Argentique

Une brève apparition, le Minolta 110 Zoom SLR

Préambule.

Pour finir la trilogie des appareils étranges achetés lors de la 25ème Foire de Cormontreuil, il me fallait un autre format, si possible (beaucoup) plus petit que le Sony Instant Pass Photo que je vous proposais il y a peu.

Notre ami, Monsieur Loiseau avait encore dans ses cartons ce petit boitier, avec son sac d’origine en plus, et je vous avoue que je suis très content de l’avoir trouvé car cela faisait un moment que je le cherchais. Car après le Rollei A110, le Voigtländer Vitoret 110 EL et le Pentax Auto 110, ce Minolta est dans ce qui se faisait de mieux au format 110.

Nous allons le découvrir …

Un peu d’histoire.

Pour en rassurer quelques un(e)s, je ne vais pas reprendre toute l’histoire de Minolta, qui pourtant le mérite bien, mais comme ils ont bien fait ce travail chez Collection-appareils, je vous renvoie au lien que j’ai posté tout en bas de l’article, comme d’habitude.

Alors je vais juste revenir sur l’histoire, rapidement, de ce format que l’on croyait disparu mais que Lomography a remis au goût du jour depuis 2012.

En 1963, Kodak lance un nouveau format et un nouveau film, le 126. En fait, il s’agit d’une pellicule 24×36 insérée dans une cassette en plastique, qu’il suffit de glisser toute entière dans la chambre de l’appareil. Plus besoin de ce fait de tirer une amorce à faire entrer dans une fente, parfois étroite, celle posée sur l’axe d’entrainement du film. Il semblerait que cet exercice ait toujours été délicat pour certains, malgré les inventions plus ou moins utiles, que les différentes marques ont proposées au fil du temps pour simplifier le chargement.

Voici pour l’avantage de cette invention. Au niveau des inconvénients, à la place des multiples trous placés sur les bords d’un film classique et qui assure une traction régulière et une tension juste de la pellicule, il n’y en a plus qu’un. Ensuite, sur la porte arrière des appareils photo il y a une plaque métallique, montée sur ressort, qui assure une légère pression sur le film et assure ainsi sa planéité. Ici, comme le film est prisonnier de sa cassette, il n’y a pas moyen d’assurer cette pression. Le film n’étant pas tout à fait à plat, les images sont un peu déformées car les bords peuvent s’incurver, d’autant que la traction n’est pas uniforme.

Mais ces quelques inconvénients ont été balancé par une stratégie publicitaire agressive de Kodak, relayée ensuite par d’autres marques qui ont opté pour ce format afin de ne pas laisser s’échapper un marché en pleine explosion.

C’est l’époque des Kodak Instamatic et autre Agfa Sensor, fabriqués à la pelle et de faible qualité*. Toutefois, ce type d’appareils offrait une photographie décomplexée et facile, y compris pour les plus jeunes.

*Soyons bien clair : lorsque j’écris que ces appareils étaient de faible qualité, je n’exclus pas les nombreuses inventions présentes sur ces boitiers. J’en ai recensées quelques unes dans les articles consacrés aux Kodak Instamatic et Agfa Sensor.

Des millions d’appareils ont été vendus, offerts lors des communions, pour de bons résultats scolaires, des petits cadeaux de St Nicolas, Père Noël, etc., toutes marques confondues. Si la plupart, comme je l’écrivais plus haut, ne sont pas de bonne qualité (lentille en plastique, vitesses uniques ou très réduites, etc.), d’autres ont fait l’objet d’attentions particulières pour essayer de résoudre les problèmes évoqués (Rollei, Minolta, etc.).

Pourtant, en 1972, Kodak remet le couvert, avec une autre invention, les Pocket et leurs films avec un nouveau format, encore plus petit, le 110.

Sur le fond, on reprend le même principe : une cassette en plastique dans laquelle on insert un film cette fois de la moitié du 24×36, soit le 11x17mm.

Pourquoi cette invention ? Pour permettre de diminuer encore la taille des appareils photo, que l’on peut glisser cette fois réellement dans une poche. L’histoire se répète : les appareils sont souvent simplistes et les qualités du film assez limitées, d’autant que le taux d’agrandissement est plus élevé que pour le film standard. Voici venu le temps des Kodak Instamatic Pocket, des Agfamatic encore une fois vendus par camions entiers (on estime qu’environ 60 millions de Kodak Instamatic Pocket se sont vendus entre 1972 et 1984, date de fin de l’épopée).

Les défauts du film sont les mêmes, ceux des appareils aussi. Sauf que certaines marques essaient encore de se démarquer et propose des appareils plus élaborés, mieux finis. Canon, Rollei, Minolta, Fuji, Pentax, par exemple, se sont lancés dans l’aventure mais avec des appareils, certes plus chers, mais autrement plus qualitatifs.

Toutes les bonnes histoires, hélas, ont une fin : 1985 pour Kodak, 2009 pour Fujifilm, qui arrêtent la fabrication de la célèbre petite pellicule.

Et puis, happy end (fin heureuse), en 2012, Lomography relance le format et recrée à la suite quelques appareils dans ce format.

Maintenant, je gage que toutes les personnes de plus de 40 ans ont reçu un jour un de ces appareils, qui trainent peut-être encore dans un tiroir, un grenier. Il est temps de les ressortir !

Si les plus simples ne gardent qu’un intérêt sentimental, sans doute, les plus sophistiqués n’ont rien à envier aux dernières production de Lomography, si ce n’est le … prix ! Car proposer le Lomomatic entre 99 et 189€, je trouve ça cher. Surtout que si vous cherchez bien, vous trouverez un Agfamatic 6008 ou un 901 (motorisé) pour moins de 30€. Et ce n’est qu’un exemple.

Quant aux appareils plus sophistiqués auxquels je faisait allusion ci-dessus, à moins d’être collectionneur et de chercher la perle rare, vous les trouverez entre 50 et 150€. Le prix de leur histoire et de leurs performances !

Présentation du Minolta 110 Zoom SLR.

Nous allons aujourd’hui découvrir un de ces pocket qui sort de l’ordinaire, le Minolta 110 Zoom SLR.

Et déjà, je vous sens attentif : SLR ? Oui, cet appareil est un réflex … de (grande) poche.

Produit de 1976 à 1979, cet appareil est le premier réflex au format 110 (le Pentax Auto 110 sortira en 1978).

Comme je l’écris souvent, Minolta était une marque pleine d’idées, disparue trop tôt à mon goût et en termes d’innovations, ici, ils ont fait fort : le Minolta 100 Zoom SLR possède un prisme de visée, une cellule au CdS externe, un zoom, une griffe flash synchronisée et c’est un automatique à priorité ouverture. Nous allons voir ça en détails …

Tout d’abord, la forme de l’appareil annonce la couleur : il est aplati, comme les autres 110 si ce n’est qu’on lui a greffé un prisme sur le dessus et que son objectif est proéminent et externe, tout comme la cellule.

Schéma technique du Minolta 110 Zoom SLR, montrant les différentes fonctionnalités de l'appareil photo reflex au format 110, incluant des détails sur le viseur et les commandes.
Source : mes appareils.

C’est un appareil automatique à priorité ouverture. La cellule au CdS assure la mesure de la lumière. On peut même compenser l’exposition (+2EV) par contre, impossible de travailler en tout manuel. Autre particularité de cette compensation d’exposition, elle permet d’utiliser des films d’autres sensibilités que les 100 et 400Iso sélectionnés automatiquement par l’ergot de la cartouche. On met sous tension la cellule en appuyant à mi-course sur le déclencheur. Pour sélectionner le contrôle d’exposition, il faut pousser vers l’avant le petit bouton et le pousser vers la droite ou la gauche.

Vue rapprochée du dessus d'un appareil photo Minolta 110 Zoom SLR, montrant le sélecteur ON/OFF, la griffe flash et le filetage pour trépied.

Ce que l’on remarque immédiatement, c’est le gros objectif, au milieu de l’appareil : un Rokkor macro qui est un zoom interne à mise au point manuelle de 25 – 50mm ouvrant à f4,5 – f16, qui offre la possibilité de travailler en macro jusqu’à 28cm du sujet. Ce zoom est un équivalent 50 -100mm en 24×36. Un pare-soleil, en alu, est intégré et fileté au diamètre de 40,5mm pour les filtres (filtre UV jaune et 1B vendus par Minolta).

L’obturateur offre des vitesses de 10s au 1/1000s plus la pose B et une vitesse X synchronisée au 1/150s. La griffe flash possède un contact central pour flash électronique, elle est posée sur le rectangle qui sert de prisme. Le mode B et X permettent aussi de déclencher même sans piles. A côté de la griffe flash, une molette que l’on peut faire bouger si on appuie sur le petit bouton sur le côté (afin d’éviter des changements intempestifs), permet de sélectionner les modes B – X (flash) – A (automatique). Cette dernière est la position la plus habituelle.

A noter que la sélection des ouvertures est curieusement décalée sur le côté, autour de la cellule en fait, avec rappel sur le dessus de la sélection.

Vue rapprochée du dessus d'un appareil photo Minolta 110 Zoom SLR, montrant des réglages et boutons sur le boîtier.

Un mot sur le prisme : Minolta a remplacé le pentaprisme par un ensemble de miroirs. Les miroirs s’articulent latéralement plutôt que vers le haut, de sorte que le résultat est une bosse plus petite que les prismes classiques des reflex.

Le déclencheur, posé sur le dessus de l’appareil, est bien positionné lorsque l’on tient l’appareil en mains. Il est muni d’un filetage pour un déclencheur souple et il est pourvu d’un verrou de sécurité, à côté.

Vue rapprochée de la partie supérieure d'un appareil photo Minolta 110 Zoom SLR, montrant le bouton d'alimentation, un serre-filet et des contrôles d'exposition.

Le viseur n’a pas de stignomètre mais un micro-prisme fin au centre. A droite, 2 triangles pour le posemètre : un jaune pour la sous-exposition et un rouge pour la sur-exposition (et pour le contrôle de la batterie). En tournant la bague des ouvertures, on éteint les flèches si l’exposition est correcte.

Enfin, pour faire avancer le film et armer l’obturateur, il faut utiliser le levier qui est sous l’appareil avec son pouce droit. Un peu comme sur les anciens Kodak Retina.

On peut aussi monter l’appareil sur un trépied car il y a un filetage sur le côté gauche mais il sera alors en position verticale, à moins d’avoir une rotule qui permette de le remettre à plat.

Appareil photo Minolta 110 Zoom SLR vu de profil, avec un objectif proéminent, posé sur un bureau avec un clavier d'ordinateur en arrière-plan.

La trappe pour les piles est elle sur la droite (2 LR ou SR44 de 1,5v). On peut vérifier les piles avec le petit bouton rouge, coincé entre le déclencheur et le prisme.

Vue rapprochée du dessus d'un appareil photo Minolta 110 Zoom SLR, montrant le bouton d'alimentation et la griffe de fixation pour accessoires.

Pour ouvrir l’appareil et y glisser la cartouche de 110, il suffit de faire glisser le petit bouton à côté du viseur.

Cet appareil a séduit par sa singularité mais il sera remplacé en 1979 par un Minolta 110 Zoom Reflex Mark II au look beaucoup plus consensuel, celui d’un vrai mini-reflex (objectif non interchangeable, au contraire du Pentax Auto 110 qui proposait 3 objectifs différents).

Minolta 110 Zoom SLR appareil photo compact avec objectif proéminent, design ergonomique et dioptre au-dessus.

Vous savez maintenant quel autre Minolta je vais rechercher !

Que penser de cet appareil ?

Vous savez que j’aime les appareils qui sortent de l’ordinaire et celui-ci fait partie de la famille des boitiers originaux.

Est-il facile à utiliser ? Paradoxalement, oui car sa tenue en mains, qui ressemblent plus au port de jumelles, est équilibrée et les commandes sont judicieusement placées. Mais il faut maintenir les coudes au corps pour ne pas bouger en cas de vitesses lentes.

Personnellement, je regrette l’absence d’un sitgnomètre, toujours plus simple pour bien faire la mise au point mais le dépoli est très fin et précis.

Avec sa forme bizarre soit vous intriguerez les autres photographes curieux, soit ils penseront que c’est un nouveau modèle de numérique !

Mais vous ne passerez pas inaperçu, pas autant qu’avec un pocket 110 plus classique en tout cas.

De ce que j’ai pu lire à son sujet en préparant cet article, les photos qu’il délivrait étaient de bonne facture, grâce sans doute à son excellent objectif et à sa cellule, précise. La gamme de vitesses disponibles assurait aussi de faire face à presque toutes les situations de prise de vue.

Pour des exemples de photos prises avec ce boitier, c’est par ICI.

S’il reste un appareil atypique, il n’est pas rarissime et il reste abordable : comptez entre 50 et 100€ pour un modèle en parfait état avec sa gaine d’origine.

Plutôt que le formalisme des classiques, oseriez-vous le Minolta 110 Zoom SLR ?

Des vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Minolta 110 Zoom SLR
Format 110
Introduit en 1976 jusque 1979, Japon
Type SLR Mini (Single Lens Reflex = reflex à un seul objectif) dans la catégorie miniature
Matériau du corps : Métal/plastique
Mode Auto, priorité ouverture
Poids 460 gr, Corps avec objectif
Gamme ASA 100 – 400 et autres grâce à la correction d’exposition
Objectif Rokkor zoom 25 – 50mm f4,5 – f16, Il comporte 10 lentilles, et une position macro permet la mise au point à environ 28cm (équivalent 50-100 en 24×36, coefficient de x2 par rapport au 24×36)
Taille du filtre 40,5mm
Posemètre au CdS, externe
Levier d’armement sous l’appareil
Obturateur avec vitesses de 10s au 1/1000, plus pose B, synchro X
Correction d’exposition : oui +2
Griffe flash avec point de synchro X au 1/150s
Alimentation par 2 piles SR44/LR44 (3v)

Des références.

https://camera-wiki.org/wiki/Minolta_110_Zoom_SLR, https://en.wikipedia.org/wiki/Minolta_110_Zoom_SLR, https://cameracollector.net/minolta-110-zoom-slr/, https://texolux.com/2024/11/10/test-minolta-110-zoom-slr-mark-i/, en anglais ; https://www.mes-appareils-photos.fr/ Minolta-110-SLR.htm, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-1690-Minolta_110%20SLR.html, https://photoclubmontlouis.com/minolta-slr-110/, https://foticoscollection.com/fr/item/camara-minolta-110-zoom-slr/2377, en français

Argentique

Le Minolta Autopak 450E : le charme du 110 vintage

Préambule.

Oui, j’avoue, je suis parfois un peu distrait, mais vous allez comprendre …

Comme d’habitude, promenade sur une belle brocante, pas très riche en appareils photo toutefois. Mais il fait beau et l’endroit est joli.

Au détour d’un stand, je découvre toutefois un vieil Agfa folding qui a bien souffert, et à côté, un parapluie de poche. A défaut de l’Agfa, je regarde le petit sac rectangulaire de ce que je pensais être un accessoire utile en Belgique et je découvre … un appareil au format 110, un Minolta impeccable.

Petite négociation rapide, et hop, dans le sac à dos.

Quand je pense que j’aurais pu passer à côté !

Un peu d’histoire.

Vous le savez, j’ai une tendresse particulière pour les Minolta, une marque souvent en avance sur ses concurrents mais qui n’a jamais su conquérir le cœur des professionnels. Elle fut très active chez les particuliers, leur proposant souvent des appareils de qualité, facile à utiliser et offrant un excellent rendu.

Pour mémoire, c’est Minolta qui proposa le premier reflex autofocus en 1985, le Minolta 7000 AF et c’est encore eux qui ont proposé le premier reflex mécanique à atteindre le 1/12000s (Minolta Dynax 9, boitier professionnel – 1998).

Bref, ils ont innové et produit d’excellentes machines à faire des photos, dans tous les formats, du 24×36, au 6×6 en passant par le 110.

Le format 110 est un format qui eut son heure de gloire dans les années septante et quatre-vingt. Tous ceux qui ont plus de 40 ans ont pu recevoir un appareil dans ce format, pour un anniversaire, une communion, un cadeau de fête.

Pour les plus jeunes, Lomography a relancé des modèles de ces appareils il y a deux ans maintenant et, surtout, ils sont presque les seuls à produire les cartouches pour ce film atypique.

Donc, pour les d’jeunes, un peu d’histoire : en 1972, soit 10 ans après avoir introduit la cartouche 126, Kodak lance le format 110. Le principe reste le même : un film est placé dans une cartouche fermée qu’il suffit de glisser dans l’appareil ad hoc. Ce qui simplifie à l’extrême une hantise vieille comme la bobine 24×36, à savoir comment bien placer son film dans l’appareil.

Blague à part, cette révolution a permis à Kodak et à ceux qui l’ont suivi de vendre des camions d’appareils photos, simples à utiliser mais pas (toujours) dénués de fonctions intéressantes (cellule, automatisme).

Ce petit container renfermait un film de 13x17mm avec une seule perforation. La contenance évoluait de 12 à 20 – 24 – 36 photos.

Petites particularités : la taille du film est environ la moitié d’un film 24×36. Le film est entouré d’un papier support (comme les bobines de 120) qui porte des indications pour le début et la fin des images, ainsi que des numéros car ils servent de compteur de vues. Il n’y a souvent qu’une perforation pour faire avancer le film dans l’appareil. Enfin, le film est généralement pré-exposé pour y faire figurer des numéros des images et des lignes utiles pour les labo. Une fois développé, on vous renvoie le film en bande, comme le 24×36 ou le 126 avant. En fin de film, pas besoin de rembobiner, la seconde partie de la cartouche étant le réceptacle final des images. Facile on a dit …

Source : the Darkroom

Kodak a fait un tabac avec ses Pocket Instamatic (plus de 60 millions d’Instamatic Poket vendu entre 1972 et 1984), suivi ensuite par Agfa et ses Pocket Sensor, puis d’autres marques telles que Canon, Minolta, Fuji, Rollei, … pour n’en citer que quelques unes. A un moment ou un autre, ils s’y sont tous mis à fabriquer des appareils de poche.

Après la faillite de Kodak (1985), Fujifilm a pris le relais de la fabrication du 110, pour jeter l’éponge en 2009. C’est finalement en 2012 que Lomography relance la fabrication du film, en couleur, N/B et en versions avec des rendus spéciaux.

Les millions d’appareils produits sont de qualité très inégales : les produits de base ou d’entrée de gamme sont assez affligeant mais certaines marques ont réussi à produire de petites merveilles, comme le Rollei A110, le Canon 110 ED, les Fujica Pocket 400, Pocket 450 Flash , le Pentax Auto 110 (le plus petit réflex du monde), le Minolta qui nous préoccupe, et j’en passe.

Il faut savoir que la taille du film et sa conception ne donne pas une qualité excellente aux images. Si vous ajoutez à ces défauts une optique et une mécanique médiocre, je pense que vous avez compris.

Mais encore une fois, certains fabricants sont parvenus à des résultats étonnant.

Au delà de ces aspects que relèvent les photographes un peu tatillons, le format doit son succès à la taille réduite des appareils qui l’utilisent, à sa simplicité de mise en œuvre, à sa relative qualité en tirage de petites tailles, à la qualité de certains boitiers

Une petite idée des films classiques :

Pour en revenir à notre Minolta Autopak 450E proprement dit, il faut savoir que la marque a déjà lancé par le passé des appareils miniatures et fonctionnels, notamment le Minolta 16 II (1960), qui ne cessera d’évoluer et deviendra même le standard des appareils à film 16mm (voir aussi les articles sur le MG 16 et le 16 – MG S).

Ce format, repris par d’autres aussi, a finalement cédé le pas devant le nouveau standard de la machine Kodak, le 110. Ils sont de fait très proches en taille, à partir du 16 – MG S, qui propose des images de 12x17mm (contre 10x14mm auparavant) grâce à la modification des derniers films en 16mm, à qui on a supprimé les perforations en haut et en bas, pour n’en garder qu’une seule comme le … format 110.

La grande différence entre ces deux standards tient à la qualité des images produites : dans le premier cas, il s’agit d’un film se déroulant d’une bobine à l’autre dans une cassette réduite à sa plus simple expression car le boitier qui l’accueille est fait de telle sorte que le film est bien plan. Sans distorsion de la pellicule, le résultat est meilleur et dès lors, les appareils prévus pour ces films étaient généralement équipé de bonnes optiques. Toutefois, ne nous leurrons pas, les agrandissements restaient limités si on voulait garder une qualité acceptable. Dans le second cas, celui du 110, la cassette est plus grande mais assure une moins bonne planéité à la pellicule car celle-ci est enfermée dans le plastique et ce dernier ne tend pas assez le film. Des marques comme Rollei ont essayé de trouver des solutions pour endiguer le problème mais sans jamais vraiment y parvenir. Soyons bien clair à ce sujet : Kodak a sorti le format 110 à la suite du 126, destiné déjà à une clientèle qui voulait avant tout des appareils faciles, sans (trop de) réglages et qui pouvait se contenter de photos souvenirs où la qualité n’était pas primordiale. Notons encore que la qualité des cassettes 110 étaient meilleures que celles des 126.

Jusqu’au Minolta 16 QT de 1972, la marque à résisté mais en 1974, elle sortira son premier appareil à cassette 110, le Minolta Autopak 50.

Ensuite, en 1976, Minolta sort un APNI (appareil photo non identifié), le 110 Zoom, premier reflex pour film 110 avec zoom 25 – 50 intégré.

1977, et voici notre Minolta Autopak 450E, avec flash intégré, ce qui le rend plus long que son prédécesseur, l’Autopak 50.

En 1980, la firme nous sort un sous-marin … jaune, le Weathermatic 110, que l’on verra souvent trainer sur les plages et dans les petit bateaux de plaisance. ce sera le dernier opus de la marque dans ce format, déjà en perte de vitesse.

Je ne vais pas les citer tous, mais il y eut aussi un Autopak 70, sans flash intégré mais avec réglage des distances et obturateur électronique (1973), un Autopak 401, un 430EX avec flash intégré et obturateur électronique, un 470 auquel on pouvait adjoindre un flash dédié, un 450EX, un 460 TX (flash électronique, télé-zoom intégré, obturateur électronique).

Pour une liste plus exhaustive, je vous invite à découvrir le super site de 110 cameras (en anglais), qui est une mine d’informations incontournables sur ces petits appareils (il donne même envie de devenir collectionneur, le bougre !).

Présentation du Minolta Autopak 450E.

Premier constat, il est assez imposant pour un appareil en 110. Sans doute parce que le flash est intégré, ce qui allonge d’autant le corps de l’appareil mais est gage d’une meilleure qualité que les flashs cube classique. Ensuite s’il est généralement en plastique, il est aussi garni de belles pièces métalliques qui lui assurent une belle prestance et un petit côté chic. Sa taille lui confère une bonne prise en mains.

Second constat, par rapport aux Kodak et Agfa non motorisés, il n’est pas nécessaire de faire glisser la moitié de l’appareil pour réarmer, un petit mouvement sur le curseur en dessous suffit. C’est aussi plus confortable si on doit faire plusieurs photos les unes à la suite des autres car on peut manœuvrer ce curseur sans quitter le viseur des yeux.

Ensuite, nous pouvons nous arrêter encore sur la partie objectif, c’est un Rokkor de 26mm ouvrant à f3,5, fabriqué en quatre éléments en trois groupes. La mise au point minimale est de 90cm jusque l’infini en cinq zones de mises au point, repérées par des pictogrammes, visibles dans le viseur. Un objectif macro permet de descendre à environ 45cm grâce au glissement d’une lentille devant l’objectif. Et, petit détail utile, cette mesure correspond à la longueur de la lanière de transport (un peu comme les Minox et leurs chaines de mesure). En position objectif fermé, il est impossible de déclencher.

Quant à l’exposition, elle se définit grâce à trois réglages : soleil (f11), nuage (f22) et flash. Une LED rouge vous indique si la lumière est trop faible. Les réglages s’effectuent avec un curseur orange sur le dessus de l’appareil, à côté de celui pour le réglage de la distance.

Le flash intégré a une portée d’environ 3,5m pour un film de 80 à 100 Asa et d’environ 6m pour une sensibilité de 250 à 400 Asa. Lorsque vous êtes en position flash, l’ouverture est liée à la mise au point.

Un mot encore sur le viseur, très clair malgré la taille du boitier et qui dispose de quelques informations bien utiles : cadre de mise au point, correction de la parallaxe, indication par une LED rouge d’une insuffisance de lumière, les réglages de la mise au point sont visibles (pictogrammes).

La vitesse d’obturation, fixée au 1/200s est fixe.

Enfin, pour alimenter le boitier, une simple pile AA suffit.

Que penser de cet appareil ?

Pour un prix très bas (20€ maximum avec sa gaine et sa dragonne) vous aurez la chance d’avoir un appareil d’excellente qualité avec une optique reconnue, la possibilité de faire de gros plans, des informations utiles dans le viseur, un flash intégré, un obturateur qui n’est pas lié à la batterie et fonctionne donc toujours.

Qui plus est, il est bien fabriqué et solide.

Par contre, on pourrait lui reprocher qu’il n’y ait que deux paramètres d’exposition, hormis le flash en sus. Flash qui met beaucoup de temps à se charger d’ailleurs.

Ceci étant, quand je vois le prix pratiqué par Lomography pour ses nouveaux appareils 110, je me dis forcément qu’il y a là de bonnes affaires à faire !

Soyons de bons comptes : si je me moque des prix pratiqués par Lomography, il faut les remercier d’encore favoriser la diffusion de ce format et pour la fabrication des films, y compris dans des variantes exotiques qui en raviront certain(e)s.

Si je devais résumer en quelques mots, j’insisterais sur le fait que ces appareils ont toujours un public et un intérêt. N’achetez pas les bas de gammes, ni les marques exotiques et prenez le temps de choisir parmi les meilleurs de ces boitiers, comme celui-ci, le Canon 110ED, le Fujica Poket 400, l’Agfa 6008, par exemple.

Et amusez-vous bien !

Pour vous donner une idée des images délivrées par cet appareil, allez voir ICI.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Type: Caméra de poche pour cassettes de film 110 (image de 13x17mm)
Fabricant: Minolta
Année de sortie : 1977
Objectif: Rokkor 26 mm f3,5 (4 éléments en 3 groupes), objectif gros plan intégré déplaçable sur l’objectif
Focus: manuel à l’aide de symboles
Vitesse : vitesse 1/200 secondes.
Indicateur : contrôle manuel, f 3,5 (soleil) ou f11 (nuageux) en mode normal ou selon la distance en mode flash
Viseur: cadre avec trame lumineuse et avec compensation de parallaxe,
LED – Indicateur d’avertissement pour trop peu de lumière et affichage de distance sélectionné
Flash : intégré, jusqu’à 5,30 m à 100 ASA
Dimensions: 162 × 59 × 28 mm
Poids: 235 g.

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Format_110, https://meemoria.fr/blog/l-histoire-des-negatifs-110-n46, https://boxargentique.fr/le-format-110-en-argentique-lomo-tiger-canon-110ed/, https://www.suaudeau.eu/memo/histoire/histoire_minolta/Histoire_de_Minolta.html en français : https://collectiblend.com/forum/viewtopic.php?t=2513, https://lightindarknessphotography.wordpress.com/2019/11/19/minolta-autopak-450e/, https://medium.com/pforppp/vintage-110-camera-22bff9921a0, https://thedarkroom.com/film-formats/110-film/, https://www.fredmiranda.com/forum/topic/1884671/0 en anglais ; https://www.photo-foto.eu/minolta/minolta-pocket-autopak-450e/, en allemand