Recherche rapide : Préambule – Un peu d’histoire – Présentation du Eagle Eye – Que penser de cet appareil ? – Des références
Préambule.
Une brocante triste à regretter d’y être venu si tôt : les brocanteurs arrivent au compte-goutte et déballent eux aussi sans grand enthousiasme semble-t-il. S’il fait frais, la météo est formelle, il ne pleuvra pas.
Finalement, après avoir fait au moins trois fois le tour de celle-ci pour découvrir au fur et à mesure les déballages, je fini par découvrir ce box tout métallique qui m’intrigue. Je n’en ai jamais vu portant ce nom ni dans cette configuration, que vous allez découvrir aussi.
Ce jour-là, il sera bien seul dans le sac à dos, les quelques (rares) autres qui vont le rejoindre étant des petits compacts numériques.
Un peu d’histoire.
Elle sera brève, pour une fois, les renseignements sur la Pho-Tak Corporation de Chicago étant assez limités.
Son adresse, 17 N. Loomis à Chicago ne nous apprend pas grand chose de plus, sauf que c’est un tout petit constructeur/distributeur qui était lié à la United State Camera (USC) qui a produit plusieurs variantes de modèles très semblables à ceux de Pho-Tak mais avec des noms différents. Une vieille technique marketing pour écouler des rossignols.
Pho-Tak a produit quelques modèles, des foldings ou des box, voire des faux TLR (vous pourrez retrouver les images de ces appareils LA), qui avaient tous des points communs : un prix bas, des spécifications simplissimes, la refonte successive de vieux modèles sous de nouveaux noms.
Leur slogan résume cela très bien d’ailleurs :

Quoique l’exceptionnel (outstanding), je le cherche encore … – sinon prix bas – facilité d’emploi des appareils et accessoires.
Cette entreprise sera active approximativement de 1948 à 1960, alors que USC tiendra jusqu’en 1970, en vendant toujours des appareils très simples et pas chers.
Présentation du Eagle Eye.
C’est un petit box tout en métal embouti, avec une face avant un peu décorée, qui utilise du film en bobine 120. Une simple sangle en cuir, sur le dessus, permet de le tenir en main, à moins de le laisser dans son sac en cuir qui possède lui une lanière. Cet appareil sera produit en 1950 et sans doute encore une ou deux années de plus, sous son nom ou celui d’une de ses nombreuses copies.



Petite particularité, le viseur, un long tunnel en tôle sur le côté, qui est en fait un viseur de Galilée très simple : un trou rond minuscule d’un côté et un carré pas bien plus grand de l’autre, avec deux morceaux de verre plats.


Bizarre comme position car l’appareil est un 6x9cm en vertical (8 vues sur un film 120) et donc, le fait de le tenir à plat pour viser produit une photo presque panoramique. D’autant que les commandes sont elles aussi sur le côté droit de l’engin. Ergonomie où es-tu ?

Puisque j’écris au sujet des commandes, nous allons ici aussi faire vite : une longue tige qui dépasse sur la droite (appareil debout donc), qui est le déclencheur ; au dessus, une réglette très dure et malcommode pour passer de time (pose) à instant (instantané) et c’est tout !
Sur l’arrière, ce que certains appellent un verrou de sécurité (un simple ressort plat) retient la porte de la chambre, montée sur charnière. A l’intérieur, la chambre, amovible, (il faut tirer sur le bouton de bobinage pour pouvoir l’ôter), qui tient une bobine de métal pour film 120.




L’obturateur est de type instantané, ce qui veut dire qu’à chaque fois que vous le manipulez, il ouvre et ferme une feuille de métal qui sert à empêcher la lumière d’atteindre le film. Notez que c’est le même procédé sur d’autres box anciens. Lorsqu’il est en position time, il reste ouvert tant que vous gardez le doigt sur le déclencheur. Pas commode car il n’y a pas de filetage pour un câble. Sa vitesse est unique, au 1/50s.
Au milieu de la face avant trône un objectif à ménisque de focale fixe, un Zellar de 110mm à l’ouverture non déterminée.

Pas de prise flash, pas de vitesses, pas de filetage pour un trépied, pas de compteur (une fenêtre rouge inactinique à l’arrière), rien, le minimum syndical, qui se retrouvera aussi sur le Trailblazer.
Il faudra attendre le Spectator Flash 120 pour avoir une prise PC synchronisée, sur le dessus de l’appareil (idem sur le Macy Flash 120 et le Scout Flash 120, ce dernier étant un appareil destiné aux seuls Scouts américains). On passait alors d’un prix de 5,95$ à 7,95$.

Plus fort, Pho-Tak vendait 10,95$ un kit Cub Photographer comprenant un appareil Spectator Flash 120, un flash, 4 lampes, deux piles AA, un rouleau de film Ansco 120 N/B, un livre Getting Started in Photography et … une carte de presse !
Pour trois dollars de plus vous bénéficiez d’un kit Official Photographer’s Kit qui contenait, outre la carte de presse, un étui en cuir et quelques ampoules de plus que le précédant kit. Marketing, marketing …
Que penser de cet appareil ?
Comme je l’écrivais en préambule, si j’ai acheté cet appareil c’est parce que c’était la première fois que j’en voyais un. Il est assez rare en Europe, moins aux USA.
Mais à part ça, rien de nouveau sous le soleil, sauf cet étrange viseur sur le côté dont on ne doit pas se servir souvent et donc la visée se fait d’avantage au pifomètre (on peut recadrer sur un 6×9 au cas où).
Finalement, la seule chose intéressante serait qu’il utilise du film 120, plus simple que le 620 des box Kodak que j’ai déjà présentés sur le site. Quelques Agfa ont aussi cet avantage.
L’exemplaire que je possède est en très bon état, son étui aussi.
En regardant un peu partout une cote à vous proposer, je suis tombé sur un 69,95€ chez Oldcam (Anvers), mais fluctue entre 20 et 50€ sur un grand site de vente en ligne.
Est-ce bien raisonnable ? Ok, il est assez rare, il présente pas trop mal, mais c’est bien tout.
Et vous, vous en pensez quoi ?
Des références.
https://historiccamera.com/cgi-bin/librarium2/pm.cgi?action=app_display&app=datasheet&app_id=2940, https://collectiblend.com/Cameras/Pho-tak/Eagle-Eye.html, https://www.historiccamera.com/cgi-bin/librarium2/pm.cgi?action=app_display&app=datasheet&app_id=2939, https://camera-wiki.org/wiki/Pho-Tak en anglais ; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-15924.html


Faut voir… Son autofocus prédictif est-il performant ? 😀
Ok, je plaisante. Et je passe mon tour !
Je te souhaite une belle soirée, Jean-Pascal.
hihihi … avec lui, le meilleur autofocus reste le pifomètre !
Mes amitiés Phil et bon weekend à toi aussi.