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Préambule.
Comme d’habitude, la météo nous avait prévu des averses généralisées et un franc soleil nous accompagnait ! Il y eut bien des endroits en Belgique qui ont essuyés des trombes d’eau, mais ce fut, in fine, assez localisé et j’ai une pensée émue pour les personnes qui se sont trouvées avec des caves, des garages sous eau.
Pourquoi parler météo ? Tout simplement parce que ces annonces ont refroidi plus d’un brocanteur sur les deux endroits que nous avions pensé visiter ce dimanche 27 juillet. Et je me désespérais de trouver quelque chose d’intéressant.
Sauf que au dernier stand de la dernière brocante, je suis tombé sur un charmant Monsieur, collectionneur de Polaroid et qui revendait quelques uns de ses doubles, dont un très chouette Tazz au format 600 qui me permit d’engager la conversation.
De fil en aiguille, je découvris qu’il avait à vendre quelques films en pack 100, un petit Pentax ME ayant appartenu à son papa mais bien oxydé et ce petit compact à la bouille sympathique.
Les films, le Pentax et ce Chinon se sont retrouvé dans la boite d’époque du Pentax et aujourd’hui je vais tenter de vous faire découvrir cet appareil.
Un peu d’histoire.
Lorsque je vois un appareil avec un chiffre romain, ou autre qui m’indique deux, je me dis qu’il y a dû avoir un numéro un à la série.
Ici, il y en eut même deux pour le même prix, mais avec des carrosseries différentes. Le tout premier Chinon 35 F-A est apparu en 1979, au tout début de l’aventure autofocus des appareils compacts. Il ressemblait d’ailleurs assez bien au Konica C 35 AF, qui fut lui le précurseur (1977). Comme son comparse, il utilisait le système d’autofocus Visitronic (je vous encourage à relire l’article sur le Konica pour vous souvenir des détails de ce système innovant).

Puis, en 1984, le design change et le Chinon 35 F apparait. C’est un petit compact simplissime : pas de réglages, sauf celui de la sensibilité de la pellicule.
C’est un fix-focus, un 35mm ouvrant à f3,8. Et comme je le citais ci-dessus, le réglage de la sensibilité, de 100 – 200 et 400 – 1000 Iso, est important car c’est le choix de la sensibilité qui fixe l’ouverture, l’appareil n’ayant qu’une vitesse d’obturation. L’ouverture est donc de f3,8, de f8 ou f16. Il compte un flash, que l’on extrait comme sur le premier 35 F-A, qui va aussi jouer sur le choix de la vitesse. Le flash n’est donc pas automatique, c’est une diode rouge, à côté du viseur qui vous suggère de l’utiliser.

Source : Collection-appareils. Le Chinon 35 F
Ensuite vint le Chinon 35 FA II ou 35 FA Super selon les marchés.
Il a pris de l’embonpoint (13,3 x 6,9 x 4,7 cm pour 315gr) mais sa silhouette reste identifiable au premier coup d’œil : un clapet coulissant qui protège l’objectif, mais qui cette fois porte aussi le flash, et sur le bord fixe du clapet, une bande opaque qui dissimule les fenêtres de l’autofocus intégré.
Présentation du Chinon 35 AF II.




Car oui, si l’appareil garde son bon objectif de 35mm, il passe de f3,8 à f3,5, construit avec 4 éléments répartis en 3 groupes, et maintenant il est piloté par l’autofocus. La mise au point minimale est fixée à 1m.

Comme c’est un appareil tout automatique, c’est le posemètre qui va dicter la vitesse et l’ouverture au boitier. Normalement, les sensibilités du posemètre sont de 50 à 400Iso, que l’on peut sélectionner par incréments d’1/3, mais on peut aussi définir la valeur de 1000Iso.
Nous ne sommes plus dans la configuration précédente (100-200 ; 400-1000), le réglage de la sensibilité du film se fait à partir de 100 – 200 – 400 – 1000 en tournant la bague autour de l’objectif
Le flash intégré a une portée de 1m jusque 4,2m (pour un film 100Iso). Son action jour aussi sur la programmation de l’ouverture et de la vitesse.
Par dessous, un filetage autorise le montage de l’appareil sur un trépied.
Sur le capot, un bouton clair, c’est le déclencheur et à ses côtés, un bouton coulissant (S.T.), c’est le retardateur. Vraiment très simple.

Au dos, près de l’œilleton de visée, 2 petites diodes : une rouge pour signaler un manque de lumière et l’utilisation du flash et la seconde, verte, pour signaler que la mise au point est faite. Tout à côté, un nouveau curseur, celui du flash. Une lampe orange signale lorsqu’il est prêt.

Certains modèles ont pu être équipés d’un dos dateur, qui n’a plus guère d’utilité de nos jours, le compteur s’arrêtant à 2019. Il permettait de dater les clichés.
Au niveau énergie, 2 piles AA communes sont nécessaire pour faire fonctionner le tout (2 LR44 étaient placées dans le dos dateur. A vérifier pour les enlever avant qu’elles ne coulent).
Insérer un film est aussi d’une grande simplicité : vous ouvrez le dos avec le verrou qui est juste à côté de la porte. Il suffit ensuite de poser le film dans la chambre, en tirant l’amorce jusqu’au dessus de la bobine réceptrice, de refermer le dos et le moteur lance le bobinage du film jusqu’à la première vue.

Difficile de faire plus simple et efficace.
Un conseil toutefois : regardez bien l’état de la mousse autour de la fenêtre de repère du film car comme souvent elle est à changer. Cela vous évitera de désagréable fuite de lumière.
Que penser de cet appareil ?
C’est un bon produit des années quatre-vingt, avec ce qu’il faut pour vous simplifier la vie et donner de bons résultats.
Bien évidemment, vous n’avez aucune maîtrise à la prise de vue mais pour beaucoup, c’est un avantage.
Bien fini, avec un minimum de précautions, vous pourrez l’emmener partout. Il reste facile à mettre en œuvre et son déclenchement est discret, le bruit du moteur aussi.
Un petit compact bien pensé, pas très courant mais agréable à l’œil et à l’usage pour qui ne veut pas s’embarrasser de réglages inutiles, juste bien viser et appuyer sur le déclencheur.
D’aucuns considèrent qu’il se rapproche, en terme de rendu et de qualité, du Lomo LC-A. Ils l’ont testé avec une pellicule, je leur fait donc confiance à ce niveau-là.
Qu’à sa tenue, elle n’est pas loin de celle des Pentax qui affichaient eux aussi un panneau coulissant pour protéger l’objectif. Ce qui donnera l’esthétique du Mju plus tard.
Le viseur est très lisible, avec un beau cadre lumineux et des traits pour la correction de la parallaxe. Un cercle au centre du viseur est l’endroit où l’autofocus fait sa mise au point. Si vous maintenez le déclencheur à mi-course, vous pouvez déplacer le point.
Autre petit détail bien vu, le flash, qui est légèrement déporté et évite ainsi autant que faire se peut de transformer vos sujets en lapins effrayés.
Bref, ce Chinon 35 AF II est une bonne affaire. Son prix ne devrait pas dépasser les 25€ s’il est en très bon état. Un investissement rationnel.
Et vous, vous en pensez quoi ?
Vidéos d’illustration.
Le Chinon FA 35, pour comparaison.
Un peu de technique.
Type d’appareil photo Appareil photo instantané
Format de film 35mm
Transport de film Automatique avec moteur
Format d’image 24 mm x 36 mm
Distance focale 35 mm, la plus grande ouverture f2.8
Distance minimale de mise au point 100 cm
Mise au point Autofocus
Conception de l’objectif 4 éléments en 3 groupes
Posemètre Oui
Vitesses de film prises en charge ISO 100 – 200 – 400 – 1000
Modes d’exposition : programme automatique
Réglages d’exposition manuels Non
DX automatique (sensibilité du film) Non
Impression de la date possible selon une variante du modèle
Flash intégré
Portée du flash 1 à 4,2 m
Support de trépied Oui
Retardateur : Oui
Alimentation 2x piles AA
Taille 13,3 x 6,9 x 4,7 cm
Poids 315 grammes
Des références.
https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1510-Chinon_35F-II.html, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-1510-Chinon_35%20F-II.html, https://latelierdejp.org/2021/10/13/le-chinon-35fs-ii/, https://latelierdejp.org/2023/03/23/le-chinon-35f-a-autofocus/ en français ; https://filmphotography.eu/en/chinon-35fa-ii/, https://www.lomography.com/magazine/19431-chinon-35-f-a-japanese-deadstock-ftw,

