Argentique

Le Nikon FG : un moyen de gamme vintage de grande qualité

Préambule.

De passage dans l’Emaüs de Ghlin, je m’étonnais auprès du personnel à la caisse qu’il n’y ait pas de nouveaux appareils photo à se mettre sous la dent (il était 13h00 et je n’avais pas encore diné/déjeuné pour nos amis français).

Ah mais si, me répond une des dames, j’ai vu un sac beige avec deux appareils dedans, il doit être ici. Ce disant en le cherchant, elle le trouve et me le tend.

Un gros sac en tissus comme dans les années septante, avec des poches devant, un bon vieux Tenba Equal en bon état et … propre. C’est déjà un bon indice pour ce qui devrait se trouver dedans. J’ouvre et je découvre deux Nikon : un FG qui fait l’objet de cet article et un FA noir avec son moteur, un flash et un autre objectif !

Cruel dilemme : je suis dans un endroit destiné à aider de plus démunis et en même temps je n’ai pas envie de payer trop cher et je ne sais pas encore si tout ça fonctionne, le FA étant bloqué, sans doute à cause du moteur monté dessus et sans piles. Proposition honnête et accord de la dame, j’emporte le tout à la maison.

Je vais pouvoir tester tout ça, flash compris, pour vous proposer deux articles au sujet de cette belle trouvaille.

Un peu d’histoire.

Je ne reviendrai pas sur l’histoire de la marque, déjà présentée dans les articles qui concernent les Nikon sur le site.

Juste revenir sur un point important au sujet de la manière dont les ingénieurs de Nikon considèrent leurs bébés : ils doivent être parfaits et répondre aux mieux aux besoins des usagers, surtout professionnels ou amateurs exigeants.

L’exemple le plus frappant est la mise au point et le développement du Nikon F, qui est comme le début de la légende.

Si chez Nikon on voulait choyer les photographes professionnels, ils se sont vite aperçu que les nombreux autres photographes attendaient aussi des solutions de confiance, abordables. C’est ainsi qu’est né le Nikkorex, pourtant particulier car fabriqué par Mamya pour Nikon. Puis sont venus les Nikkormat, appareils de milieu de gamme aussi sérieusement construits que les F et qui sont bien souvent devenus les seconds boitiers des professionnels.

En résumant, nous pouvons déterminer 3 grandes familles : les appareils professionnels, descendants du F et désigné par cette lettre ; les appareils destinés aux amateurs éclairés, les successeurs du Nikkormat qui redevient Nikon en 1976 pour éviter la dispersion des désignations et représentent le milieu de gamme ; les appareils destinés à un usage familial ou amateur, descendants lointains du Nikkorex des années soixante. Voyez le tableau ci dessous (merci Wikipédia).

Vous constaterez qu’il faudra attendre 14 ans pour que le Nikkorex ait un descendant destiné aux amateurs, le Nikon EM (1979), qui sera remplacé dès 1981 par celui qui nous occupe aujourd’hui.

Présentation du Nikon FG.

Ce FG ne sera pas produit très longtemps non plus, de 1981 à 1984 seulement. Plus cher que le EM qu’il remplaçait, il ne correspondait pas vraiment à la cible des amateurs. Il était de qualité, cela ne fait aucun doute mais les clients ne voulaient pas dépasser le budget de l’ancien EM. Nikon sorti donc ensuite un FG 20 et un F-301plus moderne et qui quittait le design des anciens Nikon pour se rapprocher des nouveaux standards du Canon Eos et du Minolta. L’autofocus était dans l’air du temps et n’allait pas tarder à pointer le bout de son nez (1985).

Techniquement, il propose 3 modes d’exposition : un mode programme (automatique) un mode priorité à l’ouverture et un à la vitesse. Une position spéciale permet de travailler avec l’appareil même en l’absence de pile, le 1/90s, noté M90 (c’est une vitesse mécanique de secours). C’est le tout premier appareil chez Nikon a proposer un mode automatique.

Mais le point essentiel pour les Nikkonistes, c’est qu’il accepte la monture F de ses grands frères. Seules les optiques non Ai et celles de la série G ne sont pas compatibles avec le FG.

les objectifs prévus pour le Nikon FG lors de sa mise sur le marché.

Revenons un instant sur les point importants : c’est un appareil assez compact, bien plus qu’un Nikkormat ou un F2. Il est de fait plus léger et maniable (490gr nu). Pourtant il est construit majoritairement en métal (alliage à base d’aluminium) et polycarbonate. C’est du solide.

Tout un ensemble d’accessoires ont été prévu, comme les moteurs MD et MD 14 ou les flashes SB-E, SB-14 et SB-15 qui travaillent en TTL (mesure de la lumière à travers l’objectif). La vitesse de synchro flash est le 1/90s.

Ensuite, outre ses commodités liées aux automatismes, il propose un obturateur métallique à déplacement vertical qui offre des vitesses de 1s à 1/1000s, avec un mode B pour les longues expositions, et la vitesse mécanique du 1/90s. Il garde aussi la possibilité de tout contrôler manuellement en débrayant les automatismes.

Comme le Canon AE-1, c’est un appareil avec contrôle automatique de l’exposition à priorité ouverture. Vous définissez l’ouverture souhaitée et les automatismes ajustent la vitesse d’obturation pour garantir une exposition correcte. Une aide précieuse pour les sujets en mouvement ou pour les conditions de lumières difficiles.

L’autre atout majeur du Nikon FG c’est son système de mesure de la lumière à travers l’objectif (TTL). Cette technique autorise aussi une bonne analyse de la lumière entrant dans le boitier, garantissant ainsi des images précises et correctement exposées. Il prend en compte la luminosité de la scène et ajuste l’exposition en conséquence. Pour la petite histoire, cette matrice de mesure de la lumière avait été inaugurée sur le F3 !

Un retardateur, positionné sur la face avant, offre un répit de 10 secondes à qui veut se trouver aussi sur la photo. Il est facile à mettre en œuvre, sans devoir passer par des menus et sous-menus.

Tout cela se règle du bout des doigts avec une large molette des vitesses, sous le levier d’armement et le déclencheur.

La sensibilité de la cellule va de 25 à 3200Asa, que l’on peut pousser à 6400Asa si vous utilisez la correction d’exposition, située elle sur la molette de gauche.

La mesure de la lumière est une mesure à pondération centrale, avec un capteur photodiode au silicium (SPD). Vous pouvez voir le bord extérieur de la zone dans le viseur, c’est un mince cercle noir. La méthode de mesure utilisée (arrêt instantané) sera reconduite jusqu’au Nikon F-501, même si elle n’est pas exempte de défaut, comme celui d’un temps assez long pour la mesure une fois le déclencheur enfoncé à mis course.

En effet, le miroir est complétement arrêté avant que la lecture de la lumière soit prise, et puis le miroir bascule et l’exposition proprement dite peut commencer. C’est, in fine, la technique utilisée dans le F3, professionnel

N’oublions pas le bouton AE, qui permet la compensation en contre-jour. Ce bouton vous permettra de surexposer l’image de deux arrêts. Cela est utile lorsque le sujet est éclairé par une fenêtre ou le soleil.

Petit plus moderne : un signal sonore (que l’on peut débrayer) vous indique si la vitesse choisie n’est pas trop base, vous évitant ainsi les flous de bougé intempestifs.

Que penser de l’appareil ?

Nikon peut bien le considérer comme un appareil destiné aux amateurs, il ne lui manque rien et il est superbement construit. En fait, il a le nécessaire sans s’encombrer du superflu !

Il est très agréable à prendre en mains, même si nous sommes encore loin de l’ergonomie des appareils des années nonante, mais toutes les commandes tombent bien sous les doigts.

Hormis deux piles LR44, il ne demande rien de spécial. Je ne m’attarde pas sur les manipulations, vous allez les découvrir dans la vidéo ci-dessous, c’est du classique (soit dit en passant, on voit que le créateur de celle-ci n’est pas un grand habitué des appareil argentiques).

Personnellement je trouve que c’est un appareil qui mérite soit un bon 50mm, soit un bon 35mm. Je le vois très bien en photo de rue ou en classique photos de voyage.

Le revers de la médaille, celle du très bon, c’est celui du prix : difficile d’en trouver sous la barre des 80€ s’ils sont en bon état et avec au moins un 50mm. Mais comme on dit, quand on aime, on compte moins …

C’est un appareil bien né, solide, dans la tradition d’excellence de Nikon, facile à utiliser et fiable. De quoi bien commencer dans le monde de l’argentique si vous êtres allergique aux appareils des années ’90.

Et je souris car je viens d’acquérir un Nikon Z fc, finalement assez proche, si ce n’est que chez Nikon ils ont oublié la petite poignée de maintient facultative qui existait pourtant bien sur le FG et rendait son port encore plus confortable, sans gros encombrement.

Vidéo d’illustration.

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon_FG, https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon, https://benber.fr/presentation-nikon-fg/, https://focalcrafters.com/fr/appareil-photo-nikon-fg/, http://declic87.free.fr/Docu_PDF/Nikkorex.pdf en français ; https://imaging.nikon.com/imaging/information/chronicle/cousins12-e/, https://camera-wiki.org/wiki/Nikon_FG, https://www.outsidetheshot.com/nikon-fg/, https://casualphotophile.com/2016/08/10/nikon-fg-camera-review/ en anglais ; https://kameramuseum.de/objekte/nikon-fg/, en allemand

Argentique

Le Fujica Compact 35 : un compact argentique étonnant

Préambule.

Voici le second appareil acheté dans la nuit de la Grande Réderie d’Amiens (avril 2025). Pourtant j’ai hésité car je ne pouvais pas vérifier la cellule, dans le noir, et parce qu’il était dans une grande caisse de comparses d’infortune.

Mais comme je n’ai pas écris beaucoup d’article sur ce type d’appareil dans la marque, je ne suis dit et pourquoi pas, faut juste bien négocier le prix. Ce que je fis. Voilà donc le second appareil dans le sac à dos.

Un peu d’histoire.

Si j’ai pas mal écris sur les reflex Fuji et les tous petits appareils au format 110, l’appareil qui me semble le plus proche par la forme de celui-ci est le Fujica Half, un étonnant demi-format des années soixante.

Mais commençons par le début …

Le nom de la société vient du mont Fuji, le plus haut mont du Japon ( 3776m), car l’entreprise a vu le jour, en 1934, à ses pieds

Fujifilm, dès le lancement de l’entreprise, produit du film tant pour le cinéma que pour la photographie, mais aussi des films spéciaux, comme pour la radiographie. C’est en 1948 qu’apparaissent les premiers films couleur, presque en même temps que se développent la fabrication d’objectifs et d’appareils photos, sous le nom de Fujica.

De nos jours, Imaging Solutions reste la partie la plus connue de l’entreprise. Elle produit toujours des films photographiques et du papier alors que ses grands concurrents historiques, Agfa et Kodak ont jeté l’éponge, parfois définitivement. S’y ajoute encore la production de livres photos et la technologie d’impression directe avec des bornes situées dans les magasins, ainsi que des appareils destinés au tirage professionnel dans les labos, en plus des scanneurs pro.

Voilà, rapidement, ce qui concerne les films, au sens large (car Fujifilm a aussi produit des films pour la vidéo privée 8mm, Single 8 et consorts) ainsi que des bandes magnétiques pour l’enregistrement (depuis 1950).

Une autre partie connue de ses activités, c’est celle de l’optique. Dès 1938 Fuji met en place une fonderie de verre optique à Odowara. La volonté de la marque était de produire des objectifs haut de gamme. Rien n’était trop beau pour y parvenir, comme l’utilisation de creuset en platine ! Fuji Photo Optical Co Ltd voit le jour en 1944 ; ainsi commence la production des Fujinon, aux qualités reconnues.

Par exemple, en monture Leica, Fujinon propose son premier objectif à monture vissante, le Cristar 50 mm ouvrant à f2 (1949), en même temps qu’un 35mm f3,5 et un Summitar 50mm ouvrant à f2. Puis, en 1954 il y aura le Fujinon Speed Trio avec le 35mm f2, le 50mm f1,2 et le 100mm f2. Le Fujinon 50mm f1,2 sera également construit en monture Nikon. C’est un excellent objectif, peut-être pas assez connu des amateurs.

Fujinon sera encore le précurseur pour le traitement des lentilles. Ils seront les premiers dans le domaine du revêtement par faisceau d’électrons (EBC). Cette méthode était la plus précise et la plus performante des techniques, aussi par les matériaux employés : Fujinon utilisait jusqu’à quatorze couches de revêtements contenant, notamment, de l’oxyde de zirconium et du fluorure de cérium.

L’EBC Fujinon 50mm f3,5 macro fut le premier objectif à bénéficier de ces traitements (1972). La légende dit que ces lentilles avaient une transmission de la lumière de 99,8% !

Enfin, en ce qui concerne les appareils photo, le premier Fujifilm sera le Fujica Six, un folding (pliant). Il sera produit de 1948 à 1953.

Dans les années soixante, Fujica lance deux appareils à visée télémétrique innovants : le Fujica 35-EE qui est le premier appareil au monde à proposer trois modes d’exposition (1961) puis le V2, un autre compact avec un objectif de 45mm qui propose une cellule au CdS couplée et capable d’offrir une vitesse maximale de 1/1000s (1964).

Toujours en 24×36 à visée télémétrique couplée, mais un peu plus tard (1998), Fujica lance le TX-1 à objectif interchangeable. Ça ne vous dit rien ? Et si j’écris XPan, c’est plus parlant ?

En effet, cet appareil est une collaboration entre Fujifilm et Hasselblad. C’est un appareil panoramique qui connu un grand succès, lui aussi, et qui sera suivi en 2003 d’un XT-2 (ou d’un XPan 2).

Suivront les années septante et la montée en puissance des reflex. Fujica présente alors le Fujica ST70, un reflex avec une monture vissante de 42mm, entièrement manuel et qui était équipé d’un lumineux Fujinon de 50mm ouvrant à f1,8. Ce sera un grand succès commercial, notamment parce qu’il était équipé d’une cellule couplée au silicium.

Pour en terminer avec les appareils fameux de la marque, il convient d’écrire un mot sur le moyen format. Dès la fin des années soixante et jusqu’au mitan des années septante, le Fujica G690 offrait un moyen format télémétrique à objectifs interchangeables. Fuji, qui a toujours été à l’écoute de ses clients, a créé cet appareil pour répondre aux besoins de photographes professionnels qui voulaient un appareil facile à utiliser, pas trop encombrant mais d’un format plus grand que le 24×36.

Le G690 (1968) est donc un 6x9cm qui ressemble à un Leica M3 mais avec un gros objectif.

Puis, plus tard, le Fuji GX 680 (1986 – 2010) sera un 6x6cm prévu surtout pour le studio, qui utilise soit le 120, soit le 220.

Toujours en collaboration avec Hasselblad, Fujifilm sort le GX645AF, un moyen format qui sortira aussi sous le nom de H1chez Hasselblad. Ils auront les mêmes accessoires et fonctions l’un et l’autre.

Quant à parler de collaborations, c’est avec Cosina cette fois que Fujifilm sort le GF670 (2008), un 6x6cm ou 6x7cm qui s’appelle encore Voigtländer Bessa 3. C’est d’ailleurs amusant de constater qu’il s’agit ici d’un appareil pliant, comme un certain … Fujica Six !

Fujifilm reste de nos jours dans la course, avec une gamme de télémétrique, de reflex et de moyens format numériques d’excellente réputation.

Présentation du Fujica Compact 35.

Ce petit compact date de 1967. Même s’il et considéré comme un petit automatique grand public, il est sérieusement construit et son aspect est qualitatif.

Tout d’abord, ce n’est pas un télémétrique. Vous réglez la distance avec les distances gravées sur le fût, en mètres ou en pieds. Mais dans le viseur, les distances sont reportées par quatre pictogrammes. Vous pouvez donc choisir les deux méthodes pour viser votre sujet au plus juste.

Et puisque nous en sommes à écrire sur le viseur, précisons encore qu’il est large, bien clair, collimaté pour le cadre, avec correction de la parallaxe et en sus, sur la gauche, vous verrez une échelle des ouvertures choisies par l’appareil lorsque vous êtes en position automatique.

Car ce petit appareil contient une cellule couplée, hélas au sélénium (celle de mon exemplaire fonctionne toujours) même si ce type de cellule vous dispense de piles. Si la luminosité est trop faible, elle interdit le déclenchement en position automatique. Il faut alors passer en manuel pour régler l’ouverture et la vitesse.

La cellule se règle grâce à un bouton à l’arrière de l’appareil.

L’obturateur est central, qui donnent des vitesses de 1/30s à 1/250s. Sa position centrale autorise la synchronisation du flash à toutes les vitesses. Le flash se pose sur la griffe dite froide et doit être raccordé avec une prise PC, en façade.

Donc, sur le fût de l’objectif, vous avez, au dessus, la bague pour les ouvertures, et en dessous, une petite fenêtre pour régler la vitesse, de la pose B aux vitesses citées plus haut, en passant par la position pour la synchro flash (en rouge).

Pour armer, c’est comme d’habitude, avec un petit levier en métal. Le déclencheur, fileté pour recevoir un câble, est doux et le déclenchement assez discret. Un petit appareil pour la street photo sans trop d’efforts.

Ne cherchez pas le compteur de vue au dessus, il est sur la semelle, dans une fenêtre en arc de cercle et il se réinitialise automatiquement à l’ouverture du dos. Celui-ci s’ouvre grâce à un verrou sur la tranche gauche de l’appareil. Monté sur charnière, il découvre la chambre.

La manivelle de rembobinage est elle sur le capot mais ne tirez donc pas dessus comme un forcené, ce n’est pas elle qui ouvre l’appareil. Le petit bouton de débrayage pour rembobiner le film est sur la semelle.

Encore un mot sur l’objectif, un beau Fujinon de 38mm ouvrant à f2,8 jusque f22. Comme je l’indiquais plus haut, les objectifs Fujinon ont bonne réputation en général.

Que penser de l’appareil ?

Franchement, je l’aime bien : il est mignon, assez compact même s’il ne rentre pas dans une poche mais plutôt un petit sac (j’ai d’ailleurs celui d’origine, en cuir) ou un petit sac photo.

Il est agréable à tenir en mains et facile à régler. Toutes les indications sont bien visibles, ce qui est rare pour ce type d’appareil. Enfin, il permet de travailler en manuel et en automatique, ce qui n’est pas courant non plus pour les petits compacts de cette époque.

Sans être vraiment rare, il n’est pas très courant et c’est tant mieux. Point de vue budget, compter au maximum 50€ pour un bel exemplaire complet et dont la cellule fonctionne toujours. Un bel investissement pour qui veut voyager léger et en bonne compagnie !

Vidéo d’illustration.

Grâce à Collection-appareils, voici le lien vers le mode d’emploi.

Des références.

http://camera-wiki.org/wiki/Fujica_Compact_35, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Fujica_Compact_35, https://kamerastore.com/products/fujica-compact-35, https://www.photo.net/forums/topic/319201-fujica-compact-35ever-use-one/, https://r-kobus.eu/fujica-compact-35-en/, en anglais ; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1636-Fujica_Compact%2035.html, https://parlonsargentique.com/fujica-compact-35-fiche-technique-avis/, https://fuji.ch/fr/story/fujifilm-heritage-une-retrospective-de-lhistoire-de-90-ans-de-fujifilm/, en français.

Argentique

Le Minolta Autopak 450E : le charme du 110 vintage

Préambule.

Oui, j’avoue, je suis parfois un peu distrait, mais vous allez comprendre …

Comme d’habitude, promenade sur une belle brocante, pas très riche en appareils photo toutefois. Mais il fait beau et l’endroit est joli.

Au détour d’un stand, je découvre toutefois un vieil Agfa folding qui a bien souffert, et à côté, un parapluie de poche. A défaut de l’Agfa, je regarde le petit sac rectangulaire de ce que je pensais être un accessoire utile en Belgique et je découvre … un appareil au format 110, un Minolta impeccable.

Petite négociation rapide, et hop, dans le sac à dos.

Quand je pense que j’aurais pu passer à côté !

Un peu d’histoire.

Vous le savez, j’ai une tendresse particulière pour les Minolta, une marque souvent en avance sur ses concurrents mais qui n’a jamais su conquérir le cœur des professionnels. Elle fut très active chez les particuliers, leur proposant souvent des appareils de qualité, facile à utiliser et offrant un excellent rendu.

Pour mémoire, c’est Minolta qui proposa le premier reflex autofocus en 1985, le Minolta 7000 AF et c’est encore eux qui ont proposé le premier reflex mécanique à atteindre le 1/12000s (Minolta Dynax 9, boitier professionnel – 1998).

Bref, ils ont innové et produit d’excellentes machines à faire des photos, dans tous les formats, du 24×36, au 6×6 en passant par le 110.

Le format 110 est un format qui eut son heure de gloire dans les années septante et quatre-vingt. Tous ceux qui ont plus de 40 ans ont pu recevoir un appareil dans ce format, pour un anniversaire, une communion, un cadeau de fête.

Pour les plus jeunes, Lomography a relancé des modèles de ces appareils il y a deux ans maintenant et, surtout, ils sont presque les seuls à produire les cartouches pour ce film atypique.

Donc, pour les d’jeunes, un peu d’histoire : en 1972, soit 10 ans après avoir introduit la cartouche 126, Kodak lance le format 110. Le principe reste le même : un film est placé dans une cartouche fermée qu’il suffit de glisser dans l’appareil ad hoc. Ce qui simplifie à l’extrême une hantise vieille comme la bobine 24×36, à savoir comment bien placer son film dans l’appareil.

Blague à part, cette révolution a permis à Kodak et à ceux qui l’ont suivi de vendre des camions d’appareils photos, simples à utiliser mais pas (toujours) dénués de fonctions intéressantes (cellule, automatisme).

Ce petit container renfermait un film de 13x17mm avec une seule perforation. La contenance évoluait de 12 à 20 – 24 – 36 photos.

Petites particularités : la taille du film est environ la moitié d’un film 24×36. Le film est entouré d’un papier support (comme les bobines de 120) qui porte des indications pour le début et la fin des images, ainsi que des numéros car ils servent de compteur de vues. Il n’y a souvent qu’une perforation pour faire avancer le film dans l’appareil. Enfin, le film est généralement pré-exposé pour y faire figurer des numéros des images et des lignes utiles pour les labo. Une fois développé, on vous renvoie le film en bande, comme le 24×36 ou le 126 avant. En fin de film, pas besoin de rembobiner, la seconde partie de la cartouche étant le réceptacle final des images. Facile on a dit …

Source : the Darkroom

Kodak a fait un tabac avec ses Pocket Instamatic (plus de 60 millions d’Instamatic Poket vendu entre 1972 et 1984), suivi ensuite par Agfa et ses Pocket Sensor, puis d’autres marques telles que Canon, Minolta, Fuji, Rollei, … pour n’en citer que quelques unes. A un moment ou un autre, ils s’y sont tous mis à fabriquer des appareils de poche.

Après la faillite de Kodak (1985), Fujifilm a pris le relais de la fabrication du 110, pour jeter l’éponge en 2009. C’est finalement en 2012 que Lomography relance la fabrication du film, en couleur, N/B et en versions avec des rendus spéciaux.

Les millions d’appareils produits sont de qualité très inégales : les produits de base ou d’entrée de gamme sont assez affligeant mais certaines marques ont réussi à produire de petites merveilles, comme le Rollei A110, le Canon 110 ED, les Fujica Pocket 400, Pocket 450 Flash , le Pentax Auto 110 (le plus petit réflex du monde), le Minolta qui nous préoccupe, et j’en passe.

Il faut savoir que la taille du film et sa conception ne donne pas une qualité excellente aux images. Si vous ajoutez à ces défauts une optique et une mécanique médiocre, je pense que vous avez compris.

Mais encore une fois, certains fabricants sont parvenus à des résultats étonnant.

Au delà de ces aspects que relèvent les photographes un peu tatillons, le format doit son succès à la taille réduite des appareils qui l’utilisent, à sa simplicité de mise en œuvre, à sa relative qualité en tirage de petites tailles, à la qualité de certains boitiers

Une petite idée des films classiques :

Pour en revenir à notre Minolta Autopak 450E proprement dit, il faut savoir que la marque a déjà lancé par le passé des appareils miniatures et fonctionnels, notamment le Minolta 16 II (1960), qui ne cessera d’évoluer et deviendra même le standard des appareils à film 16mm (voir aussi les articles sur le MG 16 et le 16 – MG S).

Ce format, repris par d’autres aussi, a finalement cédé le pas devant le nouveau standard de la machine Kodak, le 110. Ils sont de fait très proches en taille, à partir du 16 – MG S, qui propose des images de 12x17mm (contre 10x14mm auparavant) grâce à la modification des derniers films en 16mm, à qui on a supprimé les perforations en haut et en bas, pour n’en garder qu’une seule comme le … format 110.

La grande différence entre ces deux standards tient à la qualité des images produites : dans le premier cas, il s’agit d’un film se déroulant d’une bobine à l’autre dans une cassette réduite à sa plus simple expression car le boitier qui l’accueille est fait de telle sorte que le film est bien plan. Sans distorsion de la pellicule, le résultat est meilleur et dès lors, les appareils prévus pour ces films étaient généralement équipé de bonnes optiques. Toutefois, ne nous leurrons pas, les agrandissements restaient limités si on voulait garder une qualité acceptable. Dans le second cas, celui du 110, la cassette est plus grande mais assure une moins bonne planéité à la pellicule car celle-ci est enfermée dans le plastique et ce dernier ne tend pas assez le film. Des marques comme Rollei ont essayé de trouver des solutions pour endiguer le problème mais sans jamais vraiment y parvenir. Soyons bien clair à ce sujet : Kodak a sorti le format 110 à la suite du 126, destiné déjà à une clientèle qui voulait avant tout des appareils faciles, sans (trop de) réglages et qui pouvait se contenter de photos souvenirs où la qualité n’était pas primordiale. Notons encore que la qualité des cassettes 110 étaient meilleures que celles des 126.

Jusqu’au Minolta 16 QT de 1972, la marque à résisté mais en 1974, elle sortira son premier appareil à cassette 110, le Minolta Autopak 50.

Ensuite, en 1976, Minolta sort un APNI (appareil photo non identifié), le 110 Zoom, premier reflex pour film 110 avec zoom 25 – 50 intégré.

1977, et voici notre Minolta Autopak 450E, avec flash intégré, ce qui le rend plus long que son prédécesseur, l’Autopak 50.

En 1980, la firme nous sort un sous-marin … jaune, le Weathermatic 110, que l’on verra souvent trainer sur les plages et dans les petit bateaux de plaisance. ce sera le dernier opus de la marque dans ce format, déjà en perte de vitesse.

Je ne vais pas les citer tous, mais il y eut aussi un Autopak 70, sans flash intégré mais avec réglage des distances et obturateur électronique (1973), un Autopak 401, un 430EX avec flash intégré et obturateur électronique, un 470 auquel on pouvait adjoindre un flash dédié, un 450EX, un 460 TX (flash électronique, télé-zoom intégré, obturateur électronique).

Pour une liste plus exhaustive, je vous invite à découvrir le super site de 110 cameras (en anglais), qui est une mine d’informations incontournables sur ces petits appareils (il donne même envie de devenir collectionneur, le bougre !).

Présentation du Minolta Autopak 450E.

Premier constat, il est assez imposant pour un appareil en 110. Sans doute parce que le flash est intégré, ce qui allonge d’autant le corps de l’appareil mais est gage d’une meilleure qualité que les flashs cube classique. Ensuite s’il est généralement en plastique, il est aussi garni de belles pièces métalliques qui lui assurent une belle prestance et un petit côté chic. Sa taille lui confère une bonne prise en mains.

Second constat, par rapport aux Kodak et Agfa non motorisés, il n’est pas nécessaire de faire glisser la moitié de l’appareil pour réarmer, un petit mouvement sur le curseur en dessous suffit. C’est aussi plus confortable si on doit faire plusieurs photos les unes à la suite des autres car on peut manœuvrer ce curseur sans quitter le viseur des yeux.

Ensuite, nous pouvons nous arrêter encore sur la partie objectif, c’est un Rokkor de 26mm ouvrant à f3,5, fabriqué en quatre éléments en trois groupes. La mise au point minimale est de 90cm jusque l’infini en cinq zones de mises au point, repérées par des pictogrammes, visibles dans le viseur. Un objectif macro permet de descendre à environ 45cm grâce au glissement d’une lentille devant l’objectif. Et, petit détail utile, cette mesure correspond à la longueur de la lanière de transport (un peu comme les Minox et leurs chaines de mesure). En position objectif fermé, il est impossible de déclencher.

Quant à l’exposition, elle se définit grâce à trois réglages : soleil (f11), nuage (f22) et flash. Une LED rouge vous indique si la lumière est trop faible. Les réglages s’effectuent avec un curseur orange sur le dessus de l’appareil, à côté de celui pour le réglage de la distance.

Le flash intégré a une portée d’environ 3,5m pour un film de 80 à 100 Asa et d’environ 6m pour une sensibilité de 250 à 400 Asa. Lorsque vous êtes en position flash, l’ouverture est liée à la mise au point.

Un mot encore sur le viseur, très clair malgré la taille du boitier et qui dispose de quelques informations bien utiles : cadre de mise au point, correction de la parallaxe, indication par une LED rouge d’une insuffisance de lumière, les réglages de la mise au point sont visibles (pictogrammes).

La vitesse d’obturation, fixée au 1/200s est fixe.

Enfin, pour alimenter le boitier, une simple pile AA suffit.

Que penser de cet appareil ?

Pour un prix très bas (20€ maximum avec sa gaine et sa dragonne) vous aurez la chance d’avoir un appareil d’excellente qualité avec une optique reconnue, la possibilité de faire de gros plans, des informations utiles dans le viseur, un flash intégré, un obturateur qui n’est pas lié à la batterie et fonctionne donc toujours.

Qui plus est, il est bien fabriqué et solide.

Par contre, on pourrait lui reprocher qu’il n’y ait que deux paramètres d’exposition, hormis le flash en sus. Flash qui met beaucoup de temps à se charger d’ailleurs.

Ceci étant, quand je vois le prix pratiqué par Lomography pour ses nouveaux appareils 110, je me dis forcément qu’il y a là de bonnes affaires à faire !

Soyons de bons comptes : si je me moque des prix pratiqués par Lomography, il faut les remercier d’encore favoriser la diffusion de ce format et pour la fabrication des films, y compris dans des variantes exotiques qui en raviront certain(e)s.

Si je devais résumer en quelques mots, j’insisterais sur le fait que ces appareils ont toujours un public et un intérêt. N’achetez pas les bas de gammes, ni les marques exotiques et prenez le temps de choisir parmi les meilleurs de ces boitiers, comme celui-ci, le Canon 110ED, le Fujica Poket 400, l’Agfa 6008, par exemple.

Et amusez-vous bien !

Pour vous donner une idée des images délivrées par cet appareil, allez voir ICI.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Type: Caméra de poche pour cassettes de film 110 (image de 13x17mm)
Fabricant: Minolta
Année de sortie : 1977
Objectif: Rokkor 26 mm f3,5 (4 éléments en 3 groupes), objectif gros plan intégré déplaçable sur l’objectif
Focus: manuel à l’aide de symboles
Vitesse : vitesse 1/200 secondes.
Indicateur : contrôle manuel, f 3,5 (soleil) ou f11 (nuageux) en mode normal ou selon la distance en mode flash
Viseur: cadre avec trame lumineuse et avec compensation de parallaxe,
LED – Indicateur d’avertissement pour trop peu de lumière et affichage de distance sélectionné
Flash : intégré, jusqu’à 5,30 m à 100 ASA
Dimensions: 162 × 59 × 28 mm
Poids: 235 g.

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Format_110, https://meemoria.fr/blog/l-histoire-des-negatifs-110-n46, https://boxargentique.fr/le-format-110-en-argentique-lomo-tiger-canon-110ed/, https://www.suaudeau.eu/memo/histoire/histoire_minolta/Histoire_de_Minolta.html en français : https://collectiblend.com/forum/viewtopic.php?t=2513, https://lightindarknessphotography.wordpress.com/2019/11/19/minolta-autopak-450e/, https://medium.com/pforppp/vintage-110-camera-22bff9921a0, https://thedarkroom.com/film-formats/110-film/, https://www.fredmiranda.com/forum/topic/1884671/0 en anglais ; https://www.photo-foto.eu/minolta/minolta-pocket-autopak-450e/, en allemand

Argentique

Le FEX Ultra Reflex version 13 : ou comment la publicité vintage nous vend un appareil simple

Préambule.

Mais que ne ferais-je pour nous trouver des appareils différents ? Ainsi, nous sommes à Amiens en début d’après-midi ce samedi 12 avril, car demain, ce sera la Grande Réderie.

Un petit tour de la Ville, repérage d’une aire pour passer la nuit dans le camping-car (camping de l’étang du Cygne) puis d’un restaurant pour le souper (pardon, le diner pour nos amis français).

Après avoir copieusement mangé (le Nord est généreux même dans les assiettes), nous décidons de faire quelques pas, le temps de retrouver le CC garé un peu en dehors du centre-ville.

Et quelle n’est pas notre surprise de voir des brocanteurs commencer à s’installer un peu partout. Mais ça ne commence que le 13, non ? Oui, certes, mais les brocanteurs peuvent s’installer dès les 18h00 et qui dit déballer dit vendre.

Bref, demi-tour, nous partons déjà en chasse et commençons écumer les échoppes alors que le soleil décline.

Et déjà le sac à dos s’emplit de quelques pépites que vous découvrirez au fur et à mesure.

Mais il est déjà 22h30 et nous avions prévu de nous lever vers 3h00 pour quitter le camping et rejoindre la Réderie. La nuit sera très courte … quoique le mauvais temps s’est invité à la fête et il a plu jusque 5h00 du matin, nous offrant ainsi 2 petites heures de sommeil en plus.

Un peu d’histoire.

Si vous vous en souvenez, c’est une marque que j’ai déjà évoquée sur le site, notamment avec le FEX Elite et l’Ultra FEX.

Je vous ferez donc grâce de l’histoire de la marque, que vous retrouverez dans lesdits articles.

Juste vous rappeler ce que j’écrivais déjà à l’époque, à savoir que la marque était dans les championnes pour le recyclage et la réutilisation de modèles plus anciens que l’on présente comme nouveaux à coup d’arguments publicitaires vantant des améliorations qui sont autant de cache-misère.

Mais vous allez comprendre …

Présentation du FEX Ultra Reflex version 13.

Photo de l’Ultra Fex de l’article précédent.

Ici la marque reprend intégralement la face de l’Ultra FEX, donc tant l’obturateur que l’objectif, mais sans l’espèce de tube extensible qui l’accompagnait car de fait, la taille de la chambre fait office de ce tube.

Donc, au point de vue des réglages, on reste dans le minimalisme : 2 vitesses (1/25 et 1/100s) plus une pose indiquée ici par un P ; ensuite, 2 ouvertures (normale et intense, ce qui correspond à f16 et f22). La position normale s’utilise par temps gris et l’intense par temps ensoleillé (neige, sable aussi).

Remarquez que comme son compère, notre Ultra Reflex tend à tromper son monde avec un beau reflet bleu dans l’objectif, qui pourrait faire croire à un traitement de la lentille mais qui est en réalité le reflet d’une pastille bleue autour du cache de l’objectif.

Venons-en au deux objectifs de ce reflex. En fait cet appareil est un faux TLR (twin lens reflex) car la visée se fait sur une loupe et un miroir à 45 °. Et comme vous pouvez le constater, il n’y a pas moyen de régler la distance, celle-ci étant fixe (mise au point minimale de 1,2m pour de ménisque de 75mm).

Même lorsque FEX vendra le Fex Indo Ultra-Reflex 4,5, pourtant équipé d’un objectif ouvrant à f4,5 et possédant un obturateur capable d’atteindre le 1/300s, ce sera un faux bis-objectifs et les nombreuses molettes de réglages ne seront là que pour faire joli car inopérantes.

Voilà, pour l’utilisation, on a (vite) fait le tour.

Vous voyez que le boitier, en bakélite mais avec un dos métallique, possède une griffe, pour y monter un flash. Que vous brancherez sur la minuscule prise coaxiale qui est sur le coté du bloc optique/obturateur. Le flash est synchronisé à toutes les vitesses.

Le déclencheur est un simple bouton poussoir placé à côté du faux premier objectif, pas très ergonomique ni bien placé.

Un mot encore du filetage pour fixer un trépied, car il est au pas dit du Congrès, soit un pas ancien et large.

Enfin, pour charger l’appareil d’un film, il faut faire basculer vers le haut la patte métallique derrière le viseur puis tirer en arrière et vers le bas l’ensemble du dos. Heu, si ça coince, assurez-vous d’avoir en poche un petit canif Suisse pour faire levier sur le haut du dos afin de le débloquer. Notez que pour le remettre en place ce n’est guère plus aisé car il faut faire entrer le bas dans les tenons et le remonter pour le bloquer avec le verrou. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Sans doute que le coût d’une charnière eut fait exploser le prix de cet engin.

Quant au film, c’est une bobine de 620 (ou une 120 modifiée) qui vous donnera 12 vues en 6x6cm.

J’allais oublier de vous parler du viseur, collimaté mon bon Monsieur, avec une loupe ou en position de viseur sportif. En somme, un viseur qui aurait pu être clair et large mais qui devient compliqué à utiliser car si vous ne levez pas le bras du viseur sportif, le viseur est bien encombré.

Que penser de cet appareil ?

Il peut amuser les collectionneurs car selon son époque, il a un dessus borgne, puis un viseur, entouré de noir, de chrome ou de couleur champagne ; la sérigraphie est droite ou courbe ; etc.

Ceci étant, cet engin, produit de 1954 à 1964 tout de même, ne donnera sans doute pas une grande image de l’industrie photographique française. Peut-être s’il avait été très abordable …

Je vous avoue que j’ai essayé de lui trouver des points positifs mais en vain, sauf sa bouille assez sympathique.

Si vous en trouvez un, avec sa gaine en cuir comme ici, ne dépensez pas plus de 15€ pour l’acquérir.

Quant à le tester, pourquoi pas, mais même chez Lomography personne encore ne s’y est risqué.

Des références.

https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-481-Fex%20Indo_Ultra-reflex.html, https://collection.click-clack.fr/fex-indo-appareils-photo-ultra-reflex/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-357-Fex%20Indo_Ultra-Reflex%204,5.html, https://www.mes-appareils-photos.fr/Fex-Ultra-Reflex.htm, https://fexmania.fr/index.php?/category/34, http://glangl1.free.fr/Liste-Fex_Indo.html

Argentique

Le Canon Eos 3000 N : demain sera son présent

Préambule.

Brocante de Braine-le-Comte, très tôt le matin, nous déambulons dans les allées à la recherche de quelques objets intéressants, des appareils photo pour moi en tout cas.

Hélas, après avoir fait plusieurs fois le tour, le temps que les vendeurs s’installent, je dois bien me rendre à l’évidence, celle-ci est bien pauvre en argentique, hormis les éternels Kodak Instamatic invendables, les Agfa Clack, les box en plus ou moins bon état, des folding qui n’ont rien de folichon tant ils sont délabrés.

Un peu découragé, retournant sur mes pas, je débusque dans une remorque une boîte qui contient quelques vieux retardateurs mécaniques, un télémètre à glisser dans une griffe accessoire, une boîte d’un Agfa Optima Pocket Sensor (prochain article) et un vieux sac photo dans lequel se cache ce Canon Eos, tout beau, tout propre, livré avec un flash annulaire que je vais tester aussi.

Finalement, la pèche est maigre mais les poisons sont bons !

Un peu d’histoire.

Les habitués du site savent que j’aime bien cette marque, qui fut celle de mes débuts. Et comme j’ai déjà présenté plusieurs appareils à la marque rouge, je vous fais grâce de l’histoire de celle-ci.

D’ailleurs vous en retrouverez des extraits dans l’article que j’ai consacré à son prédécesseur, le Canon Eos 3000.

Sauf à vous préciser que ce modèle, sorti en 2002, est le pénultième Eos argentique, le dernier étant le 3000X. Faut-il préciser que ceux-ci ont été commercialisé à la charnière du numérique et que donc leur carrière connu quelques hésitations, les clients ne sachant pas encore dans quel camp se ranger. L’histoire nous a donné la réponse …

Présentation du Canon Eos 3000 N.

S’il s’appelle EOS 3000 N c’est donc qu’il fut précédé d’un EOS 3000, le N étant chez Canon le New (nouveau).

Le premier du nom sera commercialisé en 1999, soit seulement trois ans avant cet opus. Les changements seront surtout cosmétiques. Voici le texte qui accompagnait le lancement du boitier :

L’EOS 3000N allie simplicité et élégance, offrant une opérabilité améliorée et un nouveau design sophistiqué. Chargé de fonctionnalités, les utilisateurs n’auront aucun problème à capturer les photos qu’ils veulent. Avec sa finition métallisée argentée accrocheuse, l’EOS 3000N est le nouvel appareil photo EOS d’entrée de gamme de Canon. Adapté aux nouveaux venus dans la photographie reflex, mais doté de suffisamment de fonctionnalités avancées pour satisfaire les propriétaires à mesure que leurs compétences photographiques se développent, l’EOS 3000N est un appareil photo ultra-compact et léger doté de nombreuses fonctionnalités.

Ce qui veut dire, lorsque l’on lit entre les lignes, qu’ils n’ont pas changé grand-chose au précédant modèle, juste la carrosserie, plus flatteuse et un rien plus ergonomique. Pour le reste, on reprend ce qui fonctionne et on le garde.

Techniquement, même s’il affiche une belle quantité de fonctions et astuces, il reste l’entrée de gamme de la marque, surtout à cause de sa qualité de fabrication. Rassurez-vous, tout tient parfaitement et est assemblé avec précision mais la coque est toute en plastique ABS, y compris la baïonnette.

L’avantage est celui du poids et, honnêtement, je n’ai jamais vu un boitier fendu ni une monture partir en lambeaux ni se tordre.

Ce que j’aime bien avec ces mécaniques, c’est que nous sommes vraiment très proche de ce que les appareils numériques proposent à cette époque, et encore maintenant. On n’est jamais déconcerté par sa manipulation en quittant le numérique pour le prendre en mains, les commandes sont les mêmes.

Vous pouvez l’utiliser en tout auto ou avec la gamme de programmes PSAM et, bien sûr, en manuel. C’est clairement un appareil école car il va permettre aux débutants bien mettre le pied dans la série des Eos s’ils veulent progresser ensuite.

Car, autre gros avantage, le boitier accepte toutes les optiques Canon EF et la plupart des accessoires dédiés.

Son autofocus est rapide et précis, sa mesure de lumière exacte et sensible. Il est un peu bruyant mais rien de dramatique et sa cadence de prise de vue est réduite à une image seconde. Ce n’est clairement pas un boitier sportif mais il est à l’aise dans toutes les autres disciplines.

Pour l’alimenter, juste 2 CR123A. Faire attention à la porte des piles, comme souvent sur ces boitiers, sinon vous passerez par la case Gaffer pour tout faire tenir. Comme le faisait remarquer un gentil chat (il/elle se reconnaîtra), on peut fixer un grip, le battery pack bp8, qui fonctionne avec des piles AA, plus économiques.

Que penser de cet appareil ?

Au risque de me répéter, selon que l’on veut découvrir l’argentique en personne pratique ou en esthète, vous choisirez ce modèle ou ses frères, ou vous partirez vers un A-1, un FTb, un AE-1 (presque) tout métallique mais sans beaucoup d’aide (l’autofocus n’est pas à leur programme).

Si donc vous avez choisi la première solution, vous ne serez pas dépaysé en utilisant cet Eos 3000 N car ses commandes sont celles des premiers Eos numériques et des suivants.

Ce sont ces boitiers qui ont initié l’ergonomie des numériques, y compris la plupart de leurs commandes.

Ceci étant précisé, cet appareil ne manque de rien, même si à l’époque on le considérait comme un entrée de gamme (selon la notation chez Canon : 3000 = entrée de gamme, 300 = consommateur moyen, 30 = expert , 3 = professionnel). Voyez la fiche technique ci-dessous.

Il est précis et les photos qu’il délivre sont correctement exposées si vous ne flirtez pas avec les limites des grands contrastes lumineux. Léger et finalement bien construit, il vous suivra partout sans que vous ayez peur de le faire souffrir un peu. Car côté budget, comptez environ 40€ pour un exemplaire avec un objectif EF, souvent un zoom 24 – 90mm.

Ne trainez pas, leur valeur monte …

Vidéos d’illustration.

Camera bon marché – des images qui tuent ! – Un fantastique reflex pour des cacahuètes (n’oubliez pas que vous pouvez traduire les vidéos en cliquant sur paramètres – sous-titres)

Un peu de technique.

  • Appareil photo reflex analogique 35 mm (2002, Japon).
  • Autofocus : trois capteurs, dont un capteur central de type croisé, contrôlable individuellement, priorité à la mise au point ou servo AI, commutable en manuel, lumière d’assistance AF.
  • Mesure de l’exposition : mesure multi-champs à six zones, mesure intégrale sélective et pondérée centrale (avec réglage manuel de l’exposition).
  • Types d’exposition : programme automatique, cinq modes scène, plein, ouverture et priorité à l’ouverture, mesure manuelle par suivi, priorité à la profondeur de champ ; exposition multiple.
  • Flash : pop-up, NG 12. Exposition du flash : E-TTL (avec les appareils Canon EX), A-TTL (avec les appareils EZ/E), contrôlé par TTL via trois zones.
  • Temps d’exposition : 30 secondes à 1/2 000 seconde (par pas de 1/2) et B.
  • Sensibilités du film : en manuel ISO 6-6 400 ou via encodage DX, ISO 25-5 000.
  • Synchronisation du flash : automatique, synchro au 1/90 s.
  • Transport du film : automatique avec avance rapide jusqu’à la fin, exposition simple ou continue (maximum une image par seconde), retardateur, connexion de déclenchement à distance.
  • Alimentation : 2 piles au lithium de 3 volts (CR 123 A).
  • Monture d’objectif : Monture Canon EF

L’EOS 3000 N est identique à l’EOS 500 N, à l’exception de quelques différences extérieures mineures.

Des références.

https://en.wikipedia.org/wiki/Canon_EOS_3000N, https://www.danstacuve.org/test-du-canon-eos-3000n-lun-des-derniers-argentiques-canon/, https://lafillerenne.fr/blog/1308/ en français ; https://www.lomography.com/magazine/183308-my-new-love-canon-eos-3000n-and-its-perfect-bokeh, en anglais ; https://kameramuseum.de/objekte/canon-eos-3000-n/, en allemand

Argentique

Le babysem 2 : un argentique de poche.

Préambule.

Un matin franchement frisquet, le thermomètre affiche -2C en cette fin mars 2025. Peu de brocantes encore, sauf celle de Jemappes, où sont pelotonnés vendeurs et … acheteurs. Je déambule à travers les stands des courageux venus tôt ce matin et au détour d’une allée, je vois sur un stand une boîte d’ampoules pour flash ancien. Comme je m’enquiers du prix et que la dame est occupée, mes yeux furètent sur la table bien encombrée et ils s’arrêtent sur une petite house de cuir jaune. Je l’ouvre et découvre ce petit appareil sympathique. Petite transaction pour le prix des ampoules et du boitier et ils plongent dans le sac dos.

Je ne trouverais pas autre chose d’intéressant ce jour-là. Il est temps de rentrer boire un chocolat chaud …

Un peu d’histoire.

Je vous ai déjà présenté un SEM, le Semflex Standard 3,5B type 9 (ouf !) et j’aurais dû faire aussi la présentation d’un Babysem, premier du nom, mais j’ai eu la mauvaise idée de le prendre sur une bourse et il est parti trop vite.

Appareil photo vintage Babysem en métal avec un objectif OREC et un viseur en haut à gauche.

Ceci étant, le modèle que je vous propose est une extrapolation du premier Babysem, sur lequel on a greffé une face avant plus moderne.

Mais commençons par le début …

Vers 1940, la société Parisienne G. Cornu demande à la société Aluvac de lui couler les corps et dos de petits appareils 24×36. Ces pièces portent les marques Aluvac 3439 et 3440.

Avant la seconde guerre mondiale, l’industriel Stéphanois (St Etienne) Jean Cros fabrique des ailettes pour roquette. Il fait couler celles-ci par la société Aluvac. Au déclenchement de la seconde guerre mondiale, il se doit se diversifier et produit pour G.Cornu des appareils photographiques Reyna Cross.

Monsieur Jean Cros obtient, en 1941, de la société G. Cornu une licence pour fabriquer à St Etienne un appareil photographique à partir des pièces détachées produites par Aluvac. C’est Paul Royet, un technicien en mécanique qui fabrique des obturateurs Micromécanic, qui sont installés dans les appareils photographiques Reyna Cross, qui mène à bien cette entreprise (1942).

Finalement, en 1946, Paul Royet et Jean Cros s’associent pour fonder la SEMM, Société des Établissements Modernes de Mécanique, appelée également SEM, d’abord établie à St Etienne, puis, dès 1947, à Aurec. Cette entreprise fabrique d’abord des appareils pour Cornu, sous licence, mais bien vite, réalise ses propres modèles, dont les plus célèbres et connus seront les Semflex, des reflex bis-objectifs de qualité (voir l’article cité ci-avant)

Dès 1949, SEM produit un petit appareil 24×36, le Babysem premier du nom (voir photo ci-dessus), inspiré du Reyna des Ets G. Cornu.

Un appareil photo ancien de marque Reyna, affichant un design vintage avec un objectif et des réglages visibles sur le devant.

Le Reyna est sorti en pleine seconde guerre mondiale, sans publicité, n’apparaissant dans aucun catalogue. Il a été perfectionné et modifié par Paul Royet pour devenir le Reyna Cross.

Paul Royet va optimiser le mécanisme pour en faciliter la construction et présentera le Reyna Cross 2. Rapidement, G. Cornu adoptera un certain nombre de modifications passant ainsi du Reyna au Reyna 2.

Petit à petit, d’améliorations en simplifications, le Reyna Cross prend le chiffre 3. SEM prend de plus en plus une dimension industrielle alors que Cornu reste artisanal. On estime que 95% des boitiers produits seront utilisés par SEM. La maison G. Cornu disparaitra petit à petit.

Les boitiers évolueront tant à cause de cette phase de pré-industrialisation (rationalisation de la construction) qu’à cause des difficultés d’approvisionnement toujours en vigueur au sortir de la guerre.

Le Babysem premier du nom va en profiter, ou en subir les conséquences, c’est selon, et il deviendra Babysem 2 lorsque sa façade sera réduite en épaisseur et modifiée pour s’installer sur le dos du Babysem Il perd aussi le déclencheur sur le capot, qui nécessite des liaisons mécaniques plus complexes.

Enfin, après des années de privations, de production plus ou moins organisée pour les entreprises, de difficultés économiques et de reconstruction, arrivent la fin des années cinquante et celles du retour à la prospérité, d’un pouvoir d’achat qui augmente et d’une nouvelle génération qui aspire aux loisirs, aux amusements, à une nouvelle vie.

Conscient de ces changements, SEM décide de moderniser ses appareils noirs et gris, qui ne sont plus dans l’air du temps. Ils font appel à Roger Tallon pour rajeunir le Baby Sem.

Trois nouveaux modèles verront le jour suite à ce ravalement de façade : le Babyjoy d’entrée de gamme et destiné aux plus jeunes, le Babysem qui nous préoccupe, le BabyLord qui sera le haut de gamme de la série.

A y regarder de plus près, les trois modèles sont construits sur la même base, pas très éloignée d’ailleurs du modèle précédent (même s’ils sont un peu plus grands) : la face avant est rectangulaire avec un carter échancré pour y loger l’optique et le mécanisme de l’obturateur (il n’y a pas de déclencheur sur le capot) ; sur le dessus, deux trous pour y loger un flash (brochage spécifique) ; le viseur n’est plus central mais décalé vers la droite ; un léger décrochage en bas est garni d’un simili-cuir coloré, qui fit d’ailleurs le tour du boitier ; la typographie a aussi été revue et le B majuscule disparait pour une minuscule.

C’est la partie arrière qui est la plus proche de l’ancien modèle, avec ses deux gros boutons ronds, en partie cachés par le retour de la face avant (avance et rebobinage du film) ; un large tunnel abrite un minuscule trou, celui du viseur, très approximatif (à se demander pourquoi ils ne l’ont pas fait plus grand vu l’espace inutilisé). Toute la surface du dos est gainée du même vinyl coloré.

Présentation du babysem.

Un mot encore des autres modèles, pour mieux apprécier les différences :

  • le babyjoy, produit de 1960 à 1965, est donc le modèle de base : il possède un obturateur Orec avec une seule vitesse (1/50s) ; on peut régler l’ouverture, illustrée par les chiffres 1-2-3 ou des pictogrammes météorologique ; la peinture est lisse sur ce modèle et il y a inversion des couleurs du bandeau vinyl.
  • le babysem, produit sur la même période, est le milieu de gamme : il ne possède pas de vitesses lentes et le maximum est le 1/250s avec une pose B ; les distances se règlent en continu de 75cm à l’infini ; la peinture est granuleuse et les bandeaux de couleurs sont identiques devant et derrière.
  • le babylord, produit de 1962 à 1965, plus rare, est le haut de gamme : il possède des vitesses lentes et sa limite est le 1/400s ; l’esthétique est identique à celle du babysem.
Publicité pour l'appareil photo Babyjoy, montrant les caractéristiques et fonctionnalités, avec des illustrations des appareils et des scènes de prise de vue.

Les trois appareils bénéficient du même objectif anastigmat Som Berthiot de 45mm ouvrant à f2,8. Toutefois, il y aura quelques rares modèles équipés d’un objectif Angénieux.

Pour en terminer, Photo-Hall distribuera le babysem sous les appellations de Photo-Hall 1A, puis de Photo-Hall SB1.

Venons-en à la présentation spécifique de ce babysem 2.

Je ne reviens pas sur la présentation générale mais j’ajoute que pour l’ouvrir, il faut tirer sur un loquet situé sur la tranche gauche, ce qui libère le dos, qui se retire en entier.

Quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’il y avait encore un film dans la chambre, que j’ai refermée bien vite. Le compteur de vues n’est pas clair, alors combien d’images encore ?

Ceci étant, comme le loquet ne tient pas bien, j’ai décidé de retirer le film, mais comment le rembobiner ?

C’est sur le site de Collection-appareils que j’ai, heureusement, trouvé le mode d’emploi dont le lien est ICI.

Premier constat, il faut de bons ongles pour tirer sur le minuscule bouton strié qui est sur la tranche. Une fois qu’on y est arrivé (plus ou moins 0,5cm de retrait), il faut encore le tourner d’un quart de tour pour débrayer le système.

Vue d'un appareil photo vintage Babysem avec un design rétro et une finition en métal, posé sur une surface texturée, avec une figurine en arrière-plan.

Enfin, là on pourra rembobiner en tournant la grosse molette à gauche dans le sens de la flèche. Ce qui a pour conséquence de réinitialiser aussi le compteur de vue (c’est d’ailleurs comme ça que j’ai compris que le film était presque arrivé en fin de course).

Le réglage de la distance se fait avec la rotation de la lentille, non crantée, de 75cm à l’infini.

La vitesse se règle elle grâce à la roue striée derrière la lentille, de la pose B – 1/15s – 1/30s – 1/60s – 1/125s – 1/250s. Un filetage est prévu, en dessous du déclencheur, pour y fixer un câble.

Enfin, l’ouverture se règle avec une tirette située sous l’optique, de f2,8 à f22.

Appareil photo Babysem avec un design rétro, incluant un objectif Som Berthiot de 45mm, monté sur une surface texturée grise et une bande rouge.

Le flash, très rare, se fixe sur le dessus, dans les 2 broches prévues et un câble le relie au bloc optique/obturateur.

Comme je le signalais plus haut, il n’y a pas de déclencheur sur le capot. SEM utilise ici un vieux système, comme sur les anciens folding : on arme avec une tirette, on déclenche avec une autre située autour de l’obturateur. Simple, efficace et moins sophistiqué à produire qu’un autre système.

Autre bizarrerie, le bouton placé en façade, sur lequel il faut appuyer après chaque photo pour permettre d’avancer d’une vue. C’est une idée simple pour éviter la double exposition mais guère pratique dans l’absolu. Il faut donc appuyer sur ce bouton, tourner la grosse molette d’avancement, relâcher le bouton tout en continuant à tourner jusqu’à ce que celui-ci se bloque, puis vous pourrez faire une autre photo. On a connu plus simple dans les années soixante !

Le compteur de vue doit être initialisé sur 20 ou 36 manuellement. Il fonctionne par décompte des déclenchements.

Que penser de cet appareil ?

Tout en alliage d’aluminium, il a quelque chose de rassurant car il donne cette impression de solidité que confère le métal.

Cependant, les défauts sont nombreux :

  • viseur réduit à sa plus simple expression, un chat d’aiguille : on devine plus qu’on ne voit ce que l’on va photographier
  • le loquet de blocage du dos gagne du jeu avec le temps, rendant l’appareil moins étanche aux fuites de lumières
  • les réglages sont minimalistes et on ne peut rien contrôler (ouverture, vitesse, sensibilité)

Ceci dit, la prise en main n’est pas mauvaise et les réglages sont bien disposés, sauf ce f…. bouton pour débrayer l’enroulement en vue du rembobinage.

Dans son beau sac tout prêt en cuir, il a belle allure et vous pouvez alors le porter autour du cou car la lanière est sur ce dernier, pas sur le boitier.

En conclusion, c’est un appareil rare mais qui n’a pas une grande cote (50€ avec sa gaine en bon état). Il fait partie de ces boitiers intéressants à posséder en collection car il est le reflet d’une époque.

Vidéo d’illustration.

Un peu de technique.

Année 1960

Objectif : Som Berthiot 45mm ouvrant à f2,8, anastigmat

Obturateur central en Iris OREC de 1/15s au 1/250s plus pose B

Format : 24 x 36 mm

Viseur de type Galliée

Des références.

https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1030-Sem_Babysem.html, http://clicclac1.free.fr/old/Appareils_francais/SEM/Baby.htm, https://www.lesappareilsphotographiques.com/sem-p-186.html, http://glangl1.free.fr/Photo2/Photo_S_1017.html, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-12921-Photo-Hall_Baby%20Sem.html, http://glangl1.free.fr/Liste-Sem.html, https://stereoantica.com/sem-baby-sem/, https://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_des_%C3%A9tablissements_modernes_de_m%C3%A9canique, https://collection.click-clack.fr/sem-histoire-et-publicites/, https://www.mes-appareils-photos.fr/SEM.htm, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1079-Sem_Baby%20Sem.html en français ; https://cameracollector.net/sem-kim-baby-sem/, en anglais.