Argentique

Le Holga 120

En fait, je vais même vous en présenter deux, le Holga 120 N et le Holga 120 FN, vous allez comprendre …

Mais avant tout, comme d’habitude, un peu d’histoire, car celle-ci est singulière.

C’est à Hong-Kong que Lee Ting-Mo eut l’idée, au début des années quatre-vingt, de créer un appareil photo accessible pour les familles chinoises de la classe ouvrière. Son leitmotiv était de fabriquer aux coûts les plus bas.

Ce qui signifiait que les caractéristiques de l’appareil allaient être à minima : fabrication tout en plastique, objectif compris (lentille), mise au point minimale, netteté minimale, joint d’étanchéité minimal … et un maximum de chances que tout ça fonctionne de façon très aléatoire !

Ajoutons à ce cocktail étonnant l’utilisation du film 120, encore très couru en Chine à l’époque.

Et ça a fonctionné : des milliers de familles ont pu acquérir cet appareil improbable, plein de défauts, mais ils étaient heureux de s’en contenter à l’époque.

Cependant, même en Chine, les temps changent : fin des années septante et tout au long des années quatre-vingt, c’est le temps de l’ouverture vers le monde et des réformes économiques.

En deux mots comme en cent : les jours du Holga étaient compté, la classe ouvrière ayant acquis plus de pouvoir d’achat, se tournait vers les appareils photos en 35mm importés. Le film en 120 perdait sa place de leader et le Holga disparaissait petit à petit.

C’était sans compter sur l’Occident décadent, qui comme pour le Lomo LC-A venu de Russie, s’était entiché de cet appareil au look irréaliste et rétro.

Les fuites de lumière accidentelles, la douceur des images, le vignetage dans les coins, les surimpressions des distraits, tout cela étaient autant de qualités de ses défauts pour peu qu’on eut l’âme vagabonde et l’humeur créative.

Toujours est-il que la production a continué jusqu’en 2015, date de la fermeture de l’usine qui le fabriquait.

Même si la légende (mais en est-ce une) raconte que les moules pour fabriquer le Holga ont été détruit, un homme en avait gardé l’outillage : Lee Ting-Mo lui-même !

Ce fut donc une autre société chinoise, Sunrise, qui a remis le Holga 120N – l’original – en production, dès 2016, pour le plus grand plaisir de tous ses fans dans le monde.

Historiquement, c’est le Holga 120 S (pour standard) qui fut le premier produit en 1982, suivi de peu par un Holga 120 SF, qui recevait un flash intégré.

En 2009 c’est le Holga 120 N (N pour nouveau) qui pointe son objectif, qui ajoutait à la dotation de base un sabot pour flash électronique, une position B (bulb) et un filetage pour trépied.

Puis ce sera le Holga 120 FN, avec un flash intégré, j’y reviendrai.

Ensuite une hérésie, le Holga 120 GN : rendez-vous compte, il gardait les éléments du FN mais gagnait une optique … en verre ! Et on enfonçait le clou avec le Holga GFN, qui gardait l’optique « de luxe » et gagnait un flash intégré.

Mais on revenait aux fondamentaux avec le Holga CFN : position bulb, flash intégré, lentille en bon plastique avec cependant quelques fantaisies comme des filtres de couleurs intégrés pour le flash

Les lentilles en verre revenaient sur le Holga 120 GCFN (si vous avez bien retenu la logique = mode bulb, flash intégré, filtre colorés intégrés pour le flash)

Il y eu encore un Holga 120 GFN, à savoir un FN avec une lentille en verre et même un Holga 120 S avec lentille non plus en plastique mais en verre à nouveau.

Pour en terminer avec la saga de la marque, sachez que le Holga fut aussi fabriqué en format 135, mais là n’est pas notre propos.

Avec cet appareil, vous aurez en mains le moyen format sans doute le plus léger de l’histoire ! Seul le Lubitel 2 pourrait rivaliser mais c’est un TLR (deux objectifs superposés) moins commode à manipuler

J’ai donc eu la chance d’acquérir un Holga 120 N (dans sa boite, neuf) et un Holga 120 FN qui a déjà bien servi.

Les données techniques sont réduites à leur plus simple expression, et pourtant …

L’objectif est un 80mm ouvrant à f8. Comparé au Diana F, c’est presque un grand angle.

L’obturateur possède deux vitesses : le 1/100 sec et le mode bulb (il reste ouvert tant que vous gardez le doigt sur le déclencheur). Un curseur sous le bloc optique vous permet de choisir la position N ou B (pour bulb, vous aviez deviné).

Petit truc pour éviter les photos floues involontaires : remettre le curseur sur le N après l’avoir posté sur le B !

Pour les ouvertures, 2 réglages aussi : f11 pour les temps ensoleillés et f8 pour les nuages, que l’on ajuste grâce au curseur situé sur le dessus du bloc optique.

Le Holga 120 N gagnait, souvenez-vous, un filetage pour un trépied et un sabot pour flash électronique, tandis que le Holga 120 FN avait le privilège d’un flash interne.

Les distances sont simplissimes et se règlent avec l’objectif : des pictogrammes allant d’une personne seule à celle d’une montagne vous permette un réglage heu … approximatif d’environ 1 m à l’infini.

Avec un film en 120 vous pourrez faire 12 photos en 6x6cm ou 16 en format 4,5×6 (avec un cache) mais dans ce format vous perdez le privilège du vignetage dans les coins !

Pour en terminer avec le tour de l’appareil, voyons le dos de celui-ci : sur les tranches, deux règles métalliques, qui coulissent vers le bas, déverrouillent le dos, qui s’enlève en bloc, découvrant une chambre noire tout en plastique, plus ou moins bien ajustée.

C’est sur ces règles métalliques que vous pourrez attacher les sangles fournies avec le boitier.

J’avais écris un peu plus haut que je reviendrais sur le flash intégré du Holga 120 FN.

Il s’agit en fait d’un bloc flash fixé sur le boitier et que l’on met en route avec un petit curseur l’arrière, près du viseur. Une petite lumière rouge apparaît quand le flash est prêt.

La construction est vraiment limite : une plaquette avec une ligne cuivrée qui relie les deux pôles, que l’on glisse dans une encoche sous le bloc objectif, dans la chambre. Il va s’en dire que ça bouge au moindre petit choc et qu’il faut la remettre en place à chaque fois. Deux piles AA suffisent pour l’alimentation.

Sur mon exemplaire, le flash ne fonctionne d’ailleurs plus du tout (condensateur ?)

Revenons un instant sur les défauts de l’appareil, qui – finalement – le rendent vraiment attachant et unique :

  • l’objectif est une focale fixe avec une lentille en plastique, qui ne permet pas la fabrication d’une lentille de qualité. Elle aura tendance a déformer l’image et à faire varier les couleurs
  • cet objectif est incapable de restituer une ligne droite … droite !
  • il agit comme un œil astigmate : des zones seront floues à côté d’autres qui seront nettes sur la même image
  • s’il n’y avait qu’une lentille … mais il semble qu’il y en ait 4, qui créent une perte de lumière importante, qui induira un vignetage sur l’image, surtout en 6×6
  • de fait ces lentilles sont un cauchemar d’ophtalmologue : astigmatisme, aberration chromatique, aberration sphérique, la totale … mais c’est ce qui donne des photos à l’esthétique si particulière et unique pour chaque appareil
  • le boitier n’est pas bien étanche à la lumière. Il n’est donc pas rare de voir un voile apparaître sur la pellicule. Avoir du gaffer avec soi est une sage précaution, qu’il faudra recoller à chaque changement de film.
  • si vous utilisez le format 4,5×6 pensez que l’orientation de la photo change car le grand côté est vertical et le petit horizontal
  • la superposition des images est très simples à réaliser volontairement ou … involontairement : il suffit d’oublier d’avancer le film
  • l’ouverture du dos est simplissime mais elle aussi propice aux (mauvaises) surprises : pensez à coller un bout de gaffer sur les languettes métalliques
  • et tant que vous en avez en main, collez-en un bout sur la fenêtre arrière, pas franchement étanche
  • ce n’est pas un reflex … vérifiez donc a bien enlever le bouchon avant de faire une photo car la visée « télémétrique » ne vous laisse pas voir à travers l’objectif
  • lorsque vous avez terminé votre film, tournez une ou deux fois de plus le bouton de rembobinage pour être certain d’avoir bien rembobiné la pellicule sur son axe.

Comme souvent avec les appareils de la bande Lomography, on a l’impression d’avoir un appareil jouet en mains, et pourtant, celui-ci fut construit pour que des millions (nous sommes en Chine) puissent goûter aux joies de la photographie à moindre coût, ce qu’il fit très bien.

Somme toute, il possède le minimum syndical pour pouvoir faire des photos … ne riez pas, un Agfa Clack, un Kodak Dualflex, un Bilora Gevabox des années cinquante ne présentaient guère plus de possibilités, mais ils étaient vendus par de « grandes marques » !

En gros, ne vous attendez pas à des miracles mais sachez que c’est ce qui fait le charme de l’appareil. Comme tous ceux de la mouvance Lo-Fi, ils vous permettront une grande latitude créative, loin des standards figés qu’Instagram et consorts veulent nous imposer.

Pour éviter certaines (trop) mauvaises surprises, d’aucun recommande d’utiliser du gaffer pour « fermer » le dos de l’appareil (je pense que ce pourrait être utile d’en mettre une bande sur les réglettes, aussi pour éviter qu’elles ne glissent par inadvertance et laisse le dos s’entrouvrir).

Parlons prix maintenant : comptez entre 30€ pour un Holga de base et jusqu’à 90€ pour un avec tous ses accessoires (flash, caches, filtres, etc.). Si vous en prenez soin, malgré sa construction à l’emporte pièce, il vous suivra de longue années.

Le film 120 est bien évidemment toujours en fabrication et vous en trouverez pour tous les gouts (N/B avec ou sans grain, en couleurs) et tous les budgets.

Ma conclusion, comme d’habitude, si vous en croisez un et que vous vous sentez l’âme vagabonde, faites-vous plaisir !

Petite video d’illustration

Des exemples de photos ICI

Pour tout savoir sur les Holga, c’est par LA (en anglais) et le mode d’emploi est LA-BAS

Quelques références : https://fr.wikipedia.org/wiki/Holga, https://www.danstacuve.org/holga-120-un-appareil-jouet/, https://shop.lomography.com/fr/holga-120n/, https://meilleurtest.fr/holga-120n/ en français, https://filmphotography.eu/en/holga-120-n/, https://www.myfavouritelens.com/holga-120n-camera-review/, https://lumenicity.wordpress.com/category/holga-120fn/ en anglais

Argentique

L’Agfa Clack (bis)

Vous ne m’en voudrez pas si je ne refais pas un article sur cet appareil, qui vous fut présenté LA.

Non, si je reviens sur cet appareil, c’est parce que j’ai eu la chance de trouver un très bel exemplaire de l’Agfa Clack sur une brocante.

Non seulement il est avec son étui en simili plastique, assorti de celui de son flash et du flash qui est dedans, mais aussi avec le mode d’emploi d’origine.

Juste un peu le nettoyer mais il semble neuf.

Le flash dédié se connecte sans soucis. Quoique toutefois il ne fonctionne pas, les contacts étant trop corrodés. Et puis, il faudrait trouver une ampoule …

Même si cet appareil ne sera jamais un appareil de « compétition », il ne faut pas oublier que c’est un 6X9 abordable (à défaut d’être très bon) qui a permis à des milliers de famille de garnir leurs albums à souvenirs, sans doute parfois avec des surprises …

Il faut quand même produit de 1954 à 1966, pas mal non ?

Car techniquement, pour mémoire, son objectif à ménisque de 95mm (élément unique avec verre de grossissement intégré), son viseur de type Galilée (soit un tube avec un verre de visée qui reproduit plus ou moins la taille de l’image captée), son ouverture f/11 et f/12.5 (difficile de rater une photo avec ça), son obturateur à 1/30s plus B, son filtre jaune intégré (mais si, il y a de la technicité dans ce boitier), ses photos en 6×9 sur pellicule 120, son zone focus sur 2 paliers : 1 – 3 m avec l’objectif de gros plan intégré, 3m à l’infini avec juste une bague d’ouverture entre l’objectif et le film en font un appareil simplissime mais pas forcément simpliste.

Si vous regardez bien, la chambre est incurvée pour assurer la meilleure netteté possible et la pellicule en 6X9 autorise un tirage par contact si vous voulez faire quelques économies …

Donc, rien de neuf pour cet Agfa Clack, sauf à vous dire que si vous êtes un peu attentif, vous pourrez en trouver à prix intéressant et ils seront généralement utilisables …

A vous d’essayer, pour le plaisir simplement …

Argentique

Le Mikona MV-35

C’est lors de la première brocante de l’année, à Ronquières, que j’ai trouvé cet appareil, tout neuf, dans sa boîte, avec sa gaine simili cuir.

Pourquoi l’ai-je acheté ?

Comme disait quelqu’un que j’aime bien « … mais pour 2€, je ne pouvais pas le laisser là ! »

Et puis, je commence à apprécier ces appareils improbables, tout à fait dans l’esprit Lomography.

Ensuite, il a une bouille sympathique, avec son faux air de reflex … télémétrique ?!

-« Mais qu’est-ce qu’il nous raconte là, un reflex télémétrique ? »

D’accord, je vous dois quelques explications, mais une image valant mille mots, regardez ici dessous

Alors, ça a la forme d’un mini reflex mais bien un viseur déporté comme un télémétrique, non ?

Mais commençons par début, c’est quoi un Mikona ?

Ben, c’est comme un mystère … je vous explique.

Mine de rien, j’ai beaucoup cherché pour trouver des infos sur cet appareil parce que la marque Mikona est en réalité une marque « bidon », prévue pour habiller des appareils destinés à être des cadeaux d’entreprises – tiens, comme le Diana F ? – fabriqué à Taiwan par la New Taiwan Photographic Corp.

Fondée en 1981, elle a produit une vaste gamme d’appareils photo OEM simples – OEM (Original Equipment Manufacturer), qui signifie « fabricant d’équipement d’origine », est un terme générique. A l’origine, il désignait l’entreprise qui fabriquait un produit donné et le vendait ensuite à d’autres sociétés. Ces dernières commercialisaient alors ce produit sous leur propre nom – ainsi que des appareils photo sous sa propre marque – Ouyama.

A vrai dire, on ne sait pas trop bien le nombre exact de modèles fabriqués ou même leur attribution chez telle ou telle marque, car tous les appareils photo ayant des caractéristiques similaires sont répertoriés sous ce fabricant. Certaines des caméras Asaflex ont été fabriquées par New Taiwan.

Un fait certain est que la majorité des appareils photo de New Taiwan prétendent ressembler à un reflex ou à un télémètre, et – comble de la filouterie – la plupart ont un poids en métal supplémentaire à l’intérieur, vaguement collé au bas de l’appareil, pour une « solidité perçue » rassurante.

Certaines caméras ont été annoncées à la télévision comme ayant une grande valeur par rapport à d’autres marques bien connues : les fameux Canonmatic vendus dans des coffrets « luxueux » qui ressemblaient presque à des appareils sérieux.

Toutefois, ces caméras étaient construites à partir de matériaux bon marché et avaient souvent un objectif en plastique. Plusieurs modèles ont été distribués aux abonnés de magazines comme Time ou Sports Illustrated.

New Taiwan: Canomatic  (Optical Lens Focus Free) camera
source : https://collectiblend.com/Cameras/New-Taiwan/Canomatic–(Optical-Lens-Focus-Free).html
New Taiwan: Canomatic Big Royal View (Focus Free) camera
source : https://collectiblend.com/Cameras/New-Taiwan/Canomatic-Big-Royal-View-(Focus-Free).html

Puisque j’évoque les objectifs, certains sont attribués à la marque Kinetic, et pratiquement tous les objectifs ont « objectif optique » ou « objectif fabriqué au Japon » dans leur nom, mais ils ont un point commun : ils sont en « plastoc » de la meilleure qualité !

Soyons réalistes, quasi aucun de ces appareils n’a de valeur historique ou fonctionnelle. La seule valeur est celle que certains collectionneurs sont prêts à leur attribuer pour leurs collections.

En résumé, nous ne sommes pas dans le haut de gamme, mais dans le gadget bon marché, mais n’est-ce pas cela qui fait leur charme ?

Alors, si je regarde bien, en plus, il y a quelques confusions possibles car le Mikona MV-35 que j’ai acquis ne ressemble en rien au Mikona MV-35 répertorié dans la gamme de la New Taiwan Photographic Corp.

New Taiwan: Mikona MV-35 (Focus Free) camera
source : https://collectiblend.com/Cameras/New-Taiwan/Mikona-MV-35-(Focus-Free).html

Franchement, il ressemble plus à un Majestic YN300 ou a Civica MX-V …

New Taiwan: Majestic YN300 (Optical Color Lens) camera
source : https://collectiblend.com/Cameras/New-Taiwan/Majestic-YN300-(Optical-Color-Lens).html
New Taiwan: Civica MX-V (Optical Color Lens) camera
source : https://collectiblend.com/Cameras/New-Taiwan/Civica-MX-V-(Optical-Color-Lens).html

… étrangement, j’ai presque du respect pour les gars qui devaient à chaque fois changer un petit peu le design et trouver les noms … !

Essayons de donner des indications techniques :

C’est un fix-focus (l’objectif ne tourne pas), avec une « bague » d’ouverture astucieusement couplée à des pictogrammes qui vont du grand soleil (= f16) à très nuageux (=f6) en passant par soleil caché (=f11) et nuageux (=f8).

Qui l’eut crû, la bague est assez approximative mais crantée.

L’objectif est en plastique tout comme ses lentilles. Il s’agit d’un « new color optical lens » de 50mm ouvrant donc à f6.

Le viseur est un … viseur de Galilée, sorte de tunnel en plastique, assez large à défaut de contenir la moindre indication pertinente et aucune correction de la parallaxe ni même de bord de cadre (faut quand même pas exagérer).

Pour armer l’engin, une molette à l’arrière, en plastique. Pour rembobiner, une manivelle en métal sur un fût en plastique assez approximatif. Ne tirez pas dessus pour ouvrir le dos de l’appareil ! Si vous pouvez la soulever légèrement, c’est juste pour pouvoir insérer la cartouche du film.

Pour ouvrir l’appareil, c’est un loquet, sur la tranche à gauche, qui libère la partie arrière et sur lequel il faut appuyer assez fermement. Notons toutefois qu’il y a un compteur de vues qui se remet automatiquement à zéro, … si, si mon bon monsieur, le luxe !

Enfin, le déclencheur, un gros bouton rouge au toucher très plastique et à la course caoutchouteuse.

Ah, et il y a une prise flash sur le dessus avec un point de contact central, pour flash électronique.

La vitesse ? Heu … sans doute 1/60s au pif, à défaut de pouvoir la contrôler et de trouver des infos à ce sujet.

Voilà, voilà, … un bon candidat au titre de pire appareil de tous les temps sans doute, mais qui a le charme de ses défauts, celui d’être tellement mauvais qu’on ne peut pas lui en vouloir si la photo est, disons, étrange …

Pour des exemples de photos, c’est par ICI ou LA

Quelques références : http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-8340-Premier%20_PC-90.html, https://www.collectiongeven.com/piwigo/index.php?/tags/281-pays_taiwan en français, https://collectiblend.com/Cameras/New-Taiwan/, https://collectiblend.com/Cameras/New-Taiwan/Mikona-MV-35-(Focus-Free).html en anglais

Argentique

Le Lomo LC-A original, suite

Voilà, voilà, j’ai reçu les photos faites avec ce drôle d’appareil.

-« Pourquoi drôle ? »

Ben, comment imaginer qu’un appareil avec autant de « défauts » puisse devenir la coqueluche de toute une génération, et de la suivante aussi au vu de l’engouement de plus jeunes lomographistes pour lui ?

C’est simple : avec lui, pas de règles (« no ruls » comme disait une campagne de pub d’un célèbre whisky) si ce n’est se faire plaisir et prendre des photos !

Moi, j’aime bien ce programme là !

Et donc, j’ai joué le jeu, appareil au bout des doigts, je me suis baladé dans les villes de Mons, Ath, Ronquières (la première brocante de l’année !!) notamment, pour capter l’humeur du moment, sans filtres, brut de décoffrage ….

Puis, comme je suis un « puriste », j’ai aussi joué le jeu de la pellicule périmée (tant qu’à avoir des couleurs improbables …), en l’occurrence une Agfa HDC 200Asa expirée depuis janvier 2002.

Voici le résultat

Que retenir ?

Les couleurs sont franches, voire saturées; le vignetage bien présent, la déformation de l’objectif aussi à certain moment, mais c’est vraiment là le charme de cet appareil.

Bon, ok, on aime ou on n’aime pas !

Il faut juste penser à le mettre en automatique, régler la bonne distance (et ne pas oublier de la changer le cas échéant) et lui faire confiance. Dans la majorité des cas, ça marche plutôt bien.

J’ai quand même compté quelques photos complément floues (vitesse trop basse, manque de luminosité).

Ah oui, et je n’ai pas remplacé toutes les mousses, ce qui me semblait inutile, juste celle de la partie arrière (charnière). Pourtant, pas de fuite de lumière notable.

En résumé, si vous en trouvez un, laissez vous tenter, c’est du pur plaisir.

Sachant que le Lomo LC-A+ de chez Lomography possède encore quelques astuces supplémentaires (surimpression, possibilité de monter des filtres colorés, des ajouts d’objectifs spéciaux, etc.) par rapport au « vrai » Lomo russe..

Laissez parler votre imaginaire et votre créativité, il vous le rendra bien !

Argentique

Connaissez-vous le 3D Magic d’ImageTech ?

Là, vous êtes en train de vous dire « il peut pas descendre plus bas, sinon il va trouver du pétrole ! »

Eh bien, détrompez-vous, je vous emmène au pays merveilleux de la stéréoscopie.

-« la quoi ? »

La stéréoscopie ou la possibilité de visionner vos images en 3 dimensions ou autrement dit, de donner l’impression de relief à des images planes.

Mais commençons par un peu d’anatomie : nos deux yeux sont séparés d’environ 65mm et chaque œil voit une image légèrement différente. Vous pouvez le vérifier en mettant votre doigt entre vos yeux et le paysage. Regardez ce paysage en fermant un œil après l’autre. Vous aurez l’impression que votre doigt bouge:

Images vues alternativement par l'oeil gauche puis par l'oeil droit

Ces deux images sont transférées au cerveau, qui en « fabrique » une troisième en relief :

Vision de
l’objet par
l’œil gauche
Vision de
l’objet par
l’œil droit
Objet reconstitué
en relief par
le cerveau
Utilisez des lunettes anaglyphiques pour voir cette image en relief

Donc pour faire de la photographie en relief, il suffit de prendre deux photos légèrement différentes. Chaque œil regarde l’image qui lui correspond et le cerveau reconstitue le relief.

La stéréoscopie, c’est une vieille histoire : déjà au 3ème siècle avant JC, le Grec Euclide définissait le principe de la vision en relief  » Το να βλέπεις ανάγλυφα σημαίνει να λαμβάνεις με κάθε μάτι την ταυτόχρονη εντύπωση δύο διαφορετικών εικόνων του ίδιου θέματος. »

… hihihi, c’est pour le fun, j’ai fait latin-sciences, pas latin-grec ! Donc en français ça donne « Voir le relief, c’est recevoir au moyen de chaque œil l’impression simultanée de deux images dissemblables du même sujet ».

Notre bon vieux touche-à-tout de Vinci peaufine la définition de la chose en 1489 mais semble-t’il sans la mettre en application.

Au XVIème siècle, Giovanni Battista Della Porta et Jacopo Chimenti réalisent une série de dessins, légèrement décalés, qui permettent une vision en stéréo, même si on ignore s’ils les ont réalisés dans ce but.

Mais c’est en 1838 que l’Anglais Charles Wheatstone fait breveter le premier stéréoscope, un appareil muni de deux miroirs dans lesquels on observe les images placées aux extrémités du dispositif..

Stéréoscope de Wheatstone

Grâce aux progrès de Daguerre (en France) et Fox Talbot (en Angleterre), qui mettent au point les procédés photographiques, Wheatstone envisage d’utiliser non plus des dessins mais des photos « en relief », qu’il visionnera avec son stéréoscope.

Il faudra encore attendre que David Brewster (Angleterre) invente un nouveau stéréoscope à lentilles (1849), qui sera fabriqué par Jules Duboscq (France) pour que le procédé prenne son envol.

Ce qui sera fait grâce à la présentation de l’invention lors de l’Exposition Universelles à Londres en 1851. La Reine Victoria, en s’y intéressant, lancera la mode qui voudra que dans les salons « chics » des appareils de plus en plus luxueux distraient le bon peuple, … heu, plutôt l’aristocratie et la haute bourgeoisie qui en a les moyens.

Tout et n’importe quoi peut être présenté au procédé de stéréoscopie : paysages, humains, animaux, évènements, …

Pour vous donner une idée de l’ampleur du phénomène, en 1862 le principal distributeur de plaques stéréoscopiques en vend plus d’un million !

Il faudra attendre 1893 pour voir apparaître le premier appareil photo stéréoscopique rechargeable en plein jour, c’est-à-dire qui photographie avec ce léger décalage indispensable pour voir apparaître le phénomène, le bien nommé Vérascope (Jules Richard).

source : https://www.auvieuxformat.com/verascope/

Puis, Oskar Barnak étant passé par là, le film 35mm devint aussi le support privilégié des stéréoscopes. Par exemple, le Stereo Realist fut vendu à plus de 100.000 exemplaires peu avant la première guerre mondiale

source : https://en.wikipedia.org/wiki/Stereo_Realist
https://www.coup-de-vieux.fr/wp-content/uploads/2012/08/view-master.jpg

Disque View-Master

Visionneuse View-Master

Ce fut un succès qui devint anecdotique au fur et à mesure, sauf avec le View-Master que nous avons tous connus et qui nous faisait voyager dans les parcs animaliers, les musées, les grandes villes du monde, …

De nos jours, avec un peu de chance, vous en trouverez dans les brocantes, avec les disques d’illustrations.

Ceci dit, la stéréoscopie est toujours utilisée en milieu professionnel, comme la cartographie (c’est ce système qui permet de définir les courbes de dénivellations), la NASA pour la cartographie de la lune, mars et le soleil.

Expédition Mars Pathfinder, 1997
source : http://www.stereoscopie.eu/ – avec le sigle ci-dessous vous pouvez regarder l’image avec des lunettes anaglyphiques (un verre rouge, un verre vert)Utilisez des lunettes anaglyphiques pour voir ces images en relief

La disparition progressive de l’argentique a fait décliner le procédé, qui n’est pas mort puisque vous le voyez régulièrement revenir sur … le grand écran de votre cinéma. Rappelez-vous le film AVATAR.

De nombreux appareils photos ont précédés celui que je vous propose aujourd’hui. Je vous invite à les découvrir sur le site http://www.stereoscopie.eu/. Résumons en disant qu’il y en eu avec des plaques de toutes les dimensions, puis avec le film 35mm, dans lequel on obtenait 26 couples stéréoscopiques 24x24mm, 20 couples en 24x30mm ou 18 couples en 24x36mm

Notons qu’en 1980, la marque Nimslo sortait un appareil qui prenait 4 photos en même temps, au format 24x24mm. Les images devaient être traitées dans un labo spécialisé qui les découpait en lamelles verticales, qui fixait celles-ci dans un ordre précis et qui les collait ensuite avec un réseau lenticulaire sur la nouvelle photo. Ces lentilles permettaient de restituer le relief sans avoir besoin d’autres accessoires.

Malheureusement, le peu de labo équipés a fait rapidement chuter l’intérêt de cette méthode.

Et lorsque dans les années nonante ImageTech se met en tête de produire un appareil stéréoscopique sur le même principe (avec 3 objectifs au lieu de 4), dont un jetable, il subit le même sort que le précédant.

Cela le rend-t’il inutilisable ?

Franchement, je n’en sais rien mais il semble possible de se procurer les réseaux sur Internet et de faire soi-même les images … à tester donc, pour la beauté du geste car l’appareil n’a rien d’extraordinaire, sauf ses trois objectifs !

Au fait, c’est quoi un réseau lenticulaire ?

C’est un écran de plastique constitué d’une série de lentilles rondes ou longitudinales, fixé sur une série de photos qui ont été spécialement développées. Il permet de voir le relief sans utiliser de lunettes ou autres visionneuses.

Si vous vous en souvenez (enfin, ceux qui ont plus de vingt ans), dans les années septante et quatre-vingt, il était possible de trouver des cartes postales fabriquées avec ce système et qui donnait l’impression de relief de certains endroits touristiques qui s’y prêtaient.

De nos jours, il n’y a plus que lors d’expositions ou sur des supports publicitaires que l’on trouve ces réseaux. Mais il serait possible de faire soi-même ses propres impressions en achetant des plaques lenticulaires et en utilisant les logiciels adéquats..

Je vais aller à la pêche …

Mais comment monte t’on des photographies en relief ?

Toutes les explications suivantes sont issues de http://www.stereoscopie.eu/expo1/Conf1.pdf

Il est impératif de monter les photographies en 3D afin que notre cerveau n’ait pas trop à « travailler » au risque de nous donner des maux de tête !

Alignement vertical : Il faut impérativement qu’il soit au même niveau et droit sur les images gauche et droite :

Différences de dimensions : Ce défaut peut être dû à une focale différente entre deux appareils ou deux prises de vues, ou à une distance différente « appareil/sujet photographié » lors d’une prise de vue en deux temps :

Différences trapézoïdales : Ce défaut peut être dû à un déplacement entre l’appareil et le sujet photographié lors d’une prise de vue en deux temps :

Différences d’expositions : Il ne doit pas y avoir de différences d’expositions entre les images gauche et droite :

Alignement horizontal : Cet alignement permet de choisir quels points seront en avant, en arrière ou au niveau de l’écran et c’est ce que nous appelons « la fenêtre stéréoscopique » :


1) La distance « bord de l’image/maison » est la même sur les images gauche et
droite, donc la maison se trouve au niveau de l’écran et l’arbre en avant :

2) La distance « bord de l’image/arbre » est la même sur les images gauche et
droite, donc l’arbre se trouve au niveau de l’écran et la maison en arrière :

Peut on rattraper ces « problèmes » ?

Oui, grâce à un logiciel de montage, le « StereoPhoto Maker » (téléchargeable gratuitement à l’adresse Internet : http://stereo.jpn.org).

Ce logiciel permet de rattraper tous les défauts énumérés ci-dessus, et bien plus encore.

Alors, vous pensez encore que ce jetable est un « banal » appareil à jeter ?

Hormis qu’il fut fabriqué sans doute en 1996, il est chargé d’un film en 400 Iso, traitement C41 (couleurs) de 16 vues et il convient de se mettre entre 1,2 m et 2,4m pour prendre la photo.

Mais en fouillant bien sur la Grande Toile, j’ai trouvé les « spécifications techniques » de l’engin :

Caméra stéréo lenticulaire avec viseur 35 mm
Fabricant 3D Image Technology, Inc., P.O. Box 4300, Norcross, Géorgie 30091-4300, États-Unis
Année d’introduction 1996
Cartouche de film 135
Dimensions 143 x 70 x 38 mm (L x H x P)
Poids 168 grammes
Séparation de l’objectif 18,50 mm, 37,00 mm
Format d’image 17,30 x 23,80 mm (L x H)
Séparation de la fenêtre d’image 18,60 mm, 37,20 mm
Verres en plastique, 1:9,5/27 mm
Diaphragmes fixés à f/9,5
Mise au point fixe, 1,2 m à l’infini
Obturateur mécanique de type guillotine derrière les lentilles. Armé avec transport de film
Vitesses d’obturation fixes à 1/100 sec.
Viseur Newton (environ 0,6x)
Manuel de transport de film, avec molette par 12 trous d’entraînement (= 57,00 mm), roues d’entraînement en haut et en bas.
Film négatif 400 ASA / 27° DIN

Le plus fort de cette histoire c’est que si la société n’existe plus, il serait toujours possible de faire développer les films aux adresses reprises ici : https://www.stereoscopy.com/faq/lenticularprocessing.html.

Je vais essayer, on ne sait jamais, et ça m’évitera sans doute des maux de tête avec un logiciel, des réseaux lenticulaires, etc.

En, tout cas, si vous voulez en savoir plus, le site https://www.stereoscopy.com/ me semble incontournable en termes de ressources sur la photographie en 3D.

La source des explications sur la stéréoscopie vient du site http://www.stereoscopie.eu/ que je vous invite à visiter si vous voulez en savoir plus sur ce sujet passionnant et étonnant

Quelques références (si, si, j’en ai trouvé ….) : https://www.flickr.com/groups/1264001@N23/discuss/72157623607038206/, https://obscure-cameras.blogspot.com/2010/07/review-imagetech-3d-fx.html, https://www.lomography.it/magazine/27228-imagetech-3d-fx-three-eyed-alien-mutant-camera, https://www.flickr.com/groups/multilens/discuss/72157623607012734/, https://www.stereoscopy.com/cameras/it-fx.html, https://www.stereoscopy.com/faq/lenticularprocessing.html en anglais, http://www.stereoscopie.eu/expo1/Conf1.pdf, https://www.collectiongeven.com/piwigo/picture.php?/1639/category/817, http://www.stereoscopie.eu/ en français.

Argentique

Le Cosina CX5F

Retour dans la catégorie Lomography avec les ancêtres du Lomo LC-A.

Pour mémoire, le Cosina CX-1, suivi du CX-2 ont servi d’inspirateurs aux ingénieurs de Lomo pour sortir celui qui donnera son nom au mouvement lomographie.

Ces deux appareils ont eux aussi eu une descendance, directe celle-là, à savoir le CX-5 et celui qui nous occupe, le CX5F, qui seront suivi d’un CX7 ensuite.

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source : http://camera-wiki.org/wiki/Cosina_CX5

Le Cosina CX5F est donc une version simplifiée du CX-5.

S’il reprend le principe du volet tournant et protecteur du viseur et de l’objectif, servant aussi d’interrupteur, il perd la mise au point pour devenir un fix-focus plus classique.

Son objectif reste un 33mm mais il ouvre maintenant à f5,6 au lieu de f3,8.

Enfin, sa sensibilité est moindre car il ne propose plus que le 100 et le 400 Asa.

Il semble que la cellule et le programme soit resté le même que sur le CX-5. La cellule est un CdS dont vous ne « verrez » le travail qu’à travers une diode rouge qui s’allumera parfois.

C’est un compact point and shot dont l’objectif est protégé par un bloc qu’il suffit de faire tourner à 90° pour « allumer » l’appareil. Ce bloc assure la protection du viseur et de l’objectif.

Il est de petite taille malgré l’ajout d’un petit flash, que l’on actionne à la demande. Et si vous regardez bien, il y a un petit curseur pour sélectionner les ASA (100 ou 400) mais ce petit bouton a une autre fonction, celle de modifier l’ouverture qui passe de f5,6 à f11.

Pour le reste, un déclencheur au dessus, une manivelle cachée dans le capot pour rembobiner, un compteur de vue et, en dessous, le petit bouton pour le moment où vous aurez fini votre film et voudrez le rentrer dans sa cartouche. Ah oui, un petit filet pour un trépied. Une molette crantée pour l’avance du film et sur la tranche, un loquet pour déverrouiller la porte arrière. Plus une petite trappe pour loger deux piles AAA, qui alimenteront le flash et la cellule.

C’est tout et amplement suffisant pour faire des photos !

L’objectif est un Cosinon de 33mm avec un obturateur central à une seule vitesse, le 1/100s. La mise au point minimale est de 90cm.

Le viseur est de type Galilée (visée simple sans marques de parallaxes) dans lequel une diode rouge s’allumera si la lumière est insuffisante et qu’elle vous recommande d’utiliser le flash d’appoint.

Voici l’appareil type que vous glisserez dans toutes les poches, peu encombrant et léger.

Il a été décliné dans une multitude de couleurs, du noir aux blanc, rouge, jaune et orange flashy !

Au début des années quatre-vingt (1983, date de sortie de l’engin) c’était monnaie courante (rappelez-vous les Konica Pop)

Si vous vous souvenez de l’histoire de Cosina, qui a fabriqué de nombreux appareils pour d’autres marques (Canon, Nikon Yashica, Petri, etc.) vous ne serez pas étonné de retrouver ce CX5F sous la marque Petri, le PX5F (se sont pas trop foulé pour le nom !). La même chose ayant été faite pour le CX-5 qui devenait un … PX-5 !

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Celui que j’ai acheté a dû être nettoyé, simplement. Le cover à gauche, légèrement gaufré a perdu sa belle couleur crème pour devenir un peu orangé, mais bon, ça n’a jamais empêché un appareil de fonctionner et celui-ci déclenche, la cellule anime la diode rouge quand il manque de lumière, bref, tout va bien, sauf le compteur de vue, qui ne fonctionne plus mais ça n’a guère d’importance ! Je n’ai même pas dû changer les mousses d’étanchéité.

A côté du Lomo, il est un peu plus haut et long, normal me direz-vous, il est équipé d’un flash. Mais il reste contenu et léger, ce qui incite à le glisser dans n’importe quelle poche pour sortir.

C’est vraiment un appareil dans la lignée du Lomo, par sa conception et sa philosophie : simple, rapide à mettre en œuvre, qui donne envie d’appuyer sur le déclencheur, juste pour voir …

Ce n’est pas, à proprement parler, un appareil rare, mais il fait son petit effet, très années quatre-vingt. Et rien que pour ça, on a envie de lui faire prendre l’air et de l’essayer.

Comme le Lomo, il est très silencieux au déclenchement ou à l’avance du film. Son petit flash pourra être utile en cas de luminosité trop faible. Il vous faudra juste prévoir un jeu de piles AAA pour ne pas être pris au dépourvu.

Un petit appareil sympa, à sortir pour le plaisir.

Une petite video d’illustration

Des idées de photos réalisées avec l’appareil ICI.

Quelques références : https://www.alessiapalermiti.it/blog/cosina-cx5f/ en italien, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-10732-Cosina_CX5F.html en français, https://ameblo.jp/foto-pooh/entry-12669574775.html en japonais, https://www.cyberphoto.se/bloggen/2017/10/fotohistoria-cosina en suédois

Argentique

Le ЛОМО LC-A original

Voici encore un petit appareil plein d’histoires (oui, avec « s ») … vous allez comprendre pourquoi.

Tout d’abord, Lomo est l’abréviation de Leningradskoje Optiko Mechanistschéskoje Objedinénie, une usine d’armes et d’optique de Saint-Petersbourg (pour mémoire Léningrad et St Petersbourg sont la même ville, sous des régimes politiques différents).

Nous avons donc affaire à une usine d’optique et d’armement. Ce qui explique que c’est un général, Igor Petrovitch Kornitsk intégré au Ministère de la Défense et accessoirement au Conseil d’Administration de la société, qui a présenté aux directeurs de l’époque (nous sommes en 1980) un appareil photo Japonais, le Cosina CX-2, lui-même cousin assez germain d’un certain Minox 35, en leur proposant de réaliser un appareil semblable.

Il avait été frappé par la qualité optique de ce petit appareil et par son gabarit, contenu mais qui possède un système d’exposition automatique qui détermine la vitesse d’ouverture/obturation. La vitesse d’obturation va de 1/500 à 30 secondes et l’ouverture de f2.8 a f16.

Il pria donc Lomo de s’en inspirer pour produire un appareil photo russe et en 1984, les ingénieurs avaient réussi à construire un «hommage», une version fidèle mais simplifiée.

C’est en juin 1984 que commence donc la production du Lomo LC-A, pour Lomo Compact Automat, (si vous préférez en russe : ЛОМО Компакт-Автомат) au rythme de 1.100 appareils/mois.

Il reprenait l’ensemble des qualités de son inspirateur, à savoir un objectif de qualité (ici un Minitar 32mm ouvrant de f2,8 à f16), qui avait la réputation de faire « claquer » les couleurs tout en donnant un vignetage assez marqué dans les coins.

Cet appareil était essentiellement destiné au marché intérieur russe et peu connu du monde occidental … enfin, jusqu’à la chute du mur et l’effondrement de l’Union Soviétique, en 1991.

Dès ce moment, ce petit appareil n’était plus l’apanage de la clientèle soviétique, de nombreux photographes des pays alignés sur l’Union Soviétique en avaient fait la connaissance et il avait essaimé dans ces pays.

C’est ici que commence la seconde histoire.

En effet, c’est dans une boutique d’appareils photo à Prague qu’un groupe d’étudiants en art autrichien découvre un Lomo, ils en tombent immédiatement amoureux.

Ils en achètent deux et commencent à photographier avec lui mais sans aucun respect des règles, le but étant de photographier « n’importe comment ».

Et là, surprise : les photos ont un rendu extraordinaire !

Un des « trucs » du Lomo LC-A est de maintenir l’obturateur ouvert assez longtemps dans des conditions de faible luminosité, ce qui est favorable à la prise de vue à main levée même dans des conditions « limites » de prises de vue. Ensuite, l’objectif a tendance à augmenter le contraste et le vignettage, ce qui donne des images contrastées. En plus, utilisé la nuit avec un flash, il fait des merveilles car le flash fonctionne sur le deuxième rideau, qui restitue l’arrière plan d’une scène avant que le flash n’illumine l’avant

Assez rapidement, la demande de ces petits appareils explose et il devient difficile de s’en procurer car la production de l’appareil diminue (les Russes n’ont plus les moyens de s’acheter des appareils photos) et les stocks ne sont pas inépuisables. D’ailleurs la firme décide de stopper toute fabrication en 1994.

Nos étudiants autrichiens, qui entre-temps ont fondé en 1992 un mouvement (inspiré du Lo-Fi mais en photographie) appelé Lomography Society (Lomographische Gesellschaft) trouve la situation préoccupante.

Alors pour répondre à la demande toujours croissante du Lomo, ils entreprennent de négocier avec l’usine d’optique Lomo la reprise de la production de cet appareil étonnant. Après d’âpres discussions avec les dirigeants du groupe et un certain Vladimir Poutine, alors vice-maire de St Petersbourg, ils obtiennent gain de cause et la certitude de pouvoir répondre aux demandes toujours plus nombreuses.

En 1995, l’accord est scellé, même si les prix de fabrications et de production ont nettement augmenté.

Et en 1997, après avoir revu les méthodes de production afin de maintenir et la qualité et un prix raisonnable, la production est de nouveau assurée. Les Lomographistes ont fait la démonstration de l’engouement pour cet appareil, qui est apparu comme un beau moyen de communication vers l’Occident pour l’entreprise Lomo.

Une exposition des photographies réalisées aux quatre coins du monde avec cet appareil fétiche a achevé de convaincre l’usine et le sus nommé Poutine de la valeur symbolique du Lomo.

L’avenir semblait serein … las, en 2005, l’usine Lomo Optical doit cesser la production, celle-ci étant une niche de produit devenue incompatible avec leur production globale, devenue plus spécifique et de plus haute technologie.

Ni une ni deux, malgré la tuile qu’ils viennent de prendre sur le front, les Lomographes décident de reconstruire un nouveau Lomo, qui gardera les caractéristiques de l’original, augmenté de quelques nouvelles astuces

Dès 2006, ils présentent le Lomo LC-A+, le nouveau Lomo, basé comme promis sur les spécificités de l’aïeul mais augmenté de nouvelles fonctionnalités issues des suggestions faites par la communauté de Lomographes du monde entier.

Comme par exemple un commutateur pour les expositions multiples, des paramètres Iso améliorés, un filetage sur le déclencheur pour les longues expositions et, ce qui semble insignifiant au premier regard, de petites fentes sont aménagées de chaque côtés de l’objectif. Elles permettront l’ajout de nombreux accessoires intelligents (filtres, compléments optiques, etc.)

Le nouvel appareil est produit par la Lomography Society et fabriqué par Colibri, en … Chine.

Etonnant, non ? Cet appareil si discret est devenu en quelques années une vedette mondiale … tout en faisant un pied de nez colossal aux « biens pensants » de la photographie à travers l’esprit Lomography.

Pour mémoire, les dix commandements du mouvement :

1. Prends ton Lomo partout où tu vas.

2. Utilise-le tout le temps, nuit et jour.

3. La lomographie n’est pas une interférence dans ton existence, elle en fait partie.

4. Approche-toi aussi près que possible de l’objet de ton désir lomographique.

5. Ne pense surtout pas.

6. Sois rapide.

7. Tu n’as pas besoin de savoir à l’avance ce qui marque ta pellicule.

8. Tu n’as pas non plus besoin de le savoir après.

9. Déclenche à hauteur de hanche.

10. Affranchis-toi des règles.

Mais revenons au Lomo LC-A original dont le nom est inscrit en lettres cyrilliques « ЛОМО » et un petit badge CCCP au dos (parfois).

Il utilise la classification des films soviétiques Gost (en Cyrillic : ГОСТ) , assez proche mais pas vraiment alignée sur la côte ASA/ISO en faveur à l’Ouest. Ainsi, Gost 65 équivaut à 100 Iso et le plus élevé, le Gost 250 est équivalent plus ou moins au 400 Iso.

Toutefois, certains Lomo, destinés à l’exportation, utilisaient l’alphabet occidental et les paramètres Iso. Quelques uns ont même été commercialisés sous la marque « Zenit Lomo », les Zenit étant bien connu notamment du marché anglais.

Quelques appareils de l’ère soviétique apparaissent parfois sur Ebay, souvent affublés de « badges » fantaisistes pour leur donner plus de valeur.

A ma connaissance, une série spéciale de 5000 appareils a été estampillée d’un petit badge en relief sous la forme d’une bannière rouge déployée avec un cadre en bronze et des lettres. Le texte se trouve sur l’insigne à l’intérieur de la bannière, chaque mot sur une ligne distincte: «XXVIIe Congrès du PCUS » en 1986 (présidé par le président réformiste Mikhail Gorbatchev).

C’est grâce à mon ami Patrice que j’ai pu acquérir un exemplaire de cette rare série (fabriqué en 1985), que je vous présente aujourd’hui. Il est venu en ligne droite de Russie, avec sa lanière et sa petite sacoche en vrai « cuir de Russie ». Merci encore l’ami !

Bon, et il fonctionne comment le Lomo ?

Tout d’abord, il faut ouvrir la languette de protection de l’objectif et du viseur, en faisant glisser un curseur situé sous le bloc optique, ce qui anime le boitier.

C’est un appareil avec un viseur finalement très clair qui reprend dans celui-ci les quatre zones de mise au point : 0,8m – 1,5m – 3m et l’infini. Une fine « baguette » signale la distance choisie, reprise par des pictogrammes

On règle ces zones par un petit levier à gauche du bloc optique.

En choisissant une des ouvertures disponibles (de f 2.8, 4, 5.6, 8, 11, à 16), l’obturateur est bloqué au 1/60 s. Ce mode est originellement destiné à la photographie au flash. Un mode automatique (désigné par la lettre « A » parmi les ouvertures disponibles) laisse le LC-A calculer la vitesse d’obturation ainsi que le diaphragme nécessaire pour la photographie en fonction de la lumière reçue par la cellule. Pour l’utilisation de ce mode, la sensibilité du film (de 25 à 400 ASA/ISO ou 22 à 350 Gost) doit être réglée correctement à l’aide d’une molette et trois piles boutons sont nécessaires (des LR44). Un indicateur lumineux à gauche dans le viseur signale le bon fonctionnement de celles-ci. Un autre indicateur lumineux, placé à droite, signale les poses de plus de 1/30 seconde et donc un risque de sous exposition ou le besoin d’avoir recours au flash.

C’est sur la droite du même bloc, qu’il y a l’autre levier pour choisir la vitesse d’obturation et l’ouverture. Les vitesses vont de 2s à 1/500s, plus le A de l’automatisme.

Le Lomo LC-A est donc un appareil photo compact avec un système d’exposition automatique qui détermine le couple vitesse/diaphragme. Le système d’exposition permet des temps de pose en théorie jusqu’à 2 sec., mais en pratique jusqu’à 2 mn.

Comme je l’écrivais, le système d’exposition utilise trois piles SR44 ou LR44, très courantes. Qui dit automatique dit qu’il faudra veiller à avoir des piles de secours. Néanmoins, en l’absence de celles-ci, il est tout à fait possible de l’utiliser en mode manuel (mode flash) à une vitesse de 1/60 sec. et en sélectionnant le diaphragme.

L’objectif, le Minitar, a donc une plage d’ouverture de f 2,8 à f 16 pour une focale de 32mm. Il est aussi bon que celui du Cosina et garde les particularités qui ont fait son succès, cette espèce de contraste prononcé, dû au vignettage et à l’accentuation du contraste induit par la construction de l’objectif.

Enfin, en résumé, quand vous le portez à l’œil et que vous avez fait vos réglages, si vous appuyez à mi-course sur le déclencheur, une diode rouge vous signale que la batterie est ok et que vous êtes dans le bon pour déclencher. Si deux diodes s’allument, à gauche et à droite, c’est que vous êtes en sous exposition et qu’il faudrait soit un trépied, soit un mur, soit un flash pour éviter les flous de bougés … mais nous sommes chez Lomography …

Si tout est bon, vous poussez à fond sur le déclencheur, doux et discret : clic-clac, la photo est dans la boite !

Ah, et vous aurez remarqué qu’on peut lui adjoindre un moteur …

A quoi faut il faire attention si vous voulez acheter un « vrai » Lomo ?

La principale cause de panne est électronique. Si tout clignote, votre Lomo servira encore de presse papier mais plus comme appareil photo car sans électronique l’obturateur restera bloqué et le système d’exposition restera muet.

Autre chose à vérifier, les mousses, qui sont souvent HS à cet âge (comme tant d’autres appareils).

Il arrive que le Lomo ne déclenche tout simplement pas : soit les piles sont HS, soit mal insérées ou, plus embêtant, c’est que l’appareil commence à décliner et qu’il risque à plus ou moins court terme de servir de presse-papier.

Ne vous laissez pas gruger par des badges fantaisistes, qui ont tendances à faire grimper les prix. Mais je n’ai pas réussi à trouver sur le Net un quelconque récapitulatif des séries spéciales « officielles ». Si quelqu’un a le tuyau, je suis preneur …

En ce qui me concerne, j’ai juste un regret : la lecture de la fenêtre du Gost (Iso/Asa) n’est pas très facile, je ne distingue pas bien les chiffres. Je crois que j’ai réussi à le caler sur 130 Gost, ce qui correspond peu ou prou au 200 Asa. Je verrai à l’expérience ce que cela donne.

Au niveau utilisation, c’est bien plus agréable qu’un Minox 35 (oui, je sais, je vieilli) car les commandes sont plus lisibles et il bénéficie d’un automatisme qui simplifie la prise de vue. Ici vous travaillez en « zone focus » et l’appareil fera le reste pour la prise de vue.

Il se glisse dans toutes les poches et la protection de son viseur/objectif est réelle, ce qui est un vrai plus.

Lorsque vous l’avez en mains, vous pouvez déclencher à la sauvette sans soucis, il se manipule aisément dans toutes les positions et – surtout – il sait rester (très) discret : le déclencheur émet un clic à peine audible (on dirait du Leica, si, si !) et le réarmement ne fait guère plus de bruit.

Qu’en est-il du prix ?

Si vous achetez un nouveau Lomo LC-A+, produit par Lomography, il vous en coûtera dans les 249€. En occasion, comptez quand même dans les 90 à 160€, sauf si vous passez par le site russe Mezok (traducteur obligatoire) ou par PhotoLubitel (idem car aussi en russe) où vous pouvez espérer faire de meilleures affaires mais attention, les vendeurs russes ne proposent que du matériel qui fonctionne (!?).

Si je résume : soit vous cherchez un appareil fiable avec quelques améliorations et vous prenez le Lomo LC-A+, soit vous aimez l’aventure (et les surprises) et optez pour un « vrai » Lomo. A chacun sa philosophie, vous connaissez la mienne.

Sachez aussi qu’il existe maintenant un Lomo LC-A+ qui utilise du film en 120mm, mais nous sortons du sujet !

Et Lomography offre une quantité étonnante d’accessoires utiles ou futiles pour combler votre Lomo LC-A+ (faites attention, les compléments optiques ne fonctionnent pas sur l’original car son objectif n’est pas prévu pour).

Petite video d’illustration

Des exemples de photos et des commentaires sur l’appareil LA

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Quelques références : https://fr.wikipedia.org/wiki/Lomo_LC-A, https://www.lomography.com/magazine/321700-lomo-lc-a-moments-partie-1-lomography, http://35mm-compact.com/minicompact/lomolca.htm en français, https://en.wikipedia.org/wiki/Lomo_LC-A, https://kosmofoto.com/2017/06/lomo-lc-a-cameras-lc-wide-lca-120/, https://microsites.lomography.com/lca+/history/ en anglais, https://www.lomography.it/magazine/321818-lomo-lc-a-moments-part-2 en italien, http://www.diariodeunpixel.com/2018/06/lomo-lc-a/ en espagnol

A titre indicatif, voici la comparaison entre les ISO/ASA/Gost

ISO arithmetic scale
+ ASA scale
ISO log scale
+ DIN scale
GOST
(Soviet pre-1987)
Example of film stock
with this nominal speed
6 original Kodachrome
810° Polaroid PolaBlue
1011° Kodachrome 8 mm film
1212°11Gevacolor 8 mm reversal film
1613°11Agfacolor 8 mm reversal film
2014°16Adox CMS 20
2515°22old Agfacolor, Kodachrome 25
3216°22Kodak Panatomic-X
4017°32Kodachrome 40 (movie)
5018°45Fuji RVP (Velvia)
6419°45Kodachrome 64, Ektachrome-X
8020°65Ilford Commercial Ortho
10021°90Kodacolor Gold, Kodak T-Max (TMX), Provia
12522°90Ilford FP4+, Kodak Plus-X Pan
16023°130Fujicolor Pro 160C/S, Kodak High-Speed Ektachrome
20024°180Fujicolor Superia 200
25025°180Tasma Foto-250
32026°250Kodak Tri-X Pan Professional (TXP)
40027°350Kodak T-Max (TMY), Tri-X 400, Ilford HP5+
50028°350 
64029°560Polaroid 600
80030°700Fuji Pro 800Z
100031°700Kodak P3200 TMAX, Ilford Delta 3200 (see text below)
125032°  
160033°1400–1440Fujicolor 1600
200034°  
250035°  
320036°2800–2880Kodak T-Max (TMZ)
400037°  
500038°  
640039°  
source : http://www.photographers-resource.co.uk/photography/exposure/Ref_iso.htm
Argentique

Le Kodak Brownie Twin 20

Dans mes délires pour découvrir des appareils différents, je vous présente ce Kodak Brownie Twin 20 qui, de prime abord, va rejoindre les appareils de la « lomographie ».

Mais ne brulons pas les étapes et commençons par le début.

C’est aux USA que cet appareil est né, en 1959, à Rochester, New York, le fief historique de la marque. D’abord fabriqué par la Eastman Kodak Co, il le sera ensuite par la Kodak Ltd en Grande Bretagne, de 1960 à 1964, date de fin de production.

En fait, comme souvent chez Kodak, les pièces étaient fabriquées aux USA et ensuite assemblés en Angleterre ou en France.

Il est de la génération de Brownie Reflex 20, Brownie Starmite, Brownie Starflash et même s’il ressemble aussi au Brownie Starlet, c’est une exception parce que ce dernier fut fabriqué en Angleterre pour le marché US et le marché français.

La différence de taille s’explique par les films utilisés : le 127 pour le Starlet et le 620 pour le Twin 20, qui donnera des négatifs carrés de 5,7cm x 5,7cm.

Il fait partie de la grande – que dis-je, de l’immense – famille des appareils « clic-clac, c’est Kodak », autrement dit de ces appareils ultra simples qui ont fait le bonheur de tant de famille de tous les côtés de l’Atlantique.

Quoique …

Cet appareil possède une caractéristique inhabituelle, il bénéficie de deux viseurs. Un premier qui permet de viser à hauteur d’œil et un second viseur à hauteur de taille, comme les anciens Box, mais en plus (beaucoup plus) lumineux. La visée directe « par dessus » est faite grâce à un miroir incliné à 45°.

Et si nous regardons bien, les deux viseurs affichent des marques de cadrage pour le format Superslide qui est en fait un format de « super dia »

slide comparison
Monture 35 mm par rapport à la monture Super Slide

Un mot au sujet de ces « super diapositives », au format 46mm : elles étaient fabriquées à partir d’un film moyen format, découpée et montée dans des cadres spéciaux, qui permettaient de les insérer dans un projecteur classique de 35mm. Le but étant de produire des images de meilleure qualité puisque plus grandes mais les projecteurs standards créaient souvent un effet de vignetage dans les coins.

C’est la position des deux viseurs, l’un à côté de l’autre (twin-twin), qui donne son nom au boitier. Leur luminosité produit une excellente qualité d’image. Même si le viseur « œil » est plutôt étroit.

Ensuite cet appareil était destiné aux photographes qui voulaient pouvoir prendre un peu plus la main sur leurs prises de vue puisque l’on pouvait contrôler l’ouverture et la mise au point.

En effet, il est équipé d’un objectif ménisque ouvrant à f11 avec une mise au point de 1,2m à l’infini mais en établissant trois plages possibles : une pour les portraits (1,2m à 2,4m), une autre pour les groupes (de 2,4m à 6m) et la dernière pour les paysages (de 6m à l’infini).

Il suffit de tourner l’objectif sur les positions indiquées sur son tube pour faire la mise au point.

En outre, le diaphragme propose aussi trois options d’ouvertures : f 13 pour les photos couleurs en plein soleil et pour le noir et blanc, f 14 au soleil ou nuageux lumineux et f 15 en plein soleil, sur le sable ou à la neige. Vous réglez ces ouvertures via un petit levier situé sous l’objectif.

Ceci étant, l’obturateur, rotatif, n’ a qu’une vitesse, le 1/40s.

Et si jamais il n’y avait pas assez de lumière, on peut lui adjoindre un flash spécifique, sur le côté gauche, avec contacts par broches.

Pour charger l’appareil – rappelez-vous en bobine de 620 – vous déverrouillez la chambre via un bouton situé dans un rond, en dessous, en le positionnant comme il se doit sur « open ». La, vous retirez tout le corps de la chambre.

Ensuite vous devrez déplacer un nouveau levier aussi sur la chambre et le mettre sur « Load » pour pouvoir installer le film. Une fois que le film est chargé dans le support et réinséré dans l’appareil photo (et verrouillé) le petit interrupteur doit être placé sur la position «EXP.1-12» pour pouvoir enrouler le film. Il s’agit d’un dispositif de prévention de la double exposition, c’est-à-dire que l’obturateur ne se déclenchera que si le film a été avancé à l’image suivante. Lors du bobinage sur l’image suivante, l’obturateur s’armera et le film s’arrêtera au bon endroit. Il n’est pas nécessaire de vérifier les chiffres à travers la petite fenêtre rouge,à l’arrière, recouverte par une plaque métallique mobile, à moins que vous n’ayez besoin de voir combien de photos il vous reste à prendre.

L’appareil que j’ai reçu était dans sa boîte, abimée mais comment faire autrement après près de 60 ans, avec son mode d’emploi et sa sangle tressée d’origine.

A part un peu de nettoyage, rien à dire sur l’aspect de l’appareil.

Je l’ai tourné et retourné en mains avant de découvrir comment l’ouvrir et voir ses entrailles, tout en plastique mais solide (là, on n’est pas chez Lomography).

Franchement, ça fait bizarre de se retrouver avec deux viseurs, surtout celui du dessus, qui me rappelle le Kodak Dualflex, mais c’est vrai qu’il est clair, mais il faut – encore – remettre l’image « à l’endroit », et je n’aime pas ça !

Autre soucis à résoudre , la transformation d’une bobine de 120 en 620 (revoir les explications du Kodak Dualflex à ce sujet).

Mais cela me donne envie de le tester, je commence à prendre goût à ces appareils qui nous apparaissent improbables mais qui ont permit de garnir tant d’albums de famille.

Le temps que je retrouve ma petite ponceuse pour préparer la bobine … et je ferai part de mes impressions d’emploi cette fois.

http://www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1276538047.jpg
source : Collection-appareils, Sears 1960.

Quelques donnés techniques :

Type de film620, 12 vues de 5,7 x 5,7 (6×6)
ObjectifMenisque acrylique 75mm f:11, 3 ouvertures : f 13,- f 14 et f 15.
Mise au point avec repères CLOSE-UPS (1,2 – 2,4m), GROUPS (2,4 – 6m) et SCENES (6m à l’infini.)
ViseurDouble viseur : optique direct à hauteur d’œil en résine acrylique et optique sur miroir « waist-level » en laiton chromé poli.
Indications de cadrage pour les diapositives dans les 2 viseurs.
ObturateurRotatif monovitesse 1/40s.
Blocage contre les doubles expositions
FlashPrise pour flash dédié KODALITE MIDGET FLASHOLDER ou ROTARY FLASHOLDER typ 1 (ampoules M2, M5 ou M25).

Petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par LA

Quelques références : https://brownie-camera.com/48.shtml, https://darlscamerashelf.wordpress.com/2013/06/01/kodak-brownie-twin-20/, http://www.kodak.3106.net/index.php?p=217&cam=1578, https://www.extremetech.com/extreme/99281-the-illustrious-history-of-kodak-inventor-of-the-snapshot-digital-cameras-oled-and-more (l’histoire de Kodak), en anglais, http://www.vieilalbum.com/BrownieTwin20FR.htm, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-571-Kodak_Brownie%20Twin%2020.html, https://www.philcameras.be/collection/collectionm/ijk/kodakm/browniem.html en français, https://www.sonriaalacamara.com/item/kodak-brownie-twin-20 en espagnol

Argentique

Le Pop Cam

Alors, au rayon des appareils improbables, il y a le … Pop Cam !

Soyons clairs, nous voici bien loin des appareils que je vous présente généralement, faits pour durer, solides et « sérieux ».

Celui-ci est tout plastique, un peu « cheap » (bibelot) mais tellement … amusant ! Vous ne serez donc pas étonné de le trouver dans la rubrique Lomography.

Je vous explique : ici pas de réglages fastidieux ou compliqués (ni vitesse, ni Asa, ni ouverture, ni flash, … rien !) MAIS un quadruple objectif, coloré.

Eh oui, il a beau être tout simple, il nous offre du ludique, du fun, et par les temps qui courent, c’est appréciable, non ?

Il ressemble à ces jetables des années quatre-vingt si ce n’est qu’il est réutilisable.

Au niveau commandes, rien de plus simple : une molette pour faire avancer le film, une manivelle (qui parait bien fragile) pour rembobiner au terme, un compteur de vues à retour automatique (si, si, en dessous), un viseur rudimentaire et … quatre objectifs, garnis chacun d’un filtre coloré différent (rouge, bleu, jaune, vert).

Alors, ça fonctionne comment ?

Vous mettez un film 135 dedans, refermez le dos et armez jusqu’à la première vue.

Vous visez (très approximativement) avec le viseur (comme sur les anciens folding) à cadre ouvert et vous déclenchez.

L’appareil va prendre quatre images en quatre couleurs différentes sur la même portion de film, avec un infime décalage entre chaque vue.

Plus besoin de Photoshoper vos images, elles le sont « à l’origine », avec un appareil à 10€.

Tout à fait dans l’esprit « lomography », ce petit appareil donnera des résultats étonnants, décalés et saturés en quatre couleurs.

J’ai eu beau retourner le Net en tous sens, je n’ai pas réussi à trouver la moindre info technique à son sujet.

Tout ce que je peux dire c’est que les lentilles sont en plastiques colorés, qu’il s’agit d’un fix focus ouvrant vraisemblablement entre f8 et f11 à une vitesse unique (1/100s ?)

Si j’en crois la pub trouvée à son sujet, le but est de produire des images « dignes  » du Pop Art et de ses montages aux couleurs improbables et vives.

Il n’a pas l’air bien étanche à la lumière (voyez la porte arrière, qui va recevoir un bout de gaffer) ce qui doit ajouter aux accidents déjà prévisibles, mais le but de ce type d’appareil est de laisser parler sa spontanéité et sa douce folie, alors pourquoi bouder son plaisir ?

Je ne sais plus comment j’ai obtenu celui-ci mais manifestement le produit n’existe plus (allez savoir pourquoi !) mais comme c’est du réutilisable, je vais essayer de ne pas le casser.

source : Le Mauritien

Chez Lomography, ils ont un produit similaire, le ActionSampler Clear, un Pop Cam qui a perdu ses couleurs mais vous permet de voir comment « ça fonctionne » grâce à son boitier transparent.

A défaut d’être utile, c’est amusant/instructif.

ActionSampler Clear

Toutefois les indications « techniques » sont plus précises et doivent être très proches de celles du Pop Cam :

Ouverture fixe f8
Vitesse d’obturation fixe 1/100s
Distance focale Quatre objectifs à un seul élément de 26 mm, obturateur à fonctionnement séquentiel
Zone d’exposition 36x24mm
Molette d’avance de film
Format de film 35 mm
Distance de mise au point fixe de 1,2 m à l’infini
Réinitialisation automatique du compteur d’images

Quelques références : https://www.lemauricien.com/actualites/technologie/lappareil-photo-pop-art-une-creativite-sans-limites/170329/, https://shop.lomography.com/fr/actionsampler-clear en français.

Argentique

Lomography Fisheye

Décidément, je trouve encore des pépites sur les sites de seconde main … tant que les brocantes n’ont pas la possibilité de remplir nos dimanches !

Et j’avais envie d’encore aller vers un gentil délire de chez Lomography et chez eux nous avons l’embarras du choix

.L’occasion faisant le larron, j’ai trouvé un appareil qui va me faire tourner en rond …à savoir un Fisheye, le One en particulier.

-« Mais pourquoi il nous parle de poisson là maintenant ? »

Ah oui, un « fisheye » est un objectif tout à fait particulier qui donne à vos photos une forme quasi circulaire et lui même arbore une lentille très protubérante, qui ressemble à une demi-sphère.

Déjà un conseil, ne laissez pas vos pieds trop près de la scène, ils seront sur la photo !

Mais revenons à notre Fisheye One ,… oui parce qu’aujourd’hui il y en a un qui se nomme Two et que, personnellement, je trouve moins facile à transporter.

Soyons de bon compte, nous ne sommes pas chez Contax avec un corps en alliage d’alu, ou chez Canon, avec un châssis en magnésium mais chez Lomography et donc c’est du tout plastique.

Ça ne veut pas dire que c’est mal fichu, juste qu’il ne faut pas brusquer la bête sous peine de devoir, à court terme, sortir le tube de colle rapide.

L’avantage par contre, c’est que l’appareil ne pèse rien et pourtant, il a un objectif « costaud » (mais avec lentille en plastique) et même un flash intégré.

On sait s’amuser sérieusement chez Lomography.

Parlons en de cet objectif : il offre un angle de 170° pour une focale de 10mm. Avouez que nous avons là le plus petit fisheye du monde (c’est d’ailleurs leur slogan).

Son ouverture est de f8 et sa vitesse d’obturation fixée à 1/100s. C’est un fix focus qui vous permettra d’être net de 20cm à l’infini.

Prudents, ils notent dans le capuchon de l’objectif qu’il ne se démonte pas et qu’il ne tourne pas (pour éviter les retours en SAV inutiles !).

Il faut reconnaître qu’un angle de 170°, ça ouvre des perspectives étonnantes … et des déformations importantes : avec ce type d’objectif, vous oubliez les lignes droites, les lignes de fuite à l’infini, non, avec lui, vous aurez l’impression de tout voir en « boule ».

Par curiosité, vous irez voir sans doute les exemples pour lesquels j’ai mis un lien ici-plus bas.

Avec son ouverture fixe de f8, à l’extérieur, photographiez de préférence lorsqu’il y a du soleil ou mettez un film rapide en cas de temps incertain (un 400 Asa sera idéal).

Pour l’intérieur, pas de panique, ils ont prévu un petit flash, bien suffisant vu la distance que vous choisissez pour capter vos sujets.

-« Oui, mais on peut photographier quoi avec cet appareil ? »

Mais tout ce qui vous passe par la tête, de la nature, que vous « encapsulerez » dans des sphères poétiques; des objets qui prendront des formes étranges; du portrait, en faisant attention que les déformations engendrées risquent de fâcher quelques personnes; du nu même, en jouant avec des parties de corps, … bref, tout le champ des possibles vous est ouvert.

Soyons toutefois réaliste, si vous ne photographiez qu’avec cet appareil, cela risque de devenir lassant car le type d’images sera, dans le style, toujours identique. A moins que vous ne vouliez créer une histoire, une série particulière avec ce type d’effet.

Sinon, en alternance avec d’autre styles, issus du monde Lomography ou « classique » (c.-à-d. avec un appareil argentique 24×36 comme je vous en présente habituellement), vous pouvez trouver un rythme intéressant pour narrer vos pérégrinations photographiques.

En plus, sachez que chez Lomo, ils ont inventé quelques gadgets amusants et complémentaires, comme un appareil pour découper vos photos en rond, des flashs annulaires avec lentilles colorées, etc. Bref, tout un univers décalé pour prendre plaisir à utiliser votre appareil.

Lorsque j’ai reçu mon Fisheye One, je ne vous le cache pas, je me suis dit « holala, tout est plastoc ! »

Et puis, en y regardant de plus près, je me suis aperçu que la fabrication était bonne, sans jeu excessif par exemple dans la molette de rembobinage, que la trappe pour installer la pile tenait bien, que le petit verrou pour le dos à charnière était ferme, qu’il y avait même un guide pour installer facilement le film dedans (comme sur les anciens compact Minolta ou Canon, p. ex.), la dragonne, en caoutchouc, bien pensée car elle sert aussi à ne pas perdre le cache objectif

Et puis le clin d’œil avec ce petit poisson embossé à côté du déclencheur et cette « garniture » en tellement faux bois que ça prête à sourire.

Bref, un appareil jouet qu’il me tarde d’essayer, maintenant que le labo New Prodia a pu ré-ré-ouvrir ses portes et que je pourrai y déposer mes films.

Les caractéristiques techniques :

Type de piles/batteries1 x AA
Ouvertures disponiblesFixe f8
Vitesses d’exposition1/100 (N)
Distance focale10mm
Zone d’exposition36x24mm
Avancement du filmBobine
Format de la pellicule35 mm
Mise au pointMise au point fixe
Distance de mise au pointRapprochez-vous le plus possible.
Compteur de posesRemise à zéro automatique
MatériauxPlastique
Emplacement pour trépiedNon
CelluleNon
ViseurViseur optique

Une petite vidéo d’illustration

Des exemples de photos complètement déjantées ICI

Quelques références : https://shop.lomography.com/fr/cameras/fisheye-family/fisheye-one-all-black-new, https://shop.lomography.com/fr/cameras/fisheye-family/fisheye-one en français

Argentique

Le Diana F+

Un peu de fantaisie ne fera pas de tort en ces temps troublés … tout est bon pour oublier ce f… virus !

Je vais donc vous parler d’un appareil photo qui fera peut-être hurler les puristes mais qui ravira les explorateurs de ce médium … et je vous avoue que j’aime bien les seconds …

L’aventure commence au début des années soixante par la fabrication, par une usine de plastique de Kowloon (Hong Kong), la The Great Wall Plastics Factory, d’un appareil photo simplissime destiné à être un « cadeau » promotionnel.

Pour vous donner une idée, la Power Sales Company, l’importateur US, vendait le Diana par caisse de 144 appareils au prix délirant de 50 cent US pièce.

source Nation-Photo

Mais toute les bonnes choses ont une fin et celle du Diana fut entérinée dans les années septante, vaincu par la meilleure qualité des appareils Kodak Instamatic, par exemple, eux aussi devenus un appareil très bon marché et offert en cadeau promotionnel à tour de bras.

Pourtant, de nombreux « clones » ont continué à inonder les marchés par des sociétés basées à Hong Kong, Taïwan, ou dans le reste de la Chine.

C’est presque l’archétype de l’appareil jouet avec son corps tout en plastique, sa lentille simple ménisque elle aussi en plastique et très approximative, qui connait des fuite de lumière, des soucis d’avance de film.

source : http://glangl1.free.fr/Liste-Diana.html Le Diana de 1960

Pour enfoncer le clou (du cercueil), le magazine de photographie Réponses photo lui décerne le titre « de pire appareil photo jamais construit ». L’appareil aurait été distribué par le journal pour enfants Pif Gadget selon le magazine (que ceux qui s’en souviennent lève la main).

Mais finalement, tous ces défauts sont comme autant de qualités et l’appareil sera bientôt recherché pour prendre des photos au flou artistique avéré, des rendus impressionnistes qui rappellent le pictorialisme des photos « à grain », ses superpositions voulues ou subies comme d’heureux hasards artistiques et son aura onirique sur les clichés aux teintes aléatoires …

Le San Francisco Art Institute a sans doute été la première école à utiliser le Diana dans son programme en 1967 – 1968 pour stimuler la créativité de ses élèves. D’autres écoles vont reprendre le principe comme l’Université de l’Ohio. Le point d’orgue sera sans doute atteint lorsque la photographe Nancy Rexroth exposera en 1976 ses photos réalisées avec cet appareil, exposition qui fera l’objet d’un livre intitulé IOWA.

Techniquement, difficile de faire plus simple :

  • une boite noire plus ou moins étanche
  • une lentille en plastique (ménisque) qui produit un vignetage assez prononcé
  • un viseur en plastique (tunnel de Galilée ou viseur primitif)
  • un obturateur à ressort
  • une avance mécanique d’un film en bobine de 120

Mais l’appareil est tellement décalé que la Lomographic Society International (LSI) ne pouvait rester indifférente à son égard

Pour mémoire, cette société autrichienne a initié le mouvement photographique lo-fi qui porte le nom de « lomographie » en français, mot créé d’après le Lomo LC-A, appareil photographique dont elle a acquis une exclusivité de vente auprès de son fabricant LOMO, une entreprise russe d’optique qui avait elle-même repris le design et les caractéristiques d’un appareil Japonais, le Cosina CX-1 (ça va, vous suivez toujours ?).

De fait cet appareil s’inscrit dans la démarche lo-fi (low fidelity ou basse fidélité) initié dans le monde musical des années quatre-vingt lorsque des musiciens enregistraient leurs musiques en rejetant les techniques qui donnaient un son « trop propre ». Principe repris et adapté à la photo par les gens de Lomography.

A bas le formalisme des prises de vue, cadrées, léchées, parfaites, au piqué rigoureux, place à la fantaisie, l’envie de prendre des photos sans règles absolues.

Bref, vive le joyeux foutoir des photographes qui ont envie de redécouvrir les joies de la photo plaisir dans son sens premier, la découverte.

Connaissez-vous les 10 règles d’or du Lomographe ?

  1. Prenez votre appareil partout avec vous. (Take your camera everywhere you go)
  2. Photographiez de jour comme de nuit. (Use it any time — day & night)
  3. Lomography, c’est plus qu’un simple passage dans votre vie. (Lomography is not an interference in your life, but a part of it)
  4. Essayez de photographiez sans viser. (Try the shot from the hip)
  5. Approchez-vous au maximum de vos sujets. (Approach the objects of your lomographic desire as close as possible)
  6. Ne réfléchissez pas. (Don’t think)
  7. Soyez rapides. (Be fast)
  8. Ne pensez pas trop à ce que vous voulez prendre en photo. (You don’t have to know beforehand what you captured on film)
  9. Laissez-vous surprendre après (Afterwards either)
  10. Ne vous souciez pas des règles ! (Don’t worry about any rules)

En 2007, ils créent le Diana +, reproduction fidèle du modèle des années soixante. Cependant, au delà de la réplique, ils le peaufinent et le dotent de fonctions améliorées qui ouvrent la porte à d’autres fantaisies. Le Diana devient Diana F puis F+ .

Par exemple, il garde le format original du 120 mais passe aussi en 24×36 et même en version 110.

Aujourd’hui cet appareil est au cœur d’un véritable « système » avec des objectifs interchangeables, un flash avec une multitude de filtres colorés, un adaptateur pour flash Cobra ou autre et la possibilité de changer le dos pour y mettre d’autres films et même un appareillage pour qu’il devienne instantané avec les films Instax Mini.

Rendez-vous compte, il y a même des adaptateurs d’objectifs Diana pour des reflex « sérieux » comme les Canon Eos, les Nikon F-mount, le Micro Four Third (micro 4/3) !

Tout cela étant, si je reprends les données techniques du « nouveau » Diana, voilà ce que ça donne :

Fonctionnalités

  • Trois vitesses d’obturation, réglées pour une sensibilité de 200 Iso
  • Deux tailles d’image
  • Exposition multiples et partielles
  • Fonction sténopé
  • Possibilité de développement instantané avec dos spécifique
  • Possibilité de passer en 135 avec dos spécifique

Spécificités technique

Type de piles/batteries2 x CR2/DL CR2 lithium batteries pour le dos « instantané » uniquement
Ouvertures disponiblesPinhole, Nuageux= f/8, Semi-Ombragé = f/11, Ensoleillé = f/16
Vitesses d’exposition1/60 (N) – presque constant (!?), Bulb (B)
Distance focale75mm, mise au point minimale +/- 60cm
Avancement du filmmanuel ou automatique avec le dos « instantané »
Format de la pellicule120, 24×36 avec dos approprié ou Instantané Instax Mini
Connexion flashPrise de type Diana
Mise au pointMise au point par zones
Distance de mise au point1-2 м, 2-4 м, 4 м – Infini
Compteur de posesAutomatique
MatériauxPlastique
Emplacement pour trépiedNon
CelluleNon
ViseurViseur optique
source : Lomography Magazine

Si l’appareil est toujours « tout plastique », toutes les pièces s’emboitent proprement et de fines rainures devraient assurer une meilleure étanchéité à la lumière.

Il faut être attentif à ne pas forcer quand on change les objectifs pour ne pas briser les « pattes » qui assurent le verrouillage (baïonnette), ni quand on change le dos « classique » pour le dos instantané car il faut ôter une petite pièce qui paraît assez fragile et qui assure, normalement, le maintient des bobines de 120.

Lorsque vous placez le dos instantané, petite astuce pour faire tenir l’appareil droit, deux petits volets se déplient par en dessous, assurant la stabilité de l’ensemble.

Remarque utile à retenir : étant donné que le Diana F + est conçu pour des pellicules 200 ISO, vous devriez choisir le diaphragme “partiellement nuageux” en utilisant une pellicule 100 ISO pour l’exposer correctement. Avec une pellicule 400 ISO, la photo sera surexposée par une journée ensoleillée, c’est garanti.

En gros, n’utilisez l’ouverture « ensoleillée » que si la journée est sous un bon gros soleil. Sinon, à moins d’un mètre du sujet, mettez plutôt le curseur sur « partiellement nuageux » et sur « nuageux » au delà d’un mètre

Si vous retirez l’objectif (en fait la partie avant de celui-ci) vous pourrez prendre des photos comme si c’était un sténopé, la vitesse étant alors de 1/125s. Vous mettez le sélecteur sur P (pinhole ou sténopé en français) et vous réglez la vitesse sur B, c-à-d. que vous choisissez le temps d’ouverture (rassurez-vous, il existe des tables de temps fonction de l’ouverture – à chercher sur le Net).

Vous pouvez choisir parmi deux formats carrés avec certains cadres : avec le cadre 46,5 × 46,5 vous pourrez faire 12 photos, avec le cadre 42 × 42, vous pourrez prendre 16 photos sur une pellicule 120. N’oubliez pas de configurer la fenêtre à l’arrière et sélectionner le bon cadre.

Si vous utilisez l’objectif « grand angle », vous aurez besoin de lui adjoindre un viseur spécifique (comme sur les anciens télémétriques finalement)

Le réglage de la distance rappelle le bon vieux temps des fix focus et la mise au point par zones : 1-2m, 2-4m ou 4m-infini et se sera net (enfin, en théorie)

Franchement, à côté des appareils que je vous présente plus ou moins régulièrement, celui-ci fait partie des plus fous, comme celui que j’ai monté moi-même ou le sténopé VIDDY en carton.

J’espère qu’il pourra me transmettre sa fraicheur, sa douce folie … reste que pour l’essayer j’aurai besoin que mon « p’tit labo » près de chez moi puisse ré-ré-ouvrir (il est toujours considéré comme « non essentiel » par nos autorités si incompétentes !)

Sauf si je commence tout de suite avec le dos Instax !

Deux video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est LA et des explications pratiques ICI

Des exemples de photos par ICI et grâce à mon ami Fred, j’ajoute ce lien d’un grand adepte de ces appareils improbables Kevin Meredith et le blog que j’ai découvert, finalement très proche du mien Analogyou avec son LomoHome

Quelques références : https://shop.lomography.com/fr/diana-f?country=be, https://folkloredemode.wordpress.com/tag/diana-f/, https://www.lomography.fr/about/history, https://shop.lomography.com/fr/diana-instant-camera, https://fr.wikipedia.org/wiki/Lo-fi, https://fr.wikipedia.org/wiki/Lomography, https://www.nationphoto.com/fr/blog/le-lomo-diana-f-n10, https://analogyou.wordpress.com/2014/10/14/tout-savoir-sur-lomography/, https://www.stevenberruyer.com/argentique-2/diana-f/ https://www.lomography.fr/magazine/337781-diana-un-historique-rapide, en français, https://microsites.lomography.com/diana/,https://en.wikipedia.org/wiki/Diana_(camera) en anglais

Argentique

L’Agfa Clack

Et si je vous dis qu’il a aussi existé un Agfa Clik !

Honnêtement, difficile de faire plus simple comme appareil, et pourtant …

Commençons par les données techniques :

  • objectif à ménisque de 95mm (élément unique avec verre de grossissement intégré)
  • le viseur est de type Galilée (soit un tube avec un verre de visée qui reproduit plus ou moins la taille de l’image captée)
  • ouverture f/11 et f/12.5
  • obturateur à 1/30s plus B
  • filtre jaune intégré
  • photos en 6×9 sur pellicule 120
  • zone focus sur 2 paliers : 1 – 3 m avec l’objectif de gros plan intégré, 3m à l’infini avec juste une bague d’ouverture entre l’objectif et le film

Et pourtant, écrivais-je, les ingénieurs de chez Agfa ont quand même planché sur cet appareil pour assurer de bonnes photos.

Car pour permettre à cet appareil de prendre des photos de qualité avec un objectif aussi simple, il est toujours ouvert à f/11. La meilleure caractéristique est le plan de film incurvé : il n’y a pas de plaque de pression à l’arrière de l’appareil car le film n’est pas censé être aplati. Le corps de l’appareil est de forme ovale lorsqu’on le regarde d’en haut,et le film est conduit autour du dos incurvé de l’appareil pour créer une netteté maximale : une solution intelligente pour créer un appareil photo bon marché et de qualité décente.

Il faut tenir compte de l’âge de cet appareil, créée en 1954 (et jusqu’en 1965 !), à une époque donc où les films rapides n’existaient pas. La valeur la plus utilisable devrait être 50 Asa de ce fait, un 100 Asa serait un maximum.

Le format 6×9 ne permet que de tirer 8 photos sur un film 120, ce qui peut sembler onéreux à l’usage. Mais il faut tenir compte qu’à l’époque, la plupart de ses utilisateurs faisaient tirer les photos directement, par contact, ce qui réduisait dès lors les coûts, même si l’image était relativement petite. Si vous trouvez de vieux albums avec cette taille de photo, dites-vous qu’elles auront sans doute été prises avec un Clack.

C’est un appareil typique de l’après-guerre allemand, vendu à des millions d’exemplaires, peu cher à fabriquer et peu onéreux à l’achat, ouvrant au plus grand nombre l’accès à la photographie familiale, pour oublier le passé et croire en un avenir industriel relancé après tant d’efforts et de sacrifices.

Les premiers exemplaires (comme le mien) sont tout en métal. Ils seront en plastique par le suite, allégeant encore les coûts de fabrication.

Pour le charger, il suffit d’ouvrir un énorme verrou qui se trouve en dessous, d’ôter le corps entier de l’appareil pour y installer le film, classiquement, une bobine en bas, l’autre en haut.

Disons le tout de suite, j’ai des doutes car il n’y a pas de repère pour amorcer le film. Disons que la flèche de départ sera mise en bas. Ensuite, pour le reste, ce sera en regardant à travers le fenêtre rouge inactinique qui est à l’arrière de l’appareil (et que l’on peut occulter avec un petit volet métallique). Je crois que ça va être du sport, comme le Gevabox sans doute (quoique la fenêtre soit en meilleur état que sur le Gevabox).

Pour avoir parcouru de nombreux sites pour vous écrire cet article, il semble néanmoins que les photos tirées de cet appareil soient de bonne qualité. J’ai donc bien envie d’essayer et pourquoi pas avec un film de chez OWAX, le seul fabricant belge de pellicule.

Donc, la suite au prochain numéro …

Mais pour terminer, un mot du Click dont je parlais en début d’article : il fut la version « simplifiée » (?!) du Clack. Sorti en 1958 et jusque dans les années 1970, c’était un 6×6 avec un ménisque de 72,5mm, ouverture f11 et une vitesse de 1/30 plus pause B.

Comme d’habitude, les liens de référence : https://camerapedia.fandom.com/wiki/Agfa_Clack, http://cameras.alfredklomp.com/clack/index.htm en anglais, https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Agfa/Agfa_Clack et http://www.network-error.com/photo/camera/camera-fr.htm en français.

Argentique

Bilora Gevabox pour Gevaert

C’est donc la société allemande Bilora qui a fabriqué, de 1955 à 1959, ce Gevabox, pour compte de la société Gevaert.

Commençons par l’aspect « technique » car cela va aller vite : 3 vitesses d’obturation : 1/100, 1/50 et B. Son objectif est un 105 mm à mise au point fixe avec des ouvertures f11 et f16. Il utilise du film en bobine de 120 pour un format de 6x9cm. Autrement dit, pas plus de 8 photos par bobine. Ah, et il y a une griffe porte flash, pas très esthétique.

Reste l’aspect général de l’appareil : un gros « cube » aux formes arrondies (si, si, ça existe), surmonté d’un étrange viseur en bakélite (un tunnel quoi). Tout en métal, hormis donc le viseur, il est léger.

Un peu d’histoire, en passant. Gevaert est un fabriquant belge de produits chimiques et de papiers photographiques, qui fusionnera avec Agfa en 1964. Il fera construire des appareils photos, avec le nom Gevaert, par d’autres constructeurs.

Le Gevabox existe en trois versions :

  • une version en bakélite (1950 – 1951)
  • une version métallique (1951 – 1954) fabriquées en Allemagne par Hermann Wolf GMBH
  • une version métallique avec viseur tubulaire (1955 – 1959) fabriquée par Bilora. Celui qui nous occupe ici.

Il s’agit toujours d’appareils très simples, le but étant clairement de vendre du papier et du film photo par le biais de l’utilisation par le plus grand nombre de ce type d’appareil (Kodak n’a pas fait autre chose !).

Au point de vue manipulation, il faut tourner un gros verrou placé sur le côté gauche de l’appareil pour libérer la partie droite, solidaire de la poignée de maintien, ce qui, je l’avoue, n’est guère pratique. On reçoit alors en main le « magasin » de l’appareil. Le film se met en dessous et on le tire vers la bobine du dessus. Cependant, la fenêtre rouge inactinique est de mauvaise qualité, qui rend difficile la lecture des chiffres annonçant les photos et comme il n’y en a déjà que 8 à tirer, faudra faire très attention.

L’avance du film se fait avec le gros bouton situé sur la droite de l’appareil, en prise directe avec la tige de la bobine. L’avancement n’arme pas l’obturateur, qui – de fait – ouvre dès que l’on appuie dessus. Pratique pour les doubles expositions, redoutable pour les distraits ! Notons qu’il est muni d’un filetage, contrairement au Dualflex, ce qui le rend plus pratique en cas d’utilisation de la pause B.

Voilà, voilà …. je pense avoir fait le tour du propriétaire. Je vais y mettre une Porta 160. Vu les réglages, j’éviterai sans doute le souci que je pressens avec le Dualflex, que j’avais chargé en Porta 400, par grand soleil.

Je pense que je vais de nouveau faire un tour dans la Ville de Mons pour le tester.

Donc, comme on dit, la suite au prochain numéro !

Et voilà la suite de cet essai, fait le 19 août 2020, non pas dans la Ville de Mons mais dans un des plus beaux villages de Belgique, j’ai nommé Ménil (près de Jodoigne).

Et je vous avoue que c’est un fiasco complet !

L’appareil est difficile à charger car la lanière tient toujours au côté qui s’ouvre, ce qui rend la manœuvre délicate. Quand j’y suis enfin arrivé, comme je le signalais plus haut, la fenêtre inactinique rend la lecture du film quasi impossible.

Je croyais avoir pu distinguer le premier chiffre, qui indiquait la première vue. Ben, je n’en suis pas certain …

Je crois que je n’ai pu faire que 4 photos sur les 8, et encore, je ne suis pas certain qu’elles aient été bien positionnées et que j’en ai superposées la plupart.

Impossible de voir l’avancement du film ni de « sentir » celui-ci car je n’avais aucun point de repères pour savoir combien de tours effectuer pour faire progresser les vues du film.

Bref, de prime abord, une catastrophe. Je verrai la réalité lors du développement et cette fois je ne demanderai qu’un tirage, sans passer par la numérisation en HD.

En résumé, un appareil qui a toute sa place comme … presse papier ou cale-livres !

Je reviens de nouveau sur cet appareil, car j’ai reçu le film développé et scanné.

Comme je le craignais, seules 3 photos ont pu être « sauvées », mais je vous avoue ma grande surprise, au moins pour l’une d’elles, elle est magnifique !

Sans doute la pellicule y est elle pour quelque chose (Kodak Porta 160) mais je trouve, vu les caractéristiques basiques de l’appareil, que c’est vraiment pas mal.

Nous passerons vite sur les 2 autres

Franchement, j’ai beaucoup d’admiration pour nos grands-parents qui arrivaient à tirer quelque chose de ce genre d’appareil. Ok, la fenêtre inactinique était sans doute en meilleur état à l’époque, ce qui permettait d’en rater moins; ils prenaient peut-être plus le temps et maitrisaient mieux les réglages, pourtant basiques… je ne sais pas.

En tout cas, quand on parvient à en tirer quelque chose, le résultat est étonnamment bon. Bien mieux qu’avec le Dualflex, dont vous pourrez découvrir les photos … heu, spéciales !

Argentique

Première sortie avec le Kodak Dualflex I

Avant que le soleil ne soit trop présent, petite balade dans les rues de Mons (Belgique) avec le Dualflex premier du nom.

Il a plu abondamment cette nuit, ce qui a fait chuter le thermomètre de quelques précieux degrés, ceux qui nous permettent de faire cette promenade sans être trop accablé. Avec un second petit avantage, la couverture nuageuse, encore présente, diffuse la lumière et l’empêche d’être trop violente.

Pour mémoire, j’ai chargé le Dualflex avec de la Porta 400. Son ouverture fixe de f1:15 et sans doute la qualité moyenne de l’objectif m’ont incité à le charger de la sorte, mais le plein soleil risque de faire brûler les hautes lumières car la vitesse (fixe elle aussi) doit tourner autour du 1/30 sec.

Je vous avoue que je vérifiais parfois avec la cellule à main que j’avais mise en poche … et … on verra bien le résultat.

Franchement, je ne suis dis qu’à l’époque glorieuse de cet appareil (entre 1949 et 1955), ses heureux propriétaires ont pu faire de « belles photos » avec, sans se poser autant de question. Et de toute manière, ils ne pouvaient – comme moi – rien y faire : fix focus de f1:15 et vitesse de 1/30 fixés une bonne fois pour toute (il reste le mode bulbb mais ça ne nous aidera pas plus).

Sauf que, à l’époque, je ne suis pas certain que les films aient pu atteindre le 400Asa. Ils devaient plutôt avoir des sensibilités de l’ordre des 25 à 200 Asa maximum.

Mais, de toute manière, je n’avais que de la Porta 400 en 120 pour essayer. Donc, nous verrons bien au développement.

D’abord, visite de l’expo de Yann Arthus-Bertrand sur le site du beffroi de Mons (classé à l’Unesco), histoire d’un peu d’humilité devant ses magnifiques clichés. J’ai essayé d’y faire une photo mais je me rends compte que le dégagement de l’objectif (75mm – équivalant à un 50mm en 24×36 ?) me perturbe, alors que je suis plus habitué au 35mm, voire au 28mm. Faut reculer pas mal pour avoir ce que l’on veut dans le cadre.

Ensuite – mais c’est tout personnel – pas facile de cadrer car l’appareil est comme un vrai TLR, il inverse l’image (principe de la camera obscura), d’autant qu’au soleil, il n’a pas, comme un Rolleiflex ou un Yashica D, une sorte de cheminée pour protéger le verre de visée. Mais avec un peu de patience et d’obstination, j’y arrive. Et j’ai hâte de voir le résultat (+/- une semaine)

Car oui, j’ai fait les 12 vues … enfin, onze, car j’ai raté le passage de la première à travers le rouge de la fenêtre inactinique à l’arrière.

Au niveau déclencheur, c’est – aussi – un peu surprenant car la course est assez longue et sans appui intermédiaire : on l’enfonce et puis ça fait « clic » (au passage, de façon très discrète). Juste que s’il n’y avait pas assez de lumière, il faut penser à tenir fermement l’appareil pour éviter les flous de bougé lorsque l’on actionne le déclencheur.

Étonnamment, ce déclencheur n’est pas fileté, ce qui interdit l’usage d’un déclencheur souple, qui serait pourtant le bienvenu en cas de pause longue (le fameux B de Bulbb). Franchement, je me demande comme faisait nos grands parents !

Ceci étant, peu ou pas de réactions des gens dans la rue. Il faut avouer que le Dulaflex n’est pas d’un gabarit qui le fait remarquer. Donc,je me suis même essayé à la photo de rue (heureusement qu’il y avait du soleil quand même). J’attends le résultat de ça aussi.

Bon, pour résumer :

  • l’appareil est léger, facile à tenir en mains,
  • pas très pratique à charger (rappelez-vous, il faut bricoler la cartouche de 120 pour la rendre compatible au format 620)
  • le déroulement du film est facile même s’il est délicat de bien voir les numéros de photos défiler par la petite fenêtre rouge au dos de l’appareil (mais ça concerne tous ces vieux appareils)
  • il faut penser à armer après chaque prise car l’entrainement du film ne réarme pas l’obturateur
  • néanmoins, c’est facile pour faire des doubles expositions
  • les réglages sont inexistants (fix focus f1:15, vitesse fixe de +/- 1/30sec, ou pause B mais sans filetage pour le déclencheur, ce qui rend la manœuvre à mon avis délicate)
  • la vision est claire à travers le verre bombé qui est au dessus mais en cas de grand soleil, il faut y mettre la main pour protéger la vision
  • la focale de 75mm est celle équivalente à un 50mm en 24×36, il faut y penser … surtout quand on travaille d’habitude au grand angle.
  • la mise au point minimale est de 1,5m environ mais vu la focale, ce n’est pas trop dérangeant même si je pouvais m’attendre à mieux

Il me faut donc attendre le résultat des onze vues, que je vous présenterai dès que je les reçois. J’ai déposé le film chez New Prodia ce matin.

Ceci étant, c’était une chouette expérience à tenter. L’espace d’un moment, je me suis pris à remonter le temps, à repenser la photo d’une autre manière, celle de viser la tête penchée vers l’avant, essayant de maintenir l’appareil de telle ou telle manière pour être droit et organiser le cadre dans le bon sens (image inversée), celle de réfléchir à réarmer immédiatement (ou pas) pour éviter des doubles expositions. Je vous avoue que j’étais tellement absorbé – alors que, in fine, les réglages se réduisent à leur plus simple expression ! – j’ai fait abstraction de ce qui se passait autour de moi, une petite bulle salvatrice.

Tiens, et en cherchant de la pellicule en 620, j’ai découvert une petite société, belge de surcroit, qui fabrique des films improbables : Owax film. J’y reviendrai sans doute sous peu, j’ai pu entrer en contact avec eux.

Quelques photos de cet appareil attachant de … simplicité !

Argentique

Kodak Dualflex I

Certes, mais encore …?

Allez, je vous raconte … un soir, je regarde la RTBf (télévision belge) et lors d’une émission (Visitwallonia.be), je remarque un vieil appareil qui sert un peu de fil rouge à la présentation de la dite émission.

Comme je suis curieux, je tente – et réussi – à voir la marque : un Dualflex ! En creusant un peu, je découvre que cet appareil est en fait un Kodak.

Encore quelques recherches sur la grande Toile et je trouve des infos utiles : c’est un faux TLR (Twins Lens Reflex, autrement dit, appareil réflex à deux objectifs) car s’il présente bien deux « objectifs » sur la face avant, le premier (au dessus) ne sert qu’à la visée à travers un verre placé au dessus (un peu comme les vieux « box » de chez …Kodak, notamment). Il fut fabriqué de 1949 à 1955 par Kodak UK.

Donc, nous visons à travers le verre incurvé que se trouve sur le dessus de l’appareil et voyons (à peu près) la scène grâce au verre du dessus.

En dessous, se trouve l’objectif proprement dit. Heu, objectif, le mot est grand ! Il s’agit d’un « ménisque » (une seule lentille) qui offre une focale équivalant à un 75mm dont la mise au point minima est de +/- 1,5m (5 pieds). Pas de réglage, c’est du fix focus. Ouverture unique de f1:15.

Quand aux vitesses, ben … y en a deux : B pour Bulbb (c-à-d le temps que vous voulez mettre) et un I qui devrait être de 1/30 sec (mais ça dépend des appareils, certains ont constaté 1/50sec pour le leur). Le déclencheur est à droite, le bouton qui dépasse.

Jusque là, rien d’affriolant, mais je trouve que cet appareil à « une gueule sympathique », complètement hors du temps ! Je fouine sur un grand site de vente et j’en dégote un à … 25€, frais de port compris.

Trois jours d’attente et le voila qui débarque de son Angleterre natale. Il est tout complet, avec une protection spéciale qui se fixe sur le dessus, en plus de sa house, et avec sa lanière d’origine. Propre et tout à fait fonctionnel.

Que me réserve t’il d’autre comme surprise ? En l’ouvrant, je constate qu’il n’accepte que du film en 620. Aïe, c’est un format rare, très difficile à trouver. En fait, c’est du 120 mais enroulé sur une bobine beaucoup plus fine et au diamètre réduit. Je pourrai sortir des photos en 6×6 (12 vues).

Je trouve bien quelques sites, aux USA, qui refabriquent cette pellicule mais je n’ai vraiment pas envie de passer par eux (frais de douane élevés). Il y aurait même une société belge qui la fabrique, je les ai questionné à ce sujet et j’attends leur réponse (daté du 10/08/2020).

Sinon, comme d’habitude, il existe plein de tutos pour transférer une bobine de 120 sur un axe de 620 mais j’ai essayé, c’est une galère pas possible qui m’a coûté une Porta 400 bonne pour la poubelle. Vu comme ça, à la lumière, c’est simple mais quand vous devez faire ça dans le noir, ce n’est plus du tout évident. D’autant qu’il vous faut déjà 2 bobines de 620 pour la manœuvre : transfert du 120 vers le 620 (film enroulé à l’envers) puis repassage du film vers une seconde bobine 620 pour remettre le film à l’endroit. A éviter !

Reste une autre idée, dont je livre la vidéo :

Je vous avoue que j’ai un peu modifié la technique, en utilisant un pied à coulisse pour vérifier l’épaisseur du support de la 620 qui, rappelons le, est en métal (1/10mm) et une petite ponceuse électrique avec du grain à 80gr pour réduire le plastique de la 120 à l’épaisseur voulue. Je ne découpe pas non plus le pourtour aux ciseaux mais j’arrondis avec la ponceuse aussi. Et honnêtement, ça prend 10 minutes pour transformer une bobine de 120 en 620. Petit coup de pinceau doux pour éliminer toutes les poussières et hop, dans le ventre de l’appareil. Ça entre tout juste (faut vraiment bien respecter le 1/10mm) mais ça rentre, et ça tourne autour de l’axe sans soucis.

Voilà, j’ai donc chargé l’appareil d’une autre Porta 400. J’ai repris une cellule à main, au cas où … et je vous livrerai le résultat sous peu.

La prise en main se fait comme pour un TLR classique et l’on vise « par au dessus » comme avec un Rolleiflex ou un Yashica D, à la différence qu’il n’y a pas de « protection » autour de la vitre de visée et qu’il n’est pas possible de régler la distance, fixe. Il faudra vérifier avec la cellule en tenant compte d’une ouverture fixe de f1:15 et une vitesse de 1/30sec. Je pense que je vais essayer d’éviter les sur-ex et les flous de bougé en cas de faible lumière.

Voilà, voilà, j’ai reçu le film fait avec le Dualflex … et je suis perplexe !

Vous aller comprendre …

Pour mémoire, j’avais chargé l’appareil avec une Kodak Porta 400, qui ne s’en sort pas trop mal au niveau du rendu (grand soleil mais réglages à minima f1:15 et 1/30s). Et je n’ai pas perdu une seule photo, contrairement au Gevabox.

Mais là où s’est vraiment bizarre, ce sont ces déformations qui vont dans tous les sens.

Pour ceux qui aiment la « lomographie » et ses surprises, ils vont être gâté !

Je ne sais pas si à l’époque ce gendre d’effets étaient recherché, mais j’imagine les albums de famille faits avec cet appareil !

Reste que l’appareil est joli – pas totalement inutilisable – mais joli. Un nouveau presse-papier ou cale-livres en somme ou pour le fun de photos improbables.