Si vous avez lu l’article de présentation de l’appareil, vous aurez sans doute retenu qu’il avait 21 ans au moment de ces lignes, mais seulement environ 23.000 déclenchements (obturateur prévu pour 400.000).
Ensuite, qu’il n’avait que 16 Mpx, ce qui peut sembler peu de nos jours quand certains ténors proposent 45 ou 60 Mpx.
Ceci étant, les appareils pro dépassent rarement les 26 Mpx et certains micro 4/3 de pointe offrent encore 16 Mpx. Ce n’est donc pas un obstacle à la qualité des photos.
Par contre, la montée en ISO est limitée par rapport aux appareils plus modernes, car la limite est de 3200 et dès 1600, il peut y avoir du grain.
Ensuite, l’ergonomie, si elle a été soignée, elle s’est encore améliorée ces dernières années. Et le jeu bouton + molette est parfois un peu fastidieux, en tout cas quand on manque d’entrainement pour le faire. Les appareils plus récents sont plus intuitifs.
Enfin, il reste le poids de l’appareil avec sa grosse batterie de près de 350gr. A sa décharge, celle-ci autorise plus de 1200 déclenchements quelles que soient les conditions météo. Ces derniers jours, il a gelé et l’appareil est resté dans son sac mais dans la voiture. Il a déclenché sans aucun soucis et sans perte de puissance, impressionnant !
Voilà, voilà … tout ceci pour dire que j’apprécie toujours autant ce gros Eos. J’en suis même arrivé à mettre en vente mon Lumix G80 (micro 4/3 de 16 Mpx) qui était l’appareil qui trainait toujours dans la voiture, au cas où …
J’ai acheté une bonne sangle de poitrine, avec un plateau à dégagement rapide Arca Swiss, et cet Eos 1 Ds Mark 2 est maintenant l’appareil à tout faire qui est toujours dans mon véhicule.
Le 17 – 40 série L a été remplacé par un bon vieux 28 – 80 Canon que j’ai repris sur un Canon Eos 300. Il n’est pas stabilisé mais il donne entière satisfaction jusqu’à ce que je trouve son homologue stabilisé à prix raisonnable.
Alors, franchement, si vous trouvez cet appareil en vente, faites-vous plaisir, il vous le rendra bien. Vérifiez quand même qu’il ne soit pas rincé et proche du seuil des 400.000 déclenchements.
Quelques photos prises avec cet Eos 1-Ds Mark 2 (cliquez sur les images pour mieux les voir) :
Les situations sont très différentes et l’appareil s’en tire très bien, même en cas de faible lumière et de grands écarts de luminosité.
Si vous vous en souvenez, il y a quelques temps, j’ai consacré un article à la saga Polaroid.
Toujours curieux, j’ai cherché quelques uns des fleurons de la marque. Si beaucoup ne sont plus utilisables – car les films n’existent plus du tout (revoir l’article précité à ce sujet) – j’en ai transformé quelques uns en lampes d’ambiance et puis j’en ai trouvé que l’on pouvait encore employer, moyennant quelques concessions.
Donc, en plus d’un ou deux Automatic Land 320, j’ai fait l’acquisition récemment d’un Automatic Land 340, que vous allez découvrir.
Un mot sur les concessions à faire : d’abord, j’avais envisagé de pouvoir modifier l’un ou l’autre appareil pour utiliser des films Instax Wide ou Square (les plus grands) mais je n’ai pas encore trouvé les solutions qui me conviennent. Alors, il me restait à trouver des films Fuji en pack 100, forcément périmés mais entreposés correctement et à un prix décent.
C’est finalement grâce à un vendeur sur « appareils d’occasion » via FB que j’ai trouvé mon bonheur car le vendeur (merci Pierre), photographe lui-même, les a correctement sauvegardés mais en plus, ils ne sont pas trop vieux (2018). Enfin, cerise sur le pack, le prix était plus que raisonnable.
N’empêche que je n’utiliserai ces films que pour un projet bien précis, auquel je réfléchis encore, car le prix à l’unité est quand même plus cher qu’un film 600 ou Instax modernes.
Un peu d’histoire.
Au début de l’histoire des appareils Polaroid était le 95, sorti en 1948, qui utilisait du film en rouleau (type 40). Ces films, et les appareils qui les utilisent, vont progressivement se perfectionner, passant du Sépia des débuts au noir et blanc.
Mais en 1963 se produit un bouleversement important : l’introduction du pack-film en lieu et place des films en rouleau et introduction de la couleur. Les appareils évoluent aussi considérablement, comme le Polaroid 900 qui sera le premier au monde à proposer une exposition automatique.
Pour mémoire, le pack-film est un boitier qui renferme 10 films, représentés par un ensemble de deux feuilles, l’une étant le négatif et la seconde la photo. Lorsque le négatif est impressionné, le développement se fait lors du retrait de l’ensemble, via une bandelette qui fait passer le tout entre deux rouleaux métalliques dont le seul but est de compresser la substance chimique contenue entre les feuilles et de la répandre sur la photo pour assurer le développement et la fixation de l’image.
Le premier appareil à utiliser cette nouvelle technique est le Polaroid Automatic Land 100, en 1963.
Ces Automatic Land règneront jusqu’en 1972, date d’une nouvelle évolution majeure, le pack-film intégral SX-70 et le premier appareil du même nom. Ce nouveau pack-film contient toujours le négatif, la photo, la chimie mais on y ajoute une pile qui alimente l’appareil pour toute la durée du pack (10 feuilles).
C’est en 1981 que commencera une autre évolution, celle du pack-film intégral 600 et des appareils qui vont avec, les 600. Le film est quasi identique au SX-70, seules les sensibilités changent.
Il y aura encore un sursaut en 1986 avec l’introduction des films Spectra et des appareils Image System mais ils n’auront pas la longévité des films SX-70 et 600, toujours produit à l’heure actuelle, et je le répète, ce sont les seuls encore produit par Polaroid (encore une fois, voir l’article cité en préambule).
Les appareils Automatic Land ont tous en commun les éléments suivants :
1 : Viseur avec ou sans télémètre (suivant modèle) 2 : Déclencheur 3 : Griffe pour flash (suivant modèle) 4 : Bouton du télémètre (suivant modèle) 5 : Echelle de portée du flash 6 : Bouton du télémètre (suivant modèle) 7 : Emplacement languette blanche 8 : Sélecteur de film 9 : Porte pour la languette jaune 10 : Cellule (suivant modèle) 11 : Objectif 12 : Branchement pour Flashcube (suivant modèle) 13 : Réglage lumière (Lighten/Darken) 14 : Levier du déclencheur
Pourquoi changer une équipe qui gagne ? Quasi du premier jusqu’au dernier modèle, les Automatic Land évolueront peu dans leur forme générale et les commandes essentielles ne changeront pas de place.
Les premiers films disponibles ont des dimensions de 8,5×10,5cm, leur développement se fait hors de l’appareil, assez rapidement (en fonction de la température) et s’appellent Polapan 107 (N/B à 3200Asa) et Polacolor 108 (couleur à 75Asa).
Si la gamme commence avec l’Automatic Land 100, elle de déclinera avec les numéros suivants :
1969 : 315, 320, 325, 330, 335, 340, 350, 360, colorpack II, IV, ED-10 Intrument
1971 : 420, 430, 440, 450, Countdown 70, 90, Big Shot, Colorpack 80, 82, 85, 88, ZIP, Super colorpack, IV, Square shooter, Miniportrait, 701, 703, 704, 706, CU-5, ID-3 Indentification
J’ai volontairement sauté quelques années qui ont vu la production d’appareils trop spécialisés. Si vous voulez voir à quoi ceux-là ressemblaient, je vous invite à les découvrir sur l’excellent site de Polaroid Passion. Et si l’envie vous prend de consulter l’ensemble des caractéristiques des films produits pour ces appareils, vous les trouverez sur l’autre excellent site Landlist.ch.
Comme je l’écrivais plus haut, la plupart des appareils sont semblables, extérieurement. C’est en dedans que les choses évoluent, subtilement : on passe des lentilles en plastique à celles en verre, on ajoute un minuteur pour les temps de développement, les cellules affinent leur sensibilité, la visée devient télémétrique, puis télémétrique couplé, de l’électronique s’embarque, etc.
Un petit tableau vous montrera un exemple de ces évolutions (merci Collection-appareils).
*le 320 n’a que 2 lentilles en plastique au lieu de 3, en verre ; **le 350 possède un compte-temps électronique et plus mécanique
Et puis des compléments optiques viendront améliorer les possibilités de certains boitiers, un retardateur mécanique pourra être ajouté sur quelques modèles, des accessoires pour utiliser des flashs électronique, par exemple.
Généralement, les Automatic Land sont vendus avec un boîte en plus ou moins faux cuir afin d’assurer le transport de l’appareil et de ses accessoires.
Présentation du Polaroid Automatic Land 340.
L’Automatic Land 340 est donc semblable au 320 et 330 mais il va nous proposer quelques améliorations : le viseur, avec télémètre couplé indépendant, se rabat pour une meilleure protection sous la coque en plastique qui sert aussi de « sac tout prêt ». Il propose 4 réglages pour la sensibilité des films (qui ont aussi évolué), allant de 75 à 3000Asa et il y a dorénavant 4 réglages d’exposition, notés sur le dessus du combiné objectif/obturateur, nous y reviendrons.
Le viseur à lui seul retient l’attention. Il y a deux fenêtre à l’arrière : la première pour le cadrage, la seconde, ronde, est celle du télémètre couplé, avec correction de la parallaxe. Lorsque vous bougez les barrettes de réglages de la distance, le patch du télémètre suit. D’autres modèles ultérieurs auront le télémètre inclus dans le viseur (une seule fenêtre).
Il se rabat donc vers l’avant pour être protégé par la coque en plastique qui sert de « sac tout prêt » et de fourre-tout aussi car on y place le réchauffeur, le mode d’emploi et … les photos développées. Un aimant solide le maintient en position une fois rétablit à la verticale.
Je vais revenir sur nombre de choses écrites mais avant toute chose, pour que l’appareil fonctionne, il faut changer les piles ! En effet, initialement, il était équipé d’une pile de 4,5v au mercure, heureusement interdite depuis 1996 en Europe. Enfin, quand j’écris heureusement, c’est facile à écrire car pour trouver un équivalent en pile alcaline, c’est impossible. Il va falloir bricoler un peu …
Tout d’abord, s’assurer que la pile n’a pas coulé et que les fils et contacts ne sont pas oxydés. Si c’est bon, défaites le fil enroulé autour du support (fil blanc = positif, fil noir = négatif) et essayez de récupérer la petite pastille en métal, vous pourrez la souder sur les contacts du nouveau container à piles.
Dans le cas contraire, tirez sur les fils pour les extraire seuls et coupez environ 1cm pour éviter l’oxydation qui a pu remonter sur le câble. Vous les nettoierez puis soudez-les sur les contacts du nouveau porte-piles
Pour éviter le massacre à la pince que j’ai déjà trop vu sur Internet, il suffit de déposer les 3 vis qui sont dans le compartiment pile pour sortir l’intérieur de la poignée. Puis, avec un petit appareil de type Dremel monté avec un disque coupant au diamant (industriel, je précise), voire avec une petite scie à fil, vous coupez les plastiques qui constituaient le clip de la pile. Un conseil, coupez en biais pour descendre assez bas car vous allez devoir installer un porte-piles de 3×1,5v = 4,5v, que vous trouverez sur un grand site chinois ou chez un revendeur en électronique.
Remontez le tout en remettant en place la pièce métallique au centre (le clip pour la porte du compartiment), soudez les fils, installez les piles, c’est prêt.
Pour vérifier que le montage est juste, un petit truc : armez l’appareil, couvrez la cellule avec la main, déclenchez puis ôtez votre main. Vous devrez entendre 2 clics qui se succèdent, vous assurant que l’obturateur s’est bien ouvert et fermé. Par cette manœuvre toute simple, vous aurez simulé une luminosité trop faible qui oblige l’appareil à recourir aux vitesses lentes (10sec.) et lorsque vous retirez votre main, la cellule envoie un signal à l’obturateur qui se referme immédiatement, d’où les 2 clics.
Si vous trouvez la démarche compliquée, armez l’obturateur, ouvrez le dos de l’appareil (soufflet ouvert bien sûr) et déclenchez : vous verrez l’obturateur s’ouvrir et se fermer.
Revenons donc sur quelques éléments cités plus haut.
A l’avant, soufflet déployé, se trouve le bloc optique et obturateur, qui contient aussi toute « l’électronique » de l’appareil, cellule y comprise, le fameux « œil » électronique. Faites attention au câble entouré d’une gaine spiralée en métal, ne le croquez pas, c’est la commande du déclencheur. De l’autre côté du soufflet, vous verrez les fils sous gaine qui vont vers l’alimentation. Faites-y attention si vous devez remonter la poignée, de ne pas le coincer ni, pire, le couper.
L’exposition est automatique, c’est-à-dire que la cellule, selon la sensibilité du film et la lumière détectée, va régler l’ouverture, allant de f8,8 à f46 et ouvrir l’obturateur dans les vitesses allant de 10s à 1/1200s. Il semble que ce soit un appareil à priorité ouverture.
Pour le reste, c’est un Polaroid, donc très facile d’usage et en plus, ils sont assez didactiques : des chiffres vous indiquent la séquence des manœuvres. Le 1 c’est pour soulever la barre de réglages des distances, qui libère le soufflet. Le 2 est noté sur le déclencheur (quoique personnellement je l’aurais placé sur le levier d’armement de l’obturateur car si vous oubliez de l’armer, rien ne se passe), le 3 devrait être sur les réglages de la sensibilité (une fois, pour la totalité du pack) et pas sur le levier d’armement, un 5 sur le réglage selon que vous êtes en intérieur ou extérieur car le 4 est sur la porte qui vous permet de tirer sur la languette blanche pour faire sortir la photo prise, et j’ajouterai un 6 pour le réglage de la minuterie derrière, pour mesurer le temps de développement.
Parlons du pack-film d’ailleurs : vous ouvrez la porte en libérant le gros loquet, en dessous, puis vous glissez le pack-film dedans et refermez. Faites attention que la grosse bande noire soit bien vers l’extérieur car vous devrez fermement tirer dessus pour faire sortir le papier de protection qui enveloppe les films dans le pack. Ce papier se jette. En tirant dessus, vous aurez aussi libéré une languette blanche, celle de la première photo, sur laquelle vous devrez tirer fermement et d’un mouvement continu pour faire non seulement sortir la photo prise mais aussi pour l’obliger à passer entre les rouleaux qui vont écraser la chimie entre les deux feuilles et lancer le développement proprement dit. Si vous trouvez que ce n’est pas assez clair comme explications, regardez la vidéo mise plus bas à ce sujet.
Les rouleaux doivent être régulièrement nettoyé car il s’y dépose un peu de chimie, qui, en séchant, peut provoquer des traces sur les photographies ensuite.
Un mot encore sur la minuterie. Si elle était nécessaire au temps des films Polaroid, elle ne l’est plus avec les films Fuji, plus modernes et plus rapides et, surtout, qui se développent d’eux-mêmes jusqu’au bout. Dès lors, le « réchauffeur » inclus dans le set de l’appareil ne sera plus nécessaire. Cet accessoire, deux feuilles d’aluminium tenues ensemble comme un portefeuille par un collant en tissu (qui se décolle souvent), servait à y glisser la photo sortie de l’appareil pour la maintenir au chaud, dans une poche par exemple, jusqu’à ce que le temps de développement complet soit achevé.
Un mot sur l’optique car ici l’objectif est en verre à 3 éléments (triplet de 114 mm f8.8) et non plus en plastique, comme sur le 320 ou le 330. Par contre le corps du boitier est en plastique et métal, alors qu’un modèle 350 sera tout métallique et profitera dès lors d’un filetage pour un trépied.
Il existe encore des réglages sous la platine objectif/obturateur, notamment pour le réglage de la sensibilité des films. Ici, vous avez 4 réglages : 75 – 150 – 300 – 3000 Asa, les premiers chiffres concernent les films couleurs, le dernier, les films en N/B.
Puis il y a encore une tirette qui, lorsque vous l’actionnez, fait bouger des cases sur le dessus du combiné : ce sont les réglages pour les prises de vue au flash (carré jaune) ou sans (carré noir) selon que vous êtes en intérieur ou en extérieur.
Pour vous donner une idée des ouvertures selon les sensibilités des films, voici un petit tableau récapitulatif utile (ou pas).
Un mot sur le flash spécifique à la gamme Land : c’est le flash 268, reconnaissable à sa protection bleue en plastique et qui utilise les ampoules M3, en verre avec culot métallique. On en trouve encore dans les brocantes, les vides-greniers et autres, souvent à prix abordable. Le flash se greffe sur le haut, à gauche, de l’appareil et la prise se fiche sur la gauche du combiné optique/obturateur. La protection bleue doit être en bon état et toujours refermée lors de l’utilisation d’une ampoule car celle-ci pourrait éclater et expulser de fins débris de verre à la volée.
Vérifiez aussi systématiquement l’état de la pile dans le flash car elle a souvent été oubliée et dans ce cas, cherchez en un autre exemplaire car l’acide aura tout rongé. Il suffit d’ôter les deux vis sous le flash pour faire tomber la plaque de sécurité et avoir accès à l’intérieur. Vous pouvez y placer une pile AA de 1,5v moderne.
Pour le réglage des distances, il suffit, appareil entre les deux mains, de pousser ou tirer du bout des index les 2 curseurs marqués 1 vers la gauche ou la droite. En vérifiant dans le viseur du télémètre, vous verrez le patch jaune se superposer à l’image fixe (télémètre à coïncidence). Une échelle de distance, avec des pictogrammes, permet aussi une mise au point rapide mais moins précise.
Que penser de l’appareil ?
Sorti de 1969 à 1971, c’est un appareil bien construit, pour peu qu’on le respecte. En effet, l’oubli de pile à l’intérieur en a ruiné plus d’un. Ensuite, le soufflet mérite toute votre attention car il peut se décoller et se froisser si vous le malmenez. Des réparations sont possibles mais hasardeuses. Mieux vaut alors trouver un appareil donneur pour procéder à un échange. Des tutoriels existent sur la Grande Toile pour cette opération délicate.
Pour d’autres manipulations, comme le changement de pile, le chargement, etc. je vous recommande le site suivant : Ressurect a Polaroid Land Camera.
J’ai eu la chance d’acquérir un très bel exemplaire, dans sa boite d’origine, avec le mode d’emploi, le flash (neuf), quelques ampoules en M3 et des accessoires peu communs : le retardateur Polaroid et un complément optique, le filtre orange (#516) de la marque.
Le filtre se clipse sur l’objectif et le devant de la cellule, tandis que le retardateur se vise sur le déclencheur. D’autres compléments optiques existaient, comme pour faire des portraits, des close-up, etc. Tous les modèles de la série Automatic Land ne pouvaient recevoir ces accessoires (par exemple, pas le 320 mais bien celui-ci et le 350).
Personnellement je trouve cet Automatic Land 340 intéressant, pour son format et son côté vintage assumé mais je regrette que les films Fuji soient si difficiles à trouver dans des prix réalistes et acceptables (allez faire un tour sur Ebay pour mieux comprendre). Enfin, ne nous leurrons pas, ceux-ci ne font plus partie de stocks inépuisables et ils finiront bien un jour par ne plus exister du tout. Appel du pied au nouveaux propriétaires de la marque Polaroid pour relancer cette production qui en rendrait plus d’un heureux !
Mais ne boudons pas notre plaisir de faire de belles photos instantanées à l’ancienne avec ce bel appareil, qui ne vous laissera pas passer inaperçu.
Et puis, pratiquer la photo instantanée c’est comme revivre à chaque fois la magie de la photographie, celle de l’instant où se révèle l’image qui vient d’être prise, là, entre vos mains.
Il faut toutefois ne pas oublier que ce plaisir à un coût, non négligeables avec ce type d’appareil ancien.
Mais ces photos vous apporteront aussi un négatif, que vous n’aurez pas avec les moyens modernes de photos instantanées. Ce négatif, vous pourrez le retravailler si besoin, en faire des œuvres indépendantes, bref, innover … comme le faisait les anciens utilisateurs des Automatic Land.
Au niveau prix, sachant tout ce qui a été dit auparavant, ne jetez pas votre argent par les fenêtres : vous ne devriez pas dépenser plus de 40€ pour un bel exemplaire complet et utilisable. Notez que j’ai déjà vu des prix affolants pour certains modèles particuliers de la gamme. Soyez raisonnable, faites-vous plaisir mais ne vous laissez pas pigeonner par des aiglefins dans scrupules car il y aura encore le prix du film ensuite à prendre en considération.
Oui, je sais, quand on aime, on ne compte pas …. mais quand même !
Videos d’illustration
Pour le charger
Si vous avez le cœur bien accroché, osez ce dernier film (moi j’ai pas pu aller au bout !).
Un peu de technique
Mise au point télémétrique séparée et viseur à correction de parallaxe Mise au point manuelle du télémètre couplé Vitesses d’obturation de 10 secondes à 1/1200 s Objectif en verre 114 mm f/8,8 à 3 éléments (triplet) Plage d’ouverture f/8,8 à f/46 Exposition automatique à priorité d’ouverture avec l’aide de « l’œil électrique » Compensation d’exposition à l’aide du cadran d’éclaircissement/assombrissement Film série 100/660, format négatif/impression 8,8 x 10,5cm Minuterie de développement mécanique (inutile de nos jours car le film Fuji se développe automatiquement) Corps en plastique et métal Batterie 4,5 V remplacée par 3 piles de 1,5v (modification à faire)
Possibilité d’adjoindre des compléments optiques et un retardateur mécanique.
Si vous vous en souvenez, je vous ai présenté il y a peu le Nikon D4s, un autre appareil professionnel.
Aussi étrange que cela puisse paraître, je m’étais attaché à ce gros boitier. Enfin, surtout à ses capacités, hors du commun, même 10 ans après sa sortie.
Celui-là s’en est allé vers un autre sac photo, mais je voulais réitérer l’expérience. Finalement, j’ai trouvé sur le Net un autre champion, le Canon Eos 1-Ds Mark II.
Si ce n’était pas le concurrent direct – il y a 10 ans d’écart entre les 2 appareils – il offre des prestations elles aussi hors du commun.
Un peu d’histoire.
De la fin des années cinquante au début des années septante, Nikon était incontestablement le fournisseur des photographes professionnels.
L’apparition du Canon F-1 vint ébranler cette belle suprématie et encore plus avec le New F-1 dix ans plus tard. Sur les fronts de guerre, dans les stades, dans les rues mouvementées de ces années-là, les professionnels avaient choisi leurs camps : on était Nikon ou on était Canon.
C’est en 1987 que tout bascule, avec l’apparition du premier Canon Eos et plus encore en 1989 quand le Canon Eos 1 est présenté aux professionnels.
L’Eos 1 possède un cadre en aluminium moulé, recouvert d’une coque en polycarbonate et garni de cuir PU antidérapant. Léger et résistant.
Le viseur offre une couverture horizontale et verticale à 100%.
Il peut travailler de 30 s à 1/8000s dans tous les modes d’expositions. L’appareil offre en plus 8 fonctions personnalisables.
Un Power Booster lui permet de photographier à 5,5i/s.
Comme le F-1 et le New F-1 à leur époque, l’Eos 1 s’inscrit dans un système, c’est-à-dire que le boitier est au cœur d’un ensemble d’accessoires prévus pour répondre à tous les besoins des photographes : large gamme d’objectifs, flashs dédiés, moteurs, accessoires macro, accessoires astro, accessoires médicaux, etc.
Mais surtout, c’est son autofocus rapide et précis, piloté électriquement par le boitier, qui fait la différence et incite nombre de photographes à passer vers la marque rouge.
Puis, en 2001 apparait le premier numérique pro de Canon, l’Eos 1D.
Le petit tableau ci-dessous vous résume le reste de l’histoire.
Source : Wikipédia
Le Canon Eos-1 Ds est donc le digne successeur de ses illustres prédécesseurs.
Présentation du Canon Eos-1 Ds Mark II.
L’Eos-1 Ds succède à l’Eos-1 D, sorti en 2001 et qui proposait 11,1Mpx. Il sera suivi en 2004 par l’Eos-1 Ds Mark II (16Mpx) qui nous préoccupe, avant d’être lui-même remplacé un peu plus tard par un Eos-1 Ds Mark III qui proposera 26Mpx. L’Eos-1 Ds Mark II coutait, nu, 8000€ à sa sortie.
Que proposait-il ?
Un capteur plein format de 24 x 36 mm, des vitesses d’obturation s’étalant de 30s à 1/8000s (l’obturateur est prévu pour 400.000 déclenchements), une sensibilité de 50 à 3200Iso, un écran LCD de +/- 5cm, un viseur optique à 100%, tout ça dans un corps en alliage de magnésium recouvert de polycarbonate et un blindage électromagnétique, qui affiche sur la balance, nu, 1550gr (corps 1215g + batterie 335g). Le boitier est traité pour résister au ruissellement et à la poussière. Le but étant de le rendre capable de supporter des conditions de travail difficile et des conditions extrêmes.
A l’époque donc, l’Eos-1 Ds Mark II a été développé pour répondre aux besoins de photographes professionnels de portrait, de studio et de paysage, ceux qui exigent la plus haute qualité d’image. Ce que ce nouvel Eos offrait avec son capteur CMOS de 16,7Mpx plein format. Il offrait alors le nombre de pixels le plus élevé au monde.
Sa haute résolution d’image, sa riche gradation des couleurs et (pour l’époque) une large plage de sensibilité ISO autorisent les photographes à utiliser pleinement toute la gamme des objectifs Canon EF.
Equipé du processeur DIGIC II, l’appareil peut traiter de gros volumes de données extrêmement vite tout en gardant les détails ultra fins et la reproduction naturelle des couleurs. Il peut emmagasiner en continu 32 photos (grand format JPEG) à la fréquence de 4i/s.
Il utilise deux cartes mémoire : une SD et une CF (Compact Flash), avec la possibilité d’enregistrer sur l’une et d’utiliser l’autre comme sauvegarde ou utiliser une carte pour le JPEG et l’autre pour le RAW (ici le CR2 natif).
Au nombre des nouveautés, de nouvelles fonctionnalités comme un grand choix de paramètres de qualité d’image (4 taille de JPEG et dix niveaux de compression en plus du RAW) ; deux paramètres de matrice de couleurs personnalisables en plus des cinq modes prédéfinis afin d’optimiser l’image en fonction des exigences du sujet ou du périphérique de sortie.
Même si de nos jours cela pourrait faire sourire, l’écran LCD de 5,8cm proposait 230.000 points, ce qui doublait la résolution du modèle précédant.
Je citais plus haut la vélocité de son autofocus. De fait, la mise au point automatique se fait sur 45 points (dont 7 en croix), ce qui autorise le photographe à des compositions variées, sans plus avoir besoin de centrer le sujet pour effectuer la mise au point. Ajoutons-y une mesure évaluative sur 21 zones et on peut garantir une exposition idéale pour chaque cas. Le Canon Eos-1 D mark II, plus orienté vitesse que le DS puisque son unité AF est capable de fonctionner à 8,5 images par seconde, fait profiter le 1 Ds Mark II de l’algorithme AF AI Servo AF, optimisé pour le fonctionnement de 4 ips.
Petite précision utile au sujet des boitiers pro : les Eos D et Ds sont surtout destinés au paysage, studio et portrait alors que les DX sont orientés animalier et sport, avec des rafales plus rapides.
Vous pouvez encore contrôler les fonctions personnalisées afin d’adapter le boitier à vos préférences individuelles.
La mesure du flash est E-TTL lorsque l’on utilise les flashs Speedlite de la série EX. Grâce aux informations de distances fournies par les objectifs, l’exposition au flash est plus précise et stable qu’auparavant.
Rappelez-vous, Canon a le premier introduit le principe de la communication électrique du boitier vers l’objectif et l’inverse, le ou les moteurs étant inclus dans les objectifs.
D’accord, toutes ces informations peuvent faire sourire aujourd’hui. Comparé à nos appareils actuels, il aurait presque l’air d’un bon vieux dinosaure.
Mais n’oublions pas qu’à son époque des photographes talentueux en ont tiré le meilleur.
Que penser de cet appareil ?
Vous avez remarqué que, comme d’habitude, je n’ai pas fait une revue exhaustive de ce que l’appareil peut faire, ni comment on s’en sert. Le mode d’emploi se trouve toujours sur le site de Canon.
Je vais plutôt essayer de vous livrer mes impressions.
Une remarque d’abord : cet appareil est prévu pour +/- 400.000 déclenchements et il en compte 22.181 (vu avec Photome, gratuit), autrement dit, il est juste en rodage !Pourtant cet Eos-1 Ds Mark 2 fête ses 20 ans cette année.
L’appareil est lourd (près de 200gr de plus que le Nikon D4s) mais son ergonomie est excellente et il est très bien équilibré.
Au prix où on le vend aujourd’hui, vous pouvez encore vous offrir une excellente sangle pour le porter sans ruiner vos cervicales.
Sa manipulation requiert un peu d’habitude. Lorsque je l’ai reçu (merci Pierre), j’ai cru un instant qu’il était en panne car j’avais beau faire tourner la grande roue codeuse à l’arrière, rien ne se passait. Heureusement, l’appareil m’a été livré avec le guide rapide et le mode d’emploi en français. Et là j’ai compris qu’il fallait actionner un bouton et la roue pour faire bouger les fonctions demandées. Une petite gymnastique facile a assimiler.
J’ai encore eu le plaisir de découvrir dans le colis que l’appareil était accompagné de trois batteries et de deux chargeurs. En fait non : il y avait bien un chargeur qui permet la recharge de 2 batteries simultanément mais la troisième n’est pas une batterie, c’est un élément qui permet, avec le second chargeur, de travailler directement sur le courant domestique, par exemple lorsqu’on est en studio, ce qui permet d’épargner les batteries, devenus rares de nos jours.
J’ai monté à l’origine sur l’appareil mon bon vieux 17 – 40mm f4 constant en série L, puis j’ai réglé le correcteur dioptrique à ma vue. Il réagit rapidement, même en cas de luminosité faible et fait la mise au point sans hésitation. Le 28 – 80 est venu le seconder.
Ensuite, comme je m’étais acheté une sangle à mettre en bandoulière (plus pratique pour le port d’objet lourd je pense), j’y ai glissé une carte SD car j’attends encore la CF que j’ai commandée.
Petit réglage pour qu’il accepte la seule carte SD, puis le mettre uniquement en RAW (CR2) et me voilà sorti un petit matin frais pour essayer de capter les premiers rayons de soleil.
Agrandissement à 300%
Manque de bol, les nuages étaient très nombreux mais j’ai quand même pu faire quelques photos. Quel régal que d’entendre le clac discret mais ferme de l’obturateur !
Finalement, même s’il fait son poids, il n’est pas désagréable à porter à l’œil et, surtout, quel confort avec le déclencheur, niché dans un creux qui ne laisse pas de doute sur sa position et son toucher. En effet, je n’ai plus de sensibilité dans les doigts et donc avec les autres appareils, je suis toujours en train de chercher le déclencheur. Ici, pas de soucis de ce côté-là.
Le porter avec la sangle en bandoulière est aussi une bonne idée, je ne le sens presque pas. Je vais juste ajouter un câble de retenue au cas où il voudrait me quitter sans préavis !
Quand on a compris le jeu touche+molette, les réglages sont très simples et les menus ne sont pas (encore) à rallonge (le mode d’emploi fait 179p.).
En résumé, je pense que ce Canon Eos-1 Ds Mark 2 va être un compagnon qui restera dans mon véhicule (bien caché) car on peut lui faire confiance pour la solidité et la tenue de sa batterie (+/-1200 vues quand même).
Question prix, comptez entre 150 et 250€ mais vérifiez quand même s’il a beaucoup tourné au pas (un petit truc tout simple pour le faire : avec le programme Photome vous chargez la dernière photo prise par l’appareil et vous regardez les Exifs, vous y trouverez le nombre de déclenchement ou shutter count).
Vidéos d’illustration.
Un peu de technique.
Alors ici, la liste est tellement longue que je vous renvoie sur le site de Canon Global ou sur 4Clik (en français) pour sa fastidieuse mais intéressante découverte.
Là, dans une caisse, entouré d’épaves, j’aperçois un petit TLR mal en point mais peut-être récupérable.
Je l’extirpe du tas et force est de constater qu’il va y avoir du boulot pour le remettre en état. Déjà, les panneaux du tunnel de visée sont en vrac et il en manque un. Mais bon, les objectifs bougent de manière fluide, les vitesses fonctionnent, le déclencheur itou, le dépoli est sale mais intact. Tout n’est pas à jeter.
Grosses palabres avec le vendeur et finalement je l’emmène pour 10€.
Voyons voir maintenant qui est ce TLR car je n’ai pas vu de marque, hormis un sigle mal visible à l’arrière, ce qui ne m’aide pas beaucoup. Reste les optiques, des Ennar, ce qui va peut-être me donner une piste.
Après quelques clics sur la Grande Toile, enfin j’ai trouvé : c’est un Lipca Flexora.
Un peu d’histoire.
Lipca est le diminutif de Lippische Kamerafabrik Richter und Fischer Gmbh, une société fondée en 1947 par les époux Fritz et Charlotte Richter et Karl Fischer à Bartrup, en Allemagne de l’Ouest. Quelques mois plus tôt, les époux Richter quittaient la zone soviétique de l’Allemagne occupée, avec une partie des employés et des machines de la Kamera-Werk C. Richter Tharandt (près de Dresde). Ils s’installent d’abord dans une ancienne usine de cigarettes avant de trouver un nouveau bâtiment.
Malheureusement, début 1948, Fritz Richter décède dans un accident de voiture alors qu’il se rendait à une réunion pour discuter de projets pour une autre usine d’appareils photo à Bünde.
La Lippischen Camerafabrik Richter & Fischer GmbH à Barntrup fut alors officiellement fondée le 14 mai 1948 par la veuve Charlotte Richter et Karl Fischer.
Au cours des années cinquante, Lippische fut un fabricant très actif dans la fabrication d’appareils bis-objectifs, quoiqu’ils n’aient pas produit beaucoup de modèles différents : le Flexo, le Rollop, le Flexora qui nous occupe et les Optina/Optimet. Comme souvent, une partie de la production se retrouve aussi sous le nom de distributeurs.
A côté des TLR, l’usine fabriquait aussi des jumelles, un projecteur de diapositives, le Lipcascop. Elle a aussi conclu des accord de licences avec d’autres entreprises et produit un appareil photo instantané, l’Opiphot. En outre, elle a produit environ 2000 appareils pour la société Plaubel, avec qui elle entretenait de bonnes relations.
On estime que la production culminait à 1000 boitiers mensuels, pour une usine d’environ 50 personnes. Une petite usine presque familiale car lorsque les salariés partaient en vacances, ils pouvaient emprunter un appareil de la gamme pour prendre leurs photos souvenirs.
Les exportations toucheront aussi les États-Unis avec notamment le Rollop, le plus perfectionné de leurs appareils.
En mars 1961, l’entreprise déménagea à Bad Nauheim et s’y enregistra sous le nom de « Lipca GmbH ». On y produisit encore quelques TLR Rollop mais la fabrication d’appareils photos cesse au milieu de 1962. La Lipca GmbH a été officiellement dissoute le 29 mars 1972.
Pour en revenir à l’appareil qui nous préoccupe, sachez que le Flexo sera produit dès 1948 et jusqu’en 1954, et que quatre versions vont se succéder. Ensuite, à cause d’un différent avec Franke & Heideck (Rollei), le nom devra être modifié et deviendra Flexora.
Pour mémoire, de nombreux aspects techniques du Flexo, et donc du Flexora, sont issus du Reflecta TLR, que Kamera-Werk (de Karl Fischer) a construit avant et juste après la seconde guerre mondiale.
Présentation de l’appareil.
Comme pour le Flexo, le Flexora sera décliné en plusieurs versions, somme toutes assez peu différentes les unes des autres, sauf sur des détails esthétiques ou par l’évolution des couples objectifs/obturateurs. La production s’est étalée de 1951 à 1954.
On peut classer les trois premiers types ainsi :
Type I, un objectif Enna Ennar de 75mm ouvrant à f4,5 dans un obturateur Vario.
Type II, un objectif Enna Ennar de 75mm ouvrant à f3,5 dans un obturateur Prontor-S.
Type III, un objectif Enna Ennagon de 75mm ouvrant à f3,5 dans un obturateur Prontor-S.
À partir de 1953, les types suivants ont été ajoutés :
Type IIa, un objectif Enna Ennar de 75mm ouvrant à f3,5 dans un obturateur Prontor-SV.
Type IIIa, un objectif Enna Ennagon de 75mm ouvrant à f3,5 dans un obturateur Prontor-SV.
Toutes les lentilles sont traitées, même si c’est léger et parfois abîmé par le temps et les frottements.
Ajoutons que les Flexo Richard et Richard Reflex sont des variantes des Flexora et Flexora II produite pour un distributeur Suisse en 1952.
Petite astuce amusante : il n’y a pas de compteur de vue pour le Flexora, sauf en … option. Celui-ci était livré par Plaubel.
Les Flexora sont moins sophistiqués que les Rollop de la marque mais ils sont bien construits, faits pour durer.
En l’occurrence, nous allons découvrir l’appareil du jour, un Flexorat II, produit autour des années 1952.
Signalons une particularité qui me faisait penser à un autre appareil, déjà évoqué sur le site, le Meopta Flexaret : il dispose d’un système de mise au point hélicoïdale actionné par un levier sous l’objectif et c’est tout le bloc optique qui avance ou recule. La platine est interne. Comme l’objectif de visée et celui de prise de vue sont identiques, l’image projetée sur le dépoli est aisément lisible.
Normalement, la cheminée qui sert à la visée comporte 4 plaques, qui se déplient ou se replient automatiquement. Sur mon exemplaire, hélas, le fronton qui porte la marque de l’appareil a disparu et le chapeau du viseur aussi, tout comme la loupe qui y est souvent attachée. Je vais tenter de restaurer la plaque manquante mais il n’y aura plus de loupe, ni fronton, sauf à trouver une épave donneuse.
Avez-vous remarqué la barre métallique glissée dans le bloc avant ? C’est le viseur dit sportif, un simple fil de fer épais et chromé qui donne une idée vague de ce que l’on regarde.
Une petite remarque encore : les distances sont soit en mètres, comme ici, soit en pieds, exportation oblige.
Ensuite, pour armer l’appareil, il faut d’abord abaisser un levier, qui arme l’obturateur, puis ensuite un second, un peu plus bas, qui actionne le déclenchement. Attention, l’appareil n’a pas de dispositif pour empêcher la double exposition. Donc, si vous oubliez de tourner la molette d’avance du film, surprise !
Comme il n’y a pas non plus de compteur – sauf si la personne qui a acquis en son temps le boitier a pris l’option de Plaubel – il faut vous fiez à la fenêtre en rouge, au dos de l’appareil. Elle est munie d’un volet de protection, toujours utile si vous posez l’appareil au soleil.
Le réglage de la vitesse s’effectue par la rotation du disque autour de l’objectif de prise de vue. Celles-ci vont de 1/10s à 1/300s plus une pose B. Les vitesses ne sont pas linéaires mais proposent la progression suivante : 1 – 2 – 5 – 10 – 25 – 50 – 100 – 300. Pour mémoire, l’obturateur est un Prontor S. On a connu pire !
Au fait, il y a aussi un retardateur (la tirette avec un point rouge, à gauche face à l’objectif) qu’il faut toujours armer quand et seulement si l’obturateur est armé, sinon, on bloque tout et risque de case. En outre, juste au dessus du déclencheur vous pourrez insérer un déclencheur filaire, à viser.
Les ouvertures se règlent enfin en faisant glisser un curseur, en dessous de l’objectif de prise de vue. Elles vont de f3,5 à f25, en tout cas ici, avec un objectif Ennar de 75mm. Le C en rouge sur le pourtour de l’optique signifie qu’il est traité (C=colored). La progression des ouvertures est un modèle ancien, qui se décline en fait ainsi : f/3,5, f/4,5, f/6,3, f/9, f/12, f/18 et f/25
S’ils sont moins connus que d’autres, les objectifs Enna ont très bonne réputation. A vous de le découvrir à l’usage.
Pour charger un film dans l’appareil, il faut faire jouer le ressort en dessous, qui libère la porte du dos, montée sur charnière. Comme d’habitude, on tire sur le bouton d’avance et ici on retire tout le bloc de la chambre, comme sur les anciens box. Le film est le 120 qui donnera des images en 6x6cm
Ai-je oublié quelque chose ?
Ah oui, outre le fait qu’on puisse le qualifier de la mouvance art déco avec son décor autour de l’objectif, il y a un filet pour fixer l’appareil sur un trépied, une prise pour un flash en façade (mais pas de griffe). Et un guide d’exposition sur la plaque arrière du tunnel de visée.
Un mot d’ailleurs à son sujet. Il est basé sur la règle du sunny 16 mais il a été pensé pour des films beaucoup plus lents que de nos jours (faible valeur Iso). Cependant, le film est plus indulgent qu’un capteur et il vous donnera encore de bons résultats s’il est surexposé de 2 ou 3 valeurs, ou sous exposé d’une.
En cas de doute, rien ne vous empêche d’utiliser une cellule à mains.
Le Flexora II n’est pas un appareil courant, même s’il n’est pas rare. Il est somme toute assez basique mais idéal, me semble-t-il, pour aborder le moyen format sans se ruiner et en offrant de bons résultats. Encore une fois, les optiques sont bonnes et l’obturateur est l’infatigable Prontor S que l’on retrouve aussi chez Zeiss Ikon, par exemple.
Des exemples de photos prises avec ce Flexora ICI achèveront de vous convaincre je pense.
Plus solide qu’un Lubitel en bakélite, il vous offrira une belle expérience de prise de vue sans mettre à mal votre portefeuille, et de nos jours, c’est appréciable.
Il n’est vraiment pas compliqué à utiliser et vous vous prendrez vite au jeu de le sortir souvent car il est compact et pas trop lourd pour un TLR.
Que demander de plus ?
Ah, son prix ? Comptez environ 90 à 100€ pour un exemplaire complet et fonctionnel. Ça vous laisse de la marge pour acheter des films.
Videos d’illustration
Une petite pub d’époque (merci Collection-appareils.fr)
Des données techniques.
Fabricant: Lipca Produit en 1951 Classement : Moyen Format Type de corps : Reflex à double objectif Construction : Métal Type de film : 120 Largeur du film : 62 mm Taille de l’image : 6 x 6 cm. Nombre d’images : 12 Type d’objectif : Ennar Distance focale : 75mm Type de mise au point : Variable Portée focale : 1m – infini. Type d’ouverture : Iris Ouvertures :f/3,5 – f/25 Type d’obturateur : Prontor S. Vitesses d’obturation : T, B, I (1/300 s à 1 s) Taille du viseur ouvert (l x h x p) : 88 x 180 x 100 mm Taille du viseur fermé (l x h x p) : 88 x 135 x 100 mm Poids: 720g
Cet appareil fait partie de ceux ayant appartenu à la personne à laquelle j’ai consacré un article.
En fait , dans cette collection, j’ai acheté plusieurs TLR (twin lens reflex ou appareils à double objectifs) et il y avait deux Yashica Flex.
Si l’un est en parfait état, le second accuse moins bien le poids des ans et sans doute les mauvais traitements que lui ont fait subir les propriétaires précédents, avant d’arriver à l’achat par notre collectionneur.
Un article spécifique sera consacré à la restauration de ce boitier.
Mais venons-en à ce Yashica Flex S.
Un peu d’histoire (et de géographie).
La marque Yashica a une histoire peu commune, qui a laissé de beaux appareils dans l’histoire de la photographie, mais aussi quelques mémorables ratés sur la fin de son existence, chahutée.
Tout d’abord, de la vraie Histoire pour comprendre le phénomène japonais.
Après une longue période (250 ans quand même !) d’isolationnisme, le Japon s’ouvre au monde extérieur sous la pression des USA et des autres pays industrialisés. Nous sommes en 1853.
Il faut attendre le jeune Empereur Mutsuhito (1868 – ère Meijii) pour voir le pays se lancer dans un développement industriel fulgurant et rattraper son retard pour ne pas se faire manger par les autres pays économiquement forts de l’époque.
L’optique, la mécanique et la chimie sont les principaux domaines dans lesquels le pays excelle (et encore aujourd’hui d’ailleurs).
Mais il faut aussi se souvenir de la particularité du Japon : c’est un archipel de quelques 4000 îles. 75% du territoire sont des montagnes. Les plaines littorales sont étroites et ces rares espaces plats favorisent la concentration des hommes et de leurs activités (phénomène de littoralisation.)
Ensuite, le pays manque cruellement de ressources naturelles, qu’il est obligé d’importer.
Enfin, le pays est soumis aux caprices de ses volcans (70 sont toujours actifs), aux typhons nombreux sur sa façade pacifique et aux tsunamis dévastateurs.
Ce petit cours de géographie pour expliquer que les industries japonaises ont souvent commencé par de petits ateliers, qui se sont regroupés parfois, se sont rachetés les uns les autres. Et puis ils se sont ouverts à l’international avec des comptoirs un peu partout, mais ça, c’est une autre histoire …
Au début donc, nous avons des ateliers de mécaniques de précision (montre, horlogerie), d’optique de précision (microscope … tiens comme Leitz et Zeiss !)
Il faudra attendre le désastre de la fin de la seconde guerre mondiale pour que l’industrie photographique commence à se développer réellement.
Ils vont mettre leurs compétences au service de la copie d’appareils allemands, dont Leica, d’abord, pour ensuite s’en émanciper et dépasser l’original bien souvent grâce à une technologie inventive et réalisée selon des standards de qualité élevés.
Ainsi, l’histoire de Yashica commence par la Kogaku Seiki Co, entreprise d’optique née en 1930. Le ministère de la défense demande, en 1941, à cette entreprise de lui fournir un appareil photo. Ce sera le Nippon, une copie assez fidèle du Leica III de 1934. L’entreprise modifie son nom en Nippon Camera Works Ltd. en 1947 et invente un nom de produit, Nicca, qu’elle donne à ses premiers appareils, le Nicca III ou Type 3.
Ces appareils vont évoluer et dépasser le Leica en fonctionnalités et agrément d’utilisation.
« Oui, mais Yashica dans tout ça ? »
J’y viens … En 1949, la Yashima Seiki Company fabrique des pièces pour horloges électriques. Puis ils ont diversifié leur production et fabriqué des pièces pour appareils photographiques.
Finalement, en 1953, Yashima lance le Pigeonflex, un TLR 6×6 qui sera vendu par Endo sous la marque Pigeon.
Rapidement, la société décide de fabriquer et vendre des appareils sous son propre nom et elle lance le Yashima Flex en 1953, rebaptisé la même année en Yashica Flex.
C’est le début d’une longue lignée, qui évoluera de manière graduelle et que l’on pourrait diviser en modèles avec bouton ou à manivelle.
Pour simplifier, disons que les boitiers équipés d’un bouton pour le réarmement et l’avance du film sont restés proches du modèle original, même s’ils ont évolué, et ils sont restés les modèles d’entrées de gamme. Tandis que ceux avec une manivelle, modèles qui commencent avec le Yashica Mat (1957 – 1980), reprendra les caractéristiques des modèles allemands haut de gamme et sera la gamme réservée aux professionnels.
Les puristes de la marque me reprocheront de ne pas inclure dans ce schéma les TLR D et 635 qui ont pu avoir des fonctionnalités parfois plus avancées, mais ce n’est pas le propos de ce billet.
« Bon, et Nicca dans cette histoire, car on avait commencé par eux ! »
Et bien en 1958, suite à de gros soucis financiers, Nicca sera racheté par Yashima, qui changera pour l’occasion son nom en Yashica Company Ltd.
C’est à partir de cet instant que commence une autre histoire passionnante, celle du Yashica 35, sur laquelle je reviendrai peut-être un jour.
Présentation du Yashica Flex S.
J’ai écris, un peu plus haut, que Yashica pouvait s’inscrire dans l’histoire de la photographie grâce à quelques appareils innovant.
Parmi ceux-ci se place le Yashica Flex S.
En effet, il sera le premier TLR au monde à être équipé d’un posemètre intégré (non couplé) à cellule au sélénium.
Pour les plus fonceurs d’entre-vous, non le « S » ne vient pas du sélénium mais de Sekonic, la marque japonaise qui fabriquait des posemètres à cellule à sélénium, celui-là même qui fut greffé sur le Yashica.
Ce n’est pas un posemètre couplé ni à l’ouverture ni à l’obturateur. Il se cache derrière une plaque perforée, celle qui porte la marque et le modèle.
Outre ce posemètre « révolutionnaire », le boitier possédait l’enroulement du film avec arrêt automatique et un compteur de vue.
Introduit en 1954, les premiers appareils seront équipés d’objectifs Tri-Lausar avant d’être remplacé par un Heliotar de 80mm ouvrant à f3,5. Il utilise un filtre dit « à baie 1 », comme sur les Rolleiflex, car il se clipse sur les deux objectifs (viseur et objectif photo). De même, les premiers exemplaires seront équipés d’un obturateur NKS-FB B qui offrait des vitesses de 1s à 1/300s et un retardateur avant d’être remplacés par un obturateur Copal aux mêmes spécificités.
Produit donc de 1954 à 1957, il y aura une succession de changements surtout esthétiques (style des supports de sangles par exemple) et parfois ergonomiques (déplacement de la prise de synchronisation du côté vers l’avant).
Revenons un moment sur cette fameuse cellule Sekonic CB-1. Elle est fixée sur la gauche de l’appareil alors que les cellules pour recueillir la lumière sont situées sous le rabat de la plaque signalétique.
Cette plaque est percée de trous et, en cas de très forte lumière, on peut la laisser en position base.
Généralement, on soulève le rabat pour exposer les cellules aux rayons lumineux et puis on lit l’indice d’exposition dans la fenêtre de la cellule, sur la gauche.
Puis il faut régler l’appareil sur la valeur donnée et la vitesse appropriée.
S’il ne faut pas de pile puisque le sélénium produit l’électricité nécessaire au fonctionnement de la cellule, il faut bien admettre qu’avec le temps la substance s’épuise et il est rare de trouver encore des cellules fonctionnelles. Ceci n’empêchant pas l’appareil de travailler parfaitement et si vous avez besoin de mesurer la lumière, munissez-vous d’une cellule moderne, au CdS par exemple ou mieux, électronique.
Sinon, comment ça marche ?
Vous visez un sujet avec l’appareil, vous soulevez la plaque protégeant les cellules en appuyant sur le discret bouton au bout de la charnière, à droite.
En lisant le chiffre indiqué par la cellule, vous le reportez sur la grille en fonction de la sensibilité Asa de votre film (de 5 à 200Asa ici) et le curseur vous indique l’ouverture et la vitesse recommandées. Pratique et simple.
Pour le reste, c’est assez classique :
les deux objectifs sont des Heliotar de 80mm ouvrant à f3,5
les vitesses se règlent avec le curseur de droite (vu en tenant l’appareil en mains), de 1s à 1/300s, plus une pause B (obturateur Copal)
les ouvertures se manipulent avec le curseur de gauche, de f3,5 à f22
par dessous, avec un point rouge au centre, un curseur permet d’armer le retardateur (toujours armer l’obturateur avant d’enclencher ce dernier)
un dernier bouton permet, en le faisant glisser vers le bas, d’armer l’obturateur, qu’on libère en actionnant le déclencheur, en bas à droite (toujours dans la position du photographe)
on déverrouille la porte arrière en faisant tourner le gros verrou en dessous
sur la droite de l’appareil, deux gros boutons et le compteur de vue. Le premier bouton en haut sert à faire avancer le film et, accessoirement sert de pense-bête pour la sensibilité du film, alors que le second fait avancer la platine portant les objectifs, pour la mise au point. Il y a encore une petite tirette, à côté du bouton des distances, qui sert à remettre à zéro le compteur de vue
par dessus, le viseur caché dans son « tunnel » : le verre dépoli est quadrillé de rouge pour mieux cerner sa composition ; la traditionnelle petite loupe permet, parait-il, d’affiner le point sur le dépoli. Pour refermer le capot, il suffit de refermer la partie avant vers l’arrière, les différents volets se replient automatiquement dans l’ordre
sur la partie gauche, outre la cellule, deux petits boutons servent à introduire le film dans les bobines (on peut tirer dessus pour mettre le film en place correctement)
La synchro flash est à toutes les vitesses, pour terminer.
Qu’en penser ?
A son époque (1954), le fait de proposer une cellule embarquée et un mécanisme automatique pour l’avance du film et l’incrémentation du compteur de vues c’était une grande avancée technologique.
Aujourd’hui, la cellule, même si elle fonctionne encore, ne serait pas des plus précises et surtout limitée en sensibilité (de 5 à 200Asa). Rappelons-nous qu’à l’époque les films étaient plus lents que de nos jours. Rien n’empêche d’utiliser un film plus moderne mais dès lors la cellule à main est à privilégier de toute manière.
Reste que l’avance automatique et le compteur de vues restent un confort d’utilisation toujours d’actualité.
Pour le reste, l’appareil est beau avec son style finalement très classique mais rassurant.
Pas de fioritures inutiles, que du concret pour photographier dans de bonnes conditions.
L’engin est tout en métal, d’un poids (1,770kg nu) qui assure une bonne stabilité mais qui requiert une bonne sangle pour un portage agréable, ou un bon sac. On est loin de la bakélite d’un Lubitel !
Je pourrais lui reprocher sa vitesse maximale (1/300s) mais je n’oublie pas qu’il a été pensé pour des films moins rapides que de nos jours. J’achète donc ceux-ci en conséquence ou j’acquiers des filtres en baie 1 pour compenser (ceci étant, comme je n’aime pas les maths, je prends la première solution).
Pour le reste, c’est super bien construit, les assemblages sont très bons. Notons la plaque d’appui sur le film, dans la porte arrière, pour assurer une très bonne planéité.
Ensuite les optiques sont dans la moyenne supérieure. Allez faire un tour LA pour vous en convaincre.
Donc, si vous trouvez-un au alentours de 200€, dites-vous que vous faites une superbe affaire, surtout s’il est accompagné de sa superbe gaine en cuir.
Peut-être moins connu que d’autres appareil bis-objectifs, il mérite d’être (re)découvert, il ne vous ruinera pas.
Il y a deux ans, j’écrivais que je ne citerais plus ce vieux bout de bois écartelé, brisé par le temps et ses vicissitudes.
Parce que je passe devant chaque fois que je sors et que je le vois maintenant comme mort, je ne le supporte plus.
Hélas, ce lundi 16 décembre, il m’est revenu à la mémoire comme une gifle en pleine figure : ma mère nous a quitté sous un ciel gris, qui pleurait doucement.
Je souhaite tellement qu’il ne voie plus, lui non plus, un nouveau printemps !
Si vous avez lu les différents articles que j’ai consacrés aux appareils instantanés, vous aurez peut-être posé le même constat que moi au sujet des Polaroid : quelle inventivité !
Je vous avoue qu’au début de mes découvertes sur les appareils instantanés, j’étais un peu septique car j’avais le sentiment que la marque recyclait souvent le même modèle sous des appellations différentes, sans grands changements.
De fait, mais des spécialistes me feront peut-être remarquer que je me trompe, pour les modèles 600 et les SX-70 en dur (non pliants), il y eut peu d’évolutions, si ce n’est cosmétiques et par petites touches : on passe d’un fix-focus à un réglage de la distance succinct, on ajoute des lentilles pour faire des close-up ; ici et là, on ajoute un flash intégré plutôt que des lampes ; in fine, on ajoute un autofocus original par sonar mais qui semble peu évoluer au fil du temps.
Et pourtant, des premiers films en rouleau aux derniers en cassette, que de chemin parcouru, que d’inventions brevetées, que d’idées inédites mises en place, que d’appareils vendus, que de photos instantanées. Petit florilège :
En 1950, système du temps de pose automatique
En 1963 premier film instantané couleur
En 1972 premier reflex pliant, le SX-70
En 1974, Polaroid estimait à 1 milliard les photos prises avec le seul SX-70
En 1976, premier autofocus par sonar
En 1977, lancement du Polavision, un film super 8 a développement instantané
En 1981, lancement du Polaroid 600, décliné en une multitude de formes, de toutes les couleurs (il durera 20 ans)
En 1983, lancement du film diapositive Polachrome à développement instantané
En 1986, lancement des appareils Spectra et de leur nouveau film
A la mort de Land (1991), la somme de ses travaux représentent 537 brevets
Tout ça pour une charmante petite demoiselle, Jennifer (3 ans), qui avait demandé à son papa pourquoi elle ne pouvait pas voir tout de suite la photo qu’il avait prise d’elle avec son Rolleiflex …
Les boitiers Polaroid, sous des dehors simples, généralement peu couteux, sont truffés d’idées géniales, que l’on découvre souvent quand on démonte un boitier ou lorsqu’on prend la peine de lire de la documentation sur tel ou tel modèle, comme ces lentilles en forme de haricot qui, grâce à leur forme, permettent une mise au point presque parfaite, hélas parfois gâchée par des lentilles en plastique (question de coût !).
Parfois j’ai envie d’en démonter plusieurs pour n’en faire qu’un avec les meilleures pièces de l’un et de l’autre : des lentilles en verre, un sonar, un télémètre intégré dans le viseur, un système de mesure de la lumière, de nouvelles piles, …
Et je regrette que certains films ne soient plus reconduits, comme les pack 100 ou les Spectra.
Un mot à ce sujet : certains vendeurs de vieux Polaroid (Spectra, Image System, Pack 80 et Pack 100, film en rouleau !!) vous jureront sur ce qu’ils ont de plus cher qu’on trouve encore les films via Internet, en Pologne, en Russie (c’est pas gagné avec l’embargo), en Hollande. Soyons clair à ce sujet, c’est non.
Les seuls qui possèdent à ce jour les licences Polaroid sont … Polaroid. Mais entendons-nous bien, Polaroid a cessé ses activités en 2008. Impossible Project (qui est effectivement né et basé en Hollande) a repris la production des films en 2010, puis s’est appelé Polaroid Originals avant de revenir au nom initial de Polaroid.
Les Pack 100 qui sont encore en vente (des films Fuji) datent pour les derniers de 2013 (Fuji FP3000B, noir et blanc) et 2016 (Fuji FP100C, couleurs). Pour les Specra, il datent de 2019, moment où Polaroid Originals a décidé de ne plus suivre ces films au prétexte que les appareils, sortis en 1986, n’étaient plus fiables et viables. Les films 500 – Joycam – Izone n’existent plus depuis 2007. Quant aux films en rouleaux, ils n’existent plus depuis près de cinquante ans.
Il est toujours possible d’utiliser certains films forcément périmés, mais c’est très aléatoire, surtout si vous ne savez pas comment ils ont été conservé. La chimie s’épuise et parfois même, les pack rouillent sous l’action des produits qui percolent à travers les papiers. Inutilisables.
Enfin, je vous laisse découvrir aussi ce monde merveilleux et toujours amusant de la photographie instantanée car la multitude des modèles, leurs variations (couleurs, appellations) sont un formidable terrain de jeu.
Attention toutefois, la collectionnite aigüe pourrait vous guetter !
Petit exemple de quelques modèles emblématiques : Polaroid J66, Polaroid Zip, Polaroid 600, nouveau Polaroid avec pile rechargeable intégrée, Polaroid 320 avec une photo d’époque.
Ce Nikon me fut remis lors de mes derniers achats chez la dame qui liquidait la collection de son défunt mari, collection à laquelle j’ai consacré un article.
De fait, il était dans une caisse, avec d’autres appareils qui présentaient tous un défaut, qu’il allait me falloir chercher, rien n’étant indiqué sur les boitiers.
Pour certains c’était évident : objectif fixe cassé, compartiment piles oxydé, pièces manquantes, etc.
Et puis, il y avait deux Nikon : ce F-401x et un F-501, définitivement hors service lui.
Sur ce F-401x il y avait bien quelques traces d’oxydation, mais un rapide nettoyage les a fait disparaitre et lorsque j’ai placé un nouveau jeux de piles, tout fonctionnait. Seul hic restant : le verrou de la porte à pile était cassé. Qu’a cela ne tienne, j’ai commandé un rail Arca Swiss à fixer par dessous et qui bloque la porte.
Un peu d’histoire.
Dès les années septante les fabricants d’appareil photo rêvaient d’un système de mise au pont automatique. Polaroid a lancé son système de mise au point par sonar, Canon et Konica lancent respectivement leur système de mise au point automatique active et passive. Mais c’est Pentax, avec le Pentax ME-F qui arrive le premier en 1983. Il utilisait des objectifs avec un moteur intégré au corps de l’objectif pour assurer la mise au point, et un système de détection de phase TTL passif qui utilisait le contraste pour choisir le point autofocus approprié.
Nikon a choisi de prendre ces deux éléments (moteur externe et TTL passif) pour construire son premier réflex automatique. Nous sommes en 1983.
Pour base, ils ont pris le F3, leur appareil professionnel, sur lequel ils ont construit un nouveau viseur, qui contenait le capteur de détection de mise au point, le fameux TTL passif. Et puisqu’ils estimaient que l’autofocus intéresserait surtout les photographes de sports et d’action, ils ont construit un téléobjectif de 80mm et un autre de 200mm avec un moteur externe.
Las, malgré tous leurs efforts, ça n’a pas fonctionné et ils ont abandonné le projet.
Le coup de tonnerre vient en 1985 de Minolta et de son Minolta AF 7000. Cet appareil était équipé d’un moteur interne qui entrainait les objectifs grâce à une came montée sur la partie appareil le la baïonnette. Le boitier analysait la distance et la communiquait au réglage de l’objectif.
C’était révolutionnaire tant en fonctionnalité qu’en termes de forme qu’allait adopter dorénavant les nouveaux reflex.
Nikon prend note de cette avancée, tenant compte des leçons du F3AF qui n’avait pas marché : ils gardent leur monture F emblématique mais place un moteur de mise au point automatique dans le boitier lui-même. Le premier autofocus Nikon est le F-501.
Il rencontre un petit succès car il souffre d’une mise au point automatique lente et son système de mesure était encore un capteur à pondération centrale 60/40.
En 1987, Nikon lance alors le F-401 qui utilise un capteur de mise au point enfin revu (AM200) et une mesure de lumière à triple capteur (ce n’est pas encore une véritable matrice).
Petit à petit, Nikon améliore son produit, notamment grâce aux avancées consenties sur le F4 professionnel et le F-801, destiné aux amateurs avertis et exigeants. Ces mises à jour seront intégrées, en 1989, dans le F-401x.
Nikon a donc présenté un vrai autofocus en 1987, soit deux ans après les Minolta AF 7000 qui ouvraient la vie d’une nouvelle technologie, et en même temps que Canon et ses Eos.
Attention, par vrai autofocus j’entends des appareils qui comportent un moteur et qui possède un autofocus qui fonctionne via le boitier et non plus avec un moteur externe placé sur l’objectif, comme les premiers essais de Nikon, Canon et Pentax.
Le premier Nikon F-401 était un entrée de gamme, sorti en 1987 et fournit jusqu’en 1989.
Il succède aux F-301 et F-501. Il sera le premier appareil de la marque a avoir un boitier dit bio-design, que nous pourrions qualifier de nos jours comme ergonomique : c’est-à-dire que le dessin tient compte la morphologie humaine avant la technique pure pour donner un objet agréable et sûr à utiliser.
Autre nouveauté du F-401, il possède un flash escamotable monté sur le dessus du prisme, avec la mesure TTL afin de doser au mieux les lumières artificielles et ambiantes.
Autre amélioration, encore rare en 1987 et que Nikon maitrise bien depuis le Nikon FA, la mesure matricielle. Cette fois, c’est un véritable cœur informatique central (CPU) qui la gère et qui communique avec l’objectif pour déterminer automatiquement le meilleur couple vitesse/diaphragme et ce quelles que soient les conditions de lumière.
Son autofocus est aussi revu pour être plus sensible et rapide, mais il n’atteint pas encore la vitesse de l’autofocus de chez Canon, qui utilise une transmission électrique.
Finalement, il existera trois versions du F-401, chacune entrainant de petites améliorations :
le F-401, aussi appelée N4004 aux USA. C’est la version initiale, produite de 1987 à 1989
le F-401s (le N4004s aux States), qui voit son autofocus amélioré et un plexiglas est posé sur les molettes de réglages. Lui sera produit de 1989 à 1991
le F-401x (le N5005 aux Etats-Unis), qui apporte un autofocus dynamique pour les sujets en mouvement et qui supprime la plaque de plexiglas fragile et un peu inutile de la version antérieure. Sa synchro flash passe au 1/125s. Cette dernière itération sera produite de 1991 à 1998.
Il sera suivi par la série des F-50, F-60 et 65, F-70, F-80 et F-90.
Présentation du Nikon F-401x.
Comme je l’écrivais plus haut, il s’agit d’un appareil destiné aux amateurs.
Il ne manque cependant pas d’arguments pour leur faire aimer la photo et, qui sait, envisager de grandir dans le giron de la marque.
Par exemple, il reprend la matrice du F-801 (premier du nom) pour le calcul de la lumière. Ailleurs, il est un peu bridé mais reste tout à fait honorable.
Deux molettes, placées sur le capot, permettent de régler facilement l’ouverture et la vitesse. Cette dernière est plafonnée à 1/2000s mais offre une pose T (une pose B plus longue si on veut car on appuie une première fois pour ouvrir l’obturateur et une seconde fois pour le fermer, sans limite de temps entre les deux).
Une lettre A (aperture) indique un automatisme à priorité ouverture tandis que le L (lock) coupe l’alimentation et verrouille le boitier. Ne forcez pas pour ces deux positions, il faut juste appuyer sur le bouton chromé de déverrouillage qui est juste à côté.
La molette des ouvertures, elle, est graduée de f1,4 à f32 plus une position S pour la priorité vitesse (speed). Cette position doit aussi être déverrouillée en appuyant sur le bouton. Dans cette position, la bague de diaphragme de l’objectif doit être positionnée sur la plus petite ouverture (grand f) et verrouillée.
Si vous avez choisi de placer les molettes en A ou en S, vous faites basculer le boitier en mode automatique multi-programmes.
Et donc, si vous réglez les deux molettes aux valeurs que vous souhaitez (vitesses et/ou ouvertures), vous passez en mode manuel. Dans ce cas, dans le viseur vous verrez un « -« , un « O » ou un « + » s’allumer selon que la mesure de lumière est sous ou sur exposée, ou juste. La mesure est alors pondérée centrale. Un témoin vert signale aussi que la mise au point est faite et fixée.
Alors que dans les autres modes, la mesure de la lumière est par défaut matricielle sur 5 zones. Elle ne devient pondérée centrale que si vous passez en manuel ou que vous appuyez sur le bouton AEL.
Ajoutons qu’il y a un retardateur électronique de 10 secondes et la grande nouveauté du F-401, le flash électronique de nombre guide 12 pour 100 ISO, qui est incorporé au prisme. Il fonctionne avec la mesure TTL (à travers l’objectif) et est surtout utile pour déboucher les ombres. Dans les autres cas, un flash dédié est nécessaire.
L’objectif de dotation est le « classique » zoom Nikkor 35 -70mm f3.3 – f4.5 livré avec cette gamme d’appareils. Ce n’est pas un foudre de guerre mais il fait le job.
La sensibilité du film, et donc le réglage de la cellule, se fait lors du chargement du film car l’appareil « lit » le codage DX inscrit sur la cartouche. Elle offre une plage de 25 à 5000Iso.
L’alimentation de l’appareil est confiée à 4 piles AA tout à fait ordinaires, faciles à trouver et peu onéreuses. Elles se glissent dans une trappe avec verrou dans la semelle et leur position produit la forme de la poignée, assez creusée et agréable à la tenue en main. Toutefois le verrou, en plastique, est fragile et casse facilement avec le temps. Sur cet exemplaire j’ai donc placé une plaque de 7cm, compatible Arca Swiss pour bloquer la porte et ça fonctionne très bien.
Que penser de l’appareil ?
Le Nikon F-401x apportait enfin des réponses au problème d’autofocus de la marque : il était assez rapide, constant et la mesure de la lumière était une vraie mesure matricielle, fiable.
Ce n’est pas un hasard s’il sera produit de 1991 à 1998, avant d’être remplacé par le Nikon F-50, un nouvel appareil.
Sa taille contenue, sa forme agréable, son poids raisonnable (650gr nu) en font un bon compagnon de sortie.
Il est compatible avec tous les objectifs Nikkor AF (sauf ceux destinés au F3 AF). Dès lors on préserve les automatismes.
On garde l’autofocus TTL avec les flashs Speedlight SB-20, SB-22, SB-23 et SB-24.
C’est un appareil facile à appréhender car hormis les positions automatiques, on travaille avec lui comme avec un bon vieux manuel, grâce aux molettes de sélection et au petit sélecteur, à gauche de l’objectif (M/A). Les automatismes sont bons et la mesure de la lumière précise.
Vous le savez, pour ceux qui veulent débuter en argentique sans trop de déboires, je conseille souvent des appareils plus modernes que les tout mécaniques.
Celui-ci me semble faire une espèce de chainon manquant : il arbore les codes de la modernité mais reste un pied dans les appareils simples.
D’autant que son prix est souvent autour des 20€. Si vous voulez garder un peu de sous pour un bon objectif d’époque (ne montez pas là-dessus une optique moderne, vous seriez déçu), je pense que c’est un très bon achat.
Appareil photo reflex mono-objectif Format de film 35mm Transport du film automatique Mécanisme de transport du film par moteur intégré Format d’image 24 mm x 36 mm Monture d’objectif Nikon F Autofocus Viseur pentaprisme Temps d’exposition1/2000 seconde à 30 secondes Posemètre Vitesses de film prises en charge de ISO 25 à 5000 Prise en charge codage DX (sensibilité du film) Modes d’exposition : programme automatique, priorité ouverture, priorité vitesse, mode manuel Flash intégré Connexion Flash avec contact au centre Vitesse de synchronisation du flash de 1/125 s Support pour trépied Retardateur Alimentation par 4x piles AA Dimensions15,4 x 10 x 6,5 cm Poids nu 650 grammes
Ah, le Diana ! On l’a déjà mis à toutes les sauces depuis le temps qu’il existe !
Si vous vous en souvenez, je vous l’ai déjà présenté LA, alors qu’il s’appelait Diana F+ ou ICI pour l’original.
Lomography l’avait déjà doté d’un dos, alors amovible, pour des films Instax Mini. Mais sa mise en œuvre et, surtout, la qualité des images délivrées, ne lui ont pas offert un grand succès.De plus, il fallait ôter le dos, retirer une petite pièce qu’on perdait un coup sur deux et qui empêchait alors de pouvoir remettre un film 120 dedans, puis insérer le dos Instax, qui avait une commande à part pour le déclenchement. Pas pratique.
Mais c’était sans compter sur ces gentils fous, qui ont remis le couvert, en grand cette fois.
Un peu d’histoire.
Vais-je vous refaire l’historique du Diana ?
Et bien pour une fois, je vous renvoie aux articles déjà écris et que vous pouvez retrouver en cliquant sur les liens ici plus haut.
Chouette …
Présentation du Lomography Diana Instant Square 75mm.
Vous ne serez pas étonné si je vous dis qu’il est toujours en plastique, toujours dans les mêmes couleurs noire et bleue un rien flashy.
Mais il a pris de l’embonpoint car il est plus haut que son homologue en 120 et là où se trouvait le viseur, nous avons maintenant une plaque miroir (pour les selfies ?), ce qui oblige celui qui a l’habitude de cadrer avec un viseur d’ajouter encore un peu de hauteur en glissant un viseur dans la griffe porte-accessoire. Ce qui est sans conséquence sur le flash, celui-ci se fichant dans deux trous sur le dessus du capot.
Ensuite il y a l’objectif, tout en plastique comme il se doit mais lui aussi à bien grossi.
Il est muni comme d’habitude d’une curseur B/N : B étant la pose longue (peu utile car il n’y a pas de déclencheur souple et le risque de bougé est alors important) et N le mode normal soit 1/100s environ. A côté, le levier de déclenchement, et en dessous, un curseur pour passer du P au soleil, au soleil sous nuage ou enfin aux nuages, ce qui correspond, dans l’ordre, à une ouverture de f150 (un sténopé), f32, f19 et f11.
La lentille tourne, pour régler la distance, de 4m à l’infini (paysage ou grand groupe), de 2 à 4m (ou groupe), de 1 à 2 m (portrait).
Les compléments optiques correspondent à un 20 mm Fisheye, 38 mm Grand Angle, 55 mm Gros plan, 75 mm normal et 110 mm Télé.
Pour les réglages, c’est tout.
Une remarque : ne forcez jamais en remettant ou ôtant l’objectif ou un complément optique car les tenons en plastique qui assurent la liaison entre les éléments sont fragiles. Et si vous les casez, l’appareil est hors service.
Sur la tranche droite, un discret interrupteur noté MX, ON/OFF. Le Mx vous permet de faire des doubles expositions, le reste, vous avez compris.
La semelle porte un pas de vis pour un trépied et à son autre extrémité, une trappe discrète pour glisser 4 piles AAA, celles qui serviront à alimenter le moteur pour faire sortir les images produites.
Car, vous l’avez compris, ce Diana Instant Square est un appareil instantané qui délivre des images au format carré (square). C’est plus petit que le Wide de chez Instax mais plus proche de la philosophie « Polaroid ».
Quant à la lanière fournie avec l’appareil, je ne sais pas s’il faut en rire ou en pleurer : un bête lien de plastique tout fin. Il est vrai que l’ensemble ne pèse pas des tonnes, mais quand même !
La porte arrière s’ouvre après avoir abaissé un verrou de plastique qui n’inspire pas trop confiance, mais on n’est plus à cela près.
Pour l’intérieur de la chambre, tout en plastique (ben tiens), elle montre d’abord des fils qui passent là sans protection pour arriver à un connecteur, heu, … simpliste.
Tout comme le mécanisme de l’obturateur, fragile, qui doit quand même assurer le contact pour lancer le moteur de sortie de la pellicule et, éventuellement, le flash.
Bref, on reste dans le low cost pour produire du lo-fi.
Pour mémoire, le mouvement lo-fi (basse fidélité) est né dans les années quatre-vingt dans les milieux musicaux qui voulaient revenir à des sons moins travaillés, plus bruts de décoffrage et la photographie lomo s’est emparée de ce mouvement. Nous ne sommes pas dans le conceptuel de la Foto Povera mais plutôt dans la décomplexion de l’acte de photographier (je vous renvoie aux 10 règles de la lomographie).
Si je résume, c’est du basique qui a le mérite de fonctionner à minima mais qui reste fragile.
Ceci étant, l’appareil est quand même vendu, neuf, 89€, 129€avec le flash et 179€ en coffret de luxe. Ce dernier propose, il est vrai, des compléments optiques pour des effets surprenants (FishEye et filtres colorés, par exemple). Chaque complément optique bénéficie aussi du viseur adéquat, ne vous trompez pas si vous ne voulez pas rater (trop) de photos.
Installer la cartouche est simplissime. Il faut juste faire attention lorsqu’on referme le dos de ne pas casser le verrou.
Ensuite, vous mettez l’appareil sur ON et faites vos réglages avant d’abaisser le levier de l’obturateur : clic, zzziiiip, la photo sort après 3 ou 4 secondes et il reste à attendre quelques minutes pour voir apparaître votre chef d’œuvre se révéler au grand jour.
C’est un simple levier, animé par un petit moteur, sans doute à vis sans fin, qui pousse la photo vers l’extérieur. Tirez-là délicatement vers le haut et laissez-là sécher un moment, à l’abri de la lumière.
Que penser de cet appareil ?
C’est un appareil rigolo, qui sort des sentiers archi battus, pour peu que vous achetiez les différents compléments qui vous permettront presque toutes les fantaisies. Là, c’est jouissif.
Mais cela a un coût !
Ensuite, un peu comme pour les Polaroid, c’est un appareil qui aime la lumière. Vous serez plus souvent à f11 qu’aux autres vitesses et vous regretterez vite de ne pas avoir acheté le flash si vous ne l’avez pas, surtout en intérieur et pour les portraits quand il fait sombre dehors.
Le vignettage sera important et d’aucuns n’aimeront pas du tout ces gros bords franchement noirs tandis que d’autres trouveront cela hipe. Chacun son truc.
Sous ses dehors simplistes, n’oubliez quand même pas qu’il y a un peu d’électronique et de mécanique. Ne le laissez pas tomber, il risque de ne pas s’en remettre.
Enfin, cela reste un appareil tout manuel et un minimum de connaissances sont requises (estimation de la lumière pour les ouvertures). Dans le doute, mettez sur f11 et lancez le flash.
Sinon, c’est amusant à utiliser et on ne vous en voudra pas de photographier avec dans la rue, il inspirera la sympathie, voire les questions.
Non, ne jetez plus vos anciens appareils numériques, une nouvelle mode revient, le LO-FI (pour low-fidelity en opposition à la « haute fidélité » des sons de l’époque).
Un peu d’histoire.
Ce mouvement, apparu à la fin des années quatre-vingt dans le milieu musical aux Etats-Unis, désigne un retour à des moyens d’enregistrement « primitifs », pour créer un son plus brutal, plus pur, loin des performances aseptisée du son des chansons dites populaires et commerciales. Ce mouvement tire ses racines des groupes punks et du garage rock.
En photographie aussi on assiste à un retour vers des moyens de photographier alternatifs, eux aussi loin de la technologie aseptisée des appareils modernes avec qui on a l’impression de réussir des photos parfaites (au sens technique).
L’utilisation d’appareil jouet (toy camera), de sténopé, d’appareil très bas de gamme (comme les produits promotionnels), d’appareil ancien peu performant est un bon moyen d’assurer des photos au vignetage prononcé, aux couleurs approximatives, aux contours peu nets. Les appareils vendus par Lomography sont dans cette lignée.
Par corollaire, l’utilisation de films expirés, aux couleurs spéciales, les procédés de développement alternatif (Cafénol), tous ces moyens sont bons pour modifier l’image.
Pire, des photographes ont recours à des modifications informatiques pour obtenir les mêmes résultats avec du matériel numérique moderne (à mon avis, un non-sens absolu).
Quelques précautions.
Pourquoi un non-sens dans ce cas ?
Les appareils modernes, reflex, compacts, hybrides de moyenne ou haute gamme sont des appareils qui sont étudiés et réglés pour obtenir les meilleures résultats possibles. S’il faut ensuite tout déconstruire avec des logiciels adéquats, c’est une perte de temps.
Mais soyons d’abord précis : soit vous vous lancez dans le lo-fi en argentique et dans ce cas, les appareils cités plus haut (et il y en a plein d’autres) sont parfaits, soit vous voulez garder la souplesse du numérique mais sans passer un temps fou derrière un PC.
Dans ce cas, allez faire un tour dans les tiroirs et armoires de vos parents, grands-parents, les vide-greniers, les brocantes. Vous allez trouver pléthore d’anciens compacts numériques avec des résolutions bases de l’ordre de 6 Mpx au plus.
Attention, je n’ai pas écris que ces appareils étaient mauvais mais dans le début des années 2000, les résolutions variaient de 2, 3, 4Mpx car on ne savait pas faire plus.
Là, je vous avoue que ce sont des appareils plus destinés à la collection, pour plusieurs raisons : la première, c’est que parfois les supports d’enregistrement n’existent plus (disquettes minuscules, format de carte obsolète), ensuite ces résolutions sont vraiment très basses même si qu’aucuns assurent qu’avec les programmes actuels on peut gonfler ces pixels anémiques. Mais alors, retour au temps passé derrière un ordinateur !
Non, je pense qu’à partir des années 2005 – 2006 la plupart des appareils compacts destinés au grand public débutaient avec une offre à 6Mpx, parfois plus.
C’est dans ce grand stock que vous allez pouvoir piocher et vous faire plaisir.
A plus d’un titre d’ailleurs. Le premier étant de voir l’incroyable imagination des constructeurs à l’époque pour nous proposer des appareils que l’on pouvait glisser dans toutes les poches et/ou tous les sacs.
Ceux que je vais vous présenter succinctement, je les ais trouvés chez Emmaüs et sur des brocantes.
Attention, assurez-vous que l’appareil de votre choix soit d’une marque connue (laissez tomber les HP, les Traveler et autres noms exotiques) pour espérer encore trouver de la documentation, le cas échéant. Assurez-vous aussi que l’appareil soit muni de sa batterie car il est parfois difficile de retrouver des références sans l’original. S’il est vendu avec un chargeur, c’est magnifique mais bien souvent vous devrez acheter un chargeur générique ou, mieux, un chargeur universel. Vous devez dans ce cas compter pour un surcout d’une quinzaine d’euro supplémentaires (parfois moins). Vous les trouverez sur un grand site chinois ou américain sans trop de difficultés. Notez que la plupart des appareils de cette époque fonctionnent avec des piles AA ou AAA. Ce qui est plus simple. Enfin pour en terminer avec les précautions à prendre, regardez quelle carte mémoire utiliser : des CF, des mémory stick (Sony), des carte SD anciennes aux capacités limitées.
Ah, je vous sens impatient. Prenez quelques piles avec vous pour tester ceux qui les utilisent. Pour les autres, il faudra faire confiance au vendeur qui va vous assurer qu’avant il fonctionnait très bien …
Prêtez une attention particulière aux écrans qui ne doivent pas présenter de défauts comme des traces de coulures aux bords ou au milieu, c’est mauvais signe, ni être fêlés.
Dernier point, important : ces appareils prennent des photos qu’il serait dommage de laisser dormir sur des cartes mémoires. Vous pouvez donc les imprimer en 10x15cm sans aucun soucis et même tirer jusqu’au 20x30cm sans perte de qualité.
Vous pourriez raccorder directement ces appareils à vos PC ou Mac si vous avez les câbles mais ils ont été conçus pour des programmes devenus obsolètes. Le mieux étant alors de retirer la carte mémoire et de la glisser dans un lecteur de carte, les images sont en JPEG.
Présentation de quelques appareils.
Je ne vais pas revenir sur le Sony DSC-T7 que je vous ai présenté il y a peu, il vous suffit d’aller relire l’article.
Commençons alors par un Nikon Coolpix S9, guère plus grand.
Ce petit compact offre 6,1Mpx et un zoom 3x soit un 6,4 – 19,2mm. Soit l’équivalent d’un 38 – 114mm en 24×26.
C’est une prouesse technique car ce zoom est périscopique, ce qui veut dire qu’il se déplace à l’intérieur du boitier, assurant ainsi une grande compacité à l’ensemble (rien ne dépasse). De plus, il contient du verre ED, c’est à dire un verre traité spécialement pour éviter les reflets intempestifs et assurer une grande clarté lors de la prise de vue.
Hélas, le constructeur avait déjà abandonné le viseur mais il offrait un grand écran ACL de 2,5″ (7cm) très lisible encore aujourd’hui. Il accepte les cartes SD et il possède une batterie (chargeur nécessaire).
Au niveau des programmes, il ne lui manque rien et il propose même du superflu comme 15 modes scènes différents, une gestion du flash pour éviter les yeux rouges, une fonction AF priorité visage qui détecte automatiquement les visages et effectue la mise au point sur ceux-ci, quelle que soit leur position dans l’image, la technologie D-Lighting qui éclaircit les images sous-exposées ou prises à contre-jour.
Un petit bijou à glisser dans n’importe quelle poche, d’autant que l’objectif est protégé par un clapet oscillant qui le protège et s’efface à la mise sous tension.
Ensuite, un Samsung Digimax A55W, dans sa boite, complet. Celui-ci ne présente que 5Mpx mais il fait aussi partie de ces tous petits boitiers qui se glissent partout. Comme son confrère, son objectif est protégé par un clapet coulissant, qui fait aussi office d’interrupteur ON/OFF.
Son zoom est de 5x, soit un 4,6 – 22,2mm ou en équivalent 24×36, un zoom 28 – 135mm. Ici pas de périscope, le zoom se déploie à l’extérieur.
Pas de viseur non plus mais un écran de 2,5″ soit 7cm de nouveau. Il possède une mémoire interne de 20Mo et accepte les cartes SD. Il fonctionne grâce à deux piles AA.
Ici aussi, gestion des yeux rouges, différents programmes en mode scènes et possibilité de tourner de petites vidéos en motion JPEG de 30i/s (mais ce n’est pas très important ici).
Il a la forme d’un petit galet et se transporte facilement partout.
Puis, j’ai trouvé un Pentax Optio W10. Dans sa boite, avec tout le nécessaire (mode d’emploi, câbles).
Sa particularité est d’être waterproof et d’accepter une immersion jusqu’à 1,5m.
Ce qui veut dire que vous pouvez l’emporter à la plage, il ne craint pas le sable non plus, ni la poussière (IP58), ni la neige.
C’est aussi un 6Mpx avec un écran de 2,5″ (toujours 7cm). Il propose un zoom de 3x, soit un 6,3 – 18,9mm ou un équivalent 38 – 114mm en 24×36. Son zoom se déploie aussi en interne et il est protégé par une glace solide.
Même chose que pour le Nikon, il a un programme pour suivre les humains et assurer leur mise au point nette où qu’ils se trouvent dans l’image. Plus les habituels modes scènes.
Il utilise une batterie (chargeur nécessaire) et des cartes SD classiques. Plus de viseur non plus mais un écran comme ses petits camardes, bien lisible.
C’est le baroudeur de la bande. Petit et lise, en forme de savonnette, il se glisse aussi dans n’importe quelle poche ou petit sac. Toujours prêt à partir en vacances celui-là.
Puis, même si j’ai écris qu’il fallait les éviter, je vous propose un Traveler (marque générique des magasins Aldi). Parce que celui-ci propose un capteur de 9Mpx dans un format lui aussi très réduit.
Il s’agit du Traveler DC-9900. Il semble que par dessous la marque, il s’agisse d’un Agfa. C’est courant de rebadger un appareil existant mais en fin de vie pour le faire passer dans les produits génériques d’un distributeur.
Il propose un zoom 3x de 6,1 – 18,3mm soit un équivalent 36 – 108mm en 24×36. Deux piles AA sont nécessaires pour l’alimenter et il travaille avec une carte SD classique de 8Go maximum et possède 38Mo de mémoire interne.
Pas de viseur non plus mais un écran de 2,48″ (plus ou moins 7cm).
Il bénéficie des mêmes modes scènes et programme que les autres, sans surprise.
Que penser de ces appareils ?
Encore une fois, ceci n’est qu’un petit échantillon de l’immense réservoir que constituent ces appareils bien souvent relégués au fonds d’un tiroir, d’une caisse oubliée.
Oui, on fait mieux depuis, quoique …
En fait, et c’est une tendance dite lourde, les compacts destinés au grand public ont presque tous disparus, remplacé par les … smartphones.
Vous connaissez ma position par rapport à cet outil, surtout en ce qui concerne la photo.
Mais justement, ces appareils-là ont un énorme avantage sur les smartphones : en cas de camps scouts, guides, vacances scolaires, plaines de jeu, les animateurs interdissent souvent l’usage des smartphones, pas ceux d’un appareil photo.
Si vous voulez ramener des souvenirs, on n’a quand même pas fait mieux.
Faites juste attention aux petites recommandations faites au début et puis lancez-vous. Ces appareils délivreront de magnifiques images en format classique 10x15cm, celles que l’on met dans un album ou qu’on épingle un peu partout.
Pour les autres amateurs, plus aguerris, vous allez redécouvrir le plaisir de manipuler de petits boitiers bien finis qui n’ont rien à envier aux nouveaux en termes de programmes et, finalement, leurs images ne seront pas mauvaises, sauf à les exploiter au delà du 20x30cm.
Le Lo-Fi, en tout état de cause, n’est-ce pas encore un moyen de redécouvrir une photographie plus lente, réfléchie, ludique, émotive et non plus sinistrement mécaniquement irréprochable ?
Puisque nous parlons de tendance, nous allons nous rapprocher de la slow attitude, qui n’est finalement que de savoir prendre le temps de vivre …
Si vous vous en souvenez, je vous ai présenté il y a un moment déjà le Polaroid SX-70, l’original, sorti en 1972.
Je vais donc vous renvoyer à cet article pour la partie historique et technique de l’engin.
Celui que je vais vous présenter aujourd’hui, le SX-70 Sonar Autofocus, est l’aboutissement de la gamme.
C’est sur une brocante dans le Brabant Wallon que j’ai pu mettre la main sur cet exemplaire. Il appartenait à une photographe, passionnée de Polaroid, qui devait, à son grand regret, s’en défaire. Je lui ai assuré que j’en prendrais soin et qu’il ferait l’objet d’un article.
Présentation du Polaroid Land SX-70 Sonar Autofocus.
Cet appareil fut introduit en 1978, soit quelques années après le SX-70 original. S’il garde sa forme rectangulaire si caractéristique, il est néanmoins plus grand. Mais comme son aïeul, il se déplie et il reste un réflex étonnant.
Sa particularité, c’est ce rond en nid d’abeille, au dessus du viseur : c’est le sonar qui assure l’autofocus.
Le sonar envoie des ultra-sons vers le sujet, qui renvoie l’onde vers l’appareil. Un calculateur interne va dès lors établir la distance parcourue par l’onde et régler l’appareil en conséquence (voyez les vidéos ci-dessous). Notez que l’on peut toujours faire un réglage de la distance manuellement, mais pourquoi se priver du progrès ?
J’écris cela en me moquant gentiment, mais il y a des cas où le sonar se laisse piéger et on est alors bien content de pouvoir faire manuellement le réglage. C’est le cas lorsque vous photographiez à travers une vitre car l’obstacle ainsi créé renvoie l’onde et fausse l’estimation de la distance au sujet qui est de l’autre côté. Pour le débrancher, il faut pousser sur le petit curseur à droite du nid d’abeille (un trait rouge apparaît). Utile aussi lorsque le sonar patine et n’arrive pas à faire la mise au point.
Pour le reste, l’appareil est identique : il garde son excellent objectif 116mm en verre à 4 éléments ouvrant de f8 à f22 ; son obturateur est toujours électronique, asservi à la cellule, donnant des vitesses de 10s à 1/175s. Étonnamment, sa mise au point minimale est de 30cm.
Comme tous les Polaroid, il adore la lumière et vous pouvez monter un flash sur le dessus du module sonar.Soit un flash Polaroid dédié, soit un flash moderne, soit des barres de flashs à usage unique (2×5 lampes). Personnellement, j’utilise un flash électronique Mint Flash Bar 2 bien plus pratique à manipuler et qui permet des fantaisies car il est livré avec des filtres colorés. Comptez quand même +/- 95€ pour ce flash.
Un mot encore du viseur, réflex. Lorsque la mise au point se fait, manuelle ou automatique, vous voyez dans le viseur les changements. Sur ce modèle, il n’y a pas de sitgnomètre à coïncidence mais la visée est très claire et donc la mise au point est facile à effectuer.
Que penser de cet appareil ?
Esthétiquement, le SX-70 avec Sonar est moins équilibré car le module allonge sa forme de 6cm. Ce n’est pas rédhibitoire, mais un peu moins équilibré.
A l’origine, le film prévu pour le SX-70 comptait 150Iso de sensibilité.Mais de nos jours, les nouveaux films Polaroid sont sensiblement plus rapides. Pour éviter des surexpositions involontaires, tournez la molette de réglage de l’exposition vers le noir d’au moins un voire deux crans.
En principe, en cas de surexposition, un signal apparait dans le viseur. Dans ce cas, tournez la molette à fond vers le noir.
Comme pour le SX-70 original, ne forcez jamais ni pour l’ouvrir ni pour le replier, même si l’ouverture demande un peu de force. Poussez à fonds le levier à gauche du soufflet en caoutchouc pour le bloquer et, inversement, appuyez en son centre pour le replier.
Ces petites précautions prises, vous aurez-là entre vos mains le meilleur de Polaroid dans un design franchement original et surprenant, qui ne vous laissera pas passer inaperçu dans la rue.
C’est un de ces appareils iconiques qu’il faut avoir essayé au moins une fois dans sa vie, si on en a l’occasion.
Attention, comme tous les objets hors de l’ordinaire, son prix est conséquent : comptez environ 250€ pour un exemplaire en parfaite condition.
Vidéos d’illustration.
Un peu de technique.
Nom :
SX-70 Sonar Autofocus
Marque :
Polaroid®
Type :
intégral SX-70
Année de fabrication :
1978
Lentille :
116mm / 4 éléments
Obturateur :
Electronique avec cellule
Vitesses :
1/175 à 10 sec
Ouverture :
f/8 – f/22
Mise au point :
Autofocus par sonar
ISO :
150
Indice de rareté :
courant
Description :
Modèle similaire au « SX-70 Alpha 1 » excepté : – L’autofocus par sonar. – L’alerte de sous exposition. – La mise au point manuel possible.
Ah, j’entends déjà le débat : « mais non, la première photographie reconnue, c’est celle de Joseph Nicéphore Niépce, « Point de vue du Gras », en 1827 ! ». Ou encore, « pas du tout, l’invention de la photographie, c’est le 7 janvier 1839, lorsque l’Etat français acquiert l’invention du daguerréotype. »
Bon, je ne vais pas vous refaire l’histoire de la photographie (quoique, ça me tente bien) mais revenons aux balbutiements.
Mais d’abord une précision : quand nous parlons de photographie, c’est bien la capture d’un sujet sur un support et la conservation de l’image par après.
Pourquoi cette mise-en garde ? Tout simplement parce qu’en 1800, l’anglais Thomas Wedgwood réussit à produire une image en noir et blanc grâce à une camera obscura et même à la fixer sur du papier et du cuir blanc enduit de nitrate d’argent, mais cette photo ne sera visible que quelques minutes, car elle n’a pu être fixée par un produit ad hoc.
Ensuite, Joseph Nicéphore Niépce, en 1816, réussit aussi à capter quelques images sur papier traité au chlorure d’argent, mais là encore, elles disparaissent rapidement.
Déçu, il va remettre cent fois sur le métier son idée et entre 1822 et 1827, il explore de nouveaux produits sensibles à la lumière et d’autres capables de les stabiliser dans le temps. Il nomme son procédé l’héliographie.
Un échange épistolaire avec son frère Claude, daté du 16 septembre 1824, atteste d’une première image captée et retenue : «je suis parvenu à obtenir un point de vue tel que je pouvais le désirer (…) l’image des objets s’y trouve représentée avec une netteté, une fidélité étonnantes, jusqu’à ses moindres détails, et avec leurs nuances les plus délicates». Hélas, cette image a à jamais disparu.
Enfin, en 1825 (ou 1827 les experts ne sont pas encore d’accord), il fixe sur un support de bitume de Judée étendu sur une plaque d’argent son célèbre « Point de vue du Gras ».
Cette héliographie – car le nom de photographie n’apparaitra qu’en 1839, grâce au scientifique britannique Sir John Herschel qui crée le substantif à partir des mots grecs phôs signifiant lumière et graphê signifiant dessin ou écriture – a nécessité plusieurs heures (on parle aussi de plusieurs jours) pour fixer cette vue de la fenêtre du scientifique à Saint-Loup-de-Varennes, en Saône. et Loire.
Cette image existe toujours, même si elle devient difficile à lire et elle est entourée de mille précautions (ce cliché de 16,2 × 20,3 cm est visible à l’Université d’Austin au Texas qui l’a reçu en don de Helmut Gernsheim, grand collectionneur d’œuvres photographiques).
Si le procédé a permis cette première capture d’image, il est long et laborieux. Afin de revoir la technique, Nièpce s’associe en 1829, à Louis Jacques Mandé Daguerre et en 1832, ils mettent au point, à partir du résidu de la distillation de l’essence de lavande, un second procédé produisant des images en une journée de temps de pose.
Hélas, en 1833 Nièpce décède. Daguerre va continuer seul les recherches et il va inventer un processus qui nécessite, pour la première fois, un « développement ». Il s’agit du daguerréotype. A savoir, une plaque d’argent qu’il expose dans une chambre noire et qu’il soumet ensuite à des vapeurs de mercure, ce qui provoque l’apparition de l’image formée pendant le temps de pose. Ce développement amplifie l’effet de lumière, ce qui permet de diminuer le temps de pose à 30 minutes. Et, surtout, ensuite, l’image est fixée par un bain d’eau saturée au sel de mer.
Il montre son invention au scientifique Louis Arago, qui est aussi député. Ce dernier soutient l’invention, qu’il présente le 7 janvier 1839 à l’Académie des Sciences à Paris. Par la suite, l’Etat français achète l’invention, contre une rente viagère annuelle de 6000 francs à Daguerre et 4000 francs à Isodore Nièpce (le neveu de l’autre). Là, l’Etat français fait ensuite une chose extraordinaire car il fait « don au monde » de l’invention.
Voilà pourquoi on retient la date du 7 janvier 1839 comme étant celle de l’invention de la photographie.
Pourtant, un certain jour de septembre 1824, un inventeur têtu a écrit à son frère la réussite de ses travaux. Malheureusement, c’est la seule trace qui reste de cette avancée formidable pour la photographie.
Cet appareil, je le dois à Francis, un ami découvert au fonds du namurois (Felenne) et lui-même complice de Jean, celui qui m’avait vendu ses deux Pentax LX.
Sur son stand, quelques Nikon hérités d’un ami défunt, dont un Nikon F-801, celui que je vais vous présenter, un F-801s et quelques objectifs dont des raretés (un télé-miroir 500mm neuf, par exemple).
Après quelques palabres, j’emporte finalement le F 801s, son livret et un zoom Nikkor 35 – 80mm, neufs.
Un peu d’histoire.
En 1988, Nikon sort le F-801. c’est un appareil dit « expert », destiné à être un second boitier pour les professionnels qui désirent un compagnon moins lourd que leur F5 et destiné aux « prosumers », c’est-à-dire des clients exigeants mais pas professionnels.
Cela se voit à son ergonomie, très travaillée (et qui sera à l’origine du design des appareils modernes, comme chez Canon et ses Eos), à la qualité de sa fabrication, à l’abandon des programmes résultats (programmes « scènes »), le testeur de profondeur de champ, la mesure matricielle, le viseur à verre interchangeable et à 100% de la scène. Tout est pensé pour garantir les meilleures performances possibles sans compromis sur la robustesse. Pourtant, il reste accessible même aux débutants tant sa mesure matricielle de la lumière est excellente.
Ensuite, il est équipé d’un obturateur en feuille d’aluminium qui lui permet des vitesses très rapides : 1/8000s. Seul le Minolta Dynax 9xi fera mieux avec 1/12000s.
La synchro flash est aussi exceptionnelle : 1/250s. Même de nos jours, cela reste impressionnant.
Seulement la concurrence est rude et bien vite il s’essouffle au niveau de son autofocus, lent et dépassé par le Canon Eos 10 ou le Minolta 8000i.
En résumé, la machine est très bonne mais il va falloir la booster pour rester dans la course.
Présentation du Nikon F-801s.
En 1992, Nikon lance son successeur, le F-801s (aussi appelé N8008s aux USA). S’il garde le meilleur de son aîné, il va gagner un autofocus enfin plus rapide et prédictif, plus silencieux, qui assure le suivi de l’autofocus jusqu’à 2i/s et une mesure « spot » qui viendra épauler la déjà très bonne mesure matricielle.
Qu’est-ce qu’un autofocus « prédictif » ? C’est un autofocus qui anticipe la position du sujet. Associé à un traitement plus rapide des données, il diminue le temps nécessaire à la mise au point.
Celle-ci peut être manuelle (M), ponctuelle (S, le point se fait quand le déclencheur est à demi enfoncé et le déclenchement ne peut avoir lieu que si le sujet est net) ou continue (C, le point se fait en permanence et il est possible de déclencher sans que le sujet soit net). Le réglage de votre choix se fait avec un petit bouton, en bas à gauche de l’objectif.
Le moteur d’entrainement a aussi été modifié pour assurer plus de couple tout en réduisant le bruit de fonctionnent.
Ensuite, la mesure matricielle, si elle reste identique, elle gagne une mesure spot (centrée sur un point précis). La plage de mesure s’effectue grâce à une matrice 2D évaluative qui travaille sur 5 zones et elle effectue une moyenne pondérée centrale de 75% du sujet. La mesure spot concerne 12% du sujet.
Le F-801s garde un obturateur en lamelles d’aluminium à plan focal à déplacement vertical, avec commande électronique pour une plage de vitesse de 30 secondes à 1/8000 seconde plus la pose B, avec une vitesse de synchronisation du flash de 1/250 seconde.
Le réglage de la sensibilité se fait automatiquement au chargement du film (lecteur code DX), mais on peut aussi faire un réglage manuel pour des sensibilités de 6 à 6400Iso.
Comme pour le F-801, vous aurez les modes d’expositions PASM, avec un mode automatique programmé (PHigh – option de programme à grande vitesse) et P (programme), puis Priorité à l’ouverture (A), Priorité vitesse (S) et enfin un mode manuel (M). Vous pouvez modifier la vitesse du moteur d’entrainement avec un réglage S (image unique), CH (haut, en continu avec +/- 3, 3 images/seconde ou encore CL (bas, en continu avec +/- 2 images seconde) avec le mode servo-autofocus en continu ou manuel.
Pour charger le film, rien de plus simple : vous ouvrez le dos (deux verrous sur la tranche à actionner simultanément, c’est bien pensé et costaud) et glissez le film dans la chambre. Puis, il faut tirer l’amorce jusqu’au carré rouge et vous refermez le dos : l’appareil va charger automatiquement le film jusqu’à la première vue, tout en lisant le codage DX pour régler la sensibilité de la cellule.
Le rembobinage (vous le verrez bien dans la première vidéo) nécessite de toucher 2 boutons en même temps. Petit plus, lors du rembobinage, l’amorce du film reste dehors. Ce qui peut faciliter les choses si vous vouliez réutiliser le film entamé à un autre moment ou dans un autre appareil.
Pour l’alimentation, pas de soucis particulier, il utilise 4 piles AA qui se glissent dans un support logé dans la poignée, avec un verrou solide à viser.
Autre preuve que nous ne sommes pas loin d’un appareil professionnel, trois verres de mise au point sont disponibles, dont l’écran mat standard de type B, ainsi qu’un écran quadrillé de type E et un écran à microprisme de type J.
Au point de vue des objectifs, pour rester dans la logique du F ancestral, il accepte les anciennes optiques mais en perdant alors le bénéfice de l’autofocus et des réglages automatiques.
Avec les cailloux de la gamme AF Nikkor, si je ne dis pas de bêtises, il faut mettre l’objectif sur la plus petite ouverture (f22 par exemple) pour éviter un message d’erreur de type « ee… ».
La griffe porte-accessoires du Nikon F-801s vous permet de monter directement une large gamme de flashs électroniques dédiés Nikon, notamment les SB-24, SB-23, SB-22, SB-20, SB-18, SB-16B et SB-15, etc. Chaque flash tire pleinement parti de l’ordinateur intégré du F-801, qui synchronise automatiquement l’obturateur et l’ouverture de l’objectif de l’appareil photo pour fournir des expositions contrôlées avec précision.
Encore un mot sur l’emploi des flashs (de nos jours ont les oublie un peu avec la capacité des capteurs a voir presque dans le noir).
Si le sujet est généralement bien éclairé avec le Matrix Balanced Fill-Flash ou flash/ambiance équilibrée matriciel du F-801s, il faut remarquer que l’éclairage d’arrière-plan peut beaucoup varier. C’est surtout vrai lorsque le sujet principal est proche et l’arrière-plan assez sombre. Dans ce cas, le flash/ambiance équilibrée ajuste automatiquement l’éclairage du sujet et de l’arrière-plan.
En fait, la mesure matricielle s’ajuste à l’arrière-plan et au niveau d’exposition du flash TTL, de sorte que l’éclairage du flash est équilibré et ne dominera pas le sujet au premier plan.
Les écrits de l’époque relèvent que cela crée un effet naturel et agréable, comblant les ombres dures et faisant ressortir les détails du sujet sans perdre l’exposition correcte de l’arrière-plan. Ce système fonctionne automatiquement : sur la base d’une combinaison de luminosité et de contraste généraux de la scène, la valeur d’exposition de l’arrière-plan est déterminée par l’une des cinq méthodes de calcul : pondération à faible luminosité, segment central, moyenne, pondérée à haute luminosité ou très élevée. La valeur d’exposition au flash est contrôlée de la même manière. La combinaison de la lumière ambiante et de la lumière du flash est équilibrée pour produire un effet naturel et agréable.
Dans les modes PD – P – PH, la vitesse de synchronisation de 1/250s est prioritaire, mais lorsque l’ouverture atteint sa plus grande limite (variable selon la sensibilité ISO du film), la ligne de programme fixe la vitesse d’obturation à 1/60 seconde. Dès lors, l’ouverture est contrôlée entre f/4 (à 100 ISO) et la plus petite ouverture de l’objectif. En mode à priorité vitesse (S), vous pouvez choisir des vitesses de synchronisation de 1/250 à 30 secondes, vous permettant de photographier, par exemple, un paysage urbain de lumières nocturnes, avec une exposition automatique au flash pour les sujets au premier plan. L’ouverture est contrôlée entre f/2,8 (à n’importe quelle sensibilité de film ISO) et la plus petite ouverture de l’objectif.
En mode à priorité ouverture (A), vous sélectionnez l’ouverture et l’appareil photo sélectionne une vitesse de synchronisation appropriée, dans une plage de 1/60 à 1/250 seconde. (à n’importe quelle sensibilité de film ISO).
Alors, en mode Manuel (M), vous contrôlez à la fois l’ouverture et la vitesse d’obturation tandis que l’exposition au flash est déterminée par la luminosité et le contraste de la scène, avec le contrôle Matrix Balanced Fill-Flash partout. En modes S et M, lorsque vous sélectionnez une vitesse d’obturation supérieure à 1/250s puis allumez le flash, le F-801s passe automatiquement à 1/250s.
C’est sophistiqué, non ?
J’ai envie d’écrire « comme d’habitude » le viseur est très clair et couvre 100% du champ. Sur le dessus du prisme, une fenêtre s’illumine quand vous faites la mise au point et les indications suivantes sont visibles dans le bas de l’écran : indicateurs de mise au point, modes d’exposition, vitesses d’obturation/vitesses de film, valeur de compensation d’ouverture/exposition, affichage analogique électronique, marque de compensation d’exposition.
Ensuite, l’écran LCD va répéter certaines informations et en ajouter d’autres. Vous aurez ainsi : modes d’exposition, types de mesure, compensation d’exposition, affichage analogique électronique, vitesses d’obturation/vitesses de film, valeur de compensation d’ouverture/exposition, réglage de la vitesse du film, réglage de la vitesse du film codé DX, mode d’avance du film, film installation, avance et rembobinage du film, retardateur, surimpression, compteur d’images/durée du retardateur/nombre d’expositions multiples.
C’est très complet. Juste à regretter que sous certains angles la vue dans le viseur n’est pas toujours évidente. Question d’habitude sans doute.
Ah, et il y a encore le réglage du « Bip ». Si vous placez l’interrupteur sur la position ad hoc, un bip sonore va retentir dans les cas suivant : à la fin du rouleau de film, lorsque le rembobinage du film est terminé, pendant le fonctionnement du retardateur. Il donne aussi des signaux d’alerte : en cas de surexposition ou de sous-exposition et d’un éventuel flou d’image en mode PD, P, PH ou A ; lorsque l’objectif n’est pas réglé sur la plus petite ouverture en mode PD, P, PH ou S ; lorsqu’un film non codé DX, un film endommagé ou un film avec un code DX inacceptable est chargé, tel qu’un film déchiré ou endommagé pendant l’avance du film.
Bon, il est assez discret mais j’avoue que je n’aime pas ces sons et donc je le débranche.
Voilà, voilà, je pense avoir fait le tour. De toute manière, je vous encourage à visionner la première vidéo ci-dessous (en français), elle est bien faite et assez complète.
Que penser de ce Nikon F-801s ?
S’il n’est pas considéré comme « professionnel », ce boitier n’en est pas loin …
Sérieux de la fabrication, commodité d’utilisation, ergonomie, performances, il a tout d’un grand.
C’est réellement un appareil agréable à tenir en mains, qui vous donne l’impression « d’en avoir pour son argent ». De nos jours, ses qualités ont été éprouvées, reconnues, voire encensées.
Donc, si vous en trouvez un bel exemplaire, faites-vous plaisir, prenez-le.
Son prix n’est pas encore astronomique car il n’a pas l’aura des modèles professionnels ni celui des anciens F et consorts. Pourtant, quel confort d’utilisation avec l’autofocus.
Soyons de bon compte : ce dernier est performant mais ne vous attendez pas aux prouesses des numériques actuels, vous seriez déçu. Il tire bien son épingle du jeu mais ne lui demandez pas ce qu’il ne peut pas faire.
Enfin, si vous lui adjoignez de bons objectifs, et chez Nikon, ils ne manquent pas, vous aurez-là un appareil redoutable d’efficacité.
Comptez environ 80 à 90€ pour un très bel exemplaire muni au moins d’un 50mm.
Videos d’illustration.
Un peu de technique.
Alors, pour le mode d’emploi en français, c’est sur le site de Nikon Passion qu’il faut télécharger la brochure numérisée (merci à eux).
Pour le reste c’est sur ce site qu’il faut aller (en anglais) pour être très complet : mir.com.
Dans une caisse pleine de vieux appareils disparates et en fort mauvais état, je trouve ce gros Polaroid, pas trop amoché.
Petite négociation sur le prix et hop, dans le sac à dos. Ouf, celui-là, je sens bien sa présence, quel poids !
Mais que voulez-vous, il m’intrigue et décemment, je ne pouvais pas le laisser là …
Un peu d’histoire.
Je ne vais pas refaire tout l’histoire de Polaroid, vous la trouverez dans les multiples articles que j’ai déjà consacrés à cette marque mythique et prolifique.
Juste revenir sur la genèse des films (enfin, en partie, sinon nous sommes bons pour un long moment) : à l’origine, en 1948, le film Polaroid se présente en rouleau (le Type 41 sépia, suivi du Type 42 en N/B), puis ils évolueront peu à peu jusqu’en 1963 et il y aura 18 références différentes pour les premiers appareils. Les derniers films en rouleau seront produits en 1991.
Ce seront, par exemple, pour les appareils (et leurs déclinaisons) : Polaroid Model 95, Polaroid Model 100, Polaroid Model 110 (Pathfinder), Polaroid Model 120, Polaroid Model 150, Polaroid Model 700, Polaroid Model 800, Polaroid Model 900, Polaroid Model J66
A partir de 1962, c’est la naissance des « films Pack » , les FP 80. Ceux-là marquent le lancement de la photo instantanée en couleur. Pourquoi « film Pack » ? Parce que cette fois les films se présentent dans une cassette en plastique. Le film, en fait chaque future photo, est dans une enveloppe scellée qui contient le négatif, la surface sensible et la chimie. Quant la photo est prise, le film se développe à l’abri de la lumière dans cette enveloppe.
L’image est carrée avec une fine bordure blanche autour.
La liste des appareils est très longue mais ils sont généralement imposants, en plastique dur comme par exemple les Polaroid The Reporter, Polaroid EE100, Polaroid ProPack, Polaroid Electric Zip, Polaroid Minute Maker, Polaroid Square Shooter, Polaroid The Clincher, Polaroid Zip, Polaroid Colorpack 80, Polaroid Colorpack 88, Polaroid Colour Swinger , Polaroid EE22, Polaroid EE38, Polaroid Instant 10, Polaroid Super Swinger et leurs nombreuses déclinaisons.
Toujours à partir de 1962 (quand j’écrivais que c’était une bonne année !), apparait aussi le »film Pack 100″ ou FP 100. Ici, il y aura deux types d’appareils : ceux comme le Colorpak 80, en plastique dur et toujours imposant, et ceux à soufflet comme le Land 320, tout aussi encombrant.
Le film est aussi en cassette, comme le Pack 80 mais l’image est rectangulaire avec une fine bordure blanche.
Petite particularité : Fujifilm a aussi produit des films en Pack 100 jusqu’en 2018, les FP-100C en couleur ou le FP-3000B en N/B.
Dix ans plus tard, en 1972 donc, apparait une autre cassette, la SX-70. C’est une petite révolution car cette fois les films se développent en pleine lumière. A l’occasion de la sortie de ce nouveau film apparait aussi un nouvel appareil, extraordinaire, le SX-70.
Il est pliant et c’est un réflex. Certains modèles seront même équipés d’un sonar pour assurer l’autofocus.
Mais à côté de ce petit bijou, il y aura des appareils en plastique dur comme le 1000, qui aura la chance de porter la fameuse bande tricolore. Là, le format de l’image redevient carré avec un bande blanche autour, un peu plus épaisse en bas.
Ici encore, la liste des appareils est très longue. Citons quelques exemples : Polaroid SX-70, Polaroid SX-70 Executive, Polaroid SX-70 Sonar OneStep, Polaroid TimeZero SX-70 AutoFocus, Polaroid Encore!, Polaroid OneStep, Polaroid Presto!, Polaroid Pronto!, Sonar OneStep, Polaroid Super Clincher, Polaroid The Button, Polaroid TimeZero OneStep, olaroid 500, Polaroid 1000, Polaroid 1000 S, Polaroid Supercolor AutoFocus, Polaroid Supercolor AutoFocus 3500
Ensuite, naissance en 1973 du film sans doute le plus connu, le 600. Celui-là se développe aussi en pleine lumière. Il offre une image carrée, comme le SX-70, avec des bords blancs, le bord en bas étant plus large. Ce film sera fabriqué par Polaroid jusqu’en 2007 mais il continue, comme le SX-70, a être produit par la nouvelle société Polaroid (Impossible Project a repris la suite de Polaroid, en faillite, dès 2008; ils se sont ensuite appelé Polaroid Originals et enfin sont (re)devenus Polaroid).
La liste des appareils est presque interminable, alors citons-en quelques uns aussi : Polaroid Sun 640, Polaroid Amigo 610, Polaroid Barbie, Polaroid Business Edition 600, Polaroid Cool Cam, Polaroid Impulse, Polaroid Impulse AF, Polaroid Job Pro, Polaroid OneStep 600, Polaroid 600 LMS, Polaroid One, Polaroid OneStep Express, Polaroid One 600 Classic, Polaroid OneStep AF, Polaroid OneStep Talking Camera, Polaroid Pronto 600, Polaroid Quick 610, Polaroid SLR 680, Polaroid SLR 690, Polaroid SpiceCam, Polaroid Spirit, Polaroid Supercolor 635 CL, Polaroid Supercolor 645 CL, Polaroid Supercolor 670 AF, Polaroid Taz, Polaroid Legoland, Polaroid Hello Kitty, Polaroid 636 Double Exposure, Polaroid 660 Autofocus et leurs nombreuses déclinaisons.
Puis, 1972, naissance d’un nouveau film et d’une nouvelle gamme d’appareils, les Spectra.
Ce nouveau film propose non plus une image carrée mais rectangulaire, avec des bords blancs toujours. Les appareils font partie d’un « system Image » et sont généralement très soignés et plus perfectionnés que les appareils de la gamme 600.
Citons par exemple, les Polaroid Image, Polaroid Image Elite Pro, Polaroid Spectra, Polaroid Spectra 1200si, Polaroid Spectra 1200FF, Polaroid Spectra Onyx, Polaroid Spectra Pro, Polaroid Pro Cam, Polaroid Macro 5 SLR, Polaroid Spectra SE.
Ces films ne sont plus fabriqués, malheureusement. Impossible Project en avait repris la production mais ils ont argué une déficience des appareils de la gamme Image pour arrêter la fabrication.
Enfin, au seuil des années quatre-vingt, citons encore les Polaroid 500 et les appareils Captiva, JoyCam, PopShots, Vision, qui fonctionnent avec du film 500. Les Polaroid i-Zone avec les i-Zone, i-Zone convertible, i-Zone 200, i-Zone digital combo, i-Zone avec radio, Xiao qui utilisent du film i-Zone autocollant et enfin les Polaroid Mio avec les films Mio, qui sont très semblables aux actuels Fujifilm Instax Mini.
Ces films ne sont plus produits depuis 2008.
Pour clôturer cette longue liste, sachez que le « nouveau » Polaroid propose dorénavant un film IType 600 qui est le même que le film 600 sauf que ce film ne contient pas de pile puisque c’est l’appareil qui la contient. Ne vous trompez dont pas si vous achetez du film 600 : pour un ancien appareil, c’est le 600 Vintage ou 600 tout court ; pour les nouveaux appareils, c’est le IType 600.
Des rumeurs persistantes disent qu’en Pologne il est encore possible de trouver tous les films Polaroid. Disons que ça fait partie des légendes urbaines. Vous pourriez encore trouver certaines références sur Ebay, mais à des prix exorbitants pour des films absolument tous périmés depuis très longtemps.
Présentation du Polaroid Land Camera J66.
Le Polaroid Land Camera J66 sera produit de 1961 à 1963. Il utilisait du film en rouleau de type 40, plus précisément le T47, un film N/B.
Il sera produit en masse (plus de 900.000 exemplaires) mais surtout, il sera le premier pas vers des appareils automatiques destinés au grand public.
Ce fut un succès : vendu à bas prix (89$) et simple d’utilisation, il avait tout pour plaire aux amateurs.
Il sera aussi le dernier appareil photo argentique de Polaroid, au sens ou après lui se seront des appareils avec des Pack, c’est-à-dire des images placées dans une boite en plastique, prédécoupées à la bonne taille, avec la chimie comprise dans le pack et non plus un film en rouleau.
A la fin de production, en 1963, apparait les Pack 80 et Pack 100 et une nouvelle ère avec de nouveaux appareils.
Si vous regardez la face avant de l’appareil, ce qui frappe, c’est la cellule au sélénium, assez imposante, à côté de l’objectif. C’est elle qui assure l’automatisme car elle détermine la vitesse d’obturation, l’ouverture étant fixe à f19. Il est impossible de faire le moindre réglage manuellement.
Le mécanisme d’obturation de cet appareil photo est de conception plutôt inhabituelle et consiste en un disque rotatif fendu qui est contrôlé par un vérin pneumatique. La cellule du compteur contrôle une palette qui à son tour régule le flux d’air provenant du cylindre, permettant ainsi une gamme de vitesses d’obturation qui s’échelonnent de 1/15s à 1/1000s. Le posemètre indique à l’appareil la quantité de lumière ambiante afin d’obtenir une exposition correcte pour le film T47, qui est un film N/B de 3000Iso.
En fait, l’appareil ne peut travailler qu’avec ce film, sauf si on lui adjoint un kit adaptateur pour la couleur. En fait, un filtre que l’on place derrière l’objectif, dans la chambre, pour pouvoir utiliser les films couleurs qui autrement seraient fortement surexposés et un second que l’on place que le devant et qui « corrige » la cellule en l’occultant partiellement (« adapter for film T46 color film »).
Son objectif est un ménisque en plastique, disons, heu … de médiocre qualité ouvrant à f19. En tout cas pour les tous premiers modèles de 1962. L’objectif évoluera peu mais offrira ensuite une ouverture de f14,5.
Sur le côté de l’objectif, il y a un flash monté sur charnière et inclinable. Il utilise des ampoules AG-1. L’avantage de sa conception est qu’on peut le tourner et le faire pivoter pour avoir un flash indirect ou direct. Malheureusement, il est manquant sur cet exemplaire.
C’est un appareil pliant, comme les 320 plus tard. Il faut donc tirer sur le bloc objectif pour amener les compas à leur ouverture maximum. Un petit réglage supplémentaire, sur le compas, permet de se mettre en mode portrait ou paysage.
Pour replier le compas, il suffit d’appuyer, sans forcer, sur la plaquette en dessous des bras de support.
Toujours veiller à ce que le bras qui arme l’obturateur (le bouton blanc à droite du bloc optique) soit mis en position haute avant de refermer l’appareil, sinon ça coince. Sur cet exemplaire, ce fut le cas (parce que manipulé par des c… dans la caisse du vide-grenier).
Pour ouvrir le dos du C66, il y a un verrou, à l’avant, qui débloque tout l’arrière. Deux portes s’ouvrent, libérant le vaste espace pour le film T47.
Vous verrez bien la manœuvre dans la vidéo en dessous.
Sur le dessus, un grand viseur, bien clair et muni de cadre pour la visée, mais déporté. Il y a bien des lignes pour corriger la parallaxe en cas de photo rapprochée mais rien qui corrige la position du viseur. Il se replie sur le corps du J66 pour plus de « compacité ».
Franchement, l’appareil n’est pas aisé à manipuler car il est lourd : 1825gr nu et on a paradoxalement peu de prises. Il faut le tenir à deux mains mais pour armer l’obturateur, il faut en lâcher une car c’est un peu comme sur les vieux pliants, l’armement de l’obturateur se fait séparément du déclencheur, qui est sur le dessus (bouton rouge marqué 2). Attention aussi de ne pas arracher le câble fin qui relie le bloc optique/obturateur et le corps sinon plus rien ne fonctionne.
Ne pas oublier le massicot intégré dans le boitier car n’oublions pas que le film est en rouleau : lorsque la photo est prise, il faut tirer sur le film afin qu’il passe entre les rouleaux et que la chimie se répande sur le négatif et le papier positif. Puis il faut couper la photo à la bonne longueur, grâce à cet accessoire intégré (chiffre 4).
Que penser de cet appareil ?
Disons qu’il est original mais hélas plus guère employable : le film n’existe plus et, de ce que j’ai pu lire ici ou là en préparant l’article, les tentatives de conversion, pour du film 120 ou du film Intax Wide, n’ont pas donné de bons résultats. La faute à la piètre qualité de l’objectif, à la cellule qui est souvent hors service (cellule au sélénium) et ne commande donc plus rien.
Bref, un appareil de décoration de plus. Mais prévoyez une étagère solide, n’oubliez pas ses presque deux kilos.
Si vous en trouvez un pas en trop mauvais état, ne dépensez pas plus de 10€, au delà ce serait un presse-livre de grand luxe !
Ce modèle était possédait un obturateur peu commun qui se compose d’un disque fendu qui est commandé par un vérin pneumatique. Il est le modèle le plus courant de la gamme des appareils compatibles avec les films en rouleaux type 40.
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