Argentique

Découverte du Rollex : Un appareil photo vintage

Préambule.

Il me restera encore 2 appareils à vous proposer, tous venant de la grande brocante de Maroilles.

Celui-ci m’ a frappé pour sa bonne bouille et parce qu’il était dans son sac tout prêt en beau cuir brun. A part quelques traces d’oxydations superficielles, il est en bon état et tout fonctionne. Allons donc le découvrir de ce pas …

Un peu d’histoire.

Au sortir de la seconde guerre mondiale, de nombreuses entreprises françaises ont essayé de prendre place dans le grand marché des appareils photos en pleine renaissance, les Allemands étant encore sous embargo et leurs usines en pleine reconstruction pour celles restées du bon côté du futur mur de la honte et pour celles, démantelées et envoyées de l’autre côté, la question était plutôt de savoir que faire de toutes ces marques capturées et de réfléchir au futur conglomérat pour le peuple (VEB) Pentacon.

Toujours est-il que la Société de Constructions d’Appareils Photographiques et Cinématographiques de Levallois-Perret ou SCAPEC a tenté le coup. Etablie non loin d’OPL (Foca), elle se lance dans la grande aventure de la production photographique.

Le premier appareil présenté par la SCAPEC sera un box, le Kovex (1951). Hélas, un excès de snobisme peut-être l’a empêché de voir ses ventes décoller. En effet, il sera vendu plus cher que ses concurrents parce qu’il était gainé d’un cuir croco grenat (?!) et entouré d’un demi-sac de protection.

Appareil photo Kovex avec un boîtier noir et un gagnage en cuir marron, affichant une lentille menisque et des contrôles de pose.
Source : Collection Click-Clack

Ils revoient leur copie et lance un second box, le Rollex, beaucoup plus simple et moins ostentatoire, le gainage étant une simple toile encollée. Hélas, le résultat est identique, les ventes stagnent.

Troisième essai avec encore un box dont ils délèguent la vente à une société coopérative ouvrière de production, la SCOPA (Société COopérative de Production d’Appareils et de Matériel Photo et Cinéma). Il s’appellera donc le Scopa, mais il n’eut pas plus de chance que ses frères d’infortune. De fait, cet appareil est identique au Rollex, seul le nom change. Il n’apporte rien de plus ou de différent pour tenter de (re)lancer les ventes.

Appareil photo box Rollex de la SCAPEC avec un viseur rétractable, finition en cuir noir, et deux réglages d'exposition.

Source : Collection Click-Clack

Bref, la SCAPEC ne semble pas avoir vécu longtemps, en 1953 elle passait la main à la SCOPA pour, sans doute, écouler les stocks restant.

Pourquoi ce manque d’engouement pour ces trois box ? Disons que la mode de ce type d’appareil agonissait déjà. Ensuite, la construction était légère et n’apportait rien de neuf : un corps en aluminium plié, revêtu de gainage noir sur les côtés et le dessus/dessous ; un 6×9 sur film 120 ; il offrait peu ou pas de réglages (j’y reviendrai) ; l’objectif était un ménisque (une seule lentille) fix-focus. Rien de bien grisant.

La seule originalité était cette espèce de boite sur le devant, au dessus de l’objectif/obturateur, commune à tous les modèles, et qui contenait le viseur, monté sur ressort façon diable qui sort de sa boite !

En résume, le Rollex semble être le box le plus commun, du moins en France, le Voltex et le Scopa étant plus difficiles à dénicher. Toutefois leur valeur n’est pas affolante, leur piètre prestation étant encore leur pire ennemie. Mais ils ont un petit quelque chose qui titille les collectionneurs …

Une ancienne publicité illustrant différents modèles d'appareils photo, y compris le Rollex, montrant des croquis et des spécifications techniques.
Image d'une page de catalogue présentant trois modèles d'appareils photographiques, incluant le Box Gap, le Rollex, et le Roc, avec des descriptions techniques et des prix.
Quand on voit les prix demandés par rapport aux concurrents, on comprend ...

Présentation du Rollex.

Je crains qu’elle ne soit rapide, les réglages étant réduits à leur plus simple expression, un peu comme pour les FEX.

L’objectif, de marque inconnue, est donc un ménisque, peut-être de 75mm. C’est un fix-focus, sans aucun réglage de distance donc. Mais il est noté objectif special, Made in France, Trade Mark.

Gros plan sur l'objectif et les commandes d'un appareil photo Rollex, montrant les réglages pour le flash, la pose et l'instantané, ainsi que les inscriptions 'OBJECTIF-SPECIAL, Made in France, Trade Mark'.

Il y avait en tout et pour tout deux diaphragmes : petit diaph et grand diaph, inscrits sur le pourtour du fut d’objectif. Mais allez savoir à quoi ils correspondaient ! On les règle avec deux tirettes sur le dessous de l’objectif.

Quant aux vitesses, il y en a une instantané et la seconde est la pose (B), que l’on règle (le grand mot) à l’aide d’un petit levier au dessus de l’objectif. On estime la vitesse au 1/50s.

Soyons de bon compte, il y a une synchronisation du flash car il y a une prise PC sur le côté.

Pour déclencher l’obturateur, sans protection contre la double exposition ni asservi au remontage du film avec la grosse molette sur le côté – il faut bien vérifier le compteur qui est en fait le passage du film sous la fenêtre rouge inactinique – c’est le gros tube qui fait saillie sur le côté droit du combo objectif/obturateur. Comme sur les vieux box Kodak, vous appuyez dessus, ça déclenche, vous ré-appuyer, ça re-déclenche. Distraits, vous allez en faire des double, triple, … expositions !

Finalement, le truc le plus rigolo de cet appareil (et des autres de la marque), c’est le viseur, enfermé dans sa petite boite métallique, au dessus du combo objectif/obturateur. On le libère en appuyant sur le bouton au dessus de cette mini-boite à surprise. C’est un viseur comme on en trouvait sur les vieux pliants (folding) et on peut juste le faire pivoter pour prendre des photos à l’horizontale. Heu … visée pifométrique assurée.

Le filetage pour assurer l’appareil sur un trépied est bizarrement mis sur le côté gauche de l’appareil. Fallait-il uniquement faire des photos horizontales dans ce cas où ajouter un accessoire pour photographier avec le boitier debout ?

Vue arrière d'un appareil photo Rollex avec un boîtier en cuir noir et des finitions métalliques.

A noter qu’il y a des points d’ancrage pour fixer une sangle sur chaque côté du Rollex, bien que le sac tout prêt en accueille une en cuir.

Une photo d'un étui en cuir brun pour appareil photo, présentant le logo 'ROLLEY'. En arrière-plan, on aperçoit une tasse et des boîtes avec le mot 'LIGHT'.

Admettons que vous ayez envie de glisser un film dans cette drôle de boite. Il faut mettre le verrou du dessus sur O (ouvert) et la même chose sur celui du bas puis tirer délicatement sur toute la partie derrière la face avant.

Attention, n’appuyez pas trop fort de crainte de plier ce presque demi-cercle d’aluminium. Tout comme il faut éviter de serrer trop fort les deux côtés de l’engin, pour les mêmes raisons. Hormis la corps de la chambre, à l’intérieur, rien ne vient renforcer les deux parois. Pour remonter le tout, regardez bien le sens du dos, c’est marqué bas et haut pour éviter toute mauvaise introduction du morceau dans les rails qui guideront cette partie jusqu’au verrou, que vous remettrez sur F (fermé).

A l’intérieur, un grand vide ! Une chambre comme celle des anciens box du début du siècle passé, avec la bobine débitrice à mettre en dessous. D’aucuns hésitent sur le type de film : 120 ou 620 ? Une bobine métallique à l’intérieur de mon exemplaire m’a fait penser un instant à la seconde solution mais c’est bien du 120 qu’il faut pour nourrir l’engin (bobine avec un grand cercle de base en 120 contre un petit en 620).

Intérieur d'un appareil photo Rollex montrant le compartiment à film avec une bobine en place.

Dernière revue de détails :

Que penser de cet appareil ?

Disons qu’il a le mérite d’exister et de nous montrer que certains fabricants n’hésitaient pas à enjoliver par leur publicité le vide sidéral qu’ils proposaient.

Certes, la Scapec n’ a pas été la seule à proposer des appareils simplissimes, mais pas au prix d’un Rolleiflex !

Je ne pense pas que je tenterai de mettre un film dans l’appareil, le format 6×9 est difficile à faire développer si on n’a pas son propre matériel.

Reste que ce Rollex est une pièce de collection dont vous pourriez vous rendre acquéreur pour 40€ maximum si l’exemplaire est en (très) bon état, avec sa gaine en cuir.

Il a au moins l’avantage de proposer un look singulier par rapport aux multiples box qui ont vécu avant et en même temps que lui.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Des références.

http://glangl1.free.fr/Liste-Scapec.html, http://www.vieilalbum.com/RollexFR.htm, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-1573-Scapec_Rollex.html, http://glangl1.free.fr/Photo2/Photo_S_412.html, https://www.facebook.com/imagesdargent/posts/scapec-rollex-commercialis%C3%A9-en-france-%C3%A0-partir-de-1952-ce-box-est-assez-rare-et-/687560420045120/, https://collection.click-clack.fr/scapec-appareils-photo/, en français.

Argentique

Le Savoy Royer 3F, l’élégance vintage de l’argentique.

Préambule.

Ça diminue mais cet appareil fait aussi partie des trouvailles de la brocante de Maroilles. Ici, sur un stand de particuliers, une dame vend cet appareil et un reflex Zenit. Vous vous doutez bien que c’est le premier qui a de suite attiré mon œil curieux.

C’est le drapeau Suisse qui m’a intrigué : mon amis de l’autre côté des Alpes ne fabriqueraient donc pas que du chocolat, des couteaux de poche et des montres ! Notez que j’avais déjà découvert leur activité photographique avec l’Alpa SI 3000 que j’ai présenté il y a un moment déjà.

Un peu d’histoire.

hihihi … et là je me suis planté complètement car ce n’est pas le drapeau Suisse qui orne cet appareil, mais il semblerait que ce soit celui de la Savoie. En effet, Monsieur René Royer, ingénieur industriel qui, après avoir travaillé chez Lumière, fonde en 1947 la société française SITO (Société Industrielle de Technique Optique), établie à Fontenay sous Bois (Seine), a possédé quand même une usine de montage à Annemasse, en Savoie. C’est là que seront fabriqués les Savoy dès 1956.

Ceci étant, la marque SITO n’apparait jamais sur les appareils mais bien le nom du fondateur/concepteur, Royer qui est, de fait, le nom de marque commercial.

A ses débuts, l’entreprise fabrique essentiellement des obturateurs qu’elle livre en tant que sous-traitant.

Au sortir de la seconde guerre mondiale, les appareils pliants ou folding ont encore du succès. C’est avec eux que commence l’aventure de Royer. Ils proposent toute une série de très beaux pliants avec soufflet et corps en fonte d’aluminium, qui seront présentés en 1948 au Salon de Paris.

On dit d’ailleurs que la gamme rivalisait en qualité et ingéniosité de fabrication avec Zeiss Ikon, c’est peu dire. L’appareil la plus abouti de cette gamme sera le Teleroy, concurrent direct du Super Ikonta. Pensez donc : télémètre couplé, prévention des doubles expositions, synchro flash et retardateur.

Mais dans les années cinquante, le pliant s’essouffle alors que le 6×6 a encore du succès. Rolleiflex n’ayant toujours pas le droit de sortir de ses frontières teutonnes, les français Semflex et Royer sortent des bis-objectifs de grande qualité. Pour Royer ce seront les Royflex (1952). Le plus perfectionné sera le Royflex III, automatique et équipé du Téléligth, un système qui assurait une visée très claire

Source : mes appareils photo

Les années soixante annoncent un autre bouleversement : le 6×9 est mort, le 6×6 agonise tandis que les films 24×36 en N/B et, surtout, en couleur, commencent à prendre le pouvoir. Royer fait face en sortant le Royer 35. Hélas, celui-ci contient une erreur de conception (il ne s’ouvre pas ni derrière ni en dessous, il faut ôter la face avant pour le charger d’un film) qui poussera l’entreprise à revoir sa copie et cet appareil deviendra bien vite le Savoy (1956). Il se déclinera en 1 – 2 – 3. Le Savoya couronne la gamme, titillant les Foca Sport.

Source : mes appareils photos, magazine Photo Cinéma, 1954

Et puis, en 1959 sort la bombe appelée Nikon F, le reflex qui va en ébranler plus d’un !

Royer réplique avec les SAVOYFLEX, leurs premiers réflex. Mais ceux-ci ne sont pas à la hauteur : ils ne proposent qu’un obturateur central, un objectif fixe, que viennent compléter des compléments optiques, dépassés.

Cet échec et la concurrence de plus en plus féroce sur ces gammes auront raison de l’entreprise, qui disparait en 1965.

Elle laisse derrière elle quelques beaux appareils, très bien construits et fiables

On estime à plus de 200.000 obturateurs fabriqués et environ 200.000 appareils photo jusqu’aux années soixante. S’il y eut effectivement quelques ratés incontestables, le reste de la production était bien considéré.

Présentation du Savoy-Royer 3F.

La série commence donc en 1956 par la production du Royer 35, mal pensé car, comme dit plus haut, il fallait démonter la face avant pour remplacer le film, ce qui n’est guère pratique.

On recommence et enfin sort le premier Savoy, construit dans la nouvelle usine de Annemasse. Il n’est pas encore parfait car Royer sort un premier modèle 2, qui garde la platine avant amovible , que l’on pouvait utiliser comme porte-objectif pour agrandisseur (agrandisseur resté à l’état de projet) mais gagne un dos monté sur charnières. Viennent ensuite un second Savoy II au viseur plus grand, un Savoy III avec viseur collimaté qui auront tous le dos ouvrant et auront abandonné définitivement la platine amovible.

Vous pourrez découvrir sur Collection-appareils la liste des appareils antérieurs à celui qui nous préoccupe et leurs performances.

Car ce Savoy-Royer 3F est un des derniers construits et c’est un haut de gamme, nous allons voir pourquoi.

Sa forme, tout d’abord, a été singulièrement renouvelée et modernisée, voyez plutôt :

Par rapport aux Voigtländer Vito de la même époque, il est plus moderne et présente aussi très bien au niveau qualitatif : le métal est encore majoritaire et cela se ressent au niveau du poids (675gr nu).

Avec son sac tout prêt, il est magnifique. Presque au centre, son grand viseur, légèrement décalé de l’objectif, semble presque du même métal que le reste car il est argenté (viseur dit Cristal, fabriqué par Som Berthiot). De chaque côté, le blason et de l’autre, la marque Royer-Savoy.

Sur le capot, le levier d’armement avec son bout en forme de roue (original). A côté, un minuscule bouton, que l’on pourrait croire être celui du déclencheur. Non, il sert à débrayer l’appareil lors que rembobinage. Par contre, juste devant, une prise PC pour y raccorder un flash électronique. Car cet appareil possède un flash intégré, muni d’une parabole en métal, et qui accepte les ampoules flash AG-1. Et en plus, il y a une griffe porte – accessoires pour y fixer un autre flash, à relier donc à la prise PC (la griffe est dite froide, sans contact pour la synchronisation). C’est la raison du F=flash du modèle.

Autour du levier d’armement, le compteur de vue, qui est dégressif et qu’il faut indexer soi-même du nombre de vues prévues sur le film.

A l’autre extrémité, la molette avec la manivelle pour le rembobinage. Juste devant elle, un voyant, celui du flash, pour signaler quand il est opérationnel.

Un mot encore de la plaquette striée devant la griffe flash : elle permet d’illuminer le viseur afin d’y apercevoir les distances relevées avec l’objectif (symboles 1 m – portrait – groupe – paysage).

Car le viseur est collimaté et lorsque vous tournez la bague des distances sur l’objectif, elles se voient sur le dessus du viseur (bien pratique comme idée mais il faut y être attentif pour bien les distinguer).

Ensuite, sur la face avant, un cercle avec des indications : c’est le bouton de fermeture de la trappe de la pile, entouré d’un indicateur de portée du flash. Attention, c’est tout le panneau strié du côté droit qui tombe, dévoilant l’emplacement de la pile, introuvable car c’est une 15v (comme sur les flashs d’époque). Je vais voir si on peut bricoler quelque chose pour y suppléer mais la place est limitée. Dommage.

Notons que ça n’empêche pas l’appareil de fonctionner, la pile ne servant qu’à faire brûler la lampe bleue. A défaut, il reste toujours la possibilité d’utiliser un flash électronique de cette époque.

L’obturateur est central, ce qui autorise la synchro flash à toutes les vitesses, sauf s’il s’agit d’un flash à ampoule, dit magnésique, car alors la synchro est au 1/30s (la lumière émise par la lampe est moins rapide et précise que celle du flash électronique). Les vitesses sont de1/30s au 1/300s, plus la pose B. Il n’y a pas de retardateur. Et, spécificité du boitier, le déclencheur est située sur la gauche du fut d’objectif.

La multi exposition est possible si vous appuyez sur le petit bouton de débrayage, ce qui empêche le film d’avancer lorsque qu’on réarme le déclencheur.

Pour ouvrir le boitier, il faut tirer vers le haut le verrou placé sur la tranche droite. Tout le dos s’ouvre sur la chambre, avec une bobine fixe pour y glisser la nouvelle pellicule. Le dos est profondément nervuré, sans mousse et je pense que la qualité de l’assemblage évite les fuite de lumière à ce niveau.

L’objectif est un Som Berthiot, le concurrent des Angénieux. Il s’agit ici d’un triplet, traité contre les reflets. On peut monter des filtres sur l’objectif mais attention, au diamètre de 36mm (pas courant). C’est un 50mm ouvrant à f2,8, avec une mise au point de 80cm minimum. Les Berthiot ont généralement très bonne réputation, surtout ceux avec 4 lentilles (le Flor Berthiot, en formule Tessar), hélas absente en monte ici.

Dernière revue en images :

Que penser de cet appareil ?

Franchement, c’est un appareil qui sort de l’ordinaire. A l’époque concurrent des Foca, il était plus accessible et d’aussi bonne qualité.

La seule chose qui semble ne pas bien résister au temps, ce sont les inserts en faux cuir, qui ont tendance à se décoller, mais rien de grave à ce niveau.

Pour le reste, l’aluminium de l’ensemble résiste bien et les quelques chromes aussi.

Le fonctionnement est onctueux, le déclenchement, inhabituel sur la gauche, discret.

Ce n’est pas un télémétrique mais l’astuce qui permet de voir le réglage de la distance dans le viseur est un plus indéniable. Bien que l’on puisse choisir aussi le zone focus, la table de profondeur de champ indiquée sur l’objectif y aide bien.

Seul (gros) bémol, la pile pour alimenter la lampe magnésique est introuvable de nos jours. Quoique, à bien y regarder, les ampoules AG-1 ne courent pas les rues non plus. Alors, opter pour un flash électronique ou se battre avec un montage hétéroclite pour griller une bleue ? A chacun de choisir son camps !

C’est encore un boitier qu’il vaut mieux acheter accompagné de son sac tout prêt car il n’y a pas moyen de mettre une sangle de portage sur celui-ci, elle est sur le sac.

Au niveau prix, il faut reconnaître qu’il n’est pas courant et j’écrirais même rare dans nos contrées (sans doute moins en France). Un exemplaire complet, avec son sac, en très bon état, devrait se négocier autour des 50€.

Un prix finalement fort raisonnable pour photographier différemment, avec classe et discrétion.

Le prendriez-vous pour sortir en rue faire un peu de street ?

Un peu de technique.

Appareil 24×36 à obturateur central
Pays de fabrication France
Disponibilité 1958 –> 1964
Format de film 135
Construction du boîtier métal ; corps en alliage d’aluminium moulé sous pression (fonderies Thecla)
Avance du film couplée à l’armement, par levier (à main droite) ; débrayage par petit bouton sur le dessus (même côté) ; rembobinage par manivelle dépliable (à main gauche)
Compteur de vues dégressif (collerette graduée sous le bouton d’armement)
Optique : objectif SOM Berthiot 50 mm f/2,8 (triplet) traité antireflets
Diaphragme iris pentagonal, index de la bague de réglage tournant devant une échelle graduée 2,8-4-5,6-8-11-16-22 ; le chiffre 8 est gravé en rouge
Filetage pour filtres (mm) 36
Visée : viseur collimaté à fenêtre unique
Informations dans le viseur cadre collimaté + repères de parallaxe + réglage de distance (symboles 1 m – portrait – groupe – paysage) + lampe témoin de tension du flash
Mise au point : manuelle par rotation de la lentille frontale (couronne graduée tournant devant un index et une échelle de profondeur de champ) ; la distance 3 m est gravée en rouge
Distance minimale en mode normal (cm) 80
Obturateur : Fabricant ou marque S.I.T.O.
Vitesse minimale (s) 1/30
Vitesse maximale (s) 1/300
Pose B
Déclencheur levier de déclenchement sur le bloc optique à main gauche ; prise pour déclencheur souple protégée par un bouchon
Expositions multiples possibilité de découpler armement et entraînement du film en appuyant sur le bouton de débrayage
Flash : flash intégré flash escamotable à lampes magnésiques type AG1
Synchronisation oui, magnésique au 1/30 s (index de la bague des vitesses sur la position FLASH), électronique à toutes les vitesses
Modes : nombre-guide et portée cadran sur la platine avant indiquant le diaphragme à utiliser en fonction de la distance pour la sensibilité affichée
Prise pour flash externe coaxiale, sur le dessus du capot
Autres caractéristiques : écrou de pied filetage au pas Kodak
Alimentation pile (15 V ?) logée sous le cadran indicateur (platine avant)
Contrôle des piles voyant de charge du condensateur du flash visible dans le viseur
Dimensions L x h x p (mm) 130 x 90 x 74 ; épaisseur du boîtier : 40
Poids (g) 675
Accessoires en option sac en cuir « toujours prêt » avec logement pour 3 ampoules de flash , filtres, bonnettes et pare-soleil

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Royer_(photographie), https://cameras-obscuras.blogspot.com/2008/11/chapeau-bas-monsieur-ren-royer.html, http://glangl1.free.fr/Photo2/Photo_S_963.html, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-11489-Royer_Savoy%203F.html, https://collection.click-clack.fr/pontiac-appareils-photo-3×4-cm-et-24×36-mm-2/, https://collection.click-clack.fr/royer-histoire-et-publicites/ en français.

Argentique

Toute une Histoire : le Kodak Vest Pocket Autographic (Ball Bearing Shutter) type 3.

Préambule.

Encore un petit appareil sauvé d’une caisse à brol lors de la brocante de Maroilles. De fait, il y en avait plusieurs exemplaires et j’ai choisi celui qui me semblait le moins abîmé, même si on voit qu’il a été utilisé. Mais vous le savez, j’aime bien ces appareils qui ont une histoire, qui ont été frotté par tant de mains que chacune y a laissé sa trace.

Un peu d’histoire.

Ah, ici, nous ne pourrons pas faire l’impasse de l’Histoire pour raconter celle de cet appareil discret et singulier, vous allez comprendre.

Les premiers Kodak Vest Pocket sont produits à partir de 1912 et jusqu’en 1914. Ils seront remplacés dès cette date par les Vest Pocket Autographic et produits jusqu’un 1935, avec pas mal de variations sur le même thème.

Vous avec compris, nous sommes au seuil de la Première Guerre Mondiale, celle que les états majors français et autres pensaient être très courte. D’attaques en retraites, de victoires en défaites, de généraux incompétents en décisions catastrophiques, de par aussi l’utilisation d’armes nouvelles (chars, avions) et pas toujours régulières (gaz toxiques), de l’Europe aux Balkans, de l’Empire Ottoman à l’Afrique, le monde s’enflamme et plus de 18 millions de personnes perdront la vie dont près de 10 millions de soldats.

De guerre offensive puis guerre de tranchées, l’horreur de celle-ci n’est pas bonne à montrer aux populations, galvanisées par les propagandes de l’un ou l’autre camp et qui pense encore revoir les siens, au moins vivants.

C’est dans ce contexte chaotique que le Kodak Vest Pocket puis Vest Pocket Autographic voient le jour et sauront s’exprimer, au grand dam des Etats Majors qui tentent d’imposer une censure sur les terribles images des fronts, surtout ceux des tranchées, ces cloaques innommables où meurent tant de Poilus, tant de soldats courageux, cloués au sol par la mitraille et la stupidité de certains généraux.

Construit donc de 1912 à 1926 à plus 1.750.000 exemplaires, ce petit folding (pliant), conçu pour pouvoir être glissé dans une poche de chemise ou de gilet, prendra place dans les paquetages de nombreux soldats, sous-officiers et même certains officiers, en tout cas généralement assez aisés que pour l’acheter et la pellicule qui va avec (l’appareil valait 45F et un soldat touchait 1,5F par … mois). Kodak le distribuera massivement un peu partout dans le monde et donc ce petit témoin sera de tous les camps.

Au début, il devait être le témoin d’évènements dont les soldats pensent qu’ils seront exceptionnels et marquants. On n’entre pas en guerre tous les jours !

Mais la rapide progression de certains et les retraites tout aussi rapides des autres, la rage des combats n’incitent pas à la pratique de la photographie, d’autant que le climat de défiance est bien présent : on traque les espions et on fusille sans procès. Un décret français de 1915 empêchait les civils et les militaires de photographier la guerre.

D’un autre côté, les familles sont dans l’expectative et l’incertitude, sans nouvelles de leurs proches engagés dans les combats car la presse n’a pas non plus d’informations, le courrier ne circule plus et la Section Photographique et Cinématographique de l’Armée (SPCA) pour la France – et c’est le même dans les autres camps – est singulièrement muette. Ces petits appareils restent le secret espoir qu’un jour on comprendra ce qu’était la vie dans ces moments-là.

Pendant la Grande Guerre, Kodak lance aux USA une campagne de publicité qui incite les recrues à acheter ce type d’appareil, en remède contre l’ennui dans les camps d’entrainement et un moyen de faire partager leur quotidien aux familles. En France, Photo-Plait fait de la publicité pour le Vest Pocket, présenté comme le Kodak du soldat.

C’est sans doute le texte du catalogue Photo plait de 1916 qui donne l’origine de la légende de L’appareil du soldat : Chaque soldat désire garder des souvenirs durables du rôle joué par lui et son régiment dans la grande guerre et il lui est facile d’en fixer les meilleurs avec le petit Vest Pocket Kodak. En résumé le Vest Pocket Kodak est le Kodak du soldat.

De fait, finalement, de nombreuses clichés seront pris, tant sur le front qu’à ses abords, qui illustreront même parfois les journaux. Certains de ces journaux iront même jusqu’à proposer des concours récompensant la meilleure photographie de guerre amateur ! D’autres soldats transmettent les pellicules à l’arrière via un camarade en permission. Cela permet de se dérober à la censure postale, sévère.

Un exemple concret est celui de Jean Decressac : trop jeune pour être mobilisé (18 ans), il devancera l’appel en décembre 1914 et s’engage dans un régiment d’artillerie. De fait, avec son frère jumeau, Georges, ils s’engagent tous deux et tiennent chacun des carnets de route où ils racontent leur vie de soldat tout au long du conflit. Ils illustrent ces récits de dessins et de photographies (300 photos) de ce qu’ils découvrent. Ces photos ne seront vue par leurs familles que lorsqu’ils reviendront du front. Mais, fait remarquable, dès 1919, Jean recopie ses carnets au propre puis il les recopie en 1927 – 28 car il veut en faire des Projets d’Actions Educatives (PAE) et ceux-ci seront publiés et déposés aux Archives Nationales. Dans les années quatre-vingt, il ira dans le lycée Guez de Balzac d’Angoulême (son ancien lycée) expliquer la teneur de ces carnets aux jeunes de l’époque.

Comme son nom l’indique, le Vest Pocket est d’un volume si réduit qu’il peut tenir dans une poche de gilet. Appareil pliant, il doit sa petite taille également à l’utilisation du film 127, plus compact que ses prédécesseurs. Ses dimensions, sa simplicité d’utilisation et son coût relativement modéré en ont fait un véritable succès populaire dès son apparition en 1912.

Si cet appareil ne fut pas le seul à braver la boue, les balles et les bombes, les poux, le choléra et la mort, il en donne une large vision de ce que vivaient les soldats, notamment grâce à sa discrète présence, je vais en reparler.

Source : Vieilalbum, photo de guerre 14 -18
Source : Collection-appareils, photo(prêtée par Monsieur Michel Del) où l’on voit un Kodak Vest Pocket sur la table.

Présentation du Kodak Vest Pocket Autographic type 3.

Comme je l’ai déjà écris plus haut, c’est un petit appareil pliant (63 x 120 x 25 mm, 310 g), tout métallique. La platine, qui porte le combiné objectif/obturateur est relié au corps par des bras en croisillons, qui ont la forme d’un double X, gage de facilité pour ouvrir et fermer l’ensemble.

Si vous regardez bien sur les côtés de l’appareil, deux repose-doigts permettent de tirer vers soi toute cette partie avant. Le soufflet limite l’élongation maximale et donne le tirage. Fermé, vous pouvez voir l’avant de l’objectif et de l’obturateur, avec ses commandes.

Au rayon des avantages de cet appareil, outre donc sa taille et sa facilité de manipulation, c’est qu’il utilise du film en bobine, du 127 (je le rappelle encore, toujours produit de nos jours même s’il faut le commander via Internet), évitant de cette manière la contrainte des appareils à plaques de verre.

Lorsque le soufflet est déplié, vous découvrez un petit viseur redresseur, pivotant, derrière la platine. Honnêtement, on n’y voit pas grand chose à travers. Par dessous, une simple barrette pivotante sert de béquille, verticale.

A côté de ce viseur, une tirette sur laquelle il faut appuyer pour déclencher. Attention, il n’y a pas de protection contre les doubles expositions, pensez donc à chaque photo prise de remonter la clé sur le côté, qui enroule le film d’une vue. Le compteur étant la fenêtre en rouge inactinique au dos.

Les commandes sont minimalistes : au dessus, un petit curseur pour régler la vitesse, de 1s à 1/50s plus pose B et T. La disposition des chiffres est étrange : 1/25s – B – T – 1/50s. Les inscriptions sont très petites et ont tendance à s’effacer avec le temps, pensez-y lors d’un achat.

Franchement, ça sent le réglage au pifomètre tout ça …

Je reviens un instant sur cette disposition bizarre des chiffres des vitesses. Cela est dû à l’obturateur, un Kodak à roulement à billes (ball bearing), un système assez courant chez Kodak dans ces années-là parce que Kodak voulait regagner son indépendance par rapport à ses fournisseurs d’obturateurs (souvent des Bausch & Lomb).

C’est un obturateur avec cinq lames, souvent avec un choix entre deux ou trois vitesses instantanées plus la pose B et le mode T. Il a un support à vis pour un câble de déclenchement distant. L’obturateur avec roulement à billes est célèbre pour son échelle de sélection de vitesse impaire avec le mode B entre la première et la deuxième vitesse instantanée, et le mode T à côté du B.

L’ouverture du diaphragme est ici l’échelle de Kodak 1 – 2 – 3 – 4 mais il a existé une échelle d’ouverture dite américaine ou le 4 équivaut à f8 et le 64 à f32.

Pour mettre un film dans l’appareil, il faut retirer la plaque sur laquelle il y a une clé. Faites glisser le verrou, au centre, puis tirez sur la clé de rembobinage et la plaque tombe. Vérifiez qu’il y a bien une bobine réceptrice, mobile, lors d’une acquisition.

C’est d’ailleurs en retirant la plaque de côté que l’on voit comment est fabriqué cet engin : deux tôles de bonne épaisseur en aluminium serties sur elles-mêmes, sans soudures. La plaque de l’autre côté est simplement visée et maintient les deux parties ensembles.

Le film se glisse dans la fente ainsi ménagée, comme sur les anciens Leica mais en plus facile : bobine débitrice à gauche, on tire sur l’amorce, que l’on glisse dans la large fente de la bobine réceptrice, mobile. On fait tourner un peu pour amorcer puis on rentre le tout dans l’appareil, on referme la plaque de côté en faisant bien glisser le verrou vers la position lock, on arme et déclenche une ou deux fois et en route.

Sur l’arrière de l’appareil, ici un Kodak Vest Autographic, autour de la fenêtre rouge, un grand cercle un peu en saillie, sur lequel sont notés les différents brevets attachés à l’appareil dans les différents pays où il est commercialisé.

Et puis par dessous, une étrange fenêtre qui s’ouvre et au bord du volet de celle-ci, un stylet en métal est attaché : il permettait de tracer sur la pellicule des indications (date, lieu…) pour aider à identifier la prise de vue. C’est la caractéristique du modèle Autographic. Cet appareil était un bloc-notes avant l’heure …

Source : Phototimetunnel, voyez, en dessous du négatif, l’inscription notée avec le stylet L’anniversaire de Betty, 5 ans 29/06/14

La fenêtre est notée use autographic film, n° A 127 en lettres embossées dans le métal. Ne rêvons pas, le film permettant cet ajout n’existe plus depuis bien longtemps (arrêté en 1934), il faut se contenter du film 127 tout simple (arrêté lui par Kodak en 1970 mais repris par d’autres depuis).

Un mot quand même sur ce système autographic, caractéristique propre aux seuls Kodak : il concerne tant l’appareil que le film, spécifique.

  • le film 127 est normalement protégé, comme les films 120, d’un papier qui porte les numéros de vue et d’autres indications pour le positionner dans l’appareil. Le A 127 possédait, en lieu et place du papier, un complexe de tissu et de papier carbone sur lequel on écrivait le texte ou les indications quelconques que l’on voulait voir apparaître sur le bas de la photo. Une exposition de 5s est nécessaire pour que la surface sensible soit marquée. L’inscription apparaîtra ensuite sur le négatif et le tirage.
  • sur l’appareil, une fenêtre étanche à la lumière, peut être ouverte et elle laisse alors apparaître le complexe tissus-carbone au dos du film. Avec le fin stylet attaché à cette ouverture, on peut noter quelques mots ou autre sur le complexe ainsi découvert.

J’imagine qu’il ne faut pas effectuer cette opération en plein soleil mais plutôt protégé et à l’ombre. Si la fenêtre, fermée, est étanche à la lumière, une fois ouverte, c’est le film qui est directement en contact avec l’extérieur. C’est bien la chambre noire que l’on entre ouvre !

Le film 127 permet 8 vues.

L’objectif est un ménisque achromatique de 75mm f8 avec une mise au point fixe ou un Rapid Rectilinear, lui aussi fix-focus, voire encore un objectif Anastigmat de 84mm ouvrant à f7,7. Je pense que c’est celui qui équipe cet exemplaire.

Les réglages par dessous font varier l’ouverture du diaphragme et sont notées, en anglais, de gauche à droite : Near view – Portrait ; Average view ; Distant view ; Cloud’s Marine, avec les chiffres de 1 à 4 par dessous, qui représentent la notation Kodak.

Mais il y eut toute une série de propositions, fonction du modèle, de l’année, du pays … et l’âge du Capitaine ! Je vous encourage à aller voir sur le site toujours bien documenté de Collection-appreils.fr car vous y trouverez une liste impressionnantes d’objectifs prévus et un tableau fort bien fait qui résume la plupart des modèles produits.

Et sur le pdf du site Club Niepce-Lumière vous trouverez aussi plein d’informations utiles, comme les numéros de série. Celui-ci est noté sur la petite béquille et sur mon exemplaire il est 1009145, donc l’appareil date de 1919 (il n’a pas connu la guerre, en tout cas, pas celle-là).

Il a existé un boiter recouvert d’un cuir noir, le Vest Pocket Autographic Special. Sur le mien, il manque une vis pour tenir le bloc obturateur/optique, c’est plus embêtant car il ne se positionne dès lors pas bien. Je vais faire des fouilles dans mes petites réserves de vis minuscules.

Que penser de cet appareil ?

L’appareil est sympathique, réellement petit, agréable à prendre en mains mais l’attrait s’arrête là, en tout cas pour moi.

Pourquoi ?

Tout d’abord les inscriptions sont très petites et si je dois me balader avec mes lunettes de vue sur le nez constamment, ça ne va pas le faire !

Ensuite, et j’ai là une vive admiration pour les personnes qui ont utilisé ce boitier, en leur temps car ce ne devait pas être évident d’être ni net ni lisible avec si peu de réglages. Voyez les quelques photos mises dans l’article.

Mais c’est un appareil souvenir, qui a traversé le temps, pour la plupart des boitiers avec succès car on peut être petit et simple mais costaud.

Au niveau prix, il y a de tout comme souvent. Si vous en trouvez un qui a appartenu à un Poilu (appartenance confirmée), il peut coûter très cher. Sinon, les prix s’échelonnent de 50€ à 100€ selon l’état des boitiers et s’ils sont accompagnés d’un sac, d’une pochette, d’anciennes photos, etc.

Alors, appareil historique ou histoire d’appareil ?

Vidéos d’illustration.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Des références.

https://camerapedia.fandom.com/wiki/Ball_Bearing_Shutter, https://pheugo.com/cameras/index.php?page=kodakbb, https://en.wikipedia.org/wiki/Vest_Pocket_Kodak, https://camera-wiki.org/wiki/Vest_Pocket_Kodak, https://casualphotophile.com/2023/02/13/vest-pocket-kodak-camera-retrospective/ en anglais ; https://www.cameraboussat.fr/dossier_collection/cible.php?id=66&marque=Kodak, https://www.cameramuseum.ch/decouvrir/exposition-permanente/le-siecle-du-film/vest-pocket-lappareil-du-soldat/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-20546-Kodak_Vest%20Pocket%20Autographic%20serie%20III%20Special.html, https://www.museedelagrandeguerre.com/collections/vestpocket/, https://www.mes-appareils-photos.fr/Kodak-Vest-Pocket-Autographic.htm, https://www.club-niepce-lumiere.org/media/files/PDF-F/019-20.pdf , http://www.vieilalbum.com/VestPocketAutogrFR.htm, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=309 en français

Argentique

Le Braun Super Paxette II : un argentique bien vintage

Préambule.

Ce n’est pas dans l’ordre des trouvailles, mais ce nouvel appareil date aussi de la grande brocante de Maroilles.

Il était dans une caisse, mélangé à quelques épaves à soufflet et l’un ou l’autre Voigtländer Vito en plus ou moins bon état.

Celui-ci m’a attiré par sa petite taille, son côté solide et sa forme inhabituelle. Il ne semblait pas avoir trop souffert de son transport musclé dans cette vieille caisse.

Un peu d’histoire.

Tout d’abord, ne confondons pas Braun AG ou Braun GmbH et Karl Braun qui devint Braun Photo Technik GmbH en 2000. Si le premier groupe est surtout actif dans l’électroménager (même s’il s’est égaré dans la vente de projecteur Dia avec le Braun 17 par exemple), le second n’a jamais fabriqué que des appareils photos et des … projecteurs de diapositives !

Karl Braun de Nuremberg était d’abord une entreprise spécialisée dans l’optique. Elle fut créée en 1915 sous le nom de Karl Braun KG, Fabrik optische Geräte und Metallwaren (pour fabrication d’appareils optiques et d’articles en métal).

Ce n’est qu’en 1948 que la société commence à produire des appareils photographiques en format 24×36. Elle change alors de nom et devient Carl Braun Camera-Werke. Elle produit alors des box, des pliants (folding) Norca, des moyens formats rigides Paxina

Les appareils les plus connus de sa production sont les Paxette (à partir de 1951) qui deviendront les Super Paxette (à partir de 1956), tout d’abord sans télémètre et objectif fixe, puis télémétrique couplé avec objectif interchangeable au pas de 39mm (mais incompatible avec le LTM 39 de Leica) sur les Super Paxette II.

Les Paxettes ont connus trois générations : la première, toute en métal ; la seconde, avec des lignes un peu plus arrondies et introduisant une cellule et des automatismes ; la dernière se réduisant à des appareils de type Instamatic, utilisant des films en cassette 126 de Kodak.

Les appareils Paxette avaient une convention de dénomination de modèle, non sans exception (sinon ce n’est pas drôle pour les collectionneurs) :

  • Pas de suffixe – base, premier modèle
  • «Je» – base, premier modèle
  • «II» – lentille interchangeable, support de filetage
  • «III» – Lentille interchangeable, support à baïonnette
  • «B» – compteur photoélectrique
  • «L» – levier d’armement, le suffixe est tombé sur des modèles ultérieurs
  • «M» – télémètre
  • «Super» – télémètre couplé

Il y eut même plus tard des Reflex Paxette (3 modèles en tout), qui n’ont absolument pas marché car vendus trop chers. Et, surtout, des projecteurs de diapositives, dont le Paximat qui fut le tout premier projecteur automatique.

Vers le début des années soixante, la marque décide d’arrêter la production d’appareils photo, la concurrence nipponne étant trop forte pour ce marché, mais elle a continué la production de projecteur de dias. Plus de 4 millions de ces projecteur Paximat ou Novimat seront vendus, avec des innovations comme la télécommande filaire puis indépendante, la focalisation automatique, l’utilisation de lampes halogène.

Dans les années quatre-vingt, le nom fut revendu à une entreprise qui refit des reflex, sans doute fabriqués par Chinon ou Cosina. Ils sont assez rares mais toutefois n’ont aucune valeur car trop bâtards.

Elle s’intéressera aussi aux scanners numériques, qu’elle produit toujours. En 2004, Braun a de nouveau changé son nom. Il devient Braun Photo Technik GmbH et continue de vendre et /ou de fabriquer des scanners et des applications optiques.

Présentation du Super Praxette II.

De 1955 à 1957, c’est l’appareil le plus évolué de la gamme : télémètre couplé, objectif interchangeable et obturateur Gauthier Prontor SVS.

En 1958, le design changera et le boitier gagnera une cellule au sélénium.

Commercialement, les boitiers de la marque se positionnent comme destinés au grand public, donc vendus à prix raisonnable (pour une production allemande s’entend).

Le Super Paxette, comme je l’écrivais plus haut, est très compact, dense. De prime abord, on trouve assez vite ses marques, pour peu qu’on ait un peu l’habitude de ce type d’appareils plus anciens.

Tout est là et pourtant, c’est un peu perturbant. La faute à ces blocs de métal qui tiennent le fut de l’objectif, démontable ? A la succession des réglages (vitesses, distances, ouvertures) ? A la position inhabituelle du déclencheur, que l’on cherche sur le capot ? Je ne sais pas trop …

A côté de cela, il y a quelques trucs faciles, comme cette grande roue en dessous, qui est le verrou qui libère le dos, tout le dos, et qui tient en son centre le filetage pour le fixer sur un trépied. L’assemblage des deux parties est ferme et je doute qu’il y ait des fuites de lumière par là. Comme le presse film, qui se referme sur la pellicule et la tient correctement appuyée, bien plane. La bobine réceptrice est une bobine fixe. Lors de l’installation du film, il faut soulever la molette de la bobine réceptrice puis la rabattre car un système interne permet de faire bouger la bobine pour y enrouler le film.

Vous pourriez, comme moi, vous dire que fixer le trépied sur une roue qui sert à fermer l’appareil est risqué. Non, car celle-ci se vise sur un fut, qui porte le pas de vis de trépied, fixé à l’appareil. Bien vu.

Et d’un autre côté, des fonctions déconcertantes comme le levier d’armement, très court, qu’il faut armer une fois et demie pour pouvoir déclencher !

De fait, j’ai d’abord crû que l’obturateur était bloqué, ayant armé une fois. C’est en essayant de nouveau le mouvement que j’ai par hasard appuyé sur le déclencheur et que celui-ci a fonctionné.

Ou comme le compteur de vue, qu’il faut d’abord mettre à la taille du film et qui décompte. La roue, dentée, n’est pas un modèle de douceur pour la faire bouger.

Autre particularité, le sélecteur du flash M – X – V : la position M permet l’utilisation de flash à ampoule et donne une synchronisation de 1/50s à 1/300s ; la position X permet l’utilisation de flash électronique et sa vitesse de synchronisation est de 1/25s ; la position V est celle du retardateur. La prise PC du flash se situe au dessus des lettres.

L’obturateur est un Gauthier Prontor SVS qui donne des vitesses de 1s au 1/300s, plus la pose B. Le déclenchement est discret, presque silencieux, un bon point.

Le viseur est donc couplé au télémètre. Un vague rond, au milieu, permet de faire la mise au point lorsqu’on fait tourner la bague de distance. C’est trop imprécis (à moins que le patch se soit effacé) et il vaut mieux travailler en zone focus.

Néanmoins, en l’absence de came à l’intérieur du fut de l’objectif, j’avoue ne pas comprendre comment le télémètre fonctionne, puisqu’il est couplé. Est-ce la pastille en fonds de fut qui agit sur celui-ci ? Sans doute car elle semble montée sur ressort, avec une broche, mais je ne vois pas bien comment ça marche. Si quelqu’un à une idée, elle est la bienvenue en commentaire.

Ceci étant, le viseur est étroit et peu clair.

Normalement, les Super Paxette étaient équipés de diverses objectifs : des Staeble – Katagon de 45mm f2,8 ou des Pointar de 45mm f2,8. L’exemplaire que je vous présente ici est équipé d’un Car Zeiss Tessar de 50mm ouvrant lui aussi à f2,8. Une proposition spéciale, une modification particulière de l’objectif ?

En tout état de cause, les viseurs étaient calibrés pour les objectifs montés d’origine. Si vous pouviez joindre d’autres focales, il fallait équiper le boitier d’une tourelle pour compenser la visée.

D’ailleurs, ces accessoires étaient prévus par la marque :

Pour installer un film dans la chambre, il faut d’abord rembobiner la pellicule ; un tout petit bouton, sur le dessus du boitier, permet de débrayer le mécanisme. Puis il faut soulever la molette de gauche et tourner dans le sens de la flèche pour rentrer le film dans la bobine. Ensuite, dévisser le verrou et ôter le dos. Pour remettre un 24×36, opération inverse. Notez la grosse base sur la bobine réceptrice, crantée, pour bien faire avancer le film en douceur.

J’écrivais un peu plus haut que le cercle ou patch du télémètre n’était pas très visible et qu’il était sans doute plus utile de travailler en zone focus. Ça tombe bien, ils ont prévus une échelle de profondeur de champ, gravée sur le fut de l’objectif.

Ai-je oublié quelque chose ? Ah oui, le mémo, fixé sur la tête de la molette de rembobinage pour se souvenir du film introduit dans le boitier.

Petit tour de l’engin.

Que penser de cet appareil ?

Je l’ai déjà écris, c’est un appareil assez déconcertant. Pas désagréable mais délicat à manipuler. Mais c’est toujours une question d’habitude à prendre.

Ceci étant, c’est un appareil solide, construit pour durer. Celui-ci va fêter se 70 ans et il fonctionne toujours.

S’il est petit, il est lourd mais si vous ne possédez pas le sac tout prêt qui devrait l’accompagner, il n’y a pas de moyen pour fixer une lanière de portage. Petit sac photo nécessaire.

Hors de l’Allemagne, il n’est pas courant, sans être rare. Pour un bel exemplaire, complet (objectif, sac tout prêt), comptez 120€, sinon le prix se négocie autour des 70€.

A découvrir, pour le plaisir.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Des références.

https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-12420-Braun_Super%20Paxette%20I.html, en français ; https://www.jollinger.com/photo/cam-coll/cameras/Braun_Super_Paxette.html, https://camera-wiki.org/wiki/Paxette, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Braun_Paxette_series, https://retinarescue.com/paxettehistory.html, https://en.wikipedia.org/wiki/Carl_Braun_Camera-Werk, en anglais

Les nouveautés en un lieu

Nostalgie … j’ai retrouvé mon tout premier appareil photo !

Lorsque l’on doit vider la maison de ses parents, décédés, on se doute que l’on va, tôt ou tard, tomber sur des morceaux de nostalgie, des souvenirs accrochés parfois à des objets tout simples, des cadeaux qui vous ont marqué, des livres oubliés.

Ici, au détour d’un énième visite dans le capharnaüm dû au syndrome de Diogène (ou syllogomanie, c’est-à-dire le fait, entre autre, d’accumuler des objets), j’ouvre une boite marquée pulls d’hiver et, à côté de matériel de couture, je trouve un petit appareil photo avec son flash.

Et là je revois un matin de Saint Nicolas où mes parents nous offrent, à mon frère et moi, chacun un petit appareil photo, dans leurs boîtes de plastique, avec un film 126 et un petit flash à monter sur le dessus, avec une boite d’ampoules …

Emotion, rappel de ces instants de bonheur tout simple, cette envie de mettre tout de suite le flash sur l’appareil, la cassette de film à l’intérieur et prendre en photo les parents qui sourient.

Peut-être vais-je retrouver ces photos, ou les négatifs. Deuxième choc en perspective !

Oh, il n’a rien d’exceptionnel, pas même de marque, juste une inscription instant load, due sûrement au fait qu’il se chargeait facilement avec le film 126 et deux inscriptions en allemand pour le verrou commandant l’ouverture du dos.

Deux ouvertures : soleil ou nuage et la position flash. Pas de réglage de distance, c’est un fix focus. Pas d’indication non plus quand à l’ouverture ni la vitesse, unique de l’engin. Sans doute un 40mm ouvrant à f11 car le viseur, tout simple, sans marques ni cadre, donne à peu près la vision normale de la scène.

Notez que si aujourd’hui je me pose ces questions, à l’époque seul comptait le plaisir d’actionner le déclencheur, un simple curseur à descendre, monté sur le pourtour de l’objectif.

Je ne sais plus combien de photos j’ai pu prendre avec cet appareil rudimentaire, mais j’ai le sentiment qu’il m’a laissé l’envie de photographier.

Plus tard, j’emprunterai le Canon FTb des parents ou leur Rollei 35, avant d’acheter en Andorre (pas de taxe à l’époque) mon Fuji ST 605, que je vous ai déjà présenté.

Moments d’émotions …

Argentique

Le Konica Pocket 400 : le vrai vintage en format 110

Préambule.

Ah, la grande brocante de Maroilles, capital du fromage du même nom. Pour tout vous dire, nous avions prévu d’utiliser le camping car pour y arriver la veille au soir afin de pouvoir nous lever tôt sans être trop fatigués car on nous annonçait pas loin de 600 exposants.

Las, une stupide panne de clignoteurs nous privait de ce fidèle compagnon. Nous avons donc loué une chambre tout près. Afin de voir comment cela allait se présenter, après le souper (diner pour nos amis français), nous sommes partis en repérage des lieux. Et comme à Amiens; nous avons eu la surprise de voir certains brocanteurs déballer et faire quelques ventes à des chineurs de toutes les nationalités.

Un bref tour des premiers exposants nous à toutefois convaincu d’aller dormir, tout le monde n’étant pas encore là, toutes les marchandises en peu fragiles pas encore déballées.

Et donc, le 15 juin, dès 4h30 du matin, nous étions à flâner, les yeux et les oreilles aux aguets. Une vraiment belle brocante.

Petite remarque de vocabulaire : en Belgique, une brocante équivaut à un vide-grenier en France, c’est-à-dire que tout le monde vend ses propres affaires et c’est du tout venant (vêtements, livres, jouets, objets usuels d’une maison, appareils domestiques, etc.). Par contre, une brocante française présente des objets destinés à la revente chez des antiquaires, d’autres brocanteurs professionnels, des particuliers qui cherchent un objet bien précis. Nous appelons cela une belle brocante ou un antiquaire. Ceci pour vous préciser que nous fûmes surpris par la qualité, l’originalité, l’étrangeté, les prix de certains objets présentés, agréablement surpris.

In fine, au bout de près de onze kilomètres de marche, d’aller – retour, de tours en détours, j’ai quand même dégoté quelques beaux appareils que je vous présenterai au fur et à mesure.

Mais, dans cette foule immense, Olivier et moi avons essayé, en vain de nous retrouver (encore toutes mes excuses pour ne pas avoir entendus tes appels dans le bruit ambiant).. On fera mieux la prochaine fois car je sais qu’il a aussi trouvé quelques jolis boitiers/objectifs/accessoires (biffer la mention inutile).

Un peu d’histoire.

De nos jours, la marque Konica seule est un peu oubliée, sauf des plus de 35 ans qui ont connu les différents appareils présenté par la société. Elle est souvent associée à Minolta, qui fusionnera avec Konica en 2003.

Mais commençons par le début. En 1873, Rokusaburo Sugiura vend du matériel photographique et lithographique à Tokyo pour un grossiste en médicaments créé par son arrière-grand-père. Pour ses 25 ans, il aura la chance de se faire photographier dans un studio photo et c’est cette séance qui lui donnera l’idée de son commerce.

En 1897, il importe du matériel cinématographique et il aide à la réalisation du premier film entièrement japonais (1899).

C’est en 1903 que l’entreprise fabrique ses premiers appareils photos, le Cherry Hand Camera. Elle sera la première entreprise à fabriquer en série un appareil photo et à le commercialiser au Japon.

Le Cherry Hand Camera pouvait accueillir six plaques sèches (57 mm × 83 mm) et était vendu à un prix raisonnable. Alors que les appareils photo étaient un produit spécial disponible uniquement pour un groupe limité de personnes, comme les propriétaires de studios de photographie ou de riches amateurs, l’introduction de l’appareil photo Cherry Hand a rendu les appareils photo plus abordables pour le grand public.

Source : Konica Minolta.

Rokuemon Sugiura VII (à part le numéro de succession dans la dynastie, on ne peut pas dire qu’ils ont fait preuve d’imagination pour les prénoms !), pour honorer la mémoire de son père, fonde la Konishi Professional School of Photography pour former les photographes aux compétences techniques et artistiques de la profession. Connue aujourd’hui sous le nom de Tokyo Polytechnic University, cette école forme toujours de nombreux photographes/chercheurs dans la technologie et l’art.

La société produira et commercialisera le premier film pour appareil 24x36mm en 1928, le Sakura film (N/B).

Dès 1896, la société a importé des machines à rayons X au Japon pour la première fois (les rayons X ont été découverts par Wilhelm Conrad Röntgen, un physicien allemand). Pour contribuer à l’avancement du Japon dans l’univers de la médecine, elle a aussi importé des appareils de raidographie. Trente-sept ans plus tard, en 1933, Sakura Film X-ray a été développé, produit et commercialisé avec la même qualité que les films étrangers, auparavant importés.

Le premier film couleur, développé en interne, sera annoncé en 1940 et commercialisé l’année suivante.

L’entreprise ouvrira sa première filiale aux USA en 1956. Elle ne cessera de se développer et d’innover dns tous les domaines de la photographie et de la lithographie.

Ainsi, devant tous les autres grands du secteur photographique japonais, Konica sort le Konica C35EF. Ce sera le premier appareil au monde a présenter un flash intégré (1975). L’appareil aura un énorme succès et se vendra très bien.

Dans le domaine des films, en1976, l’entreprise sort le premier film couleur en 24 vues (Sakura Color 24) alors que la norme était celle de films en 12, 20 et 36 vues. Vendus au même prix que les 20 vues, ces Sakura Color 24 ont établi une nouvelle norme.

Encore une fois, au nez et à la barbe des autres grands fabricants, l’entreprise lance en 1977 le premier appareil photo autofocus au monde, le Konica C35AF (surnommé « Jaspin Konica »). Avec sa fonction de mise au point automatique, cet appareil photo permettait aux utilisateurs de prendre des photos claires simplement en appuyant sur le déclencheur.

L’entreprise continue à se développer et se diversifier, dans le médical, l’impression jet d’encre privée et professionnelle, des appareils pour analyser l’évolution des plantes, etc.

Toujours dans le domaine de la photographie, elle sort le premier papier photographique garanti pour une tenue de 100 ans (1984).

1987, commercialisation du premier film haute sensibilité, le Konica Color GX3200 à 3200Iso.

La société continue à développer ses photocopieurs et entreprend dès 2001 une collaboration avec Minolta pour la fabrication d’encre polymère, moins chère à produire et qui assure une meilleur tenue, plus de précision sur la papier.

Enfin, en 2003, après une longue collaboration avec Minolta dans tous les domaines technologiques, les deux entreprises fusionnent.

2004 verra la commercialisation du Konica Minolta α-7 DIGITAL (MAXXUM 7D aux États-Unis, DYNAX 7D en Europe), le premier appareil photo reflex numérique mono-objectif à objectif interchangeable au monde équipé de la technologie anti-tremblement CCD intégré dans le boitier.

Mais en 2006, le groupe décide d’abandonner la division photographique, qui sera reprise par Kiocera Minolta. L’entreprise développe toujours de nos jours des photocopieurs très performants, des appareils digitaux destinés aux entreprises et à la médecine, des spectromètres pour analyser automatiquement les couleurs, des appareils de radiographies, etc.

Une longue histoire industrielle qui fait que Konica Minolta. Inc. (Konica Minolta) figure parmi les 100 sociétés les plus durables au monde selon l’édition 2023 du Global 100.

Et tout ça grâce à un portrait réalisé en 1873 …

Présentation du Konica Pocket 400.

Comble de l’ironie, si j’ai raté mon ami Olivier, j’ai retrouvé là une dame déjà rencontrée en voisine lors d’une brocante à … Baudour ! Avouez, venir en France pour acheter à une vendeuse belge …

Mais voilà, elle avait quelques chouettes appareils, dont ce petit Konica Pocket 400, auquel je n’ai pas résisté.

Vous le savez, la mode revient à ces appareils qui utilisent le format 110 (voyez aussi l’article sur le Minolta Autopak 450E) et comme j’aime bien la fantaisie de certains de ces appareils, quand j’en trouve un chouette, je le prends.

Celui-ci m’a attiré pour sa (toute) petite taille : guère plus grand, me semble-t’il que le Minolta 16-MG. Un peu plus large car il utilise donc le fameux film en cassette de 110.

Voyons cela de plus près …

Le film au format 110 est apparu en 1972 grâce à Kodak qui voulait un film encore plus petit mais aussi facile que sa cassette 126 (1963). Ce n’est qu’en 2009 que la production de ce film finira, pour être reprise en 2012 par Lomography (merci qui ?).

Comme je l’ai déjà expliqué dans d’autres articles relatifs à ce format, il faut un bon appareil pour obtenir le meilleur résultat de cette pellicule, tant à cause de la taille du film lui-même que de la piètre qualité de certains appareils, les Kodak en tête d’ailleurs.

Donc, ici Konica va nous gâter en 1975 avec ce petit parallélépipède qui tient dans toutes les poches, jugez plutôt : objectifs Couleur Hexar f28mm f8, exposition automatique grâce à une cellule précise, alimentée par une 4LR44, deux positions de prise de vue (infini et personnage), cadre lumineux avec correction de la parallaxe dans le viseur, très clair et prise pour un flash sur le côté, synchronisé au 1/30s ou MagiCube sur le dessus.

L’objectif, en verre, est composé de 3 éléments en 3 groupes. La mise au point commence à 1 mètre jusque l’infini. L’obturateur offre des vitesses de 4s à 1/450s.

Contrairement aux Kodak ou Agfa, et quelques clones, pas question ici de tirer sur la moitié de l’appareil pour armer. Vous le faites en actionnant le bouton poussoir judicieusement placé en dessous, là où le pouce le trouve naturellement pour armer.

Sur le dessus, un gros bouton orange sert de déclencheur, aussi doux que les Sensor d’Agfa.

Je le signalais plus haut, il faut une 4LR44 pour alimenter la cellule de l’appareil. Mais celui-ci fonctionne aussi sans pile (et sans cellule alors), à la vitesse de synchronisation (1/30s).

Dernier raffinement, une diode rouge vous signale que la vitesse risque de chuter sous le 1/30s, avec risque de flou de bougé.

J’aime bien aussi la possibilité d’utiliser deux flashs : les Magicube classiques ou un flash électronique dédié (que je n’ai pas), voire un flash d’une autre marque puisqu’il y a un contact central.

Publicité d’époque, merci Collection-appareils.fr

Que penser de cet appareil ?

Franchement, difficile de faire plus compact et agréable à tenir en mains, ni plus simple d’utilisation : vous ouvrez la porte situé à l’arrière, y glissez une cartouche de film (et Lomography vous offre une belle gamme de films, de quoi s’amuser), refermez le dos, actionnez deux ou trois fois l’armement et le déclenchement jusqu’à ce que le chiffre 1 apparaisse dans la fenêtre au dos et c’est prêt.

Il ne reste plus qu’à vous balader, le nez en l’air et le Konica dans une poche … pour le sortir au bon moment, en toute simplicité, comme dans les années septante.

C’est une vraie machine à remonter le (bon) temps cet appareil, alors, faites-vous plaisir car il ne vous ruinera pas : comptez 25€ pour un exemplaire en parfait état et 30€ si le flash d’origine est toujours ok et vendu avec.

Un peu de technique.

  • Lentille: hexar 28 mm f / 8 (3 éléments, 3 groupes)
  • Focus: 1 m à l’infini
  • Obturateur électronique Copal : 4 – 1/450 s, synchro flash au 1/30s.
  • Cellule CdS de 100 à 400Iso
  • Alimentation: 1 x 4LR44 Batterie alcaline
  • Dimensions et poids: 108 x 52 x 26 mm, 160 g.

Des références.

whttps://camera-wiki.org/wiki/Konica_Pocket_400, https://collection.sciencemuseumgroup.org.uk/objects/co8208728/konica-pocket-400-camera-camera, https://cameragocamera.com/2017/06/25/konica-pocket-400-110mm/, https://collectiblend.com/Cameras/Konishiroku-(Konica)/Pocket-400.html, en anglais ; https://www.collectiongeven.com/piwigo/picture.php?/30519, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-3985.html en français

Argentique

Le Nikon FM : un argentique recherché

Préambule.

Parfois les planètes s’alignent, on ne sait pourquoi … Toujours est-il qu’après les FG et FA précédent, j’ai trouvé sur la brocante de Braine-l’Alleud ce bel exemplaire de Nikon FM.

Toute petite négociation car le prix était très attrayant et hop, dans le sac à dos, où il est bien seul. Comme le faisait remarquer Olivier, j’ai parfois l’impression, comme lui, que la source se tarit. Mais ça dépend des jours et des … brocantes.

Parfois il n’y a rien à se mettre sous les yeux et parfois on ne sait pas où donner de la tête et des mains, en tout cas pour être dans les premiers à trouver de belles affaires, en connaisseurs. Franchement, ce qui m’agace le plus, se sont ces gens qui achètent en lot, sans savoir ce qu’il y a dans ledit lot et qui essaieront ensuite de revendre à la pièce parce qu‘ils ont été voir le prix sur Internet mais qui sont incapables de faire la différence entre 2 Zeiss Ikon, par exemple. Quel gâchis souvent !

Un peu d’histoire.

Ici encore, je vous la fait courte parce que justement je me suis épanché dans les articles sur les Nikon FG et FA précités mais aussi sur le Nikon F2S et le Nikkormat FTn.

Pour plus de clarté, je reprends encore le tableau ci-dessous (merci Collection-appareils) :

Le Nikon FM fait partie des boitiers de moyenne gamme, destinés aux amateurs très exigeants et des pro en recherche d’un second boitier sérieux.

Il est dans la succession du Nikkormat déjà cité, un peu plus moderne et compact que son aîné. Fabriqué de 1977 à 1982 (commercialisé en mai 1977), il succède au Nikkormat FT3 et il sera le premier d’une lignée (FM, FE, FM2, FE2, FA et FM3A) qui perdurera jusqu’en 2006.

Source : Kamera museum, Photo : Ralf Peter Müller

Cet appareil, destiné au grand public exigeant, ne renie en rien la qualité de fabrication et le sérieux des ingénieurs nippons. Il permettait d’entrer dans le monde Nikon sans casser (trop) sa tirelire et en bénéficiant du sérieux de la maison.

A l’époque, ses grands concurrents se nommaient Olympus OM-2, Pentax MX, Canon AE-1 et Minolta XE, bien que, si on veut rester objectif, il commençait à dater un peu, surtout dans les dernières années de sa production.

Il inaugure le nouveau système de couplage du posemètre AI (Aperture Index) développé par Nikon et un nouveau design, plus compact et léger. Son corps, réalisé en un amalgame cuivre/alu, est solide. Ce châssis sera celui de nombreux autres appareils moyen de gamme de la marque.

De fait, la célèbre monture F évolue et elle autorise un couplage entre le boîtier et le diaphragme totalement automatique sans l’utilisation des « oreilles de lapin », classiques des objectifs non AI.

Si on y regarde de près, le Nikon FE et le FM sont comme de faux jumeaux : ils partagent le même châssis, les mêmes dimensions externes, les mêmes contrôles généraux et les mêmes spécifications de base, et la même conception globale. De fait, si vous enlevez simplement l’électronique du FE, vous avez un FM.

Je pose ici un nouvel aparté car l’Histoire de la photographie s’invite dans notre réflexion. A l’inverse du milieu automobile où la course a nourri les voitures de Monsieur Tout le Monde, en photographie, les constructeurs sont partis des demandes des amateurs pour faire évoluer leurs appareils. Ainsi les appareils ont perfectionnés leurs viseurs, télémétriques ou réflex ; les tailles des boitiers se sont condensées pour un port plus agréable ; le chargement des films s’est simplifié ; la mise au point s’est améliorée jusqu’à devenir automatisée (AF) ; la contrainte de juger de la qualité de la lumière s’est déplacée vers des cellules embarquées de plus en plus performantes ; la rapidité des prises de vue s’est affranchie du levier d’armement pour embarquer des moteurs de plus en plus silencieux et performants, etc.

Toutefois, n’en déplaise à certains, Nikon a toujours fabriqué d’excellents appareils, techniquement parlant, presque parfait pour leur fiabilité et leur précision (voir l’histoire du mythique F) mais la marque n’aime pas prendre de risques ni se lancer dans des innovations comme ont pu le faire Minolta, Fujica, Pentax, Miranda, par exemple.

Au moment de lancer le Nikon F, ils ont été confronté à un choix : se lancer dans des innovations peut-être éphémères, des gadgets peu utiles ou rester dans un conformisme rassurant mais susceptible de leur faire perdre des parts de marché.

Ils ont opté pour un entre-deux, plus Normand que Nippon : leur nouvel appareil serait simple, extrêmement bien construit, fiable, construit dans une robe nouvelle, dans l’ère du temps. Un appareil qui donnera l’impression aux amateurs d’être comme des professionnels de l’image, avec un boitier très sérieux. Et, concession à la nouveauté, les Led dans le viseur pour contrôler la luminosité. Puisque nous en sommes à faire les fous, on ajoute un petit bouton, près du levier d’armement pour pouvoir exécuter facilement des expositions multiples que Lomography ne renierait pas !

Finalement, la légende du Nikon FM tient plus à sa qualité de construction et sa fiabilité qu’à son audace novatrice, même si quelques améliorations ont pu conforter sa notoriété. Et, à l’époque, les gens de Nikon ne se sont pas trop trompés : les clients préféraient un appareil sûr, qui allait les accompagner longtemps et fidèlement.

Présentation du Nikon FM.

Ne cherchez pas un logo sur la face avant ou le prisme, le FM se fait discret. Ces deux lettres sont inscrites à côtés du numéro de série, à l’arrière, sous le levier d’armement.

C’est un appareil entièrement mécanique, qui peut fonctionner sans piles, celles-ci étant seulement destinées à alimenter la cellule. Et tant qu’à parler alimentation, deux LR44 suffisent.

Selon les critères de l’époque, il est très classique, voyez ce croquis annoté ci-dessous :

Source : Mes appareils photo.

Ah, que j’aimerais retrouver cette simplicité dans nos appareils modernes, bardés de fonctions, de trucs et de machins qui en arrivent aux mêmes résultats : savoir gérer le triangle d’exposition, c’est-à-dire la lumière, la vitesse, la sensibilité.

Petit aparté à ce sujet ; j’ai récemment eu l’opportunité de faire l’acquisition d’un Nikon Z Fc. Sa présentation et la manière de l’appréhender sont très proches de cet appareil. Même son design parait être un clone moderne. Je crois que, comme les Fuji XT et le dernier Fuji EX-5, c’est une idée qui mérite d’être suivie car elle permet de se concentrer sur l’essentiel : faire une photo pensée, réfléchie.

Mais revenons à notre bon vieux FM : bien qu’il semble conventionnel, ce boitier est entièrement parti d’une feuille blanche, pour de nouveaux concepts. Par exemple, sa taille, bien plus petite que les prédécesseurs Nikkormat. Sa conception même a fait appel à une réduction drastique du nombre de pièces internes, afin d’alléger l’ensemble mais aussi pour réduire les couts de fabrication.

Source : Nikonclassic. Si, si, je vous assure, il y a moins de pièces qu’avant !

Toutefois, il s’inscrit d’office dans le vaste système Nikon des objectifs F, des flashs et de moteurs d’entrainement (le défaut des Nikkormats, qui n’avaient reçus sur le tard qu’un ré-armeur bien lent), à savoir en l’occurrence le MD-11 et le MD-12. En effet, ce modèle est prévu, mécaniquement, pour recevoir l’ajout d’un moteur ; un dos dateur, le MF-12 pouvait être ajouté (date et heure).

Contrairement aux appareils destinés aux professionnels, on ne peut pas ici retirer et changer le prisme. Par contre, on peut changer les verres de visées, selon ses habitudes ou ses besoins. Pratique je vous écrivais.

Pour le reste, du conventionnel bien pensé, comme l’obturateur à plan focal vertical, qui donne des vitesses de 1s jusqu’au 1/1000s, plus pose B et retardateur de 10s (levier en façade). La synchro flash est fixé au 1/125s. Un levier, à côté du fut d’objectif, permet d’estimer la profondeur de champ.

Le viseur couvre 93% du cadre avec un grossissement de 0,86x. A l’intérieur du viseur, en un seul coup d’œil, vous avez accès aux éléments utiles pour votre prise de vue : en haut, l’ouverture choisie ; à gauche, la vitesse ; et à droite, l’échelle avec les diodes qui vous indiqueront une sur ou sous exposition.

À l’aide d’une paire de photodiodes au gallium logées juste à côté de l’oculaire, le système dispose du modèle de détection standard 60/40 avec pondération centrale. La plage de sensibilité est de 12 à 32000 Iso.

le circuit de mesure

Comme je l’écrivais ici plus haut, la petite innovation ce sont les petites lampes LED, bien visibles quelles que soient les conditions de lumière et en tout cas bien plus facile à lire que les anciennes versions à aiguille flottante.

Autre détail bien pensé, la mise sous tension de la cellule se fait lorsque vous écartez le levier d’armement du boitier, ce qui facilite aussi sa prise rapide en cas de photos rythmées. Ne pas oublier dès lors de bien le rabattre pour économiser les piles.

Le petit bouton coulissant, à côté du levier d’armement permet de faire, simplement, autant d’expositions que voulues sur la même image.

Enfin, par dessous, les contacts électriques bien visibles indiquent que l’on peut monter un moteur, le MD-12, pour atteindre les 3,5 ips (images par seconde).

Encore un mot sur ce qui pourrait n’être qu’un effet stylistique : la forme du support du prisme autorise toujours le montage des anciennes optiques F (pré-AI), celles avec les oreilles de lapin. Un onglet sur le pourtour de la monture permet toujours leur utilisation, à condition de composer diaphragme fermé.

Le système AI pour indexation d’ouverture maximale automatique autorise un couplage d’ouverture entre une optique Nikkor et la cellule. La mesure se fait à travers l’objectif (TTL). La force de ce système est de permettre la réversion de compatibilité et donc de toujours pouvoir utiliser une ancienne optique.

La modification des dispositifs de couplage a permit de renouveler tous les anciens modèles : le Nikon F2 Photomic est devenu le Nikon F2 Photomic A, le Nikomat/Nikkormat FT2 est devenu le Nikomat/Nikkormat FT3 , et le Nikomat/Nikkormat EL est devenu le Nikon EL2. On dit merci qui ? Le Nikon FM !

Pour ouvrir le dos de l’appareil et le charger d’une pellicule, comme d’habitude, vous tirez sur la bobine de rembobinage mais comme il y a une sécurité, il faut faire tourner la couronne autour de la manivelle, pour la déverrouiller.

Voilà, nous avons fait le tour de l’engin.

Que penser de ce Nikon FM ?

C’est un appareil que l’on prend plaisir à regarder, à toucher, à sentir. C’est fabriqué avec minutie et sérieux, fait pour durer une éternité si on y prend soin. Amoureux de belle mécanique, c’est un boitier incontournable.

Les commandes sont douces, précises, sans rien de superflu, que de l’essentiel mais judicieusement disposé pour que vous puissiez vous concentrer sur votre image.

Je parle souvent, sur le site, de boitier école : pour moi, celui-ci en fait clairement partie, et je ne suis pas le seul à le penser (voir la seconde vidéo ci-dessous).

En 1982, la marque proposera un FM2, qui reprend les caractéristiques de ce boitier bien né, et le fait doucement évoluer avec, notamment, un obturateur en titane, qui propose des vitesses de 1s à 1/4000s.

Il sera produit à des millions d’exemplaires, il n’est donc pas vraiment rare, mais sa robustesse et sa fiabilité renforce sa cote malgré le temps qui passe. Pour un bel exemplaire avec un objectif Nikkor, comptez quand même dans les 200€ en version bis-tons ou noire.

Publicité d’époque.

Source : Collection-appareils. Cliquez sur l’image pour ouvrir.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon_FM, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-907-Nikon_FM.html, https://www.mes-appareils-photos.fr/Nikon-FM.htm, https://www.lomography.fr/magazine/78087-nikon-fm, https://35mm-compact.com/reflex/nikon-fm.htm, en français ; https://camera-wiki.org/wiki/Nikon_FM, https://www.mir.com.my/rb/photography/hardwares/classics/nikonfmseries/fm/index.htm, https://imaging.nikon.com/imaging/information/chronicle/cousins09-e/, https://casualphotophile.com/2018/05/11/nikon-fm-35mm-film-camera-review/, https://www.kenrockwell.com/nikon/fefm.htm en anglais ; https://nikonclassics-michalke.de/blog/?p=613, https://kameramuseum.de/objekte/nikon-fm/, en allemand

Argentique

Le Canon Eos 300X : un argentique tellement moderne

Préambule.

Celui-ci, ça faisait un moment que je le cherchais. J’ai souvent trouvé des 300 et 300N mais le dernier des Eos argentique m’échappais toujours.

Cette fois, j’en ai trouvé un, avec sa boite et un grip, lui aussi avec son emballage. C’est dire qu’ils ont peu servi … Je m’étais égaré dans un Cash Converter où ils le bradaient à un prix ridicule, personne ne s’intéressant à lui depuis des mois. Une bonne intuition ce jour-là.

Il est le dernier X, avec film !

Un peu d’histoire.

Rassurez-vous, je ne fais pas vous refaire toute l’histoire de Canon, un article n’y suffirait pas.

Vous retrouverez les grandes lignes dans les articles consacrés à l’Eos 300 (pas de 300N hélas, je l’ai vendu avant d’avoir pu faire l’article) et à l’Eos 300V. J’y notais que la série des Eos 300 a été une des meilleures séries de la marque : légers, performants, rapides, avec un autofocus prédictif à la pointe, une ergonomie soignée qui autorise à photographier d’une main si besoin, faciles à utiliser avec tous les modes que nous connaissons aujourd’hui, déjà installés. Bref, un best-seller qui allait passer la main en septembre 2004 (date de sortie de l’Eos 300X) devant les premiers Eos numériques (le premier Canon numérique entièrement dû à la marque fut le Canon Eos D30, apparu en 2000).

Un an avant (2003) donc, Canon sortait un Eos 300D de 6,1Mpx. Il allait signer la fin des appareils argentiques destinés au grand public. L’Eos 300D était un APS-C qui, heureusement, allait pouvoir réutiliser les optiques EF des anciens Eos, avec toutefois un coefficient de conversion de x1,62, ces optiques ayant été pensées pour l’équivalent des full frame, c’est-à-dire la taille du film 24x36mm.

Pour mémoire, le système EOS (Electro-Optical System) a tout changé dans la gamme Canon car il abandonnait la monture FD pour la EF à moteur intégré (USM). Les nouveaux Eos sont des appareils modernes qui embarquent une électronique sophistiquée, dotés d’un autofocus rapide et précis, notamment grâce à la communication tout électrique des boitiers vers les optiques et réciproquement.

Il n’y a plus de compatibilité avec les optiques FD et leur petite came qui dépassait à l’arrière, qui faisait la liaison avec les boitiers. Sauf à utiliser des bagues de conversion.

Le design de la gamme Eos s’inspire du T90, dû à Colani (inventeur du bio-design), le dernier appareil avec l’ancienne monture.

Présentation du Canon Eos 300X et du grip BP-220.

Comme d’habitude, si cet appareil s’appelle Eos 300X en Europe, il se nomme Rebel T2 aux USA et Eos Kiss 7 au Japon.

Il est donc le successeur du Canon Eos 300V dont il reprend les codes de design, mais son micro-processeur en est à la version trois, plus rapide. Ce qui accélère la réactivité de l’autofocus, qui peut travailler dans les 3 modes One-Shot, Servo-Ai et Ai Focus.

Cet appareil rattrape de cette façon la gamme des appareils destinés aux experts, les EOS 30/33, mais il reste un appareil destiné aux amateurs.

Et, surtout, il répond au dernier sursaut de Nikon avec son F75, lui aussi destiné aux consommateurs amateurs. Si les Eos 500 et Eos 300 distançaient le Nikon F70, la marque jaune voulait un baroud d’honneur avant elle aussi de passer au numérique. Canon allait réagir …

Si je devais résumer la position de cet appareil, c’est qu’il possède en son sein la technologie dernier cri de la marque, presque à jeu égal avec les appareils destinés aux experts très exigeants (de ce fait, certaines fonctions sont bridées) mais habillé dans une robe considérée comme légère, tout en plastique (sauf la monture, en acier), qui se griffe vite et perd alors de sa superbe, même si la technologie embarquée n’en souffre pas.

Voyons ça de plus près, en reprenant les points essentiels.

Commençons par la mise au point automatique, basée sur 7 collimateurs AF, que l’on peut sélectionner individuellement. Ce sont des capteurs croisés, plus précis car ils utilisent 2 capteurs pour donner un meilleur positionnement. Ce sont des capteurs CMOS TTL-CT-STR (TTL Cross Type secondary image registration) – ouf !

L’appareil possède un aperçu DoF (aperçu de la profondeur de champ), pas souvent mis en avant sur des appareils destinés aux amateurs.

Puis, un mot sur le calcul de l’exposition, autrefois chasse gardée de Nikon avec sa mesure matricielle. Ici, Canon travaille sur 35 zones (au lieu de 25 pour le F75), en plus d’une mesure spot et une pondérée centrale.

Ensuite, l’obturateur travaille de 30s au 1/4000s (le Nikon plafonne au 1/2000s). Il y a bien sûr la pose B, un retardateur (10s), avec télécommande si besoin. Si on ajoute la synchro flash au 1/125s, on n’est plus vraiment dans les performances habituelles de l’entrée de gamme.

Comme souvent, l’appareil lit le codage DX des films, de 25 à 5000Iso et on peut toujours faire un réglage manuel entre 6 et 6400Iso. On peut aussi faire une compensation d’exposition de 3EV, par demi-crans, en plus ou en moins.

Le viseur est un pentamiroir (pas un pentaprisme, question de budget) qui reste étonnamment lumineux, avec une couverture de 90%. L’affichage reprend le verrouillage de la mise au point, la vitesse, l’ouverture, la compensation EV, des infos sur le flash et le blocage de l’exposition (AEL = Auto Exposure Lock).

Vous verrez des petits carrés piqués d’une LED rouge dans le viseur, ce sont eux qui vous indiquent si la mise au point est bonne.


Un mot aussi sur le flash, pop-up (qui sort automatiquement ou manuellement). Sa sensibilité est de 13GN pour 100Iso, ce qui est très raisonnable. La vitesse de synchronisation est fixée au 1/125s. Mais comme l’appareil est dit E-TTL 2 (calcul à travers l’objectif), vous pouvez utiliser les excellents flashs de la série Speedlite EX – xxx et vous obtiendrez une synchro flash à haute vitesse si besoin. N’oublions pas que dans les Eos la communication se fait du boitier ver l’optique et inversement : les informations sur la distance et l’ouverture permettent d’affiner la puissance du flash intégré ou des flashs externes pour un meilleur équilibre entre le sujet et l’arrière-plan.

Pour alimenter tout ça, le boitier demande 2 piles CR2. On peut s’en passer si on ajoute un grip, comme ici, le BP 220 qui ingère 4 piles AA très communes. Il faut pour cela ouvrir la petite porte du compartiment piles et y glisser la tige du grip, l’attacher au boitier par la vis de serrage et le tour est joué.

L’ergonomie est classique des Canon et les boutons, molette de réglage des fonctions, molette de réglages particuliers, le trèfle à l’arrière sont facilement accessibles et judicieusement placés.

A l’arrière, un grand écran(30x30mm) qui, éteint, pourrait faire penser à un numérique, nous renseigne sur les fonctions choisies. L’écran est rétro éclairé si besoin pour favoriser les réglages quand la lumière manque. Il donne accès à des fonctions comme le réglage des Iso, la compensation d’exposition, la suppression du bip de mise au point, en plus de 6 autres paramètres personnalisables (réglage des zones de mise au point) ou paramètres du flash. Deux fonctions, bien utiles aux distraits auxquels je me compte : impossible de déclencher si on a oublié de mettre un film dans l’appareil ou s’il n’y a pas d’optique fixée.

La grande roue PSAM reprend les mode habituels de Canon : programme P, modifiable, ou rectangle vert pour le programme tout automatique ; priorité vitesse (Tv), priorité ouverture (Av) et manuel (M). Viennent ensuite s’ajouter les modes dits créatifs : portrait, portrait de nuit, macro, sport et une spécialité maison, le A-DEP qui permet de juger de la profondeur de champ optimale entre deux points, l’un situé au loin et l’autre plus près du sujet. N’oublions pas la possibilité de désactiver le flash.

Je reviens (encore !) sur la monture EF car elle vous permet de choisir dans un immense catalogue d’optiques généralement très bonnes, y compris les fameuses séries L (pro). Les objectifs plus anciens peuvent encore être utilisés, moyennant des bagues d’adaptation et en acceptant de perdre certaines fonctionnalités. Vous perdrez l’autofocus mais garderez une mesure en mode stop down (calcul de la luminosité) si vous êtes en mode Tv.

Compact et léger (365gr), il possède une poignée encore plus ergonomique que celle de son prédécesseur. Toutes les commandes ont été regroupées d’un côté de l’appareil ce qui permet de l’utiliser à une main si besoin. Un bip vous avertira aussi si à main levée vous êtes à la limite du flou.

Enfin, le chargement a été simplifié au maximum : vous posez la bobine dans la chambre, vous tirez sur l’amorce pour l’amener à la tête de flèche et puis vous refermez le tout. Le boitier se charge de charger (c’est le cas de l’écrire) le film correctement. On dit merci qui ?

Publicité d’époque.

Que penser de cet Eos 300X ?

Je l’ai acheté muni du grip d’origine BP 220 qui, s’il améliore l’alimentation de l’appareil, assure aussi une très bonne tenue en mains mais a tendance à déséquilibrer le tout lorsqu’un objectif un peu long, comme le 28 – 90 du kit, est monté : il pique du nez ! Rien de grave, mais à ne pas oublier quand on le pose sur une surface plane. Ce grip n’augmente pas la vitesse en déclenchements continus ou rafale.

Avec ou sans cet appendice, l’appareil est agréable à tenir en mains, facile d’usage. Finalement, il contient tout le savoir faire de Canon en appareil argentique mais sous une robe non professionnelle, c’est-à-dire en plastique non renforcé, sans joints d’étanchéité, avec quelques fonctions bridées mais avec les mêmes ingrédients que les Eos 30/33, voire Eos 3.

Avec lui vous ne prenez pas de risque : selon le choix du programme que vous faites vous aurez toutes les chances que les réglages soient justes et vos photos réussies, tout en ayant en mains un appareil très proche des standards actuels et des commandes que l’on utilise encore presque comme à l’époque de son lancement, il y a vingt ans. Presque hier en somme …

Je pense l’avoir déjà écris souvent dans ce blog, si vous voulez vous lancer dans l’argentique sans avoir connu ce milieu auparavant, donnez-vous toutes les chances de réussir vos images pour ne pas vous décourager. Les réglages des appareils plus vieux (années septante et quatre-vingt) n’ont rien d’ésotériques mais un minimum de compréhension de ceux-ci est nécessaire pour tirer la quintessence de ces anciens boitiers. Ici, pas de casse-tête mais des menus simples et assez évidents.

En plus, cet Eos possède une fonction que j’aime beaucoup : lorsque vous chargez un film dedans, celui-ci précharge le film et le dévide vers la bobine réceptrice au fur et à mesure. L’avantage est énorme : en cas d’ouverture intempestive du dos, seules les photos non encore exposées seront voilées.

Ensuite, ces appareils n’ont pas encore vraiment le statut d’anciens et donc ils ne sont pas encore très recherchés, avec dès lors des prix attractifs. Comptez environ 40€ pour un très bel exemplaire avec un objectif (souvent ceux du kit d’origine). Ça ne va pas vous ruiner et vous ferez des économies sur les photos que vous réussirez presque toutes à coup sûr.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

  1. AF One-Shot : l’appareil photo verrouille la mise au point sur les sujets immobiles
  2. AI Servo AF : l’appareil photo suit en permanence les sujets en mouvement
  3. AF AI Focus : l’appareil photo évalue le sujet et sélectionne automatiquement l’AF One-Shot ou l’AF AI Servo.
    L’autofocus est activé en enfonçant le déclencheur à mi-course
    Plage de travail AF EV 1-18 (à 100 ISO)
    Méthode d’assistance AF Via le flash intégré : émet des impulsions répétées de faible luminosité si le flash est levé.
    Contrôle de l’exposition
    Modes de mesure 1. Mesure TTL à pleine ouverture à l’aide d’un SPC (cellule photoélectrique au silicium) à 35 zones. Trois modèles de mesure disponibles.
    a. Mesure évaluative à 35 zones.
    b. Mesure partielle centrale qui couvre environ 9,5 % de la surface du viseur.
    c. Mesure moyenne pondérée centrale (réglée automatiquement en mode M)
  4. E-TTL II : mesure du préflash sur 35 zones à l’aide des flashs macro Speedlite 550EX, 420EX, 220EX ou EX MR-14EX ou MT-24EX. Flashs Speedlite de la série EX ou flash intégré requis.
    Plage de mesure EV 1-20 (avec objectif 50 mm f1.4 à 100 ISO)
    Modes d’exposition 1. Programme AE intelligent avec décalage variable (P)
  5. Priorité à la vitesse d’obturation : AE (Tv)
  6. Priorité à l’ouverture AE (Av)
  7. DEP AUTOMATIQUE (A-DEP)
  8. Entièrement automatique (programme intelligent AE, non décalable)
  9. Modes de zone d’image programmés : portrait, paysage, gros plan, sport, portrait de nuit et flash désactivé
  10. Programme E-TTL II FLASH AE
  11. Réglage manuel aidé par la cellule
    Exposition multiple : jusqu’à 9 expositions peuvent être préréglées. Effacement automatiquement une fois terminé. Annulable à mi-chemin
    Compensation d’exposition 1. Bracketing d’exposition automatique (AEB) jusqu’à +/-3 IL en 1/2 arrêts
  12. Correction d’exposition manuelle jusqu’à +/-3 IL par 1/2 arrêts.
  13. Disponible en modes entièrement automatique et programmé
    Obturateur
    Type Obturateur à déplacement vertical, plan focal avec toutes les vitesses contrôlées électroniquement. Les rideaux des obturateurs avant et arrière sont tous deux dotés d’un contrôle de déclenchement électromagnétique dédié. (Vitesse du rideau : 6,3 ms/24 mm)
    Vitesses d’obturation Vitesses d’obturation 30s à 1/4000 s, pose , X-sync à 1/125s
    Flash intégré:
    Type : Flash automatique E-TTL II intégré pour des expositions au flash stables et de haute précision (flash FE activé)
    Commandes AE du flash 13 m (42,6 pi) (ISO 100)
    Angle de couverture du flash : couvre l’angle de vue de l’objectif de 28 mm
    Durée du flash : 1 ms ou moins
    Temps de recyclage : environ 2 secondes. L’icône s’allume dans le viseur lorsqu’elle est prête
    Température de couleur équivalente à la lumière du jour
    La lampe de réduction des yeux rouges s’allume lorsque le déclencheur est enfoncé à mi-course et que la mise au point et la mesure sont réalisées
    Transport de films
    Système de pré-enroulement automatique du chargement du film. Après le positionnement du film et la fermeture du capot arrière, le film s’enroule automatiquement jusqu’à la fin du rouleau. Au fur et à mesure que les photos sont prises, le film est rembobiné image par image dans une cassette.
    Réglage de la vitesse du film ISO 25-5000 automatiquement réglé par incréments de 1/3 d’arrêt selon le code DX. Peut également être réglé manuellement à partir de 6-6400 ISO par incréments de 1/3 d’arrêt
    Transport du film Avance sur une seule image ou avance continue réglée automatiquement en fonction du mode de prise de vue
    Bobinage de film L’un des deux modes suivants peut être réglé : Image unique et Continu. (En mode continu, avec AF verrouillé, environ 3,0 ips et en mode AF AI Servo, environ 2,8 ips)
    Rembobinage du film Rembobine automatiquement à la fin du rouleau. Rembobinage à mi-rouleau possible
    Source d’alimentation
    Batterie : deux piles au lithium CR2 logées à l’intérieur de la poignée de l’appareil photo
    Le niveau de la batterie est affiché par l’indicateur de niveau de batterie sur l’écran LCD. Le niveau de la batterie est indiqué sur l’un des quatre niveaux.
    Dimensions
    Dimensions (L x H x P) : 130 x 90 x 64 mm (5,1 x 3,5 x 2,5 po)
    Poids 365 g (12,9 oz) (sans piles)
    Autre : dos dateur avec Date/Heure Mentions légales Jour/Mois/Année, Mois/Jour/Année, Année/Mois/Date, Date/Heure/Minute

Des références.

https://studio-argentique.fr/2015/10/15/le-canon-eos-300x-pour-mettre-un-pied-dans-largentique/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-9607-Canon_EOS%20300X.html, en français ; https://www.35mmc.com/07/10/2017/canon-eos-300x-40mm-f2-8-stm-review/, https://www.the3rs.uk/the-final-eos-film-slr-culmination-or-capitulation-the-canon-eos-300x-review/, https://austerityphoto.co.uk/last-of-the-line-canon-eos-300x/, https://global.canon/en/c-museum/product/film248.html, en anglais ; https://filmphotography.eu/kamera/canon-eos-300x/, en allemand

Argentique

Le Pontiac 6×9 Bloc-Métal 45A : le must des appareils vintages.

Préambule.

J’avais déjà vu cet appareil chez ce brocanteur, mais il me semblait en trop mauvais état. Seulement voilà, ce jour-là, impossible de se mettre le moindre boitier intéressant sous la main. En désespoir de cause, j’ai négocié pour l’emporter car, finalement, on n’a pas tous les jours la chance de mettre une telle marque dans son sac à dos !

Un peu d’histoire.

C’est en 1938 que Monsieur Laroche fonde la MFAP, soit la Manufacture Française d’Appareils Photographiques. Il choisi pour marque celle de Pontiac, peut-être en référence à la voiture américaine du même nom et synonyme alors d’élégance et classe, tout en étant abordable. Ou alors en référence au chef Indien Pontiac, né en 1720 au bord du lac Nipissing, qui devint chef des Ottawa et chef suprême de la confédération des Algonquins des Grands Lacs grâce à ses qualités de stratège et de communicateur. Allié des Français, il fut un ami fidèle de Montcalm.

L’entreprise, établie à Paris, produit d’abord des folding (appareils pliants) dont le corps est en bakélite. Ce sont essentiellement des 6x9cm qui utilisent du film 620. Ces appareils sont sans doute des reprises d’un modèle Gallus, qui avait assez vite abandonné la fabrication, la bakélite étant assez fragile, notamment avec ce type d’appareil. Pontiac est arrivé à la même conclusion car il est passé à des appareils en métal dès 1941, avec la mise en vente du Bloc-Métal 41.

Publicité de la marque, en 1941.

A partir de 1941, la société produit aussi le Lynx 1, un appareil qui utilise du film 127, qui deviendra le Super Lynx en 1948 et qui adoptera lui le format 24×36. Il y eut aussi quelques Baby Lynx , dans les années ’50, aussi au format 24×36. La production s’arrête à ces quelques modèles, déclinés sous différentes versions

Comme vous l’avez remarqué, cette marque est née peu avant la seconde guerre mondiale, ce qui fut une difficulté car à ce moment les marques allemandes et américaines tenaient le marché des appareils photo ainsi que leurs accessoires, y compris les films. Pourtant, paradoxalement, ce fut aussi sa chance car au début des hostilités, ces grands concurrents furent appelés aux efforts de guerre de leurs pays respectifs et laissèrent le champ libre à Pontiac, à Lumière ou Demaria Lapierre, en France car, ayant commencé leurs activités avant la guerre, ces entreprises ne furent pas frappées par le décret des autorités d’occupation qui interdisait toute nouvelle création d’entreprise photographique. Monsieur Laroche vit là une opportunité et son dynamisme voulait faire de sa marque la première marque française.

C’est dans ces moments là que la marque Pontiac décida d’abandonner la bakélite pour des appareils en métal. Reconnue pour sa fragilité et son coût abordable, elle ne correspondait pas au renom que voulait donner Monsieur Laroche à ses créations.

La société opta pour une méthode et une matière nouvelle, faite d’un alliage dur d’aluminium baptisé Hydronaniurn. En théorie, ce métal était indéformable ; le boitier, le dos, l’abattant, la poignée, le verrou de fermeture, la béquille d’appui et le bouton d’enroulement, tout fut réalisé par moulage dans ce matériaux.

Le nouvel appareil reçut alors le nom de Bloc-Métal auquel on ajouta le chiffre 41, pour l’année de sa sortie.

Mais ne nous leurrons pas, l’époque était aux restrictions et si l’hydronanium ne manqua quasi jamais, il n’en fut pas de même pour d’autres fournitures, comme le cuir pour fabriquer le soufflet, qui sera remplacé par du tissus, mais celui-ci aura vite tendance à se percer dans les coins du soufflet ; le chromage des pièces est très fin et elles rouillent assez vite ; les ressorts en acier, cassent très vite car trop fins et d’acier de mauvaise qualité ; le cuir toujours, qui devait recouvrir le boitier, sera remplacé par un granité du métal, ensuite peint en noir ou des boitiers en métal poli.

Tout cela n’empéchait pas Pontiac de fabriquer environ 100 appareils par jour et on estime la production en temps de guerre à environ 200.000 pièces, majoritairement fabriquées à Paris. Un tour de force pour ces époques troublées.

Cependant, il faut reconnaître que le Bloc Métal 41 est fragile, parfait témoin de ce que l’on a pu réaliser à une époque où tout manquait, c’est ce qui fait son charme, avec un brin de nostalgie.

Au sortir de la guerre, les concurrents allemands avaient presque tous disparus ou étaient en pleine reconstruction (Dresde, fief de l’industrie photographique fut rasée et les vainqueurs dépecèrent en grandes parties les noms qui restaient, comme Zeiss Ikon en est un terrible exemple).

Le modèle qui nous préoccupe aujourd’hui, le Bloc Métal 45 a vu le jour en … 1945 (c’est bien, vous avez suivi !). Il sera produit jusque dans le début des années ’50, ses itérations étant notées d’une lettre différente selon les années de production (BM 45, BM 45A, BM 45B, BM 45AF et quelques autres nuances peu nombreuses).

In fine, la MFAP a existé de 1938 à 1954. En 1951, l’entreprise a déménagé de France au Maroc. Son logo était alors un objectif portant la mention PONTIAC PARIS, puis PONTIAC MAROC.

Présentation du Pontiac 6×9 Bloc Métal 45A.

Ainsi que nous venons de le découvrir, le Pontiac MB 45 a vécu quelques modifications, qui tenaient à l’objectif, à son traitement, à l’obturateur, aux vitesses de celui-ci.

Les objectifs étaient des Berthiot Spécial à trois lentilles ou des Roussel Trylor 4,5 non traités – qui disparaissent assez rapidement – (Pontiac Bloc Metal 45 A), ou des Berthiot Flor 4,5 traité, à 5 lentilles, (Pontiac Bloc Metal 45 B), des Berthiot Spécial ou des Roussel Trylor 4,5 traités (Pontiac Bloc Metal 45 AF). Le 45 B est le plus cher avec sa combinaison Berthiot Flor et Prontor II.

Les obturateurs eux, étaient soit des Gauthier Prontor II avec retardateur et vitesses de 1s à 1/200s ou 1/175s et poses B et T, voire des Gitzo affichant des poses B et des vitesses de 1/25 à 1/200s, sans retardateur.

Celui du jour est muni d’un objectif Berthiot Special de 105mm ouvrant à f4,5 et d’un obturateur Prontor II avec des poses B et T, gradué de 1s à 1/200s et d’un retardateur de 10s. Comme je pense que l’objectif n’est pas traité, j’en déduis qu’il s’agit d’un des premiers modèles, donc un Bloc Metal 45A de 1948.

Comme d’habitude avec ce type d’appareil, il faut d’abord armer l’obturateur avec un petit levier placé autour du combiné objectif/obturateur mais il suffit d’appuyer sur le déclencheur sur la capot pour prendre la photo. Un mécanisme de renvoi joue ici son rôle. A moins que vous ne choisissiez d’installer un câble à viser sur le côté pour effectuer la prise de vue.

Toujours sur le pourtour du combiné, une prise PC pour la synchronisation du flash, qui put être installé sur le capot dans la griffe dite froide.

Par dessous le combiné, un levier marqué en rouge signale le retardateur. Attention, ne l’actionner que lorsque l’on a armé sous peine de tout bloquer.

Pour régler la vitesse, il faut faire tourner la bague crantée et arrêter le témoin devant celle sélectionnée.

Les ouvertures se règlent elles avec un curseur placé à l’arrière du bloc, de f4,5 à f 32.

Enfin, la distance se règle avec l’optique à l’avant, que l’on fait tourner autour d’un axe limité dans sa course par une marque rouge, ce qui empêche de dévisser in fine la lentille.

Pour les réglages, c’est tout et c’est du grand classique.

Par contre, sur le capot, à côté du viseur, un simple tunnel de Galilée, vous voyez une grosse roue crantée : c’est une échelle de profondeur de champ, bien lisible mais non couplée à un quelconque réglage. Elle a le mérité d’exister.

Pour ouvrir le dos de l’appareil, il suffit de faire glisser le gros verrou vers le bas. A l’intérieur, la chambre, immense.

Une simple fenêtre rouge inactinique sert de compte vue. Le levier placé sur le dos, au milieu, fait basculer un cache de la fenêtre, pour éviter toute intrusion inopportune de lumière dans la chambre.

Petit détail intéressant sur l’abattant, près de la béquille de maintient : c’est un petit espace dédié à un câble à viser pour le déclenchement à distance, qui manque sur mon exemplaire.

Plus précisément, mon boitier est mal en point : le soufflet est percé et une tentative maladroite avec du papier collant ne sert à rien. Puis il a été forcé, sans doute par quelqu’un qui ne savais pas le replier, et un de compas (à droite) est brisé, ce qui empêche l’appareil de s’ouvrir seul et de tenir le soufflet bien ouvert.

Sur la face avant, et sur la semelle, deux ouverture filetées permettent de fixer Le Pontiac sur un trépied.

Le gros bouton, tout à fait à gauche, sert à enrouler le film dès que la photo est prise.

Pour ouvrir la porte avant, il suffit de tirer sur la plaque qui servira ensuite de béquille de maintient si vous le posez sur une surface plane. Et pour le refermer, appuyez légèrement sur les bras du compas et remontez la plaque avant délicatement, pour laisser au soufflet le temps de rependre sa place correctement.

Du classique en somme pour ce type d’appareil, tel que ceux-ci étaient présentés dès le début des années ’20.

Donc, hormis un aspect un peu plus moderne, grâce à ses surfaces métalliques et sa forme arrondie (qui n’est pas non plus sans rappeler celle des appareils en bakélite des débuts), ce Pontiac n’offre finalement qu’un viseur assez large par rapport à la concurrence, mais pas de télémètre ni de cadre quelconque.

Que penser de cet appareil ?

Je vous livrais déjà ci-dessus une partie de mon opinion sur ce Pontiac. A cela j’ajoute que si, effectivement, sa plastique est assez belle, le ramage vaut-il le plumage ?

Dans la série, seul le Pontiac Bloc Metal 45 A avec le Berthiot Flor f4,5 traité, à 5 lentilles équipé du Prontor II à 1/200s tire réellement son épingle du jeu. C’est le plus abouti, le plus cher et le plus rare à trouver.

Pour le reste, ce sont de beaux objets de décoration car, à moins de posséder soi-même la possibilité de développer le 6x9cm, vous aurez des difficultés pour faire tirer vos images. D’autant que la pellicule est du 620 et non du 120, ce qui nécessite de modifier la bague si vous désirez utiliser cette dernière dans le Pontiac. Ensuite, il faut bien constater qu’ils sont fragiles, les quelques uns que j’ai déjà pu croiser avaient tous un souci (soufflet, bras de compas, came du déclencheur, …).

Bref, même s’il est beau dans sa pochette en cuir brun et plus beau encore en dehors, vous ne vous en servirez pas souvent. Evitez donc de dépenser plus de 10 à 20€ pour un modèle en parfait état de fonctionnement.

Pour terminer, oserai-je la paraphrase des montres ? Pontiac, clic-clac !

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Marque : Pontiac
Année : 1945 jusqu’en 1954
Numéro de série : pas noté
Format : 6 x 9 cm
Objectif : Berthiot Spécial 105 mm f4,5
Mise au point : frontale
Diaphragmes : 4,5 – 6,3 – 8 – 11 – 16 – 23 – 32
Monture : fixe
Viseur : Galilée
Obturateur : PRONTOR II (Gauthier) synchronisation coaxiale
Vitesses : T – B – 200 – 100 – 50 – 25 – 10 – 5 – 2 – 1
Support : film 620
Ecrou de pied : avec
Griffe porte accessoires : avec
Matériau : Métal – poids de 569gr nu.

Des références.

https://collection.click-clack.fr/pontiac-appareils-photo-6×9-cm/, http://glangl1.free.fr/Liste-Pontiac.html, https://www.collectiongeven.com/piwigo/picture.php?/34907/category/52, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-652.html, en français ; https://camera-wiki.org/wiki/Bloc_M%C3%A9tal_41, https://www.lomography.com/magazine/9048-pontiac-bloc-metal-41-the-irrestible-charm-of-a-folding-camera, en anglais

Argentique

Le Nikon FA : l’argentique qui a ouvert la voie

Préambule.

Si vous vous en souvenez, c’est dans l’article sur le Nikon FG que j’expliquais la découverte de ce second Nikon, muni de son moteur et d’un flash. Si le premier était bis-tons, celui-ci est tout noir, comme je les aime.

Lorsque je l’ai trouvé, impossible de l’armer et de déclencher, parce qu’il était monté sur le moteur et que celui-ci – heureusement – ne contenait plus de piles. J’en ai donc remis dans le chargeur (4 piles AA classiques) et c’est reparti sans souci.

L’autre point que je voulais vérifier, c’était le flash car, généralement, après un certain temps, ceux-ci ne fonctionnent plus. De plus, pour celui-ci, la vitre striée à l’avant me semblait comme brûlée.

Et bien 4 nouvelles piles AA plus tard, il repartait lui aussi sans problème.

Finalement, l’achat de ces 2 appareils est finalement une bonne affaire !

Un peu d’histoire.

Encore une fois, je ne vais pas tout reprendre, les articles précédents sur la marque en ont déjà fait un beau tour et le dernier sur le FG l’a encore approfondi.

Je vais toutefois reprendre le tableau déjà utilisé car c’est un excellent résumé :

Grâce à ce tableau, nous pouvons resituer le Nikon FA dans la gamme : nous ne sommes plus dans l’entrée de gamme mais dans le milieu, à côté du FM2.

Pourquoi à côté et non pas sur le même pied ? Parce que le FA inaugure un nouveau système de mesure d’exposition innovant, le AMP pour compteur automatique à motifs multiples ou encore mesure matricielle.

Produit de 1982 à 1988, il va marquer durablement la manière de mesurer la lumière chez les reflex.

Présentation du Nikon FA.

Je reviens donc un instant sur cette mesure matricielle car elle mérite notre attention.

Comme un petit dessin vaut mieux que mille mots :

Le viseur est subdivisé en quatre zones de surface équivalente. Une zone centrale empiète sur chacune de ces quatre zones, un peu plus sur les zones basses. Pour chacune des quatre zones, une cellule mesure la lumière. La zone centrale est mesurée par deux cellules, placées de part et d’autre de la visée.

Ensuite, les valeurs qui sont mesurées sont envoyées vers un véritable calculateur, nourrit de millier de valeurs inscrites dans sa mémoire. Il va les comparer, choisir éventuellement de ne pas tenir compte des valeurs de certaines cellules ou les plafonner si elles sont trop extrêmes. Bref, on pourrait dire qu’il va faire des moyennes pondérées de la lumière pour déterminer la valeur la plus fine possible.

De nombreux tests auront lieu et la critique sera unanime : cet appareil était génial pour l’époque avec sa mesure matricielle (sur 5 zones). Il reçu d’ailleurs le Grand Prix Camera 1984 au Japon pour cette innovation.

Attention, à l’époque il n’y avait pas d’Intelligence Artificielle (AI) pour encoder les infos dans l’ordinateur de bord embarqué par le FA, mais la patience des ingénieurs …

Imaginez une surface équivalente à un film de 24x36mm. Sur celle-ci, les ingénieurs ont placé 24 SPD ou photodiode au silicium, soit de petits carrés de 5mm². Quatre sont placées à la verticale et six à l’horizontale. Ce support est fixé en lieu et place d’un film dans le corps d’un Nikon FE. A côté de cet appareil, un autre FE non modifié, que l’on charge de films différents, qui seront exposés avec un braketing d’exposition. Ensuite, les photos considérées comme les meilleures sont retenues et on introduit leurs références dans l’algorithme (méthode résolution d’un problème) qui alimentera la mémoire du FA.

Imaginez les milliers de photos que cette méthode requiert et la patience méticuleuses des ingénieurs Nikon de l’époque !

Ah, et encore une chose : cet appareil upgrade son micrologiciel à … chaque nouveau film que vous mettez dans la chambre. Facile, non ?

La mesure à pondération centrale écrit ses derniers jours … car la mesure matricielle se retrouve encore dans les appareils digitaux modernes.

Le boitier propose encore une vitesse de travail jusqu’au 1/4000s, alors que la concurrence plafonnait au 1/2000s (obturateur en titane et caoutchouc alvéolé du F2) ; une synchro flash au 1/250s ; l’ancêtre du PSAM avec un mode manuel, un priorité ouverture (A), un priorité vitesse (S) et un mode programme (P), qui offrait la sélection des vitesses hautes pour les téléobjectifs AI-S, et enfin la mesure TTL au flash.

Source : Camera Passion

Mais alors, pourquoi ne pas l’avoir considéré comme un appareil haut de gamme ?

Chez Nikon, on est perfectionniste et orienté professionnels de la photo. Or le FA a pour eux deux défauts (qui deviendront ensuite des qualités, mais ne brulons pas les étapes) : sans piles, rien ne fonctionne alors qu’un F3 travaille toujours – ce qui, in fine, n’est pas tout à fait juste car il y a une vitesse mécanique de secours, le 1/250s M250) ; ensuite, pour exploiter toutes ses possibilités, il faut utiliser des optiques AI-S. Les AI sont bien évidemment compatibles sauf en téléobjectif car le mode P ne les reconnait pas pour le décalage de programme en vitesses rapides.

Ceci étant, il accepte des verres de visée différents (quadrillé, dépoli), un dos dateur et un moteur, le MD 15, comme un vrai Pro.

Petit aparté utile sur les objectifs à réglages manuels Nikkor de chez Nikon (merci Nikon passion) : depuis 1959, la monture des boitiers reflex de la marque est la F, introduite avec le mythique Nikon F.

  • Nikon Nikkor non AI : objectif à réglages manuels (1959 – 1977) ; ils sont de trois types : A (couronne filtre chromée), C (couronne filtre noire) et K (revêtement caoutchouc). Ils possèdent une espèce de fourchette sur le pourtour, qui viendra s’embrocher sur l’index de l’appareil
  • Nikon Nikkor AI : toujours des objectifs à réglages manuels (1977) mais ils permettent cette fois l’indexation automatique de l’ouverture du diaphragme (AI = Automatic aperture Indexing). Le boitier interprète mécaniquement la valeur d’ouverture maximale et fait les calculs, diaphragme ouvert. Ils portent tous des rainures noires, une couronne de mise au point revêtue de caoutchouc, des lentilles traitées multicouches. Sur ceux-ci, la fourchette est ajourée, il y a deux lignes d’indications pour le diaphragme et une bague de couplage AI, ce qui rend l’objectif compatible tant avec les appareils à fourchette que ceux sans.
  • Nikon Nikkor AI-S : ils sont toujours manuels et une évolution des AI. Sorti en 1982, cette fois l’indexation automatique concerne la transmission au boitier de la distance focale de l’objectif en plus de l’ouverture maximale du diaphragme, d’où le Automatic aperture Indexing, and Shutter (indexation automatique du diaphragme et de l’obturateur). Le signal, positif ou négatif de la distance focale permet d’adapter le mode P (programme) des nouveaux boitiers (comme le FA). Pour les reconnaître, la valeur la plus petite est inscrite en orange et il y a un renfoncement sur la face de la baïonnette.
  • Nikon Nikkor série E : ce sont des objectifs AI-S, mais dans une version économique. Ils sont construit en matériaux composites, optent pour une formule optique simplifiée et le traitement multicouche a été réduit. Ils sont considérés comme de moins bonne qualité. Ils sont au nombre de huit : NIKKOR 28 mm f/2.8 Série E, NIKKOR 35 mm f/2.5 Série E, NIKKOR 50 mm f/1.8 Série E, NIKKOR 100 mm f/2.8 Série E, NIKKOR 135 mm f/2.8 Série E, NIKKOR 36-72 mm f/3.5 Série E, NIKKOR 75-150 mm f/3.5 Série E, NIKKOR 70-210 mm f/4.5 Série E. Pour les reconnaître, l’indication de l’ouverture la plus faible est en orange et il y a une cuvette dans la monture arrière pour le couplage mais plus de fourchette.

De l’autre côté de la molette de commandes des vitesses et des modes, il y a la molette de rembobinage, qui permet aussi, en la soulevant, d’ouvrir le capot arrière ; autour de la couronne, le disque pour noter les mesure de la sensibilité (jusque 3200Asa, que l’on manipule après avoir appuyé sur le petit bouton argenté à côté et enfin la correction d’exposition (-2 à +2).

Sur la façade, le déclencheur, que l’on actionne en faisant descendre le levier. Vous avez 10 secondes pour rejoindre la photo de famille.

Le déclencheur est muni d’une position lock et il est fileté pour y adjoindre une télécommande filaire.

Notez encore la griffe flash, dans laquelle vous pourrez fixer un flash dédié (attention, pas un flash moderne, plutôt un SB-15 ou un flash tiers (ici un Metz faisait l’affaire). Il y a toutefois une prise pour les flash plus ancien (attention : ne jamais fixer un flash moderne sur ces appareils, vous allez griller votre flash, les valeurs ne sont plus les mêmes). La vitesse de synchronisation est fixée au 1/250s.

Un mot encore du moteur, un MD-15, développé pour le FA : celui-ci accepte 6 piles communes, des AA, et il alimente alors tout l’appareil (moteur et cellule). Il offre la motorisation automatique (pas de réarmement nécessaire) et il permet d’atteindre la cadence de 3,2 i/s. Avec ses 330 gr, ajoutés aux 625gr du boitier, on frôle le kilo mais la tenue en mains est confortable et le moteur apporte une double commande, bien pratique pour les cadrages verticaux, par exemple.

Au rayon des astuces bien pratiques, notons ce volet qui occulte l’oculaire de visée en cas de pose longue. Comme sur le Canon A-1 ou F-1 et en tout cas bien utile pour éviter les lumières parasites.

Ou encore ces fenêtres dans le prisme, qui illuminent littéralement le viseur, et cette petite poignée qui assure une meilleure prise en mains si on n’utilise pas le moteur MD-15.

Dernière petite revue de l’engin.

Que penser de cet appareil ?

Quels étaient les appareils en compétition en 1982 ?

Il y avait les excellents Minolta X700 MPS, Canon A-1, Pentax LX, Olympus OM-3, Fuji AX-5, par exemple, qui ont tous développé des nouveautés, que ce soit le mode PSAM, l’utilisation du premier CPU au monde, l’appartenance à un système complet d’accessoires, la compacité et la robustesse, notamment.

Le Nikon FA devait innover encore pour creuser la différence : ce fut chose faite avec sa mesure matricielle associée à un calculateur numérique et non plus analogique, et le fait d’atteindre la barre mythique du 1/4000s.

Pari réussi, nous l’avons vu. Et même si j’ai un grand faible pour le Canon A-1, je reconnais bien volontiers que ce Nikon est impressionnant.

Il fait partie de ces légendes qui ont perduré même après l’avènement, en 1985, du premier appareil doté de l’autofocus.

Bref, si vous avez la chance d’en trouver un, ne le laissez pas partir, c’est un compagnon d’excellente réputation. Mais il vous faudra délier les cordons de la bourse car il est délicat d’en trouver sous la barre des 150€ avec un objectif de 50mm. On passe celle des 200€ avec un moteur.

C’est, réellement, un appareil que l’on a envie de garder et d’essayer jusqu’à plus soif, un peu comme une tranche d’histoire que l’on garde pour soi …

Alors, soyez raisonnable, faites-vous plaisir.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Reflex Mono-objectif
Format de Film 35 mm
Armement manuel ou avec moteur
Une image au format 24 mm x 36 mm
Monture d’objectif monture d’objectif Nikon F série AI-S ou AI avec restrictions
Réglage manuelle de la distance
Viseur avec pentaprisme
Temps d’exposition à 1/4000 seconde à 1 seconde, plus pose B
Mesure matricielle de la lumière sur 5 zones
Sensibilité de 12 à 4000Iso
Modes d’exposition : priorité vitesse, priorité ouverture, programme, mode manuel
Connexion flash via la griffe et prise PC-Flash
Vitesse de synchronisation du Flash 1/250 s
Filetage de trépied
Possibilité de déclencheur filaire
Retardateur
Alimentation 2x piles LR44
Taille 14,2 x 9,2 x 6,4 cm
Poids de 625 grammes nu

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon_FA, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-11608.html, http://www.ericconstantineau.com/photo/review_nikonfa_fr.html, https://camerapassion.wordpress.com/2013/05/07/nikon-fa/, en français ; https://www.kenrockwell.com/nikon/fa.htm, https://mynikons.org/manual/nikon-fa/, https://filmphotography.eu/en/nikon-fa/, https://casualphotophile.com/2021/10/20/nikon-fa-review/, https://all-my-cameras.com/2018/09/25/the-nikon-fa/

Les instantanés

Le Polaroid MiniPortrait : un appareil instantané déroutant

Préambule.

Maubray et sa grand brocante, d’habitude sous le soleil est aujourd’hui sous un fin crachin qui s’insinue partout. Pourtant, la plupart des vendeurs sont là et les chineurs aussi, tout va bien.

Mais, comme le faisait remarquer Olivier dans un de ses commentaires, les appareils photos sont rares sur les stands et pourtant nous étions là tôt.

Finalement, outre quelques petits compacts à la mode Lo-Fi, je n’ai pas encore vu un boitier qui me fasse frémir.

Et puis, au détour d’un stand, un appareil imposant où le terme « mini » fait presque sourire : un vieux Polaroid MiniPortrait à peu près en bon état. Petite négociation et j’essaie de le faire entrer dans le sac à dos, non sans difficultés.

Un peu d’histoire.

En fait de Polaroid, il s’agit plutôt d’un appareil inventé par la société Cambo, une des rares entreprises de matériel photographique hollandaise.

Fondée en 1946 par Roelof Bok à Hengelo, elle s’appelait alors Technica Hengelo. Elle se spécialisait dans des appareils professionnels de grands formats comme des appareils de reproduction ou des boitiers techniques.

Petit à petit, son expertise dans ces domaines lui a permis de se diriger vers la fabrication de chambre de grande qualité (Super Techna) et de toute une série d’accessoires comme des bancs de reproduction, des trépieds, des rotules, des chambres de développement, etc.

En 1965, pour éviter une confusion avec les chambres Linhof Technica lorsqu’elle exporte ses produits, elle change de nom et devient Cam(era) Bo(k) ou Cambo et elle déménage à Kampen, toujours aux Pays-Bas.

C’est en 1966 qu’elle présente le Cambo modèle 40, un appareil destiné aux professionnels pour effectuer des portraits … pour documents, comme les passeports.

C’est un gros boitier, en métal, destiné à être utilisé sur trépied, bien qu’une solide poignée soit ajoutée sur le côté. Il peut produire 4 images sur chaque feuille de film. Techniquement, ce sont 4 appareils photo similaires réunis dans un même boitier. Quatre carrossages distincts, à l’intérieur, définissent 4 cadres d’image de la taille d’une photo d’identité (format image de 2×2 images dans un rectangle de 73×85 mm, chaque image fait environ 36×42 mm ).

L’idée est originale et des milliers d’appareil de ce type seront vendus aux professionnels. Si vous avez fait faire des photos d’identité dans ces années-là, vous avez dû être face à un des ces gros appareils.

Devant ce succès, l’entreprise produira même, dix ans plus tard, un Combo du Cambo (sorry, pas pu m’en empêcher !) : une boite contenant un appareil photo et devenant un mini-stand avec flashs et support pour le document sur lequel imprimer la photo. La plastifieuse est aussi intégrée à la machine, permettant de réaliser en un tour de main le document officiel recherché, sans possibilité de falsification (heu, la machine à écrire pour compléter le papier était en option !). En options bien réelles celles-là, la pince à perforer le document, les œillets et la pince pour accrocher de suite la carte ainsi réalisée. On n’arrête pas le progrès mon bon Monsieur …

Intéressant me direz-vous, mais Polaroid dans tout ça ?

En fait, cet appareil est réalisé en partenariat avec Polaroid, partenariat qui s’arrêtera à la fin des années septante (soixante-dix pour nos lecteurs français).

La liste des apports de Polaroid : l’arrière de l’appareil reçoit des pack film instantanés Polacolor 125i à l’origine (des packs 100) ; le grand panneau d’objectif et l’obturateur proviennent du Polaroid MiniPortrait.

Moins sophistiqué, le Polaroid ne propose qu’une ouverture de f8, deux vitesses et une pose B et on ne peut que faire les 4 photos en même temps (ici le modèle 454).

Pour le reste, les objectifs sont des Schneider-Kreuznach Radionar de 125mm ouvrant à f8. Ils sont tous égaux, chacun étant focalisé sur la même distance, ce qui est la distance optimale pour les portraits photo d’identité.

Enfin, l’appareil photo a aussi quelques pièces Cambo : la chambre métallique massive contenant les quatre chambres de l’appareil photo ; le très fin viseur à cadre lumineux télescopique galiléen inversé ; en dessous, la plaque de trépied solide portant le numéro de série de l’appareil photo ; la poignée solide et le câble de déclenchement spécial ; le bouton du sélecteur, au milieu.

Polaroid a aussi produit ses propres appareils à portraits, sans collaboration toutefois. Quant à cette série, elle compte, si j’ai bien compris, deux itérations : le 401 et le 404.

La société Cambo, qui a plus de 80 ans maintenant, continue a produire des appareils pour studio, des accessoires (pieds, rotules, etc.) et s’est diversifiée dans le digital avec des produits de haute technologie.

Présentation du Cambo Polaroid MiniPortrait.

C’est fou ce qu’on découvre avec ces appareils, surtout ceux qui sortent de l’ordinaire. De prime abord, pour moi c’était un énième avatar de Polaroid, et bien non !

Bon voyons de plus près cet engin …

Outre sa taille, ce qui frappe le plus, ce sont les quatre objectifs sur la face avant et les multiples réglages que l’appareil suppose.

Puis vient la marque, Polaroid MINIPORTRAIT avec cette réglette organe au dessus, puis le viseur sur le côté et enfin la poignée et le câble de déclenchement.

L’arrière est plus sobre, il n’y a que le support pour le pack 100 et en dessous, le gros socle qui permet de fixer le boitier sur un trépied de photo solide. C’est aussi sur ce socle que vous trouverez les indications du modèle, ici un 401 et la marque.

Je reviens un instant sur les objectifs, qui sont signés ici Combonar, toujours des 125mm ouvrant à f8. Bien que peu connus du grand public, les objectifs Cambo ont une excellente réputation, notamment grâce aux nombreuses chambres produites par la marque.

C’est le moment d’expliquer comment cela fonctionne : au centre, un sélecteur, qui permet de choisir quel objectif sera utilisé et un point au sommet qui permet de choisir les 4 en même temps ; ensuite, de chaque côté vous voyez un sélecteur. Celui de droite sélectionne les vitesses de 1/50 ou 1/100s plus un pose B, tandis que celui de gauche permet de sélectionner l’ouverture choisie, de f8 – f11 – f16 puis encore f22 et f32. C’est la forme particulière des lames de l’obturateur qui nécessite ce positionnement des ouvertures. Les objectifs sont des fix focus avec une distance minimale de 1,2m à f8.

Petit tableau des distances selon les ouvertures.

Sur le bord extérieur de l’ensemble, un levier qui arme l’obturateur. Ce dernier sera libéré en appuyant sur le bouton du câble attaché à la poignée. Lorsque l’on tient l’appareil en mains avec la poignée, on peut facilement appuyer avec le pouce sur le dit déclencheur.

Finalement, on se rend compte que les réglages sont assez minimalistes.

J’allais oublier la griffe flash, au dessus de l’ensemble alors que la prise PC est juste en dessous de celui-ci. Il est possible de faire déclencher plusieurs flashs avec des éléments en option, voire même des flashs de studio, comme chez les photographes qui utilisaient cet appareil. La synchronisation du flash se fait à toutes les vitesses.

Encore un mot sur le viseur, situé à gauche du boitier. il possède un cadre vertical lumineux et projeté, avec la parallaxe corrigée pour les prises de vue aux distances données.

Enfin, pour en terminer, le dos porte-film. C’est un simple dos amovible dans lequel on insert un pack 100. Il a toutefois la particularité de posséder un darkslide, cette feuille métallique que l’on glisse à l’intérieur pour pouvoir ôter le dos sans que la lumière n’entre dans celui-ci. Il est également possible de remplacer le dos Polaroid par celui d’une chambre 4×5 ou un dos Pola 4×5.

Lorsque le dos est ôté, on peut parfaitement voir le cloisonnement des 4 appareils dans la chambre.

Lorsque la photo est prise, il suffit de tirer sur la languette du film pour en extraire la photo, qui passe entre le rouleaux et écrasent la chimie, permettant l’instantanéité de l’image (heu, compte quand même plus ou moins une minute pour voir le résultat se révéler).

Tiens, ça me fait penser que l’on pourrait sans doute utiliser un dos LomoGraflok 4×5 Instant et utiliser alors de l’Instax Wide à la place du pack 100, quasi introuvable de nos jours à prix raisonnable et encore utilisable. Notons encore que l’on peut utiliser du plan film en 4×5, on peut varier les plaisirs …

Que penser de cet appareil ?

Difficile de le sortir dans la rue celui-là, sauf à avoir envie de se faire remarquer vraiment !

Ou alors lors d’une fête, d’un évènement quelconque, pour tirer le portrait des invités, seuls ou à plusieurs, ce qui peut être rigolo. Mais au prix que coûte les antiques Fuji FP100 (pack 100 encore un peu disponible), ça va en décourager plus d’un.

Reste alors la solution du plan film, mais qui nécessite une autre logistique, ou celle du dos LomoGraflok, abordable.

Ceci étant, ça reste une pièce de collection ou de musée car même sil s’en est vendu beaucoup pour les professionnels, tous ne les ont pas gardés, la technologie étant depuis belle lurette dépassée.

Selon l’état et le fait qu’il soit complet ou non (surtout le raccord filaire et le dos Pola), comptez environ 80€ pour en acquérir un, si vous le trouvez.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

CAMBO POLAROID MINIPORTRAIT MODÈLE 401, fabriqué en Hollande par Cambo

Prise de photos d’identité sur un film pack 100
Distance focale 1,12 m.
Ouvertures de f 8 à f32.
Vitesses d’obturation : B, 1/50, 1/100s
Optiques Cambonar de 125mm à f8
Possibilité d’ajouter un flash avec un câble x-sync sur prise PC
Prise de 4 photos identiques ou 4 photos différentes.
Fonctionne sans piles.
Dos en film Polaroid amovible (avec darkslide)

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Des références.

https://www.polamad.com/polaroidshop-studioexpress.html, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Cambo, https://www.cambo.com/en/about/history, https://www.nederlandsecamera.nl/cambo-info.html, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Cambo_model_40, https://camera-wiki.org/wiki/Cambo_model_40, en anglais ; https://www.fotointern.ch/archiv/2012/12/02/cambo-kameras-aus-kampen/, en allemand