Argentique

Exakta Varex IIa

De l’autre côté du rideau de fer, il n’y avait pas que des copies de Leica. Il y avait aussi, p. ex. Ihagee Kamerawerk Steenbergen & Co, à Dresde.

L’entreprise a été fondée en 1912 par Johan Steenbergen, un marchand néerlandais. Elle a commencé par produire des appareils pliants conventionnels à film et plaque (les foldings). Mais en 1918, l’économie allemande fut en grave difficulté, tout comme Ihagee.

L’entreprise a été liquidée puis reconstituée et relancée notamment après le Premier Conflit mondial. Pour vous donner une idée de son importance, en 1925, Ihagee produisait 1 000 appareils avec film par jour.

L’Exakta A – premier du nom – a été présenté en 1933. C’était un réflexe à une seule lentille, qui a été accueilli avec scepticisme. Cet Exakta prenait des images 3 × 6,5cm sur film en 127.

1933 … comme pour un certain Leica, qui « lança » le format 24×36.

Son design particulier, de forme pyramidale tronquée est reconnaissable entre tous. C’est la signature de la marque.

Et pourtant, la ligne Exakta allait devenir le grand succès d’Ihagee. En 1936, son appareil photo le plus célèbre, le Kine Exakta, a été présenté au Leipziger Messe (grand salon de Leipzig). Ce fut sans doute le premier reflex à prendre des photos sur un film 35 mm. Précurseur, il s’agissait d’une « caméra système », offrant des objectifs interchangeables, des viseurs, des adaptateurs de microscope et des dos acceptant les plaques (pour mémoire, c’est dans la fin des années soixante que les Japonais ont revisité le concept de système pour leurs reflex : Canon, Minolta, Nikon étaient les leaders de l’époque).

Entre temps, la seconde guerre mondiale est encore passée par là. Je ne vais pas vous refaire l’histoire de l’entreprise, que vous pourrez trouver dans les références en bas de page. Résumons simplement en actant que cette entreprise a fait preuve d’innovations tout au long de son histoire, avec une autonomie certaine dans un environnement qui ne la favorisait pas pourtant (le bloc de l’Est n’était pas réputé pour la liberté d’expression).

En 1950 Ihagge présente la série Exakta Varex, qui possédait des viseurs interchangeables, les derniers sont même calibrés. Ce sont de beaux appareils photo avec une réputation de bonne qualité. Tellement bonne que le photographe professionnel (joué par James Stewart) dans le film « Fenêtre sur cours » d’Alfred Hitchcock (1954) utilise un Exakta, ce qui fut un coup de pub orchestré par l’importateur américain des Exakta.

Cet appareil a fait le bonheur de milliers de photographes, quelque soit le côté du Rideau où ils se trouvaient.

Autre particularité de cet appareil, les gauchers vont l’adorer ! En effet, le réarmement et le déclencheur sont à gauche, ce qui – il faut bien l’avouer – déroute un moment car il convient alors de tenir l’appareil avec la main droite sous le fût d’objectif (à l’envers donc si on veut).

Encore un mot au sujet des objectifs. Si en effet l’Exakta fait partie d’un « système » comprenant de nombreux objectifs, la marque n’en fabriquait pas : ceux-ci ont été fabriqués par Zeiss, Meyer Optik, Steinhill, Schneider, Vivitar et d’autres opticiens légendaires, comme par exemple Nippon Kogaku, plus connu sous le nom de Nikon ! Un objectif Exacta très recherché est le Meyer Optik 100 mm f / 2,8, le célèbre Trioplan. Il est vénéré pour son bokeh en « bulle de savon » unique et, comme les autres objectifs à monture Exacta, il est souvent utilisé aujourd’hui sur les appareils photo modernes dotés d’un adaptateur.

L’Exakta IIA fut produit de 1956 à 1963. Il remplaçait l’Exakta Varex VX ( 1951 – 1956) et fut suivi par l’Exakta Varex IIB (1963 – 1967). Celui qui vient d’arriver chez moi par la Poste est un Exakta Varex IIa version 1, fabriqué en 1957. Il est monté d’un objectif ENNA München Lithagon f1:2,8 35mm. Et je l’ai reçu accompagné d’une belle documentation d’époque, venant d’Italie.

Petite anecdote au sujet du nom Varex : lorsque l’appareil allait être importé aux USA, la marque Argus (vous savez, cette espèce de brique qui sert d’appareil photo) a aussitôt déposé le nom pour les USA, empêchant ainsi Exakta de pouvoir l’utiliser. C’est pourquoi les appareils produits pour l’export sont appelés Exakta VX + le nom de la série au pays de l’Oncle Sam.

En tout cas, voici un appareil proprement déroutant. Sa forme tout d’abord, loin des standards que nous connaissons. Il est lourd, tout en métal. Pas vraiment facile à prendre en main, avec toutes les commandes de prises de vue à gauche, et ces gros boutons en dessous qui, s’ils assurent entre autre sa stabilité, sont un peu gênants sous les doigts car le boitier n’est pas très haut.

Ceci dit, il est arrivé dans sa house en cuir, doublée de feutrine bordeaux foncé, préformée aux particularités stylistiques de l’appareil.

Chose étonnante, le « sac tout prêt » possède des lanières pour le transport et l’appareil a des œillets. Il paraît que sur ce dernier, il était fixé une dragonne en métal.

J’essaie de trouver mes marques : l’armement se fait donc à gauche (comme sur les Rollei 35) et le déclencheur est aussi à gauche, fixé au fut de l’objectif, fileté pour y mettre un déclencheur souple (que j’ai aussi reçu).

Bon, j’arme – bruit discret – et je veux déclencher … rien !

Je tourne et retourne le boitier dans mes mains, pour essayer de trouver « l’astuce » quand je me rends compte que le minuscule bouton du déclencheur – le vrai, pas celui monté sur l’objectif, est encapuchonné par une petite pièce métallique, qu’il faut ôter pour pouvoir déclencher. Clic – bruit vraiment très contenu, la photo est prise !

Sur la face avant, trois prises flash : deux à gauche de l’objectif, une à droite :Trois prises coaxiales : X et F d’un coté, M de l’autre côté.

Sur le dessus, un verre de visée comme sur les 6X6 style Rolleiflex, avec une loupe et un système de visée dit « sport ». Il faudra d’ailleurs que j’y regarde car l’ensemble ne tient pas refermé, un petit réglage s’impose. Tout un système de prismes interchangeables ont été prévu

Au niveau des réglages, sur le dessus, à côté du ré armeur, la molette des vitesses, qu’il faut tourner après avoir armé l’appareil. Les vitesses vont de 1/25s au 1/1000s. Les nombres gravés sont des fractions de seconde : 25 = 1/25, 50 = 1/50 etc. Il a deux pauses longues : B et T

Dans le prolongement du ré armeur, une petite molette permet de remettre, manuellement, le compteur de vues à zéro. Un petit ergot, qui s’enfonce, placé derrière le ré armeur, permet de rembobiner le film, après avoir enfoncé, du doigt, la pastille centrale de la molette en dessous, à droite. Cette astuce permet aussi de faire des doubles expositions.

De l’autre côté, une grosse molette à « deux étages » : le cercle du bas est un aide mémoire pour la vitesse des films (ASA) de 0 à 400; la molette du haut sert à régler les vitesses lentes (de 1/5s à 12s) et le retardateur (de 1/5 à 6 s !).

Honnêtement, ce n’est pas aisé de modifier les vitesses rapides car le bouton est fort près du viseur.

En dessous, deux grosses molettes : celle de gauche permet d’ouvrir le dos de l’appareil, qu’il est possible de déposer complètement. A droite, accolée à la grosse molette, une plus petite permet de viser/déviser une tige qui comporte, à l’intérieur de l’appareil, un couteau extrêmement coupant : celui-ci permet de couper le film, quasi au ras de la bobine pour enlever le film plus vite. Attention, à n’utiliser que si vous utilisez une cartouche de réception car si vous coupez le film, c’est la partie enroulée sur la bobine réceptrice qui serait exposée.

Le film se charge de la droite vers la gauche. La Languette du film doit être introduite dans une bobine réceptrice, qui doit être présente dans l’appareil si vous en achetez un.

Venons-en au viseur. Celui qui est monté sur mon appareil est donc de type « cheminée » : en appuyant sur un petit bouton, il se déploie. A l’intérieur, une loupe permet de faire une mise au point précise. Et si vous voulez aller vite en prise de vue, vous relevez la loupe, la partie frontale du viseur et vous obtenez ce que l’on appelait un « viseur sportif ». En gros, vous visiez au pif.

Heureusement, ce genre d’appareil possède des objectifs avec échelle de profondeur, ce qui permet de prévoir la distance de mise au point à l’avance (voir « l’autofocus le plus rapide du monde« ).

Il était possible de monter un pentaprisme classique, qui redresse la photo et la met dans le bon sens.

Hé oui, avec le viseur du mien, la photo est inversée, comme sur les Rolleiflex, Yashica D, etc.

Personnellement, ça ne va pas m’aider, moi qui ai toujours aussi difficile à remettre l’image « à l’endroit ». Mais j’ai bien envie d’essayer cet appareil en rue car la visée particulière permet de ne pas (trop) se faire remarquer car on ne vise pas directement le sujet

En résumé, c’est un bel appareil mais pas des plus simples à utiliser. Sans doute une question d’habitude, que je n’ai pas. Toutefois, comme je l’avais écris plus haut, des milliers d’utilisateurs s’en sont servi, avec plaisir. Car cet appareil jouit d’une excellente réputation, notamment grâce à la qualité de ses optiques.

Quelques pépites d’époque qui m’ont été livrées avec l’appareil

Une petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Quelques références pour les curieux : https://camerapedia.fandom.com/wiki/Exakta_Varex_IIa, https://emulsive.org/reviews/camera-reviews/exakta-camera-reviews/exakta-varex-iib-by-louis-sousa, https://www.photo.net/discuss/threads/exakta-varex-ii-a-best-classic-camera.168927/page-2, http://www.wrotniak.net/photo/exakta/exakta-gallery.html en anglais, https://www.selency.fr/produit/zu0gr46/appareil-photo-exakta-varex.html, http://www.philcameras.be/collection/collectionm/cde/exaktam.html en français, https://www.exakta-kamera.de/exakta-varex-iia en allemand

Argentique

Canon Eos 30

Un des derniers Eos argentiques, très performant bien que destiné aux « amateurs experts » de l’époque (les années 2000), avec la particularité d’un pilotage par l’œil du collimateur (le 33 n’était pas pourvu de cette particularité).

J’ai craqué sur cet appareil quand je voyais le prix des « full frame » numériques ! Quand je pense que certains trouvent « abordables » les derniers full frame sortis à plus de 2500€ tout nus !

Oui, j’aurais pu acheter un Canon EOS 5 D mark 1 – je l’ai d’ailleurs fait – pour un prix raisonnable (le mien m’avait coûté 280€, sans objectif), mais grosse arnaque du constructeur et des fossoyeurs de belle mécanique (je cite Windows), impossible de faire reconnaître le boîtier par Windows 7 et encore moins par Windows 10 et plus de suivi par Canon. Bref, un bel et bon appareil mais qui « n’existe plus » pour les programmes nouveaux avec lesquels je travaille.

Fermons cette triste parenthèse pour en revenir donc à l’EOS 30. Son ergonomie est celle des Eos modernes, donc pas de surprises de ce côté là. Un appareil qui reste très actuel, avec un autofocus très performant, rapide, discret (un des Eos les plus silencieux produits), pas compliqué à utiliser (son mode d’emploi ne fait qu’une centaine de page, utiles). Si vous lui ajoutez le grip prévu (BP 300 pour 4 piles AA), vous aurez l’impression d’avoir en face de vous un appareil numérique … sans écran.

Largement peu gourmand en piles : un jeu de piles CR123 pour environ 60 films (x 36 poses quand même) … essayez de faire ça avec un numérique, qui nécessite à chaque sortie un camion de batteries !

En plus, c’est un Eos, donc les objectifs en monture EF sont transférables de votre numérique vers l’argentique, et l’inverse est vrai aussi. Ce qui vous ouvre un parc énoooorme de belles optiques.

Attention toutefois, que les optiques très récentes, prévues pour le « piqué » millimétrique des numériques peuvent défavoriser l’Eos 30. Mais un bon film argentique peu encaisser des écarts inconnus en numérique, presque sans perte de qualité. Il vous faut un bon labo (sauf si vous développez vous-même) à qui vous donnez les instructions nécessaires pour obtenir le rendu voulu.

Argentique

Minolta X-700 MPS

Là, j’avoue que je regrette avoir offert à mon frère le premier que j’ai acheté (non, je plaisante, je suis très content de lui avoir offert, il aime aussi les beaux boîtiers et s’en sert très bien).

C’est un excellent appareil, aussi bien – pour ma part – que le Canon A-1 au niveau de la douceur des commandes et de son silence de fonctionnement, tout en étant aussi performant (c’est un peu normal, il a 3 ans de moins et à cette époque – 1981, Canon et consorts ne se faisaient pas de cadeau et sortaient assez régulièrement des nouveautés, au seuil des années où l’autofocus était encore un phantasme, même si nous étions loin de la frénésie qui consiste à déclasser un appareil six mois après sa sortie !).

Je ne désespérais pas d’en retrouver un second, mais les prix augmentent sur le marché de l’occasion. Ceci étant, le parc optique est aussi important que celui du Canon et aussi qualitatif.

« C’est un appareil qui propose un mode d’exposition « tout automatique », en plus des modes priorité ouverture et manuel désormais traditionnels. Ce mode tout auto s’appelle le « Minolta Program System » (MPS) : tourner la bague des vitesses dans cette position permet à l’utilisateur de se concentrer sur la mise au point et le cadrage de la photo sans se soucier du tout de l’exposition ! » voir l’excellent site, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-11522-Minolta_X-700.html pour d’autres explications.

Comme lorsque le Canon A-1 est sorti et avec lui les montures FD, le Minolta X 700 MPS fait partie d’un « système », qui a inauguré une nouvelle monture chez Minolta, la MD, avec des cames spécifiques pour répondre aux nouveaux automatismes présents.

Une foule de petits détails font que cet appareil était très en avance à son époque

Bref, de nos jours encore, une fabuleuse machine à photographier. Ils faisaient beau, costaud et performant à l’époque !

Et, franchement, pour ceux qui ont plus de 40 ans, ce sont des appareils qui nous ont marqués et qui sont un peu comme l’archétype du réflex. Difficile de les oublier, d’autant que presque 50 ans plus tard, ils fonctionnent toujours, eux !

Le Minolta X 700 MPS a aussi eu une descendance : le X 500 et le X 300, qui sont un peu plus abordables et, même s’ils sont un peu « simplifiés » par rapport à leur ainé, ils ne déméritent pas. Le Minolta X 500 a d’ailleurs excellente réputation. Franchement, si vous n’arrivez pas à trouver le grand frère à un prix raisonnable, n’hésitez pas, prenez le X 500.

Oui, je notais « prix raisonnable » car il est difficile d’en trouver un en bon état sous les 100€. Le premier que j’ai acheté, fin 2018, m’avait couté 50€. Celui que j’ai racheté mi 2020, sans objectif cette fois, 90€, et j’ai fais une excellente affaire !

Les qualités de l’appareil les justifient-elles ? Franchement – et je pèse ce que je vais écrire – non. C’est comme pour les Canon F-1 et A-1, qui ont aussi marqué les esprits en leur temps. Qui restent de fabuleuses machines mais si vous voulez vous (re)mettre à l’argentique, vous aurez bien plus facile de le faire avec un appareil qui vous propose tout ce que ceux-ci font, avec l’apport de l’électronique et déjà de l’autofocus (Canon 500N, Canon 300, Minolta Dynax 505si Super, Dynax 5, p. ex.). Et si vous voulez rester en manuel, pour vous initier complètement, un Pentax P30, un Minolta XG2, un Fujica AX-1, un Canon AV, p. ex. font parfaitement l’affaire, tout en étant plus abordables.

Ces appareils sont pour ce que je qualifie les esthètes, qui aiment posséder des appareils un peu exceptionnels, pour s’en servir, mais qui maitrisent les réglages propres à ceux-ci … et qui ont les moyens.

Argentique

Canon A-1

Un concentré de « technologies » pour l’époque (1978), un superbe appareil sur lequel il est possible d’installer des cailloux de légende pour pas trop cher. J’avais trouvé un 50mm ouvrant à f1:1.4, un 35 mm ouvrant à f1:2.8 et un 135mm ouvrant lui aussi à f1:2.8 pour l’accompagner. Très souple d’utilisation, performant, relativement peu bruyant lors du déclenchement, je l’ai cédé à un étudiant en photographie, qui l’utilise toujours.

Le Canon A-1 est le grand frère du très connu Canon AE-1 qui a inauguré une longue lignée dont le AV -1 et l’AE-1 Program, plus tard.

Un appareil bien né, qui a marqué son époque. Et cela se ressent au niveau prix, de nos jours : difficile d’en trouver un , en bon état, sous la barre des 100€.

Quelques soucis sont bien connus : la porte qui masque la pile, fragile; un bruit parfois bizarre (le Squeeze) lors du déclenchement, qui nécessite une petite intervention facile (très bien décrite sur le Net à plusieurs endroits), … et c’est presque tout.

C’est du solide, du bel objet, qui délivre de magnifiques photos lorsque l’on parvient à le maîtriser, ce qui est plus facile que d’ingurgiter les 400 pages d’un numérique moderne.

Et des astuces qui ont fait la réputation de cet appareil : la possibilité de surimpression, enfantine; un petit loquet pour masquer la fenêtre du viseur en cas de pose longue; l’ergonomie bien pensée qui place tout à portée de doigts (l’index en l’occurrence); et – cerise sur le gâteau – le premier appareil au monde à proposer un ordinateur intégré numérique et non plus analogique, qui autorise plusieurs modes de fonctionnement. Une fois encore, je vous renvoie à l’excellent site http://www.fou-du-canon-f-1.net/appareils-canon-apres-le-f-1/canon-serie-a/ qui vous en apprendra encore plus sur ces merveilleuses machines.

Franchement, je me pose toutefois la question du prix : est-il raisonnable de dépasser les 100€ pour un boitier nu ? Si les mousses ont été changées dans les règles de l’art, si le squeeze a aussi été résolu dans les règles, si la porte de la pile n’est pas abîmée, s’il n’y a pas de coups flagrants sur le prisme ou les cotés et si l’appareil ne porte pas trop de traces d’usure (un peu de patine, c’est beau, trop de patine, c’est un appareil qui a beaucoup – trop – servi !), s’il a été nettoyé correctement, que le miroir est sans défauts, vous pouvez envisager la dépense car cet A-1 est reparti pour des années de bons et loyaux services.

Pourtant, je persiste à dire que ce type d’appareil doit être vendu avec un objectif, à minima un 50mm en f1:1,4 ou f1:1,8 (mine de rien, ça protège aussi la chambre si un objectif ou – à défaut – au moins un bouchon sont vendus avec l’appareil. Et c’est gage de sérieux de la part du vendeur).

Enfin, si l’appareil que l’on vous soumet ne répond pas à ces critères, soit vous renégociez sérieusement le prix, soit vous passez votre chemin. Le A-1 fut produit en suffisamment d’exemplaires que pour vous offrir un beau boitier.

Dernière remarque, peut-être : ce type d’appareil est très facile à utiliser … pour peu que vous ayez quelques notions de ce qu’est un appareil argentique ou que vous preniez la peine de les apprivoiser. Sinon, au risque d’être déçu, optez pour des appareils un peu plus modernes, style des premiers Eos (si vous restez chez Canon). Ceux-ci bénéficient déjà de l’autofocus, de réglages automatisés (roue P-AV-TV-M- et scènes), ce qui se rapprochent plus des appareils modernes.

Ceci étant, avec le Canon A-1 vous aurez entre les mains ce qui se faisait de mieux à l’époque, avec des facilités qui vous permettront des photos créatives (pour mémoire, surimpression facile, pause longue avec protection de l’œilleton, vitesses rapides et lentes envisageables sans soucis, automatismes à votre service ou débrayables, stabilité de l’appareil en main, fonctionnement même si la pile est out). Faites vous plaisir !

Argentique

Canon F-1 Old

Hé oui, j’ai eu envie de m’offrir une légende. Et comme je ne suis pas Nikon, je suis resté chez … Canon.

A gauche, le Canon F-1 News et à droite le Canon F-1 Old

Je ne vais pas reprendre les explications détaillées que vous trouverez sur ces toujours aussi intéressants sites : http://35mm-compact.com/reflex/canonf1.htm. et https://www.danstacuve.org/test-canon-f1/ et bien sûr http://www.fou-du-canon-f-1.net/materiels/index-4/

Par contre, je vais (essayer de) vous donner mes impressions face à ce boitier mythique.

Enfonçons une porte ouverte, il est lourd (820 g tout nu), mais pas désagréable à tenir en main. Carré, bien équilibré, tout est à portée de main (ou doigts en l’occurrence). Tout en métal, à une époque où le plastique n’avait pas encore tout envahi, il respire le costaud de service.

Pour tout dire, avec son concurrent, le Nikon F, il fut de tous les champs de bataille de son époque (1971 – 1981), et il en eut : le Viêtnam, le Laos, le Cambodge, la Jordanie, la Rhodésie, l’Éthiopie, Israël, l’Égypte, le Liban, …. (voir la liste sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_guerres_contemporaines).

A ce sujet, saviez-vous que Don Mc Cullin dû la vie sauve à son boitier Nikon F ? Je vous renvoie à cette image terrible (https://www.flickr.com/photos/martsharm/4683329492/) du boitier qui reçut la balle à sa place. Heureusement qu’à l’époque les constructeurs fabriquaient en métal, solide !

Malgré ce côté pro – ou à cause de – il est très facile a utiliser : vous sélectionnez la vitesse et le diaphragme et il ne reste plus qu’à faire la mise au point et déclencher. Avec l’excellent parc des optiques FD (créées pour lui), que l’on trouve encore à des prix abordables, vous avez une machine à faire de belles photos.

Celui que j’ai acheté m’a juste demandé de commander un 50 mm f1:1,4 monture FD (le f1:1,2 c’est un autre mythe, qui reste inabordable) pour l’accompagner. Je vais devoir changer les mousses, notamment celle du miroir, qui a disparu; de trouver des piles compatibles – et ici j’ai fait une exception à mon habitude de « fourrer » partout une LR44 – j’ai commandé une Weincel MRB 625 de 1,35 V car la cellule est sensible au voltage.

Dernier jour de l’année 2019 et j’ai terminé les petites réparations du F1. Tout d’abord les mousses : pas facile de nettoyer tout ça car il faut éviter que des résidus ne tombent sur le miroir ou, pire, le dépoli. Patience et concentration sont de rigueur … et un petit « PostIt » pour protéger le dépoli. Pour ôter les résidus de colle, un petit produit que l’on trouve en grande surface (trouvé chez Aldi), mieux que l’acétone tant pour les odeurs que pour les plastiques, qui sont sensibles à ce produit (même s’il n’y a pas de plastique sur le F1, mais juste avant lui, j’ai aussi changé la mousse du Ricoh R1, qui lui est tout en plastique). Puis il faut aussi s’armer de patience et de méticulosité pour couper les différentes mousses au bon gabarit. Notamment pour les rainures du dos (2 mm et 1 mm de largeur). Si vous deviez le faire, munissez-vous de bons cutters (genre scalpel) et faites gaffe à vos doigts, d’une plaque à découper (vous voyez, ces grandes plaques en plastique vert, graduées et quadrillées que l’on trouve dans les magasins destinés au hobby (ou bêtement chez Action); de quelques coton-tiges et, petite astuce, de baguettes (que vous avez souvent en trop avec vos sushis) et de cure-dents. C’est avec eux, taillés en biseau ou à plat, que vous allez pouvoir racler les vielles mousses. Comptez deux bonnes heures pour arriver au bout : changement de la mousse de la charnière, des deux rainures du dos, du miroir. Et où trouver ces mousses ? Parfois sur un grand site de vente mais toujours sur http://www.aki-asahi.com/store/html/light-seal/string/foam.php. (et, petite astuce, chez lui, vous trouvez les mousses prédécoupées). Ce site est incontournable pour les mousses et aussi pour les vrais ou faux cuirs de vos appareils, que vous pouvez customiser dans des couleurs parfois, disons, psychédéliques.

Ensuite, j’ai reçu et l’objectif commandé (comme neuf et il a près de 50 ans !) et les Weincel. Petite installation de tout et …. tout fonctionne comme au premier jour. Vraiment c’est extraordinaire de « sentir » ce vieux boitier (mon boitier date de février 1976, un des derniers « vrais » Old F 1) repartir sans rouspéter et de découvrir au fur et à mesure les astuces d’avant le « tout électronique ». Si un jour vous avez la chance de manipuler un F 1, vous comprendrez ce dont je parle (petite fenêtre pour éclairer la barre de mesure, rappel des vitesses avec couleurs différentes pour les rapides et les lentes, prismes interchangeables, verres de visées interchangeables, etc.).

A l’époque, on fabriquait solide et durable : la mise au point du F1 a pris 5 ans et Canon y a mis tout son savoir-faire de l’époque. Bien qu’il y eut, en 1976, une petite évolution avec le F 1 N, il sera opérationnel 10 ans, sans être dépassé (de 1971 à 1981). Ce n’est qu’à cette époque que sortit celui qui devait le remplacer, le New F 1.

Une petite video fort bien faite pour illustrer mes propos :

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Asahi Pentax Auto 110

Bon, dehors il y a du vent et dedans, je ne suis pas encore parvenu à me débarrasser de cette bronchite qui m’empêche de sortir depuis une semaine.

Bah, c’est l’occasion de vous montrer quelques petites perles, assez rares, que je ne désespère pas de tester un de ces jours.

Commençons par cet Asahi Pentax Auto 110. Disons le tout de suite, il fut – et reste – le plus petit réflex du monde à objectifs interchangeables. Il fut présenté à la Photokina de 1978 et débarqua ensuite en Europe début des années 1980.

Oui, vous avez bien lu : il s’agit d’un reflex avec objectifs interchangeables. Il était aussi fourni avec un flash, un moteur d’entrainement et, généralement, trois objectifs, plus quelques filtres spécialement développés pour lui. Les objectifs sont respectivement un 18mm f/2.8 grand angle, 24 mm f/2.8 normal et 50 mm f/2.8 un petit télé. Vu la taille du film, il faut utiliser un coefficient de conversion de x1,5.

Bref, un système à lui tout seul. Pour le charger, rien de plus facile que d’insérer une cartouche de film en 110 (et on en trouve toujours de nos jours). Il y a une cellule derrière l’objectif, qui est une cellule pondérée et calibrée pour réussir les photos horizontales. L’exposition est automatique et une led verte indique si la vitesse est supérieure à 1/30s, sinon elle est orange et signale un risque de flou.

Admettons que le flash semble un peu disproportionné et que je n’ai pas ni la mallette ni le moteur d’entrainement avec le mien. A l’époque, le tout tenait dans une valisette de 51 x 24 cm. Pas trop de problème de sac pour le porter celui-là ! En fait, faut surtout essayer de ne pas le perdre …

Franchement, je ne sais pas (encore) ce que ça donne mais j’ai bien envie de l’essayer un jour de beau temps. Mais avouez qu’il est craquant et étonnant ce petit appareil.

Je n’ai pas pu résister et je mets en « compétition » le Canon 6D (en arrière), le Canon Eos M50 et le Asahi Pentax Auto 110. Ensuite, pour vous faire une autre idée, le Rollei A110 et le Pentax.

Pour de plus amples explications, comme d’habitude, je vous renvoie chez http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1488-Pentax_Auto%20110.html en français ou https://www.lomography.com/magazine/24976-pentax-auto-110-the-worlds-smallest-slr en anglais.

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Canon Eos 30

C’est un Eos des années 2000, un des derniers avant le tout numérique de la marque.

Il s’agit d’une refonte, en profondeur, d’un autre best seller de Canon, le Canon Eos 50e, qui avait inauguré ce « pilotage par l’oeil ».

Notez que l’appareil a été décliné en Eos 30 et 33, ce dernier n’étant pas piloté par la vision du photographe.

Bref, c’est un Eos presque comme nous les connaissons maintenant : ergonomie, robustesse et facilité d’utilisation. Il est aussi parmi le plus silencieux des réflexes, même modernes.

Léger et compact, il est très agréable à tenir en main et il bénéficie de tous les agréments des Eos modernes. Vous ne serez pas dépayssé si jamais vous en prenez un en main. Positionné comme en appareil destiné aux « experts », il ne vous décevra pas et vous offrira tout le confort que l’on peut attendre d’un Eos : le boîtier propose outre les classiques modes Programme, Av, Tv et manuel, les habituels « programmes résultat » de Canon : tout auto (rectangle vert), Portrait, Sport, Paysage, Macro, Nuit.

Enfin, cerise sur la baïonnette, vos pourrez utiliser tous les objectifs de la gamme EF. En sachant toutefois que les derniers EF sortis pour les Eos de dernière génération (plus de 20 millions de pixels) risquent d’être trop « chirurgicaux » pour les films et d’affecter le rendu de vos photos. Ceci étant, ça vous ouvre des possibilités immenses d’objectifs de grandes qualités, souvent injustement délaissés à cause de la précision des nouveaux capteurs.

Si vous voulez commencer l’argentique dans de bonnes conditions, à prix raisonnable, avec du matériel efficace, déjà très moderne, l’EOS 30 est un excellent choix, sans doute moins « glamour » qu’un F1, un A1 ou même un AE-1 mais bien plus simple à utiliser.

Franchement, si je devais me remettre ou découvrir l’argentique, je me tournerais sans hésiter vers cet appareil, qui ne rebute pas ceux qui ont déjà eu un réflex numérique en main, car ils retrouveront rapidement leurs marques avec ce boitier … le film en plus !

Comme d’habitude, pour en savoir plus : http://35mm-compact.com/reflex/canon-eos-30.htm, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1055-Canon_Eos%2033.html et http://www.canon.photo.free.fr/photos/modeles/reflex.php?canon=201 pour avoir une vue d’ensemble de la gamme des derniers Eos argentiques.