Recherche rapide : Préambule – Un peu d’histoire – Présentation du Canon AT-1 – Que penser de cet appareil ? – Vidéo d’illustration – Un peu de technique – Des références
Préambule
Olivier, que vous connaissez maintenant, cherchait ce Canon depuis un moment déjà. Quelques uns lui étaient passé sous le nez et un avant dernier, qui était en panne, fut réellement détruit par son propriétaire qui, croyant le réparer lui-même, a fait pire que mieux.
Mais notre ami ne se laisse pas démotiver et voilà qu’il en a enfin trouvé un, fonctionnel.
Comme il sait que j’en ai déjà présenté quelques uns eet que celui-là manquait, il m’a alors gentiment proposé d’écrire l’article que vous allez découvrir ci-après.
Donc, je lui laisse le clavier …
Un peu d’histoire
CANON AT-1
Le dernier appareil manuel de CANON.
Dans la série A de CANON, il y en a un qui manquait dans les appareils présentés, et il est d’ailleurs souvent oublié, c’est le CANON AT-1. Il est dans une situation bien spécifique car il est issu du CANON AE-1 et est très souvent présenté comme un CANON AE-1 dégradé. Même si cette interprétation peut-être justifiée, il reste que ce boîtier sera le dernier boîtier semi-automatique que CANON proposera au grand public. Nous verrons, au travers de cette présentation, que ce boîtier n’a pas été conçu dans l’urgence mais qu’il répond à une demande des utilisateurs qui voulaient un successeur à leur Ftb (et dérivés).

Le CANON AT-1 est très similaire au CANON AE-1 mais ne bénéficiera pas d’une version noire comme la majorité des boitiers CANON de la série A ( AE-1, AE-1p, AV-1 et AL-1 )
Ainsi, c’est durant mes sorties sur la toile que je vois une annonce pour un CANON AT-1 à un prix acceptable (en effet, pas mal de vendeurs regardent les prix proposés pour des articles identiques et alignent leur proposition sur ceux-ci). Mais quelle erreur de considérer que les prix proposés sont les prix du marché. Regardez plutôt la date à laquelle l’annonce a été publiée. Si celle-ci date de 5 ou 6 mois, cela veut dire que cela ne se vendra pas à ce prix ! Un boîtier CANON AT-1 ne partira pas à un prix supérieur à 30 euro. Et ne me dites pas que le fait qu’il soit manuel soit un plus…
Lors de ma dernière braderie, j’ai croisé un Minolta Srt 101 équipé d’un objectif Minolta 50 mm f 1.4 dans son sac en cuir en très bon état… Le vendeur le proposait à 30 euro. N’étant pas Minolta (mon armoire pour le matériel photo est déjà bien chargée) j’ai du laisser le boîtier de coté. Alors oui, j’aurai pu l’acheter, le rénover et tenter de le vendre sur internet pour une centaine d’euro, mais je ne suis pas de cette étoffe. Bien au contraire, si vous êtes comme cela, on risque de ne pas s’entendre.
Allez, une petite anecdote pour illustrer mon propos : Il y a quelques années, je devais remplacer le pare-choc d’une de mes voitures (il était en bon état mais soufrait de quelques chocs ou rayures assez prononcées). Comme le véhicule passait en collection, je souhaitais le rendre bien plus présentable. Finalement, j’ai rencontré un vendeur qui m’avait donné RDV sur un parking. Il avait dans son coffre le pare-choc et aussi un hayon arrière. Il voulait me vendre chaque élément plus de 100 euro. Son argumentaire était de me dire que ce type de produit était vendu plus de 150 euro dans les casses et qu’il en avait encore 4 ou 5 en stock. J’ai vite compris que j’avais affaire à un professionnel. Alors calmement, je lui explique que pour moi, c’était 50 euro maxi par élément, que je devais refaire la peinture, débosseler ce qui était déformé…Et à la remarque « Ah oui, mais vous en avez besoin ! », je lui répondis que non, la voiture était là et qu’elle m’attendait pas après. Il a fini par me faire une proposition à 80 euro que j’ai refusée. Je lui explique que je ne suis pas pressé, qu’il ne reste que peu de véhicule comme le mien dans le département et qu’il risque de garder longtemps les pièces qu’il a en stock. Enfin, je lui affirme que je finirai par trouver ce que je cherche (et finalement, ce fut le cas). En conclusion, cette petite histoire vous montre que si vous êtes patient, alors vous trouverez ce que vous cherchez et ne partez pas du principe que vous ferez de l’argent avec des articles dits « collectors ».
Bon, après cette dissertation philosophique sur le commerce équitable, passons à notre CANON AT-1.
Présentation du Canon AT-1
1) AE-1 dégradé ou pas ?
Et oui, dès que vous l’avez dans les mains, la tentation est grande de le confondre avec un AE-1. Le boitier est géométriquement identique et toute la partie droite est calquée sur le CANON AE-1. Seule la face avant présente le nom du produit « AT-1 » et le bouton de rembobinage se voit associer un interrupteur marche/arrêt ainsi qu’un test de pile. De plus, il reprend aussi la même architecture interne que l’AE-1 et pour ceux qui démonteront le capot supérieur, ils auront la surprise de retrouver le célèbre fil de tungstène qui relie la couronne de sensibilité (potentiomètre dans la partie gauche, situé sous le bouton de rembobinage) à la commande de sélection de sensibilité contenue dans la couronne de sélection de la vitesse (C’est d’ailleurs une bête noire pour ceux qui démontent un tel boitier pour la première fois, la probabilité est grande de justement casser ce fil). Il est donc très clair que les ingénieurs de CANON ont bien repris beaucoup d’éléments de l’AE-1 pour concevoir l’AT-1.
Toutefois, il faut garder à l’esprit que le marché a été conquis principalement par l’AE-1, il n’est donc pas surprenant que CANON ait voulu créer un boitier qui reprenait des éléments éprouvés. L’AE-1 arrivait avec une fonctionnalité déjà existante (le mode priorité vitesse) et aussi une fonctionnalité nouvelle : le déclenchement électromagnétique. Et finalement, je pense que c’est cette nouvelle fonction qui a créé son succès. D’autres appareils proposaient le mode Tv, le MAMIYA NC-1000, le KONICA TC… mais étaient dépourvus de cette commande électromagnétique.

Dans cet éclaté du service manual de l’AT-1, on voit très bien le fils de tungstène (flèche rouge) associé à la sélection de la sensibilité.
Alors oui, l’AT-1 est bien issu de l’AE-1 et il a surtout gardé les éléments qui en ont fait une réussite. Ainsi l’AT-1 se verra doté du déclencheur électromagnétique.


(1) (2)
Avec cette vue partielle du boitier, il est impossible de dire s’il s’agit d’un AT-1 ou d’un AE-1. ( La photo (1) est celle d’un AE-1 et la (2), celle d’un AT-1 ).


Toutefois, dès que l’on arrive à la griffe porte-flash, celle de l’AE-1 est dotée de deux contacts auxiliaire alors que celle de l’AT-1 n’en comporte qu’un.
2) Alors qui a servi de modèle pour l’AT-1 ?
Et bien la réponse est liée aux propriétaires de boitier CANON semi-automatique. C’est à dire les heureux propriétaires de FT, FTb ou encore Ftb-QL… CANON comptait bien les associer à la sortie de cette nouvelle gamme (La série A), à les faire migrer progressivement vers la nouvelle série d’objectifs FD et à délaisser les anciens FL. Pour se rendre compte de cette évolution induite, il suffit de regarder dans le viseur d’un FTb et de comparer avec ce que l’on voit dans un AT-1.


CANON FTb CANON AT-1
Il y a une similitude parfaite au niveau des repères d’exposition. Bien évidement, l’AT-1 bénéficiera du nouveau verre de visée, bien plus clair et possédant la couronne de micro-prisme ainsi que le stigmomètre. Par contre, aucun rappel de vitesse ou d’ouverture dans le viseur. Rien ne viendra troubler l’ancien utilisateur de FTb ou autres. Les nouveaux venus dans la gamme CANON n’iraient pas, de toutes les façons, prendre un AT-1.
Enfin, un autre élément, bien surprenant, nous montre que CANON avait bien des vues sur les anciens propriétaires de FT, FTb et autres. Alors que l’AV-1 (Priorité ouverture) accepte le montage des objectifs FD ou le mode TV est activé (réglage de la bague des diaphragmes sur A), l’AT-1 refusera cette configuration. La bague de fixation de l’AT-1 ne possède pas de trou pour la commande TV alors que la bague de l’AV-1 en est équipée. Bien évidement, utiliser cette commande ne passera pas votre AV-1 en mode priorité vitesse puisqu’il en est dépourvu. Cette singularité montrait bien que CANON avait encore en tête les utilisateurs de semi-automatique et comptait bien leur montrer que ce mode n’était pas condamné. D’ailleurs, pour ce boitier, j’ai trouvé des bagues TAMRON adaptall pour CANON FTb qui permettent le réglage de l’exposition à pleine ouverture en interdisant le passage en mode A de l’objectif.
3) Alors comment on s’en sert ?
Compte tenu de la section précédente, on a déjà la réponse ! Il suffit de lire la doc du CANON FTb pour faire des photos. Comme notre ami Jean-Pascal a déjà fait une présentation du FTb, pourquoi ne pas relire cet article passionnant. Toutefois, s’il y a des lecteurs qui souhaitent rester sur cette page, je leur donne les informations essentielles. Bien évidement, tout est MANUEL ! Il faut mettre la bonne sensibilité et faire la mise au point en utilisant le télémètre. Arrivé à ce stade, il faut que dans le viseur, le cercle soit confondu avec la petite aiguille. Il faut agir, soit sur la vitesse, soit sur l’ouverture, opérations qu’un possesseur de FTb faisait de manière innée.

Pour l’AT-1, les ingénieurs de CANON ont gardé une règle que l’on retrouve sur tous les appareils dotés d’aiguille : la possibilité d’ajuster à +/- 0.5 f/stops. Caractéristique que l’on a définitivement perdue quand on est passé à l’affichage par diode.
CANON a toutefois gardé une des possibilités de l’AE-1, si vous utilisez un flash CANON, l’appareil passera automatiquement au 1/60, mais il faudra quand même reporter l’ouverture sur l’objectif (et oui, le boitier ne pilote pas l’ouverture).
Que penser de cet appareil ?
Pourquoi acheter un CANON AT-1 ?
Ce boitier est peu courant (n’allez pas en déduire qu’il est introuvable !). Il n’a pas eu de successeur et est bien moins populaire que l’AE-1. C’est pour cette raison qu’il restera dans des prix respectables si le vendeur ne veut pas le garder sur son étagère.
Par contre, il a quand même pas mal de point positif par rapport à un FTb. Certes il ne sera pas aussi durable qu’un FTb dépourvu d’électronique mais il soulagera bien votre cou si vous êtes un peu sensible. Il acceptera tous les accessoires CANON : objectifs FL et FD, moteur(s), flash(s), sacoche(s), soufflet… alors il pourrait être un compagnon pour votre autre boitier CANON et vous obliger à vous replonger dans le triangle d’exposition.
Par contre, comme tous les semi-automatiques, il vous laissera « jouer » avec la sur ou la sous exposition qui feront que vous ferez ressortir les détails plongés dans l’ombre ou bien restituer plus de nuance sur les visages lors de séance de portrait en extérieur. Je crois bien que cette fois, toute la série A a bien été passée en revue !

Enfin, un dernier petit détail… Comme il est presque identique au CANON AE-1, mon AT-1 a un verre de visée qui a « un peu » souffert. Je compte bien le remplacer en utilisant une épave de CANON AE-1.
Vidéos de présentation
Un résumé de ce que nous écrivait Olivier
Un peu de technique
Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.
- Boitier sorti en 1976, uniquement pour l’exportation (il ne fut pas vendu au Japon)
- Appareil reflex type 35mm à obturateur à plan focal
- Taille de l’image : 24 x 36 mm
- Objectif de dotation : Canon FD 50mm f/1.8 SC à objectif normal
- Monture FD
- Obturateur Obturateur à quatre axes, déplacement horizontal, avec rideaux en tissu. X, B, 2, 1, 1/2, 1/4, 1/8, 1/15, 1/30, 1/60, 1/125, 1/250, 1/500, 1/1000 s. Toutes les vitesses sont contrôlées électroniquement. Un minuteur intégré (avec LED clignotante).
- Synchronisation Flash Sync X-sync à commutation automatique des contacts (synchronisation) avec prise allemande (prise PC) et griffe courte.
- Viseur : pentaprisme fixe à hauteur des yeux. 0,82x de grossissement, 93,5 % de couverture verticale, 96,3 % de couverture horizontale. Télémètre à image divisée entouré par un télémètre à micro prisme au centre de l’écran mat de Fresnel. Aiguille de correspondance dosée, alerte de surexposition (et indicateur de contrôle de la batterie) et alerte de sous-exposition fournies.
- Cellule CdS de contrôle pour la mesure TTL pleine ouverture, aiguille correspondante et moyenne pondérée au centre. Plage de mesure à ISO 100 et objectif f/1.8 : EV 3 – 17. La vitesse du film varie de ISO 25 à 3200.
- Source d’alimentation : une batterie à oxyde de mercure 6 V (interdite) ou une batterie alcaline 4LR44
- Chargement de films : bobine de prise à fentes avancées. Avance avec le levier de 120 degrés du dessus de la caméra (courses partielles activées). Levier prêt à armer à 30 degrés.
- Compteur de vues. Réinitialisation automatique lorsque le dos de la caméra est ouvert.
- Rembobinage de film manuel
- Dimensions & Poids 141 x 87 x 48 mm, 590 g
Des références
https://global.canon/en/c-museum/product/film96.html, https://www.canonclassics.com/canon-at-1/20-20/, en anglais ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Canon_AT-1, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-10513-Canon_AT-1.html, en français

