Recherche rapide : Préambule – Un peu d’histoire – Présentation du Praktica B200 – Que penser de cet appareil ? – Vidéo d’illustration – Un peu de technique – Des références
Préambule
C’est donc lors de la brocante de Jemeppe-S-Sambre que j’ai trouvé le petit Chinon Micro 35 EF et ces deux appareils. Ils étaient dans un de ces antiques sacs photo en tissu et qui avait dû connaître des jours bien meilleurs.
Couvert de poussière, j’hésitais à l’ouvrir complétement car ce que j’apercevais des appareils à l’intérieur ne me disait trop rien. Le vendeur m’a alors expliqué que cet ensemble appartenait à un vieux monsieur de 92 ans, qui s’en séparait à regret car il n’y voyait plus rien.
Au fur et à mesure de mes hésitations, le prix chutait drastiquement au point que j’ai dis stop à un moment, sinon il allait me les donner ou à défaut, ils partaient pour la déchetterie. Vous connaissez mon cœur d’artichaut …
Bref, j’emportais donc un sac qui fut autrefois couleur sable contenant 2 Praktica B200, deux flashs, un 28mm Prakticar, un 135mm Prakticar en plus des deux 50mm montés sur les boitiers. Les cuirettes en lambeaux ne me disaient rien qui vaillent mais les compartiments des piles étaient propres, tout comme pour les flashs. Sait-on jamais …
Un peu d’histoire
Si vous suivez le site depuis un moment, vous savez que j’ai déjà pas mal présenté les modèles de chez Praktica.
En effet, ces appareils, comme leurs concurrents, les Zenit, ont fait le bonheur de nombreux photographes dans les années 1970 – 80 car ils étaient plus abordables que les stars japonaises de l’époque. La qualité de leur assemblage était parfois sujette à discussion mais, globalement, ils donnaient satisfaction à leurs usagers, la qualité des optiques en monture M42 achevant de sauver la mise.
Les Praktica sont des appareils solides, taillés à la serpe et montés au marteau (désolé pour le jeu de mots !) mais faciles d’utilisation car ils n’embarquaient pas une foule d’aides électroniques : une bonne cellule au CdS, couplée mais fonctionnant à travers l’objectif (TTL), un réglage de la sensibilité des films utilisés, un miroir à retour rapide, par exemple.
Dans un article, je faisais aussi le tour des réparations que l’on pouvait tenter sur ces appareils, c’est toujours utile.
Surtout, n’oublions pas qu’un des tous premiers reflex au monde fut le Praktiflex, présenté en 1939 !
Au fur et à mesure des évolutions techniques (que vous pourrez découvrir avec les articles consacrés aux Praktica sur le site, comme celui dédié au Praktica Super TL 1000), ces appareils ont intégré ce qu’il fallait pour faire des photos sans trop de soucis : miroir à retour automatique, objectifs interchangeables, cellule précise, mesure TTL, synchronisation du flash sur la griffe porte accessoires, un grand choix d’objectifs abordables et de qualité, des accessoires comme des filtres, des tubes allonge pour la photographie de reproduction ou la proxi photographie, voire la photo astronomique, par exemple.
Et puis, pour essayer de garder la tête hors de l’eau, au tournant des années 1980 (1978 plus précisément), Praktica se réinvente et propose le B200, qui sera suivi par un B100 en 1981, le premier tout automatique de la marque.
Le Pratika B200 sera donc l’appareil du renouveau et de la modernité chez Praktica, présenté à la Photokina de 1978.
Le design change du tout au tout. Après nous avoir habitué pendant des décennies à des formes rectangulaires anguleuses, des appareils largement fabriqués en métal, une monture longtemps en M42 ( à viser), voilà que les ingénieurs maison sont priés de changer leur fusil d’épaule.
Exit le tout métal, place au plastique ; exit le (presque) tout manuel, bienvenue à l’électronique des automatismes ; exit la forme sage et convenue des gammes antérieures, on ajoute des revêtements gaufrés, jugés plus modernes ; exit la monture à visser, on ajoute une monture propriétaire, la monture PB (Praktica Bayonet) ; exit la cellule au CdS, voilà celle au Gallium ; exit la taille XXL, on passe au S.
On peut même y ajouter un moteur, pensez donc !
Finalement, la série B comptera, outre, le B200 et le B100, les BC et un M égaré dans la lignée ; elle sera suivie par la série des BX (1987 – 2001) qui clôturera l’épopée des reflex de la marque.
Présentation du Praktica B200
Comme je le soulignais précédemment, le plastique fait la part belle dans la construction de ce boitier. La porte arrière reste toutefois en métal, tout comme le châssis interne.



Le gainage gaufré, original mais peu résistant, sera remplacé ensuite par un revêtement lisse, considéré comme plus moderne.
Si les ingénieurs maison ont dû créer un nouvel appareil, ils ne partaient pas tout à fait d’une page vraiment blanche car ils ont pu s’appuyer sur les modèles les plus innovants de la marque, tels le EE, le EE2 et le VLC2 qui avaient reçu des obturateurs électroniques, des miroirs à retour progressif, des couplages avec la cellule à pleine ouverture et des contacts électriques. Mais la monture M42 limitait les avancées techniques.
Ils ont donc conçu une baïonnette d’assez grand diamètre, assez proche de celle de Pentax, qui affiche des contacts électriques pour le couplage, l’appareil étant un automatique débrayable à priorité ouverture.
Pour éviter de fâcher les clients qui possèdent des objectifs en M42, un adaptateur est prévu :

Les objectifs seront des Prakticar (Pentacon) et/ou des Carl Zeiss Jena mais il n’y aura pas d’opticiens tiers qui se tourneront vers cette monture (ce sera, hélas, un frein au développement de l’appareil). La gamme s’étendra du 20mm au 300mm.

Ces nouveaux objectifs seront appelés Prakticar Electric pour ne pas les confondre avec les Pentacon Electric (en monture M42), pour lesquels l’adaptateur à été conçu.
Pour ôter un objectif, il faut appuyer sur la petite touche, à droite (un peu comme sur Pentax toujours) et tourner vers la gauche.
Autre nouveauté, un obturateur électronique avec 3 lamelles métalliques, qui offrent des vitesses de 40s à 1/1000s, plus une synchro flash au 1/90s et pose B. Toutes ces vitesses sont contrôlées électroniquement pour garantir leur précision.

Il faut donc alimenter l’obturateur et la cellule : c’est chose faite grâce à une 4LR44 de 6v moderne, qui se loge sous l’objectif, sous une trappe avec un verrou ON/Lock (ne pas forcer pour l’ouvrir, un demi-tour suffit). En cas de défaillance des piles, l’appareil reste utilisable à la vitesse de synchro du flash, le 1/90s (vitesse mécanique).

Grâce à la transmission électrique de la valeur d’ouverture du diaphragme vers le boitier, la mesure interne est effectuée à la vraie ouverture, ce qui donne une vision très claire de la scène dans le viseur.
Un moteur, un winder, peut être monté sur le B200, évitant de réarmer manuellement et qui offre une rafale de 2i/s.

Le viseur aussi est moderne : affichage par diodes sur le bord droit des vitesses d’obturation, avec des valeurs limites (sur ou sous exposition = Over/Under). Ainsi que les modes automatique ou semi-automatique. En dessous, le chiffre du diaphragme sélectionné apparait clairement, grâce à la petite fenêtre qui apparait sur le boitier, au dessus de l’objectif.



En mode automatique, les diodes indiquent la vitesse sélectionnée selon l’ouverture choisie, alors qu’en mode semi-automatique, elles indiquent la vitesse suggérée
La mise au point se fait grâce à un stigmomètre incliné et divisé en 3, très pratique et efficace. Le verre de visée est très fin.

Si je devais résumer ici le Praktica B200, nous constaterions qu’il offre une exposition manuelle ou automatique, une mesure TTL de la lumière, la possibilité de mémoriser cette mesure (AE), une compensation d’exposition, une vitesse mécanique de secours, la possibilité de monter un winder, une baïonnette moderne, un testeur de pile, un viseur clair avec diodes, une minuterie et un testeur de profondeur de champ. C’est un classement de haut de gamme en 1978-79, gâché par un revêtement peu classieux et fragile.
Sa présentation est moderne et bien pensée, plus agréable de par sa forme plus compacte et arrondie que ses prédécesseurs Est-Allemands.





Franchement, par rapport aux anciens Praktica, ceux de la série B marquent une belle évolution et ils ont eu le bon goût, à l’époque, de rester très abordables. Rien de révolutionnaire mais du bien pensé pour vous permettre de vous concentrer sur la prise de vue. Remarquez le soin apporté à l’obturateur, métallique.






Reste que si les appareils tout métallique d’avant étaient réputés quasi indestructibles, ceux-ci semblent plus fragiles.
Sur les deux exemplaires de ce vieux Monsieur, je n’ai pu en sauver qu’un, le second est irrémédiablement bloqué. Mais il sera accompagné de trois chouettes optiques, d’un flash fonctionnel et de son sac tout prêt en très bon état.
Que penser de cet appareil ?
Franchement, ce n’est pas un mauvais appareil qui propose des solutions qui à son époque étaient considérées comme du haut de gamme : manuel, automatique, vitesse mécanique de secours au 1/90s, infos utiles dans le viseur dont rappel de l’ouverture choisie, priorité ouverture, compensation d’exposition, etc.
Si on fait abstraction de son revêtement un peu limite, on l’a un bon appareil, bien équipé si on a la chance de l’acheter avec des objectifs dédiés, car ceux-ci ne sont pas très nombreux ni faciles à trouver, les opticiens tiers n’ayant pas emboité le pas de la baïonnette propriétaire.
C’est un bon appareil pour débuter, qui ne vous ruinera pas et vous permettra de sortir des sentiers battus.
Je pense que ce vieux Monsieur avait fait le bon choix à son époque et vu les traces d’utilisation sur le second appareil (bords où le laiton apparait, signe d’usage intensif), je crois qu’il en a fait bon usage, longtemps.
Ne le négligez pas, comme tous les Praktica, il reste très abordable et celui-ci est moderne.
Vidéos d’illustration
Si vous aimez voir ce qui est à l’intérieur
N’oubliez pas de traduire la vidéo
Un peu de technique
- Praktica B200 35mm slr
- Priorité ouverture en mode automatique et entièrement manuel
- Mesure TTL avec capteur sur le miroir
- Plage de sensibilité du film 25 à 3200Asa ; cellule au Gallium – Arsenide – Phosphide
- Batterie simple 6v (4LR44)
- Vitesses d’obturation 40s à 1/1000s + B en automatique et de 1sà 1/1000s en manuel, minuteur (+/-8s)
- Obturateur électronique, lamelles métalliques
- Bouton de mémoire (AE)
- Baïonnette Praktica PB
- Griffe porte accessoire avec contact et prise PC de synchronisation flash
- Motor drive disponible
- Synchronisation à 1/90sec pour le flash
- Vitesse mécanique de 1/90s
- Poids nu : 530gr
Pour lire les infos et les tests d’époque, c’est par ICI.
Des références
https://focusargentique.fr/appareil-photo/praktica-b200/, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-1202-Pentacon_Praktica%20B200%20Electronic.html, https://fotobox.over-blog.fr/2022/05/praktica-b200.html, https://app-phot-col.com/photcol/pdfr/T36/2121.pdf, en français ; https://everythingvintage.uk/vintage-camera/praktica-b200-electronic-review/, https://camera-wiki.org/wiki/Praktica_B_200, https://thecamerasite.lauro.fi/01_SLR_Cameras/Pages/practica.htm#mtl50, en anglais

