Argentique

Le Polaroid Impulse 600

Je vous épargne l’histoire habituelle d’une brocante, vous connaissez maintenant.

Toujours est-il que dans une caisse, il y avait toute une série d’appareils, des reflex, des vieux télémétriques et quelques Polaroid : un 636, un 636 Close-Up, un Land 340 et cet Impulse 600.

Coup de chance, dans un des 636, un boitier de film vide mais dont la pile était toujours ok. Avec une jeune dame qui cherchait aussi à faire un achat, nous avons glissé ce boitier dans les différents Pola pour constater que le 636 Close-Up était HS (la pile d’un vieux pack avait coulé à l’intérieur), que le Land 340 était cassé (pas besoin de film pour le voir ça). Nous nous sommes partagé le 636 pour elle, l’Impulse pour moi.

Et j’avoue avoir été un peu vite car je pensais que c’était un Impluse AF, mais bon …

De fait, celui-ci est le plus basique de la série, sans aucun réglage, hormis l’habituel « clair/obscur » avec une réglette sous l’objectif. Il est quand même équipé d’un système d’exposition automatique et d’un compteur de vue (le luxe quoi !).

Ce qui m’a attiré, c’est le modèle, très éloigné des autres appareils qui utilisent le film 600. Il ressemble plus aux appareils non pliant SX-70, avec une conception proche du OneStep ou du Pronto, modèles sortis pour le film SX-70 puisqu’ils ont un corps en plastique non pliable, une lentille en plastique à élément unique et une mise au point fixe.

Lors de sa sortie, en 1988 (et il sera produit jusqu’en 1994), il est apparu dans une grande variété de couleurs, parfois assez « flashy », histoire de rompre un peu avec le monotone noir des coques anciennes. Pas de bol, le mien est gris, avec cependant une fine ligne rouge qui fait le tour pour égayer le tout.

Fait amusant, sur le modèle jaune, Polaroid a ajouté un sticker précisant que l’appareil n’est pas étanche, le jaune étant souvent réservé à cette gamme d’appareil.

Celui-ci, pour le mettre en route, il faut appuyer sur le dessus de flash, ce qui le fait sortir et – surtout – escamote le volet qui ferme l’objectif.

Puisque je parle du flash, disons qu’il est automatique et se déclenche si besoin. J’ai déjà noté que les Polaroid aimaient bien la lumière et qu’ils n’en avaient jamais assez : il se déclenchera souvent …

Au niveau préhension, deux renforts en caoutchouc améliore celle-ci. Moins haut que les autres appareils 600, il est un peu plus « portable ».

Un regret cependant : l’emplacement du déclencheur, vraiment mal fichu, à l’arrière de l’appareil, même s’il tombe naturellement sous l’index lorsque vous prenez l’engin entre vos mains, façon jumelle.

Et si je le compare au Kodak EK-100, hormis la position de visée, ils ont un encombrement assez identique.

Reste que porter un Polaroid autour du cou, c’est une expérience car l’appareil ne passe pas inaperçu, vous vous en doutez. Ceci étant, ici la lanière inspire confiance, tout comme son mode d’accrochage (contrairement au Kodak EK-100).

Comme je prends souvent un sac Lowepro Passport sling, je sais le glisser dedans sans soucis et cela reste discret, jusqu’à ce que je l’extraie pour faire une photo !

Un sac trop peu connu à mon sens, qui offre de multiples poches pour y glisser tout ce qu’on veut et qui s’agrandit grâce à une tirette, à l’intérieur, qui augmente sa capacité. Le mien est de la première génération mais vous trouverez des infos ICI sur les nouveaux.

Bref, pour en revenir à notre Polaroid Impulse, sachez que c’est un appareil dans la tradition de la marque : pas de fioritures, de la technologie mais que vous ne voyez pas, et tout automatique, y compris donc le flash qui se déclenche quand l’appareil l’estime nécessaire (c.-à-d. souvent)

Le viseur est toujours aussi basique – aucune indication à l’intérieur – mais il est très lumineux et avec un grossissement qui doit permettre aux porteurs de lunettes de ne pas se sentir exclus.

Je faisais allusion à ma « petite » déception, qu’il ne soit pas AF (autofocus donc), bénéficiant d’une mise au point automatique (avec sonar) et d’un objectif avec 3 éléments de meilleurs qualité, ce qui était un plus indéniable..

Ceci étant, il sera produit en plusieurs éditions et variantes :

  • Polaroid Impulse Close-up (avec objectif gros plan)
  • Polaroid Impulse CL (avec objectif gros plan)
  • Polaroid Impulse Portrait (le boitier ajoute un objectif « gros plan » en plastique, diminuant la mise au point entre 60cm et 1,2m.)
  • Polaroid Impulse QPS (avec et sans objectif gros plan ; également en édition « Kylie Minogue »)
  • Polaroid Impulse SE (comme la version normale ; avec et sans objectif gros plan)

Les caractéristiques communes à tous les modèles à focale fixe Impulse sont :

  • Lentille en plastique à élément unique avec ouverture fixe (105 mm, f14)
  • Distance minimale de mise au point de 1,2 m
  • Commandes de compensation d’exposition sous l’objectif.
  • Le flash se déclenche à chaque prise de vue, sans que vous puissiez le débrayer.
  • Obturateur électronique de 1/3s au 1/200s
  • Cellule au silicium à deux canaux
  • Flash à recharge rapide (4 secondes)

Petite parenthèse, puisque je parlais du côté forcément « vintage » de l’engin, un petit coup d’œil à la production moderne, Polaroid Originals (c.-à-d. le nouveau nom de Polaroid qui était devenu Impossible Project avant de redevenir Polaroid … vous suivez ?) a sorti Polaroid Originals One Step2 Edition Stranger Thing, qui lui ressemble … beaucoup.

Le design n’est pas tout mais ils ont (enfin ?) modifié l’emplacement du déclencheur, plus pratique en façade que sur l’arrière pour l’Impulse.

Quant à la présentation (ici d’un modèle AF dont il faut retirer la grille ronde dorée (le sonar) et le retardateur) elle permet d’utiliser l’appareil même sans lire un quelconque mode d’emploi.

Finalement, Polaroid utilisait les mêmes arguments que son grand rival Kodak : « vous visez, clic, vroom, la photo sort » et se développera dans les soixante secondes sous vos yeux ébahis !

Autre gros argument en faveur de cet Impulse : on trouve toujours les film en 600. Même s’ils ne sont pas donnés (compter 19€ la boite de 8 vues), cela reste un plaisir à partager ou un terrain de jeux pour des expérimentation ludiques.

N’oubliez pas qu’avec les nouveaux films 600 il existe deux modèles : un dit Vintage qui contient une pile et les autres, sans pile puisque le boitier moderne est alimenté aujourd’hui.

Si vous en trouvez un en bon état, faites comme moi, négociez le prix et idéalement, essayez d’avoir une boite de film (même vide mais avec la pile fonctionnelle) avec vous pour être certain qu’il fonctionne toujours (quoique c’est solide un Polaroid). J’ai payé le mien 15€, en sachant qu’il fonctionnait.

Comme d’habitude, je ne résiste pas au plaisir d’une pub d’époque.

Source : Collection-appareils, Photokina 1990-91

Petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Des références : https://www.lemeilleuravis.com/polaroid-600-impulse-test/, https://www.polaroid-passion.com/polaroid-600.php?id=9, https://lafillerenne.fr/blog/859/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-397-Polaroid_Impulse.html en français, https://filmphotography.eu/en/polaroid-impulse/, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Polaroid_Impulse, https://en.wikipedia.org/wiki/Polaroid_Impulse en anglais

Argentique

Le Kodak EK 100 Instant Camera

Ah, une chouette rencontre grâce à cet appareil lors de la brocante du 24 avril, à Seneffe.

Un gentil couple vendait quelques anciens appareils leur ayant appartenu, dont ce Kodak EK 100 à photo instantanée.

Comme j’expliquais un peu ma démarche pour cet achat, et quelques mots sur la rivalité Polaroid – Kodak, Jean-Baptiste (che è anche un connazionale), le vendeur et son épouse se rappellent l’avoir acheté et utilisé dans les années septante, prenant comme repère l’année de leur mariage. Il les a accompagnés encore un long moment ensuite avec plaisir.

Ni eux, ni moi me savions quel film pouvait redonner vie à cet appareil. Nous avons donc négocié un prix correct et je vais tenter de vous présenter cet appareil à photo instantanée, qui devait être le concurrent de Polaroid.

Pour mémoire, en 1948, Edwin Land sort le premier appareil à développement instantané qui connaîtra un essor industriel, Le Polaroid 95 . Pendant près de 30 ans, Polaroid est seul sur le marché à proposer cette technologie, qu’il fait évoluer au fil du temps, pour répondre tant aux avancées des autres appareils photo (autofocus, obturateur électronique, cellule, etc.) qu’à celles des films en 24×36 (introduction en 1963 des films Polaroid en couleur).

Cette hégémonie titille un autre géant américain, Kodak, qui entend bien, manger sa (grosse) part du gâteau, comme il le fait déjà pour les films et les appareils photo qu’il vend par camions entiers.

C’est ainsi qu’en 1976, il propose sur le marché son propre appareil à développement instantané, les Kodak EK4 et EK6.

Bien évidemment, Polaroid ne l’entend pas de cette oreille et attaque Kodak devant les tribunaux étasuniens pour contrefaçon de brevet, citant 12 cas différents et autres joyeusetés.

Un long procès qui verra son aboutissement en 1986 avec la défaite de Kodak, qui se voit interdit de proposer à la vente des appareils à développement instantané, des films instantanés et doit payer une amende record de 870 millions de dollar à son concurrent. Ajoutons encore que la marque devait indemniser les clients qui auraient acheté ses appareils et qui, suite au procès, ne pourraient plus les utiliser faute de consommable. La facture fut salée !

Mais à la fin des années nonante, Polaroid commence à perdre de sa superbe. En 1998, Fujifilm propose sa propre gamme de film instantanés et appareils avec l’Instax Mini.

2008, Polaroid lâche pied et abandonne la production des films à développement instantané pour se concentrer sur le numérique, mais un peu (trop) tard, laissant Fujifilm prendre le marché de l’instantané.

Finalement, les deux s’associent pour produire le Polaroid P300 (2011) qui utilise des films Instax.

Quelques anciens Pola continuent à être fonctionnels grâce aux stocks de films encore disponibles, et notamment grâce à Fujifilm qui commercialise encore les FP-100 (pour les appareils qui utilisent les pack 100), en tout cas jusqu’en 2016.

Aujourd’hui, il ne reste que quelques stocks, qui se vendent à prix d’or, or tous les films sont périmés.

Pourtant, un nouvel essor de la photographie instantanée se dessine. Polaroid n’est plus le leader, loin s’en faut : c’est Fujifilm qui tient le marché (90%) avec ses films Instax.

Bien que la production de quelques films cultes ait été relancée grâce à Impossible Project, en 2010, il est consternant de constater que Polaroid n’a fait aucun effort pour satisfaire sa clientèle, toujours présente et demandeuse, préférant s’enfoncer dans un nouveau procès, cette fois contre Fujifilm, au sujet de son Instax Square, très (trop ?) proche du format des films 600.

Un mot sur Impossible Project, société créée par des anciens de Polaroid Hollande. Après avoir relancé les films en format 600 sous diverses versions, ils ont aussi changé de nom pour devenir Polaroid Originals et sont les seuls à créer et vendre les films pour appareils Polaroid, anciens et nouveaux.

De nos jours, de nouveaux procédés ont aussi vu le jour et se côtoient donc les films Pola, les films Instax, les films I-Type et Zink. Quant aux protagonistes actuels, tant pour les films que les appareils, il reste Polaroid et Fuji, mais on constate le retour de Kodak et l’émergence de Lomography.

Affaire à suivre donc …

Pour en revenir à notre EK100 (appelé Colorburst 100 aux USA), il est similaire au EK6, qui reprend les caractéristiques techniques du EK4.

Les EK 4 – 6 sont la première génération des appareils Kodak instantanés. Ils avaient déjà cette forme aplatie mais la « mécanique » demandait à s’affiner. Le EK 4 avait encore une manivelle pour faire sortir le film tandis que le EK 6 gagnait enfin un moteur qui s’en chargeait (comme sur les Pola).

Lors du lancement de ses appareils, Kodak a aussi sorti un pack de film instantané, le PR-10. Très similaire au film SX-70 lancé par Polaroid en 1972 bien que nous pouvons retenir que le format était différent (rectangulaire au lien de carré), ne contenant pas de batterie et exposé à l’arrière du film, ce qui rend le film moins compliqué et permet une résolution plus élevée. Mais comme pour le film SX-70, c’est le passage entre les rouleaux de l’appareil qui fait éclater une dosette de produits chimiques et les répand sous la surface de la photo.

Pour la petite histoire (je sais, je suis incorrigible), il faut savoir que Kodak avait produit, dans les années soixante, du film instantané pour Polaroid, un film pack (où la partie négative est jetée) et avait ensuite développé du film instantané après le lancement du fameux système SX-70.

Tiens, au fait, pourquoi cette forme plate, peu courante ?

Kodak voulait se démarquer de son grand concurrent et il trouvait la forme empruntée par Polaroid trop volumineuse, pas assez transportable. Polaroid et ses clients aussi, d’où l’engouement pour le SX-70, tout plat lors du transport, appareil qui a inspiré Kodak.

C’est grâce à l’utilisation de miroirs de renvoi, placés entre l’objectif et le plan film, que cette construction a été possible.

Source : Books Google. On comprend mieux aussi pourquoi le film est impressionné « par l’arrière ».

Le EK100 sera fabriqué de 1978 à 1980. Il correspond à la seconde génération de boîtier « Instant camera » sur laquelle la manivelle de sortie du film disparaît.

Esthétiquement on ne peut pas dire qu’il révolutionne les canons de beauté des appareils photographiques !

Il est quasi tout en plastique, avec une espèce de simili cuir souple en façade, un objectif qui parait tout petit placé tout en haut, presque au milieu, à côté du viseur, rejeté sur la gauche et un interrupteur bizarrement placé sur le côté droit, pas franchement pratique. Plus vintage que ça ! … notons que les Polaroid sont logés à la même enseigne au niveau design.

Sa focale est fixe, avec une mise au point manuelle, la distance minimale étant d’un mètre. C’est la seule chose que vous puissiez régler, l’appareil s’occupant de la vitesse d’obturation (de 1/15s à 1/300s) et de l’ouverture, même si – comme pour les Pola – il y ait une petite réglette sous la fenêtre de la cellule pour varier du plus clair au plus foncé, pour la seconde pause ! J’y reviens.

Le viseur est particulier. Outre un cadre clair qui occupe presque toute la surface, avec correction de la parallaxe me semble-t-il, il possède en son centre un rond orangé dont la taille varie en fonction de la distance choisie : large si vous êtes près, minuscule si vous êtes à l’infini. Ce cercle était destiné à aider lors de la prise de vue, en plaçant le sujet en son centre. Sur l’exemplaire que j’ai acquis, les distances sont en pieds, difficile d’oublier qu’il est « made in USA ».

La distance se règle avec un curseur, placé sous le viseur, que l’on actionne avec l’index de la main gauche. Ça demande un peu d’entrainement car le curseur n’est pas un modèle de fluidité. Dans le viseur vous ne verrez pas de mention de distances, seulement le cercle orangé qui change de taille. Basic.

De l’autre côté du viseur, la fenêtre de la cellule. et en dessous de celle-ci, un second curseur qui permet de régler de plus clair à plus foncé. Guère pratique car on ne peut l’utiliser qu’une fois la photo sortie si on estime que la lumière est trop ou pas assez présente.

Les films prévus pour le Kodak AK 100 n’existent plus : il s’agissait des films PR-10 ou PR-144-10. Ce qui condamne le boitier à finir tristement sur une étagère, en déco ou serre-livres. Quoique, si vous regardez tout en bas de cet article, vous découvrirez 2 videos qui donnent des idées pour le faire revivre.

Le format de l’image est de 67x91mm contre 7,9 x 7,9 cm pour le film SX-70 ou 9,2 x 7,3 pour le film Spectra de chez Polaroid.

Initialement la sensibilité des premiers films était de 160Iso, puis elle passe à 320Iso en 1982. Autrement dit, avec les ouverture (f11) et vitesse (1/15s à 1/300s), comme pour les Polaroid, le Kodak EK 100 aime la lumière.

Puis il vous faudra encore résoudre le soucis de la batterie, une 6v plate 4LR61 de taille J, qui, si elle était courante dans ces années-là, devient un peu plus difficile à trouver de nos jours.

Le choix de Kodak visait à diminuer le coût des films (chez Polaroid, la pile de 6v est comprise dans la boite du film) et c’était plus facile de la changer ainsi.

Pour le reste, ce sera affaire de goût personnel mais la prise en mains (oui, il faut les deux) n’est pas mauvaise. Il faut juste faire attention à ne pas laisser trainer ses doigts devant le viseur. Lorsque l’on s’est habitué à la position des différentes commandes (le grand mot !), on maitrise l’engin.

Toutefois, si la tenue verticale est aisée, en position horizontale, ça me semble bien plus compliqué, plus rien ne tombe « naturellement, » sous les doigts.

J’ai juste un doute pour les « oreilles » destinées au passage d’une lanière, pour le portage : en plastique, elles devaient souffrir et casser, même si le plastique à l’air solide.

Ah, un autre point, il n’y a pas de flash sur l’appareil. Il faut glisser un Flipflash dans la prise prévue à cet effet sur le haut. Là encore, point de vue esthétique …

Et question encombrement, pas évident non plus.

Ici, difficile d’émettre un avis sur la qualité de l’appareil puisque je ne sais pas le (re)mettre en route, faute de pile et de film directement compatibles.

Juste une impression, très subjective, quant à sa maniabilité, comme je l’écrivais un peu plus haut : il est lourd, un peu pataud, pas vraiment beau mais on le tient, finalement, assez bien en mains, surtout en vertical (j’ai toujours de gros doutes sur la position horizontale). Les commandes ne sont pas vraiment fluides mais elles sont placées aux bons endroits (en fait, on s’y habitue assez vite).

Malheureusement – à moins de partir dans des bricolages – il n’est plus guère utilisable, sauf à servir d’aide-mémoire d’une époque où deux géants se sont affrontés avec pertes et fracas pour l’un des deux. Le pire dans cette histoire, c’est que ces deux géants, à quelques années de distance, se sont tous les deux fracassés sur une autre invention géniale, qu’ils n’ont pas réussi à négocier, le numérique !

Et pourtant … l’histoire est un éternel recommencement car, malgré les prouesses du numérique, de nombreux photographes en reviennent à ces photos instantanées au parfum suranné mais toujours tellement magique : voir son image se révéler, « toute seule » …

Amusant, une pub d’époque ICI en video.

Et une seconde, pour le plaisir

Source : Collection-appareils, Odéon Photo 1978-79.

Une video « truc et astuce » pour redonner vie à cet appareil avec des films Instax ! (un comble quand on connait l’histoire de la rivalité Polaroid – Kodak !)

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Un peu de technique :

Marque : Kodak
Nom : Kodak EK100
Type : appareil photo instantané
Type de pellicule : PR-10
Longueur focale : 137 mm
Ouverture maximale : f/11
Mise au point : Manuelle
Connecteur Flash/Flash : connecteur Flipflash

Des références : https://filmphotography.eu/en/kodak-ek100/, http://www.appaphot.be/en/brands/kodak/kodak-ek-100/, https://www.photoandvideography.com/kodak-ek100-the-rise-fall-of-the-instant-camera-158/, https://www.camera-house.co.uk/product/kodak-ek100-instant-print-camera-in-box.html, http://camera-wiki.org/wiki/Kodak_Colorburst_100, https://kodak.3106.net/index.php?p=201&cam=901, https://books.google.co.uk/books?id=DgEAAAAAMBAJ&pg=PA54&dq=kodak%27s+instant-picture&hl=en&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q=kodak’s%20instant-picture&f=false, http://camera-wiki.org/wiki/Kodak_Instant en anglais, https://www.philcameras.be/kodak-instant/, http://olivier.pourcher.pagesperso-orange.fr/kodak_ek_100_pho/kodak_ek_100_pho.html, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-147.html, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-141-Kodak_EK100.html, https://polaroidcollection.jimdofree.com/blog/histoire/ en français.

Video bonus pour modifier l’appareil et utiliser des Instax :

Les instantanés

Le Polaroïd 660 Autofocus

Le troisième achat de la brocante sonégienne, un bon vieux Pola tout carré qui utilise, comme son nom l’indique, des films toujours produits, les fameux 600.

Avant toute chose, au sujet de ces films, sachez que Impossible Project, redevenu entre temps Polaroid (ils ont racheté le nom) fabrique deux sortes de films 600 : l’un avec pile pour les « vintage » et un sans pour les appareils modernes qui en ont une en interne. Rassurez-vous, c’est noté sur l’emballage des films.

Et donc, pour en revenir à ce Pola 660 Autofocus, je le tourne sous toutes ses facettes avant de négocier son prix : il a servi et gardé quelques traces de ses vies d’avant. Le marquage est un peu effacé mais bon, ça n’a jamais empêché un appareil photo de fonctionner, mais ça renseigne sur l’utilisation qui en a été faite (enfin, en principe).

Deux choses retiennent mon attention : il est équipé d’un flash interne et une grille en forme de nid d’abeille, près de l’objectif, m’intrigue.

La vendeuse et moi arrivons à un accord raisonnable et l’appareil rejoint ses petits camarades dans mon sac.

Arrivé à la maison, nettoyage dans les règles comme d’habitude et va pour la chasse aux infos sur ce drôle d’engin.

Si vous vous en souvenez, je vous ai déjà présenté les Polaroïd Supercolor 600, 636 Close-Up et, dans un autre monde, le Land 360 Automatic.

Celui-ci est très proche, dans son design, du Supercolor 600, tout carré, en plastique noir, pas vraiment sexy mais fonctionnel.

Avec lui reviennent en mémoire des images qui ont fait le succès du Pola : l’image instantanée, bien sûr, en format carré, avec ses bords blancs, que l’on s’échangeait dans la bonne humeur des rencontres entre copains/copines, famille, pendant les surprises-parties et autres moments d’insouciance.

Et puis il y a un bruit caractéristique : cet espèce de vrombissement lorsque l’appareil prend une photo (en tout cas ceux avec un film intégré).

Et puis vient le plaisir de voir l’engin cracher un petit bout de papier imprégné de chimie (près de 500 réactions chimiques qui se suivent, quand même !) qui va vous révéler l’image que vous aviez prise quelques instants plus tôt.

A ce sujet, petit rappel : ne pas secouer la photo pour accélérer le développement ! En fait ça risque de le compliquer en mélangeant des produits chimiques non encore arrivés au terme de leur processus. Souvent on s’imagine que la photo se développe au fur et à mesure que l’image apparaît. Ben non, c’est juste la couche supérieure qui devient transparente peu à peu et permet de voir enfin l’image déjà développée.

Captivant !

Tout comme l’histoire de Monsieur Edwin Land, l’inventeur de ce concept unique et révolutionnaire pour faire plaisir à sa petite fille de 3 ans, qui ne comprenait pas pourquoi elle ne pouvait pas voir l’image que son papa venait de prendre d’elle. C’était en 1943, point de départ d’un cheminement intellectuel qui lui a permis d’élaborer tout le processus qui donnera naissance non seulement à l’appareil, mais aussi le film et la chimie nécessaire. Le brevet a suivi.

L’appareil restera un secret jusqu’en 1947. Le temps pour Land d’organiser la fabrication de l’appareil, du film, des chimies et même le réseau de vente. En 1948, Polaroid sortait le modèle 95 qui inaugurait l’histoire.

Source : Polaroid Passion

A cette époque, le film contient un positif et la chimie nécessaire à son développement coincée entre ce positif et une feuille. Lorsque vous avez pris la photo, elle passe entre des rouleaux qui écrasent la chimie sur la feuille et provoque les réactions nécessaires au développement. Le photographe doit extraire lui-même le film de l’appareil pour séparer le positif du négatif. A cette époque, le film est en rouleau.

Les premières images étaient monochromes teintées sépia. Il faudra attendre 1950 pour voir apparaître le premier vrai film N/B instantané, avec des chimies spécifiques qui donnait toujours l’image dans les soixante secondes avec une qualité presque égale, disait-on à l’époque, au film traditionnel tiré en chambre noire.

Si les années soixante ont apporté la couleur à la photographie traditionnelle, il fallait que Polaroid puisse faire de même pour ne pas être délaissé. La masse de défis techniques, pardon, chimiques, à vaincre était colossale. Ajoutons que Land impose encore que le film soit développé en une minute. Mais ils y sont parvenus car en 1963 ils sortaient leur premier film couleur et un nouveau concept de film, le film pack qui accompagne la sortie du Polaroid Land 100, le premier à l’utiliser.

Source : Polaroid Passion

Jusqu’en 1972, les films étaient en formule « pack » : un film, sa chimie. C’est à cette époque que le SX-70 apparait, qui sera un succès énorme et a inspiré les copies, dont celle de Kodak, qui sera condamné à l’issue d’un long procès (plus de dix ans) à payer des dommages et intérêts costauds et à ne plus proposer ni appareils ni films instantanés. Outre sa compacité exceptionnelle, le SX-70 inaugure le format carré et les bords blancs des films Polaroïd, le film dit « intégral » car il contient l’image, la chimie et la pile.

Source : Polaroid Passion

Les autres appareils à succès suivront : le Polaroïd Land 1000 ou One Step va ouvrir la voie en 1977, moins austère que les anciens modèles de la gamme 600.

Source : Instamatic maniac

Polaroid se sentait capable de tout : en 1977 Edwin Land propose le Polavision, une caméra dont le film se développait instantanément, couplé au Polaroid Home Movie, pour regarder ce film. Mais là, ce fut un flop qui fit que Land fut expulsé de sa propre boite. Je vous ai raconté l’histoire LA.

En 1981, le Sun 660 Autofocus Land Camera utilisait le système de sonar pour combattre l’autofocus des appareils traditionnels et côtoyait des appareils avec zone de mise au point, avec ou sans flash. La société sort aussi un nouveau film, le Spectra, plus large

Malgré un sursaut au début des années nonante, avec l’introduction d’appareils pro et un nouveau format de film (Spectre), la baisse des ventes devenait inéluctable et surtout préoccupante.

Bref, en 2001, la firme déposait une demande de protection contre la faillite mais en 2007, elle est ko.

Impossible Project, initié par d’anciens de Polaroid Holland, a eu la bonne idée de relancer la production des films instantanés et, cerise sur le pack, en 2017 ils ont racheté la marque Polaroïd et renommé la firme en Polaroïd Originals.

L’avenir de la photo instantanée, version Pola, est relancée. Ils ont même lancé de nouveaux produits et appareils, pour une nouvelle histoire qui s’écrit …

Mais revenons à notre Polaroïd 660 Autofocus, qui utilise le film 600 dit « intégral » puisqu’il possède le papier photo, la chimie et la pile. Il a été lancé au début des années quatre-vingt (1981)

Comme d’habitude ai-je envie d’écrire, le dessus de l’appareil se replie pour protéger le flash et l’objectif. Il suffit de tirer dessus fermement pour le mettre en place. C’est du tout plastique, mais du bon car il semble résister à (presque) tout. La preuve en est le nombre de vieux Pola qui sont encore en vente sans trop de bobos.

L’oculaire du viseur, à l’arrière, est entouré d’un petit caoutchouc plutôt anecdotique mais qui rempli son office. Le viseur est un simple tunnel, sans aucune indication et il faut bien avouer qu’il n’est guère confortable, mais on s’y fait (a-t-on le choix d’ailleurs ?).

Bon, le voilà donc ouvert : vous pouvez voir, de gauche à droite, un rond en nid d’abeille doré, l’objectif au centre et la fenêtre du viseur à droite. Au dessus, le flash. Sous l’objectif un curseur simplissime pour « régler » la luminosité (flèches vers clair ou foncé). La cellule se situe sous le viseur.

Un mot au sujet de l’objectif d’ailleurs : un simple élément en plastique de 116mm avec une ouverture fixe de f11. Cela correspond à un 45mm en 24×36 avec une ouverture qui garanti une mise au point élargie.

La vitesse sera contrôlée par le posemètre et varie de 1/4s à 1/200s.

Quant à la mise au point, elle est contrôlée par le sonar qui se cache derrière la fameuse grille en nid d’abeille. Grâce à lui, les images seront nettes entre 1,2m (1,5m si la lumière est faible) et l’infini. Notez que la mise au point peut se faire à partir de 60cm sans ajouter de lentille spéciale (comme sur les Close-up).

Le dernier élément est le flash, qui est automatique. C’est le posemètre qui déterminera encore la puissance de l’éclair en basse lumière. Notons toutefois que vous pouvez débrayer le dit flash en tirant le levier sous le déclencheur orange, à droite.

Sur le côté droit de l’appareil (presque sous le déclencheur) il y a un petit bouton poussoir qui permet d’ouvrir la baie dans laquelle vous aller enfourner la cassette du film. Dès que vous la refermez, elle expulse le « couvercle » du film. L’appareil est prêt pour sa première photo.

Un compteur, à l’arrière vous renseigne – enfin devrait vous renseigner – sur le nombre de vues faites. Mais en tenant compte que les anciens films Pola comptaient bien 10 vues, contre 8 avec les nouvelles cartouches modernes. Donc, quand vous êtes à 8, le compteur affiche toujours 2 vues restantes mais inexistantes. Vous verrez, on s’habitue !

Et puisque je parle du film, il s’agit du film Impossible Project 600, le Polaroïd 600 original ou le Polaroïd Originals Color 600.

Rappelez-vous que c’est lui qui contient la batterie qui alimente l’appareil. La zone d’image est de 79x79mm. Il faut compter environ 15 minutes pour un développement complet du Polaroïd Originals alors que la version Impossible Project demande jusqu’à 40 minutes ! En tout cas pour les premières chimies, depuis ils se sont améliorés (ouf !).

Ces films sont disponibles sur Internet, dans la boutique Polaroid Originals, Retrocamera, Fotoimpex et dans certaines grandes enseignes (comme Mediamartk en Belgique).

Même si le boitier est muni d’une sangle d’origine, ce n’est pas un appareil facile à transporter, convenons-en. Mais quand on l’ouvre, il interpelle immédiatement les passants qui, pour la plupart, savent de quoi il s’agit. Il reste un bon moyen de communication avec les autres.

Résumons : vous avez mis un film dedans, vous avez ouvert l’appareil, il vous reste à viser en n’oubliant pas que le format sera carré. Le déclencheur, ce gros bouton orange sur le côté, est à un endroit peu habituel mais finalement assez confortable. Pour éviter de gâcher des photos, souvenez-vous qu’il faut le tirer à mi-course pour permettre au flash de se recharger.

Prêt ? Clic, vroooom, clac : en 90 secondes, vous obtenez une photo bien exposée … C’est une des raisons du retour en force de ce type d’appareil (attention, les prix vont s’en ressentir sous peu !) car quel plaisir de voir quasi immédiatement l’image prise, et de la partager.

Avant d’aller plus loin, je reviens sur quelques particularités qui vous simplifieront la vie si vous vous en souvenez lorsque vous utiliserez cet appareil.

  • le flash intégré : tous les Polaroïd sont avides de lumière. Alors si votre boitier possède un flash intégré, dites vous que c’est une chance et utilisez-le, même à l’extérieur tant pour déboucher les ombres que pour bien isoler votre sujet du fonds. Mais n’oubliez pas qu’il faut qu’il se charge avant d’être utilisé. Donc, lorsque vous composez votre image, appuyez déjà sur le déclencheur, doucement. Un voyant rouge s’allume alors dans le viseur et un léger son se fait entendre pendant environ 5 secondes. Lorsque le voyant s’éteint, le flash est chargé et prêt à l’usage. Ok, c’est pas très « instinctif » mais ça a un avantage car si vous n’avez pas pris la photo, le flash reste prêt pour la suivante (n’attendez pas trop longtemps car le condensateur se « décharge »). Si toutefois vous estimez ne pas en avoir besoin, enfoncez le bouton derrière le déclencheur, cela « débraye » le flash. Mais n’oubliez pas que c’est le boitier qui « décide » s’il a besoin ou non du flash !
  • le sonar : le 660 Autofocus est le premier de la série 600 à disposer de ce système de mise au point, déjà utilisée sur le SX-70 Sonar OneStep et le Polaroïd 5000. Alors que les autres appareils, compacts ou reflex contemporains, utilisent soit un système basé sur l’infrarouge (IR) ou sur la détection de contraste, Polaroïd introduit un système bien particulier basé sur l’utilisation d’ultrasons (comme la chauve-souris). Le boitier émet donc des ultrasons qui permettent de déterminer la distance entre l’appareil et le sujet pour opérer la mise au point. Cette technologie – qui se cache derrière la grille ronde dorée – donne de très bons résultats et les images sont bien plus nettes qu’avec les modèles moins évolués. Comment fonctionne le Polasonic ? La membrane de mylar doré émet des ultrasons à la fréquence de 50 kHz. L’émission déclenche une horloge et, au retour des ondes sur le récepteur, l’horloge s’arrête. Un programme calcule le temps calculé et le convertit en distance. Attention toutefois, vous ne verrez pas dans le viseur le résultat de la mise au point, il vous faudra faire confiance au système, fiable à 98%, ce qui est excellent. Ensuite, la distance de mise au point la plus proche est de 1,2m. Autre avantage de cette technologie, elle n’a pas besoin de lumière pour fonctionner. Elle est donc utilisable même dans le noir ou en cas de faible lumière. Il y a cependant une situation qui met à mal le sonar. Celle des vitrages, qui fausse la mesure et perturbe le système car le sonar fait la mise au point sur le premier objet rencontré.
Polaroid 660 AF : le sonar
  • La mise au point débrayable : si vous devez photographier à travers une vitre, il faut donc que vous puissiez annuler l’action du sonar. C’est en appuyant sur le bouton blanc (sous le flash), pendant la prise de vue, que vous annulerez la fonction. La mise au point se fera aussi « par défaut », comme sur les autres appareils de la série 600.
  • Le curseur éclaircir/foncer : disons que je ne trouve pas cette fonction bien utiles car à faire « a postériori » pour corriger, éventuellement, la photo prise. De plus, l’appareil utilise un système de mesure très performant, appelé LightMixer, qui donne de très bons résultats dans la majorité des cas. « Ce programme correspond à un dosage de la lumière du flash par rapport à la lumière ambiante. Au soleil, l’exposition est effectuée à 75% par la lumière ambiante et à 25% par la lumière du flash. En cas de luminosité faible, l’exposition provient du seul flash. » (source : Collection-appareils)
  • L’objectif : rappelez-vous, il est fixe mais derrière lui il y a une tourelle interne équipée d’optiques complémentaires. Lorsque le sonar calcule la distance boitier – sujet, l’électronique embarquée va sélectionner le complément optique (ils sont 4) qui donnera l’image nette.

Alors, vous imaginiez tout ça en voyant ce vieux bout de plastique noir ? C’est aussi un peu cela la magie Polaroïd …

Vous en trouverez pas mal en brocante, dans les vide-grenier, chez des parents ou grands-parents car ce modèle a eu beaucoup de succès, vous vous en doutez.

Mais comment savoir si ça marche avant l’achat ?

Il n’y a pas 36 solutions : soit vous avez un film neuf avec vous, soit une cartouche vide mais dans laquelle la pile de 6v est toujours opérationnelle. Car sans pile, rien ne fonctionne (flash, sonar, obturateur électronique).

Au niveau des prix, ne vous laissez pas faire : pas plus de 15€ en très bon état. Rappelez au vendeur que les films sont chers (19€ en moyenne). S’il ne veut pas faire un effort, passez votre chemin, il y a aura d’autre !

Ceci étant, sous son apparente simplicité – voulue – cet appareil est sophistiqué (jetez un œil ci-dessous sur le modèle transparent !). S’il ne vous permet pas un contrôle total sur vos prises de vue, il est « formaté » pour vous donner satisfaction dans la grande majorité des cas.

Pour le reste, à vous d’expérimenter et de tirer le meilleur du 660 Autofocus.

Et surtout, quel plaisir de voir presque immédiatement la photo prise, de la partager avec les autres.

Mais elle restera toujours « unique »… c’est ce qui fait son charme après tout.

Il faudra attendre le mélange improbable du numérique et de l’instantané pour pouvoir reproduire à l’infini les images captées, mais c’est une autre histoire …

Source : Collection-appareils, Camara 1982

Pour infos, les autres versions du Polaroid Autofocus 660 :

Polaroid Autofocus 660 SE (Noir avec détails bleus)
Polaroid Autofocus 660 Transparency (Modèle de démonstration transparent)
Polaroid Lightmixer AF 660 (Noir)
Polaroid Revue Autofocus 660 (Noir)
Polaroid Soleil Autofocus 660 (Noir)
Polaroid Sun Autofocus 660 SE (Noir avec détails bleus)
Polaroid Sun Autofocus 660 SE 50e (édition Polaroid 50e anniversaire ; or et noir avec impression « Polaroid 50 1937-1987 »)
Polaroid Sun 670 Autofocus QS (Gris et noir avec grille noire)
Polaroid Supercolor Elite (Noir avec partie transparente)
Polaroid Supercolor 670 AF (Noir)
Polaroid Supercolor 670 AF SE (Noir avec déclencheur bleu)
Polaroid Supercolor 670 Deluxe (Gris)
Polaroid Supercolor 670 SE (Noir)

Source : Autrefois la Photo : le modèle transparent destiné aux vendeurs pour les démos.

Petites video d’illustration :

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Si vous êtes curieux de l’histoire de cette marque, je vous recommande ces liens : Histoire, le Polaroid qui la résume très bien et Polaroïd Passion, tous deux en français.

Des références : https://polaroid-passion.com/polaroid-600.php?id=247, https://www.instamaniac.com/test-avis-polaroid-660/, https://www.autrefoislaphoto.com/musee/appareils-photographiques/polaroid/polaroid-autofocus-660, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1657-Polaroid_660%20Autofocus.html en français, https://www.photothinking.com/2018-01-10-polaroid-sun-660-autofocus-land-camera-instant-gratification/, https://filmphotography.eu/en/polaroid-autofocus-660/, https://www.reddit.com/r/Polaroid/comments/kvzahg/how_does_the_autofocus_work/, en anglais.

Argentique

Le Lomo Instant Wide

Encore un tour dans les appareils à développement instantané.

Car aussi étrange que cela paraisse, ce sont des appareils qui « donnent à voir » immédiatement l’intention du photographe, sans passer par un développement long puis un tirage (argentique classique) ou un travail devant un PC (postproduction).

Auparavant, la vedette incontestable de cet art de faire s’appelait Polaroïd, inventeur du principe dans les années quarante.

Kodak a essayé, ça lui fallut un procès retentissant et très onéreux contre Polaroïd. Fujifilm ensuite est entré dans la course avec plus de discernement et il a, par après, développé la gamme des Instax avec ses formats Mini, Square (carré) et Wide (large, celui qui se rapproche le plus du format Pola).

Les plus jeunes raffolent de ces minis photos, qu’ils peuvent échanger rapidement et – surtout – garder précieusement, donner à voir. Tout un système s’est développé autour de ces films : des albums, des séries de films aux couleurs différentes, des accessoires pour le monter à ses amis, …

J’omets volontairement les encres Z et leurs applications, reprises par exemple par Canon avec ses Zoemini car si la technologie est un peu différente, le résultat est très proche de celui des Instax Mini, notamment la taille de la photo.

Fuji a encore développé un concept hybride, qui permet à quelques uns de ses appareils de développer instantanément les photos captées mais aussi de le faire a posteriori car l’appareil est un appareil numérique qui enregistre les photos sur une carte mémoire.

Des imprimantes nomades ont aussi vu le jour, qui permettent d’imprimer le trop plein d’images stockées sur les téléphones intelligents, sans espoir d’être vues ou partagées réellement.

Bref, en quelques mots, le tour d’horizon de ce qui existe, sans entrer dans les détails des uns et des autres mais pour bien marquer que la photo instantanée n’est pas morte avec l’arrivé du numérique, même si l’acteur principal est exclu de la manne : c’est Fujifilm qui se taille la part du lion cette fois, pas Polaroïd. Et Lomo est en embuscade.

Mais venons en justement à notre Lomo Instant Wide. Pourquoi ai-je choisi celui-là ? Pour la taille des photos, des Wide, soit le format du film : 108(L) x 86(H) mm et le format de l’image : 99(L) x 62(H) mm

Un sujet, trois formats différents. De gauche à droite, une photo au format Instax Mini, une seconde au format Square, et la troisième au format Wide.
source : Instanmaniac, de gauche à droite, le format Mini, le Square, le Wide.

Et puis parce que cet appareil offre une grande liberté créative, que les autres appareils peinent à proposer.

Par exemple, il possède un flash débrayable si besoin, une prise PC pour y connecter des flashs externes ou – le luxe ! – un kit d’éclairage studio; un kit avec des objectifs pour photographier en gros plan ou en ultra grand angle, avec son viseur dédié; une astucieuse télécommande cachée dans le bouchon d’objectif j’y reviendrai); le Splitzer, un accessoire à viser sur l’objectif qui permet de créer des expositions multiples sans superposition d’image, en masquant successivement différentes parties de celle-ci; des filtres colorés à glisser sur le flash

Pas mal non ?

La télécommande, donc cachée dans le bouchon d’objectif, elle permet de déclencher l’appareil à distance (premier bouton) et à actionner le mode Bulb (pause longue) grâce au second bouton (le premier appui ouvre le diaphragme, le second le referme).

Quant aux compléments optiques, ils viennent se fixer, par vissage, sur le devant de l’objectif de base, un 90mm (distance mini de mise au point de 60cm). Vous bénéficiez alors d’un ultra grand angle qui possède son propre viseur, que l’on fixe sur le boitier à la place du viseur par défaut. Et avec le second, vous passez à la photo « close-up » (10cm) mais sans recevoir ici un viseur dédié.

-« Et c’est tout ? »

Mais non mon bon Monsieur, ma bonne Dame. Ce boitier possède des modes créatifs, un mode tout auto, des fonctions pour faire des pauses longues ou des surexpositions.

Bon là, il y a moyen de s’amuser, non ?

Je reviens un instant sur les modes de l’appareil : le mode auto devrait vous garantir des photos toujours correctement exposées, le mode Bulb est idéal pour les effets en light painting ou en photos de nuit, tandis que le mode « vitesse fixe » est plutôt destiné aux prises de vue en studio.

Tout ça à l’air trop beau que pour ne pas nous cacher quelques défauts, non ?

Ah ! le monde parfait n’existe pas.

Voyons ses défauts. Tout d’abord son encombrement : il est grand ce boitier et donc pas évident à déplacer. Et si vous avez la bonne idée de l’acheter dans une des nombreuses déclinaisons colorées « série limitée », on ne verra que vous !

Ceci étant, si l’appareil est grand, il reste léger. Construit tout en plastique, on ne peut pas dire qu’il respire la solidité, mais c’est une impression. L’avantage du plastique, à défaut de le rendre discret, vous apportera la satisfaction de shooter dans une des nombreuses déclinaisons proposées chaque année et souvent signées par des artistes du Street Art.

Son ergonomie est étrange, en tout cas pour ceux qui n’ont jamais travaillé avec un télémétrique et son viseur placé en façade, surtout qu’ici ledit viseur est dans l’angle supérieur droit. Mais on s’y fait, à la longue.

Et tant qu’à faire dans ce que les autres ne font pas, on place le déclencheur en façade, façon Praktica : il faut appuyer dessus alors qu’il est placé près de l’objectif et non pas au dessus, comme chez les autres.

Ah oui, son viseur, très décalé sur la droite, sans correction pour rétablir ce décalage, risque de vous donner des surprises entre ce que aviez vu et ce qui sort réellement. Il va falloir un petit moment pour appréhender cette « distorsion ».

Soyons aussi réaliste : lorsqu’un appareil vous propose des solutions dites créatives, cela suppose que vous allez faire pas mal d’essais/erreurs pour arriver à ce que vous voulez. Tout ça a un coût, tenez en compte.

Pour le reste, c’est presque du classique avec les boutons et commandes regroupés au dos, à droite.

Comme si ça ne suffisait pas, l’appareil offre plein de fonctions utiles/futiles mais en tout cas amusantes :

  • le flash se déclenche par défaut, mais vous pouvez le désactiver (touche ON/OFF). Mais surtout, Lomo vous livre des « vignettes » en plastique de toutes les couleurs, que vous glissez contre le flash et ça donne des teintes délirantes à vos photos
  • une fonction qui semble un incontournable chez les lomographistes, la multi exposition. C’est vrai que cette manipulation apporte souvent des résultats étonnants. Il faut juste y penser avant de se lancer dans l’exercice en appuyant sur la touche MX au dos de l’appareil. Vérifiez que le voyant passe bien à l’orange, puis faites vos expositions et ré-appuyez ensuite sur le bouton MX pour éjecter l’image (enfin, les images superposées) prise. Si vous avez une idée de composition précise en tête, vous pouvez aussi appuyez sur la touche MX, prendre votre première photo et ensuite éteindre l’appareil. Lorsque vous le rallumerez, vous pourrez prendre une nouvelle photo sur la même image.
  • le boitier propose encore une possibilité de compensation d’exposition de -1/+1, toujours accessible au dos du boitier

Il n’est pas inutile de lire le mode l’emploi de l’appareil pour vous familiariser avec tout ce qu’il vous propose, pas que ce soit difficile, mais on n’a pas l’habitude de ce type d’offres avec un appareil instantané.

Quelques exemples LA.

Que retenir de cet appareil ?

Il n’est pas donné : comptez entre 149 et 199€ chez Lomography.

Si vous cherchez juste un appareil instantané, je trouve que c’est cher – sauf si vous tombez sur une bonne occasion, comme j’ai pu le faire. Si vous voulez expérimenter, ça reste cher car il faudra ajouter le coût des films mais soyez raisonnable, faites vous plaisir et foncez, ce n’est pas tous les jours qu’on nous propose quelque chose d’amusant !

La pratique de l’instantané a toujours été onéreuse, mais c’est le prix de la liberté !

Comme chez Lomography ils sont sympas, ils mettent à votre disposition un tuto intéressant, que vous trouverez ICI

Et un résumé de « Comment s’en servir ? »

  • Première étape: Chargez la pellicule
    1. Ouvrez la porte arrière de l’appareil en appuyant sur le bouton d’ouverture
    2. Installez une pellicule neuve de Fujifilm Instax Wide à l’intérieur. Assurez-vous que le marquage jaune disposé sur l’appareil soit aligné avec la marque sur la pellicule.
    3. Fermez la porte arrière de l’appareil.
    4. Allumez l’appareil.
    5. Appuyez sur le déclencheur afin d’éjecter le premier film de protection de la pellicule. Assurez-vous que la fente d’éjection ne soit pas bloquée quand le film sort.
  • Étape 2: Sélectionnez votre mode préféré Le Lomo’Instant Wide est équipé de trois modes de prise de vue différents à utiliser selon vos envies photographiques. Vous pouvez facilement choisir parmi les trois modes grâce au loquet de sélection. En plus, vous pouvez choisir d’activer ou non le flash, peu importe le mode utilisé.
    1. Mode automatique (A) : Le mode automatique est parfait pour toutes les situations du jour et de la nuit. Peu importe ce que vous êtes en train de faire, vous réaliserez grâce à ce mode instinctif des photos parfaitement exposées. En plus, vous pouvez activer et désactiver le flash.
    2. Mode Bulb (B) : Vous êtes à la recherche de scènes surréalistes et incroyables pour votre Lomo’Instant Wide ? Alors passez en mode Bulb et laissez-vous aller à une expérience « lumineuse ». L’obturateur restera ouvert aussi longtemps que le déclencheur est maintenu enfoncé afin de capturer les lumières s’animer. Et puisque vous pouvez également choisir d’utiliser ou non le flash, c’est parfait pour créer des photos nocturnes éclairées au flash ou bien des photos d’ambiance en intérieur !
    3. Mode Vitesse d’Obturation Fixe (1/30) : Voici un nouvelle exemple de la polyvalence du Lomo’Instant Wide : le mode vitesse d’obturation fixe. Un mode idéal pour les photos en studio lorsque l’appareil est associé avec des flashs externes et à une ouverture fixe à f/8.
  • Étape 3: Prenez une photo
    1. Une fois que votre pellicule est installée correctement, que vous avez choisi votre mode de prise de vue, vous êtes prêt !
    2. Déterminez la distance qui vous sépare avec votre modèle et sélectionnez-la sur l’objectif.
    3. Regardez à travers le viseur pour composer votre prise de vue.
    4. Pressez le bouton du déclencheur et prenez une photo. Une fois que vous avez relâché le déclencheur, la photo sera immédiatement éjectée.
    5. Maintenant, attendez que l’image apparaisse entre vos mains !

Source : Micro site, Lomography

Petite video d’illustration

Spécificités techniques

  • Format des pellicules: Fujifilm Instax Wide Film
  • Zone d’exposition: 62mm x 99mm
  • Focale de l’objectif: 90mm (équivalent 35mm)
  • Type d’exposition automatique: automatique programmée
  • Ouverture: f/8, f/22
  • Gamme des vitesses d’obturation: Bulb (Mode Bulb), 8s-1/250s (Mode automatique), 1/30 (Mode vitesse d’obturation fixe)
  • Compensation d’exposition: Valeurs d’exposition +1/-1 (ambiant)
  • Mécanisme d’éjection: Motorisé
  • Expositions multiples: Oui
  • Nombre guide métrique du flash intégré: 13 (m)
  • Flash intégré: Mode flash automatique & Flash mode Off
  • Distance de mise au point minimum: 0.6m (0.1m avec l’objectif amovible gros plan)
  • Zones de mise au point Setting: 0.6m / 1-2m / infini
  • Emplacement pour trépied: Oui
  • Transmission de la télécommande: Infrarouge
  • Portée de la télécommande infrarouge : Par temps clair: 1-2m, Intérieur: 5m
  • Piles: 4 x piles AA (4 x 1.5V)
  • Piles de la télécommandeSupply: 1 x pile 2025 (3V)
  • Diamètre du pas de vis pour filtre: 49mm

Des références : https://shop.lomography.com/fr/cameras/lomo-instant-wide?country=be, https://microsites.lomography.com/lomo-instant-wide-camera/fr/technical-information/, https://www.pixfan.com/lomoinstant-wide/, https://www.instamaniac.com/test-avis-lomo-instant-wide-lomography/, https://www.instamaniac.com/comparaison-films-instax-mini-wide-square/ https://www.instamaniac.com/fujifilm-instax-impossible-polaroid-comment-choisir/ en français

Argentique

Le Polaroïd Land 360 Automatic et des films Fuji FP-100C

Bon, là je suis conscient que je vais m’attaquer à un domaine tout à fait particulier, qui a ses fans absolus, auprès desquels je ferai sans doute figure de béotien, mais la découverte de système « étrange » m’entraine parfois dans de lieux inconnus … et j’aime ça !

Toutes les personnes de ma générations connaissent ces appareils, les plus jeunes les découvrent avec admiration et envie car il est vrai que Polaroïd a réalisé un vieux rêve fou : voir (quasi) immédiatement le résultat de la photo prise.

Mais pour s’y retrouver dans les nombreux modèles, ce n’est pas simple. A ceci s’ajoute le fait que l’entreprise historique n’existe plus, balayée par le numérique et de mauvais choix stratégiques.

Pire, la plupart des films qui alimentaient ces appareils n’existent plus. Un projet aussi fou que l’histoire de la marque a pourtant vu le jour pour essayer de ressusciter quelques formats et rendre vie à l’un ou l’autre modèle. Ainsi est né « Impossible Project » qui a depuis changé plusieurs fois de nom pour redevenir … Polaroïd. Je ne vais pas m’étendre sur cette saga, que vous pourrez découvrir sur la Grande Toile.

Je vous recommande aussi de parcourir un site plein de ressources au sujet de la marque et des appareils, en français qui plus est : Polaroïd Passion porte réellement bien son nom.

Voilà pour planter un peu le décor de l’appareil que j’ai sous les yeux : un Polaroïd Land 360 Automatic, sorti des usines de 1969 à 1971.

Il fait partie d’une gamme appelée « pack 100 », qui est le format du film. Cette gamme a pour caractéristique d’être équipée d’un soufflet (pack 100 à 400) même si certains appareils qui acceptent ce type de film sont tout en plastique (sans soufflet donc)

Pub de l’époque pour présenter les Polaroïd Pack 100 (source : Polaroîd Collection)

Ce format fut très apprécié des photographes professionnels et il fut utilisable jusqu’en 2016, date d’arrêt de la production des films Fuji FP-100 (Polaroïd avait arrêté la sienne en 2008). Cette série d’appareils compte le plus de modèles différents.

Pour la petite histoire, le premier appareil photo utilisé par Robert Mapplethorpe fut un Polaroid 360 emprunté à son amie Sandy Daley pour photographier Patti Smith, son premier modèle.

Pourquoi un tel intérêt ?

Au rayon des spécificités de ces appareils, certains sont équipés d’un télémètre et d’un viseur séparés. Le premier vous permet de faire la mise au point et le second de faire la composition. Avec le 360, vous bénéficiez d’un viseur Zeiss Ikon avec télémètre intégré dans une fenêtre unique.

Autre particularité, le boitier possède une minuterie pour compter le temps de développement des films, très important à respecter pour le films de la marque mais devenue moins utile avec les films Fujifilm. FP-100C qui sont à développement « auto-terminant », c.-à-d. qu’ils s’arrêtent de se développer tout seuls.

Mais sa principale caractéristique est le flash électronique dédié, qui se fixe à l’aide d’une griffe propriétaire. Ce flash est couplé au télémètre et de petites ailettes à l’intérieur de la tête du flash réduisent le flux lumineux à mesure que l’appareil photo se rapproche au plus près, donnant automatiquement une exposition correcte.

Le flash contient des piles rechargeables Ni-Cad. Une unité de recharge dédiée était fournie pour le flash. Cependant, 40 ans plus tard, les piles du flash sont malheureusement souvent mortes. Les piles à l’intérieur peuvent être remplacées, mais c’est à réserver à ceux qui sont doués avec la réparation électronique.

Contrairement aux modèles précédents de la série 100-400, le compartiment de la batterie est déplacé vers la partie avant de l’appareil photo derrière la poignée gauche. Cela était nécessaire car le rabat arrière est riveté et contient une plaquette à circuits intégrés liée à la gestion du flash.

L’appareil photo utilisait deux piles 3v 352 / PX24, une pour l’obturateur et l’autre pour la minuterie de développement. Ces piles au mercure ont heureusement disparu mais il faut dès lors procéder à une modification pour installer des piles modernes. Cette opération a été faite sur l’exemplaire que je possède (ce qui m’arrange bien, mes compétences en électronique étant porche du zéro absolu !).

Par contre, mon exemplaire n’est pas pourvu de ce fameux flash. On ne trouve pas toujours tout en brocante.

Si je résume à présent les atouts de cet appareil : un soufflet pour un réglage précis, un télémètre intégré au viseur, le calcul de l’exposition automatique grâce à un posemètre externe « Electric Eye » à coté de l’objectif et l’utilisation de film 8,22 x 10,80 cm, le fameux pack 100

Vous pouvez régler la distance, l’ouverture, corriger l’exposition, régler la sensibilité du film, régler la puissance du flash : un vrai appareil, complet et à développement instantané. Vous comprenez pourquoi il a eu du succès ?

Pour une fois, j’énumère les caractéristiques techniques :

  • Objectif : 114 mm f/8,8 en verre à 3 éléments
  • Ouverture : f/8,8, f/12,5, f/17,5, f/25, f/35, f/42
  • Obturateur : électronique ; 10 secondes – 1/1200
  • Viseur/télémètre rabattable fabriqué par ZEISS Ikon.
  • Exposition automatique à priorité ouverture.
  • Réglages pour les vitesses de film de 75, 150, 300 et 3000 ASA.
  • Cadran de compensation d’exposition avec une plage de -1/+2 arrêts (commande « Éclaircir/Assombrir »).
  • Corps en métal et obturateur/boîtier d’objectif en métal
  • Prise trépied.
  • Pas de port PC pour flash externe car griffe intégrée pour le flash dédié&
  • Minuterie électronique (désactivée).
  • Conversion pratique avec des piles modernes
  • Bracelet en cuir pour le portage

Cet appareil est décidément ouvert aux créatifs. En effet, vous pouvez prendre une photo et ne pas sortir le film tout de suite, ce qui vous permet de faire des multi expositions jusqu’à ce que vous décidiez de tirer le film entre les rouleaux qui écraseront la chimie nécessaire au développement..

Le Polaroïd Land 360 Automatic se présente comme un box en plastique et métal. Dense et finalement compact (comme souvent les folding), il faut ouvrir le couvercle, que l’on déclipse facilement, pour voir apparaître l’appareil. Vous dépliez le viseur, qui « s’attache » au cadre grâce à un aimant puisant, puis tirez sur le soufflet pour le déployer complètement.

Ci-dessous la modification apportée pour l’utilisation de piles modernes et, dans le frigo, les boites de Fujifilm FP-100C

Pour les manipulations, pour une fois je vous renvoie au mode d’emploi qui vous trouverez ICI. Même s’il est en anglais, les images parlent d’elles-même.

Et là, je suis face à un dilemme : l’appareil en lui-même n’a de valeur qu’avec les films pack 100. Et ces films atteignent des sommets car il n’en existe plus beaucoup et personne ne semble vouloir les refabriquer (Fujifilm a arrêté en 2016 de les produire, il ne s’en vendait pas assez).

Bref, je vais faire un « paquet » comprenant l’appareil et les films mais je ne vais pas l’essayer, bien qu’il fonctionne parfaitement.

C’est un peu frustrant mais nécessaire si je veux vendre le tout (car mes armoires débordent toujours).

Ceci étant, de ce que j’ai pu lire et voir comme images tirées de cet appareil, la qualité est au rendez-vous et croyez-moi, les créatifs vont s’en donner à cœur joie.

Comme le sujet est vaste et méconnu, je vous mets plusieurs videos sur le Polaroïd

Pour s’approprier le maniement de ces Polaroïd
pour les manipuler
sur les films
sur l’histoire des films
Polaroïd créatif
Si vous en trouvez un avec les anciennes piles, voici un tutoriel de conversion.

Des références : https://www.polaroid-passion.com/appareils-format-pack-100.php?id=110, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=714, https://polaroidcollection.jimdofree.com/cotations-appareils-photos/polaroid/polaroids-format-pack-100/ en français, https://edvatzainstantphotography.wordpress.com/tag/polaroid-360/, https://lamlux.wordpress.com/category/polaroid-360/ https://lamlux.wordpress.com/category/polaroid-360/ http://www.landlist.ch/landlist/landhome.htm en anglais

Argentique

L’AutoProcessor Polaroïd

Si Polaroïd est surtout connu pour l’invention du film à développement instantané, né du désir d’une petite fille de voir « tout de suite » la photo captée et de quelques années de développement par son ingénieux papa, c’est aussi une entreprise qui a voulu offrir du plaisir à photographier facile, à défaut d’être (toujours) abordable.

Je ne vais pas vous raconter l’histoire de la marque, que vous trouverez aisément sur la Grande Toile, mais d’une (autre) très bonne idée qui, malheureusement, n’a pas eu de descendance …

Car, voyez-vous, l’argentique nécessite de développer le film pour voir ce qui a été figé sur l’émulsion aux sels d’argent.

Et c’est parfois là que le bat blesse car : tout le monde ne sait pas développer un film pour diverses raisons, tout le monde ne peut pas trouver (surtout de nos jours) un labo près de chez soi.

Eh bien Polaroïd avait une solution !

Pour vous l’expliquer, je remonte quand même un peu en arrière : 1977, Polaroïd présente un concept extraordinaire pour l’époque, un film 8mm présenté en cassette spécialement conçue pour le procédé contenant la chimie nécessaire à son développement en 90 secondes.

Vous aviez besoin d’une caméra 8mm (sans le son) et un lecteur/projecteur dans lequel vous introduisiez la cassette. Vous visionniez le film projeté en retro-projection sur un écran.

Génial, non ?

Sauf que … la qualité du 8mm était moins bonne que celle du Super 8, le film était muet et n’était visible que sur l’écran du système. Mais, plus embêtant, la video commençait à gagner du terrain auprès du grand public et elle allait balayer les films 8mm et Super 8 qui demandaient un développement !

Lancé trop tard, pas assez abouti, ce fut un échec commercial, qui entraina Eumig, la firme autrichienne qui fabriquait la caméra et le projecteur dans une faillite dont elle ne se relèvera pas

Je vous laisse découvrir le procédé dans cette video (en anglais, songez à la mettre en français dans les paramètres)

Polaroïd aussi a eu chaud, mais la compagnie est encore solide à cette époque.

En 1983, fidèle à ses idées de développement rapide, à défaut d’être instantané, elle lance un film 35mm destiné à la diapositive (vous savez, ces photos que l’on projette sur un écran, celles de la famille que vous avez retrouvées par hasard dans le grenier de vos parents ou grands-parents !).

Chaque rouleau de pellicule est accompagné d’un petit paquet de produits chimiques, destinés au développement, que vous allez faire vous-même !

Pas de panique, vous ne devrez pas condamner la salle de bain, installer une chambre noire quelque part dans la maison car Polaroïd a pensé à tout.

Il a développé l’Autoprocessor, une mini chambre noire portative qui permet de développer un film 35mm Polachrome en moins de 10 minutes.

Initialement développé pour pouvoir tirer rapidement des diapositives de « présentation », ce film – et d’autres développés expressément pour ce système, dont du N/B – a tôt fait d’attirer les particuliers … pressés de montrer leurs œuvres !

Le film le plus connu était donc le Polachrome, disponible en couleur, monochrome (Polapan) et même bleu (Polablue – destiné à des usages particuliers).

Chaque film était donc vendu avec une cartouche contenant la chimie nécessaire au développement.

En fait, en enroulant le film et la bande de développement contenue dans la cartouche ensemble dans l’Autoprocessor, le développement se fait en quelques minutes, à la lumière du jour puisque les deux bandes (film et produits chimiques) sont enfermées dans l’appareil, étanche lui à la lumière.

Bon, si le principe est splendide – l’idée en tout cas me plait beaucoup – les résultats étaient-ils à la hauteur ?

Disons que c’était suffisant pour découvrir valablement ses images rapidement mais la résolution n’était pas aussi bonne qu’avec un film conventionnel et un développement « normal ».

La bande de produits chimiques était constituée d’une matrice de minuscules filtres rouges, verts et bleus qui faisaient réagir l’émulsion du film Polachrome (principe de couleur additive). La sensibilité du film n’était pas très élevée (environ 40 Iso)

« Les films additifs (tels que les films diapositives Polavision et Polachrome) utilisent un masque de couleur de lignes rouges, vertes et bleues transparentes microscopiquement minces (3000 lignes par pouce) et une couche d’émulsion noir et blanc pour reproduire des images couleur dans un film transparent. Les révélateurs de colorants résultants (émulsion non exposée) bloquent les couleurs inutiles et projettent la couleur ou la combinaison de couleurs qui se forment dans l’image résultante. Étant donné que les lignes sont si proches les unes des autres, l’œil humain a facilement mélangé les couleurs primaires pour former la bonne couleur, un peu comme un écran LCD ou une télévision. Par exemple, une photo d’une fleur jaune exposerait l’émulsion sous les masques rouge et vert et non le masque bleu. Le processus de développement a éliminé l’émulsion exposée (sous les masques rouge et vert) et a diffusé le révélateur de colorant non exposé (sous le masque bleu) sur sa couche réceptrice, empêchant la lumière de passer. Cela a eu pour résultat que la lumière projetée brillait à travers les masques rouge et vert mais pas le masque bleu, créant la couleur jaune. En raison de la densité du film, les vitesses des films étaient nécessairement lentes. Une grande précision était requise pour la production de ce film. » (source Wikipedia)

Une fois le film développé, il vous restait à monter les dias et à les projeter (tous les projecteurs étaient compatibles)

Les films ont été produit en grande quantité, les professionnels aimant beaucoup les utiliser pour faire des essais de prise de vue. Ils seront produit pendant près de vingt ans.

Malheureusement, il devient difficile d’en trouver de nos jours qui soient encore exploitables.

Si je vous montre l’exemplaire de l’Autoprocessor que j’ai récemment acquis, c’est parce que j’aimerais le confronter à un système plus moderne mais qui va un peu dans le même sens : il s’agit du Lab-Box, que je vous présenterai sous peu.

En fait, ce que j’apprécie avec ce système, c’est cette faculté de développer soi-même, sans devoir investir dans une chambre noire. En fait, je déteste travailler à la lumière rouge dite inactinique et je n’ai pas la place pour installer une pièce dédiée.

Donc, à défaut d’utiliser l’Autoprocessor de Polaroïd, je vous montrerai l’utilisation du Lab-Box.

Ceci étant, je regrette que l’on ne puisse faire « repartir » cette belle machine et réutilisant le principe, quitte à le modifier un peu, en imaginant des solutions chimiques contenues dans une cartouche comme celle de Polaroïd.

Tiens, chez Lomography, y a pas des chimistes doués ?

Une video d’illustration qui explique vraiment bien le processus et le résultat (merci EMGK Photographie – Photographe argentique)

Et quelques autres pour compléter votre information :

Des références : https://www.instantphoto.eu/pola/pola_autoprocessor_35mm.htm, https://en.wikipedia.org/wiki/Polavision, https://web.archive.org/web/20050510080051/http://www.people.umass.edu/jpalma/instant_slide.html en anglais, https://fr-fr.facebook.com/imagesdargent/posts/2669956563247136, https://boxargentique.fr/un-projet-fou-le-polaroid-polachrome/, http://pics.idemdito.org/fr/tech/film/pola.htm en français