Recherche rapide : Préambule – Un peu d’histoire – Présentation du Nikon F90X – Positionnement du F-90X – Particularités – Nomenclature des commandes (résumé) Que penser de cet appareil ? – Vidéo d’illustration – Un peu de technique – Des références
Préambule
Ce Nikon trainait dans une caisse, à côté d’un F80 et d’un D3100. Qu’ils avaient l’air tristes sous une épaisse couche de poussière et autres dépôts peu ragoutant. Si j’ai laissé le F80, j’ai pris le F90X et le D3100, le plus mal en point (il lui manquait la porte des connectiques et sa poignée était toute collante).
Mes petits produit miracles vont encore faire leur (bonne) action et redonner vie à ces deux boitiers.
Pourquoi avoir choisi ces deux-là ? Le D3100 reste un numérique d’entrée de gamme qui plait encore car bien abordable et qui met un pied dans l’univers Nikon ; le F90X parce que j’en ai déjà eu plusieurs en mains et j’ai toujours hésité, présentant pourtant un certain potentiel à l’engin.
Les voici donc dans le sac à dos, en attendant de pouvoir les remettre en état et vous les expliquer un peu plus tard.
Un peu d’histoire
Les (déjà) nombreux articles sur Nikon vous ont sans doute permis de vous familiariser avec les spécificités de la marque, dont le plus intéressant est la continuité de la monture qui lui a donné ses lettre de noblesse : la monture F apparue sur le mythique réflex F de 1959.
Bien évidemment, des compromis ont été parfois nécessaires pour que la légende perdure et la sacro-sainte compatibilité n’est pas (plus) toujours au rendez-vous, les progrès techniques étant parfois incompatibles avec la nostalgie.
Le dernier pas fut franchit lorsque Nikon est passé à l’hybride, avec une monture résolument moderne, la Z, mais c’est une autre histoire.
Dans la riche lignée des boitiers Nikon, il faut distinguer ceux destinés aux amateurs (dits) exigeants et ceux destinés aux professionnels. Comme chez le rival de toujours, Canon, plus le chiffre est petit plus l’appareil est professionnel.
A l’origine, les appareils destinés aux particuliers n’étaient même pas siglés Nikon mais Nikkorex puis Nikkormat. Cependant, pour ne pas s’éparpiller, ils en sont vite revenus à une gamme sous la même bannière, les chiffres et les lettres jouant sur les différences de statut !
Je vais encore une fois réutiliser ce tableau, car il est très explicite de ces évolutions et différences :

Tiens, vous n’y voyez pas le F801 ni le F90X ?
Normal, ceux-ci sont des appareils dotés de l’autofocus, ce qui ouvrait encore une branche supplémentaire dans la famille !

Car la révolution de l’autofocus est arrivée chez les réflex en 1985, avec le Minolta 7000 AF, suivi fin 1985 du Canon T80, puis en 1986 du Nikon F 501.
De ces innovations, trois concepts se détachent :
- la monture doit être entièrement électronique.
- le moteur doit être intégré dans l’objectif, seule manière d’assurer une mise au point à grande vitesse.
- la création d’un mécanisme permettant la coordination entre la commande d’ouverture et la mise au point AF.
Les appareils autofocus dès ce moment auront, toutes marques confondues, ces trois éléments incontournables dans leur panoplie technique, assortie d’autres raffinements, selon les maisons, qui auront trait à la mesure de la lumière, la gestion de celle-ci et de l’autofocus, la vitesse d’obturation, la manipulation plus ou moins simple de tout cet arsenal technologique.
Et pour en revenir à Nikon, le premier autofocus grand public sera le F-501 (1986), suivi en 1987 du F-401.
Attention, à partir de cet appareil, les clients ne sont plus de simples consommateurs mais des prosumer ou prosommateur (en franglais dans le texte !). J’explique : la force de Nikon, depuis le fameux F de 1959, a été de viser et de fidéliser le client professionnel. C’est pour lui que fut créée la monture F, (presque) réutilisable à toutes les époques de la vie de son boitier pro, alors que d’autres marques, comme Canon ou Minolta faisaient le pari, risqué, de changer de monture au gré des évolutions du matériel.
Cela fonctionnait très bien jusqu’en 1987, année où Canon a justement introduit sa monture Eos, moderne, stable et évolutive. A partir de ce moment-là, Nikon a commencé à perdre son hégémonie sur le marché des seuls professionnels. Il fallait trouver une parade, ce sera celle des prosumer, c’est-à-dire un client qui échange avec le fabricant pour lui permettre de faire évoluer son boitier en soulignant pour correction (gratuitement) les erreurs ou tâtonnements du fabricant. Le client devient actif et, si la marque joue le jeu, crée un lien fort car le consommateur se sent entendu et utile.
Pourquoi le F-401 ? Parce qu’il est le premier de la gamme à utiliser une presque matrice pour l’analyse de la lumière puisqu’il utilise trois capteur. Il évoluera en F-401x en 1991, intégrant les avancées du F-801 et du F-5, professionnel. Il bénéficie d’un autofocus plus rapide et de la matrice du F-801 pour la mesure de la lumière. Cependant, il reste un entrée de gamme.
Celui qui est l’ancêtre (un bien grand mot) du F-90X, c’est bien le F-801 (1990) et, in fine, le F-801s (1992), LE vrai Nikon prosumer de l’époque. Lui, il coche toutes les (bonnes) cases :
- ergonomie très travaillée, qui donnera le ton pour les réflex ultérieurs (comme chez Canon et ses Eos)
- testeur de profondeur de champ
- mesure matricielle excellente et mesure spot en renfort
- viseur à verre interchangeable et à 100% de la scène
- autofocus prédictif et (enfin) rapide et accrocheur
- vitesse maximale de 1/8000s et synchro flash au 1/250s
- modes d’exposition PASM
De fait, ces appareils sont très proches de ce que sont devenus les réflex que nous connaissons en numérique (je ne parle pas des hybrides mais bien des réflex de la gamme Nikon).
Et comme je le répète à l’envi, ce sont d’excellents appareils pour, au mieux, commencer la découverte de l’argentique lorsque l’on n’a connu que le numérique, tant l’ergonomie et les commandes des premiers sont proches des seconds.
Si nous regardons bien la fiche technique du Nkon F-90, sorti la même année que le F-801s, nous devons bien convenir qu’il s’agit presque d’un boitier professionnel, compagnon de rechange du F5, très performant mais aussi très lourd.
Le F-801 et le F-90 sont très proches mais le second est tropicalisé en grande partie, ce qui le rend plus baroudeur que son cousin destiné, lui, plus aux amateurs familiaux.
Et en tant que fidèle second d’un appareil professionnel, le F-90 doit évoluer, notamment au niveau de sa protection contre les intempéries, ses programmes (le F-90x en gagne trois de plus), sa facilité d’utilisation et, surtout, de la rapidité de son autofocus.
Le F-90x, ou N90S pour le marché US, sorti en 1994, ne sera remplacé en 1998 que par un autre appareil lui aussi très recherché, le F100. Mais c’est une autre histoire …
Présentation du Nikon F-90X ou N90S, aux USA.
Positionnement du F-90X
Dans une gamme d’appareils photo, il y en a toujours quelques uns qui se démarquent et marquent (ok, facile le jeu de mots, je le ferai plus !) les esprits, surtout pour leurs qualités intrinsèques.

Que nous propose donc ce Nikon F-90X, encore bien convoité de nos jours par les photographes qui savent ce qu’ils veulent faire de leur appareil ?
Je vais tenter de répondre, mais avant, un petit aparté : pour des raisons marketing sans doute, Nikon USA a présenté le N90s comme un appareil professionnel. Les brochures de cet appareil le décrivent comme « rapide, précis, professionnel » et comme « l’appareil photo 35 mm professionnel le plus avancé » avant l’arrivée du F5.


Selon la tradition de Nikon, seules les séries F sont des appareils photo professionnels, tandis que toutes les séries N sont destinées aux amateurs. Selon cette classification, le N90s est évidemment le modèle haut de gamme de la gamme AMATEUR. Le slogan original de Nikon pour cet appareil était « Rapide et précis ». Nikon USA a par la suite ajouté le mot « professionnel » pour reconnaître le fait que de nombreux professionnels utilisaient cet appareil, celui-ci étant bien plus avancé sur le plan technologique que le F4, qui était alors le modèle professionnel haut de gamme.
Cependant, Nikon Corp. au Japon n’a jamais reconnu cette classification. Le terme « professionnel » n’apparaît nulle part dans la description officielle de l’appareil photo F90X.
Je ne résiste pas au plaisir de cette publicité, qui fait le tour des appareils Nikon à offrir pour la Noël 1996 !
L’Europe et le reste du monde a utilisé la nomenclature avec un F, pourtant réservée à la gamme des réflex professionnels. Donc, reste une seule question : appareil professionnel ou prosumer ?
Au vu de ses compétences, que nous allons découvrir, pour son époque, il est à classer dans les appareils professionnels. Mais pour des raisons marketing et d’image, il ne fallait pas concurrencer le F-4, le pro de l’époque. Même si celui-ci était distancé par le F-90X. On peut résumer ceci dans un petit tableau :
Les principaux avantages du F4 par rapport au F-90X sont:
- Viseurs interchangeables (angle droit, niveau de taille, prisme réflexe, etc.)
- Verrouillage du miroir
- Contrôles conventionnels (PASM)
- Rafale en continu légèrement plus élevée (5,7 ips contre 4.3)
- Vue à 100% dans le viseur
Les avantages du F-90X sur le F4 sont:
- Mécanisme d’autofocus plus rapide et meilleur
- Un poids plus léger
- Unité de mesure de la lumière meilleure
- Prix inférieur
Mais n’allons pas trop vite …
Les particularités du F-90X
Le F-90 succédait au F-801, dont il gardait les bons points mais auquel il ajoutait un autofocus plus rapide et un contrôle de l’exposition qui intègre la distance du sujet pour les photographies au flash (avec le flash dédié SB-25 et ultérieurs), avec les objectifs AF-D. Le F-90X garde tout ça, mais il accélère encore la réponse de l’autofocus, l’enjeu des batailles entre marques à cette époque.
Ce qui permet cette évolution, c’est – entre autre – la mesure matricielle dite 3D qui travaille sur 8 segments, ce qui permet une évaluation sur l’entièreté de la scène visée. A cette mesure matricielle, s’ajoute une mesure Spot très précise, même sil elle ne représente que 1% de l’image. Ce système autorise le Nikon F-90X a être très bon dans quasi toutes les situations de lumière, y compris au flash.
A cette mesure matricielle, s’ajoute une grande facilité pour sélectionner les programmes les plus adéquats. Ensuite la dynamique qu’offre le boitier est très large : de 1EV à 21 EV. Il est donc très bon, quelle que soit la lumière.

La mesure matricielle s’appuie en outre sur une segmentation de la scène : de cette manière, chaque espace est finement analysé tant en contraste qu’en luminosité. Ensuite le calcul de la distance appareil – sujet et cela en fonction de 4 facteurs : la luminosité, le contraste, la distance sujet/appareil et l’état de l’autofocus. Tout ceci permet une évaluation de la scène très précise. La technologie de logique floue (fuzy logic technology) garantit que les légères variations de composition ne créent pas de différences majeures pendant l’exposition à la lumière.
Les capteurs de l’autofocus travaillent avec un module appelé CM246. C’est lui qui analyse et évalue constamment les segments qui donnent la meilleure informations, que le sujet soit centré ou que l’on recompose le cadre.

Un véritable ordinateur numérique compare les données reçues par rapport aux centaines de milliers d’informations stockées dans sa mémoire, ce qui permet au F-90X de donner le meilleur choix pour une scène donnée. A son époque – et encore de nos jours – ce système est rarement pris en défaut.
Si nous ajoutons à cette technologie – qui a perduré dans les réflex pro, puis les hybrides de la marque – un obturateur vertical à commande électronique véloce (de 30s à 1/8000s), vous pourriez le comparer, actuellement, à un réflex D810 !
Car outre les programmes classiques (priorité ouverture, priorité vitesse, manuel, programme = PSAM), il existe aussi quelques programmes résultats ou scènes (moins bien maitrisés par Nikon à l’époque).
Autre bon point pour ce boitier, décidément étonnant, la compatibilité des objectifs. Il accepte pratiquement tous les cailloux en monture F, sauf les très anciens et les non AI, même s’il faut parfois abandonner la mesure 3D matricielle .
Petites listes des objectifs compatibles :
- les autofocus : AF, AF-D, AF-I, et AF-S (avec moteur intégré).
- les manuels : AI, AI-S, avec compatibilité limitée pour la mesure d’exposition.
D’autres fabricants d’objectifs compatibles, comme Tokina, Tamron et Samyang se sont aussi penchés sur la monture. Il faut cependant noter que tous les objectifs modernes ne peuvent pas être utilisés avec les anciens appareils photo argentiques. Vous trouverez la liste des objectifs compatibles avec le boitier (et les autres appareils Nikon) ICI.
Si nous devons résumer la nouvelle technologie du F-90X, cela tiendrait dans ces quelques lignes :
- un processeur plus récent et us rapide que ceui du F-90 et du F-4
- un logiciel AF amélioré et l’utilisation du module AF CAM 246, qui améliorent considérablement les performances de l’autofocus, notamment en matière de suivi de la mise au point, qui peut désormais se synchroniser avec son dispositif d’avance de la pellicule intégré à 4,1 images par seconde
- le capteur AF est désormais doté d’une zone de détection large et d’un capteur spot : le capteur à zone large utilisé est de type croisé, avec une zone de détection horizontale de 7 mm.
- un bouton de mode de réinitialisation instantanée a également été intégré
- trois modes de mesure sont proposés : une mesure matricielle 3D améliorée, une mesure pondérée centrale et une mesure spot
- le contrôle de l’exposition est le plus sophistiqué parmi tous les reflex disponibles sur le marché : il comprend un programme automatique, un programme flexible (programme Vari, programme Portrait, programme Portrait avec réduction des yeux rouges, programme hyperfocal, programme Paysage, programme Silhouette, programme Sport, programme Gros plan) ; priorité à la vitesse, priorité à l’ouverture, exposition manuelle, verrouillage de l’exposition automatique (AE-Lock)
- et une compensation d’exposition classique de -5 EV à +5 EV par paliers de 1/3 !
- la matrice TTL a été améliorée grâce à la fonction de flash d’appoint équilibré multi-capteurs 3D, ainsi qu’à une multitude de fonctionnalités de flash parmi les plus avancées
Petit revers de la médaille, le poids (750gr nu). En effet, sous la coque en polycarbonate, il y a du métal. Non seulement la carcasse mais aussi de la mécanique, solide et résistante. Ah oui, il reçoit aussi des joints d’étanchéité pour renforcer sa vocation d’appareil polyvalent.
Nomenclature des commandes (résumé)
Le Nikon F-90X est un appareil (à son époque) professionnel qui n’ose pas le dire de peur de faire de l’ombre à son grand frère, le F4, vieillissant, mais toujours porte drapeau de la marque.
La plupart des fonctions configurables sont des opérations à deux mains, l’une pour appuyer sur le bouton de la fonction, et l’autre pour basculer le cadran de contrôle de l’entrée de commande pour le réglage de sélection correct.

Regardez la connectique pour les flashs de studio, la télécommande ; regardez le petit écran sur la capot, qui reprend toutes les infos de prise de vue utiles (les réglages principaux : ISO, mode d’exposition, vitesse, ouverture). ; regardez le pavé de commandes, à gauche, c’est celui de votre numérique.


A propos des flashs, il existe une série de programmes différents pour la synchronisation : en mode Program ou priorité ouverture,la synchro est des 1/060s à 1/250s en synchro normale mais varie de 30s à 1/250s en synchronisation lente ; en mode priorité vitesse et manuel, l’obturateur fonctionne à la vitesse réglée, de 1/250s à 1/8000s.

Mais voyons cela point par point :

Petit tour du propriétaire : à droite (de l’image), le bloc avec 4 boutons pour les modes (Program, priorité vitesse, priorité ouverture, manuel), le réglage de la sensibilité (Iso, définit automatiquement si cartouche de film avec codage DX), la gestion des flashs et le rythme de prise de vue (vue par vue ou en continu).
Le signe au dessus sert à faire la bascule entre les systèmes de mesure (spot, matricielle, pondérée) et en dessous, c’est pour le réglage du minuteur (réglable de 2s à 30s par incrément d’une seconde). Les lettres Ps et le bouton qui va avec, sert à entrer dans le mode Vari-Progam. Enfin, le bouton vert sert à réinitialiser les paramètres de l’appareil.
De l’autre côté de l’image ci-dessus,outre l’écran qui reprend les éléments de prise de vue, la glissière ON/OFF, le bouton pour gérer la compensation d’exposition, le bouton pour le rebobinage du film.

Et entre les deux, la bosse du pentaprisme avec une griffe flash et ses contacts pour les flashs dédiés.

L’arrière est sobre avec, à gauche de l’image, le petit bouton pour l’éclairage du viseur, le curseur pour fermer le viseur (en cas de pause longue) et le curseur pour bloquer la mesure (AE-Lock). Il y a encore une petite fenêtre qui permet de voir si un film est bien dans la chambre (ça peut toujours servir, et je parle d’expérience de grand distrait). La porte arrière s’ouvre avec le verrou qui est sur la tranche.

Vous voyez ici les contacts pour la lecture du code des films, les volets de l’obturateur en métal, le système de bobinage rapide et automatique du film, et enfin la petite fenêtre dont question ci-dessus. Point à vérifier lors d’un achat : la mousse de la fenêtre est souvent à remplacer.
Notez que l’on peut monter une autre porte, avec un dos dateur.

Ces idéogrammes sont le rappel des Vari-Program, au cas où.

Le viseur, grand, clair, dégagé, vous permet de vous concentrer sur votre sujet, tout en vous donnant les informations utiles à la prise de vue.


Comme d’habitude, je ne vais pas reprendre tout ce que le mode d’emploi vous explique (vous en trouverez les liens dans les infos techniques ici plus bas), mais si vous le prenez en mains, quittant votre Nikon numérique un moment, vous ne serez pas dépaysé tant l’ergonomie et les commandes sont proches.
Ajoutez à cela son autofocus rapide et précis, avec un point AF qui se verrouille correctement dans presque toutes les conditions d’éclairage. Une mesure matricielle 3D qui est réputée pour la constance de ses réponses, même en cas de lumières changeantes, un large panel d’expositions (de très lentes à très rapides), une large gamme d’effets avec les flashs dédiés (réglage anti yeux de lapin), la lecture automatique du codage DX des films (codage DX de 60 à 2500 Asa et un réglage manuel pour la vitesse ISO du film de 6 à 6400, des programmes complet et la possibilité de toujours revenir au manuel, une alimentation assurée par 4 simples piles AA : vous avez-là un boitier qui défie le temps et reste une valeur sûre.
On louait aussi à l’époque sa facilité d’utilisation, avec son avance automatique du film (moteur intégré), le rebobinage automatique en fin de course, ce qui vous laisse vous concentrer sur la composition et le cadrage.
Fabriqué de 1994 à 2001, il sera ensuite remplacé par le F100, un autre semi professionnel (dérivé lui du F5) ; belle longévité.

Que penser de cet appareil ?
J’avais déjà aimé le F-801s mais ici, on monte encore une marche et, à son époque, le F-90X était même plus performant que le modèle professionnel, le F-4, vieillissant.
Comme je l’ai déjà signalé dans le texte qui précède, c’est aussi un boitier qui vous rapprochera le plus des appareils numériques actuels. L’avantage dès lors, c’est que si vous voulez passez à l’argentique sans trop de risques, cet appareil fait partie de ceux que je recommande (tout comme le Canon Eos 300X, le Minolta Dynax 5, le Yashica 107 MP, par exemple).
C’est du costaud, du solide (du Nikon, quoi !), fait pour durer et vous donner un maximum de sensations. Vous verrez, si vous le sortez, quelques personnes intriguées vous demanderont de quel Nikon, il s’agit tant il ressemble à un appareil moderne, l’écran en moins.
Son ergonomie ne dépaysera les Nikonistes. Moi oui, mais c’est parce que je suis habitué aux commandes Canon et que j’ai encore du mal à passer chez Nikon (les enchainements ne sont pas les mêmes). Sans doute y arriverai-je avec de l’habitude, mais il sera vendu avant, je le crains !
Ceci étant, j’apprécie son ergonomie et sa facilité d’emploi : par exemple, 4 piles AA très courantes le mettent en fonction (notez qu’on peut ajouter un grip MB-10 pour une meilleure prise en mains et encore plus d’autonomie).
Voilà, voilà, … si je devais toutefois faire un choix entre deux appareils phare de cette époque (voir la publicité ci-dessus), je me connais, je pencherai pour le Canon Eos 5 (encore une fois, pour une question d’habitude).
Et tous les deux sont logés à la même enseigne pour autre chose : leur prix … actuellement ! Tous les deux, pourtant toujours dans le coup si vous voulez passer à l’argentique en visant un appareil qui fut considéré comme semi-pro, voire pro à l’époque, sont largement mésestimés dans leur cotation, tant mieux pour vous. Il faut compter entre 80 et 150€ pour un exemplaire sain, muni d’au moins un objectif 50mm.
Alors, si vous en croisez un sur votre chemin, arrêtez-vous et prenez-le, vous ne le regretterez pas.
Vidéos d’illustration
Un peu de technique
Pour le mode d’emploi, c’est par ICI ou LA.
| Marque | Nikon (Japan) |
| Date de sortie – fin production | 1994 – 2001 |
| Monture | Nikon F (compatible AI, AI-S, AF et AF-D) |
| Objectif | Nikkor AF 35-80mm f/4-5.6D (zoom polyvalent, autofocus rapide) – dotation |
| Vitesses | 30 s à 1/8000 s + pose B (obturateur à plan focal électronique), synchro flash au 1/250s, minuteur réglable de 3s à 30s |
| Sensibilité ISO | 6 à 6400 (lecture DX automatique ou réglage manuel) |
| Mise au point | Autofocus et manuelle (sélecteur intégré) |
| Modes de prise de vue | Programme, priorité ouverture, priorité vitesse et manuel |
| Avancement du film | Motorisé (avance et rembobinage automatiques) |
| Flash | Griffe standard (compatible flashs Nikon TTL (SB28, SB27, SB26) |
| Alimentation | 4 piles AA (pour moteur, cellule et autofocus) |
| Poids | 785 g (avec piles, sans objectif) |
| Dimensions | 154 × 108 × 66 mm |
Un article, sur Nikon Passion, reprend plus amplement ces caractéristiques. Vous le trouverez LA.
Et un autre article, sur MIR, est encore plus complet ICI.
Des références
https://expert-photo.fr/nikon-f90x-test-avis-occasion/, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-4913-Nikon_F90X.html, https://pellochemoi.com/produit/nikon-f90x-35-70mm-f-33-45/, https://filmphotography.eu/fr/appareils-photo/nikon-f90x/, https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon_F90, https://www.youtube.com/watch?v=lHzG2mNvH70, https://dutchthrift.com/fr/blogs/gear/nikon-f90x-35-70mm-a-modern-analog-workhorse-review, https://photoklub.com/histoire-de-lautofocus/(un excellent site pour tout connaître sur l’autofocus), https://www.nikonpassion.com/histoire-nikon/, http://apphotnum.free.fr/N2B100.html, https://www.nikonpassion.com/wp-content/uploads/downloads/brochures/Nikon_CD_Katalog_FR.pdf?utm_source=openai, https://argentismes.blogspot.com/2024/11/mes-boitiers-favoris-le-nikon-f90x.html, en français ; https://www.kenrockwell.com/nikon/n90s.htm, https://camera-wiki.org/wiki/Nikon_F90X_(N90S), https://web.archive.org/web/20100302005611/http://web.mit.edu/cai/www/nikon/N90s.html, https://web.archive.org/web/20150302031023/http://imaging.nikon.com/lineup/filmcamera/slr/f90x/index.htm, https://filmbodies.com/cameras/camera-reviews/nikon-n90s-review.html, en anglais ; https://blog.feliscatus.de/archives/4180-Nikon-F90X.html, en allemand


Encore un article ! Ils se succèdent en ce moment. Toujours aussi intéressant. J’ai souvent hésité entre F100 et F80. Mon F801 est toujours aussi vaillant, mais certaines optiques AF ne sont pas utilisables suivant le modèle. Pour ma part, j’ai opté pour le F80, principalement pour le prix plus doux sans trop perdre en fonctionnalité, les F100 se vendent assez cher. Il est moins « pro » mais l’esprit est là, l’ergonomie des Nikon numériques dans un argentique léger et efficace, cependant c’est moins costaud qu’un F100 ou apparemment qu’un F90X que je ne connaissais pas, encore une découverte, merci.
Bonjour Laurent, ben oui, j’avais le sentiment d’avoir un peu trop trainé dans les articles ces moments-ci. Mais j’en ai encore quelques uns en préparation, pour un peu plus tard (je me rends compte qu’il faut laisser le temps de tout lire). Merci de ton commentaire en tout cas. Bien cordialement.
Bonjour, j’adore la vidéo publicitaire. Bon ben maintenant je sais qu’il ne faut pas dire Nikone (comme Danone) mais Nikon (comme « con ») ! 🤣
Blague à part le F90X est un appareil fantastique. Moi qui ne suis pas fan des reflex argentiques autofocus (même mon cher Canone, pardon, mon cher Canon EOS 300 se trompe souvent), j’ai eu une expérience très satisfaisante avec le F90X lors d’un de mes voyages au Japon, où il pleuvait souvent fort et où la nuit tombait très tôt. Il ne m’a jamais pris en défaut quelles que soient les conditions.
Certes il est lourd, mais c’est un poids « agréable », rassurant, et avec un Nikkor AF 50mm, qui est tout léger, ça va bien. Son ergonomie est assez facile et je m’y suis vite fait. L’affichage complet dans le viseur est vraiment un atout.
Seul problème, son revêtement (dos et poignée) était collant quand je l’ai acheté, mais ça m’a permis de l’avoir pour pas cher (60€ nu, mais avec boîte d’origine et manuel complets) ; et avec des disques démaquillants imbibés d’alcool isopropylique, ça se nettoie très bien.
Quelques exemples de mes photos avec ici : https://www.lomography.com/homes/mackiechartres/cameras/3332199-nikon-f90x/photos
Bonjour Patrick, merci pour ton commentaire super sympa. Généralement, quand les poignées deviennent collantes, j’utilise un produit qui enlève les colles, ça marche bien aussi. Le plastique devient lisse mais c’est un moindre mal. Et là, Nikon et Canon sont dans le même bain. Pour Minolta et Fuji, c’est différent : le caoutchouc se désagrège ! Dis, si tu es d’accord, je peux mettre un lien vers tes photos, à titre d’exemple de ce que l’on peut faire avec le F-90X, car elles sont très chouettes.Bien cordialement.