L' Atelier de Jean-Pascal, passionné de photographie et de peinture
Catégorie : Argentique
Le monde de l’argentique est riche de tant de modèles différents, du minuscule Minox au moyen format, sans parler des chambres, que je n’ai pas (encore) pu utiliser. Il y a des reflex, des télémétriques, des compacts, des pockets, des appareils instantanés, bref, de quoi découvrir et s’amuser.
Bon, dehors il y a du vent et dedans, je ne suis pas encore parvenu à me débarrasser de cette bronchite qui m’empêche de sortir depuis une semaine.
Bah, c’est l’occasion de vous montrer quelques petites perles, assez rares, que je ne désespère pas de tester un de ces jours.
Commençons par cet Asahi Pentax Auto 110. Disons le tout de suite, il fut – et reste – le plus petit réflex du monde à objectifs interchangeables. Il fut présenté à la Photokina de 1978 et débarqua ensuite en Europe début des années 1980.
Oui, vous avez bien lu : il s’agit d’un reflex avec objectifs interchangeables. Il était aussi fourni avec un flash, un moteur d’entrainement et, généralement, trois objectifs, plus quelques filtres spécialement développés pour lui. Les objectifs sont respectivement un 18mm f/2.8 grand angle, 24 mm f/2.8 normal et 50 mm f/2.8 un petit télé. Vu la taille du film, il faut utiliser un coefficient de conversion de x1,5.
Bref, un système à lui tout seul. Pour le charger, rien de plus facile que d’insérer une cartouche de film en 110 (et on en trouve toujours de nos jours). Il y a une cellule derrière l’objectif, qui est une cellule pondérée et calibrée pour réussir les photos horizontales. L’exposition est automatique et une led verte indique si la vitesse est supérieure à 1/30s, sinon elle est orange et signale un risque de flou.
Admettons que le flash semble un peu disproportionné et que je n’ai pas ni la mallette ni le moteur d’entrainement avec le mien. A l’époque, le tout tenait dans une valisette de 51 x 24 cm. Pas trop de problème de sac pour le porter celui-là ! En fait, faut surtout essayer de ne pas le perdre …
Franchement, je ne sais pas (encore) ce que ça donne mais j’ai bien envie de l’essayer un jour de beau temps. Mais avouez qu’il est craquant et étonnant ce petit appareil.
Je n’ai pas pu résister et je mets en « compétition » le Canon 6D (en arrière), le Canon Eos M50 et le Asahi Pentax Auto 110. Ensuite, pour vous faire une autre idée, le Rollei A110 et le Pentax.
Dans les années ’70 et ’71, Kodak met sur le marché un film en cassette appelé 110. Le film est plus grand que la cassette courbe des 16 mm des appareils dits « espions » de l’époque, mais le film est environ 1,5 moins grand qu’un film 24×36 classique.
Cette réduction drastique du film va permettre la création d’appareils très petits, et pas forcément toujours de bonne qualité. Rappelez-vous tous les pockets 110 de votre enfance (enfin, pour ceux qui ont plus de 20 ans !)
En 1974, Rollei présente le Rollei A 110, considéré comme le plus petit pocket du monde à l’époque. Ce fut aussi le pocket le plus cher de l’époque. Qualité de construction, cellule au sélénium, avance du film par pousser-glisser, objectif superlatif (un Carl Zeiss Tessar 23 mm ouvrant à f1:2,8) : des ingrédients qui expliquent ce prix élevé et la longévité de cet appareil.
Paradoxalement, malgré sa (toute) petite taille, le viseur est grand et bien visible. En haut de celui-ci, le rappel de la distance sélectionnée avec le curseur orange, en dessous de l’objectif. Les symboles sont archi simples : 1m – 1 personnage en tronc = 1,5m – 2m – 2 personnages = 3m – montage = infini. C’est la cellule qui sélectionne la vitesse appropriée et lorsque vous déclenchez à mi-course, une diode verte vous indique que c’est ok et vous appuyez à fonds pour prendre la photo.
En cas de trop faible luminosité, vous pouvez accrocher sur le côté gauche un petit flash. Enfin, je dirais plutôt un support de lampe flash (les cubes d’antan). La vitesse se synchronise avec le flash.
Aussi étonnant que cela paraisse, on l’a bien en main, enfin, entre les doigts. Vous l’ouvrez, il s’arme; vous visez et déclenchez, puis un pousser – ouvrir et il est réarmé, prêt pour la photo suivante.
Il ne fait quasiment pas de bruits, tant en réarmant qu’au déclenchement. Vraiment très discret !
En fait, le plus difficile, c’est de l’extirper de sa jolie gaine en cuir noir, qui épouse parfaitement son contour et que vous pouvez, toujours aussi discrètement, accrocher à votre ceinture. L’appareil sera relié à un passant de ceinture ou une boutonnière par sa dragonne en métal, ce qui évitera les chutes.
L’ingénieur Monsieur Heinz Waaske, qui fut le « papa » du Rolleiflex SL26, du Rollei A110 et du Rolleimatic a vraiment fait ici un « condensé » de technologie et de technique. Notons qu’il avait commencé sa carrière chez Edixa, où il avait imaginé le fameux Edixa 16mm, un subminiature qui marqua les esprits non seulement pour sa taille mais surtout pour son degré de sophistication.
Nous voilà avec un second appareil de poche, si je le compare au Asahi Pentax Auto 110, parfaitement utilisable, contrairement aux appareils en 16 mm, pour lesquels il est difficile de trouver des films et, surtout, de les faire développer.
Celui-là aussi je l’ai chargé d’une pellicule en 110 (200 Asa) et j’espère pouvoir le sortir dès qu’il fera meilleur.
en haut à gauche, le Rollei A 110 fermé et le Asahi Pentax Auto 110; à côté, l’appareil ouvert; en bas à droite, l’appareil dans sa gaine de cuir d’origine
Dans mon sac Peak Design Everiday Sling 5l (ouf !) j’ai mis côte à côte le Leica M3 et le Canon P, avec 2 cellules à main (ben oui, j’ai chargé 2 types de pellicules de sensibiltiés différentes, celles que j’avais sous la main, confinement oblige).
Leica M3 de 1957 à gauche et Canon P de 1958 à droite
Et je ne reviendrai pas sur la facilité du chargement de la pellicule dans le Canon P par rapport au Leica … quoique !
Leica M3 à gauche et Canon P à droite
Comme il reste encore un peu de place, j’y ai glissé aussi le Fuji X20 : tout l’univers télémétrique est réuni.
Les balades étant réduites à leur plus simple expression, je vais quand même tenter de finir les films, en attendant de pouvoir les porter au labo.
Bref, je vais pouvoir utiliser les 2 grands rivaux et vous faire part de mes observations, très subjectives.
Tout d’abord, au niveau prise en main, comme je l’avais déjà signalé, c’est kifkif : les deux sont agréables et tout tombe naturellement sous les doigts. Le réglage de l’objectif du Canon est un régal, avec sa petite barre latérale qui aide à la vitesse de mise au point, tandis que le Jupiter 3 demande un peu plus d’attention.
Pour ce qui est du « bruit », les 2 se valent : un clic assourdi pour le Leica, la même chose en plus métallique pour le Canon, et le réarmement se fait dans un silence presque parfait (à peine un petit « rrrrr… » au moment d’armer, et deux fois pour le Leica M3 avec son armement en 2 coups). Ceci étant, vu le peu de personnes présentes, ce n’était vraiment pas un soucis, j’aurais pu armer un Canon A35F sans que quiconque ne le remarque !
Le patch du Leica est un peu plus lumineux mais celui du Canon ne démérite pas, et quand il y a beaucoup de lumière, c’est même confortable qu’il soit un peu assombri.
Au niveau de la visée, le Leica est très clair (hélas sans le cadre pour le 35mm) et on sait visualiser un cadre éventuellement différent avec le petit levier sur la gauche, qui simule la visée avec le 90 ou le 135 mm. Pour le Canon, il faut bien coller son œil au viseur pour bien voir le cadre en 35mm (sans que ce soit vraiment contraignant, sauf peut-être avec des lunettes ?) mais en 50 et 100 mm, pas de soucis, les cadres étant gravés dans le verre. Cela semble juste un peu moins « aérien » qu’avec le Leica mais sans être désagréable ni difficile.
Si je devais ergoter un peu (c’est – vraiment – pour le plaisir), je regrette que le levier d’armement du Leica soit si proche de la griffe flash. En effet, si celui-ci n’est pas un peu dégagé (mode rapide), j’accroche systématiquement la griffe. Ensuite, le retardateur est trop sensible car à chaque fois que je prends l’appareil, je l’accroche et j’entends le petit bruit de minuterie se mettre en route une fraction de seconde.
Très honnêtement, il sera quasi impossible de départager ces deux là, sauf pour des questions d’esthétique ou … de mode ! En effet, le Leica aura toujours plus de cote à la revente, mais sera aussi près de 8 fois plus cher qu’un Canon P à l’achat. De quoi vous permettre d’investir dans de beaux cailloux car, finalement, ce sont eux qui feront la différence au bout du compte. Le Canon P accepte toutes les optiques en standard LTM 39.
Avez-vous remarqué l’intégration de la manivelle de rembobinage dans le capot ? Magnifique, pratique et moderne. Ensuite, le levier d’armement, idéalement posé et avec un petit rainurage pour assurer une bonne prise. Le déclencheur vient naturellement sous l’index, même s’il n’est pas dans le prolongement du levier (le « soft release » est plus esthétique que nécessaire). Le petit levier sur le fut du 35mm facilite la mise au point. Sur le dos à charnière, vous apercevez le disque mémo pour la sensibilité du film (ASA/DIN)
En résumé, voilà deux beaux challengers à avoir dans son sac (enfin, au moins un des deux, restons raisonnables) pour arpenter les rues et se faire plaisir avec des appareils qui ont plus de 60 ans maintenant et qui fonctionnent toujours parfaitement.
Voilà, personnellement, je vais garder le Canon P. Soyons de bons comptes, le Leica est tout aussi bon, mais vous le savez maintenant, même si je ne suis pas collectionneur, j’essaie de garder une certaine cohérence dans les appareils que j’utilise et je reste – tant que faire se peut – fidèle à une marque qui ne m’a – jusqu’à présent – jamais déçu.
Ou comment accéder au moyen format sans se ruiner ?
Déjà, Lubitel veut dire « amateur » en russe, sans que cela soit ironique le moins du monde. On peut dire que le décor est planté ! Cet appareil a été pensé pour être, à tout point de vue, économique et disponible en grand nombre. De fait, il fut produit de 1954 à 1980, sans grands changements, à 2 232 245 exemplaires. Un record pour un moyen format.
Economique et facile à réaliser écrivais-je quelques lignes plus haut. Figurez-vous que dans un monde où le métal prévalait, le Lubitel fut fabriqué en … bakélite !
A part cette « petite » particularité, il a tout d’un grand : visée sur verre dépoli, avec une loupe pour la mise au point fine, déclencheur à retardement, prise synchro-flash, obturateur central avec 5 vitesses automatiques, le réglage de la netteté (distance) se fait en tournant la collerette autour de l’objectif, facilité de chargement (film 120 autorisant 12 vues en 6×6), possibilité d’utiliser en trépied. Bref, il ne manque de rien.
Mais tout est simplifié : pour avancer le film, une grosse molette sur le côté; il faut penser à armer l’obturateur car l’avancement du film n’arme pas ce dernier; pas de compteur de vue, juste une fenêtre rouge (inactinique) à l’arrière pour voir le numéro de la photo sur le film, pas de système de fermeture du dos sophistiqué mais de bons gros ressorts. Et ça fonctionne !
Petite coquetterie, sur le côté il y a une petite trappe pour y installer 2 filtres.
Bref, c’est du simple mais fonctionnel. Si vous vous laisser tenter par cet appareil, vérifiez qu’il n’est pas fêlé (sinon adieu l’étanchéité à la lumière), que les lentilles ne sont pas trop sales (mais ça peut se nettoyer), que le déclencheur déclenche, que l’armement de l’obturateur fonctionne … et bonne découverte.
notez que j’ai collé dessus un tableau de profondeur de champ, ça simplifie les manœuvres
Son objectif est un 75 mm qui ouvre de f1:4,5 à 22; c’est l’équivalent d’un 50mm en 24×36. L’objectif du dessus ne sert qu’à composer la mise au point, le second, en dessous, capture la photo. Et il est possible d’ajouter des filtres sur l’objectif (filetage). Les vitesses vont de 1/15 au 1/250, ce qui est amplement suffisant tenant compte que vous avez aujourd’hui l’opportunité d’utiliser des films dits rapides (400 Asa)
Ah oui, gros avantages de cet appareil : son poids plume, surtout par rapport à ses concurrents; son côté complètement décalé qui vous attirera la sympathie.
Enfin, pour conclure, la société GOMZ, qui fabriquait le Lubitel depuis 1949, changea deux fois de nom. En 1965, elle pris le nom de « LENINGRAD » puis devint LOMO en 1980. C’est a cette époque que cet appareil sera remplacé par les Lubitel 166 et Lubitel 166B, un peu plus sophistiqués.
Ben oui, dans la vie, faut parfois prendre des risques, alors je m’attaque au mythe du Leica M3 !
Si vous avez lu les articles précédents, concernant le petit comparatif des télémétriques que je vous propose, j’ai finalement eu en mains quelques beaux exemples de ces appareils réputés : du Zorki Ic au Canon P, en passant par le Leica IIIf, un Kiev 4AM et un Zorki 4K.
Mais me direz-vous, ce sont soit des Leica, soit des copies ! Oui, et non (mes lecteurs normands vont être ravis) car oui, Oskar Barnak a inventé un appareil compact en 1913 (le Ur-Leica) mais le premier télémétrique fut le Kodak Autographic Spécial (1916), et non, car dans les années ’30, Leica, Contax, Zeiss ont développés leurs propres modèles, qui ont inspiré d’autres constructeurs (Foca p. ex. en France) et suscité quelques copies, dont des appareils russes, mais aussi japonais (Nikon, Canon, Minolta,…).
Donc tous n’ont pas copié Leica mais beaucoup s’en sont inspirés, avec parfois des avancées que Leica a lui-même intégrées … après.
Ça, c’était avant 1953 car à cette date, Leica a présenté le M3. Qu’avait-il de plus ? Tout d’abord, il a inauguré une nouvelle monture, pour remplacer le vissage de l’objectif sur l’appareil, ce qui était plus rapide pour changer de focale et plus sûr (pas de risque de dévissage, même partiel, qui fausse la mise au point). La fameuse monture M était née. Autre avantage de celle-ci, elle améliore la précision du télémètre avec une correction automatique de la parallaxe. Ensuite, adoption d’un levier d’armement qui assure l’armement de l’obturateur et l’avancement du film, avec le déclencheur dans le prolongement de ce levier. Et, surtout, adoption d’un bloc viseur télémètre aux images confondues, qui supprime les deux « viseurs » des anciens modèles. Grâce à cette prouesse technique, l’image est claire et lumineuse, avec un cadre collimaté avec correction automatique de la parallaxe. Trois cadres sont disponibles, qui couvrent les champs des objectifs 50 – 90 et 135mm.
Oui mais, dès 1951, Zorki présentait le Zorki 3 M qui, s’il utilisait toujours la monture à vis, proposait déjà dans une seule et même fenêtre le viseur et le télémètre ! Ok, il n’était pas collimaté mais le principe était déjà là. Mais c’est une autre histoire …
D’autres améliorations sont à relever, comme la présence d’une « porte » au dos de l’appareil, qui permet de mieux insérer le film et celle-ci est munie d’un presse-film; le compteur de vue est interne et se remet à zéro lorsqu’on enlève la bobine réceptrice; le barillet des vitesses reprend toutes les vitesses (rapides et lentes ensembles, enfin !) et il ne tourne plus lors de l’armement et du déclenchement (on peut changer les vitesses avant ou après avoir armé).
Un bel appareil, en plus, esthétiquement, aux lignes assez intemporelles; mélange Art Déco, du streamline et de l’influence du Bauhaus.
Il connu bien sûr quelques modifications pendant sa carrières, et une descendance, mais le principal était là, dès le début. Il fut fabriqué de 1954 à 1966, à 226 178 exemplaires.
Cet appareil a reçu le meilleur accueil chez les plus grands photographes et il a ouvert une longue lignée de M. Quelques images et photographes célèbres, pour mémoire, que vous pourrez retrouver facilement sur la toile : la photo de Che Guevara d’Alberto Diaz Gutiérrez, dit Korda- 1960 (prise avec un M2, le petit frère du M3); le dernier concert des Beatles par Jim Marshall – 1966; une fleur contre des fusils de Marc Riboud (prise avec un M4, le successeur du M3) – 1967.
De nombreux photographes de Magnum ont utilisé le M3 et son petit frère, le M2.
Pourtant ses jours étaient comptés car un nouveau venu pointait le bout de son nez ; le reflex, dont le fameux Nikon F (1959) puis le Canon F-1 (1971) et ils allaient le remplacer sur la plupart des fronts de guerre.
Cependant, le M3 a gardé de nombreux adeptes, tant en reportage qu’en photo familiale, et en photo de rue, où il excelle par sa discrétion (taille et silence de fonctionnement).
Utiliser un Leica M3, et les M argentique en général, c’est une démarche, au delà de l’aspect snob que d’aucun attache à la possession de ces appareils. Il faut avouer que Leica est cher, très cher (et toutes les raisons données n’enlèvent pas les zéros à ajouter au premier chiffre !). Il faut souvent se résoudre à se tourner vers l’occasion, ce que j’ai fait, vous me connaissez maintenant. Les bonnes occasions existent toujours, même s’il est parfois nécessaire de mettre la main à la pâte.
Les premières photos du M3 que j’ai acheté montraient des signes évidents de pertes importantes dans la vulcanite (le revêtement granuleux en caoutchouc cuit). Un petit coup sur le côté (près du compteur de vue), ce dont j’avais été averti lors de l’achat (les vendeurs allemands, comme les Japonais, sont d’une extrême correction, en général), mais il était précisé que l’appareil fonctionnait parfaitement (visée, vitesses, soit le principal somme toute). Quelques recherches sur le Net pour voir comment faire, une bonne adresse pour les nouveaux recouvrements (http://www.aki-asahi.com/store/, c’est un incontournable, pour les mousses aussi) et me voilà recevant (en une semaine) le « covering » du Japon.
un bel exemple « d’avant – après » : remarquez la perte de vulcanite sous la monture et près du disque de rappel des ISO sur les 2 premières photo et le nouveau cuir sur les suivantes (et les initiales d’un propriétaire précédent)
De grandes feuilles de papier sur la table, quelques lames de scalpel pour faire sauter les morceaux et racler les restes de colle, puis des cotons tige avec de l’acétone pour dissoudre toute la colle restante et bien dégraisser le métal. Enfin, avec précaution, pose du nouveau cuir, d’un beau Navy Blue Crinkled Emboss, en cuir de vachette. Il est comme neuf et, je pense, discrètement personnalisé. Ça m’a pris moins de deux heures, sans me presser. Faisable, non ?
Ceci étant, résumons-nous :
le Leica M3 a créé une rupture dans la lignée des télémétriques de la marque, introduisant des innovations qui le rendaient bien plus facile d’utilisation
c’est un bel appareil, fidèle aux principes du Bauhaus (la ligne épouse la fonction)
c’est un appareil solide, construit pour durer (et toujours réparable) même s’il n’est pas indestructible
c’est un appareil discret (bruit, taille) à défaut d’être léger (logique, il est tout en métal)
MAIS
les années ’60 ont sonné le glas de la plupart des télémétriques, supplantés par le reflex, plus polyvalent et souple d’utilisation
le Leica M3 s’est réfugié dans des niches photographiques, même s’il n’a pas tout à fait déserté les différents fronts de l’époque
sa qualité de fabrication – et celle de ses successeurs (même s’il y eu des ratés) – a créé une aura qui autorise la marque à pratiquer des prix … costauds !
et – encore plus paradoxal – un « club » d’inconditionnels s’est constitué autour de cette légende de qualité, qui acceptent ces prix exhaustifs, créant une sorte d’élite photographique
au delà des ces « esthètes » de la marque, il est intéressant de découvrir le mythe et de s’y frotter, en connaissant ses limites (usage des focales limitées, manipulations qui demandent un peu de connaissances en photographie à l’ancienne) et le coût que cela représente, mais qui reste comme un investissement (le prix de revente est quasi toujours garanti).
Ma conclusion, toute personnelle, enfin : j’ai pris beaucoup de plaisir à manipuler cet appareil, à lui rendre un aspect discrètement plus moderne, mais je n’aurai aucun remord à le revendre car je trouve le Leica M5 plus adapté à ma pratique photographique.
Bon, je résume la légende : en 1913, Oskar Barnak (1879 – 1936), ingénieur chez Leitz et photographe, eut l’excellente idée d’adapter le film utilisé par le cinéma pour la photographie. Ce film, qui défilait verticalement, il le mit à l’horizontale et il définit le format 24×36 que nous connaissons aujourd’hui.
Ce génial inventeur souffrait d’asthme et il rêvait d’appareil portable car, à l’époque, les chambres étaient reines. Ces engins, fabriqués en bois et nécessitant l’utilisation d’un trépied, étaient lourds, encombrants et malcommodes.
Il eut donc une seconde idée géniale, celle de concevoir un appareil tout petit, éminemment portable et utilisant la nouvelle pellicule en 24×36. Il créa ainsi le premier Leica, appelé Ur-Leica. Il n’y en eut que 3, qui servaient à son usage personnel et celui de Ernst Leitz (le patron de l’entreprise où il travaillait, rappelez-vous) et au développement de son idée de « petit film » facile à charger et à développer, ainsi qu’au développement d’objectif pour cet appareil (ben oui, Leitz était une fabrique d’optique tout de même).
La facilité de chargement était aussi un argument important. A l’époque, les Brownie de Kodak nécessitaient d’être renvoyé en usine pour charger/décharger les films qu’ils contenaient. Avec la cartouche contenant le film, inventé par Barnack, le photographe s’affranchissait de cette étape. Il pouvait charger ses pellicules lui-même (au mètre), ou acheter des cartouches toutes faites, les mettre dans son appareil et les retirer une fois le film exposé, sans intermédiaire.
Quand j’écris que c’était plus facile … vous prenez la cartouche à droite, vous tirez environ 10 cm de film, vous recoupez la bande amorce comme indiqué sur le dessin, vous glissez la languette dans la fente de la bobine réceptrice (à gauche), vous réintroduisez simultanément les deux dans l’appareil, en faisant glisser le film dans la fente en bas de l’image, vous « clipsez » la bobine et la cartouche, armez une fois pour vérifier que le film est bien inséré (le bouton de rembobinage doit tourner), refermez la plaquette et sa clé de sécurité, armez encore 2 fois pour être certain, remettez le compteur de vue à zéro, et c’est parti … en fait, avec un peu d’habitude, c’est assez rapide… bien plus que les semaine d’attente pour que votre Brownie ne revienne de chez Kodak
Bref, il fallut encore attendre 10 ans avant de voir cet appareil commercialisé, la guerre de 14-18 était entretemps passée par là.
Le premier Leica fut le Leica I ou encore appelé Leica A et il sortait en 1925. Oskar Barnak avait eu le temps de perfectionner son premier jet et donc ce Leica I possédait un objectif fixe mais rentrant (gain de place), deux rideaux pour l’obturateur (ce qui permettait d’armer l’appareil sans devoir masquer l’objectif), un compteur de vue manuel et un viseur (pas encore télémétrique).
Evidemment, après le Leica I vint le Leica II. Nous sommes en 1932 et cet appareil contient tout ce qui fera la réputation et les « standards » de l’appareil dit télémétrique. En effet, c’est cet appareil qui introduit le principe du télémètre couplé et les objectifs interchangeables au pas de vis 39, notamment.
Ensuite, en 1933, Leitz présenta le nouveau Leica, le Leica III. Si la forme restait la même, le télémètre avait encore évolué, on pouvait dorénavant porter le Leica avec des lanières (introduction des œillets de portage), le viseur était équipé d’une correction dioptrique. Bien sûr cet appareil connu des améliorations mais la silhouette restait la même et ce fut un succès commercial. Les plus grands photographes de reportage ont utilisés cette fabuleuse machine.
La photo appelée « mort d’un milicien » de Robert Capa (1936), la photo « Le drapeau rouge sur le Reichstag » d’Evgueni Khaldei (1945) – à ce sujet, la photo fut bien prise avec un vrai Leica et non une copie russe ! , « Supports de générateurs hydroélectriques, chez Siemens-Schuckert », de Paul Wolff (1936), les photos de la guerre d’Espagne de Greta Taro (compagne de Robert Capa), les premières photos d’Henri Cartier-Breson (1930), les photos d’Elliott Erwitt dont la célèbre North Carolina-USA (montrant la ségrégation raciale aux USA), David Douglas Duncan, célèbre photographe de guerre américain, …. et tant d’autres ont démontré que cet appareil était, à l’époque, une des meilleurs au monde et surtout le plus passe-partout et solide, quelque soit le terrain des opérations.
Le Leica IIIf fut le dernier représentant des Leica à vis (objectifs à viser) … depuis 15 ans, un nouvel appareil était en gestation …
1954 créa une rupture et ouvrait une nouvelle légende : le Leica M3 apparut sur le marché … mais c’est une autre histoire que je vous raconterai quand je vous présenterai l’appareil.
Heu… pour être tout à fait complet, le système à vis eut un dernier sursaut, le Leica IIIg, produit après la sortie du M3, mais seulement quelques années, de 1957 à 1960. Etait ce pour satisfaire les irréductibles fervents du Leica de la (première) légende ?
Le Leica IIIf qui nous préoccupe fut produit de 1950 à 1957. D’abord présenté sans retardateur (comme le mien, qui date de 1951), il intégra ensuite cet accessoire.
Personnellement, je trouve que c’est un très bel appareil, qui fait la synthèse entre les plus anciens et qui propose déjà des solutions plus modernes, comme les deux viseurs très rapprochés, qui évitent – presque – la gymnastique d’aller de l’un à l’autre
Il délivre des images de très haute qualité provenant d’un appareil photo petit et léger. Heu, ça dépend quand même aussi des optiques montées dessus: pour ma part, j’ai installé un Jupiter 3 de 1955 (élaboration russe à partir de la formule optique d’un Sonnar Zeiss 50mm f1:1,5) . De nos jours, le Leica IIIf est l’un des moyens les moins coûteux d’accéder au système Leica. Et, surtout, il a l’air si décalé et si ancien que personne ne vous en voudra d’être pris en photo avec ça !
Par contre, l’action, la prise de vue rapide, c’est pas sa tasse de thé – en tout cas pour nous qui redécouvrons cet appareil qui fut quand même de reportage (voir paragraphe ci plus haut). Le Leica IIIf se règle avant la prise de vue : il faut armer l’appareil, vérifier avec une cellule à main (ou la règle du « sunny 16 ») l’ouverture, régler la vitesse en fonction, cadrer, vérifier avec le télémètre, recadrer et … déclencher ! Ouf … Quoique cela puisse être, finalement, un avantage : vous pensez à la photo que vous allez saisir, vous réfléchissez aux réglages pour lesquels vous optez, vous examinez votre cadre avant de déclencher … Toute une philosophie en somme … Quoique les photographes de reportage de l’époque s’en accommodaient fort bien, question de pratique.
De fait, il est vraiment petit, surtout avec un objectif rentrant (comme le Zorki 1c que je vous ai présenté il y a peu). Il est en tout cas moins grand que le M3 qui lui succède. Il est léger : tout nu, il pèse 432gr (contre 592 pour le M3) et avec un Jupiter 3, il fait 582 gr sur la balance. Enfin, il est silencieux, juste un clic un peu sourd.
Comparaison de tailles : derrière à gauche, le Leica M3 et à son côté, le Leica M5; devant, le Zorki Ic et le Leica IIIf
Une bien belle machine à faire des photos et à rêver …
Ceci étant, la qualité de fabrication, qui est bien réelle, à son revers : à moins d’être un excellent bricoleur, patient, méticuleux, il est difficile de démonter un Leica IIIf, ne fut-ce que pour nettoyer le télémètre qui, avec les années, peut devenir un peu moins lumineux. Vous verrez quelques tutos à ce sujet sur la grand toile. Par comparaison, démonter un Zorki Ic est (presque) un jeu d’enfant et bien plus facile. Et pourtant, le Zorki Ic ne démérite pas au niveau qualité de fabrication. Pour la petite histoire, le SAV de Leica peut encore vous assurer l’entretien et quelques réparations sur ces vieux appareils. Costaud je vous disais …
Comparatif entre le Zorki Ic (à gauche) et le Leica III f (à droite)
Je vais attendre un peu avant de vous présenter les sensations de prise de vue et les photos captées avec cet appareil, les circonstances actuelles (confinement) ne me permettent pas de déposer le film dans mon labo habituel ni de sortir bien loin.
Une sortie en ville qui s’apparente à déambuler dans un monde post apocalypse … vraiment étrange … tout ça à cause d’un petit virus au nom bizarre …
Bref, le ciel était laiteux, il ne faisait pas franchement froid, juste un peu humide sur la ville de Mons, avec son marché dominical. Qui ressemblait à un triste désert, avec des scènes irréalistes de (très) rares chalands faisant la file en respectant les distances, en ligne ou en quinconce … jamais je n’ai pu photographier la Ville avec autant de latitude ! Rendez-vous compte, la Grand’ Place vide, le Marché aux Herbes désert !
Que dire sur le Leica M5 ? Il fait son poids le bougre (937 gr exactement avec son objectif, sa pile et un film en 36 pauses) il n’est pas très facile à porter car c’est un modèle de 1973 avec 2 lugs (je traduis : 2 attaches) sur un seul côté, le gauche, qui devrait le faire porter à la verticale. A l’époque, les ingénieurs de Leica trouvaient ça ergonomique … peut-être mais comme je ne possède pas la lanière ad hoc, je le porte à la main, ou dans mon sling (entendez, mon sac bandoulière). Notez qu’à partir de 1975, ces mêmes ingénieurs ont replacé un troisième lug (attache) sur le côté droit (vous donnant ainsi le choix du portage)
Ceci étant, il est plus volumineux qu’un M3, que le Canon P, ou le Leica IIIf et le Zorki 1c, mais pas désagréable en main : je le sens bien et les « commandes » tombent naturellement sous les doigts.
à titre de comparaison : derrière, de gauche à droite Kiev 4AM, Leica M5; au milieu, le Leica M3; devant, de gauche à droite Canon P, Zorki I et Leica IIIf
En fait de commandes, pas besoin ici de lire 590 pages d’explications indigestes : vous avez réglé la sensibilité ISO (ou ASA), vous réglez l’ouverture, vérifiez dans le viseur ce que dit la cellule et adaptez la vitesse en fonction (ou l’inverse). Simple, rapide, efficace !
Heu … le mode d’emploi fait 36 pages et vous avez compris comment tout fonctionne.
J’ai équipé mon M5 d’un Voigtländer Ultron 35mm f1:1,7, très clair et facile à régler. Avec le grand « patch » du télémètre, c’est un régal, même si j’ai commandé des « black focus wrench » (je traduis : des bouts de caoutchouc à coller pour mieux sentir la bague de distances).
J’avais envisagé de l’équiper de mon Jupiter 12 mais de par la conception de la cellule – en fait un bras articulé qui porte la cellule et se place devant le rideau juste avant le déclenchement – ce n’est pas possible car c’est un objectif qui « rentre » profondément dans le corps de l’appareil et donc qui empêcherait le bras de se déployer, risquant de l’endommager. Quelques autres objectifs aux mêmes particularités ne peuvent être de ce fait montés sur le M5.
le Voigtländer est peut-être moins prestigieux qu’un objectif Leitz mais il est abordable
De fait, comme le M5 est le premier Leica équipé d’une mesure de l’exposition à travers l’objectif (TTL), il n’y a pas d’appendice disgracieux sur le capot (comme les M3), qui sont des télémètres non couplés. Vous devez armer l’appareil pour que la cellule soit opérationnelle (ça économise la pile), puis, lorsque vous visez, une aiguille sur la barre inférieure du verre de visée vous indique où vous devez faire coïncider une autre aiguille, qui bouge avec le sélecteur de vitesse. Vous voyez ainsi apparaître, lors de votre composition, la vitesse sélectionnée, que vous pouvez modifier soit avec le diaphragme, soit la vitesse. Facile, rapide et précis, le sélecteur de vitesse étant un poil plus large que le capot, ce qui vous permet de le faire tourner du bout de l’index sans avoir à quitter de l’œil votre composition.
Ensuite, au niveau discrétion, lorsque vous déclenchez, c’est juste un petit « clic » à peine audible, tout comme lorsque vous réarmez. Vous ne dérangerez personne avec cet appareil même lors d’un discours ou d’un concert. Honnêtement, j’avais toujours été septique quand au silence de fonctionnement des Leica, mais avec celui-ci, c’est un fait avéré.
Bon, il y a quand même un truc agaçant avec cet appareil : le chargement du film ! Il faut ôter la semelle, ouvrir la petite porte au dos, engager la cartouche de film avec une longueur d’amorce d’environ 10cm tirée, amorce que vous devez faire glisser entre les lamelles de la bobine réceptrice, fixe. Je manque sans doute de pratique, mais j’avoue que j’ai un peu galéré avant d’y arriver correctement.
L’avantage de cet assemblage étrange (semelle, porte) est d’assurer une très bonne étanchéité à la lumière une fois le tout refermé.
Résultat ? Ben disons dans … – on ne sait pas vu le confinement prévu jusqu’au 19/04/20 – mais le temps de déposer le film au labo et de le recevoir, développé et scanné en haute résolution sur un CD.
Sinon, première impression : très bonne, vraiment. L’appareil fait son poids mais il est tout à fait portable, même si je cherche une lanière pour avoir plus facile. Il est agréable à prendre en main (juste une petite remarque : j’accroche sans cesse le bouton du retardateur) et facile à régler. Silencieux comme dit plus haut. Restera à voir la qualité des photos délivrées.
Franchement, si je n’ai aucun scrupules à revendre le Leica M3, je sais que je garderai ce M5 : il a été mon premier Leica et surtout, il est très agréable à utiliser.
Mal aimé par les puristes de la marque, il mérite pourtant le détour, ne fut-ce parce qu’il a déjà une cellule, précise, intégrée et que, hormis les 2 attaches bizarrement placées sur le côté, il est très agréable à manipuler. Son poids le rend très stable.
Franchement, un bon achat à prévoir, d’autant que les prix ne s’envolent pas encore sur le grand site de vente, sur lequel vous en trouverez pas mal en excellent état. Attention toutefois, il n’en fut pas produit des centaines de millier (96.999 exactement).
Voilà, comme je vous l’avais annoncé, j’ai reçu quelques pépites que j’ai envie de partager avec vous (article daté de février 2020, pour vous situer dans le temps).
Le facteur a déposé ce matin un Leica M5, un Zorki 1c et, il y a quelques jours, un Leica IIIf.
Quelques mots – juste pour vous faire saliver un peu – sur ces appareils :
le Zorki 1c est la copie conforme du Leica 2. Il est généralement plus apprécié qu’un Fed 2 parce que sa fabrication en est plus précise et soignée. Et, c’est vrai, c’est un bel appareil. Celui que j’ai reçu possède aussi sa gaine en cuir, du plus bel effet, car bien patinée par le temps (les photos suivront bientôt).
Le Leica III f est un des derniers Leica dit « à vis ». En effet, le Leica M viendra sous peu avec une baïonnette spécifique (1954), qui sera un nouveau standard pour les télémétriques. Même si Leica a prévu que la plupart des anciens objectifs à viser (le standard LTM 39) puissent être utilisés avec la nouvelle monture, moyennant une bague d’adaptation particulière. Et pour être précis, le dernier Leica à vis sera le Leica III G, apparu après le M3 mais qui fut un « champ du cygne » (produit de 1957 à 1960).
Le Leica M5 est un peu « hors catégorie » dans le match. Il est plus récent (1971 – 1975) et, surtout, il fut le premier Leica doté d’une mesure TTL (abréviation de through the lens, à savoir mesure d’exposition à travers l’objectif). Ce qui ne fut pas du goût des « puristes » de la marque, d’autant que sa forme était différente du standard de l’époque, le fameux Leica M3. Pour tout vous dire, il ne fut pas un grand succès commercial et d’aucun tente de lui imputer le risque de faillite de la marque qui s’en suivi. Les mauvaises langues ! Ceci étant, c’est un excellent appareil, qui eu le malheur d’arriver peut-être trop tôt (c-à-d à une époque où l’électronique ne pouvait pas encore être miniaturisée comme de nos jours d’où sa forme un peu « lourde » selon certains).
Le Leica M3 que j’avais commandé est arrivé (mars 2020). Je pourrai ainsi faire le tour de ces légendes et vous les présenter. Car le M3 est – à lui tout seul – une légende. Les puristes de la marque vous diront qu’il est parfait : son design est, il est vrai, intemporel. Inspiré du streamline (vous savez, ce que l’on a appelé la ligne « paquebot », toute en courbe et ligne tendue) et du Bauhaus (la fonctionnalité fait la forme), il est compact, ergonomique (pour l’époque), épuré. Et, cerise sur le déclencheur, pensé pour le photographe de reportage (de l’époque, et nous sommes en 1954 !). Ici, un seul viseur permet la visée et le réglage du télémètre (contre deux pour le Leica III f par exemple, ou le Zorki 1). Les cadres de visée du 50mm – 90 – 135 sont visibles dans ledit viseur, qui est grand et confortable, au rapport de 0,91 – soit presque la visée humaine 1:1, ce qui est exceptionnel pour l’époque. Il est usiné avec précision et la plupart des appareils produits sont toujours fonctionnels (même si certains nécessitent un petit passage chez Leica pour un bon entretien).
Voilà une première présentation, rapide, de ces appareils, sur lesquels je reviendrai bientôt.
Bon, le comparatif se précise. seront en lice, finalement, par ordre d’ancienneté :
un Leica III f de 1951
un Zorki 1c de 1953
un Leica M3 de 1957
un Canon P de 1958 (déjà présenté dans la rubrique « mes appareils … » et dans « pour la photo de rue »)
un Leica M5 de 1973
un Zorki 4K de 1974 (déjà présenté dans la rubrique « les télémétriques russes »)
un Kiev 4AM de 1980 (déjà présenté dans la rubrique « les télémétriques russes »)
En haut de gauche à droite, le Kiev 4AM, le Leica M5, au milieu le Leica M3; devant, de gauche à droite, le Canon P, le Zorki Ic et le Leica IIIf
Et, pour corser le tout, nous n’oublierons pas les objectifs qui vont avec :
un Industar 22 F 5cm f1:3,5 de 1958 (c’est un objectif dit « rentrant » qui sied fort bien à la petite taille du Leica III f ou du Zorki 1c). C’est la copie russe du Elmar de Leitz, et il supporte bien la comparaison.
Un FED 5cm f1:3,5 rentrant, comparable à l’Industar 22
Un Jupiter 3 F 5cm f1:1,5 de 1958 (élaboration russe à partir de la formule optique d’un Sonnar Zeiss 50mm f1:1,5 et plus particulièrement, les objectifs entre 1956 et 1961 sont fabriqués avec des lentilles d’origine Zeiss)
Un Jupiter 8 F 5cm f1:2 de 1959 (un grand classique, performant et peu onéreux à l’achat)
Un Jupiter 8 50mm f1:2 de 1974 (idem, sauf que ce sera l’occasion de voir si les « nouveaux » sont aussi bons que les anciens)
Un Jupiter 12 F 3,5cm f1:2,8 de 1982 (c’est une optique basée sur le Biogon de Zeiss, bien plus abordable et qui ne déçoit pas, parait-il)
Un Helios 103 f1:1,8 de 1982. Cet objectif fut conçu pour remplacer les Jupiter 8 qui étaient la « dotation » des appareils Kiev (copie de Contax, pour mémoire). Il a la réputation d’être très bon, surtout en film couleur.
Un Voigtländer Ultron35mm f1:1,7 de 2015. Tout aussi performant que les Zeiss mais plus abordable (surtout en occasion). En monture M, il sera monté sur le Leica M5
Un Canon S 35 mm f1:2,8 en monture Ltm 39 de 1959. Redoutable parait-il. Et nous savons que Canon a une excellente réputation en matière d’optique.
Tiens, au fait, j’ai appris il y a peu que les premiers objectifs Hansa Canon étaient fabriqués par … Nikon ! Hé oui, Nikon était une compagnie d’optique très réputée et ils fabriquaient des microscopes de grandes qualité et précision (tiens, tiens, comme Leitz …). Je vous invite à découvrir cette histoire étonnante avec cette vidéo : https://www.qwant.com/?q=histoire%20de%20nikon&t=videos&o=0:bd185b9d9ca7fe8a9d7a52936caaa223
La plupart des objectifs russes assez récents ont une marque rouge (un P mais en cyrillique П) qui indique que ceux-ci ont reçu un traitement spécial des optiques (coating) pour diminuer le flare (ces taches qui apparaissent lorsque le soleil joue avec votre optique). Cette pratique est inspirée du marquage par un T rouge des optiques Zeiss. Si la plupart des objectifs modernes sont traités « multi-couches », auparavant une seule couche de traitement était appliquée qui, hélas, disparait parfois (même souvent) si les lentilles ont été, disons, nettoyées vigoureusement !
Les objectifs des Leica m’ont toujours semblé faire partie d’un monde abscons, limité aux seuls initiés de la marque et de ses arcanes. Ben non, finalement c’est simple : les noms correspondent aux ouvertures maximales (du moins pour ceux en monture M) :
Noctilux pour les f inférieurs ou égaux à 1
Summilux pour les f1:1,4
Summicron pour les f1:2
Summarit pour les f1:2,4
Elmarit pour les f1:2,8
Elmar pour les autres
Enfin, bien sûr, tous ces objectifs sont des occasions. Vous pouvez vous faire plaisir dans la fourchette de 40 à 300€ et découvrir de petites merveilles optiques que vous pourrez, moyennant des bagues d’adaptation, utiliser avec vos numériques sans miroir (sauf peut être le Jupiter 12, de par sa conception). Il n’est d’ailleurs pas rare de voir des Fuji X et des Sony E montés avec ce type d’anciennes optiques. Mais ils sont le mieux assortis avec un bon vieil argentique, tels ceux dont nous parlons ici.
Bien que je ne le fasse pas entrer dans ce comparatif, directement (je l’ai reçu bien après ce comparatif), je vous invite à lire mes articles sur le Zeiss Ikon ZM, que vous trouverez dans « les nouveautés en un lieu » et dans la rubrique argentique –> les télémétriques.
C’était l’outsider par excellence et comme tel, il a pris la première place !
Le moyen format me fait rêver, de grand négatif, plein de détails mais qui doit rester abordable.
Le moyen format, c’est quoi ? Généralement, nous parlons de 135 mm pour le film « standard » – aussi appelé 24×36. Mais ce standard ne l’a pas toujours été.
A l’origine, il s’agissait de plaques de verre ou de métal enduis de produits réactifs à la lumière. Puis il y eut les plans-film que le photographe glissait, un à un, dans un chassis. Toutes les tailles étaient envisagées car peu standardisées, même si certaines devaient prendre le dessus. Il faudra attendre 1888 pour voir apparaître le premier film sur support souple, en 70 mm, qui sera commercialisé dès 1889 par Georges Eastman (qui deviendra Kodak plus tard). Mais début 1900, c’est le format 120 mm qui est le plus employé, notamment dans les folding (appareil à soufflet) ou les box (ces drôles de boîtes en carton que l’on trouve souvent en brocante).
C’est en 1913 qu’est apparu pour la première fois le format 24×36 mm, inventé par Oskar Barnack.
Bref, alors que l’optique et la mécanique étaient toujours plus précises, les films devenaient de plus en plus petits pour se fixer au standard qui aura cours jusqu’à l’avènement du numérique, le format 24×36.
Cette référence est toujours la norme puisque les full frame possèdent un capteur de la taille d’un film, soit 24 x 36 mm.
Mais, et le moyen format dans tout ça ?
On considère que les films dit 120 (et 220) sont du moyen format, qui autorise des négatifs en 4,5×6, 6×6, 6×7 et le 6×9, pour les plus courants. Notez qu’on ne parle pas de 120mm car le film fait 6cm de large.
Il y eut d’autres formats, que l’on trouve très difficilement, voire plus du tout, comme le 126, le 127. Ces formats doivent conditionner votre attention si vous voulez acquérir un ancien appareil en moyen format car vous risqueriez de ne plus trouver de quoi l’alimenter (par exemple un Yashica 44 demande du film en 127, que l’on trouve encore par exemple chez Retrocamera, même s’il est toujours possible de bidouiller des supports pour travailler en 24×36 sur ces appareils, mais alors, quel intérêt ?).
Aujourd’hui, en numérique, il existe aussi des capteurs en moyen format mais là, sauf si vous avez gagné au loto (ou lotto si vous êtes français), vous oubliez : le ticket d’entrée est à 6000€, sans objectif !
En résumé, si vous voulez vous faire plaisir avec du moyen format, vous avez le choix dans la vaste gamme des Rolleiflex et Rolleicord (attention au prix), les Yashica C – D – Mat, Les Minolta Autocord, les Kiev 60 ou 88 , les Mamya 645, les Contax, …
Bref, pour ma part, j’ai opté, après un passage par les Yashica C et D, un Rolleiflex, un Mamya 645M, un Zenza Bronica S2A, pour un Mamya 645 Super.
Pourquoi celui-là ? Les 6×6 sont de belles machines mais j’ai besoin de pouvoir viser directement, sans devoir redresser la photo vue sur le dépoli. Et mon Mamaya 645 Super m’offre ce confort, outre le fait qu’il soit un peu plus moderne et que le prisme de visée compte une cellule (ce modèle a vu le jour entre 1985 et 1993).
C’est un Eos des années 2000, un des derniers avant le tout numérique de la marque.
Il s’agit d’une refonte, en profondeur, d’un autre best seller de Canon, le Canon Eos 50e, qui avait inauguré ce « pilotage par l’oeil ».
Notez que l’appareil a été décliné en Eos 30 et 33, ce dernier n’étant pas piloté par la vision du photographe.
Bref, c’est un Eos presque comme nous les connaissons maintenant : ergonomie, robustesse et facilité d’utilisation. Il est aussi parmi le plus silencieux des réflexes, même modernes.
Léger et compact, il est très agréable à tenir en main et il bénéficie de tous les agréments des Eos modernes. Vous ne serez pas dépayssé si jamais vous en prenez un en main. Positionné comme en appareil destiné aux « experts », il ne vous décevra pas et vous offrira tout le confort que l’on peut attendre d’un Eos : le boîtier propose outre les classiques modes Programme, Av, Tv et manuel, les habituels « programmes résultat » de Canon : tout auto (rectangle vert), Portrait, Sport, Paysage, Macro, Nuit.
Enfin, cerise sur la baïonnette, vos pourrez utiliser tous les objectifs de la gamme EF. En sachant toutefois que les derniers EF sortis pour les Eos de dernière génération (plus de 20 millions de pixels) risquent d’être trop « chirurgicaux » pour les films et d’affecter le rendu de vos photos. Ceci étant, ça vous ouvre des possibilités immenses d’objectifs de grandes qualités, souvent injustement délaissés à cause de la précision des nouveaux capteurs.
Si vous voulez commencer l’argentique dans de bonnes conditions, à prix raisonnable, avec du matériel efficace, déjà très moderne, l’EOS 30 est un excellent choix, sans doute moins « glamour » qu’un F1, un A1 ou même un AE-1 mais bien plus simple à utiliser.
Franchement, si je devais me remettre ou découvrir l’argentique, je me tournerais sans hésiter vers cet appareil, qui ne rebute pas ceux qui ont déjà eu un réflex numérique en main, car ils retrouveront rapidement leurs marques avec ce boitier … le film en plus !
C’est un petit appareil étonnant, apparu au tournant de 1996 en Europe, alors qu’il sévissait depuis déjà 2 ans au Japon.
Etonnant à plus d’un titre. La première chose qui frappe, c’est sa minceur. En effet, hormis le petit renflement qui sert de poignée et qui accueille la cartouche de film, le reste de l’appareil est plus fin. Parce qu’en fait, lorsque vous chargez le film, celui-ci sera enroulé sur lui-même, sans le support d’une autre bobine et, au fur et à mesure des prises de vue, le film rentrera dans la bobine. En cas d’ouverture accidentelle du dos de l’appareil, seules les photos non encore prises seront voilées. Déjà un bon point.
La seconde chose qui frappe, ce sont les modes de prise de vue : le 35 mm est le standard mais vous pouvez passer en mode panorama ou en wide panorama et là, l’objectif passe au 24 mm. Les cadres de visée suivent, sans que vous ne deviez modifier quoique ce soit. Pratique.
Enfin, mais c’est moins visible, vous pouvez activer ou désactiver le flash, lancer le retardateur et choisir un mode de prise de vue (spot, paysage, nuit). Bref, il a tout d’un grand et son autofocus est rapide et très précis.
Il sera le premier d’une longue lignée dont le GR1 est le suivant, qui se décline encore aujourd’hui en numérique.
Concrètement, il se cache dans la main et en photo de rue, il est redoutable de discrétion. Attention toutefois, il est (très) sensible au flare et il faut vérifier si la mousse qui entoure la fenêtre du film ne doit pas être changée (elle a tendance à devenir collante et à se désagréger), sinon entrée de lumière garantie (visible sur certaines photos prise avec lui en plein soleil).
En résumé, un chouette petit appareil, peu courant (ce qui justifie des prix parfois « irréalistes » sur certains sites de vente !) qui fonctionne très bien en photo rapprochée.
Le Canon P est un appareil télémétrique, mis sur le marché en 1958 et ce jusqu’en 1961.
P pour Populaire, car Canon voulait produire un appareil télémétrique simplifié à moindre coût. Et ce fut un succès commercial avec la vente de 87875 exemplaires.
Ses plus :
monture visante LTM 39 mm
télémètre combiné à une correction automatique de la parallaxe avec des cadres pour les focales 35, 50 et 100 mm
armement par levier, obturateur à rideaux en acier donnant de la seconde au 1/1000s, synchro X et M au 1/25s
dos à charnière
manivelle de rembobinage intégrée dans le capot
Contemporain des Leica M2 et M3, il est sans conteste très moderne avec son dos à charnière, son levier de rembobinage, sa sécurité contre l’ouverture accidentelle du dos, son levier d’armement rapide.
Par comparaison :
les Leica M3 n’avaient pas de cadre pour le 35 mm (le 50, le 90 et le 135 mm étaient seuls affichés. Les Leica M2 – contemporains du Canon P (1958) – eux, en étaient pourvus mais le compteur de vues était manuel.
Tous les deux étaient à chargement par la semelle, certes simplifié depuis les Leica I à III, puisqu’il y a une « trappe » qui permet de bien positionner le film, et la bobine réceptrice est amovible. Tandis que le Canon a un dos monté sur charnières et une bobine réceptrice fixe.
Les Leica possèdent depuis toujours des rideaux en toile caoutchoutée qui assure une belle discrétion lors du déclenchement, qui nécessitent tôt ou tard un réglage (pour les retendre). Le Canon a un obturateur en lamelles métalliques, qui donnent un bruit un peu plus « sec » sans être plus bruyant. Les lamelles sont extrêmement fines et doivent faire l’objet d’attention pour ne pas les froisser complètement (à vérifier lors de l’achat de ce type d’appareil) – mon exemplaire est légèrement atteint et cela ne porte pas conséquence sur les photos.
Point de vue esthétique, c’est affaire du goût de chacun mais, perso, je les trouve chacun très beaux : d’inspiration Bauhaus et streamline, les Leica sont assez intemporels; le Canon est plus carré mais ses formes tendues sont très modernes pour l’époque et il y a aussi une grande recherche du détail (voir la manivelle de rembobinage).
Au niveau optique, les cailloux de chez Leitz sont magnifiques mais ceux de chez Canon ne déméritent pas (certains sont aussi inabordables que ceux du confrère allemand !).
Le Leica M3 inaugurait une nouvelle monture, plus facile et plus sécurisée pour les objectifs (baïonnette) alors que le Canon restait fidèle à l’ancien standard Ltm 39, qui assurait un parc optique immense (pour l’époque) sans nécessiter une bague d’adaptation, mais le principe du vissage était moins rapide et plus délicat (l’objectif pouvait ne pas être bien visé et donc fixé, ou alors trop serré et difficile à enlever)
Comme je l’écrivais, la qualité des optiques Canon de l’époque en font des objectifs recherchés et parfois à des prix … stratosphériques (surtout le 50 mm f1:1,2 ou le fameux f1:0,95 !).
Ici pas de plastique, que du bon métal. L’appareil n’est donc pas léger mais il tombe bien en main, très bien équilibré et si vous avez la chance de trouver un objectif dit rapide (comme celui illustré ici), c’est un régal pour les réglages.
Je rêvais d’un beau télémétrique et j’en ai trouvé un chez Canon.
Canon P monté d’un objectif Canon S 35 mm dit rapide f1:2,8
Je vous encourage à lire l’article consacré au Leica M3 (Première sortie avec le Leica M3) pour y découvrir le comparatif que je propose avec le Canon P … qui reste un « maître achat » pour découvrir la photographie télémétrique avec un appareil de qualité. Tout comme je vous encourage à lire l’article intitulé « première sortie avec le Canon P« .
Cet appareil est l’aboutissement de la gamme Canonet, commencée au début des années ’60.
C’est un appareil relativement compact, même s’il fait son poids (620 gr.), tout en métal, à une époque où les constructeurs fabriquaient « pour durer ».
Cet appareil date de 1972 et il sera construit à plus de 1 200 000 exemplaires (jusqu’en 1982), tant son succès fut grand. Ridiculement appelé le « Leica du pauvre », il est toujours apprécié pour ses qualités propres : silencieux, facile à charger (le QL veut dire « quick loading » ou chargement rapide – essayez de faire ça avec un Leica M4 !); objectif fixe 40 mm ouvrant à f1:1,7; automatique à priorité vitesse ou tout manuel; la cellule est une Cds qui fonctionne en mode priorité à la vitesse, avec le rappel du diaph dans le viseur par un galvanomètre; retardateur et deux prises synchro flash. Bref, du classique qui plait toujours.
C’est un bel appareil, esthétiquement. Fabriqué en livrée bis-tons noir et argent, ou tout noir, c’est un appareil – un peu comme les Yashica Electro 35 – qui traverse le temps sans vraiment se démoder. Et, ce qui ne gâte rien, il est plaisant à prendre en main, bien équilibré et facile à appréhender.
Hormis remplacer les mousses, ce qui demande un peu de temps et de patience, trouver une pile pour remplacer celle initialement prévue au mercure, vérifier que le télémètre est bien calé, il y a peu de chose à faire pour que la machine se réveille et redevienne efficace.
A propos de pile, il faut noter que la cellule est sensible au voltage. Donc si vous optez pour une LR44 à tout faire, pensez à compenser sur la sensibilité car l’appareil aura tendance à surexposer. Sinon, une pile zinc-air PX 675 fera l’affaire (avec un adaptateur), voire une WeinCell MRB 625, plus onéreuse.
Au niveau des prix, comptez de 50€ à plus de 200€ pour la version noire, plus rare (prix indicatifs en début d’année 2020). Il est évident que sur l’exemplaire à 50€ (version bi-tons), vous devrez changer les mousses et le nettoyer. Disons que pour un exemplaire en parfait état de marche, prêt à prendre vos premières photos, vous serez plutôt vers les 90€ minimum.
Je viens de recevoir mon « nouveau » Canonet QL 17 G 3 en version noire : magnifique !
Décidément, le noir leur va vraiment bien à ces télémétriques anciens …
Le gros avantage de cet appareil est sa visée, très claire, large et lumineuse, à la Leica M3 (si, si j’ose … j’ai les 2!). Il est silencieux, vraiment facile à charger et rapide à mettre en œuvre.
Son seul « défaut » serait son objectif fixe, un superbe 40 mm ouvrant à f1:1,7 ? Pas forcément, en général on s’habitue à une distance, notamment en photo de rue et on change peu de focale, justement parce que l’on a bien appréhendé cette distance. D’autant que 35 et 40 mm sont très proches.
Honnêtement, j’ai parfois difficile à choisir qui je vais sortir en rue !
Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désabonner si vous le souhaitez - This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Paramètres des cookies/Cookie settingsACCEPTER / ACCEPT
Privacy & Cookies Policy
Privacy Overview
Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience lorsque vous naviguez sur le site. Parmi ces cookies, les cookies qui sont classés comme nécessaires sont stockés sur votre navigateur car ils sont essentiels au fonctionnement des fonctionnalités de base du site Web. Nous utilisons également des cookies de tiers qui nous aident à analyser et à comprendre comment vous utilisez ce site Web. Ces cookies ne seront stockés dans votre navigateur qu'avec votre accord. Vous avez également la possibilité de refuser ces cookies. Mais le fait de refuser certains de ces cookies peut avoir un effet sur votre expérience de navigation.
Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)This website uses cookies to improve your experience while you navigate through the website. Out of these cookies, the cookies that are categorized as necessary are stored on your browser as they are essential for the working of basic functionalities of the website. We also use third-party cookies that help us analyze and understand how you use this website. These cookies will be stored in your browser only with your consent. You also have the option to opt-out of these cookies. But opting out of some of these cookies may have an effect on your browsing experience.
Les cookies sont absolument nécessaires pour le bon fonctionnement du site Web. Cette catégorie ne comprend que les cookies qui assurent les fonctionnalités de base et les caractéristiques de sécurité du site Web. Ces cookies ne stockent aucune information personnelle. - Necessary cookies are absolutely essential for the website to function properly. This category only includes cookies that ensures basic functionalities and security features of the website. These cookies do not store any personal information.