Argentique

Le Pentacon Six

Recherche rapide : Préambule – Un peu d’histoire – Présentation du Pentacon Six – Qu’en penser ? – Videos d’illustration – Un peu de technique – Des références.

Préambule.

Voici encore un appareil comme je les aime : atypique !

Au premier regard, il ressemble à un énooooorme réflex 24×36, mais en y regardant d’un peu plus près, vous constaterez que c’est en fait un petit moyen format.

Car comparé à un Kiev 88, un Mamiya 645, il est finalement de taille très raisonnable.

Je dois cet appareil à la collection pour laquelle j’ai écris un article, souvenez-vous. Il est en excellent état et m’a tout de suite titillé.

Mais passons aux choses sérieuses …

Un peu d’histoire.

A l’origine était le Praktisix (1956 – 1966), un reflex qui prenait des images en 6x6cm sur film 120. Il était doté d’un obturateur à plan focal en tissu caoutchouté à déplacement horizontal qui offrait des vitesses de 1 seconde à 1/1000s, plus pose B, avec synchronisation X du flash.

Source : Pentaconsix.

Sa première particularité était sa monture, à baïonnette à verrouillage par culasse avec un diaphragme interne automatique. Il proposait aussi des viseurs interchangeables (viseur au niveau de la taille, avec ou sans loupe , pentaprisme avec stignomètre). La seconde particularité c’était son design, qui le faisait ressembler à un gros reflex, avec ses avantages : facilité d’utilisation, rapidité de mise en œuvre, rapidité d’exécution.

Un soucis, récurrent, l’avance du film, peu fiable et sujette au double exposition ou aux chevauchements, a ternis sa réputation.

Ah, j’allais oublier : nous sommes en Allemagne de l’Est, au sortir de la seconde guerre mondiale. Fabriqué à l’origine par KW, en 1959, les appareils de cette société auront des sorts divers, dont des changements de noms souvent. Finalement, elle a fusionné avec la partie est-allemande de Zeiss Ikon pour devenir VEB Kamera und Kinowerke. En 1964, la société fusionnée devient VEB Pentacon, tout en poursuivant la production des modèles Praktica.

Tiens, petit aparté : c’est la société Praktica qui a, la première, déposé le nom de Pentax, avant de devenir Pentacon. Finalement, elle vendra la droits du nom Pentax à la société japonaise Asahi Kogaku.

Mais revenons à notre Praktisix. Au fil du temps, il fut régulièrement amélioré (Praktisix II et IIA) et puis, au milieu des années soixante, il sera rebaptisé Pentacon Six. Cet appareil sera fabriqué jusqu’au seuil des années nonante, lorsque l’URSS s’effondre, sans trop de changements.

Second aparté : le Praktisix sera considéré comme le « grand frère » du Praktina, un reflex 24×36 (1953 – 1960). Ils partagent d’ailleurs de nombreux éléments, comme la monture de culasse, à tel point que l’on peut considérer la monture du Pentacon Six comme la version bodybuildée de celle du Praktina.

Bien que l’appareil ne soit pas un « best seller », il connut quand même un joli succès, notamment dû à son prix abordable par rapport à d’autres légendes comme le Hasselblad. Et qui dit succès, dit copies : à l’Est, vous aurez le Kiev 6C, le Kiev 60, l’Arax 60, tandis qu’à l’Ouest vous aurez l’Exakta 66.

Qui dit succès, dit gamme d’objectifs tiers : Carl Zeiss Jena, Meyer-Optik à l’Est ; Mir Jupiter, Vega pour l’URSS ; Schneider pour l’Allemagne de l’Ouest. Vous aurez du choix pour équiper votre boitier !

En résumé, le Pentacon Six est un Praktisix amélioré et – enfin – fiable. Sa mécanique, si elle est identique dans l’esprit, a été remaniée et fiabilisée. Un petit exemple est la tige crantée qui entraine le film, absente sur un Praktisix. Il pourra même embarquer, par la suite, du film 220, sans plus déraper comme son prédécesseur. Une version avec un prisme TTL interchangeable sera disponible pour le Pentacon Six TL, le dernier produit jusqu’au terme de l’entreprise, en 1990.

Présentation du Pentacon Six.

Tout d’abord une petite remarque due à l’ambiguïté de l’appareil : il ressemble à un reflex 24×36 mais c’est bien un moyen format.

Pentacon Six de 1969.

Ce qui induit que la monture est aussi celle d’un moyen format. Deux conséquences directes en découlent :

  • elle est conçue pour produire un cercle d’image beaucoup plus grand car il faut couvrir la taille du film 120. Dès lors, les objectifs seront plus grands aussi que leurs homologues en film 135.
  • si le cadre est plus grand, le miroir aussi, et la boîte à miroir, c’est logique. En conséquence, la distance focale est plus « longue », ici elle est de 74,1mm.

Ce petit aparté intervient pour les aventuriers qui tentent d’adapter de vieilles lentilles sur leur numérique.

Comme son « ancêtre », le Praktisix, ce boitier moyen format rompt avec la tradition des moyens formats dit TLR (twin lens reflex), comme les Rolleiflex, les Yashica, etc. Mais il ne ressemble pas non plus, nous l’avons vu au préambule, aux autres reflex du style Bronica, Hasselblad ou Mamiya. Finalement, celui qui lui ressemble le plus est le Pentax 67.

Source : Wikipedia.

Le « kit de base » se compose d’un objectif Carl Zeiss Biometar de 80mm ouvrant à f2,8, un viseur au niveau de la taille avec un verre mat. Mais il fait partie d’un « système » dans lequel vous trouverez des objectifs allant du fisheye de 30 mm à un objectif miroir de 1000mm.

Les objectifs seraient toujours fabriqués par Arsenal (Kiev) sous la marque Arsat et par la firme tchèque Hartblei.

Puisque le Pentacon Six fonctionne comme un reflex, pour le charger, il faut ouvrir la porte à l’arrière et glisser le film dans la chambre. Un large verrou, sur le flan gauche, ouvre la large porte montée sur charnière. Dès que vous ouvrez cette porte, le compteur de vue se remet à zéro. Attention, le verrou n’est pas sécurisé. Il faut veiller à ne pas l’accrocher par mégarde sinon risque de fuite de lumière assurée (l’idéal serait de posséder un « sac tout prêt » et de n’en garder que la moitié montée sur l’appareil).

La chambre, immense, présente à gauche l’emplacement pour la bobine et à droite la bobine réceptrice. N’oubliez pas que le film 120 est constitué du film, doublé d’un papier épais qui le protège. La bobine de 120 se déroule et s’enroule sur la bobine vide. Conséquence : on ne doit pas rembobiner le film arrivé à la dernière vue.

Normalement vous obtiendrez 12 photos sur un film 120 en 6x6cm. Mais sur le Pentacon Six, vous pouvez charger du film 220, qui double votre production. Un minuscule petit curseur sous le levier d’armement permet de passer du 120 ou 220. De fait, quand vous arrivez au bout du film (12 vues), l’appareil se bloque. Avec ce petit curseur, vous débloquez le boitier pour arriver au 24 vues du film 220. Simple et efficace (sauf si on a oublié le type de film dans la chambre !).

Le film se déplace ici horizontalement, contrairement aux TLR, où le film se déroule de haut en bas, ou inversement. C’est particulièrement confortable pour la lecture du film développé car on lit la séquence de gauche à droite et non pas de haut en bas.

Alors, héritage sans doute de la mauvaise réputation du Parktisix, on reproche aussi au Pentacon Six de ne pas bien enrouler le film et de favoriser les chevauchements.

Pour éviter ce souci, il faut tirer le levier d’avance jusqu’au bout de son mouvement, qui est assez long et pendant ce mouvement vous « sentirez » que le film avance, que le miroir se lève, que l’armement s’opère. Et il faut relâcher le levier, ne pas le laisser trainer au retour, qui doit être « franc ».

Voici quelques autres conseils pour éviter tous soucis :

  • lorsque vous glissez un nouveau film dans la chambre, assurez-vous qu’il est fermement fixé en haut et en bas, un dispositif à ressort qui doit être bien enfoncé dans la bobine évitera que le film ne se mette de travers.
  • enfoncez la partie effilée du film (l’amorce) dans la fente la plus longue de la bobine réceptrice en veillant bien à ce que le papier de protection soit bien contre le film ; repliez la bande amorce sur la bobine pour offrir une meilleure prise lorsque le film sera enroulé sur la bobine réceptrice. Faites tourner la bobine réceptrice avec le doigt jusqu’à ce qu’un tour complet soit effectué par le film et le papier, qui doit rester bien serré autour de celle-ci.
  • enroulez le film, dos toujours ouvert, d’abord en tirant le levier d’armement jusqu’au bout mais sans le laisser revenir à fond, puis par une série de coups courts jusqu’à ce que vous voyiez une flèche à double tête sur le papier, qui devra s’aligner avec le point blanc marqué sur le bord de la chambre. Ceci garanti que le film sera bien positionné pour la première image et pour le compteur du vue. Laissez revenir le levier d’armement à sa position initiale, en l’aidant si besoin
  • refermez le dos en vérifiant que les guides et la plaque de pression soient bien en contact avec le film.

Ensuite, vous armez et déclenchez encore trois fois pour que le compteur se mette sur la première vue : c’est prêt ! Ah oui, vous ne verrez pas un chiffre 1 mais un petit point au milieu de la fenêtre du compteur (pourquoi faire simple quand on peut faire autrement ?).

Normalement, avec ces conseils vous ne devriez pas avoir de problème.

Petit résumé avec cette vidéo.

Imaginons que vous ayez déjà terminé votre film. Donc, après la 12 vue, le mécanisme se bloque. Vous allez devoir faire coulisser vers l’avant la petite tirette située sous le levier d’armement. Puis vous tirez sur ledit levier jusqu’à sa butée et vous accompagnez son retour sur un petit tiers de sa position. Ensuite, par une série de petits à coups vous allez finir d’enrouler la pellicule sur la bobine réceptrice.

Ensuite, si la plupart des appareils moyens formats utilisent des obturateurs centraux, limités souvent au 1/500s, le Pentacon Six propose en obturateur à plan focal horizontal qui offre des vitesses de 1s à 1/1000s, avec pose B et synchronisation du flash au 1/30s. De fait, l’avantage de cette construction est de réduire le coût de construction des objectifs puisque l’obturateur n’est pas intégré dans l’objectif. Ce qui simplifie aussi la production d’objectifs avec une plus grande ouverture.

Bon, on progresse : vous avez mis un film dans la chambre alors n’oubliez pas de régler la sensibilité de celui-ci sur le minuscule cadrant posé sur le levier d’armement. Ce n’est qu’un « pense-bête » car ce réglage n’a évidemment aucune influence sur le boitier, qui n’est pas équipé d’une cellule.

De l’autre côté, la roue des vitesses, bien crantée. Ici vous pouvez modifier les vitesses avant ou après avoir armé l’appareil, ça n’influe pas sur la mécanique.

Une autre petite roue aide-mémoire, sur le dessus des vitesses, ne sert qu’à vous rappeler quel type de film est dans l’appareil. Personnellement, je trouve que ça fait un peu double emploi avec l’autre aide-mémoire (Asa/Iso) mais si vous avez peur d’oublier que c’est un film N/B ou couleur, pourquoi pas ?

Ensuite, le viseur … on a souvent reproché au système TLR d’offrir une vision sombre de l’image. C’est souvent vrai mais la forme en « cheminée » du viseur, la qualité du verre de visée, l’ouverture de l’objectif de visée, tout cela influe sur la clarté de la vision.

Ici il y a un seul objectif, avec une ouverture conséquente (f2,8) et un verre mat qui joue bien son rôle. Notons que l’on peut changer les verres, le viseur, ajouter des prismes, etc.

Personnellement, je trouve qu’il est assez lumineux et, pour une fois, la loupe est utilisable et utile.

Pour ouvrir le viseur, juste pousser le petit bouton dans le sens de la flèche et l’ensemble jaillit. Trois type de visée sont prévus : en regardant dans le puits seul, avec l’aide de la loupe pour affiner la mise au point, loupe relevée à travers un carré qui s’ouvre dans le capot (principe du « viseur sportif ») qui autorise juste un cadrage.

Sur la face avant du Pentacon Six, un retardateur (+/-10secondes), le déclencheur, avec sa position inhabituelle mais tellement confortable ; la prise pour le flash (sur le fut de l’objectif).

Par en dessous, un astucieux bouton visé sur celui du trépied permet deux choses : d’abord de faire tenir l’appareil droit (il est posé sur un « trépied ») et ensuite, on peut modifier le pas de vis fonction des trépieds en changeant cette douille.

Un mot bien sûr de la monture du Pentacon Six, héritée du Praktisix. Une large bague crénelée, contre le fut, doit être « vissée » ou « dévissée » pour libérer l’objectif, qui s’insère dans la chambre via une baïonnette spécifique. C’est le principe de la baïonnette à culasse. Ca tient bien mais il faut absolument s’assurer que la bague est bien serrée (sans excès) pour ne pas perdre le caillou en route (surtout si on a la mauvaise habitude de se saisir de l’appareil par l’objectif !).

Vraiment un bel appareil. Avez-vous noté les petits détails ? La butée du levier d’armement, la couronne autour du déclencheur qui est en fait un verrou, tout comme pour la prise du flash, les petits boutons sur les cotés du corps du fut d’objectif, pour y accrocher une sangle, la qualité du viseur dépliant ? Un travail soigné sur un boitier tout en métal avec une carrosserie solide, rehaussée de cuir granité.

A l’utilisation, c’est finalement un boitier très facile : vous prenez la lumière avec une cellule à main, vous réglez l’ouverture, la vitesse, faite la mise au point et … clong (oui, ça sonne costaud aussi !), l’image est dans la boite.

Toutes les opérations se font facilement, l’objectif est bien dimensionné et tout se trouve dessus : bague des vitesses et des ouvertures. Le cadrage est simplifié par la taille du verre de visée et vous pouvez affiner la mise au point grâce la loupe, précise pour une fois.

La tenue en main, même si l’appareil est lourd, est aisée avec ses deux côtés qui sont comme des poignées de maintient. Mais il est vrai que si l’ensemble est sur un trépied, vos cervicales vous remercieront.

Qu’en penser ?

Je le signalais en préambule, j’aime beaucoup son côté atypique de gros reflex qui cache en fait un moyen format facile à utiliser.

Evidemment c’est encore un appareil qui demande de l’attention pour bien fonctionner, longtemps. Pas qu’il soit fragile mais, par exemple, si vous ne respectez pas le schéma de chargement, vous serez déçu des résultats.

La visée de poitrine demande un peu d’entrainement car l’image est inversée ici aussi (comme sur les TLR classique) mais, pour ma part, je la trouve confortable et claire.

Soyez certain qu’avec lui vous ne passerez pas inaperçu lors d’une séance de prise de vue (mais cela peut être amusant).

Le résultat des images prises avec lui est généralement très bon, notamment grâce à effort fournis par les objectifs Carl Zeiss Jena, qui ont bonnes réputations. Vous trouverez d’ailleurs ici un peu plus bas quelques analyses des principaux objectifs utilisés.

Reste son poids (plus d’un kilo nu) qu’il faut maitriser mais d’autres TLR le battent largement (Mamiya 330 par exmple).

Les négatifs qu’il délivre sont grands (6x6cm) et fourmillent de détails, ils autorisent les agrandissements sans perte de qualité.

Enfin, dernier argument, son prix d’achat : comptez environ 200€ pour un beau modèle avec son Biométar f2,8 et plus de 400€ s’il est accompagné de son « sac tout prêt », de sa sangle, voire d’autres accessoires encore.

Ce n’est pas le moins cher des moyens formats mais il est loin des stars de la catégorie. Et il vous offrira une facilité d’utilisation et de mise en route peu commune.

Il faut parfois être raisonnable et se laisser tenter !

Quelques réflexions glanées sur les objectifs, pour information.

Le Carl Zeiss Jena Biometar 80 mm f/2.8 : mise au point manuelle, diaphragme automatique à ressort. Construction optique : 5 éléments en 4 groupes, objectif principal normal standard pour Pentacon Six. Ouvertures : f/2,8 – f/22. Lames de diaphragme : 8. Distance de mise au point minimum : 1 m ; Diamètre du filtre : 58 mm. Poids : 260 gr. Longueur : +/- 5cm.
Qu’en penser ? C’est un excellent objectif. Très net avec un bon contraste sauf dans les coins du champ à f/2,8, un bokeh naturel agréable surtout aux plus grandes ouvertures et un rendu « arrondi » vintage excellent pour le portrait ; largement disponible et à un prix raisonnable entre 150 € et 250 €.

Remarque : cet objectif a été initialement fabriqué dans une version à revêtement unique, le « style Zebra », et plus tard dans une version multicouche entièrement noire (marquée MC). Ce dernier et le dernier 80 mmf/2,8 Aus Jena Bm utilisent la même formule optique, offrent un meilleur contrôle des reflets dans une lumière intense, mais ont par ailleurs des caractéristiques d’imagerie similaires à celles de l’objectif plus ancien.

Le Carl Zeiss Jena Tessar 80 mm f/2,8, diaphragme automatique à ressort. Construction optique : 4 éléments en 3 groupes, objectif standard normal de 1956-1958. Ouvertures : f/2,8-f/22. Lames d’ouverture : 8. Distance de mise au point minimale : 1 m ; Diamètre du filtre : 58 mm. Poids : 240gr. Longueur : +/-5,5cm.
Qu’en penser ? Malgré sa construction plus simple à 4 éléments, cet objectif est comparable au Biometar 80 mm f/2,8, à l’exception d’une légère douceur dans les coins du champ à f/2,8-4,0. Sinon, il est très net avec un bon contraste, un bokeh agréable et un joli rendu vintage typique des objectifs de formule Tessar. Il n’est pas rare, mais il est considéré comme un objet de collection, c’est pourquoi il coûte généralement entre 200 et 400 € d’occasion, un peu plus que le Biometar 80 mm f/2,8 plus courant.

Des videos d’illustration.

Tout d’abord, un lien plus qu’important, qui présente (hélas en anglais) toute une série de vidéos bien utiles pour le maniement du boitier. D’ailleurs ce site est une bible pour le Pentacon Six.

Quelques références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pentacon_Six, en français ; https://www.pentaconsix.com/, http://camera-wiki.org/wiki/Pentacon_Six, https://www.thephoblographer.com/2017/07/25/vintage-film-camera-review-pentacon-six-tl-6×6-square-format/, https://lens-db.com/camera/pentacon-six-1966/, https://www.lomography.com/magazine/100337-pentacon-six-a-great-medium-format-slr, https://lens-db.com/system/praktisix-pentacon-six/, https://casualphotophile.com/2019/09/17/pentacon-six-review/, https://japb.net/theory/lensmounts/pentacon-six/, https://www.35mmc.com/27/10/2020/pentacon-six-mini-review-getting-to-know-the-camera-part-2-by-holly-gilman/, https://www.pentaconsix.com/29k6c.htm, https://rangefinderforum.com/threads/the-inscrutable-pentacon-six-a-users-guide.4814956/, https://ygreq.medium.com/a-practical-review-of-the-pentacon-six-poor-mans-hasselblad-40cf8f70cbe1, https://www.pentaconsix.com/16prak6.htm, https://www.pentaconsix.com/TheCameras.htm, https://www.pentaconsix.com/19p6.htm, http://camera-wiki.org/wiki/Praktisix, en anglais.

info utiles ou futiles

Des pellicules pour vos vacances ?

Si les indices actuels se confirment, vous serez assez nombreux à préférer mettre des bobines de films dans vos valises plutôt que des valises de batteries pour immortaliser vos vacances.

Quels indices ? La sortie du Pentax 17, l’annonce du Rollei 35 AF, la vente des « jetables » qui ne faiblit pas, l’engouement toujours bien réel pour les appareils analogiques.

Le prix du film peut en effrayer quelques uns mais pour la plupart, c’est une contrainte « constructive » : on ne déclenche pas à tout va, on réfléchit à sa composition, son cadrage, l’utilité de la photo à prendre.

Mais quels films emporter ? Le choix est vaste, du N/B à la couleur, du 135mm au 120, voire même du 110, tout est possible.

Il y a les « classiques » de chez Agfa, Fuji, Kodak, Adox, Rollei, Ilford (par exemple).

Et il y a les « exotiques ». Vous en trouverez sans problème chez Lomography et les partenaires qui distribuent leurs produits, mais je relève quelques références intéressantes, citées par MissNumériques et un peu spéciales. Je me contenterai de les citer et je vous renvoie chez MissNumérique pour les explications, après tout, c’est eux qui ont fait le travail.

Il s’agit des Candido, des Vandal, des Washi, des Sunbath

Puisque j’en étais à chercher des références pour photographier autrement, chez Retrocamera, j’ai trouvé aussi quelques pépites, à essayer.

Ici ce sont aussi les Washi et les Lomography, puis les Tasma (Russe), les Street Candy, les Silberra (Russe), les Santa (celles que le Père Noël a oubliées), les Revolog, les Reto, les Orwo, les Kosmo, les Kono!

Encore une fois, je vous renvoie aux pages de Retrocamera pour les explications sur chacun de ces films.

Bref, il vous faudra peut-être emmener un ou deux boitiers pour les essayer toutes.

Sinon, il reste le bon vieux truc de rembobiner le film pour le réutiliser une autre fois. Faites bien attention au bruit lorsque le film se décroche, pour ne pas rentrer l’amorce dans la bobine. Et si ça rate, il reste la solution de l’ouvre cartouche (Kaiser, AP Photo) – attention, dans le noir absolu – ou l’extracteur d’amorce (Kaiser, AP Photo) – qui nécessite un peu de patience.

Ceci étant, bonnes vacances. Faites-vous plein de souvenirs (et pas que derrière un appareil photo ou un smartphone) pour revenir gonflé à bloc pour la rentrée.

Les nouveautés en un lieu

Après Pentax, un autre mythe pour 2024 : un Rollei 35 AF argentique ?

Préambule.

Décidément le monde de l’argentique bouillonne.

Après l’annonce, savamment orchestrée par Pentax, de son nouvel appareil, le Pentax 17, c’est au tour de Rollei de nous sortir un nouvel appareil, inspiré de son mythique Rollei 35.

Enfin, si j’en crois les différentes sources que j’ai consultées, ce serait la société Mint Camera qui aurait sollicité Rollei pour reprendre le fameux 35, avec quelques améliorations (j’en entend déjà qui hurlent au crime !).

Quelques mots sur cette histoire.

Voici le communiqué de la marque: “Nous sommes ravis d’annoncer que Rollei nous a gracieusement accordé la permission d’utiliser son logo. Cette collaboration marque une avancée passionnante pour toutes les parties impliquées. La marque Rollei augmentera sans aucun doute la notoriété de cet appareil photo. Après avoir investi corps et âme dans ce projet, j’espère vraiment que le Rollei 35AF deviendra accessible à un large public.” Source : Signedestemps

Les premières annonces ont eu lieu en mars 2023. Mint Camera annonçait vouloir relancer « […] un nouvel appareil photo compact 35mm haut de gamme « secret » de style année 60″. Source : Photorumors

En juillet, la société précisait qu’elle pensait implanter un autofocus de type LiDAR dans ce nouveau boitier. Source : Photorumors

Finalement, en janvier de cette année, le nom du futur appareil était dévoilé : ce serait un Rollei 35AF, vendu dès l’été 2024.

Un mot sans doute sur la technologie LiDAR. Un autofocus fonctionne avec des méthodes de télémétrie traditionnelle, soit par détection de contraste, soit par détection de phase. Tandis que le LiDAR, acronyme anglais de « laser imaging detection and ranging » (soit en français « détection et estimation de la distance par laser »), est une technique de télémétrie par la lumière. Des faisceaux laser sont envoyés vers une cible, qui les renvoie à l’émetteur qui analyse dès lors la distance et les mouvements du sujet en temps réel.

Cette technologie peut agir sur terre (véhicule, cartographie, archéologie etc.), dans la mer (recherche, cartographie, etc.) et l’espace. Elle commence a être implantée dans certains smartphones haut de gamme.

Son gros avantage, c’est la compacité du système, primordial dans un appareil photo et a fortiori dans un appareil de la taille du Rollei 35.

Mint Camera nous a habitué à la reprise de best-seller, avec quelques modifications utiles. Ici aussi, outre l’ajout d’un autofocus, la mécanique interne sera maison et pas Rollei.

Comme l’obturateur, qui est celui utilisé chez Mint, avec des changements au niveau de l’électronique pour le rendre plus rapide.

Source : Photorumors.

Chez Mint Camera ils sont conscients que créer un « nouvel » appareil n’est pas une sinécure car, à défaut d’utiliser des pièces encore existantes, issues de stocks chez les anciens fabricants, il faut tout refaire, en s’adaptant aux nouveaux processus de fabrications.

Leur principe de vente par pré-commandes permet de libérer les fonds utiles pour lancer la fabrication mais aussi le RD (recherche et développement). Il font alors appel à la communauté des aficionados de la marque, et ça fonctionne.

Voici dès lors les dernières informations au sujet de cet appareil :

  • appareil plein format 24x36mm (contrairement au Pentax 17 qui est un demi-format)
  • objectif en verre avec 5 éléments, revêtu de chaque côté. C’est un 35mm qui aura comme ouvertures f2,8 – f4 – f5,6 – f8 – f11 et f16
  • l’appareil bénéficie de la mise au point automatique (AF), d’un posemètre intégré et de modes d’expositions automatiques
  • le corps sera métallique, contrairement aux autres productions de la marque. Ici la taille de l’appareil permet cette fabrication sans alourdir exagérément le boitier (comme l’original d’ailleurs).
  • le nom apposé sur le boitier sera bien Rollei et non pas Mint Camera
  • le prix de vente devrait se situer entre 650 et 800€

Selon Photorumors, voici l’éclaté de ce qui sera le futur Rollei 35 :

Le puzzle commence à prendre forme …

Finalement, voilà à quoi devrait ressembler ce nouveau Rollei 35 AF

Source : The verge.

S’il vous venait l’envie d’en pré-commander un, voici l’adresse du blog expressément commandé par Rollei : https://rollei35af.com/

Que retenir de cette aventure ?

Mint Camera s’attaque à un mythe, le Rollei 35 sorti en 1966 et considéré longtemps comme le plus petit appareils 24×36 jamais construit.

Ce petit boitier a vu plusieurs évolutions dans la longue carrière mais celles qui sont proposées ici offrent un regain d’intérêt pour ce petit compact venu d’une autre époque.

En effet, le choix des solutions proposées en font un appareil éminemment utilisable tout en restant très discret et – on l’espère – performant. J’imagine que si Rollei a accepté l’idée et que c’est son nom qui trône sur le projet, c’est que la qualité est au rendez-vous. De fait, Mint Camera n’en est pas à son coup d’essai et ses autres réalisations (Polaroid SX-70, SLR670, SLR80 par exemple) parlent pour eux.

Les prix ne sont pas donnés mais la qualité de fabrication est de très haut niveau et, encore une fois, les solutions retenues utiles quoique originales.

Personnellement je préfère cette idée à celle de Pentax. La mise au point automatique, les réglages automatisés, l’installation d’une cellule moderne, tous ces points font que le nouvel Rollei 35 AF sera plus facilement opérationnel que les anciens modèles, sans (je l’espère) renier à la qualité qui a fait le succès de l’original.

Et il garde cette petite touche qui en fera un appareil différent : il faut armer pour passer à la photo suivante !

Reste qu’il faudra encore caser sa tirelire car la fourchette de 650 à 800€ ne laisse rien présager de bon quant au prix.

Est-ce là le prix de la passion?

Des références.

https://rollei35af.com/, https://photorumors.com/2024/01/13/mint-to-release-a-new-rollei-35af-compact-autofocus-35mm-film-camera-this-summer/, https://mint-camera.com/, https://photorumors.com/category/mint-camera/, https://www.theverge.com/2024/6/12/24177217/mint-rollei-35af-35mm-film-camera-waitlist-release-announcement, https://petapixel.com/2024/06/11/see-real-world-photos-from-mints-long-awaited-rollei-35af-film-camera/, https://kosmofoto.com/2024/06/mint-camera-offers-opens-pre-order-for-rollei-35af/ en anglais ; https://signedestemps.com/rollei-35-af, https://www.ibm.com/fr-fr/topics/lidar, https://fr.wikipedia.org/wiki/Lidar, en français

Argentique

Le Filmor de Fototecnica (made in Italy)

Préambule.

Une fois n’est pas coutume, c’est sous un soleil de plomb (32°C à l’ombre, mais il n’y a pas d’ombre !) que nous visitons une brocante, celle d’Incourt en l’occurrence, qui s’étend sur plus de 2 kilomètres en rase campagne.

Là une personne âgée vend quelques appareils dont un dans un minuscule étui en cuir. Je présume que ce sera un box quelconque.

De fait, en ouvrant la boîte, je découvre cet étonnant Filmor. J’avoue avoir vite compris comment il fonctionne (et je n’ai aucun mérite, c’est d’une simplicité naïve), mais impossible de voir comment l’ouvrir. Et en essayant, je casse malencontreusement la petite courroie de cuir de portage. Bien évidemment, j’achète l’appareil au prix que nous venions de décider. Je trouverai bien comment en venir à bout à la maison.

Un peu d’histoire.

Contrairement à la France et l’Angleterre, l’Italie n’a pas un grand passé de « chercheurs » dans le domaine de la photographie. Pourtant, dès la naissance de celle-ci, Turin, surtout, s’intéresse de près aux évolutions de ce nouveau médium.

Turin est alors dans une phase d’ébullition : après la défaite de Bonaparte en 1815, le Piémont et la Sardaigne sont rendus au roi Victor-Emmanuel 1er. Mais le souverain mécontente sa population et de nombreuses révoltes vont éclater. En 1852, le Comte de Cavour, Camillo Benso va œuvrer pour l’unification de l’Italie. Il modernise l’économie et prépare donc l’unification du pays pour le roi Victor-Emmanuel II. Il obtient le concours de Napoleon III pour regagner les territoires encore sous la coupe de l’Autriche (mais en contre partie il perd Nice et la Savoie en faveur de la France). Le 18 février 1861, le premier Parlement italien siège au Palazzo Carignano à Turin et le 17 mars, Victor-Emmanuel II devient le premier roi d’Italie. Cavour décède la même année, alors nommé premier ministre, victime du paludisme.

Même si elle perd le statut de capital du pays, Turin reste une ville très industrielle et à l’affut des nouveautés du monde : en 1884, elle accueille l’Esposizione generale italiana artistica e industriale (Exposition générale d’art et d’industrie italienne). Cette exposition internationale doit promouvoir ce qui se fait de mieux dans les arts et l’industrie de l’époque.

Dans l’attente de cette exposition et juste après elle, Turin verra se créer de nombreuses entreprises dans de nombreux domaines, comme la presse, le textile, l’agro-alimentaire, la mécanique, l’automobile : ainsi naissent la Gazzetta Piemontese (1867) qui deviendra le grand journal national La Stampa (1895) et la société Martini ; Lavazza en 1899, la Fabbrica Italiana Automobili Torino (FIAT) voit le jour la même année ; la première maison de production cinématographique (1904), puis Lancia en 1906.

« Et la photographie dans tout ça ? »

Le Piémont est resté assez proche de ce qui se fait en France et très vite les daguerréotypes se développent. Dès 1839, la Gazzetta Piemontese se fait l’écho des premières expériences faites à partir de daguerréotypes et dès 1840 de nombreux portraitistes ambulants s’établissent dans la région. Ils sont surtout d’origine française (Adolphe, Fortin, G. Perraud et Renaud à Turin, et Bernardi à Biella).

Pourquoi le daguerréotypes plutôt que les techniques du collodion humide, le calotype ou du ferrotype, alors aussi en vogue à l’époque ? A cause des liens étroits avec la France, les autres procédés étant plutôt de mise en Angleterre.

Puis, petit à petit, ces autres techniques vont s’implanter et supplanter le daguerréotype, notamment dans les nombreux studios qui s’ouvrent dans le Piémont.

Jusqu’à la seconde guerre mondiale, Turin reste prospère et encourage l’installation de nouvelles industries. Las, alors que c’est sans doute la Ville qui fut la plus antifasciste, elle sera terriblement bombardée par les alliés (1943) et son industrie subira d’énormes pertes.

Pourtant, au sortir de la guerre, la Ville se redresse et relance son économie avec de grands noms (Olivetti, Ferrero – 1946) qui côtoient toujours les grandes industries du passé.

C’est à cette époque (1946) que la Fototecnica est fondée à Turin pour produire du matériel photographique.

Les premiers appareils photo proposés étaient des boitiers simples, qui offrent un juste équilibre entre qualité et prix économique, comme le Bakina (1946) ou le Bandi (idem)

N’oublions pas que nous sommes au sortir de la seconde guerre mondiale. D’autres fabricants ne proposent pas mieux : Kodak vend toujours ses box, Agfa aussi, ou des appareils en bakélite (Kodak, Ferrania, Fex, etc.), voire encore des soufflets (Agfa, Zeiss Ikon, etc.)

Ce que le public veut, ce sont des appareils simples d’utilisation, peu coûteux mais qui donnent une certaine satisfaction quant au rendu.

Le Filmor – je devrais d’ailleurs écrire les Filmor – ne dérogent pas à ces attentes. Nous sommes en 1950 pour les modèles qui nous occupent aujourd’hui.

Tiens, pourquoi écrire « les » Filmor ? En préparant cet article, je me suis rendu compte qu’il existait deux formes de cet appareil, légèrement différente (nous y reviendrons) et il se fait que ce matin, dans une autre brocante qui attendait une drache nationale, j’ai trouvé le second modèle.

Présentation du Filmor de Fototecnica.

Comme je l’écrivais en préambule, lorsque j’ai acheté le premier Filmor, je n’ai pas trouvé comment l’ouvrir et le vendeur n’en avait aucune idée.

En fait, cette anecdote prouve combien cet appareil est fabriqué sérieusement car si j’ai finalement trouvé c’est en regardant très attentivement comment il était fait.

Tout d’abord le boitier est tout métallique, alors qu’à l’époque certains vendaient encore des box en carton !

Généralement les box possèdent deux viseurs et on y regarde au niveau de la taille. Le premier viseur donne une photo au format dit « portrait » et lorsqu’on couche l’appareil sur le côté, on obtient le format « paysage » car se sont généralement des 6x9cm.

Une autre variante, que l’on retrouve sur les appareils à soufflet, c’est un viseur de côté que l’on fait pivoter dans le sens de la prise de vue, comme sur le Zeiss Ikon Nettar 512/2.

Ici, ils ont fait une synthèse des deux systèmes pour le premier modèle : le viseur, placé au dessus de l’objectif, pivote selon ce que l’on a besoin.

Comme la plupart des box de l’époque, l’obturateur est commandé par une tringle, sur le côté droit de l’appareil. Il y a deux vitesses : I pour « instantané », qui donne environ le 1/60s et T pour « temps » où l’obturateur restera ouvert aussi longtemps que nécessaire avec le sélecteur appuyé.

L’objectif fixe achromatique offre une ouverture constante de f11.

Le boitier, peint en noir granité mat est extrêmement bien assemblé (métal estampé et soudure) et est très rigide. Sa face avant, métallique, est d’un bel effet et change selon le modèle : unie sur celui avec un viseur pivotant, « art-déco » pour le second qui propose lui un viseur en forme de tunnel, comme le Bilora Gevabox.

A l’arrière, un rond rouge pour servir de compteur de vue rudimentaire.

Pas de pas de vis pour une quelconque fixation de trépied en dessous ou sur un côté. Pas de prise flash non plus.

Ensuite, selon le modèle, un viseur pivotant ou un viseur en forme de tunnel ajouté sur le dessus du boitier. On n’y voit pas grand chose, dommage, quel que soit le viseur utilisé.

Enfin, sur le côté gauche (quand on tient l’appareil en mains), un large bouton rond strié. C’est le fameux curseur pour ouvrir et refermer l’appareil. C’est en fait tout le côté droit du boitier qui s’ouvre.

A l’intérieur, la chambre amovible pour charger un nouveau film en 120. C’est typiquement le système utilisé dans ce genre d’appareil, rien de spécial à ce sujet.

Que penser de l’appareil ?

Que ce soit l’un ou l’autre modèle (avec une préférence pour l’originalité du viseur pivotant), ils ont une certaine élégance, à défaut d’être sophistiqués.

Honnêtement, que vous utilisiez le viseur pivotant ou le viseur tunnel, vous ne verrez pas grands chose et vous prendrez vite l’habitude de viser au pif, à hauteur de taille ou de poitrine (si vous voulez quand même essayer de voir quelque chose dans le viseur pivotant).

Ils sont très compacts pour des box de cette génération et donc plaisant à tenir en main par la petite languette de cuir qui sert au transport (quoique je me méfie car le temps n’est pas l’allié de ce type de cuir). Vous pouvez aussi les ranger dans leurs boîtes en cuir pour les emmener où vous voulez, elles sont aussi munies de sangles, plus solides et plus souples.

Je ne peux m’empêcher de penser aux photographes de l’époque, qui ont rempli des albums photos familiaux avec ce genre d’appareil. Finalement, c’est qu’ils devaient rencontrer leurs attentes : simplicité et rendu suffisant que pour ne pas confondre Don Camillo et Pepone sur les images.

Si vous en trouvez en très bon état (pas rouillé, pas écaillé, avec leur trousse), ne dépensez pas plus de 15€ et, si vous en avez l’occasion, essayez-les, pour le plaisir de tirer 8 photos comme vos (arrières) grands-parents.

Des références.

https://vintagecameralab.com/fototecnica-filmor/, http://camera-wiki.org/wiki/Filmor, https://historiccamera.com/cgi-bin/librarium2/pm.cgi?action=app_display&app=datasheet&app_id=3487, https://www.historiccamera.com/cgi-bin/librarium2/pm.cgi?action=app_display&app=datasheet&app_id=3483, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Filmor, https://www.collectorsweekly.com/stories/157652-fototecnica–filmor-box-camera, https://historiccamera.com/cgi-bin/librarium2/search.cgi?action=app_search&app=datasheet&sortby=datasheet_name&in_datasheet_subcategory=f0t0t3c&submit=search en anglais ; https://blog.seniorennet.be/retrocameras/archief.php?ID=197, en néerlandais ; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-12376-Fototecnica_Filmor.html, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-648.html, http://www.appaphot.be/fr/brands/fototechnica/fototechnica-filmor, https://www.persee.fr/doc/mar_0758-4431_1995_num_23_2_1565, https://www.petitfute.com/v50133-turin/histoire/ en français

Les nouveautés en un lieu

Un million de vues sur Youpic !

Vous vous demandez sans doute – ou pas d’ailleurs – si je pratique encore la photographie ou si je me contente d’ausculter de vieux machins !

Oui, je la pratique toujours, et comme je l’avais annoncé en début d’année si mes souvenirs sont bons, j’ai scindé mes présentations. Le blog de l’Atelier de JP pour l’analyse et la découverte des appareils photo, essentiellement argentiques mais sans exclusive (voir par exemple l’article sur le Nikon D4s, numérique) et deux sites dédiés à la photo : Flickr et Youpic.

C’est sur ce dernier site que je viens, grâce aux photographes et experts du site, de passer la barre du million de vues, avec 9 photos retenues comme « inspiration », plusieurs reconnaissances « or » en street photography, landscape (paysage), contenu populaire ; reconnaissances « argent » pour la photographie de nature, de la ville (cityscape), en Urbex, etc. et d’autres en « bronze » pour l’architecture, les animaux, les voyages, etc.

Ah, je vous avoue que ça fait du bien et j’avais envie de le partager avec vous.

Si la majorité des photos présentées là sont issues d’appareils numériques (Canon RP, Canon 70D, Olympus OM-D-EM-1, Lumix GX9, Lumix G8) quelques unes ont été faites avec quelques vénérables engins que je vous présente régulièrement.

Le Zinc du photographe

Le Nikon D4s

Préambule.

Lors de la présentation du Nikkormat FTn, je faisais la réflexion que j’avais jusqu’à présent présenté déjà quelques Nikon, des années soixante (Nikkormat FTn), des années quatre-vingt ou nonante (F50, F60, F65, F-601, EML) et quelques numériques (D40, D100).

Cet appareil a failli finir à la déchetterie, son précédant et défunt propriétaire ayant eu l’idée étrange de coller la commande du volet du viseur et la correction dioptrique, calée à sa vue !

Quelques heures de travail méticuleux et précis m’ont permis de le débarrasser de cette colle et de restaurer les deux fonctions. Ouf !

L’ajout d’un magnifique objectif 16-35mm à ouverture f4 constante vont me permettre de vous le présenter « vivant ».

Un peu d’histoire.

A l’origine était le Nikon D4, le reflex professionnel sorti en 2012, qui succédait aux D3 et D3S. Une belle machine mais qui ne tînt que deux ans face au Canon Eos 1DX (2012, plein format pro de 18,2Mpx). Cet Eos était meilleur sur trop de points pour que Nikon ne réagisse pas. Ce sera fait avec ce D4s.

Je remarque toutefois que le D4s sera aussi remplacé deux ans plus tard par le D5, mais c’est une autre histoire …

Il ne révolutionne pas l’appareil de base (D4) mais il lui apporte des modifications importantes : citons en vrac un nouveau couple capteur/processeur (Expeed 4), une sensibilité franchement revigorée car des 25.600Iso natifs on peut passer à 409.600Iso en mode Hi-4, un buffer (mémoire tampon) plus costaud (200 JPEG en pleine définition) avec, à la clé, de nouveaux algorithmes de débruitage et de traitement de la couleur.

Soyons raisonnable à propos de ces Iso, cela veut surtout dire que si vous utilisez l’appareil à 12.800Iso, il sera aussi bon que son prédécesseur l’était à 6.400Iso. Vous gagnerez en vitesse d’exécution sans devoir flirter avec un bruit trop important.

Sa rafale de 11 i/sec. en RAW (fichiers natifs), sur 200 vues consécutives, en conservant le suivi AF (autofocus) et le calage de l’exposition (AE), le mettait parmi les reflex très rapides.

Pour les photographes pressés, vous pouviez le brancher, via un connecteur Ethernet RJ45 et le débit de transfert relevé à 185Mb/s vous permettait d’envoyer une image au bout du monde en à peu près 4 secondes (heu, si vous aviez une connexion costaude quand même) vers votre journal ou chez vous.

Pourvu de 2 emplacements mémoire, une XQD et une Compact Flash, vous pouviez y aller et emmagasiner tout ce qui passait devant votre capteur plein format de 16,2Mpx.

Il a aussi une partie vidéo, mais comme ce n’est pas ma tasse de thé, je n’en parlerai pas (voyez dans les références en dessous si besoin).

A l’époque de sa sortie, le boitier nu valait 6000€. Son écran n’était pourtant ni tactile, ni orientable. Mais il a reçu le prix TIPA (Technical Image Press Association qui est une association internationale de magazines de photographie) du « meilleur reflex pro » en 2014 et le prix EISA 2014-2015 (European Imaging and Sound Association qui est une association de magazines européens consacrés au multimédia telle la photographie, l’audio, la vidéo).

Pourtant on pouvait regretter l’absence d’un système Wi-Fi intégré (mais on pouvait y adjoindre un module), de GPS. Cependant, un module WT-5 permettait, à distance, de gérer 10 boitiers en même temps, à distance.

Je vous l’accorde, ces spécifications sont dépassées par les hybrides actuels et les derniers réflex des marques phares, mais est-il pour autant devenu inutilisable ou trop vieux ?

Présentation du Nikon D4S.

Première remarque : c’est du costaud !

Source : Nikon.

Plus d’un kilogramme sur la balance (1180gr), nu et 1337gr avec sa batterie et les cartes. Avec son châssis en alliage de magnésium, il assure et il est aussi tropicalisé. Il n’aura pas peur de sortir qu’il fasse très froid ou très chaud, ni humide, ni poussiéreux.

Pourquoi choisir ce mastodonte ? Ce professionnel Nikon est le plus rapide et le plus compact (oui, je sais, ça étonne !) jamais conçu pour la photographie de reportage, de sport et d’action à son époque (2014), quoique l’Eos 1Dx lui tienne encore la dragée haute et ne s’avoue pas du tout battu. Il laisse les appareils photo « grand public » comme le D800 et le Canon 5D Mark III complètement à la traine de par ses performances.

Les appareils professionnels sont conçus pour que le photographe n’ait pas, dans le feu de l’action, à gérer des tas de paramètres, parce que l’appareil est prévu pour les gérer avec lui, rapidement et sans faux pas.

Un appareil pro ne fera pas de vous un meilleur photographe car il ne prendra pas la photo à votre place mais lorsque vous aurez composé votre image, soigné votre cadrage, « vu » l’action, il sortira la meilleure image possible.

Petit aparté : quand vous faites le choix d’un boîtier pro comme le Nikon D4s, c’est surtout pour sa capacité à gérer des situations complexes, avec des basses lumières et/ou des écarts de contraste importants.

Ce qui vous intéresse alors c’est la facilité avec laquelle vous pouvez faire vos images, sans post-traitement (en tout cas le moins possible), à les livrer le plus rapidement qu’exigé par votre journal. C’est précisément le besoin qu’ont les photographes pros qui doivent livrer toujours plus vite leurs meilleurs clichés.

Ceci étant précisé, voyons maintenant ce qui fait sa différence et s’il peut encore être dans le coup, dix ans plus tard.

La mise en bouche signée Nikon.

En terme d’autofocus, l’appareil propose un nouveau « mode AF zone groupée« . Ce nouveau mode autofocus permet d’isoler le sujet photographié de son arrière plan au moment de la prise de vue. Les ingénieurs Nikon ont développé des algorithmes qui font intervenir le système de détection des visages avec ce nouveau mode AF. Il est composé de 5 points en forme de diamant et ce groupe de points est déplaçable au sein de la zone de 51 points de l’AF.

En gros, avec le mode AF Groupé, le Nikon D4s utilise donc 5 collimateurs en croix qui se comportent alors comme un seul (plus) gros collimateur. Ceci permet au boîtier de caler la mise au point sur le collimateur central de ce groupe tout en tenant compte des informations fournies par les quatre autres. L’algorithme décide alors en temps réel quel est le collimateur qui a raison et fait la mise au point sur celui-ci. Cette technique limite les erreurs de mise au point avec des sujets évoluant en arrière plan. Surtout utile en salle de sport, les terrains de foot, rugby, hockey, etc.


11 photos à la seconde sur 200 vues. Ok, de nos jours certains font encore beaucoup mieux mais, dix ans avant, on peut insister sur le travail de Nikon sur le bloc de l’obturateur qui permet des performances remarquables en terme d’atténuation de « rebond » du miroir au moment de l’activation du mécanisme. Ce travail assure une meilleure stabilité, la réduction de l’occultation de la visée entre 2 prises de vue, une meilleure précision de l’AF. Ceci étant, avec ce type de mode enclenché, mieux vaut avoir prévu de grosses cartes mémoires, ça se remplit vite.

Peu, voire pas de retouche sur des images en JPEG, voila la promesse du Nikon D4s.
Une promesse qui séduit de nombreux photographes professionnels qui ne bossent pas en Raw mais en JPEG pour des raisons de facilité et de rapidité.

Pour les assidus du RAW, la marque propose un mode RAW s qui est un mode RAW allégé mais sans perte de qualité.

La gestion des bases lumières et la plage de sensibilité utilisable reste une question sensible. Si l’annonce des 409.600Iso a fait frémir en son temps, en pratique, il est bien illusoire de vouloir travailler à une telle sensibilité tant les images sont bruitées. Si vous avez fait l’acquisition d’un programme de dématriçage des RAW, vous obtiendrez sans doute une image à peu près exploitable. Mais l’avantage de cette sensibilité record (pour l’époque s’entend toujours, aujourd’hui on a dépassé le million) c’est de vous permettre de gagner au moins une vitesse ou une ouverture dans les conditions habituelles de votre travail de terrain.

Si nous reprenons la photo de sport, cela peut vous autoriser à figer des mouvements et les expressions des sportifs en travaillant à 6400, 12800Iso voire 25600Iso, sans perte de qualité.

Quel autre paramètre peut intervenir dans la qualité de vos images ? Oui, le contrôle de la balance des blancs, qu’il faut pouvoir gérer dans la pratique des situations avec des éclairages disparates et changeants, sans lumière naturelle.

D’origine, le D4S s’en sort déjà très bien mais il existe le mode PRE : faire une image de référence qui aide le boitier à caler la balance des blancs. Petit plus, qui est la marque des grands, vous pouvez faire cette mesure en mode Live View car vous avez alors la possibilité de viser votre sujet et de choisir précisément la zone de mesure avec le collimateur qui s’affiche à l’écran pour faire la mesure sur ce point précis. De ce fait, l’image ainsi modifiée apparait sur l’écran et vous permet de voir en temps réel la correction. Rien ne vous empêche de recommencer l’opération pour arriver au rendu voulu.

Bon, certains me diront que ce n’est pas mieux que si vous aviez fait une photo de référence. Sans doute, mais c’est plus rapide et plus « visuel ».

Si je résume ces éléments, c’est pour écrire que le Nikon D4s encaisse fort bien les basses lumières et les forts contrastes. Il gère aussi très bien les dégradés et il restitue fidèlement la colorimétrie. Il va aller chercher les détails même dans les zones entre sombre et clair, dans les ombres profondes (photo de nuit) ou dans les transitions de l’aube à l’aurore. Les images dans des ambiances très claires (la neige par exemple) vont aussi chercher les détails et les restituer parfaitement.

Petite revue de détail du boitier.

Vous me connaissez, je ne vais pas reprendre points par points tout ce que vous pouvez faire avec cet appareil, la manipulation de tel ou tel bouton. Vous trouverez tout ça ICI (500 pages quand même pour le mode d’emploi en français !).

Un petit résumé en images …

Que penser de cet appareil ?

Tout d’abord, comme l’Eos 1Dx, il impressionne : monolithique, lourd, bardé de boutons aux endroits stratégiques, de roues codeuses, c’est un appareil fait pour travailler (sa limite de fonctionnement serait de 400.000 déclenchements quand même).

Son énorme batterie, accompagnée de son chargeur rapide, vous assure 3020 prises de vue, de quoi réaliser plusieurs reportages dans la foulée. Je vois des hybrides qui pleurent …

Dès le prime abord on sent que cet appareil est bâti pour travailler, dans toutes sortes de conditions : son châssis robuste doit pouvoir encaisser beaucoup, il est tropicalisé, mille petits détails sont extrêmement bien pensés (le loquet pour ouvrir la porte des carte est bien sécurisé, les ouvertures pour câblages divers sont bien étanches, la poignée intégrée porte les mêmes commandes qu’en tenue horizontale, le verrou de la batterie ne vous lâchera pas, …).

On pourrait lui reprocher de n’avoir « que » 16,2Mpx à offrir. Mais en y regardant bien, d’autres appareils, Olympus, Panasonic, par exemple, proposent encore du 16Mpx sur capteur micro 4/3. Ici nous les avons sur un capteur full frame (23,9x36mm) c’est dire s’ils ont de la place pour travailler correctement, sans montée de bruit excessive (on peut travailler à l’aise à 25600Iso). Il faudra faire attention au recadrage si besoin et à la taille de vos impressions mais allez-vous imprimer des 2x4m ?

Choisit-on ce boitier pour la photographie de tous les jours ?

Hmm … en tant que professionnel, il y a maintenant beaucoup mieux (et plus léger) sur le marché, toutes marques confondues. Pour un amateur éclairé, c’est encore un sacré appareil qui donnera des résultats bluffants en paysage, en portrait, en studio.

La preuve est que son prix tourne encore, nu, autour des 1000€. Comme il accepte un vaste choix d’optiques Nikon pour reflex, c’est peut-être le moment de tenter de faire un bonne affaire en piochant dans le vaste catalogue de la marque, qui ne manque pas de très belles références en la matière.

Ici, il est équipé d’un AF-S Nikkor 16-35mm f4G ED VR de très belle facture. L’ensemble vaut encore au bas mot 1500€.

Un regret, c’est le choix des cartes mémoires : la carte XQD n’est plus suivie et la Compact Flash serait amenée à suivre le même chemin (mais on en trouve toujours d’excellente qualité).

Peut-on craquer pour le Nikon D4s ? Oui, certainement. C’est d’ailleurs l’avantage des appareils professionnels, ils sont souvent tellement en avance qu’ils restent longtemps dans le coup.

Mais prévoyez un bon trépied et une bonne sangle de cou pour le transporter. Un tel appareil se mérite.

Videos d’illustration.

Un petit exercice amusant de comparaison.

Un peu de technique.

Essayer de vous résumer en quelques lignes les caractéristiques techniques d’un reflex pro « moderne » tient de la gageure. Je vous mets donc en lien le site de Nikon qui fait ça très bien.

Des références.

https://www.lesnumeriques.com/appareil-photo-numerique/nikon-d4s-p46491/test.html, https://www.lesnumeriques.com/appareil-photo-numerique/nikon-d4s-p19633/nikon-d4s-bonheur-professionnels-n33368.html, https://fr.nikon.ca/p/d4s/1541/overview, https://www.nikonpassion.com/test-nikon-d4s-premiere-prise-en-main-photos-de-sport/, https://versus.com/fr/nikon-d4-vs-nikon-d4s, https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon_D4S, https://www.strasbourgphoto.com/nikon-d4s-les-premieres-images/, https://www.nikonpassion.com/nikon-d4s-expeed-4-24mp-25-600-iso-af-plus-rapide-ou-pas/, https://www.lesnumeriques.com/carte-memoire/cartes-sd-ou-microsd-xqd-ou-cfexpress-mieux-comprendre-les-cartes-memoire-de-stockage-a156535.html en français ; https://www.dpreview.com/reviews/nikon-d4s, https://www.dpreview.com/products/nikon/slrs/nikon_d4s, https://photographylife.com/reviews/nikon-d4s, https://www.photographyblog.com/reviews/nikon_d4s_review, https://www.kenrockwell.com/nikon/d4s.htm, https://camerareviews.com/compare/nikon-d4s-vs-nikon-d5/, en anglais.

Argentique

L’Afga Optima 535 Sensor electronic.

Préambule.

C’est encore dans une caisse chez Emmaüs que j’ai trouvé ce petit Agfa, au milieu de Kodak Instamatic de toute sorte et d’Agfa Iso-Rapid anciens.

Accompagné d’un petit flash Osram, je l’ai trouvé sympa et je me suis dit que c’était peut-être le moment de parler de ce petit fix focus qui fit les beaux jours de tant d’albums familiaux dans les années septante et quatre-vingt.

Et il me rappelle une anecdote, contée par un ami, ancien photographe professionnel : « une de mes clientes possédait cet appareil, avec lequel elle faisait de magnifiques photos, parfaitement cadrées, équilibrées. Ravis de ces images, ses proches ont cru bon de lui offrir un reflex, gageant qu’elle ferait encore mieux. Las, elle ne pu jamais s’y habituer et elle revint sans regret à son petit compact ».

Ce n’est pas l’appareil qui fait la photographie mais l’œil de celle/celui qui l’utilise.

Un peu d’histoire.

C’est en 1959 que nait la gamme des Optima. Ce sera le premier appareil tout automatique au monde.

Source : Philcamera

Aussi étonnant que cela puisse paraître, cette gamme perdurera jusqu’en 1982, au fil des améliorations autour d’un même thème : faire un appareil simple pour que tout le monde puisse faire de bonnes photos sans complications.

Si vous avez lu les articles consacrés à l’Agfa Optima Ia et à l’Agfa Optima Parat, vous avez déjà eu une vision assez complète de l’histoire de cette gamme.

Pour les autres, je résume (très fort) : 1930, création du nom pour un appareil à soufflet qui utilise un film propriétaire qui mesure 7,5 x 10,5cm et donne 8 vues. Le hic, c’est qu’on ne peut l’utiliser que dans des appareils prévus à cet effet. Ce fut un fiasco.

Pourtant, à la fin des années cinquante, Agfa ressort le nom pour son nouvel appareil, qui utilise désormais le film classique en 24x36mm.

En 1964 sort un nouveau modèle, très inspiré du Silette Record, avant d’être remplacé à son tour en 1966 par l’Agfa Rapid qui utilise de nouveau un film sensé concurrencer la cassette 126 inventée par Kodak (1963). Une bobine appelée Rapid était susceptible d’être aussi rapide que la cassette du concurrent, mais ce fut une erreur commerciale et la mort dans l’âme, Agfa dû accepter d’acheter le brevet Kodak pour certain de ses appareils qui utiliseront le format de la cassette 126.

L’année érotique si chère à Gainsbourg voit arriver l’Agfa Optima Sensor, ceux avec le gros bouton orange au toucher si sensible. Les progrès de l’électronique feront apparaître en 1976 l’Agfa Optima Sensor Electronic. Ceux-la seront produit jusqu’en 1982.

C’est l’Agfa Optima 200 Sensor qui instaure le gros bouton orange si caractéristique de la gamme.

Source : Philcamera.

Il sera produit de 1968 à 1972. Sa particularité est d’avoir le levier d’armement à gauche, sous la semelle, et il est toujours un appareil à automatisme programmé. Une cassette à demeure dans l’appareil permet le chargement rapide d’un film, nous y reviendrons.

Finalement, en 1976, une nouvelle série commence avec les numéros 535 et 1035.

On abandonne le design un peu retro des modèles précédents pour adopter une nouvelle carrosserie d’un style beaucoup plus moderne, de nouveaux matériaux, une nouvelle électronique. De quoi relancer la gamme sérieusement.

Le modèle qui nous occupe aujourd’hui est le successeur de ce pionnier, qui apparait aussi en 1976.

Le 535 sera l’entrée de gamme, couronnée par le 1535 qui est un véritable télémétrique et offre un objectif encore plus lumineux (faudra que j’essaie d’en trouver un, un jour).

Encore un mot, au sujet du bouton orange.

Aussi anodin parait-il, il renferme de fait des astuces incroyables. Par exemple le fameux disque orange de 16mm de diamètre et toujours entouré d’une collerette en laiton chromé de moins d’un millimètre de haut qui a pour fonction de guider le doigt vers le centre du disque. Ce déclencheur a une course extrêmement courte (moins de 0,5mm) et il ne faut qu’une pression de 300gr pour déclencher. Le but de ce dispositif est d’éviter le flou de bougé.

Bientôt, tous les appareils Agfa se verront offrir ce bouton orange et il deviendra le cheval de bataille publicitaire de la marque.

Présentation de l’Optima 535 Sensor Electronic.

Sa coque noire faite de métal et plastique, avec ce grand viseur très clair et son bouton orange est typique de cette nouvelle gamme dont nous pouvons dégager les grandes lignes communes :

  • Un corps en métal et plastique recouvert d’une belle peinture noire granitée
  • Un objectif de 40 mm f/2,8 Agfa Paratronic Solitar de 4 lentilles en 3 groupes (sauf sur l’Optima 335 qui a un Agnatar ouvrant à f3,5)
  • Le système Sensor avec un large bouton orange pour le déclenchement
  • Un viseur très lumineux avec des lignes brillantes
  • Un dos sur charnière qui libère automatiquement la bobine de film de son axe
  • Un système astucieux de chargement de pellicule avec une bobine fixe
  • Le contrôle automatique de l’exposition avec un double œil situé au bas de l’objectif
  • Un bouton « R » pour rembobiner le film
  • Un obturateur Paratronic
  • Une griffe pour un flash électronique

Par rapport au 335, il propose un objectif de 40mm ouvrant à f2,8, un obturateur central qui offre des vitesses de 15s à 1/500s.

Si vous regardez bien le bas de l’objectif, vous verrez deux yeux qui sont en fait deux cellules au CdS. Une donne les informations à l’obturateur alors que la seconde fait fonctionner les deux LED qui sont dans le viseur : la rouge, vous vous en doutez, indique une vitesse inférieure au 1/30s tandis que la verte indique que vous êtes dans la plage des vitesses optimales pour les prises de vue, celles comprises entre 1/30s et 1/500s.

L’appareil est tout automatique et c’est lui qui donne l’exposition idéale avec l’ouverture adéquate. Le programme fonctionne de f2,8 au 1/30s jusque f5,6 au 1/500s mais l’ouverture peut encore varier jusqu’au f16.

Pour charger un film dans la chambre, faites coulisser le curseur qui libère le dos. Lorsque celui-ci s’ouvre, une platine avec le porte-bobine descend automatiquement, pour faciliter la mise en place du film.

Vous glissez donc votre bobine dans la chambre, refermez la platine et tirez légèrement l’amorce pour la glisser dans la fente de la bobine fixe qui est en face. Refermez l’appareil, armez et déclenchez deux ou trois fois jusqu’à ce que le compteur vous indique la première vue.

Après l’échec de la bobine Rapid, le passage à la cassette 126 du rival Kodak, Agfa a continué a chercher une solution pour que le placement d’un film soit simplifié au maximum et sûr.

Et là, ils ont trouvé : la bobine fixe va donc recevoir au fur et à mesure de vos prises de vue les photos captées. Et elle va les protéger car elle est étanche à la lumière. Ce qui veut dire que si par mégarde vous ouvriez le dos de l’appareil, seule la pellicule entre la bobine émettrice et la bobine réceptrice sera voilée ! Encore un argument pour rassurer le photographe amateur.

« Oui me direz-vous, mais en fin de film, on fait comment ? »

Et bien c’est ici qu’intervient le bouton marqué « R » : en le faisant pivoter, vous inversez le mécanisme du levier d’armement, qui devient « la manivelle de rembobinage ». Simple mais astucieux, non ? Sous la semelle, un petit indicateur vous montre si le film avance correctement.

Je vous encourage à regarder la video placée plus bas pour bien comprendre ces petites astuces utiles.

En ne nous éloignons pas trop de l’objectif, encore un mot à son sujet. Vous verrez sur son pourtour des indications d’ouvertures, que vous pouvez faire bouger grâce à u petit curseur sur la bague. De fait, ces ouvertures ne sont utiles à régler que si vous utilisez un flash, en tenant compte de la grille qui l’accompagne (distance, puissance, ouverture). Dans les autres circonstances, cette bague n’a aucune influence puisque l’appareil est automatique.

La seconde bague est celle des distances, que vous pouvez régler à l’aide de 3 pictogrammes classiques comme le portrait, un groupe, une montagne. Si vous regardez par dessous l’objectif, vous verrez que ces pictogrammes renvoient à des distances en mètres ou en pieds. Vous pouvez donc choisir le système qui vous convient le mieux. La mise au point minimale est de 90cm. L’objectif est muni d’un pas de vis pour y installer des filtres si besoin (diamètre de 49mm).

Ah, ne pas oublier de régler la sensibilité du film en faisant tourner la bague autour du verre de l’objectif. Les sensibilités vont de 25 à 400 Asa.

Que dire encore ? Il y a un pas de vis à gauche pour installer un trépied, la cellule est alimentée par 3 piles PX625A, qui sont installées dans la chambre et il y a une griffe flash synchronisée pour tous les flashs électroniques de l’époque.

Un mot enfin de cette immense fenêtre qu’est le viseur. A part sur certains vieux Voigtländer Vito et assimilés, vous ne trouverez jamais un viseur aussi large (100%) et lumineux. A l’intérieur de celui-ci, les cadres de visée, brillants, avec correction pour la parallaxe.

Vous comprendrez mieux dès lors l’anecdote que je vous narrais en préambule : avec un tel viseur vous avez tout le loisir de bien composer votre cadre et de soigner votre prise de vue. Pour le reste, l’Agfa Optima 535 Sensor Electronic fait son travail et règle tout pour vous donner entière satisfaction. C’est pas beau la vie ?

Que penser de cet appareil ?

Compact, agréable à tenir en main, bien pensé et facile d’utilisation, vous comprendrez pourquoi ce petit boitier a eu du succès.

Il se glisse dans une poche ou un petit sac et est toujours prêt à capter les sujets les plus divers. Ne lui demandez pas l’impossible mais il s’en tire très bien dans de nombreuses situations. Si vous voulez voir de quoi il est capable, je vous invite à le découvrir ICI par exemple.

Tout est-il parfait pour autant ? On pourrait regretter l’absence d’un retardateur, l’obturateur ne compte que 2 lamelles (un peu chiche pour les fanatiques du bokeh), vous ne pouvez absolument rien régler vous même sauf la sensibilité du film et l’ouverture si vous utilisez un flash, la sensibilité Asa est limitée à 400, le pas de vis pour le trépied est sur le côté.

Rien de rédhibitoire en somme. C’est un appareil qui fut offert par camions aux communiants, lors des anniversaires, pour la réussite des examens et pour Madame qui préférait ce type d’appareil au gros reflex compliqué de Monsieur (non, je ne suis pas misogyne, c’est un constat, encouragé il est vrai par la publicité faite par Agfa en ce sens).

C’est un petit appareil toujours utilisable de nos jours et qui vous donnera autant satisfaction qu’à l’époque.

Bien fini, il vous accompagnera longtemps. Et il ne vous ruinera pas : comptez 20€ pour un bel exemplaire, 35€ s’il est accompagné d’un flash fonctionnel, 40€ si vous en trouvez un avec son « sac tout prêt » préformé en plastique.

Video d’illustration.

Un peu de technique.

Appareil photo compact de type 35 mm
Taille 104 mm x 68 mm x 54 mm (L x H x P)
Format d’image 24 x 36 mm (L x H)
Objectif Agfa Solitar, 40 mm f/2.8, simple traitement.
Diaphragme automatique f/2,8 à f/16
Mise au point Pictogrammes d’échelle manuelle en haut de la bague de mise au point/échelle en mètres/pieds en bas, mise au point à 90cm – infini
Vitesses d’obturation 1/30s jusque 1/500s
Grand viseur direct avec marques de parallaxe pour une mise au point rapprochée
Transport du film par levier manuel à simple course, également utilisé pour rembobiner le film lorsque le bouton « R » est enfoncé et tourné
Vitesses de film 25 ASA à 400 ASA, sélectionnées sur une bague autour de l’objectif
Flash avec contact sur la griffe, ouverture sélectionnée manuellement avec flash
Douille pour trépied 1/4 po sur le côté droit qui sert également de fixation pour dragonne d’appareil photo
Batterie 3 batteries V625U, repérables en ouvrant le dos de l’appareil photo

Des références.

http://camera-wiki.org/wiki/Optima_Sensor_535, https://www.hazelandeye.com/blog/2022/1/29/the-minamalists-film-camera-initial-thoughts-on-agfa-optima-535-electronic-sensor, http://ericconstantineau.com/photo/review_agfaoptima535sensor_en.html, https://www.jamescockroft.com/20171027/photography/agfa-optima-sensor-535-unboxing-and-overview/, https://www.k2-photography.dk/agfa-optima-sensor-review/ en anglais ; https://35mm-compact.com/minicompact/agfaoptima535.htm, https://www.philcameras.be/agfa-optima/, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-57-Agfa_Optima%20535.html, en français ; https://www.photo-foto.eu/agfa/agfa-optima-sensor/agfa-optima-535-sensor-electronic/, http://www.misa-photography.de/cam_agfa_optima_1535_sensor.htm, http://www.lippisches-kameramuseum.de/Agfa/Agfa_Optima_535_electronic_Sensor.htm, https://www.kamera-museum-scholz.de/agfa-kamera/optima/optima-elektronic/ en allemand.

Les nouveautés en un lieu

Comment faire du neuf avec une vieille idée.

Préambule.

C’est grâce au site Phototrend que je bondis sur mon clavier. Ou plutôt à cause d’un récent article sur Alice Camera.

Quoi, vous ne connaissez pas ?

Bon, je vous explique…

D’aucuns trouvent l’écran de leur compact trop étriqué et ils rêvent de pouvoir envoyer immédiatement le résultat de leurs élucubrations photographiques, qui se résument bien souvent à un selfie plus ou moins inspiré … (oui j’ai envie d’être « vache » aujourd’hui !).

D’autres estiment que la partie photographie de leur téléphone intelligent n’est toujours décidément pas à la hauteur ne fut-ce que d’un compact traditionnel et à des années lumières de la qualité d’un appareil à objectifs interchangeables.

Y aurait-il un « chainon manquant » pour résoudre ce dilemme ?

Un peut d’histoire.

En 2020, la startup britannique Photogram a fait appel au financement participatif pour lancer l’idée de fusionner un appareil photo avec un smartphone. Ainsi est née Alice Camera.

Source : Alice Camera

Notez que s’ils ont réuni rapidement la somme prévue pour le lancement de l’appareil, l’accouchement fut long.

L’idée est d’offrir à votre smartphone la possibilité de se comporter comme un hybride tout en étant compact et simple à utiliser.

Le premier jet de ce projet visait à arrimer un petit appareil photo à un smartphone, via une pince. Cette « pince » devait varier de 6,42 à 7,81cm de large pour absorber les téléphones de l’époque. Le module photographique était doté d’un capteur Sony 4/3 CMOS rétroéclairé de 11 Mpx, avec une monture Micro 4/3. Vous pouviez donc y monter tous les objectifs Olympus ou Panasonic dans cette monture.

Le fait de glisser votre smartphone dans le module vous permettait de contrôler la partie photo via le clavier et de partager les clichés. Petite touche de « modernité », une AI (intelligence artificielle) devait être capable de reconnaître le sujet.

C’est grâce au Wi-Fi que les deux compères communiquent, l’un devenant un écran haute définition et le second « un vrai » appareil photo. Une application dédiée (Android et IOS) permet de piloter l’appareil et de modifier tous les paramètres d’exposition, comme sur un appareil traditionnel. Le module permet la capture des fichiers RAW au format DNG.

L’appareil permet aussi de filmer et d’enregistrer jusqu’en 4K DCI, à 30i/seconde ou en full HD à 60i/secondes. Une griffe accessoires permet d’installer un micro externe, via une prise jack de 3,5mm.

Notons que le fait de communiquer via Wi-Fi leur permet de le faire à distance : le smartphone d’un côté, le module d’un autre, si besoin.

Voilà pour l’idée. La présentation fut reportée à plusieurs reprises, un satané virus étant passé par là et ayant entrainé son lot de retard dans la production des puces et autres produits électroniques nécessaires au fonctionnement d’Alice Camera.

Que penser de l’appareil ?

Premièrement, je m’interroge sur la débauche d’énergie pour la conception de ce module car, semble-t-il, les concepteurs de la chose ont la mémoire courte : en 2015, DxO (le producteur de programme de corrections photographiques) proposait le DxO One, un appareil qui se fixait aussi sur un smartphone (voir video ci-dessous). Il proposait un capteur CMOS BSI de 1 pouce avec 20, 2 Mpx (celui du Sony RX 100 Mark II). Son objectif était fixe, un 32mm ouvrant à f1,8.

En 2015 toujours, Olympus sortait le AIR A 01, avec un capteur CMOS de 16 Mpx au format 4/3 (celui du Pen E-PL7). Il acceptait tous les objectifs Micro 4/3 et se connectait aussi via Wi-Fi aux smartphones ou tablettes Android ou IOS. Des programmes ludiques ou utiles permettaient de le piloter comme un vrai appareil photo.

Et dès 2010, Sony proposait deux appareils, le QX10 et le QX100, ce dernier étant un RX100 Mk II, avec son capteur 1pouce de 20 Mpx et son zoom optique 3,6x ouvrant à f/1,8 au grand-angle. Pour l’anecdote, j’ai toujours chez moi deux QX10 que j’ai rarement utilisés.

Je ne parle pas des autres tentatives comme le projet Equinox (2013), ou de l’Axium Apertus (2014), du projet Ara (2014) qui n’ont pas forcément abouti.

Car que proposent ces différents essais ? Un module qui s’adapte aux smartphones Android ou IOS dont il exploite l’écran haute résolution et que l’on peut piloter via des applications natives ou open source. Certain poussent même le bouchon plus loin que d’autres car on peut monter sur le module des objectifs interchangeables.

Si vous vous souvenez, la promesse initiale était de proposer un bel écran et d’avoir un ensemble qui soit compact.

Source : Alice Camera. Compact qu’ils disaient ?

Honnêtement ? C’est raté !

La taille du module, quel qu’il soit, et à fortiori si on peut y monter des objectifs de toutes tailles, détruit de facto la notion de compacité. Seul peut-être le DxO One pourrait encore être considéré comme vraiment compact.

Ensuite, dans le cas d’Alice Camera, le choix d’une résolution de 11 Mpx est insuffisante pour prétendre rivaliser avec un appareil photo (d’ailleurs sur leur site vous ne trouverez pas la résolution du capteur).

Réfléchissons un instant et posons-nous les bonnes questions. A quoi bon tenter de recréer la qualité des anciens compacts numériques qui avaient eux tout ce que ces modules sont censés apporter ?

Un petit Nikon Coolpix S 2900 offrait 20,1 Mpx, un Sony Cyber-shot offrait 12,7Mpx mais possédait un viseur, un Canon Ixus 275 HS offre 20,2 Mpx et je ne cite pas la liste des Lumix.

Bref, au nom de l’excellence des smartphones qui savent tout faire et vous offrirait des appareils photos exceptionnels au prix fort, les constructeurs ont réduit comme peau de chagrin, quand ils n’ont pas cruellement supprimé, la gamme tous ces petits compacts excellents.

Mais des startup inspirées essayent encore de réinventer la roue …

Personnellement, je rêve de retrouver un compact de la taille d’un Ixus, voire un peu plus grand pour un meilleur écran, et avec un viseur, qui communique via Wi-Fi ou bleutooth si cela semble essentiel pour certains, avec une résolution d’au moins 20 Mpx et qui soit réglable au delà des « tout automatique », pour mieux gérer ses prises de vue.

Y aurait-il un constructeur qui me lise ?

Car, anecdote de brocante, j’ai récemment vendu plus de ces petits compacts à des jeunes qui veulent retrouver un « vrai » appareil photo dans leur poche, sans devoir casser leur tirelire et celles de leurs frères et sœurs, parents et autres généreux donateurs.

Il est là le marché aujourd’hui … n’en déplaisent aux influenceurs/ses qui devraient revenir sur le terrain !

Videos d’illustration.

Des références.

https://www.alice.camera/, https://www.dpreview.com/news/2627070870/alice-camera-the-ai-enhanced-micro-four-thirds-camera-ready-to-ship, https://www.olympus-global.com/technology/design/product/air_a01.html#!, https://www.dpreview.com/products/olympus/slrs/oly_air_a01 en anglais ; https://www.lesnumeriques.com/accessoire-photo/alice-camera-un-appareil-photo-micro-4-3-qui-se-greffe-sur-un-smartphone-n160327.html, https://phototrend.fr/2020/12/alice-camera-micro-4-3/, https://phototrend.fr/2024/06/alice-camera-enfin-disponible/, https://www.frandroid.com/produits-android/photo/773772_alice-camera-un-boitier-photo-micro-4-3-dote-dune-puce-ai, https://www.lesnumeriques.com/compact-bridge/sony-dsc-qx10-p17125/test.html, https://www.lesnumeriques.com/compact-bridge/sony-dsc-qx100-p17126/test.html, https://www.sony.be/fr/electronics/support/compact-cameras-dscqx-series/dsc-qx100/specifications, https://www.lesnumeriques.com/appareil-photo-numerique/olympus-air-a01-p24243/cp-2015-olympus-air-a01-smartlens-micro-4-3-a-hacker-meme-n39333.html, https://phototrend.fr/2015/06/dxo-one-un-appareil-photo-pour-liphone-et-un-pari-risque-pour-dxo/ en français

Les nouveautés en un lieu

Le Pentax 17, enfin là !

Préambule.

Ah celui-là on n’en finissait plus de l’attendre … de teasings en déclarations bien orchestrées, Ricoh – Pentax a su ménager le suspens de son nouvel argentique pendant plus de … deux ans.

Les videos de l’histoire.

Depuis 2022, Pentax nous tenait en haleine avec son « Pentax Film Project » dont voici les videos, distribuées avec parcimonie dans le temps.

Notons, pour les impatients chroniques, que depuis 24 ans Pentax n’avait plus commis un appareil argentique, cela relativise les choses.

Présentation du Pentax 17.

Bien. Sans doute – comme moi – espériez-vous un reflex ?

Ce sera un compact en demi-format, na !

Bon, pour ceux qui n’ont pas tout suivi, je reprends.

Si vous lisez le blog de l’Atelier de JP c’est que l’argentique vous titille, soit parce que vous avez envie d’y revenir, soit parce que vous voulez le découvrir.

De fait, quand on a essayé de l’enterrer sans tambours ni trompettes, beaucoup ont pensé, au tournant des années 2000 que la photographie argentique c’était bel et bien terminé, le numérique allait tout balayer sur son passage.

Mais voilà, la rigueur pointue du numérique, la froideur du binaire, le renouvellement accéléré des appareils et des gammes, l’angoissante perfection des images, les prix qui ne cessent de monter, … bref, tout cela a favorisé un retour certain à d’autres concepts et d’autres méthodes photographiques. Dont le retour à l’argentique.

Déjà les Fujifilm X100 avaient fait tressauter le tout photographique avec ses boitiers au look résolument néo-rétro que le public s’arrache. Même les plus grands s’y étaient ensuite lancés, comme Nikon (Zf et consorts), Leica avec sa gamme M, par exemple.

Tiens, Leica a aussi relancé un M argentique, le M6 en octobre 2022, si ma mémoire est bonne !

C’est un fait avéré, l’argentique n’est pas (encore) mort et c’est sans doute une bonne chose.

Mais à qui peut bien s’adresser ce vieux médium ?

Comme je l’écrivais plus haut, à ceux qui, comme votre serviteur, ont commencé la photographie dans les sels d’halogénure d’argent. Puis, même si cela peut paraître étonnant, à la génération « TikTok » qui trouve que le smartphone c’est bien mais ça ne répond pas à toutes leurs attentes.

Soyons clairs, ce retour à l’argentique concerne peu ou pas du tout les professionnels de la photo (sauf pour les travaux personnels et artistiques), il s’adresse essentiellement aux amateurs, parfois exigeants mais pour qui la photographie est un hobby.

Alors hormis Leica qui ne fait jamais rien comme les autres, un retour à des appareils « à films » se fait par le biais d’un appareil facile à utiliser et à comprendre.

D’où le choix de ce format du compact, comme dans les années nonante – deux-mille, mais avec un design plus rétro, à mi-chemin entre les anciens télémétriques et les autofocus des années quatre-vingt. Nostalgie, nostalgie … quand tu fais vendre !

Pentax a aussi tenu compte du prix des films actuels. C’est ce qui a, semble-t-il, motivé le choix du demi-format. Comme en leur temps les Olympus Pen F et déclinaisons, le Canon Demi, le Fuji Demi-format, le Ricoh Auto Half, etc., il propose de réaliser 48 ou 72 photos sur un film de respectivement 24 et 36 vues.

film 24×36 par rapport au demi-format 17×24

A cela s’ajoute la dimension ludique de construire de mini-histoires avec vos 2 demi-photos. Il faut juste être patient avant de terminer le film.

Une autre raison, pour les enfants élevés au Smartphone, l’appareil tenu horizontalement fera des photos … verticales, comme avec votre téléphone. Il faudra le mettre à la verticale pour les photos horizontales !

Voyons voir l’engin de plus près …

Source : Pentax

Un viseur au milieu, un levier d’armement, un réglage pour les programmes à côté du déclencheur, une bobine pour rembobiner, un correcteur d’exposition à côté, un sélecteur de sensibilité pour la cellule, un petit flash intégré et sur l’objectif, des réglages par zones.

Normalement de bons éléments pour maitriser son appareil.

Reprenons les points énumérés :

L’objectif est un fixe de 25mm basé sur celui du Pentax Espio Mini de 1994 (un triplet). Il a évidemment été mis à jour notamment pour le demi-format (il offre l’équivalent d’un 37mm en 24×36), avec un nouveau traitement multicouche pour améliorer le piqué et la luminosité. C’est un petit objectif « à tout faire », du portrait ou paysage en passant par la rue. Son ouverture varie de f3,5 à f16 mais ce n’est pas vous qui déciderez, les valeurs sont automatiquement définies par l’appareil en mode automatique.

Dans l’objectif, un obturateur électronique géré automatiquement. L’avantage de cette implémentation est double : d’abord pas de vibration lors du déclenchement et il sera très discret.

La mise au point se fait par zones sur l’objectif :

Source : Pentax

C’est un procédé ancien, qui a fait ses preuves : quasi tous les compacts non télémétriques des années septante et suivantes utilisaient ce système simple et efficace.

  • une fleur ou macro pour faire la mise au point de 0,24 à 0,26 mètres, cette zone est parfaite pour capturer des photos finement détaillées de petits objets, tels que des fleurs ou de petits objets, ou pour créer des images macro spectaculaires.
  • image de couverts ou photo de table pour régler la mise au point de 0,47 à 0,54 mètres. Cette zone est parfaite pour capturer des photos de table dans des endroits tels que des cafés et des restaurants.
  • un personnage pour régler la mise au point de 1,0 à 1,4 mètres. Cette zone est utile pour capturer des photos en gros plan d’amis ou de groupes.
  • groupe de 2 personnes pour régler la mise au point de 1,4 à 2,2 mètres, ce qui la rend pratique pour prendre des instantanés occasionnels d’effets personnels à une distance agréable à regarder.
  • un groupe de personnes pour régler la mise au point de 2,1 à 5,3 mètres, ce qui la rend utile pour la photographie à moyenne portée, comme les photos de groupe.
  • la montagne pour régler la mise au point de 5,1 mètres à l’infini, ce qui la rend idéale pour la photographie panoramique et la prise de vue longue distance.

Heureusement, dans le viseur, ils ont prévu un cadre avec correction de la parallaxe pour les mises au point rapprochées.

A côté du viseur, deux témoins lumineux intéressants : si vous avez oublié le capuchon sur l’objectif (si, si, ça arrive même aux meilleurs !), si votre film est mal accroché, si vous réglez par inadvertance la zone de mise au point sur macro ou table, ils clignoteront pour vous avertir de l’anomalie. Utile certainement.

Le réglage de la sensibilité fait appel à un bon vieux système : vous soulevez la molette et réglez selon la sensibilité du film, manuellement, de 50 à 3200 Iso. Doit-on regretter les Asa ?

En dessous de cette molette vous apercevez le réglage de la compensation d’exposition, de -2 à +2. Bien vu notamment en cas de contre-jour.

Les éléments, je trouve, naviguent constamment entre passé et modernité …

Par exemple, les 7 modes de prise de vue qui rappellent furieusement les compacts des années nonante.

1 – Mode entièrement automatique Le PENTAX 17 est doté d’un mécanisme de mise au point panoramique avec un point de mise au point fixe, tandis que le flash se décharge automatiquement dans les endroits mal éclairés. Ce mode permet de prendre des photos de manière plus décontractée et sans effort, sans se soucier du fonctionnement de l’appareil photo.2 – Mode standard. Ce mode vous permet de sélectionner la zone de mise au point souhaitée, tandis que l’appareil photo ajuste l’exposition au niveau approprié. Comme le flash ne se déclenche pas, ce mode est très utile en photographie de jour.  3 – Mode vitesse lente. Ce mode vous permet de sélectionner la zone de mise au point souhaitée sans décharge de flash, ce qui le rend idéal pour la photographie au crépuscule.   
4 – Ouverture maximale
mode prioritaire
. Ce mode vous permet de sélectionner la zone de mise au point souhaitée, sans déclenchement du flash. L’appareil photo définit automatiquement la plus grande ouverture disponible pour une scène donnée.
5 – Pose B. Ce mode vous permet de sélectionner la zone de mise au point souhaitée sans déclenchement du flash. Ceci s’avère pratique pour les sujets nécessitant des expositions prolongées, tels que des traces lumineuses ou des feux d’artifice. L’utilisation du câble interrupteur CS-205 (accessoire en option) et d’un trépied est recommandée lors de l’utilisation de ce mode.
6- Mode de synchronisation de la lumière du jour
Ce mode vous permet de sélectionner la zone de mise au point souhaitée, l’appareil photo sélectionnant les paramètres d’exposition optimaux. Étant donné que le flash se décharge, il est idéal pour les photographies prises à contre-jour ou dans des endroits mal éclairés.

7 – Mode de synchronisation à vitesse lente
Ce mode vous permet de sélectionner la zone de mise au point souhaitée, l’appareil photo déclenchant une décharge de flash. Ceci est utile dans les situations où vous souhaitez éclairer vivement un sujet au premier plan tout en conservant l’ambiance d’un paysage nocturne ou d’un crépuscule en arrière-plan.
Source : Pentax

La hantise des photographes amateurs était, semble-t-il, l’accrochage du film. Les fabricants se sont fendus de quelques inventions couvertes par brevets pour leur faciliter la vie. Chez Pentax, ils ont gardé ces bonnes habitudes : vous ouvrez le dos de l’appareil, vous déposez le film dans la chambre, vous tirez légèrement sur l’amorce du film pour l’amener au dessus d’une marque orange, armez/déclenchez une fois, puis vous refermez le dos et armez/déclenchez jusqu’à la première image (le compteur se remet à zéro à l’ouverture). Et quand votre pellicule sera terminée, comme avant, vous appuierez sur le petit bouton niché dans la semelle, sortirez la manivelle et commencerez à rembobiner jusqu’à sentir le film se détacher de la bobine réceptrice. Tout un doigté oublié …

Chez Pentax ils ont même poussé le bouchon plus loin : le cadre collé sur le dos vous permet, comme autrefois, de glisser un morceau de votre boite de film, en guise de mémo.

Une remarque que l’on pouvait faire, dans les années nonante, c’était le manque de tenue des compacts avec leur design souvent lise (Olympus Mju par exemple). Quelques uns avaient la bonne idée d’un petit bossage afin d’améliorer la tenue en mains mais au détriment alors de la compacité. Ici ils ont gardé cette astuce, qui contient aussi le compartiment à pile, une CR2.

Que penser de l’appareil .

Je pense que Pentax a soigné son nouvel appareil : son design est agréable, il semble bien fini avec une construction en alliage de magnésium aux reflets « champagne » et plastique. Les solutions retenues ne révolutionnent pas le boitier mais le rendent facile à utiliser (même sans mode d’emploi).

La solution du demi-format ravira les explorateurs de la chose photographique et ceux qui doivent faire attention à leur budget. Cependant, à l’époque, il était courant de trouver des films en 12 ou 24 vues, qu’il n’était pas trop long de terminer en devenant des 24 ou 48 images.

Mais 72 vues, que c’est long ! Et l’autre péril, c’est que d’aucuns auront tendance à déclencher, déclencher encore et encore, ne voyant pas la fin du film et retombant dans les travers du numérique. Plus aussi économique que ça dès lors …

Ensuite, ce qui m’ennuie c’est d’avoir sacrifié l’autofocus pour un vieux système de zone focus. C’est dommage car il le méritait bien.

Ça me gène moins d’avoir sacrifié le petit moteur qui animait les appareils des années quatre-vingt et nonante. Je trouve en effet que le levier d’armement à un charme fou, et puis il y a cette sensation lorsqu’on arme un appareil argentique : sentir la mécanique vivre sous ses doigts.

Bon, si je résume : Pentax nous offre un appareil sympa, bien fini, astucieux et simple d’utilisation.

Mais à 549€, prix de lancement, je ne comprends plus !

Dans les brocantes, les vides-greniers, les petites annonces, les bourses, vous trouverez des appareils de la fin des années nonante bien plus complets pour à peine 50€ maximum (comptez plutôt 20€ en général – voir la rubrique « et les autres »).

D’accord, nous sommes loin des 5000€ réclamé par Leica pour son M6 mais quand même, 549€ pour le Pentax 17, moi je dis non.

Video d’illustration.

Un peu de technique.

Voici les caractéristiques détaillées du Pentax 17 :

  • Format couvert : 17 x 24 mm
  • Pellicules acceptées : 35 mm
  • Vseur optique : viseur à cadre clair Albada, +/- 80 %, 0,38x
  • Autofocus : non.
  • Mise au point : manuelle avec 6 zones de mise au point
  • Mesure exposition : 1,5 à 16,5 IL
  • Obturation : de 4 sec à 1/350 s 
  • Optique : 25 mm f/3,5
  • Construction optique : 3 éléments en 3 groupes
  • Angle de champ : 61°
  • Réglage sensibilité ISA : de 50 à 3200 ASA
  • Synchro flash : oui
  • Flash intégré : oui
  • Connectivité : prise de déclencheur à distance (ø 2,5 mm)
  • Alimentation : 1 pile CR2
  • Tropicalisation : non mais résiste de – 10 à + 40 °C
  • Dimensions : 137 x 104 x 195 mm (L x H x P)
  • Poids : 535 g

Des références.

https://phototrend.fr/2024/06/pentax-17-compact-argentique-moderne/, https://benber.fr/pentax-17-face-argentiques-occasion/, https://phototrend.fr/2024/06/pentax-17-compact-argentique-moderne/, https://www.lesnumeriques.com/appareil-photo-numerique/pentax-lance-un-compact-argentique-qui-fait-des-photos-en-vertical-n223027.html, https://vivre-de-la-photo.fr/pentax-17-un-voyage-nostalgique-dans-le-monde-de-largentique/, https://global.techradar.com/fr-fr/cameras/pentax-17-la-societe-fait-revivre-lanalogique-avec-son-premier-appareil-photo-argentique-depuis-plus-de-20-ans, https://pentax.eu/fr/pages/pentax17-filmcamera_details, https://phototrend.fr/2024/03/pentax-film-project-appareil-photo-format-vertical/ en français ; https://www.ricoh-imaging.co.jp/english/pentax/filmproject/, en anglais