Argentique

L’étonnant Exakta RTL 1000

Préambule.

C’est comme d’habitude sur une brocante que je l’ai trouvé mais le soucis, quand j’accumule des appareils à vous présenter, c’est que je ne me souviens pas toujours d’où ils viennent. Notez, cela a peu d’importance.

Ce dont je me souviens, c’est que j’ai dû batailler ferme pour l’emporter à un prix décent, le vendeur ayant été voir le prix sur Internet mais ne savait absolument pas de quoi il s’agissait, un comble ! De plus, le miroir reste collé.

Bref, je vérifie vite fait si la pile n’a pas coulé, avant qu’il ne se ravise et change d’avis, et hop, dans le sac à dos.

Je m’apercevrai plus tard que l’objectif a été monté de travers …

Ce qui m’a attiré sur cet appareil, outre la marque, c’est l’appendice dont je vous parlerai ensuite, et le côté délicat de ce cube de métal taillé à la serpe (sorry, vilaine allusion à l’emblème soviétique des années de fer).

Un peu d’histoire.

Ce n’est pas la première fois que j’aborde cette marque et donc vous retrouverez l’histoire dans des articles tels que l’Exakta Varex 2a ou l’Ihagee Exa type 6 et bien sûr le site de la marque Ihagee.

Juste rappeler que si Ihagee a été une marque établie à Dresde en 1912, créée par un néerlandais, Johan Steenbergen , après la seconde guerre mondiale elle passe en Allemagne de l’Est, sous contrôle soviétique. L’usine a été détruite par les alliés et le directeur nazi, n’ayant pas pu racheter l’entreprise à son fondateur, a tout fait pour la mettre en faillite.

Mais avant ce désastre, la marque a produit quelques beaux et rares appareils, comme un Box reflex, un folding reflex et, surtout, l’appareil considéré comme le premier vrai réflex direct avec miroir derrière l’objectif, l’Exakta (1933), qui donnera naissance au Kine Exakta en 1937.

A son apogée, les reflex Exakta étaient prisés par les photographes professionnels parce que tout un système avait été développé autour de ces appareils : large gamme d’objectifs, flashs, filtres, accessoires divers. Même le cinéma lui a rendu hommage

Au sortir de la guerre, l’Etat prend 30% des parts de l’entreprise et en 1968 elle est absorbée par le VEB Pentacon.

L’appareil de cet article sera donc un pur produit de l’Allemagne de l’Est, sous la bannière Pentacon, qui fabriquait aussi les Praktica, entre autre.

D’ailleurs, légalement, Pentacon ne pouvait pas utiliser la dénomination Exakta, toujours propriété de Johan Steenbergen et ses descendants. Hormis dans la sphère d’influence soviétique, cet appareil s’appellera donc RTL 1000 pour tous les pays d’exportation. Les marquages successifs indiquent si les appareils étaient destinés au marché interne ou à l’export.

Dans ce boitier, in fine, il n’y aura plus que la baïonnette pour rappeler l’origine réelle de ce réflex.

Présentation de l’Exakta RTL 1000.

La particularité des Exakta était leur forme inhabituelle, un peu en forme de triangle aux angles arrondis, que l’on voit bien ici sur cette photo de l’article sur l’Exakta Varex 2a.

Vue de dessus d'un appareil photo Exakta RTL 1000, mettant en évidence sa structure métallique distinctive et l'objectif attaché, avec un clavier d'ordinateur en arrière-plan.

Or ici, le boitier a été fabriqué en rupture totale avec ce design et Pentacon est parti sur la base du Praktica L : un bloc rectangulaire, comme taillé dans la masse.

A la base, c’est un boitier sans cellule, avec un puits de lumière à la place du pentaprisme, que l’on peut ôter (autre réminiscence des anciens Exakta).

Vue du dessus d'un appareil photo Exakta RTL 1000 avec des réglages visibles sur le dessus, incluant la molette de sélection des vitesses et un compartiment ouvert pour le miroir.

Comme tel, c’est un reflex que je qualifierais de basique : vous réglez la distance avec le cercle de microprisme fin, vous réglez la vitesse sur le barillet de sélection et les ouvertures avec la bague de l’objectif.

Pas de cellule, jusque un aide-mémoire pour se souvenir du type de film placé dans la chambre.

Vue rapprochée du sommet d'un appareil photo reflex Exakta RTL 1000, montrant les commandes et la molette de réglage.

Petite singularité, le double déclencheur : un à droite, en face avant, style Praktica, et le second à gauche toujours sur la face, style Exakta (ce qui nécessite un objectif avec un levier pour déclencher).

Si certains détails rappellent les anciens appareils Exakta, il y a des limitations dans le réemploi de certains accessoires : si la plupart des anciens objectifs peuvent encore être utilisés, les puits de lumières et pentaprismes des Exakta anciens ne sont plus compatibles.

Mais reprenons depuis le début : dans les années cinquante et soixante, les Exakta continuent à bien se vendre mais la déferlante japonaise arrive. Dès lors les produits Exakta Dresden commencent à perdre pied. Pentacon prenait de plus en plus de place et la production se faisait maintenant dans ses usines. En 1968, le nom d’Ihagee avait pratiquement disparu.

Un ingénieur de chez Pentacon, Herbert Scholtze, fut chargé de développer un nouvel appareil qui emprunterait aux deux marques, avec un nouveau boitier et des améliorations techniques modernes : ce sera le Prakitca L et l’Exakta RTL 1000. Ils seront présentés à la Foire d’automne de Leipzig en 1969 avec les améliorations suivantes :

  • Carrosserie moderne carrée avec commandes droitières (et gauchères)
  • Obturateur à lame métallique à déplacement vertical avec synchronisation des flashs électroniques au 1/125s et 1/60s pour les ancien flashs (voire même 1/30s pour les magnésiques).
  • Mesure TTL avec le viseur spécial
  • Réinitialisation automatique du compteur de vues
  • Une monture d’objectif révisée supportant des objectifs avec diaphragme automatique interne (comparé à la détente externe des Exakta précédents)
  • Système de chargement du film simplifié

Le nouvel appareil sera fabriqué exclusivement dans les bâtiments de Praktica et les usines historiques d’Ihagee seront louées pour d’autres entreprises n’ayant aucun rapport avec la photographie, une dernière mesure pour éliminer définitivement la marque des esprits.

Revenons donc sur ce viseur spécial, qui assure une mesure de la lumière à travers l’objectif. Franchement cela ne vous pas penser à quelque chose ?

Oui, au moins ces trois appareils japonais avaient un appendice qui assurait la visée avec mesure de la lumière.

Le Penta Prism TTL du RTL 1000 fait à lui seul l’objet d’un mode d’emploi (que vous trouverez ICI.)

Ce n’est pas que ce soit très compliqué mais son utilisation nécessite un peu de concentration :

Diagramme illustrant les contrôles de fonctionnement du TTL Penta Prism, comprenant des descriptions des différentes parties et réglages associés à un appareil photo Exakta RTL 1000.

En cherchant bien, je vous ai trouvé une traduction d’époque pour l’utilisation de cet accessoire.

Régler la sensibilité du film sur un appareil photo, avec des instructions concernant le choix de la vitesse et l'ouverture diaph.
Instructions en français pour sélectionner l'ouverture de diaphragme et régler la durée d'exposition sur un appareil photo Exakta RTL 1000.

On a fait plus simple depuis, convenons-en !

Quelques mots encore sur la baïonnette : si c’est bien celle de l’Exakta, elle a néanmoins été modifiée pour supporter une broche pour fixer l’ouverture (comme sur les objectifs M42 de Praktica). Il a donc existé des objectifs à monture Exakta pour cet appareil qui pouvaient se fermer automatiquement sur le diaphragme sans utiliser un bouton externe, comme tous les autres Exakta.

Gros plan sur le boîtier d'un appareil photo Exakta RTL 1000 montrant la monture d'objectif et le sélecteur de vitesse.

Enfin, dernière spécificité, les vitesses lentes. Sur le cadran, la plus lente est notée 1s or l’appareil peut donner des vitesses lentes de 2 – 4 – 8s, mais pour cela il faut utiliser le … minuteur, sur lequel ces trois chiffres sont notés.

Détail de la molette de réglage sur le boîtier de l'Exakta RTL 1000, montrant les réglages de vitesse et un interrupteur placé à proximité.

En pratique, il faut d’abord mettre la molette supérieure sur la position B. Il faut alors remonter le minuteur puis choisir la vitesse désirée avec le disque inséré dans la commande de ce dernier. Il suffit ensuite de déclencher, avec le déclencheur de gauche ou de droite. Notez qu’il est indispensable d’avoir posé l’appareil sur un trépied ou une surface plane, pour qu’il ne bouge pas.

Que penser de cet appareil ?

Si on démontait la platine avant, celle qui porte la baïonnette Exakta, nous aurions devant nous un Praktica. In fine, la seule différence resterait les deux déclencheurs, Praktica à droite et Exakta à gauche, avec la complexité sans doute inutile d’un mécanisme interne pour que cela fonctionne en harmonie.

Serait-ce que même en Allemagne de l’Est, à l’époque, un service marketing a joué sur la notoriété d’une marque que même le pouvoir en place a rayé de la mémoire collective, du moins dans ce régime collectiviste (aïe, pas fait exprès) ?

Il n’y a donc que les photographes de l’Ouest qui se souvenaient de l’excellence des Exakta ? Mais ils durent vite déchanter car ils avaient bel et bien un Praktica entre les mains. Non pas que ceux-ci fussent fondamentalement mauvais, mais ils étaient loin de la rigueur d’assemblage, de l’idée même que l’appareil fasse partie d’un système (accessoires, objectifs dédiés pour répondre à la demande des photographes professionnels ou amateurs exigeants), ce qui fit la renommée de la marque au soleil et au croisant de lune !

Vue rapprochée du logo Ihagee sur le boîtier d'un appareil photo vintage, montrant un design classique avec des détails métalliques.

Cet appareil est le canard boiteux des deux marques : pas vraiment un Exakta ni un Praktica, et de ce fait, mal considéré par les collectionneurs. Pourtant, avant qu’il ne soit remplacé par le Praktica VLC, cet Exakta, le dernier du nom, sera lui toujours inscrit dans cet univers d’accessoires dédiés et fort apprécié des photographes qui trouvaient en lui un substitut abordable aux Nikon ou Minolta.

Illustration de l'Exakta RTL 1000 montrant les différents viseurs interchangeables et le boîtier de l'appareil avec l'objectif.

En préambule, je signalais les quelques problèmes de cet exemplaire :

  • le verre de visée reste collé, bloqué par le mécanisme
  • l’obturateur à lames métallique remonte bien mais arrivé en haut (à la fin de la manœuvre d’armement), il retombe
  • l’objectif avait mal été remonté et le petit tenon ajouté à la monture est un peu plié parce qu’on l’a forcé

Mais il reste l’objectif, un Oreston Meyer-Optik Görlitz de 50mm ouvrant de f1,8 à f16, avec la particularité de descendre à 33cm pour la mise au point minimale. Il offre, parait-il, ce fameux bokeh tourbillonnant tant apprécié et recherché.

Je ne pense pas que j’essaierai de le réparer, la mécanique est complexe. L’Exakta RTL 1000 fut produit pendant 4 années et fut un relatif échec commercial, alors que son frère, le Praktica L, allait donner naissance à une nombreuse descendance qui ne s’éteindra qu’avec la chute du mur de la honte.

Ceci étant, si vous en trouvez un en très bon état, prenez-le, cela reste un bon appareil, original et c’est un morceau de l’histoire de la photographie qui s’est fermé avec lui, il mérite donc bien un peu d’attention.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA ou encore ICI (en français).

  • Exakta RTL 1000 sous l’ère Pentacon (Allemagne de l’Est – DDR)
  • Production de 1969 à 1973
  • Quantité fabriquée : +/- 85.600 toutes séries confondues
  • Réflex à objectif interchangeable, baïonnette Exakta
  • Obturateur à plan focal vertical métallique
  • Vitesses de 8s à 1/1000s plus pose B
  • Synchro flash X – M à 1/125s ou 1/30s
  • Poids nu 610gr, 750gr avec prisme et posemètre
  • Posemètre : aucun dans l’appareil, viseur TTL accessoire avec cellule CdS couplée avec aiguille de correspondance dans le viseur
  • Sensibilité de la cellule : de 6 à 800Asa
  • Objectif de dotation : Oreston Meyer Optik Görlitz 50mm ouvrant à f 1,8
  • Retardateur d’environ 10sec.
  • Pile de 1,35v pour le Penta Prism avec cellule (à remplacer par un pile PX625 de 1,5v)

Des références.

https://cameracollector.net/exakta-rtl-1000/, https://camera-wiki.org/wiki/Exakta_RTL_1000, https://mikeeckman.com/2022/01/exakta-rtl-1000-1969/, https://kosmofoto.com/2020/04/kosmopedia-exakta-rtl-1000/, https://dutchthrift.com/fr/blogs/gear/exakta-rtl1000-oreston-50mm-review-vintage-film-slr-kit, https://learncamerarepair.com/product.php?product=124&category=2&secondary=26 (pour les réparations), https://oldcamera.blog/2017/07/19/exakta-rtl1000/, en anglais ; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-2893-Ihagee_Exakta%20RTL%201000.html, https://fotobox.over-blog.fr/2023/06/exakta-rtl-1000.html, en français ; https://photobutmore.de/exakta/rtl/, en allemand

Argentique

Une seconde chambre à identifier, une Ihagee

Préambule.

Celle-ci non plus je ne me souviens plus quand je l’ai achetée, ni où. Elle m’avait attirée car elle était dans sa boite avec 6 plaques, dont quelques unes étaient encore garnies de plan-film (je l’ai vu trop tard !) et qu’elle possédait des réglages tous azimuts.

Mais comme pour la précédente, la Certo, il a été très difficile de trouver de quel modèle il s’agissait car Ihagee est surtout connu pour son Exakta et ses Exa, qui sont largement mis en valeur, moins semble-t-il pour ses chambres.

Et pourtant, il y en eut …

Un peu d’histoire.

Rassurez-vous, je ne vais pas reprendre toute l’histoire de la marque, vous la trouverez notamment dans les articles sur l’Exakta Varex IIa ou sur l’Exa II, par exemple, et surtout sur le site de la marque elle-même.

Simplement se rappeler que cette marque a vécu une drôle d’aventure : installée à Dresde (Allemagne – 1912) par un Néerlandais, Johan Steenbergen, elle a produit des appareils originaux dont le premier réflex, le Paff (un box réflex) datait de 1920. Puis entre 1933 et 1939 sortiront les VP pour Vest Pocket, les premiers Reflex avec visée à travers l’objectif. Ensuite, en 1936, ce sera le Kine Exakta, considéré comme le premier réflex 24×36 de l’histoire. De plus, cet appareil, très modulable, sera pensé comme étant dans un système tel qu’on le conçoit aujourd’hui, c’est-à-dire avec les objectifs et autres accessoires dédiés.

Mais les vicissitudes de la seconde guerre mondiale ont fait que son usine et ses biens ont été confisqué en Allemagne et qu’il n’a pas pu relancer son entreprise au sortir de la seconde guerre mondiale, l’usine ayant été détruite et poussée à la quasi faillite par l’administrateur nazi nommé à sa direction.

Voilà pour situer le contexte, rapidement.

Ce que l’on sait aussi c’est que jusqu’en 1933, les appareils construits étaient en bois et/ou en métal, avec soufflet, à objectifs fixes ou encore des pliants conçus pour les plaques, les film pack et le film en bobine. Mais excepté le Paff et le Corona (ce dernier était vendu par Ihagee mais pas construit par eux), le nom des modèles n’étaient pas marqué sur les appareils.

Vous comprendrez pourquoi j’hésite encore …

En effet, si je regarde ce catalogue en français, datant de 1925, je pense que la chambre que je vous présente aujourd’hui est un Photoklapp Duplex Patent, plus précisément un 9x12cm avec objectif double Anastigmat Veraplan Hugo Meyer & Co Goerlitz de 135mm ouvrant de f4,5 à f50, avec un obturateur Compur.

An image of the Duplex folding camera from 1925, featuring a black and chrome design with an adjustable lens and a large folding structure.

Mais nous allons voir tout cela plus en détails.

Présentation de la chambre Ihagee Patent Duplex.

Toute la description reprise dans la présentation du modèle ci-dessus correspond à l’exemplaire que je vous présente aujourd’hui.

Tout, sauf … que ce modèle possède un viseur de côté en verre quadrillé alors qu’il n’a pas le viseur brillant au dessus de l’objectif (le plomb de la douane y est par contre), que l’obturateur Compur propose des vitesses de 1s à 1/200s et trois lettres sur un petit cadran Z – D – M ; que l’objectif est bien un double Anastigmat Veraplan Hugo Meyer & Co Goerlitz de 135mm ouvrant de f4,5, mais jusque f36 (f4,5 – 6,3 – 9 – 12,5 – 18 – 25 – 36).

Ensuite, les deux boutons pour débloquer la platine sont bien nickelés mais travaillés et non de simples poussoirs.

Détail de la chambre photographique Ihagee Patent Duplex avec objectif à lentilles et réglages visibles. On peut apercevoir le mécanisme de l'obturateur Compur et les boutons de déverrouillage.

Serait-ce une production plus tardive ? Ou une fabrication à la carte ?

Quoiqu’il en soit, cette chambre a manifestement beaucoup servi (on voit encore la trace des plateaux de trépied dans le cuir, en dessous et sur le côté). Si elle reste parfaitement fonctionnelle, elle porte plus les traces que sa consœur : le cuir est éraflé à de nombreux endroits, le soufflet reste étanche mais certains plis sont écrasés et, enfin, il manque le verre du dépoli; son cadre est d’ailleurs à restaurer.

Ceci étant, par rapport à la Certo, celle-ci possède des réglages plus sophistiqués car outre le réglage de la distance via une échelle à côté du rail, on peut faire évoluer l’objectif de gauche à droite via une molette à vis sur le côté, et en hauteur via une autre vis sur le bâti en U.

L’objectif est un Doppel Anastigmat, c’est-à-dire qu’il est construit avec 4 lentilles, non traitées, en 2 groupes. Il est possible de viser un filtre devant, au diamètre de 37mm.

L’obturateur se commande via une petite roue posée au dessus de l’objectif. Et une seconde roue, dentée, permet d’autres réglages. Ce doit être un Compur 2 avec des commandes écrites en allemand car les lettres Z – D – M ont des significations précises :

  • Z = Zeit (temps en allemand) — mode time : l’obturateur s’ouvre quand vous appuyez sur le déclencheur, et se ferme quand vous appuyez à nouveau.
  • D = Dauer (durée en allemand) — mode bulbb : l’obturateur s’ouvre quand vous appuyez et reste ouvert tant que vous maintenez le déclencheur enfoncé.
  • M = mechanisch gesteuert (que l’on peut traduire par Moment/instantané) — mode normal : l’obturateur fonctionne selon la vitesse choisie sur le cadran des vitesses, après armement.

En pratique donc :

  • Si vous voulez une pose longue manuelle, mettez sur D (ouvrir-fermer à la pression = équivalent à la lettre B pour bulbb en anglais) ou sur Z (appui pour ouvrir, appui suivant pour fermer = équivalent à la lettre T habituellement et en anglais).
  • Pour une photo avec une vitesse définie, mettez sur M, armez l’obturateur, puis déclenchez.
Gros plan sur l'objectif d'un appareil photo ancien, montrant des réglages de l'obturateur et une molette de contrôle, avec un fond flou de surface de travail.

En fait, il faut armer l’obturateur avec le levier sur la gauche et déclencher, après avoir choisi le mode utile, soit en utilisant le câble souple, soit via le levier de déclencheur, en bas à droite.

Gros plan sur l'objectif d'un appareil photo Ihagee Patent Duplex avec un obturateur Compur, affichant la marque 'Hugo Meyer & Co.' et des indications sur les ouvertures.

Le diaphragme est dit en iris. Il se règle avec une tirette en dessous de l’objectif dont l’action se reporte sur le dessus via un index qui se positionne à l’ouverture choisie

Sur un catalogue de Ihagee, daté de 1931, cela se précise : il s’agirait d’une chambre Ihagee Patent-Duplex 720 TC : 720 parce que format 9×12 et TC parce qu’obturateur sans retardateur.

Illustration d'un catalogue présentant une chambre photographique Ihagee, avec des spécifications techniques et des descriptions, incluant des détails sur le matériel et les accessoires associés.
Une page d'un ancien catalogue d'Ihagee, décrivant l'obturateur Compur de la série C, avec un diagramme illustratif et des explications sur son fonctionnement.

Ce modèle semble disparaitre des catalogue l’année suivante. Pouvons-nous en déduire qu’il fut commercialisé de 1925 à 1931? Collectiblend nous apprend finalement que ce modèle sera produit, aussi sous le nom de Photoklapp Patent Duplex, avec des améliorations au fur et à mesure, de 1914 à 1939. Belle longévité !

Ce modèle en particulier doit dater de 1924 – 1925, selon les finitions des tirettes sur le rail, qui se simplifient en 1926.

Il est vrai qu’ensuite l’entreprise va développer de plus en plus l’Exakta et ses dérivés. Les pliants, chambre et folding, vont petit à petit disparaître, comme chez les concurrents d’ailleurs. Quoique Zeiss Ikon et Voigtländer, Agfa, Kodak, pour rester en Allemagne Est/Ouest, produiront encore des pliants jusque dans les années cinquante.

Que penser de cet appareil ?

Hormis ses petits défauts, dus à son grand âge et sans doute une utilisation importante, elle est toujours fonctionnelle.

Trouver un nouveau dépoli ne sera pas simple mais j’ai quelques idées, que je partagerai si elles fonctionnent.

J’avoue que celle-ci j’ai envie de l’essayer, notamment pour ses nombreux réglages. Mais je vais devoir tailler les feuilles de papier et les placer dans les châssis, dans le noir complet. Je m’y prépare, doucement.

Est-ce un appareil toujours utilisable ? Oui, mais en tenant compte de ce que j’écrivais dans l’article sur la Certo : il faut prendre son temps, réfléchir à sa photographie, envisager une vision différente et prévoir le matériel pour le transport et la mise en œuvre.

Question prix, en très bon état avec au moins 3 châssis, elle pourrait atteindre 200€, sinon, comptez environ de 80 à 100€ pour un exemplaire fonctionnel et presque complet.

Et vous, aimeriez-vous tenter l’aventure du grand format ?

Des références.

https://ihagee.org/, https://ihagee.org/cat/IHGcat1930-31-4.pdf, https://collectiblend.com/Cameras/Ihagee/Patent-Duplex-720.html en anglais ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Ihagee, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=2943, en français ; https://www.camarassinfronteras.com/patent_duplex_720/patent_duplex_720.html, https://www.camarassinfronteras.com/ihagee/ihagee.html, en espagnol