Les nouveautés en un lieu

Quand l’histoire se répète : Canon – Nikon – Sony

Préambule.

C’est un long article (en anglais) découvert sur Fstoppers qui m’a fait penser à cet article, dans une époque où décidément les leçons de l’histoire n’ont toujours pas été retenues.

Que ce soit une volonté de retour à des ordres anciens qui ont prouvé toutes leurs horreurs ou des empires qui vacillent, des politiques qui s’égarent, des économies qui se délitent, l’humain a la fâcheuse tendance à se souvenir mais pas à utiliser les leçons pour éviter les erreurs ou le pire.

Ici je parlerai d’une erreur stratégique qui se répète alors qu’elle a déjà emporté quelques fleurons de l’industrie photographique et donc que l’on aurait pu éviter ou en tout cas, amortir.

Mais vous allez comprendre ….

Un peu d’histoire.

Canon – Nikon – Sony, trois grandes marques bien connues et pourtant, je vais commencer par celle de … Kodak.

Cette gigantesque entreprise, née du cerveau fécond d’un génial inventeur, Georges Eastman, a (presque) tout imaginé dans le domaine de la photographie. Du premier appareil photo préchargé (1888), à la commercialisation du premier film sur support souple (1888), le premier papier photo pour l’imagerie médicale (1896), le premier pliant avec un film standard (1897), le premier appareil photo destiné au grand public (Brownie, de 1900 jusque 1980), la première photographie couleur (1935), les premiers films en cassette (1963 – 1972), le premier appareil numérique et la première photographie numérique (1975), elle a monopolisé un empire mondiale sur la photographie. Grâce à une publicité bien rodée et imaginative (you press the button, we do the rest  = vous pressez le bouton, nous faisons le reste), elle s’est imposée partout dans le monde comme fournisseur de film et de papier. La (grosse) majorité de ses revenus provenaient d’ailleurs de cette seule activité.

Engluée dans le confort de ces revenus confortables, elle n’a pas voulu entendre ni envisager à temps les évolutions de la technologie et, elle qui fut pionnière en la matière, elle rate le départ de la photographie dématérialisée ou numérique et ne se diversifie pas à temps. Résultat ? Elle dépose le bilan en 2012 et se place en protection judiciaire pour éviter la faillite totale.

Un autre exemple frappant ? Celui de Polaroid. Là encore, un homme extraordinaire et imaginatif invente le film à développement instantané (1943) et les appareils qui vont avec cette expérience (1948, le Polaroid 95). Tout au long de la vie de Polaroid, les inventions se succèdent comme le temps de pose automatique (1950), la photographie instantanée couleur (1963), un réflex à développement instantané (1972, le SX70), un système de sonar pour calculer la distance (1978), le calcul de la lumière couplé, l’invention d’un film en 8mm à développement instantané, une développeuse intégrée à la lumière du jour de film 24×36, le Polaroid qui parle (1995). Ici aussi une politique marketing inventive pousse la firme dans le monopole de la photo à développement instantané. Ce confortable fauteuil, posé sur des revenus solides font oublier aux dirigeants que la technologie n’est pas figée et eux aussi ratent le tournant de l’épopée numérique. En 2008, elle dépose son bilan.

Source : bible-marques. Une famille au grand complet est réunie autour de la table et pose pour une photo souvenir. Le père cadre tout le monde et à peine a-t-il déclenché l’appareil que sa mère lui demande : « – Où est la photo ? – Il faut porter le film à développer… – Alors pas de photo ? – Maman… – La voilà, ta photo ! ». Elle lui tend alors un Polaroid qu’il utilise aussitôt. Voix off : « Avec le Polaroid 1000, c’est si simple d’avoir de belles photos couleurs en quelques minutes. Polaroid 1000, l’appareil le plus simple du monde ».

Canon – Nikon – Sony

Le monde de Canon et Nikon.

En 2013, le Canon 5D Mark III et le Nikon D800 étaient les appareils les plus vus : leur taille, leur poids, le son de leur miroir en rafale, tout indiquait qu’ils s’agissait bien d’appareils sérieux et dignes de confiance.

Canon et Nikon représentait les 3/4 du marché de la photo et plus encore chez les professionnels. Oui, Pentax fabriquait de bons appareils, Sony n’était pas en reste avec les siens, hérités du savoir-faire Minolta avec la monture A mais ils étaient destinés aux amateurs.

Si vous aviez autour du cou un Canon 1DX ou un Nikon D4, vous étiez un professionnel.

Vous aviez accès à un catalogue complet d’accessoires pensés depuis des décennies de photographes avant vous, vous bénéficiez d’un support technique efficace et, surtout, vous étiez crédible, un vrai photographe !

Cette domination concernait tout l’univers photographique : boitiers, objectifs, flashs, accessoires, centre de services et, surtout, les réseaux des photographes. Si vous étiez dans la photo de sport, vous étiez chez Canon parce que les journalistes des magazines étaient Canon ; si vous étiez dans la photo de mariage, vous étiez Nikon parce que les grands du secteur étaient chez Nikon.

Bien sûr, les deux grands avaient fait une incursion dans le monde des appareils sans miroir (2012), mais l’un avait choisi de le faire avec un APS-C (le Canon M50) et le second avec un capteur encore plus petit, de 1 pouce, pour le Nikon 1 Serie. C’est clair qu’ils réservaient cette technologie aux boitiers pour débutant, pour amateurs, les pros ayant besoin d’un vrai bon gros et lourd appareil !

L’arme secrète de Sony : une longue préparation stratégique.

Et Sony dans tout ça ?

Depuis son rachat de la division Konica-Minolta en 2006, il avait en fait acheté en une fois des décennies d’expertise en optique et la base de ce qui allait devenir son système à monture A, l’ancienne monture Minolta.

Les deux géants ont vu cette entrée dans leur monde comme quelqu’un qui achète son billet dans une pièce qu’il ne connait pas.

Mais dès 2010 Sony expérimentait sur l’α77 le miroir fixe translucide (SLT pour Single-Lens Translucent) parce qu’il possédait déjà d’un autofocus à détection de phase permanente utilisé en vidéo et il avait déjà des viseurs électroniques haute résolution. Avec le α99, il tâtait du plein format. De fait Sony expérimentait déjà l’expérience du viseur électronique et pensait à l’image de manière informatisée alors que Canon et Nikon perfectionnaient encore et toujours le viseur optique.

Puis en 2010 toujours, Sony lancé son système hybride APS-C NEX, construit autour de la monture E, nouvelle et qui deviendra celle de son plein format. Pendant trois ans, ils ont développé un écosystème hybride et ils ont testé le marché, affiné l’expérience utilisateur.

L’α7 n’est donc pas surgi du néant : c’était la fusion bien calculée de la technologie du capteur plein format de la gamme en monture A et de leur système éprouvé de la monture E sans miroir avec les NEX.

Un stand d'exposition présentant une gamme de caméras et d'objectifs Sony Alpha, avec plusieurs appareils photo alignés devant une enseigne Alpha.
La gamme des hybrides Sony 2023

De plus, un autre fait ne doit pas être omis. Sony n’est pas seulement un fabricant d’appareils photo, ils étaient et sont toujours les premiers fournisseurs mondiaux des capteurs numériques. Nikon, par exemple, se fournissait chez eux pour ses réflex.

En matière de Recherche et Développement, Canon et Nikon ne pouvait tout simplement plus égaler Sony

Octobre 2013 : la révolution que personne n’a vu venir.

Alors quand en 2013 Sony lance sur le marché un appareil plein format, comme Canon et Nikon, qui ne pèse que 474gr nu, cela tient de l’impossible ! C’est le Sony α7.

Appareil photo Sony Alpha 7 avec un boîtier noir, affichant un capteur d'image et un design compact.

Mais Sony n’avait pas fini de sonner ses concurrents car non seulement il miniaturisait la taille du boitier mais il repensait même l’univers de l’appareil photo.

Vous allez comprendre : les montures Canon et Nikon ont été développées depuis longtemps (1987 pour la EF de Canon et … 1959 pour la F de Nikon). Ces montures ont été conçues pour des appareils à miroir, ce qui impliquait que l’objectif devait être loin du film ou du capteur ensuite. Ce que l’on appelle la distance de bride était de 44mm pour Canon et 46,5mm pour Nikon.

Or la monture E de Sony n’a une distance de bride que de 18mm puisqu’il n’y a pas de miroir.

Premier avantage, l’appareil peut être moins épais et, second avantage, les objectifs peuvent être plus près du capteur. Et là c’est un autre coup de génie car si on ne sait pas monter un objectif à bride courte sur un boitier à bride longue, l’inverse est vrai, moyennant un adaptateur.

Du coup, avec un adaptateur Metabones, vous pouviez monter tous vos Canon série L sur l’α7, tous vos cailloux Nikon, même de vieux objectifs Leica, des russes, etc. bref tout ce que pouvait couvrir les Metabones (qui évoluaient très vite pour garantir les relais autofocus par exemple).

Image montrant des appareils photo Sony avec des objectifs et des adaptateurs Metabones, accompagnée de texte promotionnel présentant le Speed Booster et l'adaptateur intelligent.

Coup de génie ai-je écris plus haut car de fait, Sony venait de proposer un système professionnel qui pouvait utiliser les objectifs de grande qualité développés depuis des années par les autres. Or on sait que ce qui freine le passage d’une marque à une autre, c’est justement les investissements faits notamment dans les focales qui, in fine, coutent souvent plus cher que l’appareil lui-même.

Et puis, le viseur de l’α7 vous permettait de voir en direct les résultats de vos réglages lors de la prise de vue, alors qu’avec un réflex classique il vous faut regarder a posteriori le résultat de votre image.

Toute l’expérience de Sony dans les caméras de sa marque entrait dans l’appareil photo. Pendant que Canon et Nikon construisaient des appareils optiques raffinés, Sony faisait entrer en ordinateur dans un appareil photo. C’était une révolution !

Les errements des Conseils d’Administration.

Chez Canon et Nikon, il semble bien qu’ils aient largement sous estimé le tsunami en cours.

Pire, ils ont cru que ce petit boitier, moitié moins lourd qu’un vrai appareil professionnel, n’allait pas pouvoir répondre aux besoins des photographes pro : avec leurs gros boitiers, ils offraient la solidité, l’ergonomie, l’autonomie, l’étanchéité et un système fermé d’optiques irremplaçables.

Pour eux il était certain que la taille et le poids vous assurait d’une qualité et d’un sérieux qu’un petit appareil ne pouvait vous donner.

Ensuite, ils étaient persuadés que le catalogue impressionnant de leurs objectifs (plus de 70 chez Canon et plus de 90 chez Nikon), dans lesquels les photographes avaient investi des sommes importantes, resterait un frein puissant contre le changement de marque.

Enfin, surtout chez Canon, ils protégeaient leurs marques phares : ainsi, ils avaient développé une gamme de caméras vidéo pour les cinéastes professionnels et donc bridés les capacités de leur appareil photo en vidéo afin de ne pas se créer de concurrence interne.

Mais ils avaient oublié que si les photographes pro ne se plaignaient pas des 20kg de matériel à transporter c’est parce que, à l’époque, ils n’avaient pas le choix. Or Sony venait de le leur donner ce choix !

Ensuite, Sony n’avait pas un héritage photo ancien à protéger. Ils ont donc intégré leur meilleure technologie vidéo dans les boitiers car la norme était maintenant à la prise de vue hybride (photos et vidéos pour le même photographe pro). Si Canon protégeait encore sa ligne cinéma, Sony offrait les deux.

Pendant ce temps là, Canon développait encore sa gamme APS-C mais prévoyait une monture RF plein format qui serait incompatible avec la M tandis que Nikon développait toujours son Nikon 1 à petit capteur. Décidément, pour eux en ce moment, le sans miroir restait encore cantonné au grand public, à ceux qui n’avaient pas besoin d’un vrai appareil photo.

Plus triste encore, ils ont vu le dessein de Sony (l’hybride plein format professionnel) mais ils ont décidé de l’ignorer, c’étaient eux les précurseurs, les innovateurs tout de même !

La traversée a duré 5 ans.

Pendant 5 ans, Sony occupé seul tout le marché du sans miroir plein format. Et ils ont avancé à marche forcée : en 2014, ils apportaient la stabilisation intégrée sur 5 axes au plein format ; en 2015, ils ont lancé un capteur révolutionnaire à 42Mpx (l’a7R II) et un autofocus amélioré ; en 2017, l’α7R III a ajouté deux emplacements pour cartes, une batterie plus costaude, un autofocus encore plus rapide et à revu l’ergonomie du boitier.

Si leurs premiers objectifs n’étaient pas nombreux ni de la meilleure qualité (ils comptaient sur ceux des autres), en 2016 ils ont lancé la Série G Master et la qualité a fait un bond remarqué. De plus, les fabricants tiers (Sigma, Tamron, Zeiss) se sont engagés dans le monture E avec leurs meilleures gammes.

Canon et Nikon ne s’endormaient pas. En 2017, Nikon lançait sans doute le meilleur reflex numérique de tous les temps, le Nikon D850, qui a remporté de nombreux prix, devant le Sony. Ce qui renforçait encore le biais cognitif de la marque vis-à-vis du sans miroir, à savoir que les professionnels resteraient fidèles au réflex numérique.

C’est en 2018 que Sony a enfoncé le dernier clou. En février, il sortait l’α7 III, spectaculaire : 693 points de mise au point automatique à détection de phase couvrant 93 % du cadre ; un système Eye-AF capable de suivre l’œil d’un sujet même lorsqu’il tournait la tête ; une prise de vue en rafale de 10 ips avec suivi AF continu ; deux emplacements pour carte SD pour la sauvegarde et le débordement ; possibilité de filmer en suréchantillonnage 4K depuis toute la largeur du capteur à 24p (1,2× recadrage à 30p). Et, cerise sur le marteau, au lancement, il ne coûtait que +/- 2 000 € en boîtier seul (soit près de +/- 1 500 € de moins que le Canon 5D Mark IV).

Un appareil photo Sony a7 III placé sur une table, accompagné d'une batterie et d'un objectif.

Avec lui, le professionnel pouvait filmer une cérémonie en 10i/s avec Eye-AF en vérifiant que chaque image était nette, puis il pouvait passer à la vidéo 4k lors de la réception et ce avec une qualité d’image époustouflante et avec un boitier très discret.

Dès ce moment, Sony ne vendait plus un appareil photo mais un système complet et mature capable de gérer n’importe quelle mission professionnelle.

Un grand moment de panique.

Canonn et Nikon se devaient de réagir mais ils ne l’ont fait qu’en … 2018.

Canon lançait l’Eos R tandis que Nikon lançait les Z6 et Z7, trois appareils plein format sans miroir destinés à concurrencer Sony de front.

A gauche, le Canon R ; à droite, les Nikon Z6 et Z7

De prime abord, ils semblaient compétitifs : le Canon R possédait un capteur de 30Mpx et toute la science des couleurs de la marque, tandis que Nikon proposait 45,7Mpx avec son Z7 et la qualité légendaire de construction du boitier. Ils ont aussi bien appuyé sur les qualités de leurs nouvelles montures, la RF et la Z.

Cependant, quand les critiques et les professionnels ont testé ces appareils, ils ont dû se rendre à l’évidence : Canon et Nikon venaient juste de reproduire ce que l’α7 originel proposait en … 2013. Et Sony en était à la troisième itération du nom !

Que leur reprochait-on ?

Tant le Canon R que les deux Nikon Z n’offraient qu’un emplacement pour carte SD ; l’α7 III en avait deux.

L’autofocus du Canon R, même s’il était bon, ne parvenait pas à concurrencer les 693 points du Sony ni le très sophistiqué suivi Eye-AF, et ne parlons pas de la vidéo, inadaptée pour des travaux professionnels.

Les deux Nikon, surtout le Z7, étaient meilleures que le Canon R mais leur mise au point automatique était clairement à la traine par rapport au Sony α7 III.

Enfin, tous les deux ont lancé ces appareils sans les étoffer d’une gamme sérieuse d’objectifs dédiés aux nouvelles montures. Mais ils proposaient des adaptateurs pour leurs anciennes gamme d’objectifs … comme Sony l’avait fait, en 2013.

Dès lors, les professionnels qui espéraient que Canon et Nikon sortent des nouveautés capables de concurrencer le nouveau venu, ont finalement acheté … Sony.

Et finalement ?

La force des deux constructeurs historiques fut de réagir très rapidement, enfin : en 2020, Canon sortait les R5 et R6 qui gommaient les erreurs du Canon R et ajoutait la vidéo en 8k, impressionnante. Nikon ripostait avec le Z6 II et Z7 II, eux aussi avec deux emplacements pour cartes et des corrections importantes. Puis, ils ont ajouté les impressionnants Z8 et Z9. Ils prouvaient qu’ils étaient capables de produire des reflex sans miroir capables de rivaliser directement avec le modèle phare de Sony, le α1.

De nos jours, Canon a été le plus agressif et les chiffes récents montrent qu’ils ont rattrapé Sony, voire qu’ils l’ont dépassé sur certains marchés. Mais cela reste une guerre à trois impressionnante.

Toutefois, Nikon et Canon ne pourront sans doute jamais récupérer les 5 années perdues : Sony en a profité pour construire un écosystème qui reste à ce jour le plus complet dans les appareils sans miroir ; ils ont une des gammes d’objectifs natifs la plus complètes et, surtout, les fabricants tiers comme Sigma et Tamron leur apporte leur soutien et ne s’ouvrent que lentement aux objectifs des rivaux.

Mais, et c’est sans doute le plus important dans cette histoire, toute une génération de photographe est entrée sur le marché professionnel en s’équipant chez Sony et ils ont construit leur business sur la monture E.

Quelle leçon retenir de cette histoire ?

Si une révolution se prépare, ne vous endormez pas !

Dites-vous bien que l’histoire du Sony α7 s’étend bien au delà de la sphère des seuls appareils photo. De fait, c’est un cours magistral sur les dangers de la pensée en place face aux perturbations.

Sony a compris quelque chose que Canon et Nikon n’ont pas compris : le marché des appareils photo était en pleine transformation. Il ne s’agissait pas seulement de passer des miroirs aux hybrides. Il s’agissait de passer des instruments optiques à la photographie informatique. Des appareils photo à usage unique aux outils hybrides. Des systèmes basés sur des technologies héritées aux plateformes conçues pour l’avenir. (Alex Coke)

Car comme je le signalais dans un peu d’hsitoire, celle-ci s’est répétée, comme chez Kodak, comme chez Polaroid, pour ne rester que dans notre domaine, celui de la photographie.

Canon et Nikon avaient toutes les cartes en mains : la reconnaissance de leurs marques, le réseaux des revendeurs, les budgets pour un bon marketing, des années d’expertise reconnue. S’ils avaient pris la menace Sony au sérieux en 2013 et répondu au plus tard en 2014 – 2015 peut-être la face de l’histoire eut pu être différente. Car il ne faut pas oublier que Sony c’est un empire étendu dans d’autres domaines, qui font d’énormes bénéfices. Si la concurrence avait été rude et rapidement compétitive, qui sait s’ils n’auraient pas abandonné le marché ?

Mais non, ils ont attendus, persuadés que les clients allaient leur rester fidèles. Comme Kodak et Polaroid avant eux, ils ne se sont réveillés que lorsqu’ils ont vu que le sol se déplaçait sous leur pieds !

Ils n’ont pas perdu la guerre, ils étaient assez forts, mais une grande bataille, idéologique : maintenant ils vont devoir encore se battre pour récupérer un terrain qu’ils n’auraient jamais du perdre.

Car si vous regardez maintenant les coulisses des jeux Olympiques, par exemple, vous verrez autant d’appareils noirs aux objectifs blancs que de réflex noirs et rouges aux objectifs dorés, que de sans miroir noirs avec une bague orange autour des mêmes objectifs.

Conclusion.

Cette (longue) histoire prouve une fois de plus que l’on retient rarement les leçons du passé car il faut aussi du courage pour penser autrement, pour accepter de voir les choses sous un angle différent et ne pas se contenter de se reposer sur des acquis, certes confortables mais illusoires sur le long terme, surtout lorsque l’on est une entreprise.

Au delà de tout ceci, revenons au sujet des appareils qui nous préoccupent : les Canon gardent leur ergonomie et la limpidité de leurs menus, toujours pas égalée ; les Nikon, eux, assurent toujours une construction irréprochable et une ergonomie elle aussi agréable. Pour ma part, je pose à leur sujet un constat qui est comme une porte ouverte que l’on enfonce : ces appareils sont construits sur un modèle ancien, celui de répondre aux attentes des photographes et pour les photographes. Chez Nikon, plus encore que chez Canon, on écoute les professionnels et on ajuste par petites touches les corrections nécessaires.

Par contre, chez Sony, ce sont des appareils conçus par des ingénieurs pour des photographes. Cette vision a permis les avancées que nous avons vues car ils ont eu le culot de faire entrer des ordinateurs dans le corps d’un réflex, ce que les autres avaient entrevu sans y croire vraiment. Leurs boitiers sont très bien construits, agréables mais sans cette ergonomie peaufinée par des années de pratique photographique (j’aime toujours mieux celle du α99 que du α7). Et leurs menus, s’ils commencent à s’améliorer, restent complexes et d’une logique pas toujours évidente.

Pour avoir utilisés les trois marques, si je me rallie à la thèse défendue ci-avant, je reste un utilisateur conquis des Canons, en espérant toujours qu’ils aient retenu la leçon car, et c’est un avis tout à fait personnel, je trouve qu’ils ont déjà fait des erreurs en ne s’engageant pas assez dans des compacts avec viseurs et de qualité, ce que Fuji a fait avec intelligence, jouant en plus sur le côté néo rétro qui plait de nos jours.

Regardons bien : Olympus (enfin, OM System maintenant), Fuji donc, Nikon même, ont tous dans leur gamme un ou des appareils avec cet aspect qui hésite entre tendre nostalgie et modernité. Pas Canon !

Ce n’est sans doute pas obligatoire mais ils ont dans leurs souvenirs assez de belles machines à faire revivre, un peu.

Et vous, vous en pensez quoi ?

Des références.

https://fstoppers.com/historical/how-sony-ate-canon-and-nikons-lunch-five-year-head-start-changed-photography-715672?mc_cid=0a23488292&mc_eid=f0718e2f21, en anglais ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Kodak, https://phototrend.fr/2020/12/kodak-ascension-chute-empire-photo/, https://independent-photo.com/fr/magazine/marques-historiques-Kodak/, https://phototrend.fr/2020/12/kodak-ascension-chute-empire-photo/, https://www.generation-nt.com/actualites/kodak-faillite-photo-dette-histoire-2061277, https://fr.wikipedia.org/wiki/Polaroid_Corporation, https://www.declenchermalin.com/histoire-de-la-photographie/histoire-du-polaroid/, https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-etats-unis-meroe-marston-morse-la-visionnaire-qui-a-fait-du-polaroid-un-objet-culturel en français

Numérique

Le Nikon D800, un moyen format qui se cache dans un reflex ? Seconde partie.

Préambule.

Cet article méritait d’être coupé en deux afin de ne pas être indigeste. Après l’histoire qui situe ce Nikon D800, nous pouvons passer à sa présentation et à nos conclusions, toujours éminemment subjectives, comme il se doit.

Présentation du Nikon D800.

Rassurez-vous, je ne vais pas faire le décompte de tous les aspects techniques de l’engin, en numérique, il y en a trop. Le lien vers la fiche sera repris sous la rubrique un peu de technique.

Juste revenir sur quelques points qui m’ont interpellé : le premier, c’est évidemment la résolution du capteur de 36 Mpx ; le second, le côté massif du boitier ; le troisième étant le fait qu’il reste encore dans le coup 13 ans plus tard.

Vue rapprochée d'un appareil photo reflex Nikon D800 avec objectif, sur un bureau encombré.

Franchement, si j’avais un jour imaginé un tel nombre de pixels, c’est dans un moyen format que je les voyais, style Phase One, pas dans un reflex semi-professionnel.

Et tout aussi honnêtement, si je n’avais pas changé de matériel informatique récemment, jamais je n’aurais fait le pas car il faut être réaliste, même en RAW (pardon, en NEF ici) les fichiers sont lourds : 70 Mo/ pièces !

Donc, première question à se poser avant l’achat d’un tel appareil, en neuf ou occasion : vais-je avoir assez de ressources informatiques pour le gérer ? Et – finalement celle-ci pourrait être la première question – vais-je avoir besoin d’une telle résolution ?

De nos jours la question peut sembler anecdotique car d’autres modèles ont fait mieux, ou pire, c’est selon :

  • les Sony A7R V et Sony A7C R atteignent 61Mpx ;
  • Leica propose le SL3 à 60 Mpx ;
  • le Sony A1 second du nom donne 50 Mpx,
  • Nikon et son Z8 puis le Z9 sont presque raisonnables avec 45,7 Mpx ;
  • Canon avec son R5 Mark 2 atteint 45 Mpx.

En moyen format, la palme revient au Fujifilm GFX 100 II avec 102 Mpx, talonné par le Hasselblad X2D 100C à 100 Mpx.

Et pour ceux qui penseraient que leur engin ne va pas assez loin, il y a encore (pour certains boitiers) la technique du Pixel-Shift qui est un mode qui se base sur la fusion (en interne ou via un logiciel) d’un certain nombre d’images générées grâce aux micro-déplacements du capteur stabilisé. Idéal pour un usage ponctuel.

Pour achever de vous donner le tourni, citons en vrac :

  • les Nikon Zf, un full frame de 24,5 Mpx qui passe alors à 95 Mpx ;
  • Panasonic Lumix S5 II aussi un full frame de 24,2 Mpx qui atteint aussi 95Mpx ;
  • Panasonic G9 II, un premier micro-4/3 qui va de 24,2 Mpx à 50 ou 100 Mpx – à main levée SVP ! ;
  • (Olympus) OM System avec les OM-1 et OM-5 qui passent à 80Mpx sur trépied ou 50Mpx à main levée ;
  • et en APS-C, Fujifilm XT-5 et X-H2, qui ont déjà des résolutions de 40,2 Mpx passent alors à 160 Mpx !

Il est loin le temps où les appareils professionnels proposaient 16 Mpx (voir article sur le Canon Eos-1Ds Mark II) et où on estimait que c’était un bon rapport qualité/vitesse de traitement.

Petit résumé intermédiaire pour y voir plus clair : ai-je besoin d’une telle définition ; ai-je les ressources numériques pour les traiter ?

Car vient ensuite un corollaire assez simple à comprendre : avec de telles définitions, il faut aussi des optiques de haut vol, capable d’aller chercher les détails qu’offrent la technologie.

Objectif Nikon AFS NIKKOR 24-70mm f/2.8 monté sur un boîtier avec pare-soleil.

Alors, imaginons un instant que nous sommes photographes de mode, appelés à faire effectuer des tirages publicitaires en 12m² (4m par 3m, les affiches en bord de route, par exemple), sans contraintes techniques ni financières et empoignons le Nikon D800, qui a en quelque sorte, ouvert la voie.

Première remarque, si l’engin est solide, c’est parce qu’il est fait de métal enrobé de plastique renforcé. Il est imposant et … lourd. Dans la veine des Eos 5D Mark III. Autrement dit, ne faites pas l’économie d’une bonne sangle ou mieux, d’un système vous permettant de le porter sur le côté, dont voici quelques exemples.

Vos vertèbres, vos cervicales, vos trapèzes vous disent déjà merci !

Ensuite, c’est – comme tous les appareils numériques – un engin qu’il faut apprivoiser et avant tout, régler à votre convenance puisqu’il vous permet de le faire. Vous trouverez ci-plus bas une chouette vidéo pour le faire.

Vue arrière du Nikon D800 montrant l'écran de contrôle et les boutons de paramétrage.

Pour ma part, un des premiers réglages que j’effectue, c’est celui de la dioptrie (ben oui, je vieilli aussi) et j’apprécie de pouvoir le faire sans devoir rien changer sur le boitier, juste une petite molette à tourner.

Vue du dessus d'un appareil photo Nikon D800, affichant les réglages de l'écran LCD.

Familiarisez-vous avec les boutons, ils tombent tous sous les doigts de façon naturelle mais lorsque l’on vient d’une autre marque, un petit temps d’acclimatation est nécessaire.

Premier constat au niveau des menus : nous ne sommes pas chez Canon mais c’est quand même assez logique (de prime abord) comme défilement et explications. Je pressens que le boitier hésite entre vraiment professionnel et amateur (très) averti. En tout cas, vous pourrez pratiquement tout paramétrer et régler à vos habitudes.

Au niveau connectique, certains lui réclamaient le GPS et le Wi-fi et d’autres (ou les mêmes, allez savoir) que sa rafale à 4i/s était trop lente pour les disciplines sportives.

Mais il possède quand même un port USB 3 pour transférer rapidement ses images, un double emplacement pour carte CF (au format UDMA) et SD (au format UHS-1), sur lesquelles vous pouvez enregistrer en NEF et/ou JPEG, sur l’une et puis sur l’autre ou les deux à la fois. On peut éventuellement insérer une carte Eye-Fi (Wi-Fi) dans le compartiment dévolu à la carte SD.

Et, surtout, c’est ce qui m’intéresse, un magnifique viseur à 100% et un obturateur costaud.

Diagramme illustrant l'interface utilisateur du Nikon D800, montrant les différents éléments et boutons de contrôle pour la prise de vue.

Comme d’habitude, je ne parlerai pas de la section vidéo, que je n’utilise jamais sur un appareil photo mais il tourne avec un mode HDTV 1080 à 30,25 et 24p et possède une sortie HDMI non compressée pour connecter un enregistreur externe.

Et puis, venons-en au cœur de ce boitier, il vous propose 36,7 Mpx de résolution, soit la capacité d’un moyen format (comme le Pentax 645D à son époque).

Elle apporte une définition disons, superlative, et l’appareil fera merveille en studio mais il est aussi capable d’évoluer sur (presque) tous les terrains car il ne perd rien de sa polyvalence de reflex (gamme d’objectifs et autres accessoires)

Qu’en est-il de la qualité des images ? Je vais me permettre de citer in extenso un passage de l’interview du photographe David Lefevre pour Les Numériques car il y répond mieux que moi, l’ayant utilisé plus d’un mois en situation de reportage aux USA : C’est le point fort du D800E. La qualité d’image est vraiment très élevée. Les 36Mpx apportent vraiment quelque chose dans le rendu des détails. Il est possible de recadrer sans arrière-pensée même si je suis plutôt un aficionado du « cadrage au cordeau ». La cellule expose bien et la colorimétrie est fidèle tout en restant neutre. Le D800E gagne en définition ce qu’il ne perd pas en sensibilité. Si le gain est finalement assez faible dans les hauts iso, la large plage dynamique et le modelé des images sont exemplaires. Néanmoins, il faut savoir ce que l’on veut faire de ses photo : si le but final est simplement de les poster sur internet je ne pense pas que la qualité d’image du D800E fasse la différence par rapport à la concurrence ou du matériel plus « bas de gamme » de la marque. En revanche si un utilisateur à l’intention d’imprimer celles-ci, de se faire exposer ou éditer je pense que le rendu du D800 compte parmi ce qui se fait de mieux.

Ce capteur offre aussi une très large dynamique.

Au final, le D800 propose des fichiers bruts avec un énorme potentiel. Comme nous l’avions déjà mentionné dans notre face-à-face avec des moyens formats, le D800 rivalise sans peine avec les dos numériques 40 Mpx actuels. Avec une excellente gestion du bruit électronique, une dynamique importante et un excellent rendu des couleurs, le D800 est une excellente surprise.

Voilà qui est écris …

En ce qui concerne l’ergonomie du boitier, les Nikonistes ne seront ni surpris ni dépaysés, ils seront bien à la maison, même si chaque nouveau modèle évolue toujours un peu. Et je pense qu’ici, 13 ans après sa sortie, cet appareil est toujours parfaitement dans le coup comparé aux autres reflex de la marque voire même par rapport à la concurrence de son meilleur ennemi, Canon.

Il offre toutes les facilités demandées, y compris le LiveView appelable d’une seule touche, à l’arrière. Vous pouvez donc viser et composer directement via l’écran. Un écran de 8cm qui affiche 921.000 pixels au rapport 4:3.

Ceci étant, il faut aussi nourrir le boitier : c’est une batterie EN-EL 15 qui s’en charge et elle vous offrira une autonomie non négligeable d’environ 900 images. De quoi faire frémir beaucoup d’hybrides !

Il est possible d’encore améliorer cette autonomie en ajoutant une poignée d’alimentation MB-D12 soit en utilisant une seconde batterie soit en installant 8 piles AA. A noter que si vous optez pour une batterie EN-EL18 (celle du D4) vous pourrez encore augmenter le nombre de vue mais aussi la cadence rafale, qui passe alors à 6i/s.

Pour l’appareil que j’ai acheté, j’ai reçu une poignée signée Patona compatible, qui a dû coûter bien moins cher et qui offre les mêmes compétences (déclencheur, sélecteur multi-directionnel, boutons d’activation AF, molettes de commande principale et secondaire).

Contrairement aux appareils professionnels, sans flash, le D800 (D800E) possède un flash pop-up de NG 12 (pour 100 Iso). Ce petit flash propose plusieurs modes comme la synchro au premier rideau, la synchro lente, sur le second rideau, l’atténuation des yeux rouges, y compris en synchro lente, etc.

Il est aussi capable de piloter des flashs distants sans fil, pour autant qu’ils soient compatibles avec le Créative Ligthing System (CLS) maison. Ainsi, vous pourrez piloter plusieurs flashs répartis en 2 groupes et le boitier peut imposer certains réglages pour ces flashs.

C’est donc un appareil complet, voire ultra-complet qui sous un vêtement classique nous propose des performances exceptionnelles, même 13 ans après être sorti sur le marché.

Que penser de cet appareil ?

Le Nikon D800 est un reflex qui en impose, d’abord par sa présentation de gros réflex, dans la veine de ces boitiers professionnels monobloc, ce à quoi il ressemble encore plus si on lui adjoint le grip qui contient les batteries supplémentaires.

Ensuite, il en impose encore de nos jours par le nombre de pixels, 36,5 Mpx, c’est énorme.

Oui, des boitiers plus récents font encore mieux mais est-ce bien nécessaire ? Sauf pour des applications bien particulières, des métiers exigeants ce type de haute résolution, il ne faut pas oublier que derrière chaque déclenchement, il faudra une sacrée chaine informatique pour traiter le flux des images et pour les stocker.

Ceci étant posé, il reste un appareil d’exception, comme les grandes marques peuvent en proposer : bien construit, fait pour durer plus qu’un été, il est toujours dans le coup.

Certes, il pourra avoir certaines faiblesses, notamment au niveau des images en (très) faible lumière, mais pour le reste, difficile de le prendre en défaut.

Dans le genre, il me fait penser à mon bon vieux Canon Eos-1 Ds Mark II. Ces appareils sont faits pour vous accompagner longtemps, comme autrefois ces reflex d’une vie, que l’on chérissait parce qu’on en connaissait les qualités et les défauts, que l’on savait en tirer le meilleur par mille astuces forgées par l’expérience.

Ils ne sont plus à la mode mais ils sont toujours là, fidèles. Vous le savez, j’ai un compte sur Youpic et Flickr pour exposer mes photos. Souvent je vois des images sublimes et lorsque je m’y arrête pour laisser un commentaire, je peux voir (dans la majorité de cas) avec quel appareil elles ont été captées. Et ce sont parfois de vieux appareils, que l’on décrierait pour leur vétusté au regard de ce qui se fait de nos jours, ou des appareils d’entrée de gamme. Mais n’oublions jamais que ce n’est pas (que) l’appareil qui fait les photos, avant tout, c’est le photographe.

Et vous, vous en pensez quoi ?

Vidéos d’illustration.

Enfin, une vidéo que je vous invite à traduire directement via YouTube car elle est très bien faite et intéressante pour découvrir le boitier.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Pour les données techniques, voir les pages 423 et suivantes du mode d’emploi.

Résumé rapide (Les numériques) :

Les plus
Les moins
Définition des images importantes : 36,7 Mpx
Excellente gestion du bruit électronique jusqu’à 3200 voire 6400 ISO
Module autofocus performant en basse lumière et en suivi de sujet
Reconnaissance des visages en visée optique toujours pratique
Autofocus fonctionnel jusqu’à f/8
Flash intégré pour déboucher les ombres ou piloter des flashes distants sans fil
Très bonne prise en mains. Fabrication de haute volée
Potentiel des fichiers raw (NEF) important : dynamique, accentuation, traitement du bruit électronique
Viseur optique 100% avec information en surimpression
Ecran assez fidèle en colorimétrie
Synchro flash au 1/250 s. Connexion USB 3
Fonctions d’exposition : HDR, intervalomètre, time lapse, bracketing 9 vues…
Mode vidéo HDTV 1080 à 24,25 et 30p avec autofocus Full Time en continu
Sortie HDMI non compressée (8 bits) en vidéo
Deux emplacements pour les cartes mémoire (UHS-I et UDMA)
Possibilité de photographier (et filmer) en mode DX (1,5x)
Rafale limitée à 4 i/s en 24×36 : un peu juste pour la photographie sportive
Couverture AF un peu étroite
Pas d’écran monté sur rotule
Autonomie de la batterie en deçà des précédents modèles (mais pas loin de 850 vues quand même)
Balance des blancs automatique peu fidèle sous un éclairage tungstène
Rendu un peu trop doux des fichiers JPEG
Ecran LCD au format 4:3 au lieu de 3:2
Pas de module GPS ou Wi-Fi intégré. Pas de connexion sécurisé pour le mode connecté
Sortie HDMI non compressée limitée à 8 bits seulement et un peu fragile
Peu d’assistants pour la vidéo : peaking pour la mise au point, zebra pour l’exposition, oscilloscope…
Latence au déclenchement proche du 10e de seconde
Deux formats de cartes différents (SD et CF)
L’interface graphique ne s’adapte pas à l’orientation du boîtier
Format raw (.NEF) propriétaire


Des références.

https://wanumart.be/wp-content/uploads/2023/01/201707-DCI-Nikon-a-100-ans.pdf, https://www.nipponkogakuklub.com/NKK/Histoire_de_nikon.html, https://leclaireur.fnac.com/article/cp59522-lhistoire-de-nikon-de-loptique-a-la-photo-grand-public/, https://lesphotographes.org/fr/magazine/histoire-nikon-8-appareils-legende, https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon, https://www.equitylab.fr/transition-numerique-l-evolution-des-appareils-photo-nikon-au-fil-des-decennies/, http://apphotnum.free.fr/N2B10.html, https://www.lesnumeriques.com/appareil-photo-numerique/nikon-d800-p46453/test.html, en français

Numérique

Le Nikon D800, un moyen format qui se cache dans un reflex ? Première partie.

Préambule.

Vous le savez, j’aime bien Canon depuis de nombreuses années et j’apprécie toujours autant leur ergonomie et la limpidité de leurs menus, surtout maintenant qu’ils sont numériques et hybrides.

Pour avoir testé Olympus, Sony, Lumix, Fuji (voir la rubrique les appareils que j’ai essayés), je suis toujours revenu chez Canon. Parfois en râlant car j’estime qu’ils ont laissé tomber des pans photographiques où ils auraient pu faire bien mieux (les compacts pro avec viseur par exemple, que Fuji a intelligemment investi).

En numérique donc, j’ai opté pour un Canon RP d’occasion (comme toujours) avec un 24 – 105 f4 de la marque et une bague de conversion EF vers R pour les objectifs que je possède encore.

Un fidèle Canon Eos 70D secondait habituellement celui-là, mais c’est un APS-C et pour des raisons de compatibilité avec la majorité de mes objectifs EF destinés au plein format (héritage de l’Eos 5D Mark III et du Eos 6D), j’aurais aimé trouver un autre full frame à prix décent.

C’est à ce moment que ma route a croisé celle d’un Nikon D610 qui m’offrait le plein format et la possibilité d’utiliser des objectifs Nikkor venant de mes Nikon 801s, et avec 24,3Mpx (contre 20,2 pour le Canon 70D).

C’était une bonne occasion et j’avoue avoir pris plaisir à l’utiliser, même s’il faut repenser certains gestes et certains réglages. L’habitude aide à s’y faire.

Et puis, quelques mois plus tard, re-hasard mais je tombe sur la vitrine d’un Cash Converter qui vend un Nikon D800 pour un prix fort sympathique. Je craque, et même deux fois car à côté trônait un 24 -70mm f2,8 constant de la marque. Bref, même si la Visa a frémi, me voici en possession de ce qui se faisait de mieux chez Nikon il y a … 13 ans (comme le temps passe !)

Un peu d’histoire.

Je ne reviendrais pas sur toute l’histoire de la marque, que vous retrouverez dans les différents articles que j’ai consacré à quelques uns de ses plus beaux appareils, d’autant que nous sommes passé de l’argentique et ses gloires anciennes aux appareils numériques.

Le premier Nikon numérique produit industriellement fut le Nikon D1, en 1999. Il a existé d’autres essais d’appareils numériques, qui résultaient d’assemblages – presque du bricolage – entre Nikon et Kodak, à l’image du Nikon DCS100, dès 1991 ou encore des accords avec Fuji pour les Nikon E2 et E2s en 1996.

Un appareil photo Nikon avec un objectif et une unité de stockage Kodak DCS, présentant une conception vintage.
Source : apphotnum. Un Nikon F3 avec un capteur CCD de 1.3 Meg et son unité de stockage Kodak de 4,5kg

Ce D1 offrait une résolution de 2.7Mpx, une sensibilité de 1600Iso et des vitesses d’obturation jusqu’au 1/16.000s. Des évolutions successives (D1h et D 1X) vont faire évoluer sa résolution et sa sensibilité notamment.

En 2003, Nikon dévoile le D2H, un boitier professionnel très rapide pour l’époque et avec un capteur avec 4Mpx. Puis ce sera le Nikon D2X qui offre un capteur de 12,4 Mpx.

Pour les photographes non professionnels, il y aura le D100, basé sur un ancien boitier argentique, le F80, mais doté d’un capteur numérique de 6Mpx. Il faudra cependant attendre la série des D70, D70s et D50 pour que la marque offre réellement des appareils destinés au grand public.

C’est à ce moment-là que la rupture sera brutale avec le monde de l’argentique, le public vient enfin a découvrir les joies du numérique : ils offrent 6Mpx avec des caractéristiques autrefois réservées aux professionnels mais à prix (plus) abordables.

En 2006, le D80 remplace le D70s cette fois avec un capteur signé Sony de 10,2Mpx. Le D90 le remplace en 2008, toujours avec un capteur CCD Sony mais cette fois une résolution de 12,3Mpx qui permet en plus de filmer au format 720p.

Jusque là, tous ces appareils ont des capteurs APS-C. Ce n’est qu’en 2007 qu’apparait le D33 avec 12,3Mpx, un autofocus de 51 collimateurs dont 15 en croix et une sensibilité de 25.600 Iso, mais c’est encore un appareil destiné aux professionnels, plein format.

Dans la course aux ultra-hautes sensibilités, retenons le Nikon D3s, le premier à proposer 102.400 Iso.

En entrée de gamme, le Nikon D5000, qui reprend quelques caractéristiques du D90 propose la vidéo en HD (2009). Un an plus tard, le D3100 offre un capteur de 14,2 Mpx et cette fois la vidéo Full-HD autofocus.

Les modèles se suivent , qui voient augmenter régulièrement la résolution des capteurs, le nombre de collimateurs et la sensibilité.

En 2011, l’entrée de gamme Nikon D5100 utilise un capteur de 16,2Mpx mais offre la vidéo HD au format 1080p.

Le Nikon D4, présenté en janvier 2012 gère la lumière comme aucun autre avant lui et est capable de rafale à 11i/s.

Celui qui nous intéresse aujourd’hui, le Nikon D800 sort en février 2012 avec un capteur FX (full frame) de 36Mpx. Il sera suivi d’un D800E dépourvu de filtre anticrénelage, apportant une netteté d’image encore meilleure.

Un appareil photo Nikon D800 avec un objectif zoom installé, posé sur un bureau.

Enfin, puisque je le nommais dans le préambule, le D610, qui est une refonte du D600, possède un capteur FX de 24,3Mpc (2013)

C’est en 2017 qu’apparaît le D850 et son capteur de 45,7Mpx. Puis ce sera la série des reflex hybrides dont le premier, le Z7 sortira à la mi 2018, mais c’est un autre monde.

En quelques tableaux, voici le résumé de ces évolutions :

Chronologie des appareils photo reflex numériques Nikon de 1999 à 2018, montrant les différentes catégories et modèles sortis au fil des années.
Chronologie des appareils photo reflex numériques Nikon depuis 2019, montrant les différents modèles professionnels, semi-professionnels et grand public.
Chronologie des appareils photo hybrides Nikon Z de 2018 à 2027.
Source : Wikipédia

Actuellement, Nikon développe sa série Z, avec une projection de 850.000 appareils et 1.350.000 objectifs pour 2025.

Comme les autres marques, la société vise surtout le développement des appareils à haute valeur ajoutée, comme le Z8, le Z6 III, le Zf, ce qui contribue à l’augmentation du prix unitaire. Cette stratégie porte la part de marché en termes de chiffre d’affaires à 25,4% même si le nombre d’appareils vendus ne représentent que 13,95% du marché total (chiffres 2025).

Historiquement, Canon et Nikon étaient les seuls grands du reflex argentique, Minolta ayant jeté l’éponge, Pentax, Olympus et Fuji restant dans la course.

Au début du numérique, Canon et Nikon ont continué à défendre leurs places sur l’échiquier des nouveaux appareils, bientôt rejoint par Fuji et Olympus, puis par Sony. Avec l’arrivée des appareils sans miroir, Sony a pris de l’ampleur et a étendu son emprise sur le marché des reflex.

En 2024, le résultat était : Canon premier (43,2%), Sony second (28,5%) et Nikon troisième (11,7%). A noter la progression de Fuji (9%) et la diminution des parts d’Olympus devenu OM System (1,9%).

Les années qui viennent nous promettent encore de belles bagarres et, surtout, la présentation d’appareils toujours plus perfectionnés, repoussant encore les limites de ce que l’on pensait possible. Mais le rythme des changements et les prix toujours plus élevés risquent d’en rebuter quelques uns (vive l’occasion !).

Affaire à suivre comme on dit dans la presse …

Des références.

https://wanumart.be/wp-content/uploads/2023/01/201707-DCI-Nikon-a-100-ans.pdf, https://www.nipponkogakuklub.com/NKK/Histoire_de_nikon.html, https://leclaireur.fnac.com/article/cp59522-lhistoire-de-nikon-de-loptique-a-la-photo-grand-public/, https://lesphotographes.org/fr/magazine/histoire-nikon-8-appareils-legende, https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon, https://www.equitylab.fr/transition-numerique-l-evolution-des-appareils-photo-nikon-au-fil-des-decennies/, http://apphotnum.free.fr/N2B10.html, https://www.lesnumeriques.com/appareil-photo-numerique/nikon-d800-p46453/test.html, en français

Argentique

Un nouveau mythe entre les mains : le Nikon F3

Préambule.

Grande braderie d’Amiens ce dimanche 05 octobre (pas la Grande Riderie mais c’est tout proche).

Nous sommes arrivés la veille et avons dormi dans le camping car. Enfin, disons plutôt que nous avons essayé car outre le vent, la pluie en rafale, des fêtards intrépides avaient décidé de fêter un anniversaire et, l’alcool aidant, ils ont tenus le coup jusque 4 heures du matin. Et nous avions décidé de sortir de nos duvets pour 6h !

Bref, nous étions dans une forme olympique pour arpenter les rues et ruelles de la belle ville d’Amiens. Comme d’habitude, nous prenons nos trois points de repère : la cathédrale (magnifique), ce que nous pensons être un beffroi (moins joli mais plus haut) et une troisième clocher plus loin.

Comme je l’ai signalé, la pluie a bien marqué la nuit mais les brocanteurs sont des pros et si cela les contrarie, ils ont quand même déballé, avec plus ou moins de protection pour leurs marchandises.

Autrement dit, les appareils que j’ai pu trouver étaient de mouillés à bien trempés. Et c’est là qu’on se dit que ces vieux machins étaient quand même solides …

Car outre ce très beau Nikon F3, j’ai trouvé quelques Kodak Retinette, un reflex inconnu et un très joli Vest Pocket Kodak avec sa trousse en cuir d’origine.

La pêche fut maigre malgré les 14kms parcourus mais nous avions commencé tard, pour les raisons que vous savez …

Un peu d’histoire.

De fait, l’histoire commence en 1959 avec l’apparition du Nikon F, l’archétype du reflex professionnel pensé pour des photographes professionnels. Celui-ci a évolué au fur et à mesure pour rencontrer les nouveaux besoins des photographes et, surtout, pour continuer à régner car la concurrence devenait farouche.

Dés 1965, Nikon avait pensé à ce futur autre best-seller, qui sortait enfin en 1971 sous la forme du Nikon F2. Celui-là apportait des nouveautés à faire oublier le bon vieux F, quoique certains n’en démordaient pas et que celui-ci fut fabriqué en parallèle jusqu’en 1973.

Petits résumés de ces nouveautés :

  • une gamme de vitesses plus étendues, de 10s à 1/2000s (1s à 1/1000s pour le F)
  • prisme Photomic DP-1 avec une cellule de EV1 – EV17 à 100Asa (EV2 à EV17 pour Photomic FTn du F)
  • utilisation d’une pile « moderne » de 1,5v (pile au mercure de 1,35v pour le F)
  • dos à charnière (dos amovible pour le F), démontable
  • accepte différents moteurs d’entrainement (le F demande un appairage du module moteur)

Les boitiers F2 étaient toujours quasi identiques et ce sont les Photomic, les cellules rapportées, qui font la différences.

Petits résumés de ces F2 :

  • Nikon F2 équipé du DE-1, 1971-1976
  • Nikon F2 Photomic équipé du DP-1, 1971-1976
  • Nikon F2S Photomic équipé du DP-2, 1973-1976
  • Nikon F2SB Photomic équipé du DP-3, 1976-1977
  • Nikon F2A Photomic équipé du DP-11, 1977-1980
  • Nikon F2AS Photomic équipé du DP-12, 1977-1980

In fine, si le F a ouvert la voie, c’est le F2 équipé du DP-12, alors appelé le F2AS qui sera longtemps considéré comme LE reflex des professionnels. Il est presque parfait, ne demande des piles que pour sa cellule, fonctionne par tous les temps. Solidement et consciencieusement construit, il tombe rarement en panne malgré les endroits improbables où les photojournalistes le trainent.

Cependant, encore une fois, il faut faire face à la concurrence. Cela a commencé avec le dernier des F2, le F2AS donc (1977), dont la monture devient AI (Automatic Indexing). En résumé, cette nouvelle monture F ne demande plus au photographe d’indexer sa cellule lorsqu’il change d’optique, cela se fait automatiquement. Un grand progrès qui évite bien des désagréments.

Petit à petit, les ingénieurs de chez Nikon voient les avancées de Canon (F-1 et New F-1) et Minolta (MKX) grignoter leur suprématie. Il faut donc encore avancer pour rester au sommet car le F2 est devenu, à son tour, LE reflex des professionnels.

Dès 1977 les ingénieurs nippons commencent la conception et l’organisation du prototype d’un nouvel appareil destiné à remplacer le F2. La philosophie de conception de ce nouvel appareil repose sur 3 objectifs : une haute qualité de fabrication et une fiabilité à toute épreuve ; un fonctionnement automatisé, sur base de la philosophie héritée du F2 ; une plus grande facilité d’utilisation et une plus grande polyvalence.

Ainsi, par exemple, l’obturateur du futur F3 est de conception modulaire. C’est un obturateur en feuilles de titane à déplacement horizontal, auquel, à la suite de nombreux essais, les ingénieurs ont ajouté un régulateur pour assurer la fiabilité mécanique et garantir un réglage précis du fonctionnement électrique du volet.

La méthodologie VE (value engineering) a été appliquée pour réduire le poids et le nombre de pièces. Un premier prototype sera ainsi achevé en novembre 1978.

Petit aparté amusant à ce sujet : à l’automne 1978, la NASA, qui avait déjà utilisé des Nikon Photomic FTN lors des missions Apollo et pendant le programme Skylab (1970), revient vers Nikon pour développer un appareil photo. Les spécifications sont astreignantes : l’appareil doit être fourni dans un an et demi, il doit posséder un contrôle automatique de l’exposition et il doit être capable de prendre 250 photos et permettre de changer le film même lorsque l’on photographie. Se basant sur leur expérience du programme Apollo, Nikon accepte le challenge, d’autant que le F3 est en pleine préparation pour sa sortie commerciale.

Ils ont alors développé deux appareils, le Big pour le film de 250 vues et le Small pour un film de 72 vues. Ceux-ci seront livrés en mai 1980 et ils passeront avec succès les tests du Johnson Space Center de Houston (Texas). Ces appareils seront chargés dans la navette Columbia, lancée en avril 1981 et satisferont aux attentes d’une fiabilité à 100%.

Appareil photo reflex Nikon avec objectif visible, placé sur un socle. Conception robuste et moderne, vu de face, en arrière-plan flou.
Source : appareil-photo. Crédit photo : James Artaius. Le Big embarqué vers l’espace

Il va sans dire que les développements faits pour la Nasa seront repris dans l’appareil présenté au public en mars 1980. C’est un reflex AE à priorité ouverture avec commande électronique, le tout dans une belle robe noire italienne et proposé avec un objectif Nikkor de 50mm f1,4.

Mais pour rompre quand même avec un passé qui devient encombrant (je fais ici allusion au poids et aux dimensions des appareils plus anciens) même si on ne le renie absolument pas, les ingénieurs de chez Nikon vont faire un grand pas : ils font appel au designer italien, Giorgetto Giugiaro, pour la forme, qui intègre pour la première fois un design industriel moderne avec une poignée ergonomique et un viseur considéré, à l’époque, comme futuriste. Le design novateur comprend aussi l’intégration d’un moteur et son entrainement – le MD-4 – et la fameuse ligne rouge verticale.

Ce signe distinctif sera dorénavant présent sur tous les appareils reflex Nikon, avec de nombreuses variations sur le même thème, rouge.

Pour mémoire, Giorgetto Giugiaro avait déjà conçu le modèle du Nikon EM, qui sort également en 1980 comme entrée de gamme et il est, entre autre, le père de la Lotus Esprit, la DMC Delorean, le Seiko Speedmaster Chronograph Watch et le Beretta Neos Handgun.

Si la robe est italienne, le cœur électronique du nouvel appareil sera japonais et confié à Tetsuro Goto. C’est lui qui prendra la décision d’intégrer des circuits électroniques numériques et l’écran LCD dans le F3 et qui aura en charge le dessin dudit circuit.

En 1980 donc, Nikon dévoile le petit nouveau, le F3. C’est à lui qu’incombe désormais la lourde tâche de rester le maître des appareils professionnels. Pourtant les photojournalistes, qui l’appelaient de leurs vœux, vont de prime abord s’en méfier – comme ils l’avaient fait lors du passage du F vers le F2, mais certains ont la mémoire courte semble-t-il.

Pourquoi cette défiance cette fois ? Parce que l’appareil requiert des piles pour fonctionner et ils rechignent à l’idée de confier leur reportage à une histoire de pile ! L’électronique des années quatre-vingt fait encore peur.

Encore une fois, Nikon garde sa ligne de conduite : on avance en faisant évoluer l’appareil par des ajouts bien pensés, qui s’inscrivent toujours dans le système du F (accessoires, optiques, flashs, etc.)

Ensuite, introduction de l’électronique dans un appareil professionnel : la mesure d’exposition à priorité ouverture (AE = exposition automatique) est pilotée par un circuit intégré qui s’avèrera très fiable (la grande crainte des professionnels de l’époque).

Vue en coupe du Nikon F3 montrant ses composants internes et électroniques, mettant en évidence son design complexe et son mécanisme de fonctionnement.
Source : imaging.nikon. Le schéma électronique du F3

Petite parenthèse utile : le F2 possédait déjà des circuits électroniques pour le contrôle de l’exposition et d’autres mécanismes, mais l’obturateur était contrôlé mécaniquement. Ces circuits étaient analogiques. Tout comme pour les premiers essais du F3 mais Nikon s’est vite aperçu que la somme des informations à traiter ne pouvait l’être avec des circuits analogiques, il fallait passer au numérique. Ensuite, les ingénieurs ont opté pour un affichage à cristaux liquides, qui faisait déjà ses preuves depuis quelques années notamment dans les montres. Ce dernier consommait moins que les diodes utilisées jusque là.

Puis l’élargissement des accessoires, qui vont des viseurs interchangeables aux dos spécifiques, en passant par des moteurs adaptés aux besoins et, toujours, la large gamme des objectifs de la marque, excellents.

Le F3 sera aussi décliné en plusieurs versions :

  • le F3 avec viseur DE-2 (1980)
  • le F3HP (High Eyepoint) avec viseur DE-3 (1982). Il a un meilleur dégagement oculaire, mais moins de grossissement. Il offre un confort de visée accru, même pour les porteurs de lunettes.
  • le F3T (1982) avec recouvrement en titane. Le F3T était de couleur champagne de 1982 à 1985, par la suite, il sera noir.
  • le F3AF (1983) a été le premier Nikon à mise au point automatique (AF). C’est un système complexe qui ne fonctionne qu’avec quelques objectifs dédiés.
  • Le F3H (1998) (High Speed) : conçu avant les Jeux Olympiques de 1998 à Nagano, au Japon. il était capable de livrer 13 images/s grâce à un moteur spécial.
  • le F3P, une version encore plus robuste, destinée à la Presse. Elle bénéficie de joints d’étanchéité.

Toutefois, si nous devions retenir une chose dans l’évolution de ce modèle par rapport au F2, c’est bien la méthode d’analyse de la lumière, vous allez comprendre.

Pour rappel, les F et F2 évoluaient grâce à leurs viseurs interchangeables, les fameux Photomic. Ces viseurs contenaient un posemètre intégré, qui se modifiait au gré des avancées technologiques.

Cependant, la mesure TTL (à travers l’objectif) ne peut être effectuée avec des viseurs d’action ou au niveau de la taille, par exemple. Aussi plutôt que de partir sur le viseur proprement dit, les ingénieurs de Nikon ont décidé de transporter la mesure dans le corps de l’appareil qui lui ne change pas, quelque soit le type de viseur choisi.

Le plus gros problème étant alors la fonction de mesure réelle de la lumière dans le boitier.

Des années de recherches ont été nécessaires pour aboutir à une trouvaille géniale : un miroir à sténopé !

Du côté réfléchissant du miroir reflex, il y a un certain nombre de trous minuscules (environ 50 000 sténopés ; section elliptique sans dépôt de 20 μm x 30 μm (micromètre) sur la surface du miroir pour former la partie centrale translucide), et la lumière qui passe à travers les trous va au capteur de mesure. En changeant l’emplacement des trous, la fonction de mesure devient assez flexible et il n’y a aucun problème avec la visibilité du viseur. C’est le principe de la mesure matricielle que développe le F3, qui sera ensuite reprise par les autres Nikon.

Diagramme illustrant le fonctionnement du miroir à sténopé du Nikon F3, montrant la disposition des lentilles et le chemin de la lumière à travers le système.
Source : imaging.nikon. Le schéma du passage de la lumière à travers le miroir et le sous-miroir.

De plus, la lumière est acheminée par le sous-miroir vers le bas de la chambre, puis est collectée au niveau du capteur à travers l’objectif du condenseur.
Ce sous-miroir est une caractéristique unique qui condense et dilate la lumière. Cette conception permet alors le contrôle du flash TTL à l’aide du capteur.

Grâce à cette construction, la taille du miroir peut être réduite et la nouvelle technologie de mesure, réduite elle aussi, tout comme de nombreuses autres pièces sont devenues plus petites et légères, ont permis de réduire la taille et le poids du prototype. C’est ici qu’intervient la nouvelle technologie des circuits intégrés, eux aussi plus petits et prenant moins de place mais capables de calculer plus rapidement un plus grand nombre de données utiles. L’essai peut devenir opérationnel et proposé au public.

D’autres technologies, tels le déclenchement électromagnétique de l’obturateur, le contrôle de celui-ci par un quartz et l’affichage à cristaux liquides (LCD) pouvaient encore améliorer le confort d’utilisation du photographe. La place gagnée en interne permettait de les loger.

Mais pour cela, il fallait concevoir un tout nouvel appareil : ce sera notre F3.

Cet appareil est typique des années quatre-vingt, qui rompt avec les appareils précédents et il ouvre la voie vers de nouvelles technologies, la prochaine étant l’auto-focus entre autre.

Il a marqué la transition entre les appareils photo entièrement mécaniques et l’ère des systèmes à commande électronique.

En 2001, Nikon arrête la production du F3, après 21 ans de bons et loyaux services et longtemps après que le F4 et même le F5 aient été lancés. On estime que plus de 860.000 boitiers auront été produit.

Un appareil photo Nikon F3 posé sur une surface avec des documents d'identité en arrière-plan.

Les campagnes de marketing pour les photographes de guerre Nikon F3 comme Eddie Adams, avec le slogan, « aller en guerre avec tout autre appareil photo serait un risque » (Crédit d’image: Nikon)

Outre Eddie Adams, grand photographe de guerre, d’autres noms célèbres ont utilisé le Nikon F3, tel le photojournaliste Steve McCurry, le photographe de Nature Pro Jim Brandenburg, le photographe de mode Peter Lindbergh ou Igor Kostine qui photographia l’après explosion de la centrale de Tchernobyl depuis un hélicoptère .

En résumé, le F3 en six points :

  • le premier appareil professionnel avec un écran LCD dans le viseur, indiquant la vitesse d’obturation, l’ouverture et la compensation d’exposition. Toutes les informations essentielles sans quitter le sujet des yeux.
  • il a introduit le système de mesure matricielle, qui analyse la lumière sur l’ensemble du cadre pour calculer l’exposition optimale. Il s’agissait d’une amélioration significative par rapport aux systèmes de mesure à pondération centrale utilisés dans les appareils photo précédents comme le Nikon FM2 et les concurrents comme Canon ou Minolta.
  • il présente un obturateur ultra fiable, à plan focal se déplaçant horizontalement avec des vitesses allant de 1/2000 à 30 secondes, plus B. Sa durée de vie théorique était de 150.000 déclenchements, mais certains fonctionnent toujours avec bien plus au compteur.
  • sa conception modulaire l’inscrit de fait dans le système Nikon : verres de visée, viseurs, moteurs, etc. Tous ces éléments permettent de répondre à quasi tous les besoins des photographes.
  • il peut fonctionner avec ou sans piles. Si celles-ci alimentent les modes de mesure et d’exposition automatique, l’appareil photo peut toujours être utilisé en mode manuel avec des vitesses d’obturation mécaniques allant jusqu’à 1/1000 seconde lorsque les piles sont déchargées.
  • il est compatible avec quasi tous les objectifs Nikkor F, offrant ainsi une vaste gamme de focales, de l’ultra grand angle au super téléobjectif.
Composition d'équipements photographiques Nikon, incluant plusieurs objectifs, appareils photo et accessoires, disposés de manière ordonnée sur une surface.
Source : nippongokakuklub. L’impressionnant système Nikon.

Présentation du Nikon F3.

Infographie du Nikon F3 avec annotations de ses caractéristiques techniques et descriptions des boutons et dispositifs.
Schéma annoté d'un Nikon F3 montrant les différentes parties et fonctionnalités de l'appareil photo reflex, incluant les bagues de mise au point et d'ouverture, les leviers de déverrouillage, et les commandes d'exposition.

Comme le précise l’historique ci-dessus, la volonté de Nikon a été de faire un appareil simple, solide et performant. Les commandes reprises ci-dessus en sont le meilleur exemple : rien de superflu, que le nécessaire.

Et c’est bien là la force tranquille du F3 : un appareil taillé pour toutes les aventures qui a l’air aussi simple qu’un réflex moyen de gamme.

De fait, lorsque j’ai vu celui-ci sur le stand du vendeur, qui essuyait tant bien que mal les quelques reflex qui venaient de recevoir la dernière drache (= la dernière grosse averse pour nos amis français), je n’ai pas tout de suite capté qu’il s’agissait d’un F3. Ce n’est que lorsque je l’ai pris en main que j’ai vu le nom et senti le bossage inhabituel de cet appareil.

Il est assez lourd, il n’est pas spécialement compact mais il a quelque chose d’imposant en lui.

D’abord, toutes les commandes tombent naturellement sous les doigts. Puis il y a ces petits détails qui créent ce sentiment de sérieux, de bien construit : le petit levier, près du déclencheur pour faire rapidement des surimpression ; l’autre petit levier, qui actionne un volet pour cacher l’œilleton de visée en cas de pose longue ; celui encore pour relever le miroir ; ou pour vérifier la profondeur de champ. Tout ça du bout de l’index, sans tâtonner.

Puis il y a encore ces précautions, pour ne pas gâcher de la pellicule : le verrou autour du levier d’armement ; la double commande pour ouvrir le dos ; le retardateur que l’on manœuvre du bout des doigts.

Et cet écran LCD, minimaliste peut-être, mais qui donne la juste indication nécessaire pour ajuster votre réglage avant la prise de vue, sans lever le nez : vous réglez l’ouverture, la cellule vous indique la vitesse et vous déclenchez. Point !

Le dos aussi, qui peut se libérer en deux secondes : utile si un film est bloqué dans la chambre, vous donnant ainsi de la place pour œuvrer, ou pour installer un de ces dos aux possibilités étonnantes (250 vues).

Vue du dessous d'un appareil photo reflex Nikon F3 avec la porte du compartiment à film ouverte, révélant le mécanisme à l'intérieur.

Encore une autre petite astuce, l’éclair du flash est visible dans le viseur lors du déclenchement de celui-ci grâce à la petite fenêtre de rétro-éclairage de la vitesse.

Enfin cette dernière astuce qui permet de déclencher même si vos piles ont mortes, soit sur le 1/60s soit sur la pose T (plus délicat), avec le petit bouton en bas, près de l’objectif.

Aperçu de la partie supérieure du Nikon F3, montrant le sélecteur de vitesse d'obturation et le bouton de déclenchement, sur fond flou d'un espace intérieur.

C’est un automatique avec priorité à l’ouverture (position A), ou un semi-automatique ou un manuel.

Vous pouvez lui adjoindre un moteur, le MD-4, qui permet du 6 images/seconde et un rebobinage en 7secondes. Il suffit de le nourrir de 8 piles AA.

Toute une série de verres de visée (20 en tout) sont disponibles, ainsi que plusieurs viseurs : le DW3, viseur de poitrine, le DW4 qui assure un grossissement de x6, le DA-2, un viseur sportif.

Bref, un appareil que vous pourrez prendre en mains sans devoir vous taper les 500 pages du manuel d’utilisateur (il fait 47 pages).

Que penser de cet appareil ?

Bon, il y a quand même quelques trucs agaçants comme le fait qu’il n’y a pas de griffe porte-accessoires, sauf en option et il s’agit alors d’un adaptateur à glisser autour de la manivelle de rembobinage. Accessoire que vous devrez ôter si vous deviez changer de film.

La fine bague pour régler la correction d’exposition est protégée par un minuscule bouton. Ça évite les décalages intempestifs mais il faut les deux mains pour faire la correction.

Les laudateurs du boitier ont beau nous expliquer qu’il est plus compact et moins lourd que les autres avant lui, il reste qu’il fait toujours son bon kilo avec les piles, le film et un 50mm f1,8.

Enfin, et c’est sans doute le plus énervant, c’est le coût du mythe ! Allez faire un tour sur certains sites de vente bien connus et il vous sera difficile d’en trouver sous les 200€. Et ceux-là vous seront présentés comme bien patinés, entendez par là qu’ils sont complétement rincés !

Oui, c’est un superbe appareil, bien construit. Oui, c’est un Nikon (comme on dirait un Canon, un Leica, un Hasselblad, …). Oui – en son temps – il était à la pointe et a rarement déçu ceux qui l’on utilisé …

Mais nous sommes 45 ans plus tard, avec des avancées technologiques qui vous permettent de photographier à main levée dans le noir presque complet. Alors, soyons réalistes !

Je suis très heureux d’avoir pu trouver cet exemplaire, en très bel état (je dois juste changer la mousse du miroir qui se dégrade) et si je trouve un bel objectif AI de 50mm f1,4, je mettrai peut-être une bobine dans la chambre.

Mais je reste réaliste … et vous, vous en pensez quoi ?

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA (anglais) et LA (français).

  • Reflex 35 mm à obturateur à plan focal (SLR) à commande électronique
  • Contrôle de l’exposition A (priorité à l’ouverture, automatique), manuel
  • Viseur à hauteur d’œil DE-2 en standard, interchangeable avec 3 autres types
  • Ecran de mise au point fourni en standard avec dépoli et stignomètre à coïncidence (type K) , interchangeable avec 19 autres types
  • Système de mesure TTL à pondération centrale, mesure à pleine ouverture
  • Plage de mesure : EV 1 à 18 avec film ASA/ISO 100
  • Réglage de la vitesse du film : ASA/ISO 12 à 6 400
  • Obturateur automatique : de 8 à 1/2 000 s (en continu), avec pose B et T, synchro X au 1/80s
  • Obturateur mécanique à T, Réglage mécanique (1/60 sec. ou T) disponible avec le levier de déverrouillage mécanique de secours lorsque les piles sont faibles ou épuisées
  • Synchronisation du flash : réglage X uniquement, flash synchronisé à X (1/80 s) ou moins
  • Contrôle automatique de l’exposition au flash TTL disponible avec le flash SB-12 ou SB-11 dédié (avec l’utilisation du cordon de contrôle de l’exposition au flash TTL SC-12)
  • Levier de verrouillage du déclencheur
  • Aperçu de la profondeur de champ
  • Levier d’exposition multiple
  • Verrouillage du miroir
  • Store du viseur pour éviter les fuites de lumière
  • Bouton de l’illuminateur du viseur
  • Monture à baïonnette Nikon F Compatible avec l’IA, les objectifs AIS et le pré-IA en stop down
  • Dimensions et poids (environ) 148,5 x 96,5 x 65,5 mm ; 700 g (corps seul)

L’entraînement motorisé MD-4 alimente aussi le F3, ce qui implique qu’il n’est pas nécessaire d’avoir des piles SR44 ou LR44 lorsque le MD-4 est utilisé (8 piles AA).

Avec le MD-4 attaché, le déclencheur d’obturateur du F3 continue d’opérer. Si vous pressez le déclencheur du F3 et que vous le gardez enfoncé, le MD-4 attend pour avancer le film jusqu’à ce que vous relâchiez le doigt du déclencheur supérieur du F3.

Des références.

https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1633-Nikon_F3.html, https://www.stevenberruyer.com/nikon/nikon-f3/, https://focusargentique.fr/appareil-photo/nikon-f3/, https://pelloche.com/nikon-f3-hp/, https://www.appareilphoto.net/le-nikon-f3-a-45-ans-des-missions-de-la-nasa-aux-zones-de-guerre-cetait-la-camera-pro-ultime/, https://35mm-compact.com/reflex/nikon-f3.htm, https://www.photosurcour.fr/nikon-f3/, https://www.nipponkogakuklub.com/NKK/Bienvenue.html (une mine de renseignements sur la marque Nikon), en français ; https://www.kenrockwell.com/nikon/f3/f3-fr.htm, https://imaging.nikon.com/imaging/information/chronicle/rhnc03f3-e/, https://old-cameras.com/2021/10/nikon-f3/, https://imaging.nikon.com/imaging/information/chronicle/history-f3/, https://shuttersinthenight.com/the-legendary-nikon-f3/, https://www.nipponkogakuklub.com/NKK/Nikonos_History_2.html, https://www.mir.com.my/rb/photography/hardwares/classics/nikonf3ver2/, https://johnnymartyr.wordpress.com/2019/07/18/the-f3-nikons-greatest-achievement/, en anglais

Argentique

Le Nikon FG : un moyen de gamme vintage de grande qualité

Préambule.

De passage dans l’Emaüs de Ghlin, je m’étonnais auprès du personnel à la caisse qu’il n’y ait pas de nouveaux appareils photo à se mettre sous la dent (il était 13h00 et je n’avais pas encore diné/déjeuné pour nos amis français).

Ah mais si, me répond une des dames, j’ai vu un sac beige avec deux appareils dedans, il doit être ici. Ce disant en le cherchant, elle le trouve et me le tend.

Un gros sac en tissus comme dans les années septante, avec des poches devant, un bon vieux Tenba Equal en bon état et … propre. C’est déjà un bon indice pour ce qui devrait se trouver dedans. J’ouvre et je découvre deux Nikon : un FG qui fait l’objet de cet article et un FA noir avec son moteur, un flash et un autre objectif !

Cruel dilemme : je suis dans un endroit destiné à aider de plus démunis et en même temps je n’ai pas envie de payer trop cher et je ne sais pas encore si tout ça fonctionne, le FA étant bloqué, sans doute à cause du moteur monté dessus et sans piles. Proposition honnête et accord de la dame, j’emporte le tout à la maison.

Je vais pouvoir tester tout ça, flash compris, pour vous proposer deux articles au sujet de cette belle trouvaille.

Un peu d’histoire.

Je ne reviendrai pas sur l’histoire de la marque, déjà présentée dans les articles qui concernent les Nikon sur le site.

Juste revenir sur un point important au sujet de la manière dont les ingénieurs de Nikon considèrent leurs bébés : ils doivent être parfaits et répondre aux mieux aux besoins des usagers, surtout professionnels ou amateurs exigeants.

L’exemple le plus frappant est la mise au point et le développement du Nikon F, qui est comme le début de la légende.

Si chez Nikon on voulait choyer les photographes professionnels, ils se sont vite aperçu que les nombreux autres photographes attendaient aussi des solutions de confiance, abordables. C’est ainsi qu’est né le Nikkorex, pourtant particulier car fabriqué par Mamya pour Nikon. Puis sont venus les Nikkormat, appareils de milieu de gamme aussi sérieusement construits que les F et qui sont bien souvent devenus les seconds boitiers des professionnels.

En résumant, nous pouvons déterminer 3 grandes familles : les appareils professionnels, descendants du F et désigné par cette lettre ; les appareils destinés aux amateurs éclairés, les successeurs du Nikkormat qui redevient Nikon en 1976 pour éviter la dispersion des désignations et représentent le milieu de gamme ; les appareils destinés à un usage familial ou amateur, descendants lointains du Nikkorex des années soixante. Voyez le tableau ci dessous (merci Wikipédia).

Vous constaterez qu’il faudra attendre 14 ans pour que le Nikkorex ait un descendant destiné aux amateurs, le Nikon EM (1979), qui sera remplacé dès 1981 par celui qui nous occupe aujourd’hui.

Présentation du Nikon FG.

Ce FG ne sera pas produit très longtemps non plus, de 1981 à 1984 seulement. Plus cher que le EM qu’il remplaçait, il ne correspondait pas vraiment à la cible des amateurs. Il était de qualité, cela ne fait aucun doute mais les clients ne voulaient pas dépasser le budget de l’ancien EM. Nikon sorti donc ensuite un FG 20 et un F-301plus moderne et qui quittait le design des anciens Nikon pour se rapprocher des nouveaux standards du Canon Eos et du Minolta. L’autofocus était dans l’air du temps et n’allait pas tarder à pointer le bout de son nez (1985).

Techniquement, il propose 3 modes d’exposition : un mode programme (automatique) un mode priorité à l’ouverture et un à la vitesse. Une position spéciale permet de travailler avec l’appareil même en l’absence de pile, le 1/90s, noté M90 (c’est une vitesse mécanique de secours). C’est le tout premier appareil chez Nikon a proposer un mode automatique.

Mais le point essentiel pour les Nikkonistes, c’est qu’il accepte la monture F de ses grands frères. Seules les optiques non Ai et celles de la série G ne sont pas compatibles avec le FG.

les objectifs prévus pour le Nikon FG lors de sa mise sur le marché.

Revenons un instant sur les point importants : c’est un appareil assez compact, bien plus qu’un Nikkormat ou un F2. Il est de fait plus léger et maniable (490gr nu). Pourtant il est construit majoritairement en métal (alliage à base d’aluminium) et polycarbonate. C’est du solide.

Tout un ensemble d’accessoires ont été prévu, comme les moteurs MD et MD 14 ou les flashes SB-E, SB-14 et SB-15 qui travaillent en TTL (mesure de la lumière à travers l’objectif). La vitesse de synchro flash est le 1/90s.

Ensuite, outre ses commodités liées aux automatismes, il propose un obturateur métallique à déplacement vertical qui offre des vitesses de 1s à 1/1000s, avec un mode B pour les longues expositions, et la vitesse mécanique du 1/90s. Il garde aussi la possibilité de tout contrôler manuellement en débrayant les automatismes.

Comme le Canon AE-1, c’est un appareil avec contrôle automatique de l’exposition à priorité ouverture. Vous définissez l’ouverture souhaitée et les automatismes ajustent la vitesse d’obturation pour garantir une exposition correcte. Une aide précieuse pour les sujets en mouvement ou pour les conditions de lumières difficiles.

L’autre atout majeur du Nikon FG c’est son système de mesure de la lumière à travers l’objectif (TTL). Cette technique autorise aussi une bonne analyse de la lumière entrant dans le boitier, garantissant ainsi des images précises et correctement exposées. Il prend en compte la luminosité de la scène et ajuste l’exposition en conséquence. Pour la petite histoire, cette matrice de mesure de la lumière avait été inaugurée sur le F3 !

Un retardateur, positionné sur la face avant, offre un répit de 10 secondes à qui veut se trouver aussi sur la photo. Il est facile à mettre en œuvre, sans devoir passer par des menus et sous-menus.

Tout cela se règle du bout des doigts avec une large molette des vitesses, sous le levier d’armement et le déclencheur.

La sensibilité de la cellule va de 25 à 3200Asa, que l’on peut pousser à 6400Asa si vous utilisez la correction d’exposition, située elle sur la molette de gauche.

La mesure de la lumière est une mesure à pondération centrale, avec un capteur photodiode au silicium (SPD). Vous pouvez voir le bord extérieur de la zone dans le viseur, c’est un mince cercle noir. La méthode de mesure utilisée (arrêt instantané) sera reconduite jusqu’au Nikon F-501, même si elle n’est pas exempte de défaut, comme celui d’un temps assez long pour la mesure une fois le déclencheur enfoncé à mis course.

En effet, le miroir est complétement arrêté avant que la lecture de la lumière soit prise, et puis le miroir bascule et l’exposition proprement dite peut commencer. C’est, in fine, la technique utilisée dans le F3, professionnel

N’oublions pas le bouton AE, qui permet la compensation en contre-jour. Ce bouton vous permettra de surexposer l’image de deux arrêts. Cela est utile lorsque le sujet est éclairé par une fenêtre ou le soleil.

Petit plus moderne : un signal sonore (que l’on peut débrayer) vous indique si la vitesse choisie n’est pas trop base, vous évitant ainsi les flous de bougé intempestifs.

Que penser de l’appareil ?

Nikon peut bien le considérer comme un appareil destiné aux amateurs, il ne lui manque rien et il est superbement construit. En fait, il a le nécessaire sans s’encombrer du superflu !

Il est très agréable à prendre en mains, même si nous sommes encore loin de l’ergonomie des appareils des années nonante, mais toutes les commandes tombent bien sous les doigts.

Hormis deux piles LR44, il ne demande rien de spécial. Je ne m’attarde pas sur les manipulations, vous allez les découvrir dans la vidéo ci-dessous, c’est du classique (soit dit en passant, on voit que le créateur de celle-ci n’est pas un grand habitué des appareil argentiques).

Personnellement je trouve que c’est un appareil qui mérite soit un bon 50mm, soit un bon 35mm. Je le vois très bien en photo de rue ou en classique photos de voyage.

Le revers de la médaille, celle du très bon, c’est celui du prix : difficile d’en trouver sous la barre des 80€ s’ils sont en bon état et avec au moins un 50mm. Mais comme on dit, quand on aime, on compte moins …

C’est un appareil bien né, solide, dans la tradition d’excellence de Nikon, facile à utiliser et fiable. De quoi bien commencer dans le monde de l’argentique si vous êtres allergique aux appareils des années ’90.

Et je souris car je viens d’acquérir un Nikon Z fc, finalement assez proche, si ce n’est que chez Nikon ils ont oublié la petite poignée de maintient facultative qui existait pourtant bien sur le FG et rendait son port encore plus confortable, sans gros encombrement.

Vidéo d’illustration.

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon_FG, https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon, https://benber.fr/presentation-nikon-fg/, https://focalcrafters.com/fr/appareil-photo-nikon-fg/, http://declic87.free.fr/Docu_PDF/Nikkorex.pdf en français ; https://imaging.nikon.com/imaging/information/chronicle/cousins12-e/, https://camera-wiki.org/wiki/Nikon_FG, https://www.outsidetheshot.com/nikon-fg/, https://casualphotophile.com/2016/08/10/nikon-fg-camera-review/ en anglais ; https://kameramuseum.de/objekte/nikon-fg/, en allemand

Le Zinc du photographe

J’ai reçu un Zeiss Ikon ZM, suite

Bon, j’avoue, j’ai craqué et vous ai terminé la présentation de cet appareil avant celle du Canon Eos 5D Mark III.

Comme précisé dans l’article précédant je vous ai écris un article plus technique (que d’habitude) sur cet appareil et que vous trouverez dans la rubrique « argentique –> les télémétriques ».

Ici je reviens avec mes impressions, toutes subjectives, sur ce magnifique appareil … aïe je suis déjà conquis !

En fait, j’ai découvert l’existence de ce Zeiss Ikon ZM lorsque je cherchais, sur un grand site de vente, un Leica. Comme on dit, il m’avait déjà « frappé dans l’œil » mais que voulez-vous, je n’avais jamais eu de Leica et j’avais non seulement l’opportunité mais – enfin – un peu de moyens à consacrer à cet achat, après avoir essayé des télémétriques russes, plus abordables et fondamentalement proches du « modèle » allemand.

La suite, vous avez peut-être pu la lire dans la rubrique « argentique –> les télémétriques –>petit comparatif (très subjectif) …« . Et si j’ai apprécié la découverte de ces Leica, il me restait un goût d’inachevé.

Je m’explique : le Leica M fut une révélation, en tout cas par rapport aux télémétriques que j’avais testés auparavant : Zorki 4 et 4K, Fed 2, Zeiss 4 M et 4 AM (copie des Contax), Zorki 1c, et même Leica IIIf. Son viseur et son télémètre, sa monture, tout était plus agréable et (relativement) facile.

Il lui manquait une cellule ? Je la trouvais avec le Leica M5, réellement bien pensé mais tellement boudé par les puristes de la marque.

Et comme je suis un curieux, je voulais pousser la comparaison à son maximum, en achetant le Leica M6. Qui, bien qu’il fut très beau et bien pensé, ne m’a jamais convaincu de sa supériorité par rapport au M5.

Certes, j’aurais pu continuer ma quête avec un M7, mais là les moyens que je m’étais alloué pour ces découvertes allaient exploser, et je ne le voulais pas.

Donc, si je devais résumer mon expérience avec les Leica, je dirais que j’ai découvert de superbes machines, solides, bien pensées, construites pour durer, qui ont offert de réels plus à la qualité de la photographie MAIS qui ont gardé des défauts, hérités de leur passé et qu’une certaine élite se refuse à voir changer au nom du respect à un idéal vieux de près de 90 ans ! Par exemple, cet absurde chargement par la semelle, la « crise » provoquée par l’apparition d’une cellule sur le M5 (certains ne jurent toujours que par le M4, synthèse du M3 et d’une certaine modernité), les convulsions provoquées par le passage au numérique (d’aucun n’en sont toujours pas revenus), ce sacro sain rideau en caoutchouc certes peu bruyant mais limitatif (vitesse d’obturation).

Ajoutons à cela cette politique de prix qui pourrait s’expliquer si on considère réellement que la marque fait plus de l’artisanat que de la vente de masse, comparée aux ténors tels Canon, Nikon. Mais c’est oublier un peu vite les accords que passent régulièrement Leica avec Panasonic notamment, et qui va jusqu’à rebadger certaines productions nipponnes, saucées à la Leica, pour justifier des prix qui vont presque au double. Et j’ajouterais – là, je vais me faire lyncher – que ces collaborations sont le sang neuf dont Leica a besoin pour évoluer et je songe à celle qui fut faite avec Minolta et son CLE qui devint CL chez Leica, avec, bien plus tard, une descendance numérique.

Dans le domaine de l’occasion, ça continue, avec des prix qui effraieraient tout cardiaque parce que certains puristes font un point d’honneur à dépenser des sommes folles pour obtenir le Leica de leurs recherches, accessoires d’origine – et à prix d’or – compris. Entretenir une légende, c’est bien (ou pas !?) mais justifier d’une sur cotation au prétexte que le produit est rare, c’est une supercherie.

Au vu du nombre d’appareils, toutes générations confondues, qui se vendent sur la Toile (et ailleurs), je ne pense pas que l’on puisse encore parler de rareté, sauf pour les plus vieux modèles qui n’ont plus que l’histoire à raconter car ils ne sont, franchement, pas pratiques à utiliser.

Par contre, je salue la démarche de Zeiss par la création, en 2006, de ce Zeiss Ikon ZM. Pensez, un télémétrique en plein boom du numérique !

Bien évidemment, je pense ne pas être trop naïf pour croire que la Carl Zeiss AG n’ait agit que pour la beauté du geste en proposant cet appareil à cette époque. Il y avait là du marketing et de l’opportunité, mais ils l’ont fait avec panache en offrant un appareil plus que performant à un prix contenu (près de trois fois moins cher que le concurrent visé, le Leica M7).

Las, si le conformisme l’a emporté et qu’ils ont cessé de le produire en 2012, ils ont offert le meilleur à ceux qui avaient envie de photographier hors des carcans en bénéficiant du superlatif de l’époque.

Epoque d’ailleurs – irrémédiablement ? – révolue car tout le monde est passé au concept du numérique. Laissant le marché de la seconde main combler ceux qui veulent revenir aux joies de la photo argentique et qui cherchent le meilleur compromis qualité/prix.

Dans ce cas, j’ose affirmer que cet appareil est LE maître achat (bon, ne tardez pas trop, après cet article, les prix vont monter). Il est beau, fabriqué plus que sérieusement et pour durer, bénéficie des modernités qui font que seule la recherche de la meilleure photo puisse être un but (cellule, programme automatique débrayable), avec une ergonomie proche de la perfection.

Celui-là, je le garde et il va sortir en rue, qui me semble être son domaine de prédilection. J’espère juste que d’autres pourront découvrir ce bel appareil et partager leurs impressions à son sujet.

Les nouveautés en un lieu

Le reflex va t’il disparaître ?

Le reflex, c’est comme le rock, on annonce sa disparition régulièrement mais tel le Phoenix, il renait encore et encore … en s’adaptant !

Petit rappel, dans le début des années ’60, Asahi Pentax introduit le premier pentaprisme fixe (1957), Nikon révolutionne le monde du réflex professionnel avec son mythique Nikon F (1959). Il ouvrira la porte aux innovations chez Nikon mais aussi chez les concurrents de l’époque, dont Canon qui, dix ans plus tard, sortira le Canon F-1, nouvelle légende.

Les Minolta, Asahi Pentax, Olympus, Rolleiflex, Contax, Miranda, Canon, Nikon, … n’auront de cesse d’apporter leur lot de nouveautés, jusqu’à l’autofocus au seuil des années ’80 (bon, ok, je résume très fort mais comme d’habitude, en bas de page, les liens intéressants).

Une chose est certaine en tout cas, le réflex va balayer une multitude de type d’appareils photo à tel point que même des marques comme Leica vont souffrir le martyr et qu’il en faudra de peu que les télémétriques disparaissent et les moyens format,comme les Rolleiflex ,vont avoir la vie dure.

L’autofocus sauvera, à la fin des années ’70, les petits « point and shot » (visez, tirez) et de petits compacts, assez voire très performants, survivront au côté des réflex.

Il est à noter que c’est surtout le dynamisme des firmes nipponnes et la puissance de leur marketing qui fera avancer la vente des appareils reflex.

Et puis, au seuil des années 2000 (ça fait juste 20 ans !) sont apparus les reflex numériques avec le succès que nous connaissons aujourd’hui : des appareils qui explosent les limites et réussissent à mixer les technologies (p.ex. le nouveau Canon EOS-1D X Mark III capable de rafales de 20 i/s et qui peut filmer en 5K).

Mais – parce qu’il y a toujours un mais – entre-temps de nouveaux venus sont venus chatouiller la prédominance des Nikon et Canon, Pentax, Sony, Fuji, … qui restaient presque les seuls représentant de ce type d’appareil.

En effet, les hybrides faisaient leur apparition aux alentours des années 2010. Ces appareils ont pour ambition de remplacer les reflex : ils sont plus légers, assurent des rendus excellents, peuvent accueillir une multitude d’objectifs, sont rapides et silencieux. En somme, ils tentent d’assurer le meilleur des deux mondes : le reflex traditionnel et le numérique pur et dur.

Sauf que – parce qu’il y a toujours un sauf que – la visée d’un appareil hybride est toujours assurée par l’entremise d’un capteur (celui de l’appareil ou un dédié à cet effet) et donc ce que vous voyez n’est pas l’exacte reflet de la réalité mais déjà une image formée. Et ce temps de « construction » de l’image dans vote viseur, qui s’appelle la latence, ajoute encore et toujours un décalage entre la réalité et votre vision.

C’est surtout vrai lorsque vous avez besoin de cette vitesse de vision et de réaction, notamment pour les images en sports rapides (ski, voitures et motos de compétition, foot, hockey, ….) ou même d’une vision d’anticipation, difficile à acquérir lorsque vous devez dépendre d’une image créée avec ce temps de latence. La visée d’un réflex est une visée optique, c.-à-d. directe de l’image vue ou en train de se construire (anticipation).

Dès lors, serait-ce à dire que les appareils hybrides vont être plus présents en photographie de mariage, de studio, de paysage, et les reflex traditionnels en photographie de sport ou animalière ?

Honnêtement, je pense que les deux vont se côtoyer encore un bon moment, jusqu’à ce que les hybrides parviennent à combler leur « retard » à ce niveau là. Les grands constructeurs historiques (Canon, Nikon), poussés dans le dos par la concurrence des hybrides (Sony, Fuji, Olympus, …) ont franchi le pas de l’hybridation, avec le succès que l’on sait et la capacité qu’ils ont (encore) de proposer des produits bien finis et aboutis (ce qui n’empêche pas les bugs et autres égarements parfois). Mais c’est un peu comme s’ils hésitaient entre le meilleur des deux mondes !

Quand je lis les publicités des uns et des autres, en tout cas, une chose est certaine : les appareils de demain seront toujours plus performants mais deviendront de plus en plus des « usines à gaz » ou, au contraire, extrêmement simplifiés, pilotés par des AI (intelligence artificielle) qui tenteront de prendre le pas sur les décisions du photographe lambda et lui assureront des photos correctes mais sans âme.

Les liens utiles : https://www.ifolor.ch/fr/inspirations/histoire-photographie-partie5 , un beau résumé des origines, http://www.lemondedelaphoto.com/Une-histoire-de-reflex,393.html , pour continuer l’histoire avec Asahi, http://35mm-compact.com/reflex/canon.htm, qui nous conte la patte Canon dans l’aventure, http://www.fondsphotographiquepoyet.fr/les%2520appareils%2520photos%2520d’hier,les%2520progres%2520de%2520l’histoire.html et enfin un article très intéressant du site Canon : https://fr.canon.be/pro/stories/future-of-dslrs/?WT.mc_id=be_pro_0485-202005n_b_04052020_nso_be-fr_a_1_READ%20NOW&WT.tsrc=email&WT.dcvid=&utm_source=mc&utm_medium=email&utm_campaign=be_pro_0485-202005n_b_04052020&m_id=6fb55425e33c5beecc26afee2abbaf0e&utm_id=be_pro_0485-202005n_b&utm_content=nso_be-fr_a_1_READ%20NOW

Mes appareils et leurs accessoires

Et si nous pensions à enregistrer notre matériel photo ?

Je ne vous apprends rien, le coût de nos appareils représentent un investissement conséquent, même, si comme moi, vous optez pour la deuxième main de qualité.

Notre appareil, quelque soit la marque, est souvent assorti d’accessoires, tout aussi coûteux. Je songe notamment aux objectifs, auxquels nous accordons généralement un choix particulier car se sont eux qui assureront la qualité de nos photos, sa signature aussi, parfois.

Et donc, je ne saurais trop vous recommander d’enregistrer vos boitiers et objectifs sur les sites des marques.

Cela présente un double avantage :

  • en cas de vol, où que vous soyez, vous pouvez retrouver les numéros de série de votre matériel. Utile pour les déclarations aux éventuelles assurances et aux forces de police
  • la plupart des grandes marques proposent un service d’assistance, qui « augmente » avec votre parc de matériel. Cette assistance peut aller jusqu’au prêt de matériel en cas de vol ou bris lors d’un reportage.

Personnellement, je déclare tous mes appareils sur le site de Canon : https://www.canon.fr/pro/canon-professional-services/, même si je suis et reste un « amateur » (au sens où je ne suis pas un professionnel de la photo).

Si vous estimez que ce service ne vous correspond pas, il vous est toujours loisible d’utiliser l’autre formule : https://fr.canon.be/registration/.

Voici la liste des autres marques qui proposent un service analogue :

Pratiquement tous les sites sont – évidemment – des sites vendeurs mais certains axent vraiment leur politique sur la pratique photo et dispensent des conseils utiles, voire même organisent des cours photo, virtuels ou physiques.

Ensuite, tous les sites proposent des mises à jour régulières des micro-programme de vos appareils, voire même de certains objectifs (on n’arrête pas le progrès !). C’est toujours utile car avec le rythme auquel ils sortent des nouveaux modèles, il y a parfois des bugs que ces mises à jour corrigent au fur et à mesure. Et certains de ces « up-grade » offrent à des boitiers un peu plus anciens des corrections qui augmentent un peu leurs performances (notamment chez Fuji).

Bref, utilisez les services que les marques mettent à votre disposition (pas toujours sans arrière pensée, soyons en conscients) et qui vous faciliteront la vie, p. ex. en récupérant un mode d’emploi égaré, un programme qui était sur le CD que vous ne retrouvez pas, etc.