L' Atelier de Jean-Pascal, passionné de photographie et de peinture
Catégorie : Petites analyses subjectives du matériel photographique
C’est ici que vous retrouverez toutes les analyses, descriptions, essais des appareils anciens ou nouveaux qui me sont passés entre les mains. Deux grandes catégories : argentique et numérique. Bonne découverte
C’est donc la société allemande Bilora qui a fabriqué, de 1955 à 1959, ce Gevabox, pour compte de la société Gevaert.
Commençons par l’aspect « technique » car cela va aller vite : 3 vitesses d’obturation : 1/100, 1/50 et B. Son objectif est un 105 mm à mise au point fixe avec des ouvertures f11 et f16. Il utilise du film en bobine de 120 pour un format de 6x9cm. Autrement dit, pas plus de 8 photos par bobine. Ah, et il y a une griffe porte flash, pas très esthétique.
Reste l’aspect général de l’appareil : un gros « cube » aux formes arrondies (si, si, ça existe), surmonté d’un étrange viseur en bakélite (un tunnel quoi). Tout en métal, hormis donc le viseur, il est léger.
Un peu d’histoire, en passant. Gevaert est un fabriquant belge de produits chimiques et de papiers photographiques, qui fusionnera avec Agfa en 1964. Il fera construire des appareils photos, avec le nom Gevaert, par d’autres constructeurs.
Le Gevabox existe en trois versions :
une version en bakélite (1950 – 1951)
une version métallique (1951 – 1954) fabriquées en Allemagne par Hermann Wolf GMBH
une version métallique avec viseur tubulaire (1955 – 1959) fabriquée par Bilora. Celui qui nous occupe ici.
Il s’agit toujours d’appareils très simples, le but étant clairement de vendre du papier et du film photo par le biais de l’utilisation par le plus grand nombre de ce type d’appareil (Kodak n’a pas fait autre chose !).
Au point de vue manipulation, il faut tourner un gros verrou placé sur le côté gauche de l’appareil pour libérer la partie droite, solidaire de la poignée de maintien, ce qui, je l’avoue, n’est guère pratique. On reçoit alors en main le « magasin » de l’appareil. Le film se met en dessous et on le tire vers la bobine du dessus. Cependant, la fenêtre rouge inactinique est de mauvaise qualité, qui rend difficile la lecture des chiffres annonçant les photos et comme il n’y en a déjà que 8 à tirer, faudra faire très attention.
L’avance du film se fait avec le gros bouton situé sur la droite de l’appareil, en prise directe avec la tige de la bobine. L’avancement n’arme pas l’obturateur, qui – de fait – ouvre dès que l’on appuie dessus. Pratique pour les doubles expositions, redoutable pour les distraits ! Notons qu’il est muni d’un filetage, contrairement au Dualflex, ce qui le rend plus pratique en cas d’utilisation de la pause B.
Voilà, voilà …. je pense avoir fait le tour du propriétaire. Je vais y mettre une Porta 160. Vu les réglages, j’éviterai sans doute le souci que je pressens avec le Dualflex, que j’avais chargé en Porta 400, par grand soleil.
Je pense que je vais de nouveau faire un tour dans la Ville de Mons pour le tester.
Donc, comme on dit, la suite au prochain numéro !
Et voilà la suite de cet essai, fait le 19 août 2020, non pas dans la Ville de Mons mais dans un des plus beaux villages de Belgique, j’ai nommé Ménil (près de Jodoigne).
Et je vous avoue que c’est un fiasco complet !
L’appareil est difficile à charger car la lanière tient toujours au côté qui s’ouvre, ce qui rend la manœuvre délicate. Quand j’y suis enfin arrivé, comme je le signalais plus haut, la fenêtre inactinique rend la lecture du film quasi impossible.
Je croyais avoir pu distinguer le premier chiffre, qui indiquait la première vue. Ben, je n’en suis pas certain …
Je crois que je n’ai pu faire que 4 photos sur les 8, et encore, je ne suis pas certain qu’elles aient été bien positionnées et que j’en ai superposées la plupart.
Impossible de voir l’avancement du film ni de « sentir » celui-ci car je n’avais aucun point de repères pour savoir combien de tours effectuer pour faire progresser les vues du film.
Bref, de prime abord, une catastrophe. Je verrai la réalité lors du développement et cette fois je ne demanderai qu’un tirage, sans passer par la numérisation en HD.
En résumé, un appareil qui a toute sa place comme … presse papier ou cale-livres !
Je reviens de nouveau sur cet appareil, car j’ai reçu le film développé et scanné.
Comme je le craignais, seules 3 photos ont pu être « sauvées », mais je vous avoue ma grande surprise, au moins pour l’une d’elles, elle est magnifique !
Il s’agit d’une habitation dans le beau village de Ménil.
Sans doute la pellicule y est elle pour quelque chose (Kodak Porta 160) mais je trouve, vu les caractéristiques basiques de l’appareil, que c’est vraiment pas mal.
Nous passerons vite sur les 2 autres
Flou de bougé et pourtant, il y avait grand soleil.
Franchement, j’ai beaucoup d’admiration pour nos grands-parents qui arrivaient à tirer quelque chose de ce genre d’appareil. Ok, la fenêtre inactinique était sans doute en meilleur état à l’époque, ce qui permettait d’en rater moins; ils prenaient peut-être plus le temps et maitrisaient mieux les réglages, pourtant basiques… je ne sais pas.
En tout cas, quand on parvient à en tirer quelque chose, le résultat est étonnamment bon. Bien mieux qu’avec le Dualflex, dont vous pourrez découvrir les photos … heu, spéciales !
Avant que le soleil ne soit trop présent, petite balade dans les rues de Mons (Belgique) avec le Dualflex premier du nom.
Il a plu abondamment cette nuit, ce qui a fait chuter le thermomètre de quelques précieux degrés, ceux qui nous permettent de faire cette promenade sans être trop accablé. Avec un second petit avantage, la couverture nuageuse, encore présente, diffuse la lumière et l’empêche d’être trop violente.
Pour mémoire, j’ai chargé le Dualflex avec de la Porta 400. Son ouverture fixe de f1:15 et sans doute la qualité moyenne de l’objectif m’ont incité à le charger de la sorte, mais le plein soleil risque de faire brûler les hautes lumières car la vitesse (fixe elle aussi) doit tourner autour du 1/30 sec.
Je vous avoue que je vérifiais parfois avec la cellule à main que j’avais mise en poche … et … on verra bien le résultat.
Franchement, je ne suis dis qu’à l’époque glorieuse de cet appareil (entre 1949 et 1955), ses heureux propriétaires ont pu faire de « belles photos » avec, sans se poser autant de question. Et de toute manière, ils ne pouvaient – comme moi – rien y faire : fix focus de f1:15 et vitesse de 1/30 fixés une bonne fois pour toute (il reste le mode bulbb mais ça ne nous aidera pas plus).
Sauf que, à l’époque, je ne suis pas certain que les films aient pu atteindre le 400Asa. Ils devaient plutôt avoir des sensibilités de l’ordre des 25 à 200 Asa maximum.
Mais, de toute manière, je n’avais que de la Porta 400 en 120 pour essayer. Donc, nous verrons bien au développement.
D’abord, visite de l’expo de Yann Arthus-Bertrand sur le site du beffroi de Mons (classé à l’Unesco), histoire d’un peu d’humilité devant ses magnifiques clichés. J’ai essayé d’y faire une photo mais je me rends compte que le dégagement de l’objectif (75mm – équivalant à un 50mm en 24×36 ?) me perturbe, alors que je suis plus habitué au 35mm, voire au 28mm. Faut reculer pas mal pour avoir ce que l’on veut dans le cadre.
Ensuite – mais c’est tout personnel – pas facile de cadrer car l’appareil est comme un vrai TLR, il inverse l’image (principe de la camera obscura), d’autant qu’au soleil, il n’a pas, comme un Rolleiflex ou un Yashica D, une sorte de cheminée pour protéger le verre de visée. Mais avec un peu de patience et d’obstination, j’y arrive. Et j’ai hâte de voir le résultat (+/- une semaine)
Car oui, j’ai fait les 12 vues … enfin, onze, car j’ai raté le passage de la première à travers le rouge de la fenêtre inactinique à l’arrière.
Au niveau déclencheur, c’est – aussi – un peu surprenant car la course est assez longue et sans appui intermédiaire : on l’enfonce et puis ça fait « clic » (au passage, de façon très discrète). Juste que s’il n’y avait pas assez de lumière, il faut penser à tenir fermement l’appareil pour éviter les flous de bougé lorsque l’on actionne le déclencheur.
Étonnamment, ce déclencheur n’est pas fileté, ce qui interdit l’usage d’un déclencheur souple, qui serait pourtant le bienvenu en cas de pause longue (le fameux B de Bulbb). Franchement, je me demande comme faisait nos grands parents !
Ceci étant, peu ou pas de réactions des gens dans la rue. Il faut avouer que le Dulaflex n’est pas d’un gabarit qui le fait remarquer. Donc,je me suis même essayé à la photo de rue (heureusement qu’il y avait du soleil quand même). J’attends le résultat de ça aussi.
Bon, pour résumer :
l’appareil est léger, facile à tenir en mains,
pas très pratique à charger (rappelez-vous, il faut bricoler la cartouche de 120 pour la rendre compatible au format 620)
le déroulement du film est facile même s’il est délicat de bien voir les numéros de photos défiler par la petite fenêtre rouge au dos de l’appareil (mais ça concerne tous ces vieux appareils)
il faut penser à armer après chaque prise car l’entrainement du film ne réarme pas l’obturateur
néanmoins, c’est facile pour faire des doubles expositions
les réglages sont inexistants (fix focus f1:15, vitesse fixe de +/- 1/30sec, ou pause B mais sans filetage pour le déclencheur, ce qui rend la manœuvre à mon avis délicate)
la vision est claire à travers le verre bombé qui est au dessus mais en cas de grand soleil, il faut y mettre la main pour protéger la vision
la focale de 75mm est celle équivalente à un 50mm en 24×36, il faut y penser … surtout quand on travaille d’habitude au grand angle.
la mise au point minimale est de 1,5m environ mais vu la focale, ce n’est pas trop dérangeant même si je pouvais m’attendre à mieux
Il me faut donc attendre le résultat des onze vues, que je vous présenterai dès que je les reçois. J’ai déposé le film chez New Prodia ce matin.
Ceci étant, c’était une chouette expérience à tenter. L’espace d’un moment, je me suis pris à remonter le temps, à repenser la photo d’une autre manière, celle de viser la tête penchée vers l’avant, essayant de maintenir l’appareil de telle ou telle manière pour être droit et organiser le cadre dans le bon sens (image inversée), celle de réfléchir à réarmer immédiatement (ou pas) pour éviter des doubles expositions. Je vous avoue que j’étais tellement absorbé – alors que, in fine, les réglages se réduisent à leur plus simple expression ! – j’ai fait abstraction de ce qui se passait autour de moi, une petite bulle salvatrice.
Tiens, et en cherchant de la pellicule en 620, j’ai découvert une petite société, belge de surcroit, qui fabrique des films improbables : Owax film. J’y reviendrai sans doute sous peu, j’ai pu entrer en contact avec eux.
Quelques photos de cet appareil attachant de … simplicité !
De la première à la quatrième photos, le tour de l’appareil avec sa protection, que l’on soulève ou enlève (c’est selon), ensuite, le Dualflex nous présente ses 2 « faux » objectifs : le premier, au dessus est un simple renvoi de la fenêtre de visée (photo 7) et le « vrai objectif est un ménisque (une seule lentille); la dernière photo montre la visée (inversée)relativement claire.
Allez, je vous raconte … un soir, je regarde la RTBf (télévision belge) et lors d’une émission (Visitwallonia.be), je remarque un vieil appareil qui sert un peu de fil rouge à la présentation de la dite émission.
Comme je suis curieux, je tente – et réussi – à voir la marque : un Dualflex ! En creusant un peu, je découvre que cet appareil est en fait un Kodak.
Encore quelques recherches sur la grande Toile et je trouve des infos utiles : c’est un faux TLR (Twins Lens Reflex, autrement dit, appareil réflex à deux objectifs) car s’il présente bien deux « objectifs » sur la face avant, le premier (au dessus) ne sert qu’à la visée à travers un verre placé au dessus (un peu comme les vieux « box » de chez …Kodak, notamment). Il fut fabriqué de 1949 à 1955 par Kodak UK.
Donc, nous visons à travers le verre incurvé que se trouve sur le dessus de l’appareil et voyons (à peu près) la scène grâce au verre du dessus.
En dessous, se trouve l’objectif proprement dit. Heu, objectif, le mot est grand ! Il s’agit d’un « ménisque » (une seule lentille) qui offre une focale équivalant à un 75mm dont la mise au point minima est de +/- 1,5m (5 pieds). Pas de réglage, c’est du fix focus. Ouverture unique de f1:15.
Quand aux vitesses, ben … y en a deux : B pour Bulbb (c-à-d le temps que vous voulez mettre) et un I qui devrait être de 1/30 sec (mais ça dépend des appareils, certains ont constaté 1/50sec pour le leur). Le déclencheur est à droite, le bouton qui dépasse.
Jusque là, rien d’affriolant, mais je trouve que cet appareil à « une gueule sympathique », complètement hors du temps ! Je fouine sur un grand site de vente et j’en dégote un à … 25€, frais de port compris.
Trois jours d’attente et le voila qui débarque de son Angleterre natale. Il est tout complet, avec une protection spéciale qui se fixe sur le dessus, en plus de sa house, et avec sa lanière d’origine. Propre et tout à fait fonctionnel.
Que me réserve t’il d’autre comme surprise ? En l’ouvrant, je constate qu’il n’accepte que du film en 620. Aïe, c’est un format rare, très difficile à trouver. En fait, c’est du 120 mais enroulé sur une bobine beaucoup plus fine et au diamètre réduit. Je pourrai sortir des photos en 6×6 (12 vues).
Je trouve bien quelques sites, aux USA, qui refabriquent cette pellicule mais je n’ai vraiment pas envie de passer par eux (frais de douane élevés). Il y aurait même une société belge qui la fabrique, je les ai questionné à ce sujet et j’attends leur réponse (daté du 10/08/2020).
Sinon, comme d’habitude, il existe plein de tutos pour transférer une bobine de 120 sur un axe de 620 mais j’ai essayé, c’est une galère pas possible qui m’a coûté une Porta 400 bonne pour la poubelle. Vu comme ça, à la lumière, c’est simple mais quand vous devez faire ça dans le noir, ce n’est plus du tout évident. D’autant qu’il vous faut déjà 2 bobines de 620 pour la manœuvre : transfert du 120 vers le 620 (film enroulé à l’envers) puis repassage du film vers une seconde bobine 620 pour remettre le film à l’endroit. A éviter !
Reste une autre idée, dont je livre la vidéo :
Je vous avoue que j’ai un peu modifié la technique, en utilisant un pied à coulisse pour vérifier l’épaisseur du support de la 620 qui, rappelons le, est en métal (1/10mm) et une petite ponceuse électrique avec du grain à 80gr pour réduire le plastique de la 120 à l’épaisseur voulue. Je ne découpe pas non plus le pourtour aux ciseaux mais j’arrondis avec la ponceuse aussi. Et honnêtement, ça prend 10 minutes pour transformer une bobine de 120 en 620. Petit coup de pinceau doux pour éliminer toutes les poussières et hop, dans le ventre de l’appareil. Ça entre tout juste (faut vraiment bien respecter le 1/10mm) mais ça rentre, et ça tourne autour de l’axe sans soucis.
Voilà, j’ai donc chargé l’appareil d’une autre Porta 400. J’ai repris une cellule à main, au cas où … et je vous livrerai le résultat sous peu.
La prise en main se fait comme pour un TLR classique et l’on vise « par au dessus » comme avec un Rolleiflex ou un Yashica D, à la différence qu’il n’y a pas de « protection » autour de la vitre de visée et qu’il n’est pas possible de régler la distance, fixe. Il faudra vérifier avec la cellule en tenant compte d’une ouverture fixe de f1:15 et une vitesse de 1/30sec. Je pense que je vais essayer d’éviter les sur-ex et les flous de bougé en cas de faible lumière.
Voilà, voilà, j’ai reçu le film fait avec le Dualflex … et je suis perplexe !
Vous aller comprendre …
Etonnantes ces déformations … et pour la photo « à la volée » (dame assisse) ce n’est pas un appareil adapté du tout …
Pour mémoire, j’avais chargé l’appareil avec une Kodak Porta 400, qui ne s’en sort pas trop mal au niveau du rendu (grand soleil mais réglages à minima f1:15 et 1/30s). Et je n’ai pas perdu une seule photo, contrairement au Gevabox.
Mais là où s’est vraiment bizarre, ce sont ces déformations qui vont dans tous les sens.
Pour ceux qui aiment la « lomographie » et ses surprises, ils vont être gâté !
Le Théâtre de Mons (à gauche) semble en chewing-gum, les cafés en arrière plan sont comme ces maisons d’Amsterdam, toutes tordues (mais ici il n’y a pas d’eau en dessous, qui sape le sol), le café en face du théâtre est incurvé et le plancher sur lequel sont posés les éléphants semble sorti d’un tremblement de terre
Je ne sais pas si à l’époque ce gendre d’effets étaient recherché, mais j’imagine les albums de famille faits avec cet appareil !
Reste que l’appareil est joli – pas totalement inutilisable – mais joli. Un nouveau presse-papier ou cale-livres en somme ou pour le fun de photos improbables.
La marque Rollei résonne encore sans doute dans les oreilles des plus de … 40 ans ou chez les découvreurs de ces merveilleux appareils argentiques.
Bien souvent, lorsque l’on parle Rollei, on associe la marque au célébrissime Rolleiflex, pour lequel j’ai écris un article ICI.
Mais la célèbre marque a aussi commis quelques autres perles, dont les plus connues sont le Rollei A110, le Rollei 35 – dont le plus performant est le Rollei 35 S – (pour la petite histoire, j’en possédais un, qui me fut volé au Pont du Gard, en 1991) et celui qui nous préoccupe, le Rolleimatic.
Ces appareils sont l’œuvre d’un ingénieur génial, Monsieur Heinz Waaske, qui fut le « papa » du Rolleiflex SL26, du Rollei A110 et du Rolleimatic. Il avait commencé sa carrière chez Edixa, où il imagina le fameux Edixa 16mm, un subminiature qui marqua les esprits non seulement pour sa taille mais surtout pour son degré de sophistication.
Quelles sont les particularités des différents appareils cités ?
Leur petite taille, d’abord, qui les rend particulièrement portables. Ensuite, sur le Rollei 35, Monsieur Waaske imagine un objectif rentrant, que l’on sort pour prendre la photo et qui se rétracte ensuite, pour le protéger des chocs. Cet objectif est très qualitatif car signé Carl Zeiss (pour le Rollei 35 S, c’est un 40mm ouvrant à f1;2,8). Il inclut une cellule performante. Pour le Rollei A110, il réduit encore la taille, met un Carl Zeiss Tessar de 23mm ouvrant à f1:2,8 et une cellule au silicium dans un format minimum, celui du 110.
Quant au Rolleimatic – qui fut le dernier appareil créé pour Rollei en 1978 par Monsieur Waaske – c’est un condensé de tout :
la taille de l’appareil est très petite (équivalente à un Lomo LC-A, la lentille en moins)
la lentille se rétracte à l’ouverture d’un volet
volet qui en se refermant protège l’objectif
mais sert aussi à armer l’appareil
sans oublier une cellule performante
et un objectif cette fois signé Rolleinar HFT 2,8/38mm (formule Tessar de Carl Zeiss)
Le tout dans un petit rectangle(114 x 60 x 33,5 mm) en métal noir et plastique (très peu) de 315gr du plus bel effet !
Son fonctionnement est des plus astucieux, voyez cette animation :
source: Wikimedia
En somme, nous avons là le meilleur de plusieurs mondes, à savoir la compacité, la qualité optique et de la cellule, une mécanique fiable quoique de haute précision. C’est un appareil rare et (trop) méconnu, que je vais me faire un plaisir d’essayer.
J’ai reçu cet appareil ce matin (merci Jordan), livré avec son étui en plastique rigide, capitonné de velour rouge, et accompagné de sa dragonne .J’ai trouvé une pile 4LR44 pour remplacer la PX28. Tout fonctionne parfaitement ! Je vais ensuite y glisser un film couleur et dans quelques jours, les résultats.
Contrairement à mon habitude, je vais être un peu « technique » pour cet appareil. Pourquoi ?
En fait, j’ai fait le tour de la Toile pour y trouver des informations et je n’ai rien trouvé, sauf en anglais. Bien que je ne sois pas très doué – doux euphémisme – en langue (sauf en Langouste et langue de bœuf), je sais me servir d’un traducteur (Deepl.com en l’occurrence) et il me reste quelques souvenirs scolaires pour que ces traductions ressemblent à du français correct. Soyons honnête, je vais m’inspirer des 3 sites référencés en bas de page mais je ne vais pas vous les traduire intégralement et mots à mots.
Commençons… Cet appareil est le fruit de réflexions allemandes et de construction japonaise. Nous devrions nous attendre au meilleur dès lors.
Il fut construit de 2006 à 2012, finalement en assez peu d’exemplaires car beaucoup de ses possibles acquéreurs ont choisi la facilité de se tourner vers un autre grand nom de la photographie argentique, le Leica 7.
Pour la petite histoire, il faut savoir que Zeiss et Leica ont toujours été concurrents et qui plus est, voisins car les usines se faisaient quasi face à Wetzlar. Zeiss Ikon est aussi une grande marque dont les origines remontent aux années ’20 (1920) et qui a marqué le monde de la photographie et du cinéma. Las, la seconde guerre mondiale et son après, avec la partition de l’Allemagne, a sonné le glas de cette maison prestigieuse. Zeiss a absorbé Voigtländer et a cessé de fabriquer des caméras. Le savoir-faire issus de ces années de gloire s’est retrouvé chez Contax et Yashica.
En 2004, alors que la marque Zeiss Ikon n’existait plus, Carl Zeiss AG a tenté de relancer celle-ci à travers l’appareil que je vous présente aujourd’hui. Conçu en Allemagne par Zeiss et fabriqué au Japon par Cosina de 2006 à 2012, le ZM était fabriqué en noir et argent et était destiné à être associé à la magnifique ligne d’objectifs ZM à monture M de Zeiss, et il fonctionne avec tous les objectifs en monture M.
Lors de sa sortie, le Zeiss Ikon ZM coutait cependant presque trois fois moins que son concurrent, tout en offrant quelques avantages certains dont, par exemple :
un chargement du film vraiment simplifié, avec un dos à charnière
un viseur encore plus lumineux que le Leica
un « patch » aérien qui permet de viser rapidement
une meilleure ergonomie
une excellente fiabilité
un télémètre superlatif
une cellule très précise
un mode automatique débrayable, qui permet de se concentrer totalement à la prise de vue
une légèreté remarquable, qui n’entache pas sa solidité
Soyons de bon compte, il pourrait lui être reproché :
il manquerait les lignes de cadrage au 135mm (perso, je trouve déjà que le 90mm est un maximum en télémétrique)
l’obturateur est plus bruyant que le Leica (normal, celui du Zeiss est en métal, contre du caoutchouc pour le Leica – ce qui lui permet d’atteindre le 1/2000ème/sec. ce que le rideau du Leica ne sait pas faire). Ceci étant très relatif, car il faut vraiment tendre l’oreille pour entendre le léger « clic » de l’obturateur. Croyez-moi, ce n’est pas lui qui dérangera le conférencier que vous voulez immortaliser !
le bouton de verrouillage AE est au dos de l’appareil, sous la prise flash
il n’a pas de mesure TTL du flash mais sa synchro est au 1/125 (contre 1/50 au Leica)
Ce qui m’a frappé avec cet appareil, c’est son aspect, étrangement épuré et très ergonomique. C’est vraiment un plaisir de le prendre en main. D’autant qu’il est plus léger que les Leica (458 gr avec ses piles et un film, sans objectif).
Et, surtout, la taille de son oculaire de visée à l’arrière ! Y plonger son œil c’est comme regarder à travers un voile de cristal : clair, limpide, aérien. Les lignes de visées sont bien présentes cependant, clairement visibles mais pas envahissantes (28 -35 -50 -85). Le grossissement est de 0,74x.
Les 28mm et 85mm apparaissent ensembles, tandis que les 35mm et 50mm apparaissent seuls, en actionnant le levier sur la gauche. Contrairement à son rival, la ligne des 28mm est bien visible et confortable.
Les vitesses d’obturation sont indiquées par des chiffres rouges sur le côté gauche du viseur. Elles apparaissent entre les positions des lignes de cadrage de 28mm et 35mm.
Le compteur de vue est automatique et discret, près du levier d’armement. Les symboles S, 24 et 36 sont de couleur orange, bien visibles.
Il est alimenté par 2 piles de 1,5v, des LR44 font très bien l’affaire. Et vous pouvez compter faire au moins 50 films de 36 vues avec un jeu de piles, en le laissant allumé pendant un shooting. On est loin des camions de batteries à prévoir en numérique …
Au niveau des vitesses : elles vont de la seconde au 1/2000ème en mode manuel et de 8 sec au 1/2000ème en mode automatique.
Le Zeiss Ikon mesure la lumière réfléchie sur une barre grise sur les lames de l’obturateur. La surface est large et la cellule est très précise (évaluative).
Comme tout bon télémétrique, impossible de faire la mise au point en deçà des 70 centimètres.
Tout ceci étant écrit, que penser de cette belle machine à photographier ?
Elle est comme la synthèse de ce qui se fait de mieux en télémétrique, avec des idées originales et avant-gardistes (un peu comme le CLE de Minolta, qui aiguillonnera Leica en son temps et l’obligera un bon moment à se remettre en question). La comparer au Leica M7 me semble, finalement, vain, car nous ne sommes plus dans la même philosophie. Ici, on prépare une vision différente, qui va de l’avant; là, on thésaurise sur des acquis, ceux de la lignée des M (notez que c’est une bonne base).
Bref, si vous voulez vous faire plaisir, sans avoir le sentiment de devoir appartenir à une « tribu », à ses codes, ses manies, ses coûts, l’alternative du Zeiss Ikon ZM est la voie royale car vous bénéficiez du meilleur de ce que le télémétrique peut vous offrir à des prix encore raisonnables (attention, après cet article, les prix vont monter !).
Et pour en revenir à ce que j’esquissais dans le premier article à son sujet, choisir le Zeiss Ikon ZM c’est choisir la liberté de faire mieux dans bien des cas sans devoir se plier à une mode, un snobisme, celui d’afficher une marque, certes connue et reconnue, mais qui cultive l’élitisme comme d’autres la recherche et le progrès.
Première ligne : en haut à gauche, le Zeiss Ikon ZM tel que je l’ai acheté, avec un Elmarit 90mm, voyez l’immense oculaire de visée, le dessus de l’appareil, très épuré où vous pouvez voir la « grille » de correction d’exposition. Sur la seconde ligne de photos : à gauche, le dessous de l’appareil, d’abord avec sa poignée grip, ensuite sans (notez la manivelle de rembobinage, intégrée à la semelle), sur la dernière photo à droite, la ligne grise sur la lame de l’obturateur en métal, pour la prise de mesure de la cellule. Dernière ligne : le dos à charnière, vouez le bouton sous la griffe du flash, pour la mémorisation d’exposition (AE), les lamelles métalliques de l’obturateur, et une vision à travers l’oculaire Enfin, le ZM monté d’un Jupiter 3, qui respecte mieux l’équilibre de l’ensemble, en attendant un futur 35mm (sans doute le Voigtländer Ultron)
Les Yashica Electro 35 ou les Canonet QL 17 – QL 19 G III, voire un Minolta Hi-Matic 9 sont presque trop faciles à utiliser et donnent de superbes résultats. Ils font partie de ces fabuleuses machines des année ’60 et ’70, avec déjà des automatismes, discrets et efficaces, mais avec des objectifs fixes.
Les télémétriques russes, c’est une autre tranche d’histoire, celles des années ’30 (même s’ils ont été fabriqués, pour certains, jusque dans les années 80).
Les sites qui en parlent sont en bas de page, comme d’habitude.
Si j’avais une remarque personnelle à faire, je voudrais modifier un peu ce que l’on présente généralement sur ces appareils, à savoir qu’ils sont des copies des Leica et Contax. Sans refaire l’histoire, rendons à César ce qui lui appartient : la plupart des appareils russes ont été construits, au début du moins, avec des pièces issues de prises de guerre (dont les usines en entier parfois). Stricto sensu, ce ne sont pas des copies mais des Leica ou Contax fabriqués en Ukraine (Russie alors). La suite nous montrera que, parfois, certains ont même évolués différemment des Leica produits au même moment.
Bref, j’ai commencé par un Zorki 4K (1974). J’avoue que c’est assez déconcertant, au début.
D’abord, il faut toujours penser à armer avant de modifier les vitesses, afin de ne pas tout abimer. Ensuite, il faut penser à modifier un peu la languette du film pour qu’elle s’accroche correctement dans la bobine réceptrice, amovible, heu… tout en gardant un œil (voire une main, mais bon, nous n’en avons que deux depuis trèèès longtemps) sur le dos de l’appareil, que l’on doit ôter pour la manœuvre. Puis encore, vérifier que le bouton de désolidarisation du mécanisme d’entrainement est bien remis à sa place pour pouvoir armer une ou deux fois avant de refermer.
Notez qu’utiliser un Leica n’est, à ce stade, pas plus facile : il faut aussi recouper la languette et la longueur de l’amorce du film, puis insérer cette languette dans une bobine amovible et qu’il faut ensuite glisser la dite bobine avec la cartouche dans l’appareil, en ayant ôté la semelle. Bref, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ! Je parle ici des Leica des premières générations (I à III) mais aussi du célébrissime M3, voire même de modèle « plus récent » comme le M5 (soyons précis, ces deux modèles ne nécessitent plus de devoir recouper la languette du film, mais le chargement se fait toujours par la semelle). A remarquer qu’en 1958, un Canon P, p. ex., possédait déjà un dos à charnière, une bobine fixe et l’on peut changer les vitesses après avoir armé … copies, copies ?
Bon, revenons à nos Zorki. Si vous êtes tombé sur un bon exemplaire, c.-à-d. pas trop maltraité par les ans et les proprio successifs, tout le reste fonctionne bien : télémètre juste, déclencheur un peu rude mais pas si bruyant que ça et armement facilité, sur le Zorki 4k, par un levier, au lieu d’un bouton à tourner pour l’avancement du film sur les autres modèles. L’obturateur, comme sur les Leica, est en toile caoutchoutée, que l’on peut (doit) régler pour assurer la bonne tension. C’est là aussi un gage de discrétion lors du déclenchement, qui produit un « flop » assez bien amorti.
Vous aurez remarqué la taille du viseur. Sans être aussi confortable que celui du Leica M3 ou M5, il est agréable (avec correction dioptrique si besoin) mais la base du télémètre est plus courte que sur l’allemand (qui fait quand même près de 6,5 cm !), ce qui n’assure pas la même précision, quoique le « patch » soit aussi bien visible et assez facile à régler. Pour info, lorsque l’on parle de base d’un télémètre, c’est la distance entre la fenêtre dudit télémètre (ici la petite carrée quasi au dessus de l’objectif) et la fenêtre du viseur. Enfin, il n’y a pas de cadres collimatés (c-à-d inscrit sur le verre de visée pour voir le cadre de votre future photo) pour les objectifs autre que le 50mm. Si vous utilisez d’autres focales, il faut une tourelle, comme pour les anciens Leica, qui assure la bonne visée.
Ah, j’allais oublier, l’objectif : le mien est un Industar qui a manifestement déjà été démonté et remonté … approximativement car je n’arrive pas à mettre l’ouverture maximale (f1:3,5), mais bon, on s’y fait.
De toute manière, je travaille autour des 5.6, ça simplifie les choses.
Question rendu ? Bah, ça change – vraiment – de la précision chirurgicale des appareils modernes, mais quel charme, quel grain en NB.
J’y ai fait quelques aménagements, pour le rendre plus souple d’utilisation, comme tout simplement un bouton soft release sur le déclencheur (garni de « pointes » un peu inconfortables à l’usage, même si antidérapantes). Et comme je réfléchissais à un truc pour le porter facilement, car il ne possède par d’œillets pour y attacher une sangle, j’ai pu trouver une gaine en cuir. Heu, costaude la gaine, taillée dans un cuir épais, à l’odeur particulière (venant, paraît-il, des bains de tannage propres à la Russie). En tout cas, elle protège super bien et permets de porter l’appareil sans soucis (juste que ça rajoute un peu de poids à un appareil déjà pas si léger).
Dire que cet appareil était un peu désuet en 1974 peut sembler étrange, mais face à la concurrence japonaise, il n’avait plus aucune chance. Et pourtant le Zorki 4 K a sans doute été le télémétrique le plus fabriqué et le plus vendu au monde. Vous en trouverez de ce fait à des prix qui restent abordables sur les sites de vente.
Franchement, c’est une expérience à tenter, surtout au prix auquel ils sont proposés.
Et puis, il y eu le Fed 2 (1969). Là, on manipule un Leica III (enfin, c’est ce qui s’en rapproche le plus) mais pour – au moins – 100 fois moins cher !
Oui, vous avez bien lu, c’est un FED 2
Ne me faites pas écrire ce que je ne pense pas : ce Fed 2 datait de 1969 (produit de 1955 à 1970 avec quelques variations – 8 en fait). C’est un mélange entre la douceur des commandes d’un Leica et la large base télémétrique d’un Contax (ou Kiev), mais la régularité de sa fabrication n’est pas gage de fiabilité. Sa construction est loin des standards d’un Canon ou d’un Leica. Mais au prix où vous les trouverez parfois, c’est de la découverte assurée.
Son objectif est un Industar 26 M, pas vraiment réputé pour ses qualités optiques (certains le surnomment le « bouchon de boitier ») mais il a son charme. Et il va bien avec l’appareil … si, si, ça compte aussi un peu d’esthétique. Ici encore, il faut penser à armer l’appareil avant de changer les vitesses, sinon, salade de pignons en perspective ! Ceci étant, vous pouvez monter dessus n’importe quel autre objectif en standard Ltm 39 et il y en a de très bons (Jupiter 3 ou Jupiter 8, notamment).
Kiev 4 AM de 1982
Pour continuer mes russeries, j’ai eu la chance de trouver à prix abordable un Kiev 4am. Nous sommes chez Contax, mais version soviétique (dans les années ’80 tout de même). La particularité de cet appareil, outre d’avoir gardé une ligne issue des années ’40 jusqu’au seuil des années ’90, c’est sa base télémétrique très large. Je crois ne pas me tromper en disant qu’elle est sans doute la plus large d’un appareil « grand public » : près de 7 cm de long, ce qui donne un très bon rendu d’image, même si l’œilleton de visée paraît très petit. Et, petite particularité mécanique, vous pouvez régler la distance sans devoir toucher le fut de l’objectif : une petite molette – il est vrai pas vraiment bien placée – permet de faire tourner l’objectif lors de la mise au point. Je vous dis pas la mécanique de précision qu’il y a derrière tout ça …. Il était équipé d’un Hélios 103, ouvrant à f1:1,8, lui aussi des années ’80. Les Contax – Kiev possèdent une bague particulière qui assure un montage rapide et serein des objectifs mais qui est propre à ces appareils, ce qui limite la compatibilité. L’obturateur, comme sur le Contax, est à lamelles métalliques horizontales, qui donne un son assez sec, sans être très bruyant, lors du déclenchement.
Les appareils russes se vendent en quantité ( ce qui ne rime pas toujours avec qualité) sur les sites de vente bien connu. Souvent issus des anciens pays dits de l’Est, la plupart sont en bon état mais cela ne vous dispense pas de quelques vérifications lors de la lecture des explications du vendeur au sujet de son appareil. Notamment vérifier que le télémètre est juste, que les rideaux (toile caoutchoutée) ou lamelles (Kiev) sont en bon état, que les vitesses lentes sont fonctionnelles, que les bobines réceptrices sont bien présentes lors de la vente, par exemple.
Sinon, attrait garanti lorsque vous sortirez avec votre Fed, Zorki ou Kiev (pour ne citer que ceux que je connais et ai essayé). Mais prenez votre temps et redécouvrez les joies des cellules à main, de la règle des « sunny 16 », de l’hyperfocale … et bonnes photos.
Ce ne sont pas des appareils qui « vont vite », sauf avec un peu d’habitude. Pour les personnes nées après l’invention de l’autofocus, c’est un art de la patience qu’il convient d’apprécier.
Enfin, dernier avantage, mais non des moindres si vous investissez dans un bon exemplaire (je vous recommanderais un Zorki 1c dont je parlerai ailleurs), vous pourrez toujours monter les optiques prestigieuses de chez Leica, qui sont les montures à vis en LTM 39 (monture « Leica vissé » : Leica Thread Mount (LTM) ou Leica Screw Mount (LSM) en anglais). Elles ont un prix – soyez attentif et raisonnable – mais comme vous aurez fait des économies sur le boitier …. Et, si les optiques Leica sont les plus connues, d’autres marques à l’époque, comme Voigtländer, Canon, Jupiter, etc. ont aussi créé des objectifs de grandes qualités.
Pensez quand même que la plupart sont sensibles au flare (pas de traitement multi couche comme pour les optiques modernes), que vous serez loin du rendu « millimétrique » des optiques développées pour le numérique, mais quel charme.
Voici une petite revue récapitulative des appareils cités :
de haut en bas : le Canon P- 1958, le Kiev 4A (avec cellule) – 1982, le Kiev 4AM (1982), le Zorki 4 – 1969, le Zorki 4K – 1972, le Fed 2 – 1969, le Zorki 1c – 1954, le Leica IIIf – 1951, le Leica M3 – 1957, le Leica M5 – 1973
Un des derniers Eos argentiques, très performant bien que destiné aux « amateurs experts » de l’époque (les années 2000), avec la particularité d’un pilotage par l’œil du collimateur (le 33 n’était pas pourvu de cette particularité).
J’ai craqué sur cet appareil quand je voyais le prix des « full frame » numériques ! Quand je pense que certains trouvent « abordables » les derniers full frame sortis à plus de 2500€ tout nus !
Oui, j’aurais pu acheter un Canon EOS 5 D mark 1 – je l’ai d’ailleurs fait – pour un prix raisonnable (le mien m’avait coûté 280€, sans objectif), mais grosse arnaque du constructeur et des fossoyeurs de belle mécanique (je cite Windows), impossible de faire reconnaître le boîtier par Windows 7 et encore moins par Windows 10 et plus de suivi par Canon. Bref, un bel et bon appareil mais qui « n’existe plus » pour les programmes nouveaux avec lesquels je travaille.
Fermons cette triste parenthèse pour en revenir donc à l’EOS 30. Son ergonomie est celle des Eos modernes, donc pas de surprises de ce côté là. Un appareil qui reste très actuel, avec un autofocus très performant, rapide, discret (un des Eos les plus silencieux produits), pas compliqué à utiliser (son mode d’emploi ne fait qu’une centaine de page, utiles). Si vous lui ajoutez le grip prévu (BP 300 pour 4 piles AA), vous aurez l’impression d’avoir en face de vous un appareil numérique … sans écran.
Largement peu gourmand en piles : un jeu de piles CR123 pour environ 60 films (x 36 poses quand même) … essayez de faire ça avec un numérique, qui nécessite à chaque sortie un camion de batteries !
En plus, c’est un Eos, donc les objectifs en monture EF sont transférables de votre numérique vers l’argentique, et l’inverse est vrai aussi. Ce qui vous ouvre un parc énoooorme de belles optiques.
Attention toutefois, que les optiques très récentes, prévues pour le « piqué » millimétrique des numériques peuvent défavoriser l’Eos 30. Mais un bon film argentique peu encaisser des écarts inconnus en numérique, presque sans perte de qualité. Il vous faut un bon labo (sauf si vous développez vous-même) à qui vous donnez les instructions nécessaires pour obtenir le rendu voulu.
Là, j’avoue que je regrette avoir offert à mon frère le premier que j’ai acheté (non, je plaisante, je suis très content de lui avoir offert, il aime aussi les beaux boîtiers et s’en sert très bien).
C’est un excellent appareil, aussi bien – pour ma part – que le Canon A-1 au niveau de la douceur des commandes et de son silence de fonctionnement, tout en étant aussi performant (c’est un peu normal, il a 3 ans de moins et à cette époque – 1981, Canon et consorts ne se faisaient pas de cadeau et sortaient assez régulièrement des nouveautés, au seuil des années où l’autofocus était encore un phantasme, même si nous étions loin de la frénésie qui consiste à déclasser un appareil six mois après sa sortie !).
Je ne désespérais pas d’en retrouver un second, mais les prix augmentent sur le marché de l’occasion. Ceci étant, le parc optique est aussi important que celui du Canon et aussi qualitatif.
« C’est un appareil qui propose un mode d’exposition « tout automatique », en plus des modes priorité ouverture et manuel désormais traditionnels. Ce mode tout auto s’appelle le « Minolta Program System » (MPS) : tourner la bague des vitesses dans cette position permet à l’utilisateur de se concentrer sur la mise au point et le cadrage de la photo sans se soucier du tout de l’exposition ! » voir l’excellent site, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-11522-Minolta_X-700.html pour d’autres explications.
Comme lorsque le Canon A-1 est sorti et avec lui les montures FD, le Minolta X 700MPS fait partie d’un « système », qui a inauguré une nouvelle monture chez Minolta, la MD, avec des cames spécifiques pour répondre aux nouveaux automatismes présents.
Une foule de petits détails font que cet appareil était très en avance à son époque
A gauche, le réglage de la sensibilité, avec le petit bouton pour déverrouiller celui-ci, à droite, les réglages des modes avec le P pour les programmes, le A de l’automatisme, les réglages manuels; vous voyez aussi la molette crantée sous le barillet des vitesses qui permet de mettre sur ON/OFF, le petit bouton qui permet de déverrouiller les réglages, le tout dans un design très épuré et ergonomique pour l’époque (petit bossage à l’avant, grip pour le pouce derrière)
Et les petits détails qui facilitent la vie : outre le mémo de film à l’arrière (photos plus haut), il y a sur la lanière d’origine ce petit container dans lequel vous pouvez mettre 2 piles de secours.
Bref, de nos jours encore, une fabuleuse machine à photographier. Ils faisaient beau, costaud et performant à l’époque !
Et, franchement, pour ceux qui ont plus de 40 ans, ce sont des appareils qui nous ont marqués et qui sont un peu comme l’archétype du réflex. Difficile de les oublier, d’autant que presque 50 ans plus tard, ils fonctionnent toujours, eux !
Le Minolta X 700 MPS a aussi eu une descendance : le X 500 et le X 300, qui sont un peu plus abordables et, même s’ils sont un peu « simplifiés » par rapport à leur ainé, ils ne déméritent pas. Le Minolta X 500 a d’ailleurs excellente réputation. Franchement, si vous n’arrivez pas à trouver le grand frère à un prix raisonnable, n’hésitez pas, prenez le X 500.
Oui, je notais « prix raisonnable » car il est difficile d’en trouver un en bon état sous les 100€. Le premier que j’ai acheté, fin 2018, m’avait couté 50€. Celui que j’ai racheté mi 2020, sans objectif cette fois, 90€, et j’ai fais une excellente affaire !
Les qualités de l’appareil les justifient-elles ? Franchement – et je pèse ce que je vais écrire – non. C’est comme pour les Canon F-1 et A-1, qui ont aussi marqué les esprits en leur temps. Qui restent de fabuleuses machines mais si vous voulez vous (re)mettre à l’argentique, vous aurez bien plus facile de le faire avec un appareil qui vous propose tout ce que ceux-ci font, avec l’apport de l’électronique et déjà de l’autofocus (Canon 500N, Canon 300, Minolta Dynax 505si Super, Dynax 5, p. ex.). Et si vous voulez rester en manuel, pour vous initier complètement, un Pentax P30, un Minolta XG2, un Fujica AX-1, un Canon AV, p. ex. font parfaitement l’affaire, tout en étant plus abordables.
Ces appareils sont pour ce que je qualifie les esthètes, qui aiment posséder des appareils un peu exceptionnels, pour s’en servir, mais qui maitrisent les réglages propres à ceux-ci … et qui ont les moyens.
Un concentré de « technologies » pour l’époque (1978), un superbe appareil sur lequel il est possible d’installer des cailloux de légende pour pas trop cher. J’avais trouvé un 50mm ouvrant à f1:1.4, un 35 mm ouvrant à f1:2.8 et un 135mm ouvrant lui aussi à f1:2.8 pour l’accompagner. Très souple d’utilisation, performant, relativement peu bruyant lors du déclenchement, je l’ai cédé à un étudiant en photographie, qui l’utilise toujours.
Le Canon A-1 est le grand frère du très connu Canon AE-1 qui a inauguré une longue lignée dont le AV -1 et l’AE-1 Program, plus tard.
Un appareil bien né, qui a marqué son époque. Et cela se ressent au niveau prix, de nos jours : difficile d’en trouver un , en bon état, sous la barre des 100€.
Quelques soucis sont bien connus : la porte qui masque la pile, fragile; un bruit parfois bizarre (le Squeeze) lors du déclenchement, qui nécessite une petite intervention facile (très bien décrite sur le Net à plusieurs endroits), … et c’est presque tout.
C’est du solide, du bel objet, qui délivre de magnifiques photos lorsque l’on parvient à le maîtriser, ce qui est plus facile que d’ingurgiter les 400 pages d’un numérique moderne.
Et des astuces qui ont fait la réputation de cet appareil : la possibilité de surimpression, enfantine; un petit loquet pour masquer la fenêtre du viseur en cas de pose longue; l’ergonomie bien pensée qui place tout à portée de doigts (l’index en l’occurrence); et – cerise sur le gâteau – le premier appareil au monde à proposer un ordinateur intégré numérique et non plus analogique, qui autorise plusieurs modes de fonctionnement. Une fois encore, je vous renvoie à l’excellent site http://www.fou-du-canon-f-1.net/appareils-canon-apres-le-f-1/canon-serie-a/ qui vous en apprendra encore plus sur ces merveilleuses machines.
Franchement, je me pose toutefois la question du prix : est-il raisonnable de dépasser les 100€ pour un boitier nu ? Si les mousses ont été changées dans les règles de l’art, si le squeeze a aussi été résolu dans les règles, si la porte de la pile n’est pas abîmée, s’il n’y a pas de coups flagrants sur le prisme ou les cotés et si l’appareil ne porte pas trop de traces d’usure (un peu de patine, c’est beau, trop de patine, c’est un appareil qui a beaucoup – trop – servi !), s’il a été nettoyé correctement, que le miroir est sans défauts, vous pouvez envisager la dépense car cet A-1 est reparti pour des années de bons et loyaux services.
Pourtant, je persiste à dire que ce type d’appareil doit être vendu avec un objectif, à minima un 50mm en f1:1,4 ou f1:1,8 (mine de rien, ça protège aussi la chambre si un objectif ou – à défaut – au moins un bouchon sont vendus avec l’appareil. Et c’est gage de sérieux de la part du vendeur).
Enfin, si l’appareil que l’on vous soumet ne répond pas à ces critères, soit vous renégociez sérieusement le prix, soit vous passez votre chemin. Le A-1 fut produit en suffisamment d’exemplaires que pour vous offrir un beau boitier.
Dernière remarque, peut-être : ce type d’appareil est très facile à utiliser … pour peu que vous ayez quelques notions de ce qu’est un appareil argentique ou que vous preniez la peine de les apprivoiser. Sinon, au risque d’être déçu, optez pour des appareils un peu plus modernes, style des premiers Eos (si vous restez chez Canon). Ceux-ci bénéficient déjà de l’autofocus, de réglages automatisés (roue P-AV-TV-M- et scènes), ce qui se rapprochent plus des appareils modernes.
Ceci étant, avec le Canon A-1 vous aurez entre les mains ce qui se faisait de mieux à l’époque, avec des facilités qui vous permettront des photos créatives (pour mémoire, surimpression facile, pause longue avec protection de l’œilleton, vitesses rapides et lentes envisageables sans soucis, automatismes à votre service ou débrayables, stabilité de l’appareil en main, fonctionnement même si la pile est out). Faites vous plaisir !
Quelques lectures sur les plus beaux télémétriques anciens ont attiré ma curiosité vers les Yashica Electro 35.
Comme d’habitude, les bonnes adresses sont en bas de page.
Et donc, je me suis laissé tenter par un Electro 35 GSN, en premier. Fabuleuse machine des années ’70 avec, là aussi, un objectif magique de 45 mm ouvrant à f1:1,7. Une visée claire, facile à régler, un déclencheur très discret.
Ensuite, je suis passé à l’Elecro 35 GT, en noir. Petite anecdote de ces années-là : le noir passait pour faire professionnel. Outre ce petit clin d’œil, en noir, les Electro 35 sont magnifiques.
Puis, pour faire la balance, j’ai trouvé un Electro 35 GTN, l’équivalent du GSN, mais en mode « pro ». Du plaisir tout simple et un fabuleux moyen de communication en Street Photography.
Quant vous prenez quelqu’un en photo, et qu’il s’en aperçoit, (presque) à tous les coups, c’est l’occasion de parler souvenirs et photos à l’ancienne, au point qu’il en oublie ensuite d’avoir été mis en boîte.
Enfin, pour clôturer ma trilogie, j’ai craqué pour le petit dernier de la série : l’Electro 35 GX. Plus petit que ses prédécesseurs, toujours aussi agile et magnifique en noir, c’est un excellent appareil pour la photo de rue.
Honnêtement, c’est un plaisir de travailler avec ces appareils : lumineux, faciles à utiliser, discrets. Juste un petit travail pour trouver les piles adéquates, mais les bonnes vieilles LR 44 et CR123 font l’affaire (et un peu de bricolage sur le GX pour les faire tenir dans le logement ad hoc).
Ces appareils valent largement une marque célèbre mais inabordable. Peut on leur reprocher un objectif unique, non interchangeable ? Peut-être mais, franchement, quand vous êtes habitué à une focale, en changez-vous souvent ? Un objectif fixe, c’est un exercice de style : celui d’appréhender la juste distance (surtout en photo de rue), de maîtriser son cadre en jouant des particularités de l’optique. Et quand on peut – enfin – jongler avec ces possibilités, rare sont les fois où l’on change son caillou.
Encore un petit dernier, un Electro 35 MC, trouvé dans une brocante, mal en point : couvert de poussière avec un vilain coup sur le pourtour de l’objectif. Je le teste, il déclenche; le télémètre fonctionne. Allez, je négocie pour le plaisir et je l’emporte pour une bouchée de pain.
Rentré à la maison, je le nettoie délicatement, parviens à redresser le tour de l’objectif, trouve une pile et test : tout fonctionne parfaitement. Vraiment solide ces appareils ! Il date des années ’70 (1972) pourtant. Et comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessus, il tient dans la main.
Contrairement à ses grands frères, il est automatique avec priorité à l’ouverture. L’utilisateur sélectionne celle-ci (en fonction de la sensibilité du film et des conditions météorologiques) et l’appareil règle la vitesse d’obturation. Son automatisme n’est pas débrayable.
Vous aurez noté que les futs des objectifs portent une échelle de profondeur de champ. Rapide et pratique pour utiliser le zone focus (plage de netteté à régler préalablement). Ce qui ajoute encore à l’agrément de ces appareils.
Pour le reste, ce sont de magnifiques objets, solides, qui fonctionnent presque comme au premier jour sans grand entretien ni intervention. A essayer, vraiment, pour le plaisir.
N’étant pas spécialiste, je préfère vous renvoyer auprès de personnes qui ont les compétences et me borner à vous donner mes impressions, toutes subjectives, celles que l’on peut expliquer parce qu’on a eu l’appareil en mains. En bas de page, vous trouverez les adresses utiles.
Le Canonet QL 19 G3 est apparu en 1972, en remplacement du QL 19, sorti moins d’un an avant lui.
QL pour « quick load », à savoir un système tout mécanique assez génial pour charger sa pellicule sans soucis et en épargnant quelques précieuses vues : vous tirez un peu de film, jusqu’à un repère orange, vous vérifiez d’être bien au dessus des roulettes d’entrainement et … vous refermez le dos de l’appareil, armez deux ou trois fois en vérifiant la petite fenêtre au dos et si le porte bobine, à gauche, tourne, c’est bon ! Plus facile qu’un Leica M4 avec sa bobine en corolle…
Et « G III » pour grade trois, ce qui correspond à la troisième évolution du New Canonet.
Pour terminer avec les explications du nom, 19 signifie l’ouverture maximale de l’objectif (de même, vous aurez compris que le Canonet 28 ouvre à f1:2,8, le Canonet 17 ouvre à f1:1,7 … facile pour s’y retrouver !).
C’est un appareil bien équilibré, joli avec sa robe bi-tons, métal et noir (il a existé en noir, mais ils sont rares et … chers). Pas beaucoup de plastic là-dedans. Si nous le comparons au Yashica Electro 35 et Minolta Hi-Matic, de la même époque, ce n’est pas le plus grand mais vous ne pourrez pas le glisser dans une poche non plus (ce qui serait dommage, on ne le verrait pas !). D’ailleurs avec près de 620 gr, il déformerait votre poche.
Il est facile à utiliser, soit en mode tout auto, soit tout manuel. L’avantage est que la pile ne sert qu’à alimenter la cellule et donc en cas de pile usagée, vous pouvez continuer à faire des photos. C’est rassurant. Au sujet de la cellule, elle est sensible au changement de voltage (1,35 V à l’origine). Donc si vous mettez des LR 44 de 1,5 V il aura tendance à surexposer; pensez à corriger (via la sensibilité du film par exemple).
Ce Canonet QL 19 G 3 se place juste en dessous du QL 17 G 3. La seule différence de ce dernier tient dans l’optique qui est un 40mm ouvrant à f1:1,7. Mais le prix du second semble inversement proportionné à cette petite différence : en 2019, un 19 se négociait aux alentours de 50€, en parfait état, alors qu’il fallait compter entre 90€ et 100€ pour un 17 dans le même état (et je ne parle pas de la version noire du 17 qui dépasse souvent les 200€).
Donc, si vous voulez vous faire plaisir avec un bon appareil télémétrique abordable, cherchez plutôt un Canonet QL 19 G 3.
Franchement, c’était un appareil attachant. A part y mettre une nouvelle pile (une LR 44 à tout faire) et changer les mousses devenues collantes, je n’avais rien dû bricoler pour l’emporter en balade.
Juste un petit soucis : la fenêtre du télémètre était « voilée » mais ça n’empêchait pas de viser (télémètre très correct) et faire de belles photos, même par temps (très) couvert, voire en début de soirée. Grâce notamment à un objectif de 45mm assez lumineux (f1:1,9).
Cependant, je l’ai revendu (après avoir nettoyé la fenêtre de visée – très facile à faire sur ce genre d’appareil, enfin surtout grâce aux explications de ce site de référence : http://www.suaudeau.eu/memo/index.html et 35mm-compact.com/compact/canonetql17g3.htm).
Bon , faut pas avoir mal au dos pour promener son M645 : il accuse, avec la pile et son objectif de base, 1,5 kg de métal ! C’est du costaud, du carré, du solide. Même si son poids impressionne, il n’est pas désagréable à prendre en mains (oui, avec « s », ça vaut mieux).
Pas besoin d’un mode d’emploi à rallonges mais un petit tour sur la grande toile vous permettra de trouver toutes les infos utiles pour vous en servir. Heu, prévoyez aussi une cellule à main, à moins que vous n’ayez trouvé un exemplaire avec un viseur prisme muni d’une cellule (Cds ou Silicium). Et peut-être un trépied, car vous l’utiliserez plus souvent pour du portrait ou du paysage, et vos cervicales vous diront merci.
Techniquement, c’est un moyen format en 6×4,5 sur film 120, soit environ 15 photos par film (contre 12 lorsque vous êtes avec un 6×6). La qualité des détails est impressionnante. Il faut juste prendre le temps avec ce type d’appareil, mais le résultat en vaut la peine.
Comme je l’ai écris quelque part ailleurs sur le site, c’est un appareil – en tout cas celui muni, comme le mien, d’un prisme de visée – qui permet une visée directe : il ne faut donc pas remettre l’image à l’endroit, comme sur les autres TLR (Yashica C et D, Rolleiflex décris sur le site). Ce qui, pour moi en tout cas, est un réel avantage.
Ce qui impressionne avec cet appareil, c’est le déclenchement : un gros clic sonore et ferme (là, ça change du silence des télémétriques, c’est certain !). Impossible de ne pas savoir que la photo est dans la boîte. Ceci étant, comme c’est un appareil peu propice pour faire de la Street, c’est pas grave en soi.
Autre chose, comme la plupart des moyens formats (sauf ceux à doubles objectifs façon Rolleiflex), vous pouvez changer de focale. Pensez à la conversion, selon vos besoins : ici c’est un 80mm équivalent à un 50mm en 24×36. La plupart des moyens formats ont une monture dite « propriétaire » donc vous ne pourrez pas y monter n’importe quoi, mais ça n’empêche un choix intéressant, sur les grands sites de ventes.
Un dernier point : le Mamya 645 M n’a pas un dos interchangeable comme les Hasselblad (horriblement chers !) ou les Kiev 88 (pas toujours en bon état). Lorsque vous avez chargé la pellicule, il faut aller jusqu’au bout avant de changer pour autre chose (couleur ou NB). Rassurez-vous, vous avez entre 12 et 15 vues à attendre !
Vous dirais-je que parfois « l’occasion fait le larron » et, dans ce cas précis, je n’ai pas hésité à plonger un peu plus dans ma tirelire : un Rolleiflex Automat en bon état, avec des accessoires assez peu courants comme des lentilles spécifiques, des pare-soleil (chouette, y en a un qui va aussi sur le Yashica), des filtres, … ça se mérite.
Bon, c’est la version f1:3,5, mais c’est le début du « luxe ».
Une belle machine de 1956, pas exempte d’imperfections, après toutes ces années (par exemple, le verre de visée est un peu griffé, il manque deux petites vis autour du capot, mais tout le reste est ok). Il est parfaitement fonctionnel.
Le soucis, toutefois, reste entier pour moi qui éprouve les pires difficultés à remettre les images dans le bon sens : le dépoli vous renvoie un image inversée. Parfois je me demande comment faisaient les grands photographes qui ont utilisé ce type d’appareil.
Et, tiens, je n’y avais pas pensé jusqu’à ce qu’un amateur de mon Yashica D ne m’en fasse la réflexion : « et si on est gaucher, on fait comment ? »
presque un jeu des 7 erreurs …
Car, de fait, sur le Rollei, les réglages se font sur la gauche, à droite il n’y a que la manivelle d’avancement du film. Le déclencheur est en bas à droite, mais ça ne perturbe pas un gaucher.
Par contre, sur le Yashica D, les réglages sont à droite !
Finalement, ce sympathique amateur a acheté un Minolta Autocord, monté comme le Rolleiflex, en plus abordable !
Pour revenir au Rolleiflex, je vous avoue que je l’ai revendu. D’abord à cause de cette visée qui me perturbe toujours autant, ensuite parce que, honnêtement, je n’ai pas vu de différence entre le Rollei et le Yashica D, qui présente les mêmes caractéristiques. Les puristes vous diront que les objectifs du Rollei sont au dessus du lot. Soit, pour le f2,8, mais pour le f 3,5 (comme sur le mien) il n’y en a pas (là, je vais me faire des amis !) sauf au niveau du prix : un Yashica D, un Yashica Mat 124 se vend de 4 à 5 fois moins cher, pour le même plaisir.
Ceci étant, si vous pouvez en trouver un à prix raisonnable et en bon état, faites le pas. Se sont de belles machines et pour ceux qui n’ont jamais tâté du moyen format, c’est tout un monde qui s’ouvre à eux. Si vous avez lu ma rubrique sur le moyen format, vous comprendrez à quoi je fais allusion.
Un jour, lors d’une bourse photo, je découvre un vieil appareil, couvert de poussière, un peu comme oublié au fonds d’une caisse. Pourtant il m’attire, avec ses deux gros yeux ronds, superposés. Il a l’air endormi.
Je le prends en mains, le tourne et le retourne, ouvre son capot et tente d’apercevoir quelque chose sous la poussière qui ternit le verre. Et je demande au vendeur s’il le vend, ou s’il est en panne et oublié là pour cette dernière raison.
« Bah, j’en sais rien », me dit-il, « je l’ai ramassé dans un vide grenier et je ne l’ai jamais essayé ».
Nous négocions, plus pour le principe que par nécessité tant il fait peine à voir, et le vendeur me le cède. Me voilà propriétaire de mon premier appareil double objectif, au format 6×6 (un TLR dans le jargon des photographes pour Twin Lens Reflex), un Yashica C noir, enfin gris pour l’instant.
Bon, commençons par tout nettoyer : un peu d’alcool modifié pour nettoyer la carrosserie, un pinceau pour souffler les lentilles, puis un peu de produit d’opticien pour nettoyer la poussière collée aux objectifs, avec un tissus très doux en micro-fibres. De prime abord, pas de griffes, pas de coups sur les deux objectifs. Puis nouvelle ouverture du capot, pour dégager le verre de visée. Là aussi, un petit coup de pinceau pour dégager le plus de poussière possible, et ça marche, l’écran « s’éclaire ». Pas de griffe non plus. Jusque là, tout va bien. Ouverture du dos pour découvrir l’intérieur de l’engin. Chance, un peu de poussière mais pas de rouille, pas de saleté irrémédiable. Petit coup de soufflette, petit coup de chiffon en micro-fibres, y compris sur la lentille à l’intérieur, tout est propre. Là, il est noir, ses cuirs ne sont pas abîmés, les chromes sont beaux, les lettrages bien visibles, bref, il est beau !
Avant de bouger aux quelques boutons, petit tour sur la Toile pour dénicher un mode d’emploi (et par chance, j’en trouve même un en français !). J’essaie tout et … ça fonctionne.
C’est un art de la lenteur, qui change de la frénésie, parfois, des déclenchements rapides dus aux appareils numériques.
Bref, une manière différente de penser sa photo.
Sans doute est-ce moi qui suis lent avec le Yashica, des photographes célèbres s’en sortaient mieux que moi avec des appareils similaires (R. Cappa, V. Meyer, pour n’en citer que 2, rapidement).
C’est gai, surtout avec un trépied, pour composer à son aise. Pourtant, mais c’est moi que cela dérange, le fait que l’image soit inversée lors de la visée me pose problème : j’ai difficile à trouver mes repères.
il faut inverser gauche-droite pour remettre l’image à l’endroit
Premier développement de la première pellicule : pas terrible au niveau composition, quelques tâtonnements pour le juste couple ouverture/vitesse, mais quelles richesses de détails. Je pense que je ferai un poster de ma première « belle » photo avec ce type d’appareil, la taille du négatif autorisant de tel agrandissement.
Après le Yashica C, j’ai eu la possibilité d’acquérir un Yashica D. Idem que le C si se ne sont quelques évolutions, comme les réglages vitesse/ouverture qui se font par deux molettes situées entre les objectifs, façon Rolleiflex.
Franchement – et là je vais me faire incendier – il est aussi performant que le célèbre allemand, aussi facile d’emploi mais beaucoup plus abordable. Si vous voulez commencer le 6×6, c’est un excellent début.
Cet appareil est sorti avant le Yashica Mat 124 G, aboutissement de la gamme. Il date des années ’74 et fonctionne toujours comme au premier jour. Et si vous en trouvez un, voici le lien vers le mode d’emploi (en français) : http://babardestcyr.free.fr/yashica-D.htm
Mon troisième Fuji télémétrique, si ce n’est que celui-ci est hybride : vous visez par une fenêtre décalée, comme avec (presque) tous les télémétriques mais plus de vision directe, c’est un écran qui retransmet l’image dans le viseur.
Son avantage – outre le look toujours aussi craquant – ce sont les objectifs interchangeables que l’on peut monter dessus. De fait, j’avais choisi un petit 18 – 55 (équivalant plus ou moins à un 35 – 100 mm en 24×36), pas trop gros, pour rester discret en photo de rue, et, comme ses prédécesseurs, en livrée noire (les Electro 35 de Yashica m’ont donné cette envie de voir mes télémétriques en noir, ça fait « pro » !)
Comme d’habitude, je vous renvoie sur le site « les numériques » pour les infos techniques (https://www.lesnumeriques.com/reflex-hybride/fujifilm-x-e2-p17437/test.html) et je résumerai mon expérience comme ceci : excellent appareil, au look ravageur et techniquement très bon mais des menus de réglages à n’en plus finir, pas toujours très clairs ni bien ordonnés (comme ses petits frères que je vous ai présentés plutôt) et qui, à un moment, m’ont fatigué.
De fait, nonobstant le désagrément des menus à rallonges (commun aux autres hybrides et appareils numériques), il vaut mieux emporter avec soi plusieurs batteries car il consomme ! Et pourtant, je ne visais que par le viseur (électronique), sans passer par l’écran, pour économiser la batterie, mais sur une journée de prises de vue, il fallait compter 3 batteries.
Vous l’aurez compris, le temps de la séparation approche … que vais-je choisir ?
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