Bonjour  tout le monde …

Bonjour tout le monde …

Voilà, voilà, … les deux chirurgiens et le kiné viennent de me donner le feu vert pour reprendre le clavier et … les clés de ma voiture, ouf.

Bon, tout n’est pas encore parfait, mais ça évolue de jours en jours.

Il y a déjà quelques articles prêts mais qui manquent de photographies, et c’est bien là le hic : je ne peux pas encore porter des poids de plus d’un kilo, ce qui me limite pour installer le mini studio et certains appareils car dans le temps, on fabriquait en métal les boitiers et les éléments mécaniques.

Donc, encore un peu de patience, je m’organise.

Ceci étant, je vous livre une petite réflexion, glanée lors de la bourse photo à Mortange-du-Nord, sur laquelle je fais vite un aparté.

L’ambiance était des plus sympathique, toute l’équipe du musée A Musée Vous était sur le pont, dans de beaux tabliers marqués Agfa. Une impression d’entrer dans un labo et un magasin à l’ancienne, comme le plupart des visiteurs ont connu et que les plus jeunes découvrent avec plaisir et étonnement. A visiter, pour le frison de la découverte d’un univers particulier.

Quelques vaste tentes étaient placées de part et d’autre du musée et les valeureux exposants nous offraient leurs beaux objets. Il ne faisait pas beau ce jour là et la pluie menaçait d’encore arroser les installations.

Ce fut amusant de retrouver des têtes connues et toujours accueillantes, et d’échanger quelques mots, dont certain sont donc à l’origine de ce billet d’humeur.

En effet, au détour d’une histoire, un ami venu de Coxyde, nous ouvrait les yeux sur un paradoxe : nous sommes dans une époque où l’image est omniprésente et pourtant, qu’en restera-t-il demain ?

A l’époque de l’argentique, au sens large du terme, il y a toujours une trace : celle d’une photographie sur papier, d’une pellicule, une plaque en verre ou en métal.

Des photos qui sont bis-centenaires sont toujours visibles, reproductibles alors que celles de nos appareils modernes sont sous formes de fichiers numériques, sujettes à disparaitre à la moindre erreur de manipulation, au moindre changement de programmes.

Quand bien même les aurions-nous sorties sous forme de photographie avec nos imprimantes dédiées à la photo, le risque de les voir s’évanouir ou se corrompre est toujours très grand.

Sans doute quelques photos officielles de grand personnage sont-elles prévues pour être préservées d’une manière ou une autre, mais ce qui fit le sel de tant d’années de pratique photographique, la photo vernaculaire, quel avenir a-t-elle encore ?

Accumulées au pire dans des smartphones, au mieux dans les cartes mémoires de compacts ou de réflex, qui les regardent encore une fois la prise de vue faite ? Hormis des traces binaires, il ne reste rien d’elles, et ces traces sont bien fragiles.

Au détour de ce raisonnement, je me pose dès lors plusieurs questions : la génération Z et Alpha ne risquent-elles pas de voir des pans entiers de la mémoire collective s’effacer purement et simplement ; comment éviter ce trou dans l’histoire humaine ?

Illustration représentant quatre générations : Gen X (1965-1979), Gen Y (1980-1994), Gen Z (1995-2009) et Gen Alpha (2010-2024) avec des personnages stylisés.

Là, je pense que mon raisonnement va amener quelques commentaires mais pourquoi ne pas revenir à l’argentique in fine ?

Que l’on ne me parle pas de pollution, les avancées en matière de traitement des eaux peuvent les éviter très bien ; la qualité des couchage permet d’éviter le gaspillage des ressources ; les chimies ont bien évolué et peuvent encore être affinées si besoin ; la consommation en eau peut être rationalisée.

Car ne nous voilons pas la face, les serveurs auxquels la plupart des photographes confient leurs images sont des gouffres énergétiques et nos PC personnels requièrent tant de ressources rares dont l’extraction est parfois bien loin de la préoccupation de l’environnement et la protection du personnel que s’en est presque indécent.

Mais J-P, se serait un retour en arrière inacceptable !

A l’aube des années deux-mille, les appareils photo permettaient déjà de fabriquer des photographies d’exception, ils ne leur manquaient qu’un … écran !

Ce qui change avec ceux des années deux-mille vingt c’est le nombre de réglages que l’on peut envisager, la proportion toujours moindre de l’intervention humaine et le fait d’encore et toujours reculer les limites de ce qu’ l’on peut capter, en vitesses ou en luminosité.

N’y a t’il pas moyen de faire un mix de ces approches et de garder le meilleurs pour une photo qui restera, fidèle servante de souvenirs passés ?

Je m’interroge …

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Reader Comments

  1. J’ai beau avoir dupliqué toutes mes photos sur deux disques durs différents, je ne sais absolument pas si elles pourront être conservées par ma descendance, dans un siècle ou plus.
    Et effectivement, j’ai moins cette crainte avec ma soixantaine d’albums photos. Mais qui va réellement conserver l’armoire qui les abrite ? C’est que ça prend de la place et que c’est lourd !
    Pour moi, le meilleur compromis est de faire des livres-photos. On garde une trace physique de ses photos numériques et ça prend moins de place qu’un album photos traditionnel.

    Bon weekend, Jean-Pascal, et surtout bonne récupération de tous tes moyens physiques.

    1. Bonjour Phil, merci et oui, je récupère assez bien, c’est agréable.
      J’aime bien ta solution, que j’utilise aussi lorsque je photographie en argentique et en numérique : en argentique, je garde la pellicule développée et un CD sur lequel j’ai demandé que l’on me les scanne en haute définition. En numérique, comme toi, je n’ai que mes disques durs et le livre photo. Toujours avec le risque que demain ou plus tard je ne puisse plus lire les fichiers. N’y aurait-il pas une ligne médiane qui permette de garder une trace tangible et perenne de notre travail en numérique ? Car en argentique, c’est automatique (pellicule). Serait-ce un axe de réflexion à soumettre aux fabricants ?
      Bon long weekend à toi aussi (ai-je bien entendu, 35°C en Bretagne ce weekend ?) et toutes mes amitiés Phil.

      1. 32°c aujourd’hui, 33°c demain et 35°c lundi. 🥵
        Ceux qui viennent en Bretagne pour trouver un peu de fraicheur vont être déçus !

  2. Bonjour JP. Heureux que tu retrouves un peu de mobilité. J’ai lu ton billet avec beaucoup d’attention et je suis d’accord : c’est un sujet qui risque de faire couler encore beaucoup d’encre pendant un certain temps.

    Modérer sa consommation, qu’elle soit électrique ou chimique, devrait effectivement être au cœur de nos préoccupations en tant que photographes. Je me sens coupable de participer au réchauffement climatique avec les dizaines de milliers de photos déposées sur des serveurs gourmands en énergie, et ce pour satisfaire des clients qui ne se privent pas de partager leur galerie privée avec leurs proches.

    La photographie argentique pollue également, à cause de la fabrication des matériaux et des produits chimiques servant à révéler un film ou à fixer l’image sur papier. Bien que les chimies usagées que je récupère dans des bidons de 5 L soient systématiquement traitées, cela reste une forme de pollution. Alors je déclenche moins, beaucoup moins — aussi parce que chaque clic coûte bien plus qu’il y a dix ou vingt ans, mais aussi parce que traiter des dizaines de rouleaux par semaine, c’est contraignant.

    Je te donne un exemple concret. Il y a vingt ans, je prenais 3 ou 5 photos de l’entrée de la mariée à l’église. Quand je me suis équipé en numérique — avec le Canon 5D, puis les 5D Mark II, III et IV — je suis passé à une quinzaine de photos. Avec les hybrides et leurs rafales infernales, c’était pire : j’enregistrais entre 50 et 80 images. Parce que c’était possible, parce que c’était facile, et parce que cela permettait de juger image par image les plus beaux sourires ou les meilleures postures, d’éviter les regards de travers des invités — la photo parfaite, quoi… C’est du grand n’importe quoi.

    Mes clients sont prévenus : il est hors de question pour moi de shooter en argentique comme on shoote en numérique. Auparavant, j’avançais l’argument suivant : « je saisis chaque instant d’une journée de mariage. » C’est un non-sens. On se retrouve à visionner, éditer et traiter 8 000 photos par reportage. Et dire que désormais, la plupart de mes confrères délèguent ces tâches à des logiciels chargés d’identifier les meilleures images et de les retoucher en masse…

    Aujourd’hui, j’essaie d’économiser mes ressources intellectuelles, physiques et matérielles. Je me concentre sur les photos essentielles. Je consomme moins de batterie, moins d’espace de stockage et moins de pellicule. J’ai ma checklist en tête. C’est une autre façon de travailler, et un choix de vie. Mes prestations ont également évolué : je reste moins longtemps sur un reportage et le nombre de photographies livrées est très limité. J’ai encore quelques contrats à honorer, puis je reviendrai progressivement au 100 % argentique, comme à mes débuts.

    Il y aura toujours une place pour des projets photo personnels en argentique. En revanche, le numérique, j’en ai fait le tour. Je n’ai pas utilisé un seul reflex ou hybride lors d’une balade ou pour le plaisir en l’espace de cinq ans. Cela ne m’intéresse plus. Le numérique a trop longtemps été synonyme de production commerciale. En ce moment, je me déplace avec le Yashica Lynx 5000 et un film Agfa APX 100, et je déclenche de temps en temps. Mais peut-être qu’après ma retraite, je redécouvrirai le plaisir de photographier avec un compact numérique — un petit boîtier léger et ultra simple.
    Amicalement.

    1. Bonjour Fred, j’ai déjà abandonné l’atèle que tu as vue à Mortagne-du-Nord, ça fait du bien car en plus les infirmières ont ôté mes fils ce mercredi. Tout va bien, merci à toi.
      Ta réflexion touche un point sensible, je pense : le commercial qui semble imposer un rythme de production de moins en moins contrôlable et un surcroit de prises de vue, souvent inutiles mais que l’on prend « au cas où ». Et si on prenait le temps de réfléchir à ce que l’on fait, de s’immerger dans le moment pour en tirer la quintessence ? C’est de fait ce qui se passe lorsque l’on a travaillé et que l’on travaille encore un argentique. En effet, lorsque à l’époque on annonçait un moteur à 8i/s, on savait qu’en 6s les 36 poses étaient parties ! Canon, Nikon, entre autre, ont alors inventé des dos de 250 photos, surtout pour les photographes de sport ou technique, voire la recherche. De nos jours, avec des rafales à 120i/s on encombre ses cartes mémoires et on prend ensuite un temps fou à éditer les photos (sauf comme tu le soulignes si on utilise des programmes qui le font à ta place avec plus ou moins de réussite). On en revient à la question fondamentale : argentique où l’on prend le temps de bien faire les choses ou numérique où on tire à tout va et on trie après ?
      Quel fabricant pourrait nous trouver une voie médiane ?
      Très bon long weekend au soleil mon ami.

  3. Bonjour,
    Tout d’abord merci de m’avoir fait connaître le musée d’art photographique de Mortange du Nord – où je ne t’ai pas rencontré, nous n’y sommes probablement pas allés aux mêmes heures.
    Je partage ton humeur sur la photo numérique – je considère – mais sans doute suis-je un vieux con – qu’il ne s’agit pas véritablement de photo… tant l’intervention humaine devient secondaire, sinon en maitrise de logiciels de plus en plus sophistiqués.
    Mais je crois que comme pour le vinyl, l’argentique va revenir. Je suis souvent surpris de voir des jeunes se balader en ville avec autour du coup un appareil argentique. C’est de plus en plus fréquent. Et je pense aussi que le savoir faire en matière de conception et de construction d’appareils photographiques argentiques va revenir – le Rollei 35 AF présentant des imperfections qui révèlent qu’il a été conçu par un adepte du numérique et on de l’argentique. Cordialement.
    Michel (On s’est déjà rencontrés à VILLERS Bretonneux)

    1. Salut Michel,

      Ah zut si on s’est raté à Mortagne. J’y suis allé de 10h à presque midi, j’avais encore le bras en écharpe et je n’ai as pu bouger beaucoup des beaux spécimens sur place (grrr …).

      Tu as raison, de nombreux jeunes viennent à l’argentique (au Japon parait-il s’est flagrant). Ceci étant, je pense qu’il faut garder le meilleur des deux mondes : les possibilités offertes par le numérique mais sur un support qui durera dans le temps et sera reproductible.

      Ceci étant, il faudra reformer des ingénieurs, si possible au contact des anciens des grandes maisons (Canon, Nikon, Pentax, etc.) pour ne pas trop perdre leur savoir-faire et savoir-penser. Cela évitera les errements des Pentax 7 et Rollei 35 AF, qui ont au moins le mérite d’ouvrir une (nouvelle) voie.

      Bien amicalement.

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