Le Ricoh Singlex TLS, le Nikon fabriqué par Mamiya

Préambule.

Encore un réflex déniché sur une brocante cette année et laissé dans la caisse des appareils à vous présenter un jour.

Car ce serait dommage de l’y oublier, vous allez comprendre en parcourant l’article. C’est un drôle de phénomène !

De plus, il est en bon état et je me souviens l’avoir enlevé pour un prix très raisonnable. Aussi étrange que cela puisse paraître, c’est à cause de son objectif que j’ai craqué pour lui. Parfois l’envie se niche dans le détail.

Il a donc rejoint ce jour-là un ou l’autre petits camarades, déjà présentés ou encore à venir.

Bonne lecture.

Un peu d’histoire.

Ah, j’en connais qui vont être content, je vais être bref car j’ai déjà raconté l’histoire de Ricoh dans l’article consacré au Ricoh XR-S.

Seulement préciser que ce modèle fut développé en partenariat avec Nikon mais fabriqué par … Mamiya.

En fait, Ricoh fabriquait d’excellents appareils photo, essentiellement des folding à ses débuts (Riken Adler), puis des compacts (Vest Olympic, Ricolet, Ricoh 500), des télémétriques (Ricoh 35, Ricoh 500 GX) et des TLR (Ricohflex), alors très en vogue.

Mais en 1961, ce qui commence à prendre de l’essor, ce sont les réflex. Or Ricoh n’a pas la capacité à ce moment de consacrer du temps à la recherche et au développement de ce nouvel appareil. Ils s’adressent alors à Nikon, l’initiateur de cet engouement avec son fameux F (1959). Qui les renvoie vers … Mamiya.

Bizarre, bizarre … en fait, lorsque Nikon a développé son modèle F, ils se sont aperçus que cet appareil ne concernerait que les professionnels ou les personnes nanties. Qui ne sont pas légions. Ah, ils avaient bien pensé à un appareil, le Nikkormat, mais il n’était pas encore prêt. Ils avaient bien lancé, en 1960, un Nikkorex 35 mais si c’était bien un réflex, il était à objectif fixe. Pas pratique pour vendre des objectifs en monture F !

Ils se sont alors adressé à un confrère avec qui ils avaient déjà collaboré, Mamiya. Qui développe un Nikkorex F (1962). Chouette Nikon va pouvoir écouler ses optiques et finaliser son Nikkormat FT.

Et Ricoh dans tout ça ? Et bien ils ont fait comme Nikon, ils ont d’abord lancé le Ricoh 35 Flex, un réflex à objectif fixe, puis ils se sont adressé à Mamiya, qui leur a vendu le Nikkorex F. Qu’ils ont eu la sagesse de vendre, d’abord, sous le nom de Sears SL11 (Sears étant un gros vendeur d’appareil et d’accessoires américain), ensuite ils l’ont appelé Singlex et avait donc une monture F.

Enfin, pas tout à fait, car Ricoh a légèrement modifié celle-ci de telle sorte que les vrais objectifs F ne tiennent pas bien. Il faut les objectifs Auto Rikenon que Ricoh a prévu pour ses appareils (comme le 55mm f1.4 de dotation).

Pour s’affranchir finalement de cette monture, ils sont passé à celle de Pentax*, la M42, plus universelle à l’époque.

Le Singlex TLS qui nous préoccupe est en monture M42. Il à été proposé à la vente en juin 21967. C’est lui qui ouvrira réellement la voie des réflex chez Ricoh, qui prendra alors le temps de développer ses propres boitiers.

C’est un appareil que vous retrouverez sous les dénominations de Sears TLS, Kmart Focal 1000 TLX (pour les USA) ; Cavalier, Universa Interflex (pour la France).

*Fait amusant mais peut-être moins connu : Ricoh continue à fabriquer des appareils photo, en plus du GR digital, mais sous la marque Pentax, car ils l’ont rachetée. L’histoire est un cycle …

Présentation du Ricoh Singlex TLS.

C’est un grand reflex, dans la lignée de ce qui se faisait à l’époque. Du costaud, tout en métal, très bien construit et facile à prendre en mains.

Mais commençons par une petite présentation physique de l’engin.

Vu d’au dessus, le capot offre finalement le minimum syndical nécessaire : à droite, le déclencheur avec, derrière lui, le levier d’armement et, à son côté, la fenêtre du compteur de vue (remise à zéro automatique) ; à gauche, une large couronne entoure la molette de rebobinage. C’est essentiellement un mémo. En soulevant la molette, vous ouvrez le dos de l’appareil, classiquement.

Vue rapprochée du dessus d'un appareil photo argentique avec des détails en métal, étiqueté "MADE IN JAPAN".

La chambre est classique. L’obturateur un peu moins : c’est un Copal Square S à trois lamelles métalliques qui se déplacent verticalement. Du solide.

Vue latérale d'un appareil photo vintage avec un boîtier noir et argenté, posé sur une surface de travail.

En façade, une roue qui a deux fonctions : celle du réglage des vitesses d’abord, celle du réglage de la sensibilité du film ensuite.

En dessous de cet appendice, le levier pour le minuteur (toujours armer avant de l’activer).

De l’autre côté de l’objectif, un curseur avec une flèche rouge : c’est le bouton pour activer la cellule (ne pas oublier de le remettre à sa place afin de préserve les piles).

Sur la tranche gauche du boitier, deux prises PC pour les flashs : marquées X (synchro qu 1/125s) et M (1/30s) pour les flashs à ampoules.

Vue du dessus d'un appareil photo argentique avec un objectif, montrant les réglages sur le dessus.

Par dessous, le bouton pour déverrouiller le système afin de rembobiner le film, la trappe pour la pile et le filetage pour le trépied.

Et sur cet exemplaire en particulier, l’accessoire porte-accessoire, la griffe du flash synchronisé. Celle-ci est fixée sur l’œilleton de visée.

Au centre donc, le pentaprisme et le viseur, large et confortable. La visée se fait sur un dépoli avec un cercle de dépoli plus fin au centre.

Sur la droite de celui-ci, une aiguille qui se déplace entre deux griffes, l’enjeu consistant à la stabiliser au centre en jouant soit sur la vitesse, soit sur l’ouverture, ou les deux. Cette aiguille est asservie à la cellule au CdS et se déplace lorsque vous relevez le curseur à gauche. Le travail de la cellule est dit TTL, c’est-à-dire qu’elle lit la lumière à travers l’objectif. On peut donc monter des filtres, elle tient compte des modifications de luminosité.

Illustration montrant trois exemples d'exposition photographique : sur-exposition, exposition correcte, et sous-exposition, avec des indications en plusieurs langues.
Croquis du Ricoh Singlex TLS, montrant les principales commandes et caractéristiques de l'appareil photo réflex avec objectif interchangeable.

Enfin, l’objectif. Celui de la dotation de base est un 55mm ouvrant à f2,8, un Auto Rikenon. Celui qui équipe cet exemplaire est toujours un Auto Rikenon mais de f1,8 à f16 sur lequel un pare-soleil métallique est déjà fixé (format des filtres 52mm). Il existe aussi un Auto Rikenon de 50mm ouvrant cette fois à f1,4. Le diaphragme est à présélection automatique ou à réglage manuel couplé à la cellule.

Gros plan d'un objectif de caméra avec des réglages de mise au point, sur un fond flou d'un bureau.

Un appareil très classique du début des années soixante.

Que penser de cet appareil ?

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

  • Ricoh, modèle Singlex TLS
  • Introduit en 1967, Japon
  • Type SLR
  • Cellule au CdS TTL, indication dans le viseur par aiguille
  • Plage ASA 10-800
  • Objectif de base : Auto Rikenon de 50mm ouvrant à f1,4
  • Taille du filtre : 55 mm
  • Monture d’objectif M42, visante
  • Obturateur à plan focal vertical, métallique
  • Vitesses de 1s à 1/1000s plus pose B, retardateur de 10 sec.
  • Griffe flash en accessoire
  • Miroir à retour instantané
  • Batterie 625PX de 1.35v
  • Poids nu 760 gr

Des références.

https://www.mes-appareils-photos.fr/Ricoh-Singlex-TLS.htm, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-11187-Ricoh_Singlex%20TLS.html, https://photoklub.com/ricoh-de-la-photocopie-a-la-photo/, en français ; https://vintagecameradigest.com/2025/07/01/the-ricoh-singlex-tls/, https://camera-wiki.org/wiki/Ricoh_Singlex_TLS, https://cameracollector.net/ricoh-singlex-tls/, https://austerityphoto.co.uk/the-ricoh-thats-a-nikon-made-by-mamiya-welcome-to-the-ricoh-singlex/, en anglais

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