Argentique

Un Action Man un peu particulier : il prend de (vraies) photos.

Préambule.

C’est lors de la dernière brocante de 2025 que j’ai pu acheter ce drôle de personnage.

Je connaissais l’univers des Action Man, mais à l’époque de leur sortie, mon fils était trop jeune pour jouer avec, et ensuite il a découvert d’autres jeux.

J’étais donc très curieux de découvrir cet objet peu commun, que nous allons explorer ensemble.

Un peu d’histoire.

En 1959, la société Mattel sort une poupée qui a toujours autant de succès auprès des petites filles, la célèbre Barbie.

Elle conquiert immédiatement le cœur des fillettes et Barbie se voit affublée de nombreux vêtements et accessoires, en fonction des aventures qu’elle peut vivre dans un monde très idéalisé.

Et les petits garçons dans tout ça ? Ah, il y avait bien Ken, l’éternel boy friend un peu niais de la jolie Barbie mais ses aventures se résumaient à suivre sa copine.

En 1964, aux Etats-Unis, l’entreprise Hasbro décide de concurrencer la poupée Mattel en créant un personnage surtout destiné, lui, aux petits garçons. Ainsi nait, à l’aube de l’entrée en guerre des USA au Vietnam un personnage assez guerrier, G.I. Joe. Il sera d’abord décliné en 4 soldats différents : armée de terre, de la Navy, le marine et enfin le pilote de l’air. Il possède 18 point s d’articulations pour pouvoir se mouvoir aisément et mesure environ 30cm.

A l’initiative de Palitoy (filiale britannique de Hasbro), G.I. Joe traverse l’Atlantique deux ans plus tard et se retrouve en Angleterre, sous le nom cette fois d’Action Man. Globalement, la figurine reste cantonnée dans le domaine militaire. Le personnage évolue un peu (mains agrippantes, cheveux floqués, yeux mobiles). La principale différence est que le personnage anglais porte une cicatrice sur la joue droite.

En 1975, la société française distributrice de jouets Ceji Arbois lance Action Joe. Très largement inspiré des modèles US et anglais, les soldats sont de nationalités différentes et il y eut même des cow-boys et des indiens.

Au fur et à mesure de l’évolution des figurines, on quitte le monde guerrier pour celui des aventuriers de tout bord. An début 1980, les marques lancent une collection spatiale pour coller à la vague Star Wars. Et les aventures s’enchainent, sauf pour Action Joe, qui quitte les rayons jouets en 1981.

Au début des années nonante, Hasbro reprend la main sur les Action Man et en multiplie les déclinaisons, qui quitte progressivement le monde guerrier pour celui de l’aventure : il y aura des alpinistes, des karatékas, des plongeurs, des parachutistes, etc. et toute une série de véhicules assortis aux missions du personnage, en plus des accessoires dédiés.

Action Man devient un phénomène de société et il puise son inspiration dans des personnages iconiques du cinéma ou de la télévision : il y aura un personnage qui aura les traits de James Bond lors de la sortie du film Demain ne meurt jamais (1997).

Aux USA, la télévision fera des adaptations des aventures d’Action Man sous forme d’animation. Il y aura aussi des jeux vidéos, des dessins animés, des films, des jeux de sociétés avec le célèbre personnage et ses ennemis (Docteur X, Docteur Gangrène, etc.).

La gamme Action Man d’Hasbro prend fin en 2006. La société se contente de refaire des séries spéciales anniversaires de ses modèles historiques. Et en 2018, elle relance cependant le personnage, destiné cette fois aux enfants dès 3 ans : de plus petite taille, moins articulé, avec plein de nouveaux costumes et accessoires, tous spécifiés sûrs pour les enfants de cet âge.

Pourtant, toujours en 2006, Action Man est renommé ACTION MAN A.T.O.M. (A.T.O.M. – Alpha Teens on Machines), les jouets changent complètement d’univers et adoptent un style moderne inspiré des mangas. Les figurines cessent d’être de 30 cm pour être de taille plus petite. Après deux années, Hasbro décide de ne plus éditer la licence.

En ce qui concerne notre Action Man Mission 110, il est apparu sur le marché en 1998.

Présentation de l’Action Man Mission 110.

Il ressemble à un photo reporter avec ses bottes, son plastron qui ressemble à un gilet tactique ou pare-balles et sa grosse caméra sur l’épaule gauche.

Il mesure plus ou moins 30cm et est moins articulé que les autres car son bras gauche reste fixe. En effet, outre qu’il tienne la caméra (fictive), celle-ci tient lieu de viseur pour l’appareil photo dissimulé dans son torse.

Figurine d'un homme tenant une caméra, avec un écran d'ordinateur en arrière-plan.

L’objectif est visible juste au dessus du sigle de la marque. Il faut ouvrir le dos du personnage pour y glisser un film 110. Une discrète molette permet de faire avancer le film et le déclencheur est le gros bouton qui ressort sous l’épaule droite. Une petite fenêtre est encore découpée dans le dos, pour servir de compteur de vue.

Aucun réglage, une visée très approximative, un format de film restreint mais il n’en faut pas plus aux enfants pour se sentir investi d’une mission d’aventure ou d’espionnage, car l’appareil photo fonctionne vraiment. De quoi rendre jaloux les possesseurs d’un Pentax Auto 110 !

Que penser de cet appareil ?

Le format minuscule du 110 a depuis longtemps favorisé quelques gentils délires photographiques : paquet de frites, cannettes de soda, biscuit, etc. et pourquoi pas dès lors un personnage d’action ?

La qualité d’image est conditionnée à la lentille en plastique, à la taille du négatif, à son cadrage approximatif, mais – avec un peu d’entrainement – ça fonctionne et on peut donc prendre des photos … discrètement.

C’est un beau jouet qui, chose étonnante, à ma connaissance, n’a pas été repris sous forme numérique. Comme ses homologues cités ci-dessus d’ailleurs. L’imagination des créateurs est-elle en panne ou le marketing est-il devenu trop sérieux ?

Un objet nostalgie qui garde son côté ludique et plaira certainement aux enfants devenus (très) grands maintenant mais qui n’ont pas perdu leur âme avec le temps.

Question valeur, outre celle de la nostalgie justement, ou des souvenirs, il faut compter environ 50€ pour un modèle fonctionnel et plus de 150€ pour celui qui aurait encore sa boite et tous les accessoires d’époque.

Quand on aime, on ne compte plus …

Vidéos d’illustration.

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Action_Man, https://vvanat.fr/blog/action-man-plongeur/, https://www.generation-souvenirs-le-blog.fr/jouets/action-man/, https://www.bfmtv.com/economie/consommation/les-jouets-stars-des-annees-90-action-man-le-plus-grand-de-tous-les-heros-a-donne-aux-garcons-le-gout-de-l-aventure_AV-202412260035.html en français ; https://actionman.com/history.php, https://actionman.fandom.com/wiki/Action_Man_(character), https://www.actionman.com/, https://actionman-atom.fandom.com/wiki/A.T.O.M._%E2%80%93_Alpha_Teens_on_Machines en anglais

Note : 1 sur 5.

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Argentique

L’Agfamatic 3008 Pocket, discret et efficace

Préambule.

Ce petit pocket, c’est une histoire un peu folle : sur une brocante, je le vois posé sur une table et je le prends en mains pour voir s’il fonctionne encore. La dame qui tient le stand me regarde faire et puis me dit, gentiment, si vous le voulez, vous pouvez le prendre car un monsieur vient de me dire que ça ne valait plus rien car on ne trouve plus de film à mettre dedans !

Sapristi me dis-je, en voilà encore un qui sait de quoi il parle ! Tout d’abord, j’informe la dame que c’est faux et que Lomography a repris la production et la distribution de ces films (depuis 2012), qui se trouvent donc assez aisément chez certains distributeurs et en tout cas via Internet. Je lui raconte même que ladite firme reproduit des appareils dans ce format mais à des prix, disons, costauds.

L’ai-je convaincue ? Toujours est-il qu’elle me remercie et insiste pour que je le prenne, gracieusement, car elle a l’impression qu’au moins j’en ferai bon usage.

L’ayant remerciée, je respecte son vœux et vous présente donc ce petit boitier sympathique qui fit plus d’un heureux dans les années quatre-vingt.

Un peu d’histoire.

En 1963, Kodak réinvente le film et le chargement de celui-ci dans les appareils photo : il insère une cartouche de 24x36mm dans une enveloppe scellée de plastique et l’on dépose le tout dans les appareils conçus expressément pour les recevoir, les Kodak Instamatic. C’est la cartouche de 126.

Une cartouche de film 126 de la marque Solaris, utilisée pour les appareils photo vintage.

Ce fut un succès colossal même si la qualité intrinsèque des images étaient loin d’être aussi précises que si vous les aviez captées avec un appareil compact 24×36 classique.

En cause ? La cartouche n’autorisait pas de placer un presse – film pour assurer la planéité de celui-ci et l’absence de trous multiples pour entrainer la pellicule n’assurait pas une tension régulière (il n’y avait qu’un seul trou pour l’avance).

Mais ces petit appareils, ultra simples, compacts, rendaient la photo accessible même aux enfants, avec des résultats suffisants comme souvenirs de vacances, souvent. Les albums photo de vos parents ou grands-parents en contiennent surement.

Kodak a vendu des millions d’appareil, dont certains un peu plus sophistiqués que d’autres dans la gamme. Devant ce succès, d’autres marques, comme Agfa, ont payé la licence à Kodak pour pouvoir produire leur propre gamme, elle aussi simplifiée mais vendue par millions. Enfin, quelques marques historiques comme Canon, Minolta, Fuji, Rollei, … ont aussi sorti des appareils utilisant ce format (la fameuse cassette de 126) mais en s’attachant à fournir des appareils parfois de très grande qualité (avec cellule, des objectifs en verre, etc.).

Presque 10 ans plus tard (1972), rebelote, Kodak lance un nouveau film en cassette, réduite de moitié cette fois, le format 110. On garde les mêmes défauts et on y ajoute la nécessité d’agrandissement de ce tout petit format de 13x17mm.

Les Kodak Instamatic Pocket sont nés en même temps et l’histoire se répète : d’autres marques paient à Kodak la licence pour exploiter le format du film dans leurs propres appareils photo, dont Agfa qui introduit là aussi son fameux déclencheur Sensor et le système Repitomatic (vous pouvez charger l’appareil et ne pas déclencher sans perdre d’image). Les grandes marques citées précédemment vont encore une fois essayer de se démarquer en fabricant des tout petits appareils utilisant la cartouche de 110 mais avec une meilleure qualité de photo (voir quelques articles sur le site, comme le Voigtländer Vitoret 110 EL, le Rollei A110, le Minolta 110 Zoom, par exemple).

Tout comme la cartouche de 126, celle de 110 permet des appareils de taille réduite et si la qualité n’est pas toujours au top, elle permet d’emporter partout avec soi un appareil guère plus gros, souvent, qu’un paquet de cigarette (mais moins nocif pour la santé). Les vacances restent le terrain de jeux favoris des pocket, mais aussi toutes les manifestations festives. Là encore, on en offrira des dizaines de milliers comme cadeaux de fin d’année, de fin de cursus scolaire, d’anniversaire, de communion, …

Abandonnons un peu Kodak pour nous concentrer sur Agfa, le grand rival.

Le site de Collection-appareils reprend la gamme des appareils Agfamatic, je ne vais donc pas refaire leur travail mais vous encourager à aller le voir.

Sachez que la gamme s’inaugure avec l’Agfamatic 1000 en 1974 et se terminera en 1983 avec le Traveller. Des évolutions discrètes enrichiront la gamme mais, il faut bien l’avouer je pense, souvent on reprend de vieux modèles et un petit lifting cosmétique suffit à lui attribuer une nouvelle référence sans avoir révolutionné l’appareil. Parfois, une petite avancée technique justifie-t-elle mieux le changement de nom.

Ainsi, l’Agfamatic 3008 du jour n’est autre qu’un Agfamatic 3000 auquel on a ajouté un autre type de flash.

Pour y voir plus clair, disons que l’on peut subdiviser les modèles Agfa en familles : la famille des 1000 est celle des appareils avec des connecteurs pour Flashcube ; celle de 8 utilise les mêmes appareils mais cette fois muni d’un connecteur pour Flipflash. Attention, ça se complexifie : dans la famille des 1000, s’ils ont un flash intégré, ce sont des Flash Pocket, tandis que dans la famille des 8, s’ils sont munis d’un téléobjectif, ce sont des Télé Pocket et s’ils sont munis d’un objectif qui fait aussi macro, des Macro Pocket. Et puis il y a une exception, le 901, qui possède un moteur et sera donc très compact.

Bref, l’histoire se termine au seuil des années nonante pour la plupart des marques, chassé par les APS-C argentique puis par l’avancée du numérique et de ses compacts.

Fin des années nonante, Kodak, en pleine tourmente financière, abandonne le format 110, puis se sera le tour de Fujifilm en 2009. Mais Lomography reprend le flambeau en 2012 et relance la vente de ces films, la fantaisie en plus.

Alors oui, le format 110 existe toujours et il offre encore des possibilités de photographies amusantes, même au temps du numérique.

Présentation de l’Agfamatic 3008 Pocket.

Comme je l’écrivais un peu plus haut, le recyclage était de mise chez Agfa. Ainsi, le 3000 qui a servi de base au 3008, ressemblait au 2000, qui ressemblait au 1000 … mais en plus performant : l’exposition se règle avec 4 pictogrammes météos, chacun de ces pictogrammes donnant un couple vitesse/ouverture et possède un objectif plus lumineux, un Apotar Couleur de 26mm à 3 lentilles (en verre et résine) ouvrant à f6,3 jusque 16.

L’utilisation d’un flash est assuré par un Cubeflash.

Appareil photo Agfa Agfamatic 3000 Pocket avec Flashbar, en haut un film pour appareil photo.

Pour le 3008, on reprend la même formule : un objectif Apotar Couleur de 26mm à 3 lentilles ouvrant à f6,3 jusque f16 ; les 4 pictogrammes météo qui donne un couple vitesse/ouverture : 1/50s à f6,3 ou 1/100s à f6,3, ou 1/100s à f9,5 ou 1/100s à f15 et un connecteur flash pour FlipFlash.

Un appareil photo Agfamatic 3008 Pocket avec un module de flash monté sur le dessus, posé sur un fond de couleur orange.

Petit aparté concernant le Flip-flash. Avant lui, il existait un petit flash carré, appelé Magic-cube, qui proposait 4 lampes flashs, à jeter. Le Flip-Flash lui en propose 2 x 4 (il suffit de retourner la plaquette) dans un format très fin et qui ne nécessite pas de pile. Outre sa plus grande capacité, son autre avantage est de présenter les éclairs plus haut qu’avec le Magic-Cube et donc assure une meilleure illumination du sujet, ce qui permet d’éviter l’effet yeux rouges lorsqu’on réalise un portrait.

Vue rapprochée de l'appareil photo Agfamatic 3008 Pocket, mettant en avant le logo et l'objectif Color Apotar.

Le 3008 bénéficie aussi du système de chargement/armement appelé par Agfa Repitomatic et que l’on doit au génial inventeur Alfred Winkler (1976): ce système permet, en un seul mouvement coulissant d’une moitié de l’appareil photo, de faire avancer le film d’une image, d’ouvrir le protège objectif, d’armer l’obturateur et, s’il en est équipé, de faire tourner le flash. L’appareil reste en position ouverte le temps de la prise de vue puis vous pouvez le refermer et le bloquer par un loquet coulissant ou refaire la manœuvre pour la photo suivant.

Comme les autres appareils, il est équipé de la grosse pastille orange, le déclencheur Sensor, une autre belle invention destinée elle a éviter le flou de bougé. Lorsque vous regardez ce disque, vous constatez qu’il est au milieu d’un cercle, une collerette de 0,7mm de haut, qui n’a d’autre but que d’amener votre doigt au centre du disque orange, en plastique (un disque de 16mm) qui se trouve au-dessus du bouton proprement dit. La course est très courte (0.5mm) et il suffit d’une force de 300gr sur le disque pour déclencher l’appareil. Cette pastille orange sera non seulement un signe de reconnaissance mais aussi un argument publicitaire puissant.

Vue du dessus de l'Agfamatic 3008 Pocket, mettant en avant le bouton de déclenchement et les réglages de l'exposition.

Petite publicité de 1975 pour des appareils au format 110. Vous pouvez y lire les spécifications de chacun et comparer les prix (en francs français)

Une page de catalogue présentant divers appareils photo, incluant des modèles Agfa et Kodak, avec des descriptions techniques et des prix.

Source : Collection-appareils. Photo-Odéon 1975. Une petite idée des forces en présence à l’époque.

Dans le coffret de présentation, vous trouviez donc l’appareil, une dragonne en métal très à la mode en ce temps-là, un film, un mode d’emploi et, selon le coffret acheté, soit un FlipFlash ou un module Lux 234 que l’on branchait sur le connecteur du flash.

Appareil photo Agfamatic 3008 Pocket accompagné de son emballage, de documents et d'un flash, sur un fond texturé.
Cette image ne vous rappelle rien ? Il y en eut tellement, offerts comme cadeau pour toutes les circonstances de la vie …

Très simple d’emploi, ce petit appareil a eu beaucoup de succès. N’importe qui pouvait s’en servir, à la limite même sans le mode d’emploi. Vous pouviez le glisser dans n’importe quelle poche et le sortir au bon moment.

Que penser de cet appareil ?

Ce sont des appareils photo que l’on trouve facilement en brocante/braderie, chez les vide-grenier, Emmaüs et dans de nombreux tiroirs ou greniers.

Pour les plus jeunes qui ont envie de découvrir les joies du format 110, je dirais que la chasse est ouverte. Il n’est pas nécessaire de se tourner vers les appareils plus sophistiqués pour lesquels j’ai écrits quelques mots ci-dessus mais dans la gamme Agfamatic, je conseillerais de rester dans la famille des 8, justement à partir du 3008 jusqu’au 6008 et les Optima.

Vous savez que je fustige souvent les prix pratiqués notamment par Lomography pour ses nouveaux appareils au format 110. Car vous pourrez trouver facilement et à des prix bien plus décents, des 110 encore en pleine forme et qui n’attendent que vous.

Mais beau joueur, le site Lomography présente quelques photos prises avec cet appareil ICI, d’autant plus la plupart de ces images sont captées sur pellicule … Lomography !

Ceci étant dit, à une époque où le vintage gagne du terrain, voici un moyen amusant de se replonger dans les années septante et quatre-vingt.

Cela vous tente-t-il ?

Vidéo d’illustration

Un peu de technique.

  • Appareil photo de poche
  • Agfa, Allemagne
  • Film photographique format 110
  • Format négatif 13x17mm
  • Transport de films manuel
  • Contrôle de l’exposition manuel par pictogrammes météo
  • Objectif fixe Couleur Apotar de 27mm ouvrant à f6,5
  • Obturateur avec vitesses de 1/50s et 1/100s
  • Déclencheur de type Sensor
  • Sécurité de fermeture
  • Pas d’avancement du film si armement sans déclenchement, système Repitomatic
  • Flash via Flashbar ou module flash Agfamatic Lux 234
  • Période de production à partir de 1975

Des références.

https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-95-Agfa_Agfamatic%203008%20Pocket.html, https://dutchthrift.com/fr/blogs/gear/agfa-agfamatic-pocket-3008-vintage-fun-for-2025, https://www.mes-appareils-photos.fr/Agfamatic-3008.htm en français ; https://kameramuseum.de/objekte/agfa-agfamatic-3008-pocket-sensor/, en allemand ; https://www.submin.com/110/collection/agfa110/cameras/3008.htm, en anglais

Argentique

L’Agfamatic 4008 Sensor : un vrai argentique au format 110

Préambule.

Mon (petit) stock de découvertes de la brocante de Maroilles diminue encore.

Cet appareil est plus commun que les autres déjà vu jusqu’ici mais comme le format 110 revient à la mode (merci Lomography), il est un bel exemple des bons appareils dans ce format, facile à utiliser et bien construit. La preuve ? Cinquante ans après sa première sortie, il est toujours en forme.

Un peu d’histoire.

Je ne vais pas revenir sur l’histoire du format 110, que vous pourrez découvrir au fil de vos lectures sur les appareils pocket déjà vus sur le site.

Simplement re-préciser que si c’est Kodak qui l’a inventé, dix ans après le format 126, le format 110 a détrôné l’ancien format 16 (des Minolta MG-16), alors le plus courant pour les tous petits appareils de poche (hormis le 8×11 des Minox, mais ce n’est pas le même monde).

Ce nouveau format (1972) a été adopté par presque toutes les marques, qui ont inventé des boitiers de plus en plus petits, parfois très simples, souvent un peu plus sophistiqués, pour tenter de pallier la médiocre qualité des grandissements du film, un négatif de 13x17mm.

La plupart des appareils Instamatic ou Agfamatic, comme ceux des concurrents, sont équipés d’optique en plastique, qui ne contribuent pas à l’amélioration de la qualité des photos. Cependant, même chez Kodak et Agfa et surtout chez leurs concurrents, de nombreux boitiers seront aussi équipés d’optiques en verre, voire d’objectifs avec plusieurs lentilles (Canon, Minolta, Rollei, Pentax, par exemple).

Les Agfamatic ont bénéficié du concours de Schlagheck Design pour définir leur forme que beaucoup considère comme presque parfaite. C’est vrai que les contours arrondis, le mélange du métal satiné et du noir, plus l’intégration du gros bouton rouge du déclencheur Sensor, lui vont à ravir.

Dans la gamme des Agfamatic, apparue en 1974 et qui s’éteindra au seuil des années quatre-vingt,il y a des séries :

  • celles en millier (1000, 2000, etc.) qui sont équipées de Magicube (flash carré à 4 ampoules) ; elles s’appelleront Flash Pocket si un flash est intégré
  • celles des huit (1008, 2008, etc.) qui travaillent avec des Flipflash, ces rampes de 8 ou 10 ampoules flash (qui ont l’avantage d’éloigner la source de lumière de l’objectif pour éviter l’effet yeux rouges) ; elles peuvent être Télé Pocket si une lentille additionnelle donne cet effet télé ; elles peuvent aussi être Macro Pocket si l’objectif est macro (disons plutôt proxiphotographie)
  • la série des 901avec une taille différente car équipé d’un moteur
  • quelques appareils portant des noms seuls, sans numéro (Snapper, Traveler, Sport, par exemple), surtout donnés à des appareils de fin de règne, au début des années quatre-vingt.

Personnellement, j’ai tendance à considérer les séries en huit comme étant des hauts de gamme et celles en millier comme des entrées de gamme. Les appareils motorisés étant une série à part.

Une page de catalogue montrant différents modèles d'appareils photo Agfa, avec des descriptions et des spécifications techniques, y compris le modèle Agfamatic 4008 Pocket Sensor.
Source : Collection-appareils.

Tous ces boitiers ultra légers et éminemment destinés à être glissés dans toutes les poches, sont équipés du système Répitomatic, que la plupart des utilisateurs vont exprimer en nommant les appareils schris-scrach-click du fait des bruits émis par ceux-ci lorsque l’on déplie puis replie le boitier pour armer et le click pour la prise de vue.

Tous sauf ceux équipés, bien évidemment d’un moteur (901, Tramp, Sport et Star).

En effet, le mouvement d’avant- arrière opéré par le photographe arme l’obturateur, le déclencheur et allume la cellule. Pour éteindre le boitier, il faut le refermer et faire glisser une espèce de verrou, situé en dessous, pour bloquer le mouvement et fermer la cellule. Il faut remarquer que si vous ouvrez-fermez plusieurs fois de suite l’appareil sans déclencher, une protection spéciale fait que le film n’avance pas tant que vous n’avez pas déclenché en appuyant sur le Sensor.

Les moins de cinquante ans se souviennent sans doute avec nostalgie de ces pocket, que l’on offrait pour les communions, les anniversaires, les réussites scolaires. Abordable, simple d’utilisation (chargement facile du film, utilisation quasi instinctive pour la prise de vue) en ont fait des grands succès des années septante et quatre-vingt. Si vous fouillez un peu dans les albums photos familiaux, vous en trouverez des traces émues ou émouvantes …

Présentation de l’Agfamatic 4008 Sensor.

Ce 4008 est en fait un 4000 a qui l’on a offert un nouveau flash : exit le Magicube, voici le Flipflap.

Si le 4000 était le fleuron de la série des millier, le 4008 sera précédé des 1008, 2008, 3008 et suivi par un 5008 et, le haut de la gamme, le 6008.

Pour le reste, rien ne change (ou comment faire du neuf avec de l’éprouvé) : système Repitomatic, objectif Color Apotar fixe 26mm f6.3 à 3 lentilles de verre, cellule CdS qui commande la vitesse lors de la prise de vue, automatiquement ; utilisation de deux piles A625 (ou 2 LR44 dans un adaptateur) et vous voilà prêt pour des images instinctives, amusantes.

Comme je le faisais remarquer dans l’article sur le 2008, Bernard Plossu a utilisé ces appareils pour un projet devenu livre, justement à cause de l’instantanéité de la prise de vue, la facilité de celle-ci qui fait que l’on se concentre sur le cadrage ou sur la spontanéité de l’action.

Le viseur est projeté et collimaté, avec un signal lumineux lorsqu’on descend sous le 1/30s et qu’un Flipflash est nécessaire. Très clair malgré la taille de l’appareil, c’est très agréable de viser à travers.

Vue à travers le viseur d'un appareil photo, montrant une tasse colorée avec des motifs.

Sur ce modèle, vous avez trois positions de prise de vue : pour le portrait (de 90cm à 1,2m), pour un groupe (de 1,2m à 2m) et pour l’infini (montagne). On peut juste regretter qu’il n’y a pas de rappel des distances choisies dans le viseur, mais ça, c’est pour le 5008 et le 6008 seulement.

Vue en gros plan du dessus d'un appareil photo Agfamatic 4008 Sensor, montrant le bouton de déclenchement rond rouge et les réglages de mise au point pour portrait, groupe et infini.

Pour alimenter la cellule et l’obturateur, il faut glisser 2 piles A625 dans un petit compartiment dont l’ouverture se situe sur le côté.

Vue rapprochée du compartiment des piles d'un appareil photo Agfamatic 4008, montrant les inscriptions sur le couvercle de la batterie.

Que penser de ce pocket ?

C’est un petit appareil bien fini, bien construit. La seule chose à laquelle faire attention, c’est (comme d’habitude) au compartiment des piles, dans lequel on les a vite oubliées. Et elles peuvent faire des dégâts irrémédiables.

Pour le reste, ouvrez le compartiment du film et actionnez le mécanisme d’avant – arrière pour vérifier si les roues dentées tournent correctement, ce sont elles qui doivent entrainer les vues du film.

Les objectifs sont rarement sales car ils sont généralement protégés par une plaquette qui ne s’escamote qu’au moment de la prise de vue.

Si vous en trouvez un exemplaire avec son petit sac de transport et sa dragonne en métal, vous ne devriez pas dépenser plus de 20€ (soit 6 fois moins que le 110 de Lomography) et vous en aurez autant de plaisir.

Et vous savez que si je taquine bien volontiers Lomography, je leur suis reconnaissant d’encore sortir des films en 110, avec des coloris spéciaux parfois, voire des déclinaisons d’appareils marrants.

Ils nous offre d’ailleurs une belle collection de photos réalisées, notamment, avec cet Agfamatic 4008, que vous pouvez découvrir LA.

Ce pocket, comme tous ceux de cette famille de petits appareils, méritent vraiment d’être redécouverts par les plus jeune (et les autres aussi, en souvenir). Outre ce que j’ai déjà écris au sujet de leur facilité d’emport, d’usage, de spontanéité, de plaisir simple, c’est une manière de photographier, décomplexée, qui rappelle l’âge d’or de la photographie.

Soyez raisonnable, faites-vous plaisir …

Vidéos d’illustration.

Ces appareils se prêtent à toutes les fantaisies.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Caméras : analogique catégorie/type appareil photo de poche
Marque : Agfa, Allemagne
Film photographique : format 110
Film photographique format négatif 13 x 17 mm (pochette)
Transport de films : manuel
Posemètre intégré, couplé au CdS, sensibilité de 25 à 400Iso
Contrôle de l’exposition automatique (priorité vitesse)
Objectif Color Apotar fixe 26mm f6.3 à 3 lentilles en verre, mise au point minimale de 90cm, mise au point sur personne, groupe, montagne
Obturateur à plan focal de 1/30s à 1/500s ; déclencheur Sensor d’Agfa avec possibilité de monter une commande filaire à viser
Flash : Flipflash, possibilité de monter sur le côté un flash électronique Agfalux 400T à brancher sur la prise du Flipflash
Période de production à partir de 1975
Matériaux du boîtier : Métal (aluminium), plastique

Des références.

https://kameramuseum.de/objekte/agfa-agfamatic-4008-pocket-sensor/, https://www.kamera-museum-scholz.de/agfa-kamera/agfamatic-pocket/agfamatic-pocket-4008/ en allemand ; https://camera-wiki.org/wiki/Agfamatic_4008_pocket_sensor, http://www.submin.com/110/collection/agfa110/cameras/4008.htm, https://www.aperturepreview.com/agfamatic-4008-pocket-sensor, en anglais ; https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=10015

Argentique

Le Konica Pocket 400 : le vrai vintage en format 110

Préambule.

Ah, la grande brocante de Maroilles, capital du fromage du même nom. Pour tout vous dire, nous avions prévu d’utiliser le camping car pour y arriver la veille au soir afin de pouvoir nous lever tôt sans être trop fatigués car on nous annonçait pas loin de 600 exposants.

Las, une stupide panne de clignoteurs nous privait de ce fidèle compagnon. Nous avons donc loué une chambre tout près. Afin de voir comment cela allait se présenter, après le souper (diner pour nos amis français), nous sommes partis en repérage des lieux. Et comme à Amiens; nous avons eu la surprise de voir certains brocanteurs déballer et faire quelques ventes à des chineurs de toutes les nationalités.

Un bref tour des premiers exposants nous à toutefois convaincu d’aller dormir, tout le monde n’étant pas encore là, toutes les marchandises en peu fragiles pas encore déballées.

Et donc, le 15 juin, dès 4h30 du matin, nous étions à flâner, les yeux et les oreilles aux aguets. Une vraiment belle brocante.

Petite remarque de vocabulaire : en Belgique, une brocante équivaut à un vide-grenier en France, c’est-à-dire que tout le monde vend ses propres affaires et c’est du tout venant (vêtements, livres, jouets, objets usuels d’une maison, appareils domestiques, etc.). Par contre, une brocante française présente des objets destinés à la revente chez des antiquaires, d’autres brocanteurs professionnels, des particuliers qui cherchent un objet bien précis. Nous appelons cela une belle brocante ou un antiquaire. Ceci pour vous préciser que nous fûmes surpris par la qualité, l’originalité, l’étrangeté, les prix de certains objets présentés, agréablement surpris.

In fine, au bout de près de onze kilomètres de marche, d’aller – retour, de tours en détours, j’ai quand même dégoté quelques beaux appareils que je vous présenterai au fur et à mesure.

Mais, dans cette foule immense, Olivier et moi avons essayé, en vain de nous retrouver (encore toutes mes excuses pour ne pas avoir entendus tes appels dans le bruit ambiant).. On fera mieux la prochaine fois car je sais qu’il a aussi trouvé quelques jolis boitiers/objectifs/accessoires (biffer la mention inutile).

Un peu d’histoire.

De nos jours, la marque Konica seule est un peu oubliée, sauf des plus de 35 ans qui ont connu les différents appareils présenté par la société. Elle est souvent associée à Minolta, qui fusionnera avec Konica en 2003.

Mais commençons par le début. En 1873, Rokusaburo Sugiura vend du matériel photographique et lithographique à Tokyo pour un grossiste en médicaments créé par son arrière-grand-père. Pour ses 25 ans, il aura la chance de se faire photographier dans un studio photo et c’est cette séance qui lui donnera l’idée de son commerce.

En 1897, il importe du matériel cinématographique et il aide à la réalisation du premier film entièrement japonais (1899).

C’est en 1903 que l’entreprise fabrique ses premiers appareils photos, le Cherry Hand Camera. Elle sera la première entreprise à fabriquer en série un appareil photo et à le commercialiser au Japon.

Le Cherry Hand Camera pouvait accueillir six plaques sèches (57 mm × 83 mm) et était vendu à un prix raisonnable. Alors que les appareils photo étaient un produit spécial disponible uniquement pour un groupe limité de personnes, comme les propriétaires de studios de photographie ou de riches amateurs, l’introduction de l’appareil photo Cherry Hand a rendu les appareils photo plus abordables pour le grand public.

Source : Konica Minolta.

Rokuemon Sugiura VII (à part le numéro de succession dans la dynastie, on ne peut pas dire qu’ils ont fait preuve d’imagination pour les prénoms !), pour honorer la mémoire de son père, fonde la Konishi Professional School of Photography pour former les photographes aux compétences techniques et artistiques de la profession. Connue aujourd’hui sous le nom de Tokyo Polytechnic University, cette école forme toujours de nombreux photographes/chercheurs dans la technologie et l’art.

La société produira et commercialisera le premier film pour appareil 24x36mm en 1928, le Sakura film (N/B).

Dès 1896, la société a importé des machines à rayons X au Japon pour la première fois (les rayons X ont été découverts par Wilhelm Conrad Röntgen, un physicien allemand). Pour contribuer à l’avancement du Japon dans l’univers de la médecine, elle a aussi importé des appareils de raidographie. Trente-sept ans plus tard, en 1933, Sakura Film X-ray a été développé, produit et commercialisé avec la même qualité que les films étrangers, auparavant importés.

Le premier film couleur, développé en interne, sera annoncé en 1940 et commercialisé l’année suivante.

L’entreprise ouvrira sa première filiale aux USA en 1956. Elle ne cessera de se développer et d’innover dns tous les domaines de la photographie et de la lithographie.

Ainsi, devant tous les autres grands du secteur photographique japonais, Konica sort le Konica C35EF. Ce sera le premier appareil au monde a présenter un flash intégré (1975). L’appareil aura un énorme succès et se vendra très bien.

Dans le domaine des films, en1976, l’entreprise sort le premier film couleur en 24 vues (Sakura Color 24) alors que la norme était celle de films en 12, 20 et 36 vues. Vendus au même prix que les 20 vues, ces Sakura Color 24 ont établi une nouvelle norme.

Encore une fois, au nez et à la barbe des autres grands fabricants, l’entreprise lance en 1977 le premier appareil photo autofocus au monde, le Konica C35AF (surnommé « Jaspin Konica »). Avec sa fonction de mise au point automatique, cet appareil photo permettait aux utilisateurs de prendre des photos claires simplement en appuyant sur le déclencheur.

L’entreprise continue à se développer et se diversifier, dans le médical, l’impression jet d’encre privée et professionnelle, des appareils pour analyser l’évolution des plantes, etc.

Toujours dans le domaine de la photographie, elle sort le premier papier photographique garanti pour une tenue de 100 ans (1984).

1987, commercialisation du premier film haute sensibilité, le Konica Color GX3200 à 3200Iso.

La société continue à développer ses photocopieurs et entreprend dès 2001 une collaboration avec Minolta pour la fabrication d’encre polymère, moins chère à produire et qui assure une meilleur tenue, plus de précision sur la papier.

Enfin, en 2003, après une longue collaboration avec Minolta dans tous les domaines technologiques, les deux entreprises fusionnent.

2004 verra la commercialisation du Konica Minolta α-7 DIGITAL (MAXXUM 7D aux États-Unis, DYNAX 7D en Europe), le premier appareil photo reflex numérique mono-objectif à objectif interchangeable au monde équipé de la technologie anti-tremblement CCD intégré dans le boitier.

Mais en 2006, le groupe décide d’abandonner la division photographique, qui sera reprise par Kiocera Minolta. L’entreprise développe toujours de nos jours des photocopieurs très performants, des appareils digitaux destinés aux entreprises et à la médecine, des spectromètres pour analyser automatiquement les couleurs, des appareils de radiographies, etc.

Une longue histoire industrielle qui fait que Konica Minolta. Inc. (Konica Minolta) figure parmi les 100 sociétés les plus durables au monde selon l’édition 2023 du Global 100.

Et tout ça grâce à un portrait réalisé en 1873 …

Présentation du Konica Pocket 400.

Comble de l’ironie, si j’ai raté mon ami Olivier, j’ai retrouvé là une dame déjà rencontrée en voisine lors d’une brocante à … Baudour ! Avouez, venir en France pour acheter à une vendeuse belge …

Mais voilà, elle avait quelques chouettes appareils, dont ce petit Konica Pocket 400, auquel je n’ai pas résisté.

Vous le savez, la mode revient à ces appareils qui utilisent le format 110 (voyez aussi l’article sur le Minolta Autopak 450E) et comme j’aime bien la fantaisie de certains de ces appareils, quand j’en trouve un chouette, je le prends.

Celui-ci m’a attiré pour sa (toute) petite taille : guère plus grand, me semble-t’il que le Minolta 16-MG. Un peu plus large car il utilise donc le fameux film en cassette de 110.

Voyons cela de plus près …

Le film au format 110 est apparu en 1972 grâce à Kodak qui voulait un film encore plus petit mais aussi facile que sa cassette 126 (1963). Ce n’est qu’en 2009 que la production de ce film finira, pour être reprise en 2012 par Lomography (merci qui ?).

Comme je l’ai déjà expliqué dans d’autres articles relatifs à ce format, il faut un bon appareil pour obtenir le meilleur résultat de cette pellicule, tant à cause de la taille du film lui-même que de la piètre qualité de certains appareils, les Kodak en tête d’ailleurs.

Donc, ici Konica va nous gâter en 1975 avec ce petit parallélépipède qui tient dans toutes les poches, jugez plutôt : objectifs Couleur Hexar f28mm f8, exposition automatique grâce à une cellule précise, alimentée par une 4LR44, deux positions de prise de vue (infini et personnage), cadre lumineux avec correction de la parallaxe dans le viseur, très clair et prise pour un flash sur le côté, synchronisé au 1/30s ou MagiCube sur le dessus.

L’objectif, en verre, est composé de 3 éléments en 3 groupes. La mise au point commence à 1 mètre jusque l’infini. L’obturateur offre des vitesses de 4s à 1/450s.

Contrairement aux Kodak ou Agfa, et quelques clones, pas question ici de tirer sur la moitié de l’appareil pour armer. Vous le faites en actionnant le bouton poussoir judicieusement placé en dessous, là où le pouce le trouve naturellement pour armer.

Sur le dessus, un gros bouton orange sert de déclencheur, aussi doux que les Sensor d’Agfa.

Je le signalais plus haut, il faut une 4LR44 pour alimenter la cellule de l’appareil. Mais celui-ci fonctionne aussi sans pile (et sans cellule alors), à la vitesse de synchronisation (1/30s).

Dernier raffinement, une diode rouge vous signale que la vitesse risque de chuter sous le 1/30s, avec risque de flou de bougé.

J’aime bien aussi la possibilité d’utiliser deux flashs : les Magicube classiques ou un flash électronique dédié (que je n’ai pas), voire un flash d’une autre marque puisqu’il y a un contact central.

Publicité d’époque, merci Collection-appareils.fr

Que penser de cet appareil ?

Franchement, difficile de faire plus compact et agréable à tenir en mains, ni plus simple d’utilisation : vous ouvrez la porte situé à l’arrière, y glissez une cartouche de film (et Lomography vous offre une belle gamme de films, de quoi s’amuser), refermez le dos, actionnez deux ou trois fois l’armement et le déclenchement jusqu’à ce que le chiffre 1 apparaisse dans la fenêtre au dos et c’est prêt.

Il ne reste plus qu’à vous balader, le nez en l’air et le Konica dans une poche … pour le sortir au bon moment, en toute simplicité, comme dans les années septante.

C’est une vraie machine à remonter le (bon) temps cet appareil, alors, faites-vous plaisir car il ne vous ruinera pas : comptez 25€ pour un exemplaire en parfait état et 30€ si le flash d’origine est toujours ok et vendu avec.

Un peu de technique.

  • Lentille: hexar 28 mm f / 8 (3 éléments, 3 groupes)
  • Focus: 1 m à l’infini
  • Obturateur électronique Copal : 4 – 1/450 s, synchro flash au 1/30s.
  • Cellule CdS de 100 à 400Iso
  • Alimentation: 1 x 4LR44 Batterie alcaline
  • Dimensions et poids: 108 x 52 x 26 mm, 160 g.

Des références.

whttps://camera-wiki.org/wiki/Konica_Pocket_400, https://collection.sciencemuseumgroup.org.uk/objects/co8208728/konica-pocket-400-camera-camera, https://cameragocamera.com/2017/06/25/konica-pocket-400-110mm/, https://collectiblend.com/Cameras/Konishiroku-(Konica)/Pocket-400.html, en anglais ; https://www.collectiongeven.com/piwigo/picture.php?/30519, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-3985.html en français

Argentique

Le Minolta Autopak 450E : le charme du 110 vintage

Préambule.

Oui, j’avoue, je suis parfois un peu distrait, mais vous allez comprendre …

Comme d’habitude, promenade sur une belle brocante, pas très riche en appareils photo toutefois. Mais il fait beau et l’endroit est joli.

Au détour d’un stand, je découvre toutefois un vieil Agfa folding qui a bien souffert, et à côté, un parapluie de poche. A défaut de l’Agfa, je regarde le petit sac rectangulaire de ce que je pensais être un accessoire utile en Belgique et je découvre … un appareil au format 110, un Minolta impeccable.

Petite négociation rapide, et hop, dans le sac à dos.

Quand je pense que j’aurais pu passer à côté !

Un peu d’histoire.

Vous le savez, j’ai une tendresse particulière pour les Minolta, une marque souvent en avance sur ses concurrents mais qui n’a jamais su conquérir le cœur des professionnels. Elle fut très active chez les particuliers, leur proposant souvent des appareils de qualité, facile à utiliser et offrant un excellent rendu.

Pour mémoire, c’est Minolta qui proposa le premier reflex autofocus en 1985, le Minolta 7000 AF et c’est encore eux qui ont proposé le premier reflex mécanique à atteindre le 1/12000s (Minolta Dynax 9, boitier professionnel – 1998).

Bref, ils ont innové et produit d’excellentes machines à faire des photos, dans tous les formats, du 24×36, au 6×6 en passant par le 110.

Le format 110 est un format qui eut son heure de gloire dans les années septante et quatre-vingt. Tous ceux qui ont plus de 40 ans ont pu recevoir un appareil dans ce format, pour un anniversaire, une communion, un cadeau de fête.

Pour les plus jeunes, Lomography a relancé des modèles de ces appareils il y a deux ans maintenant et, surtout, ils sont presque les seuls à produire les cartouches pour ce film atypique.

Donc, pour les d’jeunes, un peu d’histoire : en 1972, soit 10 ans après avoir introduit la cartouche 126, Kodak lance le format 110. Le principe reste le même : un film est placé dans une cartouche fermée qu’il suffit de glisser dans l’appareil ad hoc. Ce qui simplifie à l’extrême une hantise vieille comme la bobine 24×36, à savoir comment bien placer son film dans l’appareil.

Blague à part, cette révolution a permis à Kodak et à ceux qui l’ont suivi de vendre des camions d’appareils photos, simples à utiliser mais pas (toujours) dénués de fonctions intéressantes (cellule, automatisme).

Ce petit container renfermait un film de 13x17mm avec une seule perforation. La contenance évoluait de 12 à 20 – 24 – 36 photos.

Petites particularités : la taille du film est environ la moitié d’un film 24×36. Le film est entouré d’un papier support (comme les bobines de 120) qui porte des indications pour le début et la fin des images, ainsi que des numéros car ils servent de compteur de vues. Il n’y a souvent qu’une perforation pour faire avancer le film dans l’appareil. Enfin, le film est généralement pré-exposé pour y faire figurer des numéros des images et des lignes utiles pour les labo. Une fois développé, on vous renvoie le film en bande, comme le 24×36 ou le 126 avant. En fin de film, pas besoin de rembobiner, la seconde partie de la cartouche étant le réceptacle final des images. Facile on a dit …

Source : the Darkroom

Kodak a fait un tabac avec ses Pocket Instamatic (plus de 60 millions d’Instamatic Poket vendu entre 1972 et 1984), suivi ensuite par Agfa et ses Pocket Sensor, puis d’autres marques telles que Canon, Minolta, Fuji, Rollei, … pour n’en citer que quelques unes. A un moment ou un autre, ils s’y sont tous mis à fabriquer des appareils de poche.

Après la faillite de Kodak (1985), Fujifilm a pris le relais de la fabrication du 110, pour jeter l’éponge en 2009. C’est finalement en 2012 que Lomography relance la fabrication du film, en couleur, N/B et en versions avec des rendus spéciaux.

Les millions d’appareils produits sont de qualité très inégales : les produits de base ou d’entrée de gamme sont assez affligeant mais certaines marques ont réussi à produire de petites merveilles, comme le Rollei A110, le Canon 110 ED, les Fujica Pocket 400, Pocket 450 Flash , le Pentax Auto 110 (le plus petit réflex du monde), le Minolta qui nous préoccupe, et j’en passe.

Il faut savoir que la taille du film et sa conception ne donne pas une qualité excellente aux images. Si vous ajoutez à ces défauts une optique et une mécanique médiocre, je pense que vous avez compris.

Mais encore une fois, certains fabricants sont parvenus à des résultats étonnant.

Au delà de ces aspects que relèvent les photographes un peu tatillons, le format doit son succès à la taille réduite des appareils qui l’utilisent, à sa simplicité de mise en œuvre, à sa relative qualité en tirage de petites tailles, à la qualité de certains boitiers

Une petite idée des films classiques :

Pour en revenir à notre Minolta Autopak 450E proprement dit, il faut savoir que la marque a déjà lancé par le passé des appareils miniatures et fonctionnels, notamment le Minolta 16 II (1960), qui ne cessera d’évoluer et deviendra même le standard des appareils à film 16mm (voir aussi les articles sur le MG 16 et le 16 – MG S).

Ce format, repris par d’autres aussi, a finalement cédé le pas devant le nouveau standard de la machine Kodak, le 110. Ils sont de fait très proches en taille, à partir du 16 – MG S, qui propose des images de 12x17mm (contre 10x14mm auparavant) grâce à la modification des derniers films en 16mm, à qui on a supprimé les perforations en haut et en bas, pour n’en garder qu’une seule comme le … format 110.

La grande différence entre ces deux standards tient à la qualité des images produites : dans le premier cas, il s’agit d’un film se déroulant d’une bobine à l’autre dans une cassette réduite à sa plus simple expression car le boitier qui l’accueille est fait de telle sorte que le film est bien plan. Sans distorsion de la pellicule, le résultat est meilleur et dès lors, les appareils prévus pour ces films étaient généralement équipé de bonnes optiques. Toutefois, ne nous leurrons pas, les agrandissements restaient limités si on voulait garder une qualité acceptable. Dans le second cas, celui du 110, la cassette est plus grande mais assure une moins bonne planéité à la pellicule car celle-ci est enfermée dans le plastique et ce dernier ne tend pas assez le film. Des marques comme Rollei ont essayé de trouver des solutions pour endiguer le problème mais sans jamais vraiment y parvenir. Soyons bien clair à ce sujet : Kodak a sorti le format 110 à la suite du 126, destiné déjà à une clientèle qui voulait avant tout des appareils faciles, sans (trop de) réglages et qui pouvait se contenter de photos souvenirs où la qualité n’était pas primordiale. Notons encore que la qualité des cassettes 110 étaient meilleures que celles des 126.

Jusqu’au Minolta 16 QT de 1972, la marque à résisté mais en 1974, elle sortira son premier appareil à cassette 110, le Minolta Autopak 50.

Ensuite, en 1976, Minolta sort un APNI (appareil photo non identifié), le 110 Zoom, premier reflex pour film 110 avec zoom 25 – 50 intégré.

1977, et voici notre Minolta Autopak 450E, avec flash intégré, ce qui le rend plus long que son prédécesseur, l’Autopak 50.

En 1980, la firme nous sort un sous-marin … jaune, le Weathermatic 110, que l’on verra souvent trainer sur les plages et dans les petit bateaux de plaisance. ce sera le dernier opus de la marque dans ce format, déjà en perte de vitesse.

Je ne vais pas les citer tous, mais il y eut aussi un Autopak 70, sans flash intégré mais avec réglage des distances et obturateur électronique (1973), un Autopak 401, un 430EX avec flash intégré et obturateur électronique, un 470 auquel on pouvait adjoindre un flash dédié, un 450EX, un 460 TX (flash électronique, télé-zoom intégré, obturateur électronique).

Pour une liste plus exhaustive, je vous invite à découvrir le super site de 110 cameras (en anglais), qui est une mine d’informations incontournables sur ces petits appareils (il donne même envie de devenir collectionneur, le bougre !).

Présentation du Minolta Autopak 450E.

Premier constat, il est assez imposant pour un appareil en 110. Sans doute parce que le flash est intégré, ce qui allonge d’autant le corps de l’appareil mais est gage d’une meilleure qualité que les flashs cube classique. Ensuite s’il est généralement en plastique, il est aussi garni de belles pièces métalliques qui lui assurent une belle prestance et un petit côté chic. Sa taille lui confère une bonne prise en mains.

Second constat, par rapport aux Kodak et Agfa non motorisés, il n’est pas nécessaire de faire glisser la moitié de l’appareil pour réarmer, un petit mouvement sur le curseur en dessous suffit. C’est aussi plus confortable si on doit faire plusieurs photos les unes à la suite des autres car on peut manœuvrer ce curseur sans quitter le viseur des yeux.

Ensuite, nous pouvons nous arrêter encore sur la partie objectif, c’est un Rokkor de 26mm ouvrant à f3,5, fabriqué en quatre éléments en trois groupes. La mise au point minimale est de 90cm jusque l’infini en cinq zones de mises au point, repérées par des pictogrammes, visibles dans le viseur. Un objectif macro permet de descendre à environ 45cm grâce au glissement d’une lentille devant l’objectif. Et, petit détail utile, cette mesure correspond à la longueur de la lanière de transport (un peu comme les Minox et leurs chaines de mesure). En position objectif fermé, il est impossible de déclencher.

Quant à l’exposition, elle se définit grâce à trois réglages : soleil (f11), nuage (f22) et flash. Une LED rouge vous indique si la lumière est trop faible. Les réglages s’effectuent avec un curseur orange sur le dessus de l’appareil, à côté de celui pour le réglage de la distance.

Le flash intégré a une portée d’environ 3,5m pour un film de 80 à 100 Asa et d’environ 6m pour une sensibilité de 250 à 400 Asa. Lorsque vous êtes en position flash, l’ouverture est liée à la mise au point.

Un mot encore sur le viseur, très clair malgré la taille du boitier et qui dispose de quelques informations bien utiles : cadre de mise au point, correction de la parallaxe, indication par une LED rouge d’une insuffisance de lumière, les réglages de la mise au point sont visibles (pictogrammes).

La vitesse d’obturation, fixée au 1/200s est fixe.

Enfin, pour alimenter le boitier, une simple pile AA suffit.

Que penser de cet appareil ?

Pour un prix très bas (20€ maximum avec sa gaine et sa dragonne) vous aurez la chance d’avoir un appareil d’excellente qualité avec une optique reconnue, la possibilité de faire de gros plans, des informations utiles dans le viseur, un flash intégré, un obturateur qui n’est pas lié à la batterie et fonctionne donc toujours.

Qui plus est, il est bien fabriqué et solide.

Par contre, on pourrait lui reprocher qu’il n’y ait que deux paramètres d’exposition, hormis le flash en sus. Flash qui met beaucoup de temps à se charger d’ailleurs.

Ceci étant, quand je vois le prix pratiqué par Lomography pour ses nouveaux appareils 110, je me dis forcément qu’il y a là de bonnes affaires à faire !

Soyons de bons comptes : si je me moque des prix pratiqués par Lomography, il faut les remercier d’encore favoriser la diffusion de ce format et pour la fabrication des films, y compris dans des variantes exotiques qui en raviront certain(e)s.

Si je devais résumer en quelques mots, j’insisterais sur le fait que ces appareils ont toujours un public et un intérêt. N’achetez pas les bas de gammes, ni les marques exotiques et prenez le temps de choisir parmi les meilleurs de ces boitiers, comme celui-ci, le Canon 110ED, le Fujica Poket 400, l’Agfa 6008, par exemple.

Et amusez-vous bien !

Pour vous donner une idée des images délivrées par cet appareil, allez voir ICI.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Type: Caméra de poche pour cassettes de film 110 (image de 13x17mm)
Fabricant: Minolta
Année de sortie : 1977
Objectif: Rokkor 26 mm f3,5 (4 éléments en 3 groupes), objectif gros plan intégré déplaçable sur l’objectif
Focus: manuel à l’aide de symboles
Vitesse : vitesse 1/200 secondes.
Indicateur : contrôle manuel, f 3,5 (soleil) ou f11 (nuageux) en mode normal ou selon la distance en mode flash
Viseur: cadre avec trame lumineuse et avec compensation de parallaxe,
LED – Indicateur d’avertissement pour trop peu de lumière et affichage de distance sélectionné
Flash : intégré, jusqu’à 5,30 m à 100 ASA
Dimensions: 162 × 59 × 28 mm
Poids: 235 g.

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Format_110, https://meemoria.fr/blog/l-histoire-des-negatifs-110-n46, https://boxargentique.fr/le-format-110-en-argentique-lomo-tiger-canon-110ed/, https://www.suaudeau.eu/memo/histoire/histoire_minolta/Histoire_de_Minolta.html en français : https://collectiblend.com/forum/viewtopic.php?t=2513, https://lightindarknessphotography.wordpress.com/2019/11/19/minolta-autopak-450e/, https://medium.com/pforppp/vintage-110-camera-22bff9921a0, https://thedarkroom.com/film-formats/110-film/, https://www.fredmiranda.com/forum/topic/1884671/0 en anglais ; https://www.photo-foto.eu/minolta/minolta-pocket-autopak-450e/, en allemand

Argentique

Le format 110 revient : comment ne pas dépenser trop.

Recherche rapide : Préambule – Un peu d’histoire – Présentation des appareils – Qu’en penser ? – Des références

Préambule.

C’est le principe de toutes les modes : ça va et ça vient ! Et pour paraphraser Oscar Wilde « La mode est ce que l’on utilise. Ce qui est démodé, c’est ce qu’utilisent les autres« .

Depuis quelques mois, nos amis de chez Lomography – qui sont encore les seuls à proposer du film en 110 ludique, soulignons-le quand même – ont relancé le format et les appareils qui emploient la petite cassette noire.

Ils avaient déjà quelques appareils, comme le Diana baby ou le Fish Eye baby. Mais ils ont lancé le Lomomatic 110, qui a fait l’objet de mon ire LA.

Non pas que l’appareil soit mauvais mais proposé à 99€, 119€ ou 159€ pour la version métal, ce n’est pas raisonnable.

En effet, les années septante et quatre-vingt ont vu pléthore de ce type d’appareil, du très sérieux au très lamentable. Les tiroirs de vos parents ou grands-parents doivent encore en abriter quelques exemplaires, dont certains sont peut-être encore dans leur emballage d’origine. Car ils étaient des cadeaux faciles et relativement peu onéreux pour les communions, les anniversaires, les réussites scolaires, par exemple.

Bref, en cherchant un peu, vous allez en trouver pour des prix qui vont varier de gratuit (merci papy et mamy) à quelques euros. Sauf si vous vous ruez sur les quelques appareils haut de gamme, car il y en eut aussi (voir les quelques articles à ce sujet sur le site).

Bref, je me suis amusé à faire l’exercice pour vous, chez Emmaüs, et j’ai trouvé trois exemples classiques de ces appareils pour … 10€ les trois ! Exercice que vous auriez pu faire en brocante, dans les vide-greniers, les magasins de seconde main.

Il s’agit d’un tout mécanique, sans cellule mais avec un « zoom », d’un second, « fix focus » mais avec cellule intégrée et automatique et le troisième avec flash électronique intégré.

En l’occurrence, je vais vous présenter les Kodak Télé – Ektra 32 (Kodak Angleterre, 1978 – 1980), Ektra 52 electronic (Kodak Allemagne, 1978-1980) et Ektra 12-EF electronic flash (Kodak Allemagne, 1980-1981).

Un peu d’histoire.

En 1963 Kodak lançait un film en cassette, le format 126, pour aider les photographes (très) amateurs qui avaient toujours la crainte de ne pas placer correctement le film dans leur appareil.

Ce fut un succès immédiat et colossal, bien que la qualité des images produites ne soit pas excellente. La simplicité des appareils et de leur mise en œuvre y compris donc le chargement de la pellicule fut la principale raison de ce succès. Presque toutes les autres marques ont dû acheter les droits d’utilisation du brevet si elles ne voulaient pas rater leur part du gâteau. Agfa a bien essayé un système concurrent, mais sans grand résultat et ils ont ensuite rejoint la bande.

Bien que les appareils qui utilisaient la cassette 126 soient généralement de petite taille, les ingénieurs de chez Kodak ont trouvé que l’on pouvait encore diminuer la taille de ceux-ci, tout en gardant une relative qualité photographique et la même simplicité d’utilisation. Ainsi est né le format 110 au début des années septante (1972).

Comme pour le film 126, le film est entièrement logé dans une cartouche en plastique. Il y a un papier de support continu et le numéro de l’image est visible à travers une fenêtre à l’arrière de la cartouche. Le film n’a pas besoin d’être rembobiné et il est très simple à charger et à décharger.

Là encore, succès immédiat et qui a entrainé les autres marques à suivre le mouvement. Non seulement pour produire des appareils en 110 mais aussi pour fabriquer les fameuses cassettes. Kodak, bien sûr, Agfa, Fujifilm, presque tous se sont lancés dans l’aventure.

Preuve du succès, si la cassette 126 fut abandonnée en 1999 (après 33 ans de bons et loyaux services), Fujifilm a arrêté la fabrication du film 110 en 2009, le dernier (après 37 ans de production).

Il faudra attendre 2012 pour que Lomography reprenne la production de films en N/B, couleur et avec des tonalités fantaisistes (voir leur magasin ICI).

On aura tout dit sur ce format : mauvaise qualité d’image, format trop petit (image de 13x17mm), agrandissement qui abîme encore l’image, appareils de piètre qualité, etc.

Remettons les choses à leur juste place : oui le format est petit mais pour tirer un 10x15cm (les photos des albums de l’époque) c’était amplement suffisant ; oui quelques appareils étaient vraiment mauvais mais les constructeurs « sérieux » (Minolta, Canon, Fuji, Rollei, etc.) ont réussi l’exploit de rendre à ce format ses lettres de noblesse en proposant des appareils performants (zoom, automatiques, avec cellule, télémétriques). Les hauts de gamme des « généralistes » tels que Kodak et Agfa sont aussi très bons et plus abordables. Personnellement, j’ai un faible pour l’Agfa 6008 par exemple.

De fait, c’est la conception de la cassette, gage de simplicité dans le chargement du film, qui est la responsable : impossible de mettre une plaque de pression pour assurer une parfaite planéité de la pellicule, quasi impossible de tirer sur celle-ci pour bien la tendre car elle ne comportait souvent qu’un seul trou pour la faire progresser et pour le « calcul » de l’avancement des vues.

Les fabricants en étaient conscients et ils ont tous plus ou moins trouvé des parades au moins efficaces.

Retenons ceci, pour conclure : si vous voulez acheter un 110 de qualité, lisez la rubrique « pockets » sur le site (oui, un peu de pub ne fait jamais de tort) mais, surtout, achetez des marques connues comme Agfa, Kodak, Hanimex, Halina, Canon, Minolta, Rollei, par exemple.

Présentation des Kodak 32 Télé-Ektra, Kodak 52 Ektra automatic et KodaK Ektra 12-EF

Commençons par celui qui a le plus petit numéro mais qui n’est pas dépourvu d’arguments, le Kodak Ektra 12-EF.

Plus long que ses deux congénères, il est aussi plus simple : un fix-focus Kodar de 23mm ouvrant à f11. Si on applique un taux de conversion de 1,85 (pour mémoire, le film fait 13x17mm soit plus ou moins la moitié d’un 24x36mm), nous obtenons un 42mm, avec une mise au point minimale à 1,2m.

Les réglages sont simples : soleil, nuage et flash, que vous réglez avec une tirette sur le dessus, près du déclencheur. En plein soleil, l’obturateur déclenche au 1/250s ; sous les nuages, plutôt 1/125s et 1/40s avec le flash.

Le viseur est simpliste : un simple carré, sans cadre ni correction de la parallaxe.

Mais, chose amusante, il est équipé d’un flash électronique (le fameux EF du nom), alimenté par deux simples piles AAA.

Le charger d’un film est enfantin : faites glisser la partie transparente et vous ouvrez la porte de la chambre, dans laquelle il suffit de poser la cartouche de 110. Vous refermez et faites glisser le « levier » d’armement qui est par dessous 3 fois et c’est prêt pour votre première balade photographique.

La principale difficulté avec ces appareils, c’est de les tenir correctement, sans mettre ses doigts devant l’objectif par exemple, et pour éviter les flous de bouger.

Kodak avait trouvé une astuce élégante : une coque qui protège l’appareil et qui se déplie pour former une poignée confortable. C’est simple mais efficace.

Passons au second, le Kodak 32 Télé-Ektra.

Comme son nom l’indique, il possède une position 22mm et une « télé » de 37mm. Si on applique le taux de conversion de 1,85, nous obtenons un 40mm et une position téléobjectif de 68mm. Le changement s’opère par le basculement d’un bloc optique devant l’obturateur (tout mécanique).

L’objectif est encore un Kodar ouvrant à f11.

Ensuite, vous pouvez régler l’ouverture selon qu’il y ait du soleil ou pas (pictogrammes soleil ou nuage). Et si la lumière fait vraiment défaut, vous pouvez placer une rampe de Flipflash ou un Kodalux 3 sur l’appareil.

Comme il est assez complet, vous voyez dans le viseur, étonnamment lumineux, les réglages que vous avez choisis. Il est aussi gravé d’un cadre très clair avec correction de la parallaxe.

La vitesse d’obturation dépend de la vitesse du film : 1/125 s à 100 Asa ou 1/250 s pour un film 400 Asa et passe à 1/40 s lorsqu’un flash est installé.

Le charger d’un film est toujours enfantin : faites glisser la partie transparente et vous ouvrez la porte de la chambre, dans laquelle il suffit de poser la cartouche de 110. Vous refermez et faites glisser le « levier » d’armement qui est par dessous 3 fois et c’est prêt pour votre première balade photographique.

Le déclencheur est assez sensible et finalement discret. Il vous suffit de regarder dans le viseur les réglages retenus : en haut, nuage ou soleil ; en bas, un bonhomme ou une montagne pour l’objectif de base et le téléobjectif.

L’appareil s’occupe de tout, c’est un automatique.

Voyons maintenant le troisième boitier, le Kodak Ektra 52 electronic.

La forme est assez semblable (il est un peu plus long que le 32), avec le capot de protection qui se mue en poignée.

L’objectif, toujours un Kodar mais de 25mm cette fois, ouvre à f9,5 (équivalant à un 46mm).

Son obturateur électronique est asservi à une cellule au CdS, alimentée par une pile 4LR44 (6v) qui se trouve dans un compartiment logé au bout du boitier (d’où le fait qu’il soit un peu plus long que le 32). Il fonctionne de 5s à 1/250s.

Le viseur est appelé « brightline » : il est fait de tirets clairs qui se rejoignent par un trait rouge lorsque l’appareil est sous tension et que la lumière est trop faible. Vous avez alors le cadre de votre photo bien visible.

Source : Collection-appareils

Ici aussi en cas de faible lumière, l’appareil utilise un Flipflash ou un Kodalux 3.

Pour le reste, c’est identique aux deux précédents pour le chargement.

Que penser des ces appareils ?

Kodak, comme Agfa d’ailleurs, a toujours multiplié à l’envi ses références, apportant ici un flash électronique, là une cellule au CdS, ou un zoom. Mais quasi jamais ils n’ont mis toutes ces améliorations dans un seul appareil, qui serait comme un haut de gamme.

Car il faut bien avouer qu’il est un peu ridicule de devoir monter un Flipflash ou Kodalux sur le 52 et le priver d’un « zoom ».

De fait, cette tactique poussaient les consommateurs à changer de modèle pour s’approcher de ce qu’ils cherchaient vainement.

Ceci étant dit, hormis le 12-EF, les deux autres ont quelques intérêts, ne fusse que pour leurs beaux viseurs et le 52 pour sa cellule.

Si vous voulez trouver un appareil avec « zoom », une cellule CdS et un flash intégré, il va vous falloir trouver un Kodak Télé-Ektralite 600 (1980 – 1982) ou, autre must, un Pocket Instamatic 60 (1972 – 1976) qui, s’il n’a pas la poignée bien pratique, vous propose un télémètre et une cellule au CdS.

Aucun de ces appareils n’est foncièrement mauvais et ils ont fait les beaux jours de tant d’albums familiaux. Les utiliser de nos jours peut parait incongru et pourtant – en tout cas pour les plus de 20 ans – on retrouve vite les gestes pour les saisir, les régler et tirer la photo.

Car le gros avantage de ces boitiers, c’est qu’on peut vraiment les glisser dans une poche, un sac et qu’ils sont toujours prêts pour l’aventure, sans vous ruiner.

Des références.

http://camera-wiki.org/wiki/Kodak_Tele-Ektra_32, https://kodak.3106.net/index.php?p=211&cam=1067, https://kodak.3106.net/index.php?p=211&cam=1020, http://camera-wiki.org/wiki/Kodak_Ektra_52, https://collection.sciencemuseumgroup.org.uk/objects/co203454/kodak-ektra-52-camera-cartridge-camera, https://kodak.3106.net/index.php?p=211&cam=1010 en anglais ; https://www.bleckedermoor.de/fotomuseum/kodak-tele-ektra.htm, en allemand ; http://clicclac.free.fr/unappareil.php?numero=411, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=695 (à voir pour la chronologie des appareils Kodak et les explications complètes sur le Flipflash), en français.