Celui-ci, je l’ai trouvé sur la brocante du Grand-Large, près de Mons. Il était dans une boite en simili cuir gris-bleue, très tendance dans les années soixante, ce qui m’a attiré vers lui. J’ai ouvert la boite, extrait l’appareil dans son sac-tout-prêt, ôté enfin ce dernier pour me retrouver face à un appareil tout à fait inconnu : un Taron Auto JE.
Chouette me suis-je dit presque tout bas, des recherches en perspectives et sans doute une chouette histoire.
Petite négociation avec la dame qui le vendait, et hop, sous le bras (je n’avais pas mon éternel sac à dos ce jour-là !)
Un peu d’histoire.
Et bien ce ne fut pas aisé de retracer l’histoire de cet appareil, ni celle de la marque. Il a fallu faire des recoupements, aller voir des modèles qui ne correspondaient pas pour trouver des pistes, fouiller un peu la Grande Toile puis assembler les éléments recueillis.
Il semble que ce soit en 1943 que cette société nippone ait vu le jour. Comme souvent avec les sociétés japonaises, il y aura plusieurs noms. Le premier, celui donné par son fondateur, sera Yanagihara Tasaburo (entreprise de fabrication), ensuite la société transforme son nom en Nihon Kosokki puis en Nippon Kōsokki Kōgyō K.K. (Industrie japonaise des géomètres optiques), en 1949 ; enfin, elle deviendra Taron en 1959, pour coller au nom de ses modèles.
C’est à partir de 1949 qu’elle produit des appareils photo mais pour compte de tiers comme Fujica, Topcon (Tokyo Kogaku Kikai), Mamiya, Tougo-Do et Yashima Kogaku Seiki.
Pourtant, ce n’est qu’à partir de 1955 qu’elle entreprend de construire ses propres appareils : des télémétriques, des compacts 35mm, un TLR en 6×6 (le Taroflex) et même un appareil avec cassette 126 (le Taromatic F).
Malheureusement, elle disparut peu après, vers 1967.
Sa production comptait surtout des télémétriques (13), les compacts en 35mm (4) dont un appareil demi-format (le Taron Chic), un 6×6 donc et un avec film en cassette 126.
Celui qui nous préoccupe aujourd’hui sera fabriqué en 1965. Comme il n’y a pas pléthore d’informations à son sujet, nous partirons donc à la découverte complète de cet appareil qui est, il va s’en dire, rare.
Présentation du Taron Auto JE.
Ce qui frappe d’abord avec ce boitier, c’est son caractère un peu frustre, même si tout est bien assemblé, que le métal est majoritaire, qu’il fait son (petit) poids (590gr). Ceci est sans doute dû à la forme du fut de l’objectif/obturateur, on ne peut plus dépouillé.
Cependant, il dispose d’une cellule au sélénium, placée autour de l’objectif proprement dit.
Mais commençons par le décrire :
sur le capot, à gauche, la manivelle de rembobinage ; presque au centre, la griffe porte-accessoire, dite froide (pas de contact de synchronisation flash) ; à droite, le levier d’armement avec en son centre le compteur de vue, manuel, et un peu sur l’avant, le déclencheur avec un pas de vis pour y fixer un câble
la semelle ne supporte qu’un petit bouton plat pour débrayer le mécanisme lors du rembobinage et un filet pour fixer un trépied
la porte arrière s’ouvre en soulevant une tirette, qui libère le verrou, sur la tranche gauche de l’appareil. Elle est montée sur une charnière
le viseur lui mérite toute notre attention. Si le carré arrière est assez petit, la surface à l’avant est plus confortable mais c’est à l’intérieur que cela devient intéressant car il possède un cadre lumineux collimaté, avec repères pour la correction de parallaxe et, surtout, si vous regardez vers le haut, un rappel de la distance choisie et si vous regardez vers le bas, l’ouverture choisie lorsque vous êtes en position Auto, ou l’ouverture si vous êtes en manuel.
enfin, le fut d’objectif/obturateur porte plusieurs indications dont scènes – groups – close-up, en face desquels il faut faire correspondre un point vert sur la bague noire striée autour de l’objectif ; tandis qu’en dessous du fut vous trouvez une tirette pour mettre la position Auto (en rouge) ou l’ouverture que vous voulez choisir (de f2,8 à f22), la pose B et le type de flash à synchroniser (M)
la prise coaxiale du flash est en haut du fut, sur la gauche
sur le devant de l’objectif, par dessous, une autre tirette pour noter la sensibilité du film, en Din et Asa, de 25 à 400 Asa
l’objectif est un Taronar de 40mm ouvrant à f2,8
autour de l’objectif, le nid d’abeille (Electric Eye ou EE) de la cellule au sélénium (toujours active ici). On peut fixer un filtre devant la cellule, qui est tient compte dés lors.
deux broches, sur les côtés, permettent de fixer une sangle, même si celle-ci est reprise aussi sur le sac-tout-prêt, en cuir noir.
Dans la boite, j’ai eu la chance de trouver son certificat et, surtout, son mode d’emploi, pas bien épais (16 pages) mais bien utile.
Il nous dit tout d’abord que la compagnie Taron est très gratifiée et honorée que nous ayons choisi cet appareil. Tout automatique, le Taron est un one touch camera qui peut être utilisé par chacun (en résumé, dès que nous avons les réglages de la sensibilité du film et de la distance, il reste à appuyer sur le déclencheur.
Autrement dit – je cite – avec le système EE, le cerveau électrique détermine l’ouvertureautomatiquement.
Dés le moment où un film est placé dans la chambre, que le compteur de vue est remis sur 1 pour la première photo, que la sensibilité de la cellule est réglée, il suffit ensuite de régler la bonne distance avec les 3 symboles qui apparaissent dans le viseur et d’appuyer sur le déclencheur pour capter votre sujet.
Le close-up (un personnage) détermine une distance de 1,5m, le groups (plusieurs personens) une distance à partir de 2,5m et scenes (une montagne) à partir de 10 m jusque l’infini. L’échelle de distance est notée dans le viseur. Lorsque la marque est verte, c’est que la mise au point est bonne. Ce qui veut dire que l’on peut prérégler la distance et l’affiner en tournant la bague à l’avant de l’objectif, comme s’il s’agissait d’un télémètre.
Pour le flash, il faut régler la distance comme s’il faisait jour. La synchro se fera au 1/60s. Petite subtilité, puisqu’on ne peut régler la vitesse soi-même, il faut calculer l’ouverture en fonction de nombre guide du flash (diviser le nombre guide par la distance au sujet), poser l’ouverture au chiffre obtenu puis remettre la tirette sur Auto. Une table est d’ailleurs fournie avec les vitesses par rapport aux ouvertures (voir ci-dessous).
Rien de bien compliqué en somme …
Que penser de cet appareil ?
Vraiment pas courant celui-là, je n’en ai trouvé qu’un seul à la vente sur le grand site de vente qui commence par E et nulle part ailleurs.
Outre cela, il ne manque pas d’attraits pour un boitier de son époque, ce qui le rend encore intéressant.
Fabriqué solidement, il peut encore rendre de bons services d’autant que les quelques articles que j’ai pu lire disent que l’objectif est de qualité.
L’autre avantage est que s’il est automatique, on peut quand même s’en servir en manuel, donc même si le sélénium vous lâche lâchement à un moment ou un autre.
Si vous aimez photographier différemment, voilà un bon candidat !
Au niveau cote, il devrait se négocier autour des 100€ avec son sac-tout-prêt, son manuel et sa seconde sacoche de transport. C’est raisonnable au regard de la rareté du Taron Auto JE.
Un coffret noir, qui trainait sur une table parmi d’autres objets. Un rapide coup d’œil m’indique que c’est un Kodak qui doit se trouver à l’intérieur. Je l’ouvre par acquis de conscience car ce pourrait être un des nombreux Kodak d’entrée de gamme ou un des rares un peu plus sophistiqué : bonne intuition, c’est un Kodak Tele-EKTRALITE 600.
Petite négociation rapide et voilà le coffret dans le sac à dos.
Et aujourd’hui, il sera bien seul car sur cette brocante, à part des épaves, des Clack, des Kodak Instamatic, il n’y avait rien à se mettre sous la main.
Alors partons à la découverte de ce Pocket.
Un peu d’histoire.
L’histoire du format 110 a déjà mainte fois été évoquée, je vais donc la passer (pour ceux qui viennent d’arriver sur le site, allez-voir, par exemple sur les articles consacrés à l‘Agfa 3008, le Fujica Pocket 400, le 110 revient, comment ne pas dépenser trop , et l’excellent article paru sur Collection-appareils à ce sujet).
Revenons juste à la genèse du film et des appareils conçus avec et pour lui, les Pocket Instamatic, dont les premiers sont numérotés 20 – 30 – 40 – 50 – 60 – 100 – 200 – 300 – 400 – 500, tous sortis en 1972, date de lancement du film au format 110.
Petit aparté : si chez Agfa c’est assez facile de s’y retrouver avec les familles (voir article sur l’Agfa 3008 cité plus haut), chez Kodak, il y a pléthore de références dont nous pouvons essayer de dégager quelques grandes lignes : les Pocket Instamatic, les premiers fabriqués (1972 – 1976) ; puis les Instamatic (1974 – 1978) qui ont comptés quelques Tele. Cette gamme utilisait exclusivement les flashs en cube, appelé MagiCube. Ensuite, à partir de 1975 et jusqu’en 1983, ce seront les appareils utilisant les FlipFlashs, les Ektra et leurs déclinaisons. Enfin, une troisième série de 1980 à 1990, qui utilisera des flashs intégrés, des Ektra ou Extralite et leurs déclinaisons. Si tout ceci est bien compliqué, c’est parce que sous l’emblème Kodak, des bureaux d’étude des quatre coins du monde s’y sont attelés : Etats-Unis, Angleterre, Canada Allemagne, Brésil.
Si vous voulez compulser la série complète, c’est par LA et LA encore, sous forme de ligne du temps.
Au fur et à mesure des évolutions, on peut donc distinguer les appareils qui utilisent les Magicubes, puis les Flipflashs et enfin les flashs électroniques intégrés, avec quelques exceptions pour au moins deux modèles qui utilisent un flash électronique externe.
A cela, et toujours selon les bureaux d’études des pays de production, on peut ajouter des différences stylistiques. Ainsi, les Instamatic non jamais reçu de protection alors que les Ektra en ont reçue une, sous forme de la poignée, qui se repliait sur l’appareil. Sa fonction était donc double : protéger le boitier et proposer une prise assurant une meilleure tenue en mains pour capturer des photos.
C’est en Allemagne et en Angleterre que ces détails ont été ajouté, parfois copié par les USA, comme pour cet appareil en particulier.
Dans l’évolution des modèles, on peut retenir aussi le passage à des appareils avec télé, en fait une lentille qui vient se placer devant le viseur et l’objectif (comme sur les Agfamatic Pocket) ; des vitesses qui évoluent, couplées à des objectifs plus ou moins lumineux ; puis l’adjonction de cellule au CdS. Il y eut même un modèle muni d’un télémètre et d’une cellule (Pocket Instamatic 60, 1972 -1976).
Bien souvent des Pocket Instamatic se superposent dans les périodes de vente et ils ne se suivent pas forcement en terme de fonctionnalités : ainsi il y eut un Tele-Ektralite 40 (1979 – 1981) qui proposait un objectif ouvrant de f5,6 à f22 avec des vitesses de 1/100s et 1/500s (USA) mais sans cellule alors que le Tele-Ektralite 600 (1980 – 1982) pourrait être considéré comme un successeur car il possédait lui une cellule au CdS mais avec un objectif beaucoup moins clair car ouvrant de f8 à f22 et avec des vitesses limitées au 1/125s et 1/250s (USA aussi).
Difficile de trouver une logique, s’il y en a une.
Ne boudons pas notre plaisir, et voyons ce que ce Pocket Tele-EKTRALITE 600 nous propose …
Présentation de l’appareil.
Comme ses homologues de chez Agfa, les Tele-Ektralite ont un parfum de nostalgie car eux aussi ont été offert en cadeaux pour chaque occasion de la vie : anniversaire, fêtes de fin d’année, communion, réussite scolaire, départ en vacances, etc., même si ce modèle était considéré comme un haut de gamme.
Faciles à utiliser, discrets et éminemment portables, ils étaient de toutes les poches et donc de toutes les sorties. Même les films ne prenaient pas de place et on en avait bien toujours deux ou trois sur soi, en poche ou dans le sac à main (car ils étaient limités à 12 ou 24 poses maximum). Ceux qui possédaient un flash intégré simplifiait encore la prise de photo et réduisait l’encombrement au maximum.
Considérons ce qui fait la spécificité de cet appareil.
Tout d’abord, sa poignée qui, lorsqu’elle est replié, forme une coque protectrice et, lorsqu’elle est dépliée, assure un maintient intéressant de l’appareil. Une belle idée en fait.
On pourrait objecter qu’il est bien plus grand que l’Agfamatic 3008. C’est vrai mais n’oublions pas qu’il ne faut pas y ajouter un flash puisqu’il est intégré. On peut toutefois toujours le placer dans une poche ou un sac, sans difficulté.
Outre ce flash, bien utile, parlons de ses autres équipements.
Tout d’abord, son objectif : de base, c’est un Reomar de 22mm qui ouvre à f8 constant. Etant donné la taille du film, il est l’équivalent d’un 40mm en 24×36. Mais, grâce à une lentille qui coulisse devant le viseur et l’objectif, on passe à un 44mm (soit un 88mm ou un mini-télé). Petite particularité, que l’on découvre et faisant glisser le curseur et en regardant dans le viseur : il y a en fait 5 choix lorsque l’on est en position Tele, où l’on voit un indicateur glisser sur des pictogrammes allant de portrait à paysage. Si vous repassez en position normal, la barre des pictogrammes à disparu.
Nous n’allons pas quitter le viseur mais en passant par le … déclencheur. Celui-ci m’a fait penser, la couleur en moins, au Sensor des Agfa : une légère cuvette autour du déclencheur incite le doigt à appuyer sur un minuscule bouton orange niché au centre. Lorsque vous visez une scène, en appuyant légèrement sur le bouton, vous verrez dans le viseur une diode verte s’allumer si la photo est possible sans flash et si elle est rouge, c’est que la lumière n’est pas suffisante. En laissant votre doigt appuyé 3 secondes sur le déclencheur, le flash va s’activer automatiquement et la diode repasser au vert lorsque vous pourrez déclencher. Malin.
Ce flash a un nombre guide de 14 pour 100Asa, ce qui est plus puissant que sur les autres Ektralite (NG10).
Enfin, pour en terminer avec le viseur, disons encore qu’il est collimaté avec lignes pour correction de la parallaxe mais seulement en mode portrait, c’est-à-dire l’appareil maintenu à la verticale.
L’appareil possède aussi une cellule au CdS comme je le soulignais plus haut. C’est elle qui analyse la lumière et règle la vitesse d’obturation, l’ouverture étant toujours fixée à f8. La cellule (près du logo de la marque) est alimentée par une pile de 9v, utilisée aussi pour le flash. Le voltage est assez inhabituel.
Petite publicité de 1982.
Pour ouvrir la chambre, il faut pousser la porte, qui sert aussi de compteur de vue, vers la gauche sur +/- 2mm et soulever celle-ci. La cassette contenant le film se pose dans la chambre, que l’on referme en refaisant glisser la porte sur la droite cette fois. Lorsque celui-ci est dans la chambre, il faut armer plusieurs fois, avec le petit curseur sous l’appareil, jusqu’à ce que le chiffre 1 apparaisse sur le papier du film. Vous êtes prêt pour votre première photo.
En fin de film, pas de rembobinage ici mais vous continuez à armer l’appareil jusqu’à ce que vous sentiez que le film passe intégralement dans la cartouche de gauche (fenêtre noire). Il suffit d’ouvrir à nouveau la porte et de recharger une nouvelle cassette de 110. Petit truc quand même, placez le film terminé dans la pochette de celui qui le remplace ou dans un endroit à l’abri de la lumière vive pour éviter les (mauvaises) surprises.
Pour une idée des capacités de l’appareil, c’est par ICI.
Que penser de cet appareil ?
Encore une fois, ce n’est pas le plus petit des appareil qui utilise le format 110, sans être le plus grand (voir le Gracia 505 XLR), mais il a l’avantage du flash intégré, plus simple d’usage.
Sa poignée est un petit plus indéniable pour bien le tenir, sans trop bouger lors des prises de vue. D’autant qu’il est assez lourd pour un miniature.
Ses trois avantages, à mon avis, sont la cellule CdS, le passage du normal au télé, le flash intégré. De quoi voir venir sans trop de soucis.
La littérature est peu nombreuse sur ces appareils, produits eux aussi par millions pourtant. Je n’ai ainsi pas pu déterminer en quelle matière était fait l’objectif (plastique, verre, mixe des deux comme chez Agfa ?).
Ceci étant, il semble que la qualité des images ne soit pas mauvaise (voir lien ci-dessus).
Toujours est-il que c’est là un boitier assez complet, pas trop encombrant, facile d’usage, que l’on peut acquérir pour des prix très raisonnables (entre 5 et 15€) ou trouver gratuitement dans les tiroirs de ses parents ou grands-parents, oncles, tantes (faites donc le tour de la famille).
Une autre manière de découvrir le format 110 sans se ruiner car il vous laissera assez de sous que pour acheter des pellicules chez Lomography.
Bon amusement.
Vidéo d’illustration.
Un peu de technique.
Kodak Tele-Ektralite 600
Produit entre : 1980 – 1982 (USA)
Objectif : Reomar de 22mm et 44mm (avec ajout d’une lentille devant l’objectif) ouvrant à f8
C’est bien sur une brocante que j’ai trouvé ce bel appareil, mais je ne me souviens plus de laquelle car cela fait un moment que je devais vous le présenter, comme d’autres d’ailleurs, qui attendent sagement.
Là j’ai craqué parce que le boitier était magnifique et sa gaine en cuir mérite juste un bon nettoyage et un brin de baume pour cuir pour retrouver tout son éclat.
Et, de plus, j’avais le sentiment que ce n’était pas un appareil très courant car c’était bien la première fois que je voyais ce modèle.
Mais commençons par le début …
Un peu d’histoire.
La société Taiyodo, de Tokyo, a eu une idée originale pour lancer ses premiers appareils photo : elle a fait paraître dans le Ars Caméra (un magazine japonais pour les amateurs de photographie) une petite annonce singulière. En effet, elle s’engageait à échanger des appareils usagés contre un appareil de qualité. Nous étions en 1946.
Source : heyjohnbear. La première publicité connue de Camera Taiyodo, écrite en chinois traditionnel (appareil photo en japonais), et trouvée dans les numéros de janvier et juillet 1946 du magazine Ars Camera. Cette coupure de presse indique Achetez à un prix élevé, appareil photo de haute qualité et Échange bienvenu.
Si au début l’entreprise vendait des appareils d’occasion, à partir de 1948, installée à l’arrière du magasin, elle commence à fabriquer ses premiers boitiers sous le nom de Taiyodo Koki KK.
Il me faut faire un aparté ici. A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, le Japon est vaincu et occupé par les américains (430.000 soldats), des anglais du Commonwealth (40.000 soldats) et des milliers de contractants, civils, pour la reconstruction du pays. Pays exsangue qui peine, comme tous les pays au sortir de la guerre, à reprendre un rythme de vie à peu près normale. De plus, les conditions dictées par les vainqueurs sont drastiques pour les produits fabriqués. Par exemple, les appareils photo devaient être vendus aux troupes d’occupation avant toutes ventes aux citoyens, qui se voyaient eux en plus taxé à 120% du prix. Dès lors, les quelques appareils que les Japonais pouvaient encore s’acheter – et ce n’était pas une priorité à l’époque – étaient ces fameux subminiatures dont vous ait présenté un exemple, le Hit.
Le premier produit fut le Meteor, un tout petit appareil qui utilisait le film 17,5mm, qui sera suivit ensuite par un Vestkam, un Epochs et un Beauty 14
Source : Camera-Wiki. A gauche, la publicité du premier appareil, le Météor, et à droite, le Vestkam
Ces petits appareils étaient construits sérieusement et très bien finis, avec un viseur intégré dans un long capot, un gros bouton pour l’avance du film, offrant un design élégant. Le dos s’ouvre sur charnière, après avoir fait coulisser une languette, sur la tranche. Le plan film est légèrement incurvé pour corriger les aberrations de l’objectif. La bobine porte un film de 17,5mm pour un négatif de 10 poses de 14x14mm.
Ces subminiatures, très simples (mise au point et ouverture fixes), étaient de ce fait les seuls vraiment abordables pour les Japonais. Toutefois, les occupants, et les américains en tête, ont massivement exporté ces minuscules boitiers, qu’ils trouvaient amusants et sont souvent devenus des cadeaux, voire des appareils offerts comme jouets alors qu’ils étaient pleinement fonctionnels.
Je vous encourage vraiment à relire l’article sur le HIT déjà évoqué, l’explication sur les films et leur histoire y est relatée.
Parallèlement à ces subminiatures, Taiyodo lance le Spy 16 et le Beauty 16, des appareils qui utilisent eux le film en 16mm. Encore un film réduit en taille. Comme les films du Météor ou du Hit, il est découpé dans une pellicule de 24x36mm. Economie, économie …
Puis il lance (1950) le Beauty Six, un TLR , tout comme le Beautyflex. Notons que c’est à cette époque que la majorité des boitiers vont s’appeler Beauty : Beauty Flex, Beautycord, Beautyflex & Beauty (6×6 TLR), Reflex Beauty (reflex 6×6 – 1954), Beauty 35 (viseur 35mm – 1955), Beauty Super 35 & Canter Beauty (télémètres 35mm – 1955).
Comme vous le découvrez, la firme élargit sa gamme : des appareils en 24x36mm, en 6x6cm (film en bobine de 120) ; des fix-focus, des télémétriques, des TLR (bis-objectifs), des SLR (réflex), finalement une gamme complète.
Taiyodo Koki, en plus de vendre ses propres appareils, fabriquait des boitiers pour Miller Outcalt (Santa Monica) un détaillant d’appareils et équipement photographique, pour le géant de la vente par correspondance américain, Montgomery Ward (Chicago) et pour la United States Camera Corporation ; pour la SCL canadienne, ainsi que pour Fodor, le grand détaillant néerlandais par lequel 99% de la production japonaise est entrée en Europe.
Mi 1957, la société change de nom et s’appelle désormais Beauty Camera KK, vraisemblablement pour faire correspondre son nom à celui de ses produits, qui se vendent bien.
Mais revenons à notre Beauty, en version en 35mm. Sorti en 1955, il sera un des premiers appareils photo à proposer un levier d’armement qui fait avancer le film et arme l’obturateur (seul le Minolta A est antérieur).
Cet appareil possède un viseur fixe (sans télémètre), un bloc objectif/obturateur fixé à la carrosserie. L’objectif est un 45mm ouvrant à f2,8 ; l’obturateur, un NKS-FB Prontor (avec des vitesses de 1 sec., 1/2, 1/5, 1/10, 1/25, 1/50, 1/100, 1/300, +B).
Pour la petite histoire, il sera rebadgé en Milo 35 pour Miller Outcalt (le vendeur de Santa Monica), en Ward 35 pour Montgomery Ward (Chicago) et en Gen 35 pour la vente au Canada. Pour compliquer encore un peu les choses (amis collectionneurs, je suis de tout cœur avec vous !), selon les appellations, il existent de nombreuses variantes au niveau des lentilles, des obturateurs et de détails cosmétiques.
Source : heyjohnbear. Les 4 logos des différentes variantes sur un même thème.
Le Super 35 sera le premier boitier équipé d’un télémètre couplé produit par Taiyodo Koki en 1956 -57. Le terme Super, parfois réduit au S, était régulièrement utilisé par les fabricants allemands dans les années 50 pour désigner les boitiers équipés d’un télémètre. C’est clairement un développement du modèle 35.
Ce Super 35, premier du nom proposait un objectif Canter de 45mm ouvrant à f2,8, une construction à 5 éléments. Le diaphragme, constitué de 10 pales, se fermait à f16.
Et comme faire simple semble bien compliqué, le premier modèle avait un obturateur Copal proposant une vitesse maximale de 1/300s mais la firme a lancé en même temps deux autres modèles presque identiques si ce ne sont des détails cosmétiques et dont l’un avait un obturateur avec une vitesse maximale de 1/500s.
Enfin, en 1958 -59, apparait le Beauty Super L. C’est toujours un télémétrique couplé mais il introduit un élément nouveau, un posemètre intégré. Et cette fois, c’est la Beauty Camera Company qui est le maître d’œuvre de ces nouveaux appareils, qui rompent aussi avec le design de leurs prédécesseurs.
Présentation du Beauty Super L (ou Beauty Varicon SL).
Comme je l’écrivais en préambule, ce qui m’avait attiré vers ce boitier, c’était son côté singulier. Même si, en y regardant de plus près, on a une impression de déjà vu : un Contax, un Kiev 4, un Yashica, … ?
Non, car il fut un des premiers à posséder une cellule, non couplée. C’est une cellule au sélénium (fabriquée par Seiko Electric Industries, le fabricant des posemètres modernes Sekonic) avec un couvercle à rabat, coupé d’une petite fente au milieu. En cas de forte lumière, on laisse le rabat fermé et en cas de faible lumière, on le relève, en appuyant sur le petit bouton sur le côté. Un système simple mais toujours utile pour protéger ces cellules, car celle de cet exemplaire fonctionne toujours.
A l’origine, il pouvait être vendu avec un amplificateur, c’est-à-dire une cellule au sélénium supplémentaire, que l’on enfiche sur le boitier quand on veut augmenter la sensibilité de la cellule mère, notamment en cas de très faible lumière.
Ce qui explique que la lecture de l’échelle de lumière travaille sur 3 points : high (haute), low (basse) et amplified (amplifiée). Il y a encore des repères de compensation d’exposition en cas d’utilisation de filtre jaune (+1 arrêt) ou orange (+2 arrêts). Les sensibilités de film sont comprises entre 6 et 800Asa. N’oublions pas qu’à l’époque, les films étaient relativement peu sensibles.
Le réglage de l’exposition se fait avec le système LV (light value = valeur de lumination), comme sur les Yashica Minister III (1966) et Minister D (1964).
L’objectif est un Canter-S de 45mm ouvrant à f1,9 jusque f16. Il est en 6 éléments et 4 groupes, traité au Lanthanum.
L’obturateur est un Copal SVL (ou MXV selon des publicités et le mode d’emploi) donnant les vitesses de 1s à 1/500s, plus pose B. La synchronisation du flash sur X se fait à toutes les vitesses ; en cas d’utilisation de flash à ampoules et selon le type d’ampoules (M ou F), la synchro se fait entre 1s et 1/60s. Il faut toujours bien vérifier sur quelle lettre la tirette du flash est positionnée – M ou X – pour éviter des déboires et aussi parce qu’en position M, on ne peut pas faire démarrer le retardateur de 10s (tirette sous l’objectif). La griffe du flash est dite froide puisqu’il n’y a pas de contact. Une prise coaxiale est sous l’objectif, pour brancher le flash.
Le réglage de la distance se fait avec le gros bouton fixé à la bague des distances. Il vous permet de voir nettement le patch carré orangé au centre du viseur pour effectuer la mise au point, via le télémètre.
Pour la vitesse et l’ouverture, comme je le précisais ici au dessus, on travaille avec le système LV, soit indice de lumination. Selon la lecture du posemètre, vous trouvez un numéro, que vous notez sur le barillet de l’objectif via la bague de réglage LV, qui est couplée à l’ouverture et modifie la vitesse selon la combinaison LV : LV 13 = 1/60s + f11 ou 1/30s + f8 ou encore 1/15s + f11.
Cette méthode permet de modifier en une fois la vitesse et l’ouverture, selon l’indice de lumière reçue. On peut évidemment débrayer le système et revenir à un réglage tout manuel.
Pour charger un film dans la chambre, il suffit de tirer sur la languette du verrou, sur la tranche gauche, et le dos pivote sur sa charnière. Lorsque l’on arrive au terme de sa bobine, il suffit d’appuyer sur le petit bouton sur la semelle et de rembobiner le film avec la manivelle. Du classique.
Le viseur, large et clair, est collimaté avec lignes pour la correction de la parallaxe. La base du télémètre est assez courte (+/- 4cm) mais il reste précis et facile à régler.
Le compteur de vue se remet à zéro lorsque l’on ouvre le dos de l’appareil.
Un filetage pour un trépied se trouve aussi en dessous, au milieu de la semelle.
L’appareil est tout en métal et offre une bonne tenue en mains.
Si le sac tout près qui l’accompagne porte une lanière, deux broches permettent d’en fixer une directement sur l’appareil si besoin. Ce genre de sac est toujours un avantage pour bien protéger le boitier.
Que penser de l’appareil ?
Franchement, je le trouve beau. De ces appareils faits pour durer et près de 70 ans plus tard, il fonctionne toujours parfaitement (bien que sur cet exemplaire, il faille régler le télémètre).
Il est lourd (767gr) et rassurant. Sa seule faiblesse est la cellule au sélénium, qui va s’épuiser (même si celle de cet exemplaire est toujours active). Ce qui n’empêchera pas l’appareil de toujours fonctionner, il vous faudra juste prendre une cellule à main.
Si ce boitier peut se trouver aux USA, il est extrêmement rare en Europe.
C’est donc une belle pièce, qui ravira le collectionneur.
Mais c’est avant tout le témoin d’une industrie qui, exsangue, s’est montrée inventive et qui a misé sur l’ingéniosité et la qualité pour se relever, notamment dans le domaine des appareils photos.
S’il est vrai que de nombreux modèles japonais ont été copiés sur ce que l’Allemagne a produit de mieux, ils ont su rapidement s’en éloigner pour créer leurs propres produits et, nous connaissons maintenant l’histoire, ravir la première place dans un marché très concurrentiel.
Au tournant des années septante, le Japon avait remporté tous les marchés du reflex, des fix-focus, des télémétriques et des moyens formats. En Europe, quelques rares marques, dont Leica, Hasselblad, Rolleiflex, par exemple, tentaient de résister, en faisant d’autres choix.
En tout cas, je suis content d’avoir trouvé ce beau Beauty Super L.
Beauty Super L, aussi appelé Berauty Varicon SL, Japon, 1958 -59
Objectif couplé Canter-S 45mm ouvrant à f1.9 – f16 avec 6 éléments en 4 groupes, traité au Lanthanum
Réglages de l’objectif sur l’échelle de la valeur lumineuse (EV) : réglage EV effectué avec la bague avant adaptée aux bagues d’ouverture et de vitesse d’obturation.
Obturateur Copal-SVL, vitesses de 1s à 1/500s, plus pose B ; synchro flash à toutes les vitesses (X), de 1s à 1/60s pour les flashs à ampoules M ou F, griffe froide, prise coaxiale
Posemètre au sélénium Seiko non couplé, intégré à l’échelle EV, avec cellule de rappel au sélénium amovible montée sur des broches au-dessus du panneau avant droit. Le compteur a été indexé pour les lectures en haute ou basse lumière et pour les lectures avec cellule d’appoint.
Ce petit pocket, c’est une histoire un peu folle : sur une brocante, je le vois posé sur une table et je le prends en mains pour voir s’il fonctionne encore. La dame qui tient le stand me regarde faire et puis me dit, gentiment, si vous le voulez, vous pouvez le prendre car un monsieur vient de me dire que ça ne valait plus rien car on ne trouve plus de film à mettre dedans !
Sapristi me dis-je, en voilà encore un qui sait de quoi il parle ! Tout d’abord, j’informe la dame que c’est faux et que Lomography a repris la production et la distribution de ces films (depuis 2012), qui se trouvent donc assez aisément chez certains distributeurs et en tout cas via Internet. Je lui raconte même que ladite firme reproduit des appareils dans ce format mais à des prix, disons, costauds.
L’ai-je convaincue ? Toujours est-il qu’elle me remercie et insiste pour que je le prenne, gracieusement, car elle a l’impression qu’au moins j’en ferai bon usage.
L’ayant remerciée, je respecte son vœux et vous présente donc ce petit boitier sympathique qui fit plus d’un heureux dans les années quatre-vingt.
Un peu d’histoire.
En 1963, Kodak réinvente le film et le chargement de celui-ci dans les appareils photo : il insère une cartouche de 24x36mm dans une enveloppe scellée de plastique et l’on dépose le tout dans les appareils conçus expressément pour les recevoir, les Kodak Instamatic. C’est la cartouche de 126.
Ce fut un succès colossal même si la qualité intrinsèque des images étaient loin d’être aussi précises que si vous les aviez captées avec un appareil compact 24×36 classique.
En cause ? La cartouche n’autorisait pas de placer un presse – film pour assurer la planéité de celui-ci et l’absence de trous multiples pour entrainer la pellicule n’assurait pas une tension régulière (il n’y avait qu’un seul trou pour l’avance).
Mais ces petit appareils, ultra simples, compacts, rendaient la photo accessible même aux enfants, avec des résultats suffisants comme souvenirs de vacances, souvent. Les albums photo de vos parents ou grands-parents en contiennent surement.
Kodak a vendu des millions d’appareil, dont certains un peu plus sophistiqués que d’autres dans la gamme. Devant ce succès, d’autres marques, comme Agfa, ont payé la licence à Kodak pour pouvoir produire leur propre gamme, elle aussi simplifiée mais vendue par millions. Enfin, quelques marques historiques comme Canon, Minolta, Fuji, Rollei, … ont aussi sorti des appareils utilisant ce format (la fameuse cassette de 126) mais en s’attachant à fournir des appareils parfois de très grande qualité (avec cellule, des objectifs en verre, etc.).
Presque 10 ans plus tard (1972), rebelote, Kodak lance un nouveau film en cassette, réduite de moitié cette fois, le format 110. On garde les mêmes défauts et on y ajoute la nécessité d’agrandissement de ce tout petit format de 13x17mm.
Les Kodak Instamatic Pocket sont nés en même temps et l’histoire se répète : d’autres marques paient à Kodak la licence pour exploiter le format du film dans leurs propres appareils photo, dont Agfa qui introduit là aussi son fameux déclencheur Sensor et le système Repitomatic (vous pouvez charger l’appareil et ne pas déclencher sans perdre d’image). Les grandes marques citées précédemment vont encore une fois essayer de se démarquer en fabricant des tout petits appareils utilisant la cartouche de 110 mais avec une meilleure qualité de photo (voir quelques articles sur le site, comme le Voigtländer Vitoret 110 EL, le Rollei A110, le Minolta 110 Zoom, par exemple).
Tout comme la cartouche de 126, celle de 110 permet des appareils de taille réduite et si la qualité n’est pas toujours au top, elle permet d’emporter partout avec soi un appareil guère plus gros, souvent, qu’un paquet de cigarette (mais moins nocif pour la santé). Les vacances restent le terrain de jeux favoris des pocket, mais aussi toutes les manifestations festives. Là encore, on en offrira des dizaines de milliers comme cadeaux de fin d’année, de fin de cursus scolaire, d’anniversaire, de communion, …
Abandonnons un peu Kodak pour nous concentrer sur Agfa, le grand rival.
Le site de Collection-appareils reprend la gamme des appareils Agfamatic, je ne vais donc pas refaire leur travail mais vous encourager à aller le voir.
Sachez que la gamme s’inaugure avec l’Agfamatic 1000 en 1974 et se terminera en 1983 avec le Traveller. Des évolutions discrètes enrichiront la gamme mais, il faut bien l’avouer je pense, souvent on reprend de vieux modèles et un petit lifting cosmétique suffit à lui attribuer une nouvelle référence sans avoir révolutionné l’appareil. Parfois, une petite avancée technique justifie-t-elle mieux le changement de nom.
Ainsi, l’Agfamatic 3008 du jour n’est autre qu’un Agfamatic 3000 auquel on a ajouté un autre type de flash.
Pour y voir plus clair, disons que l’on peut subdiviser les modèles Agfa en familles : la famille des 1000 est celle des appareils avec des connecteurs pour Flashcube ; celle de 8 utilise les mêmes appareils mais cette fois muni d’un connecteur pour Flipflash. Attention, ça se complexifie : dans la famille des 1000, s’ils ont un flash intégré, ce sont des Flash Pocket, tandis que dans la famille des 8, s’ils sont munis d’un téléobjectif, ce sont des Télé Pocket et s’ils sont munis d’un objectif qui fait aussi macro, des Macro Pocket. Et puis il y a une exception, le 901, qui possède un moteur et sera donc très compact.
Bref, l’histoire se termine au seuil des années nonante pour la plupart des marques, chassé par les APS-C argentique puis par l’avancée du numérique et de ses compacts.
Fin des années nonante, Kodak, en pleine tourmente financière, abandonne le format 110, puis se sera le tour de Fujifilm en 2009. Mais Lomography reprend le flambeau en 2012 et relance la vente de ces films, la fantaisie en plus.
Alors oui, le format 110 existe toujours et il offre encore des possibilités de photographies amusantes, même au temps du numérique.
Présentation de l’Agfamatic 3008 Pocket.
Comme je l’écrivais un peu plus haut, le recyclage était de mise chez Agfa. Ainsi, le 3000 qui a servi de base au 3008, ressemblait au 2000, qui ressemblait au 1000 … mais en plus performant : l’exposition se règle avec 4 pictogrammes météos, chacun de ces pictogrammes donnant un couple vitesse/ouverture et possède un objectif plus lumineux, un Apotar Couleur de 26mm à 3 lentilles (en verre et résine) ouvrant à f6,3 jusque 16.
L’utilisation d’un flash est assuré par un Cubeflash.
Pour le 3008, on reprend la même formule : un objectif Apotar Couleur de 26mm à 3 lentilles ouvrant à f6,3 jusque f16 ; les 4 pictogrammes météo qui donne un couple vitesse/ouverture : 1/50s à f6,3 ou 1/100s à f6,3, ou 1/100s à f9,5 ou 1/100s à f15 et un connecteur flash pour FlipFlash.
Petit aparté concernant le Flip-flash. Avant lui, il existait un petit flash carré, appelé Magic-cube, qui proposait 4 lampes flashs, à jeter. Le Flip-Flash lui en propose 2 x 4 (il suffit de retourner la plaquette) dans un format très fin et qui ne nécessite pas de pile. Outre sa plus grande capacité, son autre avantage est de présenter les éclairs plus haut qu’avec le Magic-Cube et donc assure une meilleure illumination du sujet, ce qui permet d’éviter l’effet yeux rouges lorsqu’on réalise un portrait.
Le 3008 bénéficie aussi du système de chargement/armement appelé par Agfa Repitomatic et que l’on doit au génial inventeur Alfred Winkler (1976): ce système permet, en un seul mouvement coulissant d’une moitié de l’appareil photo, de faire avancer le film d’une image, d’ouvrir le protège objectif, d’armer l’obturateur et, s’il en est équipé, de faire tourner le flash. L’appareil reste en position ouverte le temps de la prise de vue puis vous pouvez le refermer et le bloquer par un loquet coulissant ou refaire la manœuvre pour la photo suivant.
Comme les autres appareils, il est équipé de la grosse pastille orange, le déclencheur Sensor, une autre belle invention destinée elle a éviter le flou de bougé. Lorsque vous regardez ce disque, vous constatez qu’il est au milieu d’un cercle, une collerette de 0,7mm de haut, qui n’a d’autre but que d’amener votre doigt au centre du disque orange, en plastique (un disque de 16mm) qui se trouve au-dessus du bouton proprement dit. La course est très courte (0.5mm) et il suffit d’une force de 300gr sur le disque pour déclencher l’appareil. Cette pastille orange sera non seulement un signe de reconnaissance mais aussi un argument publicitaire puissant.
Petite publicité de 1975 pour des appareils au format 110. Vous pouvez y lire les spécifications de chacun et comparer les prix (en francs français)
Source : Collection-appareils. Photo-Odéon 1975.Une petite idée des forces en présence à l’époque.
Dans le coffret de présentation, vous trouviez donc l’appareil, une dragonne en métal très à la mode en ce temps-là, un film, un mode d’emploi et, selon le coffret acheté, soit un FlipFlash ou un module Lux 234 que l’on branchait sur le connecteur du flash.
Cette image ne vous rappelle rien ? Il y en eut tellement, offerts comme cadeau pour toutes les circonstances de la vie …
Très simple d’emploi, ce petit appareil a eu beaucoup de succès. N’importe qui pouvait s’en servir, à la limite même sans le mode d’emploi. Vous pouviez le glisser dans n’importe quelle poche et le sortir au bon moment.
Que penser de cet appareil ?
Ce sont des appareils photo que l’on trouve facilement en brocante/braderie, chez les vide-grenier, Emmaüs et dans de nombreux tiroirs ou greniers.
Pour les plus jeunes qui ont envie de découvrir les joies du format 110, je dirais que la chasse est ouverte. Il n’est pas nécessaire de se tourner vers les appareils plus sophistiqués pour lesquels j’ai écrits quelques mots ci-dessus mais dans la gamme Agfamatic, je conseillerais de rester dans la famille des 8, justement à partir du 3008 jusqu’au 6008 et les Optima.
Vous savez que je fustige souvent les prix pratiqués notamment par Lomography pour ses nouveaux appareils au format 110. Car vous pourrez trouver facilement et à des prix bien plus décents, des 110 encore en pleine forme et qui n’attendent que vous.
Mais beau joueur, le site Lomography présente quelques photos prises avec cet appareil ICI, d’autant plus la plupart de ces images sont captées sur pellicule … Lomography !
Ceci étant dit, à une époque où le vintage gagne du terrain, voici un moyen amusant de se replonger dans les années septante et quatre-vingt.
Cela vous tente-t-il ?
Vidéo d’illustration
Un peu de technique.
Appareil photo de poche
Agfa, Allemagne
Film photographique format 110
Format négatif 13x17mm
Transport de films manuel
Contrôle de l’exposition manuel par pictogrammes météo
Objectif fixe Couleur Apotar de 27mm ouvrant à f6,5
Obturateur avec vitesses de 1/50s et 1/100s
Déclencheur de type Sensor
Sécurité de fermeture
Pas d’avancement du film si armement sans déclenchement, système Repitomatic
Flash via Flashbar ou module flash Agfamatic Lux 234
Pour finir la trilogie des appareils étranges achetés lors de la 25ème Foire de Cormontreuil, il me fallait un autre format, si possible (beaucoup) plus petit que le Sony Instant Pass Photo que je vous proposais il y a peu.
Notre ami, Monsieur Loiseau avait encore dans ses cartons ce petit boitier, avec son sac d’origine en plus, et je vous avoue que je suis très content de l’avoir trouvé car cela faisait un moment que je le cherchais. Car après le Rollei A110, le Voigtländer Vitoret 110 EL et le Pentax Auto 110, ce Minolta est dans ce qui se faisait de mieux au format 110.
Nous allons le découvrir …
Un peu d’histoire.
Pour en rassurer quelques un(e)s, je ne vais pas reprendre toute l’histoire de Minolta, qui pourtant le mérite bien, mais comme ils ont bien fait ce travail chez Collection-appareils, je vous renvoie au lien que j’ai posté tout en bas de l’article, comme d’habitude.
Alors je vais juste revenir sur l’histoire, rapidement, de ce format que l’on croyait disparu mais que Lomography a remis au goût du jour depuis 2012.
En 1963, Kodak lance un nouveau format et un nouveau film, le 126. En fait, il s’agit d’une pellicule 24×36 insérée dans une cassette en plastique, qu’il suffit de glisser toute entière dans la chambre de l’appareil. Plus besoin de ce fait de tirer une amorce à faire entrer dans une fente, parfois étroite, celle posée sur l’axe d’entrainement du film. Il semblerait que cet exercice ait toujours été délicat pour certains, malgré les inventions plus ou moins utiles, que les différentes marques ont proposées au fil du temps pour simplifier le chargement.
Voici pour l’avantage de cette invention. Au niveau des inconvénients, à la place des multiples trous placés sur les bords d’un film classique et qui assure une traction régulière et une tension juste de la pellicule, il n’y en a plus qu’un. Ensuite, sur la porte arrière des appareils photo il y a une plaque métallique, montée sur ressort, qui assure une légère pression sur le film et assure ainsi sa planéité. Ici, comme le film est prisonnier de sa cassette, il n’y a pas moyen d’assurer cette pression. Le film n’étant pas tout à fait à plat, les images sont un peu déformées car les bords peuvent s’incurver, d’autant que la traction n’est pas uniforme.
Mais ces quelques inconvénients ont été balancé par une stratégie publicitaire agressive de Kodak, relayée ensuite par d’autres marques qui ont opté pour ce format afin de ne pas laisser s’échapper un marché en pleine explosion.
C’est l’époque des Kodak Instamatic et autre Agfa Sensor, fabriqués à la pelle et de faible qualité*. Toutefois, ce type d’appareils offrait une photographie décomplexée et facile, y compris pour les plus jeunes.
*Soyons bien clair : lorsque j’écris que ces appareils étaient de faible qualité, je n’exclus pas les nombreuses inventions présentes sur ces boitiers. J’en ai recensées quelques unes dans les articles consacrés aux Kodak Instamatic et Agfa Sensor.
Des millions d’appareils ont été vendus, offerts lors des communions, pour de bons résultats scolaires, des petits cadeaux de St Nicolas, Père Noël, etc., toutes marques confondues. Si la plupart, comme je l’écrivais plus haut, ne sont pas de bonne qualité (lentille en plastique, vitesses uniques ou très réduites, etc.), d’autres ont fait l’objet d’attentions particulières pour essayer de résoudre les problèmes évoqués (Rollei, Minolta, etc.).
Pourtant, en 1972, Kodak remet le couvert, avec une autre invention, les Pocket et leurs films avec un nouveau format, encore plus petit, le 110.
Sur le fond, on reprend le même principe : une cassette en plastique dans laquelle on insert un film cette fois de la moitié du 24×36, soit le 11x17mm.
Pourquoi cette invention ? Pour permettre de diminuer encore la taille des appareils photo, que l’on peut glisser cette fois réellement dans une poche. L’histoire se répète : les appareils sont souvent simplistes et les qualités du film assez limitées, d’autant que le taux d’agrandissement est plus élevé que pour le film standard. Voici venu le temps des Kodak Instamatic Pocket, des Agfamatic encore une fois vendus par camions entiers (on estime qu’environ 60 millions de Kodak Instamatic Pocket se sont vendus entre 1972 et 1984, date de fin de l’épopée).
Les défauts du film sont les mêmes, ceux des appareils aussi. Sauf que certaines marques essaient encore de se démarquer et propose des appareils plus élaborés, mieux finis. Canon, Rollei, Minolta, Fuji, Pentax, par exemple, se sont lancés dans l’aventure mais avec des appareils, certes plus chers, mais autrement plus qualitatifs.
Toutes les bonnes histoires, hélas, ont une fin : 1985 pour Kodak, 2009 pour Fujifilm, qui arrêtent la fabrication de la célèbre petite pellicule.
Et puis, happy end (fin heureuse), en 2012, Lomography relance le format et recrée à la suite quelques appareils dans ce format.
Maintenant, je gage que toutes les personnes de plus de 40 ans ont reçu un jour un de ces appareils, qui trainent peut-être encore dans un tiroir, un grenier. Il est temps de les ressortir !
Si les plus simples ne gardent qu’un intérêt sentimental, sans doute, les plus sophistiqués n’ont rien à envier aux dernières production de Lomography, si ce n’est le … prix ! Car proposer le Lomomatic entre 99 et 189€, je trouve ça cher. Surtout que si vous cherchez bien, vous trouverez un Agfamatic 6008 ou un 901 (motorisé) pour moins de 30€. Et ce n’est qu’un exemple.
Quant aux appareils plus sophistiqués auxquels je faisait allusion ci-dessus, à moins d’être collectionneur et de chercher la perle rare, vous les trouverez entre 50 et 150€. Le prix de leur histoire et de leurs performances !
Présentation du Minolta 110 Zoom SLR.
Nous allons aujourd’hui découvrir un de ces pocket qui sort de l’ordinaire, le Minolta 110 Zoom SLR.
Et déjà, je vous sens attentif : SLR ? Oui, cet appareil est un réflex … de (grande) poche.
Produit de 1976 à 1979, cet appareil est le premier réflex au format 110 (le Pentax Auto 110 sortira en 1978).
Comme je l’écris souvent, Minolta était une marque pleine d’idées, disparue trop tôt à mon goût et en termes d’innovations, ici, ils ont fait fort : le Minolta 100 Zoom SLR possède un prisme de visée, une cellule au CdS externe, un zoom, une griffe flash synchronisée et c’est un automatique à priorité ouverture. Nous allons voir ça en détails …
Tout d’abord, la forme de l’appareil annonce la couleur : il est aplati, comme les autres 110 si ce n’est qu’on lui a greffé un prisme sur le dessus et que son objectif est proéminent et externe, tout comme la cellule.
C’est un appareil automatique à priorité ouverture. La cellule au CdS assure la mesure de la lumière. On peut même compenser l’exposition (+2EV) par contre, impossible de travailler en tout manuel. Autre particularité de cette compensation d’exposition, elle permet d’utiliser des films d’autres sensibilités que les 100 et 400Iso sélectionnés automatiquement par l’ergot de la cartouche. On met sous tension la cellule en appuyant à mi-course sur le déclencheur. Pour sélectionner le contrôle d’exposition, il faut pousser vers l’avant le petit bouton et le pousser vers la droite ou la gauche.
Ce que l’on remarque immédiatement, c’est le gros objectif, au milieu de l’appareil : un Rokkor macro qui est un zoom interne à mise au point manuelle de 25 – 50mm ouvrant à f4,5 – f16, qui offre la possibilité de travailler en macro jusqu’à 28cm du sujet. Ce zoom est un équivalent 50 -100mm en 24×36. Un pare-soleil, en alu, est intégré et fileté au diamètre de 40,5mm pour les filtres (filtre UV jaune et 1B vendus par Minolta).
L’obturateur offre des vitesses de 10s au 1/1000s plus la pose B et une vitesse X synchronisée au 1/150s. La griffe flash possède un contact central pour flash électronique, elle est posée sur le rectangle qui sert de prisme. Le mode B et X permettent aussi de déclencher même sans piles. A côté de la griffe flash, une molette que l’on peut faire bouger si on appuie sur le petit bouton sur le côté (afin d’éviter des changements intempestifs), permet de sélectionner les modes B – X (flash) – A (automatique). Cette dernière est la position la plus habituelle.
A noter que la sélection des ouvertures est curieusement décalée sur le côté, autour de la cellule en fait, avec rappel sur le dessus de la sélection.
Un mot sur le prisme : Minolta a remplacé le pentaprisme par un ensemble de miroirs. Les miroirs s’articulent latéralement plutôt que vers le haut, de sorte que le résultat est une bosse plus petite que les prismes classiques des reflex.
Le déclencheur, posé sur le dessus de l’appareil, est bien positionné lorsque l’on tient l’appareil en mains. Il est muni d’un filetage pour un déclencheur souple et il est pourvu d’un verrou de sécurité, à côté.
Le viseur n’a pas de stignomètre mais un micro-prisme fin au centre. A droite, 2 triangles pour le posemètre : un jaune pour la sous-exposition et un rouge pour la sur-exposition (et pour le contrôle de la batterie). En tournant la bague des ouvertures, on éteint les flèches si l’exposition est correcte.
Enfin, pour faire avancer le film et armer l’obturateur, il faut utiliser le levier qui est sous l’appareil avec son pouce droit. Un peu comme sur les anciens Kodak Retina.
On peut aussi monter l’appareil sur un trépied car il y a un filetage sur le côté gauche mais il sera alors en position verticale, à moins d’avoir une rotule qui permette de le remettre à plat.
La trappe pour les piles est elle sur la droite (2 LR ou SR44 de 1,5v). On peut vérifier les piles avec le petit bouton rouge, coincé entre le déclencheur et le prisme.
Pour ouvrir l’appareil et y glisser la cartouche de 110, il suffit de faire glisser le petit bouton à côté du viseur.
Cet appareil a séduit par sa singularité mais il sera remplacé en 1979 par un Minolta 110 Zoom Reflex Mark II au look beaucoup plus consensuel, celui d’un vrai mini-reflex (objectif non interchangeable, au contraire du Pentax Auto 110 qui proposait 3 objectifs différents).
Vous savez maintenant quel autre Minolta je vais rechercher !
Que penser de cet appareil ?
Vous savez que j’aime les appareils qui sortent de l’ordinaire et celui-ci fait partie de la famille des boitiers originaux.
Est-il facile à utiliser ? Paradoxalement, oui car sa tenue en mains, qui ressemblent plus au port de jumelles, est équilibrée et les commandes sont judicieusement placées. Mais il faut maintenir les coudes au corps pour ne pas bouger en cas de vitesses lentes.
Personnellement, je regrette l’absence d’un sitgnomètre, toujours plus simple pour bien faire la mise au point mais le dépoli est très fin et précis.
Avec sa forme bizarre soit vous intriguerez les autres photographes curieux, soit ils penseront que c’est un nouveau modèle de numérique !
Mais vous ne passerez pas inaperçu, pas autant qu’avec un pocket 110 plus classique en tout cas.
De ce que j’ai pu lire à son sujet en préparant cet article, les photos qu’il délivrait étaient de bonne facture, grâce sans doute à son excellent objectif et à sa cellule, précise. La gamme de vitesses disponibles assurait aussi de faire face à presque toutes les situations de prise de vue.
Pour des exemples de photos prises avec ce boitier, c’est par ICI.
S’il reste un appareil atypique, il n’est pas rarissime et il reste abordable : comptez entre 50 et 100€ pour un modèle en parfait état avec sa gaine d’origine.
Plutôt que le formalisme des classiques, oseriez-vous le Minolta 110 Zoom SLR ?
Des vidéos d’illustration.
Un peu de technique.
Minolta 110 Zoom SLR Format 110 Introduit en 1976 jusque 1979, Japon Type SLR Mini (Single Lens Reflex = reflex à un seul objectif) dans la catégorie miniature Matériau du corps : Métal/plastique Mode Auto, priorité ouverture Poids 460 gr, Corps avec objectif Gamme ASA 100 – 400 et autres grâce à la correction d’exposition Objectif Rokkor zoom 25 – 50mm f4,5 – f16, Il comporte 10 lentilles, et une position macro permet la mise au point à environ 28cm (équivalent 50-100 en 24×36, coefficient de x2 par rapport au 24×36) Taille du filtre 40,5mm Posemètre au CdS, externe Levier d’armement sous l’appareil Obturateur avec vitesses de 10s au 1/1000, plus pose B, synchro X Correction d’exposition : oui +2 Griffe flash avec point de synchro X au 1/150s Alimentation par 2 piles SR44/LR44 (3v)
C’est un long article (en anglais) découvert sur Fstoppers qui m’a fait penser à cet article, dans une époque où décidément les leçons de l’histoire n’ont toujours pas été retenues.
Que ce soit une volonté de retour à des ordres anciens qui ont prouvé toutes leurs horreurs ou des empires qui vacillent, des politiques qui s’égarent, des économies qui se délitent, l’humain a la fâcheuse tendance à se souvenir mais pas à utiliser les leçons pour éviter les erreurs ou le pire.
Ici je parlerai d’une erreur stratégique qui se répète alors qu’elle a déjà emporté quelques fleurons de l’industrie photographique et donc que l’on aurait pu éviter ou en tout cas, amortir.
Mais vous allez comprendre ….
Un peu d’histoire.
Canon – Nikon – Sony, trois grandes marques bien connues et pourtant, je vais commencer par celle de … Kodak.
Cette gigantesque entreprise, née du cerveau fécond d’un génial inventeur, Georges Eastman, a (presque) tout imaginé dans le domaine de la photographie. Du premier appareil photo préchargé (1888), à la commercialisation du premier film sur support souple (1888), le premier papier photo pour l’imagerie médicale (1896), le premier pliant avec un film standard (1897), le premier appareil photo destiné au grand public (Brownie, de 1900 jusque 1980), la première photographie couleur (1935), les premiers films en cassette (1963 – 1972), le premier appareil numérique et la première photographie numérique (1975), elle a monopolisé un empire mondiale sur la photographie. Grâce à une publicité bien rodée et imaginative (you press the button, we do the rest = vous pressez le bouton, nous faisons le reste), elle s’est imposée partout dans le monde comme fournisseur de film et de papier. La (grosse) majorité de ses revenus provenaient d’ailleurs de cette seule activité.
Engluée dans le confort de ces revenus confortables, elle n’a pas voulu entendre ni envisager à temps les évolutions de la technologie et, elle qui fut pionnière en la matière, elle rate le départ de la photographie dématérialisée ou numérique et ne se diversifie pas à temps. Résultat ? Elle dépose le bilan en 2012 et se place en protection judiciaire pour éviter la faillite totale.
Un autre exemple frappant ? Celui de Polaroid. Là encore, un homme extraordinaire et imaginatif invente le film à développement instantané (1943) et les appareils qui vont avec cette expérience (1948, le Polaroid 95). Tout au long de la vie de Polaroid, les inventions se succèdent comme le temps de pose automatique (1950), la photographie instantanée couleur (1963), un réflex à développement instantané (1972, le SX70), un système de sonar pour calculer la distance (1978), le calcul de la lumière couplé, l’invention d’un film en 8mm à développement instantané, une développeuse intégrée à la lumière du jour de film 24×36, le Polaroid qui parle (1995). Ici aussi une politique marketing inventive pousse la firme dans le monopole de la photo à développement instantané. Ce confortable fauteuil, posé sur des revenus solides font oublier aux dirigeants que la technologie n’est pas figée et eux aussi ratent le tournant de l’épopée numérique. En 2008, elle dépose son bilan.
Source : bible-marques.Une famille au grand complet est réunie autour de la table et pose pour une photo souvenir. Le père cadre tout le monde et à peine a-t-il déclenché l’appareil que sa mère lui demande : « – Où est la photo ? – Il faut porter le film à développer… – Alors pas de photo ? – Maman… – La voilà, ta photo ! ». Elle lui tend alors un Polaroid qu’il utilise aussitôt. Voix off : « Avec le Polaroid 1000, c’est si simple d’avoir de belles photos couleurs en quelques minutes. Polaroid 1000, l’appareil le plus simple du monde ».
Canon – Nikon – Sony
Le monde de Canon et Nikon.
En 2013, le Canon 5D Mark III et le Nikon D800 étaient les appareils les plus vus : leur taille, leur poids, le son de leur miroir en rafale, tout indiquait qu’ils s’agissait bien d’appareils sérieux et dignes de confiance.
Canon et Nikon représentait les 3/4 du marché de la photo et plus encore chez les professionnels. Oui, Pentax fabriquait de bons appareils, Sony n’était pas en reste avec les siens, hérités du savoir-faire Minolta avec la monture A mais ils étaient destinés aux amateurs.
Si vous aviez autour du cou un Canon 1DX ou un Nikon D4, vous étiez un professionnel.
Vous aviez accès à un catalogue complet d’accessoires pensés depuis des décennies de photographes avant vous, vous bénéficiez d’un support technique efficace et, surtout, vous étiez crédible, un vrai photographe !
A gauche, les objectifs EF de chez Canon ; à droite, les objectifs Nikkor FX – DX de Nikon
Cette domination concernait tout l’univers photographique : boitiers, objectifs, flashs, accessoires, centre de services et, surtout, les réseaux des photographes. Si vous étiez dans la photo de sport, vous étiez chez Canon parce que les journalistes des magazines étaient Canon ; si vous étiez dans la photo de mariage, vous étiez Nikon parce que les grands du secteur étaient chez Nikon.
Bien sûr, les deux grands avaient fait une incursion dans le monde des appareils sans miroir (2012), mais l’un avait choisi de le faire avec un APS-C (le Canon M50) et le second avec un capteur encore plus petit, de 1 pouce, pour le Nikon 1 Serie. C’est clair qu’ils réservaient cette technologie aux boitiers pour débutant, pour amateurs, les pros ayant besoin d’un vrai bon gros et lourd appareil !
L’arme secrète de Sony : une longue préparation stratégique.
Et Sony dans tout ça ?
Depuis son rachat de la division Konica-Minolta en 2006, il avait en fait acheté en une fois des décennies d’expertise en optique et la base de ce qui allait devenir son système à monture A, l’ancienne monture Minolta.
Les deux géants ont vu cette entrée dans leur monde comme quelqu’un qui achète son billet dans une pièce qu’il ne connait pas.
Mais dès 2010 Sony expérimentait sur l’α77 le miroir fixe translucide (SLT pour Single-Lens Translucent) parce qu’il possédait déjà d’un autofocus à détection de phase permanente utilisé en vidéo et il avait déjà des viseurs électroniques haute résolution. Avec le α99, il tâtait du plein format. De fait Sony expérimentait déjà l’expérience du viseur électronique et pensait à l’image de manière informatisée alors que Canon et Nikon perfectionnaient encore et toujours le viseur optique.
Puis en 2010 toujours, Sony lancé son système hybride APS-C NEX, construit autour de la monture E, nouvelle et qui deviendra celle de son plein format. Pendant trois ans, ils ont développé un écosystème hybride et ils ont testé le marché, affiné l’expérience utilisateur.
L’α7 n’est donc pas surgi du néant : c’était la fusion bien calculée de la technologie du capteur plein format de la gamme en monture A et de leur système éprouvé de la monture E sans miroir avec les NEX.
La gamme des hybrides Sony 2023
De plus, un autre fait ne doit pas être omis. Sony n’est pas seulement un fabricant d’appareils photo, ils étaient et sont toujours les premiers fournisseurs mondiaux des capteurs numériques. Nikon, par exemple, se fournissait chez eux pour ses réflex.
En matière de Recherche et Développement, Canon et Nikon ne pouvait tout simplement plus égaler Sony
Octobre 2013 : la révolution que personne n’a vu venir.
Alors quand en 2013 Sony lance sur le marché un appareil plein format, comme Canon et Nikon, qui ne pèse que 474gr nu, cela tient de l’impossible ! C’est le Sony α7.
Mais Sony n’avait pas fini de sonner ses concurrents car non seulement il miniaturisait la taille du boitier mais il repensait même l’univers de l’appareil photo.
Vous allez comprendre : les montures Canon et Nikon ont été développées depuis longtemps (1987 pour la EF de Canon et … 1959 pour la F de Nikon). Ces montures ont été conçues pour des appareils à miroir, ce qui impliquait que l’objectif devait être loin du film ou du capteur ensuite. Ce que l’on appelle la distance de bride était de 44mm pour Canon et 46,5mm pour Nikon.
Or la monture E de Sony n’a une distance de bride que de 18mm puisqu’il n’y a pas de miroir.
Premier avantage, l’appareil peut être moins épais et, second avantage, les objectifs peuvent être plus près du capteur. Et là c’est un autre coup de génie car si on ne sait pas monter un objectif à bride courte sur un boitier à bride longue, l’inverse est vrai, moyennant un adaptateur.
Du coup, avec un adaptateur Metabones, vous pouviez monter tous vos Canon série L sur l’α7, tous vos cailloux Nikon, même de vieux objectifs Leica, des russes, etc. bref tout ce que pouvait couvrir les Metabones (qui évoluaient très vite pour garantir les relais autofocus par exemple).
Coup de génie ai-je écris plus haut car de fait, Sony venait de proposer un système professionnel qui pouvait utiliser les objectifs de grande qualité développés depuis des années par les autres. Or on sait que ce qui freine le passage d’une marque à une autre, c’est justement les investissements faits notamment dans les focales qui, in fine, coutent souvent plus cher que l’appareil lui-même.
Et puis, le viseur de l’α7 vous permettait de voir en direct les résultats de vos réglages lors de la prise de vue, alors qu’avec un réflex classique il vous faut regarder a posteriori le résultat de votre image.
Toute l’expérience de Sony dans les caméras de sa marque entrait dans l’appareil photo. Pendant que Canon et Nikon construisaient des appareils optiques raffinés, Sony faisait entrer en ordinateur dans un appareil photo. C’était une révolution !
Les errements des Conseils d’Administration.
Chez Canon et Nikon, il semble bien qu’ils aient largement sous estimé le tsunami en cours.
Pire, ils ont cru que ce petit boitier, moitié moins lourd qu’un vrai appareil professionnel, n’allait pas pouvoir répondre aux besoins des photographes pro : avec leurs gros boitiers, ils offraient la solidité, l’ergonomie, l’autonomie, l’étanchéité et un système fermé d’optiques irremplaçables.
Pour eux il était certain que la taille et le poids vous assurait d’une qualité et d’un sérieux qu’un petit appareil ne pouvait vous donner.
Ensuite, ils étaient persuadés que le catalogue impressionnant de leurs objectifs (plus de 70 chez Canon et plus de 90 chez Nikon), dans lesquels les photographes avaient investi des sommes importantes, resterait un frein puissant contre le changement de marque.
Enfin, surtout chez Canon, ils protégeaient leurs marques phares : ainsi, ils avaient développé une gamme de caméras vidéo pour les cinéastes professionnels et donc bridés les capacités de leur appareil photo en vidéo afin de ne pas se créer de concurrence interne.
Mais ils avaient oublié que si les photographes pro ne se plaignaient pas des 20kg de matériel à transporter c’est parce que, à l’époque, ils n’avaient pas le choix. Or Sony venait de le leur donner ce choix !
Ensuite, Sony n’avait pas un héritage photo ancien à protéger. Ils ont donc intégré leur meilleure technologie vidéo dans les boitiers car la norme était maintenant à la prise de vue hybride (photos et vidéos pour le même photographe pro). Si Canon protégeait encore sa ligne cinéma, Sony offrait les deux.
Pendant ce temps là, Canon développait encore sa gamme APS-C mais prévoyait une monture RF plein format qui serait incompatible avec la M tandis que Nikon développait toujours son Nikon 1 à petit capteur. Décidément, pour eux en ce moment, le sans miroir restait encore cantonné au grand public, à ceux qui n’avaient pas besoin d’un vrai appareil photo.
Plus triste encore, ils ont vu le dessein de Sony (l’hybride plein format professionnel) mais ils ont décidé de l’ignorer, c’étaient eux les précurseurs, les innovateurs tout de même !
La traversée a duré 5 ans.
Pendant 5 ans, Sony occupé seul tout le marché du sans miroir plein format. Et ils ont avancé à marche forcée : en 2014, ils apportaient la stabilisation intégrée sur 5 axes au plein format ; en 2015, ils ont lancé un capteur révolutionnaire à 42Mpx (l’a7R II) et un autofocus amélioré ; en 2017, l’α7R III a ajouté deux emplacements pour cartes, une batterie plus costaude, un autofocus encore plus rapide et à revu l’ergonomie du boitier.
Si leurs premiers objectifs n’étaient pas nombreux ni de la meilleure qualité (ils comptaient sur ceux des autres), en 2016 ils ont lancé la Série G Master et la qualité a fait un bond remarqué. De plus, les fabricants tiers (Sigma, Tamron, Zeiss) se sont engagés dans le monture E avec leurs meilleures gammes.
Canon et Nikon ne s’endormaient pas. En 2017, Nikon lançait sans doute le meilleur reflex numérique de tous les temps, le Nikon D850, qui a remporté de nombreux prix, devant le Sony. Ce qui renforçait encore le biais cognitif de la marque vis-à-vis du sans miroir, à savoir que les professionnels resteraient fidèles au réflex numérique.
C’est en 2018 que Sony a enfoncé le dernier clou. En février, il sortait l’α7 III, spectaculaire : 693 points de mise au point automatique à détection de phase couvrant 93 % du cadre ; un système Eye-AF capable de suivre l’œil d’un sujet même lorsqu’il tournait la tête ; une prise de vue en rafale de 10 ips avec suivi AF continu ; deux emplacements pour carte SD pour la sauvegarde et le débordement ; possibilité de filmer en suréchantillonnage 4K depuis toute la largeur du capteur à 24p (1,2× recadrage à 30p). Et, cerise sur le marteau, au lancement, il ne coûtait que +/- 2 000 € en boîtier seul (soit près de +/- 1 500 € de moins que le Canon 5D Mark IV).
Avec lui, le professionnel pouvait filmer une cérémonie en 10i/s avec Eye-AF en vérifiant que chaque image était nette, puis il pouvait passer à la vidéo 4k lors de la réception et ce avec une qualité d’image époustouflante et avec un boitier très discret.
Dès ce moment, Sony ne vendait plus un appareil photo mais un système complet et mature capable de gérer n’importe quelle mission professionnelle.
Un grand moment de panique.
Canonn et Nikon se devaient de réagir mais ils ne l’ont fait qu’en … 2018.
Canon lançait l’Eos R tandis que Nikon lançait les Z6 et Z7, trois appareils plein format sans miroir destinés à concurrencer Sony de front.
A gauche, le Canon R ; à droite, les Nikon Z6 et Z7
De prime abord, ils semblaient compétitifs : le Canon R possédait un capteur de 30Mpx et toute la science des couleurs de la marque, tandis que Nikon proposait 45,7Mpx avec son Z7 et la qualité légendaire de construction du boitier. Ils ont aussi bien appuyé sur les qualités de leurs nouvelles montures, la RF et la Z.
Cependant, quand les critiques et les professionnels ont testé ces appareils, ils ont dû se rendre à l’évidence : Canon et Nikon venaient juste de reproduire ce que l’α7 originel proposait en … 2013. Et Sony en était à la troisième itération du nom !
Que leur reprochait-on ?
Tant le Canon R que les deux Nikon Z n’offraient qu’un emplacement pour carte SD ; l’α7 III en avait deux.
L’autofocus du Canon R, même s’il était bon, ne parvenait pas à concurrencer les 693 points du Sony ni le très sophistiqué suivi Eye-AF, et ne parlons pas de la vidéo, inadaptée pour des travaux professionnels.
Les deux Nikon, surtout le Z7, étaient meilleures que le Canon R mais leur mise au point automatique était clairement à la traine par rapport au Sony α7 III.
Enfin, tous les deux ont lancé ces appareils sans les étoffer d’une gamme sérieuse d’objectifs dédiés aux nouvelles montures. Mais ils proposaient des adaptateurs pour leurs anciennes gamme d’objectifs … comme Sony l’avait fait, en 2013.
Dès lors, les professionnels qui espéraient que Canon et Nikon sortent des nouveautés capables de concurrencer le nouveau venu, ont finalement acheté … Sony.
Et finalement ?
La force des deux constructeurs historiques fut de réagir très rapidement, enfin : en 2020, Canon sortait les R5 et R6 qui gommaient les erreurs du Canon R et ajoutait la vidéo en 8k, impressionnante. Nikon ripostait avec le Z6 II et Z7 II, eux aussi avec deux emplacements pour cartes et des corrections importantes. Puis, ils ont ajouté les impressionnants Z8 et Z9. Ils prouvaient qu’ils étaient capables de produire des reflex sans miroir capables de rivaliser directement avec le modèle phare de Sony, le α1.
A gauche, le Canon R6 ; au centre, le Nikon Z9 ; à droite, le Sony a1
De nos jours, Canon a été le plus agressif et les chiffes récents montrent qu’ils ont rattrapé Sony, voire qu’ils l’ont dépassé sur certains marchés. Mais cela reste une guerre à trois impressionnante.
Toutefois, Nikon et Canon ne pourront sans doute jamais récupérer les 5 années perdues : Sony en a profité pour construire un écosystème qui reste à ce jour le plus complet dans les appareils sans miroir ; ils ont une des gammes d’objectifs natifs la plus complètes et, surtout, les fabricants tiers comme Sigma et Tamron leur apporte leur soutien et ne s’ouvrent que lentement aux objectifs des rivaux.
Mais, et c’est sans doute le plus important dans cette histoire, toute une génération de photographe est entrée sur le marché professionnel en s’équipant chez Sony et ils ont construit leur business sur la monture E.
Quelle leçon retenir de cette histoire ?
Si une révolution se prépare, ne vous endormez pas !
Dites-vous bien que l’histoire du Sony α7 s’étend bien au delà de la sphère des seuls appareils photo. De fait, c’est un cours magistral sur les dangers de la pensée en place face aux perturbations.
Sony a compris quelque chose que Canon et Nikon n’ont pas compris : le marché des appareils photo était en pleine transformation. Il ne s’agissait pas seulement de passer des miroirs aux hybrides. Il s’agissait de passer des instruments optiques à la photographie informatique. Des appareils photo à usage unique aux outils hybrides. Des systèmes basés sur des technologies héritées aux plateformes conçues pour l’avenir. (Alex Coke)
Car comme je le signalais dans un peu d’hsitoire, celle-ci s’est répétée, comme chez Kodak, comme chez Polaroid, pour ne rester que dans notre domaine, celui de la photographie.
Canon et Nikon avaient toutes les cartes en mains : la reconnaissance de leurs marques, le réseaux des revendeurs, les budgets pour un bon marketing, des années d’expertise reconnue. S’ils avaient pris la menace Sony au sérieux en 2013 et répondu au plus tard en 2014 – 2015 peut-être la face de l’histoire eut pu être différente. Car il ne faut pas oublier que Sony c’est un empire étendu dans d’autres domaines, qui font d’énormes bénéfices. Si la concurrence avait été rude et rapidement compétitive, qui sait s’ils n’auraient pas abandonné le marché ?
Mais non, ils ont attendus, persuadés que les clients allaient leur rester fidèles. Comme Kodak et Polaroid avant eux, ils ne se sont réveillés que lorsqu’ils ont vu que le sol se déplaçait sous leur pieds !
Ils n’ont pas perdu la guerre, ils étaient assez forts, mais une grande bataille, idéologique : maintenant ils vont devoir encore se battre pour récupérer un terrain qu’ils n’auraient jamais du perdre.
Car si vous regardez maintenant les coulisses des jeux Olympiques, par exemple, vous verrez autant d’appareils noirs aux objectifs blancs que de réflex noirs et rouges aux objectifs dorés, que de sans miroir noirs avec une bague orange autour des mêmes objectifs.
Conclusion.
Cette (longue) histoire prouve une fois de plus que l’on retient rarement les leçons du passé car il faut aussi du courage pour penser autrement, pour accepter de voir les choses sous un angle différent et ne pas se contenter de se reposer sur des acquis, certes confortables mais illusoires sur le long terme, surtout lorsque l’on est une entreprise.
Au delà de tout ceci, revenons au sujet des appareils qui nous préoccupent : les Canon gardent leur ergonomie et la limpidité de leurs menus, toujours pas égalée ; les Nikon, eux, assurent toujours une construction irréprochable et une ergonomie elle aussi agréable. Pour ma part, je pose à leur sujet un constat qui est comme une porte ouverte que l’on enfonce : ces appareils sont construits sur un modèle ancien, celui de répondre aux attentes des photographes et pour les photographes. Chez Nikon, plus encore que chez Canon, on écoute les professionnels et on ajuste par petites touches les corrections nécessaires.
Par contre, chez Sony, ce sont des appareils conçus par des ingénieurs pour des photographes. Cette vision a permis les avancées que nous avons vues car ils ont eu le culot de faire entrer des ordinateurs dans le corps d’un réflex, ce que les autres avaient entrevu sans y croire vraiment. Leurs boitiers sont très bien construits, agréables mais sans cette ergonomie peaufinée par des années de pratique photographique (j’aime toujours mieux celle du α99 que du α7). Et leurs menus, s’ils commencent à s’améliorer, restent complexes et d’une logique pas toujours évidente.
Pour avoir utilisés les trois marques, si je me rallie à la thèse défendue ci-avant, je reste un utilisateur conquis des Canons, en espérant toujours qu’ils aient retenu la leçon car, et c’est un avis tout à fait personnel, je trouve qu’ils ont déjà fait des erreurs en ne s’engageant pas assez dans des compacts avec viseurs et de qualité, ce que Fuji a fait avec intelligence, jouant en plus sur le côté néo rétro qui plait de nos jours.
Regardons bien : Olympus (enfin, OM System maintenant), Fuji donc, Nikon même, ont tous dans leur gamme un ou des appareils avec cet aspect qui hésite entre tendre nostalgie et modernité. Pas Canon !
Ce n’est sans doute pas obligatoire mais ils ont dans leurs souvenirs assez de belles machines à faire revivre, un peu.
Le Mamiya C33 Professional fait partie de ces appareils mythique que l’on est heureux d’avoir en mains au moins une fois dans sa vie.
Son histoire est intéressante, vous avez pu la lire dans la première partie de cet article, et sa manipulation un peu particulière, même si elle n’est pas compliquée. Mais ses particularités ont toutes une explication rationnelle et utile qu’il est bon de comprendre pour en tirer le meilleur.
Nous allons essayer de vous les présenter … quoique les vidéos ci-dessous vous offrent une belle combinaison de manipulations.
Présentation du Mamiya C33 Professional.
Comme d’habitude, je ne vais pas faire le tour du mode d’emploi, ce serait fastidieux pour tout le monde, juste revenir sur quelques points intéressants.
La mise au point.
Ainsi que je l’évoquais dans la première partie, la mise au point utilise un système de soufflet et de crémaillère qui donne un extension d’environ 56mm. Cette extension dépend de la distance initiale requise pour la mise au point à l’infini selon chaque objectif.
Le soufflet est particulier au sens où il est divisé en deux parties, en déflecteur interne sépare la visée de la prise de vue.
Les échelles de mise au point varient d’un modèle à l’autre et elles peuvent être modernisées pour utiliser des objectifs plus récents. Cette plaque est fixée sur le cadre de montage du soufflet, à gauche.
Il est utile de manipuler les deux gros boutons en même temps pour éviter d’abîmer l’axe de sortie des platines, monté sur une crémaillère.
L’exposition multiple.
Généralement, lorsqu’on veut faire des expositions multiples, on essaie d’empêcher le film d’avancer lors du réarmement et on débraye le système d’avance.
Ici, on expose la première image, puis on passe en mode Multi avec la petite roue sur le côté droit, on réarme et on déclenche. Ne pas oublier de remettre la roue sur Single pour les autres images.
En fait cette petite roue ne fait que désengager le dispositif de prévention et pas l’avance du film.
Le chargement d’un film.
Vous avez ouvert la porte arrière et vous allez placer la bobine de film en bas, en tirant légèrement sur l’amorce que vous avez décollée et placée dans la fente de la bobine réceptrice. Pour engager les deux bobines, il faut faire tourner et tirer sur les deux boutons à gauche de l’appareil puis les remettre à leur place. Vous aller faire avancer le film avec la manivelle jusqu’à ce que la flèche inscrite sur le papier soit en face du repère (un point sur les bords). Puis vous refermez le dos et vous le bloquez. Faites encore tourner la manivelle jusqu’à ce qu’elle se bloque : vous êtes à l’image une ; il reste à tourner la manivelle dans le sens anti-horaire pour la mettre en position de repos..
Lorsque vous atteindrez la douzième image, le verrou d’avance se déverrouille et vous pouvez encore faire quelques tours pour déplacer tout le film sur la bobine réceptrice. N’oubliez pas de coller la languette de fermeture du film terminé et vous voilà prêt à tout recommencer.
Le déclenchement.
Il y a en fait trois manières de déclencher l’obturateur avec cet appareil. La première est de fixer un câble souple dans le filet prévu à cet effet et, après avoir armé l’obturateur avec la manivelle, à enfoncer le bouton de déclenchement.
La seconde est d’utiliser le déclencheur situé à droite, en dessous du filetage pour câble souple. C’est la méthode la plus simple et la plus commune.
La troisième en fait fait l’impasse sur la tige qui fait basculer le déclencheur et vous permet de pousser vers le bas directement le déclencheur placé sur l’objectif.
Vous le voyez, le reste est semblable aux autres TLR : réglage de la distance avec les deux roues qui fera avancer le soufflet et la platine d’objectifs. Vous pouvez toujours vérifier celle-ci sur la table fixée à droite, sur la platine et qui diffère selon les objectifs montés sur le boitier.
Pour les focales de 65 et 80 mm, l’échelle est sur la gauche, sous la manivelle.
L’équivalence des focales.
Quand j’écris que cet exemplaire de C33 est équipé d’un 105mm, de fait, si on le compare au standard du 24×36, on obtient une focale de 68mm.
Le 60 et le 80mm qui sont aussi prévus et qui font l’objet d’une échelle différente, représentent respectivement des focales de 37mm (un grand angle) et 51mm (la focale classique des réflex 24×36).
C’est une particularité du modèle : en fonction de l’objectif utilisé – et il ne faut pas oublier de l’indiquer lorsque vous changez d’optique sur la roue à gauche de l’appareil – vous verrez un indicateur sur l’écran de visée qui vous indique quelle partie de l’image ne sera pas vue si vous vous approchez beaucoup de votre sujet. Mamiya avait sorti un accessoire bien utile sur pied pour corriger non seulement la position mais aussi la perspective : le Paramender.
Et comme c’est plus parlant en images animées :
Les accessoires.
Ce genre de boitier s’inscrit surtout, comme son nom l’indique, dans le milieu professionnel. J’ai rencontré un photographe pour qui il fut l’outil de travail pendant des années (il en avait d’ailleurs plusieurs de la gamme) – mes amitiés Salvatore – lorsqu’il travaillait comme photographe pro pour des mariages, des photos de commandes en B2B, etc. Il en gardait un excellent souvenir mais était aussi content de son fidèle trépied !
Et, outre la gamme des objectifs adaptés aux besoins particuliers de chaque professionnel, il y avait aussi des accessoires pour aller encore un peu plus loin. Citons, en vrac :
un viseur Porroflex pour un visée réflex classique
des caches-objectifs avant et arrière
des filtres
des accessoires de trépied
des poignées
des accessoires pour glisser du film 135 au lieu du 120
des sangles de transport
des houses de protection
des dos pour mettre du plan film
etc.
Bref, tout un univers sensé rencontrer tous les besoins du photographe. Si vous surfez sur Ebay, vous aurez sans doute l’occasion de trouver l’accessoire qui vous manque …
Si vous voulez découvrir des images prises avec cet appareil, c’est ICI et LA.
Que penser de cet appareil ?
C’est un appareil que j’avais envie de manipuler au moins une fois car il fait partie de ces mythes historiques.
Il est agréable à manipuler, facile à utiliser et très polyvalent avec ses objectifs interchangeables – rare sur un TLR – et, si vous avez des besoins particuliers, pour ses nombreux accessoires.
Cependant, il est lourd : 1,8kg nu et plus de 2 kg avec ses objectifs. Il faut impérativement une bonne sangle pour le porter et un bon trépied pour le supporter. S’il ne rechigne pas à sortir, c’est surtout un appareil de studio ou en tout cas de photo posée.
Vais-je l’utiliser ? Non, mes vertèbres ne s’en remettraient pas et j’ai toujours le même souci avec ces TLR, je n’arrive pas à remettre l’image dans le bon sens !
Outre ces considérations toutes personnelles, il faut ajouter que c’est un appareil qui a fait et fait encore ses preuves et qui est toujours recherché car sur ce modèle le plastique reste encore exceptionnel alors que les suivants (pour alléger l’ensemble) y auront plus recours.
Question prix, il reste raisonnable, bien plus qu’un Rolleiflex par exemple, car vous pouvez le trouver aux environs de 250€ – 300€ avec un objectif. Les prix grimpent si la série est complète au niveau optiques, bien évidemment.
Tout ceci étant écris, quelle belle machine à photographier !
Avance du film : Manivelle, un tour à complet, retour d’1/2 pour la position repos
Armement de l’obturateur : Automatique
Déclencheurs : Simple, monté sur le côté
Compensation de parallaxe : Automatique pour 80, 105, 135 et 180 mm
Compensation d’exposition : Comme compensation de parallaxe
Capacité 120/220 : 120 uniquement.
Échelles de mise au point de l’objectif 65mm et 80mm dans la fenêtre sur le côté droit, 105mm (chrome), 135mm, 180mm sur les plaques montées sur le rack d’objectif sur le côté gauche. Les modèles de 1968 et ultérieurs peuvent avoir des échelles supplémentaires pour le 55 mm et le 250 mm. Une mise à niveau pour accepter les objectifs de 55 mm et 250 mm était disponible, ce qui diffère de la version C3/C22 qui n’ont pas d’échelles de 65 mm et 80 mm.
Écrans interchangeables : Non.
Griffe flash : dite froide, partie supérieure gauche
Dos amovible : Oui, option de plan film, deux loquets à goupille à ressort, comme C3
Multi-exposition : Oui
Déclencheur par câble : Douille filetée conique sur le cadre du panneau d’objectif
Vis de trépied : 1/4″
Autres particularités : Revêtement en caoutchouc texturé, changement pour les boutons de mise au point noirs. La manivelle doit être enroulée à l’envers en position de repos après chaque avance d’une photo
Franchement, j’ai essayé de résister mais Monsieur Loiseau (dit Le Piaf) a eu les mots pour me faire craquer …
Son stand était juste à l’angle du nôtre et nous avons évidemment engagé la conversation, amicale et sympathique. De fait, les trois appareils que j’ai achetés lors de la 25ème Foire de Cormontreuil viennent de chez lui, et voici le premier.
Un peu d’histoire.
Seiichi Mamiya est né dans la préfecture de Shizuoka (Japon) en 1899. S’il a terminé son école primaire, c’est en parfait autodidacte qu’il obtient l’examen de qualification des diplômés universitaires (1918).
C’est d’abord dans le domaine de la caisse enregistreuse qu’il se fera connaître (il recevra le prestigieux Prix Impérial pour cette invention) en créant la Nippon Cash Register Company en 1938. Il y sera l’ingénieur en chef et ira présenter ses inventions en Europe et en Amérique.
Au terme de ses nombreux voyages, il fonde la Mamiya Koki Seisakusho, une entreprise spécialisée dans l’optique, qui deviendra la Mamiya Optical Instrument Company. Il en sera le directeur de laboratoire de recherche photographique (1950).
Considéré comme l’un des 10 plus prolifiques inventeurs du pays du Soleil Levant, il invente de nombreux mécanismes qui améliore les appareils photo. Il recevra la Médaille du Ruban Bleu pour ses inventions.
C’est en 1940 qu’il fonde, avec le banquier Tsunejiro Sugawara la marque Mamiya. Deux usines sortent de terre et elles emploieront 200 ouvriers.
Le premier appareil de la nouvelle société sera le Mamiya-6, un pliant à soufflet (folding) au format 6x6cm, avec visée télémétrique. Cet appareil sera construit et commercialisé avant la Guerre du Pacifique (1941), interrompu pendant celle-ci et sera repris après la fin du conflit (1945).
Fait assez rare, après la Seconde Guerre Mondiale, Mamiya va recevoir des commandes conséquentes des Etats-Unis. Cela va lui permettre de construire une nouvelle usine à Tokyo. En 1950, elle ouvrira des bureaux à New York et à Londres.
La production se partagera entre :
le Mamiya 35 (1949) et ses descendants, le 35 II (1955) et le 35 III (1957), un magnifique télémétrique à objectif fixe
le Mamiya Super 16 (1951), lui aussi décliné en Mamiya 16 Super (1957), Mamiya 16 Automatic (1960), Mamiya 16 De Luxe (1961), un très beau sub-miniature qui utilisait, vous l’avez compris, le film 16mm
pendant les années cinquante, toute une série de très beaux télémétriques (Wide E, 35 Crown, Metra, etc.) sortiront des différentes usines Mamiya (voir ICI la liste complète des appareils)
les années soixante garderont la production de quelques télémétriques mais verra l’introduction de reflex (SLR), dont le Mamiya Prismat (1960), le Mamiya Sekor (1966), le Mamiya X 1000 (1972), etc.
des appareils au format 6×4,5cm, le Mamiya 645 (1975) qui se déclinera en de nombreuses versions jusqu’au seuil des années 2000 et même jusqu’en 2012 pour les versions avec autofocus
des reflex bis-objectifs (TLR) dont le Mamiya Flex Junior sera le premier (1948) d’une longue série qui deviendra la série des Mamiya C Profesionnal (1956 -1983)
des appareils au format 6x7cm, dont le premier Mamiya RB 67 Professionnal (1970), le Mamiya RZ 67 (1982) et leurs déclinaisons (jusqu’en 2014) ; puis un particulier Mamiya 7, un télémétrique (1995 – 2011-
des appareils au format 6x9cm, dont les fameux Mamiya Press (1960 – 1969)
Il y eut aussi de nombreuses collaborations, notamment avec Nikon et Ricoh (Nikkorex F, Ricoh Singlex, Nikkor J) en monture Nikon F (1962), Polaroid (Polaroid 600/600SE — semblable au Mamiya Universal, PhaseOne pour la série Mamiya 645 (2008).
Et on ne peut faire l’impasse sur les optiques créés pour les différents types d’appareils proposés, dont les montures changent au rythme des avancées technologiques, des flashs et des dos digitaux.
La plupart des appareils ont introduit des innovations, comme la double mesure de la lumière (spot et évaluative) sur le Mamiya DSX 1000 (1974).
Si tout semble bien fonctionner pour l’entreprise, un de ses principaux fournisseurs, Osawa, fait faillite en 1984. Dès lors, Mamiya abandonne le secteur des films 135 pour se concentrer exclusivement sur les moyens formats.
S’ensuivront une série d’appareils aujourd’hui recherchés, comme le 645 Pro (1992), le Mamiya 6MF (pour multi-format), le RZ67 Pro II, le Mamiya 7, le Mamiya AFD et, en 2006, le Mamiya ZD, un moyen format numérique.
A partir du second opus de cet appareil, Mamiya va collaborer encore plus avec Phase One, une entreprise danoise et ils sortiront conjointement des moyens formats sous des références différentes mais qui sont des appareils identiques (Mamiya 645 AFD III et Phase One 645).
Finalement Phase One investira massivement en Mamiya en 2009. Elle continuera à sortir des dos numériques pour appareils photos et des logiciels pour le traitement photo (Capture One). En 2011, la firme est considérée comme une partie de Phase One et en 2023 le nom de Mamiya aura disparu.
On gardera en mémoire que Mamiya fabriquait d’excellents appareils, bien construits, souvent originaux, avec des solutions inédites, comme celui que nous allons voir aujourd’hui.
Les appareils moyens format bis-objectifs ont tous la même limitation : leurs objectifs sont inamovibles. Si vous voulez changer la distance focale, vous ne pouvez le faire qu’avec des accessoires dédiés et dans une plage très limitée.
Au début des années cinquante, le Rex Reflex français avait tenté une réponse, hélas restée sans lendemain, et plus tard, en 1968, le Koni Omegaflex M, l’un et l’autre en proposant déjà des platines d’objectifs interchangeables.
(c)Dirk Spennemann2009AllRightsResvd
Chez Mamiya, dès 1948, on a construit des TLR classiques. Mais à cette époque, et pour quelques années encore, LA référence s’appelait Rolleiflex.
De nombreuses autres entreprises fabriquaient pourtant d’excellents TLR, aussi bien construits (matériaux, rigueur d’assemblage), aussi bien conçus (armement automatique, protection contre les doubles expositions), assortis eux aussi d’excellentes optiques ; rien à faire, l’initiateur du genre régnait.
En 1956, Mamiya a lancé six modèles : les Mamiyaflex Junior, I, II, Automatic A, Automat B et Mamiyaflex C. C’est le dernier qui retient notre attention, le Mamiyaflex C introduisait la nouveauté, les optiques interchangeables.
Celui-ci propose déjà tout ce qui fera le succès de la série : les objectifs interchangeables et un soufflet. Dès le début quatre ensembles d’objectifs sont proposés : 60 – 80 – 105 – 135 mm.
Les concurrents de l’époque, le Zeiss Ikon Ikoflex, le Minolta Autocord, le Rolleicord V, le Rolleiflex 3,5 venaient de trouver un challenger original et innovant et Mamiya un créneau à exploiter.
Dès 1958, le Mamiyaflex C2 entérinait la suite et le succès de cette série qui ne s’éteindra que 38 ans plus tard.
Ensuite, en 1962, le nom évolue et devient Mamiya tout court. Cette année introduit aussi un nouveau modèle, le C3. En fait, l’introduction de ce nouveau numéro détermine aussi une nouvelle gamme dans la série : le C2 sera suivi d’un C22, d’une C220 et enfin un C220f alors que le C3 évoluait vers les C33, C330, C330f.
A noter que dans l’évolution des séries, le plastique sera plus présent (à partir des C220/330), ce qui a permis de réduire (un peu) le poids et la taille des boitiers.
Ces deux gammes ne devraient pas s’opposer en termes de clivage amateur contre professionnel mais plutôt par une offre de fonctionnalités plus importantes dans la série 3. Les objectifs des deux séries, ainsi que leurs accessoires, peuvent toutefois être utilisés dans l’une ou l’autre série et réciproquement.
Si, initialement, le terme professional n’apparaissait que dans la série 3, à partir de la C22, il sera indiqué partout.
Quel est le point commun de ces boitiers ?
le principe du TLR (Twins Lens Reflex ou reflex bis-objectifs)
des objectifs interchangeables
un soufflet pour la mise au point
un viseur à puits de lumière
le film 120
le format d’image 6x6cm
des objectifs à obturateur central
le verrouillage de la double exposition
le transport du film avec arrêt automatique
pas d’électronique
Ce qui différencie au premier coup d’œil les 2 séries, c’est la manivelle de la série 3 pour le transport et l’armement alors que sur la série 2, c’est un gros bouton. Si les nouvelles caractéristiques des appareils sont apparues d’abord sur les séries 3, elles se retrouveront pour la plupart sur l’autre série, avec un petit temps de décalage. De fait, encore une fois, les différences entre les séries ne sont pas énormes.
Enfin, dernier point à aborder, celui des platines d’objectifs/obturateurs.
Pour faire simple, disons d’emblée qu’il y a deux séries (ça y est, ça recommence !) : les chromés et les noirs. Dans les objectifs chromés, vous trouverez trois obturateurs Seikosha différents selon leur vitesse (MX, S et SVL) alors que la série noire n’aura qu’un obturateur Seiko. Comme vous vous en doutez, le MX est le moins rapide, avec 1/400s tandis que le S et le SVL arrivent au 1/500s pour leur plus grande vitesse.
Les premiers modèles sont traités monocouches alors que les séries noires sont toutes multi-revêtement.
La gamme s’étend du 55 et 250 mm, ce qui correspond à la plupart des besoins de ce type d’appareil.
Les filtres sont soit au diamètre de 40,5mm, soit de 46mm, quoiqu’il existe aussi du 49mm pour les télé à partir de 180mm et dans le 65mm f3,5. Quant aux pare-soleil, ils sont rares et très difficiles à trouver mais rien n’empêche d’utiliser des pare-soleil en caoutchouc ou autre, à viser.
Si l’ancêtre commun était le Mamiya C, il y eut aussi le C3, la version qui rendit populaire la gamme et qui introduit la manivelle pour l’avance du film et l’armement de l’obturateur. Ensuite, le C33, qui améliore le C3 avec notamment la compensation de parallaxe. Enfin, le C330, qui améliore logiquement son prédécesseur en proposant des écrans de mise au point interchangeables et la possibilité de charger du film 120 et 220. Les deux dernières versions le C330f et le C330S clôtureront la gamme en 1994, soit près de 40 ans après le premier Mamiyaflex C.
Une belle et longue histoire …
Présentation du Mamiya C33 Professional.
Le Mamiya C33 a vu le jour en 1965 et sera produit jusqu’en 1969.
C’est un (très) gros boitier de 1,8kg. Il sera d’ailleurs le plus lourd de tous. Ne laissez pas vos pieds trainer s’il venait à tomber ou alors avec des chaussures de sécurité !
Le boitier, tout métallique, est recouvert d’une espèce de caoutchouc texturé quasi indestructible, que l’on peut nettoyer avec un peu d’eau savonneuse. Par contre, les joints d’étanchéité de la porte arrière peuvent laisser à désirer, comme souvent. N’hésitez pas à les changer si besoin, c’est toujours facile à faire et cela évite des déboires.
Le viseur à puits de lumière vous donne une image lumineuse, droite et … inversée comme il se doit. Attention, le viseur n’affiche que 91% de la surface du film (dépoli de 51mm alors que le film fait 56mm), pensez-y lors des prises de vue.
Comme souvent dans ces puits à lumière, il y a une loupe et pour une fois celle-ci est suffisamment grande que pour être exploitable. Il y a aussi un viseur sport, constitué d’un carré découpé dans la tôle arrière du puits et en rabattant vers l’intérieur le couvercle avant. Vous avez bien évidemment la possibilité d’ôter le puits à lumière et de le remplacer par d’autres viseurs, nous y reviendrons (si je n’oublie pas), il suffit de faire déserrer le bouton situé sous la trappe.
la séquence d’ouverture/fermeture du puits à lumière.
Vous aurez remarqué les 2 petites broches sur le couvercle : elles servent à fixer des plaques de masquage pour les focales longues en utilisant le viseur sport.
Pour ouvrir le dos de l’appareil, un simple bouton à faire glisser et le dos bascule, dévoilant une chambre de grande dimension, superbement construite. En cas de besoin, le dos peut s’ôter totalement grâce à deux astucieux petits ressorts dans la charnières (un peu comme pour les bracelets de montre). Il existe aussi une petite fenêtre rouge inactinique, protégée par un volet coulissant afin de voir l’avance du film, même s’il y a par ailleurs un compteur de vues.
Sous l’appareil, un filetage pour fixer un trépied. Ce qui sera souvent le cas, vu le poids et la destination de l’engin. Il sera toujours plus à l’aise en studio que lors de longues balades en montagnes !
Sur le côté gauche, deux boutons, l’un en haut et l’autre en bas, pour placer la bobine de film 120 dans la chambre, que l’on fait un peu tourner avant de tirer dessus. Entre les deux, un cadran pour indiquer , en mémo puisqu’il n’y a pas de cellule, les Asa du film utilisé, de 10 à 1000. Le bouton au centre qu’il faut bloquer lorsque l’on change d’objectif et en dessous, un curseur pour corriger la parallaxe fonction de l’objectif utilisé .
La griffe de flash est dite froide car il n’y a pas de contact pour la synchronisation mais bien une prise coaxiale sur le devant pour y fixer un câble de flash.
Sur le côté droit, dans une fenêtre, le compteur de vue puis dessous, la manivelle d’avance du film et d’armement de l’obturateur. Juste à côté de celle-ci, un petit bouton pour permettre de faire des doubles expositions si besoin. Un peu plus bas encore, une fenêtre qui vous indique la distance de mise au point pour les focales de 65 et 80mm, avec pour chacune la distance minimale de travail.
Enfin, la face particulière du boitier qui possède une espèce de menton, là où se fixent deux grosses molettes, qui servent à faire avancer ou reculer la platine. Sur le dessus, à droite, un emplacement fileté permet de fixer un câble de déclenchement souple. En dessous, un bouton rond, qui est le déclencheur d’une simplicité rare et largement dimensionné.
Sur la gauche, un gros bouton relié à un solide ressort maintient la platine à sa place et lorsqu’on la décoche de son encoche, de retirer la platine entière.
Enfin, les deux optiques : en haut, un Mamiya Sekor de 105mm ouvrant à f3,5 (en tout cas, sur cet exemplaire et qui correspond à un 68mm en 24×36), qui sert à la visée ; en bas, le même objectif, si ce n’est que celui-ci sert à la prise de vue. On peut évidemment fixer des filtres sur l’optique mais attention, le diamètre change fonction des focales (de 80 à 105mm, filtre de 40,5mm ; pour le 135mm, filtre de 46mm ; pour les 60 et 180mm, filtre de 49mm).
Si la distance se règle grâce au soufflet interne, la vitesse se modifie avec la roue crantée autour de l’objectif (index sur la gauche), de 1s à 1/500s plus la pose B. Le retardateur est le gros bouton qu’il faut abaisser sur le côté. Au dessus de ce gros bouton, une tirette crantée vous permet de choisir entre les lettres M ou X pour les flashs. La synchro M (pour les anciens flashs à lampe) se fixe jusqu’au 1/500s , tandis que la vitesse de synchro X se limite au 1/30s.
Enfin, l’ouverture, de f3,5 à f32, se modifie avec le petit curseur situé sur la droite.
Il y a encore toutefois un éléments dont je n’ai pas fait mention, l’échelle de profondeur de champ qui se trouve sur la droite de l’appareil. De fait, lorsque vous manœuvrez le soufflet pour régler la distance, en fonction de l’optique montée sur le boitier, et reprises sur cette échelle, vous pouvez déterminer la distance de mise au point exacte.
Vous aurez aussi remarqué les deux attaches prévues pour fixer une lanière de portage.
Publicité d’époque: elle vous présente toutes les optiques compatibles avec le C33.
Voilà, ici s’achève la première partie de ce long article.
Dans la seconde, nous verrons comment utiliser cet appareil particulier, des vidéos d’illustration, un peu de technique et où trouver le mode d’emploi.
Cet article méritait d’être coupé en deux afin de ne pas être indigeste. Après l’histoire qui situe ce Nikon D800, nous pouvons passer à sa présentation et à nos conclusions, toujours éminemment subjectives, comme il se doit.
Présentation du Nikon D800.
Rassurez-vous, je ne vais pas faire le décompte de tous les aspects techniques de l’engin, en numérique, il y en a trop. Le lien vers la fiche sera repris sous la rubrique un peu de technique.
Juste revenir sur quelques points qui m’ont interpellé : le premier, c’est évidemment la résolution du capteur de 36 Mpx ; le second, le côté massif du boitier ; le troisième étant le fait qu’il reste encore dans le coup 13 ans plus tard.
Franchement, si j’avais un jour imaginé un tel nombre de pixels, c’est dans un moyen format que je les voyais, style Phase One, pas dans un reflex semi-professionnel.
Et tout aussi honnêtement, si je n’avais pas changé de matériel informatique récemment, jamais je n’aurais fait le pas car il faut être réaliste, même en RAW (pardon, en NEF ici) les fichiers sont lourds : 70 Mo/ pièces !
Donc, première question à se poser avant l’achat d’un tel appareil, en neuf ou occasion : vais-je avoir assez de ressources informatiques pour le gérer ? Et – finalement celle-ci pourrait être la première question – vais-je avoir besoin d’une telle résolution ?
De nos jours la question peut sembler anecdotique car d’autres modèles ont fait mieux, ou pire, c’est selon :
les Sony A7R V et Sony A7C R atteignent 61Mpx ;
Leica propose le SL3 à 60 Mpx ;
le Sony A1 second du nom donne 50 Mpx,
Nikon et son Z8 puis le Z9 sont presque raisonnables avec 45,7 Mpx ;
Canon avec son R5 Mark 2 atteint 45 Mpx.
En moyen format, la palme revient au Fujifilm GFX 100 II avec 102 Mpx, talonné par le Hasselblad X2D 100C à 100 Mpx.
Et pour ceux qui penseraient que leur engin ne va pas assez loin, il y a encore (pour certains boitiers) la technique du Pixel-Shift qui est un mode qui se base sur la fusion (en interne ou via un logiciel) d’un certain nombre d’images générées grâce aux micro-déplacements du capteur stabilisé. Idéal pour un usage ponctuel.
Pour achever de vous donner le tourni, citons en vrac :
les Nikon Zf, un full frame de 24,5 Mpx qui passe alors à 95 Mpx ;
Panasonic Lumix S5 II aussi un full frame de 24,2 Mpx qui atteint aussi 95Mpx ;
Panasonic G9 II, un premier micro-4/3 qui va de 24,2 Mpx à 50 ou 100 Mpx – à main levée SVP ! ;
(Olympus) OM System avec les OM-1 et OM-5 qui passent à 80Mpx sur trépied ou 50Mpx à main levée ;
et en APS-C, Fujifilm XT-5 et X-H2, qui ont déjà des résolutions de 40,2 Mpx passent alors à 160 Mpx !
Il est loin le temps où les appareils professionnels proposaient 16 Mpx (voir article sur le Canon Eos-1Ds Mark II) et où on estimait que c’était un bon rapport qualité/vitesse de traitement.
Petit résumé intermédiaire pour y voir plus clair : ai-je besoin d’une telle définition ; ai-je les ressources numériques pour les traiter ?
Car vient ensuite un corollaire assez simple à comprendre : avec de telles définitions, il faut aussi des optiques de haut vol, capable d’aller chercher les détails qu’offrent la technologie.
Alors, imaginons un instant que nous sommes photographes de mode, appelés à faire effectuer des tirages publicitaires en 12m² (4m par 3m, les affiches en bord de route, par exemple), sans contraintes techniques ni financières et empoignons le Nikon D800, qui a en quelque sorte, ouvert la voie.
Première remarque, si l’engin est solide, c’est parce qu’il est fait de métal enrobé de plastique renforcé. Il est imposant et … lourd. Dans la veine des Eos 5D Mark III. Autrement dit, ne faites pas l’économie d’une bonne sangle ou mieux, d’un système vous permettant de le porter sur le côté, dont voici quelques exemples.
Vos vertèbres, vos cervicales, vos trapèzes vous disent déjà merci !
Ensuite, c’est – comme tous les appareils numériques – un engin qu’il faut apprivoiser et avant tout, régler à votre convenance puisqu’il vous permet de le faire. Vous trouverez ci-plus bas une chouette vidéo pour le faire.
Pour ma part, un des premiers réglages que j’effectue, c’est celui de la dioptrie (ben oui, je vieilli aussi) et j’apprécie de pouvoir le faire sans devoir rien changer sur le boitier, juste une petite molette à tourner.
Familiarisez-vous avec les boutons, ils tombent tous sous les doigts de façon naturelle mais lorsque l’on vient d’une autre marque, un petit temps d’acclimatation est nécessaire.
Premier constat au niveau des menus : nous ne sommes pas chez Canon mais c’est quand même assez logique (de prime abord) comme défilement et explications. Je pressens que le boitier hésite entre vraiment professionnel et amateur (très) averti. En tout cas, vous pourrez pratiquement tout paramétrer et régler à vos habitudes.
Au niveau connectique, certains lui réclamaient le GPS et le Wi-fi et d’autres (ou les mêmes, allez savoir) que sa rafale à 4i/s était trop lente pour les disciplines sportives.
Mais il possède quand même un port USB 3 pour transférer rapidement ses images, un double emplacement pour carte CF (au format UDMA) et SD (au format UHS-1), sur lesquelles vous pouvez enregistrer en NEF et/ou JPEG, sur l’une et puis sur l’autre ou les deux à la fois. On peut éventuellement insérer une carte Eye-Fi (Wi-Fi) dans le compartiment dévolu à la carte SD.
Et, surtout, c’est ce qui m’intéresse, un magnifique viseur à 100% et un obturateur costaud.
Comme d’habitude, je ne parlerai pas de la section vidéo, que je n’utilise jamais sur un appareil photo mais il tourne avec un mode HDTV 1080 à 30,25 et 24p et possède une sortie HDMI non compressée pour connecter un enregistreur externe.
Et puis, venons-en au cœur de ce boitier, il vous propose 36,7 Mpx de résolution, soit la capacité d’un moyen format (comme le Pentax 645D à son époque).
Elle apporte une définition disons, superlative, et l’appareil fera merveille en studio mais il est aussi capable d’évoluer sur (presque) tous les terrains car il ne perd rien de sa polyvalence de reflex (gamme d’objectifs et autres accessoires)
Qu’en est-il de la qualité des images ? Je vais me permettre de citer in extenso un passage de l’interview du photographe David Lefevre pour Les Numériques car il y répond mieux que moi, l’ayant utilisé plus d’un mois en situation de reportage aux USA : C’est le point fort du D800E. La qualité d’image est vraiment très élevée. Les 36Mpx apportent vraiment quelque chose dans le rendu des détails. Il est possible de recadrer sans arrière-pensée même si je suis plutôt un aficionado du « cadrage au cordeau ». La cellule expose bien et la colorimétrie est fidèle tout en restant neutre. Le D800E gagne en définition ce qu’il ne perd pas en sensibilité. Si le gain est finalement assez faible dans les hauts iso, la large plage dynamique et le modelé des images sont exemplaires. Néanmoins, il faut savoir ce que l’on veut faire de ses photo : si le but final est simplement de les poster sur internet je ne pense pas que la qualité d’image du D800E fasse la différence par rapport à la concurrence ou du matériel plus « bas de gamme » de la marque. En revanche si un utilisateur à l’intention d’imprimer celles-ci, de se faire exposer ou éditer je pense que le rendu du D800 compte parmi ce qui se fait de mieux.
Ce capteur offre aussi une très large dynamique.
Au final, le D800 propose des fichiers bruts avec un énorme potentiel. Comme nous l’avions déjà mentionné dans notre face-à-face avec des moyens formats, le D800 rivalise sans peine avec les dos numériques 40 Mpx actuels. Avec une excellente gestion du bruit électronique, une dynamique importante et un excellent rendu des couleurs, le D800 est une excellente surprise.
Voilà qui est écris …
En ce qui concerne l’ergonomie du boitier, les Nikonistes ne seront ni surpris ni dépaysés, ils seront bien à la maison, même si chaque nouveau modèle évolue toujours un peu. Et je pense qu’ici, 13 ans après sa sortie, cet appareil est toujours parfaitement dans le coup comparé aux autres reflex de la marque voire même par rapport à la concurrence de son meilleur ennemi, Canon.
Il offre toutes les facilités demandées, y compris le LiveView appelable d’une seule touche, à l’arrière. Vous pouvez donc viser et composer directement via l’écran. Un écran de 8cm qui affiche 921.000 pixels au rapport 4:3.
Ceci étant, il faut aussi nourrir le boitier : c’est une batterie EN-EL 15 qui s’en charge et elle vous offrira une autonomie non négligeable d’environ 900 images. De quoi faire frémir beaucoup d’hybrides !
Il est possible d’encore améliorer cette autonomie en ajoutant une poignée d’alimentation MB-D12 soit en utilisant une seconde batterie soit en installant 8 piles AA. A noter que si vous optez pour une batterie EN-EL18 (celle du D4) vous pourrez encore augmenter le nombre de vue mais aussi la cadence rafale, qui passe alors à 6i/s.
Pour l’appareil que j’ai acheté, j’ai reçu une poignée signée Patona compatible, qui a dû coûter bien moins cher et qui offre les mêmes compétences (déclencheur, sélecteur multi-directionnel, boutons d’activation AF, molettes de commande principale et secondaire).
Contrairement aux appareils professionnels, sans flash, le D800 (D800E) possède un flash pop-up de NG 12 (pour 100 Iso). Ce petit flash propose plusieurs modes comme la synchro au premier rideau, la synchro lente, sur le second rideau, l’atténuation des yeux rouges, y compris en synchro lente, etc.
Il est aussi capable de piloter des flashs distants sans fil, pour autant qu’ils soient compatibles avec le Créative Ligthing System (CLS) maison. Ainsi, vous pourrez piloter plusieurs flashs répartis en 2 groupes et le boitier peut imposer certains réglages pour ces flashs.
C’est donc un appareil complet, voire ultra-complet qui sous un vêtement classique nous propose des performances exceptionnelles, même 13 ans après être sorti sur le marché.
Que penser de cet appareil ?
Le Nikon D800 est un reflex qui en impose, d’abord par sa présentation de gros réflex, dans la veine de ces boitiers professionnels monobloc, ce à quoi il ressemble encore plus si on lui adjoint le grip qui contient les batteries supplémentaires.
Ensuite, il en impose encore de nos jours par le nombre de pixels, 36,5 Mpx, c’est énorme.
Oui, des boitiers plus récents font encore mieux mais est-ce bien nécessaire ? Sauf pour des applications bien particulières, des métiers exigeants ce type de haute résolution, il ne faut pas oublier que derrière chaque déclenchement, il faudra une sacrée chaine informatique pour traiter le flux des images et pour les stocker.
Ceci étant posé, il reste un appareil d’exception, comme les grandes marques peuvent en proposer : bien construit, fait pour durer plus qu’un été, il est toujours dans le coup.
Certes, il pourra avoir certaines faiblesses, notamment au niveau des images en (très) faible lumière, mais pour le reste, difficile de le prendre en défaut.
Dans le genre, il me fait penser à mon bon vieux Canon Eos-1 Ds Mark II. Ces appareils sont faits pour vous accompagner longtemps, comme autrefois ces reflex d’une vie, que l’on chérissait parce qu’on en connaissait les qualités et les défauts, que l’on savait en tirer le meilleur par mille astuces forgées par l’expérience.
Ils ne sont plus à la mode mais ils sont toujours là, fidèles. Vous le savez, j’ai un compte sur Youpic et Flickr pour exposer mes photos. Souvent je vois des images sublimes et lorsque je m’y arrête pour laisser un commentaire, je peux voir (dans la majorité de cas) avec quel appareil elles ont été captées. Et ce sont parfois de vieux appareils, que l’on décrierait pour leur vétusté au regard de ce qui se fait de nos jours, ou des appareils d’entrée de gamme. Mais n’oublions jamais que ce n’est pas (que) l’appareil qui fait les photos, avant tout, c’est le photographe.
Et vous, vous en pensez quoi ?
Vidéos d’illustration.
Enfin, une vidéo que je vous invite à traduire directement via YouTube car elle est très bien faite et intéressante pour découvrir le boitier.
Pour les données techniques, voir les pages 423 et suivantes du mode d’emploi.
Résumé rapide (Les numériques) :
Les plus
Les moins
Définition des images importantes : 36,7 Mpx Excellente gestion du bruit électronique jusqu’à 3200 voire 6400 ISO Module autofocus performant en basse lumière et en suivi de sujet Reconnaissance des visages en visée optique toujours pratique Autofocus fonctionnel jusqu’à f/8 Flash intégré pour déboucher les ombres ou piloter des flashes distants sans fil Très bonne prise en mains. Fabrication de haute volée Potentiel des fichiers raw (NEF) important : dynamique, accentuation, traitement du bruit électronique Viseur optique 100% avec information en surimpression Ecran assez fidèle en colorimétrie Synchro flash au 1/250 s. Connexion USB 3 Fonctions d’exposition : HDR, intervalomètre, time lapse, bracketing 9 vues… Mode vidéo HDTV 1080 à 24,25 et 30p avec autofocus Full Time en continu Sortie HDMI non compressée (8 bits) en vidéo Deux emplacements pour les cartes mémoire (UHS-I et UDMA) Possibilité de photographier (et filmer) en mode DX (1,5x)
Rafale limitée à 4 i/s en 24×36 : un peu juste pour la photographie sportive Couverture AF un peu étroite Pas d’écran monté sur rotule Autonomie de la batterie en deçà des précédents modèles (mais pas loin de 850 vues quand même) Balance des blancs automatique peu fidèle sous un éclairage tungstène Rendu un peu trop doux des fichiers JPEG Ecran LCD au format 4:3 au lieu de 3:2 Pas de module GPS ou Wi-Fi intégré. Pas de connexion sécurisé pour le mode connecté Sortie HDMI non compressée limitée à 8 bits seulement et un peu fragile Peu d’assistants pour la vidéo : peaking pour la mise au point, zebra pour l’exposition, oscilloscope… Latence au déclenchement proche du 10e de seconde Deux formats de cartes différents (SD et CF) L’interface graphique ne s’adapte pas à l’orientation du boîtier Format raw (.NEF) propriétaire
Vous le savez, j’aime bien Canon depuis de nombreuses années et j’apprécie toujours autant leur ergonomie et la limpidité de leurs menus, surtout maintenant qu’ils sont numériques et hybrides.
Pour avoir testé Olympus, Sony, Lumix, Fuji (voir la rubrique les appareils que j’ai essayés), je suis toujours revenu chez Canon. Parfois en râlant car j’estime qu’ils ont laissé tomber des pans photographiques où ils auraient pu faire bien mieux (les compacts pro avec viseur par exemple, que Fuji a intelligemment investi).
En numérique donc, j’ai opté pour un Canon RP d’occasion (comme toujours) avec un 24 – 105 f4 de la marque et une bague de conversion EF vers R pour les objectifs que je possède encore.
Un fidèle Canon Eos 70D secondait habituellement celui-là, mais c’est un APS-C et pour des raisons de compatibilité avec la majorité de mes objectifs EF destinés au plein format (héritage de l’Eos 5D Mark III et du Eos 6D), j’aurais aimé trouver un autre full frame à prix décent.
C’est à ce moment que ma route a croisé celle d’un Nikon D610 qui m’offrait le plein format et la possibilité d’utiliser des objectifs Nikkor venant de mes Nikon 801s, et avec 24,3Mpx (contre 20,2 pour le Canon 70D).
C’était une bonne occasion et j’avoue avoir pris plaisir à l’utiliser, même s’il faut repenser certains gestes et certains réglages. L’habitude aide à s’y faire.
Et puis, quelques mois plus tard, re-hasard mais je tombe sur la vitrine d’un Cash Converter qui vend un Nikon D800 pour un prix fort sympathique. Je craque, et même deux fois car à côté trônait un 24 -70mm f2,8 constant de la marque. Bref, même si la Visa a frémi, me voici en possession de ce qui se faisait de mieux chez Nikon il y a … 13 ans (comme le temps passe !)
Un peu d’histoire.
Je ne reviendrais pas sur toute l’histoire de la marque, que vous retrouverez dans les différents articles que j’ai consacré à quelques uns de ses plus beaux appareils, d’autant que nous sommes passé de l’argentique et ses gloires anciennes aux appareils numériques.
Le premier Nikon numérique produit industriellement fut le Nikon D1, en 1999. Il a existé d’autres essais d’appareils numériques, qui résultaient d’assemblages – presque du bricolage – entre Nikon et Kodak, à l’image du Nikon DCS100, dès 1991 ou encore des accords avec Fuji pour les Nikon E2 et E2s en 1996.
Source : apphotnum. Un Nikon F3 avec un capteur CCD de 1.3 Meg et son unité de stockage Kodak de 4,5kg
Ce D1 offrait une résolution de 2.7Mpx, une sensibilité de 1600Iso et des vitesses d’obturation jusqu’au 1/16.000s. Des évolutions successives (D1h et D 1X) vont faire évoluer sa résolution et sa sensibilité notamment.
En 2003, Nikon dévoile le D2H, un boitier professionnel très rapide pour l’époque et avec un capteur avec 4Mpx. Puis ce sera le Nikon D2X qui offre un capteur de 12,4 Mpx.
Pour les photographes non professionnels, il y aura le D100, basé sur un ancien boitier argentique, le F80, mais doté d’un capteur numérique de 6Mpx. Il faudra cependant attendre la série des D70, D70s et D50 pour que la marque offre réellement des appareils destinés au grand public.
C’est à ce moment-là que la rupture sera brutale avec le monde de l’argentique, le public vient enfin a découvrir les joies du numérique : ils offrent 6Mpx avec des caractéristiques autrefois réservées aux professionnels mais à prix (plus) abordables.
En 2006, le D80 remplace le D70s cette fois avec un capteur signé Sony de 10,2Mpx. Le D90 le remplace en 2008, toujours avec un capteur CCD Sony mais cette fois une résolution de 12,3Mpx qui permet en plus de filmer au format 720p.
Jusque là, tous ces appareils ont des capteurs APS-C. Ce n’est qu’en 2007 qu’apparait le D33 avec 12,3Mpx, un autofocus de 51 collimateurs dont 15 en croix et une sensibilité de 25.600 Iso, mais c’est encore un appareil destiné aux professionnels, plein format.
Dans la course aux ultra-hautes sensibilités, retenons le Nikon D3s, le premier à proposer 102.400 Iso.
En entrée de gamme, le Nikon D5000, qui reprend quelques caractéristiques du D90 propose la vidéo en HD (2009). Un an plus tard, le D3100 offre un capteur de 14,2 Mpx et cette fois la vidéo Full-HD autofocus.
Les modèles se suivent , qui voient augmenter régulièrement la résolution des capteurs, le nombre de collimateurs et la sensibilité.
En 2011, l’entrée de gamme Nikon D5100 utilise un capteur de 16,2Mpx mais offre la vidéo HD au format 1080p.
Le Nikon D4, présenté en janvier 2012 gère la lumière comme aucun autre avant lui et est capable de rafale à 11i/s.
Celui qui nous intéresse aujourd’hui, le Nikon D800 sort en février 2012 avec un capteur FX (full frame) de 36Mpx. Il sera suivi d’un D800E dépourvu de filtre anticrénelage, apportant une netteté d’image encore meilleure.
Enfin, puisque je le nommais dans le préambule, le D610, qui est une refonte du D600, possède un capteur FX de 24,3Mpc (2013)
C’est en 2017 qu’apparaît le D850 et son capteur de 45,7Mpx. Puis ce sera la série des reflex hybrides dont le premier, le Z7 sortira à la mi 2018, mais c’est un autre monde.
En quelques tableaux, voici le résumé de ces évolutions :
Source : Wikipédia
Actuellement, Nikon développe sa série Z, avec une projection de 850.000 appareils et 1.350.000 objectifs pour 2025.
Comme les autres marques, la société vise surtout le développement des appareils à haute valeur ajoutée, comme le Z8, le Z6 III, le Zf, ce qui contribue à l’augmentation du prix unitaire. Cette stratégie porte la part de marché en termes de chiffre d’affaires à 25,4% même si le nombre d’appareils vendus ne représentent que 13,95% du marché total (chiffres 2025).
Historiquement, Canon et Nikon étaient les seuls grands du reflex argentique, Minolta ayant jeté l’éponge, Pentax, Olympus et Fuji restant dans la course.
Au début du numérique, Canon et Nikon ont continué à défendre leurs places sur l’échiquier des nouveaux appareils, bientôt rejoint par Fuji et Olympus, puis par Sony. Avec l’arrivée des appareils sans miroir, Sony a pris de l’ampleur et a étendu son emprise sur le marché des reflex.
En 2024, le résultat était : Canon premier (43,2%), Sony second (28,5%) et Nikon troisième (11,7%). A noter la progression de Fuji (9%) et la diminution des parts d’Olympus devenu OM System (1,9%).
Les années qui viennent nous promettent encore de belles bagarres et, surtout, la présentation d’appareils toujours plus perfectionnés, repoussant encore les limites de ce que l’on pensait possible. Mais le rythme des changements et les prix toujours plus élevés risquent d’en rebuter quelques uns (vive l’occasion !).
Ce qui est toujours amusant lors de bourses ou de foires aux appareils photo, c’est que l’on peut tomber sur des objets rares et inhabituels sans être forcément hors de prix.
Je pensais notamment à deux Polaroid, celui que j’avais baptisé l’Inconnu ou celui destiné à la photographie de portraits pour passeport ou carte d’identité, le Polaroid MiniPortrait.
Celui que je vais vous présenter est de cette veine et c’est grâce à Monsieur Loiseau (dit le Piaf), notre charmant voisin lors de la Foire aux appareils de Cormontreuil, que j’ai pu l’acquérir.
Un peu d’histoire.
C’est d’ailleurs amusant car cette année on fête les 100 ans des cabines Photomaton. Entrons dans l’histoire de ces drôles de boites à images …
La photographie est née en 1825 et très tôt des artistes ont trouvé que l’on pouvait prendre des photos de soi-même. Des brevets seront déposés pour des machines le permettant, aux Etats-Unis, en France et en Allemagne.
Mais c’est un Français, Théophile Ernest Enjalbert, en 1889 qui présente le premier une machine fonctionnelle à l’exposition universelle de Paris. Toutefois, ce processus automatique demandait un local spécifique et 20 employés pour l’entretient et les réparations, nombreuses !
D’autres brevets suivront un peu partout et en 1890, c’est un Allemand cette fois, Conrad Bernitt qui lance un photoautomate à pièces de monnaie : l’automate de Bosco. Comme pour les autres inventions, la qualité des photos était médiocre mais les personnes qui se photographiaient avaient le plaisir de la liberté de faire ce qu’elles voulaient comme pose, alors que dans les studios de l’époque, c’était très contraignant. Trois minutes après la prise de vue, le photographié tenait entre les mains un ferrotype, une photographie imprimée sur une tôle laquée noire.
Source : vw.busbern. La première machine à rapporter de l’argent, que l’on plaçait dans les foires.
Les avancées techniques se succèdent et bien vite on abandonne les plaques en fer et les inventions optent pour le processus négatif-positif sur une bande d’image papier, qui est éjectée de l’appareil en même temps que le négatif.
En 1911, Spiridone Nicolo Grossi, un Anglais, invente la vraie bande de papier qui sera celle des cabines photographiques. Il conçoit une cabine dans laquelle intervient toujours un photographe mais qui délivre six photographies sur une étroite bande de papier. Si on humidifie le dos de cette bandelette, on peut la coller sur toutes les surfaces (les Sticky Backs).
Puis c’est un immigré russe, Anatol Josepho, installé aux Etats-Unis, qui sera le père de la première cabine photo, en 1925. Cette invention permettait aux personnes de se prendre elles-mêmes en photo, de manière autonome. Installée à Broadway (New York), cette première cabine, baptisée Photomaton, connu un succès immédiat : plus de 280.000 personnes s’y sont fait tirer le portrait en à peine six mois.
Ces petites boites allaient révolutionner la manière de capturer une photo (il ne fallait plus aller dans un studio, aux prestations souvent chères). Elles rendaient la photographie plus accessible et démocratique.
Tout n’était pas encore parfait car il fallait plusieurs minutes pour développer et imprimer les images en N/B car le processus était chimique.
Rapidement, ces Photomaton vont se disperser un peu partout dans le monde et les cabines vont prendre possession des lieux publics comme les gares, les centres commerciaux.
Source : Chezz-machines.Anatol Josepho explique comment fonctionne la machine pour laquelle il a déposé un brevet en 1925.Le système, entièrement automatisé, lorsque vous avez introduit 25 cents, vous délivre en moins de dix minutes une bande de huit photos, sans la moindre présence d’un photographe sur place.
Ces premières cabines permettaient de nombreuses applications à prix modique : des photos d’identité bien sûr mais aussi pour les permis de conduire, les contrats de travail, les passeports mais aussi des cartes de vœux ou d’anniversaire.
Un homme d’affaire avisé et new-yorkais, Henry Morgenthau, acquiert les droits de cette invention pour un million de dollars en 1927. Avec les autres investisseurs qu’il a réuni, il fonde le consortium Photomaton Inc. et installe des cabines un peu partout (gare, hall commercial, salle de jeux, station de métro, etc.) et exporte celles-ci dans d’autres pays. Le Photomaton est né.
Mais ce qui fit le succès de ces photomaton, c’est l’adjonction d’un … rideau ! En effet, il était nécessaire d’utiliser des flashs, dont les clairs importunaient les autres commerçants et les passants. Mais en ajoutant cet accessoire anodin on permit à tout un chacun de s’amuser, seul ou à plusieurs, de ses facéties devant l’objectif.
Des artistes comme Andy Warhol ou Roland Topor ont exploité les possibilités des cabines photographiques pour créer des œuvres uniques, ce qui a encore consolidé la place de ces cabines dans la culture populaire. On les verra dans des films, on en parlera dans des chansons et la publicité. Bref, elles sont partout.
Bien évidemment les cabines vont évoluer au fur et à mesure. Ainsi en 1941, Philippe S. Allen crée un nouveau dispositif interne qui permet au papier de passer dans différents bains de développement plus rapidement, réduisant de cette manière le temps d’attente entre la pose et la réception des photos à 4 minutes.
En Europe, elles se développent surtout dans les années cinquante. Elle n’utilisaient pas de film argentique mais bien du papier seul qui permettait de délivrer les portraits aussi en 4 minutes. D’abord uniquement en N/B, il faudra attendre les années septante pour la couleur.
La couleur introduit une nouvelle révolution dans l’utilisation des cabines car les photographies, toujours délivrées après un procédé chimique, étaient plus vivantes.
Petit à petit, des accessoires seront ajoutés, permettant de modifier les formats de photo, d’ajouter du texte, de modifier la position des photos sur la planche (de travers, à l’envers, etc.). Au delà des photos officielles pour les papiers administratifs, le Photomaton permet de s’amuser encore plus à prix raisonnable.
Le succès de ces drôles de boites à images ne dépérit pas jusqu’au seuil des années nonante (quatre-vingt-dix pour mes amis français). En 1993, l’inventeur Français Michel Ducos et la société SPIE transforment le anciennes cabines en les équipant dorénavant d’une caméra numérique, d’un écran vidéo pour se positionner et une imprimante à sublimation thermique. Elles gardent le nom de Photomaton mais entrent de plein pied dans le XXIème siècle.
Puis viennent les années 2000 et la révolution du numérique : plus de processus chimique, de temps d’attente, de photo imprécise. La qualité des photos est plus nette, avec des couleurs éclatantes, prêtes en quelques secondes cette fois. Et on peut personnaliser ses photos à l’envi (enfin, selon les programmes informatiques intégrés).
A côté des prestations automatisées, des photographes ont gardé la main-mise sur des photographies en studio. Des studios qui se sont simplifiés au fur et à mesure de l’évolution des techniques photographiques. De nos jours, les photographes posent un siège, un ou deux flashs avec des boites à lumière et … un appareil numérique relié à un PC ou directement à une imprimante. Ici pas question de fantaisies mais le sérieux des photographies normées pour des documents officiels.
Le sujet a déjà été un peu abordé lors de la découverte du Polaroid MiniPortrait, qui avait poussé le développement du principe jusqu’à proposer un mini-stand avec l’appareil photo, la plastifieuse et la machine à écrire (en option) pour réaliser des cartes d’accès.
L’appareil qui nous préoccupe aujourd’hui est la version moderne de ces appareils de studio.
Présentation du Sony Instant Pass Photo.
Son petit nom technique est le Sony DKC-C300X. C’est un appareil numérique prévu seulement pour la photographie de portrait, … en principe, car rien n’empêche de le détourner.
Le système d’impression numérique Sony UPX-C300 est conçu pour vous permettre de prendre des photos d’identité ou pour passeport avec un appareil-photo numérique et de les imprimer avec une qualité photo et une résolution (403 ppp) élevées en couleur ou en noir et blanc, dixit le mode d’emploi de cet engin.
De fait,il s’agit normalement d’un ensemble clé en mains pour les photographes : un appareil photo (le DKC-C300X) et une imprimante à sublimation thermique (UP-DX100), les cartouches et papiers à sublimation (UPC-X46 et UPC-X34).
Techniquement, tout est fait pour qu’il réalise vite et bien ce pourquoi il a été pensé : technologie d’alignement automatique pour ajuster les lignes de tête afin d’éviter du travail de retouche à cause d’un mauvais cadrage ; appareil photo de 8Mpx et une imprimante numérique de 400dpi haute résolution.
Pour simplifier encore le flux de travail, l’appareil peut se connecter à l’imprimante via une connexion sans fil Bluetooth, ou par câble directement entre le boitier et l’imprimante.
la prise de connexion à l’imprimante se cache sous le rectangle en caoutchouc, en bas à gauche.
Si, comme ici, je ne possède pas l’imprimante ad hoc, je peux essayer de connecter le boitier à une imprimante de type Selphy avec Bluetooth.
L’avantage de cette formule est de permettre d’emporter l’ensemble facilement, partout.
Seule contrainte, l’appareil vous permet juste de choisir quelques types de cadrages et ne peut envoyer les photos que vers une imprimante, pas vers un PC ou une unité de stockage externe.
Exemple des types d’impressions, qui varie selon le papier d’impression (ici avec le UPC-X46).
Toutefois, les réglages peuvent être modifiés selon les normes en vigueur (passeport, carte d’identité) des 20 pays où le produit est proposé. De plus, 5 cadres supplémentaires peuvent être enregistrés dans l’appareil, selon vos besoins plus spécifiques, ou votre fantaisie.
Un autre réglage permet d’inclure un bord de 3mm tout autour des photos, pour faciliter la découpe et vous pouvez choisir des photos en N/B ou en couleurs.
Comme nous sommes sensés travailler en studio, le mode flash est multiple :
mode Auto-flash : le flash se déclenche automatiquement pour un sujet se trouvant à 1,8m, la distance idéale. Si le sujet est en deçà de cette distance, on peut régler la puissance du flash (-1EV) et si il est au delà, on peut augmenter la puissance de +1EV. C’est le mode idéal pour les photos en intérieur avec e flash comme source principale de lumière et un flash de suppression des ombres raccordé à la synchro de l’appareil.
mode Flash forcé + exposition manuelle : dans ce cas, on peut régler manuellement l’ouverture, la vitesse et sélectionner un des sept niveaux d’intensité du flash. C’est un mode pratique pour les portraits avec le flash intégré qui agit comme déclencheur pour la source principale de lumière, un autre flash externe étant raccordé à l’appareil photo
mode sans flash + exposition manuelle : ici l’ouverture et la vitesse sont réglées manuellement, le flash intégré ne se déclenchant pas. C’est un mode utilisé en intérieur dans un studio avec des lumières stables (flashs studio, lumière vidéo, lumière fluorescente)
de gauche à droite : mode Auto-flash, mode Flash forcé, mode sans flash
Par principe le mode flash est réglé par défaut sur Programme, toutefois on peut modifier le réglage grâce au menu. Le tableau ci-dessous reprend les réglages en fonction des conditions de prise de vue disponible pour la configuration. Le niveau de l’intensité du flash et la sensibilité ISO sont automatiquement réglés avant la prise de vue pour que la clarté de l’image ne soit pas affectée.
Le boitier est grand, large et léger (merci le numérique !). Facile à prendre en mains même sans mode d’emploi (mais comme c’est mieux avec, je vous mets le lien ci-dessous).
Quoi d’autre ? Le capteur est un 1/2,3″, soit un capteur de compact Voici deux tableau pour vous donner une idée de la taille :
Vu la taille de l’engin, je pensais à un capteur plus de type micro 4/3 ou APS-C (je suis déçu).
L’objectif est un de 25mm ouvrant de f12,5. Soit l’équivalent d’un 75-150mm en 135 (zoom x2). Le diamètre de filtre est de 52mm, classique.
Petite particularité : l’ouverture varie de f4,7 en grand angle ou f5,5 au télé uniquement si l’appareil est sur le mode Flash forcé ou flash éteint.
Les vitesses tiennent comptent aussi du même réglage et s’échelonnent de 1/2s, 1/4s, 1/8s, 1/15s, 1/30s, 1/60s, 1/100s, 1/125s, 1/250s, 1/500s, 1/750s, 1/1000s
Les images sont compressées au format JPEG et enregistrées dans la mémoire interne de l’appareil (j’ai cherché en vain un emplacement pour une carte mémoire !). Deux options s’offrent à nous : soit lorsque la mémoire est pleine, il n’est plus possible d’enregistrer et il faut effacer manuellement, soit l’enregistrement se fait en continu et lorsque la capacité est atteinte, les premières photos sont écrasées par les nouvelles.
La mémoire flash interne est de 64Mb, soit l’enregistrement d’environ 30 images en haute résolution (3264×2448) ou environ 120 en résolution standard (1632×1224)
Enfin, l’appareil peut communiquer avec trois imprimantes en même temps, si ce sont celles du combo UP-DX100.
Le pack complet : appareil, imprimante, feuilles d’impression
Petite revue en images.
Que penser de cet appareil .
Malgré ses 900gr, il est étonnement léger par rapport au Polaroid MiniPortrait, par exemple. Il est encombrant mais c’est pour pouvoir le tenir à main levée sans (trop) frémir et, surtout, pour le placer sur un trépied fixe.
Il faut le reconnaître, c’est un appareil avant tout très technique, destiné à un public de professionnels. Monsieur et Madame tout le monde en feront peu d’usage.
Sorti en 2008, c’est le genre d’appareil que le photographe utilisera tant qu’il remplit son office, encore une fois comme l’était le Polaroid MiniPortrait à son époque.
Et hormis dans un studio photo, il a peu d’utilité, sauf à avoir l’esprit aventureux ou curieux !
Au niveau valeur, en très bon état et même sans l’imprimante, c’est un boitier qui se négocie encore autour des 100€. J’en ai même vu à 500$ en kit complet sur Ebay.
Un appareil hors norme, qui mérite le détour quand on aime les découvertes.
Si vous vous en souvenez, j’avais trouvé de drôle de Polaroid Automatic Land transformé.
Pour ceux qui ferait l’impasse sur l’article sus mentionné, voici le résumé de la présentation de cet inconnu :
Si le dos de cet appareil étrange est incontestablement celui d’un Automatic Land en pack 100, tout le reste est spécifique à ce pourquoi il a été créé.
Aussi, à la place du soufflet habituel, une espèce de cheminée en métal, terminée par un ensemble qui doit contenir l’obturateur et son mécanisme modifié. En effet, il n’y a plus – ou plutôt, il n’y a jamais eu – de bouton de déclencheur sur cet appareil, ni de levier d’armement.
En lieu et place, une fiche pour brancher sans doute une commande électrique.
Reste qu’en regardant par l’intérieur de la chambre, j’aperçois une autre grande modification, celle de la lentille interne.
L’objectif a été modifié, tout comme l’obturateur puisqu’on voit la commande électrique sur le côté de la plaque métallique. Enfin, le tube en aluminium qui est à l’avant porte aussi une lentille, enfoncée assez profondément dans le tube, ce qui me laisse à penser qu’il s’agit sans doute d’un appareil qui se fixait sur un autre objet : télescope, appareil du domaine médical, pour la police, … ?
La transformation semble avoir été faite par la marque elle-même
Le compartiment autrefois dévolu aux piles est vide et n’a, visiblement, pas été conçu pour en recevoir un jour. C’est aussi pourquoi je penche en faveur d’une modification d’usine.
Finalement de quoi s’agit-il ?
Et bien, lors d’une brocante où j’exposais le boitier, un Monsieur l’a pris en mains et nous a expliqué ce à quoi il pouvait servir et le pourquoi de certaines transformations.
Ce Polaroid Automatic Land servait à vérifier la cuisson de briques dans les fours où celles-ci prenaient forme.
Le tube en aluminium était glissé dans une chambre donnant sur le four, protégée de la chaleur autant que faire se peut. Ce qui expliquait encore les modifications des lentilles, conçues pour résister aux hautes températures et traitées pour éviter la déformation sur l’image due à la chaleur intense (effet de vibrations ou effet mirage).
Les tirages effectués étaient des épreuves de vérifications et de contrôle.
Voilà un mystère de résolu semble-t-il, merci cher Monsieur.
Finalement, cet appareil étrange va rejoindre, suite à la Foire de Cormontreuil, la collection d’un passionné de la marque, tout est bien qui finit bien pour ce Polaroid atypique.
J’aime ça :
J’aimechargement…
Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désabonner si vous le souhaitez - This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Paramètres des cookies/Cookie settingsACCEPTER / ACCEPT
Privacy & Cookies Policy
Privacy Overview
Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience lorsque vous naviguez sur le site. Parmi ces cookies, les cookies qui sont classés comme nécessaires sont stockés sur votre navigateur car ils sont essentiels au fonctionnement des fonctionnalités de base du site Web. Nous utilisons également des cookies de tiers qui nous aident à analyser et à comprendre comment vous utilisez ce site Web. Ces cookies ne seront stockés dans votre navigateur qu'avec votre accord. Vous avez également la possibilité de refuser ces cookies. Mais le fait de refuser certains de ces cookies peut avoir un effet sur votre expérience de navigation.
Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)This website uses cookies to improve your experience while you navigate through the website. Out of these cookies, the cookies that are categorized as necessary are stored on your browser as they are essential for the working of basic functionalities of the website. We also use third-party cookies that help us analyze and understand how you use this website. These cookies will be stored in your browser only with your consent. You also have the option to opt-out of these cookies. But opting out of some of these cookies may have an effect on your browsing experience.
Les cookies sont absolument nécessaires pour le bon fonctionnement du site Web. Cette catégorie ne comprend que les cookies qui assurent les fonctionnalités de base et les caractéristiques de sécurité du site Web. Ces cookies ne stockent aucune information personnelle. - Necessary cookies are absolutely essential for the website to function properly. This category only includes cookies that ensures basic functionalities and security features of the website. These cookies do not store any personal information.