Argentique

L’Olympus Pen EE-3, l’autre demi format de légende

Préambule

Voici donc le troisième appareil recueilli lors de la brocante où j’ai emporté les deux Fujica Half et Half 1,9.

Avec celui-ci, je peux presque faire la synthèse de cette mode du demi-format, qui ne s’est pas tout à fait éteinte à la fin des années septante, heureusement pour nous.

Ce Pen EE-3 est un très bel exemplaire, bien propre et fonctionnel, noir comme j’aime ce genre d’appareil. Je ne devrai refaire que les mousses, comme d’habitude, pour assurer une parfaite étanchéité.

Mais partons à sa découverte …

Un peu d’histoire

Lors de la présentation de l‘Olympus OM-2N, j’ai longuement repris l’histoire de cet homme extraordinaire qui est à la source des Olympus Pen, Monsieur Y. Maitani. Je ne vais donc pas y revenir, sauf pour vous conter l’histoire du Pen en particulier.

Celle-ci commence en 1959. A l’époque, acheter un appareil photo était (déjà !) un investissement que tout le monde ne pouvait se permettre. Mais c’était un investissement pour la vie, car on n’envisageait pas de changer de boitier aussi vite que de nos jours. La photographie apportait beaucoup de satisfactions mais elle avait un coût dont on tenait compte.

Nombreux étaient d’ailleurs les photographes un peu plus avertis qui développaient et tiraient leurs photos eux-mêmes, souvent en noir et blanc, parce que plus accessible financièrement (la chimie N/B se dégrade moins vite que celle de la couleur).

Il existait bien les alternatives des appareils de type box, très limités techniquement et encombrants ; quelques folding aussi mais moins pratiques car en film 120.

C’est dans ce contexte qu’Olympus a fait le pari d’un appareil de petite taille, facile à emporter, peu cher à l’achat, techniquement plus évolué et économique à l’usage : Yoshihisa Maita, le designer de l’époque, a alors créé le Pen, premier du nom.

Un appareil réellement de poche, facile à utiliser, abordable et qui va multiplier par deux le nombre de photos utilisables sur un film car c’est un demi-format.

Cet appareil aura un grand succès et donc une descendance qui en reprend les grands principes, en ajoutant des améliorations, comme une cellule au sélénium et un automatisme qui simplifie encore l’utilisation.

Ainsi nait la gamme des EE pour Electric Eye, la cellule en nid d’abeille qui entoure les objectifs Zuiko des descendants.

Le Pen EE ajoute cette cellule en 1961, couplée à un objectif dit rapide ; le Pen EE-2 l’améliore sensiblement et le Pen EE – 3 encore un peu. Voici d’ailleurs un petit tableau qui reprend leurs caractéristiques :

ModèleAnnéeCelluleFix FocusGriffeSynchroOptiqueProduction
Pen1959SéléniumOuif3,527.000
Pen EE1961SéléniumOuif1,7584.000
Pen EE-21968SéléniumNonOuif2,81.143.000
Pen EE-31973SéléniumNonOuiOuif3,51.731.000

Leurs qualités principales sont donc :

  • la compacité
  • la facilité d’utilisation
  • le demi format
  • l’objectif Zuiko D
  • la cellule au sélénium (donc pas de piles)

Le Pen EE-3 qui nous occupe aujourd’hui fait une certaine synthèse de la famille Pen EE car il propose une cellule au sélénium qui autorise le fonctionnement automatique, et de passer en manuel si besoin ; un mode flash qui fige l’ouverture à f3,5 et la vitesse de synchro à 1/40s, notamment grâce à une griffe dite chaude, c’est-à-dire avec un contact de synchronisation au centre ; un objectif Zuiko D de 28mm ouvrant à f3,5.

Tout comme le box de Kodak en son temps, le Pen va démocratiser la photographie et permettre à tout un chacun de remplir ses albums de souvenirs de vacances, sans se compliquer la vie, techniquement.

Présentation de l’Olympus EE-3

Si l’on rejoue au jeu des 7 erreurs avec un Pen EE-2 et un Pen EE-3, on remarquera vite quelques différences marquantes :

  • alors que sur le Pen EE-2 la bague autour de l’objectif ne compte que deux échelles, il y en a trois sur le EE-3
  • sur le Pen EE-2, l’échelle graduée en Asa autorise l’automatisme et l’autre donne les ouvertures pour un fonctionnement manuel du flash
  • sur le Pen EE-3, seule la troisième échelle est tout à fait différente. Notée for flash GN 14, elle vous évite de calculer l’ouverture en fonction de la distance puisque elle vous donne la juste ouverture pour un flash GN 14 (GN = nombre guide)
  • l’ouverture du dos se simplifie puisqu’il n’y a plus qu’un verrou à tirer vers le bas sur l’EE-3
  • le compteur de vue se remet à zéro lorsque l’on ouvre la porte

Le Pen EE-3 aura encore l’insigne honneur d’être construit tout en métal. Il sera en production de 1973 à 1982.

Sinon, pour le reste, le boitier présente toujours le même minimalisme :

  • sur le capot, à droite, le rond du compteur de vue (remarquez qu’il est gradué jusque 72) et devant lui, presque petit, le déclencheur ; au centre, la griffe porte accessoire qui a cette fois un contact central pour la synchronisation ; à gauche, la manivelle de rebobinage
Un appareil photo vintage argenté avec des cadrans pour la vitesse et l'exposition.
  • sur la semelle, le petit bouton pour débrayer le film lors du rebobinage, le filet pour le trépied
Appareil photo vintage vu de dos, avec une sangle en tissu et un design en métal.
  • sur la face avant, le viseur, un peu décalé ; presque sous l’objectif, la prise PC pour les flashs plus anciens
Appareil photo Olympus Pen avec un design compact, couleur argentée et noire.
  • le dos ne montre que le viseur, qui parait bien petit (mais c’est trompeur) et la molette crantée pour faire avancer le film et réarmer l’obturateur
Appareil photo vintage noir et argent vu de l'arrière avec une sangle en cuir.
  • sur la tranche gauche, discret, un petit verrou pour ouvrir le dos
Un appareil photo moderne avec une texture en acier inoxydable, vue de côté.
  • revenons sur la face pour découvrir l’objectif et la cellule en nid d’abeille.
Gros plan sur l'objectif d'un appareil photo vintage avec des réglages d'exposition. La marque 'Olympus-Pen' est visible sur le corps de l'appareil.

Commençons par le début : le EE-3 est équipé d’une fonction d’exposition entièrement automatique et l’EE signifie Electronic Eye. Il mesure la lumière disponible avec sa cellule au sélénium autour de l’objectif et choisit entre deux vitesses d’obturation: 1/200s et 1/40s. L’ouverture est fixée via la cote ISO/ASA du film. Pour la photographie flash, l’ouverture peut être réglée manuellement.

Comme les autres Pen, c’est un demi cadre, ce qui se voit immédiatement à la forme du viseur, placé verticalement. Lorsque vous ouvrez la chambre du EE-3, vous découvrez une espèce de plaque soudée et qui occupe la moitié du cadre 24x36mm. C’est un montage différent que celui du Fujica Half 1,9 que j’ai déjà déposé sur le site.

Vue intérieure d'un boîtier de caméra, montrant le compartiment du film et d'autres composants internes.

C’est un fix focus, donc pas de réglage de distances. Vous visez, vous déclenchez.

Un appareil photo vintage Olympus EE-3 vu de face, avec un objectif et des commandes visibles.

Je reviens sur ces différents éléments, dont le principal est l’objectif Zuiko D de 28mm ouvrant à f3,5, constitué de 4 éléments répartis en 3 groupes. La plage d’ouverture court de f3,5 à f22. Si vous avez lu l’histoire consacrée à l’Olympus OM-2N, vous savez que cet objectif est une pièce de grande précision, qui a couté une fortune mais qui est capable de rivaliser avec un Tessar. Cet objectif est tellement bon qu’il équipera le premier Pen (1959), les Trip 35 (1967) ensuite et jusqu’au Miju (1991).

Le diamètre des filtres, si vous désirez en utiliser, est de 43.5mm (les anciens filtres de 22.5mm ne peuvent pas être montés ici).

Autour de cette belle pièce, la cellule au sélénium, qu’il faut préserver au maximum en utilisant un bouchon d’objectif car elle peut s’épuiser et rendre l’appareil inutilisable (drapeau rouge bloqué, j’y reviendrai).

Les réglages sont autour de cet objectif : la sélection de la sensibilité Asa, de 50 à 400. Selon la sensibilité choisie, en automatique, la vitesse de l’obturateur se règle sur 1/200s, l’ouverture se régulant de f11 et f22 lorsqu’il y a beaucoup de lumière ; au plus lent, dans de mauvaises conditions de lumière, la vitesse sera de 1/40s avec un objectif ouvrant entre f3,5 et f8. L’appareil n’a donc toujours que deux vitesses, le 1/40s et le 1/200s.

Gros plan sur un appareil photo vintage avec un objectif et une molette d'ouverture.

Si vous passez en manuel, en réglant l’ouverture entre f3,5 et f22, la vitesse sera de 1/40s. Si jamais la vitesse devait chuter sous le 1/40s , il faudra utiliser le système Flashmatic, introduit sur le EE-3 avec les flashs Olympus de nombre guide 14. Ce système Flashmatic permet de définir une valeur d’ouverture correcte en faisant correspondre manuellement le réglage de l’anneau d’ouverture à l’une des distances estimées (1-4m) gravées sur le fut.

Lorsque vous appuyez sur le déclencheur à mi course, la cellule mesure la lumière. Si celle-ci est suffisante, la photo est captée en appuyant à fond ; s’il n’y en a pas assez, une espèce de drapeau rouge se lève et bloque le déclencheur. Pour détourner (un peu) le système, vous pouvez viser une zone plus claire, en maintenant le déclencheur à mi course, puis revenir à votre cadrage et appuyer à fond.

Petit aparté au sujet de ce drapeau rouge : c’est une fonction que l’on retrouve sur les Olympus Pen et les Trip. De fait, elle vous empêche de prendre une photo sous exposée et donc gâchée. C’est un système malin (voyez dans la vidéo du démontage complet comment cela est construit, c’est brillant) que l’on peut contourner si besoin.

Rappelez-vous, le Pen EE-3 possède deux vitesses fixes, le 1/200s et le 1/40s. La première ne sera utilisée que si vous êtes en automatique alors que la seconde est celle de la synchronisation du flash. Donc, si vous stabilisez fermement l’appareil, vous pouvez contourner la limitation en choisissant l’ouverture (entre f3,5 et f22), auquel cas vous passez en mode manuel et l’appareil fera tout au 1/40s.

Si vous passez au flash, regardez les réglages pour utiliser un flash, qui doit être de de nombre guide 14 (c’est la puissance). Ces réglages tiennent compte de la distance, qui doit se situer entre 1,5m à 4m. Notez, comme je l’ai déjà signalé, que le système Flashmatic vous dispense de faire des calculs de mesure, il le fait lui-même pour doser correctement l’éclair.

Affichage du calculateur Prinz Jupiter 277C avec un tableau de conversions en pieds et mètres.
Exemple d’une grille d’aide sur un flash électronique de l’époque. Vous y voyez la corrélation entre la sensibilité, la distance et l’ouverture recommandée.

Un mot aussi sur le viseur. Extérieurement, et surtout vu du dos, il semble minuscule. Il est juste confortable, avec ses lignes de cadre lumineuses, et rappel de la parallaxe. N’oubliez pas que la tenue normale de l’appareil induit une photo au format portrait et qu’il faut mettre le boitier à l’horizontale pour retrouver une image en paysage. Attention si vous comptez créer des diptyques, des histoires.

Voilà, voilà … j’ai fait le tour de ce sympathique petit appareil (113x70x44mm), léger (280gr nu) que l’on glisse dans toutes les poches et petits sacs. Il sera très à son aise en photographie de rue, avec un peu d’habitude.

Catalogue de caméras compactes Olympus et Ricoh, incluant des descriptions et des spécifications techniques, datant de janvier 1979.
Petit tour d’horizon des Olympus en 1979 – 1980 (Phokina) et de quelques concurrents.

Encore un détail, peut-être, au sujet de la date de construction de votre appareil : elle se trouve généralement sous la plaque de pression. Je vais reprendre l’exemple cité dans un site de référence : K98. Le « K » est le code de l’usine de production. Le 9 est l’année. Ce modèle a été fabriqué de ’73 à ’83 donc c’est 1979, et le 8 est le mois – août.

Si vous cherchez un peu d’inspiration pour vos premiers essais, regardez sur ce site ICI (en anglais).

Que penser de cet appareil ?

Si ce Pen s’est vendu si longtemps et s’il suscite encore de nos jours autant d’engouement, c’est parce que c’est un appareil bien né.

Il répond à ce que demande un photographe amateur, qui veut se faire plaisir sans se ruiner (prix d’achat, cette fois en occasion, et pellicule) et qu’il emporte facilement avec lui, tout le temps.

Il est vrai que d’autres appareils, y compris dans la même marque – je pense ici au Miju ou à l’AX – ont été encore plus loin, surtout au niveau technologique (cellule couplée, zoom, etc.), aucun de ceux-là ne peut se targuer de la solidité et de la longévité des Pen. Ce que de nombreux photographes ont parfaitement compris.

Comme vous avez pu le voir dans un des tableaux cités dans l’article, ces boitiers ne sont pas rares, ils ont été produit en million d’exemplaires et tous n’ont pas finis à la déchetterie. Toutefois, je vois parfois des prix hallucinants à leur sujet.

Pour ma part, un bel exemplaire, tout à fait fonctionnel, avec les mousses refaites et un bouchon d’objectif (important), je considère qu’il ne doit pas dépasser les 80€.

Et si jamais il tombe en panne, dans les vidéos ci-dessous, vous verrez comment le démonter et le réparer.

Ah, encore quelques petites choses … si vous trouvez que le noir ou le gris lui va bien, ne changez rien, mais sachez que chez Ashahi Aki vous trouverez des covering de toutes les couleurs et parfaitement coupés à des prix très attractifs. Pourquoi photographier triste si vos cuirettes se font la malle ?

Il me reste à vous souhaiter de trouvez le Pen de vos rêves et de l’emmenez partout avec vous pour raconter vos histoires … différemment.

Vidéos d’illustration

Et au cas où vous tomberiez sur une épave

Un peu de technique

AttributSpécification
Type d’appareil photoAppareil photo demi-format
Format de film35mm
Avancement du filmManuel
Mécanisme d’entraînement du filmMolette de pouce
Format d’image24 mm x 18 mm
Nom de l’objectifOlympus D. Zuiko
Focale28 mm
Ouverture la plus grandef/3.5
Mise au pointFixe
Construction de l’objectif4 éléments dans 3 groupes
ViseurViseur à cadre lumineux
Temps d’exposition1/200 seconde à 1/40 seconde
PosemètrePosemètre au sélénium
Sensibilités de film prises en chargeISO 25 à 400
Modes d’expositionProgramme automatique
Connexion flashHot Shoe, Flash PC
Vitesse de synchronisation du flash1/40 s
Fixation trépiedOui
Filetage pour déclencheur soupleOui
RetardateurNon
Fixation pour sangle d’appareil photoOui
Taille11,3 x 7 x 4,4 cm
Poids280 grammes
Prix moyen d’occasion dans l’année 2025130,27 euro

Des références

https://www.imagingpixel.com/p/pen-ee-3.html, https://www.camerasbymax.co.uk/blogs/featured-cameras/featured-camera-the-olympus-pen-ee-3, https://kosmofoto.com/2023/10/olympus-pen-ee3-review/, https://cameragocamera.com/2023/10/27/olympus-pen-ee3/, https://andysphotoblog.org/2025/11/06/olympus-pen-ee-3/, https://www.lomography.com/magazine/71576-olympus-pen-ee-3-pen-o-tastic-half-frame-camera, https://cameracollector.net/olympus-pen-family/ (pour vous y retrouver dans tous les PEN), en anglais ; https://pelloche.com/olympus-pen-ee3/, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-2044-Olympus_Pen%20EE-3.html, https://filmphotography.eu/t/fr/olympus-pen-ee-3-5/, https://dutchthrift.com/fr/blogs/gear/olympus-pen-ee-3-half-frame-icon-in-2025, https://appareil-photo-laviale.com/marque/olympus/ (une mine de renseignements utiles), en français

Argentique

L’Olympus Pen-EE

Une des dernières brocantes de l’année, une charmante dame qui revendait un petit appareil qui lui appartenait et qu’elle avait remisé avec soin, et me voici propriétaire, le temps de sa découverte, d’un Olympus Pen EE.

Je vous ai déjà présenté un Olympus de poche, le Trip 35. Un appareil qui a toujours beaucoup de succès, encore de nos jours, grâce à la qualité de sa fabrication et de son optique, qui fut réutilisée jusqu’au Mju !

Celui-ci est aussi petit, très « vintage » et aussi de très bonne qualité.

Avec une particularité, c’est un demi-format, comme, par exemple, le Fujica Half ou le Canon Demi.

Ici, j’ai eu la chance d’acquérir un exemplaire avec sa boîte d’origine, le mode d’emploi, de la pub, sa gaine en cuir.

Mais commençons les présentations : Olympus Pen, Pen comme plume pour écrire au quotidien. Ce petit appareil ayant fonction de bloc-note à emporter partout.

Ensuite EE pour Electric Eye, la fameuse cellule en nid d’abeille autour de l’objectif. Une cellule au sélénium, qui n’a pas besoin de pile pour fonctionner mais qu’il convient de protéger de la lumière si on veut qu’elle tienne dans le temps. Gaine ou bouchon d’objectif recommandé fermement.

C’est le célèbre designer Yoshihisa Maitani qui va commettre cette petite merveille et une autre tout aussi connue, le PEN F original (faudra que j’en trouve un !) : le petit PEN est destiné au grand public tandis que le PEN F, un vrai 24X36, est destiné aux photographes experts. Ce brillant ingénieur sortira ensuite le plus petit reflex avec pentaprisme du monde (1973), l’Olympus OM-1 : O pour Olympus, M pour Maitani. Mais c’est une autre histoire ….

-« Mais pourquoi avoir opté pour le demi-format ? »

Pour répondre à un cahier des charges draconiens, qui voulait que l’appareil soit le moins coûteux possible tout en étant d’excellente qualité. Loin de décourager Monsieur Maitani, il a l’idée de réduire la taille du boitier tout en gardant le format en vogue, le 24×36, mais en cadrage vertical, le 18×24. Il va simplifier tant que faire se peut l’appareil, en renonçant au levier d’armement, qu’il remplace par une molette crantée, toute fine (si les pignons sont nombreux, ça ne se voit pas et le résultat est d’une élégance rare); il supprime le contrôle de l’ouverture, de la vitesse d’obturation et de la mise au point et il crée sans doute le premier appareil vraiment compact au monde !

Le PEN de 1959 est une réussite technique et commerciale

Celui que j’ai acheté est sans doute une deuxième version, car le simili cuir est gaufré, mais il porte le mot « Olympus » sur la plaque devant et PEN-EE embossé sur le capot alors que généralement il devrait y avoir Olympus Pen sur la plaque. Mais il possède les « nouvelles » vitesses du 1/40s et 1/200s au lieu du 1/60s intial.

Un petit boitier tout en rondeurs, avec son cuir gris, caractéristique. Notez que si l’envie vous en prend, il existe chez Aki-Asahi des tas de couleurs différentes, juste pour le plaisir.

Point de vue boutons et machins, c’est le minimum syndical : un déclencheur en saillie, une petite molette avec sa manivelle, une roue crantée en plastique pour ré armer, un compteur de vue; en dessous, le petit bouton de débrayage pour rembobiner le film et une clé pour ouvrir le dos (qui s’escamote en entier); sur la face avant, une prise PC (synchro flash). C’est tout, et ça suffit très amplement pour faire des (bonnes) photos.

Car ce petit appareil, qui est un fix-focus (un objectif fixe), a une excellente réputation.

Déjà celle de son objectif, un D. Zuiko de 28mm ouvrant à f3,5, trois composants en quatre éléments. C’est l’équivalent d’un 40mm en 24×36 puisque nous sommes ici avec un 18x24mm, j’y reviendrai. Il offre une grande profondeur de champ, une belle résolution et un joli contraste pour une si petite chose.

Ensuite, celle de sa facilité d’utilisation : soit vous le laissez en tout automatique et la cellule commande l’ouverture du diaphragme (de f3,5 à f22) selon la lumière, soit en manuel.

La seule chose que vous devez régler, au moment de mettre un film dedans, c’est la valeur de sa sensibilité, en ASA. L’appareil gère les sensibilités de 10 à 200 Asa.

Les vitesses, vous ne devrez pas vous en préoccuper, c’est le Pen qui la gère. Son obturateur va de 1/40s à 1/200s.

Si jamais vous n’aviez pas assez de lumière, un signal rouge (qu’on surnomme le « drapeau ») apparait dans le viseur et vous empêche de déclencher si vous êtes en mode automatique. Vous devez alors passer en manuel pour « forcer » la photo ou monter un flash (synchro au 1/40s). Quand je note « forcer » la photo, c’est quand vous vous mettez sur la position flash (bague autour de l’objectif, les chiffres oranges) sans le flash et que vous réglez l’ouverture en tenant compte des réglages d’une cellule à main, sachant que la vitesse de synchro sera constante au 1/40s

Il y a quand même une autre chose que vous devrez régler, j’allais l’oublier, c’est le compteur de vue.

Car nous touchons ici la particularité de ce petit bloc-note : il est en demi-format comme je le précisais au départ. Ce qui veut dire que vous tirerez 72 vues d’un film de 36, 40 d’un film de 20, …

Et donc, lorsque vous aurez mis un nouveau film dans la chambre, après avoir armé et déclenché trois fois (boitier refermé), vous devrez indiquer au compteur le nombre de vues qu’il va décompter.

En effet, ce compteur vous indique le nombre de vues restantes.

Là, je râle, car voulant tester ce fameux compteur, j’ai modifié le chiffre indiqué. Or, en voulant ouvrir l’appareil pour photographier la chambre, je me suis aperçu qu’il y avait un film à l’intérieur. Bon, il y aura quelques images grillées mais j’ignore combien il reste à tirer maintenant ! Je verrai bien.

Le viseur vous donne une image verticale si vous le tenez « normalement ». Si vous le tenez à la verticale, l’image sera alors horizontale. Etrange mais logique.

Et donc, sur un film en 24×36 vous ferez des photos en 18×24, du demi-format.

Pour en revenir au viseur, il est étonnamment lumineux pour sa taille, avec un cadre clair qui délimite la zone de prise de vue. Son grossissement est de 0,5 (la « magnification »).

Lorsque vous ouvrez l’appareil (une clé à tourner en dessous, qui libère le dos en entier), vous voyez la chambre divisée en deux. Les guides film et la plaque de pression dans le dos assurent un transport constant et fluide de la pellicule. C’est important si vous voulez faire des mini séries de photos, qui doivent se correspondre.

Voilà donc un petit boitier de 330 gr, que l’on glisse dans n’importe quelle poche ou petit sac, toujours prêt à déclencher.

Heu … le fabricant préconise quand même de n’armer l’appareil qu’au moment de prendre la photo pour ne pas laisser les ressorts de l’obturateur inutilement tendus et prolonger ainsi son espérance de vie.

Mais ça a dû être construit costaud car, présenté au public en 1961, de très nombreux exemplaires fonctionnent toujours comme au premier jour.

Redoutable de discrétion – le déclencheur ne fait quasi pas de bruit – il est le compagnon idéal des sorties en Street. Son obturateur central a en plus le bon goût d’éliminer quasi toutes vibrations.

Et puis, avec ses demis-photos, c’est presque un jeu de créer des histoires car l’esprit de la série, ou du « panorama » vient facilement : hop, une première photo, hop la seconde qui suit l’histoire …

Quelques exemples de photos prises par le PEN-EE à découvrir ICI.

Alors que penser de ce petit appareil rondouillard et sympa ?

Il est toujours parfaitement dans le coup. Il faut juste vérifier que la cellule fonctionne encore en essayant de déclencher dans différentes conditions de lumière. Si le « drapeau » rouge apparait systématiquement, c’est mauvais signe, même si vous pouvez toujours l’utiliser en mode manuel, à la seule vitesse du 1/40s alors.

Au niveau prix, comptez environ 40€ pour un exemplaire en très bon état, un peu plus si comme le mien il est dans sa boite.

Vous verrez, on ne se lasse pas de ce petit PEN-EE.

Deux videos d’illustration

Et au cas où vous devriez démonter :

Petite publicité d’époque :

Source : Collection-appareils.fr, Photo Hall 1964.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Des références : https://retrofilmcamera.com/olympus-pen-ee/, https://www.aperturepreview.com/olympus-pen-ee, https://www.imagingpixel.com/p/olympus-pen-ee.html, http://camera-wiki.org/wiki/Olympus_Pen, https://pimhens.be/collection-item/olympus-pen-ee-2, https://mikeeckman.com/2019/03/olympus-pen-ee-s-1962/ en anglais, https://35mm-compact.com/forum/viewtopic.php?t=46945, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-1000-Olympus_Pen%20EE.html