Recherche rapide : Préambule – Un peu d’histoire – Celle de la marque – L’histoire du réflex – Présentation du Contax D – les commandes – l’objectif – Que penser de cet appareil ? – Vidéo d’illustration – Un peu de technique – Des références
Préambule
Ah, celui-ci c’est chez un vide-grenier sympathique que je l’ai trouvé. Un peu perdu au milieu de quelques épaves, il était là tout perdu, attendant d’être rangé dans un endroit plus adéquat.
Ce fut ma chance car, un peu oublié, il attendait sous la poussière que l’on veuille bien l’exhumer pour le remettre en lumière.
Car Contax reste une marque mythique dont on ne retient pas toujours la richesse de son passé, hormis quelques boitiers archi connus, comme les Contax 137 MD Quartz ou 139 ou, plus ancien, le Contaflex, pour ne rester que dans les réflex, car il eut aussi de fameux télémétriques.
Profitons-en pour sortir des sentiers battus et découvrir ce bel exemplaire, encore dans son sac tout prêt en cuir.
Un peu d’histoire
Celle de la marque
Contax, c’est une longue histoire, mais de celle qui finisse mal, une guerre mondiale et la concurrence japonaise ayant scellé le sort de la marque.
N’allons pas trop vite pour que vous saisissiez mieux le contexte et l’origine de cette marque devenue mythique.
Carl Zeiss (1816- 1888) crée un premier atelier d’optique et de mécanique de précision à Iena (ou Jena, Allemagne) en 1846. Ses premiers produits sont des microscopes, qui rencontrent un vif succès grâce à l’embauche de Ernst Abbe, un génial inventeur à qui l’on doit les formules d’optiques pour les microscopes et l’invention du condenseur (ou condensateur), qui améliore la qualité de l’image.

En 1884, Otto Schott fonde sa société, grâce à des capitaux de Carl Zeiss, aussi à Iéna, spécialisée dans la fabrication de verre optique de très grande qualité.
La société Carl Zeiss se réorganise en 1891 autour d’une fondation Carl-Zeiss-Stiftung. Elle fabrique toujours des microscopes, toujours plus perfectionnés, et des verres optiques eux aussi toujours plus efficaces.
Presque naturellement, en 1900, la Carl Zeiss Stiftung rachète le constructeur d’appareils photo Palmos AG, lui aussi de Iéna. Se crée alors une filiale de Carl Zeiss qui, en 1909, fusionne avec trois autres sociétés allemandes : Hüttig AG de Dresde, Wünsch AG de Dresde et Kamerawerk Dr. Krugener de Francfort. ICA vient de naitre (Internationale Camera Aktiengesellschaft).
Paul Rudolph, employé chez Carl Zeiss, conçoit (1902) un objectif à quatre lentilles qui fera date, le Tessar. Il inspirera la plupart des objectifs photographiques à venir.
C’est encore une acquisition, en 1926, des sociétés Contessa Nettel de Stuttgart, Ernemann de Dresde et Goerz de Berlin, qui fusionnent avec ICA et qui donne naissance à Zeiss Ikon. Cette nouvelle société sera une des plus importantes et influentes entreprise d’appareils photographiques allemandes et ce jusqu’au seuil des années soixante.
Le grand concurrent de Carl Zeiss, c’est Ernst Leitz et son entreprise Optical Works Ernst Leitz, à Wetzlar (1865). Elle aussi produit des microscopes très performants puis se diversifie vers les optiques de qualité. Notamment celles qui équipent ses jumelles et, bientôt, un appareil photo qui va révolutionner la photographie. C’est Leitz qui produit l’invention d’un certain Oskar Barnack et son premier Ur-Leica (1913), un boitier éminemment portable et pratique. Il faudra toutefois attendre 1925 pour qu’il entre réellement en production sous le nom de Leica I.
Encore un peu de patience et le Leica II (1932) pour que l’appareil soit télémétrique et à objectifs interchangeables. La légende est née et le boitier rencontre un beau succès car il remplace avantageusement les appareils de l’époque, lourds, encombrants et pas faciles à manipuler.
1932 est aussi l’année de lancement, chez Carl Zeiss du concurrent direct du Leica : le Contax, premier du nom. C’est aussi un télémétrique à objectifs interchangeables.
Dès 1935, les optiques de la marque recevront le premier traitement anti-reflet au monde, mis au point par Alexandre Smakula, et en 1936, les Contax II et III apportent des innovations majeures : l’intégration du télémètre dans le viseur et d’un posemètre (Contax III).
Hélas, la Seconde Guerre Mondiale éclate et rebat les cartes, surtout pour Zeiss Ikon. En 1945, les usines sont en grande partie détruites ; l’armée américaine décide de déplacer de Iéna à Stuttgart plus d’une centaine de membres de la direction et du personnel scientifique, tandis que l’armée soviétique transfère une partie des machines et du personnel de Dresde vers l’usine Arsenal à Kiev (qui produira sous la marque Kiev des appareils copiés des Contax télémétriques).
Une longue période d’incertitude juridique s’installe quand à la propriété de Zeiss Ikon : une nouvelle société Carl Zeiss est créée à Oberkochen (Stuttgart) en 1946, alors que la partie restée en Allemagne de l’Est est nationalisée en 1948 et devient Zeiss Jéna. La marque sera vendue à l’Est sous la dénomination Opton et Zeiss Jéna pour les marchés de l’Ouest.
Finalement, les anciens établissements de Zeiss à Dresde seront contraints d’abandonner les marques Zeiss Ikon et Contax, revendiquées par Zeiss Ikon AG (Stuttgart).
Qu’à cela ne tienne, l’ex Zeiss Ikon est-allemand va renaître sous le nom et la forme du complexe industriel Pentacon, l’ogre qui rachète toutes les anciennes marques est-allemandes.

Plus tard (en 1970), Zeiss Ikon fussionnera avec Voigtländer mais en 1972, on assistera à la fermeture des usines des deux marques.
Pourtant, en 1973, Yashica conclu un accord de coopération et la marque Contax est relancée au Japon.
Il faudra encore attendre la chute du Mur (1989) et la réunification de deux Allemagnes. A ce moment, l’entreprise d’état VEB Zeiss Jéna est cédée à Carl Zeiss sous le nom de Zeiss Jena GmBH puis Jenoptik Carl Zeiss Jena GmBH.
De nos jours, Carl Zeiss Jena est un des 4 plus grands fabricants de microscope au niveau mondial.
2005 verra encore la création de la filiale Carl Zeiss Vision, spécialisée dans la production de verre de lunettes.
Et pour en terminer, en 2016, il y a la création du Zeiss Photography Award, un prix de photographie décerné à l’issue d’un concours international ouvert aux photographes du monde entier, destiné à récompenser et à promouvoir le travail d’un photographe œuvrant dans le domaine documentaire, dont le travail doit répondre à un thème général défini sous le titre Seeing Beyond (voir au-delà) ainsi qu’à un thème particulier, différent chaque année.
Je reviens sur quelques éléments fondateurs de la marque, qui font de ses appareils des objets d’intérêt car, si on y pense bien, ils ont traversé bien des vicissitudes : il y a d’abord la culture industrielle allemande d’avant guerre, puis la division de l’entreprise après la seconde guerre mondiale, une renaissance inattendue au … Japon (Yashica), l’ère des compacts de luxe (Kyocéra), des télémétriques autofocus, du moyen format et quelques pas dans l’ère numérique.
Une constante reste : celle de la qualité, de l’ingénierie, de la complexité pour la beauté du geste. Bref, de quoi se construire une légende, toujours vivace de nos jours.
Mais voyons pourquoi …
L’histoire du réflex
Le premier jalon est le Contax télémétrique, véritable contre-pied du Leica : si le second s’est imposé par sa simplicité, sa compacité, son efficacité, le second est complexe, d’une grande précision mécanique, avec un télémètre sophistiqué, un obturateur métallique rapide et des objectifs (eux aussi) de grandes qualités optiques.

Mais Zeiss Ikon cherche plus loin : les réflex existent depuis un moment et les plus connus, depuis les années trente, sont le Rolleiflex. Ces boitiers sont des TLR pour twin lens reflex, c’est-à-dire des réflex dotés de deux objectifs: un pour la visée et l’autre pour capter l’image.
L’avantage du réflex est de montrer, à travers l’objectif, directement ce que l’on voit à la visée, … enfin presque, parce qu’avec un réflex bis-objectifs, si la visée est bien directe, l’image renvoyée par le miroir est inversée gauche/droite (mon cauchemar).
Les recherches de Zeiss Ikon portent sur un appareil qui donnerait toujours cette image directe, mais dans le bon sens.
Depuis 1938, le bureau d’études cherche à créer un appareil, basé sur le Contax télémétrique, avec son obturateur à lamelles métalliques vertical, mais ça coince.
Le principe est de greffer un pentaprisme, c’est-à-dire un verre à plusieurs pans complexes qui redresse l’image, si possible sans (trop) de perte de lumière. Et pour être tout à fait précis, il s’agit d’un pentraprisme de toit, de fait un pentaprisme dont une surface est traitée pour inverser l’image dans la direction perpendiculaire au plan de réfraction contrairement à un pentaprisme classique, mais conserve la propriété initiale de déviation constante de 90°.

Il ne faut pas oublier, en outre, que dés 1936, Ihagee produisait le Kine-Exakta, un réflex mono-objectif (SLR = single lens reflex) mais qui présentait encore un viseur dit de taille, sans image redressée.

Le tout premier vrai réflex avec un pentaprisme fut le Rectaflex, produit dès 1948. Le seul et unique réflex produit par l’Italie, mais quel engin !

Ici nous avons tous les éléments du réflex moderne : un prisme pour voir l’image à hauteur d’œil (contrairement à l’Exakta), redressée, avec un objectif amovible. L’histoire est lancée …
C’est donc dans ce contexte très concurrentiel que va s’inscrire le premier réflex de Contax, le S pour Spiegelreflex, littéralement reflex miroir.
Lancé en 1949, cet appareil avance encore d’un pas par rapport au Rectaflex : ici aussi il y a un prisme qui redresse l’image, la visée se fait à hauteur d’œil, l’objectif est interchangeable. Et c’est là la nouveauté : le Contax inaugure une nouvelle monture, la M42, qui devint universelle bien avant celle de Pentax (qu’ils développeront ensemble plus tard, pour la petite histoire).
Ce Contax S (lettre qui n’est jamais écrite sur le boitier par ailleurs) sera suivi d’un D – E – F – FB – FM et FBM.
Ceci étant, pour mémoire, c’est le VEB Zeiss Ikon, celui qui est passé à l’Est, bien contre son gré, qui a développé cet appareil. Sous la pression de Zeiss Ikon AG, restée à l’Ouest, elle devra peu à peu abandonner le nom de Contax, porteur de sens et d’histoire, pour passer sous la bannière de Pentacon (pentaprisme et Contax sont à la base du nom), qui a moins d’aura. Cette perte de reconnaissance fera que l’appareil atteindra difficilement le succès qui lui était dû. Finalement, la gamme sera abandonnée. Triste fin !
Quoique le conglomérat Pentacon VEB (qui comptait les marques Meyer-Optik Görlitz, Ihagee Dresden et KW), donnera naissance à la longue gamme d’appareils photo Praktica (vous en trouverez de nombreux exemples sur le site), en remplacement de ce Contax, mal né.
Zeiss Ikon AG (qui regroupe la Fondation Carl Zeiss, Car Zeiss Optical et Zeiss Ikon Ouest Allemand) produira, à partir des années cinquante d’autres gammes de réflex, comme le Contaflex, le Contarex, le Bessamatic (un Voigtländer, marque qui faisait partie du panier Zeiss Ikon) et l’Icarex. Le groupe cessera de produire des appareils photo en 1972.
Mais avant de disparaître, Zeiss Ikon AG va s’allier avec une entreprise japonaise, Asahi Pentax, ce qui permit la mise sur le marché de la nouvelle monture universelle, la monture Pentax, à baïonnette (qui devint la montre Pentax K plus tard). Puis, au début des années septante, c’est une alliance avec Yashica qui accouchera de la monture Y/C (voir les articles à ce sujet sur le site, comme le Yashica FX-D, par exemple).
Ça va, vous suivez toujours ?
S’il y a quelque chose à retenir de ce long exposé, c’est que le Contax S a posé les standards de ce que seront les réflex ensuite :
- visée à travers un pentaprisme qui redresse l’image,
- visée à hauteur d’œil dès lors,
- utilisation d’une monture dédiée mais commune aux autre réflex par la suite : monture M-42
Mais retenons quand même que même si cet appareil ne fut pas le premier réflex de l’histoire (et malgré ce que l’histoire de la photographie tente de nous faire croire, tout comme la publicité de la marque à son sujet), il reste un pionnier.
Le Contax S n’était pas parfait, loin de là (on estime que la moitié de la production dû rentrer pour modifications), le D eut la lourde tâche de corriger la plupart des soucis. Et, surtout, de redorer le blason de la marque, bien écorné par les déboires du Contax S, voire même de faire rentrer – enfin – des devises car la situation financière du VEB Zeiss Ikon était catastrophique.
Une refonte complète de bien des éléments internes va fiabiliser le boitier et redonner confiance à une clientèle qu’il faut séduire.
Présentation du Contax D
Le Contax D est un Contax S amélioré et qui, lui, porte cette lettre sur le capot. Le modèle D a été présenté à la foire d’automne de Leipzig en 1952 pour la première fois.

Petit aparté à ce sujet : pour les collectionneurs, la position du D change sur le capot et devient un Big D lorsque la lettre est sur la même ligne que le nom. Il en est de même pour les mentions VEB qui seront ou non inscrites en dessous du logo Zeiss Ikon selon le marché auquel l’appareil est destiné. Ceci étant, le boitier reste le même et c’est ce qui nous intéresse.

L’appareil présentait bien : doté d’un châssis robuste en aluminium moulé sous pression, d’un obturateur à plan focal à déplacement vertical et d’une compatibilité avec la monture à baïonnette Contax, qui prenait en charge une gamme d’objectifs Carl Zeiss Jena de haute qualité.
Rapidement, dès 1956, pour suivre les autres lettres apposées sur le Contax, sachez que le E était équipé d’un posemètre au sélénium, non couplé et posé au dessus du prisme; tout comme les F et FB et suivants (modification du prisme sur ces modèles pour un visée plus claire).
Dès 1958, le mot Contax disparaîtra en faveur de Pentacon pour les appareils fabriqués à Dresde (Allemagne de l’Est alors).
Sur cet exemplaire, le logo Zeiss Ikon, les lettres VEB et le nom Contax avec la lettre D sur la même ligne (un Big D donc) sont présents : c’est donc un appareil d’avant 1958 (et le passage au marquage Pentacon), très vraisemblablement un appareil datant des environs des début, en 1952.


Etrangement, je ne le trouve pas si grand que certains autres réflex postérieurs, sans doute est-ce dû au prisme, assez peu saillant. J’écrirais même que je le trouve assez compact. Certes, il est lourd, tout en métal et verre, mais je le trouve bien équilibré.
Mais commençons par le début :
- sur le capot, à droite, le bouton d’avance et d’armement de l’obturateur; je note que l’armement est déjà associé à l’avance du film, avec sécurité contre les doubles expositions
- sous le bouton d’avance/armement, le compteur de vues
- à côté, sous un verre et avec une forme élégante, les vitesses que l’on sélectionne avec le bouton juste derrière, en appuyant dessus
- juste sur le bord du capot, sous les vitesses, un petit curseur, pour sélectionner les vitesses lentes ou rapides
- à l’opposé, le gros bouton pour rebobiner le film en fin de course
- la couronne en dessous est un aide mémoire pour la sensibilité du film (de 6 à 400 Asa)
- juste à côté, une prise PC pour le flash
- sur la face avant, à droite, le déclencheur avec un filetage pour prise filaire
- et en dessous, un retardateur
- enfin, sur le flan droit, le verrou pour ouvrir le dos de l’appareil
- par en dessous, le filetage pour fixer le boitier à un trépied (au pas du Congrès = large)
- et à côté, le petit bouton à enfoncer pour pouvoir rebobiner le film
Tout est déjà là, les appareils suivant s’en inspireront encore.
Avant de reprendre cette liste à laquelle il ne manque qu’un raton laveur (merci Monsieur Prévert), un mot sur l’objectif : la monture est du M42, qui sera considérée longtemps comme universelle. Mais j’y reviendrai un peu plus loin …
Les commandes
Sur le capot donc, un gros bouton pour faire avancer le film d’une vue à la fois et, en dessous, le compteur de vue, manuel.

Lorsque vous tournez ce bouton, dans le sens de la flèche, vous sentez à un moment un clonck assez discret et le mouvement s’arrête (ne pas forcer plus loin) : le film vient d’avancer d’une longueur et l’obturateur est armé. Une sécurité d’armement empêchera toute double exposition involontaire.
Pour déclencher, il suffit d’appuyer sur le bouton en saillie, sur la face avant. Cette position sera souvent reprise sur les appareils est-allemands, notamment les Praktica. Si cet emplacement peut sembler bizarre de nos jours, elle n’en est pas moins ergonomique car le fait d’appuyer sur le déclencheur de cette manière évite mieux le flou de bougé en vitesses lentes que lorsque le bouton est sur le capot. Essayez, vous comprendrez mieux.


En dessous du bouton d’armement/avance, le compteur de vue manuel. Là, j’avoue que ce n’est pas la meilleure place car à chaque fois que vous remontez le bouton qui le surplombe, vous aurez tendance à le faire tourner involontairement. Ceci étant, avec précaution donc, vous le faite avancer en poussant sur les petits ergots ronds, dans le sens de la flèche, qui est inversée par rapport à celle de l’armement.
Ah, évidemment à cette époque, le miroir ne se lève que lorsque vous aurez armé l’obturateur. Ce qui veut dire qu’entre deux images, le viseur reste noir si vous n’avez pas armé. Le retour automatique, c’est pour plus tard !
Mais ceci implique qu’il faille faire la mesure de la lumière à pleine ouverture, manuellement.
Venons-en au contrôle des vitesses : sous le verre vous découvrez les vitesses inscrites en chiffres rouges ou noirs, selon une progression ancienne : dont voici la séquence dans son entier : 1 – 2 – 5 – puis 10 – 20 et 50 et 100 – 200 – 500 et encore un autre 1 au 1/1000

Mais, surtout, dans les deux demis-cercles autour du cadran, vous verrez apparaître deux flèches, selon que vous poussez le levier au dos dans un sens ou l’autre. A gauche, pour indiquer les vitesses lentes (flèche rouge), qui sont en rouge (B, 1s, 1/5s, 1/10s, 1/20s) ; à droite, une flèche noire, pour les vitesses rapides, qui sont en noir (1/50s, 1/100s, 1/200s, 1/1000s). Je vous invite à regarder la première vidéo ci-après pour mieux voir le principe. Il faut enfoncer la couronne et la tourner dans le sens indiqué par la flèche jusqu’à la vitesse sélectionnée.
Notons qu’ici on peut changer les vitesses sans tenir compte de l’armement ou pas de l’obturateur.
C’est un peu fastidieux pour le réglage mais on s’y fait assez vite.
Rien de spécial à souligner pour la molette de rebobinage, si ce n’est le mémo en dessous d’elle. C’est assez typique des appareils de l’époque et cela rassure quand on a pris sa cellule manuelle.

Sous le déclencheur, le mécanisme pour le retardateur : il suffit de l’abaisser puis de faire tourner la petite roue pour lancer le mécanisme. Par prudence, d’abord armer avant de lancer le minuteur.
En fin de film, appuyer sur le petit bouton en dessous du boitier et le garder enfoncé, puis rebobiner la pellicule. Pour sortir celui-ci de la chambre, tirer sur le verrou (tranche droite), ce qui libère la porte arrière, et ôter la bobine. En parlant de bobine, faites attention, celle de réception est amovible. Il faut prendre garde à ne pas la perdre (et vérifier sa présence en cas d’achat).

Notez la précision des assemblages, du bel ouvrage.
Venons-en maintenant à l’objectif, ici un Carl Zeiss Jéna Biotar de 58mm ouvrant à f2 et marqué d’un T rouge, ce qui signifie qu’il est recouvert d’un apprêt pour minimiser le flare. A remarquer donc que c’est déjà un objectif traité d’un revêtement (il faut en tenir compte lors d’un nettoyage, pour ne pas l’abimer).

Comme je l’écrivais plus haut, l’ouverture doit être faite manuellement. Pour le faire correctement, une bague, rétractable, se trouve en pointe de l’objectif, juste derrière celle des ouvertures. Selon ce que votre cellule à main – votre habitude – le zone system va vous indiquer, vous allez abaisser la bague, faire correspondre le point rouge avec la flèche rouge et remettre la bague en place. Vous ne pourrez pas dépasser la valeur indiquée (si vous avez mis f8, vous pourrez modifier via les vitesses inférieures mais pas dépasser le f8).
Pour le reste, c’est un réglage de distance classique ou par zone grâce à l’échelle de profondeur de champ. Attention, le viseur, même s’il est assez clair et large, ne vous aidera pas car il n’y a pas de stigmomètre à coïncidence ou de dépoli au centre pour affiner la mise au point. Le plus pratique étant sans doute de faire confiance à la latitude qu’offre une grande ouverture pour éviter les flous de distances.
Sans entrer dans de fastidieux mais intéressants développements à ce sujet, sachez que le prisme des Contax S et D avait une base mate, pour des raisons de corrections optiques des flux de lumière entrant, qu’il fallait bien canaliser le mieux possible. C’est la raison de ce viseur peu clair. Les modèles F et suivants auront une lentille de champ collée à la base, ce qui éclaircira considérablement la visée et permettra une mise au point plus fine (cfr. références sur Zeissikonveb).

Oui, on a fait mieux ensuite ! Voici ce que donne la visée à travers ce prisme :

Ceci est extrait de la vidéo que vous trouverez plus bas. Je vous suggère de la regarder car elle reprend aussi des photos captées par ce boitier, ce qui est un bon indicateur de ses performances.
Si vous voulez voir les entrailles du Contax S et du D, je vous recommande le site Zeissikonveb (en allemand).
Pour en terminer, sachez que cet appareil ne fut produit qu’à environ 70.000 exemplaires et qu’il est donc assez rare d’en trouver un exemplaire, qui plus est en bon état et fonctionnel. Celui-ci l’est et il possède en outre son sac tout prêt en cuir. Dès lors, son prix s’en ressent (recherche faite ce jour sur Ebay : 2 appareils pour pièces à 50€, pas un seul en bon état et complet)
Que penser de cet appareil ?
Vous le savez, j’aime bien découvrir ces tranches d’histoire vivantes, surtout quant elles sont en aussi bon état et que je peux les manipuler complètement.
Ce Contax D fait partie de ces petits plaisirs : celui de la découverte, de l’histoire d’une époque, d’une richesse un peu oubliée (celle des appareils construits pour durer).
Prendre en mains, tester les commandes, les comprendre, c’est un cadeau que m’offre un tel appareil.
Comme je l’ai écris plus haut, il est un des points de départ d’une longue aventure que seul le numérique et l’hybride ont interrompu, celle du réflex qui s’est installé comme l’appareil le plus polyvalent à ce jour.
Est-ce un boitier encore exploitable?
Oui, très certainement, mais en tenant compte de son âge et de ses limites eut égard aux appareils modernes. Avec un peu de patience, vous en tirerez le meilleur car il est très facile à utiliser. Pensez juste à vous munir d’une cellule à main.
Vais-je le garder ? Non, il fera plus le bonheur d’un collectionneur que d’un curieux comme moi. Vous le retrouverez sans doute lors de la Bourse de Villers Bretonneux, qui aura lieu en février 2027.
Peut-être y serez-vous présent ?
Vidéos d’illustration
Un peu de technique
- Type Reflex mono-objectif (SLR) 35 mm
- Format de film 35 mm (cartouche 135)
- Années de production 1952-1956
- Monture d’objectif Contax/Praktica à baïonnette (compatibilité M42 avec adaptateurs)
- Obturateur en tissu à plan focal, vitesses de 1 à 1/1000s, B, synchronisation X à 1/30 s
- Viseur Pentaprisme fixe, à hauteur des yeux
- Dimensions env. 148 × 95 × 75 mm
- Poids : +/- 600 g (boîtier nu)
Production totale estimée à 70.000 unités.
Des références
https://www.pentaconsix.com/04cont_d.htm, https://en.wikipedia.org/wiki/Contax, https://vintagetechnologyarchive.com/camera/zeiss/ikon-contax-d/ (beaucoup d’erreurs, site peu fiable), https://ictfilmguy.com/gear/contax-d/, en anglais ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Contax, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-6927-Pentacon_Contax%20D.html, https://appareil-photo-laviale.com/marque/contax/, https://fotobox.over-blog.fr/2024/05/contax-pentacon.html, https://wikimonde.com/article/Carl_Zeiss_%28entreprise%29, https://fr.wikipedia.org/wiki/Ernst_Leitz_I, https://wikiland.org/wiki/Contax, en français ; https://kameramuseum.de/objekte/pentacon-contax-d-veb-zeiss-ikon/, https://de.wikipedia.org/wiki/Contax, https://zeissikonveb.de/start/kameras/contax_pentacon.html (incontournable et très technique), en allemand





























































