Ou comment accéder au moyen format sans se ruiner ?
Déjà, Lubitel veut dire « amateur » en russe, sans que cela soit ironique le moins du monde. On peut dire que le décor est planté ! Cet appareil a été pensé pour être, à tout point de vue, économique et disponible en grand nombre. De fait, il fut produit de 1954 à 1980, sans grands changements, à 2 232 245 exemplaires. Un record pour un moyen format.
Economique et facile à réaliser écrivais-je quelques lignes plus haut. Figurez-vous que dans un monde où le métal prévalait, le Lubitel fut fabriqué en … bakélite !
A part cette « petite » particularité, il a tout d’un grand : visée sur verre dépoli, avec une loupe pour la mise au point fine, déclencheur à retardement, prise synchro-flash, obturateur central avec 5 vitesses automatiques, le réglage de la netteté (distance) se fait en tournant la collerette autour de l’objectif, facilité de chargement (film 120 autorisant 12 vues en 6×6), possibilité d’utiliser en trépied. Bref, il ne manque de rien.
Mais tout est simplifié : pour avancer le film, une grosse molette sur le côté; il faut penser à armer l’obturateur car l’avancement du film n’arme pas ce dernier; pas de compteur de vue, juste une fenêtre rouge (inactinique) à l’arrière pour voir le numéro de la photo sur le film, pas de système de fermeture du dos sophistiqué mais de bons gros ressorts. Et ça fonctionne !
Petite coquetterie, sur le côté il y a une petite trappe pour y installer 2 filtres.
Bref, c’est du simple mais fonctionnel. Si vous vous laisser tenter par cet appareil, vérifiez qu’il n’est pas fêlé (sinon adieu l’étanchéité à la lumière), que les lentilles ne sont pas trop sales (mais ça peut se nettoyer), que le déclencheur déclenche, que l’armement de l’obturateur fonctionne … et bonne découverte.
Son objectif est un 75 mm qui ouvre de f1:4,5 à 22; c’est l’équivalent d’un 50mm en 24×36. L’objectif du dessus ne sert qu’à composer la mise au point, le second, en dessous, capture la photo. Et il est possible d’ajouter des filtres sur l’objectif (filetage). Les vitesses vont de 1/15 au 1/250, ce qui est amplement suffisant tenant compte que vous avez aujourd’hui l’opportunité d’utiliser des films dits rapides (400 Asa)
Ah oui, gros avantages de cet appareil : son poids plume, surtout par rapport à ses concurrents; son côté complètement décalé qui vous attirera la sympathie.
Enfin, pour conclure, la société GOMZ, qui fabriquait le Lubitel depuis 1949, changea deux fois de nom. En 1965, elle pris le nom de « LENINGRAD » puis devint LOMO en 1980. C’est a cette époque que cet appareil sera remplacé par les Lubitel 166 et Lubitel 166B, un peu plus sophistiqués.
Ne changeons pas nos bonnes habitudes, les liens pour en savoir plus : http://www.sovietcams.com/index.php?784016222 et https://camerapedia.fandom.com/wiki/Lubitel_2 en anglais ou http://serge.papierski.free.fr/Le_Lubitel_2.php en français







Bonjour,
Je suis loin d’être un spécialiste du moyen format, surtout avec un bi-objectif ; mais je pratique un peu avec un Zeiss Ikonta M, et un Lomo LC-120, dont l’encombrement permet de les emmener en voyage. Des bi-objectifs, je n’en ai que deux : un Seagull, et donc, le Lubitel 2.
Celui-ci, je pourrais le prendre aussi dans ma valise, léger comme il est. Et il est sans prise de tête à utiliser. Une cellule à main, ou la bonne vieille règle de Sunny 16, et c’est bon ; d’ailleurs, j’ai moi aussi scotché un tableau au dos, mais pour me rappeler les réglages selon les conditions d’éclairage.
Ainsi, le Lubitel 2 permet de réaliser d’excellentes photos, et pour preuve, je signale le merveilleux travail de Patrick Taberna, un photographe nombreuses fois primé et exposé dans le monde entier, qui utilise majoritairement le Lubitel pour ses créations. son site : https://www.patricktaberna.com/galerie/
C’est beau, poétique, touchant, et c’est… Lubitel.
(C’est en plus quelqu’un d’extrêmement gentil et abordable!)
Bonsoir Patrick, tu as raison, les Lubitel 1 et 2 sont d’excellentes machines à apprendre le moyen format, comme tu le dis, sans prise de tête et pour pas cher (que j’ajoute). Je ne connaissais pas de Monsieur Taberna et comme je prévoyais de faire un article sur le Lubitel 2, je le mettrai en exergue, il le mérite bien. Merci pour cette chouette adresse. La seule chose que je regrette avec les Lubitel, c’est leur bakélite : si ce fut un excellent matériau, il reste fragile. Un choc sur un coin et ça casse (bon, reste toujours le gaffer). J’en trouve souvent en brocante qui sont dans cette état, parce qu’on les manipule mal. Bien cordialement et bon weekend.