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Olympus va t’il tirer sa révérence (du moins en Europe ?)

Vous l’avez peut-être lu ou entendu, la marque Olympus vend sa division photo à un fonds de placement Japonais, Japan Industrial Partners (JIP) — l’acquéreur des ordinateurs VAIO de Sony en 2014 — d’ici le 30 septembre prochain.

Actif dans le monde photographique depuis 1936, Olympus existe depuis 1919, d’abord dans le domaine des microscopes (comme Leitz ou Nikon ! ) et thermomètres médicaux.

Mais la concurrence féroce des smartphones, téléphones dits intelligents et appareils photo un peu performant, aurait eu raison de son bilan. Des pertes conséquentes ont été enregistrées dans la division photo de la marque sur les dernières années, l’amenant à reconsidérer sa position et à recentrer ses activités sur son savoir faire de base, le monde médical.

La division photographie ne représentait déjà plus que 5% du chiffre d’affaire du groupe. Les pertes enregistrées, malgré quelques beaux barouds d’honneur, n’ont pas suffit à sauver la marque dans le domaine de la photo.

Et pourtant, Olympus a souvent été un outsider sérieux pour Fuji, Nikon et Canon, en développant des appareils performants. Depuis 1936, l’année de sortie de leur premier appareil photo (un semi-souflet Olympus), ils avaient frappé fort en 1959 avec l’Olympus Pen et le Pen F en 1963. En 1996, ils sortaient leur premier appareil digital (C-800L/D-300L et C-400L/D-200L, premiers appareils photo numériques grand public).

Chantre du format 4/3, auquel Olympus a donné ses lettres de noblesse en développant une gamme sérieuse et professionnelle – avec le OM-D EM-5 et surtout le OM-D EM-1 et le Pen F télémétrique hybride, ils fêtaient leurs cent d’ans d’existence en 2019..

Et peut on oublier le célèbre Miju, un des appareils compact argentique les plus vendu au monde (1990) et l’OM, réflex argentique premier du nom, lancé en 1972 ?

Bref, c’est une page de l’histoire de la photographie qui se referme.

J’ai une pensée émue pour mes amis qui possèdent ces appareils, dont Philippe de Pix-Visu.

A moins que JIP ne relance la production. Mais si nous tenons compte de l’aventure du Sony Vaio, nous devons craindre que s’ils le font, ils se recentreront essentiellement sur la marché Asiatique.

Les objectifs Zuiko au format 4/3, qui sont excellents, pourront toujours être monté sur les Panasonic, ce qui peut sauver une partie du matériel de ceux qui ont investi chez Olympus, mais ils ne pourront plus faire évoluer leur boitier.

J’ai eu entre les mains un Olympus OM-D EM-5, très performant et qui offrait des fonctionnalités étonnantes au vu de son gabarit, très contenu. Tropicalisé, il ne craignait pas grand chose et délivrait d’excellentes photos. Je pouvais lui reprocher ses menus, assez alambiqués (comme chez Sony et Fuji par ailleurs) mais pas sa qualité d’image.

Honnêtement, c’est toujours triste quand une marque dite historique disparait car c’est un pan d’histoire qui s’envole. D’autant que je pense que les excuses avancées ne sont pas les bonnes : comment voulez-vous faire de la bonne photo avec un capteur riquiqui de smartphone ?

Quand les apprentis photographes pourront-ils comprendre qu’il vaut mieux un petit compact dans sa poche que son GSM pour faire des photos valables ?

Mais c' »est une autre histoire …

Comme d’habitude, un lien intéressant : historique de la marque Olympus

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Roland Michaud nous a quitté …

Roland Michaud (1930 – 2020) et son épouse, Sabrina, rencontrée lors d’un de ses premiers voyages au Maroc, ont parcouru le monde et l’ont photographié de la plus belle des façons, avec amour. Le leur d’abord, puis celui d’un monde qui avait tant de beautés à leur offrir.

Photographes intimement liés au point qu’il est impossible de savoir qui a pris telle photo. Jamais, je pense, on n’a retrouvé une telle symbiose humaine et artistique entre deux grands photographes.

Ils ont vécu mille vies, mille voyages : en 1960, ils ont découverts l’Éthiopie et l’Afrique Orientale à bord de leur 2CV; de 1964 à 968, ils ont traversés l’Asie Continentale lors d’un voyage de Paris à Singapour, en 4×4. Ils se sont immergés dans les cultures des pays traversés, prenant le temps de la découverte des habitants et des lieux; au cours de l’hiver 1970 – 1971, ils réaliseront leur plus grand reportage, qui marquera des générations de photographes voyageurs, la traversée des immensités montagneuses et glacées du Pamir afghan où Roland et Sabrina partagent avec les Kirghizes la rude vie d’une caravane de chameaux, se déplaçant sur les rivières gelées à 4 000 m d’altitude.

Avec lenteur et rigueur, ils vont se consacrer à la découverte de l’Islam, de la Chine, de l’Inde. Dans un jeu subtil de miroir, ils vont se faire rencontrer des œuvres d’art et des peuples, à travers les siècles, pour faire émerger la beauté du monde.

Un travail que vous pourrez découvrir à travers leurs livres, comme par exemple : « L’Asie des Tartares » aux Éditions Gallimard et « Les Mille et Une Nuits » aux Éditions du Seuil en 2011, en octobre 2015, leur grande monographie aux Editions de La Martinière « Voyage en quête de lumière » et en octobre 2019 le récit inédit de leur aventure au Pamir afghan « La Dernière Caravane » aux Editions Nevicata. Sans compter leur testament photographique « La Mousson » à paraître en Octobre 2020 aux Editions Paulsen.

Restés fidèles à l’argentique, ils nous ont offert la multitude des beautés d’un monde qu’ils ont traversé la main dans la main pendant près de 50 ans.

La photographie perd une référence dans la vision grandiose des paysages de notre vieille boule bleue.

Si vous voulez découvrir leurs photographies, l’agence AKG-images a numérisé le fonds Roland Michaud (plus de 35.000 images). Ils mettent à disposition une sélection de ces photos ICI

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L’Atelier de JP se balade en rue

Quel titre étrange … en fait, il résume ce que fait l’Atelier de JP sur un nouveau site : L’atelier de JP se balade en rue.

« Ben, pourquoi un nouveau site ? Tu vas fermer celui-ci ? » …. Non, pas du tout. Ce blog me permet de partager avec vous des infos utiles ou futiles, des essais/erreurs, des humeurs du moments, … des tas de choses en fait, mais qui ne me permettent pas de mettre en avant une (grande) partie de ma pratique, la photo de rue.

Certes bien présente ici sous la rubrique « Dissertation urbaine« , qui restera, mais ne sera plus alimentée au même rythme.

J’avais envie aussi d’essayer d’autre méthode de site car Wix présente des fonctionnalités que je ne trouve pas ici (et inversement d’ailleurs). Comme j’ai un peu de temps et que je suis curieux, j’ai eu ce besoin d’explorer d’autres pistes, pas que je sois devenu un geek – il y a toujours un tas de termes et fonctionnalités que je ne saisis pas – mais un certain besoin intellectuel de croire que je suis encore dans le coup !

Bref, si la Photo de rue, ou Street Photography vous intéresse ou vous tente, je vous invite à me rejoindre aussi sur https://latelierdejpenrue.org

Ce sera juste pour le plaisir des yeux car je réduis mes commentaires au strict nécessaire, hormis une présentation rapide de mon matériel dédié à cette pratique.

Je garderai l’habitude de déposer ici mes idées, envies, expériences, coup de cœur ou de gueule, … enfin, tout ce qui se partage et j’apprécierai toujours autant vos commentaires, remarques et « j’aime » sur mes élucubrations photographiques.

Bonne découverte.

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Couleur ou Noir et Blanc ?

Vaste question … qui dépend, somme toute, de la sensibilité de chacun.

J’ai commencé la photo en NB, parce qu’elle était accessible à notre petit labo, où nous apprenions à développer nous-mêmes les films tirés lors de la semaine qui s’étalait entre nos réunions du samedi.

C’est ainsi que j’ai découvert cette magie de l’image qui se forme, qui émerge du bain dans cette lueur rouge un peu fantasmagorique. C’est impressionnant et terriblement excitant mais je vous avoue que je ne supporte plus cette lumière et que j’ai perdu la patience des temps de pose, des mélanges, des températures, des … et je n’ai pas la place d’un labo chez moi, ce qui, in fine, simplifie les choses.

Le NB donc a bercé mes découvertes photographiques et j’apprécie toujours autant son charme.

Pourtant, contrairement à quelques photographes qui le déclarent, je suis incapable de voir en Noir et Blanc. Je m’accommode de voir la vie telle qu’elle est et de la transcrire en gammes de gris clairs ou très foncés (comme le chante si bien Francis Cabrel) mais j’ai besoin des couleurs.

Quelque part la couleur reste tellement réelle et le NB si détaché. J’oserais dire que ce dernier est poétique tandis que la couleur est expression de la vérité du monde, tel qu’il est ici et maintenant.

Et cependant, un de mes peintres préférés est Pierre Soulage dont les œuvres, quasi exclusivement en noir monumental, sont superbes de … nuances. Pour avoir, modestement, peint dans cette couleur quelques unes de mes propres toiles, j’ai éprouvé un plaisir difficile à exprimer, fait de sensations très particulières qui tiennent à la manipulation d’une matière complexe, celle de la lumière.

Paradoxalement, en photo, j’ai besoin de la couleur, très souvent. Même si parfois, lors de l’édition de mes photos, certaines ne « marchent » pas en couleur et sont comme révélées en NB.

Pour l’instant, lorsque j’utilise de vieux appareils, j’aime y mettre un film NB et garder la couleur pour le numérique. Un peu comme un « accord » avec le temps de ces anciennes machines.

Et pourtant, même si je n’ai pas encore trop trouvé le temps de le sortir assez, dans mon Canon Eos 30, j’ai envie de mettre de la couleur, car il se rapproche le plus de ce que je nommerais la modernité (il date des environs de 1995), en tout cas il est très semblable aux Eos modernes. Mais je n’arrive pas bien à insérer un film couleur dans le Canon F-1, fut-il New F-1… qui a dit que les photographes étaient compliqués ?

En résumé, le NB garde pour moi une « aura » de poésie ailleurs dans le temps, pour ne pas écrire intemporelle, alors que la couleur me parle du temps présent, avec douceur ou cruauté (parfois), sans omettre les détails « dérangeants » qui font la réalité de telle scène, de tel portrait, de tel paysage.

Il me semble que vouloir placer une technique au dessus de l’autre serait vain. Laissons à chacun exprimer sa sensibilité avec les gammes qui sont les siennes et apprécions les à leur juste valeur.

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Avez-vous (au moins) 50.000€ à placer ?

Mais non, pas pour moi, mais pour ceci :

Il s’agit du Leica M2 du célèbre photographe américain Walker Evans (1903 – 1975). Il sera vendu le 13 juin par la maison viennoise Leitz Photographica Auction (https://www.leitz-auction.com/auction/en/auktion34/auction36/article/202.html).

Ce Leica M2, en noir original (1871 appareils seulement ont été produit en noir), a été la propriété et a été utilisé par le célèbre photographe américain Walker Evans. La lanière en cuir est l’originale. Il est équipé d’un Summicron 2/35mm n° 1671593 à 8 éléments vissés. Cet appareil fut donné en cadeau à un assistant personnel et professionnel de Walker Evans .

Walker Evans a acheté cet appareil en 1962 et l’a utilisé aussi longtemps qu’il a utilisé le format 35 mm c.-à-d., jusqu’en 1973, date à laquelle il a commencé à utiliser presque exclusivement un Polaroid SX-70.

Dans le lot de la vente de l’appareil sont inclus deux livres : Jerry L. Thompson « The Last Years of Walker Evans » et James R. Mellow « Walker Evans » – tous deux contiennent des photos qu’Evans a prises avec son appareil photo Leica.

Walker Evans est surtout connu pour son travail pour l’Administration de la sécurité agricole (FSA) qui documenta les effets de la Grande Dépression sur la population rurale au milieu des années 1930. Les portraits des trois familles Fields, Borroughs et Tingle sont devenus des icônes de l’histoire de la photographie.

Après 1945, Evans a photographié, entre autres, des paysages urbains et des bâtiments industriels américains pour des magazines comme Harper’s Bazaar, Vogue, Architectural Forum, Life and Fortune. En raison de son style documentaire, il est considéré comme le précurseur du couple de photographes allemands Bernd et Hilla Becher.

En 1938, le MoMa a organisé la première exposition dédiée à un seul photographe pour Walker Evans : Photographies américaines. Depuis lors, nombre de ses œuvres font partie des collections permanentes de musées ou ont fait l’objet de rétrospectives dans des institutions telles que le Metropolitan Museum of Art, le George-Eastman Museum ou le Centre Pompidou.

Le Leica M2 est le petit frère du M3. Produit de 1958 à 1967, il fut le moins cher des Leica de l’époque. Sa fabrication fut (un peu) simplifiée, ce qui permit de contenir le prix de vente.

Il est considéré comme le Leica à la ligne la plus « pure », esthétiquement. Il possédait quasi toutes les fonctions de son grand frère et quelques modifications : le compteur de vue est à remise à zéro manuellement; mais la modification essentielle concerne le grandissement du viseur, qui passe de 0,91 à 0,72. Cette réduction permet d’incorporer un cadre correspondant au champ couvert par un objectif de 35 mm de distance focale (une telle innovation fut grandement appréciée par les photo-reporters). Trois cadres demeurent disponibles, mais sur le Leica M2 ils indiquent le champ couvert par les objectifs de 35, 50 et 90 mm de distance focale ; chacun de ces cadres est matérialisé par quatre segments lumineux et apparaît lorsque l’objectif correspondant est mis en place.

Il fut le modèle préféré des photo-reporters pendant près de deux décennies, ne disputant cette place qu’avec le Rolleiflex.

Voilà, je pense que vous en savez assez que pour casser votre tirelire à bon escient ! Bonne enchère, les 50.000€ étant l’estimation de base.

Sinon, sachez qu’à cette vente, il y aura un autre lot : un prototype de Leica 0, qui pourrait atteindre … un million d’euros !

Comme d’habitude, le lien vers Summilux pour d’autres infos sur ces appareils mythiques : http://summilux.net/materiel/Leica-M2 et http://summilux.net/materiel/Leica-0

Août 2020 : je reviens sur ces enchères car l’appareil de Walker Evans est finalement parti pour 60000€ (hors frais) mais d’autres Leica ont atteint des prix fous.

Il semble que de riches collectionneurs chinois soient à l’œuvre et que, dès lors, les prix s’envolent, surtout pour des appareils rares, aux caractéristiques particulières tels ceux ayant appartenu à quelqu’un de célèbre, les prototypes, les séries spéciales, etc.

Gageons que cela n’empêche les amateurs lambdas d’encore pouvoir se faire plaisir avec des appareils « normaux » et fonctionnels.

Enfin, sachez qu’à cette vente, un autre Leica M2 a été adjugé pour … 360.000 € ! (https://wlpa.auction2000.se/auk/w.object?inC=WLPA&inA=20190625_1054&inO=92)

Pourquoi ? Il faisait partie d’un lot de 20 appareils livrés à l’armée US en Allemagne, peint spécialement en gris. De ce lot, il ne reste que 10 exemplaires, dont celui-là, qui fut, en outre, le prototype présente à l’armée.

Mais surtout, contrairement aux caméras de série, il manque le cadre 135 mm, tandis que le point fort technique de la caméra est cependant caché à l’intérieur. Les deux volets ne sont pas fabriqués dans le tissu habituel mais en métal, recouvert de peinture noire. Jusqu’à présent, seuls quelques prototypes d’obturateurs étaient connus avec cette particularité – c’est le premier appareil photo Leica M complet connu avec un obturateur à plan focal en métal !

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Le reflex va t’il disparaître ?

Le reflex, c’est comme le rock, on annonce sa disparition régulièrement mais tel le Phoenix, il renait encore et encore … en s’adaptant !

Petit rappel, dans le début des années ’60, Asahi Pentax introduit le premier pentaprisme fixe (1957), Nikon révolutionne le monde du réflex professionnel avec son mythique Nikon F (1959). Il ouvrira la porte aux innovations chez Nikon mais aussi chez les concurrents de l’époque, dont Canon qui, dix ans plus tard, sortira le Canon F-1, nouvelle légende.

Les Minolta, Asahi Pentax, Olympus, Rolleiflex, Contax, Miranda, Canon, Nikon, … n’auront de cesse d’apporter leur lot de nouveautés, jusqu’à l’autofocus au seuil des années ’80 (bon, ok, je résume très fort mais comme d’habitude, en bas de page, les liens intéressants).

Une chose est certaine en tout cas, le réflex va balayer une multitude de type d’appareils photo à tel point que même des marques comme Leica vont souffrir le martyr et qu’il en faudra de peu que les télémétriques disparaissent et les moyens format,comme les Rolleiflex ,vont avoir la vie dure.

L’autofocus sauvera, à la fin des années ’70, les petits « point and shot » (visez, tirez) et de petits compacts, assez voire très performants, survivront au côté des réflex.

Il est à noter que c’est surtout le dynamisme des firmes nipponnes et la puissance de leur marketing qui fera avancer la vente des appareils reflex.

Et puis, au seuil des années 2000 (ça fait juste 20 ans !) sont apparus les reflex numériques avec le succès que nous connaissons aujourd’hui : des appareils qui explosent les limites et réussissent à mixer les technologies (p.ex. le nouveau Canon EOS-1D X Mark III capable de rafales de 20 i/s et qui peut filmer en 5K).

Mais – parce qu’il y a toujours un mais – entre-temps de nouveaux venus sont venus chatouiller la prédominance des Nikon et Canon, Pentax, Sony, Fuji, … qui restaient presque les seuls représentant de ce type d’appareil.

En effet, les hybrides faisaient leur apparition aux alentours des années 2010. Ces appareils ont pour ambition de remplacer les reflex : ils sont plus légers, assurent des rendus excellents, peuvent accueillir une multitude d’objectifs, sont rapides et silencieux. En somme, ils tentent d’assurer le meilleur des deux mondes : le reflex traditionnel et le numérique pur et dur.

Sauf que – parce qu’il y a toujours un sauf que – la visée d’un appareil hybride est toujours assurée par l’entremise d’un capteur (celui de l’appareil ou un dédié à cet effet) et donc ce que vous voyez n’est pas l’exacte reflet de la réalité mais déjà une image formée. Et ce temps de « construction » de l’image dans vote viseur, qui s’appelle la latence, ajoute encore et toujours un décalage entre la réalité et votre vision.

C’est surtout vrai lorsque vous avez besoin de cette vitesse de vision et de réaction, notamment pour les images en sports rapides (ski, voitures et motos de compétition, foot, hockey, ….) ou même d’une vision d’anticipation, difficile à acquérir lorsque vous devez dépendre d’une image créée avec ce temps de latence. La visée d’un réflex est une visée optique, c.-à-d. directe de l’image vue ou en train de se construire (anticipation).

Dès lors, serait-ce à dire que les appareils hybrides vont être plus présents en photographie de mariage, de studio, de paysage, et les reflex traditionnels en photographie de sport ou animalière ?

Honnêtement, je pense que les deux vont se côtoyer encore un bon moment, jusqu’à ce que les hybrides parviennent à combler leur « retard » à ce niveau là. Les grands constructeurs historiques (Canon, Nikon), poussés dans le dos par la concurrence des hybrides (Sony, Fuji, Olympus, …) ont franchi le pas de l’hybridation, avec le succès que l’on sait et la capacité qu’ils ont (encore) de proposer des produits bien finis et aboutis (ce qui n’empêche pas les bugs et autres égarements parfois). Mais c’est un peu comme s’ils hésitaient entre le meilleur des deux mondes !

Quand je lis les publicités des uns et des autres, en tout cas, une chose est certaine : les appareils de demain seront toujours plus performants mais deviendront de plus en plus des « usines à gaz » ou, au contraire, extrêmement simplifiés, pilotés par des AI (intelligence artificielle) qui tenteront de prendre le pas sur les décisions du photographe lambda et lui assureront des photos correctes mais sans âme.

Les liens utiles : https://www.ifolor.ch/fr/inspirations/histoire-photographie-partie5 , un beau résumé des origines, http://www.lemondedelaphoto.com/Une-histoire-de-reflex,393.html , pour continuer l’histoire avec Asahi, http://35mm-compact.com/reflex/canon.htm, qui nous conte la patte Canon dans l’aventure, http://www.fondsphotographiquepoyet.fr/les%2520appareils%2520photos%2520d’hier,les%2520progres%2520de%2520l’histoire.html et enfin un article très intéressant du site Canon : https://fr.canon.be/pro/stories/future-of-dslrs/?WT.mc_id=be_pro_0485-202005n_b_04052020_nso_be-fr_a_1_READ%20NOW&WT.tsrc=email&WT.dcvid=&utm_source=mc&utm_medium=email&utm_campaign=be_pro_0485-202005n_b_04052020&m_id=6fb55425e33c5beecc26afee2abbaf0e&utm_id=be_pro_0485-202005n_b&utm_content=nso_be-fr_a_1_READ%20NOW

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Et si nous parlions cinéma ?

En ces jours confinés, il est nécessaire de pouvoir s’évader, même en restant chez soi !

Bien sûr, il y a le refuge des livres, dans notre domaine de prédilection, la photo, il n’en manque pas. Mais que faire lorsque nous avons épuisé notre réserve et que les librairies, les bibliothèques sont fermées ?

Et bien, il reste le cinéma … à la télévision, ou le streaming sur nos PC !

Car la photographie et les photographes ont largement inspiré le monde du cinéma. Par exemples :

  • Blow-Up de Michelangelo Antonioni (en streaming), qui interroge sur le pont de vue du photographe qui capte un moment particulier (Rakuten TV)
  • Kodachrome de Marc Raso, (sur Netflix) qui raconte la recherche singulière du dernier labo développant la pellicule jaune
  • Life d’Anton Corbijn qui raconte la relation entre Dennis Stock, de Magnum, avec James Dean (Amazon Prime)
  • Ensuite, quelques documentaires très intéressants, dont ceux sur Gilles Caron, grand reporter disparu au Cambodge en 1970 (Histoire d’un regard, le Conflit intérieur )
  • ou encore sur Don Mc Cullin avec un documentaire éponyme de J et D Morris (Amazon Prime)
  • toujours dans les grands reporters de guerre, le War Photographer consacré à James Nachtwey.
  • Il y a encore le Sel de la Terre de Wim Wenders sur Sebastiao Segaldo
  • A la Recherche de Vivian Maier, de John Maloof et Charlie Siskel. Un reportage, sous forme d’enquête, consacré à Viviane Maier, de John Maloof – « l’inventeur » du trésor laissé par la photographe alors disparue. (You Tube VOD)
  • David Bailey, un photographe de légende, de J. de Missolz. Un portrait de l’irréductible photographe anglais qui révolutionna la photo de mode (Arte VOD)
  • The B-Side : Elsa Dorfman’s Portrait Photography, de Errol Morris.Une plongée au cœur de l’acte créatif d’une photographe américaine. (Netflix)
  • Mappelthorpe : Look at the Pictures, de Boris Lojkine. L’unique documentaire consacré au sulfureux photographe américain. ( VOD Dogwoof)
  • Le siècle de Cartier-Bresson, de Pierre Assouline. Un documentaire qui traverse le XXème siècle avec l’un de ses plus attentifs photographe. (VOD Ina)
  • Eloquent Nude. The Love and Legacy of E. Weston and C. Wilson, de Ian McCliskey. La vie d’Edward Weston vue par sa muse et modèle Chrisie Wilson. (Vimeo : vimeo.com/245309130)
  • La Bande à Man Ray, de Jean-Marie Drot. La vie du grand photographe, parmi ses amis de Montparnasse, Tristan Tsara, Alberto Giacometti, Max Ernst,… (VOD Ina)
  • Camille, de Boris Lojkine, retrace le destin de Camille Lepage, jeune journaliste tuée en mission en République Centre-Afrique (VOD Filmtv)
  • Le photographe de Mauthausen de Mar Targarona, inspiré de la vie du photographe espagnol Francisco Boix qui, enfermé dans le camp de Mauthausen, réussi l’exploit de cacher les films faits dans ce camp, preuves qui furent présentées lors du procès de Nuremberg (Netflix)
  • The Journey il the Destination de Bronwen Hugues Le triste destin du jeune photographe Dan Eldon tué en Somalie (Netflix)
  • L’épreuve de Erik Poppe, un film qui raconte le dilemme d’une femme photographe, déchirée entre sa vocation de reporter et sa vie de famille (VOD Orange)
  • La Cité de Dieu, de Fernando Merelles et Katia Lund. Deux amis aux destins liés par la violence d’un favela de Rio de Janero, l’un sombre dans la délinquance, l’autre raconte, à travers l’objectif de son appareil, cette descente infernale (Amazon Prime)
  • Eyes of War, de Danis Tanovic. Un vibrant hommage au photojournaliste au travers l’histoire de 2 photojournalistes envoyés au Kurdhistan couvrir la guerre qui vient d’éclater (Youtube VOD)
  • Paparazzi, de Alain Berbérian. Les péripéties du métier de paparazzo. ( VOD you tube)
  • Enfin, ARTE consacre des séries de deux ou trois épisode sur les grands photographes avec Les contacts et Photo, l’intégrale., qui raconte l’histoire du médium (10 volumes superbes). De fait, après avoir cherché sur la Toile ces épisodes, je n’ai trouvé que les DVD qui sont en coffret de 3 DVD, au prix de 30€ (boutique ARTE). Finalement, c’est moins cher qu’un livre photo (comptez environ 429 min de visionnage par coffret).

Voilà, en fouinant un peu, vous en trouverez sans doute d’autres (que vous pouvez partager) mais vous trouverez de quoi nourrir votre imaginaire et parfaire vos connaissances.

Bonnes découvertes, bons films.

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Pourquoi je n’aime pas Instagram ?

Avez-vous lu toutes les conditions générales du site avant de poster vos photos ?

Non, j’imagine, comme la plupart des utilisateurs … et pourtant, un nouveau jugement d’une cours américaine fait froid dans le dos.

Je vous mets le lien en bas de page, comme d’habitude. Et je remercie, au passage, Phototrend pour cet avertissement important.

En résumé, lorsque vous postez une photo sur Instagram, vous leur abandonnez la propriété et les droits qui s’y rattachent, autorisant d’autres personnes à utiliser vos photos sans avoir à vous rétribuer car ils ne chargent pas la photo mais utilisent la formule du « embed ». C.-à-d; que ce dispositif repose sur une technique qui permet à un site web d’intégrer les contenus d’un autre site, sans en héberger le contenu. En conséquence, l’image « volée » n’est donc pas stockée sur le serveur du site de l’indélicat, mais bien sur ceux d’Instagram.

Si ça peut vous rassurer, je rappelle que ce jugement a été pris aux USA et que dans d’autres pays, les droits attachés aux droits d’auteur sont interprétés différemment. Quoique une avocate spécialisée dans le droit attaché aux pratiques de l’Internet me confirmait que ce type de jugement pouvait être reproduit en Europe, au principe – aussi – que vous auriez dû lire les conditions générales !

Mais revenons à cette situation : c’est parce que Instagram ne vous laisse pas le choix qu’une telle situation est possible. En effet, soit vous acceptez les conditions générales, soit vous vous privez de l’utilisation de ce réseau social. C’est ce que l’on nomme une situation de monopole, dont use et abuse tant Facebook qu’Instagram qui appartient à … Facebook !

Il est sans doute grand temps de changer vos habitudes, de chercher des alternatives qui respectent mieux vos droits, en Europe, pourquoi pas.

Il existe, p. ex., le monde de Framasoft ( https://framasoft.org/fr/) et la Framasphère (https://framasphere.org/). Les serveurs sont en Europe et respectent vos droits – à méditer !

Le lien vers l’article de Phototrend : https://phototrend.fr/2020/04/instagram-droit-auteur-fonction-embed/

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Le mot « photographe » est-il devenu un gros mot ?

Dans cette époque où chacun revendique « sa » différence, dans quelque domaine que ce soit, je constate que le mot « photographe » semble assimilé à un gros mot !

Des personnes, qui utilisent cependant un appareil photo, se réclament « artiste à base de lentilles », « créateur d’images », « conteur multimédia » ou « activiste visuel » ! Tout – et n’importe quoi – plutôt que photographe. D’ où ma question …

Petit rappel étymologique du mot photographe : « auteur qui écrit sur la lumière » (définition du CNRTL – https://www.cnrtl.fr/etymologie/photographe) pour aboutir à la production d’une photographie qui est une « technique de représentation de la réalité et de reproduction d’images à l’aide de procédés fondés sur des réactions chimiques à la lumière et de moyens optiques » (définition du CNRTL – https://www.cnrtl.fr/etymologie/photographie).

Même si les capteurs ont remplacé les films argentiques, celui qui, derrière un appareil photo fait apparaître une image, latente ou immédiate, utilise toujours la lumière pour parvenir à ses fins.

Pourquoi ce refus du mot photographe alors ? Peut-être parce que la photo d’aujourd’hui mélange les genres, avec des appareils qui photographient, mais filment aussi, enregistrent du son, communiquent avec d’autres appareils, analysent eux-mêmes le rendu des images, exploitent l’intelligence artificielle (AI)… bref, nos appareils photo deviendraient ils des « smartphoto » comme nos téléphones, qui sont devenus intelligents parce que – à part le café – ils savent tout faire ?

Non, je crains que le propos soit ailleurs, dans ce que je présentais en début d’article comme la revendication de « sa » différence.

Et pour illustrer mon analyse, j’utilise un autre terme qui perd de son aura, celui de photojournaliste. Terme lui-même contraction des mots photographe et journaliste. Le photojournaliste relevait par le biais de la photographie des faits (guerres, faits sociétaux, discrimination, etc.) avec une approche journaliste, c-à-d au plus près de la vérité, qu’il décortiquait, illustrait, rendait visible et construite dans un lieu et un temps pour que le lecteur puisse se faire sa propre opinion, sur base d’éléments les plus objectifs possibles.

Et puis est venu le temps de « raconter » une histoire, en montant la présentation des photographies dans un rythme précis, destiné à faire prendre connaissance des mêmes faits, la subjectivisé du photographe, du rédacteur en chef, de la ligne éditoriale du magazine, du sens de l’opinion publique en plus !

Lorsque vous allez sur le site de Canon, sur celui de Nikon, de Fuji, et des autres, tous vous invitent à raconter « une histoire », la vôtre, celle de ceux que vous rencontrez, celle que vous avez envie de raconter, vraie ou fausse. De fait, la photographie devient illustration d’une histoire, quelle qu’elle soit, pour autant qu’il y ait une histoire !

Et vous, et moi, lecteurs de ces images montées, avons-nous encore le loisir d’exercer notre libre arbitre, notre appréciation propre, notre interprétation devant ces suites d’images, qui nous racontent des histoires ?

Donc, que vous vous sentiez « artiste » illustrateur, « artiste » conteur, « artiste » créateur, « artiste » quelque chose, vous revendiquerez un nouveau mot tel que « artiste à base de lentilles », « créateur d’images », « conteur multimédia » ou « activiste visuel ».

Soit … mais pour bon nombre d’entre nous, et pour moi, tant que vous utiliserez un appareil photo pour illustrer vos différences, vous serez et resterez des photographes, c.-à-d. des auteurs qui écrivent avec la lumière.

Si un jour vous parvenez à raconter vos histoire par tout autre moyen (animation, montage avec des programmes d’infographie, que sais-je), alors vous pourrez revendiquer d’être des « créateurs d’images », des « conteurs multimédia », des « activistes visuels ».

Personnellement, je suis fier d’utiliser le nom de photographe, car je ne renie pas les 180 ans de recherches, de tâtonnements, de découvertes qui ont fait qu’aujourd’hui vous pouvez jongler avec des appareils toujours plus performants et plus métissés que jamais.