Recherche rapide : Préambule – Un peu d’histoire – Présentation du Kodak Retina – Que penser de cet appareil ? – Videos d’illustration – Un peu de technique – Des références
Préambule.
Voici donc le second appareil acheté à ce collectionneur lors de la brocante au profit de l’Unicef, à Ath en ce début mars.
Celui-ci fonctionne bien mais il a vécu. Notez, il est apparu sur le marché en 1939, ça lui fait 86 ans.
J’ai déjà commis des articles sur le Kodak Retina, le Kodak Retina 2c et le Kodak Retina 3c : ceux-là possédaient un télémètre couplé et le dernier une cellule au sélénium. Celui-ci fait partie des premiers modèles. Plus de vingt ans séparent ces boitiers.
Un peu d’histoire.
Pour mémoire, Eastman Kodak en rachetant Nagel, crée Kodak Allemagne et les Retina sont dans les premiers appareils fabriqués. Le modèle Retina, avec bien évidemment de nombreuses évolutions, existera de 1934 à 1960.
Ce qui rend cet appareil célèbre, c’est que c’est avec cet appareil que Kodak a lancé sa fameuse bobine 135mm, celle que l’on utilise encore à l’heure actuelle si on est resté fidèle à l’argentique.
Ces appareils, destinés au grand public, contrastent fortement avec ce qui sera la production de masse des années ultérieures car ils sont fabriqués avec du matériel de qualité et parfaitement ajustés.
Présentation du Kodak Retina 1 type 149.
Ce modèle ne fut fabriqué qu’entre 1939 et 1940. Il est (quasi) identique au type 148, seule la garniture en cuir noir sur la plaque supérieure, sous le bouton de rembobinage, les différencie. Le type 148 avait un capot tout chromé. Autre détail, les bords de ce modèle étaient peints en noir alors qu’ils étaient polis pour le 148.
Celui fait partie d’une série rare de moins de 100 pièces parce que la plaque supérieure est en une pièce et la flèche du pointeur du compteur est en noir.
On estime que 17.500 boitiers ont été construits sur ce modèle type 149 en un an.
Le choix de l’objectif et de l’obturation sur ce modèle était limité à un Schneider-Kreuznach Xenar de 50mm ouvrant à f 3,5 – le choix aurait pu être pire, le Schneider-Kreuznach Xenar a une très bonne réputation – dans un obturateur Compur. Quoiqu’on ait relevé quelques modèles avec un Kodak-Anastigmat-Ectar 50mm ouvrant à f3,5, toujours avec le même obturateur Compur, mais moins performant.


Puisque je le cite, cet obturateur permet des vitesses de 1s à 1/300s plus une pause B, sans retardateur.
L’armement se fait en baisant le petit levier autour du bloc optique/obturateur et on déclenche soit avec le déclencheur sur le capot, le déclencheur sur le bloc ou avec une commande à fil, qui se visse à côté du déclencheur du dessus.


Attention, selon l’habitude, un mécanisme de protection contre la double exposition est bien présent. Donc, sans film à l’intérieur, impossible de déclencher si vous ne faites pas tourner la molette d’entrainement dans la chambre. A retenir, en cas de besoin …
Replié (les Allemands appellent ces appareils des Klapp) il est tout petit et se glisse dans n’importe quelle (grande) poche ou petit sac. Ouvert, il est un peu plus profond car la porte s’ouvre vers la droite et permet de faire sortir un court soufflet.
Si vous voulez le replier, vous devrez d’abord mettre la distance sur l’infini puis appuyer sur les deux boutons en saillie sur les ciseaux qui tiennent le soufflet bien rigide, puis appuyer doucement sur la porte et la rabattre jusqu’à fermeture complète.

Franchement, il est même plus petit que l’Agfa Super Solinette que je vous présentais il y a peu.


Il lui manque, par rapport à celle-ci, un télémètre mais il est parfait pour travailler en zone focus : vous pouvez pré déterminer la distance avec le bouton fixé sur la couronne des distances (roue crantée contre le bloc) et l’ouverture, grâce à la languette sous le bloc et vous aurez l’indication d’une profondeur de champ utile. Un astucieux tableau, malheureusement placé sous l’appareil, vous indique celle-ci.



Son utilisation, vous l’avez compris est simple : tout est manuel et peut se régler du bout des doigts.
Le compteur de vue doit être mis à zéro manuellement, en faisant tourner la plaque ronde munie de 2 petits ergots. Pour ouvrir le dos du Kodak, un simple levier sur la tranche gauche (vu de face) libère le verrou et ouvre la chambre, dans laquelle vous glisserez votre film. L’amorce se fixe sur la bobine à demeure, munie d’une longue fente pour recevoir l’amorce. Vous armez une ou deux fois, déclenchez, et vous voilà prêt à arpenter les rues.



Votre film est terminé ? Vous faites glissez le levier marqué des lettres R – A, placé sur le capot chromé, derrière et dessous le bouton d’avancement. En position R, le mécanisme est libre et vous rebobinez la pellicule avec le gros bouton de gauche (vue de dos).

Que penser de cet appareil ?
Outre son intérêt historique (le premier appareil a utiliser la bobine Kodak 135mm), c’est un Kodak extrêmement bien construit. Si ses propriétaires successifs en ont pris soin et que vous-même le dorlotiez, il vous rendra service encore longtemps.
La seule chose à craindre, comme pour l’Agfa Solinette, c’est le durcissement de la graisse verte initialement utilisée pour les engrenages. En l’occurrence, cet exemplaire a aussi eu droit à un petit traitement à l’essence à briquet pour débloquer le tout, puis je l’ai lubrifié avec de la graisse de silicone neutre. Il n’en faut pas beaucoup, elle se répand bien partout et assure un mouvement souple des rouages.
Finalement, seule son esthétique extérieure laisse un peu à désirer. Alors soit je le laisse dans son jus ou je lui redonne un lustre plus moderne. J’avoue que j’hésite encore …
Sinon, c’est un chouette petit appareil, vraiment sympa à emporter. La seule chose que je regrette, c’est l’ouverture de la porte, sur le côté plutôt que par dessous, qui assure une meilleure prise en main, à mon avis.
Au niveau prix, il faut compter, pour un exemplaire normal, entre 50 et 80€, selon l’état. Celui-ci étant un plus rare, il se négociera au-delà des 100€. Ces prix restent raisonnables pour un morceau d’histoire photographique que vous pourrez encore emporter partout.
Vidéos d’illustration.
Ce Kodak Retina 1 type 149 est le type classique, avec un viseur non attaché au bloc du déclencheur et le pointeur du compteur de vue est argenté.
Un peu de technique.
Pour le mode d’emploi, c’est par LA.
- Taille du film : 35 mm, avec bobine Kodak, devenue universelle
- Obturateur : Compur avec pose B, de 1s – 1/300s, sans retardateur; filetage pour commande filaire
- Lens : Schneider -Kreuznach Xenar 50 mm ouvrant de f 3,5 à f 16
- Dates : 1939
Si vous deviez réparer le vôtre, c’est par ICI que ça se passe.
Des références.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Kodak_Retina, https://quirkyguywithacamera.blogspot.com/2016/03/diminutive-dapper-and-delightful-kodak.html, https://cameracollector.net/kodak-retina-i-010-149/, https://bvipirate.com/Kodak/Ret149-1.html, https://retinarescue.com/retina1type149.html en anglais ; https://mgroleau.com/photo/amerique/kodak/kodak_retina.html, https://mgroleau.com/photo/amerique/kodak/Kodak_retina_1_t149.html en français ; https://www.photo-foto.eu/kodak-ag-stuttgart/kodak-retina-i-typ-149/, https://kameramuseum.de/objekte/kodak-retina-i-typ-149/, https://kameramuseum.de/kodak-retina-papst-dr-david-l-jentz-von-der-hsrc-auf-forschungsbesuch-im-deutschen-kameramuseum/, https://www.photo-foto.eu/kodak-ag-stuttgart/kodak-retina-i-typ-149/ en allemand
