Argentique

Le Zeiss Ikonta B 521/16

Une brocante un peu pauvre en appareils photo (comme souvent, hélas !), et puis, soudain, quatre étuis en cuir avec de vieux appareils à soufflet : un Franka, un vieil Agfa, un inconnu et le Zeiss Ikonta.

J’ai hésité, mais mon petit porte-monnaie a été plus raisonnable et je n’ai pris que le Zeiss.

Avec son « sac tout prêt » en cuir bien patiné, il est magnifique, comme au premier jour. Ah, ils savaient construire solide et élégant à cette époque !

Il a existé un Zeiss Ikonta B 521/16 considéré, dans la série, comme un modèle d’entrée de gamme car il est équipé d’un Novar-Anastigmat de 75mm ouvrant à f4,5 et d’un obturateur Klio qui donne les vitesses de 1s à 1/200s plus pause B.

Si l’appareil que j’ai acquis présente bien un Novar-Anastigmat de 75mm ouvrant à f4,5, il est équipé d’un obturateur Prontor-S qui « monte » au 1/300s. Il reste considéré comme entrée de gamme, toutefois.

Franchement, du « bas de gamme » comme ça, j’en veux bien tous les jours !

Si vous vous en souvenez, je vous ai présenté le Zeiss Ikon Super Ikonta 531/2 il y a peu de temps.

Ici nous parlerons de l’Ikonta B 521/16 (oui, je sais ce n’est pas très « vendeur » comme nom mais c’est précis …. et Allemand !), le modèle qui l’a précédé.

Mais situons-le dans le temps. Car il est assez proche du Voigtländer Perkeo I que je vous présentais il y a peu.

Les foldings, Klappkameras ou soufflets utilisant du film 120 sont restés au catalogue de la marque de 1937 à 1953. Belle longévité, non ?

De fait, il y eut quatre générations de ces appareils à soufflet, au fur et à mesure des évolutions techniques, et en tenant compte des sursauts historiques de ces années-là.

La première, le 520/16 se sont des folding horizontaux, qui reprennent de fait l’orientation des vieux Nettar 6×9 cm. Elle apparaît en 1937.

Pour être remplacée rapidement, dès 1938, par la série des 521/16, qui propose un système pour éviter les doubles expositions involontaires. Cette série sera fabriquée jusque la fin de la seconde guerre mondiale, vaille que vaille.

La troisième série démarre en 1946, qui reprend les numéros 521/16 et qu’il est difficile de distinguer de la précédente

Quant à la quatrième série, ou génération, elle débute en 1951 sous le nom de 523/16 ou Ikonta II. Elle diffère des précédentes car le capot intègre cette fois le viseur.

Mais revenons à celui que je vous présente aujourd’hui. C’est bien un Zeis Ikonta 521/16, avec protection contre la double exposition, ce qui me laisse penser qu’il est de 1945 – 46 car il n’a pas encore de griffe pour accessoire.

Cet exemplaire, comme je l’écrivais plus haut, est une version d’entrée de gamme car « il n’est équipé que d’un Novar-Anastigmat » de 75 mm f/4,5 à 3 éléments dans un obturateur Prontor-S monté sur jante avec des vitesses allant de 1s jusqu’à 1/300 s. L’ouverture minimale est de f22 ce qui autorise l’utilisation de films modernes, forcément plus rapides qu’à l’époque

Le haut de gamme était équipé d’un objectif Tessar avec un obturateur Compur

Pourtant ce Novar, qui est un triplet, c-à-d. trois lentilles en trois groupes est un objectif « historique ». C’est un fabriquant de Dresde, Hütting, qui le produisait au tout début du XX siècle. Cette société sera absorbée par ICA en 1909. Et ICA faisait partie des autres grands (Ernemann, C.P. Goerz et Contessa-Nettel) qui formeront Zeiss Ikon en 1920. Le Novar, toujours sous forme de triplette chez Zeiss Ikon existera en f6,8, f6,3, f4,5 et f3,5. Pour la petite histoire, se sera aussi un objectif pour agrandisseur.

Il n’a pas l’aura d’un Tessar mais il n’en demeure pas moins un excellent objectif.

Pour en terminer avec ce chapitre, il faut se remémorer que Zeiss Ikon fabriquait les appareils photo et Carl Zeiss était un opticien. Dès lors, lorsque le premier développait un nouvel appareil, il établissait un cahier des charges précis au sujet des optiques, qui était soumis à différents opticiens. Lorsque les formules étaient plus sophistiquées, c’est généralement Cark Zeiss qui emportait le marché, ou Schneider-Kreuznach. Pour les formules plus « populaires », comme le Novar, c’est Goerz ou Rodenstock à qui Zeiss Ikon faisait appel.

C’aurait pu être pire, non ?

Toujours au sujet de ces appareils, ceux d’avant guerre conservent une qualité de fabrication qui se perdra un peu par la suite car à la fin de la guerre, tous les brevets allemands seront déclarés du « domaine public » au titre de dommages de guerre. Ce qui permettra aux Japonais, notamment, de copier allègrement et en toute légalité les fleurons allemands de la photographie et de rafler les marchés.

L’industrie photographique allemande se verra ensuite contrainte de revoir à la baise ses critères de qualité pour rester dans des coûts de vente abordables. Ils inventeront de nouveaux matériaux, de nouvelles méthodes de fabrication mais il n’atteindront plus la « qualité d’avant guerre » ni la place de leader dans les ventes d’appareils photo. L’Histoire a des revers terribles.

Bon, allons voir de plus près comment fonctionne cet Ikonta.

Pour cela, je le désolidarise de son sac tout prêt et je constate, en passant, que le pas de vis de la douille pour le fixer sur un trépied, p. ex., est assez gros. Si on veut le mettre sur un pied moderne, il faudra trouver un adaptateur. Notez aussi les deux « boutons » en dessous, qui servent d’assise mais surtout se soulèvent pour y glisser la bobine de film et la bobine réceptrice. Je note – c’est là qu’on voit la recherche du détail – que ces deux pièces sont enchâssées dans le dos lorsqu’on le ferme, empêchant ainsi toute fuite de lumière possible.

Sur le dessus de l’appareil, de belles pièces chromées : la molette de bobinage, le déclencheur, le viseur pliant et à l’autre extrémité, une pièce qui ne sert qu’a tenir un anneau de fixation, bien ouvragé. Entre le viseur et cet anneau, un petit bouton qui, lorsqu’on appuie dessus, libère la porte derrière laquelle se cache le soufflet et l’objectif.

La mécanique est impeccable car il se déploie tout seul.

Sur le dessus, le viseur s’ouvre lorsqu’on appuie sur un minuscule mais efficace petit bouton.

Et si vous regardez bien, il y a deux verres dans le viseur, qui « rapprochent » les sujets, sans rien déformer.

Le déclencheur est à côté de la manivelle de bobinage, avec une demi-lune qui se soulève pour une meilleure préhension. Le déclencheur est fileté si besoin d’un câble. Attention, ce déclencheur ne fonctionne que si vous avez armé le levier situé sur la jante de l’obturateur, autour de l’objectif.

Lorsque vous tournez d’un quart de tour la manivelle, vous entendez le « clic » de l’armement du déclencheur. Cette astuce permet des doubles expositions mais avec un décalage du film.

Pour ouvrir le dos, une tirette sur le côté gauche que vous descendez et la porte s’ouvre.

Puisque nous en sommes à parler du dos, remarquez la fenêtre rouge inactinique, que l’on peut masquer en cas d’inactivité de longue durée. Cette fenêtre sert aussi de compteur de vue puisqu’elle permet de voir l’avancement du film.

Notez le nom de l’appareil, embossé dans le cuir du revêtement : le nom à gauche, le modèle à droite. Le numéro de série est gravé sur la tranche à l’extrême droite. Il s’agit du P 49416 plus le poinçon de la marque Zeiss pour cet exemplaire.

Un mot sur l’objectif, entouré de l’obturateur, la pièce maitresse de l’appareil.

Ici l’échelle de distances est en mètres. Les vitesses vont de 1s à 1/300s plus pause B. Le petit levier d’armement est sur le dessus. Lorsque vous pressez le déclencheur sur le capot, un mécanisme précis va actionner le déclencheur de l’obturateur. Le petit levier, en dessous, avec le point rouge, est celui du retardateur (plus ou moins 12,secondes). L’ouverture se règle aussi sur la jante de l’obturateur (de f4,5 à f22).

Pour changer, les filtres sont ici à viser (pas à clipser comme sur le Voigtländer), au diamètre de 35,5mm. Vous pouvez aussi y monter un pare-soleil car les optiques ne sont pas traitées et elles sont sensibles au flare.

Il est clair que vous avez intérêt à prédéfinir la zone de prise de vue, la profondeur de champ étant indiquée par des repères sur la couronne.

Le propriétaire précédent se simplifiait la vie car il avait noté les ouvertures utiles selon le temps qu’il faisait dans le rabat du sac tout prêt. Des « copions » d’époque !

Tiens, une chose m’intrigue quand même : partout je lis que cet appareil était un 6×6. Or, dans la porte du mien, il est noté B2 – 6×9. Si le cadre de la chambre semble être un 6×6, le presse film est clairement un 6×9. Un exemplaire de transition ou un dos remplacé à un moment ou un autre ?

Là j’avoue que je n’ai pas trouvé d’infos utiles à ce sujet. Mais je creuse …

En résumé, que penser de cet appareil ?

Il est beau, très agréable à manipuler, avec une sensation de robustesse (n’est-ce qu’une sensation ? près de quatre-vingt ans après, il fonctionne toujours impeccablement), très compact et facile à porter dans un sac voire une poche (solide vu le poids de l’engin).

Sa forme déroute un peu car nous sommes tellement habitués à la forme soit des télémétriques à la Leica ou à celle des reflex. Un appareil à soufflet change la donne.

Et je dirais ici qu’heureusement la porte s’ouvre vers l’avant, ce qui facilite la prise en mains (je faisais la remarque inverse avec le Super Ikonta avec son soufflet qui s’ouvre sur la gauche) et la stabilité lors de la manipulation.

Toutes les commandes sont faciles et fluides. Cependant, elles sont réduites à l’expression de la photographie d’antan : une vitesse, une ouverture, une distance.

Vous pouvez compléter tout ça avec un télémètre indépendant, une cellule à mains ou faire « comme avant » : travailler par zones de distance (à pré-régler en tenant compte de la profondeur de champ) et la règle du Sunny 16 pour l’ouverture.

Notre bon Monsieur Van de Wilde avait résumé tout ça dans le rabat du sac tout prêt, reprenons les :

temps sombrevitesse 1/25souverture f4,5
temps nuageuxvitesse 1/50souverture f5,6
temps clairvitesse 1/100souverture f5,6 – f8
plein soleilvitesse 1/100souverture f8
mer (neige que j’ajoute)vitesse 1/100souverture f8 + filtre rouge

J’imagine qu’il les a testées et les a trouvées justes. Mais j’ignorerai toujours quel film il utilisait (du N/B ça c’est certain, peut-être de la couleur ensuite), à quelle sensibilité (si ce n’est celle des films de l’époque qui « tournait » autour des 25 à 64 iso maximum si mes souvenirs sont exacts)

Utiliser ce type d’appareil suppose des essais/erreurs. Mais quand ça fonctionne, quel bonheur de découvrir ces grands négatifs plein de détails.

C’est une démarche, qui demande de prendre son temps.

Et soyez certain que l’on vous remarquera en rue, ce qui peut être un bon moyen de communication pour partager votre passion.

Donc, si vous trouvez une de ces petites merveilles, vérifiez la bien avant de sortir votre portefeuille : le soufflet n’est pas percé, les lentilles sont propres, les mécanismes fluides et tous fonctionnels, le déclencheur déclenche ?

Si tout ça est ok, attendez-vous, si vous avez de la chance à débourser au moins 35€ mais si le vendeur s’y connais un peu et que l’appareil est vraiment exceptionnel, vous serez plutôt dans les 100€ (et je ne parle pas des Tessar f3,5 dont les prix sont aussi … exceptionnels !)

Pour ma part, je pense que c’est celui-ci que je vais garder, au détriment du Voigtländer Perkeo. Pourquoi ? La porte s’ouvre vers le vers le bas, c’est plus confortable pour la prise en mains; les distances sont en mètres ( pas besoin de conversion), les vitesses vont jusqu’au 1/300s et il ouvre jusqu’au f22. N’oublions pas que nos films modernes sont plus sensibles, en général (allez faire un tour sur Retrocamera pour découvrir l’offre en 120 – il y a même un Rollei RPX en 25 Asa).

Mais je suis conscient qu’il sera plus délicat à manipuler,notamment avec son viseur très approximatif

Des exemples de photos prises avec cet appareil ICI et LA.

Video d’illustration

Un peu de technique :

Produit de 1938 à 1951
Format : 6 x 6 cm sur pellicule type 120 ou 6 x 9 (8 vues alors sur le film)
Pour vous aider, les combinaisons objectif/obturateur connues (avant-guerre) :
Objectif Novar 4,5/7,5 cm dans un obturateur Klio
Objectif Novar 3,5/7,5 cm dans un obturateur Compur
Objectif Tessar 3,5/7,5 cm dans un obturateur Compur-Rapid
Combinaisons objectif/obturateur connues (après-guerre) :
Objectif Novar 4,5/75 mm dans un obturateur Prontor-S
Objectif Novar 3,5/75 mm dans un obturateur Prontor-S
Objectif Schneider Xenar 3,5/75 mm dans un obturateur Compur-Rapid
Objectif Carl Zeiss Jena Tessar 3,5/7,5 cm dans un obturateur Compur-Rapid
Objectif Zeiss-Opton Tessar 3,5/75 mm dans un obturateur Compur-Rapid
Tailles de filtre : 35,5 mm à visser.
Synchronisation flash (seulement après-guerre) : griffe dite « froide », X-synchronisation
Prévention de la double exposition : Oui
Finition : que du noir avec ornements chromés
Dimensions LxPxH (plié) : 135x45x78 mm
Poids : 540 grammes,

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Ikonta_521/16, http://www.cameramonkey.net/zeiss-ikon-ikonta-52116, http://www.appaphot.be/fr/brands/zeiss-ikon/zeiss-ikon-ikonta-b-52116/, https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Zeiss_Ikon/Zeiss_Ikon_Ikonta_521-16, https://www.armesphoto.com/Nothing-Negative-About-Film/1950-Zeiss-Ikonta-B-52116/i-tGGqh3L https://www.mikeeckman.com/photovintage/vintagecameras/ikontab/index.html, https://apenasimagens.com/en/ikonta-and-super-ikonta-zeiss-ikon/, https://www.pacificrimcamera.com/pp/ziikonta.htm en anglais, https://mgroleau.com/photo/allemagne/zeiss_ikon/zi_ikonta521b.html, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-12041-Zeiss%20Ikon_Ikonta%20B.html, http://vieilalbum.com/Ikonta521-16%20FR.htm en français

Argentique

L’Agfa Billy-Clack 74

Ah celui-ci, je l’ai trouvé dans une caisse, mélangé avec d’autres vieux appareils en (très) mauvais état.

Mais voilà, sa façade très « art déco » m’a fait craquer, et son prix aussi car ni le vendeur ni moi n’étions parvenus à l’ouvrir.

Petite recherche sur la Grande Toile d’abord pour savoir de qui il s’agit, partant du seul indice de son objectif, un « Bilinar » d’Agfa. Puis, d’images en images, j’ai resserré la recherche et trouvé celui que je cherchais, un Agfa Billy – Clack 74.

Et là je constate le paradoxe : il s’appelle Clack car, normalement, en appuyant sur un petit bouton, situé près de la clé de bobinage, la face avant doit se déployer automatiquement.

Ben ici, faut que je l’aide vraiment à s’extirper de son logement, sans rien abimer car le soufflet est en parfait état, lui.

Ceci étant, j’ai trouvé les ouvertures, en façade (de f11 -f16 – f22) mais pas de réglage de vitesse. J’en déduis qu’il n’y en qu’une. J’ai toutefois trouvé un petit levier avec deux positions. Je verrai ça plus tard.

Comme vous pouvez l’apercevoir, la lentille est sale, tout comme les deux « viseurs ». Je vais voir si je peux démonter pour nettoyer tout ça.

Bon, mais si nous commencions par le début ?

Le Billy-Clack fut construit des années trente au seuil des années quarante (là, je vous avoue que j’ai battu mon record de « vieux machins » : il a nonante ans !).

C’est un appareil original de par son ouverture qui utilise un double pantographe.

Ce type d’ouverture apparait d’abord chez Kodak sur le N°1 Folding Pocket Kodak en … 1897. Il sera ensuit repris sur d’autres foldings car très pratique (l’appareil s’ouvre tout seul) et permettant une grande compacité.

Pour l’anecdote, ce genre d’appareils fut très prisé des soldats de la première guerre mondiale (pas du tout par les officiers supérieurs. Quand on se souvient de la boucherie absurde des tranchées qu’ils ont commandées, on comprend pourquoi !), ils ne prenaient pas beaucoup de place et étaient robustes

Cet Agfa Billy Clack a existé en deux versions : le n° 51 au format 4,5×6, équipé d’un filtre jaune intégré et le n° 74 au format 6×9 sur film 120.

Source : artdecocameras, l’Agfa Clack n° 51

Comme vous avez pu le constater sur les photos, le 74 ne propose que 3 ouvertures : f11 – f16 – f22, que vous sélectionnez avec un petit levier elliptique.

L’objectif est un Agfa Bilinar de 95mm ouvrant à f11. De fait, le terme d’objectif est un bien grand mot.

Lorsque j’ai démonté la face « art déco » – j’y reviendrai – pour nettoyer la lentille et les viseurs, je me suis trouvé devant une lentille convexe (sale) et, en dessous, un second verre qui parait plat qui passe sous la lentille, au dessus de l’obturateur. Dois-je en conclure que c’est donc un objectif à deux lentilles ?

De fait cette lentille additionnelle est une « bonnette à portrait » pour les prises de vues comprises entre 2,5 m et 5m. On l’actionne avec une tirette qui se trouve sous le bloc optique + obturateur.

A gauche, le levier pour bloque l’obturateur et à droite la tirette pour la seconde lentille ‘bonnette ». Et si vous regardez bien, en dessous, il y a la béquille et sur le côté, à gauche, le déclencheur à flan du bloc..

Et vous avez bien lu, la mise au point minimale est de 2,5m – pas de promiscuité en cas de portrait avec lui !

Lorsque l’appareil est ouvert, si vous le posez sur une surface plane, vous déployez une béquille qui permet à l’appareil de tenir droit, en position verticale. Utile car s’il y a une pause B, je n’ai pas trouvé de déclencheur fileté pour y ajouter un câble de déclenchement. Vous devrez appuyer sur le « bouton » le temps de la pause.

Quand à l’obturateur, il est rotatif et n’offre que deux positons : pause ou instantané. C’est le levier avec les deux repères blancs. Un autre levier, en dessous de la platine, permet de bloquer l’ouverture du diaphragme pour les pauses longues (votre doigt vous dit merci). La vitesse est unique, fixée au 1/25s, en plus de la pause B.

La visée peut se faire soit avec les 2 viseurs à prismes (ceux que j’ai nettoyés) ) un vertical et un horizontal – ou avec le viseur à cadre escamotable qui est sur le boitier.

Je vous avoue que ces deux « yeux » ronds m’avaient attiré sur la brocante, un mélange étonnant de façade faisant penser aux fameux « box » tout en sachant que l’appareil devait être un folding.

Cette face est une fine plaque de métal laquée noir au motif très « art déco ».

Sous cette plaque, les deux petits verres ronds des viseurs à prisme et la lentille, elle-même sous le cercle métallique où est gravé le nom de l’objectif. Attention, sous ce cercle il y a une pièce qui fait ressort et qu’il faudra replacer correctement (deux petits ergots pour bloquer le cercle et le ressort). Si vous démontez cette plaque, tenez bien compte de l’emplacement des quatre vis, qui ne seront pas forcément semblables. Si vous les intervertissez, bonjour la galère pour les remettre !

J’ai donc ôté les 3 petits verres et les ai nettoyés avec un produit destiné à la lunetterie. Il n’y a pas de traitement de surface mais ce n’est pas une raison pour ne pas être précautionneux.

Sous cette fine tôle ouvragée, une plaque en fer cache le mécanisme du déclencheur et de l’obturateur. Vous pouvez la soulever en ôtant une seule vis en bas de l’ensemble. Si vous voulez retirer cette dernière plaque, attention, il y a deux minuscules ressorts qui ne demandent qu’à prendre le large. Personnellement, je me suis contenté de la soulever pour voir le jeu de la lentille bonnette et de l’obturateur, qui est « multi-trous » selon l’ouverture proposée.

Pour le nettoyage des lentilles, j’ai utilisé le produit pour verres optiques. Pour les prismes, coton tige mouillés avec le même produit et beaucoup de délicatesse en frottant. Là, on y voit nettement mieux !

Restait le mécanisme du pantographe qui, décidément, ne joue pas son rôle. Voyons pourquoi …

Premier constat, de la poussière qui colle sur le métal (ce qui est vrai aussi pour la béquille qui est très difficile à sortir). Un chiffon pour enlever le plus gros, un coton tige humecté pour peaufiner et enfin, toujours avec un coton tige mouillé d’huile ultra fine, petit passage sur tous les endroits où ça doit tourner, plier, se déployer. Idem sur le système de fermeture, qui grippe un peu aussi.

Mais surtout, comme vous pouvez le voir sur ces photos, une partie du mécanisme est plié, ce qui fait forcer le système. Petites pinces et encore plus de délicatesse pour redresser tout ça.

Et ça fonctionne : maintenant, lorsque j’appuie sur le petit bouton de déverrouillage, la face se déploie dans un joli « clack » réjouissant !

Ai-je fait le tour ?

Eh non, il me reste à l’ouvrir pour vous montrer le « dedans ». Sur le côté droit, sous la lanière de portage, il y a un verrou (qui a aussi reçu toute mon attention et un peu d’huile). En tirant sur les deux boutons de fermeture, le dos s’ouvre sur la chambre, dans laquelle se replie le soufflet en position fermée.

Vous constaterez que les deux petits rouleaux sont rouillés. Je les ai frotté avec un chiffon doux et il n’y a pas d’aspérités qui pourraient griffer le film. Le film se place à droite et la bobine réceptrice à gauche. Il faut soulever la clé de bobinage pour y glisser la bobine. Admirez au passage l’embossage du nom Agfa dans le cuir de revêtement. Le numéro de série se trouve gravé, lui, sur le porte bobine à droite.

La fenêtre rouge inactinique peut être « fermée » grâce à un petit coulissant. Utile lorsqu’on remise l’appareil, chargé, pour un temps indéfini. Mais c’est plus une précaution d’usage qu’une vraie nécessité, 8 photos sur un film de 120, ça va vite.

Notons qu’il n’y a pas de plaque presse film, un détail qui permet de baisser le prix de vente, le grand argument de cet appareil. Regardez bien l’intérieur de la porte arrière, vous verrez les traces des nombreux films qui ont tourné dans ce Billy.

Je résume : vous appuyez sur le bouton au dessus du capot, le bloc optique sort comme un beau diable. Selon le temps qu’il fait, vous réglez l’ouverture, de f11 à f22. Ne vous préoccupez pas de la vitesse, elle est fixée au 1/25s, sauf si vous positionnez la tige sur le sigle blanc en forme de trait, auquel cas vous êtes en position « pause » et l’obturateur reste ouvert tant que vous gardez le doigt sur le déclencheur.

Vous visez votre sujet soit avec le viseur à cadre, soit un des deux autres viseurs qui sont sur le bloc optique – et je vous avoue que même quand ils sont tout propres, ce n’est pas évident à moins de « monter » l’appareil sous votre nez – puis du bout de l’index droit, vous faite glisser fermement le déclencheur, que vous lâchez aussitôt. Votre première photo est dans la boite !

Il vous reste à faire avancer le film jusqu’au prochain numéro inscrit sur le papier qui protège le film, en tournant la clé sur le dessus, à gauche.

Pour refermer l’appareil, juste pousser bien droit l’ensemble optique vers la chambre et « clic » le boitier est redevenu tout plat et facile à mettre dans un sac ou une (grande) poche.

Si vous avez terminé le film, vous « bobinez » jusqu’à ce que le film disparaisse de la fenêtre (et par précaution, vous tournez une ou deux fois de plus), ouvrez l’engin et saisissez la bobine, que vous scellez en collant la languette qui porte, généralement, la mention « exposed ».

Reste la grande question de l’utilisation, de nos jours, de ce type d’appareil.

Autant je peux concevoir d’utiliser le Voigtländer Perkeo I ou le Zeiss Ikonta B2 521/16, autant celui-ci me semble « anecdotique » !

Pourquoi ? Son maniement, d’abord qui n’est pas aisé maintenant que l’ergonomie nous a habitué à des appareils qui « tiennent » bien dans la main et où toutes les commandes sont judicieusement placées.

Ses limites ensuite une seule vitesse, le 1/25s le destinerait à des sujets relativement statiques et avec l’utilisation de films lents (sensibilité Iso base), il vaut mieux avoir du soleil.

Mais comment faisaient nos arrières grands-parents (et j’ai une pensée émue pour ceux qui étaient sur les champs de bataille car ces appareils ont continué à être des témoins impertinents lors de la seconde guerre mondiale) ? Sachant que ces grands négatifs avaient toujours la cote car souvent ils étaient développés par contact et donnaient des images en 6×9 cm.

Celui-ci est maintenant parfaitement fonctionnel. Il a un certain charme, désuet, mais si un jour j’ai un peu de temps, je mettrai un film N/B style Rollei PRX 25 pur le tester.

Si vous en trouvez un sur une brocante, un vide-grenier, … prenez le mais pas pour plus de 15 à 20€.

Des publicités d’époque

Source : Collection-appareils, Porst 1934.
Source : Collection-appareils, Porst 1935

Deux videos d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Un peu de technique

Agfa Clack n° 74, produit de 1934 à 1940
Moyen format 6×9 (8 images sur un film de 120 standard)
Type de corps : jambe de force pliante (=pantographe)
Fabrication en métal
Objectif Agfa Bili achromat
Mise au point fixe
Longueur focale de 95 mm
Plage focale : 7 pieds (2,13m) – inf.
Type d’ouverture : multi-trous et ouvertures : f/11, f/16, f/22
Type d’obturateur : rotatif
Vitesses d’obturation : B, I (1/25 s)
Taille Ouvert (l x h x p):85 x 165 x 105 mm
Taille fermée (l x h x p) : 85 x 165 x 36 mm
Poids : 545 g

Des références : https://www.kamera-museum-scholz.de/agfa-kamera/billy/billy-clack-74/, http://www.lippisches-kameramuseum.de/Agfa/Agfa_Billy_Clack_Nr_74.htm en allemand, https://mikeeckman.com/2016/04/agfa-billy-clack-no-74-1934/, http://www.artdecocameras.com/cameras/agfa/agfa-billy-clack-74/, en anglais, http://www.vieilalbum.com/BillyClackFR.htm, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=11984, http://glangl1.free.fr/Photo2/Fiche_A_275.html en français

Argentique

Le Voigtländer Perkeo I

Celui-ci, je l’ai acheté via 2ememain.be à un Monsieur qui ne le connaissait pas du tout, il l’avait trouvé dans le grenier de son grand père et son seul repère était qu’il fut un « oude fototoestel », un vieil appareil en français.

J’ai tenté le coup (vive Deepl.com, un excellent traducteur en ligne) et je l’ai emporté pour un prix décent.

Il est en parfait état, le soufflet est comme neuf, la lentille irréprochable, le mécanisme bien vivant. Bref, à part faire les poussières, nettoyer le viseur et l’optique, nettoyer les mécanismes d’ouverture/fermeture puis y verser une mili-goutte d’huile ultra fine (machine à coudre) et constater qu’il y avait un film entamé à l’intérieur, rien à redire sur le boitier que je vais vous présenter.

Ma première impression est : quelle compacité ! Son nom, Perkeo, signifie d’ailleurs pygmée (une variété de chauve-souris) en allemand, tout est dit !

Ce boitier est « minuscule » comparé à un reflex, en tout cas lorsqu’il est replié. Il est « dense », tout en métal, comme on fabriquait encore des appareils dans les années cinquante. Il fut produit de 1950 à 1955. Un appareil qui fête ses 72 ans, respect !

Mais commençons par le début. Même s’il a existé un Perkeo pliant en 3X4cm avant la seconde guerre mondiale, la série de ceux qui nous intéresse est apparue en 1950 et ils exploitent les films 120 ou 620 pour des tirages en 6X6cm.

Source : Waybachmachine, Perkeo 1931-1935 en 3X4 cm

Première particularité, leur porte s’ouvre sur la côté et non vers le bas. Un discret mécanisme permet de poser l’appareil sur une surface plane sans qu’il bascule vers l’avant. Cette petite barrette évite aussi que la porte ne se referme pas inadvertance. Heu … ne pas oublier de la rentrer lorsque vous voulez refermer la porte, pour ne rien abimer !

Ah oui, pour ouvrir la porte, il faut appuyer sur un petit bouton, en dessous, sur la semelle (qui ressemble au bouton pour pouvoir rembobiner sur les reflex). Celle-ci n’est pas « pop-up », il faut l’aider pour l’ouverture.

14 – tirette pour ouvrir le dos – 18- filetage pour fixer un trépied – 19 bouton pour débloquer la porte

Pour la famille nous avons donc en 1950, le Perkeo I, sans protection contre la double exposition, suivit en 1951 du même Perkeo (variante) mais qui ne peut plus surexposer par erreur, puis en 1952 d’un Perkeo II qui gagne un compteur de vue et la protection contre les doubles expositions, puis le Perkeo E (ou Perkeo III) en 1955 qui reçoit un télémètre non couplé mais perd le compteur de vue.

Fermé, l’appareil ne semble pas abriter un film 120 (ou 620) et quand vous ouvrez la porte, vous découvrez un soufflet qui tient un objectif Vaskar 75 ou 80 mm f/4.5 ou encore un Color-Skopar 80 mm f/3.5. L’appareil ouvert et déployé ne dépasse pas les 9,5cm de long (125x85x40mm fermé).

L’obturateur peut aussi être changeant : soit un Prontor-S, mais aussi un Vario, un Pronto, Prontor SV ou Prontor SVS, un Synchro-Compur, ou encore un Compur-Rapid couplé avec un objectif Color-Skopar .

Le mien est un Vaskar 75 ouvrant de f4,5 à f16 avec un Pronto qui offre le 1/25s – 1/50s – 1/100s – 1/200s et une pause B.

Tiens, petite réflexion au sujet des focales : en 6X6 la focale dite « normale » (égale à la diagonale du format) qui est d’environ 50 mm sur un 24 × 36 devient environ 80 mm sur un appareil 6 × 6. Cette focale dépend de la taille du film et donc varie un peu selon le format utilisé (6 × 6, 6 × 9…). Un 80 mm ou un 75mm est donc un objectif standard sur un moyen format, un 40 mm est un grand-angle et 300 mm un téléobjectif.

Seconde particularité de cet appareil : s’il y bien un déclencheur sur le dessus du capot, il faut au préalable armer celui-ci sur le mécanisme de l’obturateur, qui est sur l’objectif. Pour réarmer l’appareil, il faut tourner la grosse molette à gauche jusqu’à ce que le numéro de la photo suivante apparaisse dans la fenêtre rouge au dos. Et si vous cherchez à mettre un déclencheur souple (pour les pauses longues p. ex.), c’est entre le mécanisme de fermeture et la porte que vous trouverez le déclencheur fileté.

1 – 2 déclencheur – 3 déclencheur fileté – 4 bras d’ouverture – 5 anneau pour l’exposition – 6 boutons poussoir pour refermer la porte – 7 barrette pour stabiliser le boitier en empêcher de referme la porte – 8 levier pour armer l’obturateur – 9 prise PC pour la synchro flash – 10 réglage de l’ouverture -11 griffe accessoires – 12 viseur non collimaté -13 molette pour l’avancement du film – 14 tirette pour ouvrir la porte arrière

Petite remarque pour les adeptes de la double exposition volontaire : si vous ré armez d’un quart de tour, vous pourrez prendre une seconde photo sur celle qui vient d’être faite, mais avec un décalage.

L’objectif permet une mise au point minimale de 1,7m, enfin 3,5 pieds. Là, il faut s’habituer car toutes les distances sont indiquées en pieds.

Pour la conversion, la règle est la suivante : m=ft/3,2808 (le pied est exactement égal à 0,3048 mètres).

Le viseur, non collimaté, est assez petit. Il ne sert qu’à peaufiner le cadrage car pour les distances, on travaille par zones (ce qui permet de les prérégler).

Petit truc utile : si vous ne voyez pas le levier d’armement quand vous visez, c’est que vous avez oublié de l’armer.

On peut y ajouter un télémètre en accessoire – un Watameter p. ex. mais très cher de nos jours – pour gagner en précision.

-« Heu, c’est quoi un Watameter ? »

Le Watameter est un accessoire de télémètrie qui se fixe sur la griffe porte-accessoire d’un appareil photo. Il existe deux variantes, une en métrique et l’autre en impérial (à oublier, c’est encore plus compliqué que les pieds en mètres !)

Il fonctionne en superposant deux images, une dans un rectangle jaune, dans le viseur. Vous ajustez la molette sur le côté droit du compteur jusqu’à ce que les deux images s’alignent. La distance est alors prise à partir de la roue. Bien sûr, vous devez ensuite changer manuellement l’objectif pour qu’il corresponde à la même distance afin d’assurer le bon point de mise au point. Il couvre 55cm à l’infini.

Source : Photothinking

Il en existe des électroniques, comme le télémètre DJI LiDAR à fixer sur la griffe porte-accessoire ou celui que vous utilisez pour vos bricolages fait aussi parfaitement l’affaire.

Notons toutefois quelques aides pour la mise au point qui se présentent sous la forme de symboles sur l’échelle de distance sur l’objectif. Le manuel recommande de prendre des vues à f/8 et, à ce titre, les paramètres suivants s’appliquent : en le plaçant sur le symbole du triangle à 11 pieds (3,35 m), vous aurez tout net entre 8,25 pieds (2,31 m) et 16,5 pieds (5,05 m). Réglez-le sur le symbole du cercle à 33 pieds (10,06 m) et tout sera net de 16,5 pieds (5,05 m) à l’infini.

Comme il n’y a pas non plus de mesure d’exposition, soit vous prenez une cellule à mains, soit vous utilisez la règle du Sunny 16.

Je pense avoir fait le tour de la partie « mécanique ». Parlons un peu du « feeling » de cet appareil, celui qui vous donnera envie de le prendre en mains pour le sortir et faire des photos, ce pour quoi il a été conçu.

Honnêtement, j’avais toujours évité ces appareils, comme les Franka Solida, les Agfa Isolette, Balda Baldix p. ex. que l’on voit assez souvent en brocante. Et puis j’ai acheté le Zeiss Ikon Super Ikonta 531/2 qui m’a convaincu de la qualité de ces engins (enfin, surtout Carlos).

Alors quand j’ai vu celui-ci, je ne suis dit « pourquoi pas ? ».

Lorsque je l’ai reçu, ne connaissant absolument pas cet appareil, j’ai été surpris, comme je l’ai écris, par sa compacité, sa densité (je préfère ne pas parler de poids) qui le rend agréable à prendre en mains et à manipuler.

Puis les réglages, qui rappellent ceux des vieux télémétriques : le bon vieux triangle d’exposition, qui demande un peu de temps pour les réglages, celui nécessaire à penser sa photo.

Et, surtout, la taille du négatif : 6x6cm !

Comme je l’ai signalé, il y a un film dedans, que je vais terminer. Si j’utilise ce Perkeo, se sera avec de la pellicule N/B car je trouve que cela fait sens avec ce type de boitier.

Si vous voulez y adapter des filtres de couleurs, ce sont des 32mm à clipser (filtre à emboitement), tout comme le pare-soleil (utile car les lentilles ne sont pas traitées).

Je reviendrai donc avec quelques photos, un peu plus tard si on peut me développer le film, ancien.

Pour le reste, je ne peux que vous encourager à faire ce pas, c’est une expérience différente.

Il y a encore moyen de faire de bons achats, beaucoup n’ont pas conscience de ce qu’ils vendent.

A quoi faire attention en cas d’achat ? Le soufflet doit retenir toutes vos attentions : vérifier s’il n’y a pas de trous au niveau, surtout, des plis.

L’objectif doit être propre et exempt de champignons. Les mécanismes doivent être fluides.

Si les cuirs se décollent un peu (comme sur le mien) pas de panique, on peut les recoller facilement et, le cas échéant, en passant par Aki-Asahi, vous pourrez personnaliser le vôtre avec des cuirs de qualité et préencollés. ce n’est pas ça qui empêche un appareil de fonctionner. J’en ai même vu qui laisse le métal à nu. Chacun son truc.

A vous de voir si vous avez envie de sortir des sentiers battus et de tester ce type d’appareil.. Moi, j’ai choisi.

La pub d’époque.

Video d’illustration

Un brin de technique :

Fabricant : Voigtländer, Allemagne
Années de production : 1950 – 1955
Pliant avec soufflet (folding)
Type de film : 120 ou 620
Objectif Vaskar 75 ou 80 mm f/4.5 ou Color-Skopar 80 mm f/3.5
Obturateur : Vario, Pronto, Prontor S, Prontor SV, Prontor SVS ou Synchro-Compur
Griffe porte-accessoire pour flash
Poids 525 grammes

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Des références : https://www.photothinking.com/voigtlander-perkeo-i/, http://camera-wiki.org/wiki/Voigtl%C3%A4nder_Perkeo_(6×6), https://web.archive.org/web/20180602230314/http://www.ukcamera.com/classic_cameras/voigt16.htm, https://certo6.com/camera-archive/voigtlander-perkeo-i-ii-iiie/ https://blog.bkspicture.com/review_Voigtlander_Perkeo_1_Vaskar_75mm_f4_5.html, https://www.photothinking.com/20170822watameter-what-the/ en anglais, https://mgroleau.com/photo/allemagne/voigtlander/voigt_perkeo1.html, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=2386 en français

Argentique

Le Zeiss Ikon Super Ikonta 531/2

Une fois n’est pas coutume, dit-on, je plonge cette fois dans du vraiment vieux !

Aujourd’hui je vais vous présenter un appareil dit « folding », c-à-d avec un soufflet reliant l’objectif à la chambre.

C’est daté me direz-vous !

Oui, en l’occurrence, ce modèle a débuté sa carrière en 1936 et il l’a poursuivie jusqu’en 1955, preuve que le concept était bon et l’appareil excellent.

Car il s’agit d’un Zeiss Ikon, le Super Ikonta.

Mais commençons par le commencement. Qui était Zeiss Ikon ?

Elle fait partie des plus vieilles maisons européennes actives dans la photographie. Elle est le résultat de la fusion, en 1926, des sociétés Ica, Ernemann, C.P. Goerz et Contessa-Nettel – celles qui fabriquaient le célèbre Contax, à Dresdes. En 1929, la nouvelle société rationalise la production et ne seront gardés que quelques modèles, des nouveaux verront le jour, dont le fameux Ikonta, qui porte le nom de l’entreprise.

C’est en 1933 que la gamme Ikonta s’étend et s’améliore avec la gamme Super Ikonta, qui introduit une petite merveille de précision et de mécanique : un télémètre couplé, très précis.

Le premier modèle sera appelé Super Ikonta 530/2. Il utilise du film en 120 et produit des négatifs en 6x9cm.

En 1936, ce sera le Super Ikonta 531/2, toujours équipé du fabuleux télémètre couplé mais qui propose dorénavant 2 formats d’image : le 6x9cm (8 photos sur un rouleau de 120) et, moyennant un cache spécial, le 6×4,5cm (16 photos sur le même rouleau).

Disons le tout de suite, c’est un bel appareil, même si celui que j’ai acheté a perdu un peu de sa superbe, le noir brillant du cadre s’écaille.

Voyons cela de plus près : le corps de l’appareil est un alliage d’aluminium moulé sous pression, la porte de l’objectif et celle du dos sont en acier embouti. Le tout est recouvert de cuir noir (du vrai cuir) et les bords sont peints en noir brillant. L’ensemble tient dans une poche, mais il faut qu’elle soit solide car il fait dans les 800gr avec un film !

Sur le haut du boitier, c’est le télémètre, avec ses deux « petits » yeux en façade et un viseur escamotable au milieu. A l’arrière, un seul oculaire, assez petit (4mm) mais utilisable – et courant en 1933, Leica ne fait pas mieux. Les deux petites fenêtres à l’avant sont un peu plus grandes (7mm). Ce télémètre est couplé à l’objectif, grâce à une fenêtre portée en bout de celui-ci.

-« Tiens, pourquoi un viseur pliant alors qu’il y a un télémètre ? »

Excellente question, passez à la suivante …

En fait, c’est l’équivalent, me semble-t-il des viseurs dits sportifs des tous premiers appareils. A ceci près que celui-ci est quand même perfectionné : lorsque vous appuyez sur le bouton en haut à droite, il se libère dans un beau « clac » ferme. La plaque métallique qui vient de se lever porte au milieu une lentille rectangulaire gravée (qui est l’oculaire réel) de 6x4mm, alors que l’autre partie est un verre concave de 16x11mm. Les deux combinés donnent une image réduite comme un viseur galiléen inversé.

Ce viseur, vous l’aurez compris, est conçu pour les images en 6×9. Si vous utilisez le format 6×4,5, pas de panique, Zeiss a prévu des grilles sur le verre de la première lentille.

Vous pourrez donc cadrer « à la volée » en ayant présélectionné la distance, ou utiliser la visée avec le télémètre. Cela dépendra de votre temps et du style de photos que vous faites.

Le viseur (inventé par le Néerlandais Albada) est, disons-le, tout sauf clair. Pour contraster clairement les lignes de dessin pour les formats d’image 6 × 9 et 6 × 4,5 dans le verre, un revêtement jaune a été appliqué qui devient clairement flou au fil des ans. Et je ne parle pas du verre concave, qui a dû recevoir un traitement de surface qui s’altère avec les ans.

Pour installer le film dans la chambre, il suffit de faire glisser le bouton qui est sur la tranche droite de l’appareil, sous la lanière de portage, ce qui libère la porte arrière. La charnière se trouve à gauche. Près de celle-ci, gravé dans le cuir, vous trouverez le numéro de série de l’appareil alors qu’à droite, près du loquet d’ouverture, vous trouverez le nom et le type du modèle.

531 pour le modèle, /2 lui fait référence au format du négatif, le 6×9. D’autres inscriptions désignent d’autres combinaisons de film (4,5×6 p. ex.)

Au dos de l’appareil, vous voyez deux fenêtres rouges (rouge dit inactinique). Selon que vous utilisez l’appareil avec le format 6×9, vous utiliserez la fenêtre de gauche pour lire les signes sur le papier support de la bobine. Et forcément, si vous êtes en 4,5×6, ce sera la fenêtre de droite (rassurez-vous, c’est noté dessus).

Comme je l’ai écris plus haut, le Super Ikonta 531/2 permet d’utiliser deux formats d’image, le 6×9 « classique » et le 4,5×6, moyennant l’utilisation d’un cache, aimablement fourni par le constructeur (et qu’il convient de ne pas perdre car introuvable !).

Cet appareil est un « Klappkameras » comme disent les Allemands, ou folding pour les anglais et « à soufflet » pour les francophones.

Ce fameux soufflet peut faire peur car beaucoup le considère comme fragile. Mais il a été fabriqué en cuir et il est fait pour durer 100 ans au moins. D’ailleurs, la plupart des vieux Ikonta fonctionnent toujours, avec leur soufflet d’origine.

L’autre pièce incassable et remarquable de ces Ikonta, c’est l’obturateur : un Compur rapid, sans doute le meilleur obturateur jamais conçu et un des plus anciens, produit à partir de 1912 ! La grande bague des vitesses n’est pas crantée mais elle est « ferme ». L’obturateur est même équipé d’un retardateur, il est vrai un peu caché : il s’agit d’un petit bouton qu’il faut pousser vers le bas pour armer le décompte (8 à 10 secondes). Ces obturateurs sont réputés pour leur précision et leur solidité.

N’oublions pas, évidemment, les objectifs Zeiss. Les plus utilisés étaient le Novar et le Tessar. Pour les appareils au format 6×9, il s’agit d’un 105mm.

Le mien est un Tessar 105mm ouvrant à f4,5.

Ceci étant, il n’est pas très rapide ce Compur: 1/250s (certains iront jusqu’au 1/400s).

Quant à la distance de mise au point, elle commence à 1m environ. Cette mise au point peut se faire avec le télémètre, en actionnant la petite molette qui est à côté de l’objectif. Celle-ci le fait tourner, dans un sens ou l’autre (mais elle ne fait pas un tour complet). La vitre ronde, relevée, s’ajuste automatiquement et elle est visible à travers le télémètre. Les deux images doivent se superposer pour que la photo soit nette. Ça demande un peu d’habitude, mais ça fonctionne très bien.

Comment ça fonctionne un Super Ikonta 531/2 ?

Tout d’abord, il faut introduire un film dans la chambre. Du grand classique si ce n’est qu’il ne faut pas oublier quel format on a choisi (6×9 ou 4,5x6cm).

Puis, il faut ouvrir l’appareil en veillant à tirer le loquet du cache objectif vers l’avant. Appuyez sur le petit bouton sur le dessus de l’appareil, à côté du viseur escamotable : clac, il sort de son logement comme un beau diable et en même temps, l’objectif se déploie automatiquement (faut parfois un peu l’aider), les charnières chromées se bloquent d’elles-même en fin de course. Du bel ouvrage mécanique, vraiment.

Vous réglez la distance selon ce que j’ai expliqué plus haut, la vitesse avec le petit levier sur le côté gauche du Compur (utilisez une cellule à main pour les réglages).

N’oubliez pas d’armer le déclencheur en tournant, dans le sens de la flèche, la molette au dessus à gauche, près du déclencheur. Un point rouge apparaitra quand celui-ci est armé, derrière la molette. cette molette fait aussi avancer le film, vérifiez dans la fenêtre rouge ad hoc l’avancement de celui-ci.

Pour la première photo, vous aller armer l’obturateur avec le petit bouton sur le côté droit de l’obturateur Compur (il faut le remonter). Ensuite il vous reste à cadrer et appuyer sur le déclencheur !

Si ça vous semble compliqué, je vous ai trouvé une petite vidéo ici en dessous.

Que penser de cet appareil, finalement ?

C’est un magnifique exemple de ce qu’on l’on fabriquait au début du XXème siècle : solide et beau à la fois, fait pour durer, ingénieux et simple, avec des matériaux de qualité.

De nos jours, cet assemblage permet de bénéficier d’un grand format (6×9) dans un appareil somme toute très compact (enfin, quand il est replié).

Mais est-il pour autant pratique à utiliser ?

Sa prise en mains est assez déconcertante car je ne sais pas comment bien le tenir : le poser sur la main gauche n’a pas de sens car le déclencheur est à gauche. Le poser sur la main droite n’est pas évident car il ne reposerait alors que sur le soufflet, donc instable. Il n’est pas possible non plus de glisser la main droite sous la lanière de portage pour assurer une bonne prise.

Reste alors à le tenir fermement entre les deux mains, profitant du creux entre le soufflet et le cadre métallique pour affermir la main droite et essayant de tenir le côté gauche avec l’index posé sur le déclencheur.

Tenue qu’il faudra reprendre si on doit changer les réglages, que l’on ne peut faire en le tenant ainsi en mains.

A moins de le tenir verticalement ? Mais si la tenue sera meilleure, ici aussi se pose alors le problème de la visée, pas du tout « intuitive » dans ce sens-là !

Clairement, c’est un appareil qui demande du temps avant de déclencher.

Mais la qualité des négatifs en vaut, parait-il, la peine. De part leur taille bien sûr mais surtout grâce à la qualité de l’objectif Zeiss qui assure une foule de détail.

Vous trouverez quelques exemples de photos prises avec ce type d’appareil ICI

Je pense que je vais tenter l’aventure …

Ce n’est pas un appareil bon marché, vous l’aurez compris (à moins de faire une bonne affaire : celui qui me l’a vendu pensait qu’il s’agissait d’un Zeiss Ikon Nettar 515). La qualité et l’âge ont un prix.

Petites videos d’illustration

Des références utiles : https://vintage-photo.nl/perfection-from-the-thirties-zeiss-ikon-super-ikonta/, https://oldcamera.blog/2021/05/01/zeiss-ikon-super-ikonta/, http://camera-wiki.org/wiki/Super_Ikonta_531/2 , http://www.elekm.net/zeiss-ikon/sikonta530-2/ en anglais, http://www.lumieresenboite.com/collection2.php?l=1&c=Zeiss_Ikon_Super_Ikonta_531, http://www.lumieresenboite.com/collection2.php?l=1&c=Zeiss_Ikon_Super_Ikonta_530/2, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-9783-Zeiss%20Ikon_Super%20Ikonta.html, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-2402-Zeiss%20Ikon_Super%20Ikonta.html, http://www.cameraboussat.fr/dossier_collection/cible.php?id=330&marque=Zeiss-Ikon en français, https://bleckedermoor.de/fotomuseum/sui531-2.htm, https://paul-neugebauer.de/2020/zeiss-ikon-super-ikonta-531-2/ en allemand

Argentique

Koni-Omega Rapid M

Non, ce n’est pas un nouveau médicament pour booster vos défenses immunitaires, ni une moto de course, ni même une nouvelle montre …

Le Koni-Omega Rapid M est un très grand télémétrique en moyen format (rouleau ou rollfilm 120 ou 220) avec dos et objectifs interchangeables.

Tous les télémétriques n’ont pas la taille d’un Leica, la preuve ! Et Konica ne fut pas le seul, Fuji, avec ses Fujifilm GF670, Fujica GM670, Fujica GW670, Makina avec son Makina 67 et Mamya avec son Mamiya 7 se sont essayés à cet exercice.

Le Koni-Omega Rapdi M est une évolution du Koni-Omega Rapid (tout court) : avec ce modèle, il est possible de changer le magasin en cours de film grâce justement à des magasins préchargés amovibles et à fixation rapide..

Pendant les années septante et quatre-vingt, c’était l’appareil photo de mariage par excellence, grâce à son obturateur à lames et ses optiques très nettes, supplantant presque la série Hasselblad 500/501, d’ailleurs nettement plus chère et plus fragile.

Ce Rapid M fut, en tout état de cause, conçu pour être un appareil de reportage, avant de se reconvertir dans les cérémonies plus gaies. Il est solide et costaud, prévu pour affronter les situations les plus variées.

Une de ses particularités est son armement : le gros levier à droite, que vous tirez et repoussez rapidement, comme une culasse de fusil, réarme l’obturateur et fait avancer le film. Pas vraiment discret mais terriblement efficace. Et qui ne manquait pas de surprendre les invités à la noce !

Le Rapid M est très bien conçu : il est lourd, gage de stabilité, avec un télémètre très clair. Et il est bourré de sécurités :

  • Vous ne pouvez pas retirer le dos sans le dark-slide (feuille métallique à glisser entre l’objectif et le film, avec son bord rouge, sur les photos)
  • Vous ne pouvez pas prendre de photo avec le dark-slide
  • Vous ne pouvez pas retirer l’objectif sans le dark-slide.
  • Il y a un indicateur «  prêt  » à l’arrière pour indiquer que l’obturateur est armé et que le film est prêt.
  • il est possible de faire des expositions multiples mais jamais par erreur
  • et comme la pièce est importante, il y a un support pour le dark-slide à l’arrière de l’appareil pour ne pas le perdre.

L’objectif se fixe rapidement, sans réellement parler d’une baïonnette : vous déverrouillez l’objectif avec le gros bouton à gauche (face à l’appareil) et vous ôtez ce dernier, qui est maintenu en place grâce à deux tenons et au verrou. Rapide et facile. Pour autant que vous n’ayez pas oublié de placer le dark-slide sinon, impossible d’effectuer la manœuvre.

Toujours au niveau des particularités, c’est l’ensemble de la monture d’objectif qui avance et recule avec un système à crémaillère et pignon. L’image dans le télémètre et le viseur est déterminée par la mise au point et c’est une ou plusieurs broches dépassant de l’arrière de l’objectif qui assurent le réglage.

Récapitulatif des données techniques :

  • Négatif au format 6×7 cm (10 prises de vue sur un rouleau de 120 et 20 sur un 220)
  • Télémètre couplé, viseur corrigeant automatiquement la parallaxe
  • Objectifs interchangeables f5,6/58mm avec viseur optique, f3,5/90 mm, f4,5/180 mm (derniers modèles avec f3,5/135 mm) avec pare-soleil intégré,
  • Tous avec obturateur central aux vitesses B, 1/s jusqu’au 1/500 s, synchronisation M/X, pare-soleil intégré
  • Magasins pour rouleau de 120 et 220
  • Avancement couplé avec l’armement

Un peu d’histoire, en passant.

Ce sont les frères Simmon (des américains) qui ont conçu le premier Omega, en 1953. L’appareil appelé Omega 200 fut réalisé par Alfred Simmon.

Ensuite, de 1964 à 1968, c’est probablement les Berkely Brothers et Konica qui ont conçu les appareils ultérieurs, sur base du premier du nom. Ils ont produit les Koni-Omega Rapid, Koni-Omega Rapid M et enfin le Koni-Omega M. Si l’origine de l’appareil était américaine, la construction fut japonaise et vous remarquerez sur les photos le « US patent » à côté du numéro.

En 1975, c’est la firme Mamya qui reprend le flambeau et qui perpétue la gamme avec l’Omega 100 et 200, qui sera construit jusqu’en 1981.

Le Koni-Omega Rapid M fut fabriqué de 1967 à 1968 seulement. Celui que j’ai acquis porte le numéro 41.562A et il fut produit en décembre 1968

Premier constat, en recevant l’appareil, c’est du costaud !

Ensuite, je le tourne et retourne pour voir les différents éléments, en vérifiant avec le mode d’emploi, que vous pouvez trouver ICI :

Effectivement, il y a quelques boutons et il faut faire attention à toutes les sécurités, sinon rien ne fonctionne et ça fait bizarre.

Bon, j’ai compris comment enlever le dos (voir la video ici en bas), l’objectif, comment l’armer mais le déclencheur ne semble pas fonctionner. Ai-je oublié quelque chose ?

Petite précision au sujet dudit objectif : l’obturateur est à l’intérieur de celui-ci. Quelque soit donc l’objectif, l’obturateur est indépendant de l’appareil.

Donc, est-ce l’objectif qui est défaillant ou ai-je oublié une sécurité ? Bon, je creuse et vous dirai si j’ai trouvé.

Et j’ai trouvé ! Sur la sixième photo, en partant de la gauche, de haut en bas, vous verrez, objectif démonté, une tige métallique qui dépasse. En fait, lors du remontage de l’objectif, il faut que celle-ci soit dans la position indiquée par la photo sinon l’obturateur ne se réarme pas et donc impossible de déclencher.

Je pense que ce n’est pas un appareil compliqué, il faut seulement retenir une certaine routine dans l’assemblage et le remontage, vérifier que les sécurités sont ou non activées. Pour le reste, vous réglez facilement le télémètre avec le bouton à droite (photo 8 de gauche à droite, de haut en bas), réglez la vitesse et l’ouverture selon les indications de votre cellule (ou la règle du funny 16 qui fonctionne toujours) et clic !

Au demeurant, le bruit de l’obturateur est très discret, l’armement de l’appareil, un peu moins !

Les différents articles que j’ai pu lire pour préparer cette chronique s’accordent tous sur la qualité des objectifs, la taille imposante des négatifs (6×7) qui autorise de grand tirage, la solidité de l’ensemble, sa simplicité d’action.

Ce qui donne envie de l’essayer …

Une petite video pour illustrer son maniement (en japonais)

Quelques références : http://www.photoethnography.com/ClassicCameras/KoniOmegaRapidM.html http://camera-wiki.org/wiki/Koni-Omega_serial_numbers en anglais, http://www.peterlanczak.de/koni_rapid_m.htm en allemand/français/anglais; http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-3965-Konica_Koni-Omega%20Rapid%20M.html en français,

Les moyens formats

Meopta Flexaret V

Vous me connaissez, je n’aime pas les marques rebattues au prétexte qu’il n’y aurait qu’elles qui soient de qualité.

Vous avez pu ainsi découvrir quelques alternatives très intéressantes au sempiternel Olympus Mju et si vous fouinez un peu sur le site, vous découvrirez les présentations et essais de ces appareils (allez voir dans argentique –> et les autres ?).

Tout comme je m’étais attaqué au mythe Leica en vous proposant un comparatif, très subjectif, des télémétriques. Là encore, vous pourrez découvrir les essais des uns et des autres dans la rubrique des télémétriques.

Et, en son temps, j’avais déjà égratigné le célébrissime Rolleiflex dans la rubrique des moyens formats lorsque je vous présentais un Lubitel 2, les Yashica C et D.

Alors aujourd’hui, je vous présente un appareil venu de l’Est, le Meopta Flexaret V.

Personnellement, je le trouve très beau, mais commençons par le début.

Cet appareil date de 1958 et ce modèle fut fabriqué jusqu’en 1961.. Il est équipé d’un objectif de 80 mm et d’une ouverture de f3.5. En gros, cet appareil est le jumeau tchèque du Rolleicord Va, mais en plus joli (avis tout subjectif).

Le Flexaret comprend une famille de TLR (pour mémoire, Twin Lens Reflex soit réflex avec deux objectifs) fabriqués par Optikotechna (qui fera plus tard partie de Meopta) pour les films en rouleaux de moyen format (120), fabriqués dans la Tchécoslovaquie de l’époque, entre les années 30 et 70. Meopta a développé ses propres lentilles, le Mirar dont le modèle Mirar II est très proche du Tessar avec ses 4 éléments en 3 groupes.

Au moins huit modèles du Flexaret ont été construit, des années trente aux années septante.

Le modèle V que je vous présente est – qui l’eut cru – une évolution du modèle précédant, à savoir le Flexaret IV. Dès ce numéro, le Mirar devient un Belar (mais on garde la qualité du Tessar d’inspiration). L’ouverture maximale de ces objectifs est de f/3,5, et on les trouve généralement avec des obturateurs Metax, plus rarement avec des Prontor-SVS et une vitesse maximale de 1/400.

Ces optiques ne déméritent pas par rapport à la concurrence.

Et donc, le modèle V est essentiellement une refonte du modèle IV, avec des changements surtout cosmétiques dans la partie avant et dans le bouton de mise au point. Fabriqué dans les dernières années 1950, on le trouve généralement avec une lentille 80/3,5 Belar sur Metax (communément) ou Prontor-SVS (moins communément). L’évolution, le Flexaret Va, est assez semblable à son prédécesseur dans le sens où elle permet d’utiliser des films 35 mm, moyennant un adaptateur.

Mais la particularité du Flexaret V c’est le réglage des distances, qui se fait en actionnant dans un sens ou dans l’autre, les deux boutons en dessous de l’objectif. Ils sont montés comme sur un compas avec – seconde particularité – la possibilité d’utiliser ce compas comme mise au point d’un zone focus (table de profondeur de champ). Je vous invite à parcourir la vidéo que je vous ai trouvée ici en dessous pour voir comment ça fonctionne. L’oscillation des deux bras fait en fait avancer ou reculer tout le bloc optique.

Chez d’autres constructeurs, c’est la rotation d’un bouton qui assure le même principe. Et chacun de ces principes à ses défenseurs et ses détracteurs. En gros, il faut l’essayer soi-même pour se rendre compte et adopter, ou pas, le système du Flexaret.

Personnellement, ce que je trouve intéressant, c’est que l’on peut le manipuler avec les deux index en tenant fermement l’appareil au creux des mains, alors qu’avec un bouton, une seule main assure le maintien, l’autre assurant la rotation dudit bouton de réglage.

C’est évidemment un appareil à manipuler en prenant son temps, comme vous le feriez avec un Minolta Autocord, un Yashica D, un Rolleiflex, par exemple.

Vous le savez, j’ai toujours un soucis avec ce type d’appareil car j’éprouve les pires difficultés à remettre l’image dans le « bon sens » – l’image sur le dépoli est inversée. Dépoli bien clair, au demeurant. Mais je vais l’essayer, pour le plaisir de manipuler un bel objet, qui sort un peu de l’ordinaire (je vais me faire incendier par les aficionados du Rolleiflex !).

Je vous ai trouvé une petite vidéo parlant de cet appareil (en anglais) – en fait, c’est le modèle du dessus mais les principes restent les mêmes.

Quelques liens intéressants pour cet appareil : http://www.jnoir.eu/en/cameras/meopta/flexaret/ , https://en.wikipedia.org/wiki/Flexaret, https://www.beauphoto.com/camera-speed-dating-meopta-flexaret-v/ et http://www.tlr-cameras.com/Czech/ en anglais, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-12524-Meopta_Flexaret%20V.html, http://ebgy.free.fr/photo/flexaret.htm en français

Argentique

Connaissez-vous le Gaumont Spido Reportage pliant ?

Hé bien je vous avoue qu’il y a quelques semaines, moi non plus je ne connaissais pas cet appareil … mais voilà, au hasard d’une petite annonce, j’ai acquis un lot d’appareils anciens, dont ce fameux Gaumont Spido pliant Reportage.

Le vendeur (bien à toi Johan) ne connaissait pas trop non plus ces appareils, sauf qu’ils avaient appartenu à son défunt père, qui les collectionnait.

Lorsqu’il me l’a cédé, il me l’a d’ailleurs présenté comme un Gaumont Reporter, soit un appareil du début du siècle passé (1904).

Mais, de recherches en recherches, j’ai pu retracer l’histoire de cet appareil. Et ce ne fut pas facile car les infos étaient rares et difficiles à trouver.

Je vous résume donc cette quête.

Tout d’abord cet appareil est vraiment un appareil prévu pour le reportage !

« C’était le type même de l’appareil de reportage, avec objectifs interchangeables et obturateur à rideau « Le Klopcic-Paris ». Son grand viseur sportif permet la photo à main levée et deux écrous de pied au pas du Congrès autorisent la pose sur pied », je cite Sylvain Halgand.

Et là je dis chapeau aux reporters de l’époque car l’appareil pèse plus de 3kg500 avec ses plaques dans le magasin. Et donc le tenir à bout de bras …

Oui, vous avez bien lu, des plaques, pas de films ou de plans films mais des plaques en verre de 9×12 cm. Et chose extraordinaire, elles sont dans le magasin de l’appareil. Je ne les retirerai pas, de peur de les abimer et ne sachant comment les préserver, le cas échéant.

Ce qui est certain c’est que ces grands négatifs gardaient un avantage sur les déjà concurrents Rolleiflex et Leica, beaucoup plus petits et maniables, car ils pouvaient être tirés immédiatement par contact pour alimenter les journaux d’information et ce jusque dans les années quarante.

Donc nous voici en face d’un appareil fait de métal pour la chambre (alu et laiton nickelé), bois exotique (pour le magasin) et un soufflet de maroquin doublé toile. Les articulations des tendeurs sont extra-fortes, en acier nickelé. La chambre est équipée d’un magasin à escamotage, avec compteur, pour douze plaques et d’un viseur sportif à large cadre. L’obturateur va de la seconde au 1/2000°. L’objectif est à monture hélicoïdale ; il s’agit d’un Carl Zeiss Jena, lentille de 13,5cm f1:4,5, obturateur Klopcic 1/2000 La platine avant possède le double décentrement.

Cet appareil était connu pour la qualité de sa fabrication et sa solidité. Je confirme, l’obturateur, le volet et le rideau de travail sont toujours fonctionnels.

Il s’agit bien d’un Gaumont Spido Reportage pliant portant le n° 8871 et cet appareil date des environs de 1930 (1935 je pense).

Je dois bien l’admettre, cet appareil devrait être réservé à un musée ou à un collectionneur. Les musées de la photographie de Paris et celui d’Anvers en possèdent un.

Cet appareil me fascine et en même temps m’intimide, de par sa taille et parce que je ne sais pas le manipuler. Même si j’ai compris comment l’armer et le déclencher, comment enlever le magasin en gardant les plaques à l’abri. Mais pour le reste, je n’ai pas envie de l’esquinter.

C’est vraiment un morceau d’histoire de la photographie et du reportage que j’ai la chance d’avoir en mains, pour l’instant.

Voilà, je tenais à vous le présenter, parce qu’il est rare. Mais je ne le garderai pas, je ne suis pas collectionneur, seulement un grand curieux.

Et j’ai pu trouver des publicités de l’époque, avec les prix :

Le magazine Chasseur d’Images, dans son numéro 424 d’octobre 2020, pages 118 -119 fait un article très intéressant sur un appareil proche de celui-ci, le Gaumont Spido 6,5×9. A lire si vous voulez en apprendre plus sur l’histoire des appareils Gaumont.

Quelques liens de références : http://www.museedelaphoto.fr/?p=2860, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-10958-Gaumont_Spido-Pliant%20.html, https://www.antiq-photo.com/collections/musee/appareils-photo/appareils-grands-formats/appareil-photographique-de-reportage-spido-pliant-gaumont/, http://www.collection-appareils.fr/phpBB3/viewtopic.php?t=10511 en français.

Argentique

Mamya M645

Bon , faut pas avoir mal au dos pour promener son M645 : il accuse, avec la pile et son objectif de base, 1,5 kg de métal ! C’est du costaud, du carré, du solide. Même si son poids impressionne, il n’est pas désagréable à prendre en mains (oui, avec « s », ça vaut mieux).

Pas besoin d’un mode d’emploi à rallonges mais un petit tour sur la grande toile vous permettra de trouver toutes les infos utiles pour vous en servir. Heu, prévoyez aussi une cellule à main, à moins que vous n’ayez trouvé un exemplaire avec un viseur prisme muni d’une cellule (Cds ou Silicium). Et peut-être un trépied, car vous l’utiliserez plus souvent pour du portrait ou du paysage, et vos cervicales vous diront merci.

Techniquement, c’est un moyen format en 6×4,5 sur film 120, soit environ 15 photos par film (contre 12 lorsque vous êtes avec un 6×6). La qualité des détails est impressionnante. Il faut juste prendre le temps avec ce type d’appareil, mais le résultat en vaut la peine.

Comme je l’ai écris quelque part ailleurs sur le site, c’est un appareil – en tout cas celui muni, comme le mien, d’un prisme de visée – qui permet une visée directe : il ne faut donc pas remettre l’image à l’endroit, comme sur les autres TLR (Yashica C et D, Rolleiflex décris sur le site). Ce qui, pour moi en tout cas, est un réel avantage.

Ce qui impressionne avec cet appareil, c’est le déclenchement : un gros clic sonore et ferme (là, ça change du silence des télémétriques, c’est certain !). Impossible de ne pas savoir que la photo est dans la boîte. Ceci étant, comme c’est un appareil peu propice pour faire de la Street, c’est pas grave en soi.

Autre chose, comme la plupart des moyens formats (sauf ceux à doubles objectifs façon Rolleiflex), vous pouvez changer de focale. Pensez à la conversion, selon vos besoins : ici c’est un 80mm équivalent à un 50mm en 24×36. La plupart des moyens formats ont une monture dite « propriétaire » donc vous ne pourrez pas y monter n’importe quoi, mais ça n’empêche un choix intéressant, sur les grands sites de ventes.

Un dernier point : le Mamya 645 M n’a pas un dos interchangeable comme les Hasselblad (horriblement chers !) ou les Kiev 88 (pas toujours en bon état). Lorsque vous avez chargé la pellicule, il faut aller jusqu’au bout avant de changer pour autre chose (couleur ou NB). Rassurez-vous, vous avez entre 12 et 15 vues à attendre !

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Rolleiflex Automat 4KB 3,5 bay 1 ou Rolleiflex MY-EVS type 1 3,5 bay 1

Vous dirais-je que parfois « l’occasion fait le larron » et, dans ce cas précis, je n’ai pas hésité à plonger un peu plus dans ma tirelire : un Rolleiflex Automat en bon état, avec des accessoires assez peu courants comme des lentilles spécifiques, des pare-soleil (chouette, y en a un qui va aussi sur le Yashica), des filtres, … ça se mérite.

Bon, c’est la version f1:3,5, mais c’est le début du « luxe ».

Une belle machine de 1956, pas exempte d’imperfections, après toutes ces années (par exemple, le verre de visée est un peu griffé, il manque deux petites vis autour du capot, mais tout le reste est ok). Il est parfaitement fonctionnel.

Le soucis, toutefois, reste entier pour moi qui éprouve les pires difficultés à remettre les images dans le bon sens : le dépoli vous renvoie un image inversée. Parfois je me demande comment faisaient les grands photographes qui ont utilisé ce type d’appareil.

Et, tiens, je n’y avais pas pensé jusqu’à ce qu’un amateur de mon Yashica D ne m’en fasse la réflexion : « et si on est gaucher, on fait comment ? »

Car, de fait, sur le Rollei, les réglages se font sur la gauche, à droite il n’y a que la manivelle d’avancement du film. Le déclencheur est en bas à droite, mais ça ne perturbe pas un gaucher.

Par contre, sur le Yashica D, les réglages sont à droite !

Finalement, ce sympathique amateur a acheté un Minolta Autocord, monté comme le Rolleiflex, en plus abordable !

Pour revenir au Rolleiflex, je vous avoue que je l’ai revendu. D’abord à cause de cette visée qui me perturbe toujours autant, ensuite parce que, honnêtement, je n’ai pas vu de différence entre le Rollei et le Yashica D, qui présente les mêmes caractéristiques. Les puristes vous diront que les objectifs du Rollei sont au dessus du lot. Soit, pour le f2,8, mais pour le f 3,5 (comme sur le mien) il n’y en a pas (là, je vais me faire des amis !) sauf au niveau du prix : un Yashica D, un Yashica Mat 124 se vend de 4 à 5 fois moins cher, pour le même plaisir.

Ceci étant, si vous pouvez en trouver un à prix raisonnable et en bon état, faites le pas. Se sont de belles machines et pour ceux qui n’ont jamais tâté du moyen format, c’est tout un monde qui s’ouvre à eux. Si vous avez lu ma rubrique sur le moyen format, vous comprendrez à quoi je fais allusion.

Bonne découverte.

Argentique

Yashica C et Yashica D

Un jour, lors d’une bourse photo, je découvre un vieil appareil, couvert de poussière, un peu comme oublié au fonds d’une caisse. Pourtant il m’attire, avec ses deux gros yeux ronds, superposés. Il a l’air endormi.

Je le prends en mains, le tourne et le retourne, ouvre son capot et tente d’apercevoir quelque chose sous la poussière qui ternit le verre. Et je demande au vendeur s’il le vend, ou s’il est en panne et oublié là pour cette dernière raison.

« Bah, j’en sais rien », me dit-il, « je l’ai ramassé dans un vide grenier et je ne l’ai jamais essayé ».

Nous négocions, plus pour le principe que par nécessité tant il fait peine à voir, et le vendeur me le cède. Me voilà propriétaire de mon premier appareil double objectif, au format 6×6 (un TLR dans le jargon des photographes pour Twin Lens Reflex), un Yashica C noir, enfin gris pour l’instant.

Si vous voulez en savoir plus sur le charme de ces appareils, je vous invite à suivre le lien suivant : https://www.filmisundead.com/5-raisons-davoir-un-tlr-dans-sa-collection-dappareils/, excellent site.

Bon, commençons par tout nettoyer : un peu d’alcool modifié pour nettoyer la carrosserie, un pinceau pour souffler les lentilles, puis un peu de produit d’opticien pour nettoyer la poussière collée aux objectifs, avec un tissus très doux en micro-fibres. De prime abord, pas de griffes, pas de coups sur les deux objectifs. Puis nouvelle ouverture du capot, pour dégager le verre de visée. Là aussi, un petit coup de pinceau pour dégager le plus de poussière possible, et ça marche, l’écran « s’éclaire ». Pas de griffe non plus. Jusque là, tout va bien. Ouverture du dos pour découvrir l’intérieur de l’engin. Chance, un peu de poussière mais pas de rouille, pas de saleté irrémédiable. Petit coup de soufflette, petit coup de chiffon en micro-fibres, y compris sur la lentille à l’intérieur, tout est propre. Là, il est noir, ses cuirs ne sont pas abîmés, les chromes sont beaux, les lettrages bien visibles, bref, il est beau !

Avant de bouger aux quelques boutons, petit tour sur la Toile pour dénicher un mode d’emploi (et par chance, j’en trouve même un en français !). J’essaie tout et … ça fonctionne.

C’est un art de la lenteur, qui change de la frénésie, parfois, des déclenchements rapides dus aux appareils numériques.

Bref, une manière différente de penser sa photo.

Sans doute est-ce moi qui suis lent avec le Yashica, des photographes célèbres s’en sortaient mieux que moi avec des appareils similaires (R. Cappa, V. Meyer, pour n’en citer que 2, rapidement).

C’est gai, surtout avec un trépied, pour composer à son aise. Pourtant, mais c’est moi que cela dérange, le fait que l’image soit inversée lors de la visée me pose problème : j’ai difficile à trouver mes repères.

il faut inverser gauche-droite pour remettre l’image à l’endroit

Premier développement de la première pellicule : pas terrible au niveau composition, quelques tâtonnements pour le juste couple ouverture/vitesse, mais quelles richesses de détails. Je pense que je ferai un poster de ma première « belle » photo avec ce type d’appareil, la taille du négatif autorisant de tel agrandissement.

Après le Yashica C, j’ai eu la possibilité d’acquérir un Yashica D. Idem que le C si se ne sont quelques évolutions, comme les réglages vitesse/ouverture qui se font par deux molettes situées entre les objectifs, façon Rolleiflex.

Franchement – et là je vais me faire incendier – il est aussi performant que le célèbre allemand, aussi facile d’emploi mais beaucoup plus abordable. Si vous voulez commencer le 6×6, c’est un excellent début.

Cet appareil est sorti avant le Yashica Mat 124 G, aboutissement de la gamme. Il date des années ’74 et fonctionne toujours comme au premier jour. Et si vous en trouvez un, voici le lien vers le mode d’emploi (en français) : http://babardestcyr.free.fr/yashica-D.htm

Quelques photos pour illustrer mes propos

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Zenza Bronica S2 A

Le texte ci-dessous est inspiré par le site http://www.dirapon.be/bronica.htm (pages consultées en décembre 2019), qui parle beaucoup mieux que moi de cet appareil étonnant.

Un peu d’histoire … au sortir de la seconde guerre mondiale, l’industrie allemande est exsangue et des pans entiers de son industrie photographique vont passer de l’autre côté du (futur) rideau de fer.

Pendant des décennies, les Russes vont copier des Zeiss Contax (les Kiev), des Zeiss Super Ikonta (les Moskva), des Leica (les Zorki et autres FED), sans trop chercher à modifier fondamentalement les appareils copiés.

« Pendant ce temps, le Japon panse ses plaies et rumine son humiliation. Ses usines reprennent leur production, et les produits qui en sortent sont largement inspirés de ce qui se fait en Europe. En matière d’appareils photos, il s’agit essentiellement de réflex bi-objectifs inspirés du Rolleiflex, et de télémétriques à monture Leica 39 mm. Mais les japonais ont le soucis de la perfection et envie de conquérir le monde occidental ».

« Dans les années ’50, Mr Zenzaburo Yoshino, consacre une partie de sa fortune et plusieurs années de sa vie à concevoir de toutes pièces et fabriquer un réflex moyen format mono-objectif dénommé Zenza Bronica D, dont l’inspiration vient d’un modèle suédois très sobre ».

« Le mariage parfaitement dosé des surfaces chromées et noires, plates, bombées et en creux, la qualité des matériaux et la précision des assemblages font du Bronica S2 une véritable œuvre d’art ».

Je vous invite vraiment à aller sur le site car les explications sont nombreuses et donnent réellement envie de manipuler cet appareil, qui a marqué son époque : http://www.dirapon.be/bronica.htm

Bref, un appareil costaud (près de 2kg), qui demandera l’usage d’un trépied pour être confortable, en portrait ou en paysage, mais qui vous le rendra bien : les images sont impeccables et d’une grande qualité. Et en plus, il est beau !

Notez que sur ce type d’appareil, en fouinant un peu sur un grand site de vente, vous trouverez facilement d’autres types de viseur, dont un en visée directe, comme sur le Mamya 645, que je trouve toujours plus agréable (déformation due à la pratique du réflex ?).

Et, parfois, mais c’est selon votre pratique photographique, vous trouverez aussi des objectifs de focales différentes. Pensez à la « conversion » de celle-ci, p. ex. le 75mm monté sur celui des photos correspond à un 50mm.

Objectif qui a une particularité : il y a une « double » baïonnette : dans la baïonnette collée à l’appareil vous pouvez venir « visser » l’objectif (sorry, je n’ai pas pensé à en faire des photos) ce qui me laisse penser qu’il doit y avoir moyen de n’acheter que l’objectif seul, sans devoir reprendre à chaque fois le tout.

Argentique

Le Lubitel 2

Ou comment accéder au moyen format sans se ruiner ?

Déjà, Lubitel veut dire « amateur » en russe, sans que cela soit ironique le moins du monde. On peut dire que le décor est planté ! Cet appareil a été pensé pour être, à tout point de vue, économique et disponible en grand nombre. De fait, il fut produit de 1954 à 1980, sans grands changements, à 2 232 245 exemplaires. Un record pour un moyen format.

Economique et facile à réaliser écrivais-je quelques lignes plus haut. Figurez-vous que dans un monde où le métal prévalait, le Lubitel fut fabriqué en … bakélite !

A part cette « petite » particularité, il a tout d’un grand : visée sur verre dépoli, avec une loupe pour la mise au point fine, déclencheur à retardement, prise synchro-flash, obturateur central avec 5 vitesses automatiques, le réglage de la netteté (distance) se fait en tournant la collerette autour de l’objectif, facilité de chargement (film 120 autorisant 12 vues en 6×6), possibilité d’utiliser en trépied. Bref, il ne manque de rien.

Mais tout est simplifié : pour avancer le film, une grosse molette sur le côté; il faut penser à armer l’obturateur car l’avancement du film n’arme pas ce dernier; pas de compteur de vue, juste une fenêtre rouge (inactinique) à l’arrière pour voir le numéro de la photo sur le film, pas de système de fermeture du dos sophistiqué mais de bons gros ressorts. Et ça fonctionne !

Petite coquetterie, sur le côté il y a une petite trappe pour y installer 2 filtres.

Bref, c’est du simple mais fonctionnel. Si vous vous laisser tenter par cet appareil, vérifiez qu’il n’est pas fêlé (sinon adieu l’étanchéité à la lumière), que les lentilles ne sont pas trop sales (mais ça peut se nettoyer), que le déclencheur déclenche, que l’armement de l’obturateur fonctionne … et bonne découverte.

Son objectif est un 75 mm qui ouvre de f1:4,5 à 22; c’est l’équivalent d’un 50mm en 24×36. L’objectif du dessus ne sert qu’à composer la mise au point, le second, en dessous, capture la photo. Et il est possible d’ajouter des filtres sur l’objectif (filetage). Les vitesses vont de 1/15 au 1/250, ce qui est amplement suffisant tenant compte que vous avez aujourd’hui l’opportunité d’utiliser des films dits rapides (400 Asa)

Ah oui, gros avantages de cet appareil : son poids plume, surtout par rapport à ses concurrents; son côté complètement décalé qui vous attirera la sympathie.

Enfin, pour conclure, la société GOMZ, qui fabriquait le Lubitel depuis 1949, changea deux fois de nom. En 1965, elle pris le nom de « LENINGRAD » puis devint LOMO en 1980. C’est a cette époque que cet appareil sera remplacé par les Lubitel 166 et Lubitel 166B, un peu plus sophistiqués.

Ne changeons pas nos bonnes habitudes, les liens pour en savoir plus : http://www.sovietcams.com/index.php?784016222 et https://camerapedia.fandom.com/wiki/Lubitel_2 en anglais ou http://serge.papierski.free.fr/Le_Lubitel_2.php en français

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Mamya 645 Super

Le moyen format me fait rêver, de grand négatif, plein de détails mais qui doit rester abordable.

Le moyen format, c’est quoi ? Généralement, nous parlons de 135 mm pour le film « standard » – aussi appelé 24×36. Mais ce standard ne l’a pas toujours été.

A l’origine, il s’agissait de plaques de verre ou de métal enduis de produits réactifs à la lumière. Puis il y eut les plans-film que le photographe glissait, un à un, dans un chassis. Toutes les tailles étaient envisagées car peu standardisées, même si certaines devaient prendre le dessus. Il faudra attendre 1888 pour voir apparaître le premier film sur support souple, en 70 mm, qui sera commercialisé dès 1889 par Georges Eastman (qui deviendra Kodak plus tard). Mais début 1900, c’est le format 120 mm qui est le plus employé, notamment dans les folding (appareil à soufflet) ou les box (ces drôles de boîtes en carton que l’on trouve souvent en brocante).

C’est en 1913 qu’est apparu pour la première fois le format 24×36 mm, inventé par Oskar Barnack.

Bref, alors que l’optique et la mécanique étaient toujours plus précises, les films devenaient de plus en plus petits pour se fixer au standard qui aura cours jusqu’à l’avènement du numérique, le format 24×36.

Cette référence est toujours la norme puisque les full frame possèdent un capteur de la taille d’un film, soit 24 x 36 mm.

Mais, et le moyen format dans tout ça ?

On considère que les films dit 120 (et 220) sont du moyen format, qui autorise des négatifs en 4,5×6, 6×6, 6×7 et le 6×9, pour les plus courants. Notez qu’on ne parle pas de 120mm car le film fait 6cm de large.

Il y eut d’autres formats, que l’on trouve très difficilement, voire plus du tout, comme le 126, le 127. Ces formats doivent conditionner votre attention si vous voulez acquérir un ancien appareil en moyen format car vous risqueriez de ne plus trouver de quoi l’alimenter (par exemple un Yashica 44 demande du film en 127, que l’on trouve encore par exemple chez Retrocamera, même s’il est toujours possible de bidouiller des supports pour travailler en 24×36 sur ces appareils, mais alors, quel intérêt ?).

Aujourd’hui, en numérique, il existe aussi des capteurs en moyen format mais là, sauf si vous avez gagné au loto (ou lotto si vous êtes français), vous oubliez : le ticket d’entrée est à 6000€, sans objectif !

En résumé, si vous voulez vous faire plaisir avec du moyen format, vous avez le choix dans la vaste gamme des Rolleiflex et Rolleicord (attention au prix), les Yashica C – D – Mat, Les Minolta Autocord, les Kiev 60 ou 88 , les Mamya 645, les Contax, …

A ce sujet, je vous invite à découvrir : http://objectif-photographe.fr/appareil-photo-argentique/ et https://www.stevenberruyer.com/argentique-2/guide-dachat-moyen-format/

Bref, pour ma part, j’ai opté, après un passage par les Yashica C et D, un Rolleiflex, un Mamya 645M, un Zenza Bronica S2A, pour un Mamya 645 Super.

Pourquoi celui-là ? Les 6×6 sont de belles machines mais j’ai besoin de pouvoir viser directement, sans devoir redresser la photo vue sur le dépoli. Et mon Mamaya 645 Super m’offre ce confort, outre le fait qu’il soit un peu plus moderne et que le prisme de visée compte une cellule (ce modèle a vu le jour entre 1985 et 1993).

Pour en savoir plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Format_35_mm, http://www.didio.biz/histoire/1924.html et surtout http://maisondelaphotoargentique.fr/histoire-de-photographie/