Argentique

Les plus beaux (et utilisables) télémétriques à objectifs interchangeables (toujours à mon humble avis)

Après le petit exercice d’hier sur les télémétriques à objectifs fixes, passons à ceux dont vous pouvez changer la focale.

Ce sera plus compliqué car je pense faire une distinction entre les « anciens » et les « modernes » (histoire de rester dans la tradition de la polémique).

Et donc, au rang des anciens, je place dans l’ordre de mes préférences :

Le Zorki 1C, copie conforme du Leica 2. Il est généralement plus apprécié qu’un Fed 2 parce que sa fabrication en est plus précise et soignée. Soyons de bon compte, le viseur n’est pas pratique, ni la manière de le charger, tout comme sur les Leica de l’époque et il faut utiliser le zone focus pour prérégler l’appareil avant la prise de vue. Mais, équipé d’un Industar 22 dit rentrant, vous pouvez – réellement – le mettre dans une poche. Et quand vous le sortez, effet garanti pour les passants attentifs, qui généralement entameront la conversation, au point d’oublier que vous les avez mis en boite. L’utilisation d’une cellule est recommandée, soit à main, soit à placer dans la griffe porte flash (mais c’est moins joli). Mais son avantage décisif, c’est son prix, souvent autour des 100€ avec l’objectif, soit de 4 à 5 fois moins cher qu’un Leica IIIf (pour retrouver l’agrément d’utilisation)

Le Fed 1G , l’autre copie du Leica 2. Je ne vais pas répéter ce que je viens d’écrire car si la marque change, le résultat est le même. Et comme pour le précédant, le prix modeste vous permettra, le cas échéant, de vous offrir une belle optique, soit rentrante pour garder l’avantage de la compacité, soit fixe.

Le Leica IIIf, dit « l’original », qui est une évolution du même Leica 2 qui a servi de base aux 2 premiers cités. Fondamentalement qu’a t’il de plus ? Une fabrication plus complexe et plus soignée, un peu plus d’onctuosité dans les commandes. Pour le reste, il est aussi peu pratique pour la visée ou le chargement du film et c’est l’objectif qui fera la différence pour le rendu de vos photos, comme pour les deux premiers. Ah oui, il y a le prestige Leica et sa réputation de solidité et de réparabilité, qui existe aussi, rassurez-vous, pour les appareils russes (ICI). Toujours est-il que le prix s’en ressent, comptez environ 400€ pour un boitier nu.

Ces appareils font partie de l’histoire de la photographie en 35mm, initiée rappelons-le par les inventions d’Oskar Barnak tout d’abord de l’utilisation différente d’un film destiné au cinéma et ensuite de son Leica, premier vrai appareil compact et ultra transportable, modulable ensuite.

S’en servir pour photographier aujourd’hui, c’est accepter quelques contraintes (visée, chargement, réglage des vitesses, cellule indépendante) mais c’est prendre le plaisir de découvrir comment faisaient « les anciens » pour obtenir de biens belles images. Je dirais que c’est presque un état d’esprit.

Voilà, j’en viens à mes « modernes » que je présente par préférence, pas par date de fabrication :

Le Zeiss Ikon ZM qui est pour moi LE télémétrique absolu. Il est beau, pratique, ergonomique, léger, facile à charger, précis (cellule et visée), en un mot : moderne ! Vous pouvez y monter toutes les optiques en monture M et celles de Voigtländer, si elles sont – un peu – plus abordables que les Zeiss Leica, sont aussi proches de l’excellence. Même son prix, je vous le concède conséquent – comptez 1900€ nu – est pourtant encore un avantage car un Leica 7, son seul concurrent, est au triple de sa valeur.

Le Leica M5, car il est le vilain petit canard de la famille et que j’aime bien ces gens là ! Blague à part, c’est un excellent appareil, le premier à avoir proposé une cellule TTL précise et des réglages extrêmement faciles et rapides. Sauf pour le charger, ce qui se fait toujours par la semelle même si Leica a – un peu – facilité la tâche du photographe pressé. Forcément en monture M, vous pouvez tout lui monter dessus, même des russes comme le Jupiter 3 f1,5, avec une bague d’adaptation (mais pas le Jupiter 12, un grand angle qui rentre très fort dans le boitier). Il se négocie autour des 1000€ nu.

Le Canon P, contemporain du Leica M3 et M2, il a – pour moi – le gros avantage d’avoir aussi un magnifique viseur, collimaté du 35 au 100mm et surtout il possède un dos sur charnière. C’est un magnifique télémétrique, très bien dessiné et solide, qui accepte tous les objectifs en Ltm 39 dont des objectifs Canon qui sont excellents et peuvent aussi atteindre des prix pharaoniques (le f1:0,95 est himalayen !). Le boitier seul se négocie autour des 200€n ce qui le rend très abordable, vu sa qualité.

Et dans la famille des « modernes », il y a les appareils russes qui ont évolués, se détachant de leur modèle initial pour proposer parfois des solutions innovantes, que Leica utilisera 10 ans plus tard (p. ex. une cellule embarquée)

Le Zorki 6, qui est très compact, donne une bonne sensation de solidité (tout métal) et qui autorise – enfin – de pouvoir changer les vitesses quand on veut (appareil armé ou non). Il simplifie aussi le chargement grâce à son dos sur charnière. Mais son argument massue, c’est son prix : moins de 80€ avec un objectif ! Et comme il est toujours en monture Ltm 39 (Leica visant), le parc optique est immense et adapté à toutes les bourses.

Le Fed 3b, dont les commandes sont d’une onctuosité rarement atteinte, le déclencheur très discret (un petit flop) et assez facile à charger (dos amovible). Ce n’est pas le plus sexy de la bande mais il reste « sortable » et comme ici aussi vous pouvez monter ce que vous voulez comme optique en Ltm 39, vous n’aurez plus d’excuse pour ne pas l’essayer. D’autant que son prix n’est surement pas un obstacle : comptez autour des 60€ avec un Industar 61. Comme pour le premier cité, n’oubliez pas votre cellule à main

Le Fed 4b, bon d’accord, il n’est pas beau mais 10 ans avant Leica, il nous sortait une cellule intégrée au boitier. Pas encore couplée, mais vous l’avez sous les yeux et vu ce qu’elle était chargée en sélénium, elle résiste au temps, pour autant que vous la couvriez ou utilisez le « sac tout prêt » en cuir généralement vendu avec l’appareil. Ses commandes sont très douces et il est discret … enfin, autant qu’une armoire normande puisse l’être ! Même son prix n’est pas une excuse : comptez environ 40€ pour un appareil fonctionnel avec un objectif 50mm.

Un outsider enfin, le Zorki 4 ou le Zorki 4K, qui fut sans doute le télémétrique le plus fabriqué au monde. Ce n’est pas le plus beau mais il bénéficie d’un beau viseur, clair, avec correction dioptrique, son levier d’armement, agréable et plus facile que de tourner un bouton (le Zorki 4), sa discrétion au déclenchement (un flop très doux). Pas trop onéreux (comptez 60€ avec objectif), il semble faire le lien entre l’ancienne génération de par sa forme et la nouvelle puisqu’il fut fabriqué jusque dans les années quatre-vingt.

Si vous voulez voir de quoi il est capable, je vous invite à découvrir ce site car le photographe utilise un Zorki 4 pour ses sorties de Street photography.

« Mais, me direz-vous, quel attrait pour l’utilisation de ces appareils où tout est manuel ? »

Mais celui de la différence, celui de la recherche esthétique (bon, ok par pour le Fed 4b, on est d’accord) et – surtout – celui du temps que l’on accepte de consacrer à sa passion, celle de faire des photos, pensées, réfléchies, voulues ou non pas prises à la sauvette comme je le vois si souvent avec les « dégaineurs » de smartphone ! Utiliser un télémétrique, c’est comprendre comment l’appareil devient le prolongement de votre regard, naturellement, car la visée peut se faire les deux yeux ouverts pour « capter » l’air du temps qui va précéder le moment où vous appuierez sur le déclencheur.

Un célèbre exemple est le travail de Henri Cartier-Bresson (HCB pour les intimes) qui humait l’endroit avant de figer l’instant désiré. Même s’il fut reporter et pas des moindres (co-fondateur de Magnum), il savait anticiper l’espace et le temps qui allait donner l’image, même dans les situations d’urgence.

Un dernier mot encore, peut-être : si ces appareils acceptent différentes optiques, généralement du 28 au 135mm, souvent vous vous contenterez de celle qui vous correspond le mieux. Ce peut être du 50mm (le plus proche de la vision humaine) ou du 35mm qui offre des plans plus larges ou qui vous oblige à aller au plus près du sujet. Cela fait partie de l’expérience télémétrique.

Je vous souhaite donc de belles découvertes.

Le Zinc du photographe

Récapitulatif de mes appareils (novembre 2020)

Le récapitulatif que je vous présente ici est celui des appareils que j’utilise vraiment régulièrement.

J’ai encore quelques pépites dans mes armoires, que je sors au fur et à mesure de mes envies d’essais, tests et autres comparaisons, toujours très subjectives, mais c’est plus pour le plaisir de découvrir ces quelques belles machines – et pourtant je ne suis pas collectionneur, je vous assure !

Donc, ceux que je vous présente ici sont mes appareils de « tous les jours ».

En photo de rue :

  • Lumix GX9 + 14 mm f1:2,5 (28mm en 24×36)
  • Leica M5
  • Ricoh R1 (argentique) focale fixe 30 mm f1:3,5

En photo de paysage, urbaine, portrait :

  • Canon Eos 6D
  • Canon 7D
  • Canon Eos 30 (argentique)

Avec ces trois Canon Eos, des objectifs de la marque :

  • EF 17 – 40 mm f1:4 série L,
  • EF 24 – 70 mm f1:2,8 constant série L,
  • EF 70 – 200 mm f1:4 série L,
  • EF 70 – 300 f1:4 -5,6 IS USM
  • EF 28 – 80 f1:3,5 – 5,6 autofocus
  • et un doubleur de focale Kenko (x2)

Pour les autres :

  • Mamya 645 Super (argentique) 4,5×6
  • Kodak Classic Smile (instantané) 89x108mm ZeroInk

Parfois je me dis que ce qui est fatiguant c’est de penser à ces appareils électroniques dont je sais que les jours sont comptés. Parce que les obturateurs ont été prévus pour X milliers de déclenchements et puis … on ne sait pas, sauf à – peut-être – devoir passer par le SAV, pour autant que le coût de la réparation ne dépasse pas la valeur de l’appareil et/ou que les pièces soient encore disponibles.

Avec les anciens appareils argentiques la question se pose sous une autre forme : jusqu’à quand fabriquera t’on encore les pellicules pour les alimenter ? Au rythme ou certaines disparaissent, ça fait peur.

Jamais je pense, depuis l’invention de la photographie, les industriels n’ont aussi bien orchestré l’obsolescence programmée de leurs appareils, obligeant à toujours faire « évoluer » son parc, pas seulement pour rester au goût du jour mais tout simplement pour pouvoir continuer à photographier.

A l’époque de l’argentique, ne nous leurrons pas, la bataille marketing faisait aussi rage et les nouveaux produits sortaient aussi régulièrement, mais pas au rythme d’aujourd’hui (Canon aura attendu 10 ans avant de remplacer son fleuron, le F-1 p. ex.). Et il n’était pas rare qu’un photographe garde son appareil dix, vingt ans sans que ses photos n’en pâtissent. Les réglages étaient toujours liés au triangle de l’exposition, point barre ! Mais il savait s’en servir et comprendre la lumière, plutôt que les 500 pages de réglages des appareils « modernes ».

Le Zinc du photographe

Le comparatif – toujours subjectif – des télémétriques qui me sont passés entre les mains

En février de cette année (2020), je vous proposais un petit comparatif subjectif de télémétriques argentiques.

Las, la saison était mal choisie, un vilain et minuscule virus allait tout bousculer et boucler pour de longs mois.

Ces moments de retraites forcées ont été bénéfiques, car j’ai pu – à loisir ! – essayer les différents appareils, mais pas en voir plus ou moins rapidement, les résultats photos. Les labo n’étant pas considérés comme commerces essentiels, ils étaient fermés. Et donc, les pellicules ont attendu sagement, au frigo, que des temps meilleurs nous reviennent.

Finalement, quasi à la mi-juin, j’ai pu confier ces précieux films à New Prodia, mon « petit » labo de prédilection (ben oui, ils sont compétant, sympas et tout près de chez moi, que demander de plus ?) Un petit coup de fil plus tard, ils me prévenaient que tout était développé et que je pouvais passer prendre connaissance de mes recherches, analyses fines et tests très (peu) scientifiques sur les meilleurs télémétriques du … Monde !

Pour mémoire, étaient en lice :

  • un Leica III f de 1951
  • un Zorki 1c de 1953
  • un Leica M3 de 1957
  • un Canon P de 1958
  • un Leica M5 de 1973
  • un Zorki 4K de 1974
  • un Kiev 4AM de 1982

Finalement, je n’ai pas essayé le Kiev 4AM mais j’ai ajouté un Leica M6 de 1984 et un Zeiss Ikon ZM de 2006.

Petit résumé de mes sensations avec ces appareils :

NomEsthétiqueManiabilitéRéglagesViséeRésultats
Leica IIIf++++++++++10
Zorki 1c++++++++++10
Leica M3+++++++++++++13
Canon P+++++++++++++++15
Leica M5+++++++++++++13
Zorki 4K+++++++++9
Kiev 4AM+++++++++9
Leica M6+++++++++++++13
Zeiss Ikon ZM++++++++++++++++++++20
Bon, je vous ai bien dit que c’était très subjectif …
  • Esthétique, ben oui, ça compte ! Autant avoir un bel appareil en main …
  • Maniabilité : ici, j’ai tenu compte de la facilité d’utilisation des appareils, en me souvenant que certains étaient âgés. Par contre, je trouve toujours inutile de charger un appareil par la semelle dans les années ’80 à 2000 !
  • Réglages : là aussi, il faut tenir compte de l’âge de certains appareils mais – p. ex. un Zorki 4K n’a toujours pas de cellule en 1984 – aussi des commodités apportées – p. ex. la roue des vitesses affleurant le capot du M5, qui permet de régler celles-ci sans quitter le viseur des yeux.
  • Visée : au pays des télémétriques, c’est le plus important. Les plus vieux appareils sont battus sans concession (même si leur visée apporte un certain charme) mais pour les autres c’est une question vitale. Le M3 a introduit un standard qui a été longtemps un absolu. Seul le Zeiss Ikon ZM fait encore mieux.
  • Résultat : simplement l’addition de mes « sensations »

Vous ne serez pas dupes de ma partialité dans ce comparatif, même si – vous en conviendrez – certaines de mes remarques en sont pas dénuées de bon sens !

Les photos développées sont mises en exemple près de chacun des appareils. Le résultat des prises de vues (au delà d’une esthétique qu’il vous appartient de discuter, éventuellement) donne des résultats amusants : le Zorki 1c fait mieux que le Leica IIIf; le Leica M5 fait part égale avec son ainé, le M6; le Zorki 4K est idéal pour tâter du télémétrique à prix contenu et ses qualités, certes moindres que les autres en scène, ne sont pas du tout médiocres; je n’ai pas eu envie de tester (encore) le Kiev 4AM, pourtant cousin très germain du Contax plus célèbre; et j’ai découvert un appareil vraiment séduisant avec le Zeiss Ikon ZM, véritable outsider qui a battu tout le monde sur le fil d’une découverte par hasard sur un site de vente en seconde main !

N’oubliez pas – encore – qu’un appareil photo n’est jamais qu’une chambre noire, plus ou moins sophistiquée et que l’objectif est aussi – parfois plus – important pour la délivrance de belles images. Dans ce petit test sans prétention autre que celle de nous divertir (et pourquoi pas d’apprendre certaines choses) le panel des objectifs, choisis cependant avec soin, étaient de toutes les époques mais avec les meilleurs de chacune, sans verser dans le superlatif, en tout cas en terme de prix (j’ai volontairement omis les objectifs Leica, hors budget).

Puisse ce petit aperçu vous donner envie de tester vous aussi ces fabuleuses machines à fabriquer de beaux témoignages de votre passage en tant que photographe …

Bonnes découvertes !

Le Zinc du photographe

J’ai reçu mes photos (ter) – Leica M6

Hé oui, celles du Leica M6, celui que j’ai échangé contre le Zeiss Ikon ZM.

Pour mémoire, ces photos ont été captées fin mai, dans les rue de Mons (Hainaut). J’avais monté le Jupiter 12 sur l’appareil, un 35mm ouvrant à f1:2,8 de fabrication russe. Sa particularité, si vous vous souvenez de l’article consacré à la présentation du M6, où j’en parlais, est d’avoir un verre arrière très proéminent et qui rentre assez profondément dans la chambre de l’appareil. Ce qui le rend particulièrement compact.

Mais cette particularité ne me permettait pas de le monter sur le Leica M5 car le risque qu’il heurte le bras de la cellule est trop important.

C’était donc un double essai, celui de l’appareil et de l’objectif.

Encore un mot sur l’appareil. Comme je l’ai écris, même s’il est très agréable à prendre en main, beaucoup plus proche du « standard » que représente le Leica M3, je restais dubitatif sur sa réelle plus value par rapport au M5. Tout d’abord au niveau de l’utilisation, deux flèches apparaissent dans le viseur, pour indiquer soit une sous-ex (flèche vers la gauche), soit une sur-ex (flèche vers la droite) et enfin une expo correcte si les deux flèches sont allumées en même temps. Sans rappel de la vitesse dans le viseur. Pour le M5, il faut faire coïncider deux lignes obliques, en tournant la molette des vitesses, du bout de l’index, sans quitter le viseur des yeux, et le rappel de cette vitesse s’inscrit dans le viseur.

Et bien, honnêtement, je préfère le M5, c’est plus clair. Ceci étant, le M6 expose juste, sa cellule étant un peu plus sensible que celle du M5, soyons de bons comptes.

Au niveau discrétion, le M5 est plus silencieux que son descendant. Pas de beaucoup, mais on s’habitue au silence … Mais là où ça (me) fâche, se sont les logos, en façade : assez discret sur le M5, impossible de ne pas les remarquer sur le M6 !

Enfin, là où je les laisse sur un parfait ex aequo, c’est sur la difficulté de les charger : je peux admettre que je n’ai pas l’habitude et que celle-ci fait sans doute gagner du temps, mais pourquoi toujours nous imposer cette semelle escamotable et cette roue en tulipe pour y accrocher le film ? Pas pratique du tout et chronophage.

Tout ceci étant dit, voici quelques photos d’illustration. Le film était un Fuji X-Tra 400 Asa, périmé depuis janvier 2014, même si gardé dans un frigo. C’est le même film pour les deux appareils. A noter que ce sont les fichiers bruts (c.-à-d. non retouchés via Luminar 4).

En conclusion, deux belles machines, même si je n’en garderai in fine qu’une seule. Mais le M6 fait déjà le bonheur d’un étudiant (n’est-ce pas Hugo ?), passionné de photo de rue aussi.

Le M6 a réussi ce que le M5 n’avait pu atteindre, 10 ans plus tôt : ajouter une cellule précise à la lignée du M3, sans embonpoint. Il a su garder les proportions de ses ainés, qui le rendent maniable et devraient le faire discret, si on excepte les logos criards qui, soit vous font repérer à 20 pas comme quelqu’un qui a les moyens (et dans certains lieux, c’est peu pratique), soit vous fait entrer dans la famille des Leicaistes modernes qui s’assument (remarquez que je note « modernes » car les anciens, qui affectionnent encore les M2 et les M3, sont eux, très discrets). Ceci étant dit, c’est une fabuleuse machine à photographier et si vous fouinez bien sur certains sites, vous en trouverez à des prix qui restent décents.

Bonne découverte et, surtout, bonnes photos …

Le Zinc du photographe

J’ai reçu un Zeiss Ikon ZM, suite

Bon, j’avoue, j’ai craqué et vous ai terminé la présentation de cet appareil avant celle du Canon Eos 5D Mark III.

Comme précisé dans l’article précédant je vous ai écris un article plus technique (que d’habitude) sur cet appareil et que vous trouverez dans la rubrique « argentique –> les télémétriques ».

Ici je reviens avec mes impressions, toutes subjectives, sur ce magnifique appareil … aïe je suis déjà conquis !

En fait, j’ai découvert l’existence de ce Zeiss Ikon ZM lorsque je cherchais, sur un grand site de vente, un Leica. Comme on dit, il m’avait déjà « frappé dans l’œil » mais que voulez-vous, je n’avais jamais eu de Leica et j’avais non seulement l’opportunité mais – enfin – un peu de moyens à consacrer à cet achat, après avoir essayé des télémétriques russes, plus abordables et fondamentalement proches du « modèle » allemand.

La suite, vous avez peut-être pu la lire dans la rubrique « argentique –> les télémétriques –>petit comparatif (très subjectif) …« . Et si j’ai apprécié la découverte de ces Leica, il me restait un goût d’inachevé.

Je m’explique : le Leica M fut une révélation, en tout cas par rapport aux télémétriques que j’avais testés auparavant : Zorki 4 et 4K, Fed 2, Zeiss 4 M et 4 AM (copie des Contax), Zorki 1c, et même Leica IIIf. Son viseur et son télémètre, sa monture, tout était plus agréable et (relativement) facile.

Il lui manquait une cellule ? Je la trouvais avec le Leica M5, réellement bien pensé mais tellement boudé par les puristes de la marque.

Et comme je suis un curieux, je voulais pousser la comparaison à son maximum, en achetant le Leica M6. Qui, bien qu’il fut très beau et bien pensé, ne m’a jamais convaincu de sa supériorité par rapport au M5.

Certes, j’aurais pu continuer ma quête avec un M7, mais là les moyens que je m’étais alloué pour ces découvertes allaient exploser, et je ne le voulais pas.

Donc, si je devais résumer mon expérience avec les Leica, je dirais que j’ai découvert de superbes machines, solides, bien pensées, construites pour durer, qui ont offert de réels plus à la qualité de la photographie MAIS qui ont gardé des défauts, hérités de leur passé et qu’une certaine élite se refuse à voir changer au nom du respect à un idéal vieux de près de 90 ans ! Par exemple, cet absurde chargement par la semelle, la « crise » provoquée par l’apparition d’une cellule sur le M5 (certains ne jurent toujours que par le M4, synthèse du M3 et d’une certaine modernité), les convulsions provoquées par le passage au numérique (d’aucun n’en sont toujours pas revenus), ce sacro sain rideau en caoutchouc certes peu bruyant mais limitatif (vitesse d’obturation).

Ajoutons à cela cette politique de prix qui pourrait s’expliquer si on considère réellement que la marque fait plus de l’artisanat que de la vente de masse, comparée aux ténors tels Canon, Nikon. Mais c’est oublier un peu vite les accords que passent régulièrement Leica avec Panasonic notamment, et qui va jusqu’à rebadger certaines productions nipponnes, saucées à la Leica, pour justifier des prix qui vont presque au double. Et j’ajouterais – là, je vais me faire lyncher – que ces collaborations sont le sang neuf dont Leica a besoin pour évoluer et je songe à celle qui fut faite avec Minolta et son CLE qui devint CL chez Leica, avec, bien plus tard, une descendance numérique.

Dans le domaine de l’occasion, ça continue, avec des prix qui effraieraient tout cardiaque parce que certains puristes font un point d’honneur à dépenser des sommes folles pour obtenir le Leica de leurs recherches, accessoires d’origine – et à prix d’or – compris. Entretenir une légende, c’est bien (ou pas !?) mais justifier d’une sur cotation au prétexte que le produit est rare, c’est une supercherie.

Au vu du nombre d’appareils, toutes générations confondues, qui se vendent sur la Toile (et ailleurs), je ne pense pas que l’on puisse encore parler de rareté, sauf pour les plus vieux modèles qui n’ont plus que l’histoire à raconter car ils ne sont, franchement, pas pratiques à utiliser.

Par contre, je salue la démarche de Zeiss par la création, en 2006, de ce Zeiss Ikon ZM. Pensez, un télémétrique en plein boom du numérique !

Bien évidemment, je pense ne pas être trop naïf pour croire que la Carl Zeiss AG n’ait agit que pour la beauté du geste en proposant cet appareil à cette époque. Il y avait là du marketing et de l’opportunité, mais ils l’ont fait avec panache en offrant un appareil plus que performant à un prix contenu (près de trois fois moins cher que le concurrent visé, le Leica M7).

Las, si le conformisme l’a emporté et qu’ils ont cessé de le produire en 2012, ils ont offert le meilleur à ceux qui avaient envie de photographier hors des carcans en bénéficiant du superlatif de l’époque.

Epoque d’ailleurs – irrémédiablement ? – révolue car tout le monde est passé au concept du numérique. Laissant le marché de la seconde main combler ceux qui veulent revenir aux joies de la photo argentique et qui cherchent le meilleur compromis qualité/prix.

Dans ce cas, j’ose affirmer que cet appareil est LE maître achat (bon, ne tardez pas trop, après cet article, les prix vont monter). Il est beau, fabriqué plus que sérieusement et pour durer, bénéficie des modernités qui font que seule la recherche de la meilleure photo puisse être un but (cellule, programme automatique débrayable), avec une ergonomie proche de la perfection.

Celui-là, je le garde et il va sortir en rue, qui me semble être son domaine de prédilection. J’espère juste que d’autres pourront découvrir ce bel appareil et partager leurs impressions à son sujet.

Argentique

Le Zeiss Ikon ZM

Contrairement à mon habitude, je vais être un peu « technique » pour cet appareil. Pourquoi ?

En fait, j’ai fait le tour de la Toile pour y trouver des informations et je n’ai rien trouvé, sauf en anglais. Bien que je ne sois pas très doué – doux euphémisme – en langue (sauf en Langouste et langue de bœuf), je sais me servir d’un traducteur (Deepl.com en l’occurrence) et il me reste quelques souvenirs scolaires pour que ces traductions ressemblent à du français correct. Soyons honnête, je vais m’inspirer des 3 sites référencés en bas de page mais je ne vais pas vous les traduire intégralement et mots à mots.

Commençons… Cet appareil est le fruit de réflexions allemandes et de construction japonaise. Nous devrions nous attendre au meilleur dès lors.

Il fut construit de 2006 à 2012, finalement en assez peu d’exemplaires car beaucoup de ses possibles acquéreurs ont choisi la facilité de se tourner vers un autre grand nom de la photographie argentique, le Leica 7.

Pour la petite histoire, il faut savoir que Zeiss et Leica ont toujours été concurrents et qui plus est, voisins car les usines se faisaient quasi face à Wetzlar. Zeiss Ikon est aussi une grande marque dont les origines remontent aux années ’20 (1920) et qui a marqué le monde de la photographie et du cinéma. Las, la seconde guerre mondiale et son après, avec la partition de l’Allemagne, a sonné le glas de cette maison prestigieuse. Zeiss a absorbé Voigtländer et a cessé de fabriquer des caméras. Le savoir-faire issus de ces années de gloire s’est retrouvé chez Contax et Yashica.

En 2004, alors que la marque Zeiss Ikon n’existait plus, Carl Zeiss AG a tenté de relancer celle-ci à travers l’appareil que je vous présente aujourd’hui. Conçu en Allemagne par Zeiss et fabriqué au Japon par Cosina de 2006 à 2012, le ZM était fabriqué en noir et argent et était destiné à être associé à la magnifique ligne d’objectifs ZM à monture M de Zeiss, et il fonctionne avec tous les objectifs en monture M.

Lors de sa sortie, le Zeiss Ikon ZM coutait cependant presque trois fois moins que son concurrent, tout en offrant quelques avantages certains dont, par exemple :

  • un chargement du film vraiment simplifié, avec un dos à charnière
  • un viseur encore plus lumineux que le Leica
  • un « patch » aérien qui permet de viser rapidement
  • une meilleure ergonomie
  • une excellente fiabilité
  • un télémètre superlatif
  • une cellule très précise
  • un mode automatique débrayable, qui permet de se concentrer totalement à la prise de vue
  • une légèreté remarquable, qui n’entache pas sa solidité

Soyons de bon compte, il pourrait lui être reproché :

  • il manquerait les lignes de cadrage au 135mm (perso, je trouve déjà que le 90mm est un maximum en télémétrique)
  • l’obturateur est plus bruyant que le Leica (normal, celui du Zeiss est en métal, contre du caoutchouc pour le Leica – ce qui lui permet d’atteindre le 1/2000ème/sec. ce que le rideau du Leica ne sait pas faire). Ceci étant très relatif, car il faut vraiment tendre l’oreille pour entendre le léger « clic » de l’obturateur. Croyez-moi, ce n’est pas lui qui dérangera le conférencier que vous voulez immortaliser !
  • le bouton de verrouillage AE est au dos de l’appareil, sous la prise flash
  • il n’a pas de mesure TTL du flash mais sa synchro est au 1/125 (contre 1/50 au Leica)

Ce qui m’a frappé avec cet appareil, c’est son aspect, étrangement épuré et très ergonomique. C’est vraiment un plaisir de le prendre en main. D’autant qu’il est plus léger que les Leica (458 gr avec ses piles et un film, sans objectif).

Et, surtout, la taille de son oculaire de visée à l’arrière ! Y plonger son œil c’est comme regarder à travers un voile de cristal : clair, limpide, aérien. Les lignes de visées sont bien présentes cependant, clairement visibles mais pas envahissantes (28 -35 -50 -85). Le grossissement est de 0,74x.

Les 28mm et 85mm apparaissent ensembles, tandis que les 35mm et 50mm apparaissent seuls, en actionnant le levier sur la gauche. Contrairement à son rival, la ligne des 28mm est bien visible et confortable.

Les vitesses d’obturation sont indiquées par des chiffres rouges sur le côté gauche du viseur. Elles apparaissent entre les positions des lignes de cadrage de 28mm et 35mm.

Le compteur de vue est automatique et discret, près du levier d’armement. Les symboles S, 24 et 36 sont de couleur orange, bien visibles.

Il est alimenté par 2 piles de 1,5v, des LR44 font très bien l’affaire. Et vous pouvez compter faire au moins 50 films de 36 vues avec un jeu de piles, en le laissant allumé pendant un shooting. On est loin des camions de batteries à prévoir en numérique …

Au niveau des vitesses : elles vont de la seconde au 1/2000ème en mode manuel et de 8 sec au 1/2000ème en mode automatique.

Le Zeiss Ikon mesure la lumière réfléchie sur une barre grise sur les lames de l’obturateur. La surface est large et la cellule est très précise (évaluative).

Comme tout bon télémétrique, impossible de faire la mise au point en deçà des 70 centimètres.

Tout ceci étant écrit, que penser de cette belle machine à photographier ?

Elle est comme la synthèse de ce qui se fait de mieux en télémétrique, avec des idées originales et avant-gardistes (un peu comme le CLE de Minolta, qui aiguillonnera Leica en son temps et l’obligera un bon moment à se remettre en question). La comparer au Leica M7 me semble, finalement, vain, car nous ne sommes plus dans la même philosophie. Ici, on prépare une vision différente, qui va de l’avant; là, on thésaurise sur des acquis, ceux de la lignée des M (notez que c’est une bonne base).

Bref, si vous voulez vous faire plaisir, sans avoir le sentiment de devoir appartenir à une « tribu », à ses codes, ses manies, ses coûts, l’alternative du Zeiss Ikon ZM est la voie royale car vous bénéficiez du meilleur de ce que le télémétrique peut vous offrir à des prix encore raisonnables (attention, après cet article, les prix vont monter !).

Et pour en revenir à ce que j’esquissais dans le premier article à son sujet, choisir le Zeiss Ikon ZM c’est choisir la liberté de faire mieux dans bien des cas sans devoir se plier à une mode, un snobisme, celui d’afficher une marque, certes connue et reconnue, mais qui cultive l’élitisme comme d’autres la recherche et le progrès.

Les liens si vous voulez en savoir encore plus : https://www.kenrockwell.com/zeiss/ikon.htm, https://www.35mmc.com/19/03/2016/zeiss-ikon-review/ et https://casualphotophile.com/2017/10/16/zeiss-ikon-zm-35mm-rangefinder-review-everything-a-rangefinder-should-be/

Le Zinc du photographe

Je vais faire des jaloux : j’ai reçu un Zeiss Ikon ZM …

« Heu … c’est un nouvel objectif ? » – « Ben non, c’est un appareil télémétrique argentique, rare car produit à peu d’exemplaires et comparable au Leica M7 »

Bon, là, je vais vous tenir en haleine quelques jours, le temps de faire des photos et de vous le présenter mais je peux vous dire que c’est une petite merveille de précision et de sensations.

Conçue en Allemagne par Zeiss et fabriquée au Japon par Cosina de 2006 à 2012, la série des ZM a été réalisée en noir et argent et était destinée à être associée à la magnifique ligne d’objectifs ZM de Zeiss à monture M. Le mien est en livrée argent.

Si je devais résumer ce que j’ai pu lire à son sujet sur les différents sites dont vous trouverez les liens en bas de la page, sa comparaison se fait par rapport à un Leica M7 … et ce n’est pas (souvent) ce dernier que l’emporte dans les tests et avis.

Et – pour tout vous dire – comme je n’étais pas convaincu de la supériorité de mon Leica M6 sur le M5, il m’a servi de monnaie d’échange (merci Hugo) contre ce magnifique Zeiss Ikon ZM, avec un Elmarit 90mm f3,5 et son pare-soleil d’origine Leica.

Franchement, je ne le regrette pas, non pas que le Leica M6 fut mauvais, que du contraire, mais j’avais toujours cette impression que, hormis une taille plus conforme aux standards des Leica M, il n’était pas fondamentalement différent du M5, son ainé (ok, vous pourriez ergoter que le M6 était plus moderne et pour certaines choses, mieux conçu que le M5, soit, mais – fondamentalement – il n’était que « plus moderne »).

Vu le « manque » d’informations sur cet appareil en français, pour une fois, je serai un peu plus technique, dans un article séparé, celui-ci étant réservé à mes impressions, toutes subjectives, comme d’habitude.

Un peu de patience, je termine la présentation du Canon Eos 5D Mark III et puis je reviens sur ce Zeiss Ikon ZM.

Ne changeons pas les bonnes habitudes, quelques liens : https://www.kenrockwell.com/zeiss/ikon.htm , https://www.35mmc.com/19/03/2016/zeiss-ikon-review/ , https://casualphotophile.com/2017/10/16/zeiss-ikon-zm-35mm-rangefinder-review-everything-a-rangefinder-should-be/ en anglais (je n’ai rien pu trouver en français sur cet appareil)

Argentique

Petit comparatif (très subjectif) de télémétriques argentiques

Voilà, comme je vous l’avais annoncé, j’ai reçu quelques pépites que j’ai envie de partager avec vous (article daté de février 2020, pour vous situer dans le temps).

Le facteur a déposé ce matin un Leica M5, un Zorki 1c et, il y a quelques jours, un Leica IIIf.

Quelques mots – juste pour vous faire saliver un peu – sur ces appareils :

  • le Zorki 1c est la copie conforme du Leica 2. Il est généralement plus apprécié qu’un Fed 2 parce que sa fabrication en est plus précise et soignée. Et, c’est vrai, c’est un bel appareil. Celui que j’ai reçu possède aussi sa gaine en cuir, du plus bel effet, car bien patinée par le temps (les photos suivront bientôt).
  • Le Leica III f est un des derniers Leica dit « à vis ». En effet, le Leica M viendra sous peu avec une baïonnette spécifique (1954), qui sera un nouveau standard pour les télémétriques. Même si Leica a prévu que la plupart des anciens objectifs à viser (le standard LTM 39) puissent être utilisés avec la nouvelle monture, moyennant une bague d’adaptation particulière. Et pour être précis, le dernier Leica à vis sera le Leica III G, apparu après le M3 mais qui fut un « champ du cygne » (produit de 1957 à 1960).
  • Le Leica M5 est un peu « hors catégorie » dans le match. Il est plus récent (1971 – 1975) et, surtout, il fut le premier Leica doté d’une mesure TTL (abréviation de through the lens, à savoir mesure d’exposition à travers l’objectif). Ce qui ne fut pas du goût des « puristes » de la marque, d’autant que sa forme était différente du standard de l’époque, le fameux Leica M3. Pour tout vous dire, il ne fut pas un grand succès commercial et d’aucun tente de lui imputer le risque de faillite de la marque qui s’en suivi. Les mauvaises langues ! Ceci étant, c’est un excellent appareil, qui eu le malheur d’arriver peut-être trop tôt (c-à-d à une époque où l’électronique ne pouvait pas encore être miniaturisée comme de nos jours d’où sa forme un peu « lourde » selon certains).
  • Le Leica M3 que j’avais commandé est arrivé (mars 2020). Je pourrai ainsi faire le tour de ces légendes et vous les présenter. Car le M3 est – à lui tout seul – une légende. Les puristes de la marque vous diront qu’il est parfait : son design est, il est vrai, intemporel. Inspiré du streamline (vous savez, ce que l’on a appelé la ligne « paquebot », toute en courbe et ligne tendue) et du Bauhaus (la fonctionnalité fait la forme), il est compact, ergonomique (pour l’époque), épuré. Et, cerise sur le déclencheur, pensé pour le photographe de reportage (de l’époque, et nous sommes en 1954 !). Ici, un seul viseur permet la visée et le réglage du télémètre (contre deux pour le Leica III f par exemple, ou le Zorki 1). Les cadres de visée du 50mm – 90 – 135 sont visibles dans ledit viseur, qui est grand et confortable, au rapport de 0,91 – soit presque la visée humaine 1:1, ce qui est exceptionnel pour l’époque. Il est usiné avec précision et la plupart des appareils produits sont toujours fonctionnels (même si certains nécessitent un petit passage chez Leica pour un bon entretien).

Voilà une première présentation, rapide, de ces appareils, sur lesquels je reviendrai bientôt.

Bon, le comparatif se précise. seront en lice, finalement, par ordre d’ancienneté :

  • un Leica III f de 1951
  • un Zorki 1c de 1953
  • un Leica M3 de 1957
  • un Canon P de 1958 (déjà présenté dans la rubrique « mes appareils … » et dans « pour la photo de rue »)
  • un Leica M5 de 1973
  • un Zorki 4K de 1974 (déjà présenté dans la rubrique « les télémétriques russes »)
  • un Kiev 4AM de 1980 (déjà présenté dans la rubrique « les télémétriques russes »)

En haut de gauche à droite, le Kiev 4AM, le Leica M5, au milieu le Leica M3; devant, de gauche à droite, le Canon P, le Zorki Ic et le Leica IIIf

Et, pour corser le tout, nous n’oublierons pas les objectifs qui vont avec :

  • un Industar 22 F 5cm f1:3,5 de 1958 (c’est un objectif dit « rentrant » qui sied fort bien à la petite taille du Leica III f ou du Zorki 1c). C’est la copie russe du Elmar de Leitz, et il supporte bien la comparaison.
  • Un FED 5cm f1:3,5 rentrant, comparable à l’Industar 22
  • Un Jupiter 3 F 5cm f1:1,5 de 1958 (élaboration russe à partir de la formule optique d’un Sonnar Zeiss 50mm f1:1,5 et plus particulièrement, les objectifs entre 1956 et 1961 sont fabriqués avec des lentilles d’origine Zeiss)
  • Un Jupiter 8 F 5cm f1:2 de 1959 (un grand classique, performant et peu onéreux à l’achat)
  • Un Jupiter 8 50mm f1:2 de 1974 (idem, sauf que ce sera l’occasion de voir si les « nouveaux » sont aussi bons que les anciens)
  • Un Jupiter 12 F 3,5cm f1:2,8 de 1982 (c’est une optique basée sur le Biogon de Zeiss, bien plus abordable et qui ne déçoit pas, parait-il)
  • Un Helios 103 f1:1,8 de 1982. Cet objectif fut conçu pour remplacer les Jupiter 8 qui étaient la « dotation » des appareils Kiev (copie de Contax, pour mémoire). Il a la réputation d’être très bon, surtout en film couleur.
  • Un Voigtländer Ultron 35mm f1:1,7 de 2015. Tout aussi performant que les Zeiss mais plus abordable (surtout en occasion). En monture M, il sera monté sur le Leica M5
  • Un Canon S 35 mm f1:2,8 en monture Ltm 39 de 1959. Redoutable parait-il. Et nous savons que Canon a une excellente réputation en matière d’optique.

Tiens, au fait, j’ai appris il y a peu que les premiers objectifs Hansa Canon étaient fabriqués par … Nikon ! Hé oui, Nikon était une compagnie d’optique très réputée et ils fabriquaient des microscopes de grandes qualité et précision (tiens, tiens, comme Leitz …). Je vous invite à découvrir cette histoire étonnante avec cette vidéo : https://www.qwant.com/?q=histoire%20de%20nikon&t=videos&o=0:bd185b9d9ca7fe8a9d7a52936caaa223

La plupart des objectifs russes assez récents ont une marque rouge (un P mais en cyrillique П) qui indique que ceux-ci ont reçu un traitement spécial des optiques (coating) pour diminuer le flare (ces taches qui apparaissent lorsque le soleil joue avec votre optique). Cette pratique est inspirée du marquage par un T rouge des optiques Zeiss. Si la plupart des objectifs modernes sont traités « multi-couches », auparavant une seule couche de traitement était appliquée qui, hélas, disparait parfois (même souvent) si les lentilles ont été, disons, nettoyées vigoureusement !

Les objectifs des Leica m’ont toujours semblé faire partie d’un monde abscons, limité aux seuls initiés de la marque et de ses arcanes. Ben non, finalement c’est simple : les noms correspondent aux ouvertures maximales (du moins pour ceux en monture M) :

  • Noctilux pour les f inférieurs ou égaux à 1
  • Summilux pour les f1:1,4
  • Summicron pour les f1:2
  • Summarit pour les f1:2,4
  • Elmarit pour les f1:2,8
  • Elmar pour les autres

Enfin, bien sûr, tous ces objectifs sont des occasions. Vous pouvez vous faire plaisir dans la fourchette de 40 à 300€ et découvrir de petites merveilles optiques que vous pourrez, moyennant des bagues d’adaptation, utiliser avec vos numériques sans miroir (sauf peut être le Jupiter 12, de par sa conception). Il n’est d’ailleurs pas rare de voir des Fuji X et des Sony E montés avec ce type d’anciennes optiques. Mais ils sont le mieux assortis avec un bon vieil argentique, tels ceux dont nous parlons ici.

Bien que je ne le fasse pas entrer dans ce comparatif, directement (je l’ai reçu bien après ce comparatif), je vous invite à lire mes articles sur le Zeiss Ikon ZM, que vous trouverez dans « les nouveautés en un lieu » et dans la rubrique argentique –> les télémétriques.

C’était l’outsider par excellence et comme tel, il a pris la première place !

Pour les infos techniques, comme d’habitude, voici les adresses intéressantes pour les optiques : http://www.sovietcams.com/index.php?-1674256906 (en anglais) et https://pierretizien-photos.blogspot.com/p/objectifs.html (en français) et un site assez incontournable pour les Leica : http://www.summilux.net/ (en français). Pour un peu d’histoire et de futur (eh oui, on refabrique certaines optiques de légendes : https://www.lesnumeriques.com/objectif/lomography-new-jupiter-3-p30961/new-jupiter-3-lomography-ressuscite-50-1-5-russe-n49159.html