Un nouveau mythe entre les mains : le Nikon F3

Un nouveau mythe entre les mains : le Nikon F3

Préambule.

Grande braderie d’Amiens ce dimanche 05 octobre (pas la Grande Riderie mais c’est tout proche).

Nous sommes arrivés la veille et avons dormi dans le camping car. Enfin, disons plutôt que nous avons essayé car outre le vent, la pluie en rafale, des fêtards intrépides avaient décidé de fêter un anniversaire et, l’alcool aidant, ils ont tenus le coup jusque 4 heures du matin. Et nous avions décidé de sortir de nos duvets pour 6h !

Bref, nous étions dans une forme olympique pour arpenter les rues et ruelles de la belle ville d’Amiens. Comme d’habitude, nous prenons nos trois points de repère : la cathédrale (magnifique), ce que nous pensons être un beffroi (moins joli mais plus haut) et une troisième clocher plus loin.

Comme je l’ai signalé, la pluie a bien marqué la nuit mais les brocanteurs sont des pros et si cela les contrarie, ils ont quand même déballé, avec plus ou moins de protection pour leurs marchandises.

Autrement dit, les appareils que j’ai pu trouver étaient de mouillés à bien trempés. Et c’est là qu’on se dit que ces vieux machins étaient quand même solides …

Car outre ce très beau Nikon F3, j’ai trouvé quelques Kodak Retinette, un reflex inconnu et un très joli Vest Pocket Kodak avec sa trousse en cuir d’origine.

La pêche fut maigre malgré les 14kms parcourus mais nous avions commencé tard, pour les raisons que vous savez …

Un peu d’histoire.

De fait, l’histoire commence en 1959 avec l’apparition du Nikon F, l’archétype du reflex professionnel pensé pour des photographes professionnels. Celui-ci a évolué au fur et à mesure pour rencontrer les nouveaux besoins des photographes et, surtout, pour continuer à régner car la concurrence devenait farouche.

Dés 1965, Nikon avait pensé à ce futur autre best-seller, qui sortait enfin en 1971 sous la forme du Nikon F2. Celui-là apportait des nouveautés à faire oublier le bon vieux F, quoique certains n’en démordaient pas et que celui-ci fut fabriqué en parallèle jusqu’en 1973.

Petits résumés de ces nouveautés :

  • une gamme de vitesses plus étendues, de 10s à 1/2000s (1s à 1/1000s pour le F)
  • prisme Photomic DP-1 avec une cellule de EV1 – EV17 à 100Asa (EV2 à EV17 pour Photomic FTn du F)
  • utilisation d’une pile « moderne » de 1,5v (pile au mercure de 1,35v pour le F)
  • dos à charnière (dos amovible pour le F), démontable
  • accepte différents moteurs d’entrainement (le F demande un appairage du module moteur)

Les boitiers F2 étaient toujours quasi identiques et ce sont les Photomic, les cellules rapportées, qui font la différences.

Petits résumés de ces F2 :

  • Nikon F2 équipé du DE-1, 1971-1976
  • Nikon F2 Photomic équipé du DP-1, 1971-1976
  • Nikon F2S Photomic équipé du DP-2, 1973-1976
  • Nikon F2SB Photomic équipé du DP-3, 1976-1977
  • Nikon F2A Photomic équipé du DP-11, 1977-1980
  • Nikon F2AS Photomic équipé du DP-12, 1977-1980

In fine, si le F a ouvert la voie, c’est le F2 équipé du DP-12, alors appelé le F2AS qui sera longtemps considéré comme LE reflex des professionnels. Il est presque parfait, ne demande des piles que pour sa cellule, fonctionne par tous les temps. Solidement et consciencieusement construit, il tombe rarement en panne malgré les endroits improbables où les photojournalistes le trainent.

Cependant, encore une fois, il faut faire face à la concurrence. Cela a commencé avec le dernier des F2, le F2AS donc (1977), dont la monture devient AI (Automatic Indexing). En résumé, cette nouvelle monture F ne demande plus au photographe d’indexer sa cellule lorsqu’il change d’optique, cela se fait automatiquement. Un grand progrès qui évite bien des désagréments.

Petit à petit, les ingénieurs de chez Nikon voient les avancées de Canon (F-1 et New F-1) et Minolta (MKX) grignoter leur suprématie. Il faut donc encore avancer pour rester au sommet car le F2 est devenu, à son tour, LE reflex des professionnels.

Dès 1977 les ingénieurs nippons commencent la conception et l’organisation du prototype d’un nouvel appareil destiné à remplacer le F2. La philosophie de conception de ce nouvel appareil repose sur 3 objectifs : une haute qualité de fabrication et une fiabilité à toute épreuve ; un fonctionnement automatisé, sur base de la philosophie héritée du F2 ; une plus grande facilité d’utilisation et une plus grande polyvalence.

Ainsi, par exemple, l’obturateur du futur F3 est de conception modulaire. C’est un obturateur en feuilles de titane à déplacement horizontal, auquel, à la suite de nombreux essais, les ingénieurs ont ajouté un régulateur pour assurer la fiabilité mécanique et garantir un réglage précis du fonctionnement électrique du volet.

La méthodologie VE (value engineering) a été appliquée pour réduire le poids et le nombre de pièces. Un premier prototype sera ainsi achevé en novembre 1978.

Petit aparté amusant à ce sujet : à l’automne 1978, la NASA, qui avait déjà utilisé des Nikon Photomic FTN lors des missions Apollo et pendant le programme Skylab (1970), revient vers Nikon pour développer un appareil photo. Les spécifications sont astreignantes : l’appareil doit être fourni dans un an et demi, il doit posséder un contrôle automatique de l’exposition et il doit être capable de prendre 250 photos et permettre de changer le film même lorsque l’on photographie. Se basant sur leur expérience du programme Apollo, Nikon accepte le challenge, d’autant que le F3 est en pleine préparation pour sa sortie commerciale.

Ils ont alors développé deux appareils, le Big pour le film de 250 vues et le Small pour un film de 72 vues. Ceux-ci seront livrés en mai 1980 et ils passeront avec succès les tests du Johnson Space Center de Houston (Texas). Ces appareils seront chargés dans la navette Columbia, lancée en avril 1981 et satisferont aux attentes d’une fiabilité à 100%.

Appareil photo reflex Nikon avec objectif visible, placé sur un socle. Conception robuste et moderne, vu de face, en arrière-plan flou.
Source : appareil-photo. Crédit photo : James Artaius. Le Big embarqué vers l’espace

Il va sans dire que les développements faits pour la Nasa seront repris dans l’appareil présenté au public en mars 1980. C’est un reflex AE à priorité ouverture avec commande électronique, le tout dans une belle robe noire italienne et proposé avec un objectif Nikkor de 50mm f1,4.

Mais pour rompre quand même avec un passé qui devient encombrant (je fais ici allusion au poids et aux dimensions des appareils plus anciens) même si on ne le renie absolument pas, les ingénieurs de chez Nikon vont faire un grand pas : ils font appel au designer italien, Giorgetto Giugiaro, pour la forme, qui intègre pour la première fois un design industriel moderne avec une poignée ergonomique et un viseur considéré, à l’époque, comme futuriste. Le design novateur comprend aussi l’intégration d’un moteur et son entrainement – le MD-4 – et la fameuse ligne rouge verticale.

Ce signe distinctif sera dorénavant présent sur tous les appareils reflex Nikon, avec de nombreuses variations sur le même thème, rouge.

Pour mémoire, Giorgetto Giugiaro avait déjà conçu le modèle du Nikon EM, qui sort également en 1980 comme entrée de gamme et il est, entre autre, le père de la Lotus Esprit, la DMC Delorean, le Seiko Speedmaster Chronograph Watch et le Beretta Neos Handgun.

Si la robe est italienne, le cœur électronique du nouvel appareil sera japonais et confié à Tetsuro Goto. C’est lui qui prendra la décision d’intégrer des circuits électroniques numériques et l’écran LCD dans le F3 et qui aura en charge le dessin dudit circuit.

En 1980 donc, Nikon dévoile le petit nouveau, le F3. C’est à lui qu’incombe désormais la lourde tâche de rester le maître des appareils professionnels. Pourtant les photojournalistes, qui l’appelaient de leurs vœux, vont de prime abord s’en méfier – comme ils l’avaient fait lors du passage du F vers le F2, mais certains ont la mémoire courte semble-t-il.

Pourquoi cette défiance cette fois ? Parce que l’appareil requiert des piles pour fonctionner et ils rechignent à l’idée de confier leur reportage à une histoire de pile ! L’électronique des années quatre-vingt fait encore peur.

Encore une fois, Nikon garde sa ligne de conduite : on avance en faisant évoluer l’appareil par des ajouts bien pensés, qui s’inscrivent toujours dans le système du F (accessoires, optiques, flashs, etc.)

Ensuite, introduction de l’électronique dans un appareil professionnel : la mesure d’exposition à priorité ouverture (AE = exposition automatique) est pilotée par un circuit intégré qui s’avèrera très fiable (la grande crainte des professionnels de l’époque).

Vue en coupe du Nikon F3 montrant ses composants internes et électroniques, mettant en évidence son design complexe et son mécanisme de fonctionnement.
Source : imaging.nikon. Le schéma électronique du F3

Petite parenthèse utile : le F2 possédait déjà des circuits électroniques pour le contrôle de l’exposition et d’autres mécanismes, mais l’obturateur était contrôlé mécaniquement. Ces circuits étaient analogiques. Tout comme pour les premiers essais du F3 mais Nikon s’est vite aperçu que la somme des informations à traiter ne pouvait l’être avec des circuits analogiques, il fallait passer au numérique. Ensuite, les ingénieurs ont opté pour un affichage à cristaux liquides, qui faisait déjà ses preuves depuis quelques années notamment dans les montres. Ce dernier consommait moins que les diodes utilisées jusque là.

Puis l’élargissement des accessoires, qui vont des viseurs interchangeables aux dos spécifiques, en passant par des moteurs adaptés aux besoins et, toujours, la large gamme des objectifs de la marque, excellents.

Le F3 sera aussi décliné en plusieurs versions :

  • le F3 avec viseur DE-2 (1980)
  • le F3HP (High Eyepoint) avec viseur DE-3 (1982). Il a un meilleur dégagement oculaire, mais moins de grossissement. Il offre un confort de visée accru, même pour les porteurs de lunettes.
  • le F3T (1982) avec recouvrement en titane. Le F3T était de couleur champagne de 1982 à 1985, par la suite, il sera noir.
  • le F3AF (1983) a été le premier Nikon à mise au point automatique (AF). C’est un système complexe qui ne fonctionne qu’avec quelques objectifs dédiés.
  • Le F3H (1998) (High Speed) : conçu avant les Jeux Olympiques de 1998 à Nagano, au Japon. il était capable de livrer 13 images/s grâce à un moteur spécial.
  • le F3P, une version encore plus robuste, destinée à la Presse. Elle bénéficie de joints d’étanchéité.

Toutefois, si nous devions retenir une chose dans l’évolution de ce modèle par rapport au F2, c’est bien la méthode d’analyse de la lumière, vous allez comprendre.

Pour rappel, les F et F2 évoluaient grâce à leurs viseurs interchangeables, les fameux Photomic. Ces viseurs contenaient un posemètre intégré, qui se modifiait au gré des avancées technologiques.

Cependant, la mesure TTL (à travers l’objectif) ne peut être effectuée avec des viseurs d’action ou au niveau de la taille, par exemple. Aussi plutôt que de partir sur le viseur proprement dit, les ingénieurs de Nikon ont décidé de transporter la mesure dans le corps de l’appareil qui lui ne change pas, quelque soit le type de viseur choisi.

Le plus gros problème étant alors la fonction de mesure réelle de la lumière dans le boitier.

Des années de recherches ont été nécessaires pour aboutir à une trouvaille géniale : un miroir à sténopé !

Du côté réfléchissant du miroir reflex, il y a un certain nombre de trous minuscules (environ 50 000 sténopés ; section elliptique sans dépôt de 20 μm x 30 μm (micromètre) sur la surface du miroir pour former la partie centrale translucide), et la lumière qui passe à travers les trous va au capteur de mesure. En changeant l’emplacement des trous, la fonction de mesure devient assez flexible et il n’y a aucun problème avec la visibilité du viseur. C’est le principe de la mesure matricielle que développe le F3, qui sera ensuite reprise par les autres Nikon.

Diagramme illustrant le fonctionnement du miroir à sténopé du Nikon F3, montrant la disposition des lentilles et le chemin de la lumière à travers le système.
Source : imaging.nikon. Le schéma du passage de la lumière à travers le miroir et le sous-miroir.

De plus, la lumière est acheminée par le sous-miroir vers le bas de la chambre, puis est collectée au niveau du capteur à travers l’objectif du condenseur.
Ce sous-miroir est une caractéristique unique qui condense et dilate la lumière. Cette conception permet alors le contrôle du flash TTL à l’aide du capteur.

Grâce à cette construction, la taille du miroir peut être réduite et la nouvelle technologie de mesure, réduite elle aussi, tout comme de nombreuses autres pièces sont devenues plus petites et légères, ont permis de réduire la taille et le poids du prototype. C’est ici qu’intervient la nouvelle technologie des circuits intégrés, eux aussi plus petits et prenant moins de place mais capables de calculer plus rapidement un plus grand nombre de données utiles. L’essai peut devenir opérationnel et proposé au public.

D’autres technologies, tels le déclenchement électromagnétique de l’obturateur, le contrôle de celui-ci par un quartz et l’affichage à cristaux liquides (LCD) pouvaient encore améliorer le confort d’utilisation du photographe. La place gagnée en interne permettait de les loger.

Mais pour cela, il fallait concevoir un tout nouvel appareil : ce sera notre F3.

Cet appareil est typique des années quatre-vingt, qui rompt avec les appareils précédents et il ouvre la voie vers de nouvelles technologies, la prochaine étant l’auto-focus entre autre.

Il a marqué la transition entre les appareils photo entièrement mécaniques et l’ère des systèmes à commande électronique.

En 2001, Nikon arrête la production du F3, après 21 ans de bons et loyaux services et longtemps après que le F4 et même le F5 aient été lancés. On estime que plus de 860.000 boitiers auront été produit.

Un appareil photo Nikon F3 posé sur une surface avec des documents d'identité en arrière-plan.

Les campagnes de marketing pour les photographes de guerre Nikon F3 comme Eddie Adams, avec le slogan, « aller en guerre avec tout autre appareil photo serait un risque » (Crédit d’image: Nikon)

Outre Eddie Adams, grand photographe de guerre, d’autres noms célèbres ont utilisé le Nikon F3, tel le photojournaliste Steve McCurry, le photographe de Nature Pro Jim Brandenburg, le photographe de mode Peter Lindbergh ou Igor Kostine qui photographia l’après explosion de la centrale de Tchernobyl depuis un hélicoptère .

En résumé, le F3 en six points :

  • le premier appareil professionnel avec un écran LCD dans le viseur, indiquant la vitesse d’obturation, l’ouverture et la compensation d’exposition. Toutes les informations essentielles sans quitter le sujet des yeux.
  • il a introduit le système de mesure matricielle, qui analyse la lumière sur l’ensemble du cadre pour calculer l’exposition optimale. Il s’agissait d’une amélioration significative par rapport aux systèmes de mesure à pondération centrale utilisés dans les appareils photo précédents comme le Nikon FM2 et les concurrents comme Canon ou Minolta.
  • il présente un obturateur ultra fiable, à plan focal se déplaçant horizontalement avec des vitesses allant de 1/2000 à 30 secondes, plus B. Sa durée de vie théorique était de 150.000 déclenchements, mais certains fonctionnent toujours avec bien plus au compteur.
  • sa conception modulaire l’inscrit de fait dans le système Nikon : verres de visée, viseurs, moteurs, etc. Tous ces éléments permettent de répondre à quasi tous les besoins des photographes.
  • il peut fonctionner avec ou sans piles. Si celles-ci alimentent les modes de mesure et d’exposition automatique, l’appareil photo peut toujours être utilisé en mode manuel avec des vitesses d’obturation mécaniques allant jusqu’à 1/1000 seconde lorsque les piles sont déchargées.
  • il est compatible avec quasi tous les objectifs Nikkor F, offrant ainsi une vaste gamme de focales, de l’ultra grand angle au super téléobjectif.
Composition d'équipements photographiques Nikon, incluant plusieurs objectifs, appareils photo et accessoires, disposés de manière ordonnée sur une surface.
Source : nippongokakuklub. L’impressionnant système Nikon.

Présentation du Nikon F3.

Infographie du Nikon F3 avec annotations de ses caractéristiques techniques et descriptions des boutons et dispositifs.
Schéma annoté d'un Nikon F3 montrant les différentes parties et fonctionnalités de l'appareil photo reflex, incluant les bagues de mise au point et d'ouverture, les leviers de déverrouillage, et les commandes d'exposition.

Comme le précise l’historique ci-dessus, la volonté de Nikon a été de faire un appareil simple, solide et performant. Les commandes reprises ci-dessus en sont le meilleur exemple : rien de superflu, que le nécessaire.

Et c’est bien là la force tranquille du F3 : un appareil taillé pour toutes les aventures qui a l’air aussi simple qu’un réflex moyen de gamme.

De fait, lorsque j’ai vu celui-ci sur le stand du vendeur, qui essuyait tant bien que mal les quelques reflex qui venaient de recevoir la dernière drache (= la dernière grosse averse pour nos amis français), je n’ai pas tout de suite capté qu’il s’agissait d’un F3. Ce n’est que lorsque je l’ai pris en main que j’ai vu le nom et senti le bossage inhabituel de cet appareil.

Il est assez lourd, il n’est pas spécialement compact mais il a quelque chose d’imposant en lui.

D’abord, toutes les commandes tombent naturellement sous les doigts. Puis il y a ces petits détails qui créent ce sentiment de sérieux, de bien construit : le petit levier, près du déclencheur pour faire rapidement des surimpression ; l’autre petit levier, qui actionne un volet pour cacher l’œilleton de visée en cas de pose longue ; celui encore pour relever le miroir ; ou pour vérifier la profondeur de champ. Tout ça du bout de l’index, sans tâtonner.

Puis il y a encore ces précautions, pour ne pas gâcher de la pellicule : le verrou autour du levier d’armement ; la double commande pour ouvrir le dos ; le retardateur que l’on manœuvre du bout des doigts.

Et cet écran LCD, minimaliste peut-être, mais qui donne la juste indication nécessaire pour ajuster votre réglage avant la prise de vue, sans lever le nez : vous réglez l’ouverture, la cellule vous indique la vitesse et vous déclenchez. Point !

Le dos aussi, qui peut se libérer en deux secondes : utile si un film est bloqué dans la chambre, vous donnant ainsi de la place pour œuvrer, ou pour installer un de ces dos aux possibilités étonnantes (250 vues).

Vue du dessous d'un appareil photo reflex Nikon F3 avec la porte du compartiment à film ouverte, révélant le mécanisme à l'intérieur.

Encore une autre petite astuce, l’éclair du flash est visible dans le viseur lors du déclenchement de celui-ci grâce à la petite fenêtre de rétro-éclairage de la vitesse.

Enfin cette dernière astuce qui permet de déclencher même si vos piles ont mortes, soit sur le 1/60s soit sur la pose T (plus délicat), avec le petit bouton en bas, près de l’objectif.

Aperçu de la partie supérieure du Nikon F3, montrant le sélecteur de vitesse d'obturation et le bouton de déclenchement, sur fond flou d'un espace intérieur.

C’est un automatique avec priorité à l’ouverture (position A), ou un semi-automatique ou un manuel.

Vous pouvez lui adjoindre un moteur, le MD-4, qui permet du 6 images/seconde et un rebobinage en 7secondes. Il suffit de le nourrir de 8 piles AA.

Toute une série de verres de visée (20 en tout) sont disponibles, ainsi que plusieurs viseurs : le DW3, viseur de poitrine, le DW4 qui assure un grossissement de x6, le DA-2, un viseur sportif.

Bref, un appareil que vous pourrez prendre en mains sans devoir vous taper les 500 pages du manuel d’utilisateur (il fait 47 pages).

Que penser de cet appareil ?

Bon, il y a quand même quelques trucs agaçants comme le fait qu’il n’y a pas de griffe porte-accessoires, sauf en option et il s’agit alors d’un adaptateur à glisser autour de la manivelle de rembobinage. Accessoire que vous devrez ôter si vous deviez changer de film.

La fine bague pour régler la correction d’exposition est protégée par un minuscule bouton. Ça évite les décalages intempestifs mais il faut les deux mains pour faire la correction.

Les laudateurs du boitier ont beau nous expliquer qu’il est plus compact et moins lourd que les autres avant lui, il reste qu’il fait toujours son bon kilo avec les piles, le film et un 50mm f1,8.

Enfin, et c’est sans doute le plus énervant, c’est le coût du mythe ! Allez faire un tour sur certains sites de vente bien connus et il vous sera difficile d’en trouver sous les 200€. Et ceux-là vous seront présentés comme bien patinés, entendez par là qu’ils sont complétement rincés !

Oui, c’est un superbe appareil, bien construit. Oui, c’est un Nikon (comme on dirait un Canon, un Leica, un Hasselblad, …). Oui – en son temps – il était à la pointe et a rarement déçu ceux qui l’on utilisé …

Mais nous sommes 45 ans plus tard, avec des avancées technologiques qui vous permettent de photographier à main levée dans le noir presque complet. Alors, soyons réalistes !

Je suis très heureux d’avoir pu trouver cet exemplaire, en très bel état (je dois juste changer la mousse du miroir qui se dégrade) et si je trouve un bel objectif AI de 50mm f1,4, je mettrai peut-être une bobine dans la chambre.

Mais je reste réaliste … et vous, vous en pensez quoi ?

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA (anglais) et LA (français).

  • Reflex 35 mm à obturateur à plan focal (SLR) à commande électronique
  • Contrôle de l’exposition A (priorité à l’ouverture, automatique), manuel
  • Viseur à hauteur d’œil DE-2 en standard, interchangeable avec 3 autres types
  • Ecran de mise au point fourni en standard avec dépoli et stignomètre à coïncidence (type K) , interchangeable avec 19 autres types
  • Système de mesure TTL à pondération centrale, mesure à pleine ouverture
  • Plage de mesure : EV 1 à 18 avec film ASA/ISO 100
  • Réglage de la vitesse du film : ASA/ISO 12 à 6 400
  • Obturateur automatique : de 8 à 1/2 000 s (en continu), avec pose B et T, synchro X au 1/80s
  • Obturateur mécanique à T, Réglage mécanique (1/60 sec. ou T) disponible avec le levier de déverrouillage mécanique de secours lorsque les piles sont faibles ou épuisées
  • Synchronisation du flash : réglage X uniquement, flash synchronisé à X (1/80 s) ou moins
  • Contrôle automatique de l’exposition au flash TTL disponible avec le flash SB-12 ou SB-11 dédié (avec l’utilisation du cordon de contrôle de l’exposition au flash TTL SC-12)
  • Levier de verrouillage du déclencheur
  • Aperçu de la profondeur de champ
  • Levier d’exposition multiple
  • Verrouillage du miroir
  • Store du viseur pour éviter les fuites de lumière
  • Bouton de l’illuminateur du viseur
  • Monture à baïonnette Nikon F Compatible avec l’IA, les objectifs AIS et le pré-IA en stop down
  • Dimensions et poids (environ) 148,5 x 96,5 x 65,5 mm ; 700 g (corps seul)

L’entraînement motorisé MD-4 alimente aussi le F3, ce qui implique qu’il n’est pas nécessaire d’avoir des piles SR44 ou LR44 lorsque le MD-4 est utilisé (8 piles AA).

Avec le MD-4 attaché, le déclencheur d’obturateur du F3 continue d’opérer. Si vous pressez le déclencheur du F3 et que vous le gardez enfoncé, le MD-4 attend pour avancer le film jusqu’à ce que vous relâchiez le doigt du déclencheur supérieur du F3.

Des références.

https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1633-Nikon_F3.html, https://www.stevenberruyer.com/nikon/nikon-f3/, https://focusargentique.fr/appareil-photo/nikon-f3/, https://pelloche.com/nikon-f3-hp/, https://www.appareilphoto.net/le-nikon-f3-a-45-ans-des-missions-de-la-nasa-aux-zones-de-guerre-cetait-la-camera-pro-ultime/, https://35mm-compact.com/reflex/nikon-f3.htm, https://www.photosurcour.fr/nikon-f3/, https://www.nipponkogakuklub.com/NKK/Bienvenue.html (une mine de renseignements sur la marque Nikon), en français ; https://www.kenrockwell.com/nikon/f3/f3-fr.htm, https://imaging.nikon.com/imaging/information/chronicle/rhnc03f3-e/, https://old-cameras.com/2021/10/nikon-f3/, https://imaging.nikon.com/imaging/information/chronicle/history-f3/, https://shuttersinthenight.com/the-legendary-nikon-f3/, https://www.nipponkogakuklub.com/NKK/Nikonos_History_2.html, https://www.mir.com.my/rb/photography/hardwares/classics/nikonf3ver2/, https://johnnymartyr.wordpress.com/2019/07/18/the-f3-nikons-greatest-achievement/, en anglais

Reader Comments

  1. Ah. Le F3… Un membre de la famille, en avait un. J’étais gosse, la bestiole m’avait impressionné, c’était du sérieux. Evidemment, on ne peut pas comparer avec les appareils numériques actuels. Mais la série F, c’était magnifique. Je n’ai gardé que le F6, en argentique AF, je n’ai pas trouvé mieux. Ok, il n’a pas de viseur interchangeable (dont je ne me sers pas) comme le F5 mais le F5 est une grosse vache à côté du F6. Et puis je peux utiliser mes optiques avec les reflex numériques Nikon, c’est pas mal!

    1. Bonsoir Gaël, oui, il faut reconnaître que le bestiau est beau et le reste. Même s’il faut être tout à fait honnête et se rendre compte qu’on a fait mieux depuis, même en argentique. La rançon du progrès. Bien cordialement.

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