Argentique

Et les autres ?

Eh oui, quand on tente de nouvelles aventures, souvent il convient d’essayer plusieurs formules …

Dans le même style de démarches, si je peux me permettre, je vous signale le site de « Lafillerenne », qui explore aussi les possibilités de ces vieux appareils. Un site à visiter : http://lafillerenne.fr/blog/562/

Quelques mots pour vous présenter d’autres appareils anciens que j’ai testés et revendus car ils ne me convenaient pas, ou moins qu’espéré, ou parce que je n’avais plus de place…

Ah, vous ne verrez pas toujours les images de ces appareils, je les ai vendus avant d’avoir fait les photos, ou je les ai malheureusement effacées. Mais quelques recherches sur la grand toile vous permettrons de vous faire une idée.

Un Minolta Hi-Matic 7S : excellent appareil, avec lui aussi un objectif de légende ouvrant à f1:1.8. Facile d’utilisation, très beau esthétiquement en livrée argentée, il est déconcertant à l’usage à cause d’un déclencheur avec une course longue comme un jour sans pain et qui émet de drôles de bruits dont on ignore la provenance.

Un Yashica Electro 35 GT, un GS en livrée noire. Je vous ai déjà parlé de lui dans une autre page. Si je l’ai revendu, c’est parce que je voulais trouver le GTN et – mon petit graal à moi – le GX. En tout cas, esthétiquement très beau en noir, c’est aussi un fabuleux appareil, avec un objectif ouvrant à f1:1.7, très doux à l’usage et discret. Idéal en Street Photography.

Un Yashica Electro 35 GTN, l’équivalent du GSN mais en version « pro », c.-à-d., selon les critères de l’époque, en livrée noire. Au fait, la différence entre les GS/GT, GSN/GTN, c’est la synchro flash qui n’existait pas sur les GS et GT. Sinon, mêmes remarques que ci-dessus : un très chouette appareil, que j’ai cédé à mon frère lorsque j’ai – enfin – trouvé mon GX.

Des Minox 35 EL, GL et GT, tout petits, qui se glissent dans une poche de chemise sans faire de plis. De petites merveilles de concision et d’usinage allemands. Mais – pour moi – un gros défaut : sans mes lunettes de vue (ben oui, je vieilli) impossible de faire la mise au point ni de régler les vitesses. Dommage. J’aurais bien aimé les garder, mais je ne suis pas collectionneur, ma vue n’allait pas s’améliorer et ils ont fait le bonheur de trois autres personnes.

Un appareil photo Minox noir avec un objectif visible et un écran déplié, sur un support blanc.

Là aussi, au niveau piles, un petit bricolage pour empiler 4 LR44, et le tour était joué pour leur rendre vie. La cellule étant toutefois plus sensible à la différence de voltage, il faut compenser en sous exposant un peu.

Un Canon Eos 1N RS, parce qu’il m’avait fait rêver en son temps, et que je n’ai jamais eu les moyens de me le payer alors. C’est un Eos, donc je pouvais y monter les optiques de mon Canon 5D. Et au niveau ergonomie, c’est quand même le précurseur donc pas trop de changements au niveau manipulations. Mais, finalement aussi lourd et encombrant que le 5D. Mes vertèbres étant ce qu’elles sont, il a fait le bonheur d’un autre étudiant en photographie.

Petite remarque en passant. Au moment où j’ai acheté mes premiers appareils (début 2018), la plupart se négociaient sur un site de seconde main entre 30 et 50€, pour les plus performants. Aujourd’hui, les prix s’envolent. Un Minolta X700 se vend aux alentours des 90€ et un Canon A-1 atteint les 100€. J’en ai même vu s’envoler au delà des 200€. Et je dis stop ! Tous ces appareils ont vécu, et même bien vécu pour certains qualifiés de pro ou semi pro. Pour tous il faut revoir les mousses d’étanchéité, bricoler pour la plupart des astuces pour remplacer les piles d’origine par des équivalentes modernes, nettoyer les télémètres, vérifier les cellules, etc. Et il n’y a plus de service après-vente ni pièces à trouver (sauf à cannibaliser des modèles hors service). Si c’est pour le plaisir de « photographier à l’ancienne », gardons un prix raisonnable pour apprécier leur découverte et leur usage raisonnable. Bon, je termine mon « coup de gueule » contre la spéculation.

Un Ricoh 500 G bi-color , puis son aîné, le 500 GX, en livrée noire, magnifique. J’avais refait toutes les mousses (le point noir des Ricoh – comme des Canons d’ailleurs), trouvé le truc pour remettre des piles modernes. De magnifiques objets et bons appareils. Mais, pour moi, l’objectif ouvrant à f1:2.8 était un peu juste niveau luminosité, et la vitesse était limitée au 1/500ème de seconde. J’ai fait deux heureux en les leur cédant.

Un Voïtlander Vitoret. Sans cellule, très simple d’utilisation – pour autant que vous ayez acheté aussi une cellule à main. Une esthétique passée sans trop de charme. En fait, je l’ai acquis un peu par hasard, il était dans un lot acheté pour obtenir le Canon 17 QL GIII. Je me n’en suis jamais servi, bien que tout fonctionne correctement, il ne m’inspire pas. Pourtant, il possède sans doute la fenêtre de viseur la plus grande de tous mes appareils, très claire.

Un Canon A35 F, un petit télémétrique compact (bien plus petit que les Yashica), avec un flash intégré. Un 40 mm ouvrant à f1:2.8 mais des vitesses limitées à 1/320ème de seconde. Lui non plus, provenant du même lot, ne m’inspirait pas, bien que tout fonctionnât parfaitement. Seules les mousses étaient à refaire (classique). Je l’ai cédé à une demoiselle qui allait l’embarquer au loin.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est canon-a-35-f_22.jpg
Canon A35F

Encore un russe, pour compléter cette petite revue : un Zorki 6. Je l’ai acheté sur un site bien connu et il est venu d’Ukraine par la poste. Livré avec sa gaine en cuir (comme déjà dit quelque part, les cuirs « russes » sont assez particuliers : épais, avec une odeur un peu étrange, pas désagréable), il était propre et j’ai tout de suite eu envie de l’essayer. Bizarre, lorsque j’arme l’appareil, aucun bruit, un mouvement « onctueux » en tournant la grosse molette qui fait avancer le film, et un « flop » discret lorsque l’on déclenche. Il est équipé d’un Hélios 103 qui va bien avec l’appareil (c’est l’objectif d’origine). Gros avantage du Zorki 6, le dos s’ouvre normalement avec une charnière et la bobine réceptrice est fixe (vous ne risquez pas de la perdre). Enfin, si vous voulez vous laisser tenter (et je vous y encourage), essayez d’en trouver un des années ’64 à ’66, ce sont parait-il ceux qui ont été le mieux assemblé. Bon, pour ceux qui ont les cervicales fragiles, pensez à prendre une sangle confortable, le Zorki 6 fait son poids, mais il est très équilibré et agréable à prendre en mains. Et en rue, interpellation assurée : c’est quoi comme appareil ?… Ah, c’est Russe ! Mais il est beau, … jamais vu, il en jette….

Argentique

Pas si Minox que ça cet 35 AF

Préambule

Première journée printanière ce 1er mars 2026, avec du soleil en plus ! L’idéal pour faire l’une ou l’autre brocante extérieure, même si celles-ci sont encore rares.

Sur la brocante permanente de Bois de Villers, j’ai trouvé quelques appareils intéressants, que je vous réserve sous peu mais ici, c’est à Jemeppe-S-Sambre que je l’ai trouvé.

Il trônait dans une vitrine à côté de quelques Minolta 16 et d’autres plus classiques, dont un Canonet 28 première génération mais qui ne m’inspirait rien.

J’ai donc jeté mon dévolu sur ce petit appareil. Après avoir manipulé une chambre, c’est reposant.

Un peu d’histoire

Cette partie a déjà été abordée lorsque je vous ai présenté les Minox B, LX et le Minox 35 GT. Car non content d’avoir fait des trous dans les poches des espions avec les 2 premiers cités, ces personnages de l’ombre vieillissant aussi, on leur à construit des appareils plus adaptés à leur vue déclinante, les 35 qui utilisaient du film 24x36mm.

Les deux premiers utilisent un film toujours produit, le 8x11mm, très petit, alors que les Minox 35, comme je l’écrivais, utilisent du film classique, le 24×36. Dès lors, les appareils ont pris de l’embonpoint, quoique, parlant d’un Minox, c’est presque une insulte !

Ces derniers se glissent toujours dans une (plus grande) poche mais restent étonnamment petits dans le monde de l’argentique. Leur grand rival étant le Rollei 35, tout aussi compact une fois fermé mais qui les dépassait lorsqu’il fallait sortir l’objectif pour le mettre en batterie.

Bref, de 1974 (Minox EL, le premier de la gamme) jusque 2004 (Minox GT-S), ils sont restés les lilliputiens du film 135.

Toutefois, si à l’époque ils étaient des concentrés de technologie, celle-ci les a rattrapé et dépassé avec, par exemple, l’autofocus. Que Minox a tardé à faire entrer dans ses petits appareils. Il faudra attendre la Photokina de 1988 pour qu’ils sortent celui que nous allons découvrir, le Minox 35 AF (soit près de dix ans après Konica, Minolta, Canon et consorts).

C’est aussi le premier de la gamme 35 a perdre sa porte basculante et son objectif sortant.

Disons le tout de suite, ce modèle est le mal aimé de la bande car son design change et il n’est plus considéré comme un sub miniature du fait de son élargissement dû au module autofocus. Oh, il n’est pas beaucoup plus grand (107.5x68x41 mm contre 100x61x31mm), mais que voulez-vous, les histoires de famille … Ils ont été jusqu’à l’exclure de l’arbre généalogique !

Il ne démérite pas, toutefois on ne retrouve pas la compacité solide des modèles 35 avec abattant, qui sont construits dans un plastique spécial, très résistant (le makrolon renforcé de fibres de verre) alors que l’autofocus est dans un autre plastique (Novodur renforcé par fibre de verre).

Tiens, au fait, savez-vous pourquoi la majorité des Minox 35 est de couleur noire matte ? Tout simplement à cause de la fibre de verre incluse dans le Makrolon ou le Novodur. Car celle-ci est brillante et peut refléter la lumière. C’est pourquoi on ajoute une teinte noire matte afin de contrer ces effets indésirables.

D’autres Minox autofocus seront produits, le Minx AF-90 (1990) et le Minox AF Mini (1994), mais leur design sera tout à fait différent de celui des originaux et – mais c’est très subjectif – nettement moins attrayants.

Avant de vous présenter ce 35 AF plus en détail, sachez que Minox sera repris par Leica en 1996.

Présentation du Minox 35 AF

Hormis les puristes qui lui reprochent ses 0,0007×0,0007×0,0010m de plus que ces frères, il reste compact et facilement mettable dans une (grande) poche ou un petit sac.

Un appareil photo compact Minox 35 AF avec objectif Minoxar de 32 mm, fabriqué en Allemagne.

Et si on peut regretter que l’objectif ouvre maintenant à f3,5, on gagne quand même en profondeur puisqu’il passe au 32mm (quatre éléments en 3 groupes, avec filtre lumière intégré pour réduire le flare). En photo de rue, c’est toujours utile. S’il est 1cm plus épais, c’est aussi parce que l’objectif ne sort plus, le mouvement étant remplacé par le travail de l’autofocus.

C’est un appareil fait pour vous simplifier la vie : le sigle DX signale qu’il lit le codage des bobines et règle la sensibilité de la cellule en fonction (de 100 à 640 Iso. A défaut de codage, réglage à 100 Iso) ; c’est un appareil à exposition automatique, avec des vitesses de 1/30s à f3,5 et 1/500s à f11 ; en cas de faible luminosité, l’obturateur se verrouille si on descend sous le 1/30s ; la plage de réglage de l’autofocus est matérialisée par un petit cercle au milieu du viseur. L’autofocus est fiable mais moins rapide que ce à quoi nous sommes habitués de nos jours, sans être rédhibitoire.

Petit détail, celle de la petite fenêtre ronde à côté de l’objectif, qui est celle de la cellule. Comme il est possible de viser des filtres devant l’objectif (discret filet devant), elle ne tiendra pas compte des effets de ceux-ci, qu’il faudra compenser d’une manière ou d’une autre.

Pour gérer l’électronique embarquée, il faudra le nourrir de 4 piles LR44 (soit 6v). Le compartiment demande un peu d’habitude pour l’ouvrir facilement et le marquage n’est pas clair car on pourrait penser qu’il suffit de mettre une pile alors qu’il faut bien 4 LR 44, à moins que vous n’optiez pour deux CR1/3 de 3v (plus chères)

Un appareil photo Minox 35 AF noir, vu de face, avec un flash sur le dessus.

Ensuite, si la lumière est vraiment trop faible, vous pouvez toujours utiliser le flash qui lui est dédié, le Minox AF-F : il se fixe sur le dessus en glissant d’abord les griffes dans leurs encoches puis le clip à ressort de l’autre côté. Comme il est assez haut au dessus de l’objectif, on évite généralement les yeux rougis de vos sujets.

Que peut-on ajouter ? Que le boitier possède un minuteur de 10 secondes, un testeur de batterie (la lampe verte à droite du viseur) et d’une diode rouge qui signale si la vitesse est trop faible et qu’il faut recourir au flash.

Vue rapprochée des boutons d'un flash d'appareil photo, montrant les étiquettes 'READY', 'FLASH' et 'CHECK'.

Le viseur est grand et clair pour un si petit appareil, avec cadre lumineux et correction de la parallaxe. Au centre, le rond qui indique si la mise au point est bonne. Presque du luxe.

Autre changement dans cet appareil : le dos ne s’escamote plus en entier mais il est monté sur charnière. Un discret verrou, sur la tranche gauche permet de libérer celui-ci. La chambre est inchangée si ce n’est que le compartiment des piles est maintenant en dessous du boitier.

Le déclencheur, toujours rouge ici, a une forme un peu étrange car elle épouse l’arrondi du dessus, ce qui le rend moins agréable au toucher. Ce dernier est toujours aussi léger et il n’est pas rare d’avoir l’impression que l’on n’a pas appuyé assez fort.

Un appareil photo 35mm noir avec des boutons pour le flash, le minuteur et un indicateur de vérification.

Dernier point à ne pas négliger cependant, l’interrupteur qui se trouve sur le côté droit de l’objectif, à remettre sur OFF en fin de session de photos, pour économiser les piles, quoique l’appareil s’éteigne automatiquement après 10 minutes d’inactivité.

Que penser de cet appareil ?

S’il ne se glisse plus dans une poche de chemise, il nous offre l’autofocus et ça me va bien. En effet, comme ma vue baisse, je ne sais plus utiliser un 35 classique sans mes lunettes, ce qui n’est guère pratique, ni discret en photo de rue.

Il pourrait être un peu moins bruyant mais ce n’est pas encore catastrophique (on est loin du Zenit 122 !).

Et même si les puristes de la marque ne l’aiment pas, il n’est pas si moche que ça (c’est toujours subjectif), on a déjà vu pire.

Au niveau fonctionnalité, je préfère utiliser des piles CR1/3 car elles demandent moins de manipulation (rien de plus agaçant qu’une LR44 qui se place systématiquement à l’envers !).

Ici, pas besoin de correction puisque le boitier était prévu pour des piles alcalines.

Ce qui peut être pénalisant, c’est qu’on ne sait pas ce que l’appareil choisit comme combinaison pour capter une photo, mais comme il le fait bien et que je pars du principe qu’il ne faut pas toujours essayer de tout comprendre, cela me convient.

Bref, un petit compact original, moins connu que ses frères et/ou cousins, mais qui fait le job pour lequel on l’a créé : faire des photos, et bien.

Pour vous donner une idée de ce dont il est capable, voyez ICI.

Vidéo d’illustration

Un peu de technique

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Minox 35 AF DX

Objectif : Minoxar 32 mm ƒ/3,5 (4 éléments, 3 groupes, style Tessar).
Mise au point : Autofocus actif à 4 zones, de 0,7 m à l’infini.
Déclencheur : 1/30 à 1/500 s.
Mesure : EV 8 à 16 avec film ISO 100. Si la vitesse d’obturation requise est inférieure à 1/30 s, l’obturateur est verrouillé jusqu’à ce que le flash soit fixé.
Flash : Flash dédié à clip AF-F.
Minuteur 10 secondes.
Film codé DX de ISO 100 à 640. Film non-DX réglé à ISO 100.
Transport du film : levier manuel, manivelle de rebobinage
Alimentation : 2 x cellules CR1/3.
Dimensions : 107x68x41 mm, 190 g.
Fabriqué en Allemagne en 1988

Des références