Argentique

Un moyen format abordable et performant, le Yashica Mat

Préambule

Encore un que j’ai trouvé sur la brocante de Bois de Villers, un peu avant le Minox 35 AF que je vous présentais il y a quelques jours.

Autant ce dernier pouvait encore se glisser dans une poche, autant celui-ci demandera un petit sac et une bonne sangle pour le porter. Pas qu’il soit aussi lourd que le Mamiya C33 déjà vu sur le site, mais il est de cette école où le plastique était encore utilisé avec parcimonie et le métal majoritaire.

Il est en très bon état et me crée d’emblée un cas de conscience : vais-je le garder ou plutôt le Rolleiflex T type 3 ?

J’entends déjà quelques uns qui frémissent de cette question, mais vous allez comprendre pourquoi elle se pose …

Un peu d’histoire

Yashica est une marque que j’ai déjà beaucoup évoquée, en réflex (le FX-3 comme bel exemple), en compacts (le MF-2 me vient, entre autre, à l’esprit), en télémétriques (Le Lynx 5000 par exemple) et en moyens formats (ah, le Mat 124 G).

Je vais donc plutôt approfondir leur gamme en moyen format, qui mérite bien un historique.

Leur premier appareil fut le Pigeonflex (1953), très, très inspiré du Rolleicord II mais bien plus abordable financièrement. C’est lui qui donna le goût de la photographie au TLR à grand nombre de Japonais.

Schéma explicatif du fonctionnement d'un appareil photo bis-objectifs, avec des annotations numérotées décrivant les principales parties : objectif, miroir, lentille de Fresnel, loupe, second objectif, bouton d'obturation, film.

En 1957, Yashica améliore son premier opus et sort le Mat : un appareil très époque, car il propose l’avance du film et l’armement de l’obturateur couplé grâce à une manivelle. Ce Mat sera le premier d’une longue série qui se clôturera avec le Yashica Mat 124 G, un excellent TLR à prix encore doux pour des prestations de haut niveau.

Puisque j’évoque le terme de séries, accrochez-vous : il y eut deux grandes familles dans les reflex à double objectifs, les 66 (pour 6×6 en film 120) et les 44 (pour le 4×4, en film 127). Dans ces familles, on compte environ (parce que tous les auteurs ne sont pas d’accord) 31 modèles pour les premiers et 4 pour les seconds, mais 81 variations pour les 2 séries. Amis collectionneurs, bon amusement …

Tiens, au fait, pourquoi Yashica MAT ? Deux hypothèse se côtoient : la première dit que c’est une contraction comme une autre d’automatique alors que la seconde dit que cela serait une énième copie du terme utilisé par Rolleiflex pour son Rolleiflex Automat, … lui -même contraction d’automatique.

Rassurez-vous, je ne vais pas tout reprendre, alors voici les grandes lignes de la gamme 66 (les 44 sont plus anecdotiques et je n’en ai plus sous la main) :

  • les YashicaFlex, l’équivalent des Rolleicord chez Franke & Heidecke (exemple YashicaFlex S), de 1953 à 1959
  • les Yashica avec bouton pour l’avancement (Yashica C et D en exemples), de 1957 à 1965
  • les Yashica avec manivelle pour l’avancement et l’armement (celui-ci et le Yashica Mat 124 G), de 1957 à 1983

Pour plus de détails, je vous renvoie LA.

Ce qui est important à retenir, me semble-t-il, c’est la distinction entre ceux à boutons et ceux à manivelles, distinction reprise aussi chez Rolleicord et Rolleiflex . Ceux avec les boutons sont (un peu) plus simples au niveau mécanique mais n’en sont pas moins aussi bien équipé que leurs frères tant en ce qui concerne les objectifs que les obturateurs.

Encore une fois, comme chez Rolleiflex, avec même – comme là aussi – parfois des appareils à bouton qui peuvent en remonter à ceux à manivelle (combinaison objectif/obturateur plus évoluée (un bel exemple est le Yashica 635 équipé d’un obturateur Copal MXV qui monte au 1/500s et d’un objectif Yashinon de formule Tessar ouvrant à f2,8).

Que ce soit en formule avec boutons ou manivelles, ces TLR sont majoritairement en métal, très bien ajustés, et pensés pour être faciles d’utilisation.

Sans doute n’ont-ils pas l’aura du précurseur allemand mais ils ne déméritent pas en terme de qualité d’images et de fonctionnalités.

Car au fur et à mesure de l’évolution des boitiers, ceux-ci vont bénéficier de vitesses en expansion, de minuteur, de synchronisation flash, de cellule non couplée puis couplée, de compteur de vue, de griffe porte-accessoire, de baie de tailles différentes (bay 1, bay2, etc.) et de toutes une série d’accessoires utiles.

Si je devais résumer ici les TLR de Yashica, je dirais qu’ils sont un excellent choix pour débuter et/ou pratiquer le moyen format car ils sont moins onéreux que certaines marques et tout aussi efficaces à caractéristiques égales (là, je sens que je vais susciter des commentaires !).

Pour en revenir à notre Yashica Mat, premier du nom, il sera d’abord équipé d’objectifs Lumaxar de 75mm ouvrant à f/3.5, ainsi que d’un Lumaxar de75mm ouvrant lui à f/3.2 comme objectif de vision, suivis plus tard d’objectifs similaires bien qu’en version 80mm. Là encore, il existe une petite polémique car d’aucuns disent que les objectifs étaient livrés à Yashica par l’Allemagne de l’Ouest et assemblés à Nagano alors que d’autres disent qu’ils étaient fabriqués et livré par Tomioka (Japon).

Ces objectifs sont de type Tessar, composés de 4 éléments répartis en 3 groupes. Ils changeront ensuite de nom et deviendront des Yashinon

On estime que 95% de la production sera en 80mm. Autre différence, selon l’âge des appareils, les vitesses d’ouverture auront deux échelles différentes : l’ancienne échelle de vitesses – B, 1, 2, 5, 10, 25, 50, 100, 250 et 500 – puis la nouvelle échelle des unités – B, 1, 2, 4, 8, 15, 30, 60, 125, 250 et 500)

Ceci étant, l’obturateur est un Copal d’excellente réputation (MX, MXV et SV par la suite).

Le Yashica Mat et le Yashica MAT 124-G seront les deux appareils les plus vendus, tant en termes de quantité que de durée (plus de 16 ans chacun). Voilà deux maîtres achat à ne pas négliger.

Présentation du Yashica Mat

Celui que je vous présente aujourd’hui est un modèle équipé du Luxamar de 75mm ouvrant à f3,5 et f3,2 pour la visée et d’un obturateur Copal MXV. Il est sans doute issu des premières séries de 1957.

Sa présentation est on ne peut plus classique : un beau rectangle vertical, tout en métal, avec une platine qui avance selon un système à crémaillère, très fluide et assez court. Gainé de cuirette noire, celle-ci est sensible dans le temps et il n’est pas rare d’en trouver avec un revêtement un peu abimé. Ce qui n’empêche en rien l’appareil de fonctionner parfaitement, c’est juste une question d’esthétique.

Appareil photo vintage avec des réglages sur le côté, y compris des commandes pour l'exposition et l'ASA.

Le plus intéressant sur cet appareil est bien évidemment la manivelle qui fait donc avancer le film d’une vue et arme l’obturateur : il faut la faire tourner dans le sens anti-horaire jusqu’à ce qu’elle bloque, puis revenir dans l’autre sens jusqu’au niveau du compteur de vue, où elle cale de nouveau et vous permet de remettre la manivelle dans son encoche. Vous êtes prêt à déclencher.

Appareil photo vintage noir avec un design classique et un levier de déclenchement.

Mais avant, réglons la distance : vous ouvrez le viseur et regardez dans le tunnel l’image renvoyée par le miroir sur le dépoli, assez clair je trouve, et quadrillé pour une meilleure composition. Soit vous travaillez en regardant uniquement là, en tournant la molette de gauche, et arrêtez votre réglage dès que l’image est nette (et vous pouvez vous aider de la loupe fournie dans le couvercle), soit vous regardez l’échelle de mise au point situé sur le côté gauche de l’appareil (mise au point minimale de 1m à l’infini). Le diaphragme compte 10 lamelles.

Le dépoli contient une lentille de Fresnel avec un quadrillage de lignes rouges (5×5) aidant la composition. Pour une mise au point plus précise, on peut toujours sortir la petite loupe qui est sous le capot. Petite remarque en passant : la visée est de 5,5×5,5cm sur un film de 120. Les photos captées seront au format 55x55mm (dite 6×6). Le viseur est donc à 100% de la vision.

Il reste maintenant à régler la vitesse et l’ouverture. Ici le conseil est d’utiliser une cellule à main que vous réglez grâce à l’aide mémoire fourni par l’appareil (réglage de la sensibilité Asa/Din – de 5 à 400 Asa – sur la grosse molette de gauche, pour mémoire).

Gros plan sur les réglages d'une vieille caméra, mettant en évidence le cadran de vitesse et les échelles DIN et ASA.

Ensuite, avec le petit bouton rond de gauche, judicieusement placé entre les objectifs, vous réglez l’ouverture. Petit plus non négligeable de l’appareil, le petit écran au dessus des objectifs qui reprend l’ouverture (f) et la vitesse (sec) que vous aurez choisies.

Gros plan sur le bouton de réglage d'une ancienne caméra, mettant en avant les chiffres et les marques de focalisation.

Plus besoin ici de quitter le viseur des yeux, vous voyez immédiatement les réglages prévus, juste en regardant par dessus l’objectif.

La vitesse, vous l’aurez compris, se règle avec le bouton de droite, du bout des doigts, vous permettant d’assurer une bonne stabilité à l’appareil, niché au creux de vos paumes.

Le déclencheur est situé en bas à droite du boitier. Une légère pression suffit pour déclencher et vous serez surpris du bruit très contenu de cet appareil (ce n’est pas un Praktica ni un Zenit).

Au milieu des 2 objectifs toujours, sur la gauche, le sélecteur pour la position de la synchro flash : M ou X. M étant réservé aux anciens flashs et X aux flashs plus modernes. L’obturateur étant central, il y a synchronisation à toutes les vitesses.

Attention toutefois à un point important : mettez toujours la synchro flash en position X si vous voulez utiliser le minuteur, minuteur que l’on arme après avoir tourné la manivelle d’avance et d’armement. L’obturateur possède une protection pour éviter les mauvaises manœuvres mais que vous pourriez passer (= casser) en forçant. Second conseil utile (et ça c’est LE conseil à ne jamais oublier) : si ça résiste, si ça coince, on ne force pas !

Gros plan sur un appareil photo Yashica avec lentille et réglages visibles.

Je résume : on cadre, on ajuste la distance, on règle la vitesse et clic !

Cet appareil accepte des accessoires B1, comme le pare-soleil, utile à très utile car l’objectif n’est pas traité anti-reflet. Il existe aussi des filtres, moins courant.

Le déclencheur n’est pas fileté pour y ajouter un câble de déclenchement. En fait, il faut une petite pièce qui se vise dessus et sur laquelle vous pourrez fixer le câble.

Le chargement de l’appareil est aussi très facile : il suffit de faire tourner le verrou, en dessous, qui libère la porte, que l’on soulève vers les haut.

Appareil photo vintage en noir et blanc, vue de face avec un objectif sur le dessus et un cadran de réglage sur le devant.

La bobine réceptrice se place en haut, en tirant sur la petite molette sur la gauche de l’appareil afin de bien placer le film. On tire sur l’amorce pour la glisser dans la fente de la bobine et on fait avancer le film jusqu’à la flèche marquée sur le papier du film, qu’il faut faire coïncider avec les 2 flèches rouges sur le bord de la chambre. Ensuite, on referme et on tourne la manivelle jusqu’à ce qu’elle se bloque sur le chiffre 1. Le boitier est prêt pour ses premières photos.

Lorsque vous refermez la porte, vérifiez toujours que le petit ergot fixé sur le boitier est bien pris dans la lame du verrou.

L’appareil ne possède pas de griffe porte-accessoire et pourtant, il y a bien une prise pour un flash et une discrète tirette pour la synchro de celui-ci : M pour les anciens flashs à ampoules, et X pour les nouveaux. Il faudra trouver une planchette à fixer sous l’appareil et qui portera le flash, déporté.

Et sous l’objectif qui prend la photo, une discrète tirette avec un point rouge : c’est celle de la minuterie (+/+-10sec).

Enfin, sur le flanc droit, une petite fenêtre ronde, en haut, celle du compteur de vue. Et sous l’appareil, un filetage pour le fixer sur un trépied ou pour y attacher un porte-flash.

En résumé, un bel appareil, simple, pas trop onéreux et qui offre de très bonnes prestations photographiques.

Que penser de cet appareil ?

Eh bien, j’en reviens à ma question existentielle du début : vais-je le choisir plutôt que le Rolleiflex T que j’avais mis de côté ?

En termes de fonctionnalités, ils se valent, avec – pour moi – une préférence au Yashica qui utilise un système simple de réglage de la vitesse et de l’ouverture, alors que le Rolleiflex T utilise un couplage basé sur l’indice de lumination (EVS), débrayable mais que je n’aime pas.

Ensuite, le Luxamar avec formule Tessar offre les meilleures prestations, quasi au même niveau que le Tessar et le Xénar du cousin allemand.

Finalement, j’aurais peut-être dû garder le Mat 124-G, encore un cran au dessus et avec une cellule au CdS et un objectif plus lumineux. Mais, franchement, celui-ci évite les soucis de cellules parfois capricieuses et avec un peu d’entrainement, donne d’aussi bons résultats.

Car ces appareils ne sont pas faits pour travailler dans l’urgence. Plutôt dans le moment, en réfléchissant à ce que l’on fait : cadrage, composition (le carré est une belle surface mais il faut l’apprivoiser), réglages de la vitesse, de l’ouverture. Et puis ce déclic typique, tout en douceur.

Un film de 120 autorise 12 poses sur une bobine. Il faut les savourer comme il convient et, en cas de longue sortie, prévoir son petit stock. Ensuite, quel plaisir que de découvrir les détails dont fourmillent les images captées et qui reviennent du labo !

Enfin, cerise sur le déclencheur, ces appareils n’ont pas la grosse tête et restent abordables : comptez environ 180€ pour un bel exemplaire, idéalement avec son sac tout prêt en cuir. De quoi vous laissez des sous pour acheter une bonne sangle de portage et quelques bobines de film.

Essayez, vous y reviendrez …

Vidéos d’illustration

Un peu de technique

  • Reflex bis-objectifs avec viseur de poitrine
  • Film 120 (B2-4 / B2-6 / B2-8 de 1932)
  • Format négatif 6 x 6 cm
  • Transport de films : manuel
  • Objectifs Luxamar 75mm f3,2 et f3,5 (prise de vue)
  • Obturateur Copal MVX
  • Vitesses : B, 1s – 1/500s
  • Synchro flash à toutes les vitesses, positions M et X, prise PC, pas de griffe porte-accessoires
  • Armement et avance du film couplé par manivelle
  • Année de sortie : 1957

Des références

https://www.dirapon.be/TLR.html, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-2541-Yashica_Yashica-Mat.html, https://www.suaudeau.eu/memo/collection/mformat/Yashica_mat.html en français ; https://casualphotophile.com/2020/06/26/yashica-mat-review/, https://jnoir.eu/en/cameras/yashica/yashica-mat/, https://www.yashica.com/our-history, https://yashicatlr.com/(une mine d’informations), en anglais

Argentique

Le Yashica TL Super, un réflex précurseur ?

Préambule.

Tiens, ça faisait longtemps que je n’avais plus trouvé un reflex intéressant sur une brocante, et en bon état.

Alors quand j’ai découvert ce Yashica, avec son sac tout prêt propre et ses modes d’emploi, je n’ai pas hésité. Après une petite négociation, il a atterri dans le sac à dos où il est resté bien seul.

Il faut dire que j’essaie, dans la mesure du possible, de restreindre mes achats à des appareils originaux et en bon état. Pensez donc, avec près de 800 articles sur le site, cela fait beaucoup de matériel. Celui-ci fait donc partie de ces beaux appareils attirants.

Un peu d’histoire.

L’entreprise est née en 1949, tout d’abord sous le nom de Yashiama, un dérivé de Yoshihama, le nom donné aux 8 îles qui composent le Japon. Ensuite, ce sera Yashinon et enfin Yashica en 1958.

Sa première spécialité sera la fabrication de composants pour … horloges électriques, avant de se ré-orienter vers la fabrication d’appareils photo, alors en vogue au Pays du Soleil Levant.

Les premiers appareils produits seront, disons, très inspirés de la star de l’époque, le Rolleiflex. Ce premier jet s’appellera Pigeonflex (1953), un 6×6 qui aura la bonne idée d’être très abordable et qui aidera à populariser ce type d’appareil au Japon.

Ensuite, dès 1957, se sera le début de l’aventure des Yashica Mat, une évolution majeure du précédant et qui se vendra très bien à l’international, faisant ainsi découvrir la marque dans le monde.

Si on veut résumer la sucess story de la marque, on peut le faire quelques dates et produits phares :

  • 1953, le Piegeonflex suivi du Yashimaflex, les premiers 6×6
  • 1957, le Yashica Mat, la référence en 6×6 japonais
  • 1958, le Pentamatic, un réflex avec baïonnette propriétaire et diaphragme automatique
  • 1958, acquisition de Nicca, spécialisé dans les télémétriques
  • 1962, adoption de la monture Zeiss/Praktica M42 et production du reflex Penta J
  • 1965, les Electro 35, les premiers télémétriques contrôlés électroniquement
  • 1968, le Yashica Mat-124, un TLR abordable et performant
  • 1968, acquisition de l’opticien Tomioka, le plus réputé du Japon à l’époque
  • 1969, rachat de Zunow Optical Industry Co. Ltd., entreprise innovante en réflex et cinéma
  • 1970, lancement du Yashica Mat-124G, un TLR avec posemètre intégré, utilisation de films 120 et 220
  • 1972, le Yashica TL-Electro, un réflex à posemètre intégré électronique et obturateur Copal contrôlé électroniquement
  • 1973, en collaboration avec Carl Zeiss, lancement du Top Secret Projet 130 qui donnera naissance au Contax RTS, appareil avec obturateur électronique
  • 1975, les Yashica FR, des réflex avec des obturateurs électroniques équivalent aux Contax
  • 1979, lancement du FX-3 à destination des débutants mais avec les optiques C/Y (Contax/Yashica), fabriqué par Cosina
  • 1983, rachat de Yashica par Kiocera (Kyoto Ceramics)
  • 1985, introduction du FX-103, toujours en collaboration avec Contax, premier reflex de la marque avec flash TTL et mode d’expositions programmées
  • 1986, le Samouraï, un étrange réflex demi-format aux allures futuristes
  • 2005, Kyocera arrête la production des appareils photo
  • 2008, vente des droits de la marque Yashica au groupe MF Jebsen (Hong Kong)

Voilà encore une marque qui disparait trop tôt, avec perte et fracas car depuis sa revente, les projets de relance du nom se sont heurtés à des initiatives dépourvues d’intérêts et très hasardeuses.

A l’époque de leur premier reflex (1958), le Pentamatic, Yashica a commis une erreur, celle d’utiliser une baïonnette propriétaire et de lancer trop peu d’objectifs pour accompagner l’appareil. La plupart des concurrents utilisaient parfois de telles montures, mais avec une gamme de focales conséquente (Nikon et sa monture F, ou Canon et sa monture FL) ou alors ils utilisaient la monture dite universelle, à viser, la M42. Cela permettait d’élargir les possibilités d’optiques pour les clients.

Mais revenons à 1966, date à laquelle le TL Super est apparu sur le marché, et même encore un peu avant cette date.

La série J (1961) succède à la série des Pentamatic à laquelle elle diffère par l’utilisation de la monture M42 (dite universelle) et non plus une monture propriétaire. Il faut encore viser à la pleine ouverture avant d’armer le déclencheur mais il bénéficie déjà d’une cellule que l’on vient clipser sur le devant de l’appareil.

Puis vient donc la série TL, qui sont leurs premiers TTL (Throug-the-Lens = à travers l’objectif), une mini révolution.

Cette série ne s’arrêtera qu’en 1978 et on peut y noter les appareils suivants :

  • TL- Super, avril 1966
  • TL, novembre 1967, semblable au TL Super mais aux vitesses limitées et sans verrouillage du miroir
  • TL Electro-X, octobre 1968 Type 1, remplace les aiguilles de la cellule par des diodes et l’obturateur est électronique
  • TL- E, juin 1969, la même chose mais avec obturateur mécanique
  • ITS, décembre 1970, idem que le TL Electro X mais uniquement en finition noire
  • Electro AX, mars 1972, propose l’exposition automatique à priorité ouverture
  • TL- Electro, avril 1972, version allégée du TL Electro X avec obturateur mécanique
  • FFT, juillet 1973, une version light du TL Electro avec obturateur mécanique, retour à la mesure de la cellule via une échelle à aiguille et reprise des piles au mercure !

Si comme la série précédente elle utilisait encore la monture M42, cette fois, elle inaugurait la mesure de la lumière directement à travers l’objectif, avec une cellule interne, alimentée par une pile à l’oxyde d’argent, contrairement au Pentax Spotmatic, qui utilisait encore des piles au mercure. Selon la légende, ce serait le premier appareil à passer à ce type de piles.

Mais nous allons voir tout cela en détail …

Présentation du Yashica TL-Super

C’est un bel appareil, tel qu’on se représente les reflex des années soixante – septante : tout en métal, bis-coleurs. Oui, il fait son poids (pas loin du kg avec un 50mm) mais il respire la solidité, l’assurance tranquille d’un appareil fait pour traverser les ans. La preuve ? Celui-ci fonctionne comme au premier jour.

Dans l’historique ci-dessus, je précisais que cet appareil était de la veine des Pentax Spotmatic SP, mais aussi des Minolta srT101, des Canon FT QL, du Nikon F ou du Nikkormat FTn. La famille des incassables comme j’aime parfois l’écrire.

Voilà le portrait tracé, voyons maintenant de plus près ce qui fait sa particularité.

Illustration annotée d'un appareil photo Yashica TL Super, montrant les différentes parties et fonctionnalités, avec des numéros correspondant aux éléments décrits.
Schéma du Yashica TL Super avec des annotations des différentes parties de l'appareil, montrant la tige guide de la bobine de film, le verrou du couvercle, le viseur, et d'autres composants importants.

Le Yashica TL Super est donc un appareil reflex qui possède deux résistances au CdS montées à l’intérieur du viseur et qui mesure avec précision le degré moyen de la lumière qui passe à travers l’objectif avant de frapper le film (TTL).

Cette cellule, alimentée par une pile à l’oxyde d’argent* de 1,5v (là aussi une petite révolution car habituellement on utilisait encore des piles de 1,35v au mercure), était bien plus précise que celles au sélénium.

Allumez la cellule en abaissant le curseur ; l’exposition est parfaite lorsque l’aiguille du posemètre est centrée. Cette manœuvre obscurcit la visée, surtout si l’ouverture choisie est petite. Remontez le curseur pour fermer la cellule. L’ouverture de l’objectif s’ouvre alors complètement et vous pouvez visez alors très clairement. N’oubliez donc pas de remettre le curseur en position OFF, vers le haut, sous peine de vider la pile trop rapidement car la cellule restera sous tension.

Appareil photo reflex Yashica TL Super, vue de côté montrant l'objectif et le boîtier en métal.

Ensuite, une griffe flash faisait son apparition sur le toit du pentaprisme, pour alimenter un flash synchronisé au 1/60s. Notons qu’il existe toujours une prise PC pour l’utilisation de flashs plus anciens

Il y aura deux versions du TL Super : la première utilise un verrou situé sur la semelle pour ouvrir la porte arrière, le levier d’armement est tout en métal, les objectifs sont des Auto Yashinon-DX à nez chromé, disponibles en deux ouvertures différentes, soit un 50mm ouvrant à f1,7 ou à f1,4.

Vue rapprochée du dessus d'un appareil photo reflex Yashica TL Super, montrant des boutons de réglage et la griffe de flash, avec un objectif monté en arrière-plan.

L’appareil que je vous présente aujourd’hui fait partie de cette première version.

La seconde version adopte des éléments plus modernes comme le levier d’armement avec un embout en plastique noir, le fait de tirer vers le haut la molette de rembobinage pour ouvrir la porte et des objectifs, toujours en 50mm, mais des Auto Yashinon-DX à nez noir en f1,7 ou f1,4.

Ces deux objectifs possèdent un curseur qui glisse de A vers M. Si vous voulez mesurer la profondeur de champ de votre prise de vue, il faut faire glisser ce curseur sur A (lettre M visible). Ensuite, la mesure faite, il faut remettre le curseur sur M (lettre A visible) pour avoir le diaphragme entièrement ouvert et donc une visée claire.

De plus il propose une fonction de verrouillage du miroir, que l’on ne retrouvait souvent que sur des appareils plus sophistiqués, destinés aux professionnels.

Vue rapprochée d'un appareil photo Yashica TL Super, montrant l'arrière avec son revêtement en cuir et l'objectif monté.

Une petite publicité d’époque, sympathique.

Une femme souriante tenant un appareil photo Yashica TL Super, avec un texte promotionnel en arrière-plan en français indiquant 'faites-vous des amis'.
Source : yashicasailorboy. Sympa la publicité d’époque.

Son viseur, large et clair, porte un cercle avec micro-prisme au centre du dépoli. Je regrette seulement qu’il ne possède pas un stignomètre divisé, plus précis pour viser juste, mais c’est tout personnel. Sur la droite, un cadre dans lequel doit évoluer l’aiguille indicatrice de la cellule.

Diagramme représentant un cercle avec un contour et une ligne stylisée sur la droite, sur fond blanc.

Enfin la monture est celle dite universelle, la M42 développée par Carl Zeiss (Contax S) et Praktica. C’est une monture à viser, très courante à l’époque et qui offre un vaste choix de beaux cailloux dans de nombreuses marques différentes.

Les objectifs Yashinon sont excellents, très proches des Super Takumar d’Asahi Pentax, que vous pourrez donc monter dessus, tout comme un Hélios 44-2 russe ou l’un des nombreux objectifs allemands de l’époque.

Vue de dessus d'un appareil photo reflex Yashica TL Super avec un objectif Auto Yashinon DX de 50mm f/1.7, sur une surface de travail.

Voici une idée des objectifs proposés par Yashica :

Illustration des lentilles interchangeables pour le Yashica TL Super, montrant différents modèles et spécifications.
Une série d'objectifs pour appareil photo Yashica, présentant divers modèles allant de 80 à 800 mm, avec spécifications et caractéristiques visibles.

Ceci sans compter les tubes allonges, les soufflets et autres accessoires (filtres, viseur d’angle, etc. ).

Sur le dessus de l’appareil, à gauche, la molette de rembobinage posée sur la couronne pour régler la sensibilité, en Asa et Din (de 25 à 800 Asa). Au centre, sur le pentaprisme, la griffe de flash avec point de synchro. A droite, le levier d’armement avec, à son côté, le compteur de vue (qui se remet à zéro à l’ouverture de l’appareil) ; sur le devant, le déclencheur, avec un pas de vis pour y attacher un câble souple ; enfin, le sélecteur de vitesse, gradué de 1s à 1/1000s** plus la pose B et le témoin de synchro flash au 1/60s.

Vue de dessus d'un reflex Yashica TL Super avec un objectif, boutons de réglage et griffe de flash visibles, posé sur un bureau avec un clavier en arrière-plan.

La face avant est tout aussi dépouillée, avec juste le levier du retardateur, celui pour relever le miroir (contre le porte objectif) et de l’autre côté, toujours sur le porte objectif, le curseur pour activer la cellule et au dessus, la prise PC pour les anciens flashs.

Vue détaillée du Yashica TL Super, un appareil photo reflex avec un boîtier en métal et un objectif 50mm, sur un fond de bureau.

Reste la semelle, qui porte en son centre un filet pour y fixer un trépied et à côté, le cache de la pile ; à droite, le petit bouton pour le débrayage lors du rembobinage ; à son extrémité gauche, le verrou de la porte arrière.

Vue du dessus d'un appareil photo reflex Yashica TL Super, montrant les commandes, le viseur, et le tirage d'objectif.

Rien de plus, rien de moins et largement assez pour faire de bonnes photos, sans fioritures inutiles.

L’objectif qui est monté sur cet exemplaire est celui de la monte d’origine, un 50mm donc, qui ouvre à f1,7 jusque f16. La bague d’ouverture est près du boitier, crantée ; celle de la distance est plus à l’avant avec une large bague métallique striée pour une meilleure préhension. Tout l’objectif d’ailleurs est en métal, sauf le bouchon, en plastique. L’ouverture choisie apparait dans une fenêtre sur le dessus de l’objectif et une table de profondeur de champ.

Là encore, du costaud, sans artifice mais de la qualité.

Enfin, petite astuce trouvée sur yashicasailorboy pour trouver la date de fabrication de votre appareil :

Il est facile de décoder le numéro de série de votre appareil car Yashica utilisait un code de date à 3 ou 4 chiffres au début du numéro de série. Par exemple, voici un numéro de série sur un TL-E (90607952) 9 = 1969, 06 = juin, 07952 = 7 952e réalisé ce mois-là dans la séquence à partir de 00001.

Voici un TL (2816946) 2 = février, 8 = 1968, 16946 = 16 946e réalisé ce mois-là dans la séquence.

Celui que je vous présente porte le numéro 3600254, donc si je suis cette logique, il date de mars 1966 et est le 264ème produit. C’est vraiment un des tout premiers car il ne sera vendu qu’à partir d’avril 1966 !

Pour vos donner une idée de ses capacités, voici quelques exemples de photos prises avec le Yashica TL Super, ICI.

*L’avantage de cette configuration est que l’on peut remplacer l’oxyde d’argent par une pile alcaline ou même au lithium pour autant que le voltage soit de 1,5v

**Notons que la vitesse du 1/1000s à l’époque n’était pas commune, on plafonnait souvent au 1/500s, sauf les appareils destinés aux professionnels.

Que penser de cet appareil ?

Oui, l’appareil fait son petit poids mais c’est la rançon de la qualité de sa fabrication. Prévoyez une bonne sangle de portage et vous voilà paré pour le sortir faire des images.

A son époque, c’était un appareil assez révolutionnaire avec sa cellule et sa visée TTL, sa vitesse d’obturation rapide (1/1000s), sa griffe flash avec synchro, sa large compatibilité d’objectifs avec la monture M42. Il a fait le bonheur de nombreux photographes, qui appréciaient sa tenue en main, sa qualité de fabrication, sa facilité d’utilisation.

Pas de mauvaises surprises avec lui et avec un peu d’attention et d’habitude, vous serez armé d’un appareil bon pour encore un long service.

Autre avantage, il ne faut pas ici recalibrer ou trouver des astuces pour utiliser la cellule avec une pile de 1,5v alcaline car c’était déjà la tension de l’époque. Et même si un jour celle-ci venait à vous quitter, le boitier est toujours pleinement fonctionnel, l’obturateur est mécanique.

Vidéos d’illustration.

Pour bien le nettoyer et le remettre en route.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

  • Type de film : 135 (24x36mm)
  • Monture à vis M42
  • Objectifs : 50mm ouvrant à f/1,7 Auto Yashinon DX + bien d’autres
  • Miroir réflexe avec pentaprisme
  • Obturateur en tissu au plan focal
  • Vitesses : B, 1s – 1/1000s , plus retardateur 10s et synchro X du flash
  • Posemètre : TTL derrière le miroir capteur CdS avec exposition par aiguille de correspondance
  • Batterie : LR44
  • Flash : griffe synchro et prise PC
  • Poids : 703gr nu, 955gr avec objectif 50mm Auto-Yashinon f1,7

Des références.

https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-10308-Yashica_TL-Super.html, , en français ; https://camera-wiki.org/wiki/Yashica_TL, https://thenoisyshutter.com/2023/03/08/classic-camera-review-yashica-tl-super/, https://mikeeckman.com/2015/12/quick-review-yashica-tl-super-1966/, https://yashicasailorboy.com/2024/01/05/yashica-tl-super-3/, https://yashicasailorboy.com/2016/06/16/yashica-tl-super/, https://camera-wiki.org/index.php?title=Yashica_TL, https://en.wikipedia.org/wiki/Yashica, en anglais

Argentique

Le Zeiss Ikon ZM

Contrairement à mon habitude, je vais être un peu « technique » pour cet appareil. Pourquoi ?

En fait, j’ai fait le tour de la Toile pour y trouver des informations et je n’ai rien trouvé, sauf en anglais. Bien que je ne sois pas très doué – doux euphémisme – en langue (sauf en Langouste et langue de bœuf), je sais me servir d’un traducteur (Deepl.com en l’occurrence) et il me reste quelques souvenirs scolaires pour que ces traductions ressemblent à du français correct. Soyons honnête, je vais m’inspirer des 3 sites référencés en bas de page mais je ne vais pas vous les traduire intégralement et mots à mots.

Commençons… Cet appareil est le fruit de réflexions allemandes et de construction japonaise. Nous devrions nous attendre au meilleur dès lors.

Il fut construit de 2006 à 2012, finalement en assez peu d’exemplaires car beaucoup de ses possibles acquéreurs ont choisi la facilité de se tourner vers un autre grand nom de la photographie argentique, le Leica 7.

Pour la petite histoire, il faut savoir que Zeiss et Leica ont toujours été concurrents et qui plus est, voisins car les usines se faisaient quasi face à Wetzlar. Zeiss Ikon est aussi une grande marque dont les origines remontent aux années ’20 (1920) et qui a marqué le monde de la photographie et du cinéma. Las, la seconde guerre mondiale et son après, avec la partition de l’Allemagne, a sonné le glas de cette maison prestigieuse. Zeiss a absorbé Voigtländer et a cessé de fabriquer des caméras. Le savoir-faire issus de ces années de gloire s’est retrouvé chez Contax et Yashica.

En 2004, alors que la marque Zeiss Ikon n’existait plus, Carl Zeiss AG a tenté de relancer celle-ci à travers l’appareil que je vous présente aujourd’hui. Conçu en Allemagne par Zeiss et fabriqué au Japon par Cosina de 2006 à 2012, le ZM était fabriqué en noir et argent et était destiné à être associé à la magnifique ligne d’objectifs ZM à monture M de Zeiss, et il fonctionne avec tous les objectifs en monture M.

Lors de sa sortie, le Zeiss Ikon ZM coutait cependant presque trois fois moins que son concurrent, tout en offrant quelques avantages certains dont, par exemple :

  • un chargement du film vraiment simplifié, avec un dos à charnière
  • un viseur encore plus lumineux que le Leica
  • un « patch » aérien qui permet de viser rapidement
  • une meilleure ergonomie
  • une excellente fiabilité
  • un télémètre superlatif
  • une cellule très précise
  • un mode automatique débrayable, qui permet de se concentrer totalement à la prise de vue
  • une légèreté remarquable, qui n’entache pas sa solidité

Soyons de bon compte, il pourrait lui être reproché :

  • il manquerait les lignes de cadrage au 135mm (perso, je trouve déjà que le 90mm est un maximum en télémétrique)
  • l’obturateur est plus bruyant que le Leica (normal, celui du Zeiss est en métal, contre du caoutchouc pour le Leica – ce qui lui permet d’atteindre le 1/2000ème/sec. ce que le rideau du Leica ne sait pas faire). Ceci étant très relatif, car il faut vraiment tendre l’oreille pour entendre le léger « clic » de l’obturateur. Croyez-moi, ce n’est pas lui qui dérangera le conférencier que vous voulez immortaliser !
  • le bouton de verrouillage AE est au dos de l’appareil, sous la prise flash
  • il n’a pas de mesure TTL du flash mais sa synchro est au 1/125 (contre 1/50 au Leica)

Ce qui m’a frappé avec cet appareil, c’est son aspect, étrangement épuré et très ergonomique. C’est vraiment un plaisir de le prendre en main. D’autant qu’il est plus léger que les Leica (458 gr avec ses piles et un film, sans objectif).

Et, surtout, la taille de son oculaire de visée à l’arrière ! Y plonger son œil c’est comme regarder à travers un voile de cristal : clair, limpide, aérien. Les lignes de visées sont bien présentes cependant, clairement visibles mais pas envahissantes (28 -35 -50 -85). Le grossissement est de 0,74x.

Les 28mm et 85mm apparaissent ensembles, tandis que les 35mm et 50mm apparaissent seuls, en actionnant le levier sur la gauche. Contrairement à son rival, la ligne des 28mm est bien visible et confortable.

Les vitesses d’obturation sont indiquées par des chiffres rouges sur le côté gauche du viseur. Elles apparaissent entre les positions des lignes de cadrage de 28mm et 35mm.

Le compteur de vue est automatique et discret, près du levier d’armement. Les symboles S, 24 et 36 sont de couleur orange, bien visibles.

Il est alimenté par 2 piles de 1,5v, des LR44 font très bien l’affaire. Et vous pouvez compter faire au moins 50 films de 36 vues avec un jeu de piles, en le laissant allumé pendant un shooting. On est loin des camions de batteries à prévoir en numérique …

Au niveau des vitesses : elles vont de la seconde au 1/2000ème en mode manuel et de 8 sec au 1/2000ème en mode automatique.

Le Zeiss Ikon mesure la lumière réfléchie sur une barre grise sur les lames de l’obturateur. La surface est large et la cellule est très précise (évaluative).

Comme tout bon télémétrique, impossible de faire la mise au point en deçà des 70 centimètres.

Tout ceci étant écrit, que penser de cette belle machine à photographier ?

Elle est comme la synthèse de ce qui se fait de mieux en télémétrique, avec des idées originales et avant-gardistes (un peu comme le CLE de Minolta, qui aiguillonnera Leica en son temps et l’obligera un bon moment à se remettre en question). La comparer au Leica M7 me semble, finalement, vain, car nous ne sommes plus dans la même philosophie. Ici, on prépare une vision différente, qui va de l’avant; là, on thésaurise sur des acquis, ceux de la lignée des M (notez que c’est une bonne base).

Bref, si vous voulez vous faire plaisir, sans avoir le sentiment de devoir appartenir à une « tribu », à ses codes, ses manies, ses coûts, l’alternative du Zeiss Ikon ZM est la voie royale car vous bénéficiez du meilleur de ce que le télémétrique peut vous offrir à des prix encore raisonnables (attention, après cet article, les prix vont monter !).

Et pour en revenir à ce que j’esquissais dans le premier article à son sujet, choisir le Zeiss Ikon ZM c’est choisir la liberté de faire mieux dans bien des cas sans devoir se plier à une mode, un snobisme, celui d’afficher une marque, certes connue et reconnue, mais qui cultive l’élitisme comme d’autres la recherche et le progrès.

Les liens si vous voulez en savoir encore plus : https://www.kenrockwell.com/zeiss/ikon.htm, https://www.35mmc.com/19/03/2016/zeiss-ikon-review/ et https://casualphotophile.com/2017/10/16/zeiss-ikon-zm-35mm-rangefinder-review-everything-a-rangefinder-should-be/