Pour mémoire, ces appareils rompaient complètement avec la forme des Polaroid habituels et, surtout, ils inauguraient un nouveau format de film, le Spectra, hélas abandonné depuis quelques années et qui ne sera plus produit (voir l’article sur l’Image Elite à ce sujet).
Plus plats, plus sophistiqués, ils offraient une image plus grande, un rectangle de 10.1 x10.3 cm pour une image de 9,2 x 7,3cm (le format 600 est carré, tout comme le SX-70, un carré de 7,9 cm de côté, pour un support rectangulaire mesurant au total 8,8 x 10,7 cm).
Source : Instamaniac; à gauche le format du Spectra, à droite, le format du 600/SX-70.
Si le premier appareil Image est sorti en 1986, ce modèle fut vendu entre 1991 et 1999 sous le nom d’Image 2, ou Spectra aux USA, c’est un appareil assez complet, même si ce modèle en particulier est l’entrée de gamme.
Il bénéficie quand même d’un sonar pour la mise au point (la grille dorée en nid d’abeille, près de l’objectif)
Mais commençons par le début : pour l’ouvrir, il faut tirer vers l’arrière le curseur situé à la gauche de l’appareil. Le dessus se soulève alors, dévoilant le sonar, l’objectif, le viseur, le flash.
En dessous, la fente par laquelle les photos sortiront. De part sa forme spéciale, il faut penser à ne pas mettre les doigts devant en tenant le boitier.
Car, autre particularité du modèle, le déclencheur est situé à l’arrière, sur le dessus du capot. Il faut un peu d’habitude pour le tenir correctement, au début, on tâtonne un peu mais finalement, c’est assez confortable. La lanière intégrée, à gauche, assurant une bonne prise en main.
Bon, nous avons ouvert l’appareil mais comment y glisser un film, pardon, un pack ?
Vous devez trouver, sur la droite, un petit bouton marqué d’une flèche blanche, qu’il faut enfoncer pour libérer l’ouverture de la face avant, là où vous glisserez le pack film Spectra (si vous avez la chance d’en trouver encore à un prix décent).
Après avoir fermé la porte avant, comme d’habitude, le boitier va faire sortir une feuille noire, celle qui protégeait les photos. Il est opérationnel.
En fait, vous devez attendre que la lumière rouge, qui s’est allumée à l’arrière, passe au vert, indiquant que le flash est complétement chargé. Là, vous êtes prêt : clic-clac-rrrr, la photo sort …
Comme d’habitude, ne jamais secouer celle-ci et la laisser se développer à l’abri de la lumière (en la retournant simplement). La chimie est la même que celle des films 600/SX-70.
Pour refermer l’appareil, ne pas forcer mais retirer vers l’arrière le bouton de gauche et appuyer doucement sur le dessus, il rentre tout seul à sa place initiale.
Au niveau réglages et/ou contrôle, vous ne pourrez pas faire grand chose, l’appareil est tout automatique. Il règle lui-même l’exposition, fait la mise au point grâce au sonar et la cellule règle l’utilisation du flash si nécessaire (ce qui est très souvent le cas).
Eventuellement, vous pourrez régler l’exposition avec le curseur à l’arrière, et c’est tout.
Ceci étant, l’Image 2 bénéficie d’un objectif Quintic à 3 lentilles (en plastique, mais de haute qualité) de 125mm ouvrant à f10.
Son obturateur électronique offre des vitesses de 2,8s à 1/200s. C’est les calculs issus de l’appréciation de la distance (sonar) et de la mesure de la lumière qui va déterminer l’ouverture et la vitesse.
Alors, cet appareil a-t-il encore un intérêt aujourd’hui ?
Honnêtement, non.
Pour plusieurs raisons, la première étant que c’est vraiment un boitier d’entrée de gamme, peu fourni en fonctionnalités. D’autres dans la série sont plus intéressants, comme l’Image Elite (plus facile à trouver que le Elite Pro ou le Spectra 1200i, p. ex.)
Ensuite, le film n’est plus produit et vous devrez vous rabattre sur d’anciens stocks, en espérant qu’ils auront été bien conservé.
Enfin, il semblerait que la raison pour laquelle Impossible Project, redevenu entre-temps Polaroid Original puis Polaroid tout court, n’a plus fabriqué ce film, c’est parce qu’il apparait que ces boitiers ne sont plus fiables dans le temps. Leur électronique serait capricieuse, rendant aléatoire la gestion des fonctions de l’appareil, dont les calculs de la cellule et donc le calcul de l’ouverture, entre autre.
Si vous voulez en acquérir un pour la déco, pourquoi pas, voire la collection. Mais, selon l’état du Polaroid Image 2 que vous trouverez (avec sa boîte, sa lanière intacte, etc), ne dépensez pas plus de 10€.
Ce sera mon petit dernier de cette série. Après le Polaroid Land Camera 2000 et le SuperColor 3500, équipé d’un sonar pour gérer l’autofocus, j’aurai fait le tour des SX-70 non pliants en ma possession.
Dans l’ordre, il y eut donc le Land 1000, le 1000S (qui est un 1000 avec un flash électronique Polatronic, sinon, c’est un 1000), le 1500, le 2000, le 3000, le 3500 (sans sonar celui-là) et – qui l’eut crû – un 4000. Ah oui, et un 500 et un appelé « Encore » (humour de chez Polaroid ?), puis la gamme passera sous le nom d’Instant, de OneStep, de Pronto, etc.
Ce modèle est sorti en 1977 et c’est une version destinée aux marchés non US du modèle original, le Onestep.
Sa particularité est d’être de couleur marron (au début, le mien est gris) – l’original étant blanc – et d’avoir un bouton déclencheur vert (alors là, la couleur des boutons, c’est le délice des collectionneurs !).
Sinon, il possède un objectif en plastique en trois éléments. Un 116mm ouvrant à f9,4 avec une mise au point minimale de 90 cm jusque l’infini, que l’on peut régler en fonction de la distance du sujet (marquages autour du fut de l’objectif).
Il bénéficie aussi de « l’œil électronique » (la cellule) avec le fameux curseur (rond ici) clair/obscur, qui détermine le travail de l’obturateur électronique (de 1s à 1/125s).
Si vous regardez bien, cet œil est dans le tube qui sert à régler le « clair/obscur ». Un petit coton tige manié avec prudence permet de le nettoyer pour de meilleures performances.
Un filetage pour trépied est sous la semelle et on peut lui ajouter une sangle de portage. Le compteur, comme d’habitude, va se faire piéger car il compte jusque 10 alors que les films modernes en SX-70 (comme les 600 d’ailleurs) n’ont plus que 8 vues à offrir.
Voilà, voilà … il y a peu de choses à ajouter, l’appareil étant d’une simplicité évidente.
Ah si, peut-être : il n’a pas de flash intégré, or en bon Polaroid, il a besoin de lumière. Il vous faudra donc trouver des Flashbar ou un flash électronique Polatronic pour lui en offrir assez. Il est équipé du système « follow-focus » qui gère la cellule en fonction du flash et, petite cerise, un système bloque le déclenchement si votre Flashbar est fini ou votre Polatronic à plat.
Et pourtant, si vous regardez de plus près la forme de l’appareil, légèrement pyramidale, elle vous rappellera la silhouette du … SX-70 pliant.
N’oublions pas que la mécanique du premier est complexe et donc couteuse. Pour offrir le même genre de résultat (grâce au film SX-70) mais accessible au plus grand nombre, Polaroid a sorti ce modèle « fixe », en même temps d’ailleurs que l’original.
La forme pyramidale s’explique par la nécessité de renvoyer le rayon optique qui traverse l’objectif, vers le film qui se trouve à plat au fond de l’appareil, grâce à un miroir positionné en biais.
Et puisque j’écris souvent au sujet du film évènement, le SX-70, grâce à Collection-appareils, je vous livre ici une explication bien utile à son sujet.
J’avoue que parfois je trouve les Polaroid peu intéressants, car ils se ressemblent souvent (ils ont bien cultivé l’art du recyclage) mais il faut absolument reconnaître la fécondité de leurs imaginations, couverte par de très nombreux brevets, bien utiles pour protéger leurs innovations. Et ça, on ne pourra jamais leur enlever !
Alors si vous en trouvez un, honnêtement, s’il vous est proposé à un prix intéressant (pas plus de 10€), pourquoi pas. Mais il est moins performant que les 600 et, surtout, sans flash intégré, vous devrez acheter des caisses de Flashbar si vous voulez vous en servir souvent.
Là, je vous présente un appareil neuf qui a … 29 ans !
Même si la boite a un peu souffert, cet appareil est neuf, il n’a vraiment jamais servi.
Mais qui est ce Polaroid 600 Business Edition ?
Ben, je serais tenté de vous répondre « un Polaroid 600 » en série spéciale, comme il y en eut tant. Recyclons, recyclons …
Il fait partie des séries « carrées », sorties au début des années quatre-vingt jusqu’au milieu des années nonante (1981 – 1993). La génération suivante sera plus « arrondie » mais gardera peu ou prou les mêmes caractéristiques des ainés (1993 – 2002).
Celui-ci débute sa carrière en 1983. Et comme nous avons pu le découvrir, il se vendra encore longtemps sans grands changements (pour mémoire, celui-ci fut vendu en 1994).
Quoiqu’il suivra la mode, voyez plutôt :
A gauche, celui des années nonante, le 600 Business Edition 2; à droite, l’original des années quatre-vingt.
Alors, à la base, nous avons un appareil qui s’ouvrent comme tous les 600, en tirant fermement sur le dessus (il faut un peu appuyer sur les côtés pour l’aider).
Il nous dévoile alors un flash intégré, un objectif, une cellule, un compensateur d’exposition (la réglette « clair/obscur » sous l’objectif).
L’objectif est un 116mm ouvrant à f11 avec un ménisque en plastique. C’est un « fix-focus » qui sera net de 60cm jusque 1,2m avec la position « gros plan », sinon de 1,2m à l’infini. Lorsque vous placez le curseur sur la position gros plan, une lentille en plastique vient se placer devant l’objectif. c’est le même principe que pour les CL ou « close-up ». Ici on veut privilégier les plans rapprochés état donné la clientèle auquel on le destine, j’y reviendrai.
Son obturateur est électronique, avec des vitesses de 1/4s à 1/200s. L’exposition est calculée automatiquement.
Le flash intégré fonctionne avec le programme SPARR qui réduit le temps de recharge.
Il est aussi équipé du programme Lightmixer qui dose la lumière du flash en fonction de l’intensité de la lumière ambiante.
Et il bénéficie d’un filetage pour un trépied.
Du grand classique en somme …
Vous pouvez vous en douter, il sera décliné avec les logos d’une multitude d’entreprises puisqu’il est destiné à être un outil de travail » … fiable pour une communication ou documentation instantanée », dixit la boîte de notre exemplaire.
Il sera mis entre les mains d’experts automobiles, en assurances, sur les chantiers, … bref, il va souffrir.
Et c’est là qu’apparait – enfin – une différence par rapport aux autres 600 : il sera fabriqué plus solide. Enfin, c’est ce qu’affirme le marketing de l’époque !
En résumé, voilà un énième Polaroid 600, pas pire ni mieux que les autres, qui a fait partie de la légende de la marque.
Et, si je ne l’ai pas testé pour le laisser réellement « comme neuf », je suis persuadé qu’avec un nouveau film, il sera bon pour des années de bons services, même si de nous jours, ce seront sans doutes des plus jeunes qui auront plaisir à l’utiliser, ou quelques nostalgiques.
Si vous en trouvez un, échangez le contre un billet de 20€, il fera le job comme dans les années quatre-vingt.
Eh oui, j’en ai trouvé un, grâce à un vendeur sympa – il se reconnaîtra – de la bourse Occaphot 2022.
A un prix intéressant, c-à-d. réaliste car les prix s’envolent pour le moment pour ces appareils, qu’on redécouvrent et que certains s’ingénient à vendre chers, très chers (j’en ai vu à 250€ soi-disant « refurbished » – remis à neuf, en français).
Et, cerise sur le déclencheur, ce charmant monsieur m’a aussi vendu à prix décent deux films en format Spectra. Avec eux, je vais pouvoir essayer les Polaroid Image et Elite que je vous ai présentés. J’y reviendrai.
Collectionneur et utilisateur Polaroid, il fut une référence lors de cette journée et une mine de renseignements.
Ah, j’aurais bien craqué pour un SLR 680 mais j’avais décidé – une fois n’est pas coutume – de rester raisonnable dans mes achats. Le SX-70 fut d’ailleurs le seul appareil acheté ce jour-là, je n’en reviens pas moi-même.
Heu … en fait, il ne l’avait pas avec lui ce 680, ouf !
Mais revenons à ce Polaroid SX-70.
Vous le savez, l’histoire de Polaroid mériterait un film tant elle est riche et son fondateur Edwin Land, un personnage de roman.
Alors, si vous vous en souvenez, en 1943, selon la légende, il décide d’inventer un appareil et un film instantané pour répondre à la question de sa petite fille, qui aurait bien voulu voir immédiatement les photos prises.
Après des études, des tests et des essais, en 1948, il lance le premier appareil, le Model 95. C’est un appareil avec un film en rouleau, qui se développe instantanément après la prise de vue.
Pour la petite histoire, c’est grâce à Kodak qu’il peut développer ce type de film. Kodak n’y croyait pas trop et décida de l’aider. Bien mal leur en pris car Land ne reconnu jamais le crédit de cette aide et tout le monde a en tête le long procès qui a opposé les deux firmes dans les années quatre-vingt et qui se terminera en 1990 par la défaite cuisante de Kodak. Non seulement ils devront payer un milliard de dollars de dommages et intérêts mais ils auront l’obligation de non seulement cesser toute fabrication d’appareils et de films instantanés mais aussi de retirer du marché tout ce qui aura été produit et vendu en ce sens.
Mais laissons-là ces tristes évènements pour en revenir à la production des appareils issus du cerveau de ce génial inventeur.
Car il allait révolutionner une fois de plus le paysage photographique en inventant non seulement un appareil inédit mais aussi le film qui allait avec : le SX-70 et le premier pack film intégral du même nom.
Commençons par le film : il contient les futures photos, la chimie pour les développer et la pile pour alimenter l’appareil. Cette pile de 6v assure la fonction du flash, la motorisation du boitier, y compris l’éjection des photos. Calibrée juste pour cet usage, elle s’épuise (presque) en même temps que le film se termine et on la renouvelle à chaque nouveau pack de 10 vues (enfin, huit avec les nouveaux films de la nouvelle société Polaroid !).
Petite parenthèse en passant à ce sujet : pensez à mettre vos cassettes de film Polaroid vides dans les containers prévus pour les piles, ne les jetez jamais à la poubelle, notre bonne vieille Terre vous remercie.
Plus de 500 opérations chimiques se succèdent pour assurer le développement de la photo captée, tout ça sur l’épaisseur (quasi) d’une feuille de papier photo. Un exploit et une réussite totale.
Nous sommes en 1970 et l’avenir est prometteur. Edwin Land fait construire plusieurs usines pour assurer la fabrication et de ces films et des appareils : la légende est née une seconde fois.
Car le nouvel appareil est aussi une révolution, au sein même de la gamme des boitiers existant : Land réussit l’exploit de se réinventer et de créer l’évènement.
Lors d’une réunion annuelle de l’entreprise en avril 1972, il a sorti un SX-70 plié de sa poche de veste de costume et en dix secondes, il prit cinq photos, chose qui aurait été impossible avec les appareils précédents.
Arrêtons-nous un instant sur l’évolution des modèles pour mieux comprendre mes propos :
le premier appareil fut le Modèle 95, qui utilisait un film en rouleau (1948 – 1965). Il connu une descendance comme les Modèle 95b, 100, 110, 120, …. jusqu’au Modèle 900
une première révolution fut l’introduction des « pack film » des séries 80 et 100 et les appareils de la Série 100 à 400 (1963 – 1977). Ces pliants ont aussi introduit le premier obturateur électronique lié à l’analyse de la cellule dans un appareil photo produit en série.
seconde révolution avec l’apparition, en 1972, des appareils SX-70, qui utilisent aussi un « pack film » du même nom. Ces pack film sont dit « intégral » car ils intègrent le film, la chimie et la pile nécessaire au fonctionnement de l’appareil. Ces appareils seront produits jusqu’en 1979 sous la forme de pliant, mais une autre série qui ne présente plus cette forme (folding), utilisant aussi le film SX-70, sera produite jusqu’en 1985
apparition de la série 600 en 1981, qui utilise aussi un pack film dit 600 (en référence à la sensibilité de celui-ci). Elle connaîtra aussi une longue descendance et s’éteindra au seuil des années 2000, avant d’effectuer une incroyable résurrection d’abord grâce à Impossible Project en 2008. Impossible Project qui re-deviendra Polaroid en 2018 et continuera à produire des appareils appelé One, mais c’est une autre histoire.
De gauche à droite, le Modèle 95, le Série 100, le SX-70, le Polaroid 640.
Si vous voulez en découvrir plus, je vous recommande l’excellent site « The Land List« , en anglais.
Est-ce plus clair maintenant ?
Alors, on continue avec la découverte de cet incroyable SX-70.
Fin 1972, c’est à Miami (Floride) que l’appareil est d’abord vendu puis il le sera à travers tous les USA dès l’automne 1973. Malgré un coût élevé et une production encore limitée, Polaroid a vendu 700.000 appareils dès la mi 1974. Le début d’une longue histoire …
Tiens, une anecdote : en 1973-1974, les astronautes du Skylab 3 et 4 ont utilisé un SX-70 pour photographier un écran d’affichage vidéo afin de pouvoir comparer les caractéristiques du Soleil d’une orbite à l’autre. Petit coup de pouce au marketing pour propulser l’appareil au firmament des boitiers mythiques !
Ce qui frappe le plus c’est sa forme : un parallélépipède d’à peine 4cm de haut qui se déploie en un instant et qui propose, en plus, une vision reflex.
Ce design est dû à Henry Dreyfuss, une réussite qui correspondait à la nouvelle vision d’Edwin Land : proposer un Polaroid éminemment transportable et efficace.
Un autre couple de designers célèbres, Charles et Ray Eames ont réalisé une video pour présenter et expliquer le fonctionnement de ce nouvel appareil. Elle aussi, un petit bijou que vous pouvez découvrir ci-dessous.
Tout d’abord, un peu de technique car elle sera commune à tous les appareils photo pliables SX-70 :
un objectif en verre de 116 mm f/8 à 4 éléments
une mise au point minimale de 30cm environ (10,4 pouces)
une mise au point de la cellule avant via une roue dentée en haut du boîtier de l’objectif/de l’obturateur
un obturateur électronique
l’exposition automatique programmée avec des vitesses d’obturation de 10 sec à 1/175s
une plage d’ouverture de f/8 à f/22
l’appareil choisit les ouvertures les plus petites possibles lorsque le flash est utilisé.
l’exposition au flash automatique basée sur la distance de mise au point
la distance maximale du flash est de 6m (20 pieds).
le boitier possède une prise Flashbar intégrée pour le flash. Des flashs électroniques accessoires étaient également disponibles.
une prise pour un déclencheur électrique à distance.
Quelques variantes plus tard, des subtilités apparaitront mais sans changer fondamentalement l’âme du premier opus.
Celui que j’ai acheté est un SX-70 Modèle 2, sorti en 1974. Contrairement à ce que j’ai pu lire, le corps de celui -ci n’est pas en plastique mais en métal noir (un aimant s’y est collé par hasard !), avec un revêtement en faux cuir noir qui a tendance, avec l’âge, à se faire la malle. Mais Aki-Asahi est là aussi d’une grande aide si vous voulez redonner son lustre d’antan à votre protégé.
Cet appareil a séduit nombre de grands photographes. Nous pouvons citer Ansel Adams, Andrej Tarkovsky et Andy Warhol, qui exhibait volontiers le sien, ou plutôt les siens, car il en avait plusieurs (un de ceux-ci s’est retrouvé sur Ebay en 2013 et il est parti au prix fou de 50.000$). Il fut sans doute le meilleur ambassadeur de cet appareil et le garant du mythe d’un boitier déjà excellent.
-« Bon, c’est bien tout ça, mais comment fonctionne ce grand rectangle noir (pour le mien en tout cas) ? ».
Sur le dessus, légèrement en surplomb, le viseur, sur lequel il faut tirer doucement pour libérer l’ensemble du mécanisme d’ouverture.
Ici, le soufflet est en caoutchouc, d’une seule pièce.
Le viseur, donc, et constitué d’un verre de visée escamotable, qui traverse le dessus du capot pour aboutir dans un prisme – oui, oui, comme sur un reflex – où vous trouvez un stignomètre à coïncidence. Vous réglez la visée avec une roue dentée placée juste au dessus du déclencheur orange, en façade.
Grâce à ce viseur – le premier sur un appareil instantané – vous voyez vraiment ce que vous voulez capter. Pour les autres, il faut toujours tenir compte d’un léger décalage entre la visée et la photo prise, sans correction de parallaxe dans le tunnel de visée.
Une fois ouvert, tout est immédiatement à portée de doigts même s’il faut bien reconnaitre que la position pour bien utiliser le viseur n’est pas tout de suite facile à appréhender (il faut tâtonner un peu pour bien se placer en face de celui-ci).
Toute modification de la distance se répercute dans la viseur, en direct.
Toutefois, vous pourriez, grâce aux indications notées sur l’objectif, pré-régler la distance à l’avance.
Le SX-70 Sonar One Step fera encore mieux avec la mise au point automatique, en 1978.
Ah, j’allais oublier le réglage habituel « clair/sombre », a ajuster avec une molette crantée, à gauche de l’objectif mais dont le réglage ne se voit pas dans le viseur. Toujours délicat à manipuler ce truc !
Comme tout Polaroid, il aura besoin d’un flash, qui sera un « Flashbar » de 10 ampoules, qui se monte dans une fente prévue à cet effet, au dessus de l’objectif. On en trouve encore mais ce n’est pas évident.
Alors on peut aussi y monter un flash électronique, le Polatronic. Ce flash externe est monté sur une poignée qui se connecte à l’appareil photo via la prise Flashbar. Le support de caméra inclus sert également de support de trépied, bien utile car l’appareil n’en possède pas.
Donc, vous l’avez ouvert, mis un film dedans – il suffit d’appuyer sur le bouton jaune avec une flèche vers le bas, à droite du boitier pour ouvrir le compartiment, trouver comment vous positionner pour viser, appuyer sur le bouton orange en façade et clic – bzzz- rrrr, la photo sort toute seule !
Comme d’habitude, vous ne la secouez pas et vous la retournez face vers le bas, à l’abri de la lumière le temps du développement complet (et s’il fait froid, vous la mettez dans une poche ou une boite, au chaud).
C’est un reflex très facile et peut encombrant finalement : moins de 5cm de haut, les vitesses d’obturation sont calculées automatiquement (de 1/175s à 10s), ainsi que l’ouverture (de f8 à f22).
A l’arrière du boitier, discret, un petit compteur de vue qui indiquera immanquablement « 10 » au moment de glisser un nouveau film, et qui se fera piéger car les nouveaux films ne comptent plus que 8 vues.
Il faut savoir qu’il y aura toute une série d’accessoires prévus pour les SX-70 pliant, comme des compléments optiques, des filtres, des supports pour gagner un filetage pour trépied, un flash électronique (je l’ai cité plus haut), un déclencheur filaire, etc. Bref, un « système » complet qui fit partie de son succès … assez difficile à trouver (à prix raisonnable) de nos jours.
Pour le plaisir, je vous mets en perspective le Polaroid Model 320, un 600 OneStep des années 2000 (avant la faillite), histoire de juger de l’encombrement, fermés et ouverts.
Ceci étant, si cet appareil tranche singulièrement avec la production des Polaroid et qu’il introduit le principe du reflex, inédit sur ces appareils, il n’en reste pas moins que sa manipulation requiert un peu d’habitude et quelques précautions car il n’est pas évident à tenir en mains.
Juste un peu d’habitude à prendre …
Alors, ce fameux Polaroid SX-70 vaut-il les prix délirants que l’on rencontre de nos jours ?
Oui, … et non.
Oui car il offre un confort de visée inégalé sur un Polaroid (avec un peu d’entrainement toutefois).
Oui car il est toujours utilisable si on ne l’a pas maltraité auparavant (à vérifier lors d’un achat), le film SX-70 étant encore produit, comme par exemple chez Retrocamera, en couleur ou N/B.
Oui car il est réellement peu encombrant (il n’est pas plus grand que le Lomo Instant Wide mais plus fin lorsque fermé) sans être vraiment un champion de la miniaturisation.
Oui car son design le rend particulier et reste innovant, 50 ans plus tard.
Non car il n’est pas facile à prendre en mains sans un minimum d’entrainement.
Non car il n’y a pas de flash intégré, il faut faire appel à des FlashBar ou un flash externe, et ceux-ci ne sont pas faciles à trouver et chers.
Non car la version la plus « automatique », la version SX-70 Sonar OneStep ou la SX-70 Autofocus, avec le sonar pour l’autofocus (mais toujours sans flash) est hors de prix (or on estime qu’ils furent produit à plus d’un million d’exemplaires).
-« Alors, finalement, j’achète ou pas ? »
Si j’arrive à en trouver un, en bon état, c.-à-d. avec les coverings à changer (environ 20€ chez Aki-Asahi) mais mécaniquement impeccable, à environ 100€, alors oui (comme ce fut le cas de cet exemplaire).
Si j’arrive à en trouver un en excellent état, c.-à-d. avec le covering en état impeccable et mécaniquement impeccable à environ 130€, alors … oui.
Tous les autres prix sont surfaits, disons le tout net !
Mais, dit-on communément, « quand on aime on ne compte pas ! » Funeste erreur qui encourage la spéculation sur certains modèles comme le SRL 680 à 500€ (mais il n’y a pas que chez Polaroid que la folie gagne).
A vous de voir mais reconnaissons que cet appareil fait partie des légendes, encore utilisables de nos jours, de la photographie.
Si vous en souvenez, je vous ai présenté l’ Impulse 600 l’an passé.
Comme j’avais été frustré de ne pas avoir acheté un autofocus, je ne suis rattrapé par la suite, dans une autre brocante.
La particularité de cet appareil est d’offrir un design finalement moins encombrant que ses aînés (qui restent toutefois au catalogue), les 600 classiques, qu’il faut « ouvrir » pour utiliser.
La même année que ces appareils, Polaroid sort les Images, qui sont encore plus transportables mais utilisent un format de film, hélas disparu, le format Spectra.
Ces appareils voient donc le jour au seuil des années nonante (il seront produit de 1988 à 1994). Moins connu que les classiques 600, ils offrent, outre leur encombrement, quelques avantages non négligeables, surtout le modèle que je vous expose, celui équipé du sonar.
Leur ergonomie permet de bien tenir l’appareil, à plat sur la paume. Le déclencheur est encore à l’arrière mais il aurait été difficile de le placer devant, la place manquait entre le sonar, masqué un temps par le flash, escamotable, l’optique en dessous de laquelle trône la réglette « clair/obscur », la cellule et le viseur.
L’objectif est en deux éléments (contre un ménisque pour l’Impluse 600, entrée de gamme), un 109mm ouvrant à f14.
Son obturateur, électronique comme il se doit, offre des vitesses de 1/3s à 1/200s.
Le sonar, masqué par la grille en nid d’abeille dorée, ne se présente que si le flash est relevé, ce qui met l’appareil en batterie, une LED verte apparait près du déclencheur pour vous signaler que le boitier est prêt. Par habitude, le flash est un incontournable de chez Polaroid.
Le sonar donc assure la fonction d’autofocus, pas linéaire mais basée sur 4 paliers, qui débute à 60 cm jusque l’infini. Un point auquel faire attention cependant : le sonar s’arrête sur le premier sujet qu’il rencontre pour faire la mise au point. Ce qui est un souci si vous voulez photographier à travers une vitre, p. ex.
Et on obtient les meilleurs résultats en appuyant à mi-course sur le déclencheur, ce qui laisse le temps à l’appareil de faire la mise au point et de charger le flash, puis de l’enfoncer fermement pour prendre la photo.
Fait assez rare pour être souligné, l’appareil est doté d’un retardateur de 12 secondes.
Il suffit d’appuyer sur le petit bouton et d’attendre environ 12 secondes que l’appareil déclenche. Notez que si vous voulez vous en servir pour un autoportrait, il vous faudra bien penser votre photo car le viseur, s’il est plus grand que de coutume, n’est néanmoins pas dans l’axe et qu’il n’y a pas de lignes pour la correction de parallaxe. C’est un peu aléatoire, il faut le reconnaître.
Pour le reste, du grand classique : pour mettre un film dedans, un film 600 avec pile intégrée (donc pas un film i-Type moderne), il suffit d’abaisser le petit levier sur le côté droit, qui ouvre la chambre dans laquelle vous allez glisser le pack film. Dès que vous aurez refermé le bas de l’appareil, il va sortir une feuille noire, celle qui protégeait les photos du pack. Il est prêt pour les photos suivantes.
L’Impulse AF possède aussi un compteur de vue, qui se fera piéger par les nouveaux films Polaroid, comme d’habitude : rappelez-vous, les « anciens » packs proposaient 10 vues, les nouveaux seulement 8. Donc, quand vous arrivez à ce chiffre, le film est terminé mais le compteur en compte encore deux.
Notez qu’on s’y fait à la longue.
En résumé, si vous en trouvez un dans une brocante, ne le laissez par partir (sauf s’il dépasse les 25€) car vous aurez là un Polaroid relativement récent, facile à transporter, avec un autofocus précis, un objectif de bonne qualité et capable de faire des photos sans que vous soyez derrière le bouton (retardateur), si besoin.
Il n’a pas la finesse d’un SX-70 – pas le même prix d’ailleurs – ou d’un Image (qui ne sont guère plus utilisables) mais il est quand même plus facile à emporter que les autres Polaroid, tout en gardant ce petit côté « vintage » qui plait tant avec ces appareils.
Le hasard des greniers … c’est en cherchant toute autre chose que mon épouse a découvert celui-ci.
Et il est tout complet : sa boite, son flash, son mode d’emploi, sa facture d’achat, sa carte de garantie (bon, ok, elle est dépassée) et un boitier de film, vide.
Petite vérification, car ça doit bien faire quarante ans qu’il est remisé là : tout s’ouvre sans coller, tout déclenche mais la pile, une PX24 alcaline de 3v est bien oxydée. Toutefois, elle n’a pas vraiment coulé et hormis un peu d’oxydation sur les contacteurs, rien de grave, ouf !
Même topo pour le flash, mais là il y a un peu plus de dégâts car un fil a lâché sous l’oxydation. Je crains qu’il ne faille recâbler pour le refaire fonctionner. A voir plus tard.
A gauche, le compartiment pile de l’appareil, à droite, celui du flash
Il y a quelques temps – un an en fait, c’était le 1er décembre 2021- je vous avais présenté le Polaroid Land 360, que j’ai revendu entretemps avec des films Fuji FP-100.
Plus perfectionné que celui-ci, il était apparu sur le marché en 1969, soit en même temps que le 320 mais 6 ans après le premier de la famille, le Polaroid Land 100.
Pour vous donner une idée de la (grande) famille des appareils dits « pack 100 » :
Bon, qui dit grande famille chez les « Pack 100 » – en fait, le nom de la cartouche de film – dit « comment s’y retrouver ? »
En gros, il y a la famille des :
Model 100, de 1963 à 1967
Model 200, de 1967 à 1969
Model 300, de 1969 à 1971
Model 400, de 1971 à 1977
plus quelques modèles un peu inclassables mais toujours sous la forme de « folding, c.-à-d. avec un soufflet
puis toute une série d’appareils sans soufflet, qui s’étire de 1967 à 1978, mais qui utilisent la même cartouche dite pack 100, avec une image de 72 x 95 mm.
Ce film « pack 100 » offre donc une belle surface d’image et il ne contient pas (encore) de pile en interne. L’alimentation des boitiers étant assurée par une ou deux piles reliées à l’appareil.
Je crois qu’il est peut-être temps de parler des films Polaroid, car je vous cite les « Pack 100 », les « Intégral 600 », les « SXW-70, en oubliant les « Pack 80 » et les rouleaux des débuts, tout ça comme des évidences.
Il faut bien comprendre que, finalement, les appareils créés par Polaroid ne sont que des instruments pour l’utilisation des films, la « vraie » invention en somme. Ne faisons pas l’impasse sur elle … en n’oubliant pas que l’un ne va pas sans l’autre : pas d’appareil, pas de développement possible.
Avec un film « traditionnel », qu’il soit en 120, en 127, en 24×36 ou autre, la prise de vue avec un appareil photo sensibilise une surface recouverte d’halogénure d’argent. Pour voir le résultat, il faudra « développer » le film, c.-à-d. le plonger dans des bains qui vont révéler et fixer le sujet capté. Ensuite, il sera encore nécessaire de passer le film dans un appareil, l’agrandisseur, pour transférer l’image révélée sur un support papier et permettre ainsi de voir la photo finie (que les chagrins s’abstiennent, je sais que j’ai pas mal résumé le processus mais ce sont les étapes principales qui nous intéressent).
Revenons donc au premier film à développement instantané et à l’appareil qui permettait sa mise en œuvre, le Model 95. Nous sommes en septembre 1948.
Au début, nous voyons en N/B (et même plutôt Sépia, le « vrai » N/B sortira en 1950) : le négatif est exposé à la lumière lors de la prise de vue, puis il est mis en contact avec un papier sensible. Ces deux feuilles sont ensuite pressées ensembles en passant à travers les rouleaux de l’appareil, ce qui a pour effet de répandre un liquide sur le papier, permettant le développement puis le fixation de l’image et la photo finie sort de l’appareil en une minute.
Tout le génie d’Edwin Land (et ses équipes de chercheurs) est d’avoir créé un négatif d’un format précis sur laquelle un papier photo sera pressé (là on évite le passage par l’agrandisseur) et sur lesquels une chimie sera déversée pour révéler la photo et la fixer (ici on évite le passage fastidieux au labo).
Le second coup de génie – et il y en aura beaucoup d’autres – sera la fabrication, en 1962, du premier film couleur à développement instantané, le Polacolor.
Les progrès de l’émulsionnage (le fait de coucher sur un support une chimie donnée de manière régulière et précise) ont permis ces avancées car le négatif est constitué de 3 doubles couches d’émulsion fabriquées avec des grains d’halogénure d’argent et une couche de révélateur chromogène (un révélateur sensible à la chaleur). Chaque couche d’émulsion est sensible à une des trois couleurs primaires.
Le processus semble simple mais le principe extrêmement complexe : plus de 500 réactions chimiques se mettent en branle pour vous présenter votre image en une dizaine de minutes.
Là encore, le développement d’une photo Polacolor après impression du film commence lorsqu’on tire sur la languette du film, qui sort de l’appareil.
Enfin, à l’aube des années septante, Polaroid crée le film SX-70, précurseur du film 600, qui sera développé dix ans plus tard.
Il s’agit cette fois d’un film dit intégral car il contient toujours la photo en devenir, la chimie pour la révéler et fixer mais en plus, la pile qui alimente l’appareil est aussi incluse dans la cassette et est suffisante pour tirer les 10 vues prévues, même avec le flash.
L’appareil joue cette fois un rôle plus important que celui d’une « simple » chambre noire. Lorsque la photo est captée, l’appareil éjecte de lui-même celle-ci hors de l’appareil, créant la réaction en chaine du développement par le passage de la photo entre les rouleaux et elle continue à se développer à l’air libre et à la lumière (enfin, pas trop, il est toujours conseillé de retourner celle-ci pour éviter que les rayons du soleil n’interfèrent trop dans le processus).
Ce changement est fondamental : auparavant, la photo se développaient « dans le noir » de son enveloppe et au sein de l’appareil. Un temps de développement était inscrit sur les boitiers et sur certains, un « réchauffeur » maintenait la chaleur idéale le temps du processus constant, quelques uns auront même un minuteur pour calculer le temps nécessaire avant de tirer sur la languette du film et sortir la photo, qu’il faut ensuite « peler », c.-à-d. séparer du négatif.
Avec le film SX-70 puis le film 600, lorsque la photo est éjectée de l’appareil, elle se développe seule, comme je l’écrivais, à la lumière du jour. Il n’est plus nécessaire de séparer la photo de son négatif, ils ne font plus qu’un.
Si la technologie vous titille, je vous renvoie à cet article qui explique les différentes réactions chimiques. Moi, j’avoue être fâché avec cette discipline depuis des cours épiques en humanités !
Voilà, voilà … en résumé, après les films en rouleaux qui se développaient à l’intérieur des appareils, Polaroid a introduit les premier films en « pack », c.-à-d. un paquet fermé contenant x photographies en devenir. Si ces premiers films avaient encore besoin de l’abri de la cartouche avant de révéler la photo prise, avec le SX-70 et ensuite le 600, la photo instantanée entre dans la modernité. Nous sommes en 1970 pour le premier, en 1980 pour le second.
Voici, en images, les films d’époque compatibles (merci Polaroid Passion) :
Mais pour en revenir à notre Polaroid Automatic 320, comme je le notais plus haut, il est sorti en 1969, année chère à Gainsbourg et Jane Birkin. Il ne sera produit que jusqu’en 1971 mais se vendra encore jusqu’en 1976 (ils avaient du stock).
C’est un appareil dit « folding », ou pliable, ce qui diminue son encombrement lorsqu’il est replié dans sa coque grise.
Ces caractéristiques sont communes aux Model 100 – 400, à savoir :
un couvercle en plastique qui protège l’ensemble
un soufflet donc avec entretoise en ciseaux
réglage de la distance par un bras coulissant qui fait avancer/reculer l’ensemble objectif
une exposition automatique
armement manuel par curseur, le déclencheur est situé sur le dessus de l’appareil
prise PC poru le flash, qui se clipse sur le dessus du boitier (sauf le 360)
le film pack 100 qui donne un format de tirage de 8,5 x 10,5cm pour une image en 7,5 x 9,5cm (un beau format et déjà le célèbre bord blanc)
Comme il était l’appareil le moins cher de la gamme, il fut bien accueillit et fit le bonheur de nombreux ménages car les réductions de coûts de fabrication – du plastique au lieu du métal, un boitier d’objectif lui aussi en plastique, tout comme l’objectif lui-même – ont aussi contribué à le rendre plus léger et maniable, facile à emporter en voyage.
Revenons un instant sur l’objectif, composé de deux éléments en plastique, un 114mm ouvrant à f8,8 jusque f42 (!). Ce n’est pas un foudre de guère mais il tire son épingle du jeu, la taille du film faisant le reste. Un point particulier à soulever, quand même, il est traité pour les UV (ultra violet), ce qui, dit la publicité de l’époque « … adoucit et rend les images plus naturelles ».
Il possède un posemètre – la cellule se voit, à côté de l’objectif, en forme d’œil rond – qui autorise une exposition automatique. Il peut utiliser des films avec une sensibilité de 75 à 3000 Asa.
Un mot sur l’obturateur, électronique, car je ne résiste pas à la réclame qui lui est faite :
Aaah, ça sent bien les années septante, ces « script-girls » !
Vous trouverez aussi le sempiternel réglage « clair-obscur » pour la compensation de l’exposition, mais je ne suis pas encore convaincu. Quoique le constructeur recommande de s’en servir en fonction des films, qui portent sur une étiquette le réglage a adopter.
Le plus intéressant étant dans son viseur, avec correction de la parallaxe et estimation de la distance. A côté, un viseur télémétrique séparé.
Etant l’entrée de gamme, il ne possède pas le fameux « compte temps » mécanique (une minuterie quoi) qu’on actionne avant de sortir la photo pour respecter les temps de développement.
Par contre, il a le réglage pour la couleur ou le noir et blanc. Le N/B se développe en 15 secondes contre 60 pour la couleur.
Comme pour tout bon Polaroid qui se respecte, celui-ci a besoin d’un flash pour donner le meilleur de lui-même. J’ai la chance de voir mon exemplaire équipé du flash dédié, le modèle 268, avec sa belle couleur bleue.Les ampoules se trouvent encore, par contre les piles, c’est plus compliqué mais ce sont des 1,5v. Je dois pouvoir bricoler, et réparer (cf. ci-dessus).
Quant on le voit pour la première fois, on se rend compte qu’il doit s’agir d’un appareil photo car un viseur dépasse (sur les modèles plus perfectionnés, comme le 360, il s’escamote dans la coque de protection).
Facile à ouvrir (on appuie sur le dessus de la demi coque et tire sur le devant), on voit apparaître l’objectif posé sur le soufflet replié.
Heu, si la coque vous gêne, on peut l’ôter en appuyant sur le loquet de la charnière et en la soulevant un peu.
Pour déplier le soufflet et mettre l’objectif en bonne position, il ne faut surtout pas tirer en force mais bien soulever la tirette marquée d’une flèche, elle libère les ressorts qui ouvrent le tout. Comme ils sont prévenant chez Pola, ils ont marqué cette tirette du chiffre 1.
Allez jusqu’au bout en tirant sur le soufflet, la barre de verrouillage doit être bien enclenchée pour éviter les flous de mise au point.
Pour refermer, il vous faudra appuyer sur la barre de verrouillage et repousser le soufflet. Ne jamais forcer.
C’est vrai qu’une fois ouvert, il fait un peu « mini chambre », non ?
Pour le tenir, vous devrez utiliser vos deux mains, en horizontal comme en vertical.
Ne pas oublier de régler la sensibilité de la cellule (ou vérifier que celle-ci n’a pas bougé car vous ne faites cette opération normalement que lorsque vous mettez un film dans la chambre) : sur 75 Iso s’il s’agit d’un film couleur, sur 3000 Iso si c’est un film N/B.
Mettons l’œil au viseur, ou plutôt d’abord dans le télémètre : vous verrez votre image se dédoubler si vous n’êtes pas « au point ». Pour régler celle-ci, il faut faire glisser vers le droite ou la gauche le curseur que vous avez utilisé pour ouvrir l’appareil.
Vous verrez l’image coïncider dès que vous serez sur la bonne distance.
Il vous reste ensuite à vérifier le cadrage en revenant au « vrai » viseur, collimaté pour une éventuelle correction de la parallaxe.
Notez que le curseur de distance propose aussi des « zones » prédéfinies, utiles si vous voulez prendre des photos à la volée (de 1,5 m à l’infini).
Pour prendre la photo, vous aurez au préalable armé l’obturateur avec la tirette qui dépasse sur le bloc objectif (et marquée du chiffre 3 – on faisait dans le didactique chez Polaroid !). Ensuite, il suffit d’appuyer sur le bouton rouge (marqué 2) sur le dessus du capot : clic – clac, c’est dans la boîte.
Vous aurez remarqué que je n’explique pas comment charger le film, un peu inutile puisque le film n’existe plus. Mais soyons précis, allons jusqu’au bout.
Pour ouvrir le dos de l’appareil, il faut manœuvrer le curseur en dessous. Celui-ci va libérer le dos, qu’il faut soulever pour y glisser la cartouche. En la tenant par les côtés, vous la glissez dans le compartiment en vous assurant qu’elle est bien positionnée. Il faut aussi s’assurer que les languettes blanches soient à l’extérieur de la cartouche, ainsi que la première languette noire : c’est sur celle-ci que vous allez devoir tirer pour faire sortir la photo prise, qui se développera hors de l’appareil mais dans son « enveloppe » noire, jusqu’au moment déterminé où vous pourrez la séparer de son support.
Pour le reste, qui concerne la manipulation du film, comment sortir la languette, etc. je vous renvoie au mode d’emploi que je vous ai mis en fichier à télécharger ci-dessous.
Je ne m’y attarde pas car il reste que ce bel appareil ne peut plus fonctionner car le film n’existe plus depuis 2008 pour les films Polaroid et 2017 pour Fuji qui en avait repris la fabrication.
Ah oui, au rayon des « bonnes idées » de chez Polaroid, un petit accessoire intéressant, le réchauffeur !
Pour bien comprendre son rôle, il faut se rappeler que la chimie des photos est soumise à de nombreux aléas, dont la température. Si vous faites vos photos en dessous de 18°C, elles auront besoin soit de plus de temps de développement, soit de chaleur complémentaire.
D’où l’idée de ce réchauffeur, deux fines plaques métalliques tenues ensembles par un scotch, que l’on conseille de glisser dans une poche intérieur ou sous vos aisselles afin de « chauffer » celle-ci.
Lorsque vous aurez pris votre photo, vous la sortez de l’appareil et la glissez entre les plaques du réchauffeur, qu’on vous conseille d’encore glisser dans une poche pour être certain de garder la chaleur suffisante au moins une minute avant de séparer la photo de son support.
Le mode d’emploi précise encore deux choses : ne pas utiliser cet accessoires pour les photos en N/B et faire attention aux éventuelles coulées de « gelée acide » sur la plaque, qui pourrait abîmer d’autre image par la suite (et vos poches, vos aisselles ?).
Comme manifestement la température influe beaucoup sur la qualité des images produites, selon celle-ci, il faut aussi régler le « dark/ligth » (ouverture). Toujours uniquement pour les photos couleur, le N/B n’est pas aussi « sensible ». Enfin, façon de parler, il est à 3000Iso contre 75 pour la couleur !
Mais revenons à nos considérations : un bel appareil mais guère plus utilisable, le film ayant disparu. C’est bien dommage car le grand format était intéressant et la qualité des images très bonnes parait-il. Le « nouveau » Polaroid Original n’a pas cru bon de relancer cette gamme, au grand désespoir de ceux qui possèdent encore ces boitiers de qualité.
Vous pourriez trouver des pack, notamment sur Ebay, mais à quel prix ! Et sans savoir s’ils sont encore utilisables.
A la question légitime : peut-on bidouiller quelque chose avec des films 600 ou des Instax Wide de chez Fuji ? Je répondrai « peut-être », mais je n’ai pas encore trouvé !
Enfin si, mais en anglais, le mariage improbable d’un vieux Polaroid 455 avec un Instax 200 et le film Instax Wilde.
Vous trouverez à la fin de l’article la video de cet assemblage, pour le plaisir.
Tout ceci étant, est-ce un appareil a acheter ? Hélas, non. Par manque de film d’abord et ensuite parce que cet appareil, qui fut un best-seller en son temps était un entrée de gamme peu évolué.
Si vous cherchez une base pour des manipulations/modifications, il est parfait car vous en trouverez à moins de 10€.
Si c’est pour de la collection, il faudra qu’il soit complet (house, accessoires, flash, etc.)
Si c’est pour décorer – parce que, honnêtement, il a un petit côté « vintage » assumé – il sera aussi très bien, ouvert et prêt à.
J’en connais même qui s’amusent à y glisser une petite caméra de surveillance, comme d’autre l’ont fait avec de vieux « box » Kodak et consorts.
Donc, selon vos envies, faites-vous plaisir.
Quelques pubs d’époque :
Sources : Collection-appareils : en haut, Odéon-Photo 1970, en bas, Grenier-Natkin 1970.
Ah, celui-là, ça fait bien un an qu’il attend dans sa boite …
Finalement, à force de traquer les vieux machins, j’en oublie presque les nouveautés qui sont quand même encore de l’argentique et de … l’instantané.
Car cette façon de photographier a toujours ses adeptes et elle en gagne chaque jour de nouveaux, aussi dans les tranches d’âge les plus jeunes, et c’est tant mieux !
Personnellement, je trouve les formats « carte de crédit » trop petits même s’ils sont amusants car faciles à ranger dans un portefeuille, après une soirée par exemple.
Arrêtons-nous un instant d’ailleurs sur les différents formats, pour y voir plus clair :
Source : Instamaniac, de gauche à droite, le Mini, le Square, le Wide
le Mini avec un format de film de 54(L) x 86(H) mm pour une image de 46(L) x 62(H) mm
Le Square avec un format de film de 86(L) x 72(H) mm pour une image de 62(L) x 62(H) mm
le Wide avec un format de film de 108(L) x 86(H) mm pour une image de 99(L) x 62(H) mm
C’est le dernier format qui s’approche le plus du format des films 600 (et SX-70) de chez Polaroid (78 x 80 mm pour l’image dans un format de film de 89 x 108 mm).
Si vous regardez bien les tailles, il y a une constante, la hauteur, de 62mm pour tous les formats.
Tous ces films sont fournis par Fuji, qui a, de facto, pris la relève de Polaroid dans le domaine de l’instantané.
Pour mémoire, Fuji a fabriqué, en son temps, des films sous licence pour Polaroid, notamment les fameux Pack 100, abandonnés vers 2014 si mes souvenirs sont exacts mais c’est sa collaboration avec Kodak, l’ennemi juré de Polaroid, qui entrainera Fuji dans l’instantané.
A côté des films Instax, qui utilisent une chimie assez semblable au Polaroid mais plus proche par la conception de celle de Kodak (si vous voulez découvrir comment ça fonctionne, je vous recommande d’aller sur le site des Numériques qui explique très bien tout cela), il y a aussi une nouvelle génération, celle du « zéro ink », c.-à-d. sans encre, ni ruban (comme les imprimantes matricielles).
Comme son nom, contracté en ZInk, l’indique, la feuille de papier ne contient aucune chimie, ni encre mais des cristaux thermosensibles couchés directement sur celle-ci. Lors de la prise de vue ou, sur les petites imprimantes portables, lors de l’impression, c’est la chaleur qui va révéler l’image captée (pour des infos plus précises, allez sur le site leblogphoto qui explique aussi ça très bien).
Aujourd’hui donc, il y a le choix de la technologie, un peu moins celles des formats, le Mini étant le plus répandu et le plus « merchandisé » par Fuji, qui le décline dans toute une série de coloris, de décors (voir sur le site Fuji, les « thématiques ») très tendances auquel il fournit toutes une série d’accessoires ludiques (des cadres, des albums) et, bien évidemment, toute une série d’appareils spécifiques, pour toutes les bourses et tous les goûts.
Pour ma part, je garde ma préférence pour le Wide et là, le choix des appareils diminue drastiquement car chez Fuji, il ne reste que le Wide 300.
S’il ne manque pas de qualités, il est finalement très sobre et – disons-le – peu « poussé » par Fuji, qui lui préfère le Square.
Si je le résume, disons qu’il fait des photos. Finalement, c’est ce qu’on lui demande à la base.
N’empêche, de nos jours, c’est un peu … peu ! Et ça limite le côté créatif de pas mal de gens.
Alors, chez Lomography, qui aime bien la créativité, la douce folie, les expérimentations, ils ont décidé de créer leur propre appareil grand format, le Lomo Wide.
Au point de vue taille, le Fuji et le Lomo sont très proches – taille du film oblige.
Je trouve amusant le fait que le viseur du premier soit à gauche et celui du second, à droite.Aussi peu pratique l’un que l’autre, j’y reviendrai.
Par contre au niveau fonctionnalités et accessoires, le Lomo enfonce le Fuji, tout en étant près de 50% plus cher(199€ en version classique et jusqu’à 219€ pour des éditions spéciales contre 119€). Mais quand on aime, on ne compte pas, dit-on !
De prime abord, nous avons affaire à un gros et grand appareil (650gr). Soit à la finition austère (blanche ou noire) soit franchement coloré selon les designers appelés à le relooker, selon les saisons et/ou les promotions.
Ensuite, quand on le prend en mains, il est assez ergonomique et agréable à tenir. Un petit exemple, le bouton du déclencheur, sur la face avant, ne se pousse pas vers le haut ou vers le bas, mais s’enfonce vers l’intérieur, ce qui est, somme toute, confortable et assez naturel.
Sa finition tient plus de la 2CV que de la Rolls, mais tout est bien assemblé.
Donc, au déballage du Lomo, vous aurez :
un appareil Lomo Instax Wide (ok, c’est bien là le minimum attendu)
des compléments optiques comme un ultra grand-angle, un « macro » et un « Splitzer »
un viseur complémentaire pour le grand angle
des filtres colorés à glisser devant la fenêtre du flash
un bouchon d’objectif qui sert aussi de déclencheur à distance
un minuscule (et assez inutile) miroir près de l’objectif (ah, les selfies !)
un livret sur les techniques de prises de vue
le mode d’emploi
Les compléments optiques se visent sur l’objectif initial (pas de vis de 49mm, courant), tout comme cet étrange « Splitzer », un filtre qui permet d’occulter une partie de photo à la fois, en faisant tourner le cache. Il donne la possibilité de découper sa photo sans superpositions puisqu’on n’expose qu’une partie à chaque déclenchement.
L’utilité de cet objet me donne l’occasion de vous expliquer une autre particularité du Lomo Wide : la possibilité de faire des surimpressions.
Il suffit d’appuyer sur le bouton marqué MX, au dos, avant la prise de vue et l’appareil se ré-arme sans faire sortir la prise précédente. Pour éjecter, in fine, le résultat, il faut ré-appuyer sur le même bouton. Effets créatifs assurés !
Son objectif de 90mm est un équivalant 35mm en 24×36, ouvrant de f8 à f22. Il propose 3 positions de mise au point : 60cm – réduite à 10cm avec le complément gros plan, 1-2m et l’infini. Si ce réglage des distances, par zones, parait frustre, il a l’avantage de la simplicité.
Ne vous affolez pas, mais une déformation en coussinet (effet convexe) sera visible, surtout si votre sujet est à moins de 2 mètres. De plus, l’objectif, non traité, est sensible au flare (reflets indésirables). Mais ça participe aux effets créatifs recherchés généralement par les lomographistes.
L’exposition est automatique programmée, ce qui veut dire qu’elle s’adapte à vos choix de distance, à l’utilisation ou non du flash (eh oui, on peut le débrayer). La cellule est précise et donne d’excellents résultats, même dans des conditions parfois compliquées de prise de vue (éclairages différents, contre-jour, p. ex.).
Le viseur, très mal fichu à l’extrême droite (tout comme l’est celui du Fuji, à l’extrême gauche), va vous donner des sueurs froides car il n’y a pas de correction de la parallaxe dans le viseur. Il faudra s’habituer pour cadrer correctement mais on y arrive avec de l’entrainement. En dessous de 3m, il faut vraiment y faire attention car le décalage est important.
Je reviens un instant sur le bouchon d’objectif, qui est donc aussi le déclencheur à distance et qui commande le mode bulb (pose B) : une pression ouvre l’obturateur, une seconde le referme.
Et puis, voilà le paquet de cerises des fonctionnalités, qu’aucun autre appareil instantané ne propose, qui sont regroupées à l’arrière du boitier :
le flash, activé par défaut mais que l’on peut débrayer (touche on/off), je l’ai déjà mentionné
la possibilité de mettre un flash externe avec une synchro flash
les languettes de gel colorés que vous pourrez mettre devant pour oser toutes les fantaisies
la multi-exposition, que je citais plus haut
la possibilité de corriger l’exposition (+1/-1) d’un simple curseur
le bouton qui permet de choisir de travailler en automatique, en pose B ou au 1/30s
un filetage pour le fixer sur un trépied
Si avec ça vous ne savez pas vous amuser …
Et encore, il y a les compléments optiques que j’ai évoqué plus haut :
le complément « grand angle » équivalant à un 21mm en 24×36, avec son propre viseur (mais toujours pas collimaté), qui se vise sur l’objectif de base. Des déformations en barillet (effet concave) seront visibles mais chez Lomography, ça participe au jeu
le complément « macro », sorte de bonnette comme on en faisait dans le temps (voir les Yashica Electro 35 ou les Canonet qui proposaient ces accessoires), qui permet de s’approcher jusqu’à 10cm de son sujet. Attention, elle n’est pas précise du tout et va « manger » de la luminosité (à compenser avec le correcteur). Si vous vouliez photographier des plantes en mode macro, heu … bon courage.
le fameux Splitzer, qui vous permet de photographier « par morceaux » sans faire de surexposition puisque vous ne dévoilez qu’une partie du sujet à la fois (ne pas oublier d’appuyer sur MX à chaque prise de vue). Pas simple à maitriser mais amusant.
-« Bon, c’est bien beau tout ça, mais, et les photos ? »
Soyons honnête, il va falloir en rater beaucoup pour maitriser l’engin.
Car si, sur papier, ça à l’air simple, pour être à la hauteur de ses envies, il faut tâtonner : trouver d’abord le bon réglage pour être net et cadrer ce que l’on voulait cadrer (fichu viseur); avoir le courage d’oublier le complément « macro », bien trop imprécis et difficile à utiliser; trouver le bon équilibre avec le flash, selon les distances envisagées (trop près, ça crame tout, trop loin, il fausse les couleurs).
A ce rythme là, vous avez intérêt à acheter les film par double pack, ce qui réduit – sensiblement – le coût de la photo (comptez quand même 1€ par image).
Je vous avoue que je ne le maitrise pas encore, mais je ne désespère pas d’y arriver.
-« Pourquoi tant d’obstination ? »
Parce qu’il est le seul appareil maniable à proposer un aussi grand format.
Sauf le Kodak Classic Smile, que j’ai toujours mais qu’il est difficile d’approvisionner en film et pour lequel je crains souvent de ne plus en trouver. De plus, il offre moins de possibilités.
Alors, est-ce un bon achat ?
Oui si vous aimez les grands formats en instantané.
Oui si vous arrivez à le trouver en occasion, revendu par quelqu’un qui a abandonné.
Oui car vous pouvez aussi faire des photos toutes simples avec lui, sans essayer d’en tirer la « substantifique moelle » et il s’en tire pas mal.
Videos d’illustration
Un peu de technique :
Format de pellicule : Fujifilm Instax Wide Film
Zone d’exposition : 64mm x 99mm
Focale : 90mm (équivalent à 35mm)
Type d’exposition automatique : automatique programmée
Il est vrai que lorsque l’on parle des 600, la plupart des personnes voient les icônes des années 1980 et 1990, ceux qui ont inauguré et utilisé les célèbres « pack film » avec la batterie intégrée.
Petite revue des 600, de toutes les formes.
Le format des instantanés, carrés, mesurait 7,9cm, avec la non moins célèbre bordure blanche.
La sensibilité était de 640 Iso et il fallait plus ou moins 3 minutes pour qu’ils se développent (à 21°C).
Des Polaroid 600, il y en eut pour tous les goûts et toutes les bourses : les classiques, tout simples; ceux avec un autofocus fonctionnant grâce à un sonar; quelques uns avec des lentilles en verre, la majorité avec des lentilles en plastique et une mise au point immuable à 1,2m; d’autres, grâce à une lentille « gros plan » étaient pourtant capable de descendre à 60cm
Presque tous, au fil des ans, avaient la même mécanique (qui évoluait discrètement), habillée avec des carénages anguleux, arrondis ou un mixte des deux, et des couleurs très sobres ou complètement flashy, selon les pays de diffusion, ou les annonceurs commerciaux qui les utilisaient comme cadeaux d’affaire.Il y eut même des éditions limitées à l’effigie des quelques gloires passées (Little Kitty, les Spice Grils par exemple). Les collectionneurs s’en frottent les mains, à la recherche de la pièce rare.
Toute une époque que l’on pensait révolue mais qui a le bon goût de revenir, surtout auprès des plus jeunes, qui adorent « sentir » l’image qu’ils viennent de capturer et qu’ils peuvent partager immédiatement avec leurs ami(e)s, chaque photo étant unique.
Pourtant, soyons honnête, Polaroid Corp a inventé pas mal de choses (le concept de l’instantané, le système SPARR – gestion du flash, le sonar pour l’autofocus, le Lightmixer – analyse de la lumière par exemple), mais ils ont été les as de la récupération, de faire du neuf avec du (très) vieux : juste un peu de cosmétique au fil du temps et on nous resservait la même salade. Si je devais vous en convaincre, je vous invite à parcourir les sites de « The Land List« . Son auteur recense les différents modèles et leurs « différences » et Polaroid Intégral 600 Series. Je salue bien bas !
Ici pourtant ils ont fait un effort.
Reprenant l’inspiration des Image System, ils ont créé un appareil de très petite taille comparé à tout ce qui a existé avant.
Replié, il ne prend pas plus de place qu’un petit reflex. Ouvert, il reste élégant et sa taille est toujours contenue.
L’électronique des années deux-mille a favorisé cette réduction de taille (ce modèle date de 2004). Elle l’a considérablement améliorée aussi, la rendant plus stable dans le temps (le gros défaut des Images System, justement).
Mais venons-en à sa présentation.
Pour l’ouvrir, il suffit d’appuyer sur le bouton carré, à l’arrière. Notez que pour le refermer, il faut ré-appuyer sur le même bouton en refermant le dessus (ce qui nécessite d’utiliser ses 2 mains).
Il y eut plusieurs modèles : le Classic, l’Ultra et le Pro.
Celui-ci est un Classic, la version la plus simple avec une mise au point minimale de 90cm, une vitesse d’obturation fixe.
Par comparaison, l’Ultra a une mise au point de 70cm, le Pro, de 60cm. Le flash de chacune des versions est réglé en fonction et plus on « monte » dans la gamme, plus vite le flash se recycle.
Sur l’Ultra et le Pro, on retrouve le fameux réglage « clair/sombre » qui permet, modestement, de faire varier la vitesse d’obturation. Ils gagnent aussi un retardateur, mais seul le Pro aura un écrou pour le fixer sur un trépied.
Enfin un bon point pour les trois, un « compteur » de vues enfin lisible.
Et qui se fait toujours piéger par les nouveaux films Polaroid car il n’y a plus que 8 vues dans un pack alors que les « vrais » Polaroid en comptaient 10. Y penser car lorsque vous arrivez au chiffre 8, ça veut dire que vous avez terminé votre pack.
Une fois ouvert, comme d’habitude, le viseur est enfin accessible, la lentille dégagée, ainsi que le flash.
Dès qu’il s’ouvre, le flash charge Sur ce modèle, on ne peut pas le débrayer (oui sur l’Ultra et le Pro)
Pour y mettre un film, ils ont gardé le même principe que sur l’Image System, encore une fois : il faut appuyer sur le petit bouton marqué « film », juste sous l’objectif.
Tiens, parlons-en de cet objectif : c’est marqué dessus, c’est un 100mm avec une mise au point à 90cm jusque l’infini (range 3 feet to infini). Son ouverture est de f12,9 (quand je vous disais que les Polaroid ont besoin de beaucoup de lumière et/ou d’un flash intégré).
Vais-je vous étonner en vous disant que la lentille est en plastique ?
L’obturateur, électronique, varie d’un 1/3s à 1/200s.
Si le plumage a changé (en bien), le ramage reste identique : un objectif peu lumineux qui nécessite l’utilisation quasi systématique du flash, une cellule qui calcule assez correctement la lumière, un viseur réduit à sa plus simple expression (aucune indication à l’intérieur), le flash intégré indispensable, géré par l’incontournable Lightmixer (LM).
Mais un design enfin moderne, qui rend son utilisation plus agréable et son port plus aisé.
Ceci étant, je n’en ai pas trouvé beaucoup en brocante, c’est le premier.
Il s’en est pourtant vendu beaucoup à l’époque – quoiqu’il faille relativiser car nous n’étions plus à la « belle époque » du Polaroid initial.
Honnêtement, celui-là je le garde car il est facile à glisser dans un sac photo et je le trouve beau.
Alors, si vous aussi avez la chance d’en dégoter un, essayez de le négocier autour des 20€, il le vaut bien, surtout les modèles Ultra et Pro (là, il faudra débourser un peu plus sans doute).
Voici le second Polaroid Image/Spectra que j’ai acquis, celui-ci dans une autre brocante bruxelloise.
Comme je m’économise, je vous renvoie à l’article sur le Polaroid Image System pour l’historique de cette gamme.
Et je vais en profiter pour entrer plus en détails dans le maniement de ces beaux engins.
Mais avant tout, je réitère ce que j’expliquais précédemment, à savoir que le film (appelé Spectra, Type 1200 et Image) n’existe plus, malheureusement.
Abandonné une première fois en 2008 par Polaroid, il fut repris par Impossible Projet (qui redevient Polaroid Originals ensuite) en 2017.
Las, je vous laisse lire les déclarations des dirigeants de la firme :
Octobre 2019
Chers photographes Spectra,
Depuis 1986, Spectra a joué un rôle important dans l’offre cinématographique de Polaroid et dans le monde de la photographie instantanée analogique. Avec trois décennies derrière eux, ces caméras grand format arrivent maintenant à la fin de leur vie utile. Le brouillage et les pannes fréquentes affectent maintenant la majorité de ces caméras, et malheureusement, ce n’est pas quelque chose que nous pouvons influencer avec notre film.
Après des tests approfondis, nous avons conclu que nous ne pouvons plus prendre en charge ces caméras. Alors aujourd’hui, le cœur gros, nous annonçons la fin de la production du film Spectra.
Alors que nous partageons la tristesse avec notre communauté, nous continuons à nous concentrer sur l’avenir de la photographie instantanée analogique en améliorant notre gamme de base et en continuant à travailler sur la chimie de nos films. Nous sommes impatients de travailler avec notre communauté pour tester de nouveaux produits et faire prospérer la photographie instantanée analogique dans le futur.
Merci de continuer à croire en la photographie analogique instantanée,
Oskar Smolokowski PDG, Polaroïd
Notre équipe de fabrication a mené un plan de test et d’amélioration intensif de 6 mois sur les caméras Spectra et notre film. Nous avons optimisé les dimensions et l’angle de déviation du film d’éjection, réduit le poids de la capsule et réduit la friction du masque grâce à différents revêtements. Nous avons également effectué plusieurs tests de batterie avec différentes tensions et courants de différents fournisseurs.
Ce défaut est complètement aléatoire et dépend de nombreuses variables avec chaque pack de film et de la configuration des circuits de la caméra. Il n’y a malheureusement pas de solution simple.
Andrew Billen Responsable de la fabrication mondiale, Polaroid
Source : Polaroid. Notez que ces dirigeants remettent en cause la fiabilité des appareils pour la non reconduction de la fabrication des films.
Sortons les mouchoirs une dernière fois …
Mais faites attention, si le film a cessé d’être produit en 2019 (à l’heure où j’écris ce billet, ça ne fait que trois ans !), de petits malins essaient de vendre des stocks de pack Spectra. Outre le fait qu’ils les vendent à prix d’or, il faut vous assurer qu’il s’agit bien des derniers produits. Les plus vieux ont leurs piles mortes et la chimie est « cuite ». Faites gaffe aux arnaques sur les grands sites de vente !
Allez, découvrons donc à nouveau ce Polaroid Image Elite/Spectra.
Si vous avez lu l’article précédent, vous aurez remarqué une petite différence dans la forme des deux appareils : celui-ci est un peu plus arrondi et sa poignée est en plastique, avec un velcro pour l’ajuster.
Outre ces éléments cosmétiques, l’intérieur est identique :
objectifs à trois lentilles Quintic 125mm ouvrant à f10
viseur lumineux
mise au point automatique
électronique avec cellule
obturateur donnant les vitesses de 2,8 s à 1/200s
autofocus par sonar
prévu pour fonctionner avec les films 640 Iso
Sorti en 1997, le Polaroid Elite, suivi d’un Elite Pro, seront les hauts de gamme de la série Spectra.
-« Bon, mais comment ça fonctionne ce machin ? »
Lorsqu’il est replié, comme pour tout bon Polaroid, l’objectif est protégé et il est impossible de viser.
Ici, replié, il est particulièrement compact.
Pour l’ouvrir, vous devez pousser le levier sur le côté, sous la poignée. Attention, ce levier sert aussi à refermer (et donc éteindre) le boitier. Ne forcez pas pour le refermer si vous n’avez pas actionné le bouton.
Imaginons que nous avons pu trouver un film neuf et que nous l’avons glissé dans l’appareil. Vous verrez alors un voyant s’allumer à l’arrière du boitier. N’oubliez pas que la pile est contenue dans le film, comme pour les 600 ou SX-70. C’est elle qui alimente le tout.
C’est le moment de s’intéresser aux commandes qui sont à l’arrière.
Alors, de gauche à droite, vous aurez :
le commutateur d’unité (?), qui vous permet de modifier la lecture dans le viseur pour passer des mètres en pieds (ou l’inverse) comme mesure. Impossible de le manipuler accidentellement, vous aurez besoin d’une fine pointe bic pour le bouger.
le « bip » qui vous renseigne si vous avez bien fait la manœuvre, que vous pouvez éteindre
le minuteur ou retardateur, que vous enclenchez en poussant le curseur vers le bas. Il vous laisse 12 secondes pour vous mettre dans le cadre. Et souvenez-vous, si vous refermez l’appareil et puis le ré-ouvrez, le retardateur repart à zéro, ce qui vous permet de faire une double exposition sur la première photo qui n’aura pas été éjectée.
la mise au point automatique peut-être activée ou désactivée, bien que si vous optez pour la seconde solution, vous n’ayez pas vraiment le choix de faire cette mise au point manuellement car, de fait, le boitier se mettra sur l’infini (mise au point minimum à 4,6m). Disons que cette solution n’est utile que si vous voulez photographier à travers une fenêtre, auquel cas le sonar bute sur celle-ci.
vous pouvez aussi activer ou désactiver le flash. Solution à n’utiliser que si vous êtes en plein soleil ou avec un éclairage très puissant. En gros, laissez le flash sur ON, ça vous évitera de gâcher de la pellicule.
la fameuse compensation d’exposition, réduite sur les 600 à un petit curseur un peu inutile. Eh bien dites-vous que si elle semble plus sophistiquée ici, elle ne vous apportera rien de plus. Laissez faire le boitier pour la régler.
Un point à retenir, les commandes que vous auriez modifiées ne se remettent pas à zéro lorsque vous éteignez/rallumez l’appareil, elles restent comme vous les avez changées. A vérifier pour éviter les mauvaises surprises.
Et si nous essayions de mettre un pack Spectra dans l’appareil (continuons de rêver). Vous devrez d’abord ouvrir l’appareil afin d’atteindre un second bouton, situé sur la droite. En appuyant dessus, le compartiment s’ouvre, pour y glisser le film.
Comme pour tous les Polaroid, lorsque vous aurez inséré le pack film dans le compartiment et que vous aurez refermé celui-ci, il éjectera la feuille noire de protection (le darkslide) du film et l’appareil sera prêt à photographier.
Puisque nous continuons de rêver et que l’appareil est prêt à prendre sa première photo, vous devrez attendre que la LED devienne verte, ce qui signifie que le flash est prêt. Visez votre sujet en appuyant sur le déclencheur à mi-course, ce qui permet au boitier de faire la mise au point.
Petite particularité, votre vision est légèrement décalée par rapport à l’objectif (comme pour les appareils télémétriques). Vous ne verrez pas où l’appareil fait la mise au point par contre il vous indiquera précisément la distance qui sépare le boitier du sujet (en mètre ou en pieds).
C’est utile pour savoir si l’appareil vise bien le sujet que vous vouliez où s’il s’est arrêté sur un autre objet qui était sur le chemin de votre vision.
Si c’est ok – et ça l’est généralement, la mise au point par sonar étant précise – il vous reste à enfoncer à fonds le déclencheur.
Comme d’habitude, petit bruit de roulements, l’image sort par devant. Ne la laissez pas exposée à la lumière, retournez-là et laissez-là faire son développement toute seule, « à son aise ». Ne jamais secouer une photo, ça brise la chaine des réactions chimiques nécessaires au développement.
Et s’il fait frisquet, mettez là dans une poche, au chaud, elle se développera encore mieux.
Quelques dernières images de l’appareil
Voilà, voilà …
Un autre très bel appareil qui ravira les collectionneurs ou les bricoleurs qui essaieront de glisser du film 600 dans une ancienne cartouche de Spectra.
A son époque, il était un des meilleurs appareils instantané. Pour la petite histoire, il équipa les polices américaines et anglaises pour ses qualités.
Ceci étant, et je reviens au début de cet article, aux déclarations des dirigeants de Polaroid Originals, il semble bien que ces appareils connaissent des soucis au niveau de leur électronique, qui affiche pour les plus jeunes une trentaine d’années et les autres, frisent les quarante ans.
Si cette allégation est vraie, elle doit être suffisamment répandue puisqu’elle serait la cause de l’abandon du développement des nouveaux films Spectra.
Il y a d’autres appareils chez Polaroid a utiliser sans complications que pour se morfondre à la perte des Spectra, quoique …
Alors faut-il en acheter un ? Si vous êtes collectionneur, la question ne se pose pas. Si vous vouliez l’utiliser, il vous reste le bricolage, en espérant que le reste ne vous lâche pas.
En tout cas, il me semble raisonnable de ne pas dépasser les 15€ pour un très bel exemplaire avec, soyons fou, sa boite d’origine (et les accessoires ?)
J’ai hâte de trouver un jour, à prix raisonnable, un SX-70 ou un 690 (restons optimiste) et de vous en faire le compte rendu.
Quelques videos d’illustration
Regardez bien les premières images de cette seconde video, une publicité Polaroid d’époque vous montre comment fonctionne l’appareil
A défaut d’un « vrai » SX-70, voici un autre appareil qui utilise le même film …
Celui-ci a furieusement un air de ressemblance avec le 2000 que je vous avais présenté il y a peu.
S’il porte le nom de Supercolor (souvent associé aux 600), il est en fait un Polasonic, c.-à-d. un appareil dont la mise au point est faite grâce à un sonar. Après 20 ans de recherches, le premier appareil équipé de cette technologie est sorti en 1978, le fameux SX-70 pliant et le 5000, plus abordable.
Je vous invite à lire cet article intéressant à ce sujet.
A la grande grille ronde et dorée, protégée par une grille en nid d’abeille sur la face avant. C’est cette mince feuille de plastique qui, en vibrant silencieusement, va émettre un son qui embêtera seulement les chauves-souris et qui, en revenant vers la source d’émission, permettra à un calculateur au quartz de donner la distance boitier – sujet.
Ce Supercolor 3500 est sorti en 1981 et c’est le petit frère du 5000, à qui il manque l’indicateur de base lumière (le petit rond à côté du réglage clair/obscur). De l’autre côté de l’Atlantique, il s’appelle « Pronto! Sonar OneStep ».
Hormis ce détail, les appareils sont semblables :
objectif de 114mm en trois éléments, ouvrant à f9,4 (jusque f22)
obturateur électronique asservi à la cellule
vitesses automatiques de 1s à 1/125s
autofocus par sonar avec mise au point à partir de 0,90cm jusque l’infini
possibilité de mise au point manuelle
flashbar à clipser ou flash Polatronic 5 (là, je râle, j’en avais trouvé un bel exemplaire chez Emmaüs mais quand j’ai ouvert le compartiment à piles, l’horreur, l’acide avait tout démangé !)
Le réglage manuel de la distance se fait en manœuvrant un curseur rouge, au dessus de l’objectif : si vous le laissez sur auto, les distances sont cachées; si vous êtes en manuel, vous voyez un cercle noir avec des distances en mètres, vous faites le réglage en actionnant une roue crantée rouge.
Au niveau manipulation, c’est tout simple : vous ouvrez la partie basse de l’appareil avec le curseur sous le déclencheur, glissez dedans un film SX-70 – qui est toujours produit, je le rappelle. Dès que c’est fait, et que vous refermez le bac, l’appareil éjecte une feuille noire, la protection du film.
Il vous reste à viser, cadrer et appuyer à mi-course le déclencheur rouge pour activer le sonar. C’est lui qui fera la mise au point (à partir de 90cm). Lorsque c’est bon, appuyez à fonds sur le déclencheur pour prendre la photo.
Ah, un détail, mais qui a son importance : j’espère que vous lui avez clipsé un flashbar ou un Polatronic 5 dessus, sinon qu’il fait grand soleil ou que vous êtes dans un studio bien éclairé, car comme tous les Polaroid, celui-ci a besoin de beaucoup de lumière.
D’autant que ses vitesses ne sont pas très élevées, 1/125s au maximum, et le film SX-70 n’est pas le plus rapide (autour de 150 Iso).
L’objectif est un triplet … en plastique. Hé oui, on fait des économies chez Polaroid. Bon, la qualité est bonne sans être exceptionnelle, comme d’habitude.
Sur la photo, j’avais placé un flashbar de 5 lampes (une Osram) et … ça ne fonctionne pas ! Il faut vraiment une barre de flash prévue pour Polaroid.
Ceci étant, cet appareil est-il encore intéressant à l’achat ?
Si vous le trouvez avec un flash électronique, pourquoi pas. Sans cela, c’est moins évident car les autres flashs sont difficiles à trouver.
Au niveau manipulation, comme je l’écrivais plus haut, c’est très facile, le sonar fait vraiment bien son travail pour la mise au point et la cellule est précise, même sans l’indicateur de base lumière.
Il a une bouille sympathique, qui s’alourdit malheureusement avec le flash (quasi) obligatoire.
Si vous voulez utiliser régulièrement un Polaroid, je vous conseillerais plutôt un Autofocus 660, qui utilise aussi la technologie du sonar, possède un flash intégré et utilise le film pack 600, (un peu) plus sensible.
Question prix, si vous en trouvez un, la barre des 15€ doit être une limite raisonnable.
Alors celui-ci, c’est la charmante dame qui m’a vendu le Canon AS-1 qui me l’a donné.
Je lui avais expliqué que je trouvais l’appareil intéressant mais malheureusement inutilisable, le film Spectra n’existant plus depuis quelques années.
Et comme nous avions parlé d’autres choses et découverts des points communs, elle a eu la gentillesse de me l’offrir.
A moi maintenant de vous décortiquer l’engin.
C’est en 1986 que Polaroid introduit le format Spectra, et les appareils qui vont avec. Enfin, Spectra pour les USA, pour les autres c’est le système Image dont il s’agit.
En quoi ce film est-il différent des 600 bien connus (et dans la foulée, des SX-70 puisqu’ils ont la même taille) ?
Si le 600 a un format carré, le Spectra sera un rectangle (9,2×7,3cm).
Pour le reste, c.-à-d. les ISO, la méthode de développement et son processus restent inchangé, y compris le principe de la pile intégrée dans le pack film. Dix vues étaient proposées par paquet.
Outre le fait que le film est plus grand, et rectangulaire, la gamme Spectra/Image offrait une bien meilleure qualité de fabrication que les séries 600 et des fonctionnalités plus poussées.
Comme par exemple, un objectif 125 mm f10, un système de mise au point automatique à ultrasons, un affichage de la mise au point en pieds ou en mètres, un retardateur de 10 secondes, une mise au point automatique que l’on pouvait débrayer, tout comme le flash, normalement automatique et une compensation d’exposition de +/- 1,5 stop.
Cet appareil bénéficie d’un système de mise au point assez particulier, composé d’un élément central en forme d’arc segmenté qui pivote sur un axe pour ajuster la mise au point. Lorsque le signal envoyé/reçu par les ultrasons (sonar) reviennent au calculateur, celui-ci actionne un moteur qui fait tourner cet élément pour que la mise au point soit nette. Pas simple, mais efficace.
Je ne résiste pas d’ailleurs à vous soumettre l’analyse ci-après, un régal :
« La maison Polaroid n’est pas en reste pour les solutions imaginatives. Si ses appareils donnent parfois l’impression de sortir d’une pochette surprise, l’examen de l’intérieur révèle de véritables délires d’ingénieur. En témoigne l’objectif Quintic de 1986, qui équipait les Spectra et/ou Image system. Ouvert à f/10 ce 125mm est peu lumineux, mais il faut rappeler qu’il est destiné à couvrir du quasi grand format : 9,2×7,3cm. C’était un triplet, pas si simple que ça d’ailleurs : on hésite à donner le nom de « lentille » à l’élément intermédiaire : il s’agit encore d’une légumineuse, mais d’après sa forme c’est plutôt un haricot synthétique (qui se déplace transversalement à l’axe optique). Impossible d’y trouver la moindre portion de sphère. Le plus étonnant est que cela donne des résultats satisfaisants. »
Ceci étant, nous sommes toujours face à un appareil entièrement automatique. Mais, avec un peu d’astuces …
Si vous enfoncez le déclencheur à mi-course, la boitier mesure la lumière et fait une mise au point au centre de la photo. Un voyant vert indiquera que l’exposition est bonne et un nombre s’affiche pour vous indiquer la distance de mise au point. Classique et qui vous permettra de recadrer votre sujet tant que vous gardez le déclencheur enfoncé à mi-course..
Vous pourrez aussi jouer avec la correction d’exposition car ici le boitier recalculera en fonction des données introduites (pas comme le système à curseur des 600).
Bien évidemment, ici aussi vous pouvez désactiver le flash mais bien qu’il soit plus « évolué » que les 600, ça reste un Polaroid, gourmand de lumière.
Autre astuce intéressante, celle de la superposition d’images que vous rendrez possible en utilisant le retardateur. Car le film ne sortira pas tant que vous n’aurez pas relancé le retardateur. Si vous fermez l’appareil après le premier cliché, le fait de ré-ouvrir celui-ci relance la minuterie et vous pourrez faire une seconde image sur la première.
Cet appareil est voulu plus évolué, plus complet. Il sera par exemple livré avec des kits de filtres à effets particuliers.
La gamme évoluera au fil du temps mais la plupart intègre un objectif en plastique Quintic de 125mm ouvrant à f10, en trois éléments (46mm en équivalent 24×36), un retardateur, une exposition automatique et un autofocus avec sonar. Le reste sera l’ajout ou le retrait de certaines fonctionnalités (le Spectra 2 n’a qu’un réglage de l’exposition alors que le Spectra E n’a que les commandes AF, flash et la possibilité d’éclaircir/assombrir.
Il y aura aussi des variantes comme le ProCam avec une ouverture différente, ou des appareils destinés à la macro.
Comment fonctionne-t-il ?
Ici pas question de lui « arracher la tête » pour l’ouvrir.
Sur le côté, sous la lanière de portage, il y a un verrou pour ouvrir l’appareil.
Et lorsque celui-ci est en position de prise de vue, sur le côté droit, un second levier permet de déverrouiller le « bac » du film.
C’est, je trouve, un appareil élégant, finalement peu encombrant lorsqu’il est fermé et guère plus lorsqu’il est ouvert. Toute la technologie Polaroid est là, concentrée.
Bon, tout ça c’est bien mais quel film mettre dedans ?
Ben … il n’y en a plus !
Sauf à trouver, à prix délirant, des packs inutilisables car les piles sont mortes et la chimie cuite.
Ah, si vous fouinez un peu sur la Grande Toile, vous trouverez quelques aventuriers qui placent des films de 600 dans des cartouches vides de Spectra, moyennant des cales, des piles recoupées, bref, du bricolage.
-« Et ça fonctionne ? »
Les videos tendent à démontrer que oui, mais allez savoir !
Mais la question fondamentale est de savoir quel intérêt il y a de mettre un film carré dans un appareil prévu pour faire des photos rectangulaires ….
Pendant un (petit) moment, Impossible Project, redevenu entre temps Polaroid Originals, avait relancé la fabrication du film (le PZ 600 Silvershade), avec beaucoup de déboires (la chimie n’était pas au point). Toujours est-il qu’ils ont re-laissé tomber, au grand dam des possesseurs de ces beaux appareils, qui y croyaient encore … un peu.
Que faire si vous en trouvez un ?
Soit vous êtes collectionneur et son achat peut s’intégrer dans une collection; soit vous êtes amateur de bel objet et celui-ci en est un; soit vous avez envie de pouvoir vous en servir et là …
Bref, selon la catégorie dans laquelle vous vous trouverez, ne dépensez quand même pas plus de 15€ pour un bel exemplaire, avec sa boite.
Et si vous avez l’âme bricoleuse, pourquoi pas essayer le 600 dans la cartouche ?
Pub de l’époque
Source : Collection-appareils, Porst 1986-87.
Videos d’illustration
Si vous voulez découvrir la gamme des appareils Spectra/Image, allez voir LA
Avec mon épouse, nous considérons qu’une brocante est réussie si nous voyons un livre de Rika Zaraï, à défaut un de Pierre Bellemare, un disque de Linda de Suza, une fanfare, des pains saucisse et … un Polaroid !
Et bien, sur celle-ci, nous avons été gâté et moi en particulier car j’ai déniché ce Polaroid 600 OneStep tout neuf, encore dans sa boîte (ok, elle a un peu souffert).
Franchement, je n’ai pas dû négocier longtemps, le vendeur voulait s’en débarrasser et n’imaginait même pas que l’on pu encore utiliser cet appareil de nos jours. Merci Monsieur.
Alors, ce OneStep 600, que nous réserve-t-il ?
Apparut en 1976, le OneStep 600 est le premier appareil conçu pour le film intégral 600. L’original manquait singulièrement de fonctionnalités : pas d’objectif gros plan, pas de flash intégré mais il a le fameux curseur Assombrir/éclaircir pour la correction d’exposition.
L’objectif était un 116mm ouvrant à f11, en plastique. La mise au point commençait à 1,2 m jusque l’infini. Comme il n’y a pas de flash intégré, il fallait mettre une rampe de flashbar dans la languette prévue à cet effet lorsque l’appareil était ouvert. La vitesse était automatiquement déterminée par l’appareil, entre 1/4s et 1/200s
Franchement, ce premier opus n’a pas d’autre intérêt qu’historiquement être le premier d’une longue série.
Le modèle va peu évoluer, si ce n’est l’ajout d’un flash intégré.
Les appareils désigné seulement par un chiffre 600 sont vraiment les entrées de gamme de chez Polaroid.
Celui qui nous préoccupe est apparu dans les années nonante. Si la forme s’arrondit, le principe reste le même, avec quelques améliorations, dont celles qui ne se voient pas car concernant l’électronique embarquée, plus performante que dans les années septante et quatre-vingt.
Il utilise le pack intégral 600 (c.-à-d. le film avec la pile dedans).
Dès que vous ouvrez l’appareil, en tirant fermement sur le dessus qui protège la lentille et le flash lorsqu’il est refermé, il se met en batterie. Entendez par là qu’il précharge le flash, dont il va avoir besoin.
La cellule, qui est sous le viseur, va analyser la lumière disponible pour régler automatiquement l’exposition et vous, vous devrez régler la distance à l’aide du curseur qui est à droite, face à l’appareil. Le déplacement de ce curseur entraine une lentille en plastique qui viendra se placer devant l’objectif.
Vous avez le choix entre portrait de groupe et montagne, soit à partir de 1,3m jusque l’infini, et le portrait rapproché où vous serez net dès 60cm jusque 1,2 m.
Point de vue réglages, c’est tout !
Ah si, vous pouvez décider d’utiliser le flash ou pas, en enfonçant à fond le gros bouton noir du déclencheur ou le second bouton noir placé derrière le déclencheur, ce qui coupe le flash.
Et le fameux curseur pour éclaircir ou assombrir la photo. Vous arriverez un jour à le maîtriser selon la quantité de lumière dont vous disposez, mais l’idéal est de le laisser au milieu, le flash faisant la différence dans l’appoint de lumière.
Alors, que penser de ce Polaroid OneStep 600 ?
C’est l’idéal pour s’initier à la photo instantanée mais les réglages sont vraiment réduit à leur plus simple expression.
Mais disons le tout de suite, les résultats sont à la hauteur de la lentille en plastique, pas vraiment flous mais pas vraiment nets non plus.
Si vous en trouvez un en brocante, ne dépensez pas plus de 15€ pour l’acheter. Ce sera un bon petit compagnon mais gardez en mémoire ses limites.
D’ailleurs je me faisais la réflexion il y a peu : les Polaroid, c’est un peu comme les Praktica, tant que la formule est bonne, on ne change rien, sauf un brin de cosmétique de-ci de-là et le reste ne se voit pas (électronique interne).
Alors celui-ci, il m’a attiré dans cette brocante par sa ceinture métallique et sa bande arc-en-ciel.
Je l’ai ouvert, vérifié que les rouleaux étaient propres, le miroir pas abîmé et j’ai, brièvement, négocié son prix avant de le mettre dans le sac à dos.
Petites recherches pour vous présenter ses principales caractéristiques et c’est parti.
Cet appareil a été lancé en juin 1985. Comme je l’écrivais, il ressemble très fort aux autres 635 de l’époque, si ce n’est sa robe métallisée et le sigle LM, pour Lightmixer, un système génial qui dose la lumière du flash par rapport à la lumière ambiante. Ainsi, au soleil, l’exposition sera basée à 75% sur la lumière du jour et l’appoint des 25% restant par le flash. S’il fait plus sombre, l’exposition sera réglée par le flash seul.
Çà c’est une règle à retenir : un Polaroid a toujours besoin de beaucoup de lumière. Alors si vous pouvez en acheter un, prenez le toujours avec un flash intégré, plus simple que les rampes de flashs qui ne sont pas faciles à trouver ou les Polatronic et consorts, à prix exorbitant.
Mais notre bon Supercolor 635 LM a un autre atout sous sa carapace noire, le système SPARR. Ce système permet au flash de se (re)charger en trois secondes, soit à l’ouverture de l’appareil, soit entre deux prises.
Ceci étant, pour le reste, du grand classique, de celui qui plait par son côté « vintage » assumé : une fois fermé, l’objectif est protégé et la visée impossible. Quand vous avez relevé le « nez » de l’appareil, il se met en batterie et est prêt pour la première photo : vous visez, déclenchez et ayez la bonté d’attendre plus ou moins 90 secondes avant de voir apparaître devant vos yeux attendris la photo prise.
Pour l’alimenter, comme d’habitude, vous ouvrez la trappe en dessous en poussant le curseur sous le déclencheur vers l’avant. Il suffit d’y glisser un film 600, de refermer, d’attendre quelques secondes que l’appareil « crache » une feuille noire (celle de protection du film) et vous voilà prêt.
La visée est assez claire même si aucune aide ne vient à votre secours (pas de cadre collimaté, rien). Mais dites vous qu’un discret système à infrarouge va calculer la luminosité de votre sujet à l’appareil et faire le réglage automatiquement de l’exposition (de 1/3s à 1/200s). Une petite remarque au sujet du viseur : il ne couvre pas toute l’image, qui sera un peu plus grande que ce que vous aviez vu. Y penser évite des surprises.
La mise au point est fixe et vous serez net de 1,2 m à l’infini grâce à son objectif à ménisque (une seule lentille de109mm, traitée contre les reflets). Pensez bien à cette limite de 1,2m car vos images seront floues en deçà.
Petite remarque utile : pour ouvrir l’appareil, tenir fermement le dessus entre le pouce et l’index et serrez en tirant vers le haut. C’est parfois assez « viril » mais n’ayez pas peur de tirer, c’est solide. Deux petites LED, une rouge et une verte, vont s’allumer pour vous indiquer que l’appareil est prêt et le flash chargé.
Comme d’habitude, le déclencheur est à double course : soit vous appuyez sur le gros bouton rouge, qui va activer le flash si le boitier estime son usage nécessaire (dans au moins 99,9% des cas), sinon, vous actionnez le second curseur, derrière le bouton rouge et l’appareil prendra la photo sans envoyer d’éclair flash.
Un autre réglage que, personnellement je trouve inutile, c’est le curseur pour régler l’intensité lumineuse, du très clair au plus foncé. Vous ne pourrez constater qu’une fois la photo prise si cette correction est utile, ou pas.
Ah oui, un classique : faites attention quand vous achetez vos films. Ils doivent comporter une mention (souvent écrit « vintage ») pour préciser qu’ils ont bien une pile à bord. Les films 600 destinés aux nouveaux appareils Polaroid ne contiennent plus de pile, celle-ci étant maintenant dans le boitier.
Et autre astuce à laquelle il faut faire attention : initialement, Polaroid vendait des films (les pack 600 intégral) de 10 vues. Le compteur de votre appareil ne va pas plus loin. Mais, comble de la fumisterie, les nouveaux films Polaroid (les ex « Impossible project ») ne contiennent plus que 8 vues. Donc, quand votre compteur affiche 8, vous êtes au bout.
Alors, si je résume : un appareil simple qui va gérer l’ouverture en fonction du calcul de sa cellule et qui va gérer l’utilisation et la puissance du flash selon la luminosité ambiante. Si votre sujet se situe à au moins 1,2 m, vous serez net, jusque l’infini.
Que demander de plus ?
Ah, je peux ajouter qu’il y a des films 600 avec des bords colorés, en N/B, avec des teintes originales pour ne pas photographier comme tout le monde. La marque se donne du mal pour que vous soyez satisfait(e) de votre appareil … et moi j’aimerais que pour le prix ils ajoutent deux photos en plus
Le pire dans cette histoire, c’est que Polaroid s’est fait larguer et a perdu tout ce qui faisait sa spécificité. Mais que ses appareils, pour simples qu’ils étaient, fonctionnent la plupart encore parfaitement. Et c’est grâce à l’opiniâtreté de quelques fondus qu’aujourd’hui vous pouvez encore trouver des films compatibles.
Si les films Fuji, les Instax, sont très bons, ils manquent de cette magie qu’à créée Polaroid et, à moins d’opter pour le format Wide, ils sont quand même petits à regarder.
Au niveau des prix, j’estime que tous les Polaroid qui ne possèdent pas le système de réglage par sonar (la fameuse pastille en nid d’abeille comme sur le 660) ne devraient pas dépasser les 25€.
Polaroid avec le système de réglage par sonar, le 660 Autofocus
Dites vous bien qu’un film coûte environ 18 à 19€. Tout le monde n’investira pas cette somme pour obtenir une photo instantanée, auquel cas le Polaroid du Monsieur ou de la Madame sur la brocante, risque de finir ses jours à la déchèterie quand ils en auront marre de le trimballer. Alors commencez par proposer 15€, vous verrez bien, et souriez !
Pour voir les gentils délires des Lomographistes inspirés, c’est ICI.
Une brocante, en fin de journée, sous le soleil. Un vendeur qui commençait à remettre ses invendus dans les caisses et j’aperçois une boite noire, entr’ouverte sur un Polaroid noir.
Je m’approche et regarde l’engin : un Polaroid 2000, qui a une forme moins habituelle que les « classiques » de la gamme 600. Allez, je négocie et emporte le tout pour une bouchée de pain.
De retour à la maison, je constate qu’outre le boitier, dans la boîte (en cuir, recouverte à l’intérieur par un daim de qualité) il y a un flash à clipser et la facture d’achat (1978).
Je mets des piles dans le flash et il s’anime, chouette. Malheureusement, je ne peux tester l’appareil tout de suite, faute de film, ici un SX-70, toujours produit à l’heure actuelle. J’en ai commandés, je les attends.
Ce qui m’avais frappé lors de mon premier contact avec ce Polaroid 2000, c’est sa forme et sa taille, bien plus réduite que les « classiques » 600 qu’il faut ouvrir pour mettre en batterie.
Pas facile de trouver des infos sur lui, et pourtant il s’est vendu par million. Jusqu’à ce que je trouve qu’il s’appelle Pronto! et One Step sur le marché US.
Cet appareil est la formule simplifiée du non moins célèbre SX-70, qui utilise un film du même format que le 600 mais avec une sensibilité moindre (150 Asa en général).
Ce Pronto !/ One Step sera décliné en appareil piloté par sonar, avec mise au point par zones et en fix-focus
Le plus célèbre de la bande est le Polaroid 1000, apparu en 1976. Il s’en est fabriqué jusqu’à 30.000 par jour ! Qu’on ne me dise pas qu’il est rare celui-là ! Un « point and shot fix-focus » instantané.
Puis il y eut un Polaroid 1000S qui n’était en fait qu’un ensemble constitué d’un 1000 avec un flash Polatronic 1. Donc un Pola 1000S sans son flash n’est qu’un 1000 !
Ensuite, il y aura un 1500 qui n’a que la particularité qu’on puisse régler la distance de mise au point par zones, qu’il est de couleur marron et qu’il a vu le jour en 1977.
Ah oui, il y aura aussi un 500, aussi de couleur marron, qui n’est autre qu’un 1000 uniquement destiné à être donné comme article promotionnel par des grandes marques (on recycle, on recycle, …).
Puis, enfin, notre 2000, apparu lui aussi en 1976, en même temps que son petit frère simpliste, le 1000. Il sera le second best seller du moment.
Et on terminera la gamme par un 3000, une amélioration du 2000 par une mise au point à partir de 91cm et une meilleure gestion de l’exposition au flash.
Mais revenons à notre Polaroid 2000 ou Pronto !
Il utilise donc le fameux film SX-70 prévu spécifiquement pour la gamme d’appareil du même nom. La plus grande différence est que le film SX-70 a environ ¼ de la sensibilité du film 600 (pour 600 Asa), il a donc besoin de beaucoup plus de lumière pour obtenir une bonne photo.
De fait, le film SX-70 fut pensé à 80 Iso, les actuels sont à 160 Iso alors qu’un film 600 est à 640 Iso !
Première remarque dès lors : si l’appareil que vous achetez n’a pas son flash dédié, il vous faudra absolument trouver soit celui-ci, soit une rampe de lampe flash dédiée au Polaroid.
Ici, j’ai la chance d’avoir le set complet et fonctionnel.
Alors, il fonctionne comment celui-là ?
Bah, comme d’habitude, vous glissez dedans un film SX-70, qui contient une pile de 6v, qui alimentera l’appareil. Lorsque vous refermez la trappe, le boitier fait sortir une feuille noire, celle qui protégeait le film de la lumière.
Le viseur, toujours aussi rudimentaire, vous permet de visualiser la zone à photographier.
Une cellule électronique va déterminer pour vous l’exposition automatiquement.
Par contre, vous devrez régler la distance du sujet en utilisant les zones de distances, le minimum étant à 90 cm.
L’objectif, un 116 mm en 3 éléments dont un en verre, n’est pas un foudre de guerre mais n’est pas si mauvais que ça, tout compte fait. Son ouverture est de f9,4.
Donc, si vous conjuguez faible ouverture et film lent, vous obtenez une injonction claire : flash obligatoire, même au soleil et à fortiori en intérieur.
Ceci étant, un film lent donne généralement un meilleur rendu.
Je nous ai trouvé une petite video qui illustre cela.
En gros, le film SX-70 offre une meilleure saturation/tonalité des couleurs, pour peu que vous ayez assez de lumière, et/ou que vous utilisiez un trépied et/ou que vous ayez la patience d’une pose de 1 à 2 secondes.
Bon, vous avez chargé un film, installé le flash, allumé celui-ci, vous visez votre sujet après avoir réglé la zone de distance idéale. Il faut juste encore appuyer sur le gros bouton vert en façade pour prendre la photo. Celle-ci sort comme d’habitude mais il faut lui laisser une bonne demi-heure pour révéler tout son potentiel.
Et, petit rappel toujours utile, il ne faut jamais secouer un film Polaroid pour tenter d’accélérer le processus, vous allez faire pire que mieux, en brisant la chaine des 500 opérations nécessaires à un bon développement. Laissez-le retourné sur un endroit propre, à l’abri de la lumière vive et laissez-le faire !
Voilà, voilà …
Alors, si la forme élégante de l’appareil lui a conféré un succès certain, de nos jours, il est un peu moins utilisable que les autres Polaroid s’il n’est pas accompagné de son flash.
Mais c’est une question de tempo, finalement.
J’aime bien sa forme, qui a servi de modèle pour les nouveaux Polaroid Go.
Même si sa silhouette est alourdie par le flash, qui peut être remplacé par un flash de côté, le Polatronic 1.
Pour vous faire une idée de l’exemplaire que j’ai eu la chance d’acquérir, voici quelques photos de l’appareil et sa boîte.
Certains seraient tenté de placer un film 600 dans une cartouche SX-70. Pour rappel, les deux formats sont identiques, pas la cartouche.
Mais ce fut déjà le cas dans les années septante et si cela pouvait s’envisager, il fallait absolument placer un filtre neutre au dessus du film car l’appareil n’était pas prévu pour travailler avec des films « rapides ».
Une petite video illustre ceci.
Est-ce que de nos jours cet appareil a encore de l’avenir ?
Marrant d’écrire ça pour un appareil qui frôle les 50 ans ! Mais oui, c’est juste qu’il faut penser à l’utiliser à son rythme.
Honnêtement, si vous trouvez un 3000 ou un 3500 (avec sonar), prenez le, il est plus performant. Mais il ne discrédite pas le 2000 qui, bien utilisé, donne d’excellents résultats.
Il faut juste prendre le temps de l’apprivoiser, non pas qu’il soit difficile à utiliser mais parce que le film est plus lent que d’habitude et il faut se donner le temps de bien le comprendre pour en tirer la quintessence.
N’ayez pas peur de faire part au vendeur éventuel de ces écueils pour faire diminuer le prix. Et vous devriez pouvoir l’emporter, flash compris, pour 15€ maximum.
Finalement, celui que j’avais acheté, je l’ai donné à une demoiselle qui en fait un excellent usage et s’amuse beaucoup avec lui, en alternance avec un Polaroid Impulse (film 600).
Comme quoi le Polaroid n’est pas une question d’âge mais d’envie de faire de la photo !
Il était tout seul, planté là sur une table dans une brocante. Ses petits effets bleutés ont retenu mon regard et je me suis enquis de son prix, plus que raisonnable.
Et me voilà avec un Polaroid Supercolor SE 635 dans mon sac.
Aussi, ça fait un moment que je ne vous ai plus écris sur ces drôles de machines …
De retour à la maison, petit tour sur la Grande Toile pour en savoir plus sur lui. Bizarrement, je trouve pas mal d’infos sur le Supercolor 635 mais rien sur un SE.
Et puis, petit détour par Collection-appareils pour me rendre compte que SE veut juste dire Special Edition.
Quand je vous écrivais que chez Polaroid on était des as du recyclage ! (Bon, ok, ils ne sont pas les seuls).
Ceci étant, il ressemble aux autres Pola de son époque. Sorti en 1985, le Supercolor 635 avait comme atout le système Lightmixer (LM sur les appareils), inauguré avec le 660 AF.
Un système original, ce Lightmixer, qui a équipé la plupart des appareils de la série 600. C’est un programme qui effectue un dosage de la lumière du flash par rapport à la lumière ambiante.
Si vous vous en souvenez, les Pola ont toujours besoin de lumière, c’est pourquoi les flashs se déclenchent souvent. Par exemple, ce SE a un objectif de 109 mm ouvrant à f14,6 et ses vitesses vont de 1/3s à 1/200s.
Pour en revenir à ce Lightmixer, quand vous êtes au soleil, l’exposition est effectuée à 75% par la lumière ambiante et les 25% restant par le flash.
Si la luminosité est faible, l’exposition provient du flash seul.
C’est là qu’intervient un second programme, le SPARR, qui permet de recharger le dit flash en 3 secondes dès l’ouverture de l’appareil. Et une cellule va aussi réduire les risques de sous ou sur-exposition au flash.
Donc, techniquement, c’est un Supercolor 635 qui a gentiment sorti une nouvelle robe pour ce nouvel opus.
Vous le reconnaissez entre mille : un gros bloc presque tout noir, en plastique, qui semble faire le gros dos quand il est fermé, c’est un Polaroid.
Pour l’ouvrir, c’est un peu « viril » : il faut, en principe, pincer les deux côtés et tirer sur le bloc du dessus pour « ouvrir » l’appareil. Pas de panique, si c’est du tout plastique, c’est du costaud.
Le voici déployé : du classique. Dans la « Tête » un flash électronique dont nous allons nous servir souvent.
En dessous, l’objectif trône au milieu, entouré à gauche (en le regardant de face) du double système LM et SPARR. A droite, le viseur, assez clair mais qui donne une visée un peu plus petite que ce que vous aller capter et en dessous de lui, la cellule.
Sous l’objectif, comme d’habitude, la réglette pour corriger vers le plus clair ou le plus foncé mais toujours à postériori (quand la photo est prise). En effet, vous pouvez refaire la photo en réglant ce curseur vers le plus sombre ou le plus foncé mais seulement en refaisant une prise de vue.
A gauche toujours, vous ne pouvez pas le manquer, le gros bouton bleu (sur les autres modèles, il est rouge-orange), c’est le déclencheur à deux positions : soit vous appuyez sur le seul gros bouton et le flash se déclenchera si besoin, soit vous passez au bouton derrière celui-ci et vous désamorcez le flash.
L’utilisation est archi simple : vous relevez le dessus de l’appareil, deux petites diodes (une rouge- une verte) vous indiquent si le flash est opérationnel, vous visez et vous appuyez sur le déclencheur : « clac, rrrrrr, zip », la photo sort par le devant du boitier. Vous la prenez entre vos doigts fébriles, sans toucher la surface sensible, sans secouer le carton et vous la retournez dans un endroit sombre pour lui laisser le temps de se développer tranquillement (ça va plus vite quand il fait chaud mais comptez quelques minutes).
Aïe, j’ai oublié de vous dire comment charger l’engin !
Il faut pousser vers l’avant le petit curseur qui est sur le côté droit de l’appareil (sous le déclencheur) et la porte avant va s’ouvrir. Il vous reste à glisser dedans un pack 600 (pack dit intégral car il y a le film, la chimie et la pile dedans). Lorsque vous refermez la porte, l’appareil va éjecter un carton noir, celui qui protégeait le lot de photos dans la cartouche. C’est prêt.
Au sujet des films, deux remarques :
ils sont toujours produits par Poloroid dit Original (l’ancien Impossible Project) sous la dénomination 600
mais avec les appareils anciens, vous devrez acheter ceux noté « vintage » car ils sont équipés d’une pile de 6v incluse dans la cartouche.
Autre point à savoir sur les films et les appareils anciens : ceux qui sont équipés d’un compteur de vue – comme pour celui-ci – affichent par défaut 10. Or les nouveaux films ne contiennent plus que 8 images. Donc quand vous arrivez au chiffre 2, votre cartouche est terminée.
Ne la jetez pas trop vite car il se peut que la pile ne soit pas épuisée et vous pourrez l’utiliser pour tester un autre Polaroid qui vous ferait de l’œil, pour autant qu’il utilise la même cartouche 600.
Encore une précaution pour prendre une photo : la distance minimale doit être d’1,2m sinon ce sera flou.
Quand vous aurez terminé votre pack, prenez un chiffon non pelucheux (j’aime beaucoup les microfibres) et passez-le sur les rouleaux de sortie du film car ils peuvent s’encrasser avec les chimies des photos et ensuite laisser des traces indélébiles sur celles-ci.
Voilà, voilà … je ne me lasse pas (encore) de découvrir ces engins d’apparence si simples et pourtant perfectionnés qui délivrent des images au charme indéniable et surtout, (quasi) immédiatement, ce qui rend chaque photo unique.
Si vous regardez bien, dans toute bonne brocante, chez les vide-greniers sérieux, il y a toujours au moins un Pola qui traine.
A quoi faire attention si vous êtes tentés (et j’espère sincèrement que vous ferez le pas) ? Le type d’appareil tout d’abord. Ceux qui ont été les plus produits sont ceux de la catégorie dite 600 du nom de la cartouche. C’est (presque) le seul modèle de film encore produit. Donc assurez-vous, en ouvrant la face avant de l’appareil, qu’il soit bien noté « film Polaroid 600 ».
Ensuite, regardez à l’intérieur si le miroir qui tapisse le dessous de la chambre est intact car sans lui en forme, pas de bonnes photos. Essayez de voir aussi si les contacts électriques ne sont pas oxydés, ce qui peut arriver si on a oublié dedans une vielle cartouche de film et que la pile a coulé. C’est aussi irrémédiable.
Un petit coup d’œil aux rouleaux. S’ils sont très sales et/ou oxydés c’est signe que l’appareil n’a pas été bien entretenu. A défaut d’avoir son historique du vendeur, marchandez à la (forte) baise.
L’idéal est d’avoir emporté la cartouche vide dont j’écrivais il y a quelques paragraphes qu’il était judicieux de ne pas la jeter car en l’introduisant dans l’objet convoité elle réanimera le moteur, qui soit se faire entendre, voire allumer une ou l’autre petite Led sur le dessus, vous indiquant qu’il est toujours prêt à photographier.
Je résume : ce Supercolor 635 SE LM est un Polaroid toujours intéressant à acheter. Les systèmes embarqués autorisent de belles images et sa simplicité d’utilisation n’est plus à démontrer.
Quand au prix, pas de plus de 20 à 30€ maximum (là l’exemplaire doit être presque neuf). Ces appareils ont été produits par camion, ils ne sont donc pas rares. Et n’oubliez pas qu’une cartouche de film tourne autour des 19€. Le prix du plaisir simple de fixer rapidement de bons moments entre soi et de les partager instantanément.
Une petite video qui (essaye) de récapituler
PS : les cartouche vident se déposent dans les Recyparc ou les conteneurs à piles (Recupel en Belgique).
Des exemples de photos prises par cet appareil LA.
Un peu de technique
Polaroid à film instantané Polaroid 600 Taille du film Image 3,1 x 3,1 pouces Image avec bordure 4,2 x 3,5 pouces Objectif 109mm f/14,6 Mise au point fixe, 1,2m – Infini Viseur direct Contrôle de l’exposition Automatique, avec curseur manuel +/- 1 EV pour éclaircir/assombrir Déclencheur électronique, vitesses d’obturation automatiques de 1/3 à 1/200e de seconde Flash intégré, avec commande manuelle Batterie intégrée dans la cartouche de film
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