Si vous avez lu l’article « première sortie avec le M5 », vous avez compris que depuis le 15 mars j’attendais de voir le résultat de ce premier essai.
Pour mémoire, ce jour là, j’étais sorti photographier ce que je ne savais pas encore être le dernier marché dominical de la Ville de Mons (et ailleurs) avant … deux mois et demi !
La Belgique se préparait à « quelque chose », sans vraiment trop savoir quoi, ni comment. Nos sinistres nous parlaient de possible confinement, de sorties réglementées, de mesures d’hygiène particulières, … mais leurs panels d’experts n’étaient pas encore très bien entendu, ni compris, par nos éminences.
Bref, cette sortie fut étrange, le temps était gris, un ciel laiteux, pas trop froid, mais humide … un temps à ne pas mettre un vieil appareil dehors.
Mais c’est un Leica, le M5, que je sortais ce jour-là. Réputé pour leur solidité, un petit temps frais n’allait pas l’abattre, il est dans la fleur de l’âge : 47 ans (le mien est daté de 1973).
Côté « technique », j’avais monté dessus un Voigtländer Ultron 35mm f1:1,7, chargé un film Fuji X-Tra 400 Asa expiré depuis janvier 2014 (mais toujours resté dans un frigo).
Et voilà, j’ai reçu le film, développé et scanné, hier. Je vous livre le résultat, vous demandant votre clémence pour ce premier essai avec cet appareil télémétrique.
J’ai choisi de placer ces photos dans un article du « pré-confinement » car il me permet de respecter une logique dans les images.
un marché dominical clairsemé, avec l’humour pour sauver les apparences …
rues désertes, habitat gris et froids
heureusement, au détour de quelques rues, de quoi nous faire sourire
la Grand’Place de Mons désespérément vide, le Marché aux Herbes sans terrasses … le pire se prépare pour l’HORECA
malgré un optimiste, un quartier gris et froid
Je vais reprendre cet appareil, y placer un film neuf et tenter d’autres réglages mais je suis assez satisfait du rendu des photos, qui collent bien au propos, à l’ambiance du moment.
Après le Leica IIIf, le M3, le M5, que je vous ai déjà présentés, voici le Leica M6.
Pour la petite histoire, cet appareil est sorti en 1984 (1984 – 1999), soit neuf ans après le M5 (1973).
Comme son grand frère, il est muni d’une cellule, non plus montée sur un bras articulé, qui s’estompe au moment du déclenchement, mais la photodiode au silicium est placée en haut de la chambre et est orientée vers une pastille blanche, peinte à même le rideau. Il s’agit d’une mesure sélective, très précise.
Alors que sur le M5 le réglage de l’exposition se donnait en faisant coïncider deux lignes (une horizontale et une oblique), il y a ici deux diodes sous forme de triangles, qui s’allument pour signaler une sous exposition, une surexposition ou une exposition juste (les 2 s’illuminent).
Par contre, sur le M5, la vitesse choisie apparaissait dans le viseur, lors du réglage, ce qui n’est plus le cas avec le M6. Et, autre petit avantage au M5, il était possible de régler la molette des vitesses du bout de l’index, sans quitter le viseur de l’œil.
Mais la grande différence entre ces 2 appareils, c’est la taille. Si, à l’époque, les aficionados de la marque ont boudé le M5, c’est parce qu’il était près d’un centimètre plus long et plus haut qu’un M3, ce qui paraissait énorme à leurs yeux. Tandis que le M6 gardait la même taille que l’étalon M3.
Hé oui, en 10 ans, l’électronique avait déjà fait d’énormes progrès au niveau de la miniaturisation des composants, ce qui permit donc au M6 de rester dans la « bonne » taille.
Autre petite particularité, dans la lignée Leica, le M6 vient après le … M4-2 et le M4-P, dont il a gardé la ligne, comme je l’écrivais, héritée du M3, mais avec la manivelle de rembobinage curieusement en oblique (alors que sur le M5 elle est sous la semelle, invisible).
Toutes ces précisions étant posées, quelles sont mes impressions ?
C’est un appareil agréable, tout à fait dans la tradition, y compris celle – toujours controversée – du chargement par la semelle, avec un dos qui s’ouvre pour vérifier le bon positionnement de la pellicule dont il faut glisser l’amorce dans une espèce de « tulipe » qui sert de bobine réceptrice.
Je veux bien admettre que je ne suis sans doute pas doué pour installer le film dans l’appareil mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Pour mémoire, depuis 1958, un Canon P (p. ex.) était muni d’un dos à charnière, bien plus pratique pour le chargement.
Autre grand avantage, la clarté du viseur, qui contient les cadres du 35mm au 135 mm (affichage par paires). La cellule ne s’anime qu’après avoir armé l’appareil, et s’éteint une fois le cliché pris afin d’économiser la pile (comme sur le M5 au demeurant). Si l’idée est bonne, parfois c’est frustrant car j’ai envie de préparer mon cliché et je dois armer pour bénéficier de la cellule, alors que je ne prendrai peut-être pas la photo de suite (idem pour le M5). Mais bon, celle-ci ne consomme pas excessivement.
Il est très silencieux, dans la tradition. Stable en main même s’il n’est pas léger (620gr tout nu), il est aisément transportable. Comme souvent, j’ai accroché les « pastilles » Peak Design et je l’amarre à la sangle de poignet (Cluff) bien pratique. Et il se glisse dans soucis dans le Sling 5l de la même marque.
Comme ce dimanche, je partais à la découverte du nouveau (et j’espère très temporaire) visage des marchés, j’avais pris le M6 avec l’Eos 50M. Désolé, mais pour pouvoir vous mettre quelques photos rapidement, il me fallait bien passer par le numérique. Le film (36 pauses) étant presque terminé, je n’en verrai le résultat que d’ici 2 semaines.
J’ai équipé le M6 d’un objectif russe, le Jupiter 12, qui est un 35mm ouvrant à f1:2,8 dont la particularité est d’avoir un verre arrière qui s’enfonce assez profondément dans le boitier (voir l’article « Petit comparatif (très subjectif) de télémétriques argentiques »). Son gros avantage est sa compacité, et son ouverture favorable. Par contre, il n’est pas aussi aisé à manipuler que le Voigtländer Ultron que j’ai monté sur le M5. Nous verrons le résultat bientôt donc.
Ah oui, le mien a une petite particularité : lorsque je l’ai acheté, il était affublé d’un Winder, sans doute pratique mais qui lui donnait une carrure d’armoire normande. Lorsque j’ai ôté ce Winder (quasi neuf), je me suis aperçu qu’il allait me falloir une semelle. J’en ai finalement trouvée une, venant d’Espagne, mais elle est chromée. Ce qui donne un petit côté hybride à l’appareil, assez amusant.
Dans la gamme Leica M6 il y a d’ailleurs eu un M6 dit « panda » : des appareils chromés ont reçu – allez savoir pourquoi – des pièces noires (levier d’armement, manivelle de rembobinage, sélecteur de champs, barillet des temps de pause). Somme toute, le mien reste dans une certaine tradition avec sa semelle chromée.
En résumé (provisoire sans doute), il est très agréable à manipuler mais il me reste toujours le doute de savoir s’il est vraiment très supérieur au M5, hormis les modifications cosmétiques. J’attends de voir les pellicules des deux appareils pour comparer.
Si j’en parle à nouveau (enfin, façon d’écrire !) c’est qu’il rejoins mes appareils pour la photo de rue, en tout cas pour l’instant car je vais le mettre « en compétition » avec le Leica M6.
Pourquoi les opposer ? Le Leica M5 a été le premier de la marque à intégrer une cellule, fiable, mais en 1973 l’électronique n’avait pas encore atteint le degré de miniaturisation que nous connaissons de nos jours. Ce qui imposa un choix douloureux aux ingénieurs de Wetzlar car le M5 rompait avec la tradition du M3, petit, (relativement) léger : il est plus grand d’environ 1,5cm partout, ce qui est conséquent. Mais il fut pensé dans la bonne tradition de la marque, pour durer, malgré un haut degré de sophistication. Et, même si ce n’est pas ce qui saute immédiatement aux yeux, avec une certaine réflexion au niveau de l’ergonomie de l’appareil.
Un exemple ? Cette idée bizarre de mettre deux attaches de portage sur un seul côté de l’appareil, qui le fait pendre verticalement. Hé bien, aussi étrange que cela paraisse, ça permet une préhension rapide et presque naturelle de l’appareil. C’est juste que c’est perturbant, au début. Un second exemple ? La roue des vitesses qui dépasse très légèrement du capot, ce qui permet de changer celles-ci du bout de l’index, sans quitter le viseur de l’œil (les infos apparaissant dans ledit viseur).
Comme je l’écrivais lors de ma première sortie avec le M5, je l’ai trouvé très agréable à manipuler, mais je n’en ai pas encore vu le résultat, n’ayant toujours pas pu faire développer la pellicule (fichu confinement !).
Pourquoi l’opposer au Leica M6 ? Parce que celui-là, né dans les années ’80, a su concilier la taille du M3 et l’électronique de la cellule embarquée, en ajoutant au passage un cadre pour le 28mm (pour mémoire, le M5 a les cadres du 35 – 50 – 90 – 135 mm dans le viseur). Ensuite, la nouvelle conception de la cellule lui permet de nouveau d’accepter toutes les optiques M, ce qui n’est pas le cas avec le M5 (la cellule étant montée sur un bras escamotable, les objectifs avec un fût entrant dans la chambre sont prohibés ou il faut installer des « bricolages » ridicules – cf. en bas de page les références de l’excellent site Summilux ). Il concilie donc la technologie inaugurée avec le M5 et le ratio poids/encombrement du M3.
Je ne l’ai pas encore essayé, faute de temps et surtout parce que je sais qu’il me faudra encore un temps incertain pour pouvoir faire développer les films.
Et donc, l’un ou l’autre rejoindra « mes appareils », ceux que je vais réellement utiliser et qui deviennent mes compagnons de photographie.
Au delà, il me faudra encore faire d’autres choix car, comme je l’ai déjà écris, je ne suis pas collectionneur et les appareils que je possède, je les utilise.
Je devrais donc faire un choix, final, entre un des 2 Leica, le Canon P et le Canonet QL 17 GIII.
Tiens, je vais peut-être inaugurer une rubrique « à vendre », qui sait ?
C’est souvent le grand débat chez les photographes : focales fixes ou transtandards/zooms ?
Mais pourquoi ce débat ? Il est (presque) indéniable que les focales fixes (de qualité) seront toujours meilleures que les zooms, souvent parce qu’elles ont des ouvertures plus favorables (du f1:1,2 au f1:2), qu’elles sont plus légères (peu ou prou de pièces en mouvement), mieux finies (ça reste à voir) MAIS elles sont fixes !
Ce qui veut dire que si vous devez changer de point de vue, pour quelque raison que ce soit, vous devez changer d’optique. Lapalisse en eut dit autant, non ?
Et donc, dans votre fourre-tout vous aurez un 18 mm, un 21mm, un 24mm, un 50mm, un … Franchement, ça fait lourd à porter !
Mais, allez-vous me rétorquer, « lorsque l’on photographie, on a un style qui va avec une ou deux optiques et on les emporte avec soi ». Je dirais que c’est un peu le principe défendu depuis longtemps par Leica, qui vous permet de visualiser le cadre qui correspondrait le mieux à votre photo (voir mes articles sur le Leica M3 ou le Leica M5) et vous n’emportez que deux ou trois cailloux avec vous.
Soit. Et je vous avoue que c’est là le choix que j’ai porté avec ces appareils, en restreignant encore le principe car j’estime que ma pratique de la photo de rue s’accommode très bien avec le 35mm, et je n’en change pas, à moi de bouger lors de ma prise de vue. Même si je songe un jour à acquérir un 28mm (question de pouvoir utiliser le « focus zone » plus large de cette optique).
le Voigtländer Ultron f1:1,7 et le Jupiter 12 f1:2,8 en 35mm. Notez la protubérance du verre arrière du Jupiter 12, qui demande des précautions de manipulation pour ne pas le griffer, et qui empêche l’utilisation de cet objectif avec le M5
Et lorsque j’utilise le Canon New F-1 j’utilise des objectifs fixes en monture FD (35 – 50 – 135mm) parce que je trouve les zooms de l’époque peu pratiques et – surtout – de moins bonne qualité que les focales fixes.
Ceci dit, lorsque je pratique une photo plus généraliste ou plus spécifique, je préfère utiliser mes zooms car j’ai, en un seul objectif, les focales dont je vais avoir besoin. Mais j’ai fait l’effort financier d’acheter (d’occasion, vous connaissez mes principes) les « meilleurs » zooms qui correspondent à mes besoins.
Petit lexique : un transtandard est un objectif qui permet de passer d’une focale à une autre sans changer de caillou… un zoom fait la même chose (ex. 24 -70mm) à cette précision que le transtandard « tourne » autour du standard que représente le 50mm (qui est le plus proche de la vision humaine – ceci pour les 24×36). Par contre, un téléobjectif est un objectif qui permet de rapprocher un sujet selon une focale déterminée (ex. 500 mm). On parlera aussi souvent de zoom pour qualifier les objectifs qui vont au delà du 50mm et vont vers de longue focale (ex. 70 -200 mm)
Et donc je me suis fixé, en Canon, sur les cailloux suivants :
un Canon EF 17 – 40 mm f1:4 série L, qui est un très grand angle qui va vers le grand angle
un Canon EF 24 – 70mm f1:2,8 série L, qui va du grand angle au mini télé
un Canon EF 70 -200mm f1:4 série L, qui va du mini télé au téléobjectif
un OVNI de marque Centon, en monture M42 sur lequel j’ai fixé une bague d’adaptation Canon EF, qui est un 500 mm (téléobjectif) à miroir, qui « ouvre » à f1:8, sans autofocus ni stabilisateur, très léger et compact (mais délicat à manier sans trépied)
et – rien que pour me faire mentir – une focale fixe : un 85mm Canon EF Usm f1:1,8, idéal pour le portrait
petite photo de famille : le 24 -70, le 70 – 200, le 500 (il manque le 17 -40). Voyez la différence de taille du 500 avec le 70 – 200, de par sa construction particulière.
Et si vous avez lu mon article sur le Canon Eos 50M, vous saurez que je l’accompagne d’un 22mm lorsque je le prends pour la photo de rue, et d’un 15 – 45 pour le reste.
Pour ma part, je clos là le débat : oui les optiques fixes sont de meilleure qualité que les zooms mais ces derniers sont plus polyvalents et, pour peu qu’on les choisisse de qualité, aussi bons en terme de restitution.
A vous donc de connaître vos besoins et d’adapter votre parc d’optiques en conséquence. Mais ne vous laissez pas entrainer par des querelles de « spécialistes » coupeurs de cheveux en quatre. Ni par ces « experts » des magazines qui vous assomment de tests (pseudos) scientifiques pour mieux couper les mêmes cheveux en huit !
Essayer de lire les essais que d’autres ont pu faire de telles ou telles optiques sur des forums (attention, les passionnés sont pires que les spécialistes et les experts !) et si vous en avez l’occasion, demandez que l’on vous prête l’une ou l’autre de ces optiques pour vous faire votre propre opinion. Certaines enseignes louent même parfois des objectifs particuliers, pour essayer avant – éventuellement – d’acheter un téléobjectif spécifique et cher.
A ce sujet, je vous recommande la boutique de Thierry : https://www.brupixel.be/index.html qui propose à la location des objectifs et des boitiers à des prix bien étudiés pour oser franchir le pas et se faire plaisir.
Mais, surtout, faites des photos pour découvrir ce qui vous convient le mieux.
Eh oui, les sirènes du marketing m’ont entraîné vers cet appareil au charme, ma foi, fort sympathique.
Comme son petit frère, le Fuji X 20 dont j’ai parlé un peu avant, c’est un télémétrique (c.-à-d. que l’on vise dans une fenêtre située – généralement – sur le côté de l’objectif et non pas à travers celui-ci, comme les réflex), qui autorise une vision directe ou tout électronique.
C’est très confortable car vous pouvez superposer à la visée directe une grille de mise au point, ou un horizon électronique, p. ex.. Si vous voulez passer en tout hybride, juste pousser le bouton en façade et vous avez alors tous les réglages envisagés qui apparaissent au viseur.
Vous pouvez évidemment aussi viser via l’écran, mais alors à quoi bon avoir un viseur ! D’autant que l’écran + le viseur = consommation énergétique et intérêt à avoir un stock de batteries avec soi. Perso, j’en avais toujours 5 lors des sorties d’une journée, et je les rechargeais toutes la nuit …
Au rayon des plus : une excellente qualité photo, un look indéniable, le confort d’un vrai viseur et l’appui de l’électronique pour des infos supplémentaires. Au rayon des moins : un autofocus lent, des sorties de veille pénibles, la consommation de batterie, un écran non orientable (ce qui est un plus en Street), des menus avec une logique, heu… particulière (rien à voir avec la « simplicité » des écrans d’un Canon Eos 50M p. ex.), des boutons à l’arrière que l’on « accroche » parfois sans le faire exprès et qui vous modifient tous les réglages …
Franchement, en résumé, un bel objet, quoique un peu fragile (le bouton d’allumage est assez délicat) mais aux qualités photographiques indéniables et avec un look toujours aussi « vintage ».
Mon premier réflex hybride. En version « expert » noir, petit, bourré de technologies utiles (stabilisation sur 5 axes, tropicalisé, nerveux et rapide, viseur clair), tenant bien en main. Equipé d’un zoom 12 – 50 mm en version MS (comme les pneus Mud et Snow ?), soit résistant aux poussières et embruns pour une belle polyvalence (en format 4/3, il suffit de multiplier par 2 pour convertir au format 24×36 – ça m’arrange, suis nul en calcul mental).
Bref, un chouette compagnon qui, cependant, avait pour moi 2 défauts : le premier, ses menus, par toujours faciles à comprendre (mais je suis allergique aux modes d’emploi), et le second, disons philosophique, car lorsque je vise à travers le prisme d’un réflex, je vois directement ce que je veux capter. Or ici, c’est le capteur qui me renvoie une image et donc je compose ma photo sur une image qui est le reflet d’une réalité, pas la mienne.
Ça va, vous suivez toujours ?
Bref – et je vous avoue que j’ai fait des efforts – j’ai beaucoup apprécié de travailler avec ce boitier, qui délivre de très belles images (niveau qualitatif s’entend, le niveau artistique c’est à vous et à moi d’en décider). C’est agréable de « voir » en temps réel les modifications que vous envisagez lors de la prise de vue (point commun à tous les hybrides), ça rassure parfois, mais j’en reviens à ce que je tentais d’expliquer plus haut, ça me déstabilise aussi.
Mais finalement, je l’ai cédé à un ami photographe, qui en fait très bon usage. Pour ma part, j’ai replongé chez Canon, avec un Eos 5 D M2, pas tout neuf mais qui me rassure.
Sauf que j’ai dû changer de sac et de sangle, car la différence de poids est bien là, aussi.
En résumé, mon expérience avec l’Olympus OM-D E-M 5 fut loin d’être négative (et vous en verrez des exemples photographiques sur le site – regardez dans les commentaires). Il est petit, léger, très réactif, tropicalisé, en métal (alliage) et son ratio image est facile à convertir. Olympus, qui est centenaire, a toujours en une excellente réputation au niveau de ses images et cet appareil – considéré comme un boitier expert – ne déroge pas à la règle. Autre avantage, sa monture 4/3 permet de passer chez Lumix et sa série L en collaboration avec Leica pour encore enrichir le parc optique.
Si les menus sont pléthoriques et pas toujours faciles à appréhender, ils ont le mérite de vous donner une multitude de possibilités lors de la prise de vue. Et comme c’est un hybride, vous voyez le résultat de vos essais directement à l’écran.
En photo de rue (Street Photography) en numérique, j’utilisais un Canon G5X. Petit, léger, discret et tout à fait dans la veine des compacts experts, il avait pour moi un avantage certain : les menus de réglages ne sont pas pléthoriques, ni trop abscons, dans la (bonne) tradition des Canon qui ont écrit, il est vrai, une bonne partie des pages de l’histoire de la photographie moderne (innovation, ergonomie, qualité) et, surtout, il possède un viseur intégré.
Je vous mets ci-dessous quelques photos réalisées avec le G5X, pour illustration de ses qualités.
Franchement, pour avoir utilisé un Sony RX 100 M2 dans le même exercice, je trouve le Canon G5X beaucoup plus qualitatif : le viseur est fixe, la construction est mieux finie, l’écran – monté sur rotule – est excellent, tactile si besoin. L’amplitude et l’ouverture du zoom sont meilleures : équivalant à un 24 – 100 mm, plus lumineux (f1,8 – 2,8). Il se glisse dans toutes les poches ou sacs (même tous petits) et dans la main, il passe (presque) inaperçu. Redoutable d’efficacité en Street !
Je ne vous parle pas des connections par WIFI ou NFC, que je n’utilise pas, mais qui feront le bonheur de quelques-uns, ni des capacités en video (en 4K), que je ne pratique pas non plus (ben oui, pour moi un appareil photo fait des photos, une caméra, des films !).
« Bon, mais alors, pourquoi avoir changé ? » … ben parce qu’il était tout petit et que j’avais quelques difficultés à le tenir. Non pas qu’il soit mal équilibré ou pas assez ergonomique – au contraire – juste que j’ai un petit souci qui fait que j’ai parfois l’impression que ce que je tiens en main me glisse des doigts ! La personne qui me l’a racheté a des « grosses paluches » et il l’a tout de suite adopté car il a toutes les qualités ergonomiques des Eos (poignée bien creusée et ergonomie bien pensée).
Bref, il va faire le bonheur d’un autre amoureux de belles photos.
Hier, 22 mars 2020, il faisait beau soleil et j’ai pu envisager de sortir un peu, autour de la maison, pour tester le Leica IIIf.
Mes premières impressions sont mitigées : je pensais retrouver les gestes acquis avec le Zorki Ic, en plus facile, notamment parce que les 2 « viseurs » sont très proches l’un de l’autre (réglage télémètre à gauche, viseur à droite) … ben non !
Finalement, le fait de les mettre très près l’un de l’autre rend les choses plus difficiles, par exemple parce que le viseur télémétrique a un grossissement important. On n’y voit qu’un détail de la photo envisagée et il faut être précis pour le réglage. Et quand on passe au viseur proprement dit, il y a cette impression de distance qui perturbe un peu. J’avais moins cette sensation avec le Zorki Ic.
à gauche le Zorki Ic, à droite le Leica IIIf
Ceci dit, la manipulation du Leica est un régal : autant lorsque vous tournez le bouton d’avancement du film du Zorki Ic vous donne l’impression de ressentir le jeu des engrenages, autant c’est onctueux avec le Leica IIIf. Le déclencheur, mieux fini, offre une très bonne sensation quand vous l’enfoncez pour prendre la photo. Avec le Zorki Ic vous avez l’impression de devoir appuyer fort et sa forme (un tube avec de petites aspérités) est moins confortable. Pourtant, avec les deux, c’est un peu perturbant au début car le déclencheur n’est pas, comme nous le connaissons avec les autres appareils argentiques, dans le prolongement d’un levier d’armement. Non, il se niche entre le bouton d’avance du film et la molette des vitesses. Pas très ergonomique.
le « tableau de bord » du Leica IIIf : à gauche, le bouton de rembobinage, avec la commande de correction de la dioptrie (la languette en bas); au milieu, la prise pour flash (au fait Leica III f pour flash); à côté, la roue des vitesses rapides, entourée des vitesses de référence pour l’usage du flash; à l’extrême droite, le bouton d’avancement du film, avec la possibilité de mémoriser les ASA/ISO dessus et en dessous, le compteur de vue, manuel; entre la roue des vitesses et le bouton d’avancement, le déclencheur; devant lui, le levier qu’il faut remettre sur « R » lorsque l’on veut rembobiner le film; à côté de l’objectif, le bouton en saillie est celui des vitesses lentes. Sur les modèles ultérieurs, sous la molette des vitesses lentes, en façade, se trouvera le levier pour le retardateur.
Mais, comme je l’ai déjà écris, photographier avec ces appareils, c’est un peu remonter le temps, et se dire – en toute humilité – que de grands photographes ont pu tirer parti de ce que nous pouvons nommer des réticences de « photographe moderne ».
De fait, je pense qu’il faut envisager l’utilisation de ces appareils avec un autre principe que l’autofocus a rendu obsolète : le zone focusing ou, en français, la plage de netteté.
Vous en trouverez de nombreuse explications et tutos sur la grande toile (voir en bas de page pour les liens) mais, en quelques mots, ce système vous permet de prérégler une distance minima et maxima dans laquelle, en fonction de la focale utilisée et de la vitesse envisagée, vous serez net. C’est une façon élégante de ne pas se tracasser pour le réglage télémétrique. Il vous reste à viser et composer.
Ceci dit, le Leica IIIf, comme le Zorki Ic d’ailleurs, sont optimisés pour l’utilisation du 50 mm. C’est le cadre que vous voyez dans le viseur. Si vous voulez utiliser d’autres focales (35 – 90 – 135mm) vous devrez investir dans une espèce de tourelle qui se place sur la griffe « flash » et qui présente les viseurs pour ces différentes optiques
à gauche un viseur 135mm, un viseur 90mm et un multi focales (photos issues d’un célèbre site de vente de seconde main)
En résumé, Le Leica IIIf est un bel appareil, agréable à manipuler (je ne reviens pas sur le chargement du film, décris avec le Zorki IC, je commence à m’y habituer), aux commandes « onctueuses ». Mais c’est un appareil des années trente (1930) – même si celui-ci fut le plus évolué, avec le IIIg – et il est très loin de nos nouvelles habitudes d’utilisation (alors que nous pratiquons encore l’argentique). Ceci suppose d’appréhender des méthodes – règle du f16, hyperfocale, zone de netteté – que nous ne maitrisons plus beaucoup, habitués aux facilités des autofocus performants de nos numériques, voire même des argentiques de dernière génération (mon Canon Eos 30 p. ex.) pour en tirer le meilleur parti.
Il faudra attendre un certain temps, encore indéfini (que ce f… virus se barre) pour finir le film et pouvoir le déposer et faire développer. Patience donc …
Franchement, j’aime bien la petite touche « moderne » apportée à l’appareil par le nouveau recouvrement en cuir bleu navy.
crédit photo Pascal Altazin
Pour sortir, j’ai monté un Jupiter 3 avec une bague d’adaptation car le Leica M3 a inauguré la monture … M. Pour mémoire, cette nouvelle monture permet un montage plus rapide et précis des objectifs sur l’appareil. Toutefois, Leica, qui avait développé un beau parc d’optiques de qualité, avait prévu de pouvoir encore utiliser ces optiques au standard Ltm 39 à visser, moyennant des bagues d’adaptation. Celles-ci reprennent la monture M et comportent un filetage en 39. Ce dont les objectifs russes profitent, tout comme les objectifs Canon et Nikon de l’époque (et qui sont dans la plupart des cas aussi qualitatifs que les objectifs Leitz).
Pourquoi pas une optique Leica ? Ben, à cause du prix ! Le Jupiter 3 est l’équivalent d’un Sonnar Zeiss 50mm f1:1,5 et plus particulièrement, les objectifs entre 1956 et 1961 sont fabriqués avec des lentilles d’origine Zeiss. Le mien date de 1958. Il m’a coûté 154€. Si j’avais choisi un « vrai » Sonnar, c’était au minimum 950€ (sur le même site bien connu). Bref, soyons raisonnable mais faisons-nous plaisir.
Comme j’avais terminé le test du Zorki Ic et commencé celui du Leica IIIf, c’est ce dernier que j’ai pris avec le Leica M3, d’abord pour terminer le film et ensuite pour comparer l’évolution que représente le M3 par rapport à « l’ancienne » gamme des Leica à vis.
Esthétiquement d’abord, le Leica M3 est épuré :
un « bloc » de métal sans aspérités, aux bords légèrement arrondis avec des améliorations ergonomiques certaines, comme le levier d’armement dans le prolongement duquel est installé le déclencheur, qui tombe naturellement sous l’index. Les molettes de réglages sont intégrées dans le capot, plat.
la fenêtre de visée est immense eu égard à celle du Leica IIIf et, surtout, il n’y a plus qu’un viseur. Les ingénieurs de Wetzlar ont réussi la prouesse technique d’améliorer considérablement la visée télémétrique par l’adoption d’un bloc viseur-télémètre aux images confondues, d’une conception aussi nouvelle qu’incroyablement complexe. La base télémétrique elle-même est presque doublée puisqu’elle passe de 38 mm à 69,25 mm, ce qui se traduit par une précision accrue.
l’image de visée est extrêmement claire et lumineuse, presque grandeur nature (rapport 0,91), délimitée par un cadre collimaté (ce qui signifie aérien, projeté à l’infini) corrigé automatiquement de la parallaxe.
trois cadres sont disponibles, indiquant le champ couvert par les objectifs de 50, 90 et 135 mm de distance focale ; les cadres 90 et 135 mm apparaissent lorsque l’objectif correspondant est mis en place. Le cadre 50 mm (visible en permanence) est continu, blanc laiteux. Les autres cadres sont matérialisés par 4 segments lumineux. L’image télémétrique – celle que vous allez devoir régler pour être net – occupe le centre du champ, parfaitement délimitée dans un petit rectangle au contour franc
Et ça change tout : fini les rectangles orangés, ou les ronds aux contours plus ou moins définis des Zorki, Fed ou Kiev, voire Contax et même des anciens Leica. Lorsque vous collez votre œil à l’oculaire de visée du M3 c’est un peu comme si une fenêtre propre ouvrait sur ce que vous vouliez voir. Le cadre est lumineux, vraiment, il donne une sensation d’ouverture inconnue jusque là.
de gauche à droite, le Leica M3 : regardez la fenêtre de visée et à l’arrière la taille du viseur. A titre de comparaison, le Zorki 4K et le Kiev 4AM (copie du Contax), s’ils semblent offrir une grande fenêtre de visée, offrent des oculaires très petits et sont peu lumineux comparés au Leica M3
Certes le M3 est plus lourd que le Leica IIIf (près de 400 gr quand même) mais cela ne se ressent pas du tout. Il tombe bien dans la main et , comme je l’ai déjà écris, est plus ergonomique.
La roue des vitesses est crantée, elle comporte enfin les lentes et les rapides en un même endroit et – surtout – l’on peut modifier les vitesses avant ou après avoir armé (ce qui était un risque certain de casse sur les anciens Leica et leurs inspirations russes).
Reste que tout n’est pas parfait :
la roue des vitesses auraient pu déborder un peu du capot, permettant une correction plus rapide. Les ingénieurs l’ont fait plus tard sur le M5. Soyons de bon compte, c’est surtout utile sur le M5 qui bénéficie d’une mesure de la lumière, avec rappel dans la viseur, chose inconnue sur le M3
ensuite, le chargement du film est toujours assez complexe, même si l’habitude y supplée. Mais un Canon VI ou un Canon P, contemporains, avaient un dos à charnière. La justification de cette construction se trouve dans une meilleure étanchéité à la lumière, que les dos à charnière n’offrent pas toujours et nécessitent plus de mousse pour y arriver. Mouais … vu la qualité d’assemblage de mon Canon P (double sécurité à l’ouverture, rainures profondes qui s’encastrent parfaitement à la fermeture du dos), je trouve que la formule dos à charnière est plus simple.
Le cadre des 35mm n’est pas prévu. Il faut, là aussi, composer avec une ajoute d’un objectif et d’un bloc optique que l’on monte sur le devant de l’appareil. Pas simple. Le M2 résoudra le problème. Ceci étant, la focale 50mm est toujours réputée être celle la plus proche de la vision humaine.
vue de l’appendice à ajouter sur le M3 pour la focale 35mm(photos issues d’un grand site de vente)
Pour le reste, c’est extrêmement agréable d’utiliser cet appareil, surtout après avoir testé des modèles plus anciens. Mais c’est là le but des innovations, évoluer.
L’armement de mon modèle, qui date de 1957 est un peu spécifique, il se fait en deux demis mouvements (il faut armer 2 fois). Pourquoi ? Souvenez-vous, le Leica M3 était pensé et prévu pour des photographes de terrain, souvent des fronts de guerre. Les ingénieurs de Wetzlar ont prévu ce dispositif particulier pour éviter que les photographes, en situation de stress ou d’urgence, n’arrachent la pellicule en armant trop vite et trop fort. Gentil non ? Bon, faut juste pas l’oublier quand vous voulez, justement, prendre une photo rapidement, de faire deux fois le mouvement. Notez que ce dispositif fut abandonné en 1958. Au demeurant, l’armement est très discret, tout comme le déclenchement, à peine un clic peu audible. Seul le M5 fait encore moins de bruit (amortissement de l’obturateur encore amélioré).
Les Leica, en général, sont des appareils bien usinés, bien finis, robustes. Il est (presque) toujours possible de les faire réparer à l’usine mère ou chez des réparateurs agréés mais il faut mettre beaucoup de mauvaise volonté pour casser un Leica. Celui que j’ai acquis a manifestement été bien entretenu, il a 63 ans à ce jour et il fonctionne parfaitement.
Voilà … de tous les télémétriques que j’ai pu essayer à ce jour, ce Leica M3 est certainement le plus confortable à l’usage, le mieux fini – seul le Canon P fait arme égale à ce niveau, le plus silencieux (seul le M5 fait mieux) et, cerise sur le viseur, le plus lumineux.
Si je devais choisir d’ailleurs entre le Canon P et le Leica M3, franchement … j’hésiterais …
niveau qualité de fabrication, égalité
niveau silence, très léger avantage au Leica (un bruit plus assourdi – rideaux en caoutchouc ou plus métallique – rideaux en métal très fins pour le Canon) mais l’un comme l’autre passeront inaperçus en rue, en concert ou lors d’un discours; réarmement aussi souple et discret chez l’un que l’autre
niveau clarté de la visée, très léger avantage au Leica (les cadres sont comme aériens alors qu’ils sont gravés sur le Canon, ce qui ne les empêchent pas d’être bien visibles), le patch du Leica est un peu plus visible
niveau des cadres, léger avantage au Canon, qui offre des cadres pour le 35 -50 -100mm contre le 50 -90 -135mm pour le Leica, sauf à y monter des appendices parfois compliqués pour les focales plus courtes
niveau utilisation, net avantage au Canon avec son dos à charnière
niveau poids, léger avantage au Canon avec 557 gr tout nu contre 592 gr
niveau encombrement, égalité car le Leica rend 0,5cm de moins que le Canon en longueur (hauteur identique) mais le Canon est près de 0,5 cm moins épais
niveau ergonomie, égalité même si le Leica compte le déclencheur dans le prolongement du levier d’armement, celui du Canon tombe naturellement sous l’index; égalité pour les leviers d’armement, qui tombent parfaitement sous le pouce; déclencheurs aussi doux l’un que l’autre
niveau rapidité de mise en œuvre, égalité car le Canon se charge plus rapidement mais les objectifs à viser sont un peu plus lents à installer, tandis que le Leica reste lent à charger alors que sa baïonnette permet de changer les optiques plus vite
niveau esthétique, ah ça, les goûts et les couleurs … bref, ils sont splendides tous les 2
niveau prix : large avantage au Canon, y compris pour les optiques « standards »
Il me restera à terminer le premier film mis dans le Leica M3, le faire développer et scanner en haute définition, comme pour les autres, pour pouvoir vous montrer les résultats. Mais là, pour l’instant, c’est une autre histoire …
J’ai déjà eu l’occasion d’avoir un Zorki en main, un 4K en l’occurrence (de 1974). C’était ce qui se rapprochait du Leica M3, du moins par la forme (je vous renvoie à la rubrique « les télémétriques russes » pour sa description). Avec quelques particularités, par rapport au M3, notamment un correcteur dioptrique, que ne possède pas le Leica. Mais soyons de bon compte, le Leica M3 datait de 1954 et le Zorki 4K fut fabriqué de 1972 à 1978 (à 524610 exemplaires). La construction était moins rigoureuse, moins bien ajustée, mais cela lui donnait un charme et – paradoxalement – une certaine robustesse, pour autant que l’on ai respecté la règle de toujours armer avant de modifier les vitesses. Et puis le Zorki 4K était lourd, pas spécialement facile à charger (il faut ôter la semelle, insérer l’amorce dans une bobine amovible, réintroduire le tout, remettre le dos, fermer les 2 clés de sécurité, armer/déclencher une ou deux fois et c’est parti).
Avec le Zorki 1, c’est une autre époque : celui-ci date de 1951 et il copie le Leica II qui date de … 1932 ! Il fut fabriqué de 1948 à 1956, à 835.502 exemplaires (pas mal non ?). Le mien date de 1951, c’est donc un Zorki 1C.
Deux exemples ici de Zorki Ic avec leurs objectifs rentrant : un Industar 22 et sur l’autre un Fed. Ces objectifs sont des copies des Elmar de chez Leitz.
Si vous voulez photographier avec un appareil ancien, bien fabriqué (mieux que le Fed 2, qui est aussi une copie assez fidèle), surtout très abordable, c’est celui là qu’il vous faut, vraiment.
Soyons clair, il demande un peu d’adaptation : il y a 2 « viseurs » à l’arrière. Celui de gauche est le télémètre, celui de droite, le vrai viseur. Télémètre agréable à régler, avec un patch orangé bien visible. C’est une petite gymnastique à laquelle on se fait vite : un regard à gauche, pour régler le télémètre sur l’objet photographié, un regard à droite pour cadrer définitivement. Ah oui, après avoir armé – et vérifié sa cellule à main – nous pouvons modifier la vitesse. Clic ! la photo est dans la boîte.
Les deux « viseurs » étaient la règle chez Leica et les concurrents de l’époque. C’est le Leica M3 qui modifia la donne, en 1954. Ce n’est donc pas exceptionnel si vous voulez tester de vieux télémétriques.
Ci dessous, à gauche le Zorki Ic et à droite le Leica IIIf, vus de face et de dos. Notez les deux viseurs à l’arrière, relativement éloignés pour le Zorki, plus proches pour le Leica.
Pour le charger, c’est comme pour les anciens Leica aussi : débloquer la clé de sécurité sous la semelle, ôter celle-ci, retirer la bobine amovible et … modifier l’amorce (10 cm) pour faire entrer le bout de celle-ci dans le ressort de la bobine puis glisser – en même temps – la cartouche et cette bobine dans l’appareil, en faisant glisser l’amorce dans une fente au dos de l’appareil. Bon, ça à l’air compliqué mais on s’y fait vite (paradoxalement, plus facile qu’avec le Leica M5). Vous remettez la semelle, armez et déclenchez au moins deux fois, pensez à mettre votre compteur de vue à zéro, et c’est prêt. Si vous trouvez ça difficile, rassurez-vous, il y a plein de tutos sur la toile.
En haut, la semelle avec sa clé de sécurité, le ventre de l’appareil en dessous et tout en bas la même chose sur le Leica M3, avec le dessin particulier de l’amorce (à couper suivant le pointillé – à noter qu’il existe un appareil spécialement dédié à cet exercice, un Ablon (Leica) qui coûte très cher en vrai mais dont il existe des copies réalisées sur des imprimantes 3D; faut fouiller un peu sur la toile pour les trouver)
Un mot sur le déclencheur : il n’est pas bruyant, un simple clic assez doux (rideaux de l’obturateur en caoutchouc, comme le Leica). Pour réarmer, il suffit de tourner le gros bouton de chargement. Honnêtement, y ajouter un « soft release » assurera une meilleure sensation au déclenchement, mais ce n’est pas obligatoire.
Par contre, pour le porter, il convient de trouver une sacoche en cuir car l’appareil n’a pas d’œillets pour y attacher une lanière. Ceci étant, il n’est pas lourd (534 gr avec l’Industar 22 et un film de 24 poses) et si vous y avez monté le même objectif que le mien, celui-ci replié, vous le mettez dans une poche de blouson sans soucis. De plus, la sacoche, si vous pouvez en trouver une, est du plus bel effet : c’est un magnifique cuir, généralement bien patiné.
Le détail de cet objectif étonnant, qui se replie sur lui-même. Pour le mettre en œuvre, vous tirez sur le fût et effectuez un quart de tour sur lui-même pour le bloquer en position sortie. La bague de réglage comporte un bouton pour aider à la mise au point (il suffit de le pousser d’un côté ou l’autre pour faire la mise au point)
Voilà. Je suis sorti aujourd’hui avec cet appareil et il m’a agréablement surpris, tant par sa maniabilité que par son agrément d’utilisation, malgré la petite gymnastique pour viser (et le charger). L’Industar 22 permet de régler rapidement la mise au point, surtout parce que le patch du télémètre est bien visible. Ceci étant, vous pouvez y installer d’autres objectifs, comme un Jupiter 8 ou un Jupiter 3, mais si vous gagnez en luminosité, vous perdez en compacité. Je l’ai gardé en main pendant toute la balade (10km quand même) sans qu’il ne pèse. J’avais juste pris la précaution d’emporter une cellule à main (j’avais oublié ma réglette du sunny 16 !).
Je n’ai pas pu terminer le film mis dans le Zorki. J’en profiterai pour installer le Jupiter 8 et le Jupiter 3 pour finir le film. C’est un film couleur 200 Asa, dont la date d’expiration était mai … 2005 !
La suite bientôt donc. Quoiqu’il faudra attendre encore un peu : nous sommes le 17 mars 2020 et la Belgique vient de passer en mode confinement, jusqu’au 05 avril, en théorie. Tous les commerces non essentiels seront donc fermés, et zut !
Une sortie en ville qui s’apparente à déambuler dans un monde post apocalypse … vraiment étrange … tout ça à cause d’un petit virus au nom bizarre …
Bref, le ciel était laiteux, il ne faisait pas franchement froid, juste un peu humide sur la ville de Mons, avec son marché dominical. Qui ressemblait à un triste désert, avec des scènes irréalistes de (très) rares chalands faisant la file en respectant les distances, en ligne ou en quinconce … jamais je n’ai pu photographier la Ville avec autant de latitude ! Rendez-vous compte, la Grand’ Place vide, le Marché aux Herbes désert !
Que dire sur le Leica M5 ? Il fait son poids le bougre (937 gr exactement avec son objectif, sa pile et un film en 36 pauses) il n’est pas très facile à porter car c’est un modèle de 1973 avec 2 lugs (je traduis : 2 attaches) sur un seul côté, le gauche, qui devrait le faire porter à la verticale. A l’époque, les ingénieurs de Leica trouvaient ça ergonomique … peut-être mais comme je ne possède pas la lanière ad hoc, je le porte à la main, ou dans mon sling (entendez, mon sac bandoulière). Notez qu’à partir de 1975, ces mêmes ingénieurs ont replacé un troisième lug (attache) sur le côté droit (vous donnant ainsi le choix du portage)
Ceci étant, il est plus volumineux qu’un M3, que le Canon P, ou le Leica IIIf et le Zorki 1c, mais pas désagréable en main : je le sens bien et les « commandes » tombent naturellement sous les doigts.
à titre de comparaison : derrière, de gauche à droite Kiev 4AM, Leica M5; au milieu, le Leica M3; devant, de gauche à droite Canon P, Zorki I et Leica IIIf
En fait de commandes, pas besoin ici de lire 590 pages d’explications indigestes : vous avez réglé la sensibilité ISO (ou ASA), vous réglez l’ouverture, vérifiez dans le viseur ce que dit la cellule et adaptez la vitesse en fonction (ou l’inverse). Simple, rapide, efficace !
Heu … le mode d’emploi fait 36 pages et vous avez compris comment tout fonctionne.
J’ai équipé mon M5 d’un Voigtländer Ultron 35mm f1:1,7, très clair et facile à régler. Avec le grand « patch » du télémètre, c’est un régal, même si j’ai commandé des « black focus wrench » (je traduis : des bouts de caoutchouc à coller pour mieux sentir la bague de distances).
J’avais envisagé de l’équiper de mon Jupiter 12 mais de par la conception de la cellule – en fait un bras articulé qui porte la cellule et se place devant le rideau juste avant le déclenchement – ce n’est pas possible car c’est un objectif qui « rentre » profondément dans le corps de l’appareil et donc qui empêcherait le bras de se déployer, risquant de l’endommager. Quelques autres objectifs aux mêmes particularités ne peuvent être de ce fait montés sur le M5.
le Voigtländer est peut-être moins prestigieux qu’un objectif Leitz mais il est abordable
De fait, comme le M5 est le premier Leica équipé d’une mesure de l’exposition à travers l’objectif (TTL), il n’y a pas d’appendice disgracieux sur le capot (comme les M3), qui sont des télémètres non couplés. Vous devez armer l’appareil pour que la cellule soit opérationnelle (ça économise la pile), puis, lorsque vous visez, une aiguille sur la barre inférieure du verre de visée vous indique où vous devez faire coïncider une autre aiguille, qui bouge avec le sélecteur de vitesse. Vous voyez ainsi apparaître, lors de votre composition, la vitesse sélectionnée, que vous pouvez modifier soit avec le diaphragme, soit la vitesse. Facile, rapide et précis, le sélecteur de vitesse étant un poil plus large que le capot, ce qui vous permet de le faire tourner du bout de l’index sans avoir à quitter de l’œil votre composition.
Ensuite, au niveau discrétion, lorsque vous déclenchez, c’est juste un petit « clic » à peine audible, tout comme lorsque vous réarmez. Vous ne dérangerez personne avec cet appareil même lors d’un discours ou d’un concert. Honnêtement, j’avais toujours été septique quand au silence de fonctionnement des Leica, mais avec celui-ci, c’est un fait avéré.
Bon, il y a quand même un truc agaçant avec cet appareil : le chargement du film ! Il faut ôter la semelle, ouvrir la petite porte au dos, engager la cartouche de film avec une longueur d’amorce d’environ 10cm tirée, amorce que vous devez faire glisser entre les lamelles de la bobine réceptrice, fixe. Je manque sans doute de pratique, mais j’avoue que j’ai un peu galéré avant d’y arriver correctement.
L’avantage de cet assemblage étrange (semelle, porte) est d’assurer une très bonne étanchéité à la lumière une fois le tout refermé.
Résultat ? Ben disons dans … – on ne sait pas vu le confinement prévu jusqu’au 19/04/20 – mais le temps de déposer le film au labo et de le recevoir, développé et scanné en haute résolution sur un CD.
Sinon, première impression : très bonne, vraiment. L’appareil fait son poids mais il est tout à fait portable, même si je cherche une lanière pour avoir plus facile. Il est agréable à prendre en main (juste une petite remarque : j’accroche sans cesse le bouton du retardateur) et facile à régler. Silencieux comme dit plus haut. Restera à voir la qualité des photos délivrées.
Franchement, si je n’ai aucun scrupules à revendre le Leica M3, je sais que je garderai ce M5 : il a été mon premier Leica et surtout, il est très agréable à utiliser.
Mal aimé par les puristes de la marque, il mérite pourtant le détour, ne fut-ce parce qu’il a déjà une cellule, précise, intégrée et que, hormis les 2 attaches bizarrement placées sur le côté, il est très agréable à manipuler. Son poids le rend très stable.
Franchement, un bon achat à prévoir, d’autant que les prix ne s’envolent pas encore sur le grand site de vente, sur lequel vous en trouverez pas mal en excellent état. Attention toutefois, il n’en fut pas produit des centaines de millier (96.999 exactement).
Le Canon P est un appareil télémétrique, mis sur le marché en 1958 et ce jusqu’en 1961.
P pour Populaire, car Canon voulait produire un appareil télémétrique simplifié à moindre coût. Et ce fut un succès commercial avec la vente de 87875 exemplaires.
Ses plus :
monture visante LTM 39 mm
télémètre combiné à une correction automatique de la parallaxe avec des cadres pour les focales 35, 50 et 100 mm
armement par levier, obturateur à rideaux en acier donnant de la seconde au 1/1000s, synchro X et M au 1/25s
dos à charnière
manivelle de rembobinage intégrée dans le capot
Contemporain des Leica M2 et M3, il est sans conteste très moderne avec son dos à charnière, son levier de rembobinage, sa sécurité contre l’ouverture accidentelle du dos, son levier d’armement rapide.
Par comparaison :
les Leica M3 n’avaient pas de cadre pour le 35 mm (le 50, le 90 et le 135 mm étaient seuls affichés. Les Leica M2 – contemporains du Canon P (1958) – eux, en étaient pourvus mais le compteur de vues était manuel.
Tous les deux étaient à chargement par la semelle, certes simplifié depuis les Leica I à III, puisqu’il y a une « trappe » qui permet de bien positionner le film, et la bobine réceptrice est amovible. Tandis que le Canon a un dos monté sur charnières et une bobine réceptrice fixe.
Les Leica possèdent depuis toujours des rideaux en toile caoutchoutée qui assure une belle discrétion lors du déclenchement, qui nécessitent tôt ou tard un réglage (pour les retendre). Le Canon a un obturateur en lamelles métalliques, qui donnent un bruit un peu plus « sec » sans être plus bruyant. Les lamelles sont extrêmement fines et doivent faire l’objet d’attention pour ne pas les froisser complètement (à vérifier lors de l’achat de ce type d’appareil) – mon exemplaire est légèrement atteint et cela ne porte pas conséquence sur les photos.
Point de vue esthétique, c’est affaire du goût de chacun mais, perso, je les trouve chacun très beaux : d’inspiration Bauhaus et streamline, les Leica sont assez intemporels; le Canon est plus carré mais ses formes tendues sont très modernes pour l’époque et il y a aussi une grande recherche du détail (voir la manivelle de rembobinage).
Au niveau optique, les cailloux de chez Leitz sont magnifiques mais ceux de chez Canon ne déméritent pas (certains sont aussi inabordables que ceux du confrère allemand !).
Le Leica M3 inaugurait une nouvelle monture, plus facile et plus sécurisée pour les objectifs (baïonnette) alors que le Canon restait fidèle à l’ancien standard Ltm 39, qui assurait un parc optique immense (pour l’époque) sans nécessiter une bague d’adaptation, mais le principe du vissage était moins rapide et plus délicat (l’objectif pouvait ne pas être bien visé et donc fixé, ou alors trop serré et difficile à enlever)
Comme je l’écrivais, la qualité des optiques Canon de l’époque en font des objectifs recherchés et parfois à des prix … stratosphériques (surtout le 50 mm f1:1,2 ou le fameux f1:0,95 !).
Ici pas de plastique, que du bon métal. L’appareil n’est donc pas léger mais il tombe bien en main, très bien équilibré et si vous avez la chance de trouver un objectif dit rapide (comme celui illustré ici), c’est un régal pour les réglages.
Je rêvais d’un beau télémétrique et j’en ai trouvé un chez Canon.
Canon P monté d’un objectif Canon S 35 mm dit rapide f1:2,8
Je vous encourage à lire l’article consacré au Leica M3 (Première sortie avec le Leica M3) pour y découvrir le comparatif que je propose avec le Canon P … qui reste un « maître achat » pour découvrir la photographie télémétrique avec un appareil de qualité. Tout comme je vous encourage à lire l’article intitulé « première sortie avec le Canon P« .
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