Recherche rapide : Préambule – Un peu d’histoire – Présentation du Canon Eos 3– Que penser de cet appareil ? – Vidéos d’illustration – Un peu de technique –Des références
Préambule.
Pour tout vous dire, j’allais passer mon chemin car la vendeuse de cet appareil en demandait un prix élevé, hors du budget que je m’étais fixé. Et puis je me suis rappelé l’attachement de mon ami Fred Laurent pour ce boitier et je suis retourné renégocier avec la dame et, entre gens de bonne composition, nous avons trouvé un terrain équitable.
Me voici donc en possession d’un magnifique Canon Eos 3 avec son grip et très heureux de faire un clin d’œil à l’ami Fred, que vous pourrez retrouver sur Studio Argentique, photographie argentique (et autrefois Histoire de Photos).
Un peu d’histoire.
C’est en 1998 que Canon proposera cet appareil à la Photokina. Il sera produit jusqu’en 2007, alors même que le numérique commençait à s’imposer. Et pour une fois, il s’appelle Eos 3 en Europe, au Japon et aux Etats-Unis.
Dans la hiérarchie Canon, il était destiné à remplacer le Canon Eos 1N (sorti lui en 1994), le haut de gamme de l’époque, destiné aux professionnels.
Rappelez-vous, chez Canon, plus le chiffre est petit, plus vous êtes haut dans la gamme : l’Eos 1 étant le superlatif de tous.
Toutefois, la fin des années nonante est délicate pour les marques, qui font aussi le forcing pour être prêtes au moment de l’entrée dans le monde numérique, à leur porte. Alors, faut-il encore investir dans un numéro 1 argentique ou concentrer dans un 3 ce qui se fait de meilleur à ce moment-là ?
De fait, l’Eos 3 utilise la batterie du 1, pour une meilleure autonomie ; il gagne un système de mise au point automatique à 45 points, comme sur le 1V (le dernier réflex analogique de chez Canon) ; son obturateur est prévu pour 100.000 déclenchements ; il hérite du système d’autofocus piloté par l’œil*, amélioré ; son calculateur est 8 fois plus rapide que celui du 1N.
*Ce système peut paraître magique : en effet, après avoir calibré le système pour votre vision, lorsque vous visez un sujet et que vous regardez dans une direction précise, le boitier fait la mise au point avec le collimateur qui a détecté votre regard ! D’autres marques ont essayé ce système, dont Pentax par exemple, mais sans atteindre les excellents résultats du Canon.
Présentation du Canon Eos 3.
Afin de ne pas trop faire d’ombre à l’ancien leader et pour ne pas empiéter sur le terrain du futur Eos 1V, la différence entre les deux repose, entre autre, sur la construction, en composite pour le EOS 3 et en alliage de magnésium pour le 1N. Mais ils ont tous deux la même protection contre les poussières et l’humidité.




Cependant, le 3 est aussi très solide, ses contacts sont à l’or fin et la baïonnette est en aluminium, légère et indéformable. De nombreux professionnels l’ont adopté comme second boitier et même parfois comme principal équipement.
D’ailleurs, de nombreux accessoires du 1N sont compatibles avec le 3 (le Power Drive Booster PB-E2, le Ni-MH Pack NP-E2, le flash Speedlite 550EX, les neuf écrans de mise au point de la série Ec pour l’EOS-1N sont compatibles, entre autre). N’oublions pas non plus la large gamme des objectifs EF**, y compris la série L (haut de gamme).




**Les objectifs modernes destinés aux reflex numériques APS-C ne sont pas compatibles. Les objectifs avec stabilisateur peuvent fonctionner sur ce boitier mais ils vont consommer beaucoup d’énergie et la pile 2CR5 n’est pas vraiment prévue pour ça.

Notez que si vous choisissez un type de pile, vous devez le noter sur le grip : 2CR5 ou piles AA.
L’appareil peut-être piloté par l’œil : c’est le système inauguré par le Canon Eos 50e, largement amélioré, qui est à la manœuvre. Et c’est d’un grand confort d’utilisation car, après avoir étalonné le viseur à votre œil, il vous suffit de regarder dans la direction du sujet pour que le collimateur sélectionné fasse la mise au point. Ça a toujours un petit côté magique !


Mais ce qui le rend unique, ce sont ses 45 collimateurs autofocus gérés par un capteur CMOS et son calculateur, plus rapide. Ensuite, ces collimateurs peuvent être choisis manuellement ou, mieux, comme écrit plus haut, on peut les piloter par l’œil ce qui permet d’aller trois fois plus vite qu’avec ce dernier. C’est la plus grande plage autofocus de son époque.

La mesure évaluative à 21 zones liée aux points de mise au point, la mesure multispot avec jusqu’à huit lectures par exposition et huit systèmes de mesure, y compris le flash automatique E-TTL avec 550Ex, font toute la différence.

Il peut atteindre la cadence de 7i/s en mode prédictif, ce qui est remarquable pour l’époque et nombre de boitiers digitaux ne font pas mieux de nos jours.
Un grip d’alimentation (PB-E2) remplace avantageusement la pile 2CR5 par 4 piles AA classiques et améliore la prise en mains en vue verticale.
Comme c’est un appareil pensé professionnel, notez, par exemple, le verrouillage de la porte arrière : un bouton à enfoncer et un verrou à faire glisser. Impossible que le dos s’ouvre par inadvertance ! Le testeur de profondeur de champ est toujours bien présent. Les commandes demandent parfois une combinaison de touches, que l’on retient assez facilement. Ensuite, il fut notre le grand écran sur le dessus, qui reprend les infos utiles pour la prise de vue.




L’appareil se met sous tension grâce à ce levier, qui offre trois positions : L = lock, tous les circuits sont éteints ; A = mise sous tension ; signal sonore = vous pouvez demander que certaines actions soient accompagnées d’un discret bip.


Les prises sont très accessibles, tant pour la commande filaire que pour la prise flash, notamment flash de studio.

Je ne vais pas vous faire tout l’article de ses possibilités, que vous retrouverez dans la rubrique un peu de technique mais juste encore préciser que l’obturateur, qui propose de 30s à 1/8000s, a réussi les tests d’endurance Canon, comme les boitiers pro.
Que penser de cet appareil ?
J’ai bien envie de reprendre les réflexions de l’ami Fred, qui utilise le sien depuis plus de vingt ans et qui compte le garder encore longtemps : c’est un boitier sur lequel on peut toujours compter, facile à prendre en mains (avec un peu d’entrainement), solide, performant quand on connait ses limites en basses lumières, une ergonomie très proche des numériques et hybrides de la marque, avec un autofocus rapide et fiable.
N’aurait-il que des qualités ? Non, il est assez lourd, un peu bruyant et, c’est le comble, il ressemble tellement aux appareils numériques qu’on le confond souvent avec ceux-là.
Moins couru que les Nikon F de la fin du siècle passé, il fait jeu égal avec eux et les surpasse même au niveau de la prise de vue.
Ce n’est pas un appareil courant en vente de secondes mains, leurs propriétaires en sont tellement content qu’ils s’en séparent rarement. Mais si vous en trouvez un, comptez entre 120 et 250€ en très bon état.
Une petite remarque toutefois : c’est un appareil qui va vous permettre de réussir des photographies complexes, voire accompagner un travail d’auteur. Si ce n’est pas vraiment votre souhait, il en existe d’autres, plus abordables, comme la série des 300.
Et vous, vous en pensez quoi ?
Vidéos d’illustration.
Un peu de technique.
Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.
- Appareil photo reflex multimode AF/AE à obturateur à plan focal de type 35 mm avec entraînement moteur intégré
- Taille de l’image 24 mm x 36 mm
- Objectif en dotation EF28-135mm f/3.5-5.6 IS USM
- Monture Monture EF – Objectif Objectifs Canon EF
- Système AF TTL-AREA-SIR avec capteur CMOS. Modes de mise au point : AF One-Shot, AF servo AI prédictif (pas d’indicateur de mise au point), mise au point manuelle. 45 points de mise au point sélectionnables par Eye Control Focus/sélection automatique/sélection manuelle. La fonction personnalisée peut limiter les points de mise au point à 11. Plage de fonctionnement de l’autofocus : EV 0-18 (ISO100). Indicateur de mise au point : S’allume dans le viseur et émet des bips. Indicateur de point AF : point de mise au point superposé dans le viseur. Faisceau d’assistance AF : émis automatiquement par le flash EOS Speedlite attaché si nécessaire.
- Obturateur électronique à déplacement vertical, à plan focal. 30sec.-1/8000sec. en 1/3-stops. B.X-sync à 1/200 s. Retardateur électronique intégré avec délai de 10 ou 2 secondes.
- Viseur par pentaprisme fixe au niveau des yeux. Grossissement de 0,72x, couverture verticale et horizontale de 97 %. Dioptrie standard : -1 dioptrie avec dégagement oculaire de 19,5 mm. Neuf écrans de mise au point interchangeables (compatibles avec l’EOS-1N). Écran de mise au point standard : Ec-N. La prévisualisation de la profondeur de champ est possible.
- Viseur : Centre d’information : Ellipse AF de zone, points de mise au point (voyants au point actif), cercle de mesure du spot central. En bas : Icône AF de contrôle oculaire, Indicateur de verrouillage AF, Indicateur de disponibilité du flash, Indicateur de synchronisation haute vitesse (flash FP), Vitesse d’obturation/Mémorisation EF/PoB/Profondeur/Fin de l’étalonnage/Sélection du cadre/AF/Mise au point oculaire/Affichage du point de mise au point central uniquement, AF/Numéro d’étalonnage/Affichage de l’ouverture, Compensation d’exposition/Icône de compensation d’exposition au flash, Indicateur de mise au point. Partie droite : Échelle de niveau d’exposition, Indice d’exposition standard, Indicateur de surexposition, Indicateur de surexposition au flash, Indicateur de niveau d’exposition, Indicateur de niveau d’exposition au flash, Indicateur de sous-exposition au flash, Indicateur de sous-exposition, Compte d’images vers le haut ou vers le bas (1-36).
- Mode de prise de vue LCD externe (P, M, Tv, DEP, Av), vitesse d’obturation/pose longue/collimateur AE de profondeur de champ/mode de sélection du point de mise au point/vitesse du film ISO/numéro de fonction personnalisé/affichage de l’étalonnage/vérification de la batterie/affichage du verrouillage FE, icône ISO, mode AF, icône AEB, mode d’avance du film, échelle de compensation d’exposition, avance et rembobinage du film /avertissement de défaillance de l’avance du film/Avance du film terminée / Icône de vérification de la batterie / Compensation d’exposition / Temps écoulé de l’ampoule / quantité AEB / montant de la compensation d’exposition au flash / indicateur de réglage de la fonction personnalisée, Icône d’exposition multiple, Compteur d’image/Temps d’exposition longue/Réglage d’exposition multiple/Exposition multiple restante/Affichage de l’indicateur de retardateur, Icône du compteur de temps restant, Icône de compensation d’exposition au flash, Rembobinage du film terminé/Indicateur de film chargé, Mode de mesure, Ouverture/DEP/Quantité AEB/Sélection du point de mise au point/Réglage de la fonction personnalisée/Affichage du numéro de canal d’étalonnage
- Comptage & Mesure TTL à pleine ouverture avec SPC (cellule photoélectrique au silicium) à 21 zones. Modes de mesure : Mesure évaluative (liée à n’importe quel point de mise au point), Mesure partielle (environ 8,5 % du viseur au centre), Mesure spot centrale (environ 2,4 % du viseur au centre), Mesure spot (liée au point AF à environ 2,4 % du viseur), Mesure multipoint (max. huit entrées de mesure multispot), Mesure moyenne pondérée centrale. Modes de contrôle de l’exposition : Programme AE (décalage), priorité à la vitesse d’obturation (en 1/3, 1/2 ou arrêts complets, décalage de sécurité activé avec fonction personnalisée), AE prioritaire à l’ouverture (en 1/3, 1/2 ou full sops, décalage de sécurité activé avec fonction personnalisée), profondeur de champ AE, flash programme E-TTL AE (synchronisation haute vitesse, verrouillage FE et contrôle sans fil activé avec 550EX), flash programme A-TTL AE, A-TTL flash programme AE, Manuel, ampoule. Plage de mesure : EV 0-20 (ISO100). Plage de vitesse du film : ISO 6-6400 (réglage automatique avec code DX pour ISO 25-5000). Correction d’exposition : bracketing d’exposition automatique (AEB. +/- 3 arrêts en 1/3 d’arrêt. Standard, séquence de sous-exposition et de surexposition), la correction d’exposition manuelle (+/- 3 arrêts en 1/3 d’arrêt avec la molette de contrôle rapide ou le bouton de compensation d’exposition et la molette principale), AEB et la compensation d’exposition manuelle peuvent être réglés ensemble. Mémorisation de l’exposition automatique : Mémorisation automatique de l’exposition automatique (fonctionne en mode AF One-Shot avec mesure évaluative), Mémorisation manuelle de l’exposition (par le bouton de mémorisation de l’exposition automatique). Maximum de neuf expositions multiples (annulable et réinitialisable à tout moment).
- Transport du film Le mécanisme de chargement automatique du film avec un système sans pignon fait avancer automatiquement le film vers l’image 1. Avance et rembobinage automatiques du film avec moteur intégré. Modes de prise de vue simple et continu (4,3 ips). Avec Power Drive Booster PB-E2 : H=7 fps, L=3 fps et simple. Rembobinage moyen, rapide et silencieux possible.
- Datation automatique : Caractéristique Date automatique : Dos de l’appareil photo interchangeable, retour de données DB-E2 (option) avec une molette de contrôle rapide et un écran LCD. La date peut être imprimée dans les formats suivants (jusqu’en 2019) : Année, mois, jour ; Jour, heure, minute ; Blanc; Mois, jour, année ; et Jour, mois, année.
- Source d’alimentation Une pile au lithium 2CR5 dans la poignée de l’appareil photo, Power Booster PB-E2 (huit piles alcalines AA, Ni-Cd, au lithium ou Ni-MH Pack NP-E2), batterie BP-E1 pour EOS-1N également compatible (une pile au lithium 2CR5 et/ou quatre piles alcalines AA ou NiCd). Contrôle de la batterie : Affichage sur l’écran LCD avec bouton de vérification de la batterie.
- Fonctions personnalisées diverses : 18 fonctions personnalisées.
- Contacts du flash : griffe porte-accessoires (contact direct X-sync), partie inférieure du côté de l’appareil photo (borne PC). Télécommande Verrouillage rapide, télécommande à trois broches. Dos de la caméra : Interchangeable avec le dos de données DB-E2.
- Dimensions & Poids 161×119.2×70.8mm, 780g (hors batterie lithium).
Des références.
https://global.canon/en/c-museum/product/film206.html, https://www.35mmc.com/17/07/2023/canon-eos-3-review-the-good-the-bad-the-heavy/, en anglais ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Canon_EOS-3, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1038-Canon_EOS%203.html, https://www.photosurcour.fr/canon-eos3/, https://www.huruguen.fr/site/test-du-boitier-argentique-professionnel-canon-eos-3/, https://www.mes-appareils-photos.fr/Canon-EOS-3.htm en français ; https://www.photoinfos.com/Fototechnik/Kameras/Canon-EOS-3.htm, en allemand


Bonsoir JP. Je te remercie d’avoir mentionné mon site. Quel plaisir de te voir adopter ce boîtier ! Le Canon Eos 3 m’accompagne depuis plus de vingt ans, et je suis toujours étonné par sa fiabilité et sa réactivité. C’est un appareil exigeant mais profondément gratifiant, surtout quand on le connaît bien. L’autofocus piloté par l’œil, même aujourd’hui, reste bluffant — un vrai terrain de jeu pour les portraits et les scènes rapides. Ce que tu décris avec justesse, c’est cette ergonomie fluide qui fait le lien entre l’argentique et le numérique, sans que l’un trahisse l’autre. Je suis ravi qu’il continue sa route entre de bonnes mains. J’envisage d’en acheter un second par la suite. On ne sait jamais…
Bonjour Fred, je ne pouvais pas présenter cet appareil sans te faire référence ! Et puis comme ça, les lecteurs iront voir le résultat des photos et découvriront ton travail. Toutes mes amitiés Frédéric.