Argentique

Restauration à haut risque.

Dans les appareils que j’ai acheté, venant de la collection pour laquelle j’ai fait un article, il y a ce YashicaFlex qui a connu des jours meilleurs.

Le revêtement part par plaques et le tablier des objectifs ne sort pas correctement, le verre de visée est sale et la cellule ne fonctionne plus (ça, c’est normal, elle est au sélénium et donc épuisée).

Je vous ai déjà présenté ce YashicaFlex S. Ici, je vais juste m’attacher à une tentative de restauration de cet exemplaire fatigué.

Tout d’abord, faire partir les restes du revêtement. Plus facile à dire qu’à faire : au début, j’ai utilisé un large tournevis à la lame affinée, comme un grattoir. Résultats mitigés et technique lente. Pourtant, j’avais imbibé certains passages difficiles avec de l’acétone (vive les appareils tout en métal) afin de dissoudre la vieille colle. Finalement j’ai choisi une méthode sans doute barbare et très peu orthodoxe mais efficace, elle : un appareil multi-fonctions monté avec une lame à décaper. Radical !

Il est maintenant propre et prêt à recevoir son nouveau habillage. Vu la relative complexité des découpes à prévoir si je voulais utiliser du cuir ou du cuir synthétique, je vais opter pour un autre choix : une résine UV colorée avec éventuellement un décor discret.

Reste maintenant que je m’interroge notamment au sujet des vis qu’il serait utile de laisser apparentes si demain on devait le démonter pour une réparation quelconque.

Peut-être un petit point de colle posée au pistolet ? Car une fois la résine posée, elle s’accroche et on ne peut pas la soulever comme on pourrait le faire d’un revêtement souple.

Mais avant tout, il faut (tenter de) réparer la platine qui ne sort pas normalement, un peu de travers. En effet, il y a un côté qui est plus lent que l’autre et il faut l’aider un peu.

Ça devrait être la même chose que pour l’Echoflex. Mais comme j’ai déjà appris à mes dépens qu’il fallait être attentif à tous les petites rondelles de cales qui doivent être là-dessous, cette fois, j’espère ne plus me faire prendre.

Bon, j’ai les tournevis, l’aimant (pour ramasser les vis qui tombent !), ma petite lampe LED pour voir dans les coins, et on y va …

Eh bien non, ça ne ressemble pas à l’Echoflex, enfin, pas tout à fait.

D’abord ôter le cadre qui entoure le bloc optiques et commandes. Quatre minuscules vis à tête fendue et le bouton du retardateur plus loin. Celui-ci se retire facilement, découvrant d’autres petites vis mal fichues, qui tiennent le bloc optiques/commandes

Vous voyez sur la photo ci-dessus quatre autres vis, plus larges, qui tiennent le plateau aux bras poussant l’ensemble optiques/commandes. Je vérifie, pas de cales entre le plateau et les bras de soutènement. Je mets de côté les vis (surtout ne pas en faire tomber une, elles ne sont pas en fer et donc l’aimant ne servira à rien).

Par dessous le bloc, une autre plaque métallique et les bras de levage bien visibles. Je pense qu’en retirant cette nouvelle plaque, je vais pouvoir atteindre le système de levage et voir ce qui se passe.

Mais avant, un coup d’œil au dessous du bloc optiques/commandes :

Rien de spécial à signaler. Le fil pour le déclenchement du flash est intact et propre, le mécanisme du déclencheur aussi. Bon nettoyage des optiques, qui sont saines et ce sera tout de ce côté.

J’enlève donc la dernière barrière ….

Et zut, le mécanisme n’est pas visible, enfin, pas beaucoup. De fait, il faudrait ôter ce qui tient le bras d’entrainement du mécanisme, d’abord sous le gros bouton d’avancement de la platine, puis de l’autre côté, sous la cellule. J’avoue que j’atteins là ma limite. Je nettoie le miroir que l’on aperçoit au fond du second trou de l’objectif proprement dit. Puis j’essaie de comprendre comment fonctionne le mécanisme de levée et de retrait, situé à gauche et à droite de l’apparei.

C’est difficile à montrer mais il s’agit de deux excentriques en bronze qui, en tournant, font s’élever ou se rabaisser le plateau qui porte optiques et mécanisme. Pour une raison que j’ignore, il y a de la poussière de bronze sur le côté gauche (vu de face). C’est justement le côté qui peine un peu.

Lorsque je fais tourner le gros bouton de réglages, il y a un léger décalage entre le côté droit et le gauche, sans doute dû à un petit manque de matière à gauche. A mi-course, les deux côtés sont à égalité et ce jusqu’au bout. C’est donc vraiment au début du levage que le problème se produit, entre la visée à 1.2m et 2m. Ensuite, le reste s’équilibre. Quand on le sait, avec le pouce de la main gauche on peut aider le mécanisme pour les quelques millimètres de différence et assurer une sortie linéaire du plateau.

Donc, à moins de tomber sur une épave pour trouver l’excentrique usé, il faudra faire avec car tout le reste fonctionne parfaitement (sauf la cellule comme écrit au début, le sélénium n’est plus actif).

Remontage pas à pas, après avoir tout bien dépoussiéré et nettoyé.

Voilà, la partie « mécanique » est terminée, revenons à l’esthétique.

Première remarque, si l’idée de la résine UV me semble toujours la meilleure, il est difficile de trouver les produits en Belgique. A croire que personne ne fait de bijoux de fantaisie par ici, ni ne crée ou détourne des objets par cette manière.

Reste un grand site chinois pour trouver ce que je cherche. C’est assez lent pour recevoir les produits, qu’il faut avoir pris le temps de sélectionner, en espérant trouver de suite le bon.

Pour éviter les dépenses inutiles (oui, riez, car vous savez que ça ne sert à rien !), j’ai pris des petits flacons soi-disant tout préparés avec des couleurs assez sobres (il y a plus de choix en fluo ou en paillettes, mais bon, sur un TLR …).

Finalement, après un premier test concluant sur les boutons de réglages des bobines, qui avaient perdus comme il se doit leur revêtement, je me lance sur le dessous de l’engin, espérant que mes premières gaffes ne se verront pas trop ensuite.

Premier constat : c’est pas si facile que ça à étendre sans déborder. Second constat : les couleurs ne sont pas assez denses, on voit encore les traces par dessous. Il va falloir que j’achète des pigments pour renforcer les couleurs que je veux utiliser (qui voulait éviter les frais ?).

Pour sécher la colle UV, il faut une lampe … UV. Avec les petits flacons, ils donnent une petite lampe de poche mais au faisceau bien trop mince pour la surface envisagée. Heureusement, chez Emmaüs, j’ai trouvé pour trois fois rien un appareil destiné aux manucures qui posent des ongles en gel. Avec lui, je peux couvrir toute la surface utile.

Je récapitule, au niveau économie : j’ai dû acheter un appareil UV, je dois acheter des pigments et un bidon plus grand que les 10ml de mes petits pots initiaux. Pas top.

Si je constate qu’effectivement cette méthode a du bon car le revêtement tient super bien sur de petites surfaces (boutons), où elle donne un aspect lisse intéressant, et pour faire de petites réparations (un bouton avait un trou dans son couvercle), mais pour couvrir tout le corps, c’est pas gagné.

Je concède que c’est la première fois que j’utilise ces produits, mais je relève plusieurs soucis : pour protéger les vis que je veux garder accessibles, il faut trouver de petits caches en silicone, la seule matière qui n’adhère pas. Pas évident, mais avec un peu d’astuce, j’ai trouvé. Ensuite, lorsque le produit est versé, il faut faire tourner l’appareil pour bien étendre le revêtement. Ce qui n’a rien d’une partie de plaisir étant donné les endroits où faire couler le produit. Puis, comme je voulais y mettre un peu de couleur, j’ai mal dosé la quantité de poudre mise sur le pinceau et ce n’était pas beau du tout. Mais tant qu’à essayer, autant aller jusqu’au bout. Et là, dernier écueil, malgré l’appareil à UV grande taille, difficile de bien faire sécher le tout.

Bref, en résumé, j’ai tout retiré (heureusement, c’est venu d’un coup et en entier car tout n’avait pas encore été séché par les UV) et je me suis servi de la chose pour en faire un gabarit pour un revêtement en cuir artificiel !

Là c’est reparti : gabarits en papier, découpes, ratages, reprises, cutter et ciseaux, …

Bon, tout n’est pas parfait mais il me reste un côté pour essayer de m’améliorer …

Argentique

L’Ihagee Exa 1a

Préambule.

Pour mémoire, Ihagee est la transcription phonétique allemande de I.H.G., initiales de Industrie und Handels-Gesellschaft GmbH (Société industrielle et commerciale). A l’origine, le nom complet de la société était Ihagee Kamerawerk, puis devint Ihagee Kamerawerk Steenbergen & Co, ensuite Ihagee Kamerawerk A.G.et, enfin, après 1959, V.E.B. Ihagee Kamerawerk et Ihagee Kamerawerk A.G. respectivement pour les productions à l’Est et celles de l’Ouest.

L’entreprise a vu le jour en 1912, à l’initiative d’un ressortissant néerlandais, Johan Steenbergen. Ils ont commencé par produire des appareils pliant avec films ou plaques.

En 1933, Ihagee présente l’Exakta A, les prémices du reflex mono objectif, qui utilisait un film 127 pour donner des images de 3×6,5cm. Cet appareil, révolutionnaire, ne convainc par beaucoup et pourtant, il sera le point de départ des Exakta, qui eux deviendront célèbres.

Ihagee fut aussi le tout premier producteur au monde à proposer, en 1936, un vrai reflex direct, le Kine Exakta, qui s’inscrivait au cœur d’un système, c’est-à-dire pour lequel était conçu des accessoires spécifiques répondant aux besoins des photographes professionnels : des objectifs, des flashs, etc. D’autres, plus tard, s’inspireront de cette idée géniale.

La guerre interrompt la production et en 1945, les installations de production d’Ihagee se retrouvent dans la zone d’occupation soviétique et leur usine détruite par les bombardements alliés.

Pourtant, l’usine de Dresde, située en Allemagne de l’Est donc, a recommencé à produire des appareils photo dès la sortie de la guerre. Pendant un certain temps, Ihagee a occupé une place particulière en Allemagne de l’Est : alors que les entreprises autrefois allemandes de fabrication d’appareils photo étaient nationalisées au sein de la VEB (=société détenue par le peuple) Zeiss Ikon/Pentacon par les Soviétiques, Ihagee jouissait d’une certaine autonomie parce qu’elle appartenait à un ressortissant des Pays-Bas et que les responsables est-allemands voulaient éviter de nuire aux relations internationales.

Après la guerre, Exakta a continué à fabriquer des caméras Kine Exakta.

Pendant ce temps, les propriétaires de la marque ont essayé, en vain, de récupérer leurs droits de propriétés. Ils se sont résolus à recréer un Exakta du côté Ouest mais leur appareil n’avait pas la réputation de sérieux et solidité du premier du nom, toujours fabriqué de l’autre côté de ce qui deviendra un mur de la honte.

Je vous ai déjà présenté quelques appareils de la firme Ihagee, par exemple l’Exa II, l’Exa Type 6 ou l’Exata Varex IIa.

Ces appareils ont un point commun : leur originalité. Tant par leur forme trapézoïdale caractéristique, que par certaines commandes, comme le bouton de déclenchement à gauche et souvent débiteur de l’objectif, des Carl Zeiss Jena.

Mais voyons de plus près cet Exa 1a

Présentation du Exa 1a.

L’Exakta était une magnifique machine à photographier, complexe, solide, qui s’inscrivait dans un système complet. Mais le boitier était couteux.

Au sortir de la guerre, les moyens étaient plus limités et ceux qui n’étaient pas professionnels cherchaient avant tout un appareil robuste et fiable. A l’époque, c’était souvent l’appareil d’une vie, concept ô combien révolu !

Si le marketing de l’époque n’avait pas encore inventé le terme d’entrée de gamme, nous pouvons aujourd’hui l’utiliser pour qualifier comme tel cet Exa.

Le premier modèle de l’Exa sera présenté en 1950 à la Foire de Printemps de Leipzig. Et, tenez-vous bien, il sera produit pendant … 37 ans. Plus de 1,4 million d’appareils seront vendus, toutes versions confondues. Car sur une si longue carrière, il y en eu (au grand dam sans doute – ou pour leur plus grand plaisir ? – des collectionneurs) des versions.

N’étant pas collectionneur, je vais essayer de résumer la chose au plus simple en écrivant qu’il y aura trois séries principales de l’Exa : l’original (1951 – 1962), puis son successeur, l’Exa 1 (1962 – 1987), et une série distincte voire concurrente, l’Exa II/Exa 500 (1960 – 1969). Ceux-là ont un viseur style réflex et non interchangeable (voir mes articles précédant sur ces derniers).

Comment s’y retrouver ? Facile, regardez la plaque signalétique : sur un Exa original il est seulement noté Exa, alors que sur les autres modèles, il y a un suffixe pour indiquer le modèle concerné (ex. Exa 1a, 1b).

Quoique, je vous avoue que pour mon exemplaire, j’ai pas mal dû chercher pour trouver le modèle exact car la plaquette s’était décollée. C’est en regardant les cadrans, l’emplacement de certaines commandes et le fait qu’il y ait un levier d’armement qui m’a permis de trouver qu’il s’agissait d’un Exa 1a.

J’ai, assez maladroitement, refait une plaquette avec le nom et le modèle (on pourra la décoller si besoin).

Pour connaître la date de fabrication, c’est un peu plus compliqué car il faut regarder sur le capot, près du levier d’armement, ce qui y est gravé : Ihagee Dresden, aus Dresden (comme sur le mien, ce qui donne 1964), la tour Pentacon, Dresde, voire aucune gravure.

Merci Exa-Kameras.

Puis, à l’arrière de l’appareil photo il y a une inscription MADE IN GDR dans le similicuir ainsi que 1 dans un triangle. Ce 1 est un signe de qualité indiquant que le produit fini est de première qualité.

Tous ces appareils sont entièrement manuels, sans cellule et presque tous ont la monture à baïonnette Exakta, sauf les Exa 1b et 1c qui ont des montures à vis M42. Par contre, ils ont tous un déclencheur à gauche. Le bouton sur le capot n’est pas un déclencheur mais la commande pour débrayer le film pour le rembobinage.

Je vous invite à relire l’article sur l’Exa type 6 car son obturateur à guillotine vaut le détour. Il équipera aussi les premiers Exa 1. Retenons simplement que la conception de ce type d’obturateur limite la vitesse maximale au 1/150s et qu’on ne peut y installer un miroir à retour instantané.

Ces premiers appareils ont une espèce de changement de vitesse sur le côté gauche, qui sera remplacé ensuite par un cadran plus habituel, toujours placé à gauche.

Au milieu du capot, la pièce maitresse, le viseur, que l’on peut ôter pour en poser un autre. Celui qui équipe mon exemplaire est comme les viseurs des TLR, à tunnel : il se déplie vers l’avant et est équipé, ici aussi, d’une petite loupe. On peut le remplacer par un viseur à pentaprisme (moins amusant).

Ensuite, c’est à l’aide d’un gros bouton que l’on fait avancer le film ou qu’on le rebobine. Il faut attendre l’Exa 1a pour le voir disposer d’un levier d’armement et encore le 1b pour voir une manivelle de rembobinage.

Pour le reste, l’appareil est effectivement très facile à utiliser : vous armez avec le levier et déclenchez avec celui près de l’objectif, encore une fois, placé à gauche.

Le déclenchement avec le levier sur l’objectif ferme le diaphragme à iris juste avant le déclenchement de l’obturateur. En fait d’obturateur, ce n’est ni un à feuilles dans l’objectif ni à plan focal devant le film, mais c’est le miroir qui fait cet office. De fait, quand vous armez, vous descendez le miroir, ce qui vous permet de voir la scène à photographier, et lorsque vous avez déclenché, celui-ci se remet en position haute et cache la vue. Simple, efficace, mais qui limite la vitesse de travail et vous empêche de voir la scène tout le temps.

A l’arrière, près du viseur, un discret levier permet de bloquer le déclenchement, pour le transport.

Le cadran de gauche est celui des vitesses, limitées : B, 1/30, 1/60, 1/125 et 1/175, avec deux indications pour le flash. Soit c’est un flash à ampoules et il faut placer le repère rouge sur ampoule au 1/30s, soit c’est un flash électronique et dans ce cas, il faut placer le repère rouge sur éclair au 1/60s. La combustion de l’ampoule demande plus de temps pour atteindre sa pleine capacité.

Le cadran de l’autre côté, sur le levier d’armement, porte une couronne pour se souvenir de la sensibilité du film, de 12 à 800Asa, plus trois positions C – C en rouge – MC en rouge – MC. Celles-ci permettent de se souvenir si on a mis du film dia, couleur ou N/B dans l’appareil. Pour rappel, l’appareil n’a pas de cellule, c’est donc juste en pense-bête.

Remarquez, au centre, une couronne striée : elle permet de régler le compteur de vue, qui ne se remet pas à zéro automatiquement et qui décompte les vues.

Les objectifs sont souvent des Carl Zeiss Jena de 50mm f2,8 à formule Tessar, mais tous les objectifs prévus pour les Exakta se montent aussi sur le boitier, qui partage la même baïonnette que son illustre grand frère. On trouve aussi, sur les modèles plus tardifs, des objectifs Meyer Domiplan à corps en plastique 50mm f2,8.

Parlons un peu de cette fameuse baïonnette, une des premières du genre d’ailleurs, les objectifs anciens étaient surtout visés (M39 ou M42 et autres formats propriétaires d’avant les normalisations). En fait on pourrait dire qu’elle est double, au sens ou il y en a une à l’intérieur de la platine d’objectif, avec des saillies dans lesquelles vient se fixer l’objectif, et une seconde à l’extérieur, qui est ce petit crochet monté sur ressort et qui vient se clipser sur une petite goupille fixée à l’objectif.

Vous présentez celui-ci devant la platine et vous tournez un demi tour à droite, il se fixe sur la platine et le loquet assure le blocage. Simple et efficace.

En dessous de l’appareil, autour du filetage pour la fixation d’un trépied, vous voyez un cercle strié : c’est le loquet de fermeture du dos, qui s’enlève complètement pour le chargement du film.

Une fois le dos ôté, la chambre se présente devant vous, avec à sa droite, une bobine propriétaire ‘(vérifier qu’elle est bien là lors d’un achat), amovible pour charger plus simplement le film (quoique … moi j’aime bien quand la bobine ne bouge pas).

Vous aurez remarqué qu’il n’y a pas de griffe pour un flash, qui sera porté par un support auxiliaire. Pour le flash à ampoule, et certains anciens flashs électroniques, il y a une prise PC sur la face avant.

Que penser de cet appareil ?

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne ressemble à aucun autre, tant par sa forme, spécifique, que par sa conception, assez unique. Mais il ne laisse pas indifférent, surtout quand vous l’utilisez avec son tunnel de visée.

Soyons toutefois de bon compte, avec ce type de viseur, vous travaillerez plus le cadrage que la précision, à moins d’utiliser la petite loupe incluse dans le viseur, mais dans ce cas vous devrez porter l’appareil à hauteur des yeux, ce qui annule le côté discret de ce genre de prise de vue.

Vous travaillerez alors en zone focus, ce que l’objectif permet de faire sans soucis avec son échelle de profondeur de champ bien lisible.

Vous pourriez vous effrayer de sa vitesse limitée. C’est un fait, quand aujourd’hui on nous parle d’appareils capables du 120.000/s, un boitier qui propose du 1/175s fait figure de bien brave dinosaure. Et pourtant, si vous parcourrez les références et la seconde vidéo, vous découvrirez des clichés étonnants de clarté et de précision, même avec des films modernes.

Reste que c’est un appareil attachant, tant par ses défauts que ses qualités et son petit quelque chose de différent …

Ce n’est pas à proprement parler un appareil rare même s’il n’est pas commun. En très bon état comme celui-ci, avec son beau sac tout prêt intact, il vaut dans les 60€.

De quoi vous permettre d’investir dans quelques bobines de films.

Ah, rappelez-vous que la visée avec cet appareil est comme celle des TLR, inversée par rapport au sujet. Personnellement, c’est la raison pour laquelle je ne le garderai pas car je n’arrive toujours pas à remettre les images dans le bon sens.

Vidéos d’illustration

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ihagee, en français ; https://camerapedia.fandom.com/wiki/Ihagee, http://www.ihagee.org/ (l’incontournable), https://oldcamera.blog/2012/10/19/ihagee-exa-1a/, https://www.lomography.com/magazine/9089-ihagee-exa-1a-a-magic-ddr-camera, https://johns-old-cameras.blogspot.com/2012/10/ihagee-exa-1a.html, https://casualphotophile.com/2022/07/13/ihagee-exa-camera-review/, https://www.wrotniak.net/photo/exakta/exa-serial.html en anglais ; https://maniacphotos.com/exa-1a-eine-kamera-fuer-die-horizontale/, https://www.dresdner-kameras.de/ihagee_exakta/exa/exa.html, en allemand

Le Zinc du photographe

Le Canon Eos 1-Ds Mark 2, impressions d’utilisation.

Si vous avez lu l’article de présentation de l’appareil, vous aurez sans doute retenu qu’il avait 21 ans au moment de ces lignes, mais seulement environ 23.000 déclenchements (obturateur prévu pour 400.000).

Ensuite, qu’il n’avait que 16 Mpx, ce qui peut sembler peu de nos jours quand certains ténors proposent 45 ou 60 Mpx.

Ceci étant, les appareils pro dépassent rarement les 26 Mpx et certains micro 4/3 de pointe offrent encore 16 Mpx. Ce n’est donc pas un obstacle à la qualité des photos.

Par contre, la montée en ISO est limitée par rapport aux appareils plus modernes, car la limite est de 3200 et dès 1600, il peut y avoir du grain.

Ensuite, l’ergonomie, si elle a été soignée, elle s’est encore améliorée ces dernières années. Et le jeu bouton + molette est parfois un peu fastidieux, en tout cas quand on manque d’entrainement pour le faire. Les appareils plus récents sont plus intuitifs.

Enfin, il reste le poids de l’appareil avec sa grosse batterie de près de 350gr. A sa décharge, celle-ci autorise plus de 1200 déclenchements quelles que soient les conditions météo. Ces derniers jours, il a gelé et l’appareil est resté dans son sac mais dans la voiture. Il a déclenché sans aucun soucis et sans perte de puissance, impressionnant !

Voilà, voilà … tout ceci pour dire que j’apprécie toujours autant ce gros Eos. J’en suis même arrivé à mettre en vente mon Lumix G80 (micro 4/3 de 16 Mpx) qui était l’appareil qui trainait toujours dans la voiture, au cas où …

J’ai acheté une bonne sangle de poitrine, avec un plateau à dégagement rapide Arca Swiss, et cet Eos 1 Ds Mark 2 est maintenant l’appareil à tout faire qui est toujours dans mon véhicule.

Le 17 – 40 série L a été remplacé par un bon vieux 28 – 80 Canon que j’ai repris sur un Canon Eos 300. Il n’est pas stabilisé mais il donne entière satisfaction jusqu’à ce que je trouve son homologue stabilisé à prix raisonnable.

Alors, franchement, si vous trouvez cet appareil en vente, faites-vous plaisir, il vous le rendra bien. Vérifiez quand même qu’il ne soit pas rincé et proche du seuil des 400.000 déclenchements.

Quelques photos prises avec cet Eos 1-Ds Mark 2 (cliquez sur les images pour mieux les voir) :

Les situations sont très différentes et l’appareil s’en tire très bien, même en cas de faible lumière et de grands écarts de luminosité.

Argentique

Polaroid Automatic Land 340

Préambule

Si vous vous en souvenez, il y a quelques temps, j’ai consacré un article à la saga Polaroid.

Toujours curieux, j’ai cherché quelques uns des fleurons de la marque. Si beaucoup ne sont plus utilisables – car les films n’existent plus du tout (revoir l’article précité à ce sujet) – j’en ai transformé quelques uns en lampes d’ambiance et puis j’en ai trouvé que l’on pouvait encore employer, moyennant quelques concessions.

Donc, en plus d’un ou deux Automatic Land 320, j’ai fait l’acquisition récemment d’un Automatic Land 340, que vous allez découvrir.

Un mot sur les concessions à faire : d’abord, j’avais envisagé de pouvoir modifier l’un ou l’autre appareil pour utiliser des films Instax Wide ou Square (les plus grands) mais je n’ai pas encore trouvé les solutions qui me conviennent. Alors, il me restait à trouver des films Fuji en pack 100, forcément périmés mais entreposés correctement et à un prix décent.

C’est finalement grâce à un vendeur sur « appareils d’occasion » via FB que j’ai trouvé mon bonheur car le vendeur (merci Pierre), photographe lui-même, les a correctement sauvegardés mais en plus, ils ne sont pas trop vieux (2018). Enfin, cerise sur le pack, le prix était plus que raisonnable.

N’empêche que je n’utiliserai ces films que pour un projet bien précis, auquel je réfléchis encore, car le prix à l’unité est quand même plus cher qu’un film 600 ou Instax modernes.

Un peu d’histoire.

Au début de l’histoire des appareils Polaroid était le 95, sorti en 1948, qui utilisait du film en rouleau (type 40). Ces films, et les appareils qui les utilisent, vont progressivement se perfectionner, passant du Sépia des débuts au noir et blanc.

Mais en 1963 se produit un bouleversement important : l’introduction du pack-film en lieu et place des films en rouleau et introduction de la couleur. Les appareils évoluent aussi considérablement, comme le Polaroid 900 qui sera le premier au monde à proposer une exposition automatique.

Pour mémoire, le pack-film est un boitier qui renferme 10 films, représentés par un ensemble de deux feuilles, l’une étant le négatif et la seconde la photo. Lorsque le négatif est impressionné, le développement se fait lors du retrait de l’ensemble, via une bandelette qui fait passer le tout entre deux rouleaux métalliques dont le seul but est de compresser la substance chimique contenue entre les feuilles et de la répandre sur la photo pour assurer le développement et la fixation de l’image.

Le premier appareil à utiliser cette nouvelle technique est le Polaroid Automatic Land 100, en 1963.

Ces Automatic Land règneront jusqu’en 1972, date d’une nouvelle évolution majeure, le pack-film intégral SX-70 et le premier appareil du même nom. Ce nouveau pack-film contient toujours le négatif, la photo, la chimie mais on y ajoute une pile qui alimente l’appareil pour toute la durée du pack (10 feuilles).

C’est en 1981 que commencera une autre évolution, celle du pack-film intégral 600 et des appareils qui vont avec, les 600. Le film est quasi identique au SX-70, seules les sensibilités changent.

Il y aura encore un sursaut en 1986 avec l’introduction des films Spectra et des appareils Image System mais ils n’auront pas la longévité des films SX-70 et 600, toujours produit à l’heure actuelle, et je le répète, ce sont les seuls encore produit par Polaroid (encore une fois, voir l’article cité en préambule).

Les appareils Automatic Land ont tous en commun les éléments suivants :

Automatic

1 : Viseur avec ou sans télémètre (suivant modèle)
2 : Déclencheur
3 : Griffe pour flash (suivant modèle)
4 : Bouton du télémètre (suivant modèle)
5 : Echelle de portée du flash
6 : Bouton du télémètre (suivant modèle)
7 : Emplacement languette blanche
8 : Sélecteur de film
9 : Porte pour la languette jaune
10 : Cellule (suivant modèle)
11 : Objectif
12 : Branchement pour Flashcube (suivant modèle)
13 : Réglage lumière (Lighten/Darken)
14 : Levier du déclencheur

Pourquoi changer une équipe qui gagne ? Quasi du premier jusqu’au dernier modèle, les Automatic Land évolueront peu dans leur forme générale et les commandes essentielles ne changeront pas de place.

Les premiers films disponibles ont des dimensions de 8,5×10,5cm, leur développement se fait hors de l’appareil, assez rapidement (en fonction de la température) et s’appellent Polapan 107 (N/B à 3200Asa) et Polacolor 108 (couleur à 75Asa).

Si la gamme commence avec l’Automatic Land 100, elle de déclinera avec les numéros suivants :

  • 1964 : 101, 102, CU-5 Close-up
  • 1965 : 103, 104, 125, 135, 180, Swinger (20), 415, M15, Instant portrait (4×5)
  • 1967 : 210, 220, 230, 240, 250
  • 1968 : 215, 225, 3000 (Big Swinger), M-10, Special Events 228 (high volume)
  • 1969 : 315, 320, 325, 330, 335, 340, 350, 360, colorpack II, IV, ED-10 Intrument
  • 1971 : 420, 430, 440, 450, Countdown 70, 90, Big Shot, Colorpack 80, 82, 85, 88, ZIP, Super colorpack, IV, Square shooter, Miniportrait, 701, 703, 704, 706, CU-5, ID-3 Indentification

J’ai volontairement sauté quelques années qui ont vu la production d’appareils trop spécialisés. Si vous voulez voir à quoi ceux-là ressemblaient, je vous invite à les découvrir sur l’excellent site de Polaroid Passion. Et si l’envie vous prend de consulter l’ensemble des caractéristiques des films produits pour ces appareils, vous les trouverez sur l’autre excellent site Landlist.ch.

Comme je l’écrivais plus haut, la plupart des appareils sont semblables, extérieurement. C’est en dedans que les choses évoluent, subtilement : on passe des lentilles en plastique à celles en verre, on ajoute un minuteur pour les temps de développement, les cellules affinent leur sensibilité, la visée devient télémétrique, puis télémétrique couplé, de l’électronique s’embarque, etc.

Un petit tableau vous montrera un exemple de ces évolutions (merci Collection-appareils).

*le 320 n’a que 2 lentilles en plastique au lieu de 3, en verre ; **le 350 possède un compte-temps électronique et plus mécanique

Et puis des compléments optiques viendront améliorer les possibilités de certains boitiers, un retardateur mécanique pourra être ajouté sur quelques modèles, des accessoires pour utiliser des flashs électronique, par exemple.

Généralement, les Automatic Land sont vendus avec un boîte en plus ou moins faux cuir afin d’assurer le transport de l’appareil et de ses accessoires.

Présentation du Polaroid Automatic Land 340.

L’Automatic Land 340 est donc semblable au 320 et 330 mais il va nous proposer quelques améliorations : le viseur, avec télémètre couplé indépendant, se rabat pour une meilleure protection sous la coque en plastique qui sert aussi de « sac tout prêt ». Il propose 4 réglages pour la sensibilité des films (qui ont aussi évolué), allant de 75 à 3000Asa et il y a dorénavant 4 réglages d’exposition, notés sur le dessus du combiné objectif/obturateur, nous y reviendrons.

Le viseur à lui seul retient l’attention. Il y a deux fenêtre à l’arrière : la première pour le cadrage, la seconde, ronde, est celle du télémètre couplé, avec correction de la parallaxe. Lorsque vous bougez les barrettes de réglages de la distance, le patch du télémètre suit. D’autres modèles ultérieurs auront le télémètre inclus dans le viseur (une seule fenêtre).

Il se rabat donc vers l’avant pour être protégé par la coque en plastique qui sert de « sac tout prêt » et de fourre-tout aussi car on y place le réchauffeur, le mode d’emploi et … les photos développées. Un aimant solide le maintient en position une fois rétablit à la verticale.

Je vais revenir sur nombre de choses écrites mais avant toute chose, pour que l’appareil fonctionne, il faut changer les piles ! En effet, initialement, il était équipé d’une pile de 4,5v au mercure, heureusement interdite depuis 1996 en Europe. Enfin, quand j’écris heureusement, c’est facile à écrire car pour trouver un équivalent en pile alcaline, c’est impossible. Il va falloir bricoler un peu …

Tout d’abord, s’assurer que la pile n’a pas coulé et que les fils et contacts ne sont pas oxydés. Si c’est bon, défaites le fil enroulé autour du support (fil blanc = positif, fil noir = négatif) et essayez de récupérer la petite pastille en métal, vous pourrez la souder sur les contacts du nouveau container à piles.

Dans le cas contraire, tirez sur les fils pour les extraire seuls et coupez environ 1cm pour éviter l’oxydation qui a pu remonter sur le câble. Vous les nettoierez puis soudez-les sur les contacts du nouveau porte-piles

Pour éviter le massacre à la pince que j’ai déjà trop vu sur Internet, il suffit de déposer les 3 vis qui sont dans le compartiment pile pour sortir l’intérieur de la poignée. Puis, avec un petit appareil de type Dremel monté avec un disque coupant au diamant (industriel, je précise), voire avec une petite scie à fil, vous coupez les plastiques qui constituaient le clip de la pile. Un conseil, coupez en biais pour descendre assez bas car vous allez devoir installer un porte-piles de 3×1,5v = 4,5v, que vous trouverez sur un grand site chinois ou chez un revendeur en électronique.

Remontez le tout en remettant en place la pièce métallique au centre (le clip pour la porte du compartiment), soudez les fils, installez les piles, c’est prêt.

Pour vérifier que le montage est juste, un petit truc : armez l’appareil, couvrez la cellule avec la main, déclenchez puis ôtez votre main. Vous devrez entendre 2 clics qui se succèdent, vous assurant que l’obturateur s’est bien ouvert et fermé. Par cette manœuvre toute simple, vous aurez simulé une luminosité trop faible qui oblige l’appareil à recourir aux vitesses lentes (10sec.) et lorsque vous retirez votre main, la cellule envoie un signal à l’obturateur qui se referme immédiatement, d’où les 2 clics.

Si vous trouvez la démarche compliquée, armez l’obturateur, ouvrez le dos de l’appareil (soufflet ouvert bien sûr) et déclenchez : vous verrez l’obturateur s’ouvrir et se fermer.

Revenons donc sur quelques éléments cités plus haut.

A l’avant, soufflet déployé, se trouve le bloc optique et obturateur, qui contient aussi toute « l’électronique » de l’appareil, cellule y comprise, le fameux « œil » électronique. Faites attention au câble entouré d’une gaine spiralée en métal, ne le croquez pas, c’est la commande du déclencheur. De l’autre côté du soufflet, vous verrez les fils sous gaine qui vont vers l’alimentation. Faites-y attention si vous devez remonter la poignée, de ne pas le coincer ni, pire, le couper.

L’exposition est automatique, c’est-à-dire que la cellule, selon la sensibilité du film et la lumière détectée, va régler l’ouverture, allant de f8,8 à f46 et ouvrir l’obturateur dans les vitesses allant de 10s à 1/1200s. Il semble que ce soit un appareil à priorité ouverture.

Pour le reste, c’est un Polaroid, donc très facile d’usage et en plus, ils sont assez didactiques : des chiffres vous indiquent la séquence des manœuvres. Le 1 c’est pour soulever la barre de réglages des distances, qui libère le soufflet. Le 2 est noté sur le déclencheur (quoique personnellement je l’aurais placé sur le levier d’armement de l’obturateur car si vous oubliez de l’armer, rien ne se passe), le 3 devrait être sur les réglages de la sensibilité (une fois, pour la totalité du pack) et pas sur le levier d’armement, un 5 sur le réglage selon que vous êtes en intérieur ou extérieur car le 4 est sur la porte qui vous permet de tirer sur la languette blanche pour faire sortir la photo prise, et j’ajouterai un 6 pour le réglage de la minuterie derrière, pour mesurer le temps de développement.

Parlons du pack-film d’ailleurs : vous ouvrez la porte en libérant le gros loquet, en dessous, puis vous glissez le pack-film dedans et refermez. Faites attention que la grosse bande noire soit bien vers l’extérieur car vous devrez fermement tirer dessus pour faire sortir le papier de protection qui enveloppe les films dans le pack. Ce papier se jette. En tirant dessus, vous aurez aussi libéré une languette blanche, celle de la première photo, sur laquelle vous devrez tirer fermement et d’un mouvement continu pour faire non seulement sortir la photo prise mais aussi pour l’obliger à passer entre les rouleaux qui vont écraser la chimie entre les deux feuilles et lancer le développement proprement dit. Si vous trouvez que ce n’est pas assez clair comme explications, regardez la vidéo mise plus bas à ce sujet.

Un mot encore sur la minuterie. Si elle était nécessaire au temps des films Polaroid, elle ne l’est plus avec les films Fuji, plus modernes et plus rapides et, surtout, qui se développent d’eux-mêmes jusqu’au bout. Dès lors, le « réchauffeur » inclus dans le set de l’appareil ne sera plus nécessaire. Cet accessoire, deux feuilles d’aluminium tenues ensemble comme un portefeuille par un collant en tissu (qui se décolle souvent), servait à y glisser la photo sortie de l’appareil pour la maintenir au chaud, dans une poche par exemple, jusqu’à ce que le temps de développement complet soit achevé.

Un mot sur l’optique car ici l’objectif est en verre à 3 éléments (triplet de 114 mm f8.8) et non plus en plastique, comme sur le 320 ou le 330. Par contre le corps du boitier est en plastique et métal, alors qu’un modèle 350 sera tout métallique et profitera dès lors d’un filetage pour un trépied.

Il existe encore des réglages sous la platine objectif/obturateur, notamment pour le réglage de la sensibilité des films. Ici, vous avez 4 réglages : 75 – 150 – 300 – 3000 Asa, les premiers chiffres concernent les films couleurs, le dernier, les films en N/B.

Puis il y a encore une tirette qui, lorsque vous l’actionnez, fait bouger des cases sur le dessus du combiné : ce sont les réglages pour les prises de vue au flash (carré jaune) ou sans (carré noir) selon que vous êtes en intérieur ou en extérieur.

Pour vous donner une idée des ouvertures selon les sensibilités des films, voici un petit tableau récapitulatif utile (ou pas).

Un mot sur le flash spécifique à la gamme Land : c’est le flash 268, reconnaissable à sa protection bleue en plastique et qui utilise les ampoules M3, en verre avec culot métallique. On en trouve encore dans les brocantes, les vides-greniers et autres, souvent à prix abordable. Le flash se greffe sur le haut, à gauche, de l’appareil et la prise se fiche sur la gauche du combiné optique/obturateur. La protection bleue doit être en bon état et toujours refermée lors de l’utilisation d’une ampoule car celle-ci pourrait éclater et expulser de fins débris de verre à la volée.

Vérifiez aussi systématiquement l’état de la pile dans le flash car elle a souvent été oubliée et dans ce cas, cherchez en un autre exemplaire car l’acide aura tout rongé. Il suffit d’ôter les deux vis sous le flash pour faire tomber la plaque de sécurité et avoir accès à l’intérieur. Vous pouvez y placer une pile AA de 1,5v moderne.

Pour le réglage des distances, il suffit, appareil entre les deux mains, de pousser ou tirer du bout des index les 2 curseurs marqués 1 vers la gauche ou la droite. En vérifiant dans le viseur du télémètre, vous verrez le patch jaune se superposer à l’image fixe (télémètre à coïncidence). Une échelle de distance, avec des pictogrammes, permet aussi une mise au point rapide mais moins précise.

Que penser de l’appareil ?

Sorti de 1969 à 1971, c’est un appareil bien construit, pour peu qu’on le respecte. En effet, l’oubli de pile à l’intérieur en a ruiné plus d’un. Ensuite, le soufflet mérite toute votre attention car il peut se décoller et se froisser si vous le malmenez. Des réparations sont possibles mais hasardeuses. Mieux vaut alors trouver un appareil donneur pour procéder à un échange. Des tutoriels existent sur la Grande Toile pour cette opération délicate.

Pour d’autres manipulations, comme le changement de pile, le chargement, etc. je vous recommande le site suivant : Ressurect a Polaroid Land Camera.

J’ai eu la chance d’acquérir un très bel exemplaire, dans sa boite d’origine, avec le mode d’emploi, le flash (neuf), quelques ampoules en M3 et des accessoires peu communs : le retardateur Polaroid et un complément optique, le filtre orange (#516) de la marque.

Le filtre se clipse sur l’objectif et le devant de la cellule, tandis que le retardateur se vise sur le déclencheur. D’autres compléments optiques existaient, comme pour faire des portraits, des close-up, etc. Tous les modèles de la série Automatic Land ne pouvaient recevoir ces accessoires (par exemple, pas le 320 mais bien celui-ci et le 350).

Personnellement je trouve cet Automatic Land 340 intéressant, pour son format et son côté vintage assumé mais je regrette que les films Fuji soient si difficiles à trouver dans des prix réalistes et acceptables (allez faire un tour sur Ebay pour mieux comprendre). Enfin, ne nous leurrons pas, ceux-ci ne font plus partie de stocks inépuisables et ils finiront bien un jour par ne plus exister du tout. Appel du pied au nouveaux propriétaires de la marque Polaroid pour relancer cette production qui en rendrait plus d’un heureux !

Mais ne boudons pas notre plaisir de faire de belles photos instantanées à l’ancienne avec ce bel appareil, qui ne vous laissera pas passer inaperçu.

Et puis, pratiquer la photo instantanée c’est comme revivre à chaque fois la magie de la photographie, celle de l’instant où se révèle l’image qui vient d’être prise, là, entre vos mains.

Il faut toutefois ne pas oublier que ce plaisir à un coût, non négligeables avec ce type d’appareil ancien.

Mais ces photos vous apporteront aussi un négatif, que vous n’aurez pas avec les moyens modernes de photos instantanées. Ce négatif, vous pourrez le retravailler si besoin, en faire des œuvres indépendantes, bref, innover … comme le faisait les anciens utilisateurs des Automatic Land.

Au niveau prix, sachant tout ce qui a été dit auparavant, ne jetez pas votre argent par les fenêtres : vous ne devriez pas dépenser plus de 40€ pour un bel exemplaire complet et utilisable. Notez que j’ai déjà vu des prix affolants pour certains modèles particuliers de la gamme. Soyez raisonnable, faites-vous plaisir mais ne vous laissez pas pigeonner par des aiglefins dans scrupules car il y aura encore le prix du film ensuite à prendre en considération.

Oui, je sais, quand on aime, on ne compte pas …. mais quand même !

Videos d’illustration

Pour le charger

Si vous avez le cœur bien accroché, osez ce dernier film (moi j’ai pas pu aller au bout !).

Un peu de technique

Mise au point télémétrique séparée et viseur à correction de parallaxe
Mise au point manuelle du télémètre couplé
Vitesses d’obturation de 10 secondes à 1/1200 s
Objectif en verre 114 mm f/8,8 à 3 éléments (triplet)
Plage d’ouverture f/8,8 à f/46
Exposition automatique à priorité d’ouverture avec l’aide de « l’œil électrique »
Compensation d’exposition à l’aide du cadran d’éclaircissement/assombrissement
Film série 100/660, format négatif/impression 8,8 x 10,5cm
Minuterie de développement mécanique (inutile de nos jours car le film Fuji se développe automatiquement)
Corps en plastique et métal
Batterie 4,5 V remplacée par 3 piles de 1,5v (modification à faire)

Possibilité d’adjoindre des compléments optiques et un retardateur mécanique.

Des références

http://camera-wiki.org/wiki/Polaroid_Land_Model_340, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Polaroid_Land_Model_340, https://www.jameslpearson.co.uk/2012/02/15/the-fuji-kodak-polaroid-land-camera-340/, http://polaroids.theskeltons.org/d340.htm, http://www.landlist.ch/landlist/landdcam-pack.htm#340, en anglais ; https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-718-Polaroid_Automatic%20340.html, en français

Le Zinc du photographe

Le Canon Eos 1-Ds Mark 2

Préambule.

Si vous vous en souvenez, je vous ai présenté il y a peu le Nikon D4s, un autre appareil professionnel.

Aussi étrange que cela puisse paraître, je m’étais attaché à ce gros boitier. Enfin, surtout à ses capacités, hors du commun, même 10 ans après sa sortie.

Celui-là s’en est allé vers un autre sac photo, mais je voulais réitérer l’expérience. Finalement, j’ai trouvé sur le Net un autre champion, le Canon Eos 1-Ds Mark II.

Si ce n’était pas le concurrent direct – il y a 10 ans d’écart entre les 2 appareils – il offre des prestations elles aussi hors du commun.

Un peu d’histoire.

De la fin des années cinquante au début des années septante, Nikon était incontestablement le fournisseur des photographes professionnels.

L’apparition du Canon F-1 vint ébranler cette belle suprématie et encore plus avec le New F-1 dix ans plus tard. Sur les fronts de guerre, dans les stades, dans les rues mouvementées de ces années-là, les professionnels avaient choisi leurs camps : on était Nikon ou on était Canon.

C’est en 1987 que tout bascule, avec l’apparition du premier Canon Eos et plus encore en 1989 quand le Canon Eos 1 est présenté aux professionnels.

L’Eos 1 possède un cadre en aluminium moulé, recouvert d’une coque en polycarbonate et garni de cuir PU antidérapant. Léger et résistant.

Le viseur offre une couverture horizontale et verticale à 100%.

Il peut travailler de 30 s à 1/8000s dans tous les modes d’expositions. L’appareil offre en plus 8 fonctions personnalisables.

Un Power Booster lui permet de photographier à 5,5i/s.

Comme le F-1 et le New F-1 à leur époque, l’Eos 1 s’inscrit dans un système, c’est-à-dire que le boitier est au cœur d’un ensemble d’accessoires prévus pour répondre à tous les besoins des photographes : large gamme d’objectifs, flashs dédiés, moteurs, accessoires macro, accessoires astro, accessoires médicaux, etc.

Mais surtout, c’est son autofocus rapide et précis, piloté électriquement par le boitier, qui fait la différence et incite nombre de photographes à passer vers la marque rouge.

Puis, en 2001 apparait le premier numérique pro de Canon, l’Eos 1D.

Le petit tableau ci-dessous vous résume le reste de l’histoire.

Source : Wikipédia

Le Canon Eos-1 Ds est donc le digne successeur de ses illustres prédécesseurs.

Présentation du Canon Eos-1 Ds Mark II.

L’Eos-1 Ds succède à l’Eos-1 D, sorti en 2001 et qui proposait 11,1Mpx. Il sera suivi en 2004 par l’Eos-1 Ds Mark II (16Mpx) qui nous préoccupe, avant d’être lui-même remplacé un peu plus tard par un Eos-1 Ds Mark III qui proposera 26Mpx. L’Eos-1 Ds Mark II coutait, nu, 8000€ à sa sortie.

Que proposait-il ?

Un capteur plein format de 24 x 36 mm, des vitesses d’obturation s’étalant de 30s à 1/8000s (l’obturateur est prévu pour 400.000 déclenchements), une sensibilité de 50 à 3200Iso, un écran LCD de +/- 5cm, un viseur optique à 100%, tout ça dans un corps en alliage de magnésium recouvert de polycarbonate et un blindage électromagnétique, qui affiche sur la balance, nu, 1550gr (corps 1215g + batterie 335g). Le boitier est traité pour résister au ruissellement et à la poussière. Le but étant de le rendre capable de supporter des conditions de travail difficile et des conditions extrêmes.

A l’époque donc, l’Eos-1 Ds Mark II a été développé pour répondre aux besoins de photographes professionnels de portrait, de studio et de paysage, ceux qui exigent la plus haute qualité d’image. Ce que ce nouvel Eos offrait avec son capteur CMOS de 16,7Mpx plein format. Il offrait alors le nombre de pixels le plus élevé au monde.

Sa haute résolution d’image, sa riche gradation des couleurs et (pour l’époque) une large plage de sensibilité ISO autorisent les photographes à utiliser pleinement toute la gamme des objectifs Canon EF.

Equipé du processeur DIGIC II, l’appareil peut traiter de gros volumes de données extrêmement vite tout en gardant les détails ultra fins et la reproduction naturelle des couleurs. Il peut emmagasiner en continu 32 photos (grand format JPEG) à la fréquence de 4i/s.

Il utilise deux cartes mémoire : une SD et une CF (Compact Flash), avec la possibilité d’enregistrer sur l’une et d’utiliser l’autre comme sauvegarde ou utiliser une carte pour le JPEG et l’autre pour le RAW (ici le CR2 natif).

Au nombre des nouveautés, de nouvelles fonctionnalités comme un grand choix de paramètres de qualité d’image (4 taille de JPEG et dix niveaux de compression en plus du RAW) ; deux paramètres de matrice de couleurs personnalisables en plus des cinq modes prédéfinis afin d’optimiser l’image en fonction des exigences du sujet ou du périphérique de sortie.

Même si de nos jours cela pourrait faire sourire, l’écran LCD de 5,8cm proposait 230.000 points, ce qui doublait la résolution du modèle précédant.

Je citais plus haut la vélocité de son autofocus. De fait, la mise au point automatique se fait sur 45 points (dont 7 en croix), ce qui autorise le photographe à des compositions variées, sans plus avoir besoin de centrer le sujet pour effectuer la mise au point. Ajoutons-y une mesure évaluative sur 21 zones et on peut garantir une exposition idéale pour chaque cas. Le Canon Eos-1 D mark II, plus orienté vitesse que le DS puisque son unité AF est capable de fonctionner à 8,5 images par seconde, fait profiter le 1 Ds Mark II de l’algorithme AF AI Servo AF, optimisé pour le fonctionnement de 4 ips.

Petite précision utile au sujet des boitiers pro : les Eos D et Ds sont surtout destinés au paysage, studio et portrait alors que les DX sont orientés animalier et sport, avec des rafales plus rapides.

Vous pouvez encore contrôler les fonctions personnalisées afin d’adapter le boitier à vos préférences individuelles.

La mesure du flash est E-TTL lorsque l’on utilise les flashs Speedlite de la série EX. Grâce aux informations de distances fournies par les objectifs, l’exposition au flash est plus précise et stable qu’auparavant.

Rappelez-vous, Canon a le premier introduit le principe de la communication électrique du boitier vers l’objectif et l’inverse, le ou les moteurs étant inclus dans les objectifs.

D’accord, toutes ces informations peuvent faire sourire aujourd’hui. Comparé à nos appareils actuels, il aurait presque l’air d’un bon vieux dinosaure.

Mais n’oublions pas qu’à son époque des photographes talentueux en ont tiré le meilleur.

Que penser de cet appareil ?

Vous avez remarqué que, comme d’habitude, je n’ai pas fait une revue exhaustive de ce que l’appareil peut faire, ni comment on s’en sert. Le mode d’emploi se trouve toujours sur le site de Canon.

Je vais plutôt essayer de vous livrer mes impressions.

Une remarque d’abord : cet appareil est prévu pour +/- 400.000 déclenchements et il en compte 22.181 (vu avec Photome, gratuit), autrement dit, il est juste en rodage ! Pourtant cet Eos-1 Ds Mark 2 fête ses 20 ans cette année.

L’appareil est lourd (près de 200gr de plus que le Nikon D4s) mais son ergonomie est excellente et il est très bien équilibré.

Au prix où on le vend aujourd’hui, vous pouvez encore vous offrir une excellente sangle pour le porter sans ruiner vos cervicales.

Sa manipulation requiert un peu d’habitude. Lorsque je l’ai reçu (merci Pierre), j’ai cru un instant qu’il était en panne car j’avais beau faire tourner la grande roue codeuse à l’arrière, rien ne se passait. Heureusement, l’appareil m’a été livré avec le guide rapide et le mode d’emploi en français. Et là j’ai compris qu’il fallait actionner un bouton et la roue pour faire bouger les fonctions demandées. Une petite gymnastique facile a assimiler.

J’ai encore eu le plaisir de découvrir dans le colis que l’appareil était accompagné de trois batteries et de deux chargeurs. En fait non : il y avait bien un chargeur qui permet la recharge de 2 batteries simultanément mais la troisième n’est pas une batterie, c’est un élément qui permet, avec le second chargeur, de travailler directement sur le courant domestique, par exemple lorsqu’on est en studio, ce qui permet d’épargner les batteries, devenus rares de nos jours.

J’ai monté à l’origine sur l’appareil mon bon vieux 17 – 40mm f4 constant en série L, puis j’ai réglé le correcteur dioptrique à ma vue. Il réagit rapidement, même en cas de luminosité faible et fait la mise au point sans hésitation. Le 28 – 80 est venu le seconder.

Ensuite, comme je m’étais acheté une sangle à mettre en bandoulière (plus pratique pour le port d’objet lourd je pense), j’y ai glissé une carte SD car j’attends encore la CF que j’ai commandée.

Petit réglage pour qu’il accepte la seule carte SD, puis le mettre uniquement en RAW (CR2) et me voilà sorti un petit matin frais pour essayer de capter les premiers rayons de soleil.

Agrandissement à 300%

Manque de bol, les nuages étaient très nombreux mais j’ai quand même pu faire quelques photos. Quel régal que d’entendre le clac discret mais ferme de l’obturateur !

Finalement, même s’il fait son poids, il n’est pas désagréable à porter à l’œil et, surtout, quel confort avec le déclencheur, niché dans un creux qui ne laisse pas de doute sur sa position et son toucher. En effet, je n’ai plus de sensibilité dans les doigts et donc avec les autres appareils, je suis toujours en train de chercher le déclencheur. Ici, pas de soucis de ce côté-là.

Le porter avec la sangle en bandoulière est aussi une bonne idée, je ne le sens presque pas. Je vais juste ajouter un câble de retenue au cas où il voudrait me quitter sans préavis !

Quand on a compris le jeu touche+molette, les réglages sont très simples et les menus ne sont pas (encore) à rallonge (le mode d’emploi fait 179p.).

En résumé, je pense que ce Canon Eos-1 Ds Mark 2 va être un compagnon qui restera dans mon véhicule (bien caché) car on peut lui faire confiance pour la solidité et la tenue de sa batterie (+/-1200 vues quand même).

Question prix, comptez entre 150 et 250€ mais vérifiez quand même s’il a beaucoup tourné au pas (un petit truc tout simple pour le faire : avec le programme Photome vous chargez la dernière photo prise par l’appareil et vous regardez les Exifs, vous y trouverez le nombre de déclenchement ou shutter count).

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Alors ici, la liste est tellement longue que je vous renvoie sur le site de Canon Global ou sur 4Clik (en français) pour sa fastidieuse mais intéressante découverte.

Des références.

https://camerarace.com/fr-fr/test/reflex/Canon-EOS-1Ds-Mark-II/, en franglais ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Canon_EOS-1Ds_Mark_II, https://www.4clik.com/photo-video/appareils-photo-numeriques/id=104252/canon-eos-1ds-mark-ii/, https://versus.com/fr/canon-eos-1d-x-mark-ii-vs-nikon-d4s, https://www.canon.fr/pro/stories/eos-1-35th-anniversary/ en français ; https://www.the-digital-picture.com/Reviews/Canon-EOS-1Ds-Mark-II-Digital-Camera-Review.aspx, https://global.canon/en/c-museum/product/dslr787.html, https://www.dpreview.com/reviews/canoneos1dsmkii/2, https://www.joerivanveen.com/blog/canon-eos-1ds-mark-ii/, https://pxlmag.com/db/camera-compare/Canon-EOS-1Ds-Mark-II-vs-Nikon-D4s, en anglais.

Les nouveautés en un lieu

Deux millions de vues sur Youpic !

Si vous vous en souvenez, en juillet 2024, je vous indiquais que je venais de passer la barre du million de vues.

Eh bien aujourd’hui, c’est la barre des deux millions qui vient d’être franchie ! Merci aux photographes et experts du site qui apprécient mes photos.

Quinze d’entre elles ont été reconnues comme « inspiration », ce qui est flatteur.

Youpic est un site collaboratif de photographes, issus du monde entier. C’est très agréable d’y confronter nos points de vue et nos visions.

Je serais très heureux que vous veniez aussi visiter le site.