L' Atelier de Jean-Pascal, passionné de photographie et de peinture
Catégorie : Argentique
Le monde de l’argentique est riche de tant de modèles différents, du minuscule Minox au moyen format, sans parler des chambres, que je n’ai pas (encore) pu utiliser. Il y a des reflex, des télémétriques, des compacts, des pockets, des appareils instantanés, bref, de quoi découvrir et s’amuser.
Le dernier appareil acheté lors de la brocante au profit de l’Unicef, à Ath. Il est très beau, intéressant, mais … en panne. Une panne classique mais rédhibitoire pour cet appareil me prévient de Monsieur collectionneur, car l’appareil est complexe.
En toute connaissance de cause donc, je l’acquiert car ses spécificités en font un appareil qui reste intéressant.
Et, vu son poids, un presse-papier intéressant, ou un serre-livre costaud et original …
Un peu d’histoire
C’est une marque que j’ai déjà pas mal rencontrée, un des fleurons de l’industrie allemande, au sens large car Voigtländer est autrichien (Vienne).
Historiquement, elle est aussi la plus ancienne car c’est en 1756 que Johann Christoph Voigtländer crée sa société. D’abord spécialisée dans l’optique de précision, elle plongera dans l’aventure photographique grâce à Peter-Wilhelm von Voigtländer, le petit fils du créateur, dès 1840.
C’est à cette date que le professeur Jozeph Petzal (université de Vienne) met au point le premier objectif permettant de réduire considérablement le temps d’exposition des daguerréotypes. Et Peter-Wilhelm von Voigtländer sera le premier à fabriquer cet objectif, ce qui fera connaître la société dans toute l’Europe, puis au delà avec l’avancée des appareils à travers le monde.
L’entreprise se lance aussi dans la fabrication d’appareils photo. Ce sera elle qui fabriquera le tout premier appareil tout métallique de l’histoire, en 1846.
Toujours dans les premières mondiales, sautons quelques années, car en 1959, la société fabrique le tout premier zoom au monde, le Zoomar.
Mais les années septante deviennent compliquées, l’avancée des marques nipponnes tuent lentement l’industrie photographique allemande. Dans une dernière tentative, Voigtländer s’associe à Zeiss Ikon en 1970.
Las, en 1972, l’entreprise jette le gant et ferme ses usines. La marque sera rachetée d’abord par Rollei (1974) puis la société allemande Plusfoto GmbH la reprend en 1996 et confiera à Cosina (Japon, ironie du sort !) la fabrication d’un télémétrique très haut de gamme, le Zeiss Ikon MZ équipé d’objectifs Voigtländer.
De nos jours, Voigtländer GmbH est toujours active dans la fabrication d’optiques de haut vol, concurrençant directement Zeiss pour les objectifs.
Ceci étant établi, Voigtländer a fabriqué un peu tout ce qu pouvait exister en termes d’appareils photo : des appareils à plaques de verre (Alpin), avec film 116 (Inos), avec film 120 à soufflet (Bessa), à soufflet et télémètre (Prominent), des TLR (Billiant), avec film à cassette 126 (Bessys), à soufflet avec film 135 (Vito), avec boitier compact et film 135 (Vito CD/Vitoret), des télémétriques (Prominent II/Vitessa), des réflex (Bessamatic/Ultramatic).
On peut écrire sans trop de risques qu’ils auront tout essayé, souvent avec succès car la réputation de sérieux, de solidité, de qualité de construction sera toujours indissociable de la marque.
Mais ce sera aussi souvent au prix d’une ingénierie complexe, couteuse à fabriquer, d’où les prix élevés des appareils à leurs époques respectives. Et une certaine réticence, semble-t-il aux technologies nouvelles, telle l’électronique. Alors que l’industrie japonaise standardisait, rationalisait et produisait en masse avec de hauts standards de fabrication des appareils moins coûteux et plus modernes.
Présentation du Voigtländer Ultramatic
Ce réflex, automatique, sera fabriqué à 35.500 exemplaires entre 1961 et 1965.
Il sortira en même temps que le Bessamatic mais à la différence de celui-ci, l’Ultramatic possède un miroir à retour automatique.
Ils sont contemporains du Praktica IV que je vous soumettais il y a peu. Histoire de voir l’écart entre les deux concepts !
Tous deux sont équipés d’un posemètre au sélénium et d’un obturateur de chez F. Deckel, obturateur central, similaire à celui utilisé par le Kodak Retina Reflex, le Zeiss Ikon Contaflex. Pour mémoire, à la même époque, le Nikon F et le Pentax Spotmatic utilisaient un obturateur à plan focal, bien mieux adapté aux réflex à objectifs interchangeables (par exemple pas limité au 1/500s comme les obturateurs centraux!).
Seul luxe de l’Ultramatic, un mode d’exposition automatique à priorité vitesse.
L’obturateur Synchro-Compur est donc monté derrière l’objectif dont seule une partie se détache. Ces objectifs utilisent la monture DKL (aussi de chez Deckel).
Le saviez-vous ? Les objectifs des Bessamatic sont compatibles avec l’Ultramatic, mais la plupart perdent alors l’automatisme. La monture DKL du Bessamatic n’accepte que les objectifs Voigtländer. Seuls les objectifs avec une vis peinte en jaune à l’arrière sont compatibles totalement.
Revenons un instant encore sur cet obturateur. Il dispose de deux jeux de lames, distincts : un pour contrôler le temps d’exposition et l’autre pour contrôler l’ouverture. Comme ils sont tous les deux maintenus à leur plus grande ouverture pendant la composition de votre sujet, une séquence d’opérations complexes va se dérouler quand le déclencheur sera enfoncé à fond.
l’obturateur et l’ouverture sont fermés
le miroir se relève
l’obturateur s’ouvre le temps d’exposer le film
il se referme, l’ouverture revient à la grande ouverture
Ce processus est lent et induit un décalage d’ouverture inévitable (on parle d’une seconde !).
Et lorsqu’on fait avancer le film à la vue suivante, ça continue :
le miroir s’abaisse
l’obturateur est armé et ouvert
Ces complications rendent, in fine, l’appareil fragile et, surtout, difficile à réparer (que ce soit le Bessamatic ou l’Ultramatic) car les mécanismes sont constitués de petits composants et si on a forcé, bonjour la galère. Sinon, ils sont assez agréables à utiliser.
L’Ultramatic CS, proposé en 1965,remédie à quelques uns de ces soucis et est considéré comme plus fiable, mais il perd le miroir à retour automatique.
A côté de ces mécanismes, il y avait aussi quelques trouvailles, comme ce petit périscope, sur la face avant, qui permet de voir les réglages de l’ouverture et de la vitesse dans le viseur.
Ceci étant, l’Ultramatic était parmi les appareils photo les plus chers de son époque.
Le viseur est agréable, clair et à champ coupé pour faciliter la mise au point, avec ce petit plus de voir à l’intérieur la vitesse et l’ouverture.
La cellule, au sélénium, située de façade, allège un peu l’esthétique du boitier mais si elle tombe en panne, difficile de continuer à travailler avec l’appareil.
Au point de vue ergonomique, le boitier est lourd (860gr) mais agréable avec ses coins arrondis et, sur le capot, les touches affleurantes. Il s’inscrit aussi dans toute la gamme d’accessoires prévus pour le Bessamatic et lui-même, notamment la large gamme d’objectifs réputés de chez Voigtländer, dont le fameux zoom Zoomar (36-82mm f2,8) et le Septon 50mm ouvrant à f2.
Descendons vers l’objectif pour remarquer d’abord que les commandes sont sur l’appareil et non sur l’objectif puisque la tête de celui-ci se détache pour être remplacée par une autre focale.
Si vous regardez bien, il y a une espèce de bouton poussoir sous l’objectif : c’est lui qu’il faut actionner pour déverrouiller la baïonnette de l’objectif.
Au niveau des choix, il est assez vaste mais toujours propriétaire (baïonnette DKL-Voigtländer). Soyons de bon compte, les objectifs Voigtländer ont une excellente réputation.
Voici un résumé des optiques possibles :
Les commandes pour régler la sensibilité de la cellule (de 12 à 3200Asa), celle de la vitesse (avec le poussoir en plastique) est au dessus, la distance, elle, se règle effectivement sur la tête de l’objectif.
Par dessous, vous voyez trois lettres V – X – M et le sélecteur de couleur verte : le V est la lettre pour le minuteur que l’on ne peut engager qu’après avoir appuyé sur un bouton de l’autre côté du combiné objectif/obturateur ; le X est la synchronisation du flash électronique et le M celle pour les flashs magnésiques (à ampoules).
Vous voyez ici la lettre A, en rouge, qui permet de placer le boitier en mode tout automatique.
Si vous regardez bien, vous verrez deux petits triangles rouges de part et d’autre du témoin de distance. En fait, ils matérialisent l’échelle de netteté de la distance focale. Comme chez Voigtländer on aime la complication, lorsque vous tournez l’objectif, les flèches suivent le mouvement. Belle illustration de la profondeur de champ.
Vu d’en haut, le capot est dépouillé, les touches sot affleurantes comme cité plus avant.
A droite, l’aide mémoire pour les films utilisés et à gauche, un bouton qui a plus d’un tour dans son sac, je vais y revenir. Pas de compteur de vue ? Si, mais il est en dessous du boitier. Il faut le réinitialiser manuellement.
Pour ouvrir l’appareil, il faut pousser sur le bouton de gauche, au dessus, qui va se soulever et sur lequel ensuite il faut tirer.
Pas de difficulté majeure pour installer un nouveau film, la bobine réceptrice est large et bien accesible.
Voilà, voilà, nous avons fini le tour de cet appareil.
Que penser de cet appareil .
En l’état, celui-ci est un magnifique presse-livres ou presse-papiers … et je ne compte pas le démonter.
Car ce qui est vexant avec ce type de boitiers, c’est qu’ils sont beaux, superbement finis mais, comme je l’écrivais, inutilement complexes et quasi irréparables.
Maintenant, imaginons un instant que celui-ci fonctionne encore, aurais-je envie de m’en servir ?
Réflexion faite, non. Déjà, je n’aime pas ces demi-objectifs à interchanger, c’est moins facile à utiliser, aussi bons soient-ils.
Ensuite, le poids de l’engin fait réfléchir, près de 900gr nu, ça compte, surtout pour les cervicales.
Enfin, encore une fois, si j’apprécie la qualité de l’ensemble, je ne le trouve absolument pas pratique à utiliser. Trop de contraintes et de choses étranges à manipuler pour que la photographie reste un plaisir avec lui. Si je le compare à un appareil nippon de la même époque (le Miranda Sensorex, le Nikon F, le Pentax Spotmatic), il est très en retard et peu convaincant. D’autant que son prix le réservait à une élite.
L’éternel malentendu entre la Mercedes et la Renault : toutes les deux vous emmènent où vous voulez, assez confortablement, mais la première coute deux fois le prix de la seconde !
Bref, ce peut être un magnifique objet de collection et sans doute quelques esthètes vont-ils l’utiliser avec plaisir, mais pour la pratique photographique, on a fait plus simple et plus efficace.
Voigtländer Ultramatic Reflex mono-objectif (reflex) Film 24 x 36 mm Armement et avance du film manuelle Posemètre intégré, accouplé Contrôle de l’exposition manuelle Objectif interchangeable Voigtländer Color-Skopar 50 mm f2.8 – f22 Monture d’objectif baïonnette propriétaire Mise au point manuelle Obturateur F.Deckel, Munich, Allemagne, central Vitesses pose B, 1s – 1/500s, synchro flash par câble sur prise PC Cellule au sélénium Période de production à partir de 1962 jusque 1965 Quantité de production 35.500 Poids 880 gr
C’est encore un appareil acheté lors de la brocante de l’Unicef, à Ath, chez ce Monsieur qui, petit à petit, liquide une partie de sa collection.
Je n’ajouterai donc pas qu’il est en parfait état et tout à fait fonctionnel.
Comme d’habitude, je ne résiste pas au plaisir de vous présenter un appareil qui approche des ses ans et qui semble encore neuf : on construisait solide à ce moment là !
Un peu d’histoire
Rassurez-vous, je ne serai pas long car j’ai déjà souvent évoqué cette marque, incontournable de l’histoire de la photographie allemande et de la photographie tout court.
Retenons simplement que Zeiss Ikon, au début du siècle passé, fondé par August Nagel, sera un ogre en Allemagne et il absorbera les marques historiques de l’Allemagne de l’Ouest et de l’Est (Ica, Ernemann, C.P. Goerz et Contessa-Nettel) avant la seconde guerre mondiale .
Les appareils fabriqués seront de qualité, avec des objectifs et/ou des obturateurs parmi ce qui se faisait de mieux à leur époque ; des boitiers de toute une vie comme on le disait (et le pensait à l’époque – l’obsolescence programmé, c’est dans les années quatre-vingt !).
Cependant, revers de la médaille, ces appareils sont chers car construits avec des matériaux de qualité et avec une complexité qui confine parfois à l’excentricité (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué). Mais surtout, les lignes d’appareils issus des différentes fusions n’ont jamais été rationnelles, trop nombreuses, se recoupant parfois Un déficit structurel en marketing et en gestion n’arrangera rien Il est même étonnant que l’entreprise ait tenu si longtemps.
Ils seront incontournables pendant les années trente et quarante, fragilisés dans les années cinquante et dépassés dès les années soixante, balayés par les produits japonais. Ces derniers avaient compris que les boitiers devaient être facilement reproductibles, fabriqués avec soin, avec de bons matériaux, sans faire l’impasse sur les innovations telles l’électronique et la miniaturisation des éléments. Surtout, ils ont lancé un appareil qui allaient reléguer aux oubliettes les modèles que je vous présente ici, le réflex. Un appareil ultra polyvalent.
Au début des années septante, la messe était dite …
Présentation du Zeiss Ikon Contessa Matic E
D’emblée l’appareil est ambigu car s’il est bien noté Contessa sur le pourtour de l’objectif, un Carl Zeiss Tessar de 50mm ouvrant à f2,8, il n’est écrit nulle part qu’il s’agit d’un Matic E.
On comprend vite que c’est un appareil télémétrique et qu’il possède une cellule au sélénium. En regardant à travers le viseur, on se rend compte (quand cette cellule fonctionne encore, comme ici) que la mesure de la lumière est couplée au jeu du diaphragme, une petite aiguille, au dessus du cadre, bouge quand on modifie l’ouverture.
Est-ce là l’automatic du nom ? De fait, il a existé aussi un Contessa Matic, similaire à celui-ci avec une cellule au sélénium dont on lit la valeur sur le capot, mais sans télémètre
C’est donc le couplage du posemètre au diaphragme qui justifie cet automatic. Et le E me direz-vous ? il s’agit du E de Entfernungsmesser, télémètre en allemand.
Ajouté au télémètre couplé, cela fait de ce Contessa Matic E la Rolls Royce de Zeiss Ikon à cette époque (1960). Car l’appareil offre ce qui se fait de mieux alors et est construit selon les standards de la marque, c’est-à-dire fait pour durer.
C’est en fait un boitier semi-automatique si vous optez pour le contrôle de l’exposition couplée à la cellule ou le mode manuel si vous voulez tout contrôler vous-même. Ce compact vous offre le même confort que le Contaflex Super (un réflex) dans un gabarit réduit et très transportable.
Son objectif, un Carl Zeiss de formule Tessar, un 50mm ouvrant de f2,8 à f22 est réputé excellent. C’est le même que celui du Contaflex Super B.
Le viseur, très grand et clair, avec un cadre collimaté et correction de la parallaxe, possède une petite fenêtre, en haut au milieu, qui montre l’aiguille de la cellule. Celle-ci oscille de gauche à droite selon l’exposition, qui est correcte lorsque celle-ci se stabilise au centre. Une seconde fenêtre, sur le capot, peut aussi être consultée.
Puisque nous sommes sur le dessus de l’appareil, restons-y pour constater qu’il est dépouillé. A droite, une large molette, encastrée, qui entoure le déclencheur : c’est le compteur de vue, qu’il faut positionner manuellement sur le nombre de vues du film. Attention, il décompte les images prises.
Au centre, la griffe dite froide (sans contact) pour des accessoires ou un flash non dédié, avec le prise PC à l’extrémité gauche.
Juste à côté de la griffe, la seconde fenêtre de la cellule. Et tout contre, deux trous (qui devraient être cachés par un bouchon en plastique) : ceux-ci servent à fixer le flash Ikoblitz 4 Spécial (sa s fil) ou le Ikoblitz 4 Standard (avec fil). Et c’est tout.
Par dessous, au centre, le filetage pour fixer l’appareil sur un trépied. A droite, le bouton pour autoriser le rebobinage et qui a une seconde fonction quand on appuie dessus : il libère la manivelle pour rebobiner le film.
Le dos de l’appareil s’ouvre avec un discret verrou, sur le flanc gauche, découvrant la chambre, classique. Sur la porte arrière, un disque aide-mémoire pour la sensibilité du film, en Asa/Din.
Le levier d’armement est très discret car seule la partie que le pouce accroche fait saillie, le reste étant caché sous le capot.
Et puis venons-en au cœur de l’appareil, son objectif et son obturateur. L’objectif est magnifique, nous l’avons vu. L’obturateur est un Gauthier, un Prontor SLK Spezial. C’est un obturateur à lamelles, situé au centre de l’ensemble. Il donne des vitesses de 1s à 1/500s, la pose B et même un minuteur, plus la synchro flash.
Trois lettres, sur le côté droit, vers le bas : V – X – M. La première est la position du minuteur, la seconde la synchro flash électronique et la troisième, la synchro flash à ampoules. Ne pas forcer, pour les faire bouger, il faut appuyer sur la languette juste au dessus.
Contre la façade, un anneau avec deux grosses poignées de préhension facilitent la mise au point, de 90cm à l’infini. Une échelle de profondeur de champ est gravée sur le fut.
L’avant dernier anneau, lui aussi muni de poignées pour un usage rapide, est celui des ouvertures, de f2,8 à f22. Vous constaterez que sous certaines conditions, il tourne avec le dernier anneau, celui des vitesses, et inversement. C’est le fameux couplage ouvertures/vitesses sensé nous simplifier la vie. Heureusement, c’est débrayable.
Par dessous, un discret bouton coulisse pour indiquer la sensibilité du film, de 12 à 33Din (de 12 à 1600 Asa).
Comme l’objectif est fixe, il était possible de fixer des compléments optiques, tels les Z E I S S P R O X A, qui permettaient de descendre jusqu’à 20cm.
Pour une fois, je n’ai pas de sac tout prêt avec le boitier. Ce qui pose problème si on veut le transporter car il ne possède pas d’attaches pour y fixer une dragonne ou une sangle. Restera à le déposer dans un sac (oubliez la poche, il est trop lourd, près de 700gr avec un film).
Dernier point. Ce modèle est le second produit. Au jeu de différences entre son ainé et lui, notons que les deux trous du flash étaient couvert par une petite plaque métallique pivotante, absente du second ; la lecture de la cellule par au dessus se faisait à travers une loupe, disparue ici aussi ; le compteur de vue portait aussi une roue supplémentaire qui était le mémo de sensibilité du film, relégué sur la porte arrière ici. C’est tout mais ça vous permet de voir quel type d’appareil vous avez sous les yeux.
Que penser de cet appareil ?
Contemporain du Kodak Retina IIF que je vous présentais sous peu, personnellement, je trouve qu’il manque de ce petit je ne sais quoi qui charme dans le Kodak.
Ici nous avons un beau rectangle, sans fantaisie, rationnel, très bien construit, efficace mais … terne (je sais, c’est subjectif).
Au delà de ces considérations esthétiques, force est de reconnaître que c’est un bel engin. Avec ou sans cellule fonctionnelle, il est toujours partant si vous vous munissez d’une cellule à main ou si vous pratiquez la règle du Sunny 16.
C’est un télémétrique efficace pour la photo de rue, grâce notamment à son grand viseur, très clair et à la facilité de réglage de celui-ci.
Peut-être un peu plus discret que le Kodak, il attirera quand même les regards car on en voit peu. Non pas qu’il soit rare mais l’absence d’identification aisée fait qu’on l’oublie trop souvent. Pourtant à son époque, il était un bel appareil haut de gamme.
Si vous voulez sortir des sentiers battus, pourquoi pas le faire avec lui ?
Transport de films manuel, levier d’armement couplé (avance du film et obturateur)
Télémètre à coïncidence
Compteur de vue intégré et couplé
Cellule au sélénium, sensibilité de 12 à 1600 Asa (12 à 33 Din)
Contrôle de l’exposition manuel et semi-automatique avec utilisation de la mesure EV (couplage vitesse/ouverture)
Objectif fixe Zeiss Carl, Oberkochen, 50mm ouvrant à f2,8 jusque f22, filtre à visser 28,5mm
Obturateur Alfred Gauthier, Calmbach, Allemagne, Prontor SLK Spezial
Vitesses 1s à 1/500s plus pose B, minuterie et synchro flash; flash dédié Ikoblitz 4 Special sans fil ou flash Ikoblitz 4 Standard avec prise PC sur le dessus
Second appareil acquis lors de la brocante Unicef de Ath. Il est tout beau, tout propre, comme tous les appareils de ce Monsieur.
Il manque le couvercle de la pile, en dessous, je peux donc vous faire un prix. Mais avec plaisir ! Et voilà ce magnifique Kodak Retina II F qui va rejoindre les quelques uns que j’ai encore.
Car si souvent la marque ne m’inspire pas parce que la plupart de ses appareils sont de piètre qualité (produit de masse), force est de reconnaître que les Retina sortent du lot.
Une chose m’intrigue cependant : pourquoi m’a-t-il parlé d’une pile alors que l’appareil possède bien une cellule (toujours active) mais au sélénium ? Trop tard pour lui poser la question, ce sera l’occasion de quelques recherches …
Un peu d’histoire
Ce chapitre ne sera pas très long car je vous ai déjà présenté quelques Kodak Retina, comme le Retina type 149, le Retina IIC ou le Retina IIIC.
Pour mémoire, Les Retinette et Retina seront parmi les plus grands succès de Kodak. Peut-être parce que ce ne sont pas vraiment des Kodak ?
En effet, il faut aller voir chez August Nagel pour trouver l’origine de ces appareils. Rappelez-vous, en 1926, Contessa et Nettel intègrent le groupe Zeiss Ikon. Las, August aime trop son indépendance et il se lance dans une nouvelle entreprise et crée en 1928 la Nagel Werke ou Dr-August Nagel-Factory.
Seulement voilà, les années noires de 1929 passent par là et il doit trouver des fonds pour continuer son activité. Car il a commencé à développer un appareil en 135 capable de rivaliser avec Leica et Contax, tout en restant abordable : c’est la naissance des Retinette et Retina. Il développe aussi une autre évolution, celle de la cartouche préemballée de film 24×36 (celle que nous connaissons encore de nos jours !)
Il négocie le rachat de son entreprise avec Kodak, qui voit là un moyen d’élever la qualité de ses appareils (fabriqués aux USA) et de casser l’image de bas de gamme qui leur collait à la peau. La Kodak AG devient la filiale allemande de Kodak, avec à sa tête ce cher August Nagel, qui pourra alors développer les deux appareils, qui seront commercialisés pendant plus de trente ans sous de multiples versions : boitier avec viseur simple, avec télémètre, avec objectifs fixes, puis interchangeables et enfin des réflex mono-objectif. Le film en bobine sera là encore une autre réussite, que Kodak déclinera en centaines de versions.
Cependant, dès les années cinquante, les appareils japonais ont commencé à laminer l’industrie photographique allemande. Kodak AG ne fut pas épargnée et les derniers Retina seront de pâles descendants des Retina des débuts (par exemple, le Kodak Instamatic Reflex – 1968 – 1972 – n’est autre qu’un Retina Reflex à objectifs interchangeables mais qui utilise le film en cassette 126).
Les Retinette sont la version simplifiée et moins chère des Retina. Elles utilisent aussi le film 135 en bobine. Elles sont essentiellement avec un petit soufflet, comme les Retina, qu’elles perdront au début des années cinquante.
Rappelons encore que cet appareil est le premier à avoir utilisé le film 24×36, en 1934. On peut penser que celui-ci fut créé pour lui, ou inversement.
La gamme s’étend donc de 1934 à 1969 (belle longévité), avec cette qualité de fabrication qui fera bien défaut plus tard.
Bien évidemment, sur les 35 ans de carrière du Retina, les améliorations ont été nombreuses et progressives : on passe du simple viseur au télémètre (Retina I vers Retina II) ; puis la synchronisation du flash, le remplacement des boutons d’avance et d’armement par un levier (plus rapide et agréable à utiliser) ; l’adjonction d’une cellule au sélénium, non couplée puis couplée ; des objectifs fixes out interchangeables ; pour certains modèles, couplage de la commande d’ouverture et de vitesse sur base de la valeur d’exposition (EV).
Petit résumé des appareils à simple viseur (type I) :
Et de la série avec télémètre (type II)
Bien que très bien construits et équipés, les Kodak se vendaient (un peu) moins chers que leurs concurrents, les Zeiss Ikon et les Voigtländer, les Leica et les Contax, bien évidemment.
L’année 1963 sera celle – a mon avis – du basculement car c’est à cette époque que Kodak lance le film en cassette 126, qui simplifie à l’extrême le chargement du film. La marque va alors privilégier des appareils plus simples (ce qui ne veut pas dire simplistes car de belles trouvailles s’y trouvaient aussi – voir les Instamatic sur le site) et fabriqués en masse. Car rappelez-vous, si Kodak a raté le coche de la photo numérique, dont elle était pionnière, c’est parce que les actionnaires de l’époque ont voulu garder la manne extraordinaire que représentait la vente des films et, accessoirement, des appareils (dans les années 80, plus de 80% des bénéfices de l’entreprise étaient issu de la vente des consommables).
Les Retina S1 et S2, produits à la suite de celui que je vous présente, seront (déjà) en plastique. On peut considérer que ce modèle sera un des derniers construit pour durer !
Présentation du Kodak Retina II F (type 047)
Vous vous en doutiez, si c’est un Retina avec le chiffre deux, c’est qu’il en eut un chiffre un avant. En l’occurrence, le Retina IF, qui n’était pas télémétrique. Une partie du châssis vient de la Retinette, la version plus abordable des Retina (pas de petite économie chez Kodak) dont la version sans soufflet est apparue en 1954.
Donc, notre Retina IIF est un appareil avec télémètre, couplé à l’objectif. Il sera mis sur le marché en 1963-64 et le quittera en 1967.
Outre le télémètre, il est équipé d’une cellule au sélénium (qui n’a donc pas besoin de piles), couplée à l’ouverture et à la vitesse.
Une aiguille, visible dans le viseur, en dessous du cadre collimaté et qui possède des marques pour la correction de la parallaxe. Un viseur bien clair et grand, avec le patch du télémètre au milieu, sous forme d’un rond (télémètre à coïncidence).
Vu de haut, le Retina II F est très dépouillé : une roue aide-mémoire pour le film utilisé – je vais y revenir – jouxte une griffe porte-accessoire sans contact, puis un grand rectangle qui porte le nom du modèle.
Tiens, il n’y a pas de déclencheur ?
Si, bien certainement, mais celui-ci est en façade, vous verrez un peu plus loin.
Car je reviens sur la roue aide-mémoire : en fait, elle a deux fonctions, celle déjà décrite et la seconde lorsque l’on appuie dessus, ce qui la fait jaillir, permet de rembobiner le film terminé dans la chambre. Si vous tirez plus fort, vous n’ouvrirez pas le dos de l’appareil mais cela vous aidera à insérer une nouvelle bobine.
Pour ouvrir le dos de l’appareil, il faut faire tourner la roue qui est sous le boitier. C’est elle le verrou, ne tirez donc pas sur la tige au risque de l’abimer.
Le montage est très bien fait et les rainures sont gage d’une bonne étanchéité à la lumière.
Venons-en à la face avant, elle aussi très sobre : au centre, une pièce métallique qui porte l’objectif. Et sur le côté de cette pièce, à droite, le levier du déclencheur.
Si la position ne nous semble pas habituelle, d’autres appareils faisaient pareil, comme les Praktica, les Voigtländer Vito CD, les Bilora Bella, par exemple. Lorsque ce type de déclencheur est doux, il génère moins de mouvement vers le bas que le déclencheur sur le capot et éviterait ainsi les flous de bougé en cas de vitesse lente.
Vient ensuite le bloc optique avec un objectif Schneider-Kreuznach Retina-Xenar de 45mm ouvrant à f2,8 et l’obturateur, un Compur-Special, qui donne des vitesses de 1s à 1/500s, plus une pose B. La synchronisation du flash (X) se fait à 1/30s et une prise PC est située au dessus du déclencheur sur le plastron métallique.
Le saviez-vous : le 45mm est plus large que le 50mm, même si ça se voit peu. Mathématiquement, il est plus proche que la lentille de 50mm (dite normale) pour la taille du cadre, car il est plus proche du champ de vision de l’œil humain. Il se rapproche aussi du 43mm qui est la diagonale du film 24×36.
On a souvent considéré les Schneider-Kreuznach Xenar comme moins bons que les Zeiss mais ils tirent quand même très bien leur épingle du jeu et à f8 ils sont excellents. Ici donc l’objectif, un Xénar de 45mm ouvrant f2,8, est un quatre lentilles de type Tessar, qui n’a pas à se cacher derrière le xénon à six lentilles 50mm f2 des modèles III-er en termes de performance d’images.
Ces objectifs acceptent les filtres Kodak à viser en 32mm. Comme l’objectif est fixe, on peut ajouter des compléments optiques comme les lentilles pour grands angles NI et NII (kit Model C) ou mini télé avec les lentilles R (3 modèles).
Et là, je vous sens curieux : qu’y a-t-il sous la plaque qui porte le nom et le modèle ?
C’est l’implantation astucieuse du flash à ampoule, la plaque ainsi relevée servant alors de réflecteur pour l’éclair (et accessoirement de protection car ces ampoules pouvaient parfois éclater). Les lampes doivent être des types AG-1.
Vous aurez donc deviné que le F du Retina IIF est là pour le flash !
Le saviez-vous/vous en souvenez-vous ? Pour calculer la portée d’un flash, les constructeurs donnent une indication : le nombre-guide. Il s’agit du produit de l’ouverture multiplié par la distance en m sur un objet gris neutre.Soit pour une distance de 5m avec une ouverture de f 8, la formule NG = D x F = 40 ; autrement dit, pour trouver l’ouverture en fonction du nombre guide du flash NG/distance = f (ouverture).Un exemple : NG 50/2,5m (distance) = f6,3. Dans ce cas précis, il faudra utiliser l’ouverture la plus proche, soit f5,6
Ces ampoules sont généralement dans une boite qui reprend les caractéristiques du flash.
Le saviez-vous ? Les ampoules sont en verre, remplies de gaz d’oxygène et de filaments de magnésium. Elles sont allumées électriquement par un contact dans l’obturateur de l’appareil photo ou une source d’alimentation externe basse tension (entre 5v et 21v). Une telle ampoule ne peut être utilisée qu’une seule fois puisque les filaments, très fins, brûlent. Attention, elle est très chaude et ne peut être manipulée immédiatement après utilisation. Certains flashs sont munis d’une protection car il peut arriver que l’ampoule explose. Il existe deux types d’ampoules, les AG1 et les AG1B. La différence est un film plastique bleuté qui recouvre les ampoules AG1B. Ces ampoules sont utilisées pour simuler la lumière du jour quand on utilise un film couleur équilibré pour la lumière du jour.
Cet agencement particulier du flash oblige alors le compteur de vue à migrer sous l’appareil ainsi que le bouton pour le régler.
C’est là dessous aussi que se situe le levier d’armement rapide. C’est d’ailleurs une des particularités des Retina.
Si cet emplacement est surprenant, là encore d’autres l’ont fait avant Kodak (comme le Ricoh 35) et, finalement, avec un peu d’habitude, on s’y fait très vite et cela reste assez discret comme manœuvre.
Ah, au fait, et ce couvercle manquant pour une pile ?
Vous ne l’aviez pas oublié, tant mieux. De fait, ce couvercle est sous l’appareil, entre le levier d’armement et la verrou. Cette pile, une antique PX-13 au mercure, que l’on peut remplacer par une PX625A, ne sert qu’à alimenter le flash, qui a besoin de courant pour fonctionner et faire brûler l’ampoule. Ce n’est pas l’élément le plus important mais si je trouve un bouchon compatible, pourquoi ne pas l’y fixer.
Prendre une photo avec ce Retina suppose 5 actions : armement avec le levier à course rapide, réglage de la vitesse, réglage de l’ouverture en regardant l’aiguille du posemètre dans le viseur, réglage de l’image avec le télémètre et déclenchement.
Avec un peu d’entrainement, tout se fait très vite.
Mais je reviens un instant sur le combiné objectif/obturateur.
Comme l’appareil est muni d’une cellule, il faut en régler la sensibilité (de 25 à 1250 Asa) pour ajuster celle-ci.
Le réglage de la sensibilité du film se fait avec un anneau autour de l’objectif, par dessous (chiffres rouges).
Un second anneau, celui du réglage de la vitesse est presque à l’extrémité du fut. Il est bien cranté, sans être dur.
Ensuite, l’anneau pour régler l’ouverture est plus près du corps de l’appareil, fluide, sans crantage.
Bien que ce soit un télémétrique, il y a une échelle de profondeur de champ, pour les photos que l’on prépare à l’avance (comme en photo de rue).
Ce que j’apprécie sur cet appareil, c’est qu’il évite le système EV, qui couple l’ouverture à la vitesse et que ses concurrents utilisaient encore.
Pour le reste, il est magnifique dans son sac tout prêt en excellent état.
Que penser de cet appareil ?
C’est toujours subjectif mais je le trouve beau.En tout cas, il a traversé les ans avec panache : les cuirs sont impeccables, les chromes aussi et toute la mécanique fonctionne parfaitement, même la cellule au sélénium.
Et lorsque des personnes vous abordent, elles sont sidérées que ce soit un Kodak.
C’est un appareil que l’on peut porter dans son sac tout prêt, car il y a des crochets pour attacher une lanière. Par contre, le fait de ne pas l’utiliser fait que la cellule est alors toujours exposée à la lumière et donc – si elle est encore fonctionnelle comme ici – va s’user plus vite. L’entre deux serait de le porter dans un petit sac, avec un dragonne toute simple.
L’appareil fait son petit poids mais ce n’est pas désagréable et ça assure une bonne stabilité.
Pas de soucis majeur pour charger (et pourtant, Kodak a bien inventé les cassettes 126 et 110 pour le simplifier ce chargement !). Juste ne pas oublier de régler ensuite le compteur de vue.
Se promener avec lui offre un confort d’utilisation certain et, surtout, il n’est pas commun ! Produit seulement à environ 30.000 exemplaires, ce n’est pas un appareil rare mais suffisamment que pour qu’on s’y intéresse, et pas seulement pour la collection.
Nous sommes le 08 mars 26 et dehors il fait près de 18°C !
Nous, nous sommes enfermés à l’intérieur car nous avions réservés pour une des premières dates de brocante – couverte – sur Ath et au profit de l’Unicef. Bien nous en a pris – enfin en tout cas pour moi – car j’ai retrouvé là un Monsieur à qui j’ai déjà acheté des appareils, collectionneur qui essaie de liquider doucement ses nombreux appareils, car ni ses enfants ni nombreux petits enfants ne montrent d’intérêt pour la chose photographique.
Cela n’a pas manqué, j’ai trouvé sur son stand de quoi alimenter encore le site de quelques petites perles intéressantes.
La première tient dans une poche de pantalon ou de manteau, sans soucis. C’est un modèle inédit pour moi et je sens que je vais devoir chercher des infos à son sujet. Vous allez les découvrir.
Un peu d’histoire
Honnêtement, ce ne fut pas facile car la société à l’origine de cet appareil n’a, semble-t-il, pas laissé beaucoup de traces dans l’industrie métallurgique allemande.
La Metalfabrik Eugen Ising, Bergneustadt (Rhénanie, Allemagne) a fait l’objet d’un livre, en 1996 mais ma connaissance de l’Allemand va me dispenser d’en faire et la lecture et l’acquisition.
En résumé, Eugen Ising a créé une fabrique de produits métalliques, vers 1890, qui produisait essentiellement des trépieds (y compris pour l’armée allemande, trépied pour système optique), des flashs, des projecteurs de films, des engins pour visualiser les images animées, des trépieds à boule et douille pour Agfa et, in fine, quelques appareils photo, dont un Pucky fabriqué en … bakélite (cherchez l’erreur !) au tournant des années vingt et jusqu’au seuil des années trente. Elle produisait quand même 130.000 unités par an.
Dans les appareils photos, outre donc le Pucky en bakélite, elle fabriquera aussi :
des Puck, appareils télescopiques avec objectif Steinheil München Cassar de 50mm ouvrant à f2,9 et obturateur Compur-Rapid B 1-/500 sec ou des Rodenstock Trinar de 45mm ouvrant à f3.5 et obturateur Prontor II B 1-/250 sec, voire un mélange des deux (celui que je vais vous présenter, image de 4×3). Vers 1948 – 1950, produit à environ 10.000 exemplaires.
des Isis, appareils télescopiques en 6×6 (1954)
des Pucky, 6×6 pseudo TLR (différents modèles – 1950) ou des Isoflex, 6×6 pseudo TLR (une variante sous un autre nom du Pucky 1)
Il semblerait que l’entreprise ait produit quelques articles accessoires jusqu’en 1970, puis elle s’est recentrée sur son cœur business, les ateliers mécaniques et s’est retirée du monde de la photographie.
Les appareils qu’elle a fabriqué ne sont pas sophistiqués, sans être mauvais. Ils étaient sans doute destiné à un public d’amateurs.
Elle a toutefois produit assez que pour l’exportation car on retrouve des Pucky sous le nom de Bolsey-Flex (importateur Bolsey) et Tower 120 Flash (importateur Sears).
Ici nous allons voir ce que cache un Puck, tout petit, tout mignon, en film 127.
Présentation du Puck
Le Puck n’est guère plus grand qu’un Rollei 35 et, comme lui, propose un objectif sortant.
La comparaison s’arrête là car les 2 appareils sont diamétralement différents.
De prime abord, ce petit boitier semble très simple mais il nous réserve quelques surprises.
Comme son obturateur, un Gauthier Prontor II qui offre quand même des vitesses de 1s à 1/250s, plus une pose B et une synchro flash (prise PC). La vitesse se règle grâce à la roue dentée sur le pourtour. On arme l’obturateur avec un levier et on déclenche avec un second, placé plus bas. Il y a même un minuteur. Cet obturateur étant central, j’en déduis que la synchro flash se fait à toutes le vitesses.
Le combiné objectif/obturateur est donc télescopique. Bon, c’est pas gagné pour le faire sortir, sans doute un peu d’oxydation.
Sur ce combiné, un objectif Steinheil München Cassar de 50mm ouvrant à f2,8. La mise au point minimale est à 1,2m jusque l’infini.
Bon, génial, j’ai réussi à sortir l’objectif et à le bloquer en position mais depuis, il refuse de revenir en place. Au lieu de cela, je me retrouve avec le combiné obturateur/objectif en main !
Je vais en profiter pour nettoyer les lentilles, c’est déjà ça de gagné. Cela m’a encore permis de débloquer le petit levier, plaqué contre le corps du combiné et qui permet de régler l’ouverture, de f2,8 à f16.
Finalement, une ouverture à f2,8 n’est pas courante à cette époque. Pourtant, c’est un design de lentille anastigmate de base à trois éléments en trois groupes. Ici, il est monté sur une rampe hélicoïdale, très fluide, sans arrêt. En monture M42, cette optique est réputée, pourquoi serait-elle mauvaise ici ?
Evidemment, pas de traitement anti-reflets, il faudra y faire attention.
Pour le reste, un discret verrou sur la tranche gauche permet d’ouvrir le dos monté sur charnière et découvre la chambre. N’oublions pas que ce Puck utilise du film en bobine 127 (appelé A8 chez Agfa), ce qui dispense le boitier d’avoir un compteur de vues puisque le papier qui protège le film porte les nombres de photos. Sur la porte d’ailleurs il y a deux fenêtre, que l’on peut occulter. Ce film a une largeur de 46mm et il était destiné aux appareils compacts.
Les formats habituels étaient le 4×6,5cm (8 photos par film) ou 4x4cm (12 photos). Mais ici aussi (comme en 135), il existe du demi-format et la chambre du Puck fait 28x37mm. D’où les 2 fenêtres : le chiffre 1 apparait à droite (comme en plein format) et le chiffre 2 à gauche ensuite (parce que c’est un demi-format, les images 1 et 2 sont sur une même longueur de film).
Malin, non ? Ensuite, une plaque de pression incurvée (ressort très souple) est fixé sur le dos du boitier, percée elle aussi pour les deux fenêtres.
Et enfin, il y a une troisième ouverture, celle du viseur, qui traverse la chambre et tout le corps du Puck. Il est minuscule mais donne une idée assez approximative de ce que l’on veut capter, en vertical bien sûr.
Que dire de plus ? En dessous, un filetage pour installer l’appareil sur un trépied et autour, un pied repliable qui permet au Puck de rester bien à plat sur une surface plane, sans piquer du nez.
Sur le capot, deux molettes : celle de gauche fait avancer le film que l’on place à droite et celle de droite est simplement une aide à la mise au point avec une échelle de profondeur de champ. Comme le 127 se déverse d’une bobine sur une autre, pas besoin de rebobiner, il suffira de retirer le film terminé et de coller la languette pour éviter que la bobine ne s’ouvre (comme pour le film 120).
Que penser de cet appareil ?
C’est sa taille et sa bouille sympathique qui m’a attiré vers lui en premier.
Ensuite, au fur et à mesure des recherches, je me suis aperçu que ce petit boitier était, finalement, bien intéressant et relativement rare.
A la réflexion, je me dis quand même qu’au temps de l’argentique il y avait des appareils qui, sous des dehors très simples, cachaient des solutions techniques originales et performantes, à coût raisonnable.
De plus, dans ce gabarit réduit, ils avaient trouvé le moyen de placer un viseur, certes riquiqui mais suffisant.
Vais-je utiliser ce Puck ? Non car hélas le labo avec lequel je travaille ne peut plus traiter les films 127, ils leur manque une pièce, introuvable, sur leur machine.
Tant pis, il reste une belle pièce collectionnable, que je proposerai à la vente lors d’une Foire, par exemple.
Un peu de technique
Appareil compact demi-format (3×4) pour film 127 en rouleaux
Objectif Rodenstock-Trinar 4,5 cm f/3,5 ; Steinheil Cassar 5cm f/2.8, ou Staeble Kata 50mm f/2.8.
Obturateur Prontor II à fermeture centrale, B-1-2-5-10-25-50-100-250. Également avec le Compur-Rapid (jusqu’à 1/500 s) ou le Vario (B-25-75-200).
Mise au point manuelle sur l’objectif (à partir de 1 m ou 1,2m) en ajustant l’objectif avant
Viseur simple, très petit viseur
Prise flash sur l’obturateur.
Transport du film avec bouton rotatif, double fenêtre rouge pour le demi-format
Minuteur automatique
Bouton de profondeur de champ sur le dessus (sabot d’accessoires sur les versions ultérieures)
Filetage de trépied 1/4′
Support pliant
Accessoire : sac tout prêt
Dimensions, poids environ 100x70x47 mm, 360 g
Année(s) 1948-1950, probablement moins de 10 000 exemplaires au total.
Encore un que j’ai trouvé sur la brocante de Bois de Villers, un peu avant le Minox 35 AF que je vous présentais il y a quelques jours.
Autant ce dernier pouvait encore se glisser dans une poche, autant celui-ci demandera un petit sac et une bonne sangle pour le porter. Pas qu’il soit aussi lourd que le Mamiya C33 déjà vu sur le site, mais il est de cette école où le plastique était encore utilisé avec parcimonie et le métal majoritaire.
Il est en très bon état et me crée d’emblée un cas de conscience : vais-je le garder ou plutôt le Rolleiflex T type 3 ?
J’entends déjà quelques uns qui frémissent de cette question, mais vous allez comprendre pourquoi elle se pose …
Un peu d’histoire
Yashica est une marque que j’ai déjà beaucoup évoquée, en réflex (le FX-3 comme bel exemple), en compacts (le MF-2 me vient, entre autre, à l’esprit), en télémétriques (Le Lynx 5000 par exemple) et en moyens formats (ah, le Mat 124 G).
Je vais donc plutôt approfondir leur gamme en moyen format, qui mérite bien un historique.
Leur premier appareil fut le Pigeonflex (1953), très, très inspiré du Rolleicord II mais bien plus abordable financièrement. C’est lui qui donna le goût de la photographie au TLR à grand nombre de Japonais.
En 1957, Yashica améliore son premier opus et sort le Mat : un appareil très époque, car il propose l’avance du film et l’armement de l’obturateur couplé grâce à une manivelle. Ce Mat sera le premier d’une longue série qui se clôturera avec le Yashica Mat 124 G, un excellent TLR à prix encore doux pour des prestations de haut niveau.
Puisque j’évoque le terme de séries, accrochez-vous : il y eut deux grandes familles dans les reflex à double objectifs, les 66 (pour 6×6 en film 120) et les 44 (pour le 4×4, en film 127). Dans ces familles, on compte environ (parce que tous les auteurs ne sont pas d’accord) 31 modèles pour les premiers et 4 pour les seconds, mais 81 variations pour les 2 séries. Amis collectionneurs, bon amusement …
Tiens, au fait, pourquoi Yashica MAT ? Deux hypothèse se côtoient : la première dit que c’est une contraction comme une autre d’automatique alors que la seconde dit que cela serait une énième copie du terme utilisé par Rolleiflex pour son Rolleiflex Automat, … lui -même contraction d’automatique.
Rassurez-vous, je ne vais pas tout reprendre, alors voici les grandes lignes de la gamme 66 (les 44 sont plus anecdotiques et je n’en ai plus sous la main) :
les YashicaFlex, l’équivalent des Rolleicord chez Franke & Heidecke (exemple YashicaFlex S), de 1953 à 1959
les Yashica avec bouton pour l’avancement (Yashica C et D en exemples), de 1957 à 1965
les Yashica avec manivelle pour l’avancement et l’armement (celui-ci et le Yashica Mat 124 G), de 1957 à 1983
Ce qui est important à retenir, me semble-t-il, c’est la distinction entre ceux à boutons et ceux à manivelles, distinction reprise aussi chez Rolleicord et Rolleiflex . Ceux avec les boutons sont (un peu) plus simples au niveau mécanique mais n’en sont pas moins aussi bien équipé que leurs frères tant en ce qui concerne les objectifs que les obturateurs.
Encore une fois, comme chez Rolleiflex, avec même – comme là aussi – parfois des appareils à bouton qui peuvent en remonter à ceux à manivelle (combinaison objectif/obturateur plus évoluée (un bel exemple est le Yashica 635 équipé d’un obturateur Copal MXV qui monte au 1/500s et d’un objectif Yashinon de formule Tessar ouvrant à f2,8).
Que ce soit en formule avec boutons ou manivelles, ces TLR sont majoritairement en métal, très bien ajustés, et pensés pour être faciles d’utilisation.
Sans doute n’ont-ils pas l’aura du précurseur allemand mais ils ne déméritent pas en terme de qualité d’images et de fonctionnalités.
Car au fur et à mesure de l’évolution des boitiers, ceux-ci vont bénéficier de vitesses en expansion, de minuteur, de synchronisation flash, de cellule non couplée puis couplée, de compteur de vue, de griffe porte-accessoire, de baie de tailles différentes (bay 1, bay2, etc.) et de toutes une série d’accessoires utiles.
Si je devais résumer ici les TLR de Yashica, je dirais qu’ils sont un excellent choix pour débuter et/ou pratiquer le moyen format car ils sont moins onéreux que certaines marques et tout aussi efficaces à caractéristiques égales (là, je sens que je vais susciter des commentaires !).
Pour en revenir à notre Yashica Mat, premier du nom, il sera d’abord équipé d’objectifs Lumaxar de 75mm ouvrant à f/3.5, ainsi que d’un Lumaxar de75mm ouvrant lui à f/3.2 comme objectif de vision, suivis plus tard d’objectifs similaires bien qu’en version 80mm. Là encore, il existe une petite polémique car d’aucuns disent que les objectifs étaient livrés à Yashica par l’Allemagne de l’Ouest et assemblés à Nagano alors que d’autres disent qu’ils étaient fabriqués et livré par Tomioka (Japon).
Ces objectifs sont de type Tessar, composés de 4 éléments répartis en 3 groupes. Ils changeront ensuite de nom et deviendront des Yashinon
On estime que 95% de la production sera en 80mm. Autre différence, selon l’âge des appareils, les vitesses d’ouverture auront deux échelles différentes : l’ancienne échelle de vitesses – B, 1, 2, 5, 10, 25, 50, 100, 250 et 500 – puis la nouvelle échelle des unités – B, 1, 2, 4, 8, 15, 30, 60, 125, 250 et 500)
Ceci étant, l’obturateur est un Copal d’excellente réputation (MX, MXV et SV par la suite).
Le Yashica Mat et le Yashica MAT 124-G seront les deux appareils les plus vendus, tant en termes de quantité que de durée (plus de 16 ans chacun). Voilà deux maîtres achat à ne pas négliger.
Présentation du Yashica Mat
Celui que je vous présente aujourd’hui est un modèle équipé du Luxamar de 75mm ouvrant à f3,5 et f3,2 pour la visée et d’un obturateur Copal MXV. Il est sans doute issu des premières séries de 1957.
Sa présentation est on ne peut plus classique : un beau rectangle vertical, tout en métal, avec une platine qui avance selon un système à crémaillère, très fluide et assez court. Gainé de cuirette noire, celle-ci est sensible dans le temps et il n’est pas rare d’en trouver avec un revêtement un peu abimé. Ce qui n’empêche en rien l’appareil de fonctionner parfaitement, c’est juste une question d’esthétique.
Le plus intéressant sur cet appareil est bien évidemment la manivelle qui fait donc avancer le film d’une vue et arme l’obturateur : il faut la faire tourner dans le sens anti-horaire jusqu’à ce qu’elle bloque, puis revenir dans l’autre sens jusqu’au niveau du compteur de vue, où elle cale de nouveau et vous permet de remettre la manivelle dans son encoche. Vous êtes prêt à déclencher.
Mais avant, réglons la distance : vous ouvrez le viseur et regardez dans le tunnel l’image renvoyée par le miroir sur le dépoli, assez clair je trouve, et quadrillé pour une meilleure composition. Soit vous travaillez en regardant uniquement là, en tournant la molette de gauche, et arrêtez votre réglage dès que l’image est nette (et vous pouvez vous aider de la loupe fournie dans le couvercle), soit vous regardez l’échelle de mise au point situé sur le côté gauche de l’appareil (mise au point minimale de 1m à l’infini). Le diaphragme compte 10 lamelles.
Le dépoli contient une lentille de Fresnel avec un quadrillage de lignes rouges (5×5) aidant la composition. Pour une mise au point plus précise, on peut toujours sortir la petite loupe qui est sous le capot. Petite remarque en passant : la visée est de 5,5×5,5cm sur un film de 120. Les photos captées seront au format 55x55mm (dite 6×6). Le viseur est donc à 100% de la vision.
Il reste maintenant à régler la vitesse et l’ouverture. Ici le conseil est d’utiliser une cellule à main que vous réglez grâce à l’aide mémoire fourni par l’appareil (réglage de la sensibilité Asa/Din – de 5 à 400 Asa – sur la grosse molette de gauche, pour mémoire).
Ensuite, avec le petit bouton rond de gauche, judicieusement placé entre les objectifs, vous réglez l’ouverture. Petit plus non négligeable de l’appareil, le petit écran au dessus des objectifs qui reprend l’ouverture (f) et la vitesse (sec) que vous aurez choisies.
Plus besoin ici de quitter le viseur des yeux, vous voyez immédiatement les réglages prévus, juste en regardant par dessus l’objectif.
La vitesse, vous l’aurez compris, se règle avec le bouton de droite, du bout des doigts, vous permettant d’assurer une bonne stabilité à l’appareil, niché au creux de vos paumes.
Le déclencheur est situé en bas à droite du boitier. Une légère pression suffit pour déclencher et vous serez surpris du bruit très contenu de cet appareil (ce n’est pas un Praktica ni un Zenit).
Au milieu des 2 objectifs toujours, sur la gauche, le sélecteur pour la position de la synchro flash : M ou X. M étant réservé aux anciens flashs et X aux flashs plus modernes. L’obturateur étant central, il y a synchronisation à toutes les vitesses.
Attention toutefois à un point important : mettez toujours la synchro flash en position X si vous voulez utiliser le minuteur, minuteur que l’on arme après avoir tourné la manivelle d’avance et d’armement. L’obturateur possède une protection pour éviter les mauvaises manœuvres mais que vous pourriez passer (= casser) en forçant. Second conseil utile (et ça c’est LE conseil à ne jamais oublier) : si ça résiste, si ça coince, on ne force pas !
Je résume : on cadre, on ajuste la distance, on règle la vitesse et clic !
Cet appareil accepte des accessoires B1, comme le pare-soleil, utile à très utile car l’objectif n’est pas traité anti-reflet. Il existe aussi des filtres, moins courant.
Le déclencheur n’est pas fileté pour y ajouter un câble de déclenchement. En fait, il faut une petite pièce qui se vise dessus et sur laquelle vous pourrez fixer le câble.
Le chargement de l’appareil est aussi très facile : il suffit de faire tourner le verrou, en dessous, qui libère la porte, que l’on soulève vers les haut.
La bobine réceptrice se place en haut, en tirant sur la petite molette sur la gauche de l’appareil afin de bien placer le film. On tire sur l’amorce pour la glisser dans la fente de la bobine et on fait avancer le film jusqu’à la flèche marquée sur le papier du film, qu’il faut faire coïncider avec les 2 flèches rouges sur le bord de la chambre. Ensuite, on referme et on tourne la manivelle jusqu’à ce qu’elle se bloque sur le chiffre 1. Le boitier est prêt pour ses premières photos.
Lorsque vous refermez la porte, vérifiez toujours que le petit ergot fixé sur le boitier est bien pris dans la lame du verrou.
L’appareil ne possède pas de griffe porte-accessoire et pourtant, il y a bien une prise pour un flash et une discrète tirette pour la synchro de celui-ci : M pour les anciens flashs à ampoules, et X pour les nouveaux. Il faudra trouver une planchette à fixer sous l’appareil et qui portera le flash, déporté.
Et sous l’objectif qui prend la photo, une discrète tirette avec un point rouge : c’est celle de la minuterie (+/+-10sec).
Enfin, sur le flanc droit, une petite fenêtre ronde, en haut, celle du compteur de vue. Et sous l’appareil, un filetage pour le fixer sur un trépied ou pour y attacher un porte-flash.
En résumé, un bel appareil, simple, pas trop onéreux et qui offre de très bonnes prestations photographiques.
Que penser de cet appareil ?
Eh bien, j’en reviens à ma question existentielle du début : vais-je le choisir plutôt que le Rolleiflex T que j’avais mis de côté ?
En termes de fonctionnalités, ils se valent, avec – pour moi – une préférence au Yashica qui utilise un système simple de réglage de la vitesse et de l’ouverture, alors que le Rolleiflex T utilise un couplage basé sur l’indice de lumination (EVS), débrayable mais que je n’aime pas.
Ensuite, le Luxamar avec formule Tessar offre les meilleures prestations, quasi au même niveau que le Tessar et le Xénar du cousin allemand.
Finalement, j’aurais peut-être dû garder le Mat 124-G, encore un cran au dessus et avec une cellule au CdS et un objectif plus lumineux. Mais, franchement, celui-ci évite les soucis de cellules parfois capricieuses et avec un peu d’entrainement, donne d’aussi bons résultats.
Car ces appareils ne sont pas faits pour travailler dans l’urgence. Plutôt dans le moment, en réfléchissant à ce que l’on fait : cadrage, composition (le carré est une belle surface mais il faut l’apprivoiser), réglages de la vitesse, de l’ouverture. Et puis ce déclic typique, tout en douceur.
Un film de 120 autorise 12 poses sur une bobine. Il faut les savourer comme il convient et, en cas de longue sortie, prévoir son petit stock. Ensuite, quel plaisir que de découvrir les détails dont fourmillent les images captées et qui reviennent du labo !
Enfin, cerise sur le déclencheur, ces appareils n’ont pas la grosse tête et restent abordables : comptez environ 180€ pour un bel exemplaire, idéalement avec son sac tout prêt en cuir. De quoi vous laissez des sous pour acheter une bonne sangle de portage et quelques bobines de film.
Essayez, vous y reviendrez …
Vidéos d’illustration
Un peu de technique
Reflex bis-objectifs avec viseur de poitrine
Film 120 (B2-4 / B2-6 / B2-8 de 1932)
Format négatif 6 x 6 cm
Transport de films : manuel
Objectifs Luxamar 75mm f3,2 et f3,5 (prise de vue)
Obturateur Copal MVX
Vitesses : B, 1s – 1/500s
Synchro flash à toutes les vitesses, positions M et X, prise PC, pas de griffe porte-accessoires
Un matin humide de février. La météo nous promet un peu de soleil pour la fin de matinée, mais là, nous l’attendons avec impatience, il fait frais et même les plus endurcis des brocanteurs ne sont pas nombreux …
En passant devant un stand, je vois cet appareil, qui m’intrigue. Mais je constate qu’il est en mauvais état ; passons, je verrai bien si je ne trouve rien d’autre, c’est un des premiers vendeurs.
Finalement, je reviens car je n’ai trouvé que ce bel ensemble que je vous ai déjà proposé, une chambre F. Deckel et son trépied.
Je prends le petit appareil en mains et j’essaie de l’ouvrir ; impossible, il est bloqué ou il y a une manœuvre que je ne connais pas. Je me tourne vers le vendeur pour lui demander comment faire, mais lui non plus n’en sait rien. Ou plutôt, il fait les mêmes gestes que les miens pour un résultat identique : il ne s’ouvre pas.
Je lui propose que je fasse un dernier tour, le temps qu’il trouve … et un quart d’heure plus tard, il n’a pas avancé d’un iota : c’est bien le moment de négocier un tout petit prix pour ce boitier récalcitrant, et ça marche, il me le cède car il ne réussira pas à le mettre en état de vente.
Pour ma part, j’ai bien une petite idée et mon canif Suisse en poche, qui va encore débloquer la situation loin des regards …
Un peu d’histoire.
Ici encore je ne vais pas m’étendre trop longtemps, c’est une marque que j’ai déjà souvent analysée sur le site, du minuscule et moderne Vitoret EL 110 à l’ensemble exceptionnel du Bessamatic De Luxe, en passant par plusieurs déclinaisons des Vito (le Vito CD par exemple) et quelques folding de légende comme le Bessa I ou le populaire Perkeo I.
Juste rappeler que Voigtländer est sans doute une des plus anciennes marques actives dans l’optique et la photographie puisqu’elle fut créée par Johann Christoph Voigtländer à Vienne, Autriche, en 1756.
En 1850, il est un des plus grands fabricants et vendeurs de matériel photographique en Allemagne. Jusqu’au seuil de la Grande Guerre (1914 – 1918), les appareils sont des chambres portables à plaques de verre et des pliants avec film 120.
Il faut attendre les années trente pour qu’un nouveau format prenne petit à petit le contrôle du marché, le 24x36mm. Ce film répond à la demande du marché des Leica (1925), des Contax (1932), des Kodak Retina (1935). Trois formats de films vont donc encore cohabiter : les 127, le 120 et le 135. Notons qu’ils existent encore tous les trois de nos jours.
Comme d’autres fabricants, Voigtländer va peu à peu diminuer la taille de ses appareils et favoriser leur portabilité. En effet, longtemps réservé à une élite, l’appareil photo entre dans les mœurs, notamment grâce à Kodak, Agfa, Balda, Franka, Iloca, etc. qui produisent des boitiers de qualité à des prix plus démocratiques, favorisant l’achat non seulement des appareils mais aussi des films, de la chimie.
Les premiers boitiers vraiment de poche seront le Bessa (1929) et le Perkeo (1950), tous deux en format 120. Ce sont encore des pliants et lorsqu’ils sont fermés, on peut réellement les glisser dans une poche ou un petit sac. De quoi les avoir tout le temps sur soi.
Et pour répondre à la nouvelle tendance des appareils à film 135, face au Contax, ils vont proposer le Prominent (haut de gamme), les élégants Vitessa face aux Leica. Avec une bonne dizaine d’années de retard sur leurs concurrents, toutefois.
C’est donc comme une solution temporaire que ce Vito sort : il ne se positionne pas comme un haut de gamme mais comme un appareil capable de rivaliser avec les appareils 24×36 de la concurrence, comme l’Agfa Silette, les Zeiss Contessa et Contina, le Beirette, le Paxette de Braun, le Franka, etc. Des appareils de moyenne gamme destinés à répondre à la demande des amateurs toujours plus nombreux au sortir de la seconde guerre mondiale.
Ils n’ont rien révolutionné et plutôt pris le même chemin que leurs concurrents, à savoir un appareil pliant mais au format 135. Une sorte de Bessa et Perkeo mais en modèle réduit.
Maintenant, pour avoir choisi ce nom ? Vito signifie éviter en latin. Quoi, une perte financière, une aura, … on ne le saura sans doute jamais mais c’est finalement un nom qu’ils vont utiliser une bonne vingtaine d’années, avec toutes les déclinaisons ultérieures du Vito premier du nom.
De fait, il y a deux grandes catégories chez les Vito : les pliants, introduits dès 1939, marqués ensuite en chiffres romains de II, IIa à III (et non, il n’y a pas de Vito I car à l’époque, étant le premier, il ne devait pas être nommé comme tel).
Le tout premier Vito était prévu pour le film 828 de Kodak (voir le Kodak Pony), qui était un film non perforé au format 28x40mm. Seulement, la guerre est passée par là et ce type de film a été abandonné par Kodak et … Voigtländer, qui a opté pour le 135.
Les Vito II et IIa étaient encore forts proches du premier du nom, seule l’esthétique changeait mais ils étaient tous les deux des appareils avec un simple viseur. Par contre, le Vito III était un télémétrique.
Le premier Vito et les numéros deux étaient équipés d’un objectif Skopar ouvrant à f3,5 tandis que le troisième recevait un objectif Ultron ouvrant à f2.
Quant à la seconde catégorie, c’est celle des Vito compacts et rigides dont je vous ai déjà présenté quelques exemplaires (comme le Vito CLR, le Vito CSR, le Vitoret, le Vitomatic IIa, par exemple)
Les Vito étaient les appareils destinés aux amateurs, même s’il y en eut de très beaux et complets, tandis que les Vitessa étaient des milieux de gamme et les Prominent, hauts de gamme, destinés aux professionnels. Il y eut encore des réflex mono objectif comme les Bessamatic et Ultramatic.
Finalement, en 1956, Voigtländer sera racheté par Carl Zeiss AG et Zeiss Ikon, qui cessera la production d’appareils photo en 1971. La gamme Vito, sous toutes ses appellations, sera sous licence, ce qui permettra de la relancer dans d’autres formats comme le 110 par Rollei (Vitoret 110) ou dans l’éternel format 135 par Balda (1980) et même Samsung (1990).
Présentation du Vito, premier du nom
Les premiers Voigtländer Vito sont produits en 1939 et lorsque la guerre éclate, tout s’arrête. Il faudra attendre 1947 pour que les appareils reviennent sur le marché, avec quelques modifications, notamment l’obturateur qui passe du Compur initial au Prontor. L’objectif de 50mm possède une particularité : un filtre jaune est monté autour de lui, avec une charnière, qui permet de le relever si on n’en a pas besoin. Cette formule n’existe que sur les appareils d’avant guerre.
L’objectif reste un Skopar, dérivé du Zeiss Tessar (ça pouvait être pire !). On peut classifier les modèles de cette manière :
Voigtländer Vito (appareils photo en chiffres romains) 1939 – 1947 Vito II (1950) Vito III (1951) Vito IIa (1955)
Le deuxième du nom se distingue par un capot plus large où le viseur est intégré (plus de saillie). L’objectif était alors un 50mm ouvrant à f3,5 qui reçoit la mention Color-Skopar et il reçoit soit un obturateur Prontor, Prontor II, Prontor S (vitesse maximale de 1/300s) ou un Synchro-Compur, voire un Compur-Rapid (vitesse maximale de 1/500s). Il recevra par la suite une griffe porte-accessoire dite froide (sans contact).
Le Vito IIa reprend l’objectif du II mais il ne garde qu’un bouton sur le capot (au lieu de deux) et son viseur est agrandi.
Le Vito III opte pour un plateau rabattable au lieu de deux charnières latérales pour l’ouverture/fermeture pliage. Cette fois, il est un télémétrique, couplé avec un objectif Ultron de 50mm ouvrant à f2, qu’il partage avec le Vitessa et le Prominent.
Comme signalé plus tôt, l’appareil initial est prévu pour le film 828, qui donne un négatif de 30x40mm, négatif qui n’est pas perforé et donc il n’y a pas d’engrenage d’entrainement sur le pignon.
Celui que je vous présente a, semble-t-il bien, souffert :
la cuirette, qui n’était déjà plus d’origine (les noms embossés dedans n’apparaissaient plus) et elle était décollée un peu partout quand pas tout à fait disparue. Je l’ai remplacée par un cuir synthétique coupé sur mesure
l’objectif est un Skopar de 50mm ouvrant à f3,5
l’obturateur est un Prontor II mais la vitesse maximale est de 1/200s
Il faut absolument l’aider pour faire sortir le combiné objectif/obturateur
le déclencheur est débranché (et impossible de démonter car tout est riveté)
il faut lui demander très gentiment pour le rentrer dans le boitier et il ne le fait pas de bonne grâce
il manque un minuscule ressort de rappel, impossible à remettre sans démontage
Bref, je vous le montre mais il n’est plus fonctionnel (j’en ai profité pour le démonter, au cas où, mais impossible de le réparer).
Sa forme n’est pas sans rappeler le Weltix (deux articles) ou le Zeiss Ikonta 522/24, voire le Kodak Retina IIIc : ils ont tous sensiblement la même compacité, le même système d’ouverture et l’unité de film, le 135.
Mais commençons par le début :
Sa forme est assez épurée : un petit capot avec de chaque côté une roue (à droite, l’avance du film ; à gauche, le rebobinage du film, l’avance rapide, l’éjection de la cartouche) et au milieu, le viseur légèrement en saillie. Entre la roue de droite et le viseur, le compteur de vue.
Le viseur est de type galiléen inversé, vraiment pas grand (5mm x 2,5mm) mais lisible (mais on n’y voit que la moitié de l’image réelle). Vous aurez remarqué qu’il n’y a pas de griffe porte-accessoires, pourtant il y a une prise PC sur le combiné objectif/obturateur, un clip était en option. A partir du numéro deux, deux rivets ajoutés à la face avant vont permettre de clipser l’accessoire particulier.
Passons au dos du Vito. Sous la pièce basculante, vous verrez une roue dentée. C’est elle qui permet de régler le compteur de vue et si cette pièce est soulevée, elle vous permet de rebobiner le film dans sa cartouche.
Voyez le petit pont, sous la roue d’avance : il sert à fixer une dragonne, l’appareil n’étant pas muni d’œillets pour le faire.
Par dessous, un filetage pour un trépied, un petit bouton, celui qui sert à déverrouiller la porte avant. Notez bien que même si tout va bien, elle ne s’ouvre pas complétement, il faut l’aider à aller jusqu’au bout et tirer sur l’ensemble pour le verrouiller à sa juste place.
Si vous regardez bien, vous verrez aussi 3 petits pieds (le 3ème est sur le bas de la porte) qui permettent de placer l’appareil bien à plat sur une surface solide. Utile, en combinaison avec le minuteur, pour les photos de groupe.
Une fois la porte ouverte avec votre aide, le combiné objectif/obturateur sort et se place en bonne position.
L’objectif est bien marqué Skopar, de 50mm et d’ouverture f3,5. L’obturateur est un Gauthier (voir le logo en face du nom) Prontor II. Au sujet de la lentille, quelques remarques utiles je pense : elle n’est pas traitée contre les reflets et est plus spécifiquement prévue pour le N/B. La mise au point minimale est de 1m jusque l’infini. Deux repères pour l’hyperfocale sont notés sur le pourtour : à f5,6, net de 5m à l’infini et à f16, net de 2,5m à l’infini).
L’obturateur propose des vitesses de 1/5, 1/10, 1/25, 1/50, 1/100 et 1/200s, plus une pose B et une prise PC mais sans indication de la vitesse de synchronisation, sauf ce tableau :
Le petit levier avec un point rouge est celui du minuteur, qui fait ce qu’il peut et est assez fantaisiste pour le temps, quand on arrive à l’actionner. Petit rappel à ce sujet : d’abord armer l’obturateur (le levier au dessus, à faire basculer vers l’avant) puis actionner le minuteur (à pousser dans le sens horaire), puis déclencher. Normalement, on peut déclencher l’appareil en appuyant sur la barre fixée au dessus de la porte, ou avec un câble fileté. Ici, rien ne fonctionne, à cause de ce f … ressort qui a mis les bouts !
Le dos de l’appareil s’ouvre en tirant vers l’arrière le bord noir, qui est le verrou. Bien le soulever et le rabattre quand vous fermez le boitier pour éviter les mauvaises surprises.
La chambre de cet appareil est déjà au format 24×36 mais les pignons ne sont pas munis de roue pour le guidage du film. Seule la fente de la bobine, large, va guider celui-ci, aidée par la plaque de pression sur la porte.
J’ai aussi lu chez quelques auteurs qu’il était bien possible que l’on ait utilisé du film en cassette rechargeable (comme chez Zeiss Ikon et Leica par exemple). Dans ce cas, il ne faut pas rebobiner le film, celui-ci entrant dans la cassette réceptrice au fur et à mesure. La molette se soulève d’ailleurs pour permettre de glisser soit une cassette, soit une bobine dans la chambre.
Puisqu’il n’y a pas de roue d’entrainement du film, le compteur de vue fonctionne avec un palpeur rattaché, je pense, à la roue d’avance du film.
Ce qui me fait aussi me poser une question, n’ayant pas de boitier de 1939 sous la main : si on pouvait utiliser du film 828, c’est-à-dire un film enrobé par un papier, comme le film 120, un compteur de vue n’est pas nécessaire mais il devait y avoir une fenêtre rouge au dos pour lire les numéros de vues. Qu’en pensez-vous ?
Que penser de cet appareil ?
Honnêtement, je suis déçu, car j’aime bien ces petits boitiers qui se glissent dans une poche. Mais ici, rien à faire, je ne sais pas le réparer : outre le petit ressort qui a pris la clé des champs, le mécanisme du déclencheur est usé et abimé au point qu’il faudrait refaire la pièce pour le réutiliser.
Comme je le soulignais ci-avant, je l’ai démonté pour essayer de trouver une manière d’atteindre le mécanisme du déclencheur ou, à tout le moins, voir comment cela fonctionnait Je vous livre ici les images :
Reste que la valeur de ce Voigtländer Vito ne vaut pas tout ce travail. Par contre, il fait un joli et peu encombrant presse-papier sur un bureau.
Ceci étant, pour ceux qu ont la chance d’en avoir un fonctionnel, c’est un chouette petit appareil typique des années 40 et 50 (pour les suivants), facile à employer et donnant de bons résultats, nous sommes quand même chez Voigtländer !
Vidéo d’illustration
Un peu de technique
Viseur : Simple viseur newtonien inversé – montre l’image à environ la moitié de la taille naturelle. Pas de lignes de cadre ni de marquages de parallaxe.
Mise au point aidée par l’échelle de profondeur de champ gravée sur le fut de l’objectif
Objectif : Skopar de 50mm f/3.5 (4 éléments répartis en 3 groupes). Sans revêtement contre les reflets
Filtres à pression de 31 mm ou 29 mm selon le modèle
Mise au point minimale : 1m.
Diaphragme : f3.5 à f16. Dix lames.
Obturateur : obturateur Prontor II (B, 1/5, 1/10, 1/25, 1/50, 1/100 et 1/200s). Minuteur et prise flash
Prise filetée standard à côté du déclencheur d’obturateur.
Taille : 125 x 71 x 39 mm (L x H x D) lorsqu’il est fermé.
Première journée printanière ce 1er mars 2026, avec du soleil en plus ! L’idéal pour faire l’une ou l’autre brocante extérieure, même si celles-ci sont encore rares.
Sur la brocante permanente de Bois de Villers, j’ai trouvé quelques appareils intéressants, que je vous réserve sous peu mais ici, c’est à Jemeppe-S-Sambre que je l’ai trouvé.
Il trônait dans une vitrine à côté de quelques Minolta 16 et d’autres plus classiques, dont un Canonet 28 première génération mais qui ne m’inspirait rien.
J’ai donc jeté mon dévolu sur ce petit appareil. Après avoir manipulé une chambre, c’est reposant.
Un peu d’histoire
Cette partie a déjà été abordée lorsque je vous ai présenté les Minox B, LX et le Minox 35 GT. Car non content d’avoir fait des trous dans les poches des espions avec les 2 premiers cités, ces personnages de l’ombre vieillissant aussi, on leur à construit des appareils plus adaptés à leur vue déclinante, les 35 qui utilisaient du film 24x36mm.
Les deux premiers utilisent un film toujours produit, le 8x11mm, très petit, alors que les Minox 35, comme je l’écrivais, utilisent du film classique, le 24×36. Dès lors, les appareils ont pris de l’embonpoint, quoique, parlant d’un Minox, c’est presque une insulte !
Ces derniers se glissent toujours dans une (plus grande) poche mais restent étonnamment petits dans le monde de l’argentique. Leur grand rival étant le Rollei 35, tout aussi compact une fois fermé mais qui les dépassait lorsqu’il fallait sortir l’objectif pour le mettre en batterie.
Bref, de 1974 (Minox EL, le premier de la gamme) jusque 2004 (Minox GT-S), ils sont restés les lilliputiens du film 135.
Toutefois, si à l’époque ils étaient des concentrés de technologie, celle-ci les a rattrapé et dépassé avec, par exemple, l’autofocus. Que Minox a tardé à faire entrer dans ses petits appareils. Il faudra attendre la Photokina de 1988 pour qu’ils sortent celui que nous allons découvrir, le Minox 35 AF (soit près de dix ans après Konica, Minolta, Canon et consorts).
C’est aussi le premier de la gamme 35 a perdre sa porte basculante et son objectif sortant.
Disons le tout de suite, ce modèle est le mal aimé de la bande car son design change et il n’est plus considéré comme un sub miniature du fait de son élargissement dû au module autofocus. Oh, il n’est pas beaucoup plus grand (107.5x68x41 mm contre 100x61x31mm), mais que voulez-vous, les histoires de famille … Ils ont été jusqu’à l’exclure de l’arbre généalogique !
Il ne démérite pas, toutefois on ne retrouve pas la compacité solide des modèles 35 avec abattant, qui sont construits dans un plastique spécial, très résistant (le makrolon renforcé de fibres de verre) alors que l’autofocus est dans un autre plastique (Novodur renforcé par fibre de verre).
Tiens, au fait, savez-vous pourquoi la majorité des Minox 35 est de couleur noire matte ? Tout simplement à cause de la fibre de verre incluse dans le Makrolon ou le Novodur. Car celle-ci est brillante et peut refléter la lumière. C’est pourquoi on ajoute une teinte noire matte afin de contrer ces effets indésirables.
D’autres Minox autofocus seront produits, le Minx AF-90 (1990) et le Minox AF Mini (1994), mais leur design sera tout à fait différent de celui des originaux et – mais c’est très subjectif – nettement moins attrayants.
Avant de vous présenter ce 35 AF plus en détail, sachez que Minox sera repris par Leica en 1996.
Présentation du Minox 35 AF
Hormis les puristes qui lui reprochent ses 0,0007×0,0007×0,0010m de plus que ces frères, il reste compact et facilement mettable dans une (grande) poche ou un petit sac.
Et si on peut regretter que l’objectif ouvre maintenant à f3,5, on gagne quand même en profondeur puisqu’il passe au 32mm (quatre éléments en 3 groupes, avec filtre lumière intégré pour réduire le flare). En photo de rue, c’est toujours utile. S’il est 1cm plus épais, c’est aussi parce que l’objectif ne sort plus, le mouvement étant remplacé par le travail de l’autofocus.
C’est un appareil fait pour vous simplifier la vie : le sigle DX signale qu’il lit le codage des bobines et règle la sensibilité de la cellule en fonction (de 100 à 640 Iso. A défaut de codage, réglage à 100 Iso) ; c’est un appareil à exposition automatique, avec des vitesses de 1/30s à f3,5 et 1/500s à f11 ; en cas de faible luminosité, l’obturateur se verrouille si on descend sous le 1/30s ; la plage de réglage de l’autofocus est matérialisée par un petit cercle au milieu du viseur. L’autofocus est fiable mais moins rapide que ce à quoi nous sommes habitués de nos jours, sans être rédhibitoire.
Petit détail, celle de la petite fenêtre ronde à côté de l’objectif, qui est celle de la cellule. Comme il est possible de viser des filtres devant l’objectif (discret filet devant), elle ne tiendra pas compte des effets de ceux-ci, qu’il faudra compenser d’une manière ou d’une autre.
Pour gérer l’électronique embarquée, il faudra le nourrir de 4 piles LR44 (soit 6v). Le compartiment demande un peu d’habitude pour l’ouvrir facilement et le marquage n’est pas clair car on pourrait penser qu’il suffit de mettre une pile alors qu’il faut bien 4 LR 44, à moins que vous n’optiez pour deux CR1/3 de 3v (plus chères)
Ensuite, si la lumière est vraiment trop faible, vous pouvez toujours utiliser le flash qui lui est dédié, le Minox AF-F : il se fixe sur le dessus en glissant d’abord les griffes dans leurs encoches puis le clip à ressort de l’autre côté. Comme il est assez haut au dessus de l’objectif, on évite généralement les yeux rougis de vos sujets.
Que peut-on ajouter ? Que le boitier possède un minuteur de 10 secondes, un testeur de batterie (la lampe verte à droite du viseur) et d’une diode rouge qui signale si la vitesse est trop faible et qu’il faut recourir au flash.
Le viseur est grand et clair pour un si petit appareil, avec cadre lumineux et correction de la parallaxe. Au centre, le rond qui indique si la mise au point est bonne. Presque du luxe.
Autre changement dans cet appareil : le dos ne s’escamote plus en entier mais il est monté sur charnière. Un discret verrou, sur la tranche gauche permet de libérer celui-ci. La chambre est inchangée si ce n’est que le compartiment des piles est maintenant en dessous du boitier.
Le déclencheur, toujours rouge ici, a une forme un peu étrange car elle épouse l’arrondi du dessus, ce qui le rend moins agréable au toucher. Ce dernier est toujours aussi léger et il n’est pas rare d’avoir l’impression que l’on n’a pas appuyé assez fort.
Dernier point à ne pas négliger cependant, l’interrupteur qui se trouve sur le côté droit de l’objectif, à remettre sur OFF en fin de session de photos, pour économiser les piles, quoique l’appareil s’éteigne automatiquement après 10 minutes d’inactivité.
Que penser de cet appareil ?
S’il ne se glisse plus dans une poche de chemise, il nous offre l’autofocus et ça me va bien. En effet, comme ma vue baisse, je ne sais plus utiliser un 35 classique sans mes lunettes, ce qui n’est guère pratique, ni discret en photo de rue.
Il pourrait être un peu moins bruyant mais ce n’est pas encore catastrophique (on est loin du Zenit 122 !).
Et même si les puristes de la marque ne l’aiment pas, il n’est pas si moche que ça (c’est toujours subjectif), on a déjà vu pire.
Au niveau fonctionnalité, je préfère utiliser des piles CR1/3 car elles demandent moins de manipulation (rien de plus agaçant qu’une LR44 qui se place systématiquement à l’envers !).
Ici, pas besoin de correction puisque le boitier était prévu pour des piles alcalines.
Ce qui peut être pénalisant, c’est qu’on ne sait pas ce que l’appareil choisit comme combinaison pour capter une photo, mais comme il le fait bien et que je pars du principe qu’il ne faut pas toujours essayer de tout comprendre, cela me convient.
Bref, un petit compact original, moins connu que ses frères et/ou cousins, mais qui fait le job pour lequel on l’a créé : faire des photos, et bien.
Pour vous donner une idée de ce dont il est capable, voyez ICI.
Objectif : Minoxar 32 mm ƒ/3,5 (4 éléments, 3 groupes, style Tessar). Mise au point : Autofocus actif à 4 zones, de 0,7 m à l’infini. Déclencheur : 1/30 à 1/500 s. Mesure : EV 8 à 16 avec film ISO 100. Si la vitesse d’obturation requise est inférieure à 1/30 s, l’obturateur est verrouillé jusqu’à ce que le flash soit fixé. Flash : Flash dédié à clip AF-F. Minuteur 10 secondes. Film codé DX de ISO 100 à 640. Film non-DX réglé à ISO 100. Transport du film : levier manuel, manivelle de rebobinage Alimentation : 2 x cellules CR1/3. Dimensions : 107x68x41 mm, 190 g. Fabriqué en Allemagne en 1988
Cette chambre, c’est à la braderie d’Amiens que je l’ai trouvée, un peu seule sur un stand où grouillait plein d’objets sans rapport avec la photographie.
Il lui manque la partie avec le dépoli arrière mais j’ai un beau magasin pour plaque de verre. Peut-être chercherais-je la partie manquante, si elle présente un intérêt.
Car c’est souvent l’enjeu d’un tel achat : découvrir par après son histoire, son intérêt pour l’histoire de la photographie.
Un peu d’histoire.
Je pense pouvoir me dispenser d’encore vous présenter Zeiss Ikon, pour lequel j’ai déjà écris quelques articles, sur des folding ou des réflex.
Juste revenir sur un point : La Zeiss Ikon AG est le résultat d’une fusion industrielle des plus grands acteurs allemands de la photographie, de l’optique et de la mécanique de précision.
C’est Carl Zeiss qui en est l’instigateur et l’actionnaire majoritaire. Celle-ci se fera sur plusieurs années et débute en 1909 avec la fusion de Hüttig (Hüttig AG, fut pendant un certain temps le plus important fabricant européen d’appareils photographiques – 1860 – 1909), Krügener (Dr Rudolf Krügener, Laboratoire photochimique et usine d’appareils photographiques Frankfurt-Bockenheim. Un atelier interne de meulage de lentilles et un département de production de photochimiques complétaient l’usine – 1887 – 1909), Wünche (fabriquant d’appareils photo à Dresde – 1887 – 1909) et Carl Zeiss, dans une entité appelée ICA (Internationale Camera Actiengesselschaft).
Ensuite, en 1926, ICA (Dresde) fusionne avec l’Institut d’optique CP Goerz AG (Berlin), Contessa-Nettel AG (Stuttgart) et Ernemann-Wercke AG (Dresde).
La société est fondée par un transfert d’actifs à Goerz AG, qui prend le nom de Zeiss Ikon AG et établit son siège social à Dresde.
Pourquoi Zeiss Ikon ? Puisque la société sera active dans la photographie, elle emprunte au mot grec eikon (εἰκών) ou ikon en allemand, qui veut dire image ; et Zeiss pour rappeler le rôle de Carl Zeiss dans l’aventure.
Le premier catalogue des produits sera proposé dès 1927 et on y retrouve encore de nombreux produits des sociétés fusionnées. Fusion qui sera terminée en 1928 avec l’intégration des anciennes filiales de Goerz.
Tout ceci pour expliquer pourquoi cette chambre s’appelle Simplex, que Zeiss Ikon a souvent utilisé pour des appareils différents mais bien souvent destinés à être des entrées de gamme. C’est un nom qui est hérité de chez Ernemann en fait.
Cette chambre est un véritable exercice de style pour réduire les coûts de fabrication et de vente (leur prix sera inférieur à celui des box Kodak de même format) :
le corps est en bois
l’abattant est en métal
pas de ciseaux pour l’ouverture de l’abattant mais bien deux replis simples
un goujon glisse dans une rainure creusée dans le corps en bois.
Zeiss Ikon corrigera rapidement cette construction, peu fiable et ajoutera de vrais ciseaux pour tenir l’abattant et deux rainures seront posées sur le métal pour faire glisser le combo objectif/obturateur. Un levier, en bout de course, permet de régler la distance.
Le chariot qui supporte le combiné objectif/obturateur est en une seule pièce de métal embouti. La surface sous le combiné porte le logo de la marque, lui aussi embouti dans la tôle et bien visible.
Enfin, les objectifs – des Frontar ou Novar – et les obturateurs – ici un Zeiss Ikon ou des Derval – sont tous des bas de gamme. Tout est bon pour diminuer les coûts et maintenir le prix de vente très attrayant.
La chambre Simplex est déclinée en 6,5 x 9cm et en 9 x 12cm. Elle est essentiellement destinée aux débutants et aux amateurs.
Mais même si on a rogné sur les coûts de fabrication, la réputation de Zeiss Ikon ne saurait souffrir un appareil qui n’inspire pas la solidité, ce qui explique le plastron massif qui porte le combiné objectif/obturateur et le célèbre logo, sans oublier le gros viseur orientable.
Présentation de la chambre Zeiss Ikon Simplex 112/7.
Comme souvent avec ces anciennes chambres, on à l’impression d’avoir devant soi une boite rectangulaire, toute noire, du moins quand elle est fermée. Hormis la discrète lanière en cuir sur le dessus, tout est quasi lise, un brin mystérieux car si on n’a pas l’habitude, on cherche longtemps comment ouvrir cette boite à secrets.
Si vous regardez bien, presque sous la lanière de portage, il y a un léger renflement dans le cuir noir. C’est le très discret bouton qui permet de libérer le verrou qui tient l’abattant.
Ici, il ne faut pas aider celui-ci à s’ouvrir, preuve que la chambre est propre. On tire l’abattant bien à plat, jusqu’au clic des deux ciseaux qui assurent le blocage de l’ensemble. Et dans le fond de la boîte, on aperçoit le fronton noir, avec l’objectif au centre.
Première micro crainte : comment bien placer les bords du combiné sur les deux rails chromés ? Avec un peu de patience, c’est vite chose faite et il reste alors à tirer sur le soufflet jusqu’à ce que ce dernier se bloque, un tenon s’étant pris dans un ressort posé à l’extrémité de l’abattant.
Pour refermer l’ensemble, il faudra bien évidemment tout débloquer et rentrer jusqu’au bout la chambre dans sa boite avant de repousser l’abattant à sa place.
Sur cet exemplaire, l’objectif est un Frontar de 14cm ouvrant à f9, dont la mise au point minimale est de 2m jusque l’infini. Les ouvertures sont limitées au f9 -16 -32. On règle celles-ci avec le curseur sous le combiné.
L’obturateur doit être un Derval quoiqu’il soit marqué Zeiss Ikon. Les vitesses sont elles aussi réduites : 1/25 – 1/50 – 1/100 plus une pose B et une T. Autre particularité : comme pour les box Kodak (par exemple), il n’y a pas d’armement préalable. Lorsque vous actionnez le levier, l’obturateur s’ouvre à la vitesse choisie, directement.
Sur le dessus du plastron métallique, un gros viseur, orientable, autorise une visée, heu … approximative. Mais qui me fait penser qu’il n’y avait sans doute, in fine, pas de dépoli sur ce type de chambre simplifiée et que la visée se faisait à hauteur de poitrine. Cependant, chez Collection-appareils ils mentionnent un dépoli pour la visée, en plus de ce viseur redresseur. Quelques exemplaires auraient aussi eu droit à un petit niveau à bulle, placé sur l’abattant.
L’ajustement de la distance se fait avec le bouton situé sur le demi-cercle au bout du rail. Là aussi, les distances sont inhabituelles : 2m – 3 – 4 – 7 – 15 – infini.
Passons à l’arrière de la chambre maintenant. D’abord, ce qui frappe, c’est l’espèce de boite métallique accolée à l’arrière, avec ce panneau qui ressort, invitant à tirer dessus.
C’est en fait une simple feuille de métal noir, qui sépare la chambre (soufflet) du châssis dans lequel était déposé une plaque de verre enduite d’une substance sensible à la lumière.
Cet ensemble peut s’ôter en dégageant un verrou, sur le côté gauche, et c’est tout le dos qui se retire, dégageant l’intérieur du soufflet. Deux autres verrous, à pousser, permettent d’ouvrir le couvercle métallique pour y introduire une plaque de verre.
Celle-ci est au format 9x12cm, qui généralement se tirait par contact, la taille du négatif étant assez grande que pour restituer sans agrandissement l’image captée.
Si le soufflet de la chambre est en parfait état, je vais remplacer les bandes de feutrines qui préservent de la lumière le dos. Après autant de temps, c’est normal.
Ah oui, parce que je ne vous ai pas encore précisé que cette chambre Zeiss Ikon Simplex date de 1929. Elle est presque centenaire … et toujours fonctionnelle. Parfois je me demande ce que ferons nos arrières-arrières petits enfants en découvrant nos hybrides d’aujourd’hui !
Que penser de cette chambre ?
Des appareils bas de gamme comme ça, j’en veux bien tous les jours !
Bien évidemment, ce n’est pas un appareil facile, au sens où vous devrez tout faire vous-même pour en tirer le meilleur, y compris porter un trépied car c’est délicat à utiliser à main levée.
Pourtant, c’est un appareil simple : une bonne cellule à main pour déterminer l’ouverture et la vitesse fonction de la sensibilité de vos plaques, quelques réglages et hop, c’est dans la chambre.
Ensuite, c’est là que ça se complique car il faut retirer la plaque, la mettre à l’abri de la lumière jusqu’à son complet développement, puis remettre une plaque vierge dans le châssis pour la prochaine image.
Je vous joins une petite vidéo qui illustre comment préparer le support de la plaque de verre. Et comme nous en parlions lors de la Foire de Villers Bretonneux, le plus simple est de récupérer d’anciennes plaques devenues illisibles, que vous aller nettoyer parfaitement avant de l’enduire de solution photographique. Les plaques peuvent être réutilisées à l’envi mais n’oubliez pas alors de scanner vos négatifs (vos plaques développées). £Trouver des plaques n’est plus choses aisée de nos jours.
Vidéo d’illustration.
Je n’en ai pas trouvé sur cette chambre en particulier mais cette vidéo est assez instructive :
Un peu de technique.
Chambre Zeiss Ikon Simplex 112/7
Objectifs : Novar 13cm ouvrant à f6,3 avec mise au point de 80cm à l’infini ou Frontar de 14cm ouvrant à f9 avec mise au point minimale de 2m jusque l’infini.
Obturateur : Derval 1/25 – 1/50 – 1/100s plus poses B et T, sans armement préalable
Diaphragme en iris
Viseur redresseur de poitrine et dépoli sur châssis arrière
Mise au point par déplacement sur rail
Format 9×12 ou 6,5 x 9cm
Fabrication : bois recouvert de cuir et plaque métallique pour l’abattant ; métal pour le fronton porte combiné
Aïe, je vieilli … je ne me souviens plus où je l’avais acheté celui-là !
A le voir, c’est sans doute son apparence très propre qui m’a fait me pencher sur lui et dans un second temps, le nom de l’appareil, que je ne connaissais pas.
Et puis, ayant ouvert le beau sac tout prêt en cuir, presque neuf, il y avait le nom de son propriétaire inscrit au Dymo, ce qui pour moi ajoute toujours un certain charme à ces découvertes car c’est bien la trace qu’il aura permis à quelqu’un de faire des photos.
Mais partons à sa découverte …
Un peu d’histoire.
C’est un certain Illing, de Hambourg (Allemagne) qui initie l’histoire de ces appareils. D’abord connue sous le nom de Ilca (Illing Camera contracté en Ilca – 1948), elle fabriquait des appareils 35mm.
Dès 1949, elle est reprise par un autre hambourgeois, Wilhelm Witt, qui change le nom en Iloca Kamera Werk (on trouve parfois des appareils siglés Jloca, la lettre J permettant de distinguer le l minuscule qui suivait).
Au début, elle fabrique toujours des appareils photo en 35mm, équipés d’objectifs eux aussi construits par la firme dans son usine de Göttingen. Ensuite, elle fera appel à des opticiens tiers comme Steinheil München et Rodenstock.
A ses débuts la société fabriquait encore essentiellement des appareils stéréo, qui avaient connu de beaux jours avant guerre mais n’étaient plus trop d’actualité dans les années cinquante.
De fait, on peut essayer de classer en trois catégories les appareils produits par Iloca :
des appareils à simples viseurs et des télémétriques (Iloca, Iloca Rapide et Quick). L’avance du film se faisait à l’aide d’un gros bouton rond qui, parfois, armait aussi l’obturateur (Iloca Quick). Le Rapid introduit un levier d’armement, plus facile à utiliser.
des appareils stéréo, aujourd’hui très recherché mais décalés à l’époque. Les clients préféraient acheter des appareils plus modernes
les modèles électriques comme le Iloca Electric, l’Iloca Aut-O-Matic et l’Iloc Auto-Electric. Ceux-ci étaient équipés de moteur électrique pour l’avance des films et il y eut même un posemètre embarqué. Trop en avance sur leur temps et, surtout, l’entreprise n’avait plus la surface nécessaire pour percer dans ce domaine
Sa production était tournée vers l’exportation ou la fabrication en produit blanc pour d’autres marques et/ou de gros importateurs comme Roebuck Company (gamme Tower), Sears, Montgomery Ward, Agfa, Graflex et Argus.
On retrouve ainsi les modèles sous d’autres noms :
Iloca Rapid B devenu Sears Tower 51
Iloca Rapid IIL devenu Tower 52 et 53
Iloca Stereo IIa dans le rôle de Sars Tower Stereo
Iloca Electric comme Graflex Graphic 35 Électrique
Iloca Rapid pour David White Realist
Iloca IIL comme Argus V-100
Iloca rapide IL comme MPP Iloca
Iloca Quick dans le rôle de Kaufhof Reporter
Un mélange de modèles pour les distributeurs Richard en Suisse et Atlantique en Suède.
La marque Photrix lui est propre, même si elle fut, semble-t-il, considérée comme une marque du distributeur Montgomery Ward, car elle se retrouve aussi associée à un autre distributeur, Suisse celui-là, Richard.
L’entreprise ne s’en tirait pas trop mal et de 1950 à 1959, elle a produit quelques beaux boitiers, dont une première mondiale avec le Graphic 35 Electric, le premier 35mm avec moteur électrique intégré (1959). Un appareil qui eut beaucoup de succès outre atlantique.
Hélas, elle fut la victime collatérale (un mot à la mode de nos jours) d’un conflit entre Zeiss Ikon et Voigtländer pour l’obtention de nouveaux obturateurs automatiques. Une grosse commande de 3.000 exemplaires lui fut refusée car ces grands groupes firent sans doute pression sur la F. Deckel GmbH afin qu’elle ne livre pas ces nouveaux obturateurs Compur automatique.
C’est dommage car l’entreprise adoptait des méthodes modernes pour la fabrication de ses produits. Son éthique d’entreprise était de produire en masse des produits en utilisant des matériaux aux meilleures propriétés pour obtenir la meilleure qualité au coût le plus bas.
Elle avait investi de grosses sommes pour la recherche et le développement de ses produits et dans la mesure du possible, elle fabriquait tout en interne pour éviter, justement, les soucis d’approvisionnement et pour réduire ses coûts (frais de transport et de livraison). Cela lui permettait aussi d’éviter les problèmes de qualité et de fixer elle-même ses propres contrôles. La seule exception fut celle qui lui fut fatale, celle des obturateurs.
L’inévitable se produisit et la faillite fut prononcée au printemps 1960, période à laquelle Agfa acquit la société.
Fin de l’histoire …
Présentation du Photrix B Richard.
Dans la pochette liée au sac tout prêt, un pare-soleil
C’est un télémétrique fabriqué en 1955, très proche du Quick B de chez Iloca. En fait, le nom Richard y était ajouté et son objectif était différent du modèle original.
Ce qui est intéressant sur ce modèle, c’est la juxtaposition des noms Photrix et Richard : le premier était réservé à l’exportation US et le second est un distributeur Suisse. Quelques uns l’assimilent à un Rapid B mais sa structure est bien celle d’un Quick B.
En effet, si le Quick B partage son boitier de base avec le Rapid B, très différents des précédents Quick et Quick A, le bouton d’avance du film est dépourvu d’un levier d’avance rapide typique du Rapid B. Le télémètre est celui du Rapid B mais son objectif est un objectif anastigmat asymétrique à 4 éléments Ilitar 50mm ouvrant à f2,8 de style Tessar (Cassar habituellement sur Rapid B, qui a eu pourtant quelques montes dans cette configuration).
Le Quick B intègre aussi le nouveau mécanisme de déplacement de l’objectif : la mise au point se fait grâce à une vis hélicoïdale plutôt qu’un élément tournant des modèles précédents.
Ce Quick B est une révolution plutôt qu’une évolution des Quick antérieurs : outre ce que nous venons de voir, l’image du télémètre est plus grande mais ne bénéficie toujours pas de cadre gravé. Mais à côté de cela, il ne bénéficie que du Prontor avec une vitesses maximale de 1/300s, qui lui offre cependant une synchro flash M et un minuteur.
C’est étrange d’écrire cela en 2026 mais les acheteurs de cet appareils le préférait au Rapid-B, jugé pour l’époque trop en avance avec son levier d’armement. Pour certains, il était vraiment représentatif des appareils tels qu’on les concevait dans les années cinquante. Ah, l’éternelle querelle des Anciens et des Nouveaux …
Remarquez le nom de son propriétaire, marqué au Dymo. Un petit détail comme je les aime.
Son boitier, en métal moulé, ses garnitures en cuir, son sac tout prêt en cuir lui donne un aspect rassurant, solide. Il était d’ailleurs très bien construit.
Son télémètre est couplé et il et assez clair, avec un beau carré jaune/orangé pour le réglage de la coïncidence des images.
Vu du dessus, on peut constater qu’il offre ce qu’il faut comme commande, sans plus :
la grosse molette de droite sert à faire avancer le film et à armer l’obturateur et le compteur de vue est en son centre
le déclencheur est juste devant, fileté
la bosse, légèrement décalée vers la droite, est celle du viseur
la griffe porte-accessoire est dite froide car il n’y a pas de contact pour la synchronisation d’un flash
la molette de gauche est un aide mémoire pour le film et sert à déverrouiller la porte arrière
A ce sujet, petite précision utile, car je ne fus pas le seul à chercher comme s’ouvre cet appareil.
Comme vous pouvez le voir sur l’image ci-dessus, il y a deux axes sous cette grosse molette gauche : le premier est l’axe pour la tenue de la bobine du film tandis que le second est celui du déverrouillage de la porte arrière, en tournant d’un demi-tour anti-horaire l’ensemble. Cela fait, un déclic se produit et le dos se soulève, discrètement.
Car c’est toute la partie arrière qui s’enlève et comme elle est symétrique, les deux points rouges permettent de la repositionner dans le bon sens. Notez qu’il faut d’abord placer la partie vers la droite puis aligner les deux points et clipser le tout pour bien refermer le boitier. Voyez sur l’image la rainure profonde, qui assure une bonne étanchéité à la lumière, grâce aussi à un très bon assemblage.
La bobine de droite (réceptrice) est fendue sur un coté, pour y glisser l’amorce du film.
L’objectif est un 50mm ouvrant à f2,8, un triplet Ilitar-Super avec un obturateur Prontor-SV offrant des vitesses de 1 à 1/300e de seconde plus la pose B. Le V en rouge signifie qu’il est traité contre les reflets
Le levier avec le bouton rouge, en bas, est le minuteur (+/-10s).
Autour de ce combiné objectif/obturateur, j’avoue que j’aime bien les deux plaquettes qui permettent de modifier rapidement la position de l’objectif, l’échelle de profondeur de champ intégrée.
Vous avez vu la prise PC pour la connexion du flash, synchronisé au 1/30s si vous placez la tirette sur la lettre M, sinon, il l’est à toutes les vitesses pour les flashs électroniques..
Le bord de l’objectif est fileté pour accueillir des filtres.
Comme le précise cette publicité, c’est un appareil présenté comme étant de qualité mais à un prix très raisonnable (même si cette publicité se rapporte au Photrix B II, qui propose déjà un levier d’armement).
Que penser de cet appareil ?
Pour être tout à fait honnête avec vous, je serai bref car je l’avais pris avec moi pour la Foire de Villers Bretonneux et il est parti assez vite, ayant intrigué plus d’un chaland.
Je l’ai donc manipulé avant pour faire les photos, mais sans plus.
Ce que j’en retiens, c’est cette impression de qualité des assemblages et, comme il avait été très bien conservé, cette impression qu’il est fait pour traverser le temps sans trop de soucis.
Avec son sac tout prêt qui semblait encore neuf, il faisait un magnifique ensemble, d’où l’intérêt suscité, outre sa gravure Richard sur un Photrix qui était en fait un Quick-B (si vous n’avez pas suivi, il faut relire ce qui précède).
Appareil photo compact 35 mm Obturateur : Prontor–SV avec des vitesses B – 1 – 1/2 – 1/5 – 1/10 – 1/25 – 1/50 – 1/100 – 1/300 s, avec minuteur et réglages de synchronisation du flash M Objectif : Ilitar 1:2,9 / 50 mm, plage de mise au point de 3 pieds (0,9 mètre) à ∞ ; ou Ilitar Super 1:2,8 / 50 mm Tessar Style, plage de mise au point de 90cm à l’infini Ouverture : F2.9 à F22 ou F2.8 à F22 (Ilitar Super) Action différée : Environ 10 secondes (modèle Prontor uniquement) Capacité flash : socket de contact flash Compteur de vues : 0 à 36 Télémètre : Oui Filtres et accessoires : a enfiler, diamètre de 32mm ; à viser, diamètre de 30mm
Comme son confrère, il est en mauvais état. Pas que ces appareils soient foncièrement mauvais mais ils ne sont pas faits non plus pour résister aux brutes qui vident les greniers à la hussarde et tentent de faire fonctionner ce qu’ils ne connaissent pas au marteau, ou presque !
Ceci étant, le miroir bouge et ne reste pas collé mais impossible de le réarmer ni de le déclencher. Je n’ai d’ailleurs pas trouvé d’explications ou manuels pour comprendre mieux la mécanique que j’ai découverte sous la semelle. Qui, soit dit en passant, n’est pas mal faite.
Voici dont une présentation a minima car Petri n’a pas produit tant de réflex que pour en ignorer un.
Un peu d’histoire.
Inutile de reprendre ce que j’ai déjà écrit lors de l’article sur le Penta V, juste resituer celui-ci dans la chronologie des appareils de la marque.
Le Petri FTX, aussi appelé Petri TTL et sous d’autre marque selon les distributeurs (Argus, Kmart, Spiratone, JCPenney entre autres), est apparu sur le marché en 1974.
Pour mémoire, Petri, d’abord connu sous le nom de Kuribayashi Shashin Kōgyō ou Kuribayashi Camera Industry, inc. Japan, avant de devenir Petri Camera Ltd en 1962, a produit de nombreux modèles d’appareils : des folding à ses débuts, puis des compacts, des télémétriques, des TLR et des réflex.
En ce qui concerne ces seuls réflex, le premier fut le Penta (1959) et il sera suivi par quelques autres : Pétri Flex Pétri Flex V (1961), Pétri Flex 7 (1964), Pétri V et VI, Pétri V et VI II, Pétri FT (1967), Pétri TTL, Pétri ETP (1973), Pétri FTX (1974), Pétri FT II, Pétri FT EE, Pétri FT 1000 (1976), Pétri FA-1 (1975), Pétri FT 500 (1976) ), Pétri MF-1 (1977), Pétri TTL-2.
Il y en eut d’autres mais fabriqués par Cosina, l’entreprise ayant fait faillite en 1977.
Si les premiers appareils utilisaient la monture universelle M42, à partir du Penta IV, les Flex et FT utiliseront la baïonnette propriétaire à verrouillage de culasse de la marque.
Même si des adaptateurs ont permis d’utiliser les anciennes optiques, avec perte de certaines fonctions parfois, ils n’ont pas produits beaucoup de nouvelles optiques destinées à la baïonnette nouvelle et ils sont revenus, dès le modèle Petri FTX à la monture en M42.
Ce qui ouvrait un vaste choix de focales, à prix abordables, ce qui correspondait mieux aux appareils et surtout à ceux d’entrée de gamme comme les FT1000/500 ainsi que les boîtiers compacts MFT1000 et Micro MF-1.
De fait, le FTX est une reconduction du Petri FT II de 1967 mais en monture M42. Il y eut quelques variations sur le même thème car les appareils que vous trouverez peut-être ne sont pas forcément identiques à ceux décrit dans le mode d’emploi que vous trouverez sous la rubrique un peu de technique.
Présentation du Petri FTX ou TTL.
Incontestablement, c’est un appareil des années septante, où le métal prime, dedans et dehors.
Lorsqu’on le voit pour la première fois, impossible de ne pas penser aux Praktika. En effet, la carrosserie est très proche avec sa forme rectangulaire assez anguleuse et, surtout, son déclencheur en façade et non pas sur le dessus du capot.
Voyons ça de plus près.
Sur le capot, à droite, le levier d’armement et d’avance du film ; juste devant, une fenêtre avec le compteur de vue (remise à zéro automatique) ; juste à côté, une grosse molette avec les vitesses, graduée de 1s au 1/1000s, plus pose B et synchro flash au 1/60s. Au milieu, le prisme avec une griffe flash intégrée avec contact de synchronisation, bien qu’il y ait encore une prise PC pour les plus anciens flashs sur la tranche gauche. A gauche, une petite molette pour le réglage de la sensibilité des films, de 25 à 1600Asa et au bout du capot, la manivelle de rebobinage.
Sur la face avant, à droite, sous le nom du modèle, le déclencheur saillant et en dessous, le levier du retardateur (plus ou moins 10 secondes) ; contre le fut de l’objectif, un bouton pour le contrôle du diaphragme. Sur le côté gauche, un rond strié qui est en fait la trappe pour une pile autrefois au mercure mais que l’on peut remplacer par une PX625 alcaline.
Au dos, le viseur et en dessous, le pas de vis pour le fixer sur un trépied et le petit bouton chromé de déverrouillage en fin de film.
Dépouillé mais il vous offre le minimum syndical nécessaire.
L’objectif est ici un Petri CC Auto de 55mm ouvrant à f1,8, qui possède cette position Auto – Manuel typique.
La marque A (pour automatique), en vert et une marque M (pour manuel) en rouge sont gravées sous l’objectif. Lorsque l’on déplace le commutateur A/M vers la gauche, le diaphragme est réglé en position A, qui est la position normale la plupart du temps. En position A, le diaphragme se ferme à l’ouverture présélectionnée juste avant le déclenchement de l’obturateur et s’ouvre à nouveau après chaque exposition pour une mise au point facile et précise.
Lorsque vous souhaitez utiliser le diaphragme manuel, déplacez le commutateur A/M vers la droite. L’avantage du fonctionnement manuel est que vous pouvez prévisualiser la profondeur de champ et voir dans le viseur la zone de netteté de l’objectif avec n’importe quelle ouverture. Le fonctionnement manuel peut également être obtenu simplement en appuyant sur le bouton du diaphragme.
L’autre appellation, TTL, du FTX est plus explicite quant au fonctionnement de sa cellule : à travers l’objectif. De fait, deux cellules au CdS à l’intérieur du pentaprisme analyse la lumière passée à travers l’objectif. Un indicateur, en forme d’aiguille, doit se situer au centre d’un autre indicateur en forme de sucette comme l’appellent certains auteurs. Ce second indicateur se déplace en fonction du choix de la vitesse d’obturation.
Assez classique mais déjà un peu dépassé car l’objectif doit être fermé à l’ouverture de prise de vue (le bouton à côté du fut de l’objectif) pour activer le posemètre.
Rien de transcendant mais du classique qui a fait ses preuves.
Que penser de cet appareil ?
Quand ils ne sont pas maltraités, ces boitiers sont de bons appareils écoles, comme les … Praktica.
Son avantage est de proposer une vitesse de 1/1000s et sa cellule en TTL, sans oublier que celui-ci accepte tous les objectifs en monture M42 dont les excellents Takumar, par exemple.
Cependant, ce n’est pas un appareil sexy, plutôt un dur au labeur, avec des limites tout de même,en témoigne mon exemplaire hors service. Que j’arriverai peut être à relancer si je trouve quel engrenage coince !
Point de vue coût, c’est un appareil très abordable. Comptez moins de 50€ pour un exemplaire en très bon état et avec un objectif d’au moins 50mm. De quoi vous payer quelques bobines pour l’essayer.
On a plus l’habitude de voir des Petri sous forme d’appareils compacts, dont d’excellents télémétriques (Petri 7S) mais il y eut aussi quelques réflex, dont celui-ci.
Il n’est pas très courant, sans être rare.
Si vous en trouvez un et que vous cherchiez un appareil école, prenez-le, s’il est en bon état, il ne vous décevra pas.
Un beau dimanche d’hiver en Belgique, ensoleillé et chaud (12°C !), sec – ça, c’est plus rare – et une brocante permanente, peuplée d’irréductibles vendeurs et … acheteurs.
Des stands à même le sol, quelques tables, un grand hangar pour les plus riches et dans cet endroit improbable on trouve de tout, absolument de tout ! Aussi ce que j’appelle de la belle brocante (de l’antiquariat).
Où est-ce ? Brocante de Les Bons-Villers (6210), rue des Français 43, sur le site Van Damme.
Voilà, le décor est planté. Et je vais vous présenter les quelques appareils que j’y ai glané, dont ce petit Konica Lexio 70.
Un peu d’histoire.
Si de nos jours le nom de Konica est associé à celui de Minolta, il n’en a pas toujours été ainsi.
L’histoire commence à Tokyo, en 1873, lorsque Rokusaburo Sugiura, qui détenait une pharmacie, ouvre une boutique spécialisée dans les produits photographiques et lithographiques, la Konishiya Rokubeiten.
Dès 1885, la Konishiya Rokubeiten établit une usine à Tokyo pour y fabriquer des appareils photographiques et de lithographies pour concurrencer ceux qui étaient jusque là importés. Elle fabrique aussi des montures et autres accessoires.
En 1902, l’entreprise fabrique des plaques en verre et du papier photographique
Il ne faut pas attendre longtemps (1903) pour que Konica fabrique son premier appareil photo, qui sera aussi le premier appareil photo japonais de marque fabriqué au Japon, le Cherry Handbag Camera. Konica devient le principal fabricant d’appareils photo japonais.
L’entreprise fusionne avec le fabricant de lentilles Chiyoda Kogaku Seiko, donnant ainsi naissance à Chiyoda Kogaku Seikosho. Cette fusion permet de diversifier les activités de Konica dans le domaine de l’optique. Son premier grand succès sera la production de l’objectif Hexar, destiné aux appareils Leica, qui assureront sa diffusion mondiale.
Comme souvent au japon, la société change de nom en 1921 car la Konishiya Rokubei est réorganisée et devient la société par actions Konishiroku Honten.
C’est sous ce nom que l’entreprise propose sa première pellicule couleur fabriquée au Japon (Sakura Natural Color Film – 1940).
En 1948, elle lance le Konica I, un télémétrique qui utilise du film 135.
Cet appareil sera décliné sous plusieurs versions et c’est lui qui donnera son nom, in fine, à l’entreprise (en 1987 !).
Elle produira encore un moyen format, en 1949, le Pearl. Celui-ci est un folding (pliant) comme il en existait pas mal autour des années cinquante. Il sera aussi décliné en plusieurs versions, modernisées (le Pearl 3 possédait par exemple un moteur à ressort).
Toujours dans le domaine du moyen format, de 1964 à 1975, Konica propose l’Omega, bien connu sous le nom de Koni-Omega Rapid M. C’est un appareil destiné à la presse et muni d’une foule de sécurités bien pensées. Ces appareils sont équipés d’objectifs Konica Hexanon réputés.
Au début des années soixante, Konica propose des réflex, comme le Domirex (1963) qui a un objectif fixe, puis des Auto-reflex (objectifs interchangeables) à partir de 1965. La particularité de ces reflex est qu’ils sont parmi les premiers à être dotés d’un mode d’exposition semi-automatique et d’un obturateur à plan focal : ils possèdent une cellule externe qui permet de régler le diaphragme automatiquement selon la vitesse choisie par le photographe. Ici encore, l’appareil bénéficie de nombreuses itérations visant à l’améliorer. Ainsi, en 1968, il sera doté de la mesure TTL, en primeur sur le marché des reflex.
Parallèlement, la Nichi-Doku Shashinki Shōten (Maison Nippo-Germanique d’appareils photographiques) est fondée à Osaka en 1928.
Le nom Minolta apparait pour la première fois en 1933 sur un appareil moyen format, une copie du Plaubel Makina.
Elle aussi produit des premières, comme le Minolta Flex, le premier réflex bi-objectifs japonais (1937). Elle commence aussi a fabriquer ces propres objectifs, les futurs Rokkor (1940), alors qu’elle se fournissait chez Asahi Pentax auparavant.
Son premier appareil 35mm sera aussi un télémétrique en 35mm, le Minolta 35.
S’en suivront toute une série d’autres télémétriques jusqu’à la fin des années septante (1958 – 1980), dont un Hi-Matic 7s spécial, qui a accompagné John Glenn en 1962 pour son voyage dans l’espace (vol spatial Friendship 7) .
Le premier reflex avec mesure de la lumière TTL, le fameux Minolta Srt 101 sortira lui en 1966.
Si vous vous en souvenez, le nom de la société voulait dire Maison Nippo-Germanique d’appareils photographiques. Vous ne serez alors pas étonné de savoir que Minolta a collaboré avec Leica pour la mise au point d’appareils et d’optiques.
Le Leica CL sortira en 1973, fabriqué par Minolta (qui aura le CLE). Puis, en 1976, le réflex Leica R3 sera construit sur base du Minolta XD-7.
Pendant ce temps-là, Konica développe depuis le début des années soixante sa ligne de photocopieur et toute une série d’appareils photo compacts, dérivés du Konica S (1959), dont le célèbre Konica C 35.
Il comptera encore à son actif deux premières : un flash intégré sur un compact (le Konica C35 EF dit aussi Pikkari – 1976) et l’introduction du premier autofocus au monde sur un appareil photo avec le Konica C 35 AF (1977).
N’oublions pas la série des Konica Pop de toutes les couleurs (1982), les Z-UP (de 1986 à 1991), les Big Mini (1993 – 1996), les Hexar (1991 – 2000)
Minolta ne reste pas les bras croisés et propose le Minolta X-700 (1981 – 1999), un appareil multi-expositions (automatique, manuel, priorité vitesse, priorité ouverture) très performant.
Minolta X-700.
Puis ce sera au tour du premier réflex autofocus grand public, le Minolta 7000 AF (1985).
Dix ans plus tard, Minolta sort son premier réflex numérique, le Minolta RD-175 (1,75 Mpx) alors que Konica sortira en 1997 son compact numérique, le Konica Q-M 100.
Si ces deux-là étaient fait pour se rencontrer, en août 2003, Konica fusionne avec Minolta pour former le duo Konica-Minolta. La nouvelle entité se retire du marché des appareils photographiques en 2006, Minolta ayant cédé ses brevets à Sony, qui utilisera la monture Minolta sur ses premiers réflex Alpha
Deux entreprises avec comme moteur l’innovation, ça ne peut pas produire de mauvais appareils photo. Je vous ai déjà présenté quelques Minolta et Konica. Aujourd’hui, c’est le tour d’un petit compact fort sympathique, le Lexio 70.
Présentation du Konica Lexio 70.
Ce qui frappe d’abord, c’est sa taille, sans doute un des plus petit appareil à fil 24×36 au moment de sa sortie. Je pense que seuls quelques APS ont pu faire mieux à l’époque.
Petit et léger (180gr nu), celui-là ne va pas froisser vos poches et vous pourrez l’emporter partout.
Ensuite, son offre technique : comme nous l’avons vu dans l’histoire de la marque, ils aimaient l’innovation et les challenges.
Au moment de sa sortie, en 2000, il allait avoir fort à faire car la concurrence restait féroce dans le segment des compacts.
Puis le numérique commençait à s’implanter. Oh, avec des résolutions encore bien faibles face à l’excellence de ces appareils à film, mais les APN (appareil photo numérique) pointaient le bout de leur nez.
Petite remarque, en passant : tous ces appareils possédaient un viseur, couplé aux mouvements des objectifs, avec marques de cadre, de la parallaxe. Certains poussaient même la coquetterie à proposer une correction dioptrique. Quelques années plus tard, les APN faisaient l’impasse sur cet accessoire pourtant si utile et de nos jours encore, la plupart des numériques compacts n’ont que des écrans, totalement inutilisables en cas de soleil. A quand un sursaut qui tienne compte des besoins des clients ?
Allez, après ce petit aparté, voyons voir ce que nous propose ce Lexio 70.
Un zoom tout d’abord, caché sous le volet qui sert aussi d’interrupteur lorsqu’on le tire vers la droite de l’appareil, ce qui découvre l’objectif et met l’appareil en position ON.
Ce zoom est signé Konica, un 28 – 70mm ouvrant de f3,4 à f 7,9. Il aurait pu être plus lumineux mais il était dans la moyenne du moment. Il est construit en 6 éléments répartis en 6 groupes et les lentilles sont en verre. la mise au point minimale est de 70cm en mode normal et 35cm en mode macro.
La focale est intéressante car elle couvre le grand angle et le mini télé, de quoi répondre à bien des besoins lors des balades et des vacances. Ce à quoi était destiné ce petit appareil.
Son viseur est très lumineux, avec plusieurs marques : celle du cadre, de la correction de la parallaxe et, au centre, l’endroit où se verrouille la mise au point. En dessous, des LED vous indique si le flash est nécessaire, lorsqu’il se recharge, si l’autofocus a fait la mise au point, le mode choisi. Rien de plus mais c’est le nécessaire. Et il est couplé à un correcteur dioptrique toujours bienvenu.
Le flash est intégré, sur le côté gauche. On peut le couper, le forcer pour un fill-in (débouchage des ombres en cas de contre-jour, par exemple) et il y a une protection contre les yeux rouges. Sa conception électronique permet d’économiser l’énergie de la pile, une CR2 sans dénaturer son efficacité.
Un petit écran, sur le capot, permet de voir les choix des modes proposés. Petit plus intéressant, il est éclairé. C’est là que vous verrez le nombre d’images.
Puisque j’évoque les modes de l’appareil, il se choisissent avec le bouton mode, à côté du viseur. Il y a le mode auto (l’appareil fait tout tout seul, et il le fait bien), la réduction des yeux rouges, le retardateur/télécommande, le flash forcé, le flash à syncro lente, le flash désactivé, la compensation d’exposition (+1,5), la mise au point sur l’infini (pictogramme montagne) et la macro (pictogramme fleur).
Petit plus utile : lors de la mise en route, le flash revient sur la position automatique (comme c’est le cas sur la plupart des concurrents), sauf si vous l’aviez mis sur OFF lors de la précédente utilisation car dans ce cas, une pression sur le bouton mode remet le boitier à la configuration que vous aviez quittée.
Pas mal quand même dans un si petit boitier.
N’oublions pas l’action du zoom, qui se règle du pouce droit avec le bouton gris qui pivote de W = wide, large à T = télé-objectif.
Le chargement du film est simplifié, il suffit de déposer la bobine avec l’amorce sortie au dessus de la grosse bobine et de refermer le capot. Le film s’enroule automatiquement et l’appareil est prêt pour la première photo. D’autant que les contacts à l’intérieur de la chambre ont permis de lire le codage DX de la pellicule et de régler la sensibilité de la cellule (de 25 à 3200 Iso). Il n’y a pas de réglage manuel de celle-ci, la plupart des films modernes ayant ce codage inscrit sur la bobine.
Le déclencheur est très doux, presque affleurant, ce qui est pratique pour éviter les flous de bougé en cas de faible lumière.
Car les vitesses de travail vont de 1s à 1/500s, ce qui est encore dans la moyenne des appareils de ce type à l’époque.
Un petit appareil simple, efficace, compact. Si vous voulez voir ce qu’il est capable de produire, je vous invite à suivre ce lien sur Lomography.
Que penser de cet appareil ?
J’aime bien les petits boitiers, faciles à emporter. Celui-ci offre encore quelques belles astuces, qui le rendent bien agréable à utiliser, sans prise de tête (à tel point qu’un mode d’emploi est presque superflu).
Sa carrosserie en plastique couleur argent (il a aussi existé en noir) résiste bien à l’usure du temps, mais les micro-griffes sont inévitables, surtout s’il voyage dans une poche avec des clés ou un sac un peu encombré.
C’est là qu’on apprécie la porte coulissante, qui protège de ce fait l’objectif. Mais il faut y faire attention car elle peut être fragile en cas de mauvais traitements et elle peut alors provoquer des faux contacts à l’ouverture ou la fermeture (poussières qui se glissent dessous, épingle à cheveux baladeuse, etc.)
Sa taille est assez similaire à un autre petit compact que j’aime beaucoup, le Canon Prima 90 U , même si ce dernier est un peu plus épais. Ce sont des appareils qui aiment voyager avec vous et qui savent se faire discrets si besoin mais restent toujours disponible au cas où.
Question prix, hormis quelques délires que j’ai pu voir à plus de 100€, vous devriez pouvoir le trouver, avec son petit sac dédié, autour des 30 à 40€ maximum.
N’hésitez pas à vous munir d’un film voilé pour tester l’entrainement de la pellicule, la capacité à rembobiner sans heurts et le déclenchement, on ne sait jamais comment il a été (mal)traité si vous en trouvez un.
Vidéos d’illustration.
Un peu de technique.
Appareil photo compact à objectif film 35 mm avec exposition automatique à mesure CdS et objectif zoom autofocus. Objectif : Konica 28-70mm zoom, ouverture maximale f3.4 à f7.9. Six éléments répartis en six groupes. Autofocus de 0,7 m à l’infini. Vitesses d’obturation : de1s à 1/500s. Mode de correction du contre-jour : +1,5EV. Vitesse du film : ISO 25-3200, lecture du codage DX. Viseur : Zoom automatique avec des lignes de cadre, rappels de parallaxe, alertes via LED. L’écran LCD rétroéclairé affiche le nombre d’image, la batterie restante, et les icônes pour plusieurs modes : auto, réduction des yeux rouges, retardateur/télécommande, flash forcé, flash nocturne à synchronisation lente, flash désactivé, compensation +1,5EV, mise au point à l’infini, macro. Flash intégré : système automatique de flashmatic pour une alimentation correcte. La plage de fonctionnement du flash à une focale de 28 mm est de 0,7 à 5,4 m à ISO 100. et de 0,7 à 2,3 m à 70 mm. Temps de recharge de 5 secondes. Avance du film : Chargement automatique, remontage et rembobinage. Le rembobinage manuel est également disponible. Alimentation : Une pile CR2. Dimensions : 108,5×59,5×34 mm. Poids : 180g (sans batterie).
Encore un réflex déniché sur une brocante cette année et laissé dans la caisse des appareils à vous présenter un jour.
Car ce serait dommage de l’y oublier, vous allez comprendre en parcourant l’article. C’est un drôle de phénomène !
De plus, il est en bon état et je me souviens l’avoir enlevé pour un prix très raisonnable. Aussi étrange que cela puisse paraître, c’est à cause de son objectif que j’ai craqué pour lui. Parfois l’envie se niche dans le détail.
Il a donc rejoint ce jour-là un ou l’autre petits camarades, déjà présentés ou encore à venir.
Bonne lecture.
Un peu d’histoire.
Ah, j’en connais qui vont être content, je vais être bref car j’ai déjà raconté l’histoire de Ricoh dans l’article consacré au Ricoh XR-S.
Seulement préciser que ce modèle fut développé en partenariat avec Nikon mais fabriqué par … Mamiya.
En fait, Ricoh fabriquait d’excellents appareils photo, essentiellement des folding à ses débuts (Riken Adler), puis des compacts (Vest Olympic, Ricolet, Ricoh 500), des télémétriques (Ricoh 35, Ricoh 500 GX) et des TLR (Ricohflex), alors très en vogue.
Mais en 1961, ce qui commence à prendre de l’essor, ce sont les réflex. Or Ricoh n’a pas la capacité à ce moment de consacrer du temps à la recherche et au développement de ce nouvel appareil. Ils s’adressent alors à Nikon, l’initiateur de cet engouement avec son fameux F (1959). Qui les renvoie vers … Mamiya.
Bizarre, bizarre … en fait, lorsque Nikon a développé son modèle F, ils se sont aperçus que cet appareil ne concernerait que les professionnels ou les personnes nanties. Qui ne sont pas légions. Ah, ils avaient bien pensé à un appareil, le Nikkormat, mais il n’était pas encore prêt. Ils avaient bien lancé, en 1960, un Nikkorex 35 mais si c’était bien un réflex, il était à objectif fixe. Pas pratique pour vendre des objectifs en monture F !
Ils se sont alors adressé à un confrère avec qui ils avaient déjà collaboré, Mamiya. Qui développe un Nikkorex F (1962). Chouette Nikon va pouvoir écouler ses optiques et finaliser son Nikkormat FT.
Et Ricoh dans tout ça ? Et bien ils ont fait comme Nikon, ils ont d’abord lancé le Ricoh 35 Flex, un réflex à objectif fixe, puis ils se sont adressé à Mamiya, qui leur a vendu le Nikkorex F. Qu’ils ont eu la sagesse de vendre, d’abord, sous le nom de Sears SL11 (Sears étant un gros vendeur d’appareil et d’accessoires américain), ensuite ils l’ont appelé Singlex et avait donc une monture F.
Enfin, pas tout à fait, car Ricoh a légèrement modifié celle-ci de telle sorte que les vrais objectifs F ne tiennent pas bien. Il faut les objectifs Auto Rikenon que Ricoh a prévu pour ses appareils (comme le 55mm f1.4 de dotation).
Pour s’affranchir finalement de cette monture, ils sont passé à celle de Pentax*, la M42, plus universelle à l’époque.
Le Singlex TLS qui nous préoccupe est en monture M42. Il à été proposé à la vente en juin 21967. C’est lui qui ouvrira réellement la voie des réflex chez Ricoh, qui prendra alors le temps de développer ses propres boitiers.
C’est un appareil que vous retrouverez sous les dénominations de Sears TLS, Kmart Focal 1000 TLX (pour les USA) ; Cavalier, Universa Interflex (pour la France).
*Fait amusant mais peut-être moins connu : Ricoh continue à fabriquer des appareils photo, en plus du GR digital, mais sous la marque Pentax, car ils l’ont rachetée. L’histoire est un cycle …
Présentation du Ricoh Singlex TLS.
C’est un grand reflex, dans la lignée de ce qui se faisait à l’époque. Du costaud, tout en métal, très bien construit et facile à prendre en mains.
Mais commençons par une petite présentation physique de l’engin.
Vu d’au dessus, le capot offre finalement le minimum syndical nécessaire : à droite, le déclencheur avec, derrière lui, le levier d’armement et, à son côté, la fenêtre du compteur de vue (remise à zéro automatique) ; à gauche, une large couronne entoure la molette de rebobinage. C’est essentiellement un mémo. En soulevant la molette, vous ouvrez le dos de l’appareil, classiquement.
La chambre est classique. L’obturateur un peu moins : c’est un Copal Square S à trois lamelles métalliques qui se déplacent verticalement. Du solide.
En façade, une roue qui a deux fonctions : celle du réglage des vitesses d’abord, celle du réglage de la sensibilité du film ensuite.
En dessous de cet appendice, le levier pour le minuteur (toujours armer avant de l’activer).
De l’autre côté de l’objectif, un curseur avec une flèche rouge : c’est le bouton pour activer la cellule (ne pas oublier de le remettre à sa place afin de préserve les piles).
Sur la tranche gauche du boitier, deux prises PC pour les flashs : marquées X (synchro qu 1/125s) et M (1/30s) pour les flashs à ampoules.
Par dessous, le bouton pour déverrouiller le système afin de rembobiner le film, la trappe pour la pile et le filetage pour le trépied.
Et sur cet exemplaire en particulier, l’accessoire porte-accessoire, la griffe du flash synchronisé. Celle-ci est fixée sur l’œilleton de visée.
Au centre donc, le pentaprisme et le viseur, large et confortable. La visée se fait sur un dépoli avec un cercle de dépoli plus fin au centre.
Sur la droite de celui-ci, une aiguille qui se déplace entre deux griffes, l’enjeu consistant à la stabiliser au centre en jouant soit sur la vitesse, soit sur l’ouverture, ou les deux. Cette aiguille est asservie à la cellule au CdS et se déplace lorsque vous relevez le curseur à gauche. Le travail de la cellule est dit TTL, c’est-à-dire qu’elle lit la lumière à travers l’objectif. On peut donc monter des filtres, elle tient compte des modifications de luminosité.
Enfin, l’objectif. Celui de la dotation de base est un 55mm ouvrant à f2,8, un Auto Rikenon. Celui qui équipe cet exemplaire est toujours un Auto Rikenon mais de f1,8 à f16 sur lequel un pare-soleil métallique est déjà fixé (format des filtres 52mm). Il existe aussi un Auto Rikenon de 50mm ouvrant cette fois à f1,4. Le diaphragme est à présélection automatique ou à réglage manuel couplé à la cellule.
Un appareil très classique du début des années soixante.
Que penser de cet appareil ?
Comme je le précisais ci-dessus, c’est un appareil classique de son époque.
Etant donné la suite chez Ricoh, plus sophistiquée, cela me fait penser que tout comme le Nikon dont finalement il est issu, c’est un appareil de transition, sans grande envergure, solidement construit, avec ce qu’il faut, mais sans plus.
Est-ce pour cela un mauvais boitier ? Que nenni, ne me faite pas dire ce que je n’ai pas écris. C’est un appareil agréable et qui tient le coup malgré le temps qui est passé et qui continue son chemin …
Honnêtement, je le classerais dans ceux que j’appelle les appareils école : pas de superflu, juste l’utile pour apprendre à faire des photos en comprenant ce que l’on fait et pourquoi.
Son grand avantage est aussi d’utiliser une monture qui vous offre un vaste panel de cailloux dont certains sont excellents, en japonais, en russe, en allemand. Vous aurez l’embarras du choix à des prix souvent encore intéressants.
Bref, un Ricoh-Nikon-Mamiya, soit la réunion en un seul objet de ce qui se faisait de très bien dans ces années-là. A tenter.
C’est lors de la dernière brocante de 2025 que j’ai pu acheter ce drôle de personnage.
Je connaissais l’univers des Action Man, mais à l’époque de leur sortie, mon fils était trop jeune pour jouer avec, et ensuite il a découvert d’autres jeux.
J’étais donc très curieux de découvrir cet objet peu commun, que nous allons explorer ensemble.
Un peu d’histoire.
En 1959, la société Mattel sort une poupée qui a toujours autant de succès auprès des petites filles, la célèbre Barbie.
Elle conquiert immédiatement le cœur des fillettes et Barbie se voit affublée de nombreux vêtements et accessoires, en fonction des aventures qu’elle peut vivre dans un monde très idéalisé.
Et les petits garçons dans tout ça ? Ah, il y avait bien Ken, l’éternel boy friend un peu niais de la jolie Barbie mais ses aventures se résumaient à suivre sa copine.
En 1964, aux Etats-Unis, l’entreprise Hasbro décide de concurrencer la poupée Mattel en créant un personnage surtout destiné, lui, aux petits garçons. Ainsi nait, à l’aube de l’entrée en guerre des USA au Vietnam un personnage assez guerrier, G.I. Joe. Il sera d’abord décliné en 4 soldats différents : armée de terre, de la Navy, le marine et enfin le pilote de l’air. Il possède 18 point s d’articulations pour pouvoir se mouvoir aisément et mesure environ 30cm.
A l’initiative de Palitoy (filiale britannique de Hasbro), G.I. Joe traverse l’Atlantique deux ans plus tard et se retrouve en Angleterre, sous le nom cette fois d’Action Man. Globalement, la figurine reste cantonnée dans le domaine militaire. Le personnage évolue un peu (mains agrippantes, cheveux floqués, yeux mobiles). La principale différence est que le personnage anglais porte une cicatrice sur la joue droite.
En 1975, la société française distributrice de jouets Ceji Arbois lance Action Joe. Très largement inspiré des modèles US et anglais, les soldats sont de nationalités différentes et il y eut même des cow-boys et des indiens.
Au fur et à mesure de l’évolution des figurines, on quitte le monde guerrier pour celui des aventuriers de tout bord. An début 1980, les marques lancent une collection spatiale pour coller à la vague Star Wars. Et les aventures s’enchainent, sauf pour Action Joe, qui quitte les rayons jouets en 1981.
Au début des années nonante, Hasbro reprend la main sur les Action Man et en multiplie les déclinaisons, qui quitte progressivement le monde guerrier pour celui de l’aventure : il y aura des alpinistes, des karatékas, des plongeurs, des parachutistes, etc. et toute une série de véhicules assortis aux missions du personnage, en plus des accessoires dédiés.
Action Man devient un phénomène de société et il puise son inspiration dans des personnages iconiques du cinéma ou de la télévision : il y aura un personnage qui aura les traits de James Bond lors de la sortie du film Demain ne meurt jamais (1997).
Aux USA, la télévision fera des adaptations des aventures d’Action Man sous forme d’animation. Il y aura aussi des jeux vidéos, des dessins animés, des films, des jeux de sociétés avec le célèbre personnage et ses ennemis (Docteur X, Docteur Gangrène, etc.).
La gamme Action Man d’Hasbro prend fin en 2006. La société se contente de refaire des séries spéciales anniversaires de ses modèles historiques. Et en 2018, elle relance cependant le personnage, destiné cette fois aux enfants dès 3 ans : de plus petite taille, moins articulé, avec plein de nouveaux costumes et accessoires, tous spécifiés sûrs pour les enfants de cet âge.
Pourtant, toujours en 2006, Action Man est renommé ACTION MAN A.T.O.M. (A.T.O.M. – Alpha Teens on Machines), les jouets changent complètement d’univers et adoptent un style moderne inspiré des mangas. Les figurines cessent d’être de 30 cm pour être de taille plus petite. Après deux années, Hasbro décide de ne plus éditer la licence.
En ce qui concerne notre Action Man Mission 110, il est apparu sur le marché en 1998.
Présentation de l’Action Man Mission 110.
Il ressemble à un photo reporter avec ses bottes, son plastron qui ressemble à un gilet tactique ou pare-balles et sa grosse caméra sur l’épaule gauche.
Il mesure plus ou moins 30cm et est moins articulé que les autres car son bras gauche reste fixe. En effet, outre qu’il tienne la caméra (fictive), celle-ci tient lieu de viseur pour l’appareil photo dissimulé dans son torse.
L’objectif est visible juste au dessus du sigle de la marque. Il faut ouvrir le dos du personnage pour y glisser un film 110. Une discrète molette permet de faire avancer le film et le déclencheur est le gros bouton qui ressort sous l’épaule droite. Une petite fenêtre est encore découpée dans le dos, pour servir de compteur de vue.
Aucun réglage, une visée très approximative, un format de film restreint mais il n’en faut pas plus aux enfants pour se sentir investi d’une mission d’aventure ou d’espionnage, car l’appareil photo fonctionne vraiment. De quoi rendre jaloux les possesseurs d’un Pentax Auto 110 !
Que penser de cet appareil ?
Le format minuscule du 110 a depuis longtemps favorisé quelques gentils délires photographiques : paquet de frites, cannettes de soda, biscuit, etc. et pourquoi pas dès lors un personnage d’action ?
La qualité d’image est conditionnée à la lentille en plastique, à la taille du négatif, à son cadrage approximatif, mais – avec un peu d’entrainement – ça fonctionne et on peut donc prendre des photos … discrètement.
C’est un beau jouet qui, chose étonnante, à ma connaissance, n’a pas été repris sous forme numérique. Comme ses homologues cités ci-dessus d’ailleurs. L’imagination des créateurs est-elle en panne ou le marketing est-il devenu trop sérieux ?
Un objet nostalgie qui garde son côté ludique et plaira certainement aux enfants devenus (très) grands maintenant mais qui n’ont pas perdu leur âme avec le temps.
Question valeur, outre celle de la nostalgie justement, ou des souvenirs, il faut compter environ 50€ pour un modèle fonctionnel et plus de 150€ pour celui qui aurait encore sa boite et tous les accessoires d’époque.
Ce petit compact argentique trônait dans une vitrine d’un magasin de seconde main, là où l’on range les objets destinés à devenir des objets de décoration.
Intrigué, je le tourne et retourne pour constater qu’il est en fait bloqué : impossible d’armer et de déclencher. Espérant faire descendre le prix, je tente de négocier avec le vendeur qui me répond que c’est pour cela qu’il est considéré comme décoration.
Vous me connaissez, je ne l’entends pas ainsi et décide de l’acheter et de le faire fonctionner.
Un peu d’histoire.
Olympus, comme d’autres marques japonaises à commencé par l’optique de précision, celle des microscopes que Takeshi Yamashita construisait près de Tokyo. En 1919, il fonde la Takachiho Seisakusho pour produire des instruments de précision, avec l’ambition de remplacer ceux jusqu’alors importés, notamment d’Allemagne.
Quand au nom Olympus, il apparait dès 1921. S’il dérive du mot Olympe, montagne sacrée de la Grèce antique, c’est pour répondre à la montagne sacrée japonaise Takachiho, qui est le nom initial de l’entreprise.
Au début donc, l’entreprise fabrique essentiellement des microscopes, surtout destinés dans un premier temps aux amateurs, puis professionnels.
Qui dit microscope dit aussi optique. Le premier contact d’Olympus avec la photographie se fera au travers des objectifs Zuiko (qui signifie Lumière Sacrée), développé dans le laboratoire de recherche Mizuho.
Le saviez-vous ? Pour les objectifs Zuiko fabriqués jusqu’au seuil des années septante, le nombre d’éléments optiques, l’angle de l’optique et le fonctionnement du diaphragme sont gravés sur l’objectif. Ainsi, l’objectif de cet Olympus 35 ECR est noté E. Zuiko f=45mm 1:2.8, c’est-à-dire une optique à 5 éléments de 45mm ouvrant à f2,8.Les objectifs multi-couches du OM System vont omettre ces inscriptions.
Le premier appareil photo de la marque fut le Semi-Olympus I, sorti en 1936. C’est un appareil pliant, déjà compact et de qualité, avec le premier objectif Zuiko, un 75mm ouvrant à f4,5. L’appareil était un 6×4,5 sur film 120.
Puis, en 1948, Olympus propose le premier appareil 35mm au Japon, l’Olympus 35 I. Un boitier avec viseur intégré qui donnait des images de 24x32mm sur film 135. Son objectif, fixe était un 40mm ouvrant à f3,5 revêtu. Cet objectif sera proposé sur la série des Olympus 35 jusqu’au numéro quatre. Il le sera encore sur les numéros IV (4) et V (5) mais il n’est plus revêtu mais maintenant entièrement revêtu (F.C. = full coated), en référence au revêtement antiréfléchissant.
Changement de nom en 1948 : Olympus devient Olympus Optical Co., Ltd. L’entreprise innove aussi dans le domaine médical en présentant en 1950 la première caméra gastrique au monde.
Dans le domaine de la photographie classique, Olympus réutilise le châssis du 35 V pour produire, en 1955, un boitier avec un objectif grand angle, le D. Zuiko-W 35mm f3,5. En 1957, ce boitier garde le même objectif Wide (grand angle) mais gagne un posemètre intégré mais non couplé. Ce sera le Wide-E (Saers Tower aux USA).
Il aura fallu attendre aussi 1955 pour voir apparaitre un télémètre sur l’Olympus 35 S, initialement doté d’un objectif D. Zuiko 40mm f3,5. Moins d’un an plus tard, on garde le même mais on le dote, au choix, de deux objectifs dits rapides : un E. Zuiko 48mm ouvrant à f2,8 et un G. Zuiko 45mm ouvrant lui aussi à f2,8. Cet appareil sera décliné en plusieurs variantes, selon la qualité et la taille de son objectif.
Puis apparait le Pen (1959), imaginé par le designer Yoshihisa Maitani, un demi-format innovant : petit, ergonomique, économique mais sérieusement construit, qui va séduire de nombreux photographes. Il propose des images de 18x24mm sur film 135. Economique car il permet de faire 72 photos sur un film de 36 poses.
Le Pen devient S avec des vitesses de fonctionnement plus large et un choix d’objectifs différents (plus ou moins lumineux).
Toujours en demi-format, le Pen devient D lorsqu’il gagne un posemètre intégré au sélénium pour les premiers modèles puis au CdS avec une pile ensuite. Certains objectifs sont carrément lumineux sur certaines versions puisqu’il y aura un f1,7 au programme.
Lorsque l’exposition devient automatique, ils se nomment alors Pen EE. Ce sont des appareils toujours très recherchés car solides, bien finis et ludiques.
Le concept garde le demi-format et sa compacité mais devient réflex à objectifs interchangeables : se sera le Pen F (1960), que je ne désespère pas de trouver un jour pour vous le présenter.
Même si d’autres réflex innovants et intéressants suivront (les OM), je n’en parlerai pas ici, me concentrant sur les compacts de la marque.
Car en 1967, une légende nait, le Trip 35. Sans doute un des compacts les plus connus au monde, conçu pour le voyage et qui sera fabriqué à plus de 10 millions d’exemplaires jusqu’en 1984, sous de multiples déclinaisons.
Un boitier ultra simple mais terriblement efficace : un objectif fixe D. Zuiko de 40mm ouvrant à f2,8 ; un posemètre au sélénium ; deux vitesses (1/40s et 1/200s en mode auto) ; une mise au point par pictogrammes (zone focus). Il ravit encore et toujours les amateurs et les Lomographistes pour sa philosophie on charge le film, on vise, on déclenche ! Seul hic : si la cellule au sélénium est morte, d’où l’utilité de toujours la protéger par un bouchon d’objectif ou dans un étuis fermé.
Mais revenons un instant sur la série des Olympus 35. Pour mémoire, elle commence en 1948. Celui qui débutera la série des appareils plus modernes (télémétrique avec optique lumineuse) sera le 35 S, en 1955. Ce n’est qu’au seuil des années septante qu’apparaitra un 35 SP, véritable haut de gamme : télémétrique, optique lumineuse et cellule spot. Un régal pour la photo de rue.
Puis se sera le tour du 35 RC, un compact ultra compact, télémétrique à priorité vitesse. Encore, le 35 RD, télémétrique tout manuel avec une optique Zuiko ouvrant à f1,7.
Les plus pointus d’entre vous constateront que je ne nomme pas le 35 EC/ECE (1960 – 1970), ni le 35 DC, le 35 ED car ils ne sont pas des télémétriques mais des compacts avec viseur et zone focus (et parce que je ne peux les citer tous !).
C’est dans cette digne lignée qu’apparait l’Olympus 35 ECR qui nous occupe aujourd’hui.
Présentation de l’Olympus 35 ECR.
Ce petit compact fait donc partie de la grande famille des Olympus 35, qui compte 12 membres ou modèles, tous avec des spécifications variables (vitesses, objectifs, cellule, etc.). L’ECR est sorti en 1972 et sera produit pendant deux ans.
Son prédécesseur, le 35 EC était lui sorti en 1969. Sa particularité était d’être tout électronique : son obturateur Seiko EFS est contrôlé par la cellule couplée. Mais c’est un compact avec viseur et mise au point par zone focus (pictogrammes de distances).
Le 35 ECR reprend son objectif E. Zuiko (5 éléments en 4 groupes), son obturateur Seiko EFS électronique, sa cellule au CdS qui permet l’exposition programmée, mais il gagne un télémètre couplé.
Voyons cela de plus près.
C’est un compact … compact : 11cm x 6,7 x 5,2cm, pour un poids contenu de 415gr. Eh oui, ici le métal est encore très présent dans le boitier, c’est rassurant.
Son objectif est un objectif fixe de 42mm ouvrant à f2,8 avec une mise au point minimale de 90cm. Il utilise des filtres au diamètre de 43,5mm à viser. Comme ceux-ci se placent devant l’œil de la cellule, pas besoin de compenser car elle en tient compte automatiquement. C’est le même objectif que celui qui équipe l’Olympus 35 RC.
Une partie de son succès vient, me semble-t-il, de son dépouillement extérieur : un petit rectangle bis-colors argent pour le métal et cuirette noire pour le revêtement ; un capot duquel surgit un déclencheur fileté, puis sous un verre, le compteur de vue (qui se remet à zéro automatiquement) et à l’autre bout, un carré de lumière et la griffe flash.
Sur la face, le viseur et à ses côtés la fenêtre du télémètre (distance assez courte entre les deux), le nom de l’appareil et en dessous, un curseur qui ressemble à un retardateur mais est en fait un verrou pour bloquer le déclencheur et qui ferme le circuit électrique de la cellule (ne pas oublier donc de l’utiliser pour préserver ses piles).
Sur la tranche gauche, la prise PC pour les flashs plus anciens. A l’arrière, le viseur et la roue crantée pour l’avance du film et le réarmement de l’obturateur.
Sous la tranche droite, le petit verrou pour ouvrir la porte arrière. La semelle elle porte la manivelle de rebobinage, encastrée, et la trappe pour les deux piles. A côté, le petit bouton noir pour débrayer le film en fin de course et enfin le pas de vis pour le fixer sur un trépied.
Simple, rationnel et efficace.
Le viseur, décalé sur la gauche comme sur la majorité des télémétriques, porte des cadres lumineux pour la prise de vue normale et des lignes pour la correction de la parallaxe.
Normalement – mais qui ne semblent plus fonctionner sur le mien – deux lumières devraient aussi apparaître : une orange, comme celle sur le capot, qui s’allume à mi-pression sur le déclencheur pour indiquer si la batterie est bonne. Elle s’allume aussi brièvement lorsque la vitesse est comprise entre 4s et 1/30s, indiquant un risque de flou de bougé. Ensuite il devrait y avoir une lumière verte qui apparait dans le viseur lorsqu’un flash est connecté à la griffe et/ou à la prise PC. Si la lumière est suffisante, la verte ne s’allume pas.
L’obturateur Seiko EFS permet des combinaisons de temps/ouvertures qui vont de 4s à f2,8 à 1/800s à f13. Certains diront qu’il est dommage de ne pas savoir quelles sont les valeurs retenues puisqu’il n’y a pas d’affichage dans le viseur, les autres s’en accommodent très bien.
Un mot à propos des piles : à l’origine, elles étaient au mercure, heureusement interdites. Leur tension était de 1,35v (EPX640) et elles étaient assez hautes. De nos jours, soit on utilise des piles pour appareils auditifs au zinc/air, qui ont la même tension et que l’on glisse dans un adaptateur, soit on utilise des LR44, toujours dans un adaptateur, mais là la tension est de 1,5v. Ce qui influe un peu sur la cellule mais c’est sans conséquence sur les films négatifs.
Le saviez-vous ? Sur le capot, derrière le déclencheur, il y a un numéro de série. Mais il y a aussi un code qui permet de connaître où la caméra a été assemblée (un idéogramme japonais), le premier signe, le second est un numéro indiquant l’année et le troisième le mois. Ce code est caché derrière la plaque de pression du film, dans la chambre. Comme je ne vais pas toucher à la mienne (je serais incapable de la remettre), je vais prendre l’exemple que j’ai trouvé : sachant que les mois vont de 1 à 9 (de janvier à septembre) puis X, Y et Z pour les trois derniers mois, si l’appareil est noté X2Z, le X ici remplace un signe japonais impossible à reproduire et qui indiquait le lieu de fabrication, le 2 signifie année 2, soit 1972 et le Z, le mois de décembre.
Un mot ensuite sur l’objectif. Il cache l’obturateur Seiko ESF, central et il abrite le capteur de la cellule, au dessus de la lentille. En dessous, une petite fenêtre affiche la valeur Asa sélectionnée en fonction de la sensibilité du film (ici de 25 à 800), que l’on règle avec la couronne autour de la lentille. Lentille légèrement teintée de bleu, traitée multicouche.
Autour du combiné objectif/obturateur, la bague de mise au point, qui a une course courte. La mise au point minimale est de 90cm. L’échelle est indiquée en mètres (blanc) et en pieds (rouge). Elle est presque là pour le décor car finalement, vous allez utiliser le télémètre couplé. C’est un télémètre à coïncidence. Un carré orangé apparait au centre du viseur et il faut faire coïncider les deux images pour que celle-ci soit nette. La course courte permet une mise au point rapide, très utile en photo de rue, là où l’échelle peut encore avoir un intérêt si vous travaillez en zone focus (préparation de la distance de prise de vue).
Un mot aussi sur l’utilisation du flash sur le 35 ECR, dite ici flasmatic. La vitesse de synchronisation est de 1/20s et l’ouverture est réglée en fonction de la distance, automatiquement. Si vous regardez bien autour de l’objectif, vous verrez une fine bague métallique avec des chiffres gravés : il s’agit des nombres guides du flash. Pour mémoire, le nombre guide d’un flash à intensité fixe est donné pour une certaine vitesse de film (généralement 100 Asa, mais ici pour 80 Asa) par une équation ouverture multipliée par la distance, de sorte qu’en le divisant par la distance, on obtient l’ouverture requise pour une exposition correcte au flash. En entrant le nombre guide sur la bague, l’appareil qui a été réglé pour la vitesse du film et une certaine distance au sujet, choisit alors automatiquement l’ouverture.
Rappelez-vous, dans le viseur, une lumière verte s’allume pour indiquer la nécessité du flash. Lorsque celui-ci est prêt, la lumière verte s’allume encore. Si elle ne s’allume pas, le flash ne partira pas pour la prise de vue.En tout cas en théorie car sur le mien, je ne vois pas cette lumière verte mais le petit flash électronique Cobra Ato 150, que j’ai trouvé, déclenche à tous les coups. Deux flashs lui étaient dédiés, le CL avec ampoules ou le PS 100G, électronique et particulièrement plat.
Pour la photographie, son système d’exposition automatique précis permettant des temps de pose assez longs et son superbe objectif sont ses principaux atouts. Comme pour tous les appareils photo automatiques, il faudra veiller à avoir des piles de secours dans le sac photographique.
Si je résume, nous avons donc un petit appareil solide, bien pensé, ergonomique et automatique, qui dépend, hélas de ses piles pour déclencher. Il faut juste penser à en avoir quelques unes avec soi, par sécurité car de fait, il ne consomme pas énormément.
Un Olympus 35 RC a l’avantage ici de fonctionner sans pile si besoin et il est manuel.
Ceci étant, c’est un petit compact finalement plus rare que le classique 35 RC, ce qui ajoute à son charme. Son automatisme le rend aussi plus simple d’utilisation pour ceux que la technique ennuie.
Que penser de cet appareil ?
Franchement, il est joli (même si cette impression est toujours subjective), d’une ligne épurée et particulièrement compact, même s’il sera mieux dans une grande poche ou un petit sac, voire attaché à une dragonne. Le verrou empêchant les déclenchements intempestifs et de gaspiller les piles.
Si vous voulez utiliser un flash, pensez plutôt à un petit Cobra plutôt qu’au PS 100G, à mon avis trop près du viseur et de l’objectif.
C’est un petit appareil pensé pour se faciliter la vie : vous visez, réglez le télémètre et appuyez sur le déclencheur. C’est tout et le reste, c’est l’appareil qui le fait, et il le fait bien, aidé en cela par un bon objectif et des préréglages très corrects.
J’avais écris en préambule que l’exemplaire acheté semblait en panne. Juste le temps de trouver deux adaptateur, d’y glisser 2 LR44 dans le bon sens et il était à nouveau fonctionnel, sauf les lumières d’avertissements, dont on peut se passer, in fine.
Je devrai juste refaire les mousses, comme d’habitude sur un boitier de cet âge.
Comme je le signalais, il est plus rare que le traditionnel RC, ce qui peut le rendre moins attrayant si certains le savent et en jouent pour augmenter les prix, alors que vous, vous voudriez juste un petit compact facile à utiliser et de bonne qualité.
Pour un exemplaire en très bon état, je pense que le prix de 50€ est un maximum, mais je sais que plein de gens ne seront pas d’accord à ce sujet.
A vous de chiner pour en trouver un qui corresponde à vos attentes et à votre budget, vous ne le regretterez pas.
Type : 35 ECR Gravure : Olympus – 35 ECR Date de sortie : avril 1972 Esthétique boitier : chrome et cuir noir Obturateur : Seiko ESF Vitesses d’obturation : automatique de 4s à 1/800s Synchronisation flash : X à 1/20 de seconde, flash automatique, prise PC pour les anciens flashs Viseur : cadre lumineux, marques de parallaxe, signal de test de batterie Symboles mixtes d’image et de distance du télémètre Télémètre : couplé Avance du film : roue crantée sous le capot Posemètre : mesure de la lumière avec cellule au CdS, couplé ASA : 25 à 800 Batterie : 2 x 1,35 V (EPX 640) que l’on peut remplacer par 2LR44 avec adaptateur Bonus : levier de verrouillage, testeur de batterie Objectif : E. Zuiko f/2.8 f=42mm, diamètre du filtre 43,5 Plage d’ouverture : f2,8 à f13 Mise au point : 0,9 m à l’infini
Ce bel ensemble a failli ne jamais être réuni, l’appareil étant jeté dans une caisse et son trépied, loin, dans une autre, tous les deux dans un fatras de choses assez innommables.
Mais voilà, ce jour là St Daguerre était avec moi et j’ai pu les remettre ensemble et partir avec pour un prix très très convenable.
Rentré à la maison, il me restait à les nettoyer tous les deux, quelques traces d’humidité étaient présentes sur le cuir de l’appareil et son sac en cuir.
Un peu d’huile de coude puis de cirage et revoilà cette paire en pleine forme.
Un peu d’histoire.
Comme pour la Certo et la Ihagee que je vous proposais il y a peu, il n’y a pas de marquage sur le boitier. Juste un nom délicatement écris en cursives sur le pourtour du combiné objectif/obturateur : F. Deckel – München.
C’est, un peu court, mais essayons de trouver qui est derrière cette chambre de belle facture ?
Tout d’abord, l’obturateur, un Compur qui fut fabriqué par … Friedrich Deckel AG, à Munich dès 1903.
A l’origine était Friedrich Wilhelm Deckel (1871–1948), un mécanicien de précision qui travaillait pour Zeiss à Iéna dès 1889. Il quittera l’entreprise pour fonder son propre atelier, fin 1898.
Il s’associe avec Christian Bruns, un autre mécanicien de précision qui a développé l’obturateur central Compound. Ensemble, dès 1903, ils fondent la Bruns & Deckel à Munich. Ils fabriquent l’obturateur Compound et le commercialise.
En 1905, Monsieur Bruns quitte la société et continue à développer des obturateurs pour son propre compte, comme le Compur, développé pour les temps d’exposition lents. Dès lors, Friedrich devient le seul propriétaire de l’entreprise devenue la Friedrich Deckel GmbH.
L’entreprise acquiert de nouveaux actionnaires en 1910 et pas n’importe lesquels : Carl Zeiss, Bausch & Lomb et Alfred Gauthier. Zeiss, qui vient d’acquérir les brevets du Compur, les fait fabriquer sous licence par Deckel.
Une des spécificités de Deckel était qu’il fabriquait en interne les machines-outils de précision et les moules nécessaires à la fabrication des appareils photo. Comme à l’époque de telles machines étaient peu disponibles sur le marché, la société va vendre de plus en plus de machines-outils, et ses obturateurs, à d’autres fabricants, comme l’Agfa Camerawerk par exemple. Finalement, l’activité de construction des machines est devenue l’activité principale de l’entreprise.
C’était une société moderne pour son époque : elle a introduit la journée de huit heures en 1912 pour son personnel (elle comptait 500 employés en 1914). Elle continue à se diversifier et s’intéresse au monde de la voiture. Elle fabriquera des pompes d’injection pour moteurs essence ou diésel (1924). En 1940, elle fabriquera d’ailleurs l’injection du moteur d’avion BMW 801.
Mais pour en revenir au monde de la photographie, elle conçoit le concept d’échelle de valeur lumineuse (LVS) et développe la fameuse échelle de valeur d’exposition (EVS). Elle va distribuer des obturateurs qui utilisent des fermetures couplées à une valeur lumineuse et en faire la norme. Vous trouvez souvent cette échelle sur les appareils des années cinquante, notamment chez Rollei Hasselblad, Voigtländer, Braun, Kodak, entre autres. Ces obturateurs sont souvent liés à une monture d’objectif à changement rapide, couplée aux obturateurs, la fameuse baïonnette DKL.
Les américains ont repris le principe de la valeur lumineuse dans le système APEX en 1960.
De plus en plus, pourtant, l’entreprise se concentre sur la production de machines-outils de grande précision. Elle changera plusieurs fois de nom au gré des acquisitions, fusion et faillite. En 2009 elle passe entièrement dans le giron de la société japonaise Mori Seiki.
La production d’obturateur pour appareils photo a été arrêtée en 1973, sauf pour quelques Hasselblad équipés d’objectifs Zeiss. Celle-ci cessera définitivement en 1976 et la production sera reprise par l’usine Alfred Gonthier (Prontor).
Nous pouvons résumer les obturateurs de la Friedrich Deckel :
1904 – Obturateur à lames composées avec échappement pneumatique à air 1911 – Obturateur à lames Compur avec échappement mécanique à engrenages plus précis 1928 – Retardateur supplémentaire Compur V 1935 – Compur-Rapid vitesse d’obturation la plus courte 1/500 s (1/400 pour un obturateur plus grand) 1951 – Synchronisation flash supplémentaire Synchro-Compur X et M 1958 – Monture DKL d’une monture à baïonnette incluant un obturateur Synchro-Compur avec couplage LV
Ah, me direz-vous, cela ne nous avance guère !
Reste, peut-être à voir du côté de l’objectif, un Boyer Topaz de 105mm ouvrant à f4,5.
Vous verrez, c’est aussi un pied de nez à l’Histoire …
Antoine Boyer fonde en 1895 les Etablissements Boyer, qui fabriquent des objectifs. Ce n’est pas une grande entreprise, il n’y a que quatre employés. Par la suite, André et Marcel Boyer, ses fils, prennent la relève et le nom de la firme évolue en Boyer Frères. Elle n’est guère plus grande (6 employés).
En 1925, André décède et son frère, Marcel refuse de diriger seul l’entreprise, qu’il vend alors à un opticien d’Orléans, Abraham Lévy. Son fils, André avait été commercial chez Lacourt-Berthiot. Lorsque son père racheta donc la société Boyer Frères, il était alors directeur du département photographique de Baille-Lemaire.
La designer de chez Boyer, Madame Suzanne Lévy-Bloch fut sans doute la première femme ingénieure en optique française (ingénieure de l’École Supérieure d’Optique et de l’Institut d’Optique Théorique et Appliquée). C’est elle qui dessinait les optiques de la firme (1925 à 1965).
A la mort d’André Lévy, c’est son fils Robert qui prend les rennes de la société. Las, au seuil des années septante, la maison fait faillite. Elle sera reprise par CEDIS, une société appartenant à M. Kiritsis, ancien propriétaire des Ets Roussel, une autre société d’optique française. L’entreprise disparaitra définitivement en 1982, au décès de M. Kiritsis.
En résumé, nous avons une entreprise allemande qui fabrique des obturateurs renommés et sans doute aussi des appareils photographiques, et de l’autre côté, une société française d’optique reconnue.
Tout cela autour des années 1928 -1929 si je tiens compte du numéro de fabrication du Compur de cet appareil.
Je ne suis guère plus avancé mais j’aime l’ironie des nationalités des personnes qui ont œuvré en ces temps troublés à la fabrication de cet appareil dont j’ignore toujours le nom de fabrication, à moins d’admettre qu’il s’agisse d’une chambre Deckel.
Un mot encore pour ce Boyer Topaz, un triplet qui fut vendu soit comme objectif de prise de vues, soit comme objectif pour agrandisseur. Il a existé dans de nombreuses focales, de 20 à 180mm ouvrant à f2,9 ou f3,5 avant 1939 ; puis focales de 75 à 135mm ouvrant à f4,5 ; encore en focales de 58 à 210mm ouvrant à f6,3 ; et dans les années septante de 45mm à f2,8 ; 35 ou 50mm à f3,5 et finalement 75 et 105mm ouvrant à f4,5.
Un commentaire éclaire sur sa place dans la gamme des optiques de chez Boyer : C’était le cheval de bataille de la firme ! Des centaines étaient encore vendus chaque mois lorsque l’entreprise ferma brutalement. Ils étaient très bien fabriqués, mais comme tous les triplets, avec une courbure de champ prononcée, et de l’aberration de sphéricité à pleine ouverture. La série ouvrant à 2,9 d’avant 1939 est parfaite comme objectif à portrait ; ce sont des optiques douces sans manquer de piqué. Pour autant que je le sache, c’est la base du modèle Rubis (très peu furent fabriqués). De nombreux Topaz étaient également vendus comme objectifs d’agrandisseur, en dépit de leur qualité moyenne pour cette application.
Présentation de la chambre portative F. Deckel
Je l’ai retournée dans tous les sens, regardé le moindre bout de cuir, sous et sur les bobines, autour et derrière l’obturateur, sur la plaque de pression, rien ! Pas la oindre marque comme Certo ou Ihagee qui ont pourtant parfois utilisé les services de la F. Deckel.
Il reste donc à déduire qu’il s’agit bien d’une chambre portative créée par la F. Deckel pour son compte propre et sa commercialisation.
Alors, que voyons-nous ?
Un beau bloc aux cuirs noirs et bords arrondis en chromes solides. Sur le dessous, une grosse molette pour l’avance du film, un petit bouton en forme de champignon à son côté, qui permet de libérer la porte avant de la chambre, et enfin un pas de vis large (pas du Congrès) pour la fixer sur un trépied.
Sur le dessus, un simple viseur repliable en tôle, rudimentaire.
Devant, une porte avec un second filetage pour attacher la chambre et un levier pour poser celle-ci à plat.
Derrière, un dos ajouté et fixé à la partie ouvrante. Ce dos porte une fenêtre en rouge inactinique et un crochet sur le dessus : il est sans doute prévu pour y glisser une plaque de verre ou un châssis (vu l’épaisseur, je penche pour la plaque de verre).
Sur la tranche gauche, un discret verrou permet d’ouvrir le dos, monté sur charnière et qui ouvre sur une chambre noire de 6x9cm à soufflet. L’intérieur est floqué d’une peinture noire très structurée, épaisse et solide. De chaque côté, des cages en demi-cercle pour y glisser une bobine de film 120. Ce qui est un peu déroutant, c’est la présence d’une plaque de pression qui semble ne pas autoriser l’utilisation d’une plaque photographique. Le dos surajouté n’a d’ailleurs pas d’accès à la chambre.
Enfin, après avoir appuyé sur le bouton champignon, la porte avant s’ouvre et dévoile un gros œil rond : l’obturateur Compur avec en son centre, l’objectif Boyer Topaz de 105mm ouvrant à f4,5.
L’abattant de la porte, en métal, porte deux rails, sur lesquels va glisser le soufflet, qui va venir se bloquer en position dans un verrou à ressort. Deux boutons ronds permettent de tirer sur l’ensemble Soufflet/ Obturateur-Objectif.
Sur le côté droit des rails, un bouton en tirette permet de régler la distance et de bloquer l’ensemble aux distances de 2m à l’infini
Le Compur est gradué en vitesses de 1s à 1/250s, plus une pause B et une T. Un petit bouton, que je pensais être le retardateur, permet de passer en mode T ou B. Le levier d’armement est au dessus et le déclencheur par dessous. On peut encore utiliser un déclencheur souple, à viser.
Les ouvertures sont réglables de f4,5 à f32 (4,5 – 6,7 – 8 – 11 – 16 – 26 – 32) via une réglette placée sous le combo objectif/obturateur. La distance, elle, se règle grâce au déplacement du soufflet sur le rail. Il n’y a pas ici de décentrement vertical.
Deux viseurs dont encore présents sur le combiné objectif/obturateur : un simple cadre en fil, qui se replie devant le tout et qui, une fois déplié et combiné au viseur fixé sur le dessus du boitier doit être un viseur sportif, et un second viseur pivotant, qui se replie lorsqu’on referme l’appareil.
Autrement dit, les viseurs sont rudimentaires et peu précis, la distance de mise au point se fait au pifomètre.
Pour refermer le tout, il est impératif de sortir le crochet d’arrêt du soufflet, de le replier lentement pour ne pas abîmer les plis et de s’assurer qu’il est bien remisé au fond de la boite avant de refermer la porte avant.
Ce n’est pas compliqué, il faut juste prendre son temps et respecter le matériel, sans forcer.
Ce genre de chambre portable n’apprécie pas d’être bousculée. Et notez que si elle a été respectée, 100 ans plus tard, elle fonctionne toujours parfaitement et reste pleine de charme.
Associée à sa sacoche en cuir clair, c’est un ensemble du plus belle effet. Si vous y ajoutez le trépied dans son sac, lui aussi en cuir, il ne vous manque plus qu’une belle vieille Benz pour participer à un rallye en costume d’époque !
Que penser de cette ensemble ?
Outre son esthétique, il faut reconnaître que nous avons là un bel outil, toujours parfaitement fonctionnel.
Les commandes sont souples, onctueuses et loin d’être tout à fait dépassées car les ouvertures et les vitesses étaient encore celle utilisées dans les années cinquante dans d’autres folding et même certains appareils fermés.
Comme je le précisais dans l’historique, ce type d’appareil photo demande que l’on prenne son temps, pour cadrer, pour viser, pour régler et enfin déclencher.
N’oublions pas que nous sommes dans du 6x9cm, le négatif va fourmiller de détails si les paramètres de prise de vue sont respectés. D’ailleurs, à l’époque de cette F. Deckel, il n’était pas rare de faire un tirage direct, la taille du négatif l’autorisant sans agrandissement.
Reste que je m’interroge toujours sur le dos rapporté sur le boitier car je ne vois pas bien son utilité. Sans aucun doute un manque manifeste d’habitude avec ce type d’engin.
Cette chambre est-elle rare ?
J’ai retourné la Toile dans tous les sens, je n’ai pas trouvé un seul endroit qui puisse lister les appareils produits par F. Deckel. Beaucoup d’informations sur les obturateurs Compur, les machines-outils FP1 et suivantes, la baïonnette DKL, mais sur ce modèle, rien.
Peut-être un lecteur perspicace trouvera-t-il une solution, une réponse.
Ceci étant, c’est un bel ensemble, toujours fonctionnel, et pour le moment, cela me suffit.
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