Argentique

Retour vers le futur : un analogique AgfaPhoto

Préambule

Les brocantes, ou braderies, sont des lieux étonnants que j’aime beaucoup : on y trouve vraiment de tout, de toutes les époques, dans tout les états ; on y discute de tout et de rien avec des vendeurs ou d’autres acheteurs sympathiques. Ce sont de vrais lieux de socialisation et de découvertes.

En l’occurrence, pour moi qui aime trouver des appareils photographiques ou touchant à la photographie, c’est un super terrain de jeux.

Et le hasard fait parfois qu’au détour d’un étal je puisse trouver la suite d’un article en préparation ou déjà écrit mais qui me semblait devoir bénéficier d’une suite.

Comme ce fut le cas pour le Camp Snap que je vous ai proposé il y a un petit moment. Je voulais trouver un vrai point and shot argentique aussi basique que celui-là et je suis tombé sur cet improbable AgfaPhoto, neuf, dans sa boite aux couleurs Agfa.

Mais que je vous le présente, juste pour le plaisir …

Un peu d’histoire

Honnêtement, je ne vais pas tout reprendre l’histoire d’Agfa, que vous avez déjà pu lire dans des articles consacrés à d’autres appareils de la marque. Simplement rappeler que l’Actien Gesellschaft fur Anilin Fabrikation, Agfa en abrégé, a vu le jour en 1867 à Berlin.

Elle commence dans la chimie, celle de la production d’aniline, à une époque où les colorants sont essentiellement destinés à l’industrie textile, en pleine expansion dans le 19ème siècle industriel.

C’est presque naturellement qu’elle va se diversifier vers la photographie, ce nouveau médium né aussi dans les années 1800 et qui provoque un véritable engouement, même si elle est encore réservée à une certaine élite à ce moment-là.

Un peu plus loin, à Anvers (Belgique), une autre entreprise voit le jour en 1894. Celle de L. Gevaert & Cie, créée par Lieven Gevaert, fabricant de papier destiné à la photographie.

Si chacune de ces entreprises se développent dans leur pays, elles sont aussi présentes rapidement à l’international. Toutes deux, outre leurs produits initiaux, vont en venir à construire des appareils photo, suite logique de la vente de leur matériel de base : la chimie des films pour le premier et la production de ces films ; la vente de papier photographique puis la production de films pour le second.

Les premiers appareils photo d’Agfa date de 1928 (le Billy), ceux de Gevaert des années trente, avec une nette incursion dans le cinéma balbutiant pour celui-ci.

Agfa va, un peu comme Kodak, démocratiser la pratique photographique en produisant des appareils simples, solides et financièrement accessibles. La société propose tout ce qui concerne la photographie, de la chimie aux films, en passant par les appareils photo et les caméras.

De son côté, Gevaert, s’il fabrique quelques appareils, se cantonne plus à la fabrication des films, notamment destinés au secteur médical (invention des rayons X).

C’est en 1964 que les deux entreprises fusionnent pour donner naissance à Agfa-Gevaert. Une entreprise dont le nom disparaitra complément du paysage en 2004 pour renaître sous le nom d’AgfaPhoto.

Si nous devons retenir quelque chose de cette longue aventure c’est la volonté chez Agfa de produire des appareils simples, faciles à utiliser, ne demandant pas de compétences particulières : accessibles au plus grand nombre, en un mot.

Cette volonté s’est concrétisée par une série d’appareils photographiques qui ont fait date :

  • les Agfa Box et Synchro Box (synchro avec un flash), qui donneront naissance aux Agfa Click et Clack (film 120),
  • les folding (pliant) Agfa, dont le célèbre Agfa Billy Record,qui évolueront en Isolette et Super Isolette (film 120)
  • la famille des Agfa Karat (film en cassette 135mm)
  • les Agfa Silette et Super Silette, un télémétrique p (film 135)
  • Les Agfa Ambiflex, des réflex étonnants (film 135)
  • l’improbable Agfa Flexilette, un réflex bis-objectifs de la taille d’un réflex classique (film 135)
  • les Agfa Optima, avec le premier appareil à exposition automatique programmée (film 135)
  • les Agfa Rapid, qui ont repris et amélioré le système de la cassette de film (film 135)
  • les Agfa Optima avec sensor, la fameuse pastille orange qui rend le déclenchement si doux (film 135)
  • les Agfamatic, à glisser dans toutes les poches (cassette film 110)

Je fais l’impasse sur les caméras en film 8mm, Super 8 et autres formats car elles touchent l’image animée, qui a aussi fait fureur dans les familles, mais je me cantonne aux appareils photo seuls.

Par contre, je ne peux faire l’impasse sur les films, plan film, diapositive et autres papiers qui sont les consommables incontournables de la marque. Notamment, l’Agfacolor-Neu (1936) qui, pour la première fois, introduisait le film, l’exposition unique et un seul processus de développement pour obtenir une photographie couleur.

Le premier papier couleur verra le jour, lui, en 1938.

Mais Agfa, se sont aussi des optiques (Agnar, Apotar et Solinar), des accessoires (flashs et ampoules pour flash), des posemètres, des filtres, etc.

Tout l’univers photographique était couvert par les produits Agfa-Gevaert. Un vaste terrain de jeux pour les collectionneurs, car la production est non seulement riche mais aussi très diversifiée.

Si Kodak partageait le même univers et était connu au niveau mondial, en Europe, Agfa était le leader incontesté de tous les produits liées à la photographie.

Comme son grand rival, la marque a pris de plein fouet la révolution technologique du numérique et elle a vu ses acquis dans l’argentique remis sérieusement en question. En 2004, elle regroupe ses activités photographie grand public et de produits optiques (projecteurs, caméras, scanners) dans une holding dénommée AgfaPhoto, … qui fait faillite un an plus tard !

Aujourd’hui, la marque et son logo sont encore utilisés par Lupus Imaging & Media GmBH (Allemagne), distributeur de grandes marques, notamment dans le domaine de la photographie.

Sans revenir sur les vicissitudes de la marque, ce que nous venons de survoler précédemment, sachez qu’aujourd’hui les produits AgfaPhoto sont fabriqués en Chine, comme l’appareil que nous allons découvrir.

Présentation de l’AgfaPhoto (modèle VF208)

Une boite en carton aux couleurs d’Agfa, un mode d’emploi simplissime, une pochette en tissus, une dragonne et un appareil tout en plastique : voici l’AgfaPhoto modèle VF208.

Un fix focus tellement basique qu’il est bon de souligner dans les publicités qu’il est réutilisable.

Une chose me choque, immédiatement : le revêtement en vrai simili se décolle déjà de partout. Ça promet et en dit long sur la qualité de fabrication. Même aux pires moments de la production massive des Agfamatic avec les cassettes 126 on n’atteignait pas un niveau si bas dans la qualité.

Regardez les bords du revêtement en simili ; tout se décolle.

Aïe, je suis déjà en train de démolir le boitier et je ne l’ai pas encore analysé, pas bien !

Un parallélépipède bis-tons, gris et noir pour l’ensemble, léger, très léger (130gr nu). Sur la face avant, un objectif légèrement décentré de 31mm ouvrant à f9, un viseur assez large, au centre, et à ses côtés (à droite en regardant le boitier), un flash, dont la commande est un curseur situé en dessous. Un discret AgfaPhoto achève la présentation.

Sur le capot, un bouton rouge, le déclencheur, qui n’a pas la douceur du célèbre Sensor cher à la marque. Juste devant, une petite fenêtre : c’est le compteur de vue. De l’autre côté, la manivelle de rebobinage, noire et, me semble-t-il fragile. Ne tirez pas dessus pour ouvrir le boitier, il y a un verrou sur la tranche droite, qui demande un peu d’entrainement. Presque à mi-chemin du compteur et la manivelle, une petite lampe qui s’illuminera de rouge lorsque le flash sera prêt à faire feu.

A l’arrière, outre la roue dentée pour l’avance du film, la fenêtre du viseur, assez large mais sans la moindre indication de cadre ou de parallaxe. Et un pseudo repose pouce bien trop lisse que pour être efficace.

Par dessous, un bouton en saillie pour le rebobinage et une trappe pour la pile qui alimente le flash, une simple AAA classique.

Sur la tranche droite, le verrou pour la porte qui ferme la chambre. Il faut appuyer vers le bas pour ouvrir la porte. Tout est en plastique, je le répète, donc ne pas forcer pour ouvrir ni pour refermer.

Un seul œillet pour passer la dragonne, en plastique moulé avec la carcasse. Et c’est tout.

Un mot sur le mode d’emploi, peu utile vu la complexité de l’engin. Une simple feuille entre le A5 et le A4, pliée pour présenter en 4 langues (Allemand, anglais, français, espagnol) comment fonctionne l’AgfaPhoto.

Si le flash se met en route (sifflement) rapidement avec une nouvelle pile, vous ne pourrez le tester que si vous trichez un peu avec l’AgfaPhoto. En effet, sans film, impossible d’armer l’obturateur, sauf si vous ouvrez le dos et faites tourner la molette d’entrainement avec les doigts. Au clic, vous pourrez utiliser le flash et déclencher.

Produit depuis 2020, il en a vu de toutes les couleurs : noir, rouge, marron et gris.

Ce boitier basique porte donc un objectif de 31mm ouvrant à f9, sans aucun réglage (fix-focus), qui doit être net de 1m à l’infini. La lentille est en plastique moulé (ménisque). Il n’est pas possible de fixer un filtre quelconque, ni par vissage ni par emboitement. La vitesse de l’obturateur n’est pas déterminée mais elle est unique.

N’importe quel film 24x36mm peut être utilisé et je ne résiste pas au plaisir d’extraire ces phrases de la présentation de cet appareil (publicité). J’espère qu’elles vous feront sourire autant que moi :

Les films facilement disponibles pour l’AgfaPhoto 35mm Reusable Photo Camera sont le Kodak Ultramax 400 pour les images en couleur et le Kodak T-Max 100 pour les images monochromes. Les deux films sont de haute qualité et, selon les rapports de test, fournissent des résultats fiables. Bien sûr, les films d’autres marques peuvent également être utilisés avec cet appareil photo.

Que penser de cet appareil ?

Pour environ 40€ vous aurez donc un argentique des plus basiques et tout en plastique.

Rien à régler : ni distance, ni vitesse, ni sensibilité du film. Vous cadrez (pour ça le viseur est assez grand et presque confortable) et vous appuyez sur le petit bouton rouge. Clic, clac, c’est dans la boite comme le proclamait son grand concurrent.

Franchement, cet appareil ne m’inspire pas : trop de plastique, assemblage déjà en défaut, tenue en main difficile (le plastique est trop lisse, ça glisse), trop simpliste.

Cependant, si vous allez faire un tour LA-BAS, vous verrez des images captées par cet appareil, et on a déjà vu pire.

De fait, si vous cherchez un appareil simple à utiliser, pas cher, qui ne vous laissera pas de regrets s’il venait à casser, il répondra présent. D’où la nécessité de préciser qu’il est réutilisable.

D’autres boitiers, qui jouent aussi sur la nostalgie, ne font pas mieux :

Ceci étant écris, vous pourriez trouver des boitiers autrement plus solides et mieux finis dans le stock quasi insondable des appareils anciens, mêmes dans les plus récents, motorisés et dotés de l’autofocus, et ce pour un prix comparables (au pire).

Ce qui ne choque avec ces appareils, c’est le gaspillage de ressources inutiles : il existe encore tant de bons vieux 24×36 très utilisables qui ne demandent souvent qu’un peu de nettoyage, une nouvelle pile au pire, pour vous redonner l’envie de photographier à l’ancienne, sans tricher et avec de bien meilleurs résultats souvent que ces clones mal fichus et … chers.

Si l’envie vous prenait d’en découvrir quelques uns, allez faire un tour dans la rubrique des compacts, ICI ou LA.

Bonne découvertes.

Un peu de technique

PropriétéSpécifications
Format de film35mm
Format d’image36 mm x 24 mm
Type de lentilleObjectif fixe
Focal Longueur31 mm
Ouverture maximalef/9
FlashFlash intégré
Alimentation électrique1x batterie AAA
Poids130 grammes
Date de sortie2020 (toujours en production)
MarqueAgfaPhoto
Nom de la marqueLupus Imaging & Media GmbH & Co. KG
Pays d’origineChine
Prix Référence39,99 € (août 2023)

Des références

https://fr.wikipedia.org/wiki/Agfa-Gevaert, https://www.agfaphoto-gtc.com/fr/content/6-agfaphoto-la-marque-historique-d-appareils-photo, https://www.vintagecamera.fr/agfa, https://appareil-photo-laviale.com/marque/agfa/, https://fr.wikipedia.org/wiki/Agfa-Gevaert, en français ; https://www.agfa.com/corporate/history-detailed/, https://filmphotography.eu/en/camera/agfaphoto-35mm-reusable-photo-camera/, en anglais

Argentique

Le Fujica Compact 35 : un compact argentique étonnant

Préambule.

Voici le second appareil acheté dans la nuit de la Grande Réderie d’Amiens (avril 2025). Pourtant j’ai hésité car je ne pouvais pas vérifier la cellule, dans le noir, et parce qu’il était dans une grande caisse de comparses d’infortune.

Mais comme je n’ai pas écris beaucoup d’article sur ce type d’appareil dans la marque, je ne suis dit et pourquoi pas, faut juste bien négocier le prix. Ce que je fis. Voilà donc le second appareil dans le sac à dos.

Un peu d’histoire.

Si j’ai pas mal écris sur les reflex Fuji et les tous petits appareils au format 110, l’appareil qui me semble le plus proche par la forme de celui-ci est le Fujica Half, un étonnant demi-format des années soixante.

Mais commençons par le début …

Le nom de la société vient du mont Fuji, le plus haut mont du Japon ( 3776m), car l’entreprise a vu le jour, en 1934, à ses pieds

Fujifilm, dès le lancement de l’entreprise, produit du film tant pour le cinéma que pour la photographie, mais aussi des films spéciaux, comme pour la radiographie. C’est en 1948 qu’apparaissent les premiers films couleur, presque en même temps que se développent la fabrication d’objectifs et d’appareils photos, sous le nom de Fujica.

De nos jours, Imaging Solutions reste la partie la plus connue de l’entreprise. Elle produit toujours des films photographiques et du papier alors que ses grands concurrents historiques, Agfa et Kodak ont jeté l’éponge, parfois définitivement. S’y ajoute encore la production de livres photos et la technologie d’impression directe avec des bornes situées dans les magasins, ainsi que des appareils destinés au tirage professionnel dans les labos, en plus des scanneurs pro.

Voilà, rapidement, ce qui concerne les films, au sens large (car Fujifilm a aussi produit des films pour la vidéo privée 8mm, Single 8 et consorts) ainsi que des bandes magnétiques pour l’enregistrement (depuis 1950).

Une autre partie connue de ses activités, c’est celle de l’optique. Dès 1938 Fuji met en place une fonderie de verre optique à Odowara. La volonté de la marque était de produire des objectifs haut de gamme. Rien n’était trop beau pour y parvenir, comme l’utilisation de creuset en platine ! Fuji Photo Optical Co Ltd voit le jour en 1944 ; ainsi commence la production des Fujinon, aux qualités reconnues.

Par exemple, en monture Leica, Fujinon propose son premier objectif à monture vissante, le Cristar 50 mm ouvrant à f2 (1949), en même temps qu’un 35mm f3,5 et un Summitar 50mm ouvrant à f2. Puis, en 1954 il y aura le Fujinon Speed Trio avec le 35mm f2, le 50mm f1,2 et le 100mm f2. Le Fujinon 50mm f1,2 sera également construit en monture Nikon. C’est un excellent objectif, peut-être pas assez connu des amateurs.

Fujinon sera encore le précurseur pour le traitement des lentilles. Ils seront les premiers dans le domaine du revêtement par faisceau d’électrons (EBC). Cette méthode était la plus précise et la plus performante des techniques, aussi par les matériaux employés : Fujinon utilisait jusqu’à quatorze couches de revêtements contenant, notamment, de l’oxyde de zirconium et du fluorure de cérium.

L’EBC Fujinon 50mm f3,5 macro fut le premier objectif à bénéficier de ces traitements (1972). La légende dit que ces lentilles avaient une transmission de la lumière de 99,8% !

Enfin, en ce qui concerne les appareils photo, le premier Fujifilm sera le Fujica Six, un folding (pliant). Il sera produit de 1948 à 1953.

Dans les années soixante, Fujica lance deux appareils à visée télémétrique innovants : le Fujica 35-EE qui est le premier appareil au monde à proposer trois modes d’exposition (1961) puis le V2, un autre compact avec un objectif de 45mm qui propose une cellule au CdS couplée et capable d’offrir une vitesse maximale de 1/1000s (1964).

Toujours en 24×36 à visée télémétrique couplée, mais un peu plus tard (1998), Fujica lance le TX-1 à objectif interchangeable. Ça ne vous dit rien ? Et si j’écris XPan, c’est plus parlant ?

En effet, cet appareil est une collaboration entre Fujifilm et Hasselblad. C’est un appareil panoramique qui connu un grand succès, lui aussi, et qui sera suivi en 2003 d’un XT-2 (ou d’un XPan 2).

Suivront les années septante et la montée en puissance des reflex. Fujica présente alors le Fujica ST70, un reflex avec une monture vissante de 42mm, entièrement manuel et qui était équipé d’un lumineux Fujinon de 50mm ouvrant à f1,8. Ce sera un grand succès commercial, notamment parce qu’il était équipé d’une cellule couplée au silicium.

Pour en terminer avec les appareils fameux de la marque, il convient d’écrire un mot sur le moyen format. Dès la fin des années soixante et jusqu’au mitan des années septante, le Fujica G690 offrait un moyen format télémétrique à objectifs interchangeables. Fuji, qui a toujours été à l’écoute de ses clients, a créé cet appareil pour répondre aux besoins de photographes professionnels qui voulaient un appareil facile à utiliser, pas trop encombrant mais d’un format plus grand que le 24×36.

Le G690 (1968) est donc un 6x9cm qui ressemble à un Leica M3 mais avec un gros objectif.

Puis, plus tard, le Fuji GX 680 (1986 – 2010) sera un 6x6cm prévu surtout pour le studio, qui utilise soit le 120, soit le 220.

Toujours en collaboration avec Hasselblad, Fujifilm sort le GX645AF, un moyen format qui sortira aussi sous le nom de H1chez Hasselblad. Ils auront les mêmes accessoires et fonctions l’un et l’autre.

Quant à parler de collaborations, c’est avec Cosina cette fois que Fujifilm sort le GF670 (2008), un 6x6cm ou 6x7cm qui s’appelle encore Voigtländer Bessa 3. C’est d’ailleurs amusant de constater qu’il s’agit ici d’un appareil pliant, comme un certain … Fujica Six !

Fujifilm reste de nos jours dans la course, avec une gamme de télémétrique, de reflex et de moyens format numériques d’excellente réputation.

Présentation du Fujica Compact 35.

Ce petit compact date de 1967. Même s’il et considéré comme un petit automatique grand public, il est sérieusement construit et son aspect est qualitatif.

Tout d’abord, ce n’est pas un télémétrique. Vous réglez la distance avec les distances gravées sur le fût, en mètres ou en pieds. Mais dans le viseur, les distances sont reportées par quatre pictogrammes. Vous pouvez donc choisir les deux méthodes pour viser votre sujet au plus juste.

Et puisque nous en sommes à écrire sur le viseur, précisons encore qu’il est large, bien clair, collimaté pour le cadre, avec correction de la parallaxe et en sus, sur la gauche, vous verrez une échelle des ouvertures choisies par l’appareil lorsque vous êtes en position automatique.

Car ce petit appareil contient une cellule couplée, hélas au sélénium (celle de mon exemplaire fonctionne toujours) même si ce type de cellule vous dispense de piles. Si la luminosité est trop faible, elle interdit le déclenchement en position automatique. Il faut alors passer en manuel pour régler l’ouverture et la vitesse.

La cellule se règle grâce à un bouton à l’arrière de l’appareil.

L’obturateur est central, qui donnent des vitesses de 1/30s à 1/250s. Sa position centrale autorise la synchronisation du flash à toutes les vitesses. Le flash se pose sur la griffe dite froide et doit être raccordé avec une prise PC, en façade.

Donc, sur le fût de l’objectif, vous avez, au dessus, la bague pour les ouvertures, et en dessous, une petite fenêtre pour régler la vitesse, de la pose B aux vitesses citées plus haut, en passant par la position pour la synchro flash (en rouge).

Pour armer, c’est comme d’habitude, avec un petit levier en métal. Le déclencheur, fileté pour recevoir un câble, est doux et le déclenchement assez discret. Un petit appareil pour la street photo sans trop d’efforts.

Ne cherchez pas le compteur de vue au dessus, il est sur la semelle, dans une fenêtre en arc de cercle et il se réinitialise automatiquement à l’ouverture du dos. Celui-ci s’ouvre grâce à un verrou sur la tranche gauche de l’appareil. Monté sur charnière, il découvre la chambre.

La manivelle de rembobinage est elle sur le capot mais ne tirez donc pas dessus comme un forcené, ce n’est pas elle qui ouvre l’appareil. Le petit bouton de débrayage pour rembobiner le film est sur la semelle.

Encore un mot sur l’objectif, un beau Fujinon de 38mm ouvrant à f2,8 jusque f22. Comme je l’indiquais plus haut, les objectifs Fujinon ont bonne réputation en général.

Que penser de l’appareil ?

Franchement, je l’aime bien : il est mignon, assez compact même s’il ne rentre pas dans une poche mais plutôt un petit sac (j’ai d’ailleurs celui d’origine, en cuir) ou un petit sac photo.

Il est agréable à tenir en mains et facile à régler. Toutes les indications sont bien visibles, ce qui est rare pour ce type d’appareil. Enfin, il permet de travailler en manuel et en automatique, ce qui n’est pas courant non plus pour les petits compacts de cette époque.

Sans être vraiment rare, il n’est pas très courant et c’est tant mieux. Point de vue budget, compter au maximum 50€ pour un bel exemplaire complet et dont la cellule fonctionne toujours. Un bel investissement pour qui veut voyager léger et en bonne compagnie !

Vidéo d’illustration.

Grâce à Collection-appareils, voici le lien vers le mode d’emploi.

Des références.

http://camera-wiki.org/wiki/Fujica_Compact_35, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Fujica_Compact_35, https://kamerastore.com/products/fujica-compact-35, https://www.photo.net/forums/topic/319201-fujica-compact-35ever-use-one/, https://r-kobus.eu/fujica-compact-35-en/, en anglais ; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1636-Fujica_Compact%2035.html, https://parlonsargentique.com/fujica-compact-35-fiche-technique-avis/, https://fuji.ch/fr/story/fujifilm-heritage-une-retrospective-de-lhistoire-de-90-ans-de-fujifilm/, en français.