Argentique

Le Canon 1000F/1000F N

Après quelques appareils tout manuels, automatiques ou semi-automatiques, je reviens à un appareil (enfin deux, mais quasi identiques) doté de l’autofocus, ce qui simplifie encore la prise de vue.

Ne nous y trompons pas, (re)découvrir l’argentique peut se faire de deux manières : soit la méthode « puriste » en reprenant la manipulation d’appareils anciens (mais pas trop, disons autour des années septante à quatre-vingt – en dessous de ces années là, c’est l’esthète qui parle), soit la méthode « moderne » en utilisant des appareils somme toute forts proches de ce que nous connaissons aujourd’hui en matière d’ergonomie, de commandes, voire de réutilisation de matériel (les objectifs notamment).

Il n’y a pas de bonne ou mauvaise façon de procéder, toutes les deux sont valables et le photographe pourra à son rythme passer de l’une à l’autre, pour le plaisir, finalement la seule chose qui compte dans la démarche.

Voilà, ceci étant dit, revenons à notre Canon 1000F (ou Eos Rebel S pour les USA). Cet appareil à vu le jour en 1990 et il fut très populaire parce que léger (500gr avec la batterie), acceptant tous les objectifs EF de la marque et très complet sous un abord simplifié.

Simplifié aussi en terme de construction car les ingénieurs de Canon ont réussi à réduire de près de 40% le nombre de pièces internes (557 pièces pour l’Eos 630 contre 362 pour l’Eos 1000F). Il est construit en plastique renforcé, y compris pour la baïonnette, ce qui a permis de contenir les coûts sans sacrifier à l’agrément de l’appareil. Cette philosophie a permis à Canon de prendre une place de leader dans ce marché très concurrentiel et à ses clients d’entrer dans un système photographique en expansion rapide.

Simplifié ne veut pas dire simpliste, jugez plutôt :

L’appareil photo comprend à la fois l’AF One-Shot (AF = auto focus, ici pour sujet peu mobile) et l’AF prédictif AI Servo (autofocus pour les sujets mobiles). Avec les modes de contrôle de l’exposition en AE (AE = mémorisation de l’exposition) avec priorité à la vitesse d’obturation (TTL = à travers l’objectif), AE avec priorité à l’ouverture (TTL), programme intelligent AE, profondeur de champ AE et mesure manuelle.

Il propose également un flash, qu’il faut sortir manuellement mais synchronisé (TTL).

Et il propose cette petite astuce que personnellement je trouve géniale, le pré-bobinage de la pellicule au chargement, ce qui signifie que seule la pellicule non exposée pourrait être détruite en cas d’ouverture intempestive du boitier, les photos prises étant remises dans la bobine au fur et à mesure des prises de vue.

Tant qu’à parler du chargement, d’ailleurs, pas de panique : vous ouvrez le dos de l’appareil, tirez l’amorce du film jusqu’au trait orange et vous refermez le tout. Le boitier se charge de lire le codage DX (sensibilité) du film, l’enroule autour de la bobine réceptrice, et vous voilà prêt pour la première photo.

Généralement fourni avec un 35 – 8Omm f4 – 5,6, il vous permet d’entrer de plein pied dans l’univers de la photo, sans rougir.

Et il nous propose quelques innovations : les 10 symboles picturaux « iconisés » sur la molette de commande pour définir les divers modes de fonctionnement. Ceux-ci servent de référence facile même aux débutants en photographie. Bien que la fonctionnalité ait été trouvée plus tôt avec l’EOS750 / 850, l’EOS 1000 F propose des options beaucoup plus flexibles .


Notamment les modes d’exposition suivant : Programme (décalable), 4 programmes résultats, priorité vitesse, priorité ouverture, manuel, DEP (une manière de déterminer deux points nets dans une photo), TTL au flash.
La mesure est multizone (3) ou sélective, ou intégrale avec prédominance centrale en manuel.
L’autofocus est utilisable en mode « one shot » ou « Ai Servo » (en continu)

Quoique considéré comme entrée de gamme, finalement ce boitier était mieux équipé que les précédant Eos 650, Eos 750/850.

L’obturateur électronique à plan focal à déplacement vertical fonctionne à partir de 30 secondes. – 1/1000 sec. + B, avec synchronisation X jusqu’à 1/90 s via une griffe porte-accessoires adaptée au flash à exposition automatique TTL de Canon (les flashs série EX). L’alimentation est fournie par une batterie 2CR5 6v.

Donc, même s’il s’agissait de l’entrée de gamme de chez Canon à l’époque, il dispose tout de même de tout ce dont nous avons besoin pour faire de bonnes photos:

  • une cellule moderne et fiable (pour mesurer le lumière de façon précise)
  • tous les modes automatiques et manuels dont on peut rêver

Que pourrait on lui reprocher ?

Sa baïonnette en plastique ? Franchement, 30ans plus tard, je n’ai pas noté la moindre déformation sur l’exemplaire en ma possession. Soyons réaliste, si vous voulez monter dessus un 1200mm, fixez le avec le collier du téléobjectif sur le trépied et vous n’aurez jamais le moindre soucis.

Sa vitesse limitée au 1/1000s ? A moins d’y mettre un film très rapide pour photographier en plein soleil, vous n’aurez jamais la moindre difficulté pour faire face à la quasi totalité des conditions de prises de vues.

Il n’est pas tropicalisé ? Ben non, il faut juste prévoir un carré de micro-fibres avec soi en cas de sortie humide et, comme pour tous les appareils, le protéger de la pluie battante.

Tiens oui, si je devais faire une remarque, c’est par rapport à la bague de commandes, que je trouve un peu fine (mais bon, j’ai des soucis de préhension parfois).

Et si réellement vous vous sentez limité, optez pour le Canon Eos 1000F N, sorti en 1990, à la suite de celui-ci.

Qu’a t’il de plus ? Pas grand chose … enfin, si : l’obturateur gagne en vitesse, de 30s à 1/2000s plus pause B, la plage de sensibilité évolue de 6 à 6400 Iso, l’autofocus est un poil plus rapide… et c’est tout.

Voilà. C’est encore un des boitiers école dont je parle souvent. Les modes scènes vous permettent d’appréhender toutes les situations de prises de vue et surtout, de vous familiariser avec les réglages préconisés. Ensuite, vous pouvez passer en mode P, où vous pourrez reprendre la main sur les réglages proposés. Mais en bénéficiant d’un autofocus déjà performant et précis.

Bref, une machine toute simple, qui a ravi des milliers de photographes en son temps et qui ne demande qu’à remettre le couvert.

Et si nous parlions prix ?

C’est un appareil qui doit se négocier, avec son objectif 35 – 80mm sous les 40€ (entre 20 et 40€ selon l’état cosmétique et les éventuels accessoires). En ce qui concerne le Eos 1000F N, pas de panique, les prix sont les mêmes.

Les données techniques du Canon Eos 1000F

Appareil photo à mise au point automatique SLR (reflex à objectif unique) à obturateur à plan focal fixe avec multi-modes, exposition automatique et entraînement par moteur intégré.
Objectif zoom standard normal: EF 35-80 mm f4-5,6
Monture d’objectif CANON EF
Système autofocus TTL-SIR AF. AF one-shot, mise au point manuelle, sélection automatique de l’autofocus one-shot / autofocus prédictif Al servo.
Obturateur à plan focal à déplacement vertical contrôlé électroniquement. Vitesses de 1/1000 s. à 30 sec. et bulb. (par incréments de 1/2 pas), synchro flash à 1/90s
Viseur par pentaprisme fixe . Grossissement de 0,75x et couverture de 90%.
Plage de vitesse du film: ISO 25 à 5000 automatiquement réglé par incréments de 1/3 selon le code DX, réglage manuel possible
LCD externe: vitesse d’obturation, réglage de l’ouverture, vitesse du film, indicateur de film chargé, compteur de vues, nombre d’expositions multiples, niveau d’exposition, profondeur de champ AE Retardateur électronique intégré de 10s (avec bip).
Compensation d’exposition ± 2 niveaux (par1/2 incréments)
Dimensions: 148,0 mm x 99,8 mm x 69,0 mm
Poids: 500 g (avec batterie)

Une petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est ICI

Et n’oubliez pas que tous les appareils testés ici sont en vente LA

Quelques références : http://camera-wiki.org/wiki/Canon_EOS_1000, https://global.canon/en/c-museum/product/film145.html, http://www.mir.com.my/rb/photography/hardwares/classics/eos/eoscamera/EOS1000FRebelS/ en anglais, https://www.mes-appareils-photos.fr/Canon-EOS-1000F-N.htm, http://35mm-compact.com/reflex/canon.htm, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1539-Canon_EOS%201000F.html, http://35mm-compact.com/forum/viewtopic.php?t=44356 en français

Argentique

Le Praktica LLC

Etonnant, en mettant de l’ordre, je retombe sur cet appareil, que j’allais oublier, un Praktica LLC et son objectif Pentacon electric 135mm f2,8.

Franchement, c’eut été impardonnable car cet appareil présentait une première mondiale, à savoir le couplage boîtier / objectif électrique.

On raille souvent la marque pour son aspect austère et assez peu « sexy », mais ils ont quand même présenté quelques belles avancées technologiques en leur temps.

Cette monture électrique, et les objectifs créés spécialement, permettait de passer astucieusement à la mesure TTL (à travers l’objectif) sans devoir modifier la monture, car Praktica gardait son principe d’objectif à viser (M42). Trois contacts électriques sont encastrés dans le pourtour de la monture et trois points de contacts sont sur l’objectif.

De ce fait, les objectifs non « Electric » peuvent toujours être utilisés sur ce type de boîtier. On ne perd donc pas sa clientèle !

Pour assurer la liaison avec le boitier, vous devez déplacer un curseur sur le collier de l’objectif (A = auto ou M = manuel) et sur le boitier, vous devez mettre le curseur sur la couronne de rembobinage sur le point blanc (le point noir c’est lorsque vous utilisez les objectifs non électriques). Dès lors, les informations d’ouvertures sont envoyées au calculateur de l’appareil, couplé à la cellule. Cellule que vous activez en pressant à mi-course le déclencheur. Celle-ci est sensible de 12 à 1600 Asa.

Mais revenons au début. Le Praktica LLC fut présenté en décembre 1969 et vendu jusqu’en décembre 1975, produit à 176.697 exemplaires. C’est un appareil fabriqué par le VEB Pentacon, à Dresde.

Outre sa « première mondiale », l’appareil est construit pour durer : (presque) tout en métal, avec un obturateur à rideau métallique performant (plan focal vertical), un miroir éclair.

Et des petits détails de « confort » comme par exemple le déclencheur, toujours placé en façade, incliné, que l’on peut tourner (petit point noir de repère) pour le bloquer et éviter ainsi accidentellement de déclencher l’appareil armé.

Il y a encore ce petit rappel discret dans le viseur (un triangle latéral), sur la gauche, qui vous indique si l’obturateur est armé ou non.

Bien que l’appareil nécessite une pile, destinée à alimenter la cellule et le mécanisme de couplage, il est toujours possible d’utiliser l’appareil, en tout manuel, même sans celle-ci.

Notons encore le système de chargement simplifié du film (le système PL) : la bobine réceptrice possède deux barres à ressort qui fixent le film lorsqu’il tourne, un peu comme une barre de sécurité dans les attractions à sensations. Il suffit d’aligner les encoches du film avec les pignons d’entrainement, d’enrouler un peu l’amorce et de refermer le dos de l’appareil.

Le viseur, grand et clair, est relativement dépouillé, j’en conviens, mais ça évite d’être distrait par des tas de « machins » : à gauche donc, le témoin d’obturateur armé, à droite, l’aiguille de la cellule qui doit s’inscrire dans un rond lors de l’ajustement, au centre, un grand rond en dépoli et microprismes pour assurer la mise au point, c’est tout. Simple et efficace.

Citons encore un retardateur d’environ 10 secondes, un compteur de vue qui se remet à zéro automatiquement, un ré armeur avec une position rapide et nous aurons fait le tour. L’appareil est complet, facile et efficace, que demander de plus ?

Quelques données techniques :

Objectifs : série « Electric » de Pentacon ou les objectifs à vis M42
Vitesses d’obturation B, 1s -1 / 1000s, synchronisation du flash à 1/125s ou 1/30s pour les anciens flashs
Viseur SLR (verre dépoli, spot microprismatique)
Exposition TTL avec celule CdS. Mesure TTL utilisant la simulation électronique de l’ouverture pour la mesure à pleine ouverture (avec les objectifs électriques) ou la mesure arrêtée avec des objectifs non électriques
Paramètres ASA 12-1600
Batterie d’origine PX21 4.5v, introuvable et qui demande un petit bricolage
Déclencheur frontal (active la cellule à mi-course)
Verrouillage de l’obturateur
Griffe flash sur le prisme

Que retenir de ce Praktica LLC si vous en trouvez un demain ?

S’il n’est pas « raffiné », il ne vous décevra pas parce qu’il a été conçu pour être solide et durable, toujours utilisable, avec ou sans pile. La gamme d’objectifs, électriques ou « classiques » est vaste et de qualité, vous aurez le choix.

A quoi vaut il faire attention ? La pile, une PX 21 de 4,5v qui n’existe plus devrea être remplacée par un bricolage à la porté e de tous : une CR123 plus un ressort (fait avec un fil de fer de 0,5mm), une rondelle en métal plus une pile LR44 entourée d’un joint torique ou – si vous en avez une sous la main, une PX 625. Vous avez la longueur et le voltage adéquat (4,5v)

Normalement le dos est étanche à la lumière sans rien faire, mais vérifiez avec un premier film « test » s’il ne faut pas ajouter des mousses fines (1,5mm).

Comme je l’écris souvent, c’est un parfait appareil école. Son prix devrait être de 50€ avec un objectif, sauf si …

… je vous donne un truc de filou (si, si …) : si vous en trouvez un en vide grenier, en brocante, etc. il y a fort à parier que le vendeur ne connaisse pas l’appareil. Ouvrez le pour vérifier que les lames de l’obturateur ne sont pas abîmées, que le compartiment à pile ne contient pas de traces d’oxydation, armez le et faites semblant de rien, mettez le bouton du déclencheur – discrètement hein ! – sur la position de sécurité (1/4 de tour en sens horaire en regardant l’appareil du dessus) et déclarez que vous voulez bien le prendre pour pièces car … il ne déclenche pas (ou une fois sur deux si vous n’avez pas su le bloquer tout de suite).

Oui, je sais, c’est pas bien, mais faut trouver des astuces pour se payer l’appareil (j’ai – à peine – honte) de ses envies.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Quelques références : https://www.philcameras.be/collection/collectionm/opqr/prakticam.html, https://fr.wikipedia.org/wiki/Praktica, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1252-Pentacon_Praktica%20LLC.html en français, http://camera-wiki.org/wiki/Praktica_LLC, http://mattsclassiccameras.com/slr/praktica-llc/, http://praktica.planetaclix.pt/M42.html, http://www.praktica-collector.de/173_Praktica_LLC.htm en anglais

Argentique

Le Ricoh KR-5

Parce que je veux être cohérent avec mon article précédant, je continue mes explorations d’appareils intéressants et qui ne doivent pas coûter, objectif compris, plus de 50€.

Appelons ça « ma » croisade contre les prix fous que l’on voit ces derniers temps …

Et donc, aujourd’hui, je vais vous présenter un appareil qui a eu pas mal de succès dans les années quatre-vingt, le Ricoh KR-5.

Celui-ci fut présenté à la PMA de Chicago en 1979, en même temps que le Richo FF-1 (un tout petit compact, très – trop ? – semblable au Minox 35).

Il est issu de la série XR (il s’appelle d’ailleurs XR-500 au Japon). Cette série utilise la monture K de Pentax, adoptée par Ricoh en 1977, qui voyait en elle la future monture trans-marques (ou monture universelle).

Le Ricoh KR-5 était le moins cher de la gamme, mais pas le plus pauvre. Il sera suivi par le KR-5 Super, le KR-5 Super II, etc.

C’est donc un appareil semi-automatique avec deux photocellules CdS à mesure TTL (c.-à-d. à travers l’objectif) à ouverture totale pour une lecture de la lumière moyenne pondérée centrale couplée aux vitesses d’obturation (que vous réglez avec le barillet des vitesses), la sensibilité des films (que vous indiquez avec la molette à gauche) et aux diaphragmes (que vous réglez sur l’objectif). La cellule est alimentée par 2 piles SR ou LR 44, très communes.

L’obturateur est un Copal métallique permettant des vitesses de 1/8 à 1/500s plus pause bulb. La vitesse de synchronisation du flash est le 1/60ème. Croyez moi, vous ferez face à la plupart des situations de prises de vue, sauf si vous mettez un Ilford Delta 3200 Iso pour photographier en plein soleil !

Petite particularité bien pensée, le levier d’armement est à deux positions : la première (à 30°) met sous tension le posemètre, la seconde permet l’armement. Lorsque le levier est rabattu, la cellule n’est plus alimentée (ce qui économise les piles) et s’il est contre le capot, vous ne pouvez pas déclencher l’appareil armé. Judicieux aussi pour économiser du film.

L’appareil était vendu avec un Riconar 55mm ouvrant à f2,2 mais, comme dit plus haut, toute la gamme des objectifs en monture K vous tend leur baïonnette !

Le viseur est clair, assez grand et sur le côté gauche, entre deux encoches, une aiguille qui monte et descend en fonction de la lumière reçue, le but étant de la stabiliser au milieu pour avoir une bonne exposition. Le stigmomètre (le rond brisé au milieu) est entouré de micro primes pour assurer la mise au point facilement

source : Mes appareils photos

Vous l’aurez compris, le Ricoh KR-5 est ce que j’appelle un appareil école qui vous fait entrer sans avoir besoin d’aspirines dans la famille des reflex argentiques.

Honnêtement, tout noir, il en jette avec son design sans prétention, fait pour durer et donner des sensations.

C’est un appareil reconnu pour sa fiabilité, ce qui en a fait l’appareil de pas mal de débutants, sans les contraindre à lire un mode d’emploi indigeste et inutile, ici on applique la bonne vieille règle du triangle d’exposition : sensibilité – vitesse – ouverture, à la main, avec l’aide judicieuse de la cellule pour vous permettre d’être au plus juste.

En résumé, les caractéristiques de l’appareil :

Monture d’objectif: baïonnette de type «  K  »
Obturateur à déplacement vertical à commande mécanique avec des vitesses de 1/8 à 1/500 seconde plus B (ampoule); La synchronisation du flash X était de 1/8 à 1 / 60e de seconde
Viseur: pentaprisme fixe
Mise au point par stigmomètre, lentille de Fresnel
Deux photocellules CdS, mesure TTL à ouverture totale pour une lecture de lumière moyenne pondérée centrale couplée aux vitesses d’obturation, aux sensibilités des film et aux ouvertures du diaphragme.
Gamme de vitesse de film: ASA 12 ~ 3200 (DIN 12 ~ 36)
Alimentation de la cellule par deux piles de 1,5 V (deux LR44)
Contact flash: contact «  X  » sur la griffe flash pour un flash électronique sans fil
Compteur de vue avec réinitialisation automatique.

C’est un boitier que l’on a plaisir à prendre en main, pas très gros, maniable et qui est attrayant dans sa robe noire. Sa monture permet de lui adjoindre quantité d’optiques de qualité si besoin

Si vous en trouvez un, partez avec lui si vous cherchez un premier appareil ou si vous voulez remettre le pied à l’étrier sans prise de tête.

Un mot encore sur le prix, je continue à défendre que cet appareil, comme ceux que je vous ai suggéré ces derniers jours, ne doit pas se vendre plus de 50€ avec un 50mm (celui d’origine ou un autre 50mm en monture K raisonnable). Vous trouverez d’ailleurs celui que je vous présente ici dans la rubrique à vendre à ce prix là, tout à fait fonctionnel.

Quelques photos d’illustration avec cet appareil ICI

Petite video d’illustration

pour bénéficier de sous-titres dans votre langue, aller sur paramètres, cliquez sur « anglais généré automatiquement », puis traduire automatiquement et choisissez parmi celles offertes

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Ricoh_KR-5, https://www.lomography.com/magazine/182234-my-fathers-camera-ricoh-kr-5, https://latedeveloper.blog/2018/03/20/the-ricoh-kr-5-slr-minimalism/, https://filmisback.blogspot.com/2014/06/ricoh-kr-5-super.html en anglais, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-11186-Ricoh_KR-5.html, https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Ricoh/Ricoh_KR-5, https://www.mes-appareils-photos.fr/Ricoh-KR5.htm en français

Argentique

Praktica Super TL 3

Voila le second Praktica que je vous présente, après le MTL 3.

A y regarder de près, rien ne semble les distinguer, sauf les inscriptions qui les différencient.

Ça c’est pour les économies d’échelle : fabriquer plusieurs boitiers, pendant des années, avec le même « moule ». N’oublions pas que nous sommes à l’Est, en RDA, en 1978.

Ce fut une des raisons du déclin de la marque, pas mauvaise du tout en soit, mais qui n’a jamais été un parangon du design « sexy ». Le même modèle fut présenté, sous des étiquettes différentes, de 1970 jusque la fin des années quatre-vingt : les spécifications internes changeaient avec l’évolution des boitiers mais la robe restait désespérément identique !

Celui-ci est la continuité du modèle STL présenté en 1967, suivi du STL 2 de 1976. Le STL 3 a fermé la marche, il n’y a pas eu de STL 4.

Ce modèle fut produit de mars 1978 à janvier 1980, à 99.992 exemplaires. Il a donc croisé le MTL 3 que je vous ai présenté.

Alors, justement, quels sont les différences ?

Il mesure toujours la lumière à travers l’objectif (TTL), son viseur est avec microprismes et stigmomètre (le rond coupé qu’il faut faire coïncider pour être net), sa synchronisation flash sur le X (1/125s), la griffe porte-accessoire en haut du pentaprisme, prise flash coaxiale sur le boîtier de l’appareil photo pour les systèmes avec d’anciens flashs, il a toujours le même système « rapide » propre à Praktica pour l’accrochage du film, il possède un compteur de vue avec remise à zéro automatique son obturateur est toujours métallique, la cellule est toujours calibrée de 12 à 1600 Asa.

MAIS il n’a pas de retardateur et son obturateur est limité au 1/500s (B, 1/1, 1/2, 1/4, 1/8, 1/15 1/30, 1/60, 1/125, 1/250,1/500)

Pour le reste, comme vous avez pu le lire, c’est kif-kif.

Pas de retardateur, oui mais non, …. la vitesse limitée à 1/500s ? Cela est-il un handicap ? Pas vraiment et nombreux étaient encore les appareils de cette époque à ne pas dépasser cette vitesse.

-« Oui mais en cas de forte luminosité ? »

Ben on ferme d’un ou plusieurs diaphragmes et le tour est joué ou vous mettez un film plus lent !

Tiens au fait, un mot aussi sur la monture, toujours en M42 « universelle », ce qui vous ouvre le même parc optique que le Praktica MTL 3 et les autres appareils Praktica à vis.

C’est du tout bon, pas cher, et il y a là quelques cailloux qui valent la peine (voir l’article du MTL3)

En résumé, c’est aussi un boitier école, quasi indestructible. Lors d’un achat, vérifier les mousses du compartiment arrière, le compartiment à piles (oxydation), si les lamelles de l’obturateur ne sont pas tordues et si tout ça est ok, lancez-vous.

Allez, dernier point qui va vous convaincre, son prix : 35€ souvent avec un objectif, 50€ avec en plus une pile et les mousses refaites. Ça vaut la peine de tenter le coup …

Pour avoir une idée de photos prises avec cet appareil, le site Lomography

Une petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est ICI

Des références, par curiosité : http://www.praktica-collector.de/Praktica_L_3rd_generation.html, https://simonhawketts.co.uk/2016/03/23/praktica-super-tl3/, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Praktica_super_TL_3 en anglais, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-12760-Pentacon_Praktica%20Super%20TL3.html, https://fr.wikipedia.org/wiki/Praktica, https://www.mes-appareils-photos.fr/Praktica-Super-TL3.htm en français

Argentique

Pentax PZ-70

Heu, voilà, je crois que ce sera mon dernier Pentax … quoique si je trouve un LX à prix décent …, non là je rêve, les derniers que j’ai vu dépassaient les 300€ !

Voici donc le Pentax PZ-70 (ou Z-70 aux USA) qui fut présenté au monde en 1995.

Il est le dernier d’une série commencée avec le Pentax PZ-1 (1991), le PZ-10 (1991), le PZ-20 (1992), le PZ-50 (1992), le PZ-1P (1994), le PZ-5P (1994) et donc celui qui nous occupe en 1995.

Il utilise la monture K AF 2 à mise au point automatique mais vous pouvez toujours monter les anciennes optiques à monture K dessus, sans garder alors les automatismes.

Quelques personnes voient une ressemblance avec un Canon Eos … pourquoi pas ?

Nul doute que Pentax ait repris l’inspiration de la série SF précédente avec l’écran d’affichage derrière le flash intégré et la griffe du flash additionnel montée sur la poignée, au dessus du déclencheur …ça ne dépaysera pas les habitués de la marque.

Ecran hyper complet, qui vous permet de bien maitriser l’appareil.

Si la qualité de fabrication est solide, ici, même la monture d’objectif est en polycarbonate au lieu d’être en acier. Mais bon, 26 ans plus tard, je ne constate pas de déformation sur le mien.

C’est comme pour tous ces appareils, ne les montez pas avec un 1200mm sur un trépied sans poser l’ensemble avec le collier de l’objectif, simple précaution !

Je dirais que c’est un appareil dans la tradition Pentax, pensé pour simplifier la vie du photographe qui peut dès lors se concentrer sur la prise de vue mais qui doit faire confiance aux automatismes de son appareil. Et ceux-ci sont bons, rassurez-vous. Mais nous sommes ici avec un appareil destiné aux amateurs éclairés ou à ceux qui veulent le devenir et vous pouvez alors débrayer tous les automatismes, ou seulement quelques uns.

Puisque vous gardez la main sur tout et avec quelques boutons – et même une molette placée sous l’index -vous pouvez tout modifier et composer votre photo à vos envies ou besoins.

La mise au point automatique est rapide et la molette de commande, bien crantée avec un brin de résistance, est agréable.

Le viseur est lui aussi très complet et facile à lire

Et qu’a t’il dans le ventre ce Pentax PZ-70?

Il dispose d’un obturateur à plan focal électronique vertical en métal avec des vitesses de 30 s à 1/2000 plus le mode bulb. La synchronisation du flash est au 1/100 s. Le retardateur est électronique avec un retard d’environ 12 secondes.

Une petite remarque par rapport à l’obturateur : il est composé de lames métalliques. Si vous en achetez un, vérifiez qu’elles ne soient pas tordues ou pliées, c’est rédhibitoire.

Les modes d’exposition comprennent les modes Av (ouverture), HyM, P, action, gros plan, paysage, portrait et Tv (vitesse).

Le système de mesure diffère selon le type d’objectif utilisé. Les objectifs K et M plus anciens prennent en charge la mesure pondérée centrale, tandis que les objectifs de type F, A, FA plus récents peuvent utiliser un mode de mesure segmentée.

Pour charger un film, c’est toujours aussi simple : vous installez la cartouche dans le logement ad hoc, vous tirez la languette jusqu’au repère et vous refermez le dos de l’appareil. Lorsque vous le mettez sur ON, il charge le film à la première vue. Entre temps, il aura lu le codage DX de la pellicule (il accepte les films de 25 à 5000 Iso), ce qui permet de régler la sensibilité de la cellule photoélectrique au silicium.Si vous deviez interrompre, le film en cours de route, il y a toujours un bouton pour forcer le rembobinage.

Le transport du film est motorisé (chargement, avance, rembobinage) et autorise une « rafale » à 1,5 image/seconde. L’alimentation provient d’une batterie 6v 2CR5.

Le système autofocus, performant et rapide, est géré par le principe SAFOXO, deuxième du nom ici

En résumé, c’est un appareil léger (450 gr nu), facile à prendre en mains et qui donne de très bons résultats. Le parc optique est largement suffisant que pour répondre à vos attentes ou besoins de photographe;

Les automatismes sont bons mais vous pouvez tout régler manuellement si vous le désirez sans vous sentir « largué », l’appareil vous faisant toujours des suggestions en fonction des programmes utilisés.

Enfin, c’est un appareil que vous devez pouvoir trouver aux alentours des 50€ avec un objectif, ce qui le rends éminemment intéressant.

Donc, si vous en trouvez un dans ces eaux là, faites vous plaisir …

Une petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI et LA. Et à propos de ces modes d’emploi, vous constaterez déjà une évolution avec les appareils tout mécaniques précédents, où toutes les pages sont utiles et vous donnent même un « cours » accéléré en photographie. Ici il y a déjà 3 pages d’avertissements pour l’entretien de l’appareil et pour les piles !

Honnêtement, ça me fait toujours rigoler quand je prends un mode d’emploi « moderne » : sur 590 pages, il y en a près de 80 de « précautions » dont la lecture vous fait penser qu’il doit y avoir de fameux cornichons sur terre (ça vous viendrait à l’idée vous de jeter une batterie au feu, de nettoyer votre appareil à l’eau courante, …. ?)

Quelques références : https://www.pentaxforums.com/camerareviews/pentax-z-70-pz-70.html, http://camera-wiki.org/wiki/Pentax_Z-70/PZ-70, http://kmp.pentaxians.eu/bodies/film_z-pz/zpz70/ en anglais, http://dictionnaire.sensagent.leparisien.fr/Pentax/fr-fr/, https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Pentax en français

Argentique

Le Canon Eos 5000

Ne boudons pas notre plaisir, voici encore un appareil d’entrée de gamme de chez Canon, l’Eos 5000.

Si je vous en parle c’est bien parce que c’est un appareil tout simple, vraiment pas cher, qui vous permettra, si vous hésitez encore à faire le pas vers un reflex argentique, à le faire sans aucun remords.

Cet appareil a vu le jour en janvier 1995 et uniquement pour le marché européen sous cette dénomination (il ne fut jamais vendu au Japon ni aux USA). C’est un entrée de gamme facile à appréhender et dans la tradition du Canon T50 que je vous présentais il y a peu. Il sera remplacé par l’Eos 3000 en 1999.

Dans la continuité d’idée du T50 donc, il est simplifié dans sa présentation et son utilisation. Ici une seule molette sur le dessus de l’appareil photo qui contrôle tout. Néanmoins, le boitier vous offre cinq modes d’exposition entièrement automatiques (les modes scènes) et une à priorité vitesse en plus du mode tout auto P.

Le minuscule écran ne sert qu’à vous indiquer si la pile est ok (dès que vous quittez la positon L rouge) et les ouvertures que le boitier aura choisies fonction des vitesses sélectionnées, sauf si vous êtes sur la position P = Program car dans ce cas là, c’est lui qui décide de tout pour vous.

Son public, clairement, est celui des amateurs habitués au compact qui voudraient goûter aux joies du reflex sans se poser de question !

Outre ses modes programme, il possède un retardateur (10s); selon le mode choisi, une mise au point à priorité centrale, ou évaluative sur 6 zones, un flash à extraction manuelle mais synchronisé; il possède 3 collimateurs autofocus; vous pouvez mémoriser l’exposition lors de la mise au point décentrée (AE à l’arrière du boitier); il est particulièrement silencieux au demeurant. Enfin, vous pouvez lui adjoindre un flash externe, qui sera aussi synchronisé (au 1/90s) selon le programme choisi, notamment les flashs Canon Speedligth. La puissance du flash est réglée en fonction du programme en cours

Chargement simplifié du film ici aussi : vous ouvrez le dos de l’appareil, déposez la cartouche dans le logement ad hoc, le boitier lit le code DX (sensibilité), et vous tirez l’amorce jusqu’au trait orange, puis refermez l’appareil. C’est tout.

Petite particularité que j’ai toujours trouvée intéressante (surtout pour les distraits) : lorsque vous chargez le film dans l’appareil, celui-ci l’embobine sur la bobine réceptrice. Au fur et à mesure de vos prises de vue, le film revient dans la cartouche. Le gros avantage de cette manière de faire est que si vous ouvrez pas erreur le dos de l’appareil, seule la partie non exposée du film est voilée, vos photos elles sont à l’abri dans la cartouche.

Mais – et je dirais surtout – vous pouvez y monter les objectifs à monture EF de la gamme Eos, ce qui ouvre quelques belles possibilités de découverte autrement plus amusantes qu’avec un compact.

Je pense que cet appareil, comme l’Eos 3000 s’accommoderait très bien d’une 50mm f1,8, d’un petit 35 – 80, voire d’un 24 – 105 pour pallier à toutes les éventualités.

Une petite video d’illustration

Vous trouverez quelques exemples de photo faites avec cet appareil sur le site Lomography

Quelques références utiles : https://en.wikipedia.org/wiki/Canon_EOS_5000, https://global.canon/en/c-museum/product/film176.html en anglais, http://35mm-compact.com/reflex/canon.htm, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-6633-Canon_EOS%205000.html en français

Argentique

Le Minolta 7000 AF

Lancé en 1985, il fut le premier appareil reflex populaire avec autofocus au monde. Collector donc.

Le Minolta 7000 AF ou Maxxum 7000 aux USA et Alpha 7000 au Japon a donc franchi le dernier pas vers un autofocus intégré dans un reflex et il a surtout conçu un nouveau concept pour ce type d’appareil.

Canon, Nikon, Pentax, Olympus avaient bien expérimenté l’autofocus mais avec des objectifs autofocus autonomes qui ne fonctionnaient qu’avec leurs appareils parce qu’ils utilisaient les montures existantes. Pour l’époque, ça semblait logique d’installer l’autofocus dans les objectifs mais les logiques sont faites pour être bousculées : c’est ce que Minolta a fait.

crédit photo : Fou du Canon F-1

Le premier reflex professionnel avec autofocus avec détection de mise au point par contraste a été présenté par Nikon, le F3 AF en 1983, mais ça passait toujours par l’objectif.

crédit photo : MIR.com

Alors lorsque Minolta a présenté son 7000 AF, il allait révolutionner les appareils autofocus en rendant abordable cette technologie pour les amateurs de photographie.

Et il allait construire véritablement un nouveau « système »‘ AF complet autour de cet appareil (objectifs, accessoires) pour prouver que ce n’était pas un appareil avec autofocus ajouté mais bien pensé autofocus de A à Z. Et ça, c’était assez révolutionnaire … .

Mais qui dit nouveau système dit aussi – presque à chaque fois – nouvelles optiques : la Minolta A venait de voir le jour. Ce qui a généralement le don d’énerver les possesseurs du parc optique de la génération d’avant !

Cependant, ici l’avancée était telle que mêmes les râleurs de service ont bien dû admettre l’évolution positive de cette nouvelle gamme.

Etre le premier est un avantage tactique : Minolta a d’ailleurs dominé le marché du reflex pendant près de deux ans après ce lancement.

Minolta a intégré au boitier le système AF qui voit son prolongement naturel dans les objectifs, conçus pour la technologie « optoélectronique », extrêmement compacts, légers et à hautes performances. Un circuit intégré ROM (Read Only Memory Integrated) a été installé dans chacun des objectifs Minolta AF pour transférer automatiquement plus de 30 données essentielles de l’objectif vers l’ordinateur de l’appareil photo pour la mise au point automatique et le contrôle automatique de l’exposition, etc.

Résumons pour bien assimiler: le Minolta 7000 AF n’est pas un reflex traditionnel auquel on a ajouté un autofocus. C’est un appareil révolutionnaire qui redéfinit le reflex, construit avec un micro ordinateur dans le boitier, qui dialoguera avec les objectifs dédiés, eux-mêmes munis de puces et les flashs pour contrôler les fonctions de l’appareil afin d’obtenir un résultat optimal. Par exemple, les têtes de flash de l’appareil photo zoomaient automatiquement lors des changements de distance focale.

Là, Minolta avait atteint un niveau de sophistication jamais encore atteint, les autres marques se contentant alors d’un entrainement par moteur intégré et quelques fonctionnalités automatisées.

Enfonçons le clou encore un peu : le Minolta, en plus donc de son autofocus, possède le mode manuel, la priorité à l’ouverture, la priorité à la vitesse et les modes programme. Il est donc complet.

Ce qui déroute un peu aujourd’hui mais faisait partie de cette vision « moderne » en 1983, les molettes ont été remplacées par des boutons poussoirs et un écran à cristaux liquides (LCD), y compris pour le viseur.

Faut il préciser que certains ont peu apprécié ?

Ensuite, l’appareil est fabriqué en composites de plastique, ce qui le rend léger mais s’il paraissait solide à l’époque, de nos jours, ceux-ci vieillissent parfois mal.

Voyez la poignée de mon exemplaire, fissurée. Ça n’affecte pas les fonctionnalités de l’appareil mais esthétiquement ce n’est pas très joli et pas … rassurant. N’oublions pas cependant que ce reflex à maintenant 38 ans.

Tout n’a pas été rose car Honeywell a fait valoir que le système de Minolta enfreignait leurs brevets. Après un long procès, Minolta a été condamné en 1991 à payer des dommages et intérêts pour un montant de 127,6 millions de dollars.

Et les autres ? Nikon et Pentax ont emboité le pas de la mise au point automatique, en utilisant un système AF à matrice passive assez semblable à celle de Minolta mais ils ont décidé eux de garder la compatibilité avec leurs montures « historiques », la F et la K à mise au point manuelle.

Canon lui a choisi la même route que Minolta et il a créé une nouvelle monture en introduisant l’Eos 600, la monture EF, toujours d’actualité.

Pour ces deux marques, cette rupture leur a fait perdre des clients, (légitimement ?) frustrés mais leur en a fait gagner d’autres.

De nos jours, seules les montures K de Pentax, F de Nikon et EF de Canon ont toujours cours, Minolta ayant malheureusement disparu, absorbé par Sony … en fait, ce n’est pas tout à fait vrai, car la monture Minolta A est celle des Alpha de Sony !

Donc, cher possesseur de Sony Alpha dites-vous bien que vous pouvez monter toutes les montures anciennes des Minolta à monture A, ce qui vous coûtera moins cher que d’acheter d’autres optiques avec des bagues d’adaptation (ça doit faire dans les 50 objectifs différents)

-« Bon, c’est très bien tout ça, mais est-il toujours utilisable ? »

Mais oui mon bon monsieur ! Et même très bien. L’autofocus fonctionne parfaitement et rapidement – le seul regret serait qu’il soit un peu bruyant mais bon, les moteurs silencieux, c’est pour plus tard !

Il faut toutefois que le sujet à mettre au point soit bien contrasté, et pas trop sombre, pour qu’il ne patine pas ou ne se bloque

Le viseur est grand, clair, confortable avec des données clairement affichées. Au milieu, un grand rectangle et un second plus petit à l’intérieur indique le point AF. On peut facilement lire le mode d’exposition, les ISO et la compensation d’exposition, et les modifier.

Petite particularité, l’affichage des données dans le bas du viseur est éclairé par la lumière ambiante ou par un écran LCD orange en cas de faible éclairage. La LED s’allume automatiquement en fonction de la lumière provenant de l’avant de l’objectif, et non de la lumière réelle éclairant l’écran LCD par le haut.

L’écran LCD supérieur affiche le nombre de vue, l’exposition et le mode d’avance du film même lorsqu’il est éteint ou inactif.

Lorsque vous chargez le 7000 AF, le boitier lit le codage DX mais on peut modifier la valeur manuellement si besoin. Ceci dit, le chargement est automatisé : vous installez la cartouche dans la chambre, tirez l’amorce jusqu’au repère, fermez le dos et l’appareil charge le film pour la première photo. A la fin du film, appuyez sur le bouton marqué R et faites glisser vers la gauche.

Encore un mot sur le déclencheur à détection tactile qui est génial : l’écran se réveille sans avoir besoin de pousser, il suffit de l’effleurer.

Je ne vais pas reprendre toutes les données techniques (et elles sont nombreuses) de cet appareil, ce n’est pas ma tasse de thé et vous les trouverez dans les références ci-dessous.

Simplement je dirai que cet appareil, que vous pouvez trouver aujourd’hui pour trois fois rien (environ 20€) a ouvert la voie des appareils modernes et ça mérite le respect, d’autant qu’il est toujours parfaitement fonctionnel et performant (tenant compte de son âge).

Si vous en trouvez un en bon état, allez-y ne fut ce que pour revivre l’exaltation des premiers propriétaires de cet appareil qui pensaient avoir un morceau de modernité entre les mains … et ils n’avaient pas tort.

Une petite video publicitaire de l’époque, pour sourire

Petite video d’illustration :

Quelques références : https://www.beevar.com/minolta-af-7000-considere-comme-le-reflex-analogique-en-detail/, http://35mm-compact.com/forum/viewtopic.php?t=8689, http://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=11505 en français, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Minolta_7000, https://www.kenrockwell.com/minolta/maxxum/7000.htm, http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_7000, https://www.mir.com.my/rb/photography/hardwares/classics/maxxum7k/index6.htm, https://cameralegend.com/tag/minolta-maxxum-7000-review/, http://www.mir.com.my/rb/photography/hardwares/classics/maxxum7k/index.htm en anglais

Argentique

Le Canon T50

Cet appareil est sorti en 1983 et fut produit jusqu’en 1989. Il fait partie d’un quintet : Canon T50 – T60 -T70 – T80 – T90, représentant l’entrée de gamme, le moyen de gamme et le haut de gamme.

Il marque la fin de la série A, reflex tout métallique de la génération précédente pour entrer dans l’ère du plastique (ici plastique renforcé de fibre de verre)

C’est un tournant dans l’histoire des reflex. Pourquoi ? Revenons un peu en arrière : tout au long des années soixante, puis septante, les différents constructeurs d’appareils reflex ont multiplié les avancées technologiques, rendant leurs appareils de plus en plus performants mais aussi « compliqués » pour les photographes amateurs.

Cela ressemble à un paradoxe mais c’était une réalité : les fabricants de reflex avaient inondé le marché d’appareil de plus en plus sophistiqués, qui ravisaient les « technophiles » mais qui ont eu pour conséquence d’effrayer les amateurs, qui cherchaient un appareil facile à appréhender et le plus automatisé possible. Ce fut la grande époque des compacts tels les Konica C 35 AF, les Canon AF 35 M II, les Fujica DL 100 et consorts, qui offraient un excellent confort d’utilisation et que l’on utilisait prioritairement en mode automatique.

Autre réalité, puisqu’ils avaient saturé le marché, il était difficile de vendre de nouveau un réflex, les photographes un peu expérimenté en ayant déjà un et les prix de l’époque ne favorisaient pas les achats compulsifs (et ce n’était pas dans les habitudes du temps : les appareils étaient fabriqué pour durer alors on les usait jusqu’au bout)

Nous étions donc devant une double difficulté : d’une part les amateurs avaient la crainte de se retrouver avec un appareil trop compliqué et d’autre part, le marché des compacts semblait répondre à leurs attentes de qualité et de simplicité.

Canon fut un des premiers à se rendre compte de cette situation – Konica y avait été sensible aussi lorsqu’il avait présenté son FP-1 – et il eu l’idée de produire un reflex aussi facile à utiliser qu’un compact tout en autorisant quelques fantaisies comme celle de changer d’objectifs pour voir large ou loin, ce que les compacts ne pouvaient faire.

C’est la raison de la sortie de ce Canon T 50, qui fut sans doute le reflex le plus simple de tous les temps.

Donc ici, pas de folie et cela se voit sur la forme de l’appareil et le dépouillement des commandes.

le panneau de commande(s) : j’ai hésité à mettre le « s » car il y a le déclencheur, le barillet de programme, le sélecteur Asa/Iso et … c’est tout !

L’exploit fut de proposer un, mode d’exposition unique, non débrayable en mode manuel ou semi auto. Le Canon T 50 ne propose qu’un mode Program dans lequel l’appareil choisi seul la vitesse et le diaphragme. L’utilisateur n’a plus qu’à régler la distance de son sujet (ben oui, l’autofocus n’est pas encore de mise sur les reflex).

Quelques autres caractéristiques de ce drôle d’engin :

  • il utilise des pellicules qui peuvent aller de 25 à 1600 ASA.
  • moteur intégré permettant une prise de vue en rafale à la vitesse de 1,4 images par seconde (autonomie avec des piles alcalines : 75 pellicules 24 poses ou 50 pellicules 36 poses). Le rembobinage de la pellicule, par contre, demeure manuel.
  • il bénéficie d’un retardateur (position SELF) de 10 secondes.
  • existence d’un testeur de piles (position B.C. pour Battery Check).
  • moteur pour l’avancement du film mais rembobinage manuel (cadence de prise de vue 1,4 photo/s)
  • les vitesses – que vous ne verrez jamais – vont de 2s à 1/1000s

Avez-vous noté le mot « moteur » dans cette petite liste ? Ce fut le premier réflex à en intégrer un en interne, … comme sur les compacts !

Mais pour se démarquer, il y avait quand même quelques accessoires, tel le flash Canon Speedlite 244T, spécialement conçu pour le T50 qui mesure par infrarouge la distance du sujet, tel le déclencheur à distance filaire (le Remote Switch T3) ou un contrôleur sans fil permettant le déclenchement de l’appareil par un faisceau infrarouge (le LC-1), ou encore un minuteur TM-1 Quartz, qui permet de programmer des intervalles temporels allant de 1 seconde à 30 minutes entre les photos

Pour les objectifs, du connu, c’est la monture FD (qui succédait à la FL) et celle-là seulement. Notez que l’appareil apprécie plutôt les focales courtes, ses capacités en basse lumière ne sont pas trop compatibles avec les longs télé peu lumineux.

Les focales recommandées sont :

  1. l’objectif de base – Canon FD 50mm f/1.8 ou un f/1,4 (un must !)
  2. un grand angle – Canon FD 28mm f/3.5
  3. un mini télé considéré comme celui pour les portraits – Canon FD 100mm f/2.8
  4. un zoom assez lumineux – Vivitar Series 1 70-210mm f/3.5
  5. un objectif macro – Vivitar 90mm f/2.8

Mais attention : sur les montures FD il y a un mode A, qui assure la totale compatibilité avec le mode Program du boitier. Si vous décidez de quitter ce mode A, l’appareil verrouille la vitesse au 1/60s, ce qui limite les possibilités. Le message est clair : restez en mode P (et sur A pour l’objectif !).

Le viseur est très lumineux à défaut d’apporter une foule d’informations. Vous y trouverez un stigmomètre entouré de microprisme pour la mise au point des objectif FD. A droite de la fenêtre du viseur, un petit écran LED affiche le mode P ou M, qui indique seulement que la bague d’ouverture de l’objectif n’est pas sur A.

Bon, vous avez mis des piles AA (2), vous avez placé une pellicule dans l’appareil, vous avez indiqué la sensibilité de votre pellicule, vous avez « réglé » l’appareil sur le mode P (aviez-vous d’autre choix ?), appuyez une fois sur le déclencheur pour amorcer le film et vous collez votre œil au viseur pour prendre votre première photo … alors vérifiez le P vert dans la fenêtre car il vous donne des infos utiles :

  • Un P vert qui ne clignote pas signifie que vous pouvez prendre la photo
  • Un P qui clignote lentement (deux fois à la seconde) vous avertit que la photo peut être floue par un mouvement de l’appareil (ça arrive lorsque l’obturateur a une vitesse d’ouverture de moins de 1/30). Là, pas trente-six solutions : utilisez un trépied ou stabilisez-vous sur une surface solide. Ou bien, dans le pire des cas, montez le flash sur l’appareil. Sinon, trichez avec les Asa/Iso pour augmenter la sensibilité du film.
  • Un P clignotant rapidement : impossible de prendre la photo, il fait trop sombre et la vitesse de déclenchement est plus lente que celle prévue pour le boitier (2s). Reste le flash …

Lorsque vous appuyez sur le déclencheur, le film avance automatiquement à la vue suivante. Si vous laissez le doigt sur le dit déclencheur, vous engagez une « rafale  » d’environ une image (1,4) par seconde. A la fin du film, un petit bip vous signale que vous êtes au bout et vous allez pouvoir rembobiner, manuellement.

Que dire d’autre sur cet appareil ?

Esthétiquement, ce n’est pas le plus beau mais pourtant il est dense et on l’a bien en mains, la petite poignée contribuant à ce confort.

Son moteur est bruyant mais efficace.

Le parc optique des objectifs en monture FD est large et généralement très qualitatif. Aujourd’hui, elles sont toutes abordables.

Si vous jouez le jeux avec l’appareil, à savoir le laisser se débrouiller pour tout, en connaissant ses limites, accouplé aux excellentes optiques Canon FD, vous ne serez pas déçu des résultats et vous aurez vraiment le sentiment d’un gentil saut dans le temps, celui d’une certaine insouciance, n’ayant plus qu’à vous concentrer sur la prise de vue.

C’est un appareil délaissé, parce que trop simple, mais il est amusant à manipuler et les résultats sont bons. Vous en trouverez en très bon état autour des 15€, parfois même avec un objectif !

Si vous vous sentez l’âme un peu aventureuse, laissez vous tenter, vous rajeunirez de 30 ans en quelques secondes …

Une petite vidéo d’illustration

Toujours pas convaincu des capacités de l’appareil ? Vous trouverez quelques exemples de photo sur le site Lomography

Pour le mode d’emploi, c’est ICI ou LA

Des références : https://fr.wikipedia.org/wiki/Canon_T50, https://fr.wikihow.com/utiliser-un-appareil-photo-Canon-T50-35mm, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-10516-Canon_T50.html, https://www.fou-du-canon-f-1.net/appareils-canon-apres-le-f-1/canon-t-90/, http://www.canon.photo.free.fr/photos/modeles/reflex-manuel.php?canon=63 en français, https://casualphotophile.com/2014/05/05/canon-t50-camera-review/, https://www.outsidetheshot.com/best-canon-t50-camera-lenses/ en anglais

Argentique

Le Nikon F 65

Nous sommes en 2001, le numérique n’est pas loin mais on fabrique toujours d’excellents appareils argentiques. Ce Nikon F 65 en est la preuve.

Bon, ce n’est pas un haut de gamme, plutôt un entrée de gamme mais tout le savoir faire de Nikon y est pour vous aider à réaliser de bonnes photos.

Réduction des coûts dit généralement boitier en polycarbonate, léger et agréable à porter, ce qui est important si vous voulez avoir du plaisir à sortir votre appareil pour faire des photos, souvent. Toutefois, la monture de la baïonnette est en métal, pour monter tous les objectifs de la gamme.

Il a existé soit en robe noire, soit comme ici, argenté et noir. Affaire de goût, je ne tranche pas, ce n’est pas ça qui fait de bonnes photos.

C’est plutôt ce qui est dedans et là vous avez du tout bon. Comme c’est un appareil destiné aux amateurs qui veulent pouvoir progresser, les automatismes sont bien présents mais vous pourrez prendre la main en manuel lorsque vous serez prêt.

Les modes programmes vous permettent de vous concentrer sur la prise de vue, le plus important en fait : le fameux PSAM : mode Program, priorité vitesse, priorité ouverture, manuel, cinq Vari-programme (l’équivalent des modes scène chez Canon).

L’autofocus (AF) est dit « dynamique » et travaille sur 5 zones et une large plage pour assurer une parfaite netteté des sujets et vise à éliminer les risques de flou. La mesure est dite matricielle, c.-à-d. en simplifiant, que la mesure est faite sur cinq plages différentes. Pour chacune, la luminosité est mesurée, ainsi le contraste de la scène est déduit. Puis les mesures sont comparées à 25 cas enregistrés dans la mémoire de l’appareil. Le programme en déduit une adaptation de sa pondération de mesure. Il est possible de basculer en mesure centrée. La mesure matricielle n’est possible qu’avec les objectifs AF toutefois. Vous pouvez même contrôler la profondeur de champ (intéressant lorsque vous voulez éliminer les arrières plan disgracieux)

Vous bénéficiez d’un flash intégré automatique, qui permet le dosage du flash par rapport à l’ambiance et qui émet l’exacte quantité de lumière nécessaire pour garantir une photo équilibrée. Si besoin, vous pouvez ajouter un flash externe, dont on pourrait regretter que la vitesse de synchronisation est un peu lente : 1/90s. Mais à moins d’avoir besoin d’utiliser régulièrement un flash pour votre pratique, ce n’est pas handicapant.

Ensuite, le grand écran de contrôle CL, bien lisible, vous permet de vérifier d’un seul coup d’œil tous les réglages de l’appareil. Du retardateur au choix de la zone de l’autofocus en passant par le bracketing ou les modifications d’ouverture ou vitesse, les multi expositions.

Le viseur contient tout ce dont vous avez besoin pour contrôler la prise de vue. L’autofocus est performant et vous pouvez avoir une assistance pour la mise au point (lampe d’assistance AF) ,

Pour le charger, c’est comme chez Canon : vous posez la bobine dans la chambre, l’appareil lit le codage DX (sensibilité), vous tirer l’amorce jusqu’à un repère et vous refermez l’appareil. Il charge le film et c’est près pour la première photo.

Enfin, pour parler des optiques, comme chez Canon ou Pentax, le choix est vaste et de qualité. Il faut toutefois faire attention à ce que ce soit des Nikkor AF G pour bénéficier de tous les automatismes.

Au sujet des optiques, petite digression utile : Chez Njkon et chez Pentax, leur monture originelle est toujours de mise. Ça veut dire que vous pouvez toujours utiliser sur des boitiers plus récents des optiques parfois sorties il y a soixante ans, la baïonnette n’ayant pas changé. Soyons de bons comptes cependant : si vous pouvez toujours les monter, soyez réaliste, des perfectionnements ont eu lieu et les derniers comme les contacteurs électriques, voire les puces internes des nouvelles optiques vous permettent de bénéficier des avancées des nouveaux boitiers (p. ex. autofocus, stabilisation, réglages particuliers). Donc, si vous montez un objectif qui a soixante ans sur un boitier plus récent, vous devrez tout régler à la main mais vous pourrez toujours photographier avec.

Chez Canon, ils ont créé une nouvelle monture en 1987, la fameuse Canon EF. Qui contient déjà des contacts électriques pour assurer la liaison avec les boitiers. Donc si vous montez une optique ancienne sur un nouveau boitier, vous ne perdrez pas tous les automatismes mais certaines nouvelles fonctions ne seront pas disponibles (p. ex. commande de stabilisation)

En résumé, si c’est un appareil d’entrée de gamme, il possède certaines des caractéristiques techniques qui n’en sont pas moins communes au reste de la gamme, même au niveau le plus élevé. Nikon ne va pas « brader » ses produits.

Généralement boudé par les puristes de la marque, il se trouve facilement à des prix raisonnables, autour des 40€ nu. Ça vous permet de choisir ensuite les bonnes optiques qui iront avec. Comme d’habitude, un bon vieux 50mm ou un mini trans standard style 24 – 70 mais là aussi évitez les objectifs trop pointus.

Là encore vous ferez un bon achat.

Si vous cherchez son mode d’emploi, c’est par ICI (en français)

Enfin, une petite vidéo d’illustration

Quelques références : https://www.nikon.be/fr_BE/product/discontinued/film-cameras/2006/film-slr-camera-f65-black, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1910-Nikon_F65.html en français, https://www.kenrockwell.com/nikon/n65.htm en anglais

Argentique

Le Canon Eos 3000

Je pense que dans les personnes qui veulent (re)tâter de l’argentique, il y a deux profils : ceux qui veulent découvrir le début de l’histoire et qui se tourneront vers des appareils qui nécessitent un peu d’investissement, et ceux qui ont envie d’entrer dans le vif du sujet et pour qui la technique n’est pas un must.

Si j’osais une image, je dirais qu’il y a ceux qui achètent une épave de Fiat 500 « originale » et qui vont se plonger dans sa restauration de A à Z, et ceux qui en achètent une qui roule !

L’appareil dont je fais faire la présentation ici est dans la seconde catégorie.

C’est un Canon EOs 3000, un appareil d’entrée de gamme (l’Eos 5000 dont je parlerai plus tard est son prédécesseur dans cette gamme) qui permet d’entrer dans l’univers du reflex sans se ruiner.

Apparu sur le marché en mars 1999, il est donc le successeur de l’Eos 5000, avec des fonctions de base largement étendues par rapport à ce dernier.

Par exemple, il intègre le fameux sélecteur PSAM – modes programme et position manuelle (Programme – S vitesse – A ouverture – M manuel). et les traditionnels modes scènes.

Il possède une mesure évaluative à six zones liée à trois collimateurs de mise au point. Son flash intégré, s’il faut l’activer manuellement, est lié à la mesure pendant la prise de vue pour permettre un contrôle précis de l’exposition.

Vous pouvez monter dessus toutes les optiques Canon EF, ou tierces. Toutefois, peut-être pas les toutes dernières, prévues pour la précision extrême des capteurs numériques. Tant mieux, vous pourrez vous concentrer sur les premières versions, qui sont excellentes et abordables.

C’est un appareil simplifié mais loin d’être simpliste. Sa vitesse d’obturation de 30s à 1/2000s plus le mode bulb (pause longue) vous permet de faire face à la plupart des scènes à photographier. Vous pouvez aussi corriger l’exposition par incrément d’1/2 stop. Toutes les infos sont reprises sur l’écran LCD, à gauche, au dessus du déclencheur.

Vous pouvez aussi mémoriser l’exposition si vous devez recadrer votre sujet et vous bénéficiez d’un bip de mise au point (que vous pouvez désactiver si vous voulez rester très discret) et vous voyez dans le viseur l’indicateur AF de mise au point.

De plus, vous avez dans le viseur toutes les indications utiles lors de la prise de vue.

Autres petites attentions : une position permettant de verrouiller l’appareil en OFF (L en rouge sur le barillet), un retardateur, une assistance pour éviter les yeux rouges en cas d’utilisation du flash. Ppur charger le film, facile : vous ouvrez le dos, glissez la cartouche dans le compartiment, tirez l’amorce jusqu’au repère orange, et vous refermez l’appareil. Il va lire le codage DX (sensibilité) du film et amorcer le film jusqu’à la première vue. Maintenant, c’est à vous de jouer !

Bien évidemment, vous pouvez monter dessus tous les flash Canon de la série EX, ils sont synchronisés (au 1/90s) et ils règleront leur puissance fonction de l’ouverture choisir.

En résumé, c’est vraiment un appareil école, qui vous permet de mettre un premier pied, le cas échéant, dans l’univers des reflex Canon Eos.

Vous ne vous ruinerez pas avec lui. Comptez environ 25€ pour un boitier nu, ce qui vous laisse de la marge pour un bon objectif, un 35 – 80 ou un 24 – 105 par exemple, ou encore un excellent 50mm en f1,8 (ou moins si vous avez encore un peu de sous).

Si ce n’est pas le plus sophistiqué, c’est celui qui vous permettra de faire, éventuellement, vos premières armes, tout en vous permettant d’évoluer à votre rythme.

Il n’est pas difficile d’en trouver, en parfait état, et déjà équipé d’un objectif dans les sites de seconde main

Mais surtout, comme c’est déjà un Eos, vous ne serez pas trop dépaysé si vous évoluez dans la gamme par après, y compris en numérique, car les bases sont toujours les mêmes et l’ergonomie fort proche.

Donc, si vous en trouvez un, laissez vous tenter si un appareil pas trop sophistiqué vous convient, il vous permettra de voir venir. Et celui-là, vous n’aurez pas peur de le sortir, même dans des conditions difficiles.

Une petite vidéo d’illustration :

Des références, comme d’habitude : https://www.petervis.com/Cameras/canon-eos-3000/canon-eos-3000-review.html, https://fr.wikipedia.org/wiki/Canon_EOS, https://global.canon/en/c-museum/product/film207.htmlen anglais, http://35mm-compact.com/reflex/canon.htm http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1295-Canon_EOS%203000.html en français

Argentique

Alpa SI 3000

Et si je vous disais que même les Suisses ont créé et fabriqué des appareils photos, vous seriez surpris ? Nous connaissons ce pays pour sa qualité horlogère, son fromage, sa fondue, ses montages, ses abris anti-atomiques mais pas forcément pour ses appareils photos.

Eh bien, en 1918, la société Pignon Sa vit le jour dans le Jura suisse, non loin de la frontière française, dans un des berceaux de l’excellence horlogère. La société fabriquait alors des pièces pour l’industrie de précision, dont les montres.

Toutefois, les fluctuations dans ces domaines ont poussé l’entreprise à se diversifier, tout en restant dans un domaine où la précision et la méticulosité seraient de mise : la fabrication d’appareils photos répondaient à ces exigences.

En 1933 donc, la SA Pignon prend contact avec le concepteur Jacque Bolsky (aussi appelé Boolsky ou Bolsey bien que né Bogopolsky en Ukraine). Ce brave monsieur avait d’abord créé une caméra 35mm (Cinématographe Bol) puis une 16mm, la Bolex, qui fut une référence dans le monde des caméras en 8 et 16mm. Pour la commercialiser, il avait fondé la SA Bol, qui fut reprise dès 1930 par la SA Pignon. Celle-ci commercialisa quelques Bolex et nomma Bolsky ingénieur consultant au nouveau département Cine-Bolex.

Las, dix ans plus tard, le sieur Bolsky quitte l’Europe pour les Usa (mais c’est une autre histoire) et il laisse le développement des précurseurs de l’Alpa aux mains de la SA Pignon. Mais l’entreprise a pu saisir la chance de l’impulsion donnée, à savoir l’expansion de la société dans la fabrication d’appareils photographiques. C’est ainsi que jusque dans les années quarante des prototypes et des caméras expérimentales ont été développées (souvent des spécimens uniques, quelques séries limitées sous les noms de Bolca, Teleflex, Viteflex p. ex.). Ces « essais » ont été déterminant pour le développement ultérieurs de la gamme Alpa.

C’est en pleine guerre, en 1942, que la SA Pignon produit la première série de son Alpa Reflex et l’Alpa Standard (un télémétrique à objectifs interchangeables construit à 466 exemplaires).

En 1944, à l’exposition printanière de Bâle, la Mustermesse, l’entreprise présente enfin l’Alpa Reflex à un large public. L’Alpa entrait d’un seul coup dans le monde exclusifs des appareils haut de gamme, sa qualité de fabrication était exemplaire.

Puis en 1949, l’entreprise présente un des tout premiers reflex mono objectif avec pentaprisme, l’Alpa Prisma Reflex. Ce dispositif à prisme de toit, grâce au croisement des rayons réfléchis intérieurement, donne une image droite et correcte latéralement, alors qu’auparavant, il fallait redresser et remettre « dans le bon sens » les images vues dans les viseurs (p. ex. les Ihagee et les Exakta). Il faut savoir que dans un « toit » de réflex, il y a deux types de construction : le pentamiroir, qui est un assemblage de miroirs collés et le pentaprisme, qui est un verre taillé, beaucoup plus cher et compliqué à fabriquer.

source : https://www.autrefoislaphoto.com/musee/appareils-photographiques/film-35/alpa-alpa-prisma-reflex

Petite particularité, l’entreprise n’a jamais fabriqué d’optiques pour ses appareils, mais elle s’est adressée aux plus grands de l’époque pour la fournir : Angénieux, Asahi, Berthiot, Chinon, Enna, Kilfitt, Kinoptik, Schneider, Yashica, Zoomar, etc.

1952 a été l’année de présentation de la seconde génération des Alpa, conçue cette fois pas André Cornut, avec des innovations importantes : le corps n’est plus en tôles d’acier mais en alliage moulé sous pression et introduction d’une monture à baïonnette Alpa.

En 1958, ce sont les modèles b avec un miroir à retour rapide et le levier d’avance de film ALPA typique qui ont fait leur première apparition. Ce dernier devait être utilisé de l’avant vers l’arrière plutôt que dans le mode plus courant de l’arrière vers l’avant. Cet agencement inhabituel a simplifié la construction et a permis à l’utilisateur de garder son œil près de l’oculaire de la caméra tout en actionnant le levier. Notons que l’Exakta Varex IIa proposait la même chose, mais à gauche du pentaprisme.

source : http://waywiser.fas.harvard.edu/objects/20185/alpa-reflex-35mm-bmodel-camera;jsessionid=831B2E48F85F40C46EBEAF4205E47AA4

Les modèles évoluent au fur et à mesure pour qu’en 1964, avec le modèle 9d, ALPA réalise un coup de maître technique : l’un des premiers appareils photo avec un posemètre TTL (à travers l’objectif).

source : http://camera-wiki.org/wiki/Alpa_Reflex_9d

Il reste un bout de polémique à ce sujet, Asahi Pentax a inventé en 1960 le concept TTL, c-à-d. la mesure de l’exposition à travers l’objectif, et le présente à la Photokina cette même année. Il implante cette technologie dès 1964 dans le Spotmatic. En 1971, Asahi installe dans le Asahi Pentax ES, la toute première mesure automatique de l’exposition TTL. Rendons à César …

Puis, en 1968, la troisième génération ALPA dispose d’un posemètre couplé.

Ensuite, en 1970, le contrôle d’exposition notifié par une aiguille est remplacé à partir du modèle 11e par des LED (diodes électroluminescentes).

source : https://www.invaluable.com/auction-lot/alpa-reflex-11e-55-c-1abdc44346

Toujours dans leur « monde à part », la SA Pignon comptait plus ou moins 70 personnes et produisait environ 200 appareils par mois … mais il faut savoir que chaque appareil était toujours fabriqué à la main par des artisans ultra qualifiés

Cette année-là, Pignons SA a finalement abandonné son activité d’origine de fourniture de pièces à l’industrie horlogère.

hmm… vous me direz, les goûts et les couleurs … mais petits exemples d’appareils produits autour de 1970

Dans l’ordre, en haut à gauche, le Canon FTB, le Nikon F, le Minolta SRT 101, le Yashica TL Electro X, le Pentax Spotmatic.

Personnellement, je trouve que les boitiers Alpa ne sont pas « modernes » au sens où les appareils japonais présentés ici, sortis à peu de chose près en même temps, ont une esthétique très différente, moins « lourde ».

Les années septante verront des améliorations au niveau des posemètres, qui passent des cellules CdS (sulfure de cadmium) aux cellules au silicium (Si).

Mais c’est en 1976, lors de la Photokina de Cologne, que la SA Pignon étonne tout son petit monde en présentant un appareil portant le label Alpa mais fabriqué …. au Japon par Chinon : l’Alpa SI 2000, basé sur le Chinon CE II Memotron avec objectif à vis M42, la monture « universelle » de l’époque.

source : https://vintagecameras.org.uk/alpa-si-2000-camera-with-zoom-lens-rare/

Grandeur et décadence ! D’un appareil tout métal, fabriqué mains, on passait à un appareil fabriqué à la chaine, même s’il restait métallique.

Soyons de bon compte, Chinon était LE spécialiste du « boitier blanc », c.-à-d. fabriqué chez eux mais pour d’autres marques, qui ne faisaient qu’y coller leur logo. Il avait donc l’expertise et de plus, le cahier des charges était toujours signé Alpa.

Sans doute la marque voyait elle là une façon de jouer sur sa réputation et augmenter ses chiffres de vente. Ils ont réitéré la chose en 1980 en sortant l’appareil qui nous préoccupe aujourd’hui, l’Alpa SI 3000.

Toujours construit sur base d’un Chinon, ici le Chinon CE-4, cet appareil fut néanmoins le champ du cygne de la firme

En 1990, une procédure de mise en faillite était prononcée à l’encontre de la SA Pignon. Cependant;, en 1996, le nom Alpa renaît avec de nouveaux propriétaires. Alpa est désormais une marque déposée de Capaul & Weber, Zurich, Suisse, qui fabrique des moyens formats d’exception.

Voilà, ce fut un peu long mais l’histoire de cette marque est, je trouve, assez extraordinaire et méritait d’être contée, pour mieux comprendre le désamour envers cet appareil par les aficionados des premières heures de la marque.

Car il n’est pas mauvais du tout cet appareil. Contrairement à son ainé, le SI 2000, il opte pour la célèbre monture K, assez universelle et plus moderne. Elle ouvre l’appareil à un parc optique très large.

Ensuite, le Chinon CE-4, qui lui sert de base, est un bon appareil, jugez plutôt :

C’est un appareil automatique à priorité ouverture. Une fois le mode activé en mettant la molette sur P, vous choisissez votre diaphragme et l’appareil photo vous donnera une vitesse d’obturation adaptée pour que vous ayez une exposition correcte. L’affichage à diodes dans le viseur précise simultanément la vitesse réelle et propose la vitesse préconisée par la cellule. Celle-ci clignote tant que les deux points ne sont pas convergents et l’exposition correcte.

Ses point forts sont son obturateur Seiko au 1/1000s, une plage de sensibilité correcte avec compensation de l’exposition et la mise en mémoire. Il a aussi quelques points faibles, comme l’absence de blocage du miroir ou de contrôle de l’ouverture dans le viseur.

Alors, il y a un jeux que j’aime bien, celui des 10 erreurs … donc petit comparatif entre un Chinon CE-4 et l’Alpa

Vous constaterez que les différences sont avant tout cosmétiques :

  • un trait vert pour le repère des vitesses contre un triangle blanc chez Alpa
  • un repère vert pour les Asa, un triangle blanc de l’autre côté
  • des chiffres rouges et verts sur le barillet des vitesses contre des bleus chez Alpa
  • la platine porte objectif est courte sur le Chinon tandis qu’elle se prolonge sous le retardateur sur l’Alpa
  • le retardateur du Chinon a une marques verte et est noté 5 – 10 dans le sens horaire alors que sur l’Alpa, la marque est blanche, marqué 0 – 5 – 10 dans le sens anti-horaire
  • le levier de relevage du miroir est strié sur le Chinon alors qu’il ne l’est pas sur l’Alpa
  • le capot du prisme du Chinon porte un « bandeau » en métal, sur lequel la marque est gravée tandis que le capot de l’Alpa est d’un seul jet
  • ce capot est d’ailleurs différent sur les 2 appareils par exemples au niveau de la griffe porte flash qui est posée sur le Chinon et intégrée dans l’Alpa – cette différence de capot se justifie t’elle parce que l’Alpa aurait un vrai pentaprisme et le Chinon un pentamiroir .
  • la dotation de base est un 50mm Auto-Chinon ouvrant à f1,9 contre un Auto-Alpa (fabriqué au Japon) 50mm ouvrant à f1,7
  • la manivelle de rembobinage est à plat sur le Chinon tandis qu’elle est légèrement courbée sur l’Alpa
  • le rond sur lequel repose la manivelle est strié sur le Chinon, pas sur l’Alpa
  • les barillets des vitesses et des Asa sont un peu évasés et cannelés sur le Chinon alors qu’ils sont droits et rainurés verticalement sur l’Alpa
  • le levier d’armement est plus proéminent sur le Chinon alors qu’il est plus plat mais plus anguleux sur l’Alpa
  • il n’y a pas de « mémo » film sur le Chinon (cette petite fenêtre où vous pouviez glisser le dessus de la boîte du film pour vous souvenir de ce que vous aviez mis dedans)

Quant à la mécanique interne, elle est identique, mais ça ne se voit pas !

Ceci étant, son ergonomie est plus que correcte et on l’a vite « en mains » car il est facile à comprendre et à utiliser. Et pour ceux qui apprécient les multi expositions, le petit levier devant celui d’armement permet de les réaliser tout simplement. Autre petite astuce, si vous n’avez pas utilisé l’appareil depuis un moment et que vous doutez de l’état de la batterie : vous mettez sur Auto, armez et gardez le levier en extension en appuyant à mi-course sur le déclencheur : une petite diode rouge s’allume si la batterie est toujours ok. Toujours à propose de la pile, il y a une position OFF pour éviter une décharge trop rapide.

Pour ceux qui auraient encore quelques doutes, le mode d’emploi est ICI

Franchement, c’est un boitier sympathique, guère plus gros que le Pentax ME ou ME Super, qui donne envie de le sortir. Et son objectif de base, un très beau 50mm ouvrant à f1,7 est loin d’être ridicule.

Reste sa cotre actuelle, autour des 250€. Est-elle justifiée ? Si vous voulez avoir un pan d’histoire peu ordinaire de la photo en main, à coût « raisonnable », pourquoi pas. Si vous n’avez pas l’âme nostalgique, les concurrents que j’ai cités feront parfaitement l’affaire, pour un prix plus « réaliste » ou alors vous négociez avec le vendeur avec les arguments que vous aurez piochés dans cet article.

Si vous avez l’occasion d’en essayer un, ne vous privez pas …

Quelques références peut-être utiles : https://www.flickr.com/photos/siimvahur/15022398270/, http://camera-wiki.org/wiki/Alpa, https://enacademic.com/dic.nsf/enwiki/1717723/Alpa, https://highcurrenttransformer.blogspot.com/2009/01/alpa.html, http://www.hans.bissem.de/meine-hobbies/fotografieren/history.html en anglais, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-3244-Alpa_Si%203000.html, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-3393-Chinon_CE-4.html, http://www.dmin-dmax.fr/texteAlpa/alpa.htm en français

Argentique

Pentax SFX

Pas avare en innovations, Pentax avait sorti en 1981 le Pentax ME-F, qui fut le premier appareil autofocus en 35mm.

En 1987, le SFX sera le second appareil doté de l’autofocus sorti par Pentax.

Si le premier nommé utilisait toujours la baïonnette K, le second allait inaugurer la K-AF. La principale évolution tenait au fait que le moteur autofocus était maintenant dans le boitier et non plus dans l’objectif. Il y a donc un couplage mécanique qui commande le déplacement des groupes de lentilles.

Ce qui fait dire aux spécialistes que le Pentax SFX peut être considéré comme le premier reflex autofocus « moderne »

Autre point d’intérêt, le système AF est à détection de phase et non plus à détection de contraste.

Il n’y a qu’un seul capteur AF, qui mesure la distance du sujet au centre de l’image (principe de la triangulation d’un point par rapport à un autre). C’est la raison du sigle SAFOX qui signifie « Sensor Ability Fortifying Optical Compensating System ». Il a subi quatre révisions, avec SAFOX-I utilisé dans les corps AF de la série SF, et SAFOX-IV dans les corps ZX / MZ. Tous les objectifs de type SAFOX sont entièrement compatibles avec tous les boîtiers SAFOX. Fondamentalement, cela signifie que les boîtiers SF, Z / PZ et ZX / MZ sont tous compatibles avec tous les objectifs F et FA.

« Ce système fonctionne comme suit. Le miroir principal qui est semi-transparent au milieu laisse passer une quantité fixe de lumière vers un petit miroir auxiliaire à son dos. Ce miroir redirige la lumière vers un capteur CCD sensible à la lumière qui prend une décision sur la mise au point de l’image, puis transmet un signal électrique à la puce de mise au point automatique. Cette puce calcule la quantité requise et le sens de rotation du moteur AF. L’analyse «in focus» est basée sur la détection de phase. Les rayons lumineux qui sont déviés par le miroir auxiliaire passent à travers un filtre infrarouge puis à travers un système de lentilles qui divise l’image en deux. Si l’image est nette, ces deux images correspondent. Si l’objectif est focalisé trop loin, les deux images ont une plus grande distance sur la ligne CCD, si elle est focalisée pour rétrécir ces deux images ont une distance plus courte que dans la position «zéro». À partir de cette image, le déphasage de l’ordinateur calcule le nombre et la direction des rotations du moteur de mise au point automatique. Il n’est pas possible de s’arrêter pour le moment d’une mise au point à pleine vitesse au point exact. Ainsi, la vitesse est réduite avant d’atteindre le bon point AF. L’ordinateur de l’appareil photo subdivise le nombre de tours pour atteindre le bon point AF. Un interrupteur photo dans l’objectif compte les impulsions et les renvoie à l’appareil photo. La caméra compare la valeur réelle avec la valeur nominale. Quelques étapes avant que la valeur nominale ne soit atteinte, la vitesse du moteur de mise au point automatique est réduite. À la devise «La confiance c’est bien – le contrôle est meilleur», l’ordinateur lance une mesure de contrôle ». source : http://kmp.pentaxians.eu/technology/af-2/

Bon, si vous n’avez pas tout compris, sachez que la mise au point est confirmée par un « indicateur de confirmation de mise au point », situé au bas du dépoli, encadré par deux indicateurs de directions (pour corriger plus facilement la mise au point).

Heu … encore un mot au sujet de ce système : il est toujours utilisé par Pentax dans ses appareils actuels et numériques pour la mise au point de l’autofocus. Je crois qu’ils en sont à la version Safox 13.

S’il venait à manquer de lumière, à côté du flash intégré, il y a une diode à forte luminosité qui assiste l’autofocus lors de la mise au point.

Tiens, en parlant de flash intégré, il faut remarquer que ce fut aussi le premier appareil au monde à proposer un flash automatique qui fait partie intégrante du boitier.

Ceci étant, toujours en parlant de flash, c’est encore le premier boitier de la marque, cette fois, à proposer une griffe flash déportée sur la droite, au dessus du déclencheur, comme sur la série Z dont je vous ai présenté le Pentax Z10.

Pour le reste, l’appareil propose un automatisme avec priorité à la vitesse, un mode « Program » et un mode « manuel ».

Ensuite, un curseur, à gauche près de l’objectif, permet de sélectionner la mise au point automatique, la mise au point unique et la mise au point manuelle. Je reviens un instant sur la « mise au point unique ». En fait, la mise au point se fige une fois celle-ci acquise, ce qui peut être utile dans certaines situations posées.

J’avoue que c’est un peu perturbant quand on a l’habitude de travailler avec des molettes rondes dédiées à une fonction car ici tout se règle avec une alternance de pousser – tirer sur les différents curseurs (voir la vidéo ci-dessous). C’est une question d’entrainement sans doute. Sur les quelques forums consultés pour préparer cet article, d’aucuns trouvent ça génial, d’autres ne s’y habituent pas ou difficilement.

Un mot aussi sur l’écran LCD, très grand, qui vous renseigne sur les fonctions utilisées et qui, étrangement, reste allumé même lorsque l’appareil est lui éteint. En fait, ça vous permet de savoir quel mode, quels paramètres vous aviez utilisés. Petite astuce utile, il peut être éclairé lorsqu’il fait noir.

Le viseur parait immense lorsque vous portez l’appareil à l’œil et il possède un correcteur dioptrique toujours bien utile (surtout quand on est plus vieux que l’appareil testé).

Que penser du design de l’appareil, très années « quatre-vingt » avec ses arrêtes tendues et pourtant arrondies aux extrémités ? Ben, là, on aime, … ou pas !

Toujours dans l’optique de simplifier l’utilisation de leurs appareils, les ingénieurs de chez Pentax vous facilitent la tâche : vous déposez le film dans la chambre, l’appareil « lit » le codage DX (sensibilité du film) et lorsque vous refermez le dos, l’appareil charge le film jusqu’à la première vue. En fin de bobine, le boitier rembobine et si vous voulez l’interrompre en cours de prises de vues, il suffit d’appuyer sur le bouton ad hoc (garanti par une sureté) et l’appareil rembobine tout seul. C’est pas beau le progrès ?

Voilà, (normalement) c’est avec cet appareil que je termine mon incursion chez Pentax, qui fut une marque innovante et qui – pour la petite histoire – est la seule de nos jours à encore défendre le principe du reflex « classique »; elle n’a aucun hybride à son catalogue actuel mais vient de lancer un Pentax K-1 II qui n’a pas à rougir face aux autres ténors de la catégorie pro.

Une remarque par rapport à la monture K : Pentax est étroitement lié à celle-ci, créée en 1971 et utilisée pour la première fois sur les appareils reflex de la marque en 1975 (le Pentax K2). Cette monture K, dans sa première définition, a été voulue « universelle ». Elle est adoptée par Ricoh, Chinon, Cosina, Vivitar, Voigtlander et plus tard Zenit. Avant cela, les appareils 24×36 Pentax utilisaient comme beaucoup d’autres marques la monture M42 vissante, l’autre monture historiquement universelle.

Encore un mot au sujet de la marque : en 2002 Pentax devient Pentax Corporation, elle devient une des plus grandes entreprises mondiales dans le domaine de l’optique, produisant appareils photo, jumelles, objectifs photographiques, ainsi qu’une variété d’autres instruments optiques. Au premier janvier 2004, Pentax Corp. revend sa division Pentax Vision qui produit des verres correcteurs, au groupe SEIKO. Pentax Vision devient une division de Seiko Optical. Le six août 2006, le groupe Hoya lance une OPA amicale envers Pentax et en acquiert 90,59 %. Le vingt-neuf octobre 2007, Hoya et Pentax annoncent que les effectifs de Pentax seront fusionnés avec ceux de Hoya, et que la société Pentax cessera d’exister en tant que telle.

Pentax allait avoir nonante ans (fondée en 1919).

Le premier juillet 2011, le groupe Hoya annonce l’intention de revendre à Ricoh la division Pentax Imaging Systems Business, le département photo de Pentax, le département médical restant dans le groupe Hoya. Mieux connu pour sa production d’imprimantes et de photocopieurs, Ricoh a un passé de constructeur de Reflex. À cette époque, Ricoh est l’un des premiers constructeur à adopter la monture K. Aujourd’hui Ricoh a gardé une petite activité photographique notamment en compact « expert ». Le premier octobre 2011, Ricoh annonce la création de la filiale Pentax Ricoh Imaging Company, Ltd. dont la branche française (Pentax Ricoh Imaging France S.A.S). Enfin, le neuf février 2012, la société mère Ricoh annonce au CP+ (Camera & Photo Imaging Show, Tokyo) une réorganisation de toutes les divisions d’imagerie du groupe, y compris la division des appareils photo Ricoh, pour les mettre sous la direction de la nouvelle entité Pentax Ricoh Imaging

Une saga économique qui n’est pas sans rappeler celle, récente, d’Olympus.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Une video d’illustration :

Les infos techniques :

Modes d’exposition: AE programmé, priorité à l’ouverture, priorité à l’obturateur, mesure manuelle. Plage de mesure EV1-EV20 à 100 ISO avec objectif 50 mm f / 1.4. Compensation d’exposition EV-4 à EV + 4 par demi-pas.
Vitesses d’obturation: B (jusqu’à 7 heures !) À 1 / 2000s. Synchronisation du flash à 1 / 100s.
Monture d’objectif: Pentax K-AF. (Peut également accepter tous les objectifs manuels à monture K et M42 avec un adaptateur.)
Objectif fourni: zoom SMC Pentax 35-70 mm (avec macro), max. ouverture f / 3,5.
Modes de mise au point: AF unique, AF servo et manuel. Autofocus en environ 0,3 s. Distance minimale de 0,7 m. Spotbeam pour faible luminosité jusqu’à 4m.
Viseur: Pentaprisme avec réglage dioptrique. Champ de vision de 92%. Caractéristiques LED pour la mise au point, l’exposition, la vitesse d’obturation, la disponibilité du flash.
Flash intégré: le nombre guide est de 14 m à 100 ISO
Autres caractéristiques: écran LCD externe avec toutes les informations dont vous avez besoin, retardateur, chargement et rembobinage automatique du film.
Alimentation: 1 pile au lithium 2CR5 6V. Il existe un grip en option pour utiliser des piles AA.
Poids: 665g (sans batterie) source : .https://camerapedia.fandom.com/wiki/Pentax_SFX_(SF1)

Des références : http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-4137-Pentax_SFX.html, https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_produits_Pentax, https://www.ricoh-imaging.eu/fr_fr/5, https://fr.wikipedia.org/wiki/Pentax en français, https://en.wikipedia.org/wiki/Pentax_SFX, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Pentax_SFX_(SF1), https://www.pentaxforums.com/camerareviews/pentax-sfx-sf1.html, https://oldcamera.blog/2018/05/31/pentax-sfx/, http://kmp.pentaxians.eu/technology/af-2/ en anglais

Argentique

Pentax Z 10

Ce Pentax sera l’avant dernier que je vous présente et c’est le second appareil que j’ai repris chez le vide grenier, avec le Pentax P30 que je vous ai présenté plutôt.

Ce Pentax Z 10 est sorti en 1991, soit six ans après le Pentax P30. Et je dirais que « ça se voit », la forme et le style sont tout à fait différents et un peu … déconcertant.

Le Z-10 est un appareil d’entrée de gamme, sa sortie allait inaugurer la série Z dont l’aboutissement sera le Z-1.

Qui dit nouveaux appareils dit aussi souvent nouvelles optiques, dont les fameux zooms FA, extrapolés eux aussi des optiques K, puis K-A.

La particularité de ces nouveaux zooms est qu’ils sont à assistance électrique :

« […] Le fait de manœuvrer la bague des focales engage donc l’assistance d’un moteur électrique. Celui-ci adapte la rapidité du changement de focale à la vitesse de rotation de la bague par l’utilisateur. Il est toutefois possible de débrayer cette assistance. Sur ces objectifs, il y a un bouton poussoir à trois positions. Une de celles-ci, nommée AS, a une utilisation originale. Elle ne peut être maintenue, il faut pousser le bouton sur cette position le temps d’un réglage. Si on le presse simultanément avec le bouton « – » qui se trouve sur le boîtier, on mémorise la focale en cours et celle-ci devient la focale par défaut. Elle peut être rappelée instantanément par l’appui sur un bouton … en perdant complètement la mise au point !

En pressant le bouton en position ‘AS’ et en appuyant sur le bouton du boîtier « + », et en cadrant, on mémorise le taille du sujet. A chaque pression sur le déclencheur, l’appareil recadre pour maintenir la taille du sujet. Cela fonctionne assez bien avec un sujet qui s’est déplacé, mais cela ne fonctionne pas avec un sujet en mouvement.[…] » source : http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-2291-Pentax_Z-10.html

C’est encore une fois un appareil destiné « aux amateurs » qui voudraient, peut-être, évoluer. Il est donc doté d’un mode « Program » et d’un mode « Manuel ». Dans le mode P vous ne verrez pas d’indication du couple vitesse/ouverture choisi par l’appareil, il faut lui faire confiance (mais bon, chez Pentax, ils sont loin d’être mauvais à ce jeux là).

Dans le mode M, la mesure de la lumière passe en mesure Spot (très ciblée donc).

Pour le reste, il vous simplifie vraiment la vie : vous chargez le film, dont il détecte la sensibilité (codage DX), il charge la pellicule jusqu’à la première vue et il ne vous reste plus qu’à viser et appuyer sur le déclencheur pour votre première photo (sorry, les appareils qui feront tout à votre place, c’est pour plus tard, dans les années 2020 et suivantes).

Ce qui frappe lorsque vous regardez l’appareil pour la première fois, c’est la place de la griffe porte flash, déportée sur la droite, près du déclencheur. Et à sa place habituelle, il y a un petit écran à cristaux liquides qui indique le nombre de photos, le mode enclenché, la correction d’exposition, …

C’est une caractéristique que l’on retrouvera dans toute la série des Z et aussi dans une autre, celle des SF, mais c’est une autre histoire (et ce sera mon dernier article sur les Pentax, car il me reste un SFX à vous présenter).

Comme vous pouvez le voir sur les photos ci-dessus, l’exemplaire que j’ai trouvé est bien doté : un zoom 28 – 80mm, un zoom 100 -300 mm tous les deux de cette nouvelle gamme des FA. Ah, et il y avait aussi un doubleur de focale (coefficient de 1,7).

Et si vous avez été attentif, vous aurez vu qu’un film est encore dans le boitier. Si j’en crois l’afficheur, seules les trois premières photos ont été prises. Je sortirai la pellicule, qui sera remise dans un autre appareil sans doute et les 3 photos, si elles sont exploitables, rejoindront « les photos oubliées ».

Bon, ceci étant, je vous avoue que je suis un peu perturbé par le look de l’appareil, qui est très éloigné des premiers Canon Eos, pourtant contemporains. J’ai beau le manipuler, je n’accroche pas. Autant le P30 était vite assimilé, autant celui-ci me résiste.

Pourtant il a dû avoir son public et ses partisans. C’est cela aussi la découverte d’anciens appareils : parfois on tombe sous le charme et parfois celui-ci n’opère pas.

Ce n’est pas faute, chez Pentax, d’avoir tenté de simplifier l’acte photographique, avec – généralement – de très bons résultats (si vous avez vu les photos de Fred avec le P30, vous en conviendrez). Et ici, ils ont encore poussé la recherche un cran plus loin avec cette nouvelle gamme d’objectifs.

A vous donc de vous faire une opinion si vous en trouvez un.

Une video d’illustration :

Quelques données techniques (source : http://camera-wiki.org/wiki/Pentax_Z-10/PZ-10)

Monture d’objectif: KAF2
Mise au point: AF avec sensibilité de 1 à 18 EV
Compteur: cellule photoélectrique SPD
Modes d’exposition: HyM, M, P
Objectifs K et M: spot
Objectifs A, F et FA: 6 segments en mode P, spot: en modes M et HyM.
Compensation d’exposition: +/- 3 EV en 1/2 pas
Plage de mesure: 1 à 21 EV
Vitesse du film: Auto DX; 25 à 5000 ASA
Obturateur: électronique; vitesses d’obturation de 30s à 1/2000, B
Viseur: 0,77 x [92%], avec obturateur et ouverture LED
Flash: intégré; GN: 12
Synchro flash: 1/100 à 30, B
Alimentation: 1x batterie 6V 2CR5
Retardateur: 12 secondes
Dimensions: 146 x 92,5 x 66,5 mm
Poids: 490 g nu

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Pentax_Z-10/PZ-10, https://www.pentaxforums.com/camerareviews/pentax-z-10-pz-10.html, https://simonhawketts.co.uk/2016/08/12/pentax-z-10-autofocus-35mm-slr/, https://www.pentaxuser.com/article/pentax-user-archive-article–pentax-z-10-558 en anglais, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-2291-Pentax_Z-10.html en français

Argentique

Pentax P30

J’ai continué à visiter le vide grenier où j’avais débusqué les Pentax ME et Pentax ME Super (en fait, j’avais repéré deux autres appareils que je ne connaissais pas) et j’en suis ressorti avec d’autres Pentax : un Pentax P30 et un Pentax Z10, et quelques accessoires.

Encore une fois, si je me débrouille pas mal dans les gammes de chez Fuji, Minolta et – surtout – Canon, Pentax restait pour moi une marque à découvrir.

Pour les Olympus, je laisse ça à mon ami Fred, qui les connais mieux que moi.

Donc, ce Pentax P30 fut présenté lors du Salon de la Photo de Paris en 1985.

Sa clientèle cible sont les débutants ou les quasi-débutants. Pourquoi ? Grâce à son mode « Program » (d’où le P dans le nom), il assure au néophyte la réussite de ses photos et son mode semi-automatique permettra à la même personne d’aller un peu plus loin avec un minimum de maîtrise.

L’électronique embarquée, mesure, analyse et choisit ouverture et vitesse en fonction de la sensibilité, que vous n’aurez pas à régler puisque le codage DX (inscrit sur la bobine du film) l’aura fait pour vous. En effet, la sensibilité est fixée par le codage DX des films, que l’appareil « lit » au moment où vous introduisez la bobine dans la chambre, sinon la sensibilité est positionnée à 100 ISO, par défaut..

Lorsque notre néophyte le sera un peu moins et qu’il aura à cœur de découvrir d’autres possibilités, il choisira le mode « Semi-automatique ». Grâce au posemètre, le boitier propose une vitesse idéale en fonction de l’ouverture et à vous de régler la vitesse ou vice versa. Il permet soit de choisir un diaphragme soit une vitesse et de régler l’autre paramètre en suivant l’indication du posemètre dans le viseur, ou de s’en passer.

Pentax a positionné son (alors) nouvel appareil en face d’une clientèle précise, en la séduisant, en plus, par une esthétique nouvelle et plaisante (pour l’époque, quoiqu’il ne fasse pas démodé 35 ans plus tard).

Techniquement, il propose des choses intéressantes comme des vitesses de 1/1000 à 1 sec + pose B et 1/100ème de seconde pour la synchro flash, à condition que le flash connecté sur la griffe porte-accessoires soit de la marque car elle est dotée de contacts spécifiques.

La monture d’objectif n’est plus la célèbre K mais la K-A. Elle dérive de la K de 1975, mais Pentax y a ajouté des contacts électriques en 1983 pour devenir la K-A.

C’est donc loin d’être un appareil au rabais. Ils ont même mis un testeur de profondeur de champ ! L’ergonomie, si elle déroute un peu par rapport à nos boitiers modernes, a été bien pensée : toutes les commandes importantes sont au bout de l’index (le déclencheur, la molette des vitesse et le levier de test de profondeur de champs).

A part bien le nettoyer et remettre de nouvelles piles (des LR44 comme d ‘habitude) je n’ai rien eu à faire sur le boitier, dans un très bel état de conservation.

Et puis, je vous avoue qu’il a eu ce petit »truc » en plus, qui le rend attachant : dans le sac où était remisé l’appareil, il y avait un flash Pentax, comme neuf, et deux objectifs – un Takumar-A Zoom 28 -80 et un Pentax SMC 200 mm – mais surtout, une copie de sa facture d’achat, sa carte de garantie, un petit fascicule qui accompagnait autrefois les bobines de films (ici, de l’Agfa), du papier Kodak pour nettoyer les optiques et un chiffon spécifique pour les mêmes optiques, et enfin un petit mot de son ancien propriétaire qui – sans doute lorsqu’il a déposé l’appareil au Vide grenier – avait re noté le prix d’achat, converti en euros.

Je pense qu’il a dû avoir quelques difficultés à se défaire de cet appareil, dont il avait pris grand soin.

Voici le scan de la facture (j’ai ôté les éléments qui permettraient d’identifier la personne) et, ce qui m’a aussi frappé, c’est que cette personne, qui a acheté l’appareil dans un magasin bruxellois, habite le même village que moi.

Si j’ai dû jeter le sac, irrécupérable, les objets à l’intérieur sont dans un état impeccable..

Je ne sais pas encore si je vais mettre un film dedans mais je peux déjà dire que c’est un boitier facile à prendre en mains, agréable, pas très lourd (environ 500 gr tout nu). C’est un boitier compact, qui donne envie de le prendre avec soi et qui a été pensé pour faciliter l’envie de prendre des photos sans se débattre avec un mode d’emploi à rallonge et des fonctions à foison dont vous n’utiliserez pas la moitié : ici tout est pensé que vous ayez envie de faire des photos.

Et quand j’écrivais, ailleurs sur le site, que la photo c’est du partage, je remercie Fred qui n’a fourni un lien vers des images qu’il a prises avec cet appareil en son temps. Je vous invite à les voir ICI ou dans son commentaire.

Le parc optique en monture Pentax K-A est grand, avec de « beaux cailloux », qui sont encore à des prix abordables.

Donc, si vous en trouvez un, soyez raisonnable, faites vous plaisir : craquez.

Pour le mode d’emploi, c’est ICI

Une vidéo d’illustration :

Quelques références : https://www.objectif-argentique.com/le-pentax-p30/, https://www.pentaxiste.org/revues-de-matos/boitiers/Le-Pentax-P30T, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-11133-Pentax_P30.html en français, https://cameragx.com/2020/09/09/the-last-mass-market-manual-focus-slr-the-pentax-p3-p30/, https://www.pentaxforums.com/camerareviews/pentax-p3-p30.html en anglais

Argentique

Pentax ME Super

Pour continuer mon incursion dans le monde des Pentax, voici donc le Pentax ME Super.

Comme précisé dans l’article consacré à son prédécesseur, le ME cet appareil est apparu en 1979 et fut produit jusqu’en 1986.

Celui que j’ai acquis, en même temps que le ME de l’article en question présente lui un souci parait il connu : son miroir est « collé » en position haute, empêchant de l’armer et de déclencher. Il est monté d’un 150mm f3,5 de la gamme compacte SMC et, petite particularité, il est équipé d’un dos dateur.

Mais avant de me résoudre à le faire réparer, je vais vous le présenter

Le ME Super fut un gros succès du début des années 80. Il s’agit d’un reflex à présélection automatique du diaphragme, comme le ME. En fait c’est un semi automatique à priorité à l’ouverture dont une des particularités réside dans la sélection de la vitesse qui s’effectue à l’aide de deux poussoirs permettant de parcourir la plage des vitesses.

L’obturateur, toujours métallique et à défilement vertical, permet les vitesses de 4 secondes au 1/2000 de seconde. Il est possible d’utiliser cet appareil sans pile, au 1/125 de seconde (1/100s pour le ME). La vitesse de synchronisation avec les flashs est le 1/125 (ici aussi, 1/100S pour le ME).

Dans le viseur, petits changements aussi : cette fois, trois couleurs de diode apparaissent : le vert indique les vitesses entre 1/2000 et 1/60, le jaune les vitesses entre 1/30 et 4 secondes,le rouge la sous-exposition ou la correction d’exposition ou le mode manuel.

Pour les piles, toujours 2 bonnes LR44 à tout faire. Notez que pour le dos dateur, il faudra en compter 3 de plus. Et si jamais vous tombez en panne de piles (distrait va !), vous pouvez toujours travailler mais au 1/125s ou en pause B

Ce boîtier est toujours de petite taille, pas de grands changements par rapport au ME. Son poids est pourtant moindre, seulement 445 grammes tout nu.

Upgrade du Pentax ME, il s’en distingue par les évolutions principales suivantes :

  • Un mode d’exposition manuel – alors que le ME est purement automatique.
  • Les vitesses de 4 sec. à 1/2000 sec., avec synchronisation du flash à 1/125 sec – pour les ME, 8s et 1/1000S et synchro flash au 1/100S.
  • Un contact de flash supplémentaire dans le sabot porte flash pour l’utilisation de flash dédié Pentax.

L’exposition est TTL ( en français ça veut dire à travers l’objectif) et réalisée à pleine ouverture. Elle est du type centrale pondérée et activée par une pression à mi-course sur le bouton de déclenchement.

Le viseur du Pentax ME Super comporte un réseau de microprisme avec stigmomètre (le « rond brisé ») pour la mise au point et affiche la vitesse sélectionnée, mais toujours pas l’indication pour l’ouverture, comme sur le ME.

Nous pourrions lui reprocher l’absence de mémorisation de l’exposition et celle du témoin de profondeur de champ. Mais je pense que cet appareil était destiné « aux amateurs » qui voulaient un appareil facile à appréhender et donnant de bons résultats. Son succès ne semble pas démentir cette interprétation.

En résumé, c’est aussi un très joli petit boitier, avec quelques améliorations intéressantes par rapport à son prédécesseur, même si celles-ci ne rendent pas obsolète le ME.

Il reste un appareil très facile à utiliser et très agréable à prendre en mains.

Pour la petite histoire (c’est toujours la plus savoureuse), Willy Ronis l’adoptera, et il n’utilisera plus que lui avec seulement deux objectifs (zooms 28-50mm et 75-150mm).

Une petite video

Quelques références utiles : http://35mm-compact.com/reflex/pentax-mesuper.htm, https://pentaxklub.com/pentax-argentiques-3-mx-me-lx/ en français, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Pentax_ME_Super, https://www.kenrockwell.com/pentax/me-super.htm, https://www.pentaxforums.com/camerareviews/pentax-me-super.html en anglais