Le Zinc du photographe

Leica M5

Je vous ai déjà présenté le Leica M5 dans la rubrique « télémétrique » (petit comparatif très subjectif…).

Si j’en parle à nouveau (enfin, façon d’écrire !) c’est qu’il rejoins mes appareils pour la photo de rue, en tout cas pour l’instant car je vais le mettre « en compétition » avec le Leica M6.

Pourquoi les opposer ? Le Leica M5 a été le premier de la marque à intégrer une cellule, fiable, mais en 1973 l’électronique n’avait pas encore atteint le degré de miniaturisation que nous connaissons de nos jours. Ce qui imposa un choix douloureux aux ingénieurs de Wetzlar car le M5 rompait avec la tradition du M3, petit, (relativement) léger : il est plus grand d’environ 1,5cm partout, ce qui est conséquent. Mais il fut pensé dans la bonne tradition de la marque, pour durer, malgré un haut degré de sophistication. Et, même si ce n’est pas ce qui saute immédiatement aux yeux, avec une certaine réflexion au niveau de l’ergonomie de l’appareil.

Un exemple ? Cette idée bizarre de mettre deux attaches de portage sur un seul côté de l’appareil, qui le fait pendre verticalement. Hé bien, aussi étrange que cela paraisse, ça permet une préhension rapide et presque naturelle de l’appareil. C’est juste que c’est perturbant, au début. Un second exemple ? La roue des vitesses qui dépasse très légèrement du capot, ce qui permet de changer celles-ci du bout de l’index, sans quitter le viseur de l’œil (les infos apparaissant dans ledit viseur).

Comme je l’écrivais lors de ma première sortie avec le M5, je l’ai trouvé très agréable à manipuler, mais je n’en ai pas encore vu le résultat, n’ayant toujours pas pu faire développer la pellicule (fichu confinement !).

Pourquoi l’opposer au Leica M6 ? Parce que celui-là, né dans les années ’80, a su concilier la taille du M3 et l’électronique de la cellule embarquée, en ajoutant au passage un cadre pour le 28mm (pour mémoire, le M5 a les cadres du 35 – 50 – 90 – 135 mm dans le viseur). Ensuite, la nouvelle conception de la cellule lui permet de nouveau d’accepter toutes les optiques M, ce qui n’est pas le cas avec le M5 (la cellule étant montée sur un bras escamotable, les objectifs avec un fût entrant dans la chambre sont prohibés ou il faut installer des « bricolages » ridicules – cf. en bas de page les références de l’excellent site Summilux ). Il concilie donc la technologie inaugurée avec le M5 et le ratio poids/encombrement du M3.

Je ne l’ai pas encore essayé, faute de temps et surtout parce que je sais qu’il me faudra encore un temps incertain pour pouvoir faire développer les films.

Et donc, l’un ou l’autre rejoindra « mes appareils », ceux que je vais réellement utiliser et qui deviennent mes compagnons de photographie.

Au delà, il me faudra encore faire d’autres choix car, comme je l’ai déjà écris, je ne suis pas collectionneur et les appareils que je possède, je les utilise.

Je devrais donc faire un choix, final, entre un des 2 Leica, le Canon P et le Canonet QL 17 GIII.

Tiens, je vais peut-être inaugurer une rubrique « à vendre », qui sait ?

Comme d’habitude, pour en savoir plus sur le Leica M5 http://summilux.net/materiel/Leica-M5 et sur le Leica M6, que je vous présenterai ultérieurement, http://summilux.net/materiel/Leica-M6.

Le Zinc du photographe

Pourquoi je n’ai pas (toujours) choisi des focales fixes ?

C’est souvent le grand débat chez les photographes : focales fixes ou transtandards/zooms ?

Mais pourquoi ce débat ? Il est (presque) indéniable que les focales fixes (de qualité) seront toujours meilleures que les zooms, souvent parce qu’elles ont des ouvertures plus favorables (du f1:1,2 au f1:2), qu’elles sont plus légères (peu ou prou de pièces en mouvement), mieux finies (ça reste à voir) MAIS elles sont fixes !

Ce qui veut dire que si vous devez changer de point de vue, pour quelque raison que ce soit, vous devez changer d’optique. Lapalisse en eut dit autant, non ?

Et donc, dans votre fourre-tout vous aurez un 18 mm, un 21mm, un 24mm, un 50mm, un … Franchement, ça fait lourd à porter !

Mais, allez-vous me rétorquer, « lorsque l’on photographie, on a un style qui va avec une ou deux optiques et on les emporte avec soi ». Je dirais que c’est un peu le principe défendu depuis longtemps par Leica, qui vous permet de visualiser le cadre qui correspondrait le mieux à votre photo (voir mes articles sur le Leica M3 ou le Leica M5) et vous n’emportez que deux ou trois cailloux avec vous.

Soit. Et je vous avoue que c’est là le choix que j’ai porté avec ces appareils, en restreignant encore le principe car j’estime que ma pratique de la photo de rue s’accommode très bien avec le 35mm, et je n’en change pas, à moi de bouger lors de ma prise de vue. Même si je songe un jour à acquérir un 28mm (question de pouvoir utiliser le « focus zone » plus large de cette optique).

Et lorsque j’utilise le Canon New F-1 j’utilise des objectifs fixes en monture FD (35 – 50 – 135mm) parce que je trouve les zooms de l’époque peu pratiques et – surtout – de moins bonne qualité que les focales fixes.

Ceci dit, lorsque je pratique une photo plus généraliste ou plus spécifique, je préfère utiliser mes zooms car j’ai, en un seul objectif, les focales dont je vais avoir besoin. Mais j’ai fait l’effort financier d’acheter (d’occasion, vous connaissez mes principes) les « meilleurs » zooms qui correspondent à mes besoins.

Petit lexique : un transtandard est un objectif qui permet de passer d’une focale à une autre sans changer de caillou… un zoom fait la même chose (ex. 24 -70mm) à cette précision que le transtandard « tourne » autour du standard que représente le 50mm (qui est le plus proche de la vision humaine – ceci pour les 24×36). Par contre, un téléobjectif est un objectif qui permet de rapprocher un sujet selon une focale déterminée (ex. 500 mm). On parlera aussi souvent de zoom pour qualifier les objectifs qui vont au delà du 50mm et vont vers de longue focale (ex. 70 -200 mm)

Et donc je me suis fixé, en Canon, sur les cailloux suivants :

  • un Canon EF 17 – 40 mm f1:4 série L, qui est un très grand angle qui va vers le grand angle
  • un Canon EF 24 – 70mm f1:2,8 série L, qui va du grand angle au mini télé
  • un Canon EF 70 -200mm f1:4 série L, qui va du mini télé au téléobjectif
  • un OVNI de marque Centon, en monture M42 sur lequel j’ai fixé une bague d’adaptation Canon EF, qui est un 500 mm (téléobjectif) à miroir, qui « ouvre » à f1:8, sans autofocus ni stabilisateur, très léger et compact (mais délicat à manier sans trépied)
  • et – rien que pour me faire mentir – une focale fixe : un 85mm Canon EF Usm f1:1,8, idéal pour le portrait

Et si vous avez lu mon article sur le Canon Eos 50M, vous saurez que je l’accompagne d’un 22mm lorsque je le prends pour la photo de rue, et d’un 15 – 45 pour le reste.

Pour ma part, je clos là le débat : oui les optiques fixes sont de meilleure qualité que les zooms mais ces derniers sont plus polyvalents et, pour peu qu’on les choisisse de qualité, aussi bons en terme de restitution.

A vous donc de connaître vos besoins et d’adapter votre parc d’optiques en conséquence. Mais ne vous laissez pas entrainer par des querelles de « spécialistes » coupeurs de cheveux en quatre. Ni par ces « experts » des magazines qui vous assomment de tests (pseudos) scientifiques pour mieux couper les mêmes cheveux en huit !

Essayer de lire les essais que d’autres ont pu faire de telles ou telles optiques sur des forums (attention, les passionnés sont pires que les spécialistes et les experts !) et si vous en avez l’occasion, demandez que l’on vous prête l’une ou l’autre de ces optiques pour vous faire votre propre opinion. Certaines enseignes louent même parfois des objectifs particuliers, pour essayer avant – éventuellement – d’acheter un téléobjectif spécifique et cher.

A ce sujet, je vous recommande la boutique de Thierry : https://www.brupixel.be/index.html qui propose à la location des objectifs et des boitiers à des prix bien étudiés pour oser franchir le pas et se faire plaisir.

Mais, surtout, faites des photos pour découvrir ce qui vous convient le mieux.

Mes appareils et leurs accessoires

Canon Eos M50

Après mes déboires avec le Fuji X20, j’ai choisi de reprendre mon Canon Eos M50, et je me suis aperçu que si je l’avais parfois évoqué, je ne l’avais pas présenté.

Bon, comme d’habitude, c’est un appareil acheté d’occasion mais quasi neuf (moins de 500 déclenchements !). Lorsque je l’ai acheté, il était « boitier nu » et il me fallait donc trouver les optiques ad hoc.

Vu la taille de l’appareil et la destination prévue à son usage, je voulais quelque chose de compact et/ou polyvalent : j’ai donc arrêté mes choix sur un EF-M 22mm et le EF-M 15 – 45mm, le passe partout plus ou moins équivalent au 24 -70 en format full frame. Auxquels j’ai adjoint, au cas où, un adaptateur pour les optiques EF.

A ce sujet, restons raisonnables, je me vois mal lui coller un 24 -70 mm en f1:2,8, ni même le 70 -200 en f1:4 : on ne le verrait plus derrière !

C’est un APS-C Canon (coefficient conversion de 1,5) avec 24,1 Mp au capteur. Autrement dit, c’est confortable et il délivre une très bonne qualité d’images. Il est super léger (514 gr avec l’objectif 15 – 45mm, une carte SD et sa batterie), avec l’ergonomie habituelle des Canon Eos et la facilité des menus propres à la marque.

Si vous venez d’un réflex Canon, vous ne serez pas dépaysé – juste surpris par son poids plume ! – et vous trouverez très vite vos marques pour vos premières photos.

Même s’il est tout en plastique, sa construction est robuste, tout est bien assemblé (je serais tenté d’écrire « comme d’habitude ») et les molettes sont bien « crantées ».

Ses gros avantages sont son viseur (hybride) et son écran monté sur rotule : fini de se contorsionner pour prendre des photos sous des plans originaux (pratique en photos de rue). Ecran tactile qui plus est.

Pour les plus technophiles, il possède plein de connectiques différentes : HDMI, Wi-Fi, Bluetooth pour piloter l’appareil à distance et transférer les fichiers si vous ne pouvez pas attendre de le faire à la maison.

Les « experts » de la presse spécialisée le considère comme destiné au grand public. Et c’est tant mieux, ledit grand public aura un appareil facile à prendre en main, fiable et d’excellente qualité d’image à se mettre sous les doigts.

Ah oui, il est aussi équipé pour la vidéo en 4K mais ça, sorry, je n’en parlerai pas, je ne m’en sers jamais.

Un reproche ? Bah, son viseur électronique, que je trouve un peu « froid » même s’il est précis. Pourtant, l’ayant utilisé pour faire les photos qui illustrent certains articles de ce site, j’ai constaté que lorsque j’utilisais un éclairage LED, des lignes apparaissent, ce qui rend la visée désagréable. Est-ce la lumière issue de la technologie LED qui est en cause ? Je ne sais pas, je creuse. Et puis vous connaissez mes réticences « philosophiques » à cette image non pas vue directement (comme avec un vrai réflex) mais par le biais, déjà, du capteur.

En résumé donc, un excellent petit appareil, que je glisse dans mon petit sling Everyday de chez Peak Design, souvent à côté du Leica M6. Avec une batterie de rechange si je prévois une longue sortie. A ce sujet, il « consomme » peu (bien moins que les Fuji) et la batterie est compatible avec le Canon Eos 100D. S’il est plus grand (tout est relatif) que le Canon Powershot G5X dont j’ai déjà fait la présentation dans le rubrique numérique, monté avec le 22 mm, il est encore possible de le glisser dans la poche d’un blouson ou d’un manteau.

Mes appareils et leurs accessoires

Et si nous pensions à enregistrer notre matériel photo ?

Je ne vous apprends rien, le coût de nos appareils représentent un investissement conséquent, même, si comme moi, vous optez pour la deuxième main de qualité.

Notre appareil, quelque soit la marque, est souvent assorti d’accessoires, tout aussi coûteux. Je songe notamment aux objectifs, auxquels nous accordons généralement un choix particulier car se sont eux qui assureront la qualité de nos photos, sa signature aussi, parfois.

Et donc, je ne saurais trop vous recommander d’enregistrer vos boitiers et objectifs sur les sites des marques.

Cela présente un double avantage :

  • en cas de vol, où que vous soyez, vous pouvez retrouver les numéros de série de votre matériel. Utile pour les déclarations aux éventuelles assurances et aux forces de police
  • la plupart des grandes marques proposent un service d’assistance, qui « augmente » avec votre parc de matériel. Cette assistance peut aller jusqu’au prêt de matériel en cas de vol ou bris lors d’un reportage.

Personnellement, je déclare tous mes appareils sur le site de Canon : https://www.canon.fr/pro/canon-professional-services/, même si je suis et reste un « amateur » (au sens où je ne suis pas un professionnel de la photo).

Si vous estimez que ce service ne vous correspond pas, il vous est toujours loisible d’utiliser l’autre formule : https://fr.canon.be/registration/.

Voici la liste des autres marques qui proposent un service analogue :

Pratiquement tous les sites sont – évidemment – des sites vendeurs mais certains axent vraiment leur politique sur la pratique photo et dispensent des conseils utiles, voire même organisent des cours photo, virtuels ou physiques.

Ensuite, tous les sites proposent des mises à jour régulières des micro-programme de vos appareils, voire même de certains objectifs (on n’arrête pas le progrès !). C’est toujours utile car avec le rythme auquel ils sortent des nouveaux modèles, il y a parfois des bugs que ces mises à jour corrigent au fur et à mesure. Et certains de ces « up-grade » offrent à des boitiers un peu plus anciens des corrections qui augmentent un peu leurs performances (notamment chez Fuji).

Bref, utilisez les services que les marques mettent à votre disposition (pas toujours sans arrière pensée, soyons en conscients) et qui vous faciliteront la vie, p. ex. en récupérant un mode d’emploi égaré, un programme qui était sur le CD que vous ne retrouvez pas, etc.

Le Zinc du photographe

Fuji X100

un bijou dans son écrin …

Eh oui, les sirènes du marketing m’ont entraîné vers cet appareil au charme, ma foi, fort sympathique.

Comme son petit frère, le Fuji X 20 dont j’ai parlé un peu avant, c’est un télémétrique (c.-à-d. que l’on vise dans une fenêtre située – généralement – sur le côté de l’objectif et non pas à travers celui-ci, comme les réflex), qui autorise une vision directe ou tout électronique.

C’est très confortable car vous pouvez superposer à la visée directe une grille de mise au point, ou un horizon électronique, p. ex.. Si vous voulez passer en tout hybride, juste pousser le bouton en façade et vous avez alors tous les réglages envisagés qui apparaissent au viseur.

Vous pouvez évidemment aussi viser via l’écran, mais alors à quoi bon avoir un viseur ! D’autant que l’écran + le viseur = consommation énergétique et intérêt à avoir un stock de batteries avec soi. Perso, j’en avais toujours 5 lors des sorties d’une journée, et je les rechargeais toutes la nuit …

Au rayon des plus : une excellente qualité photo, un look indéniable, le confort d’un vrai viseur et l’appui de l’électronique pour des infos supplémentaires. Au rayon des moins : un autofocus lent, des sorties de veille pénibles, la consommation de batterie, un écran non orientable (ce qui est un plus en Street), des menus avec une logique, heu… particulière (rien à voir avec la « simplicité » des écrans d’un Canon Eos 50M p. ex.), des boutons à l’arrière que l’on « accroche » parfois sans le faire exprès et qui vous modifient tous les réglages …

Franchement, en résumé, un bel objet, quoique un peu fragile (le bouton d’allumage est assez délicat) mais aux qualités photographiques indéniables et avec un look toujours aussi « vintage ».

Mais vous savez comment ça va, après en avoir bien joué, je le trouvais limité par son objectif fixe (pour les infos techniques, voir https://www.lesnumeriques.com/appareil-photo-numerique/fujifilm-finepix-x100-p10813/test.html) et je décidais de chercher un Fuji X-E 2 avec objectifs interchangeables !

Et je me laissais, une fois de plus, tenter par le chant des sirènes …

Le Zinc du photographe

Olympus OM-D E-M5

Mon premier réflex hybride. En version « expert » noir, petit, bourré de technologies utiles (stabilisation sur 5 axes, tropicalisé, nerveux et rapide, viseur clair), tenant bien en main. Equipé d’un zoom 12 – 50 mm en version MS (comme les pneus Mud et Snow ?), soit résistant aux poussières et embruns pour une belle polyvalence (en format 4/3, il suffit de multiplier par 2 pour convertir au format 24×36 – ça m’arrange, suis nul en calcul mental).

Bref, un chouette compagnon qui, cependant, avait pour moi 2 défauts : le premier, ses menus, par toujours faciles à comprendre (mais je suis allergique aux modes d’emploi), et le second, disons philosophique, car lorsque je vise à travers le prisme d’un réflex, je vois directement ce que je veux capter. Or ici, c’est le capteur qui me renvoie une image et donc je compose ma photo sur une image qui est le reflet d’une réalité, pas la mienne.

Ça va, vous suivez toujours ?

Bref – et je vous avoue que j’ai fait des efforts – j’ai beaucoup apprécié de travailler avec ce boitier, qui délivre de très belles images (niveau qualitatif s’entend, le niveau artistique c’est à vous et à moi d’en décider). C’est agréable de « voir » en temps réel les modifications que vous envisagez lors de la prise de vue (point commun à tous les hybrides), ça rassure parfois, mais j’en reviens à ce que je tentais d’expliquer plus haut, ça me déstabilise aussi.

Mais finalement, je l’ai cédé à un ami photographe, qui en fait très bon usage. Pour ma part, j’ai replongé chez Canon, avec un Eos 5 D M2, pas tout neuf mais qui me rassure.

Sauf que j’ai dû changer de sac et de sangle, car la différence de poids est bien là, aussi.

En résumé, mon expérience avec l’Olympus OM-D E-M 5 fut loin d’être négative (et vous en verrez des exemples photographiques sur le site – regardez dans les commentaires). Il est petit, léger, très réactif, tropicalisé, en métal (alliage) et son ratio image est facile à convertir. Olympus, qui est centenaire, a toujours en une excellente réputation au niveau de ses images et cet appareil – considéré comme un boitier expert – ne déroge pas à la règle. Autre avantage, sa monture 4/3 permet de passer chez Lumix et sa série L en collaboration avec Leica pour encore enrichir le parc optique.

Si les menus sont pléthoriques et pas toujours faciles à appréhender, ils ont le mérite de vous donner une multitude de possibilités lors de la prise de vue. Et comme c’est un hybride, vous voyez le résultat de vos essais directement à l’écran.

Le Zinc du photographe

Canon Powershot G5X

En photo de rue (Street Photography) en numérique, j’utilisais un Canon G5X. Petit, léger, discret et tout à fait dans la veine des compacts experts, il avait pour moi un avantage certain : les menus de réglages ne sont pas pléthoriques, ni trop abscons, dans la (bonne) tradition des Canon qui ont écrit, il est vrai, une bonne partie des pages de l’histoire de la photographie moderne (innovation, ergonomie, qualité) et, surtout, il possède un viseur intégré.

Je vous mets ci-dessous quelques photos réalisées avec le G5X, pour illustration de ses qualités.

Franchement, pour avoir utilisé un Sony RX 100 M2 dans le même exercice, je trouve le Canon G5X beaucoup plus qualitatif : le viseur est fixe, la construction est mieux finie, l’écran – monté sur rotule – est excellent, tactile si besoin. L’amplitude et l’ouverture du zoom sont meilleures : équivalant à un 24 – 100 mm, plus lumineux (f1,8 – 2,8). Il se glisse dans toutes les poches ou sacs (même tous petits) et dans la main, il passe (presque) inaperçu. Redoutable d’efficacité en Street !

Je ne vous parle pas des connections par WIFI ou NFC, que je n’utilise pas, mais qui feront le bonheur de quelques-uns, ni des capacités en video (en 4K), que je ne pratique pas non plus (ben oui, pour moi un appareil photo fait des photos, une caméra, des films !).

« Bon, mais alors, pourquoi avoir changé ? » … ben parce qu’il était tout petit et que j’avais quelques difficultés à le tenir. Non pas qu’il soit mal équilibré ou pas assez ergonomique – au contraire – juste que j’ai un petit souci qui fait que j’ai parfois l’impression que ce que je tiens en main me glisse des doigts ! La personne qui me l’a racheté a des « grosses paluches » et il l’a tout de suite adopté car il a toutes les qualités ergonomiques des Eos (poignée bien creusée et ergonomie bien pensée).

Bref, il va faire le bonheur d’un autre amoureux de belles photos.

En photo de paysage, portrait, urbaine

Canon Eos 5 D Mark II

En photo « généraliste », c’est un Canon Eos 5 D Mark II qui m’épaule pour exprimer ce que je ressens. Mes optiques privilégiées sont un 24 – 70 mm f1:2,8 série L constant de chez Canon et un 70 – 200 mm f1:4 (série L) de chez Canon, auxquels j’ai ajouté un 17 – 40 mm f1:4 toujours en série L. Ce n’est pas le plus léger des appareils mais il assure et me rassure.

Son viseur ne couvre que 98% du cadre ? Sa rafale ne dépasse pas 3,9 images seconde ? Sa sensibilité n’est que de 25600 ISO ? Bon, et alors ? Je l’ai payé un prix raisonnable avec moins de 40000 déclenchements. Pour avoir des caractéristiques plus « performantes », il me fallait sortir, au bas mot, 2500€. Donc, comme je ne photographie pas par nuit noire des endroits tout noirs, que je ne fais pas de photos sportives et que je connais les limites de mon cadre, il est parfait.

Du côté des avantages : il est tropicalisé, costaud (certains disent indestructible, mais je n’ai pas essayé !), très digne successeur du 5 D premier du nom, qui a ouvert la légende.

Et pour tout vous avouer, j’ai hésité à le revendre : j’avais acheté un Canon 6 D qui devait le remplacer dans mon sac, mais … il est très attachant et – petite coquetterie – il va bien avec les optiques au liseré rouge.

Ce n’est pas par snobisme que j’utilise les optiques Canon au filet rouge, mais pour leurs qualités optiques et leur solidité. Pour tout vous dire, j’avais d’abord acquis un Tamron 24 -70 f1:2,8 constant, qui faisait le job. Puis, j’ai eu l’occasion (c’est le cas de le dire puisque acheté en seconde main) d’acheter la même chose chez Canon, avec le liseré rouge et là, comme on dit, « y a pas photo » ! Tout d’abord, le silence de fonctionnement, l’onctuosité des bagues, leur tropicalisation, la qualité des images, p. ex., font toute la différence.

il y a même une échelle de profondeur, parfois bien pratique

Bref, le Canon Eos 5 D mark II est pour moi un excellent choix, même si je vous avoue que, parfois, il me semble bien lourd, d’où l’importance, comme souligné ailleurs, d’une bonne sangle et d’un bon sac.

Et finalement, j’ai racheté un troisième boitier Canon Eos, l’Eos 5D … Mark III . Je vais tester le nouveau venu pour voir qui sera le plus souvent dans le sac, avec le 24 – 70 mm f2,8. Mais je garde les deux, ils fonctionnement trop bien.

Comme je le dis souvent, même si mon premier réflex fut un Fuji ST 601, c’est avec le Canon Ftb des parents que j’ai appris et pris goût à la photo.

Je fus parfois infidèle à la marque, mais j’y reviens toujours car je n’ai pas encore trouvé mieux. Il y a une constance chez eux. Et, franchement, je commence à pouvoir en témoigner : le Canon P (1958), le Canonet 17 QL GIII (1972), le F-1 News (1981), l’Eos 30 (au début des années 2000), l’Eos 5D MII, l’Eos 5D mark III, l’Eos 6D, l’Eos 50M, le Zoemini C sont mes partenaires privilégiés.

Le Canon Eos 5 D MarkII est un appareil idéal, même s’il eut pu être plus léger. Mais vous pouvez le sortir partout, par tous les temps, il répond toujours présent. Au niveau ergonomie, la poignée aurait pu être un peu plus fine et creusée, comme l’Eos 5D Mark III, mais pour le reste, il ne lui manque rien et tout tombe sous les doigts, rapidement, presque sans plus regarder. Comme dit l’adage, « l’essayer, c’est l’adopter! »

La seule chose que l’on pourrait reprocher à ces appareils, en comparaison avec leurs aïeux, c’est qu’ils se marquent de manière moins esthétique !

Bon, écrit ainsi, ça à l’air bête, mais quand vous voyez un A-1 ou un F-1 patinés, c’est beau à voir. Alors que les nouveaux Eos, même si leur coque est composite (alliage de magnésium et « plastique » renforcé), se marquent de façon moins jolie : la couleur se perd et reste apparent le plastique gris qui est dessous, donnant air un peu « cheap » à l’ensemble, alors qu’ils sont très solides. Je crois que le gaffer va ressortir !

Tiens, ça me fait penser au malheureux photo-reporter Bill Biggart, tragiquement disparu dans l’effondrement de la seconde tour des Twin Towers, le 11 septembre 2001. Il était équipé de 3 appareils Canon, deux Eos argentiques et un Eos 30D numérique. Les sauveteurs ont retrouvé son corps et quelques effets personnels, dont les 3 appareils. Les deux argentiques, hélas, étaient éclatés et les pellicules à l’intérieur voilées. L’Eos numérique était lui fêlé de partout, toutefois Chip East, l’ami de toujours, réussit, avec mille précautions à sortir la carte et à la lire, dévoilant ainsi la toute dernière photo prise par Bill Biggart, moins de deux minutes avant son décès.

L’historie complète est à lire dans « les Héros du photojournalisme » dont les références sont dans ‘Les incontournables », les livres.

En photo de paysage, portrait, urbaine

Canon Eos 6D Mark I

J’avais l’impression qu’en achetant cet appareil, et après avoir lu pas mal d’articles sur la Toile, j’allais avoir plus facile qu’avec le Canon 5 D Mark 2, tant au niveau poids que gabarit.

Finalement, il n’en est rien : monté avec le 24 – 70 mm f1:4 en série L ou le 24 – 70mm f1:2,8 série L (un peu plus long et plus lourd), il n’est pas fondamentalement plus maniable. Il est un peu plus léger (40 gr !), la poignée un peu plus fine et bien marquée, le boîtier est un peu plus compact (environ 1 cm de moins en longueur) mais à côté de ça il n’est pas franchement différent du 5D M2.

Là où j’ai flippé, c’est quand j’ai vu le mode d’emploi : 590 pages ! Notamment pour des fonctions que je n’utiliserai sans doute pas, comme le Wi-Fi, le GPS, la vidéo.

Soyons de bon compte, c’est un excellent appareil, facile à appréhender (comme tous les Eos) et je pensais ne pas pouvoir garder les deux mais tout compte fait, je le monte avec le 70 – 200 mm f1:4.

Faudra juste que je passe par le SAV, je me suis aperçu d’un petit souci : le bouton de verrouillage de l’objectif ne revient pas toujours, il faut un peu l’aider, sinon il ne me bloque pas la baïonnette.

Ceci étant, au jeu des 7 erreurs, voici les petites différences entre les deux appareils

 Canon EOS 5 D Mark IICanon EOS 6 D Mark I
Résistant à l’eau/poussièresOuioui
Couverture viseur98%97%
Points autofocus911
AF trackerNonOui
Sensibilité max.25600 Iso102400 Iso
Nbre de Mégapixels21,1 Mp20,02 Mp
Compatible Wi-FiNonOui
Focalisation auto par détection de phaseOuiOui
Rafale3,9 i/s4,5 i/s

J’ajouterai que l’Eos 5D MII a un corps en alliage de magnésium tandis que l’Eos 6D MI est en polycarbonate. Le premier étant considéré comme « expert », le second comme « amateur » dans la gamme des Eos plein format. De fait, le 6D est le ticket d’entrée au full frame, avec des arguments de poids, une réelle facilité d’utilisation et une excellente qualité d’image, surtout si vous lui adjoignez des optiques en série L.

Honnêtement, si vous en trouvez un d’occasion, en bon état, vous pourrez faire l’effort d’une belle optique. Et, personnellement, je vous recommanderais le 24 -105 f1:4 en série L : pas trop lourd, d’excellente facture, polyvalent, il fait parfaitement corps avec l’Eos 6D, pour des prix encore raisonnables.

En résumé, un très bon appareil, capable de fournir aussi de très bonnes vidéo pour ceux que ça intéresse, en plus d’une excellente qualité photo. Facile à appréhender si vous avez déjà eu un Eos (ou même sans), avec des menus simples et bien ordonnés (et vous pouvez même choisir des aides dans les menus). Un très bon autofocus, rapide et qui accroche bien, il fera merveille avec un objectif de qualité (série L de chez Canon ou Sigma Art/Contemporary). Même un objectif un peu moins lumineux ferait l’affaire, la sensibilité ISO de l’appareil pouvant vous sortir de quelques mauvais pas. Bref, du tout bon (surtout en occasion).

En photo de paysage, portrait, urbaine

Canon New F1

Le principe des légendes, c’est d’être remplacées à plus ou moins long terme, par … d’autres légendes !

Sur ce blog, je vous présentais le Canon F1, né en 1971 et je vous précisais que cet appareil était le résumé de tout ce que Canon savait faire à l’époque en termes d’appareil pro. Hormis une petite mise à jour en 1976 (le Canon F1 N), son règne durera dix ans.

à gauche, le Canon F-1 New et le Old F-1 à droite

Les photographes pro de l’époque, qui parcourraient les nombreuses guerres des années ’70 à ’80, se partageaient en Canonistes F1 et F1N et en Nikonistes F (F2 – F3).

En 1981 donc, une nouvelle légende s’inscrivait au panthéon du 24 x 36, le Canon New F1. Canon a réussi un équilibre parfait entre les mondes de l’électronique et de la mécanique. Après les succès du Canon AE-1 entièrement automatique et du Canon A-1 multimodes, Canon créait un appareil bénéficiant de l’automatisation et de l’électronique mais sans diminuer la durabilité et la fiabilité. Bref, le New F-1, c’est le concept de base du F-1 d’origine – un corps mécanique fiable, un concept modulaire permettant d’adapter l’appareil aux besoins de l’utilisateur via des accessoires- et l’automatisation, mais qui reste derrière, prête à être utilisée comme une option possible (ce texte est inspiré du super site http://www.fou-du-canon-f-1.net/materiels/canon-new-f-1/ que je vous invite à découvrir pour de plus amples explications sur ces appareils mythiques).

Et donc … j’ai craqué pour un exemplaire venu tout droit du Japon, en parfait état et tout à fait fonctionnel.

C’est du beau, du lourd, des astuces utiles, sans fioritures ni mode d’emploi d’un kilo.

Tout dans cet appareil respire le « pro » et aussi étonnant qu’il paraisse, il est « extrêmement facile à utiliser. Parce que les reporters de l’époque devaient pouvoir agir vite et que leur matériel devait être à la hauteur de leurs attentes, sans faillir.

Le plastique est peu présent et lorsqu’il y en a, on sent que ce n’est pas par hasard et qu’il sera solide.

L’appareil est lourd, gage de stabilité aussi lors des prises de vue, et pourtant les commandes sont étonnamment douces et fluide.

Mon exemplaire a été très bien entretenu et les mousses ont été remplacées par un professionnel japonais. Il « tourne » comme une horloge, sans à coups.

Décidément, après le A-1 Canon a réussi avec le New F- 1 a consolider sa légende.

Mes appareils et leurs accessoires

Les appareils instantanés

Si les personnes de plus de vingt ans (et quelques …) pensent Polaroïd quant on parle de photos instantanées, les plus jeunes vous citeront Fuji Instax, Lomo, Canon Zink, Impossible project, par exemple.

Mais heu … pourquoi parler d’appareils aux photos instantanées ?

Un jour, nous avions fait une photo d’une petite famille dans un pays lointain et ces personnes nous avaient réellement bien accueilli, nous laissant même nous mettre en scène avec leur matériel de cuisine des rues. Après les avoir chaudement remerciés, et avoir goûté à leur préparation, nous avons eu l’idée de leur offrir une photo, pour marquer ce souvenir fugace mais d’intense humanité. Et là, ce fut compliqué pour parvenir à trouver une boutique qui possédait un appareil capable de lire nos cartes mémoires et d’imprimer la photo voulue.

Depuis ce jour là, je me suis dis que je devais avoir avec moi un appareil à développement instantané.

Bon, le bon vieux Pola, de nos jours, c’est plus compliqué. Si les greniers, les brocantes, les Emmaüs et autres boutiques de seconde main regorgent de ces appareils, il est plus rare et difficile de trouver des films pour tous les modèles, car la firme a disparu. Et même si une partie des avoirs de Polaroïd a été racheté par l’Impossible project, pour redonner vie à ce procédé, tous les films ne sont pas reproduits et quand ils les sont, il faut se rendre à l’évidence, les prix sont « costauds ».

En fait, la saga Polaroïd termine une sorte de boucle : Polaroïd a fermé ses portes en 2007 et fini de produire des films en 2008. Onze salariés de la dernière usine située en Hollande décident de racheter les machines et de relancer la production de films instantanés. Le projet étant complètement fou, ils appellent leur projet Impossible Project et, dès 2010, de nouveaux films instantanés sortent, qui font la joie de milliers de possesseurs de bons vieux Pola (en tout cas ceux qui n’avaient pas jeté leurs appareils ou les avaient oubliés dans un grenier, une cave, …). Impossible project a ensuite racheté tous les droits, y compris intellectuels, de la firme Polaroïd. Ils ont donc transformés le nom d’Impossible project en Polaroïd Originals en 2017. Polaroïd redevient donc Polaroïd !

Fuji, toujours à l’affût des bonnes idées, a développé les films instantanés, dont certains étaient compatibles avec quelques Polaroïd, comme ceux des séries 300 (les films Pack 100) mais il a abandonné leur production en 2016 pour développer ses propres films, dont la gamme Instax et les appareils qui vont avec. Si le prix est plus « réaliste », il faut convenir que la taille des dits films est souvent très petite : les Intax mini ont à peu près la taille d’une carte de crédit et les square (carré) proposent à peu près le double de surface. Seuls les wide (large) se rapprochent de la taille des anciens Polaroïd, et ce n’est déjà pas bien grand.

Au niveau qualité, je trouve, personnellement, que les films Fuji sont plus justes au niveau coloris et même netteté, mais – encore une fois – vu la taille des épreuves, c’est un peu difficile à juger.

Tant chez les Pola de chez Polaroïd que pour les Instax de Fuji, ce sont des films contenant une émulsion sur le papier qui assure l’impression, plus ou moins rapide, de la photo captée.

Et puis, Canon (et quelques autres plus confidentiels) ont développé une autre méthode, qui se rapproche plus de la sublimation thermique : les encres Zink, contraction de Zéro-Ink, c.-à-d. sans encre mais avec des cristaux. Les papiers contiennent donc aussi une émulsion, mais « sèche » qui se développera au contact de la chaleur. Comme d’habitude, je vous mets en bas de page des liens de sites intéressants à ce sujet.

Là, je trouve que le niveau est encore meilleur, mais la surface toujours aussi petite.

Solennellement, je demande à Canon de faire un effort et de nous présenter un Canon Zoemini « quelque chose » qui pourrait nous sortir au moins des photos au format carré !

Ne nous y trompons pas, les jeunes raffolent de ce genre d’appareil, eux qui sont pourtant accros à leur smartphone, sur lequel ils entassent toute leur vie photographique … mais n’éprouvent que des plaisirs fugaces au partage de ces images. Au moins, avec un support papier, fut-il de médiocre qualité, ils ont une trace tangible de ce bon moment, qu’ils mettent dans un portefeuille, qu’ils collent sur la surface de leur choix (y compris leur téléphone !), bref, ils ont le plaisir de tenir une photo en main.

Car c’est bien là le but : disposer rapidement d’une épreuve photographique qui, si c’est possible, durera plus que les quelques secondes à visionner un minuscule écran de téléphone.

Dans la rubrique « les incontournables », je vous proposais le livre The Polaroïd book, qui reprends quelques unes de meilleurs photos réalisées avec ce type d’appareil. Car c’est aussi un médium pour inventer, découvrir de nouvelles formes d’expressions.

Si, à l’époque du Polaroïd, il a existé de nombreux formats, force est de constater que de nos jours, le choix est limité aux lois du marketing, éternel frère ennemi de la créativité.

En résumé, si vous voulez découvrir un moyen différent de faire de la photo, si vous voulez pouvoir offrir rapidement un souvenir d’un instant suspendu, vous savez ce qu’il vous reste à faire : une pétition pour que les constructeurs nous proposent enfin quelque chose de tangible à se mettre sous le déclencheur !

Pour ma part, j’utilise un Canon Zoemini C et un Fuji Instax Square SQ 10. Le premier reste souvent à la maison mais nous permet de capter des attitudes furtives de nos petites filles, le second est souvent dans mon sac sling lorsque je fais de la photo de rue, pour laisser un souvenir si besoin. En attendant de trouver un Fuji au format wide (Instax 100, 200 ou 300, p. ex.) mais en tenant compte que ces appareils sont assez lourds comparés au SQ 10.

Si vous voulez éviter le coût de ces appareils, il reste les occasions et vous pouvez toujours vous tourner vers les bons vieux Pola dont je parlais en début d’article, le prix de la pellicule sera compensé par le coût ridicule de ces appareils. Pour éviter les mauvaises surprises, un petit détour par le site https://polaroid-passion.com/.

Voilà, il me reste à vous souhaiter bon amusement avec des techniques différentes, qui donneront le sourire à celui qui reçoit la photo.

Les liens utiles : https://printyourlife.fr/papier-zink/ pour les encres sans encres (Zéro Ink), en français et https://apprendre-la-photo.fr/la-photo-instantanee/, ou encore https://www.declenchermalin.com/histoire-de-la-photographie/histoire-du-polaroid/ pour les Polaroïd. Ensuite, un guide d’achat, si vous voulez vous laisser tenter : https://phototrend.fr/guides-dachat-phototrend-photo-instantanee-polaroid/

Argentique

Première sortie avec le Canon P

Dans mon sac Peak Design Everiday Sling 5l (ouf !) j’ai mis côte à côte le Leica M3 et le Canon P, avec 2 cellules à main (ben oui, j’ai chargé 2 types de pellicules de sensibiltiés différentes, celles que j’avais sous la main, confinement oblige).

Et je ne reviendrai pas sur la facilité du chargement de la pellicule dans le Canon P par rapport au Leica … quoique !

Comme il reste encore un peu de place, j’y ai glissé aussi le Fuji X20 : tout l’univers télémétrique est réuni.

Les balades étant réduites à leur plus simple expression, je vais quand même tenter de finir les films, en attendant de pouvoir les porter au labo.

Bref, je vais pouvoir utiliser les 2 grands rivaux et vous faire part de mes observations, très subjectives.

Tout d’abord, au niveau prise en main, comme je l’avais déjà signalé, c’est kifkif : les deux sont agréables et tout tombe naturellement sous les doigts. Le réglage de l’objectif du Canon est un régal, avec sa petite barre latérale qui aide à la vitesse de mise au point, tandis que le Jupiter 3 demande un peu plus d’attention.

Pour ce qui est du « bruit », les 2 se valent : un clic assourdi pour le Leica, la même chose en plus métallique pour le Canon, et le réarmement se fait dans un silence presque parfait (à peine un petit « rrrrr… » au moment d’armer, et deux fois pour le Leica M3 avec son armement en 2 coups). Ceci étant, vu le peu de personnes présentes, ce n’était vraiment pas un soucis, j’aurais pu armer un Canon A35F sans que quiconque ne le remarque !

Le patch du Leica est un peu plus lumineux mais celui du Canon ne démérite pas, et quand il y a beaucoup de lumière, c’est même confortable qu’il soit un peu assombri.

Au niveau de la visée, le Leica est très clair (hélas sans le cadre pour le 35mm) et on sait visualiser un cadre éventuellement différent avec le petit levier sur la gauche, qui simule la visée avec le 90 ou le 135 mm. Pour le Canon, il faut bien coller son œil au viseur pour bien voir le cadre en 35mm (sans que ce soit vraiment contraignant, sauf peut-être avec des lunettes ?) mais en 50 et 100 mm, pas de soucis, les cadres étant gravés dans le verre. Cela semble juste un peu moins « aérien » qu’avec le Leica mais sans être désagréable ni difficile.

Si je devais ergoter un peu (c’est – vraiment – pour le plaisir), je regrette que le levier d’armement du Leica soit si proche de la griffe flash. En effet, si celui-ci n’est pas un peu dégagé (mode rapide), j’accroche systématiquement la griffe. Ensuite, le retardateur est trop sensible car à chaque fois que je prends l’appareil, je l’accroche et j’entends le petit bruit de minuterie se mettre en route une fraction de seconde.

Très honnêtement, il sera quasi impossible de départager ces deux là, sauf pour des questions d’esthétique ou … de mode ! En effet, le Leica aura toujours plus de cote à la revente, mais sera aussi près de 8 fois plus cher qu’un Canon P à l’achat. De quoi vous permettre d’investir dans de beaux cailloux car, finalement, ce sont eux qui feront la différence au bout du compte. Le Canon P accepte toutes les optiques en standard LTM 39.

En résumé, voilà deux beaux challengers à avoir dans son sac (enfin, au moins un des deux, restons raisonnables) pour arpenter les rues et se faire plaisir avec des appareils qui ont plus de 60 ans maintenant et qui fonctionnent toujours parfaitement.

Voilà, personnellement, je vais garder le Canon P. Soyons de bons comptes, le Leica est tout aussi bon, mais vous le savez maintenant, même si je ne suis pas collectionneur, j’essaie de garder une certaine cohérence dans les appareils que j’utilise et je reste – tant que faire se peut – fidèle à une marque qui ne m’a – jusqu’à présent – jamais déçu.

Le Zinc du photographe

Première sortie avec le Leica IIIf

Hier, 22 mars 2020, il faisait beau soleil et j’ai pu envisager de sortir un peu, autour de la maison, pour tester le Leica IIIf.

Mes premières impressions sont mitigées : je pensais retrouver les gestes acquis avec le Zorki Ic, en plus facile, notamment parce que les 2 « viseurs » sont très proches l’un de l’autre (réglage télémètre à gauche, viseur à droite) … ben non !

Finalement, le fait de les mettre très près l’un de l’autre rend les choses plus difficiles, par exemple parce que le viseur télémétrique a un grossissement important. On n’y voit qu’un détail de la photo envisagée et il faut être précis pour le réglage. Et quand on passe au viseur proprement dit, il y a cette impression de distance qui perturbe un peu. J’avais moins cette sensation avec le Zorki Ic.

Ceci dit, la manipulation du Leica est un régal : autant lorsque vous tournez le bouton d’avancement du film du Zorki Ic vous donne l’impression de ressentir le jeu des engrenages, autant c’est onctueux avec le Leica IIIf. Le déclencheur, mieux fini, offre une très bonne sensation quand vous l’enfoncez pour prendre la photo. Avec le Zorki Ic vous avez l’impression de devoir appuyer fort et sa forme (un tube avec de petites aspérités) est moins confortable. Pourtant, avec les deux, c’est un peu perturbant au début car le déclencheur n’est pas, comme nous le connaissons avec les autres appareils argentiques, dans le prolongement d’un levier d’armement. Non, il se niche entre le bouton d’avance du film et la molette des vitesses. Pas très ergonomique.

le « tableau de bord » du Leica IIIf : à gauche, le bouton de rembobinage, avec la commande de correction de la dioptrie (la languette en bas); au milieu, la prise pour flash (au fait Leica III f pour flash); à côté, la roue des vitesses rapides, entourée des vitesses de référence pour l’usage du flash; à l’extrême droite, le bouton d’avancement du film, avec la possibilité de mémoriser les ASA/ISO dessus et en dessous, le compteur de vue, manuel; entre la roue des vitesses et le bouton d’avancement, le déclencheur; devant lui, le levier qu’il faut remettre sur « R » lorsque l’on veut rembobiner le film; à côté de l’objectif, le bouton en saillie est celui des vitesses lentes. Sur les modèles ultérieurs, sous la molette des vitesses lentes, en façade, se trouvera le levier pour le retardateur.

Mais, comme je l’ai déjà écris, photographier avec ces appareils, c’est un peu remonter le temps, et se dire – en toute humilité – que de grands photographes ont pu tirer parti de ce que nous pouvons nommer des réticences de « photographe moderne ».

De fait, je pense qu’il faut envisager l’utilisation de ces appareils avec un autre principe que l’autofocus a rendu obsolète : le zone focusing ou, en français, la plage de netteté.

Vous en trouverez de nombreuse explications et tutos sur la grande toile (voir en bas de page pour les liens) mais, en quelques mots, ce système vous permet de prérégler une distance minima et maxima dans laquelle, en fonction de la focale utilisée et de la vitesse envisagée, vous serez net. C’est une façon élégante de ne pas se tracasser pour le réglage télémétrique. Il vous reste à viser et composer.

Ceci dit, le Leica IIIf, comme le Zorki Ic d’ailleurs, sont optimisés pour l’utilisation du 50 mm. C’est le cadre que vous voyez dans le viseur. Si vous voulez utiliser d’autres focales (35 – 90 – 135mm) vous devrez investir dans une espèce de tourelle qui se place sur la griffe « flash » et qui présente les viseurs pour ces différentes optiques

En résumé, Le Leica IIIf est un bel appareil, agréable à manipuler (je ne reviens pas sur le chargement du film, décris avec le Zorki IC, je commence à m’y habituer), aux commandes « onctueuses ». Mais c’est un appareil des années trente (1930) – même si celui-ci fut le plus évolué, avec le IIIg – et il est très loin de nos nouvelles habitudes d’utilisation (alors que nous pratiquons encore l’argentique). Ceci suppose d’appréhender des méthodes – règle du f16, hyperfocale, zone de netteté – que nous ne maitrisons plus beaucoup, habitués aux facilités des autofocus performants de nos numériques, voire même des argentiques de dernière génération (mon Canon Eos 30 p. ex.) pour en tirer le meilleur parti.

Il faudra attendre un certain temps, encore indéfini (que ce f… virus se barre) pour finir le film et pouvoir le déposer et faire développer. Patience donc …

Comme d’habitude, quelques liens utiles : https://www.youtube.com/watch?v=AMBuM5WKoZs et https://www.youtube.com/watch?v=idaIzAnctf8 en français et https://www.youtube.com/watch?v=AA1DASWrR38 en anglais

Le Zinc du photographe

Première sortie avec le Leica M3

Franchement, j’aime bien la petite touche « moderne » apportée à l’appareil par le nouveau recouvrement en cuir bleu navy.

crédit photo Pascal Altazin

Pour sortir, j’ai monté un Jupiter 3 avec une bague d’adaptation car le Leica M3 a inauguré la monture … M. Pour mémoire, cette nouvelle monture permet un montage plus rapide et précis des objectifs sur l’appareil. Toutefois, Leica, qui avait développé un beau parc d’optiques de qualité, avait prévu de pouvoir encore utiliser ces optiques au standard Ltm 39 à visser, moyennant des bagues d’adaptation. Celles-ci reprennent la monture M et comportent un filetage en 39. Ce dont les objectifs russes profitent, tout comme les objectifs Canon et Nikon de l’époque (et qui sont dans la plupart des cas aussi qualitatifs que les objectifs Leitz).

Pourquoi pas une optique Leica ? Ben, à cause du prix ! Le Jupiter 3 est l’équivalent d’un Sonnar Zeiss 50mm f1:1,5 et plus particulièrement, les objectifs entre 1956 et 1961 sont fabriqués avec des lentilles d’origine Zeiss. Le mien date de 1958. Il m’a coûté 154€. Si j’avais choisi un « vrai » Sonnar, c’était au minimum 950€ (sur le même site bien connu). Bref, soyons raisonnable mais faisons-nous plaisir.

Comme j’avais terminé le test du Zorki Ic et commencé celui du Leica IIIf, c’est ce dernier que j’ai pris avec le Leica M3, d’abord pour terminer le film et ensuite pour comparer l’évolution que représente le M3 par rapport à « l’ancienne » gamme des Leica à vis.

Esthétiquement d’abord, le Leica M3 est épuré :

  • un « bloc » de métal sans aspérités, aux bords légèrement arrondis avec des améliorations ergonomiques certaines, comme le levier d’armement dans le prolongement duquel est installé le déclencheur, qui tombe naturellement sous l’index. Les molettes de réglages sont intégrées dans le capot, plat.
  • la fenêtre de visée est immense eu égard à celle du Leica IIIf et, surtout, il n’y a plus qu’un viseur. Les ingénieurs de Wetzlar ont réussi la prouesse technique d’améliorer considérablement la visée télémétrique par l’adoption d’un bloc viseur-télémètre aux images confondues, d’une conception aussi nouvelle qu’incroyablement complexe. La base télémétrique elle-même est presque doublée puisqu’elle passe de 38 mm à 69,25 mm, ce qui se traduit par une précision accrue.
  • l’image de visée est extrêmement claire et lumineuse, presque grandeur nature (rapport 0,91), délimitée par un cadre collimaté (ce qui signifie aérien, projeté à l’infini) corrigé automatiquement de la parallaxe.
  • trois cadres sont disponibles, indiquant le champ couvert par les objectifs de 50, 90 et 135 mm de distance focale ; les cadres 90 et 135 mm apparaissent lorsque l’objectif correspondant est mis en place. Le cadre 50 mm (visible en permanence) est continu, blanc laiteux. Les autres cadres sont matérialisés par 4 segments lumineux. L’image télémétrique – celle que vous allez devoir régler pour être net – occupe le centre du champ, parfaitement délimitée dans un petit rectangle au contour franc

Voir le lien dont est issue cette description précise : http://summilux.net/materiel/Leica-M3.

Et ça change tout : fini les rectangles orangés, ou les ronds aux contours plus ou moins définis des Zorki, Fed ou Kiev, voire Contax et même des anciens Leica. Lorsque vous collez votre œil à l’oculaire de visée du M3 c’est un peu comme si une fenêtre propre ouvrait sur ce que vous vouliez voir. Le cadre est lumineux, vraiment, il donne une sensation d’ouverture inconnue jusque là.

Certes le M3 est plus lourd que le Leica IIIf (près de 400 gr quand même) mais cela ne se ressent pas du tout. Il tombe bien dans la main et , comme je l’ai déjà écris, est plus ergonomique.

La roue des vitesses est crantée, elle comporte enfin les lentes et les rapides en un même endroit et – surtout – l’on peut modifier les vitesses avant ou après avoir armé (ce qui était un risque certain de casse sur les anciens Leica et leurs inspirations russes).

Reste que tout n’est pas parfait :

  • la roue des vitesses auraient pu déborder un peu du capot, permettant une correction plus rapide. Les ingénieurs l’ont fait plus tard sur le M5. Soyons de bon compte, c’est surtout utile sur le M5 qui bénéficie d’une mesure de la lumière, avec rappel dans la viseur, chose inconnue sur le M3
  • ensuite, le chargement du film est toujours assez complexe, même si l’habitude y supplée. Mais un Canon VI ou un Canon P, contemporains, avaient un dos à charnière. La justification de cette construction se trouve dans une meilleure étanchéité à la lumière, que les dos à charnière n’offrent pas toujours et nécessitent plus de mousse pour y arriver. Mouais … vu la qualité d’assemblage de mon Canon P (double sécurité à l’ouverture, rainures profondes qui s’encastrent parfaitement à la fermeture du dos), je trouve que la formule dos à charnière est plus simple.
  • Le cadre des 35mm n’est pas prévu. Il faut, là aussi, composer avec une ajoute d’un objectif et d’un bloc optique que l’on monte sur le devant de l’appareil. Pas simple. Le M2 résoudra le problème. Ceci étant, la focale 50mm est toujours réputée être celle la plus proche de la vision humaine.

Pour le reste, c’est extrêmement agréable d’utiliser cet appareil, surtout après avoir testé des modèles plus anciens. Mais c’est là le but des innovations, évoluer.

L’armement de mon modèle, qui date de 1957 est un peu spécifique, il se fait en deux demis mouvements (il faut armer 2 fois). Pourquoi ? Souvenez-vous, le Leica M3 était pensé et prévu pour des photographes de terrain, souvent des fronts de guerre. Les ingénieurs de Wetzlar ont prévu ce dispositif particulier pour éviter que les photographes, en situation de stress ou d’urgence, n’arrachent la pellicule en armant trop vite et trop fort. Gentil non ? Bon, faut juste pas l’oublier quand vous voulez, justement, prendre une photo rapidement, de faire deux fois le mouvement. Notez que ce dispositif fut abandonné en 1958. Au demeurant, l’armement est très discret, tout comme le déclenchement, à peine un clic peu audible. Seul le M5 fait encore moins de bruit (amortissement de l’obturateur encore amélioré).

Les Leica, en général, sont des appareils bien usinés, bien finis, robustes. Il est (presque) toujours possible de les faire réparer à l’usine mère ou chez des réparateurs agréés mais il faut mettre beaucoup de mauvaise volonté pour casser un Leica. Celui que j’ai acquis a manifestement été bien entretenu, il a 63 ans à ce jour et il fonctionne parfaitement.

Voilà … de tous les télémétriques que j’ai pu essayer à ce jour, ce Leica M3 est certainement le plus confortable à l’usage, le mieux fini – seul le Canon P fait arme égale à ce niveau, le plus silencieux (seul le M5 fait mieux) et, cerise sur le viseur, le plus lumineux.

Si je devais choisir d’ailleurs entre le Canon P et le Leica M3, franchement … j’hésiterais …

  • niveau qualité de fabrication, égalité
  • niveau silence, très léger avantage au Leica (un bruit plus assourdi – rideaux en caoutchouc ou plus métallique – rideaux en métal très fins pour le Canon) mais l’un comme l’autre passeront inaperçus en rue, en concert ou lors d’un discours; réarmement aussi souple et discret chez l’un que l’autre
  • niveau clarté de la visée, très léger avantage au Leica (les cadres sont comme aériens alors qu’ils sont gravés sur le Canon, ce qui ne les empêchent pas d’être bien visibles), le patch du Leica est un peu plus visible
  • niveau des cadres, léger avantage au Canon, qui offre des cadres pour le 35 -50 -100mm contre le 50 -90 -135mm pour le Leica, sauf à y monter des appendices parfois compliqués pour les focales plus courtes
  • niveau utilisation, net avantage au Canon avec son dos à charnière
  • niveau poids, léger avantage au Canon avec 557 gr tout nu contre 592 gr
  • niveau encombrement, égalité car le Leica rend 0,5cm de moins que le Canon en longueur (hauteur identique) mais le Canon est près de 0,5 cm moins épais
  • niveau ergonomie, égalité même si le Leica compte le déclencheur dans le prolongement du levier d’armement, celui du Canon tombe naturellement sous l’index; égalité pour les leviers d’armement, qui tombent parfaitement sous le pouce; déclencheurs aussi doux l’un que l’autre
  • niveau rapidité de mise en œuvre, égalité car le Canon se charge plus rapidement mais les objectifs à viser sont un peu plus lents à installer, tandis que le Leica reste lent à charger alors que sa baïonnette permet de changer les optiques plus vite
  • niveau esthétique, ah ça, les goûts et les couleurs … bref, ils sont splendides tous les 2
  • niveau prix : large avantage au Canon, y compris pour les optiques « standards »

Il me restera à terminer le premier film mis dans le Leica M3, le faire développer et scanner en haute définition, comme pour les autres, pour pouvoir vous montrer les résultats. Mais là, pour l’instant, c’est une autre histoire …

Le Zinc du photographe

Sortie avec le Zorki 1c et son Industar 22 f1:3,5

J’ai déjà eu l’occasion d’avoir un Zorki en main, un 4K en l’occurrence (de 1974). C’était ce qui se rapprochait du Leica M3, du moins par la forme (je vous renvoie à la rubrique « les télémétriques russes » pour sa description). Avec quelques particularités, par rapport au M3, notamment un correcteur dioptrique, que ne possède pas le Leica. Mais soyons de bon compte, le Leica M3 datait de 1954 et le Zorki 4K fut fabriqué de 1972 à 1978 (à 524610 exemplaires). La construction était moins rigoureuse, moins bien ajustée, mais cela lui donnait un charme et – paradoxalement – une certaine robustesse, pour autant que l’on ai respecté la règle de toujours armer avant de modifier les vitesses. Et puis le Zorki 4K était lourd, pas spécialement facile à charger (il faut ôter la semelle, insérer l’amorce dans une bobine amovible, réintroduire le tout, remettre le dos, fermer les 2 clés de sécurité, armer/déclencher une ou deux fois et c’est parti).

Avec le Zorki 1, c’est une autre époque : celui-ci date de 1951 et il copie le Leica II qui date de … 1932 ! Il fut fabriqué de 1948 à 1956, à 835.502 exemplaires (pas mal non ?). Le mien date de 1951, c’est donc un Zorki 1C.

Deux exemples ici de Zorki Ic avec leurs objectifs rentrant : un Industar 22 et sur l’autre un Fed. Ces objectifs sont des copies des Elmar de chez Leitz.

Si vous voulez photographier avec un appareil ancien, bien fabriqué (mieux que le Fed 2, qui est aussi une copie assez fidèle), surtout très abordable, c’est celui là qu’il vous faut, vraiment.

Soyons clair, il demande un peu d’adaptation : il y a 2 « viseurs » à l’arrière. Celui de gauche est le télémètre, celui de droite, le vrai viseur. Télémètre agréable à régler, avec un patch orangé bien visible. C’est une petite gymnastique à laquelle on se fait vite : un regard à gauche, pour régler le télémètre sur l’objet photographié, un regard à droite pour cadrer définitivement. Ah oui, après avoir armé – et vérifié sa cellule à main – nous pouvons modifier la vitesse. Clic ! la photo est dans la boîte.

Les deux « viseurs » étaient la règle chez Leica et les concurrents de l’époque. C’est le Leica M3 qui modifia la donne, en 1954. Ce n’est donc pas exceptionnel si vous voulez tester de vieux télémétriques.

Ci dessous, à gauche le Zorki Ic et à droite le Leica IIIf, vus de face et de dos. Notez les deux viseurs à l’arrière, relativement éloignés pour le Zorki, plus proches pour le Leica.

Pour le charger, c’est comme pour les anciens Leica aussi : débloquer la clé de sécurité sous la semelle, ôter celle-ci, retirer la bobine amovible et … modifier l’amorce (10 cm) pour faire entrer le bout de celle-ci dans le ressort de la bobine puis glisser – en même temps – la cartouche et cette bobine dans l’appareil, en faisant glisser l’amorce dans une fente au dos de l’appareil. Bon, ça à l’air compliqué mais on s’y fait vite (paradoxalement, plus facile qu’avec le Leica M5). Vous remettez la semelle, armez et déclenchez au moins deux fois, pensez à mettre votre compteur de vue à zéro, et c’est prêt. Si vous trouvez ça difficile, rassurez-vous, il y a plein de tutos sur la toile.

En haut, la semelle avec sa clé de sécurité, le ventre de l’appareil en dessous et tout en bas la même chose sur le Leica M3, avec le dessin particulier de l’amorce (à couper suivant le pointillé – à noter qu’il existe un appareil spécialement dédié à cet exercice, un Ablon (Leica) qui coûte très cher en vrai mais dont il existe des copies réalisées sur des imprimantes 3D; faut fouiller un peu sur la toile pour les trouver)

Un mot sur le déclencheur : il n’est pas bruyant, un simple clic assez doux (rideaux de l’obturateur en caoutchouc, comme le Leica). Pour réarmer, il suffit de tourner le gros bouton de chargement. Honnêtement, y ajouter un « soft release » assurera une meilleure sensation au déclenchement, mais ce n’est pas obligatoire.

Par contre, pour le porter, il convient de trouver une sacoche en cuir car l’appareil n’a pas d’œillets pour y attacher une lanière. Ceci étant, il n’est pas lourd (534 gr avec l’Industar 22 et un film de 24 poses) et si vous y avez monté le même objectif que le mien, celui-ci replié, vous le mettez dans une poche de blouson sans soucis. De plus, la sacoche, si vous pouvez en trouver une, est du plus bel effet : c’est un magnifique cuir, généralement bien patiné.

Le détail de cet objectif étonnant, qui se replie sur lui-même. Pour le mettre en œuvre, vous tirez sur le fût et effectuez un quart de tour sur lui-même pour le bloquer en position sortie. La bague de réglage comporte un bouton pour aider à la mise au point (il suffit de le pousser d’un côté ou l’autre pour faire la mise au point)

Voilà. Je suis sorti aujourd’hui avec cet appareil et il m’a agréablement surpris, tant par sa maniabilité que par son agrément d’utilisation, malgré la petite gymnastique pour viser (et le charger). L’Industar 22 permet de régler rapidement la mise au point, surtout parce que le patch du télémètre est bien visible. Ceci étant, vous pouvez y installer d’autres objectifs, comme un Jupiter 8 ou un Jupiter 3, mais si vous gagnez en luminosité, vous perdez en compacité. Je l’ai gardé en main pendant toute la balade (10km quand même) sans qu’il ne pèse. J’avais juste pris la précaution d’emporter une cellule à main (j’avais oublié ma réglette du sunny 16 !).

Je n’ai pas pu terminer le film mis dans le Zorki. J’en profiterai pour installer le Jupiter 8 et le Jupiter 3 pour finir le film. C’est un film couleur 200 Asa, dont la date d’expiration était mai … 2005 !

La suite bientôt donc. Quoiqu’il faudra attendre encore un peu : nous sommes le 17 mars 2020 et la Belgique vient de passer en mode confinement, jusqu’au 05 avril, en théorie. Tous les commerces non essentiels seront donc fermés, et zut !

Quelques liens, comme d’habitude : http://35mm-compact.com/anciens/zorki1.htm et http://www.summilux.net/materiel/Leica-II, en français et http://www.swcornell.com/camera/zorki12list.html, en anglais.