! Non mais faut arrêter de vous prendre pour des pigeons, non ?)

Si vous êtes ok, petit checklist (de l’édition américaine, un régal)

Encore un mot au sujet des optiques car elles sont d’excellente qualité avec la monture FD (même si l’ancienne FL est toujours compatible). Vous y trouverez votre bonheur à toutes les focales, à des prix raisonnables mais le must reste sans doute les focales en 50mm, dont le très classique mais très bon f1,8 ou un f1,4 magnifique, voire un f2 SSC superlatif.

En résumé, un appareil relativement compact (590 gr tout nu), costaud et fait pour durer qui, s’il a fait les beaux jours de nombreux photographes dans les années septante et quatre-vingt, continue la légende de nos jours. La construction de cet appareil, grâce à l’électronique, a « perdu » 300 pièces comparé à un Canon Ftb, le best seller précédent à mesure TTL. De plus, une plus grande automatisation de sa fabrication a permis de produire un appareil photo à faible coût doté de fonctionnalités haut de gamme, un appareil à mesure automatique, peu courant à l’époque.

Vendu à plus de 1.200.000 exemplaires, il n’est pas vraiment rare, pourtant les prix grimpent, grimpent … et je ne vous parle pas des versions noires, qui atteignent la stratosphère !

Lui manquait-il quelque chose ? Sans doute l’automatisme complet mais débrayable que le A-1 amènera. Le AE-1 program, son cousin, améliorera l’automatisme avec son mode P et la précision de la cellule. Mais c’est une autre histoire …

C’est un bon boitier, avec lequel vous pourrez bien apprendre/vous amuser. Les images qu’il délivre sont très bonnes (notamment grâce aux optiques Canon Fd). S’il a eu tant de succès à l’époque; ce n’était pas pour rien.

Un mot, une fois n’est pas coutume, sur le mode d’emploi de cet appareil (que vous trouverez plus bas). C’est un régal de concision (80 pages) et de conseils utiles, qui donnent envie de prendre des photos, pas une aspirine ! Même le fonctionnement de l’échelle de profondeur de champ (p. 50) des objectifs.est expliqué.

Et la version américaine que je vous mets aussi ici plus bas est un régal.

Il me reste à vous souhaiter d’excellentes photos.

Ceci étant, lorsque je rédigeais l’article, je cherchais une nouvelle pile, celle que j’avais mis dans l’appareil étant finalement au bout du bout …

Et j’en ai trouvé quelques unes. Immédiatement, j’en ai glissé une sous la porte du AE-1 et …. tout fonctionne parfaitement, ouf ! Mais, pour être tout à fait honnête avec vous, j’ai dû « trafiquer » un peu les 2 appareils : celui découvert chez mes parents ne répond plus, malgré une pile bien chargée, tandis que l’autre oui. J’ai donc « emprunté » la porte arrière du premier pour la monter sur le second et quand j’aurais compris comment la démonter, je changerai aussi la petite porte de la trappe à pile, cassée sur le second et intacte sur le premier.

Comme je l’écrivais, sans pile, rien ne fonctionne : pas de déclenchement, pas de réarmement possible. Prenez la précaution d’en avoir toujours au moins une de réserve, au cas où.

Et donc, comme je le précisais, je vais terminer le film entamé qui est dans la chambre (que j’ai « transvasé » du premier appareil dans le second), je ne sais quand . Ah, j’aime bien ces surprises là moi !

Petites videos d’illustration

Les spécifications techniques :

  • Appareil photo reflex à obturateur à plan focal
  • Objectif normal Canon FD 50mm f/1.4 SSC ou FD 50mm f/1.8 SC
  • Obturateur à plan focal à quatre axes et déplacement horizontal avec rideaux en tissu. X, B, 2, 1, 1/2, 1/4, 1/8, 1/15, 1/30, 1/60, 1/125, 1/250, 1/500, 1/1000 s. Toutes les vitesses sont contrôlées électroniquement. Retardateur intégré (avec LED clignotante).
  • Contacts de synchronisation Flash Sync X- sync avec prise allemande et griffe porte-accessoires.
  • Viseur Pentaprisme fixe au niveau des yeux. Grossissement 0,86x (EX 50 mm), couverture verticale de 93,5%, couverture horizontale de 96%. Télémètre à image fractionnée entouré d’un télémètre à microprismes au centre avec un écran mat de Fresnel. Aiguille de mesure d’exposition, échelle d’ouverture, avertissement de surexposition, aiguille de mesure d’ouverture arrêtée et indicateur de vérification de la batterie et voyant d’avertissement de sous-exposition fournis.
  • Contrôle le SPC pour la mesure TTL à pleine ouverture avec une mesure manuelle AE à priorité vitesse d’obturation ou TTL à aiguille de correspondance arrêtée (moyenne pondérée centrale). Plage de compensation d’exposition de +1,5 EV. Plage de mesure à 100 ISO et f/1,4 : 1 à 18 IL. Plage de vitesse du film de 25 à 3 200 ISO.
  • Source d’alimentation : une pile à l’oxyde de mercure 4G-13 6 V (heureusement introuvable de nos jours) ou une pile alcaline 4LR44
  • Chargement du film : bobine réceptrice à fentes
  • Avance avec une course de 120° du levier supérieur (possibilité d’armer par petits coups). Position d’attente à 30°. Moteur Power Wind A également en option.
  • Compteur de vue : se réinitialise automatiquement lorsque le dos de l’appareil photo est ouvert.
  • Taille et poids : 141 x 87 x 48 mm, 590 g

Pour le mode d’emploi, vous avez le choix ICI ou LA (celui-là, je vous le recommande tout particulièrement, même si en anglais, vous comprendrez pourquoi en le lisant !) et LA

Des références : https://fr.wikipedia.org/wiki/Canon_AE-1, https://www.filmisundead.com/test-reflex-argentique-canon-ae-1/, https://focale-alternative.be/blog/canon-ae-1-program/, https://appareilsphotosargentiques.com/blogs/blog/canon-ae1-vs-canon-a1-quelles-sont-les-differences, https://benber.fr/presentation-du-canon-ae-1/, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-962-Canon.html en français, https://global.canon/en/c-museum/product/film93.html, https://www.kenrockwell.com/canon/fd/ae-1-program.htm en anglais

Argentique

Canon A-1

Un concentré de « technologies » pour l’époque (1978), un superbe appareil sur lequel il est possible d’installer des cailloux de légende pour pas trop cher. J’avais trouvé un 50mm ouvrant à f1:1.4, un 35 mm ouvrant à f1:2.8 et un 135mm ouvrant lui aussi à f1:2.8 pour l’accompagner. Très souple d’utilisation, performant, relativement peu bruyant lors du déclenchement, je l’ai cédé à un étudiant en photographie, qui l’utilise toujours.

Le Canon A-1 est le grand frère du très connu Canon AE-1 qui a inauguré une longue lignée dont le AV -1 et l’AE-1 Program, plus tard.

Un appareil bien né, qui a marqué son époque. Et cela se ressent au niveau prix, de nos jours : difficile d’en trouver un , en bon état, sous la barre des 100€.

Quelques soucis sont bien connus : la porte qui masque la pile, fragile; un bruit parfois bizarre (le Squeeze) lors du déclenchement, qui nécessite une petite intervention facile (très bien décrite sur le Net à plusieurs endroits), … et c’est presque tout.

C’est du solide, du bel objet, qui délivre de magnifiques photos lorsque l’on parvient à le maîtriser, ce qui est plus facile que d’ingurgiter les 400 pages d’un numérique moderne.

Et des astuces qui ont fait la réputation de cet appareil : la possibilité de surimpression, enfantine; un petit loquet pour masquer la fenêtre du viseur en cas de pose longue; l’ergonomie bien pensée qui place tout à portée de doigts (l’index en l’occurrence); et – cerise sur le gâteau – le premier appareil au monde à proposer un ordinateur intégré numérique et non plus analogique, qui autorise plusieurs modes de fonctionnement. Une fois encore, je vous renvoie à l’excellent site http://www.fou-du-canon-f-1.net/appareils-canon-apres-le-f-1/canon-serie-a/ qui vous en apprendra encore plus sur ces merveilleuses machines.

Franchement, je me pose toutefois la question du prix : est-il raisonnable de dépasser les 100€ pour un boitier nu ? Si les mousses ont été changées dans les règles de l’art, si le squeeze a aussi été résolu dans les règles, si la porte de la pile n’est pas abîmée, s’il n’y a pas de coups flagrants sur le prisme ou les cotés et si l’appareil ne porte pas trop de traces d’usure (un peu de patine, c’est beau, trop de patine, c’est un appareil qui a beaucoup – trop – servi !), s’il a été nettoyé correctement, que le miroir est sans défauts, vous pouvez envisager la dépense car cet A-1 est reparti pour des années de bons et loyaux services.

Pourtant, je persiste à dire que ce type d’appareil doit être vendu avec un objectif, à minima un 50mm en f1:1,4 ou f1:1,8 (mine de rien, ça protège aussi la chambre si un objectif ou – à défaut – au moins un bouchon sont vendus avec l’appareil. Et c’est gage de sérieux de la part du vendeur).

Enfin, si l’appareil que l’on vous soumet ne répond pas à ces critères, soit vous renégociez sérieusement le prix, soit vous passez votre chemin. Le A-1 fut produit en suffisamment d’exemplaires que pour vous offrir un beau boitier.

Dernière remarque, peut-être : ce type d’appareil est très facile à utiliser … pour peu que vous ayez quelques notions de ce qu’est un appareil argentique ou que vous preniez la peine de les apprivoiser. Sinon, au risque d’être déçu, optez pour des appareils un peu plus modernes, style des premiers Eos (si vous restez chez Canon). Ceux-ci bénéficient déjà de l’autofocus, de réglages automatisés (roue P-AV-TV-M- et scènes), ce qui se rapprochent plus des appareils modernes.

Ceci étant, avec le Canon A-1 vous aurez entre les mains ce qui se faisait de mieux à l’époque, avec des facilités qui vous permettront des photos créatives (pour mémoire, surimpression facile, pause longue avec protection de l’œilleton, vitesses rapides et lentes envisageables sans soucis, automatismes à votre service ou débrayables, stabilité de l’appareil en main, fonctionnement même si la pile est out). Faites vous plaisir !

Argentique

Canon Eos 30

C’est un Eos des années 2000, un des derniers avant le tout numérique de la marque.

Il s’agit d’une refonte, en profondeur, d’un autre best seller de Canon, le Canon Eos 50e, qui avait inauguré ce « pilotage par l’oeil ».

Notez que l’appareil a été décliné en Eos 30 et 33, ce dernier n’étant pas piloté par la vision du photographe.

Bref, c’est un Eos presque comme nous les connaissons maintenant : ergonomie, robustesse et facilité d’utilisation. Il est aussi parmi le plus silencieux des réflexes, même modernes.

Léger et compact, il est très agréable à tenir en main et il bénéficie de tous les agréments des Eos modernes. Vous ne serez pas dépayssé si jamais vous en prenez un en main. Positionné comme en appareil destiné aux « experts », il ne vous décevra pas et vous offrira tout le confort que l’on peut attendre d’un Eos : le boîtier propose outre les classiques modes Programme, Av, Tv et manuel, les habituels « programmes résultat » de Canon : tout auto (rectangle vert), Portrait, Sport, Paysage, Macro, Nuit.

Enfin, cerise sur la baïonnette, vos pourrez utiliser tous les objectifs de la gamme EF. En sachant toutefois que les derniers EF sortis pour les Eos de dernière génération (plus de 20 millions de pixels) risquent d’être trop « chirurgicaux » pour les films et d’affecter le rendu de vos photos. Ceci étant, ça vous ouvre des possibilités immenses d’objectifs de grandes qualités, souvent injustement délaissés à cause de la précision des nouveaux capteurs.

Si vous voulez commencer l’argentique dans de bonnes conditions, à prix raisonnable, avec du matériel efficace, déjà très moderne, l’EOS 30 est un excellent choix, sans doute moins « glamour » qu’un F1, un A1 ou même un AE-1 mais bien plus simple à utiliser.

Franchement, si je devais me remettre ou découvrir l’argentique, je me tournerais sans hésiter vers cet appareil, qui ne rebute pas ceux qui ont déjà eu un réflex numérique en main, car ils retrouveront rapidement leurs marques avec ce boitier … le film en plus !

Comme d’habitude, pour en savoir plus : http://35mm-compact.com/reflex/canon-eos-30.htm, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1055-Canon_Eos%2033.html et http://www.canon.photo.free.fr/photos/modeles/reflex.php?canon=201 pour avoir une vue d’ensemble de la gamme des derniers Eos argentiques.