Les nouveautés en un lieu

A côté des jetables, il y a les … récupérables !

Ah, si le marketing a encore de beaux jours devant lui, notre planète, moins !

Je vous parlais, il y a peu des jetables, qui se vendent toujours (il s’en vend encore environ cinq millions d’appareil par an paraît-il).

Et je les opposais aux compacts que vous pouvez trouvez facilement, à des prix très raisonnables et avec des fonctions suffisamment élaborées que pour avoir quelques satisfactions de vos photos.

Et puis, marketing aidant, il y a ce que j’appelle les « récupérables », soit des appareils jetables que l’on ne jette plus !

Lisons bien les spécifications de ces appareils :

  • optique de 31 mm ouverture f10, un seul élément en plastique
  • distance de mise au point mini : 1m jusque l’infini
  • vitesse de l’obturateur : 1/120
  • chargement du film : manuel et avancement manuel aussi
  • viseur : +/- 70% du cadre
  • énergie : une pile AAA (non fournie !)
  • type de films : 200 ou 400 Asa
  • coque en ABS et tout plastoc à l’intérieur

et tout ça pour 37€, frais de port compris.

Bon, ok, les couleurs sont sympa mais … à part ça ?

Franchement, même le pire des compacts des années nonante vous en donne plus pour moins de 30€. Si vous hésitez encore, relisez mes articles sur les différents compacts que j’ai eu entre les mains récemment.

Nous éviterons un gaspillage de ressources parfaitement inutile et vous redécouvrirez des appareils autrement plus performants que ces Kodak « non jetables » !

Les compacts des années nonante ont été produit (déjà) à des millions d’exemplaire. Il en reste forcément l’un ou l’autre dans un tiroir, une caisse au grenier ou à la cave, chez vos parents, votre voisin, les brocantes … personnellement j’en trouve toujours au moins deux à sauver le dimanche matin.

Parfois je me demande si cette bonne vieille Terre tourne encore rond …

Les nouveautés en un lieu

1970 – 1990 où comment perdre en qualité sur vingt ans !

Drôle de constat, non ?

Alors que l’électronique aurait dû aider à l’amélioration de la qualité des appareils, force est de constater qu’il n’est est rien.

Je m’explique : dans les années septante (nos amis français traduiront en soixante-dix), la grande majorité des appareils que l’on pourrait qualifier de compact bénéficient en général d’objectifs de grande qualité.

Je citerai, par exemple, les Yashica Electro 35 avec leur 45mm ouvrant à f1,7, comme les Canonet QL 17 (40mm f1,7) ou même QL 19 (40mm f1,9), les Minolta Hi-Matic 7 (45mm f1,8), Hi-Matic 9 (45mm f1,7).

Au pire, les marques nous proposaient des appareils avec des optiques autour des 40mm ouvrant à f2,8. Le Konica C35 (38mm f2,8), l’Olympus Trip 35 (40mm f2,8), le,Rollei 35 (40mm f2,8), le Yashica Electro MC (40mm f2,8), le Minolta Hi-Matic F (38mm f2,7), le New Canonet 28 (40mm f2,8).

Ces listes ne sont pas exhaustives, j’ai noté les plus connus et ceux que j’ai eu en mains.

Ce sont des télémétriques à objectifs fixes, certains avec des cellules au sélénium, certains dit automatiques au sens où il y a une position A qui automatise les réglages de l’ouverture, décidée par l’appareil, mais qui savent redevenir manuels.

Ces appareils sont presque entièrement en métal, le plastique n’ayant pas encore tout remplacé. Gage de solidité car ces appareils fonctionnent pour la plupart encore comme au premier jour, sans grande intervention. Seules les piles, autrefois au mercure, pourraient poser problème mais il existe toujours des alternatives modernes et quelques bricolages peuvent s’avérer nécessaires, sans être rédhibitoires.

Et puis la technologie avance et quelques marques nous proposent les premiers appareils autofocus (vous en trouverez quelques uns sur le site) comme le Konica C 35 AF (38mm f2,8), le Canon AF 35MII (38mm f2,8), le Fujica DL 100 (38mm f2,8). Nous sommes à la fin des années septante, début quatre-vingt.

Si nous gardons des objectifs de qualité, le plastique a tout envahi. Avouons que ce sont des plastiques solides car pour la plupart, ils fonctionnent eux aussi toujours sans trop de bobos …

Mais là où il pouvait y avoir une bosse, sans conséquence sur le fonctionnement de l’appareil, il y a maintenant des fissures et l’étanchéité à la lumière peut rapidement être compromise.

Modernité oblige, ils sont tout automatique sans plus de possibilité de revenir en manuel. Leur moteur n’est pas toujours discret mais il charge la pellicule, arme le déclencheur, avance le film et rembobine celui-ci au terme. Les réactions des autofocus se comptent en millisecondes, par encore en nanosecondes. Ils sont cependant précis même s’ils ne permettent pas (encore) le pré focus (ou alors moyennant quelques manipulations) pour les sujet décentralisés.

Un sursaut, le dernier, au milieu des années quatre-vingt, nous propose des appareils plus compacts, tout automatique, tout motorisé, avec autofocus, en plastique mais avec de très bonnes optiques.

Citons, par exemple le Canon MC (35mm f2,8), l’Olympus AF-1 (35mm f2,8), le Ricoh FF-70 (35mm f2,8) pour les hauts de gamme.

Mais un entrée de gamme comme l’Olympus Trip AF MD n’hérite plus que d’un 35mm ouvrant à f3,8. Ça n’en fait pas un mauvais appareil, mais nous quittons l’excellence de ses ainés.

Petite anecdote à ce sujet : l’excellent objectif de l’Olympus Trip 35 s’est retrouvé ensuite dans le XA, puis dans le F-1 mais plus dans le Trip AF MD.

Et enfin, arrivent les années nonante, avec leur lot de compacts « modernes » : ils sont tout plastique, tout automatique, tout motorisé, les cellules sont encore plus précises, les autofocus plus rapides et précis, permettant la mise au point sur un sujet décentralisé avec mémoire de ce point (appuis à mi-course du déclencheur).

Et grande nouveauté, certains se dotent de zoom raisonnables, généralement autour de 35 – 70mm.

Mais la qualité de leur objectif n’a plus rien à voir avec celle de leur glorieux aînés : un Canon Prima Twin S fait presque figure d’exception avec son 35 mm à f3,8 (le 70mm est à f6). L’OLympus Espio 738G n’ouvre plus son 38mm qu’à f4,8 et son 70mm à f8,5. Le Canon Prima Zoom shot lui emboite le pas avec un 35mm à f4,5 et un 60mm à f6,7. Le Minolta AF35 C (sans zoom) a un 35mm ouvrant à f4,5. Le Fuji DL-500 Mini Wide qui offre un 28mm et un 45mm ouvre respectivement à f3,5 et f4,5.

Qu’est ce qui peut bien justifier cette dégradation de la qualité des objectifs au fil du temps ?

Tout d’abord la réduction des coûts que permettent ces appareils, fabriqués en très grande série, relativement plus abordables que leurs aînés et que l’on n’hésite plus à changer rapidement.

Ensuite, pour compenser un peu, la sensibilité des films, qui permet de se sortir des mauvaises situations en jouant sur les ISO.

Mais, clairement, alors que nous aurions pu espérer un cumul des avantages de l’autofocus, des cellules plus précises, des automatismes, ces appareils peuvent décevoir par la qualité, en retrait, de leurs optiques.

Toutefois, soyons de bons comptes, je vous les recommande toujours pour partir dans des endroits difficiles car au prix qu’ils coutent actuellement vous ne trouverez pas mieux et s’ils sont en retrait de leurs aînés, ils ne sont pas absolument mauvais.

Bien meilleurs en tout cas que les jetables que l’on vous propose parfois en alternative. Pour mémoire, leur objectif est souvent en plastique, autour des 35mm et ouvrant à …. f11 ! Sans ces petites aides utiles que sont l’autofocus et, éventuellement, un petit zoom, ni les automatismes pratiques.

Maintenant, à vous de voir quelles sont vos priorités avant de passer à l’achat.

Chaque époque a ses avantages et ses inconvénients, qui sont autant de plaisirs de la découverte.

Bonnes photos.

L'Atelier de JP ailleurs sur la toile

Ailleurs sur la Grande Toile

L’atelier de JP est le premier site, celui sur lequel je partage avec vous mes coups de cœurs, mes coups de gueule, mes essais/erreurs, mes envies du moment, le nouveau matériel, etc.

C’est aussi ici que je mets mes photos de paysage, mes « abstractions », les rencontres humaines.

Mais j’ai créé deux autre sites, dont l’un plus spécifiquement dédiés à la photo de rue, ou street photography et l’autre à la photo généraliste.

Si vous avez envie de venir m’y rejoindre, pour découvrir ces univers plus particuliers, c’est par ici :

  • L’Atelier de JP en rue qui, comme son nom le laisse penser, enregistre entre autre mes pérégrinations urbaines
  • un compte YouPic, parce que je n’aime toujours pas Instagram

A bientôt.

Argentique

Pentax Espio 738G

Et voici le second compact sauvé d’une caisse de sauvage … après l’avoir nettoyé et nourri d’une nouvelle pile, tout fonctionne parfaitement … ils construisaient solide à l’époque !

Comme d’habitude, petit tour sur la Grande Toile pour en apprendre plus sur ce petit compact Pentax.

Lui aussi, comme le Canon Prima Zoom Shot que je vous présentais il y a peu est sorti en 1995.

Ces années nonante ont vu fleurir nombre de ces très bons petits compacts, tout automatisés pour laisser le photographe se concentrer sur la prise de vue. Ce n’était plus seulement un appareil destiné aux seules familles mais quelques photographes pro en avaient un pour se dépanner.

Maintenant, soyons clair, cette appareil, avec son petit zoom 38 -70 f4,8 – 8,5 fonctionnera toujours mieux au soleil et avec une pellicule sensible. Et ne vous servez pas (trop) du zoom, vu son ouverture minimale. Ceci étant, l’objectif est bon, construit en 5 éléments en 5 groupes. La distance de mise au point minimale est de 55cm environ

Il est compact, tient bien en main et les commandes, très simples, sont à portée de doigts, notamment la commande de zoom, avec son gros bouton rotatif.

Sur le dessus du capot, outre un bouton rouge (ON/OFF) et le déclencheur, il y a deux boutons de part et d’autre de l’écran : un pour commander le retardateur (premier appuis) et caler l’autofocus sur l’infini (second appuis) et l’autre pour couper le flash en mode nuit (en fait, quand il fait plus sombre), flash en mode nuit, flash coupé au soleil, pause B (qui reste active tant que vous enfoncez le déclencheur – attention au flou de bougé dans ce cas là !). Par défaut, l’appareil, quand il s’allume, est en mode flash automatique. Pensez à le débrayer. Un dernier petit bouton gris, au dessus du flash permet la gestion des « yeux rouges ».

Que dire encore ? Le chargement du film est automatique, avec lecture du codage DX, pour la sensibilité des films (max. 1600 Iso). Après chaque photo, l’appareil réarme et fait avancer le film automatiquement. Celui-ci se rembobine automatiquement à la fin des vues, mais vous pouvez forcer son rembobinage grâce à un petit bouton situé sur la semelle.

Pour l’alimentation, une pile CR123 suffit.

Bref, un petit compact sympa à embarquer avec soi sans remords si jamais vous deviez le laisser tomber, le perdre … mais il serait surprenant qu’on vous le vole …

Quelques références sur le Net : http://olivercraig.com/blog/2016/5/29/pentax-espio-738-review, https://rwjemmett.com/create/photography-equipment/cameras/pentax/pentax-espio-738/ , https://www.ffordes.com/p/COM-IV47BQ9235/pentax/espio-738-g en anglais et http://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=9659 en français.

Argentique

Canon Prima Zoom Shot

Bon, j’avais écris que je n’achèterais plus de compact, mais quand j’en vois un beau subir les affres d’une brocante, mon petit cœur flanche …

Et donc, je me suis retrouvé, dimanche matin, avec deux compacts en mains : ce Canon Prima Zoom Shot et un Pentax, qui fera l’objet d’un autre article. Je vous passe les détails habituels du nettoyage …

Petit tour sur la Grande Toile pour en apprendre un peu plus sur ce petit appareil à la bouille sympa.

Au Japon, il s’appelle Autoboy Juno, Sure Shot Zoom 60 aux Amériques et Prima Zoom Shot en Europe. C’est un appareil qui a vu le jour en mars 1995.

« La finition métallique argentée de la façade de l’appareil et le profil plat donnent à cet appareil compact à zoom entièrement automatique un aspect très tendance [NDL pour l’époque]. Il est suffisamment petit et léger pour être transporté partout où vous allez. Les autres caractéristiques comprennent un objectif zoom 38-60 mm, un autofocus 5 points avec Ai-AF, un viseur à zoom direct et un sélecteur de mode au dos de l’appareil. Toutes les opérations de l’appareil photo sont rapides et faciles. Un interrupteur situé sur le fond de l’appareil permet de passer du mode normal au mode panoramique. (Version japonaise uniquement) La date peut également être imprimée dans le format panoramique ». source : https://global.canon/en/c-museum/product/film179.html

Bon, la couleur argentée, on aime ou pas, mais c’est vrai que sa façade presque plate reste actuelle. Il offre une très bonne prise en mais, avec une légère « poignée » sur l’avant. Les boutons pour actionner le zoom tombent naturellement sous le pouce.

Les commandent sont réduites mais largement suffisantes : tout automatique avec gestion du flash (correction des « yeux rouges »), tout auto, flash débrayable, retardateur. Le pré focus se fait en appuyant sur le déclencheur à mi-course. Le viseur est très clair et même large. Une LED verte s’allume lorsque la mise au point est effectuée. Elle clignote lentement pour l’avertissement de gros plan et clignote rapidement pour l’avertissement de bougé de l’appareil. Elle s’éteint pendant le recyclage du flash.

Le chargement du film est simplifié : vous posez la bobine, tirez un peu de pellicule jusqu’au dessus de la bobine réceptrice et refermez l’appareil : il se charge du reste ! Si vous voulez le rembobiner plus rapidement, un petit bouton en dessous vous permet de le faire. Lecture du codage DX des films, qui règle la sensibilité.

Ce qui est intéressant sur ce petit appareil, c’est le zoom : un 38 – 60 f4,5 – 6,7 (il aurait pu être plus lumineux) en 6 éléments et 6 groupes. Relativement rapide, le viseur suit son mouvement. Mais je trouve que son amplitude est la bonne : presque un grand angle et pas encore un télé, tout juste pour se sortir de certaines situation, efficace.

Au niveau alimentation, une pile CR123 suffit.

Voilà, un beau petit compact des années nonante, que vous n’hésiterez pas à sortir. Bien plus utile et agréable que les jetables.

Les nouveautés en un lieu

Quel avenir pour la photographie ? Seconde partie : les compacts

Au début, il y avait les chambres, lourdes, encombrantes, malcommodes à manipuler hors studio.

Des inventeurs géniaux ont imaginé mille solutions pour réduire ces appareils et on a vu apparaître des box, des folding, des chambres de petits formats …. et puis un ingénieur photographe et en mauvaise santé a modifié la position du film des caméras de l’époque pour créer le format que nous connaissons aujourd’hui, le 24x36mm.

Ce format a mis du temps à s’imposer; il a longtemps côtoyé des formats plus grands, qui rendaient d’autres services, comme le tirage direct par contact des 9×12, 9×9, 6×9, 6×6, etc.

Puis, démocratisation de la pratique photographique aidant, les appareils se sont allégés et l’utilisation du format 135mm s’est peu à peu répandu pour le plus grand nombre, les professionnels gardant des formats spécifiques à leurs besoins.

Les premiers compacts sont apparus : les Leica et leurs inspirations ou copies, qui étaient des télémétriques. Une idée géniale, il faut le reconnaître : une fenêtre pour viser, des réglages des vitesses, un réglage de la distance qui influait sur le vision et permettait des corrections directement.

Jusqu’aux années du renouveau, après la seconde guerre mondiale, ce type d’appareil était comme la norme. Mais les Japonais ont investi, massivement, le secteur et ils ont introduit des idées nouvelles avec des appareils télémétriques encore plus simples car l’optique était fixe, les mécanismes de réglages pouvaient devenir automatique grâce à des cellules intégrées et fiables.

Puis ils ont perfectionné des idées venues d’ailleurs, comme le reflex, où ils ont assis leur suprématie.

Mais revenons aux compacts. Leur définition est : des appareils de petite taille et léger, le plus souvent avec des optiques fixes et automatisés.

Pour les plus jeunes, cette définition s’applique aux minuscules appareils numériques que nous trouvons dans tous tiroirs qui se respectent.

Pour les autres, ce sont des appareils qui ont introduit l’autofocus (sur le site, vous trouverez la description de quelques uns de ces pionniers), la lecture automatisée de la sensibilité des films, le chargement automatique des bobines, le réarmement automatique, les zooms électriques couplés au viseur, par exemple.

Ces appareils rivalisaient d’ingéniosité pour être toujours plus compacts et plus performants, le summum étant atteint par l’utilisation d’un film aujourd’hui quasi introuvable, le format APS.

Et quand le numérique est apparu, cette miniaturisation s’est accélérée en proposant des appareils ultra fins, avec un écran de dimension acceptable et les sophistications que permettent l’électronique.

Le grand perdant de cette évolution fut le viseur. Si certaines marques (Canon, Nikon) ont gardé cette accessoire plus qu’utile, il a peu à peu complétement disparu : les utilisateurs se sont habitués à viser … au pif !

Parce que viser sur un écran en plein soleil est quasi mission impossible et donc la plupart des photos sont faites « au jugé » mais en pestant contre cet écran devenu noir à cause des reflets.

Il a fallu attendre la renaissance d’appareils dits « experts » pour retrouver des viseurs plus ou moins acceptables, qui venaient plus en fait en dépannage des écrans qu’en tant que viseurs à part entière (les G de la série Powershot de Canon, par exemple).

Et puis, le « neo-retro » est arrivé, avec Fuji en tête, qui a relancé la mode du télémétrique, avec un vrai viseur, de vrais réglages presque comme sur les reflex (vitesses, correction d’exposition, etc.).

Mais, les ingénieurs se sont-ils sentis frustrés, qu’ils ont réintroduit de l’électronique dans ces viseurs et ensuite, ils les ont substitués à des écrans de TV glissés dans les mêmes trous de souris que celui des viseurs d’antan …

La boucle est bouclée, l’hybride a repris le dessus !

Mais tous les ingénieurs du monde, penchés sur leurs planches à concevoir n’ont pas vu que dehors, un autre appareil était en pleine évolution : ce qui était un téléphone est devenu un « smartphone », un téléphone intelligent, au sens où il pouvait presque tout faire et même prendre des photos !

Et donc, d’autres ingénieurs se sont penchés sur leurs planches et ont réussi à faire croire au commun des mortels que ces smartphones étaient aussi de super appareils photos, et à grands renforts de pub ultra léchées, ils en arriveraient presque à vous faire avaler tous leurs trucages pour de vraies photos.

Soyons de bon compte : il est vrai que la plupart d’entre nous ont toujours leur téléphone sur eux et qu’il est donc facile de le sortir pour immortaliser un moment. Quelques photographes de rue en usent et en abusent. Pourquoi pas ?

Mais est-il réellement plus difficile d’avoir toujours sur soi un « vrai » appareil photo, fut il un compact imparfait mais avec au moins un capteur digne de ce nom ?

Voilà de quoi vous donner une idée de la taille des différents capteurs. Vous noterez que celui des smartphone se réduit à partie congrue.

Si la publicité peut faire des miracles, les réalités de la physique font que ces « micro » capteurs ne pourront jamais reproduire la qualité de ceux qui sont plus grands qu’eux.

Cette impression de qualité n’est valable que sur une dalle, elle aussi relativement petite mais optimisée pour le rendu des couleurs et la « sensation » que cette image est le reflet de la réalité.

Mais le chant des sirènes frappe encore et toujours, au détriment des vrais appareils photos. Toute les grandes marques sont en difficultés dans le secteur des compacts, dont l’offre diminue drastiquement. Est-ce pour cela qu’ils compensent avec des prix toujours plus élevés dans leur offre reflex ?

Honnêtement, rien ne m’énerve plus que ces gens qui brandissent à bout de bras leur … tablette pour photographier tout et (surtout ?) n’importe quoi.

Un petit compact de qualité aurait pris moins de place et fait de bien meilleures photos.

Prenons l’exemple d’un Sony RX : vous le glissez dans toutes les poches mais il vous offre un vrai viseur et de vraies qualités photographiques. Avec lui, c’est vous qui décidez des réglages à appliquer à votre photo, pas des algorithmes obscurs qui triturent la réalité pour vous donner à croire que c’est ça que vous avez vu.

Regardez, par exemple, dans l’offre des appareils de seconde main pour vous offrir un compact digne de ce nom et vous serez surpris de pouvoir faire, de nouveau, de bonnes photos, que vous aurez pensées, composées et prises au moment le plus opportun.

Mais il est vrai qu’exhiber un appareil photo demande un peu de courage, mais je suis certain que vous n’en manquez pas.

Et si d’aventure une certaine timidité vous retenait encore, regardez sur la Grande Toile, vous trouverez des ateliers qui vous aideront à la vaincre et à vous faire plaisir.

Non, le compact de qualité n’est pas mort, mais il vous doit sa survie.

Les nouveautés en un lieu

Quel avenir pour la photographie ? Première partie : les reflex

Si vous suivez un peu l’actualité photographique, force est de constater qu’il y a plus de questions que de réponses pour l’avenir proche.

Alors je vous livre mon ressenti vis-à-vis de ce qui est notre hobby, notre passion et pour les autres, des lignes dans un bilan !

Au sujet des réflex :

Ça fait des années que les auspices nous prédisent la fin du reflex, tantôt à cause du smartphone (je rigole !), des compacts experts (et le viseur mon grand ?), les hybrides (bon là, nous y sommes, presque).

Hier, Olympus annonçait la vente de sa division photo à un groupe d’investissement japonais; avant hier, Minolta était racheté par Kiocera puis revendu à Sony, Konica a disparu, Leica s’est allié avec Panasonic, et demain ?

En fait, les constructeurs, plutôt que faire les tendances, les subissent au nom de quelques « experts » qui essaient surtout de se démarquer et se faire remarquer.

Citons par exemple les magasines photos, en format papier ou sur le Net qui analysent un reflex au nombre de gadgets qu’il emporte : WiFi, NTC, GPS, nombre de prises HDMI et – surtout – sa capacité à se muer en caméra ultra performante, même au prix de standards qui n’existent pas encore et dont personne ne se sert.

Tout le monde crie haro sur Canon parce que ses boitiers R5 chauffent après 30 minutes de video en 8k.

Moi, ce que je voudrais savoir c’est si ce réflex m’aide à faire de (très) bonnes photos. Si je veux filmer en ultra hautes performances, j’investis dans une caméra !

Ah oui, vous me rétorquerez que la plupart des photographes pro doivent pouvoir passer de la photo à la vidéo pour satisfaire les exigences de leurs clients. « Est-ce que ton client a le pouvoir de t’imposer avec quoi tu arrives à le satisfaire ? » Non, tu choisis le matériel le plus adéquat en fonction de la tâche à réaliser.

Imaginons un client qui exige de son maçon de monter son mur avec une petite cuillère parce que ça fait plus « up to date ». Croyez moi, il va manger ses briques … à la cuillère !

Les boitiers d’aujourd’hui sont de plus en plus chers, avec des cycles de vie définis par un nombre de déclenchements qu’un pro atteint en 2 ans de travail à peine.

Ils sont de plus en plus sophistiqués, véritables usine à gaz numérique. Seul Canon, me semble t’il, s’en sort encore à peu près avec une tradition de menus limpides, faciles à appréhender et avec des aides contextuelles pertinentes. Pour Sony, Fuji, Panasonic, Olympus, prévoyez une boite d’aspirine !

Posséder un boitier performant aujourd’hui revient à exhiber son dernier smartphone qui fait tout … sauf le café. Et il devient inconcevable de le posséder plus de deux années de suite.

Notez, ça fait le bonheur des amateurs, comme moi, qui peuvent enfin se payer ces appareils, sans être à la mode.

Sérieusement, qu’attendons-nous d’un bon réflex ?

Qu’il soit portable (poids), adapté au milieu qu’il va photographier (portrait, paysage, sport, etc.), que nous puissions l’accompagner d’objectifs performants – n’oubliez pas que ce sont eux qui font la qualité de la photo; qu’il réagisse vite si besoin, qu’il possède des outils nous permettant de mieux appréhender la lumière – qui reste notre première matière; qu’il soit résistant – c.-à-d. qu’il nous en donne pour notre argent en termes de durabilité (pour mémoire, mon Canon New-F1 a 40 ans et il est prêt pour encore 40 ans mais j’ai dû revendre mon Eos 5D premier du nom parce que Windows 10 ne le reconnaissait plus !).

L’ultra connectivité que l’on nous vend pour tout et pour rien (je bondis à chaque fois que j’entends le slogan de la firme Orange qui veut des « connected employes » taillables et corvéables à toute heure et en tous lieux) n’a rien à voir avec la photographie.

Je peux comprendre les besoins des photographes professionnels – eux aussi soumis à des cadences infernales et à des conditions concurrentielles démentes, qui les ruinent plutôt que les faire vivre – mais pourquoi obliger tout le monde à avoir besoin de ces outils qui ne seront jamais utilisés par le commun des photographes et – surtout – les payer au prix fort.

Revenons en au principe si simple : des appareils pour les pro – et si des amateurs (très) fortunés veulent se les payer, tant mieux, et des appareils qui vont de l’amateur au confirmé, débarrassés des gadgets qui n’apportent rien à la photo mais qui diminuent les prix raisonnablement.

Bref, le reflex est un appareil qui a encore de beaux jours devant lui, si tant est que l’on apprécie la photographie parce qu’il répond à la majorité des besoins.

Depuis les années soixante, c’est l’appareil qui a le plus répondu présent, partout dans le monde et même au delà (Nikon a accompagné les cosmonautes), pour tous les types de photos imaginables.

Il a mué, a évolué, s’est renouvelé, a atteint des sommets de sophistication, mais j’ai le sentiment étrange que maintenant il n’appartient plus aux photographes mais aux ingénieurs et « experts » en marketing.

Et, surtout, l’offre, qui reste pléthorique quoique l’on en dise, ne simplifie pas la vie du photographe. Les ingénieurs se sont amusés à multiplier les formats : APS – et même là, chacun y a été de sa formule, puis 4/3 pour revenir au format 24×36.

Et ensuite, alors qu’il était si simple de viser à travers un viseur « classique », on nous a implanté une TV, censée nous renvoyer l’image de notre réalité; bienvenue à l’hybride.

Histoire de compliquer encore un peu les choses …